Soutenez le forum !
1234
Partagez

Réminiscences [Gabushi]

Oterashi Yanosa
Oterashi Yanosa

Réminiscences [Gabushi] Empty
Jeu 17 Juin 2021 - 13:02
Dans sa quête perpétuelle, son périple sans fin et aux multiples facettes que le guerrier tellurique entreprenait sur tous les fronts qu’il pouvait, celui-ci peinait parfois à se rappeler de ce qui l’avait poussé dans cet engrenage, ce qui avait lancé son esprit sur cette trajectoire de laquelle il lui était à présent impossible de dévier. S’améliorer, toujours plus, ériger Tsuchi en exemple mondial du progrès par le Chakra, éliminer les ennemis qui avaient l’audace de les menacer d’extinction. Des tâches bien complexes pour un homme seul, même si il pouvait compter la plupart du temps sur l’appui inconditionnel de son village, mais lorsque les pensées du Chûnin tentaient de rebrousser chemin, de se remémorer ce qui avait façonné cette détermination qui animait son coeur de pierre, un brouillard de guerre opaque obscurcissait son esprit. Et au milieu de cette purée de pois, seuls des visages demeuraient discernables, des faciès qu’il ne pourrait plus recroiser de son vivant, chacun accompagné par les relents vivaces d’un deuil enragé qu’il n’avait sans doute jamais mené à son terme. Des images de guerre impitoyable, des caravanes entières de corps acheminé jusqu’à leur ultime villégiature.

Avait-il vraiment consciemment choisi cette vie ? Ou bien n’avait-il été que le produit d’une association d’événements hors de son contrôle ? Mais en ce cas, se dit-il, avait-il été condamné à subir tant d’affronts, à encaisser tant de douleurs tant physiques que mentales depuis le début ? Très peu versé dans la spiritualité quelle qu’elle soit, Yanosa savait qu’il ne pouvait pas trouver de réponse satisfaisante à ces questions. Elles étaient tout bonnement hors de sa portée, et peut-être même n’avait-il aucun intérêt à les trouver, au final. Malgré tout… Malgré tout, dans les méandres de ses pensées majoritairement tournées vers l’avenir et comment il voulait aider à le façonner, une place subsistait, ancrée dans le passé, accrochée à des plaies anciennes, fondatrices, qu’il se refusait à regarder en face. Et tandis qu’il déambulait pas tout à fait au hasard dans les quartiers désolés partiellement reconstruits, c’était vers une bâtisse en particulier que ses pas le menèrent. Un endroit qu’il connaissait, sans même y avoir pénétré, qui symbolisait d’une certaine façon les prémisses de cette vie dans laquelle il avait foré sa voie.

Par le sol, ses perceptions s’étendirent, vérifiant ainsi la présence de celle qu’il était venu voir entre les murs de la bâtisse via le moindre échos terrestre qu’il captait ainsi. Le soleil faisait darder ses ultimes rayons, au loin entre les pointes millénaires du sommet des montagnes, et dans cette amorce de crépuscule, l’Oterashi se sentit rattrapé par ces démons qu’il traînait avec lui. Il pressa inconsciemment le pas, presque comme si c’était un véritable refuge qui l’attendait au bout de l’allée, et se rua presque sur la porte pour y tambouriner quatre fois de sa main lourde et fermée en un poing chargé de tension. Son corps tout entier comme toujours recouvert de bandages qui cachaient au monde extérieur la monstruosité de son enveloppe, il attendit, sa main appuyée sur le côté, penché en avant.

« Gabushi… C’est Yanosa. Ouvre… s’il te plaît. »

Demander quelque chose, une faveur, qui n’avait rien à voir avec le travail. Voilà une pratique dans laquelle il n’excellait pas et où son expérience se trouvait être très limitée. Il avait conscience à tout point de vue de faire peine à voir, mais pour évacuer le passé et pouvoir continuer d’avancer… il devait encore s’y reconnecter.


@Ashikaga Gabushi

_________________
Réminiscences [Gabushi] Giphy

Theme
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine
Ashikaga Gabushi
Ashikaga Gabushi

Réminiscences [Gabushi] Empty
Jeu 17 Juin 2021 - 18:42
Morne était encore la soirée que passait l'Ashikaga pour le moment. Elle étudiait les textes qu'elle avait pu récolter au fil de ses aventures sur la vie des samourai et la philosophie du fer de l'autre côté de la frontière. Une simple bougie accompagnait Gabushi sur sa recherche de sagesse et de réponses à ses différentes questions, mais elle avait déjà parcouru ses ouvrages et pour le moment rien était vraiment sorti de ces connaissances.

Un invité imprévu se décida à frapper à la porte et la surprise pouvait se lire sur le visage de l'Ashikaga. Elle n'attendait personne depuis longtemps et ne sortait que très peu, qui pouvait se rappeler de son existence et surtout, qui pouvait vouloir s'inviter à cette heure ? Toph ? Aimi peut-être ?

Elle soupira en attrapant le socle de sa bougie pour rapidement répondre à l'appel derrière la porte, découvrant un Yanosa qui semblait en détresse à sa grande surprise. Elle n'avait pas vu celui-ci depuis longtemps maintenant, son coéquipier de l'équipe une.

- Yanosa ? Qu'est-ce que tu fais là ? Entre, entre, reste pas dehors. Dit-elle en le pressant de rentrer et de ne pas rester à la lumière du coucher.

