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Ven 28 Mai 2021 - 23:16
Saroruncasi. Terre mystérieuse et excentrée d’un archipel tournant déjà beaucoup autour de son île principale. Une terre qui reste même inconnue de la plupart des Mizujins. Il faut bien avouer qu’elle n’a aucune caractéristique propre qui lui permettrait de se faire connaître du peuple. Elle n’a pas les chantiers navales de Kaiba. Elle n’a pas l’appétence pour le commerce d’Hakari. Ni les sols fertiles d’Obon ou d’Uka. Elle n’est pas peuplée par les gladiateurs d’Asosan ou par les forgerons d’Aato.

Mais à bien y réfléchir, cet éloignement est une bonne chose pour l’île. Elle n’est peuplée que par ce que certains appelleraient bien volontiers des sauvages. En cause : leur culture purement orale, avec comme conséquence une absence d’alphabet et donc de langue écrite. Les Urumis sont de fiers guerriers, mais peu nombreux, ils auraient bien du mal à faire face à un envahisseur d’ampleur. Ils ne se considèrent d’ailleurs même pas comme des Mizujins. Pour eux, toute personne n’étant pas de Saroruncasi est un Sisam, un étranger. Ce terme n’est pourtant pas péjoratif. Et si les us et coutumes des Urumis peuvent désarçonner au premier abord, ils n’en restent pas moins un peuple pacifique et proche de la nature.

Saroruncasi est l’île natale de Shitekka, mi-Urumi mi Kaguya. Un des rares ponts entre Kiri et ce peuple reculé. Aujourd’hui, le jônin de la brume emmène chez lui son « cousin », Wutu-Fuku, qui lui en a fait la demande. Les deux enfants de l’os se sont déjà rendus ensemble sur l’île, qui n’était à cette occasion qu’une escale lors d’une opération clandestine visant à se rendre sur Wasure no Kuni. Ils n’ont donc pas pu y passer beaucoup de temps et Wutu-Fuku n’a pas rencontré réellement ce peuple, si ce n’est les quelques marins qui ont transporté les deux Kaguyas entre l’île principale de Mizu et Saroruncasi. Cette fois, ils auront tous les deux autant de temps que nécessaire.

Si les Urumis ont bien quelque chose que les autres peuples de Mizu n’ont pas, c’est ce lien fort à la nature et les croyances qui y sont reliées. Wutu-Fuku a aussi pu être témoin que l’île natale de Shitekka est une île pleine de mystère, puisqu’il s’y trouve une zone où le chakra ne fonctionne pas « normalement ». Enfin, l’île, éloignée du reste de Mizu, est habituellement très calme. Tous ces critères font de Saroruncasi le lieu choisi par Wutu-Fuku pour se retirer afin d’essayer d’établir un contact avec le Dieu de l’Eau qui sommeille en lui. Il compte par ailleurs sur l’aide de Shitekka, qui est capable de communier avec son animal intérieur, pour l’aider dans sa quête. Cette retraite sera également l’occasion pour les deux hommes de parler des sujets Kaguya hautement sensibles sans craindre qu’une oreille indiscrète ne trahisse leurs machinations.

Si Wutu-Fuku espère établir un lien avec « son » Dieu, il doit bien reconnaître qu’aucun indice ne permet de conclure que ce soit possible. Le Conservateur, source précieuse d’information à ce sujet, a douché sans ambiguïté les espoirs de la Main de Kiri. Mais il en faut plus pour le démoraliser.

-J’ai tout ce dont j’ai besoin, nous pouvons y aller.

Shitekka se tient à côté de lui. Le voyage ne sera pas de tout repos, mais rien qui ne puisse effrayer deux shinobis d’élite.

Spoiler:
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Mer 2 Juin 2021 - 16:17
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Les fraîcheurs automnales de l'aube bercent les deux voyageurs sur le quai du port Naragasa. A la demande de son cousin, Shitekka profitait d'une excursion bienvenue vers son île natale. Si d'ordinaire le tandem avait besoin de remonter l'archipel jusqu'au nord afin d'enfin mettre le cap vers Saroruncasi, le balafré put compter sur la présence d'un navire urumi affrété pour commercer avec la Brume. Chaque Kaguya apporta ses affaires, de quoi tenir plusieurs jours sur place. L'objectif paraissait flou, mais le principe demeurait évident : permettre à chacun de se renforcer, tant physiquement que spirituellement.
« Très bien, alors en route. »
Guidé par les courants du Repun-kamuy, l'embarcation se dirigea nonchalamment vers l'Île-Où-Habite-la-Grue. Les deux Kaguya arrimèrent dans un premier temps sur le port de Sak Kotan, le village le plus méridional de l'île. Quelques éclaircies accueillaient les deux Kirijins, alors qu'ils se séparaient de la compagnie des marins. Changement de décor radical pour les deux envoyés de la Brume. Loin des bateaux imposants et des quais bondés de monde, Sak Kotan transpirait la modestie. Chaque cabane de pêcheur apportait par ailleurs son lot de culture exotique, au même titre que ses résidents aux habits colorés dont les motifs tranchaient radicalement avec les sisams de l'Archipel.

Shitekka laissa Wutu-Fuku livré à lui-même quelques longues minutes, le temps de procéder à quelques offrandes rituelles sur la terre de ses ancêtres. Puis, les idées claires, il formula la suite des opérations.

« On va d'abord retourner à mon village. Je suis sûr que mon père et les anciens du village pourront nous aider. »
Le choix des mots s'avérait important. Alors une précision nécessitait d'être apportée. Shitekka se reprit aussitôt.
« Je te rassure de suite, ces "anciens" là n'ont rien à voir avec les vieux croutons du domaine Kaguya ! Certains ont combattu pendant l'époque qui a précédé la Grande Purge, mais aujourd'hui ils ne feraient pas de mal à une mouche. »
Avec pour destination le village aux hiboux, le tandem quitta le hameau de Sak Kotan sans plus tarder. Les deux hommes profitèrent de cette escale pour renouveler leurs vivres, malgré le regard dur des locaux. Pour l'enfant de Saroruncasi, difficile de comprendre cette atmosphère tendue. Aucun ne daigna s'exprimer sur la nature de ces échanges de regard sans un mot.
L'enfant du pays conduisit son apparenté vers Makotari-utara-koro Kotan avec amertume.

Le tintement des crânes d'oiseau noués autour du bâton de marche de Shitekka rythmèrent la marche des deux Kaguya. Saroruncasi se parait d'une robe coruscante, alors que les premières feuilles des forêts entamèrent leur chute inévitable. Cet apparat saisonnier fut proscrit parmi les conifères marquant le début du bois aux hiboux. Un lieu important pour le gardien de Saroruncasi. Après quelques heures de grimpette, le tandem de shinobis accéda au haut bois des hiboux. A mi-chemin du kotan, le balafré préféra interrompre leur ascension pour se tourner vers son vis-à-vis, avide d'éveiller son chakra afin de communier avec le Démon de l'Eau.

« On est bientôt arrivé. Tu te rappelles de cet endroit ? Le chakra est altéré de manière étrange, ici… Si tu le souhaites, tu peux essayer de méditer ici, pour voir ce que ça donne avec ton colocataire. »

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Dim 6 Juin 2021 - 19:00
La providence a amené un navire Urumi sur le chemin des deux Kirijins, De quoi leur éviter un périple inconfortable et de nombreuses escales jusqu’à Saroruncasi, qu’ils atteignent facilement. Les Urumis n’ont rien à envier aux autres Mizujins en termes de navigation. Le navire arrive dans un modeste hameau, dont le nom échappe encore à la Main de Kiri, où tous les passagers débarquent. Shitekka laisse son cousin quelques minutes afin d’aller pratiquer quelques rituels locaux. L’occasion pour Wutu-Fuku de « visiter » superficiellement le village, même s’il en fait rapidement le tour. Cette excursion lui permet néanmoins de réaliser à quel point il n’est pas chez lui : tout ici semble exotique, mystérieux. L’architecture, les vêtements des locaux, qui ne manquent d’ailleurs pas de lui jeter un regard mauvais à son passage. Peut-on vraiment le leur reprocher ? Les Urumis ont une histoire compliquée avec les « Sisams » : la présence d’étrangers sur leur île est historiquement loin d’être connotée positivement.

Finalement, le demi-Urumi revient et annonce que la prochaine destination est Makotari-utara-koro Kotan. Shitekka évoque également son père. Wutu-Fuku est surpris quelques instants avant de revenir à lui. La vie de Shitekka tourne tellement autour de sa mère malade que la Main de Kiri en avait oublié que son cousin a également un père.

-Difficile d’être moins aimable que les anciens du clan Kaguya, de toute manière.

Ose-t-il pour plaisanter.

-J’imagine que ton père est loin d’avoir les grâces de Renzabûro. Nous risquons de bien nous entendre.

Un peu de légèreté qui ne fait pas de mal. Après quelques achats, où Wutu-Fuku peut à nouveau être témoin du regard dur des autochtones, le duo quitte le hameau. Cette atmosphère pesante n’a pas non plus échappé à Shitekka, qui semble tout aussi content que le Heidan de s’éloigner de cette ambiance délétère.

S’en suit quelques heures de marche, qui pourraient presque s’apparenter à une randonnée, où les deux shinobis sont témoins du début de l’inexorable déclin saisonnier de la végétation. L’automne affirme sa présence après un été interminable, que d’aucun s’aventurent à qualifier d’exceptionnellement long. L’hôte de Sanbi accueille cet instant de calme et de nature comme une bouffée d’air bienvenue. Alors qu’ils arrivent dans un bois encore épargné par l’automne, Shitekka propose une halte.

