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Un interrogatoire inhabituel [Nara Joben]

Ten no Ikari
Ten no Ikari

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Ven 18 Juin 2021 - 22:59




Un interrogatoire inhabituel



J'étais arrivé dans un grondement tonnerre là où les ennuis semblaient avoir commencé et perpétré. Des ennuis que je ne comprenais pas très bien par ailleurs. Du peu que je comprenais de la situation lorsque j'étais arrivé était que le dénommé Joben était visiblement contre cinq adversaires. Dont certains que je connaissais plutôt bien, contrairement au Nara. Ou du moins au Nara bis, car ce n'était pas le seul manipulateur des ombres qui se trouvait ici. Le second était en fait Aizen, un Nara que je connaissais plutôt bien pour le coup. Je demandai donc aux deux leaders de bien vouloir m'expliquer la situation et...il allait sans dire que les choses étaient assez confuses. L'un disait qu'on l'avait injustement attaqué, le prenant à tord pour un ennemi et qu'il était celui qui avait subi les préjudices. D'un autre côté, Aizen prétendait que ce dernier s'était fait passer pour un lieutenant de l'homme au chapeau, et avait ensuite refuser de coopérer lorsque les autres shinobis, alarmés, avaient tenté de le maîtriser. Et il n'avaient pas fait les choses à moitié. Me grattant l'arrière de la tête, et finissant par soupirer, je m'avançai alors vers les deux hommes.

-Eh beh eh beh...j'suppose qu'il va falloir démêler tout c'la ! Allons à l'hôpital en attendant, Joben !

Aizen avait proposé de m'accompagner sur le chemin si j'avais besoin d'aide, et maintenait encore son emprise des ombres sur l'ancien prisonnier. Mais après avoir jeté un coup d'oeil à l'ancien détenu et son corps couvert de blessures et de brûlures, je refusai l'aide du Nara que je connaissais. Il ne semblait plus vouloir se battre, et qui plus est il n'était pas en grande forme. Même si je savais que je ne devais pas le sous-estimer, je ne tenais pas à garder cette ambiance lourde et pesante de deux récents adversaires devant se partager le même air.

-Haha merci mais j'pense que j'peux l'amener seul là-bas. A plus les gars ! Si j'ai des questions, j'reviendrai vers vous. Soyez sages en attendant !

Puis je m'éloignai en compagnie du Nara, préférant tout de même prendre la précaution de lui attacher les mains avec du fil de faire tout en restant sur mes gardes. En tant que bon shinobi, il n'aurait certainement aucun mal à se défaire de ces liens, mais leur présence n'était pas tant restrictive que préventive. S'il s'avisait de les défaire, il devait se douter que je prendrais cela comme un acte de rébellion. Et que cela ne jouerait pas en sa faveur. Alors, nous nous mîmes à marcher vers le complexe scientifique et l'hôpital, et avec un grand sourire je me tournai vers lui pour commencer à lui poser quelques questions.

-Bah alors, c'quoi cette histoire de lieutenant de l'homme au chapeau ? Et puis pourquoi avoir déclenché toute cette pagaille ?

L'une de mes mains était naturellement posée sur la garde de mon katana, mais j'étais prêt à dégainer s'il y avait le moindre problème.


Spoiler:
 
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Nara Joben
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Sam 19 Juin 2021 - 18:02


Le corps dolent, les mains liées et les membres criblés de plaies saignantes, l’homme avança. De son armure aux nuances magmatiques s’échappait le liquide vermeil et chaud de son hémoglobine en pleine effervescence, son cœur ordonnant aux artères de faire leur travail et d’encroûter toutes ces brèches par lesquelles filait la substance vitale du brave combattant. Le travail était difficile pourtant. Les blessures du chaotique bourreau étaient nombreuses et colonisaient presque tout son épiderme. Déchu, criblé, il se laissa conduire comme un enfant domestiqué par la raison, sanctionné de sa présomption.

Au-dessus d’eux, la voûte lumineuse se remplissait de quelques nuages gris, apportant avec eux une température plus douce mais faisant symétriquement foi du désespoir de Joben. Le jour était mauvais. Ses cauchemars ne pourraient que durer.