Elle l'observa un instant sans vraiment comprendre, la samourai ne l'avait pas vu depuis avant même la destruction du village et de son isolement délibéré. Elle était autant surprise qu'heureuse cela dit de revoir un visage amical même s'ils ne furent pas toujours d'accord sur l'avenir des assimilateurs à Iwa. Il restait le seul membre de son équipe, de la une, il n'en restait que deux.


- Va te mettre dans le salon et met toi à l'aise, je vais te préparer quelque chose et tu me diras ensuite ce que je peux faire pour toi. Dit-elle d'un ton assuré devant le manque de contenance de son camarade.
Gabushi se déroba donc dans une pièce après avoir pointé celle qu'elle avait demandé à Yanosa de rejoindre pour le guider, mettant en place ce qu'il faut pour offrir du thé à Yanosa sous peu.

Elle revint vers lui en silence, humblement et avec un sourire bienveillant histoire de le laisser s'exprimer librement sur ce comportement atypique.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t3923-terminee-chosokabe-gabushi
Oterashi Yanosa
Oterashi Yanosa

Réminiscences [Gabushi] Empty
Jeu 17 Juin 2021 - 23:27
Telle la lueur salvatrice au bout du tunnel, la samouraï apparut, son visage à demi éclairé par l’éclat de la bougie qu’elle portait. Cette simple vue, d’emblée, replongea le guerrier calciné dans un passé qui lui semblait si lointain qu’il aurait pu ne même pas être le sien. Le niveau de détail avec lequel il se rappelait toutefois de tous les événements qui s’étaient enchaînés, toutefois, ne laissait aucune place au doute : c’était bien de sa vie passée dont il s’agissait, et rien ne pourrait y changer quoi que ce soit. Pendant un bref instant, alors que Gabushi l’avait invité à entrer sans la moindre hésitation, l’Oterashi douta du bien fondé de cette visite à l’improviste, ses yeux remplis de braise dévisageant presque la samouraï en étudiant ses traits. La jeune femme, songea-t-il, avait toujours été d’une beauté tout à fait objective, et il se demanda ce qu’un autre homme, un qui n’aurait pas baigné jusqu’au cou dans une vie de batailles, de sang et d’enjeux mortels, aurait eu à en dire. Plus encore, ce qu’il aurait tenté de créer de liens particuliers avec l’archère.

Yanosa mit fin à cette errance en entrant dans la modeste demeure de l’Ashikaga, et qui correspondait tout à fait à son mode de vie en accord avec les principes du Bushidô. Machinalement, son regard alla étudier le mobilier spartiate et les aménagements minimalistes de l’appartement, comme si un danger quelconque aurait pu en jaillir d’un instant à l’autre. Quelque peu réconforté par les mots de Gabushi, il se fit toutefois violence pour arrêter de faire tourner cette roue dans son esprit, qui l’aurait même empêché de remettre vraiment le doigt sur la raison qui l’avait poussé à susciter cette entrevue.

« Mes excuses, pour être arrivé comme ça à l’improviste… Ça… Ça ne me ressemble pas vraiment. »

Partie dans la pièce d’à côté pour préparer sans doute de quoi accueillir correctement son invité surprise, la samouraï ne tarda pas à revenir, et ce ne fut qu’à ce moment que le Tellurique daigna s’asseoir. Dans un geste qui était en fait le vestige d’anciennes habitudes, il voulut passer sa main sur son visage, mais dut interrompre son mouvement en se « rappelant » que de son visage, il ne restait dans les faits qu’un entrelacement de cicatrices recouvert par des bandages sombres propres à camoufler correctement cette horreur qu’il portait avec lui.

« … Ça va te paraître stupide. Je repensais… à nos morts. Shin, Etsuko, Ryoko…. Hisa… Tenzin… Tous les autres... A chaque fois… A chaque fois, je sens cette rage monter. Cette colère… Et elle me donne de la force, celle dont j’ai besoin pour continuer, mais... j’ai l’impression... »

Il mâcha ses mots quelques instants, sa mâchoire visiblement tendue au possible et son regard presque fuyant.

« … J’ai l’impression de ne pas faire ce qu’il faut. Pour eux… Mais, ils sont morts, alors qu’est-ce que je pourrais bien faire pour eux, maintenant, hein ? C’est vrai... »

Il observa ses mains, qu’il avait nerveusement frotté l’une contre l’autre comme si un quelconque fruit pouvait sortir d’une telle manipulation.

« Et si je me pose trop de questions, alors… je m’affaiblis… et donc Iwa, s’affaiblit… Gabushi… Comment fais-tu, toi… pour gérer tout ça, avec ce calme, cette… retenue… Je m’efforce… tous les jours, de rester fort, de rester concentré, mais j’ai l’impression… d’être au bord du précipice. Depuis très, très longtemps... »

_________________
Réminiscences [Gabushi] Giphy

Theme
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine
Ashikaga Gabushi
Ashikaga Gabushi

Réminiscences [Gabushi] Empty
Ven 18 Juin 2021 - 23:44
La samourai se mit au niveau de Yanosa en pliant les genoux pour qu'ils touchent le sol, les mains sur le haut des cuisses. Posture peut-être un peu trop formel pour la situation, mais l'Ashikaga était concentré sur les explications de son invité et préférait pour l'instant adopter une attitude tout à fait neutre, même si elle l'invitait du regard à continuer de lui parler.
Et ses mots étaient terribles aux oreilles de Gabushi, elle-même tourmenté par les choses que pouvait décrire l'Oterashi.