Cet endroit semble familier pour Wutu-Fuku, ce que son comparse confirme. Les deux Kaguyas sont déjà venus ici, lors de leurs préparatifs pour se rendre à Wasure no Kuni. Il s’agit du fameux haut bois des hiboux, ce lieu mystérieux où le chakra est altéré.

-Bien, Arrêtons-nous ici quelques instants.

Le Heidan se déleste de son sac, qu’il pose à même le sol, avant d’adopter la position du lotus et de fermer ses yeux. Malgré le calme du lieu, le méditant ne parvient pas tout de suite à se fermer aux influences extérieures. Le comportement des locaux à leur égard occupe encore son esprit.

-Les personnes que nous avons rencontrés au village… étaient-elles aussi tendues à cause de ma présence ?

Wutu-Fuku ne voudrait pas embarrasser Shitekka. Après avoir enfin exprimé son doute, l’hôte de Sanbi parvient à se couper du monde en se concentrant sur sa respiration. Malgré ses efforts, et la particularité chakratique du lieu, la tortue est toujours aux abonnés absents. Le Directeur du Complexe Shinobi rouvre lentement les yeux.

-Je ne ressens rien de différent par rapport à mes précédentes tentatives.

Malgré son échec, il ne peut pas dire qu’il est déçu ou même surpris.

-Cela ne chance rien à ma détermination. Si la Déesse a été capable de « fusionner » avec Sanbi, je ne vois pas pourquoi la communication entre nos deux esprits serait impossible.

Wutu-Fuku se relève. Il regarde ses mains.

-Peut-être que je n’essaie pas de la bonne manière. Qu’une subtilité m’échappe.


Son regard se tourne vers Shitekka.

-Je commence à croire qu’on ne nous a pas tout dit au sujet des Dieux. Que ce soit les Derniers Gardiens ou les Fanatiques, malgré la "coalition" qui nous unit. Nous ne sommes que des alliés de circonstance. Ils ont tous un agenda dont nous n’avons pas totalement connaissance.
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Ven 18 Juin 2021 - 12:59
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Un léger vent automnal brassait le haut bois aux hiboux. La brise portait en elle des odeurs de conifères et d'herbes sèches. Le ramat du lieu apaisait Shitekka. Il se sentait bel et bien chez lui, et chacun de ses sens tendaient à le lui rappeler avec douceur. Adossé contre le tronc d'un arbre, le natif observait son cousin s'adonner à la méditation, malgré quelques difficultés au démarrage. Au sujet de l'inquiétude des habitants de Sak Kotan, Shitekka fronça les sourcils, hésitant.
« J'en sais trop rien… c'est la première fois que je les vois tous comme ça. Même quand le Wakka-Wen-Kamuy* a détruit une partie de la côte, les gens n'étaient pas aussi méfiants. »
Toujours dans l'incompréhension, Shitekka croisa les bras et fixa devant lui pour tenter d'élucider le comportement de ses pairs.
« Peut-être ont-ils senti le chakra de la Bête qui sommeillait en toi ? Sur Saroruncasi, la plupart des Urumis sont très sensibles au ramat, et par extension au chakra. Dans ce cas, ça m'étonnerait pas qu'ils soient moyen chaud de nous accueillir… »
Après avoir essayé de faire le vide dans son esprit pour accueillir le moindre signal venant de la Bête des Abysses, la Main de Kiri manifesta sa motivation de persévérer en dépit de ces échecs à répétition. La communion entre le directeur du Complexe et le destructeur de Mizu n'avait rien d'évident. Bien moins évident encore que la symbiose qui existait entre l'enfant de Saroruncasi et le Kotan-kor-kamuy.
« Si nos alliés voulaient uniquement la paix dans le monde, alors crois-moi qu'il y a longtemps que le problème aurait été réglé. On aurait même pas eu besoin d'avoir cette discussion, encore moins ce voyage jusqu'ici. Chacun a ses propres intérêts. La paix de l'humanité, c'est qu'un bonus pour eux. Et moi le premier. »
Il souffla du nez, avant d'expliciter son propos.
« Rien ne nous dit qu'en battant l'Homme au Chapeau, nos alliés d'aujourd'hui ne deviennent nos ennemis de demain. J'ai peu confiance envers le Yuukan… Ils ne nous voient que comme des barbares reclus dans nos îles. Je préfère consacrer toute mon énergie pour sauver les miens, plutôt que de me perdre corps et âme à sauver un monde qui du jour au lendemain pourrait se perdre de lui-même à nouveau. Et avec ces "Dieux", je sens qu'on est loin d'approcher de la paix, Homme au Chapeau ou non. »
Shitekka se releva de son poste et contempla les alentours. Plus loin, le chemin se divisait en deux sentiers. L'un était constellé de hiboux, l'autre en était dépourvu. Ses mains rapprochées, Shitekka s'apprêtait à employer une de ses techniques.
« Si tu me le permets, j'aimerai essayer quelque chose… si tu sens le moindre changement dans l'air, essaie de communier avec le Wakka-wen-kamuy. »
Si tôt dit, le Kaguya relâcha brusquement son chakra autour de lui. Ce jutsu, il s'en était inspiré justement en se basant sur les étranges propriétés de la forêt où ils se trouvaient. Il l'avait utilisé quelques temps plus tôt pour se libérer de l'emprise du mirage qui le faisait tourner en rond dans le domaine des grues de Saroruncasi. Un flash invisible se libéra de lui dès lors. Cette éruption d'énergie dissipa progressivement l'aura sylvestre qui caractérisait le lieu. Quelques hiboux s'envolèrent quelques secondes plus tard. Le balafré essaya d'étendre ses perceptions autour de lui. Là où il fut pénalisé pour une présence oppressante qui manquait de le faire tomber dans un malaise, l'air lui était favorable pour sentir le chakra.

Alors, pareil à la vague qui s'échouait et reculait avant de revenir progressivement sur le rivage, Shitekka profita de la dissipation de cette étrange aura pour mieux la ressentir. Sa découverte le fit écarquiller les yeux, alors qu'il veillait également auprès de son cousin.

« Mais… ?! Ce ramat… je crois le reconnaître… comment ? »
Il y avait quelque chose de curieusement familier au sein de cet amas d'énergie. En repoussant provisoirement l'âme du haut bois des hiboux, Shitekka réalisait que cette aura n'avait rien d'une unique entité. Au contraire, il s'agissait là d'un immense patchwork qui s'entremêlait parmi les feuillages et les branches, et qui oscillait sans cesse au gré du vent. Et parmi les fragments qui constituaient ce maillage éthéré, le balafré distinguait… le chakra de ses pairs.

Quoiqu'un peu désarçonné par cette surprise, Shitekka se tourna à nouveau vers son apparenté.

« Alors… du nouveau, de ton côté ? Si rien n'a changé, alors on ferait mieux de se mettre en route pour le kotan. Ah, et au cas où… il faut toujours aller « Là où se posent les hiboux. ». Toujours. »

* Wakka-wen-kamuy : Esprit malfaisant de l'Eau



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Mar 22 Juin 2021 - 23:16
L’inconfort des habitants de Saroruncasi en présence de Wutu-Fuku pourrait-il être la conséquence de la présence de Sanbi à l’intérieur du Heidan ? À en croire Shitekka, le comportement des Urumis à Sak Kotan un peu plus tôt n’a rien d’habituel. Même en présence d’étrangers et même lorsque leur île a été dévastée, ils n’agissaient pas de la sorte. Pour la première fois depuis que l’esprit du Dieu de l’Eau est en lui, le Kaguya se sent ostracisé. Le statut de Jinchuriki de la Main de Kiri est encore un secret pour l’immense majorité du monde, ce qui fait que Wutu-Fuku n’a jusqu’ici subit aucune mise à l’écart ou haine de la part de qui que ce soit. Cette possibilité, jusqu’ici une lointaine conséquence à laquelle il ne pensait pas vraiment, se matérialise concrètement.

-Il est encore temps de faire demi-tour si ma présence rend les tiens inconfortables. Je ne veux pas causer de problèmes.

Wutu-Fuku ne souhaite pas mettre son cousin dans l’embarras. Mais en plus de ce dernier point, il souhaite surtout éviter de compromettre le secret autour de sa condition. La sensibilité des locaux au chakra est un paramètre dont il n’avait pas connaissance. Cette hypothèse le laisse également un peu amer.

-Ce serait ironique que les Urumis puissent instinctivement sentir la présence de Sanbi en moi alors que je suis incapable de faire une telle chose.

Ce n’est pas faute d’essayer, pourtant.

Les deux Kaguyas changent de sujet. Shitekka rebondit sur les propos de Wutu-Fuku concernant les Derniers Gardiens et la coalition en général. L’occasion pour les deux kirijins d’échanger sur ces sujets plus que jamais d’actualité. Le Heidan est assez désabusé par la situation mais il ignorait la position de son cousin sur la question, qui n’est pas beaucoup plus optimiste que la sienne. Pour l’Urumi, même en cas de victoire face à l’Homme au Chapeau, il n’est pas certain que les grandes puissances restent unies bien longtemps.

-Oui. Le fameux futur qu’il veut éviter, peut-être. Tout n’est pas à jeté dans son discours, je dois bien reconnaître ne pas être en désaccord avec tous ses propos. Mais il m’est inconcevable de m’allier avec une personne responsable des pertes gargantuesques que ses hommes ont provoquées chez nous et chez d’autres. Encore plus si c’est au nom d’actions que nous n’avons pas commises puisqu’elles ne sont pas encore arrivées.

