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La gladiatrice aiguisée par les griffes

Yasei Reikan
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Lun 21 Juin 2021 - 18:53
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➜ Automne de l'An 204, Pays de l'Eau

De tous les vêtements que Yasei Reikan avait porté au cours de son existence, le coton de son pelage demeurait celui qu'elle préférait et qu'elle mettait le mieux en lumière, au-delà de son seul épiderme et grain de peau qui lui laissait plus un goût de fragilité que de supériorité sur les autres animaux. Outre ses rayures qui effrayaient le règne animal tout entier, la brutalité de son squelette et de ses muscles ne portait toutefois pas la moindre atteinte à son élégance naturelle ; à tel point que la grandeur de ses pattes, qui insufflait la peur dans le cœur de ses ennemis, ne parvenait même pas à la rendre totalement inhumaine en marge de tous les traits que la férocité voulait bien forger sous son empreinte. Celle que l'on surnommait Rei* portait bien son nom, parmi les changeurs de peau que les Hommes pointaient du doigt et réduisaient à leurs seules différences. Plus proche de ces Bêtes que de ces derniers, la Tigresse blanche avait toujours entretenu cette mysticité depuis les dunes qui l'avaient vue naître. Car derrière les lourdes épaulières de lions dorés qu'elle portait, une carrure frêle mais droite de femme s'obligeait à rester debout, peinant à faire croire au monde tout le potentiel bestial qui coulait dans ses veines. Mais Kiri avait été la première à se rendre compte de ses prouesses, à voir que ce petit bout de femme, devenue véritable guerrière, se voulait parfois porteur de bien des terreurs pour l'adversité. Si bien que dans les rues de la Cité Brumeuse déjà, sa figure inspirait autant l'intrigue que la crainte.

Si bien que sur les pavés menant au berceau du clan Yasei, son passage ne passait pas sous la houppe de l'inaperçu.

Cette souplesse avec laquelle l'Héroïne de l'Eau savait passer de l'état humain à bestial, beaucoup la lui reconnaissait et n'osaient même plus en douter derrière l'ombre de sa réputation, qui avait traversé le Brouillard et surmonté les vagues pour rencontrer le Yuukan. Et au-delà de ses efforts pour renouer les liens entre ses congénères, la métamorphe avait redoublé d'acharnement pour construire un hameau où, enfant des Bêtes comme des Hommes, pouvait se rendre et travailler ses tripes comme sa volonté. Cet endroit, qui trônait sur une place de luxe en son cœur et avait nécessité des mois entiers de travaux, il lui apparaissait comme étant vital tant pour le lointain avenir des changeformes que celui de la Brume. Puisqu'au-delà des traditions combattantes qui se transmettaient chez les différentes familles de son clan, Yasei Reikan entendait faire véhiculer les échos de ses convictions sur les étangs de principes encore vierges ou déjà viciés d'hommes et de femmes encore à façonner, encore à changer. Cette fierté qui tamponnait parfois ses instincts et la guidait en permanence, la Yasei aux éphélides souhaitait de tout son cœur la transmettre à ses frères, ses sœurs et tous ceux qui acceptaient de porter sur ce monde un regard sans haine. Ce Nindō, il l'avait aidée à combattre ses démons intérieurs lorsque le sang de sa propre mère avait coulé. Et demain, il aiderait ceux qui voulaient bien avancer dans le sillage qu'elle creusait à lutter contre les leur, pour rendre le Yuukan un peu plus paisible. Jeunes ou vieillards, simples marchands ou batailleurs aguerris, la féline comptait bel et bien tendre sa patte de velours à quiconque espérait progresser et faire le bien sur ses traces. Et parmi eux, l'une des maîtresses du royaume des gladiateurs et des invocations avait su attraper cette folle poigne par son courage et sa loyauté et mériter l'envoi d'une missive imprévue.