Elle préféra ne pas l'interrompre, ses mains se crispant légèrement sur son Hakama mais faisant un effort pour rester de marbre.
La jeune fille du vent s'en posait des questions, toujours et tout le temps sur ce qui pouvait bien se passer autour d'elle. Le Bushido qui guidait ses pas et sa vie lui dictait d'avoir un esprit affuté, mais cela faisait quelque temps maintenant qu'elle n'entretenait pas ce tranchant.
Elle restait effectivement très calme pour les autres, toujours une retenue impeccable qui faisait envie à Yanosa. Mais la vérité était qu'elle était au bord du précipice elle aussi, et probablement depuis très longtemps tout autant que lui... Ce qui lui faisait peur, parce que le bushido avait précisément une réponse pour les désavouer de leur devoir.


- Je repense moi aussi à nos morts. Très souvent à vrai dire, Yanosa. Toutes ces personnes qui ne sont plus dans des conflits incessants pour de la poussière ou pour l'ego me rendent tout autant... Amère et haineuse que toi et d'autre.

Elle laissa un moment de silence où son regard se détacha de son ami pour tomber lentement sur le sol, la bougie posé à côté n'éclairant que peu la pièce et rendait celui-ci presque mouvant pour l'archère.


- On ne peut rien y faire, le monde est ainsi, le monde broie les hommes. Dit-elle presque en murmurant. Le Bushido n'apporte pas de réponse sur ces déchirements du cœur. Ajouta-t-elle avec une voix plus claire. C'est un code de conduite des guerriers de l'ancien temps et du pays du fer, c'est justement comment rester droit dans ce genre de questionnement au quotidien. Il n'y a pas de secret, c'est un combat perpétuel à ce niveau-là aussi, Yanosa, et je suis chanceuse de posséder cette sagesse d'un autre temps.

Un combat qu'elle ne voulait pas avouer perdre pour l'instant.

Certaines choses ne pouvaient changer même avec les coups du sort et du destin, la loyauté de la samourai pour le pays de la terre et la Godaime était intacte et imperméable au temps. Mais les horreurs et les atrocités du monde n'était pas sans impact sur la jeune fille. Et si ces bains de sang, ces revendications territoriales et ces ambitions de pouvoir que constituait les guerres n'était pas la solution ?


- Je ne pense pas que tu faiblis en te posant des questions, mais peut-être qu'Iwa, comme tous les autres pays ou autres organisations de ce monde ne cherche pas réellement la fin des massacres de camarade qui nous meurtrissent tous autant et ne cherche pas non plus ces questions que nous nous posons.

Sans vraiment le vouloir, elle expliquait le fond de sa pensée, comment pour elle ce n'était pas une question de force ou de faiblesse envers quelque chose. Mais bien une vision globale qui n'était plus satisfaisante avec l'expérience.
Elle pensa rapidement à ses parents qui étaient toujours dans le village qui l'avait vu naître il y a longtemps. Possibles futures victimes d'une confrontation qui pouvait les dépasser complètement à cause de la politique.
Ses yeux légèrement humides, mais d'une intensité toujours aussi forte se retournait vers l'autre assimilateur, le laissant s'exprimer à son tour dans la pénombre naissante de la nuit qui tombait.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t3923-terminee-chosokabe-gabushi
Oterashi Yanosa
Oterashi Yanosa

Réminiscences [Gabushi] Empty
Sam 19 Juin 2021 - 13:04
Il n’avait aucune idée du pourquoi, ou même du comment, même si il savait bien que c’était ses propres pas qui l’avaient mené jusque chez l’Ashikaga, mais de se voir et s’entendre ainsi confesser cette faiblesse dans laquelle il craignait de tomber, la présence de ce gouffre silencieux en lui, l’Oterashi se demanda ce qu’il avait vraiment espéré obtenir en venant ici. Relevant sporadiquement les yeux en direction de la samouraï, qui s’était installée solennellement face à lui, il fut d’abord quelques peu désarçonné par son stoïcisme, jusqu’à finalement remarquer la tension qui s’était emparée de ses phalanges. Les mots qui suivirent pour accompagner sa posture vinrent d’ailleurs confirmer que oui, Gabushi aussi… couvait ses propres démons. Difficile de faire autrement, à vrai dire, quand l’un ou l’autre avait dû voir tomber au combat mentors et coéquipiers les uns après les autres sans pouvoir y faire quoi que ce soit.

Elle incarnait les vents paisibles tout autant que les tempêtes. Il représentait le calme des montagnes et leurs grondements millénaires.

« ...Une sagesse… qui ne sert finalement qu’à enterrer ses sentiments sous une pile de rituels et de self control…. » adressa-t-il en serrant les dents.

Son regard passa dans l’obscurité, sa main allant trouver ses tempes pour les masser et tenter de trouver une façon de « rattraper » l’offense qu’il venait de formuler sans vraiment s’en rendre compte envers les principes que suivaient l’Ashikaga. Il avait ses règles, elle avait les siennes : qu’elles ne lui correspondent pas à lui ou ne lui paraissent pas naturelles ne lui donnait pas le droit de les traîner dans la boue.

« Désolé… Je sais… toute la rigueur qu’il faut, pour suivre cette voie. Celle qu’ont suivi Toph, et Hisa… Mais regarde… où toute cette rigueur les ont menées, toutes les deux… A la tombe… et la dépression... »

Un tableau effectivement peu réjouissant, même si il n’était pas nécessairement représentatif de ce que le Bushidô avait à offrir. Ce qui devenait de plus en plus évident, cependant, c’était que la discipline qu’impliquait cette voie ne semblait pas vraiment apte à combler ce vide que le Tellurique avait senti se creuser en lui et que, au mieux, elle pouvait servir à ses pratiquants pour gérer l’impact des morts qui s’amoncelaient autours d’eux. Un rempart pour protéger l’âme : pas un baume pour la guérir.