Le manque de confiance de Shitekka envers les habitants du Yuukan est facile à comprendre. Le Mizujin lambda se soucie déjà peu des problèmes du lointain continent. Alors que dire d’un peuple isolationniste à l’intérieur même d’une nation déjà isolationniste...

-Et puis je ne vois pas pourquoi j’irais aveuglement croire une personne prétendant venir du futur et me plier à la moindre de ses exigences. Pour autant que je sache, il pourrait très bien ne pas dire la vérité. Les personnes qui prétendent venir du futur ne sont habituellement pas écoutées avec une grande attention mais plutôt suivies médicalement.

Alors que Shitekka explore les alentours de leur clairière, il se voit doté d’une inspiration soudaine, et dit à son cousin vouloir essayer une technique afin de voir si Wutu-Fuku sent le moindre changement dans ses efforts. Volontaire à mettre en œuvre tous les moyens à leur disposition, la Main de Kiri accepte. Mais alors que l’Urumi semble perturbé suite à l’utilisation de son jutsu, l’hôte de Sanbi n’a rien de nouveau à dire à son ami.

-Toujours rien.

Wutu-Fuku se relève en s’étirant de tout son long. Alors qu’il se remet sur ses jambes, le Kaguya sent monter en lui comme une sensation de vertige, qui disparaît aussi vite qu’elle est arrivée. Le Heidan n’y accorde pas plus d’attention, estimant que cela doit être un coup de fatigue passager.

-Rien ne nous retient ici.

Les deux Kirijins rassemblent leurs affaires, prêts à prendre la route en direction du Kotan de Shitekka. Ils s’engouffrent dans le haut bois aux hiboux alors que le conseil de l’Urumi se répète dans l’esprit de la Main de Kiri. Suivre les hiboux, toujours. Hiboux qui parsèment d’ailleurs les branches des arbres, suivant d’un regard inquisiteur les deux humains. Alors que le regard de Wutu-Fuku croise celui d’un oiseau donnant l’impression de le sonder jusqu’au plus profond de son âme, il ose une question à destination de son semblable.

-Dis voir… tes capacités de métamorphe, ce haut bois aux hiboux, ces oiseaux partout… tout ceci ne serait pas lié par le plus grand des hasards ?
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Dim 25 Juil 2021 - 21:38
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Shitekka demeura bien impuissant lorsqu'il réalisait l'embarras dans lequel il plongeait son cousin. Il devinait le tracas qui s'opérait dans l'esprit de la Main de Kiri. L'enfant de Saroruncasi venait lui faire découvrir ses terres afin de perfectionner sa symbiose avec le monstre qui résidait en son sein. Et voilà que les locaux semblaient les rejeter. Une réaction inopinée pour l'Urumi. Faute d'avoir la réponse adéquate aux remarques de son partenaire de voyage, le Kaguya de sang-mêlé demeura silencieux.

La discussion dérivait naturellement sur l'Homme au Chapeau et ses ambitions de grande ampleur. Chacun avait partagé ses convictions, et Wutu-Fuku réitéra le doute qu'il exprimait à l'égard de ce voyageur du futur. Sa seule existence bouleversait l'ordre établi des choses. C'était une certitude. Mais qu'en était-il des implications sur le cours du temps ? En influençant ainsi le passé ou le présent, l'Homme au Chapeau ne risquait pas de causer un cataclysme plus grand encore que celui qu'il redoutait ? La question du paradoxe temporel échappait à la perception du monde de Shitekka. Ses conceptions s'étendaient jusque dans l'espace qu'occupait le ramat. Il ressentait les troubles de la nature à l'approche de menaces comme les Fanatiques, les sbires de l'Homme au Chapeau ou bien encore des créatures à la clé dans cette lutte mondiale. Cependant, une certitude demeurait présente dans l'esprit du guerrier de la Brume.

« On parle quand même d'un homme qui, pour éviter la ruine de son "monde", est venu foutre le chaos dans tout le Yuukan. J'oublie pas la destruction de la prison de Wasure, qui a causé des désastres sur l'archipel, y compris jusqu'ici… Ou encore les attaques sur Kiri, sur Iwa ou encore à Kaze. Sans parler des agents de l'Homme au Chapeau… je risque pas grand chose en pensant que la radicalisation du Pays du Feu et la bataille qui en a résulté à Kumo est en partie sa faute. Quant à la vague de chakra ou encore Sanbi… des innocents, jusque dans cette île en paient aujourd'hui le prix. J'ai du mal à croire qu'un prétendu sauveur comme lui, capable de maîtriser le temps, ne soit pas foutu d'utiliser ses pouvoirs pour sauver le monde sans le détruire au passage. »
L'amer souvenir de sa grand-mère, disparue à l'issue des actes abscons et impitoyables de l'ennemi mondial numéro un lui revint instantanément. Il n'avait pas pu la voir avant qu'elle n'expire son dernier souffle. Pris de regret, une pensée lui vint naturellement pour sa mère, elle-même dans une situation délicate. Le visage figé dans la douleur, il détourna le sien de celui de Wutu-Fuku le temps d'adresser une prière à ses proches. Sur place, peut-être il irait se rendre sur la tombe de sa grand-mère.

Malgré les découvertes insoupçonnées du Jōnin quant à la nature du haut bois des hiboux, la quête de Wutu-Fuku continua de stagner. En l'absence de ce champ de force invisible qui étouffait la perception du chakra et son usage, la Main de Kiri fut bien incapable de communier avec le démon qui séjournait dans sa chair. Une déception supplémentaire à laquelle Shitekka tenta de remédier. Mais pour l'heure, il était temps de se diriger vers le kotan. Pris dans ses réflexions autour du moyen de dialoguer avec l'esprit monstrueux des océans, le balafré fut interrompu par son cousin. Lequel trouvait une étrange association entre les pouvoirs latents de son apparenté, et les nombreux rapaces nocturnes qui donnaient leur nom au lieu qu'ils traversaient.

La gêne s'empara naturellement du guerrier, qui détourna le regard. A cet instant, ils franchissaient probablement pour la cinquième le même sentier, après avoir marché le long du second pour la troisième fois. Mais Shitekka savait où cela les mènerait. Alors, tandis que la cime du kotan se dessinait enfin au loin, le Kaguya daigna répondre à son homologue.

« Je n'aime guère en parler, tu sais… Mais puisque je peux te faire confiance à ce sujet, alors partager ça avec toi. Mon peuple respecte beaucoup Kotan-kor-kamuy, le gardien du kotan. Dans ce monde, il s'incarne sous la forme du hibou. Les mêmes qui nous observent actuellement. Son pouvoir… il s'est manifesté en moi il y a plusieurs mois. Je suis retourné sur cette île, et j'ai appris à apprivoiser le don du Kotan-kor-kamuy. Ou plutôt… à l'accepter. »
Son regard d'ambre de rapace luisait au gré des maigres rayons de soleil qui traversaient la canopée.
« De là à ce que Kotan-kor-kamuy veille également sur ce lieu, je n'en sais rien. De ce que j'ai pu sentir en jouant avec mon chakra, c'est plutôt comme si… ce ramat appartenait aux habitants de l'île. J'ai senti un amas de différents signatures d'énergie, alors qu'il essayait de se reformer autour de nous. Là encore… je doute que ces personnes soient conscientes de ce qu'elles font. »
Suite aux hypothèses du Kaguya, le tandem arriva finalement à l'entrée du kotan. De multiples habitations ponctuaient l'endroit, entouré de la forêt et de quelques rares champs. L'enfant de Saroruncasi interpella un des anciens du village, lequel le dirigea vers son père, de retour de la chasse. Après avoir échangé quelques mots avec l'ancien, notamment sur les raisons de leur venue en présence d'un sisam, les deux Kaguya retrouvèrent le père de Shitekka.

Shakushain observa longuement les deux Jōnins, alors qu'il tenait un cerf mort dans son dos. Après s'être délesté du gibier, il s'avança vers son fils, qu'il salua très sobrement. Son regard avait la même amertume que ceux du Sak Kotan.

« Irankarapte, père. Je suis heureux comme toujours de vous revoir. Quelque chose ne va pas ?
Bienvenue à vous deux, lança sèchement le chasseur. Nous ne pourrons pas vous accueillir bien longtemps. Quant à toi, Shitekka… E amkiri kusu ne ap ruwe ne makne.
»
Le balafré, estomaqué par la réaction de son père, n'eut guère le temps de se défendre qu'une femme déboula dans la conversation, affolée. Si Wutu-Fuku n'avait à priori aucune compréhension de la langue insulaire locale, il pouvait en revanche deviner que l'urumie était en panique, comme si une urgence la poussait à interrompre les retrouvailles compliquées d'un père et son fils. Ses paroles s'accompagnèrent de signes de main indiquant une direction, une profondeur, une urgence. Les quelques adultes rassemblés autour de la femme affolée semblèrent se concerter, tout comme Shakushain et Shitekka, avant de se disperser. La plupart se dirigèrent vers la direction désignée par la femme. Le Kaguya commença à inviter Wutu-Fuku de les suivre, tout en retranscrivant la situation.
« Cette femme, elle vient de nous expliquer que son fils a disparu depuis des heures. Il jouait avec son chien en contrebas, et quand elle est venue voir s'il était toujours là, elle n'a pas réussi à le trouver. En temps normal, j'aurais laissé les membres du village faire. Mais cet enfant, c'est le petit-fils d'un des anciens du village. Autrement dit, pas n'importe qui. Et depuis notre arrivée ici, j'ai pas l'impression qu'on soit les bienvenus, même en ce qui concerne mon père… montrer patte blanche en aidant à trouver ce garçon nous sauverait la mise, je pense. Tu me suis ? »
Après s'être délestés de leurs affaires, le tandem emboita le pas en direction du lieu où avait été vu pour la dernière fois le garçon. Le duo de Kaguya se dirigea de l'autre côté du haut bois aux hiboux, au nord. Là, ils dévalèrent la forêt, parsemées de multiples marches de géant. La descente s'avérait relativement compliquée pour quiconque n'était pas familier avec les lieux. Mais pour deux ninjas de Kiri, l'excursion n'avait rien de pénible. La fatigue du trajet précédent pesait néanmoins sur les jambes du balafré. Afin de faciliter la tâche, Shitekka formula quelques signes incantatoires qui étendirent ses perceptions du chakra aux alentours. Il y devina le mouvement des villageois du kotan, ainsi que la présence de quelques animaux. Mais rien qui ne s'apparentait à un enfant, ou même un chien. Concentré sur la recherche, le Jōnin manqua de négliger la rudesse du terrain. La forêt était cisaillée de toutes parts par de multiples failles, et autres cavités en tout genre.