Gozan Arukisa, la Rose rouge.[invisible_edit]

Que Yasei Reikan attendait patiemment, sous les érables érigés autour de Jūseimon*. La crinière de jais balayée par le doux vent automnal, les voiles orientaux en pleine danse sous son joug, elle se laissa bercer par les rayons du soleil qui entamait tout juste son déclin vers l'horizon avant d'entendre les brindilles craqueler non loin d'elle, sur le chemin qui emmenait à cette gigantesque structure et portait l'insigne du clan des enfants des Bêtes. Assez lentement, ses pupilles éthérées se baladèrent sur cette silhouette et son imposante arme qui trahissait son identité. Et ses lèvres charnues, elles, n'osèrent pas retenir l'once du rictus qui témoignait toute sa satisfaction de voir cette camarade de mission répondre à l'appel de son amitié la plus pure.[invisible_edit]

« Arukisa. »

*Rei (麗, litt: Grâce)
*Jūseimon (獣性門, litt: Porte de la Bestialité)


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Dernière édition par Yasei Reikan le Sam 4 Sep 2021 - 17:59, édité 4 fois
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Gozan Arukisa
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Dim 11 Juil 2021 - 14:21
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A la lecture de la missive qu’elle venait de recevoir, Arukisa fut prise d’un sentiment à la fois de réjouissance et de surprise. Au milieu de la paperasse habituelle, ce n’était pas courant pour elle de recevoir un courrier loin des tâches administratives ou professionnelles. Les seuls échanges qu’elle avait en dehors de Kiri étaient ceux avec sa famille à Hi. Or, elle tenait aujourd’hui entre ses mains les mots d’une amitié naissante, ceux de la Tigresse blanche.

Le message l’invitait à se joindre à elle, dans les nouveaux quartiers de son clan, afin d’échanger, tout simplement. Cette entrevue serait également l’occasion pour la gladiatrice d’obtenir peut-être une visite guidée de ce refuge désormais emblématique de la volonté de Reikan de réunir les siens. Une invitation à se découvrir mutuellement, chacune donnant à l’autre de quoi satisfaire leur curiosité. Si la Rose se délectait d’avance de l’expérience de la féline, celle-ci semblait avoir un penchant pour la technologie étonnante de Mikazuki. Outre la volonté de partager leur savoir, la jônin fut touchée par l’attention portée par Reikan sur sa propre personne. En lisant ces quelques lignes, Aru’ put ressentir pendant une poignée de secondes ce que pouvaient éprouver les Yasei à ses côtés. La Tigresse blanche endossait parfaitement le rôle de guide, de soutien, de mère de sa famille. Une affection pour chacun des êtres qu’elle croisait, ou peut-être était-elle privilégiée. Néanmoins, elle semblait donner sa chance à chacun de prouver qu’elle était digne de sa confiance, et Arukisa avait su la saisir.

Au milieu de la voie menant au domaine bestial, Juisemon, la Rose se présenta. Mikazuki attachée dans son dos, la dominant largement, elle n’était absolument pas gênée dans sa démarche. Les yeux écarquillés, elle observait en silence la végétation sobre et harmonieuse qui entourait son chemin. Une odeur de feuilles mortes, parfum évocateur de l’arrivée récente de l’automne, flottait sur la brise qui accompagnait ses pas. Derrière les contours de l’imposante porte, Aru’ put distinguer un bâtiment central, massif, aux allures de pagode. Sans même s’en approcher, on pouvait apercevoir l’architecture joliment ouvragée qui composait le début de ce quartier. Un immense travail de réflexion, tant pour la praticité que l’esthétique, était sûrement la base de ces constructions.

Un sourire non dissimulé se dessinait sur le visage contemplatif de la jeune kunoichi. A l’approche de la féline qui l’attendait sur les devants de son œuvre, Aru’ ne put s’empêcher de lui faire un grand signe de la main pour manifester sa joie de la revoir. Dès lors qu’elle fut assez proche pour être entendue sans hausser la voix, elle dévia son regard des infrastructures pour porter son attention sur son hôte.