« … Il y a toujours… des sacrifices à faire. Tous ceux qui ont le pouvoir entre leurs mains le savent. Et à notre niveau… nous disposons d’une part de ce pouvoir. Mais comment… Comment rendre justice à ceux que nous devons laisser derrière… ? Cette guerre… ce conflit pour le Chakra… Comment justifier la mort des nôtres si nous le perdons ? »

A mesure de son énoncé, la voix de l’Oterashi s’était faite plus pressante, plus profonde.

« … Si on accepte de garder en nous ce vide… cette blessure… alors c’est pour l’emporter, dit-il en serrant les poings de plus belle. Je refuse… de perdre, après tout ça. »

La tension dans son corps sembla se tarir et s’étioler au rythme des vacillements de la bougie posée non loin. Pendant plusieurs secondes, ses yeux se fermèrent, comme s’imprégnant de la sérénité que dégageait Gabushi, la faisant sienne, se nourrissant de sa force inflexible. Lorsque ses iris de feu reparurent, un nouveau calme pouvait s’y lire.

« Hm. Même Tenzin… du haut de son calme olympien, je me souviens… de son regard, face au Shogun. Même lui, à l’époque, cherchait à combler ce vide… A lui donner un sens, du moins. Ô comme je le comprends de mieux en mieux, à présent… Gabushi… C’était pour t’éloigner de ce précipice… que tu es partie si longtemps.. ? »

_________________
Réminiscences [Gabushi] Giphy

Theme
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine
Ashikaga Gabushi
Ashikaga Gabushi

Réminiscences [Gabushi] Empty
Jeu 24 Juin 2021 - 22:55
Les mots de Yanosa étaient durs et probablement proportionnels à sa détresse, se disait la samourai. Ce n'était pas aussi simple, aussi tranchant. La voie était une façon de vivre qui allait bien plus loin que le stoïcisme qui n'est que la toute base où se construit l'esprit d'un guerrier.
Elle se rappelait les leçons lointaines de son sensei des arts du Bushido, elle avait l'impression que cela faisait des lustres depuis que Musashi l'avait entraîné et pourtant, ce n'était pas si éloigné du présent qu'elle aimerait le croire.


- Supporter la douleur n'est qu'une des leçons et la rigueur n'est qu'un des prérequis. Le bushido est vaste et est apte à diriger une vie. Hisa, Toph et moi-même savons que la voie n'est pas simple, mais nous la suivons et nous assumons ce choix.

Le silence se fit sentir pendant un temps, l'Ashikaga voulant visiblement rajouter quelque chose sans trouver les mots justes. Des mots nouveaux pour une pensée plus ou moins récente.

- Je ne doute pas de la voie et si je l'honore, j'arriverais à aller où je dois être à l'avenir. C'est plus compliqué que ça.

Elle n'insista pas pour l'instant sur cette dernière phrase, ne sachant encore comment la formuler correctement. Elle avait laissé des indices sur sa pensée profonde au fil de la conversation au tellurique, mais sans pour autant utiliser la franchise pour l'instant.
Lui, il parlait de justice, ce que pouvait comprendre la fille du vent. Les morts d'un champ de bataille réclament tous justice aux yeux des survivants pendant le premier regard insoutenable. Il parlait aussi de victoire, qu'un mort ne pouvait avoir de véritables sens si son camp ne gagnait pas à la fin du conflit.

Gabushi ne suivait pas cette voie-là, le code ne lui permettait pas, mais au-delà de ça, elle n'était pas du genre à rendre le sang par le sang, elle n'était pas vindicative un seul instant et regrettait que sa lame infligeait autant de perte dans les rangs adverses.
Le sujet de la perte de Tenzin arriva dans la discussion, un ami cher à l'Ashikaga et de longue date. C'était lui-même qu'avez donné la sagesse à la jeune genin pour maîtriser le don du vent et depuis, elle n'avait fait que suivre l'ascension fulgurante d'une belle âme de loin, n'étant même pas là quand celle-ci se dispersait dans les cendres de la guerre.
Son visage perdit son intensité naturelle, la samourai semblait bien las en répondant à la question. Visiblement attristé par les mots qui pouvaient sortir d'entre ses lèvres.


- Je cherche aussi un sens à tout ça, mais je crois que je n'en trouverais pas. Le monde est mauvais et cruel par nature et les hommes sont à cette image. Il y aura toujours quelqu'un pour relancer la spirale de la mort, de la vengeance, de la justice, de la victoire. Je remercie les cieux pour ne m'avoir pas fait prêté serment d'allégance à quelqu'un comme ça pour l'instant mais je pense que c'est qu'une question de temps tant que je reste au village.

Les mots étaient durs, tout comme le ton de la voix presque tremblante de Gabushi.

- Je me suis isolée pour trouver des réponses, tout comme toi tu es venu me voir Yanosa. Mais je n'en trouve pas de satisfaisante pour l'instant. La voie prône la loyauté en toute circonstance, laissant soin à un supérieur de juger ce qui est bon et mauvais et je ne remettrais jamais cela en doute. Mon maitre n'a jamais été une personne mauvaise pour l'instant, ce qui me fait douter de prêter encore une fois allégance dans ma vie. Iwa n'est pas bonne ou mauvaise, Iwa suit les ordres de l'ombre.