Alors que le shinobi manqua de choir, il fut sauvé de justesse par la présence d'un tronc contre lequel il s'accrocha. Il se tourna vers Wutu-Fuku, désignant un espace assez plat parmi la topographie anarchique des alentours.

« Aux dernières nouvelles, il jouait avec son chien jusqu'ici. C'est un bon grimpeur apparemment, il n'avait aucun mal à arriver ici. J'espère juste qu'il n'est pas tombé dans une de ses failles, lui et son chien… »



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Lun 16 Aoû 2021 - 0:35
Les discussions sur l’Homme au Chapeau arrivent naturellement sur la table, en raison de l’importance de l’individu dans le contexte actuel. Le Heidan est satisfait de voir que son cousin a le même ressenti que lui sur l’ennemi public numéro un et ses motivations. Si tant est qu’il s’agisse de ses véritables motivations, ce qui reste à prouver. Même en admettant qu’il dise la vérité, certains de ses agissements, avec le recul, peuvent paraître curieux, voir incohérents.

-Oui. Surtout que le fondateur et premier Empereur du Teikoku était un ancien lieutenant de Tôsen, qui a retourné sa veste pour rejoindre à nouveau les rangs de son maître. Je ne vois pas trop par quelle logique le chapelier aurait volontairement laissé un de ses lieutenants créer un Empire qui risque finalement de se retourner contre lui lors de cette grande guerre. Il y a de quoi devenir zinzin.

À moins que tout ceci soit prévu depuis le début et que l’existence de l’Empire serve les plans de Tôsen sur le long terme.

-Qu’il vienne du futur ou pas, ses pouvoirs temporels sont eux bien réels. J’ai l’impression de jouer au Shôgi contre un adversaire qui a dix coups d’avance.

Alors que les deux hommes continuent leur progression vers le Kotan, une pensée mélancolique doit certainement traverser l’esprit de Shitekka puisque son visage prend les traits de la tristesse. Wutu-Fuku, respectueux, laisse à son ami un petit temps nécessaire à ce qu’il a besoin de faire. Le regard du Kaguya se perd sur les hiboux qui observent leurs moindres faits et gestes. Il a le sentiment d’être déjà passé par ici plusieurs fois, mais l’assurance de l’Urumi dans sa marche suffit à le rassurer. Le Héros de Mizu confesse finalement un lien spirituel entre ces animaux et son don de métamorphose, tout en abordant le sujet de cet espèce de nuage de signature chakratique qui entoure les lieux. Wutu-Fuku, un peu confus, se contenterait de dire un simple « ok » mais il préfère finalement garder le silence en hochant la tête. Puis, après quelques instants, il sent le besoin de rassurer son frère d’arme.

-Ton secret sera bien gardé.

Le duo aperçoit enfin la sortie du bois et leur destination. L’atmosphère est à la fois très similaire et très différente à celle de Sak Kotan. Makotari-utara-koro Kotan est ancré dans les bois, même si quelques champs sont visibles dans les limites du village pour apporter aux locaux ce que la forêt ne peut pas leur donner.

Finalement, les deux Kaguyas arrivent devant le père de Shitekka, après s’être renseignés auprès d’un ancien du village.

-Bonjour vénérable Shakushain.

Le premier contact entre l’Urumi pur sang et le Heidan est glacial. La petite phrase en Urumi à destination de Shitekka ne doit certainement pas être une expression de bienvenue à en juger par la réaction de l’intéressé. Mais la situation n’a pas le temps de s’envenimer davantage qu’une femme interrompt la discussion. Wutu-Fuku, n’ayant aucune notion d’Urumi, ne comprend pas un traître mot de ce qu’elle peut dire. Mais certains signes sont universels et il comprend aisément qu’il y a une urgence vitale. Ce que confirme Shitekka. Il s’agit de la mère d’un enfant qui a disparu depuis plusieurs heures. L’hôte de Sanbi est invité par son cousin à chercher l’enfant, ce qui pourrait leur permettre de gagner le respect des autochtones.

-Oui, je vais chercher ce garçon. Pas parce que cela pourrait m’attirer les bonnes grâces des Urumis mais parce que c’est la seule chose à faire. Si les tiens n’acceptent pas ma présence, je ne m’imposerais pas. Je ne veux pas créer des problèmes, ni à eux ni à toi.

Wutu-Fuku ne pense pas que Shitekka puisse voir la situation par le simple intérêt qu’il pourrait en tirer et préfère mettre cela sur le compte d’une maladresse.

Le duo se met donc à explorer les environs. Ils dévalent la forêt jusqu’à arriver dans une zone ou de multiples crevasses rocheuses attendent les imprudents. Même Shitekka manque de se faire avaler lors d’un moment d’inattention.

-Drôle d’endroit pour jouer.

Entre ça et le bois ou il est facile de se perdre, Wutu-Fuku est presque étonné qu’on laisse les enfants s’éloigner du village. Aidés par le don du chakra, les deux hommes progressent dans ce dédale de reliefs.

-Souhaites-tu me partager ce que ton père t’a dit ?


Le Kaguya se doute que la traduction ne lui fera pas plaisir, mais il préfère connaître la vérité. Finalement, l’oreille de Wutu-Fuku siffle. Il entend un bruit lointain et se fige.

-Tu entends ?

L’origine du bruit est difficile à déterminer, les parois rocheuses se faisant une joie de le transporter. Mais les efforts du duo paient et le bruit est de plus en plus proche. Il devient plus audible, jusqu’à devenir clairement les aboiements d’un chien. Les Kaguyas peuvent voir, une bonne dizaine de mètres sous leurs pieds, une pente raide amenant à une sorte de plateforme sur laquelle se trouve un chien couinant, faisant face à l’entrée d’une grotte. L’animal se tient sur ses quatre pattes et n’a pas l’air blessé. Il lève furtivement les yeux quand Wutu-Fuku et Shitekka, aidés du chakra, dévalent la pente et arrivent à son niveau. Le canidé s’approche prudemment des deux humains et sent timidement la main de la Main de Kiri lorsque ce dernier s’accroupit et tend le bras dans sa direction. L’animal reprend rapidement ce qu’il faisait avant l’arrivée des deux bipèdes. Les Kirijins observent l’entrée de la cavité. Le Heidan sent comme un frisson en laissant son regard plonger dans le noir absolu de la grotte.

-Le petit… il doit être à l’intérieur.
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Jeu 16 Sep 2021 - 17:46
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Malgré son don affuté pour la détection du chakra, Shitekka fut bien incapable de localiser la position de l'enfant ou de son compagnon canin. Était-ce l'omniprésence du ramat qui l'en empêchait, ou bien un autre phénomène à l'œuvre ? Face aux étranges merveilles qui parsemaient l'île de Saroruncasi, le balafré l'ignorait fortement. En attendant, les deux hommes de la Brume poursuivirent leurs recherches dans la forêt fracturée. Si auparavant le Jōnin se prêtait facilement à la conversation auprès de son cousin, il en était autrement lorsque venait le sujet de son père. Les mots de Shakushain, bien que couverts de mystère, faisaient écho avec culpabilité dans l'esprit du guerrier, qui ignorait néanmoins ce qu'il sous-entendait. Shitekka se refusa à partager ses impressions à la Main de Kiri. Il se contenta de balayer la tête pour refuser d'entrer dans la conversation.

Quelques instants plus tard, un appel à l'aide troubla le silence sylvestre. Aussitôt alertés par ce son, le tandem se dirigea vers l'origine de ce bruit. Un aboiement, ou plutôt un couinement. Wutu-Fuku repéra en premier un chien, sans aucun doute celui du garçon perdu. Les Kaguya s'approchèrent, au moyen de leur chakra, de l'Hokkaïdo, lequel continua d'appeler à l'aide. Si Wutu-Fuku suggéra que l'enfant se trouvait dans la grotte, tous les indices concordaient : les traces de pas du garçonnet se dirigeaient vers l'étrange cavité. Pourtant… quelque chose inquiétait Shitekka, qui s'adressa à son aîné comme s'il avait assisté à une mort.