Derrière son cache-œil noir, il ignora le geste de mise en garde d’Ikari ; sa main, agglutinée à la garde son fourreau, menaçait déjà de tirer de quoi le pourfendre une bonne fois pour toutes. Il en avait largement l’opportunité. Le temps de se défaire de ses liens, de parer ou composer les mûdras nécessaires à la constitution de ses défenses, le renégat n’aurait pas le temps de protéger sa gorge de la course fatale d’un sabre.
Il suffisait d’un geste pour que sa tête tombe et roule par terre.

« Tssk. »

Déglutissant, il rassembla dans sa bouche assez de salive pour cracher une gerbe de sang au sol. Odieux, il marqua ainsi son territoire et fit démonstration de cette ardeur qui le caractérisait depuis qu’il était de retour à Kumogakure ; même ardeur qui autrefois avait fait trembler les remparts de Kumogakure.

Soudain, l’ombrageux querelleur se figea. Une seconde roula, mais le suspens l’étira sur un instant qui sembla anormalement long.
En quelques mots, il reprit les dernières paroles d’Ikari.

« Cette pagaille… »

Il ne fallut pas un instant de plus pour qu’il décide de se retourner et de jeter son œil solitaire et ténébreux dans un échange éphémère et intense qu’il imposa, de fait, à son geôlier ; un échange qui, pour sûr, fit état d’une évidence.

Joben n’était pas apprivoisable.

« Ce n’était pas une pagaille. C’était une guerre. »

Fixant Ikari comme un prédateur prêt à bondir, il avança avec un pas exagérément lent, ne faisant pas un bruit à la pose de chaque appui. Nul frémissement n’agita cette marche aux allures de déclaration de guerre.

« Une guerre pendant laquelle j’aurais pu arracher leurs tripes de leurs petites bedaines de pleutres et les répandre pour colorer les rues de cette cité. Ca te parle, la guerre, jeune homme ? En as-tu vécu une ? »

Il continua de s’approcher, dégageant une aura meurtrière et s’attachant à incarner le passé de tumultes sanguinaires par sa seule présence. Il était une relique vivante de nombreuses rixes, le vestige d’une ère morte. Comme un animal préhistorique demandant à la nouvelle génération si elle avait encore la mémoire des Premiers Hommes.

« As-tu déjà vu la mort ? A-t-elle déjà caressé ton échine ? Tes ennemis t’ont-ils déjà arraché des proches ? As-tu déjà senti une colère si grande qu’elle t’oblige à ne pouvoir te dérober au songe de voir ton ennemi mourir étranglé par tes mains ? »

Il avança encore.

« As-tu déjà tué pour te venger, pour honorer ta patrie ou pour laisser libre cour à ton ire, enfant de Kumogakure ? »
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Ten no Ikari
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Mer 23 Juin 2021 - 0:45




Interrogatoire inhabituel



Il n'y avait pas à dire, mon interlocuteur n'était pas vraiment commode. D'un autre côté c'était un ancien prisonnier, et son air austère et son cache oeil ne rendaient pas son faciès plus accueillant bien au contraire. D'où la raison de la présence de ma main sur le fourreau de mon arme. Je ne faisais pas confiance à cet homme, et tout dans mon langage corporel le laissait présager malgré mon sourire toutefois authentique. Il avait certainement vu ma main sur mon katana, ou peut-être s'en moquait-il éperdument, mais il restait raisonnable et ne tentait pas de s'enfuir. Le regard qu'il posait sur moi toutefois était sinistre, et clairement conçu pour m'intimider. Mais ses paroles plus que ses actions me posaient problèmes.

-Guerre ? Pourquoi rentrerais-tu en guerre contre tes propres camarades ? Sauf si tu cherches à retourner en prison bien sûr...

Dis-je avec la mine pensive. Je ne savais pas très bien s'il était juste bête, ou s'il avait quelque chose derrière la tête. Mais s'il y avait bien une chose dont j'étais sûr, c'était que sous son regard perçant, le Nara était en train de me juger. Son regard, sa posture prédatrice, son pas lent, tout indiquait qu'il faisait de moi sa proie. Mais je savais qu'il ne comptait pas m'attaquer, ou du moins je n'en avais pas l'impression. Sa prédation se reposait à un autre niveau. Intensifiant son aura meurtrière, il se rapprocha de moi et continua son discours pour le moins sanguinaires, en des termes peu édulcorés. Je me tournai un regard aux grands yeux vers mon interlocuteur, attendant patiemment qu'il finisse son discours en ayant l'air passablement surpris. Après tout, l'ardeur et la ferveur avec laquelle il amenait ce dernier ne laissait pas beaucoup de place à l'interruption. Une fois qu'il eut fini, je ripostai.