Elle se mit presque à murmurer ses prochains mots.

- Et j'ai déjà fait assez de massacre pour toute une vie au nom d'un village. Après un silence, elle ajouta plus calmement. Je cherche donc aussi un sens à tout ça, mais loin de la même manière que toi Yanosa. Je ne pense pas que réclamer justice ou la victoire à d'autre personne puisse honorer nos disparus. Peut-être que cela apaisera les plus guerriers d'entre eux mais je sais que Tenzin aurait voulu trouver un moyen d'arrêter les tueries et les massacres plus que de voir Iwa triomphante des autres villages et de l'homme au chapeau.

Les images de la guerre contre le fer lui fit arrêter de parler un instant, des images déplaisantes qu'elle se devait d'éloigner pour l'instant.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t3923-terminee-chosokabe-gabushi
Oterashi Yanosa
Oterashi Yanosa

Réminiscences [Gabushi] Empty
Ven 25 Juin 2021 - 11:02
Diriger une vie. L’Oterashi, même si il avait parfois peine à se l’admettre, voyait effectivement sa vie dirigée par plusieurs grands axes dont il n’aurait su se départir. Pour autant, tout son être aspirait malgré tout à la liberté, à l’expression du libre arbitre et aux choix de raison. Son corps était habité par la passion d’un idéal, mais régi par les contraintes de son esprit cartésien, et à écouter ainsi Gabushi décrire sa quasi-soumission aux règles qui composaient le Bushidô, il ne put s’empêcher de se demander si son carcan était si différent. N’étaient-ils pas, au fond, deux êtres aux personnalités différentes mais subordonnés aux mêmes principes ? Yanosa était venu trouver l’Amazone pour chercher désespérément un début de réponse à ces questions qui lui embrasaient le coeur et l’esprit, mais plus son entretien avec l’Ashikaga avançait, et plus il ressentait finalement chez son ancienne coéquipière les mêmes affres que dans ses propres pensées.

« ...Quelle que soit la voie qu’on choisisse d’emprunter, le doute est un poison… »

Une vérité, aux yeux du guerrier de pierre, qui masquait presque totalement les bienfaits d’une prise de recul parfois salvatrice, d’une remise en question justifiée tant face à un échec qu’à une franche réussite. L’Oterashi connaissait la valeur de toutes ces choses, mais ne pouvait pas les laisser le faire dévier outre mesure de la trajectoire sur laquelle il s’était lancée, ou alors… Ou alors, il s’écraserait, brutalement, irrémédiablement, et il n’y aurait plus personne pour reconnaître les débris.

« Massacres, tueries,… Toutes avaient une parfaite justification pour les appuyer, n’est-ce pas.. ? On ne peut pas décemment espérer… que ce soit avec ou sans le Chakra… éradiquer la violence de notre monde. Mais en est-elle pour autant malfaisante.. ? Tu le dis toi-même : notre nature, entre autres choses… est d’être violents, alors serait-ce à dire que nous sommes… nous-mêmes, malfaisants ? Non… Non, je n’y crois pas. »

Le mal était un concept qui pouvait revêtir bien des aspects et des manifestations, sur une multitude de variations en fonction des traditions, du passé et des coutumes des différents peuples. Il était toutefois une chose sur lequel tout le monde s’accordait : le mal était à rejeter, à répudier, à éviter coûte que coûte. Alors si l’Homme était malfaisant par nature, nonobstant le Chakra, était-il au final préférable que leur espèce toute entière disparaisse ? Un non sens pour le guerrier de pierre, qui ne pouvait guère se tourner que vers un avenir imparfait mais glorieux pour pouvoir garder le cap.

« … Et que se passera-t-il… lorsqu’une personne si mal intentionnée prendra les rennes de la cité ? Accepteras-tu sans broncher de voir ton honneur souillé par les actes que cette personne te fera commettre ? Allongeras-tu la liste des maux qui te vrillent l’esprit ? Ou bien est-ce que finalement… la voie que tu t’es choisie te poussera à agir autrement que dans l’ombre d’Iwa ? Si ce n’est pas elle, si ce n’est pas Tsuchi qui ressort vainqueur, alors qui ? »

Son regard se fit pesant, foncièrement curieux de savoir ce que l’Amazone comptait faire à l’avenir après lui avoir ainsi conté et détaillé la position dans laquelle elle se trouvait aujourd’hui.

« ...Je ne cherche pas à te tester, Gabushi… je veux savoir, je veux comprendre. Rares sont les personnes…. aux côtés desquelles j’accepterais de me battre sans condition, sans questionner leurs motifs, sans me demander quel plan tordu elles pourraient préparer pour arranger leurs propres petites ambitions personnelles…

Tu en fais partie, Gabushi. Le combat… la lutte… font partie de ma vie. Ils sont… ma vie. Et Tenzin, en affrontant Tôsen… a prouvé que c’était ce qui le définissait le plus, également. Peut-il y avoir un meilleur moyen de l’honorer… que de poursuivre son combat ? Notre, combat ?
 »

La question n’avait rien de rhétorique, étant donnée la position dans laquelle se trouvait Yanosa, assis près de l’éclat ténu de cette unique bougie posée au sol. Quand bien même, il espérait qu’à cette interrogation, la réponse qui croisait dans ses songes était la bonne.