« Wutu… c'est étrange. Depuis tout à l'heure, j'avais du mal à sentir le chakra de ce garçon. Je pensais que c'était lié à la forêt, comme au haut bois des hiboux. Mais là… c'est différent. Je ressens bien ton chakra, et même celui du chien. Quant au garçon… c'est comme s'il avait totalement disparu… J'espère qu'il ne lui ait vraiment rien arrivé. »
Le Kaguya de sang-mêlé abaissa la tête avec frustration, et songea à un moyen de récupérer l'enfant dans la grotte. Il se tourna vers l'entrée de la cavité en question, et plongea ses ambres fauves dans l'infini de l'obscurité. En contemplant l'abîme, son échine fut parcourue d'un étrange frisson. Quelque chose de primitif, comme un instinct animal lui intimant de se méfier. Face aux ténèbres éternelles qui habitaient dans la caverne, Shitekka sortit de sa sacoche un kit pour allumer du feu. Au moyen d'un silex, d'un morceau d'amadou, et de paille sèche. Une fois la flamme suffisamment forte, l'urumi s'employa à confectionner une torche de fortune dans la pure tradition de son peuple : une branche enflammée soutenue par une autre en forme de fourche.

Ainsi préparé, le Jōnin invita son acolyte à le suivre. La grotte dans laquelle s'aventurèrent les deux hommes n'avait rien de normal. Pas un courant d'air ne se dégageait du lieu. Pas un son, non plus. En pénétrant dans l'ombre, une sensation étrange envahissait Shitekka. Ou plus précisément, une absence de sensation. Par-delà l'horizon de la lueur de sa bougie de fortune, l'ombre se renforçait, et le doux chant de la nature s'évanouissait. Le Kaguya commençait également à ne plus sentir ses jambes. Bientôt, ni son souffle, et encore moins son cœur battre. En se retournant pour interpeller Wutu-Fuku, il se rendit compte bien trop tard que sa voix avait disparu en entrant. Il eut beau essayer vainement de palper sa gorge, aucun son n'en sortait.

Ce fut par chance au bout d'une dizaine de secondes que les deux hommes parvinrent à trouver l'enfant perdu. Il se tenait contre une paroi de la grotte, recroquevillée, et pleurant à chaudes larmes. En extirpant le natif de Saroruncasi de sa prison de pierre, Shitekka eut l'impression de toucher un fantôme. Son regard se perdit dans l'abîme qui peuplait le fond de la grotte avant de faire demi-tour en compagnie de l'enfant et de Wutu-Fuku.

Le chien urumi accueillit avec joie son maître, et lécha amicalement sa plaie à la jambe, alors que l'enfant enlaça affectueusement son ami. A mesure que les deux Kaguya recouvraient leurs sens, Shitekka en profita pour interpeller à part son apparenté.

« Cette grotte… on dirait que c'est la raison qui m'empêchait de ressentir la présence de cet enfant… On dirait qu'un nouveau mystère s'ajoute à la liste des énigmes de Saroruncasi. »
Alors qu'il fixait vaguement le Jinchuriki, une idée émergea de ses pensées. Il observa les bois d'où ils arrivèrent précédemment.
« Je pense que cette grotte pourrait curieusement t'être très utile dans ta quête, Wutu-Fuku. Mais pour l'heure, rentrons au village. Sa mère, et le kotan, nous attendent. »
Abandonnant leur découverte caverneuse, le petit groupe escalada la paroi pour remonter vers le kotan de Shitekka. Les deux Kaguya se relayèrent pour aider l'enfant et son chien à regagner les hauteurs de la forêt sans difficulté.

Au village, la mère accourut avec soulagement vers son fils. Avec une attention urumie, elle couvrit de baisers la joue de son enfant, et effleura avec délicatesse sa nuque, pour sentir l'esprit-gardien qui veillait sur l'enfant. Naturellement, elle se tourna vers les sauveurs de son enfant, et remercia profondément Wutu-Fuku et Shitekka. Il n'y avait pas besoin de traduction pour que la Main de Kiri comprenne le soulagement que ressentait l'urumie à l'égard des deux hommes. Bientôt, ils furent rejoints par le père de cette femme; un des anciens du kotan. Aussitôt la discussion prit une tournure plus solennelle. Le vénérable s'adressa à Shitekka, qui s'empressa de transmettre l'information à son cousin.

« Sannyoaino-nispa nous remercie à nouveau d'avoir sauvé son petit-fils. Pour avoir accouru à son aide sans hésiter, et l'avoir ramené sain et sauf, Sannyoaino-nispa nous invite à rester quelques jours ici. Après quoi, nous devrons partir du kotan, et éviter de fréquenter les terrains de chasse utilisés par les hommes d'ici. »
Malgré la proposition de l'ancien, qui relevait de l'hospitalité caractéristique des urumis, une certaine tension demeurait dans son discours. Shitekka fit un brin de discussion supplémentaire, avant de s'adresser à Wutu-Fuku.
« J'ai expliqué ta "situation" à Sannyoaino-nispa. Il te propose de rencontrer Koshamain, le… nouveau shaman du kotan. Il devrait pouvoir t'aider à entrer en contact avec l'esprit de Sanbi. Ou au moins dans un premier temps à communier avec les kamuys, avant de communier avec Sanbi. Qu'en dis-tu ? Si tu acceptes, Sannyoaino ira prévenir Koshamain. Il t'attendra ensuite dans sa hutte. Tu ne la manqueras pas. C'est la plus à l'écart du kotan. Et il y a de nombreux inaus à l'est de sa maison. De mon côté, je vais en profiter pour voir tout le monde au kotan, et donner un coup de main. Ce soir, nous mangerons chez moi. »
Et il vint conclure sa phrase avec un triste mélange de fierté et d'amertume.

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Sam 23 Oct 2021 - 0:07
Les aboiements désespérés du chien brisent le cœur de l’Heidan. La pauvre bête ne rêve que de secourir son maître mais ses instincts primaires l’empêche de s’aventurer dans cette grotte sinistre. Wutu-Fuku se fige un instant : les canidés se reposent plus sur leur odorat que sur leur vue. Alors qu’est-ce qui retient réellement cet animal ? Qu’est-ce qui ne va pas ici ? Car oui, quelque chose ne va pas. Impossible de mettre des mots précis sur ce sentiment étrange qui parcourt le corps du Kaguya de sang pur. Son cousin, plus versé dans le domaine de la sensorialité, est encore plus sensible à ce sentiment et le fait savoir.

-Je sens aussi que quelque chose est anormal ici…

À défaut de leur vue, les deux kirijins auraient habituellement pu utiliser leurs capacités chakratiques. Mais Saroruncasi a déjà montré qu’elle ne menait pas la vie facile aux shinobis un peu trop curieux… Shitekka décide donc de se rabattre sur une méthode plus classique : se repérer dans la grotte à l’aide d’une torche. En quelques instants, se servant de ses outils et des ressources environnantes, le jônin démontre toutes ses compétences en survie en construisant de quoi éclairer les kirijins. Les deux hommes entrent dans la grotte non sans une pointe d’appréhension. Après quelques pas, Wutu-Fuku comprend pourquoi le chien du jeune garçon n’a pas osé s’aventurer jusqu’ici : il ne sent rien. Il n’entend rien. Sans la torche de l’Urumi, il ne verrait rien. Et quand Shitekka se tourne vers lui pour lui adresser la parole, il n’entend rien non plus.

Rien.

Quelque chose monte à l’intérieur de Wutu-Fuku. Un instinct primaire, qui lui ordonne de rebrousser chemin immédiatement. Mais le Kaguya a depuis longtemps appris à dominer ses instincts. Luttant contre ce que son corps lui dicte, le Heidan continue ses recherches. Le destin accorde finalement la délivrance aux deux sauveteurs, qui retrouvent l’enfant prostré dans un coin. Terrorisé mais apparemment sain et sauf.

Ne se faisant pas prier, le duo s’empresse de sortir le petit garçon de cet endroit. À la sortie, la présence du chien suffit à soulager la peur de son maître. Quant à Wutu-Fuku, il a l’étrange impression de s’être réveillé d’un long sommeil. Il tourne la tête vers Shitekka, qui semble aussi confus que lui. L’Urumi ne peut que constater que son île natale regorge encore de mystères. Mais le Heidan hoche la tête lorsque son cousin suggère qu’ils rentrent au village sans tarder. Alors que le petit groupe se dirige vers la paroie qu’ils vont devoir remonter, l’hôte de Sanbi se fige. Il se retourne lentement, fixant l’abime. Il aurait juré que quelque chose venait de l’appeler. Mais pas avec des mots…

Wutu-Fuku secoue la tête et commence l’ascension de la paroie, aidant sporadiquement l’enfant Urumi et son animal là où l’escalade devient trop difficile. Après quelques minutes supplémentaires à marcher dans les bois bordant le kotan, le groupe arrive enfin au village. Les retrouvailles entre la mère et son fils sont émouvantes, et rappelle au Heidan la raison première de sa vocation. Au-delà des combats contre des êtres surpuissants et des démons de la nature, aider son prochain reste l’essentiel.

Le sauvetage de cet enfant permet en tout cas au sisam d’être mieux accepté par les locaux, qui l’autorise même à demeurer dans le kotan pour quelques jours.

-Je ne suis qu’un humble invité ici. Je partirais quand ils l’exigeront.

Malgré la proposition de ce Sannyoaino, Wutu-Fuku sent bien qu’il se sent un peu obligé de lui accorder l’hospitalité pour avoir secouru son petit-fils et cela le rend mal à l’aise. La dernière proposition de Shitekka retient néanmoins son attention.

-Je serais très honoré de rencontrer votre shaman.

Le Kaguya remercie l’ancien en s’inclinant. À défaut de pouvoir se faire comprendre par les mots, il peut toujours le faire par les gestes. Le vénérable s’en va donc prévenir ce fameux Koshamain. Après que les Urumis se soient dispersés, Wutu-Fuku se tourne vers son cousin.

-Merci beaucoup, Shitekka. À ce soir.

Le Heidan lance un regard compatissant à son semblable avant de tourner les talons et de se diriger vers la hutte de ce shaman. N’étant pas au fait de toutes les traditions locales, Wutu-Fuku préfère s’abstenir de tirer des conclusions hâtives… mais il ne peut s’empêcher de penser que si la hutte de Koshamain est à l’écart du village, ce n’est pas pour rien.
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Sam 18 Déc 2021 - 23:08
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La Main de Kiri accepta volontiers la rencontre avec le spirite local. Ce fut sur cette décision que les deux Kaguya se séparèrent momentanément. L'un retrouvant le monde des hommes, les siens. L'autre découvrant celui des esprits, des étrangers. Non sans embarras, le balafré rejoignit quelques chasseurs partis collecter du gibier. L'enfant de Saroruncasi découvrait à nouveau l'excitation des promenades à travers la forêt. La joie de se sentir faire partie d'un tout, auprès des conifères et des fougères. Et la hantise permanente que les pièges portaient dans leurs bras les fruits des efforts de leurs concepteurs. A cette routine d'antan s'ajoutait les regards gênés que peinaient à dissimuler ses anciens camarades. Shitekka n'osait pas demander la raison de cet embarras, tout comme les urumis tâchèrent de lever d'eux-mêmes le voile sur leurs hésitations. Cette ambiguïté constante ne cessa de planer sur l'ombre des indigènes, sans pour autant occulter la beauté du moment.

Dans le même temps, Wutu-Fuku se rendait à la demeure de Koshamain.
Si le shaman entretenait de très bons rapports avec le reste du kotan, son éloignement du village s'avérait tout à fait justifié. A mesure que le directeur du complexe se rapprochait de son but, une odeur commença à s'accentuer au creux de ses narines. Bientôt l'odeur précéda de multiples volutes de fumée, qui s'échappaient des fenêtres de la chaumière de Koshamain. C'était un parfum de forêt brûlée, ponctuée d'aromates sauvages. Lorsque Wutu-Fuku se présenta à l'entrée du lieu, il fut accueilli par un vénérable. Un homme de grande taille, tout comme l'imposante barbe blanche qui couvrait jusqu'à son nombril. Une couronne de brindilles ornait son front, ce qui dissimulait davantage ses petits yeux bleus masqués par les rides.

« … Wutufuku-sisam, glissa le prêtre d'une voix usée. »
Koshamain incita l'étranger à pénétrer dans sa demeure d'un signe de la main. Il ne parlait pas la langue commune, mais cela ne l'empêchait en rien d'accueillir un réceptacle d'esprit. Dans la demeure de Koshamain, tout appelait au mysticisme. Des fumigations d'herbes étranges. Des crânes d'oiseaux qui habillaient chaque recoin. Mais, malgré tout ce fatras occulte, au centre demeurait invariablement l'âtre qui brûlait d'un feu clair. La marque de respect de tout Urumi envers la déité du foyer.

Sans perdre de temps, le guérisseur ausculta l'hôte du démon à trois queues. Le vénérable apposa sa main sur la nuque de Wutu-Fuku, une zone que l'on disait le cœur de la communion avec les kamuys. L'homme bredouillait quelques paroles inaudibles, alors qu'il semblait pris dans une intense concentration, à la limite de la transe. Puis soudain, il se sentit submergé par une force invisible, qui le fit ployer. La respiration du vieil homme s'intensifia.

« wen… wen-kamuy, eh ? »
Sa voix était tremblotante, et il peina à se relever. Koshamain acquiesça de la tête, probablement pour lui-même. Il se rapprocha à nouveau de son invité. Son regard était perçant, malgré la faible lueur bleutée qui émanait d'entre ses globes oculaires. Le shaman commença alors à respirer profondément. Il invita son vis-à-vis à l'enjoindre dans ce qui ressemblait à une séance de communion. Le shaman incanta quelques prières en langue urumie. Si Wutu-Fuku avait probablement du mal à comprendre le sens de ces paroles, il lui était possible néanmoins d'être sensible au rythme du shaman. De la musicalité de ce chant, qui devenait de plus en plus entraînant. Quelque chose de profond, et nostalgique à la fois. Un témoignage solennel du respect des natifs de Saroruncasi envers leur environnement, constellé de mille et uns esprits en tout genre.

A mesure que l'incantation se poursuivait, Koshamain s'abandonna peu à peu à une sorte de transe rituelle. Ses gestes devinrent plus désordonnés. Son regard, animé d'une étincelle de folie qui le transporta ailleurs. Le shaman voyageait à l'interstice entre les mondes. Sa perception dépassait celle du commun des mortels. Car il était la passerelle entre les esprits et les êtres de matière. Derrière l'initié et son invité, les fumées d'herbe continuaient de nourrir l'intérieur de la pièce. Et la respiration initiée par Koshamain permettait de s'imprégner davantage du pouvoir de ces plantes. Une certitude s'imposait à présent : le vieil homme s'était lancé dans un voyage vers l'indicible. Une inconnue, elle, demeurait présente : avait-il entamé son pèlerinage vers l'invisible seul, ou en compagnie de son invité, en recherche de réponses sur l'esprit qui résidait en son for intérieur ?

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Jeu 20 Jan 2022 - 21:59
À mesure que le Kaguya s’approche de la hutte du shaman, ses sens s’agitent. Une odeur de plantes et de bois brûlés lui chatouille les narines. Il trouve bientôt la source de cet étrange parfum. Le domaine de Koshamain est dissimulé dans ce qu’on pourrait penser être de la brume au premier abord, qui s’avère finalement être une multitude de volutes de fumée. La hutte en elle-même ne paie pas de mine, témoignant de la précarité matérielle dans laquelle vit l’ascète. Quelques pas supplémentaire amènent Wutu-Fuku devant le vieillard. Un homme grand et marqué par les années, qui aurait pu être un vaillant guerrier dans sa jeunesse. Sa couronne de brindilles vient appuyer encore plus le lien entre le shaman et la nature.

-Merci de me recevoir.

Wutu-Fuku s’incline respectueusement. Les Urumis maîtrisant la langue commune ne semblent pas être légion. Le Kaguya ignore si son interlocuteur comprend ce qu’il dit même s’il espère que le mot « merci » soit assez basique pour être compris malgré tout. Maintenant que les deux Kirijins sont séparés, Wutu-Fuku doit se débrouiller seul avec la barrière de la langue.

D’un signe de la main, Koshamain invite le sisam à entrer dans sa demeure. L’hôte de Sanbi laisse son regard se promener quelques instants sur l’intérieur de la hutte et sa décoration modeste. Il aperçoit enfin la source des volutes de fumée, provenant de bols dans lesquels divers herbes et branches se consument. Des crânes d’oiseaux ornent les murs et donnent au lieu un air sinistre.

Le Kaguya se laisse ensuite manipuler par le shaman, qui l’ausculte d’une manière peu orthodoxe en comparaison d’une auscultation médicale, que Wutu-Fuku connaît bien puisqu’il est lui-même irounin. Le vieil homme pose ensuite sa main sur la nuque de son patient. Quelques instants plus tard, Koshamain perd l’équilibre, visiblement choqué par ce qu’il a « perçu ». Instinctivement, la Main de Kiri lui offre son assistance pour se relever, tandis que le vieil homme prononce avec difficulté le nom de « wen-kamuy ».

À quel point la présence du Dieu de l’Eau est-elle perceptible au sein de Wutu-Fuku ? Ce dernier est rôdé au domaine de la sensorialité, même s’il n’est pas au niveau de Shitekka. Mais le Heidan ne perçoit rien. Il devrait être en théorie bien plus apte à percevoir Sanbi que l’Urumi moyen. Et pourtant, le seul qui n’arrive pas à percevoir le Dieu de l’Eau à l’heure actuelle semble bien être son hôte.

Quelques instants de récupération sont nécessaires pour que Koshamain se remette à inspecter son invité. Le vénérable invite le Kaguya à prendre place près du feu trônant au centre de la hutte. Il se met à psalmodier des prières en Urumi à un rythme presque mélodieux, tandis que les vapeurs viennent chatouiller les visages. Instinctivement, le Heidan calque sa respiration sur celle du shaman.

Les mouvements du vénérable sont de plus en plus désordonnés. Le regard du vieillard change, ses pupilles se dilatent. D’un geste sec, il s’empare d’un des bols d’encens et le place juste sous le nez du Kaguya, qui inspire de plein fouet les vapeurs qui s’en échappent.

Le Kaguya se fige un instant, comme tout autour de lui. Il a l’impression que le temps s’est figé. Mais très vite, sa vision se trouble. Les murs se déforment et se mettent à onduler. Les volutes de fumée prennent des formes diverses et variées. Les yeux de Koshamain se mettent à grossir tout en changeant de couleurs et son vieux corps s’étire et se déforme.

Wutu-Fuku passe ses mains devant ses yeux. Il a l’impression qu’un liquide suit chacun de ses mouvements. D’ailleurs, un instant plus tôt. Il avait des doigts, mais plus maintenant.

L’instant d’après, le Kaguya flotte dans un ciel de nuit, tandis que les étoiles dans le ciel lui sourient ou lui tirent la langue.

Puis, le Heidan se sent comme aspiré vers le sol. En spirale, il a l’impression de chuter de dizaines de kilomètres en quelques secondes. Et pourtant, il se pose au sol doucement, sans le moindre dégât.

L’hôte de Sanbi se sent maintenant un peu plus lucide. Il regarde autour de lui et constate qu’il est dans une sorte de forêt parsemée de champignons hauts de plusieurs mètres. Il fait quelques pas confus et trébuche. Il est… à quatre pattes ? Il tente de se mettre sur ses deux jambes mais ne parvient pas à rester longtemps en position bipède.

Confus, il cherche une source d’eau du regard et trouve une flaque d’eau de bonne taille. Dans le reflet, le Kaguya peut constater qu’il est désormais… un éléphant.

Wutu-Fuku a un mouvement de recul. Que se passe-t-il ? Il était dans une hutte, et puis… serait-ce une conséquence des herbes de ce shaman ? D’ailleurs, où est-il passé ? C’est peut-être cet animal qui bouge dans les fourrés...

***

Du côté de Shitekka, la collecte de gibier est productive. La nature de Saroruncasi est généreuse et l’ambiance entre les locaux aussi bonne que possible, malgré les non-dits qui pèsent sur les Urumis en raison de la présence de wen-kamuy.

Mais grâce à ses compétences avancées en sensorialité, Shitekka remarquera peut-être que sous ses pieds, loin, très loin sous terre, quelque chose s’agite...
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Lun 6 Juin 2022 - 0:31
Wutu-Fuku aperçoit une paire de grands yeux jaunes luire entre les feuilles des fourrés. C’est finalement une vieille chouette aux plumes grises qui sort de la végétation. Nulle hostilité dans son comportement : elle sautille calmement vers le Heidan avant de s’étirer de tout son être en baillant.

-Vous êtes… ?

-Oui.

Le Kaguya-éléphant est surpris. Il n’a pas le souvenir d’avoir entendu le shaman s’exprimer en langue commune, mais ce n’est pas ce qui l’interpelle. La chouette n’a d’ailleurs pas ouvert le bec, il a entendu sa réponse dans sa tête. Wutu-Fuku n’est d’ailleurs plus très sûr d’avoir ouvert sa propre bouche pour lui poser sa question. Il a d’ailleurs bien du mal à s’adapter à sa nouvelle morphologie, faisant balancer sa trompe dans tous les sens tandis que ses gigantesques oreilles manquent de lui mettre des baffes à chaque instant.

-Au sein de ce plan d’existence, nous nous exprimons par les pensées les plus primaires.

Ils ne sont bien évidemment plus à Saroruncasi. Mais alors, où ?

-Quel est cet endroit ?

La chouette se passe le bec dans ses plumes.

-Un lieu immatériel et spirituel, auquel on ne peut accéder que par l’esprit. Nos enveloppes corporelles sont toujours dans ma hutte.

Le Kaguya n’arrive pas à déterminer si l’animal qu’il a en face de lui est bien le shaman ou si tout ceci n’est qu’une création de son esprit altéré par les mystérieuses herbes de Saroruncasi.

-J’espère que tu es allé te soulager avant de me rendre visite. Nous sommes dans un endroit où la perception du temps est altérée. Une minute ici pourrait correspondre à plusieurs heures dans le monde matériel. Où l’inverse.

Le Kaguya n’est pas spécialement ravi à l’idée de souiller son kimono. Mais ces quelques préoccupations sans importances ne doivent pas le détourner de ses véritables objectifs. Si ce monde est lié aux esprits, où si tout ceci n’est qu’une création de son subconscient, alors il pourra peut-être trouver Sanbi, quelque part.

-Et pourquoi suis-je... devenu un éléphant ?

-Nous adoptons ici les traits de notre animal intérieur. La chouette est liée à la connexion avec le monde spirituel.

Ceci expliquerait peut-être que la forme Yasei de Shitekka soit similaire à l’animal spirituel du shaman.

-L’éléphant, lui…

La chouette toise le colosse de bas en haut.

-Est symbole de sagesse et d’intelligence. De force aussi, mais une force tranquille et mesurée. Enfin, c’est aussi un animal de troupeau, qui représente la famille. Mais ce n’est pas quelque chose avec lequel tu es en paix, n’est-ce pas ?

Le Kaguya tique. Si on parle de liens du sang, ses relations « familiales » avec son clan sont catastrophiques. C’est quelque chose qui peut se savoir à Kiri, mais c’est plus étonnant pour un ermite vivant loin du village caché.

-Tes défenses sont abîmées.

Wutu-Fuku tente de s’inspecter, en vain. Il doit encore une fois faire preuve d’astuce pour voir son reflet dans une flaque et constate qu’effectivement, ses défenses d’ivoire sont fissurées.

-Je suis rassuré de voir que c’est à cela que tu ressembles à l’intérieur, Wutu-Fuku. Que le Sisam que nous accueillons n’est pas une mauvaise âme. Mais aussi que…

La chouette cherche ses mots. Wutu-Fuku peut déceler une certaine crainte dans la voix du shaman.

-… wen-kamuy soit au sein d’un homme sage.


Wutu-Fuku est apaisé d’avoir cette sorte d’approbation du shaman. Peut-être que cela facilitera la suite de son séjour à Saroruncasi. Le Kaguya regarde autour de lui, mais le paysage de champignons géants et de forêt est uniforme. Incertain, il se tourne vers son compagnon de voyage.

-Où allons-nous, maintenant ?


La chouette déploie ses plumes et prend son envol pour se poser sur le dos de l’éléphant.

-C’est ta quête, Wutu-Fuku. À toi de me le dire.
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Jeu 14 Juil 2022 - 23:12
D’abord la forêt de fongus géants, puis les herbes hautes de plusieurs mètres, une chouette qui parle et pour finir… tu es réincarné en éléphant. Tout cela semble pourtant naturel et presque reposant. La vue des sources d’eau et de cette végétation luxuriante te rassurent plutôt qu’ils ne t’inspirent méfiance. A croire que ce bol d’encens que le vieux sage t’a fait renifler est plutôt efficace. Le pachyderme que tu es devenu, tu fais trembler le sol à chaque pas, tu sens le paysage trembler devant ta présence et pourtant sans troubler le cours naturel de l’écosystème, comme si tu étais en parfaite harmonie avec le tout. Tu avances sans être certain où aller, seulement en suivant ton instinct comme le hibou te l’a suggéré.

Tu te rappelles aussi que les minutes passées ici sont équivalentes à des heures dans le monde réel et que tu n’as pas de temps à perdre si tu veux obtenir la vérité que tu cherchais tant depuis que le Dieu et toi ne faites qu’un. Tant de questions et pourtant aucune réponse, tu te dis qu’enfin… un échange va être possible avec le Dieu de l’Eau. Tout ce temps tu as refusé d’exploiter son pouvoir, par principe, par refus de l’utiliser pour tes propres fins. Tu refuses de prendre ce risque et de compromettre une relation amicale même si basée sur une cohabitation forcée. Mais pourquoi ce silence? S’agit-il d’un refus de sa part de communiquer ou tout simplement qu’il est impossible et donc inutile d’espérer un dialogue entre toi et l’entité? En tant que l’un des pionniers jinchuuriki, tu te devais de trouver la réponse.

Plus loin sur le chemin, le hibou qui t’accompagne se pose sur une branche, son aile dirigée vers une rivière qui ressemble beaucoup à ceux qu’on peut rencontrer à Mizu. Peut-être un fragment de ta mémoire qui s’est rattaché à ce monde onirique dans lequel tu es plongé. Autour de cette rivière, plusieurs éléphants sont en train de s’abreuver en plongeant leur trompe dans l’eau. Toi-même tu te sens comme instinctivement attiré vers celle-ci, même si au fond de toi quelque chose te dit qu’il faut s’en méfier. L’eau est pourtant claire, pure, et délicieuse. En même temps, tu inspectes les alentours afin de voir quelle alternative il te reste et tu remarques qu’un autre groupe d’éléphants est en train de baigner à l’intérieur, la moitié du corps au-dessus de la surface et en utilisant leur trompe comme un tuba pour respirer. Ils ont l’air de bien s’amuser, et puis l’eau est sûrement rafraîchissante étant donné la chaleur tropicale qui s’abat sur ta peau.

« Boire l’eau de la rivière ou nager dedans hein? Bizarre comme choix, il y a peut-être une signification cachée derrière tout ça. Qu’est-ce qui te rapprocherait le plus de wen-kamuy tu penses? »


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Sam 16 Juil 2022 - 12:46
Wutu-Fuku n’appréhende pas encore très bien la nature de ce qui l’entoure. Est-ce que tout cet écosystème est généré à partir de son esprit ? Il doit bien reconnaître qu’il se sent apaisé dans ces étranges biomes. Il a la sensation d’être à sa place, comme s’il était chez lui. Le Heidan s’est même adapté assez vite à sa situation de pachyderme. Ce n’est pas comme s’il avait brutalement été transféré dans le corps d’un éléphant mais plutôt comme s’il revenait à son essence primaire. Même si le sol tremble à chacun de ses pas sous sa stature, il ne perturbe pas l’équilibre qui règne en ces lieux.

Reste à savoir où aller. Wutu-Fuku laisse parler son instinct, comme Koshamain le lui a si bien recommandé. Le shaman est-il réellement avec lui ou n’est-ce qu’une matérialisation de son propre inconscient afin de lui servir de guide ? Le Kaguya ne pourra avoir ces réponses que plus tard et, présentement, il en recherche d’autres.

Les errances du duo les mènent jusqu’à une rivière. Le Kaguya ne sait pas exactement combien de temps il a marché. Il a à la fois l’impression que cela ne fait que quelques minutes et à la fois l’impression que cela fait des heures. Il n’est pas non plus aidé par le cycle jour-nuit pour estimer le temps qui passe puisqu’il peut aussi bien voir le soleil ou la lune dans le ciel chaque fois qu’il lève les yeux.

Cette rivière n’est pas anodine, Wutu-Fuku peut le sentir instinctivement. Même si elle n’a en apparence rien de très différent d’une rivière qu’on pourrait rencontrer au Pays de l’Eau.

C’est aussi la première fois que le duo rencontre d’autres animaux.

Deux groupes d’éléphants vaquent à leurs occupations autour de l’eau. Les pachydermes du premier s’abreuve paisiblement. Un peu plus loin, le second groupe se baigne. Il est vrai que cette eau serait la bienvenue pour le Kaguya puisqu’il fait très chaud.

Le commentaire de Koshamain sort le Kaguya de ses observations. Boire l’eau de la rivière, nager dedans ? Est-ce là les seuls choix qui s’offrent à lui ? Qu’est-ce qui pourrait le rapprocher de Wen-Kamuy ?

Wutu-Fuku réfléchit. Il observe les troupeaux avec attention. Si ce monde étrange se base sur les symboles et les concepts incarnés sous forme animale, alors ces éléphants ne peuvent que représenter d’autres Kaguyas. Le clan n’est-il pas surnommé « la horde d’ivoire » ?

-Quelque chose… ne va pas.

La tentation de se désaltérer est grande. Mais le Heidan est assez discipliné pour supporter cette désagréable sensation. Il a passé des années à entraîner la force de son corps et de son esprit et a vécu bien pire. Et quelque chose dans son instinct primaire lui dit de se méfier de cette eau. Si les éléphants représentent les Kaguyas, est-ce que cette rivière représente Sanbi ?

En partant de ce principe, la scène devient d’un coup moins innocente. Certains éléphants prennent l’eau en eux-même en la buvant. D’autres sont à moitié immergés à l’intérieur. Alors qu’une première interprétation pourrait voir cette relation comme une volonté pour l’eau et l’éléphant de ne faire plus qu’un, ce sont bien les géants d’ivoire qui ont forcé cette union. Les souvenirs de Wasure no Kuni reviennent dans l’esprit du Kirijin, et plus particulièrement les complots de Renzaburô pour exploiter le pouvoir des sorcières blanches sous forme de rouleau de technique. N’est-ce pas ce dont il est question ici ? Des Kaguyas qui s’approprient quelque chose qui ne leur appartient pas ?

-Ils ne font plus qu’un avec l’eau. Mais ce sont eux qui l’ont décidé, l’eau n’a pas eu le choix. Si je bois cette eau pour me désaltérer, est-ce que je ne me l’approprie pas égoïstement ? J'ai soif, oui... mais cette soif n'est qu'une illusion de mon esprit. Si je me baigne dans la rivière, je montre ma volonté de ne faire qu’un avec l’élément, mais je ne lui ai pas laissé le choix.


Laisser le choix à de l’eau ? Cela peut paraître absurde. Mais si les éléphants incarnent quelque chose, il n’y a aucune raison que la rivière n’incarne rien. D’autant plus que les croyances Urumis, pour autant que le Kaguya sache, considèrent que des lieux ou éléments peuvent avoir un esprit.

Le Kaguya réfléchit. Il s’approche du bord de la rivière tout en restant sur la terre ferme. Il observe en détail la rivière pour voir s’il remarque quelque chose, avant de faire de même avec les éléphants. Après quelques instants de réflexion, il tend sa trompe vers l’eau mais sans la toucher.

Wutu-Fuku estime qu’il montre sa bonne volonté en faisant un pas vers l’eau, aussi bien physiquement que métaphoriquement. Tout en ne forçant pas le contact et laissant à l’eau le choix de faire elle aussi ce pas dans sa direction.

Ainsi, l’eau peut venir à lui, si elle le veut. Bien sûr, dans le monde réel, une rivière ne pourrait pas spontanément sortir de son lit. Mais ici… pourquoi pas ?
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Jeu 21 Juil 2022 - 23:56
Installé sur son perchoir, le hibou te regarde hésiter et réfléchir sur ce que tu devrais faire pour te rapprocher de wen-kamuy, comprendre la signification profonde des choses, plutôt que de s’arrêter à leurs caractéristiques superficielles. Tu ne savais même pas si ce rituel allait vraiment permettre d’entrer en contact avec l’être intérieur, mais avais-tu seulement le choix après avoir épuisé toutes tes options? Tu regardais les éléphants et tu te regardais toi, te demandant si tu allais les imiter. Un groupe de pachydermes s’abreuvant dans la rivière, l’autre se baignant dedans. Deux interprétations différentes du rapport à l’eau. Ici, une métaphore du rapport au Dieu, ou encore, du rapport au chakra. Sauf que l’eau pour l’être humain, et plus spécifiquement les ninjas, n’était pas vitale alors que pour les Dieux, elle était leur condition d’existence, elle était le sang qui coulait dans leurs veines. S’abreuver du chakra d’un Dieu, n’était-ce donc pas s’abreuver de leur sang-même? Qui étaient les éléphants? Les Kaguya, les ninjas, ou des projections différentes de toi-même, si tu n’étais pas né avec des principes, si tu avais fait le choix d’utiliser le chakra pour tes propres intérêts.

Ton choix fut donc d’approcher l’eau avec prudence, comme quand on ne plonge que ses doigts de pied de l’eau avant de complètement s’y baigner, tu craignais la température de l’eau, tu ignorais complètement sa nature et refusais de faire un choix que tu pourrais regretter par la suite. Qui plus est, tu refusais d’imiter les autres, montrant en même temps ta détermination à ne pas te laisser influencer par la majorité, tu étais intègre et tu tenais fermement à respecter tes propres principes plutôt que de t’abandonner à la facilité. Tu te doutais qu’une des deux options était meilleure que l’autre, mais était-ce la meilleure option possible? Tu te souvenais aussi que dans les croyances Urumis, chaque élément de la nature était habité par un esprit et que par conséquent, à l’eau correspondait un esprit et celui-ci était logiquement le Dieu de l’Eau. D’où le fait que l’eau telle que tu la percevais dans la rivière n’était pas simplement de l’eau, mais bien l’incarnation de l’être supérieur que tu poursuivais dans ta quête. Tu explorais les alentours pour essayer de voir ce qui avait changé, si tu avais réussi cette “épreuve” quand soudain, le sol se mit à trembler.

Les éléphants se mirent à paniquer et à s’enfuir de la rivière pour disparaître dans la forêt de l’autre côté, renversant des arbres sur le passage, tandis que toi tu te trouvais seul de ton côté de la rivière, en train de te demander ce qui a pu les faire fuir. Alors que tu te trouvais au bord de la rivière tu remarquais que l’eau touchait maintenant tes pattes. La rivière était en train de sortir de son lit et commençait à gagner en hauteur, inondant peu à peu la forêt environnante. A peine envisageais-tu quoi faire que ton corps massif se mit à flotter, l’eau montait à une vitesse défiant l’entendement si bien que tu finissais par respirer par la trompe et que tu débattais tes pattes sous l’eau en essayant de ne pas finir noyer. Alors que le monde autour de toi s’écroulait et que les champignons et arbres se faisaient déraciner les uns après les autres sous la force du courant, tu cherchais vainement une solution de t’en sortir quand enfin…

En rouvrant les yeux, tu reconnaissais la tente dans laquelle tu étais entrée et tu retrouvais l’odeur d’encens si particulière qui t’avait plongé dans le monde des esprits. Qu’est-ce que cela pouvait signifier? Pourquoi étais-tu sorti si soudainement de la transe spirituelle? Tu compris rapidement la signification de l’eau qui montait et du monde autour de toi qui avait perdu sa stabilité, car tu avais visiblement déjà atteint ta limite et que tu étais à deux doigts de te faire dessus. Dehors il faisait déjà nuit et tu comprenais que plusieurs heures étaient déjà passées depuis ta plongée dans le pays des merveilles. Alors que tu aurais pu te sentir dépité d’avoir vu ta tentative échouer à cause d’une pause pipi, tu remarquais parmi les différentes “ustensiles” décorant l’intérieur de la tente de Koshamain un assortiment de bols remplis de liquides que tu ne parvins pas à identifier. Tu remarquais qu’il y avait quatre bols dont un au centre qui avait une couleur bleue.

« Wen-kamuy. »

Le chaman plongea son index dans le bol au centre comme pour tenter de te faire comprendre quelque chose, après avoir remué suffisamment il ressortit son doigt du bol avait cette étrange mixture ou peinture qu’il rapprocha du bol situé “en haut” ou “au nord” depuis ton point de vue. Les gouttes bleues qui tombèrent dans le bol transparent se mirent à former une sorte de dessin, une sorte de colline ou des montagnes. Il reprit le même procédé pour le bol “en bas à gauche” ou “sud-ouest”, ce qui fit alors apparaître plusieurs barres parallèles et à la verticale, pouvant avoir plusieurs significations. Quant au troisième bol, situé “en bas à gauche” ou au “sud-est”, les gouttes s’assemblèrent jusqu’à se transformer en glaçons. Le bol au centre aussi changea de couleur, virant du bleu au blanc. Face à ce spectacle visuel étrange, Koshamain joignit ses mains en parlant son dialecte indéchiffrable et te salua avec respect, te regardant comme s’il s’attendait à ce que tu comprennes ce qu’il venait de dire. La séance était visiblement terminée et il ne tenait apparemment qu’à toi de comprendre ce que pouvait signifier ce message caché derrière les bols.


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