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Le câlin assassin

Yasei Reikan
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Lun 21 Juin 2021 - 18:52
➜ Automne de l'An 204, Pays de l'Eau

Les choses n'étaient parfois pas faites au hasard. Car dès son retour du Continent, auprès des siens, Yasei Reikan avait subi le coup de bâton de son absence à leur égard. Si elle avait été élevée par les poignes de la rigueur et de la sévérité comme seule forme d'amour et d'affection, il n'empêche que tous les enfants des Bêtes n'avaient pas eu à côtoyer une telle enfance et, au fil de leur existence, eurent à voir leur cœur s'attendrir au point de le laisser parfois déborder au-delà des barreaux de leur carcan de chair. Gorgés de tendresse et de bons sentiments, les changeurs de peau ramenés à l'Archipel et l'Eau aimaient pour la plupart idolâtrer la Tigresse blanche, après ses exploits dans la mer de grains. Parce qu'elle avait tenu tête au Scorpion noir et à ses lieutenants, parce qu'elle entendait bien construire un havre de paix pour ses frères et ses sœurs de sang derrière les vagues du pays, la Meneuse du clan Yasei faisait parler d'elle rien que par les lourdes responsabilités qui caressaient les mailles de ses épaulières dorées. Qu'importe les circonstances, qu'importe les épreuves à en surmonter, sa patte immaculée avait toujours su se rendre disponible pour ceux dans le besoin bestial, ceux qui cherchaient leur place en ce monde dominé par les Hommes en tant que métamorphes. Et malgré toute la fierté qui inhibait sa droiture habituelle et peignait ses traits, sa douceur n'en demeurait pas moins puissante dans le creux du moindre de ses actes. Véritable guerrière pour ses ennemis, elle savait également se rendre bonne mère pour ses pairs qui la voyaient comme une lueur d'espoir à ne jamais laisser s'éteindre.

Et ce sentiment, nourri à l'extrême, poussait parfois les membres de son clan à devenir d'autant plus attachants à son égard, plus que l'apprêté de leurs coutumes leur autorisait d'accoutumée.

Jusqu'à l'en étouffer, littéralement.

dakko*:
 

Assise sur le bord d'un lit d'hôpital, entouré de plusieurs petits métamorphes du quartier de fortune qui leur était réservé en attendant la construction finale du Domaine du clan Yasei, la féline attendit l'arrivée du personnel soignant. Parce qu'au-dessus des voiles orientaux qui cernaient ses courbes et ses formes, trahissant ses origines du Désert au même titre que les éphélides qui tâchaient son visage, une silhouette difforme avait emprunté une place de choix entre son bassin et ses épaules. La cernant de tous les côtés et s'attachant à elle comme une vraie sacoche, l'ombre se mettait parfois à frétiller pour lutter contre les engourdissements de ses membres qui ne voulaient plus se détacher de Shiroitora*. J'ai l'impression qu'il est encore loin de vouloir retrouver la terre ferme. Agrippé à la noblesse de sa colonne vertébrale comme un parasite trop poilu et touffu, la bestiole se mit à dévoiler son petit minois des tissus d'ébène de la Fille du Vent. Et en ouvrant les paupières jusqu'à se les en déchirer, il reluqua la poignée de personnes présentes avant de remonter son attention sur celle qu'il ne voulait plus quitter. Relâchant quelques grommèlements de sollicitude à son égard, il se laissait vraisemblablement guider par une quête dévouée de cajolerie envers celle qu'il déifiait sans gêne ni honte, sous les yeux ébahis de ses lointains cousins aux bras moins longs et aux oreilles plus pointues.

compagnons:
 

Parmi eux, un chat beige petit mais bien vêtu et trapu se mit à avancer vers le matelas de repos.

« Ça te dirait pas DE TE BARRER? Par tous les dieux félins, tu en as une sacrée grosse tête pour un paresseux! LAISSE-LA RESPIRER, BON SANG!
Calme-toi, ça ne sert à rien de s'énerver. Tu vois bien qu'il ne lâchera pas, regarde... »

Les deux changeurs de peau reluquèrent le pelage en sang du paresseux, qui s'efforçait de rester en place pour ne plus quitter la Meneuse du clan Yasei ; même si cela devait lui en arracher les bras.

« Reikan-sama...
Reikan tout court peut suffire, ne vous prenez pas la tête pour des bêtises par-... »

Le paresseux resserra son emprise sur la Tigresse blanche, qui gardait son flegme et se rendait d'elle-même impuissante pour ne pas risquer de le blesser. Mais cette patience ne lui appartenait qu'à elle seule, au vu de la réaction du félidé qui s'approchait d'eux. De sitôt, il voulut empoigner le bassin du feignard pour le tirer de son arbre humain ; hélas, son corps bien assez extensible lui permit de ne pas céder à cette pression extérieure et ne fit que laisser croire à une vaste blague, dans cette chambre d'hôpital. Plus encore lorsque son acolyte se mit à le retenir lui, au lieu de l'aider à la besogne qui ne faisait qu'alourdir l'emploi du temps de la Tigresse blanche.

« TU VAS LÂCHER, OUI??!!
Arrête!! Tu vas finir par blesser quelqu'un, triple buse! »

Et la porte de la chambre s'ouvrit, pour redonner de l'espoir à la Cheffe du clan Yasei exténuée par son voyage et ce retour loin d'avoir été de tout repos.

*Dakko (抱っこ, litt: Câlin)
*Shiroitora (白い虎, litt: Tigresse blanche)

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Dernière édition par Yasei Reikan le Jeu 9 Sep 2021 - 11:24, édité 1 fois
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Takahashi Miya
Takahashi Miya

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Mar 29 Juin 2021 - 16:57
Une journée particulière à l’hôpital de Kiri s’annonçait pour toi, particulière aussi bien dans les rencontres que dans les circonstances. Lorsque tu te préparais pour te rendre sur ton lieu de travail, tu ne savais jamais ce qui allait s’y passer. Ta condition de guérisseuse faisait que deux journées ne se ressemblaient pas, que chaque journée avait sa part de surprise. Cela contribuait au fait que tu ne te lassais jamais et que tu prenais plaisir à faire ce que tu fais. Une vie de générosité, conforme à celles que tes parents et tes ancêtres vivaient. Tu n’avais pas de clan à proprement parlé, comme certains que tu avais pu rencontrer dont les Yamanaka et Kaguya, mais tu avais tes traditions. Les Takahashi, famille de médecins, géraient depuis plusieurs générations un dispensaire portant leur nom. Un espace que vous entreteniez de manière à ce que n’importe qui dans le besoin s’y sente en confiance, s’y sente bien. Si les clans se réunissaient autour de talents qu’ils soient héréditaires ou acquis, tes mœurs se basaient plutôt sur des valeurs de charité et de bienveillance. Une main tendue à l’autre, quelque chose qui faisait que tu te sentais à ta place. Ces valeurs, tu les retrouvais aussi à l’hôpital, et cela contribuait certainement au fait que tu t’y plaises autant.

Il y avait deux patients que tu avais l’habitude de traiter. Un civil et un shinobi, chacun avec un problème différent, des situations qui demandaient du professionnalisme et de l’adaptation, chose pour laquelle tu étais préparée depuis plusieurs années. L’écoute comme une étape nécessaire de ton intervention, tu parvenais sans trop de soucis à aider tes patients. Plus tu t’occupais d’eux et plus tu étais à l’aise avec ces derniers et même avec tes capacités. La confiance en soi que tu développais en dehors du cadre familial, tu en apprenais parfois plus grâce aux pratiques des autres professionnels. C’est pour cela que tu prenais toujours un temps pour demander l’avis de tes collègues ou pour leur demander des conseils. Seulement, en retournant à l’accueil de l’hôpital pour accompagner ton dernier patient, tu entendis l’affolement d’un des soignants, depuis la salle qui vous servait de réfectoire.

Pourquoi moi ?! JE SUIS PAS VÉTÉRINAIRE BORDEL !!!!!!!

Inquiète, tu te faufilas dans la pièce, prenant soin de fermer la porte derrière toi pour éviter que les passants prennent peur. Et là, tu le vis, ce collègue, tourner en rond, ses mains gantées qui tenaient son visage ahuri. Il semblait véritablement fou… et toi encore plus dans l’incompréhension. Aussitôt, tu te tournas vers une médecin avec toute sa lucidité pour comprendre ce qui se passait. D’après elle, il aurait vu des animaux dans la chambre qui lui était assignée, vue qu’il n’aurait pas supporté et qui l’aurait amené directement ici, affolé. Tu t’approchas de lui, arborant un sourire rassurant.

Dans quelle chambre étais-tu ?
Chambre 42… Mais n’y va pas malheureuse ! Ce n’est plus une chambre d’hôpital, c’est un ZOO !!!!

Sans réfléchir et malgré sa mise en garde, tu décidas de t’y rendre pour en savoir plus et pour régler le problème toi-même. Rouvrant la porte, le regard déterminé, tu pus tout de même entendre le guérisseur répéter « Les shinobis vont nous aider, hein ?! », incapable de se calmer. Les portes se succédèrent avant que tu atteignes celle qui correspondait au numéro qu’il t’avait partagé. Tu entrouvris dans un premier temps la porte, suffisamment pour distinguer les trois personnes qui occupaient l’espace. Et tu t’élanças d’un coup, bond téméraire avant de te rendre compte que deux de ces silhouettes avaient l’apparence d’un chat et d’une sorte de furet.

B-Bonjour. Takahashi Miya, Irounin de l’hôpital. Est-ce que tout va bien ?

Question plutôt idiote puisque personne n’allait à l’hôpital sans raison mais pour le coup, la surprise de cette journée te prit de court. Davantage tournée vers la femme assise sur le lit plutôt que ses deux accompagnateurs, tu semblais confuse. Pas autant que ton précédent collègue, mais quand même.
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Yasei Reikan
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Sam 11 Sep 2021 - 20:55
Parmi les chamailleries des siens, Yasei Reikan releva la tête. Tendit l'oreille, pour mieux écouter ce qui se hurlait derrière les murs protecteurs de la chambre d'hôpital. Hystéries, craintes, bien des mauvaises choses semblaient gangréner le personnel de cette maison de repos pourtant dirigée par les guerriers blancs du clan Kaguya. Hélas, le courage n'était pas une valeur ni une ambition qui courait les rues, même dans celles de la Cité Brumeuse. Peureux par nature, l'Homme avait éprouvé un certain mal à s'ouvrir à ce qui lui demeurait inconnu, même pour un autre de ses pairs dont même les ressemblances ne parvenaient pas à faire taire les préjugés, les appréhensions. Alors que dire, pour ces enfants des Bêtes nés dans le Désert et accueillis par le Brouillard? Quel regard la population de Kiri la Grande se devait-elle de porter, sur ces étrangers? Les empreintes du chauvinisme, presque de la xénophobie, la Tigresse blanche en avait vu des milles et des cents contre les innombrables sentiers du Yuukan. Et la Brume restait le dernier endroit où elle souhaitait les revoir, par peur de voir les siens en souffrir et en pâtir sous le galbe de la plus grande des injustices. Car rejetés par les dunes et leurs tyrans, Reikan avait été la seule à leur promettre un berceau de repos et de paix, bien plus apaisant que celui qui avait vu son clan naître.

Et cette promesse, la féline entendait bien la tenir pour leur redonner foi.

Foi en elle, comme foi en eux et en leur bestialité.

Si seulement cette dernière voulait lâcher ses hanches, maintenant.

Ses pupilles d'éther se posèrent sur la jeune soignante, à peine apparue sur le pas de la porte. Une ninja-médecin? Elle a l'air jeune, mais saura certainement quoi faire pour me le retirer sans lui faire du mal. J'espère juste qu'elle ne craint pas les... Puis, sans prévenir et en même temps, toutes les têtes de ses compagnons félins se tournèrent vers elle, comme si un petit gibier venait de se présenter à leurs yeux. Un instant de flottement eut lieu et s'imposa avec brio, presque avec doute, en apaisant l'endroit clos et trop blanc pour des enfants des Bêtes aussi extravaguant qu'eux. Mais en prévenant aussi l'arrivée d'un autre fléau, comme le calme avant la venue d'une tempête. Car dès qu'ils en eurent l'occasion, les chats habillés de la tête aux pieds et armés comme les humains qu'ils étaient de temps à autre s'approchèrent de Takahashi Miya, pour s'agglutiner autour d'elle. Pour presque se renverser les uns et les autres, afin de faire exploser dans le désarroi et la confusion leurs requêtes envers le mal du paresseux, qui touchait le Tigre blanc qu'ils respectaient tant. ...animaux. Ensemble, ils manquèrent même de s'en prendre les uns aux autres en vue d'accélérer le processus et délivrer la Jōnin de leur frère de sang, trop attaché.

Trop câlin, à en devenir un assassin.

« Madame, vous êtes médecin, pas vrai?!
Oui, oui!! Elle a l'air d'en être une!
Que nos ancêtres soient loués, j'ai cru qu'aucun soignant n'allait venir nous tendre la main...
QU'EST-CE QU'ON VA FAIRE, S'IL ÉTRANGLE NOTRE CHEFFE? QU'EST-CE QU'ON VA DEVENIR, KAMEN??
S'il-vous-plaît, aidez-nous... à... cela fait... pl-... nous... rien pu faire!
AAAAAAAARRRHHHAAAAHHHH!!
Nous sommes... à vous payer, s'il... faut!
ON VA TOUS MOURIR SANS LA TIGRESSE BLANCHE!!
Ça suffit.
...
...
... »

Ils en avaient fait, un de ces vacarmes.

À tel point que Yasei Reikan s'était rendue bien plus sèche que d'habitude envers eux, dans l'espoir de faire redescendre la tension ambiante et de remettre les pendules à l'heure. Ses sourcils se froncèrent, pour intimer à ses camarades du clan Yasei de prendre du recul sur la situation et envers l'arrivante qu'ils avaient agressé comme des chats sauvages acharnés sur un seul poisson. Sans tarder, ils obéirent et se retirèrent autour du lit pour laisser Takahashi Miya reprendre ses esprits, si elle n'était pas déjà partie en courant. Pour l'autoriser à voir le visage taché d'éphélides de l'Héroïne de l'Eau, que tout le pays connaissait pour ses exploits. Et d'une voix douce, elle s'adressa à la jeune femme dont elle attendait un minimum de professionnalisme, à l'inverse de son collègue. Et dont elle pensait déjà bien gorgée de bravoure pour se tenir là, aux côtés de l'agitation des changeurs de peau.

« Yasei Reikan, la Tigresse blanche. Pardonnez-les, pour leur fébrilité et leur manque de sagesse. Je suis navrée de vous déranger au cours de votre service, Takahashi Miya. Mais comme vous pouvez le voir, il m'est impossible de me reposer avec... notre cher ami, agrippé au ventre. Nous avons essayé de le convaincre par tous les moyens, mais rien n'y fait. J'ai besoin de vous pour m'aider à le retirer, sans lui faire de mal. »

*Kamen (仮面, litt: Masque)

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