_________________
Réminiscences [Gabushi] Giphy

Theme
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine
Ashikaga Gabushi
Ashikaga Gabushi

Réminiscences [Gabushi] Empty
Sam 26 Juin 2021 - 10:32
L'Ashikaga semblait très perturbée par les révélations et les échanges que la discussion avec l'Oterashi. Presque surprise par les mots qu'elle avait trouvé pour formuler ses phrases et ses idées, elle ne le montrait pas vraiment, mais elle avait peur de ce que ses réflexions pouvaient signifier concrètement. Elle ne pouvait qu'acquiescer avec Yanosa, le doute était un poison et la Gabushi d'avant détesterait probablement entendre le doute dans la voix de quelqu'un ainsi. Gabushi n'y pouvait rien, elle pensait sincèrement se tromper depuis le début à propos du bien qu'elle pouvait faire avec le village.

Elle observa un moment Yanosa qui semblait lui aussi très affecté par les mots prononcés. Clairement en quête de réponse pour apaiser son esprit, elle était désolée de ne rien pouvoir faire et encore moins lui dire ce qu'il voulait entendre et en particulier sur ces questions de massacre.


- Pas toute, non. Et plus le temps passe plus je me demande si aucune ne fut justifiées. Bien sûr qu'une entité a le droit de se défendre, mais toi et moi savons tous les deux que la roche n'a pas fait que ça dans son histoire.

La Samourai se rappelait les guerres qu'avait déclenché le massacre de Hi qui remontait à avant qu'elle se joigne au village. Une évidence que les shinobi d'Iwa n'était que des pantins pour le dirigeant. L'offensive du fer auquel elle avait participé revenait aussi souvent dans son esprit, la hantant pour avoir pris autant de vie pour rien.

- Je pense que le monde dans son fonctionnement profond est mauvais et cruel, la loi du plus fort et l'éradication des faibles. Les hommes ne font que tordre cette réalité en ajoutant des couches de complexité pour se justifier de continuer la boucle. Nous avons fait des choses affreuses pour l'ego de puissant et des jeux de pouvoir, bien plus souvent que pour s'interposer à une injustice Yanosa.

Elle le regarda droit dans les yeux, son regard perçant d'archère cherchant à connaître l'avis de son camarade avant même qu'il réponde. Elle avait accepté le fait qu'elle avait pu être mauvaise, était-il capable lui aussi de le faire ?
Le clairvoyant lui posa des questions auxquelles elle ne s'attendait pas vraiment. Il voulait des éclaircissements de ce qu'elle ferait si ses doutes étaient fondés. Son sang ne fit qu'un tour avant qu'elle-même réalise sa réponse et la réaffirmation que son camarade était avec elle ne faisait que la pousser à formuler ses pensées.


- Je ne plierais plus le genou aveuglement, si une personne n'est pas digne que ma lame se batte pour elle, je n'en ferais rien. Longtemps j'ai été aveuglé par la vengeance et par la suprématie d'Iwa mais il me faut plus que ça à présent. L'idée d'enlever la vie à une autre personne pour faire passer l'ambition d'un village en premier me révulse et j'espère sincèrement qu'un pacifiste convaincu arrive en haut de la chaîne de commmandement, mais c'est un vain espoir. Elle parlait calmement pour exposer ses intentions, terminant par un soupir de déception en revenant à la réalité.

L'archère restait loyale à la Godaime qui était son amie tout autant que le Yondaime et à toutes les personnes du village qu'elle considérait être proche. Mais les choses étaient différentes à présent. Les ombres avaient sacrifié de leur personne ce qui était admirable mais aussi sacrifié d'autre personne non-Iwajin pour avancer au fil du temps, ce qui était inacceptable pour la fille du vent.


- Je suis touché que tu penses ça de moi, Yanosa. Malheureusement, je ne peux dire la même chose. Je combattrait avec toi si je dois te défendre où si ta cause me parait juste, mais justement... Je parle de se battre avec plus de discernement et de sagesse depuis tout à l'heure, cela ne sera plus jamais sans condition pour moi. Jamais je n'abandonnerais mes amis, mais je n'irais plus dans l'excès de zèle chaotique qui créait autant de malheur auprès des autres personnes non plus.

Elle fit une pause un instant, sa loyauté restait intacte, elle restait une samourai. Elle se sacrifierais volontiers pour sauver quelqu'un de proche, elle pourrait tuer aussi si elle n'avait pas le choix. Mais en aucun cas elle participerait à une escalade dans la violence.

- Je suis une guerrière aussi, je l'ai toujours été et je le serais probablement toujours. Mais je ne veux plus arbitrairement blesser le corps et l'âme d'autre personne. C'est ce que je cherche dans mon isolement, un nouveau combat pour rendre le monde meilleur qu'il n'est, aussi futile ma tentative peut-être.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t3923-terminee-chosokabe-gabushi
Oterashi Yanosa
Oterashi Yanosa

Réminiscences [Gabushi] Empty
Sam 26 Juin 2021 - 14:38
Son esprit divaguant au rythme des mots que lui offraient l’Amazone pour lui répondre, le guerrier de pierre ne pouvait s’empêcher de ressasser les actes qu’il avait dû perpétrer au fil du temps pour suivre les ordres, pour faire respecter les lois de son pays,… pour poursuivre ses propres ambitions. De bien des façons, songeait-il avec une soudaine lucidité qui aurait pu en appeler à la consternation, Yanosa incarnait bien des facettes des maux que lui décrivaient Gabushi. Il était ce fort qui imposait aux faibles, se targuant par là même d’agir pour leur bien et pour la pérennité et l’évolution de leurs peuples entiers. Et ce Tôsen, sans l’ombre d’un doute, n’était pas différent, qu’importe ce qu’il pouvait dire pour essayer d’enterrer ses ambitions sous des strates d’objectives justifications. Les points de vue, les espoirs : tous s’entrechoquaient sans cesse, et c’était toujours finalement ceux qui portaient en eux le plus de force qui sortaient vainqueurs de cette lutte des âges.