- Reikan. Répondit-elle en abaissant sa tête en guise de salutation. Je ne m’attendais pas à recevoir cette invitation, c’est une réelle surprise et surtout un vrai plaisir de venir te voir ici ! J’espère que tout s’est bien déroulé sur le continent, tu as pu te reposer depuis ton retour ? Elle désigna les alentours de la paume de sa main. En tout cas, je te félicite pour ce que tu as accompli ici. Le quartier a l’air très paisible, dommage que je ne sois pas Yasei ! Dit-elle un peu maladroitement.

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Yasei Reikan
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Dim 5 Sep 2021 - 16:22
Il y avait de ces gens qui ne nourrissaient de haine que pour la haine elle-même, en ce monde.

Et Yasei Reikan avait su se forger une solide place, parmi eux.

Si bien que les mains qu'elle avait tendu et qu'elle entendait encore accordé à autrui, qu'il soit faible ou fort, se voulaient légions. Pouvaient se compter par millions, avec une pointe d'exagération. Détachée par nature de bien des principes de la civilisation, étrangère à la hiérarchie dont les nobles aimaient s'entourer pour se rendre plus divins encore qu'ils ne l'étaient bien déjà considérés par leurs sujets, la Tigresse blanche n'avait pas appris à estimer son prochain autrement que son égal. Autrement que son pair le plus ancestral. Comme celui qu'elle se surprenait à voir, sur les doux traits de la Rose rouge qui l'avait fièrement accompagnée jusqu'aux confins de la jungle d'Ue. Qui avait fermement cru en elle, jusqu'aux limites étroites et humaines de sa confiance envers une sœur d'armes. Et cet engouement avec lequel Gozan Arukisa s'abandonnait au pas de la Porte de la Bestialité, à la seule vue de l'Héroïne de l'Eau, il montra à la métamorphe à quel point ces liens qui l'unissaient à elle, même s'ils ne faisaient que naître, souhaitaient déjà se raffermir. Voulaient encore s'étrécir, autour de ces deux guerrières que la Brume élevait sous une même bannière, et dont elle ne pouvait qu'être fière. D'un sourire à son égard, l'enfant des Bêtes se rendit bien plus accueillante et chaleureuse qu'elle n'avait eu l'habitude de se montrer, aux yeux du monde ou à ceux du peuple de Kiri. Sa gorge, elle eut même du mal à retenir un petit rire imprévu lorsqu'elle la vit, elle, une Jōnin de la Brume, se précipiter avec un bras en l'air jusqu'à Jūseimon.

« Le sentiment reste partagé, Rose rouge. Les évènements font que je n'ai de cesse de prendre et de braver les mers de l'Archipel de l'Eau, en ce moment. À vrai dire, je dois bien cela à la Cité Brumeuse pour lui rendre honneur d'avoir accueilli les miens. Mais je me sens bien incapable de te cacher cette joie intarissable qui me gagne à chaque fois que je reviens ici, au bras de Kiri, notre chez-nous. Et auprès de mon clan. »

Yasei Reikan se livra, à cœur ouvert.

Et apaisée comme elle ne pouvait que l'être en ce lieu de vénération pour son sang et la bestialité qui y courrait, son regard suivit ce que la main de sa consœur désignait. Presque ce qu'elle enviait, selon ses mots léchés de maladresse. Les premières feuilles rougies par l'arrivée de l'Automne, la Cheffe du clan Yasei se surprit à aimer les voir choir sur ce qu'elle avait sorti de cette terre, au cœur même de la Cité du Brouillard. Et à mille lieues de celle du Désert, autour de laquelle s'étaient enracinées les origines les plus dignes des changeurs de peau. Hier, la Tigresse blanche s'efforçait encore de travailler son labeur et son acharnement pour construire le berceau que les métamorphes avaient toujours mérité, après la folie du Scorpion noir. Aujourd'hui, elle pouvait désormais l'admirer. Le contempler, pour tous les trésors qu'il allait pouvoir abriter, comme il allait bientôt préserver tous ses enfants réunis. À travers ses mèches de charbon, Yasei Reikan avait été gagnée par la beauté de ce paysage. De son paysage, façonnée grâce à son surmenage. Ses yeux s'attardèrent sur le symbole du clan Yasei qui trônait en maître sur cette porte aux allures de temple, pendant qu'elle soumettait celui qui siégeait en roi dans le dos de son kimono à ceux de Gozan Arukisa. Pendant qu'elle engageait la marche sous cette arche, sans mettre un terme à cette parenthèse de calme.

Ni crever cette bulle de paix, loin de tout vacarme.

« Et pourtant, tu aurais tout ce qu'il faut pour en être une digne de ce nom et te tenir à mes côtés, Arukisa. »

La Yasei aux éphélides tourna le dos à sa camarade, pour se mettre à gravir les marches de la montagne levée au beau milieu de Kiri. De sa montagne, née et marbrée par son chakra.

Car pendant que ses pas la faisaient s'élever, ses lèvres crevèrent la boule d'interrogations qui rongeait ses tripes.

« Ton talent à user de cette arme accroché à ton dos, à la dompter comme si elle n'était qu'une vulgaire couteau, je t'ai vu le mettre à l'œuvre durant notre mission. Et en toi, je n'ai pas pu m'empêcher de voir une trace de cette férocité qui parfois nous anime, nous, les enfants des Bêtes. Tu m'intrigues, Arukisa. D'où viens-tu? Qui es-tu, au-delà d'une guerrière du Brouillard comme j'en suis une? Et surtout, se pourrait-il que tu attendes quelque chose de moi, pour être venue avec tant de hâte sur les pas de mon invitation? »

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Gozan Arukisa
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Lun 6 Sep 2021 - 22:03
Chez-nous. Si Arukisa se sentait aujourd’hui chez elle à Kiri, elle ne pouvait retenir une pensée amère en imaginant la Yasei entourée des siens tandis qu’elle peinait à convaincre sa propre famille de la rejoindre. Certaines racines étaient plus compliquées à arracher que d’autres. Elle s’imaginait les sentiments de satisfaction et de bien-être que Reikan pouvait ressentir étant désormais entourée de ses pairs. Sur la kunoichi, elle avait entendu de nombreuses rumeurs et histoires trépidantes. Mais de toutes, celle qui rendait la gladiatrice admirative, c’était ce don pour réunir que la Tigresse blanche semblait posséder. Une force morale, un charisme naturel et une détermination à protéger les siens qui l’avait poussée à parcourir le monde pour fédérer et fonder ce quartier paisible au beau milieu de Kiri. Peut-être était-ce ce qui manquait à la Rose ? De la détermination, de la persuasion. Elle n’avait jamais su trouver les mots.

D’ailleurs, comme une sorte de sixième sens, son homologue l’interrogea sur son passé. Était-elle surhumaine ? Aru’ afficha un regard étonné, le sourcil levé. La jeune kunoichi était un livre ouvert, ses émotions se lisaient souvent sur son visage, peut-être avait-elle décelé ses pensées. Cependant, Reikan avait l’air de s’intéresser à sa personnalité, et non pas à sa profession. Une particularité qui démontrait le lien qui commençait à se créer entre les deux. Les discussions privées se faisaient rares. Arukisa n’avait pas l’habitude qu’on l’interroge sur ses origines, beaucoup ne voyait qu’en elle une arme de la Brume. Le lot de nombreux shinobis. Mais la Féline avait quelque chose de spécial. Elle s’intéressait réellement, elle ne se contentait pas de la surface, de la silhouette, elle voulait observer l’intérieur.
D’ailleurs, la Rose ne s’attendait tellement pas à cette discussion qu’elle chercha ses mots.

- Oh ! D’où je viens ? De Hi, je suis arrivé à Kiri à sa création après quelques mois de voyage. J’ai quitté mon foyer familial très jeune, je voulais découvrir le monde. A cette période, je voyageais en solitaire. J’essayais...de faire le bien, je crois. A ma façon. Je portais mon aide à ceux qui en avaient besoin. Les rumeurs d’une population martyrisée par le banditisme m’ont menée jusqu’à Mizu et je ne suis jamais repartie. Finit-elle le regard dans le vide, nostalgique de ses débuts.

Arukisa repensa à ses premières heures au sein de la Brume. Sa formation au Grand dojo, les sabreurs, Shinichi, Shiori, Benten, Noah… Des souvenirs qui semblaient lointain tant le monde avait changé depuis. A cette période, elle n’avait même jamais croisé de Yasei.

- Et qui je suis, c’est une vaste question. A laquelle je n’ai moi-même pas de réponse exacte ! Pour la plupart je suis la Rose, shinobi de la Brume. Pour d’autres, Arukisa, une amie fidèle, je l’espère. Et enfin, Aru’, aînée d’une sororie de quatre filles qui était lassée de la guerre civile de son pays natal et qui tente tant bien que mal de trouver sa place au milieu de tous ses problèmes, ses contradictions, ses projets, ses rêves.... Un peu comme tout le monde j’imagine ?

Emportée par ses paroles, la guerrière avait accompagné ses mots de divers gestes de ses mains. La question semblait bien trop difficile à élucider pour un esprit aussi dispersé que le sien. Elle en aurait presque des vertiges. Néanmoins, ses propos n’étaient pas calculés, elle parlait comme elle pensait. Un défaut ou une qualité, à la Yasei d’en juger.

La Rose la pointa du doigt afin d’appuyer sa prochaine interlocution.

- Tu me poses des questions mais tu sembles déjà bien me connaître Reikan. Affirma-t-elle avec un sourire amusé. En effet, je suis venu visiter Juisemon mais ce n’est pas la seule raison de ma visite. De tous les combattants que j’ai croisé, tu es assurément celle qui maîtrise le mieux le taijutsu. Les qualités naturelles d'une Yasei sont indéniablement un atout pour ce domaine. Je n’en suis pas experte mais je sais une chose : les combattants à mains nus détestent souvent les ennemis armés. Lança-t-elle avec un regard feintant l’assurance. Son propos était véridique, mais probablement pas pour la Tigresse blanche. Et j’ai souvent remarqué que vous avez toujours une parade à nos armes, et plus précisément, vous savez nous désarmer. Saurais-tu m’enseigner cela ? Tu dois te demander comment une jônin peut ne pas savoir faire cela, mais… disons que je cherche à m’améliorer. Dit-elle en tentant de cacher sa gêne.

En réalité, la kunoichi venait souvent à bout de ses adversaires par son agilité mais plus rarement par sa ruse. Elle voulait rajouter une corde à son arc.

- D’ailleurs, où as-tu appris à te battre ? Les Yasei sont-ils tous des combattants ? Je ne me souviens pas avoir rencontré ton clan lors de ma venue au village. On dit que c’est toi qui à rassembler les Yasei de tout le Yuukan, la rumeur dit vrai ?

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Yasei Reikan
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Sam 18 Sep 2021 - 16:51
Les Hommes et leur bancale idée de liberté, leur détestable envie de laisser-aller. Bien d'entre eux, ils détenaient et nourrissaient cette manie d'autoriser au cours de leur existence à s'épanouir comme il l'entendait, comme il s'en laissait convaincre par celui d'un autre plutôt que par lui-même. À n'attendre que le lendemain pour emprunter un nouveau chemin ; voilà à quelle destinée peu saisissante, à quelle fatalité déconcertante tous aimaient s'abandonner pour mieux aller, pour mieux s'apaiser face à un monde parfois vide de sens, mais plein de virulence. D'aucuns demeuraient guidés par leurs seuls pas sur les sentiers du Yuukan, en laissant derrière eux un semblant de libre-arbitre, une fausse image de délivrance. Pour autant, ces voyageurs, ces explorateurs, ils restaient convaincus que leurs principes, leurs idées et leurs choix ne conservaient pas la moindre chance de changer le cours des choses, même au prix de leur vie. Et si certains montraient l'audace d'en penser le contraire, leur estime pour cette si petite chance s'obstinait à se cantonner à un impact des plus maigres autour d'eux. Cette attitude, elle n'avait de cesse de tanguer entre les vagues de l'humilité et celles de la pusillanimité. Car c'était comme si, dès l'enfance, ils acceptaient leur stérilité de miracles et s'en contentaient les bras croisés, en même temps qu'ils avaient adopté pour tout problème, la solution de la débâcle. Ces gens-là, ils se comptaient hélas par milliers. Sûrement plus, tant la lâcheté avait su gangréner les corps et gagner leurs cœurs, à travers monts et mers.

Mais ils n'avaient jamais su contaminer Yasei Reikan, la Tigresse blanche.

Car sa vie, elle, s'était érigée dans la fermeté de tout un squelette d'ambitions et de valeurs.

Et pas dans le flou d'un rond-point d'aléas ou de possibilités, qui venaient et partaient.

Sa naissance, elle avait été permise pour le seul bien de son clan.

Son existence, elle s'obstinait à la mener dans cette intention, par tous les ahans.

Si bien qu'à aucun détour de son adolescence, l'enfant des Bêtes n'avait su cafouiller ou se pétrifier, face à cette armée de questions que tous se posaient. Et envers laquelle tous tremblaient, tant le temps était fait de tournants et d'imprévus. Parce qu'elle le savait, déjà haute comme trois pommes, que le sort du clan Yasei incarnait tout ce qui l'animait, la déchirait, la dévorait. Tout ce qui la poussait vers l'avant, même à la force des coups plutôt que des caresses. Et en dépit de tout ce à quoi son âme de guerrière demeurait destinée, de tout ce qu'elle avait pu endurer plutôt tout ce dont elle avait pu profiter dans une autre vie d'inertie et de repos, jamais l'Héroïne de l'Eau n'avait cherché à se défaire des chaînes de son existence entremêlée à la survie des siens. Jamais, même sous le poids des maux causés et laissés sur elle par son propre sang, Yasei Reikan n'avait envisagé de se détourner d'un tel fatum pour pérégriner sans détermination, pour errer sans destination. Pour abandonner ce rêve d'union, qui faisait désormais battre son cœur pour cette unique raison. Cette assurance, elle la tirait de cette décision d'avoir fait face plutôt que d'avoir fui. Que devait-elle donc ressentir, l'oreille tendue au récit d'une autre qui, par le passé, n'avait pas su s'accrocher à une aussi forte ambition que la sienne? Beaucoup auraient pu penser que le dégoût trouverait, ici, une faille pour s'installer. Mais la crinière de jais n'en fit rien, le refusa à ses portes et vint le punir de son impudence, pour avoir eu l'impudence de vouloir la conquérir. Un instant, la Jōnin du Brouillard s'arrêta dans son ascension et tourna légèrement la tête sur le côté, sans prendre la peine de jeter un regard à ses arrières, ni le soin de cacher son manque de manières.

Mais ses mots, elle entendit bien leur offrir une tournure bien familière.

Un cachet sans gêne, qui lui permettrait de parler en étant sincère.

Et de montrer qu'elle ne faisait pas partie de ceux qui se cherchaient, un peu comme tout le monde.

« Tu essayais de faire le bien. Le crois-tu ou en es-tu sûre, Arukisa? Certains disent que la vie n'est rien d'autre qu'un agrégat de derniers moments et se laissent vivre, au jour le jour. Moi, il m'est impossible de concevoir que l'œuvre de toute mon existence puisse être considérée comme le pauvre amas de piètres ambitions, accrochées bout à bout et concrétisées par la force des choses. Si ce n'est la mienne. »

Il était là.

Le premier avertissement de Yasei Reikan à une amie, sur toute l'impétuosité qui la grignotait.

Ses pas, ils reprirent le cours des marches et ses pensées, celui de leur réflexion. Avant de s'en détacher et de trouver les traces d'une herbe qui les mènerait jusqu'à un endroit encore inconnu du flanc de la montagne des métamorphes. Celle qui maîtrise le mieux le Taijutsu... Une telle requête de la part d'une consœur de la Brume, elle l'apaisa. La conforta, dans son élévation vers les cieux de sa puissance. Mais elle ne se priva pas de la tourmenter à travers les traits monstrueux, fous et hideux de Raonaka Ao, ce traître qui n'était revenu auprès de la Cité Brumeuse que pour la mettre à feu et à sang. Ce parjure, dont l'empreinte et la poigne tiraillaient encore son cuir chevelu et sa longue crinière de jais, pour avoir eu le mérite de la trainer avec lui dans le cataclysme des eaux de Sanbi. Le Dieu du Taijutsu. Voilà comment la Yasei aux éphélides l'avait considéré, dans sa lutte contre lui. S'en était-elle seulement rapprochée, pour avoir combattu son fléau et en être ressortie vivante? Pourrait-elle rivaliser avec cette terreur du corps-à-corps, s'il le fallait? Sa démarche, elle n'eut de cesse de continuer à la faire avancer, de l'ombre des arbres à la lumière de la falaise. Et son esprit, il peina à chasser l'amertume qui investissait ses papilles et ses entrailles. La Rose rouge l'aida à y parvenir, en ayant le mérite de lui rappeler ô combien des personnes comptaient sur elle pour lui voler ce titre de déité dans le domaine des prouesses du corps. Et surtout, en ayant l'intelligence de lui remettre en tête la source de toute sa férocité, de toute sa ténacité.

Sa fière et belle bestialité, que rien ne savait égaler.

« Le lieu où j'ai appris à me battre, il importe peu. Dans la chaleur des dunes, auprès du calme des forêts ou sous la morsure des terres battues par le froid, l'environnement a peut-être su me forger, me fignoler. Mais ce n'est pas lui qui m'a faite. L'adversaire, lui, a fait la différence. Yasei Ragna. Ce fut mon père, en même temps qu'il a été mon exemple. Moi, je n'ai fait que suivre ses traces et développer son art du combat pour terrasser mes ennemis. Tous les métamorphes ne sont pas des guerriers éprouvés par la fureur des batailles, Rose rouge. Avec les temps, certains de mes frères et sœurs de sang se sont aveulis, à force de s'éloigner des luttes intestines et des conflits extérieurs. C'était le cas pour une partie de ceux dont j'ai entrepris l'exode jusqu'à la Brume, depuis la Capitale du Pays du Vent. Mais tous savent se battre grâce à la bestialité qui coule dans leurs veines, qu'ils l'aient appris ou non. Qu'ils l'aient voulu ou non. »

Yasei Reikan s'arrêta, à un endroit bien particulier.

Elles avaient gagné une terre molle et vierge de verdure.

Mais sa semelle se retira pour révéler une petite fleur au pied de jade et aux pétales d'améthyste, auprès de laquelle la changeforme se pencha pour l'aider à se redresser, du bout de ses fins doigts.

« Pour dévoiler cette force, il leur fallait juste laisser sa chance à un peu de courage. »

Un sourire venait d'apaiser ses traits.

La Yasei au teint doré se releva, afin de faire face à la Rose rouge.

« Il est vrai que les épées et les sabres sont une source d'appréhension, pour ceux dont les armes se résument parfois à leurs seuls poings. Brandis donc ton arme et laisse-moi te montrer comment nous, enfants de la Chair, avons appris à vous mettre à mal, vous, les enfants du Fer. »

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Gozan Arukisa
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Jeu 7 Oct 2021 - 12:31
Si la Tigresse blanche maîtrisait avec prestance les arts shinobis, elle maniait avec autant d’aisance ceux des mots. Cette façon d’exprimer son opinion avec fermeté mais avec une pointe de légèreté laissait à chaque fois la Rose dans une position inconfortable. Une sensation d’être caressée par la finesse de ses phrasés avant de recevoir une claque mentale quant à la teneur réelle de son allocution. Un coup de chaud avant un coup de froid. Un cocktail explosif qui ébranla Arukisa et la mena à tenter de justifier ses propos.

- Je ne pense pas qu’une fillette de douze ans puisse être certaine de ses choix. La seule conclusion que je puisse en faire, c’est que peu importe les décisions, j’ai appris.

C’était probablement la meilleure réponse qu’elle puisse fournir. En toute honnêteté, la certitude de toujours avoir fait le bien, elle ne l’aurait jamais. Si l’attitude fière et ardente de Reikan pouvait être un exemple à suivre, encore fallait-il en avoir les épaules. La gladiatrice n’avait pas son expérience, et encore moins son assurance. La source de sa témérité était ancrée dans la Yasei, un aplomb dont Arukisa ne connaissait pas encore les origines. Or, le présent s’explique toujours par le passé. Elle avait encore tant à apprendre sur elle.

A mesure que le duo grimpait les imposantes marches menant au cœur du quartier Yasei, la faucheuse admirait l’apaisante forêt qui ornait les alentours. Un agencement de végétaux qui plongeait les visiteurs dans un environnement serein et relaxant. Le chant des oiseaux exotiques et les sons insectoïdes ambiants rappelaient à chacun le lieu qu’il pénétrait. Pendant un instant, la Rose se revoyait dans la forêt tropicale d’Ue, en compagnie de la féline.

La fureur guerrière de ce clan bestial s’écoulait en eux comme l’eau qui trouvait toujours son chemin de la roche. Peu importe la difficulté et la durée du parcours, elle trouvait toujours une issue. Arukisa acquiesça en écoutant ses propos, confirmant ses pensées sur la férocité innée de son homologue. Une réflexion qui l'amena à réfléchir sur sa propre épopée. La Rose n’avait jamais eu de guide, de maître ou ne serait-ce qu’un enseignant pour lui apprendre quoi que ce soit des arts shinobis avant d’arriver à Kiri. Mais elle disposait aussi d’un inestimable atout, au plus profond de son corps, qui la dirigea vers le chemin du combat. Ce gène que partageaient tous les gladiateurs, ce précieux sésame qui lui fit rencontrer un jour Mikazuki. Car oui, elle pensait résolument que la croisée de leur chemin n’était pas due au hasard. Une attirance incontrôlable qui les fit s’unir pour former la guerrière qu’elle était aujourd’hui. Et si la bestialité des Yasei faisait d’eux des êtres exceptionnels, Arukisa était consciente que sans sa faux, elle ne serait jamais plus la même également.

L’invitation de Reikan à se mettre en place pour accéder à sa requête ravit la gladiatrice. Elle se plaisait souvent à dire que les mots ne valaient pas le terrain. Son opposante savait allier les deux avec brio et elle s’apprêtait à se délecter de chaque instant de cette leçon improvisée.

- Ne me ménage pas, je t’ai vu combattre. Lança-t-elle à son homologue. Si je dois être humiliée en étant séparée de mon arme, je préfère que ce soit par toi, maintenant. Pour que ça n’arrive jamais ensuite !

Perdre le contrôle de Mikazuki était assurément une des pires craintes de la jônin. Pour une gladiatrice, c’était un aveu de faiblesse qu’elle aurait du mal à encaisser.

Le prolongement de son corps ne pouvait et ne devait pas lui être enlevé.

Ainsi, Arukisa détâcha sa faux de son dos et la tint fermement entre ses deux mains. Déjà dépliée, elle était prête à entamer les hostilités, comme Reikan venait de le lui demander. En position de combat, elle plaça ses jambes de façon à bien tenir ses appuis et s’élança vers son adversaire du jour. Sans fioriture, la Rose balança son arme depuis son côté droit pour revenir vers le centre toucher sa cible. Un fauchage simple et circulaire qui partit vers le bassin de la féline.

Nul doute que la cheffe Yasei saurait réagir sans difficulté. D’ailleurs, c’était la réponse qui intéressait Arukisa.

Spoiler:
 

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"Un autre jour, une autre aventure !"

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