-Kowai kowai ! Ton regard est effrayant haha, on dirait presque que tu veux m'sauter d'sus. Tu devrais p'tet songer à sourire un peu héhé. Ça te rendrait bien plus agréable !

Puis levant les yeux au ciel, je fis mine de réfléchir à ce qu'il venait de dire. Cela donnait faussement l'impression que je ne m'occupais plus de lui, ou de la menace qu'il représentait. Mais que neni. Ma main toujours posée sur mon katana, toute mon attention était focalisée sur mon interlocuteur. L'air détaché que je présentait, bien qu'inhérent à ma personnalité, ne signifiait en rien que je relâchais ma vigilance.

-Non, non et non. Je n'ai encore perdu personne au combat. Et je n'imagine pas la colère et la tristesse qui en résulte. Mais si un jour je dois mettre fin à la vie de mon adversaire, ce sera parce qu'il est un danger pour les miens, pour le village ou le monde. Mais...revenons au sujet héhé. Levant un doigt, je repris avec malice. Après tout, c'est moi l'policier ici, c'est moi qui pose les questions. Alors, du coup pourquoi veux-tu faire la "guerre" à tes camarades ? Et pourquoi cherches-tu à m'intimider, Joben-san ?

Je ne le repris pas sur le fait que je n'étais pas à proprement dit un enfant de Kumogakure, mais de Tetsu no Kuni. Cela n'avait ici aucune importance, et risquait une fois de plus d'égarer le sujet sur une pente que mon invité ficelé emprunterait avec plaisir. Me grattant l'arrière de la tête tout en faisant mine de réfléchir, je me fis à la réflexion que la présence d'Aizen aurait peut-être pu m'être bénéfique. Mais mon instinct me disait avoir à faire à un autre esprit étrange, préférant cacher ses réelles motivations derrière une façade pré-construite. Même si en cela, ils le présentaient de deux manières différentes, les deux Nara semblaient accorder de l'importance à ce qu'ils transparaissaient au grand public. L'un menaçant, l'autre toujours courtois et sympathique. Mais quelque chose sonnait faux à chaque fois.

-J'ai pas l'impression qu'tu veuilles retourner là-bas, mais tu t'mets des bâtons dans les roues haha.

Allais-je cette fois avoir une réponse plus directe ? Ou allais-je devoir encore une fois déchiffrer entre les lignes de ce que le Nara tentait de faire ressortir de cet échange qu'il avait accepté avec une rapidité suspecte. J'étais quelqu'un de plutôt simple et directe, pour ma part, et même si j'étais loin d'être bête et dépourvu d'instinct, je préférais que les choses soient clairs. Mais il semblait que j'allais devoir mettre mes envies de côtés pour cette fois.
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Nara Joben
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Mer 14 Juil 2021 - 23:41


Creusant des sillons vermeils sur la peau pâle du révolté comme les ruisseaux défigurent les steppes sauvages, les blessures abîmaient ce corps meurtri qui ne demandait qu’à se reposer. La douleur toutefois n’était pas suffisante pour détacher la pensée du forcené à la courbure des mots interrogatifs du garant de la loi de la grande Kumogakure ; plus jeune, l’éphèbe agrafait à ses lèvres toute l’attention de l’exilé revenu au bercail. Si violente fut l’escarmouche déclenchée par le Nara, si nébuleuse demeurait toutefois son origine. Ikari ne s’y trompait. Joben n’avait pas tout dit ; n’avait même rien dit de ses ambitions véritables. Impossible pour l’heure de décortiquer les motifs d’agir du détenu, invité par son propre cousin à retrouver sa place dans les hospices claniques. Pourtant, il était bel et bien là, escorté de prêt par la vigilance de l’ange-gardien de la cité militaire. Il était là parce qu’il avait décidé de revenir pour une raison précise.

Le retour du diable.

Alors qu’ils continuaient d’avancer, le ténébreux eut une autre vision, mais qui cette fois n’eut rien de prophétique. Les murs autour de lui avaient une chaleur, une histoire, une identité ; et marchant dans les faubourgs de Kumogakure, il eut l’impression de parcourir le temps à l’envers.

Comme s’il marchait pour rembobiner le passé. Comme une balade de la mémoire. Comme s’il s’engouffrait pas à pas dans le flot des souvenirs. Il se revit, bien des années plus tôt, escorté non par un garde, mais par ses propres maîtres et ses aïeuls ; il se revit, sous un soleil flamboyant que filtraient les lourds oripeaux célestes, rêver d’atteindre les cieux pour y voir le monde dans son immensité.

« Je ne cherche à intimider personne. Ma seule aspiration consiste à vous faire voir les choses en face. Depuis sa naissance, Kumogakure enchaîne les erreurs. »

Sa prunelle d’or pivota soudainement, roulant dans orbite et s’arrêtant net pour visiter le regard du samurai.

« Comme toutes les cités militaires, nous avons vite supposé qu’en rassemblant les clans les plus puissants dans la même enceinte, nous obtiendrions un pouvoir si élevé qu’il paraîtrait effronté de vouloir défier les nations enorgueillies de cette force. Kumogakure, Kirigakure et Iwagakure sont les trois pionniers de cette nouvelle mode. Nos pays se sont tellement habitués à ces nouvelles puissances que nous en avons presque oublié qu’elles n’ont que cinq ans de vie… »

Il marqua une pause. Il était assez âgé pour en parler comme une tranche de vie ; comme un épisode de son passé. A ses yeux, Kumogakure n’était qu’une ère dans une plus large époque ; une fraction de temps logée dans le dédale infini des siècles.

A cet égard, il était parmi les rares à pouvoir comprendre l’Homme au Chapeau.

« A l’heure où nous étions des clans épars, il arrivait que nous soyons rivaux, ou que des désaccords soient sanctionnés de sanglantes rixes. Enfant, je redoutais le monde car je savais que mon clan n’avait pas le pouvoir de me protéger de tout : en cela, j’étais particulièrement humble et modeste. J’ai grandi en ayant conscience de ma médiocrité, en étant particulièrement éclairé de la fragilité de chaque lendemain. Contrairement à toi, j’ai vu beaucoup de mes amis mourir, même avant d’être un de ceux à découvrir la naissance de Kumogakure ; un de ceux à construire la grandeur de ce bastion secret du Kaminari. »

Sa parole avait changé en substance. Sous la façade d’un fou-à-lier qu’on avait voulu rosser en public pour une malheureuse provocation, il révéla des trésors cachés. L’homme avait une histoire.

« Les choses que je craignais se sont bien produites. Abusant du pouvoir nouveau qui germa de notre cité, nous fûmes à l’instar d’autres villages cachés les responsables même indirects d’un carnage sans nom. Nous ne tardâmes pas à utiliser notre force pour donner raison à tout ce que nous voulions ; en cinq ans de temps, nous avons commis plus d’impairs que de bonnes choses. N’ai-je pas raison, Ikari ? Toi qui protèges ces murs, as-tu l’œil assez vif pour voir à travers les couloirs du temps tout ce que nous avons pu faire de mal ? »

Il s’arrêta.

« Mais ce n’est pas tout. Trop confiantes, nos nouvelles générations ignorent tout de la rusticité et de l’horreur de la guerre. Non, nos enfants n’ont plus peur. Ils n’ont plus peur car ils se croient à l’abri. C’est là l’erreur que j’ai voulu leur apprendre. L’ennemi est toujours là. Il peut surgir n’importe quand, n’importe où. Interroge-les. Et ose me rapporter qu’ils n’ont pas appris à se méfier, aujourd’hui. Ose me dire qu'ils n'ont pas redouté cet ennemi qui s'est déployé au coeur de leurs habitations ; ose me dire qu'ils n'ont pas craint pour leurs proches. La peur est importante et nécessaire. D'elle nait le courage. Sans peur, il n'y a que des inconscients. Et lors de la prochaine guerre... »

Ses orbes se posèrent sur le sol, et il reprît sa marche.

« Les inconscients mourront. »

Conclût-il pour son plaidoyer.
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Ten no Ikari
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Lun 19 Juil 2021 - 4:00




Un interrogatoire inhabituel



Alors que nous marchions à travers les rues de Kumogakure, d'un pas calme malgré les blessures de mon interlocuteur, je vis son regard se perdre sur l'environnement. Il n'était pas posé sur un bâtiment en particulier, ses yeux semblant voir bien au-delà des simples briques et constructions qui nous entouraient. Pour ma part, ces bâtiments me semblaient encore "nouveaux" malgré les quelques petites années que je me trouvais dans la cité des Nuages. Les choses semblaient bien, bien différentes toutefois pour l'ancien guerrier aux multiples cicatrices. Voyait-il de la rue les mêmes marques de l'expérience que je voyais sillonner sa peau ? Lorsqu'il reprit son discours, il avait abandonné son ton oppressant et intimidant, même si son regard se planta à nouveau dans le mien pour estimer ma réaction. Kumogakure, enchaîner les erreurs ? Je levai un sourcil interrogateur, mais je ne pris pas la peine de répondre. Je savais que mon interlocuteur allait s'expliquer de lui-même.

Et c'est bien ce qu'il fit. Et le récit dans lequel il m'embarqua semblait remonter à bien loin, peut-être même avant ma naissance. Même si la création de Kumogakure était, elle, bien plus récente, l'époque dont il parlait semblait remonter à si loin. Etait-ce là que son regard perdu un peu plus tôt l'avait ramené ? A une époque où l'unité n'existait pas, une époque où les clans se faisaient la guerre et le sang coulait pour chaque erreur menée ? Etait-ce là sa raison d'apporter le feu et les ténèbres dans les rues du village des Nuages ? Etait-ce sa manière tordue de nous préparer aux horreurs de la guerre ? Il semblait bien. Mais dans son discours, il ne semblait pas seulement rapporter la "faiblesse" de Kaminari, mais aussi paradoxalement sa puissance. Sa puissance grandissante, tout comme celle des autres villages cachés qui avaient fini par commettre des atrocités au nom de leur toute omnipotence. Un point de vue étrange, un poil paradoxal, toutefois qui apportait un point de vue intéressant sur la situation. Mais aussi sur la manière de réfléchir de mon interlocuteur. Et sa question à mon égare était elle aussi aussi étrange qu'intéressante.

-Huuum...J'ai entendu parler des horreurs des villages cachés. J'crois même que c'pour ça que le Tôsen il est pas content...Mais j'pense aussi qu'on peut s'améliorer ! Raizen, il est pas méchant comme chef, il est même super cool et super sage j'trouve. Mais que penses-tu qu'on devrait faire, toi, face à tout ce sang versé ? Que comptes-tu faire ?

Je n'étais pas tant intéressé par la politique, même si mon poste au sein de la Kyubu me forçait à commencer à y réfléchir. Ce qui m'importait d'avantage, c'était la réponse de mon interlocuteur. Pour ma part, j'avais prêté serment sur mon katana de tout faire pour tenter de protéger le peuple de Kaminari. C'était ma Voie de guerrier, en tant que samouraï. Mon Bushido, mais aussi mon Nindo. Car je n'étais pas qu'un samouraï, mais aussi un shinobi des Nuages. Qu'était donc Nara Joben ? Un Lieutenant de l'homme au chapeau ? J'en doutais. Mais un partisan ? Ou alors, un shinobi dévoué des nuages ? Ou encore autre chose...de plus complexe ? Dans tous les cas, je repris la parole pour m'adresser au maître des ombres, ne relâchant mon attention à aucun moment.

-T'as pas l'air méchant. Mais t'as pas l'air gentil non plus. Et au fond, j'm'en moque. Mais tu sais, provoquer des shinobis dans l'enceinte du village, et engager de tels combats, tu risques de retourner assez rapidement en prison. S'tu veux prouver ton point, alors faudra trouver d'autres moyens d'le faire, m'sieur l'anarchiste.

Et c'était l'entière vérité. Car dans tous les cas, si ce dernier persistait dans cette voix des plus criardes et des plus chaotiques, il mettait en danger Kumogakure no Sato. Que ce soit par ses actions, ou par celles de ceux qu'il tentait de faire réagir, cela risquait un jour de mal finir. Je ne croyais pas en un monde de peur, même si je lui accordais une chose : la peur motivait le désir de vivre, et avait le don de pousser ceux qui l'expérimentaient. C'était en partie cela qui me motivait, même maintenant, après toutes ces années. Une peur que j'avais transformé en désir, un désir de devenir plus fort.
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Nara Joben
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Jeu 22 Juil 2021 - 0:31


Un vague soupir anima sa perplexité tandis qu’il tournait son œil cyclopéen vers les alentours, pensif.

« Ce que nous devrions faire… »

L’interrogation résonna en lui comme si elle rebondissait entre chaque vertèbre, entre chaque côte de son squelette, et elle fit vibrer de cette manière bien des frissons d’incertitude. Son poing droit, à l’opposé d’Ikari, se referma par instinct comme s’il tenait entre ses doigts une corde à laquelle se raccrocher pour éviter de tomber dans un abîme de désespoir.
De réponse, il n’en avait guère. Tout ce qu’il avait cru être jusqu’ici l’objet ineffable de la réalité, tout ce qu’il avait perçu comme réel et stable, tout ce qu’il avait vu alors qu’il avait encore ses deux prunelles, tout s’était évanoui comme un soupir emporté par la bise. Son monde s’était écroulé, brisé en mille morceaux par les ondes de la Résonnance.

« Je n’ai malheureusement pas encore trouvé la réponse. J’ai pourtant eu plus de temps que quiconque peut en espérer pour tenter de trouver une trace de vérité ; l’once d’un indice nous amenant sur la voie à suivre, sur l’hypothèse d’un destin pacifique et dénué de toutes les atrocités qui nous fustigent. La réalité est trop complexe cependant. Trop complexe car nous sommes pris dans un tourment qui nous dépasse. Envers et contre tout, nous n’avons cru naguère qu’à ce qui était palpable, nous avons acté que la race humaine était l’éminence biologique de ce continent ; nous avons supposé, par pêché d’orgueil, que tout était réservé à notre souveraineté. N’ayant pas d’ennemis de notre valeur, nous nous sommes inventés des guerres entre nations nées de quoi ? De lignes que nous avons tracé et que nous avons nommés frontières pour prétendre que certaines parcelles du Yuukan appartenaient aux uns, ou aux autres. Nous avons trouvé tous les prétextes pour nous déchirer, jusqu’à ce que l’apparition de l’Homme au Chapeau et des Dieux nous prouve que nous faisions erreur sur toute la ligne. Nous avons appris que nous n’étions que les miettes d’un pouvoir colossal qui nous nourrissait et nous nourrit encore depuis une dimension qui n’est pas perceptible par nos yeux de mortels. »

Le Temps. Il avait appris que le temps était le pire ennemi de l’homme. Que tôt ou tard, les secondes qui les rapprochaient de la mort les rattraperaient et les confronteraient à la dure réalité des tombeaux. Son corps vieillissant et parcouru de rhumatismes lui rappelait chaque jour, en érodant ses forces, qu’il y avait quelque chose de bien supérieur au-dessus de lui ; et que bien assez tôt, il redeviendrait poussière.

Après tout, il n’était à l’échelle de l’infini qu’un ridicule clin d’œil.

« Nous avons appris à quel point nous avons été dupes, et combien nous pouvions être des abrutis, médiocres et ignares. Moi le premier. Et que ce soit toi, Raizen ou quiconque : nous avons tous été leurrés. Des forces que nous ne connaissons et ne maîtrisons pas ourdissent de changer le destin. Toutes les géométries que nous avions élucidées ont été déstructurées, avalées dans un vortex de sacré. Et le doute continue de nous accabler. La seule certitude que nous avons, c’est que rien n’est certain. Heureusement que contrairement à d’autres espèces, nous avons la chance d’apprendre. C’est ce qui nous permet de considérer l’ampleur de notre faiblesse et la taille du fossé qui nous sépare de la réalité que nous ne concevons malheureusement que partiellement. A ce jour, je me demande s’il n’existe pas autre chose, une autre légende plus grande, plus dangereuse encore que ne le sont ces monstres de chakra et ce prophète d’Apocalypse. Des Dieux Anciens, vénérés dans d’autres croyances… »

Il dût ralentir le pas pour fixer ses songes à l’horizon de son regard. L’infini s’écoulait devant lui comme un flot intarissable, comme une vague écumante s’engouffrant dans un puit sans fond. Pourrait-il seulement être compris un jour ? Il se douta que jamais.

Jamais personne ne pourrait le comprendre hormis ceux qui comme lui, derrière les barreaux des geôles froides, avaient pu mesurer à quel point le temps pouvait être long et la solitude, accablante.

« La seule chose qu’il me reste à faire, pour répondre à ta question, c’est de me préparer. C’est d’accueillir le destin comme il se présente ; en protégeant la seule certitude qu’il me reste : l’amour que je porte aux choses les plus fragiles. »

Une parcelle de vérité éclata de ses lèvres, comme le lambeau d’un tricot qu’il camouflait derrière son armure rutilante. Une once de lui, plus douce que tout ce qu’il incarnait ; mais qu’il balaya aussitôt en changeant de sujet.

« Revenons-en donc à nos moutons, en ce qui nous concerne. »

Il reprit sa marche, claudiquant et peinant à contenir à sa douleur, et ne prenant guère le soin d’attendre son poursuivant. Sa mémoire le ramenait là où, jadis, ils avaient monté des cliniques sanitaires ; un endroit qui, peut-être, abriterait enfin un hospice digne de ce nom pour panser ses plaies ; chose qu’il préférait, de loin, à tout interrogatoire auquel on tentait de l’assujettir.
Lui l’indomptable.

« J’ai le regret de t’annoncer qu’autour de moi, les combats se multiplieront. D’abord, parce que je suis un combattant ; là est notre raison d’être. Ensuite, parce qu’il ne me sied guère que Kumogakure soit ce genre de ventre mou que j’ai constaté. N’imagine pas que je sois seul responsable de l’escarmouche qui a eu lieu ; tu n’as qu’à consulter les témoins et leurs blessures. Comme je te l’ai dit, j’aurais pu éventrer un par un ces chacals et répandre leurs panses tout autour de l’Assemblée Calcinée ; mais je me suis bien gardé de leur faire le moindre mal. Aucun d’entre eux n’a été blessé, car je les ai épargnés comme j’aurais épargné n’importe quel marmot. En vérité, les coupables sont ceux qui, incapables de garder leur sang-froid, m’ont criblé de ces blessures : je ne suis coupable que de leur avoir offert une cible. Une cible, oui. »

Ses bras s’écartèrent en accompagnant ses dires, et révélèrent les sévères blessures qui continuaient de faire ruisseler, entre les bornes rutilantes de ses entailles, le liquide encore chaud et vermeil de son corps chancelant.

« Car les louveteaux ont faim, et c’est tout le positif que je retire de cette altercation. Voilà qu’un inconnu arrive, et leur offre l’occasion d’avoir une rixe digne de ce nom. Gratuitement, et sans sommation. Ils n’ont attendu l’accord de personne. Tu aurais dû les voir. Ils se sont jetés sur moi comme des charognards sur un chevreuil blessé. Ils ont accouru les uns après les autres pour se jeter avec fougue dans ce conflit déclaré, tentant chacun à sa mesure de tirer son épingle du jeu. J’ai décelé de nombreuses lacunes, tu peux me croire. Mais j’ai surtout donner à becter à des baroudeurs qui ont beaucoup d’appétit. Ton Tôsen»

Il prononça ce mot avec dédain, marquant sa désapprobation.

« Il est bien trop sage à mon goût. Il serait temps qu’il cesse de donner de la salade à des bêtes qui veulent de la viande. Nourris-les comme du bétail, et tu auras tes moutons. Nourris-les comme des fauves et… kéh… héhé… »

Ce fut un ricanement maladroit, un rire étranglé par une gerbe de sang qui perla le long de la commissure gauche de sa lèvre abîmée.

De la dictature, il n'en voulait guère. N'avait-il pas cru, jadis, à l'humanisme de Seijirô ?

Mais de la mollesse, il en voulait encore moins.

« … et vous n’aurez à l’intérieur de vos murs que des lions sauvages. »
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