« …. »

L’Ashikaga, c’était clair à présent, n’avait plus la volonté de se voir emportée par ces courants. Ce qui restait à élucider, tant pour elle que pour le Tellurique, c’était si elle finirait submergés par eux, ou si elle parviendrait à s’en extraire pour jeter sur tous ces conflits un œil fait d’abstraction et de sagesse. Yanosa, pour lui-même, s’en savait incapable. Il était l’une de ces vagues, l’incarnait jusqu’à l’os, et ne pouvait pas se résoudre à avoir traversé ces épreuves sans qu’elles puissent en valoir la peine en retour. Avec un calme apparent retrouvé, quoi que toujours remué par les mêmes maux, l’Oterashi laissa couler les paroles de Gabushi dans ses oreilles, inspirant profondément pour masquer la sensation de salissure qu’il avait l’impression de sentir grimper sur lui. Il aurait aimé s’en détacher, oui, s’en défaire d’un revers de main. Mais il ne le pouvait pas. Il ne le voulait, pas.

« ...Alors… tu choisiras tes combats… Gabushi, je ne veux pas me montrer pessimiste… Mais si Toph aurait pu comprendre, aurait pu t’accompagner sur cette voie, je doute… que le Triumvirat ait les mêmes considérations. Les kunoichi de ta trempe… seront mises à profit, c’est inévitable. Et quand j’entends certains au Sazori parler d’attaque coordonnée sur le Pays de la Griffe… je me dis que nous sommes loin, très loin du pacifisme que recherches tant. »

Lui-même n’avait aucun goût pour les opérations du type qu’il mentionnait, où des armées entières en venaient aux mains et où le sang coulait à flot sur l’ordre de quelques gradés et dirigeants qui restaient loin, très loin de la mêlée. Son approche, quoi que tout aussi brutale dans la forme, arborait dans le fond un caractère beaucoup plus sobre. A certains égards… plus humain.

« Aucune tentative n’est futile pourvu qu’on aille au bout, et qu’on s’en donne les moyens… Gabushi, je suis désolé d’être venu comme ça, remuer ces poignards… J’imagine.. que la réponse que la réponse que je cherche m’apparaîtra peut-être… avant la fin… »

Comme si le démon avait été à ses trousses, il se releva d’une traite, demeurant sur place en gardant ses iris de feu tournées vers la jeune femme.

« ...Je veux remporter ce conflit. Pas seulement pour Iwa ou Tsuchi, mais pour moi, et pour notre avenir à tous. Et je sais… quel sang devra couler pour ça. Celui du nécromancien… et de Tôsen. Personne d’autre n’a besoin de mourir… »

Il serra les poings, son corps droit comme un piquet, contemplant le futur.

« ...M’aiderais-tu à faire ça, Gabushi ? »


_________________
Réminiscences [Gabushi] Giphy

Theme
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine
Ashikaga Gabushi
Ashikaga Gabushi

Réminiscences [Gabushi] Empty
Lun 28 Juin 2021 - 14:14
La samourai avait oublié l'eau bouillante dans la pièce à côté qui devait certainement être évaporé à présent. Cela ne lui ressemblait pas, mais c'était peut-être en accord avec cette conversation qui ne lui ressemblait pas non plus. Elle baissa les yeux à cette pensée en écoutant Yanosa qui lui rappelait la portée de ses actes et des conséquences.
Certainement que le Triumvirat la considérerait comme une ennemie sans vouloir comprendre. Même Toph n'aurait peut-être pas pu comprendre du fait de sa loyauté envers le village qui surpassait tout. L'Ashikaga voyait plus loin que les frontières du pays à présent et ne pouvait fermer les yeux.


- Probablement, que je deviendrais une cible pour le Shishiza à la seconde où mes objectifs seront publics, et même si bien évidemment, je ne leur veux aucun mal, je ne me laisserais pas tué au nom du village comme je ne veux plus me sacrifier pour lui. Dit-elle avec gravité.

Il se passait tellement d'atrocités au nom de village que ça n'avait plus aucun sens pour l'archère. Protéger les innocents et être altruiste avec les autres ne devrait pas s'entrechoquer avec la politique et les intérêts de certains. Iwa, Kiri, Kumo ou l'Empire, les mêmes personnes étaient derrière ces noms et autant de mort était intolérable.
Elle repensait à la rubiconde qui s'était tracé un chemin dans le village pour arriver à la tête de la police intérieure. Elles étaient proches amies autrefois et Gabushi n'avais jamais osé lui dire que c'était bien plus que ça pour elle. Si combat il devait avoir lieu, il serait difficile autant dans la réalité que dans l'esprit. Elle balaya ses pensées en secouant la tête, probablement que personne ne remarquerait son absence pendant longtemps après son ermitage et qu'elle disparaîtrait dans la nature dans le plus grand des calmes et c'était préférable.


- Je t'ai apporté une réponse Yanosa, je le pense sincèrement. Nous nous trompons de façon de faire et de cible, cela est ma réponse pour toi. Si la paix doit naître un jour sur le continent, elle ne peut le faire dans la configuration actuelle des choses. Elle l'observait, visiblement curieuse de sa réaction.

La mention de Tôsen lui fit froid dans le dos, elle l'avait déjà rencontré et avait été témoin d'un de ses plans tordus pour sa guerre. Elle ne comprenait pas son combat ou sa volonté de le mener peut importe le prix. Déclarant au monde entier la guerre, il était hors de question pour l'Ashikaga de le considérer autrement que comme un adversaire.

- Nous sommes d'accord à ce sujet dans tous les cas, Yanosa. Pour l'avenir du Yuukan il est obligatoire qu'au moins une personne perde la vie et c'est ce Tôsen. Si je peux t'aider ou aider n'importe qui à faire tomber cet homme, bien sûr que je le ferais.

Elle retrouva son esprit aiguisé pendant un instant, son regard droit et volontaire et son esprit implacable de samourai. À ce sujet, aucun doute n'était permis et l'envie de terminer l'épopée du plus grand terroriste qu'a jamais connu le monde était toujours là depuis le début. Il tirait pratiquement toutes les ficelles de ce qui pouvait arriver de mauvais après tout.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t3923-terminee-chosokabe-gabushi
Oterashi Yanosa
Oterashi Yanosa

Réminiscences [Gabushi] Empty
Lun 28 Juin 2021 - 15:25
Ils se trompaient de façon de faire. Pas sûr que, si l’Amazone et le Tellurique s’étaient détaillés entre eux les raisons qui les poussaient à être d’accord sur ce point, les deux soient restés tout à fait sur la même longueur d’onde. Yanosa le savait au fond depuis qu’il avait commencé à côtoyer l’Ashikaga, du temps où ils avaient fait équipe : leur modus operandi, leurs sentiments et la gestion de leurs émotions différaient en tout point, mais c’était également au travers de ces différences que l’Oterashi, au moins, s’était forgé en partie sa propre résolution. Aujourd’hui, en dépit de leurs différences, le constat demeurait toutefois sans appel pour l’un comme pour l’autre : des agendas politiques et des manigances qui n’avaient rien à voir avec la réelle poursuite d’un idéal commun étaient en branle, et partout où la flamme d’un idéal vacillait, l’opportunisme s’engouffrait. Il n’y avait qu’à voir l’immobilisme apparent du Triumvirat nouvellement appointé, et ses efforts en coulisse tournés dans des directions parfois bien surprenantes, pour le comprendre.

Gabushi, chassée par le Shishiza… traquée par le Sazori. Yanosa avait du mal à s’imaginer une telle situation, pourtant rendue par trop réaliste par les propos tenus par l’Amazone et sa résolution vraisemblablement raffermie. Elle non plus ne se reconnaissait pas dans ce monde. Ne s’y reconnaissait plus. Et c’était, d’une certaine façon, pour s’assurer de ce qu’elle comptait faire face à cet état de fait que le guerrier enrubanné lui avait posé cette fatidique question.

Le soupir long et presque silencieux qu’il relâcha alors témoigna subtilement de ce début de soulagement qui naquit en lui lorsque la samouraï lui affirma sa ferme volonté de mettre au moins fin à une vie. Cette vie. Et si elle n’avait pas relevé le fait, indiscutable selon l’Oterashi, que le nécromancien devrait également trouver la mort pour des raisons stratégiques, c’en était déjà plus qu’il n’en fallait au guerrier tellurique pour se sentir plus léger, ne serait-ce qu’un peu. L’archère croyait au fond d’elle à un monde construit sur de meilleures bases qu’il ne l’était aujourd’hui, tout comme lui. Nul récit d’ère de paix sans précédent ne leur était parvenu depuis le fond des âges, depuis l’ère qui avait précédé l’apparition du Chakra. Comment penser, dès lors, que faire disparaître cette énergie de la surface du monde pouvait contribuer à faire avancer l’Homme dans la bonne direction ? Là reposait toute l’hypocrisie de Tôsen, toute la limitation de sa vision malgré lui faussée par les expériences qu’il avait vécu.

« … Au milieu de toutes les incertitudes, de tous les doutes… c’est une chose rassurante à entendre. Même si elle reste synonyme d’une lutte peut-être longue, et certainement difficile... »

Déjà debout, Yanosa desserra progressivement les poings tout en faisant quelques pas lents et méthodiques en direction de l’entrée. Au loin dans la cuisine, le son de l’eau qui bouillait en s’évaporant inexorablement lui apparut soudain, comme si son esprit venait seulement de lui permettre de capter le bruit de ces tourments aquatiques. Des remous, lorsqu’on y prêtait pas attention, qui pouvaient finir par brûler tout ce qui les entourait.

« … Prends soin de toi, Gabushi. Et reste en forme… Car quelque chose me dit que tout pourra se jouer sur des menus détails… Oui… des minuscules… détails… » rajouta-t-il plus bas, presque pour lui-même.

Sa main s’élança lestement vers la poignée, prête à la saisir pour redonner à l’Amazone l’intimité de son logis. Il ignorait si, comme elle le lui avait dit, il disposait à présent vraiment d’une réponse. Peut-être, si son esprit daignait atteindre un véritable état de repos, un jour, lui apparaîtrait-elle. Mais telles les plaques souterraines qui s’entrechoquaient parfois jusqu’à s’annihiler l’une l’autre au cours de séismes historiques, la psyché de l’Oterashi, elle aussi, se trouvait en conflit avec elle-même.

Spoiler:
 

_________________
Réminiscences [Gabushi] Giphy

Theme
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine

Réminiscences [Gabushi]

Page 1 sur 1

Ascent of Shinobi :: Territoires de la Terre :: Iwa, village caché de la Roche :: Quartiers désolés
Sauter vers: