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Interroger le Fer [B - Teruyo]

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Hyûga Kisuke
Hyûga Kisuke

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Mer 21 Juil 2021 - 18:39
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Un autre jour, une autre mission. Kisuke commençait à se mettre dans les engrenages d'Iwa et à participer à des missions d'importances croissantes. On lui faisait de plus en plus confiance. Et aujourd'hui la mission ne faisait pas exception. Un interrogatoire de deux tetsujins, capturés par une escouade dont son mentor faisait partie depuis quelques temps. Ils... avaient apparemment attendus pas mal de temps dans leur geôle. Après, iwa n'avait pas manqué de travail, et ils n'avaient pas été prioritaires. C'était compréhensible, si pas malheureux.

Aujourd'hui serait donc un jour différent. Il devait faire bonne impression et surtout arriver à soutirer le plus d'informations possibles de la part du duo. Il avait accès au rapport précédent de leur arrestation, rapport qu'il avait lu plusieurs fois. Il arriva à l'Académie et se présenta aux portiers, en leur donnant une missive.

J'ai une convocation de la part de Teruyo-san.

On le laissa entrer sans trop de problème. Depuis deux mois, le vétéran avait retrouvé l'usage de ses tenketsus et commençait à faire partir du décor à Iwa. Entre ses missions et ses duels, il croisait moult shinobis et commençait à se faire connaitre. Etant membre de l'équipe d'un des taisho lui ouvrait aussi quelques portes, littéralement.

Il entra dans le bureau et salua très respectueusement son maitre.

Teruyo-taisho ! Je suis là pour la mission d'interrogation. J'ai lu le rapport précédent, mais vu que vous y étiez, est-ce que vous avez des points en particuliers sur lesquels vous voulez repasser ? Ou une stratégie en particulier à aborder ?

Kisuke avait pas mal d'énergie et se sentait prêt à montrer ce qu'il était capable en matière de psychologie. Il était sans doute un peu moins prêt en terme de torture, vu que ce n'était pas une méthodologie qu'il considérait comme efficace. D'un autre côté, ce n'était pas le style de son sensei. Teruyo avait systématiquement montré à son élève un côté très humain et très ouvert. C'était une bonne opportunité de renouer les ponts avec Tetsu diplomatiquement.

Je me demande à quel point ils seront prêt à coopérer. Si seulement mes recherches rentanjutsu étaient un peu plus avançé, j'aurais pu préparer des décoctions pour aider à leur interrogatoire. Enfin, si je suis avec sensei, on ne peut pas vraiment faire d'erreur pas vrai ?

Il commença à siffloter gaiement en vérifiant qu'il avait bien tout son équipement sur lui, avec en plus une bouteille d'alcool et un calepin pour prendre des notes. Il était paré et fin prêt.
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Miyamoto Teruyo
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Dim 25 Juil 2021 - 12:13

Il y avait tellement à faire et si peu de temps pour y parvenir. Cette réunion au sommet était déjà d’une importance capitale. J’espérais seulement que notre délégation arriverait à sortir quelque chose de ce marasme diplomatique auquel je m’attendais. Difficile de dire combien de temps cela pourrait prendre, mais cette réunion impliquait d’accentuer la sécurité dans le village, dans tous les villages. Privés de certains des shinobis les plus forts, chacune de nos nations était d’une certaine manière affaiblie. Il y avait peu de chance d’être à nouveau attaqué par notre ennemi, mais la probabilité n’était pas nulle.

Attablé à mon bureau, griffonnant quelques notes d’un vieux crayon usé et taillé depuis si longtemps qu’il n’en restait que quelques centimètres, je ne levais nullement la tête lorsque la porte s’ouvrit, laissant entrer la seule personne que j’attendais aujourd’hui. C’est quand ce dernier, toujours aussi respectueux malgré plusieurs rappels sur le fait que je ne m’attardais pas à ce genre de considération que je décollais mon regard des mes feuilles pour le poser sur le genin que j’invitais à s’asseoir devant moi d’un geste courtois.

Repoussant mes feuilles, déposant mon tiers de crayon qui roula quelques secondes avant de se stabiliser, je m’enfonçais dans le dossier de mon fauteuil écoutant avec attention les questions et interrogations de mon partenaire du jour, jusqu’à soupirer légèrement, petit sourire aux lèvres lors de sa dernière remarque.

« S’il suffisait d’être avec moi pour ne pas faire d’erreurs, cela serait parfait. Malheureusement, cela ne fonctionne pas comme ça hélas. En attendant, pour te répondre, oui, il y a des choses sur lesquelles il y a besoin de repasser, ou plutôt passer en quelque sorte. En effet, dans le rapport que tu as lu, tu n’as pas toute l’histoire. Si tu as lu avec attention, la capture des deux samouraïs était discutable selon certains points de vue. En revanche, ayant été celui en charge de leur observation rapprochée, j’ai été témoin d’une discussion entre les deux prisonniers. Alors au Manazuru, j’ai pris la décision de classifier directement ces informations qui n’apparaissent pas dans le rapport pour en faire part directement à Toph à l’époque. »

Me redressant, posant mes coudes sur la table, mes mains croisées soutenaient mon menton. Le regard sévère, j’observais avec attention la réaction du Hyuga.

« Les informations que je te donne aujourd’hui, sont toujours soumises au secret. Elles ne sont connues que de quelques personnes au sein du village. Cependant, dans la mesure où tu participes à cette mission, tu te dois de les connaitre pour avoir toutes les cartes en main pour ne pas faire de faux pas. »

Le ton n’était nullement dramatique. Il n’y avait pas de mise en scène particulière pour intensifier mes paroles, mais les mots eux, étaient importants.

« Lors de l’attaque contre Tetsu il y a de ça plusieurs mois, un an peut-être, j’ai laissé entrouverte une porte menant à la négociation et à la voie diplomatique. Pour l’heure, cela n’a jamais porté ces fruits, mais c’était avant que l’on apprenne que les envoyés de Tetsu que nous avons capturés étaient de ceux qui voyaient d’un mauvais œil la position de la Princesse à la tête du pays. Ils font partie de ceux qui ne légitimes pas ma jeune femme à un tel poste. Leur objectif était donc simple. Renverser la Princesse actuelle, la faire disparaitre pour instaurer un nouveau Shogunat fort. »

Me levant, je tournais le dos à la table des discussions, observant le village à travers les fenêtres du bureau. Accoudé sur la vitre, la tête posée sur mon avant-bras, je regardais avec sourire quelques enfant jouer devant le bâtiment.

« Compte tenu de notre attaque sur Tetsu et des ressentiments que cela a pu provoquer, d’autant plus avec la mort du Shogun, il est certain que si cette frange des samouraïs arrivait à prendre la tête du pays, il ne ferait nul doute que Tetsu en viendrait à être plus vindicatif. Cela n’a jamais était dit par qui que ce soit, mais je doute que l’absence de représailles soit acceptée de tous. »

Décollant de la vitre, je me retournais, adossé à la fenêtre, faisant à nouveau face à Kisuke.

« Nous devons savoir qui sont exactement ces samouraïs, quels sont leurs objectifs, qui sont leurs alliés. Le but à termes est de parvenir à discuter avec la Princesse, lui faire part de ce complot et ainsi d’engager de nouvelles discussions avec Tetsu. Tout comme nous, ils ont dû également entendre les paroles de l’homme au chapeau. Je doute qu’ils soient ravis de perdre leur chakra eux aussi. A défaut d’avoir en Tetsu de nouveaux alliés pour la Coalition, ce qui serait la meilleure des solutions, l’objectif serait à minima de signer un traité de Paix entre nos deux pays. Nous avons un autre ennemi contre qui lutter, il est inutile de perdre nos forces dans une lutte vaine. »

M’asseyant à nouveau, je poursuivais mes explications.

« Je dois avouer que j’aurais espérais que tu possèdes quelques substances qui auraient pu nous aider. En attendant, saké et nourriture feront aussi l’affaire. Je n’ais aucun doute que tu puisses nous dégoter un excellent saké. » finis-je en rigolant.
« Plus important encore, les interrogatoires, je tiens à ce qu’ils se passent séparément, au moins dans un premier temps. Ensuite, j’ai étudié plusieurs rapports et je pense qu’il est important que l’on joue sur la fibre de l’honneur, du moins dans un premier temps. Si cela ne fonctionne pas, il faudra user de davantage de psychologie. J’ai longuement réfléchi à cela, et de ce que j’ai étudié, rien ne me correspond, rien que je n’aurais fait de mon propre chef. »

Finalement, me levant, j’invitais le porteur de bob à me suivre.

« Si tu as des questions, ou un point de vue sur la manière dont on doit aborder les choses, c’est le moment. En attendant, avant d’aller à la prison, passons à l’hôpital et à la morgue, espérons que l’on puisse y récupérer quelques corps dont j’espère ne pas avoir besoin. »

A la suite de ces quelques mots, j’attendais la réaction du Hyuga, et avant qu’il ne puisse dire quoi que ce soit, j’enchainais.

« Je te l’ais dis, il y a des méthodes plus psychologiques que je n’ai pas envie de développer, mais je préfère être préparé. »

Sortant de l’académie pour rejoindre l’hôpital avant la prison, je saluais chaleureusement les enfants joueurs, quelques aspirants à qui j’avais donné quelques leçons et qui me rendirent à leur tour un sourire affectueux. Au moins, tout n’était pas pourri dans ce monde.

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Dim 26 Sep 2021 - 10:49

D’une certaine manière, nous avions de la chance dans notre malheur. Si le réveil de Yonbi au cœur du village avait dévasté une partie de ce dernier lorsque le démon à quatre queues s’était extirpé de son sommeil en arrachant sans la moindre difficulté le sol et la roche au-dessus de lui, les constructions en faisant partie, la prison dans laquelle nos différents prisonniers en cellules attendaient de purger leurs peines respectives avait elle était épargnée. Elle n’avait pas été exempte de quelques dommages, mais rien qui pour l’heure ne pouvait remettre en cause sa sécurité et sa stabilité. C’est donc vers ce lieu peu fréquenté, encore plus par des genin que Kisuke et moi dirigions nos pas. En silence nous marchions. Pour l’heure la discussion n’était pas de mise, du moins, loin des frivolités habituelles auxquelles le Hyuga et moi avions eu l’habitude au cours de nos enseignements.

Avant toute choses, j’avais dû dévoiler bon nombre d’informations classifiées mais nécessaires au bon déroulé de la mission et, je pouvais le comprendre, cela pouvait, de prime abord dérouter n’importe qui. Il ne s’agissait pas de simples prisonniers lambda, mais de personnes importantes, ayant une certaine valeur tant à nos yeux pour les informations possiblement en leur possession, mais aussi pour ceux qu’il serait commun d’appeler, peut-être à tort, « rebelles » dans leur propre pays. Les enjeux politiques étaient pour autant d’une importance capitale et nous ne devions nullement échouer si nous voulions un jour arranger les choses avec Tetsu et entrer dans une voie diplomatique avec le Fer.

Arrivant à la prison, un chunin a l’entrée nous laissa passer sans dire un mot, me saluant respectueusement à notre passage. A l’intérieur, rien n’avait changé, malheureusement ou non, je ne saurais trop dire. Cela dépendait beaucoup des prisonniers d’une certaine manière. Certains étaient enfermés dans des conditions « confortables » pour une prison, d’autres, comme cet être filaire capturé par Toph étaient enfouis dans les plus profondes abysses de ce cercueil de pierre, un choix nécessaire pour la sécurité de tous. Dans ce qui servait de hall, un homme trapu et d’un âge certain, le teint pâle, surement à cause des heures passées sans voir la lumière du jour, nous accosta.

« Myamoto-dono, Yojiri a été informé de votre visite et les prisonniers sont à votre disposition. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis à votre service. »
« Merci. »


Hochant de la tête, j’invitais notre guide à nous ouvrir la route pour nous guider jusqu’à ceux que nous devions rencontrer.

« J’avais demandé à ce qu’ils soient traités avec respect. Eau, nourriture et un minimum de confort acceptable, mais surtout qu’ils soient séparés. »
« Oui, tout a été fait selon vos demandes. »


Me tournant vers Kisuke, j’affichais un ton grave facilement identifiable malgré la faible luminosité accordée par les torches murales.

« Bien, commençons. Soit prudent. »

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Des heures ? Oui surement. Difficile d’estimer le temps qu’il passait en ces lieux. Surement une question d’habitude. Pour autant, malgré le temps passé en ces lieux, seul le silence semblait vouloir régner avec nos deux samouraïs.

« Bien, puisque vous ériger le silence en guise de seule réponse, je vais vous laisser dans votre solitude pour le moment. Je repasserais vous voir lorsque vous serez dans de meilleures dispositions. En attendant, vous continuerais à recevoir eau et nourriture tout en restant dans le confort relatif de cette cellule. »

Sans plus de cérémonie, je quittais donc les lieux et attendais d’être à l’extérieur pour échanger avec mon partenaire du jour.

« Nous aurions pu les torturer physiquement, mais comme tout soldat entrainer, ce genre de torture ne permet d’apprendre soit ce que nous connaissons déjà, soit ce que nous voulons entendre, rarement la vérité. Il y a d’autres moyens. Je vais réfléchir à ce que nous pouvons faire. De ton côté, j’aimerais, dans la mesure du possible, que tu développe une substance qui inhibe d’une certaine manière leur volonté et qui les pousse à répondre à nos questions sans aucun filtre. Tu t’en sens capable ? »





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Dim 26 Sep 2021 - 21:43
Kisuke tapotait de son doigt nerveusement sur la table de bois. Les prisonniers avaient été bien traités, et il leur avait même servit une bouteille de jus d'orange et une autre de saké de sa propre création. Ils s'étaient emmurés dans un silence professionnel. Kisuke pouvait comprendre de la rétention d'informations, mais il aurait préféré au moins pouvoir assisté à un échange de civilités.

Devant la décision de son sensei de partir, il soupira audiblement avant de saluer son interlocuteur respectueusement, malgré tout.

Vous savez pas ce que vous ratez, mais pas d'inquiétudes. Mon offre reste sur table, littéralement. Du saké, et un bon jus de fruit. Pressé de ce matin - enfin pas le saké évidemment- et si vous ne me faites pas confiance, les gardes en profiteront à votre place. A bientôt.

Ils changèrent de scène avec Teruyo. Une fois à l'extérieur, il lui fit une requête particulière. Ce n'était pas la première fois qu'on lui faisait des demandes spécifiques à son background de pharmacien. C'était la première fois qu'on demandait ce genre là de spécificité. En temps normal, Kisuke aurait pris des réserves. Refusé. Après tout, il ne maitrisait pas le rentanjutsu et sa spécialité civile se limitait en des applications classiques et plus modérés.

Néanmoins.

Néanmoins, il prit assurance, et accepta la requête.

Hmm un poison euphorique n'a rien de très difficile, en théorie. Il me faudrait faire des recherches en Rentanjutsu, bien évidemment. Tu sais que c'est en cours, ce n'est qu'une question de temps.

Une question... de quelques semaines. Un mois. Probablement. A vue de nez. Le chiffre lui semblait particulièrement précis et exact, et il avait l'intuition - non la certitude - que la prochaine fois qu'il foulerait de ses pieds la prison du village, cela serait avec ce genre de drogue ou de poison à sa disposition. Il avait l'expérience de la biochimie avec lui. Il avait des matières premières en quantité. Il avait son partenariat avec l'Hopital. Il avait ses expériences et sa méthodologie. Il avait son pacte avec les Serpents - des alliés de choix pour étudier les substances toxiques. Il y avait moult eisenins et shinobis avec qui discourir et échanger des informations. Les étoiles étaient alignés. Le destin était en marche. Ce pouvoir serait le sien.

Il expira, soulageant son for intérieur de la frustration aujourd'hui de n'avoir pas beaucoup avancé sur le sujet avant de lever le bras droit vers le ciel et de mettre le gauche à sa taille dans une belle position héroïque.

Ha, le temps. Cette maitresse indomptable. Et sur-ce, Teruyo-sensei, je prends mes congés et je dis...

Son regard était malicieux. Il avait une idée derrière la tête, et cela se voyait. Cela se sentait. L'Homme avait un mauvais coup en tête, et commençait à s'activer. Etait-ce une tentative d'évasion ? Allait-il empoisonner Teruyo et voler son bijuu de famille ? Son Byakugan était activé. Le Chakra filait dans les réseaux chakratiques de sa main jusqu'au sceau qui était placé dans sa besace. Le sceau s'activa. Trois objets bien familiers et au combien utiles tombèrent dans sa main, qu'il jetta aussitôt sur le sol pour élever avec une majestuosité sans pareil trois nuages de fumigènes pour théatrâlement dire.

SPARAIT ! Har har kof kof...

C'était un passe-temps préféré du genin que d'utiliser cet outil ninja particulièrement sous-utilisé et pourtant tellement synergique avec son talent clanique. Et s'enfuyant sous le couvert des trois nuages de fumigènes dans un mélange entre toux et rire, Kisuke l'Ancêtre s'élança dans les ruelles d'Iwa pour de nouvelles aventures.
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Narrateur
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Dim 14 Nov 2021 - 22:00
Le duo Tetsujin:

Un fracas meurtrier fit grincer de terreur les barreaux.

Et sursauter le garde le plus proche, qui craignait de voir ce qu'ils cachaient.

Mais il eut l'audace de s'en approcher, comme attrapé par la main de la curiosité. Comme poussé par le souffle de son devoir de cerbère pour les prisonniers.

Dans la pénombre de ces geôles qui peinaient à résister contre le froid encore naissant de l'automne, des yeux eurent vite fait de se démarquer. Sous le poids de sourcils broussailleux mais bien arcqués, ils savaient dessiner et transmettre comme une maladie volatile toute la rancune qui germait derrière les côtes du Samouraï séparé de sa consœur. Ses phalanges, elles ne tardèrent pas à se détacher de ces barres qui l'enfermaient tel un oiseau en cage à qui l'on aurait interdit de voler, pour le confort de quelques-uns. Son visage anguleux, le robuste guerrier du Fer le révéla à la lumière tamisée qui éclairait à peine l'entrée de sa cellule. Plutôt son trou à rats, pour un combattant de sa trempe qui préférait de loin le fer de sa lame à celui des cachots.[invisible_edit]

Son honneur, Baba Oushi n'aurait jamais pensé qu'il serait trainé aussi bas.

Qu'il serait bafoué et piétiné de la sorte, sur des terres qui lui demeuraient étrangères.

« Que fais-tu, prisonnier? Tu as déjà eu ton repas. Que se passe-t-il? »
Cela fait quatorze jours que nous n'avons pas vu la lumière du soleil. Appelez-les. Appelez-les et faites-les venir, si vous ne voulez pas que votre erreur ne finisse par me rendre fou. »

Un autre surveillant prit soin de se rapprocher, dans le doute et au vu d'un tel rapprochement. Tous les deux, ils échangèrent un regard. Avant d'acquiescer mutuellement et de laisser le plus hautain des deux rétorquer au captif, comme il l'entendait.

« Nous allons les prévenir que vous êtes prêts. Mais prenez garde, grand Samouraï. L'audace est une royauté sans couronne, surtout si l'on vient à en perdre la tête. »

Des sillons se creusèrent sur le front du large d'épaules, au point de lui en tordre le visage sous le coup de cette menace. Ce comportement, il le détestait, lui qui ne jurait que par la force et l'apothéose de son art comme de son train de vie. Ses poings pâlirent, tant le sang voulait s'en échapper afin d'aller chercher celui qui lui tournait le dos et partait pour prévenir la Roche. Ô combien de temps il lui fallut pour finir par se calmer et s'asseoir sur ce qui lui servait de chaise, au centre de sa cavité de pierre. Face à ce mur froid et épais, qui l'éloignait de son maître. Et qui fut le seul à recevoir ses reproches, au coin de sa voix aussi rocailleuse que ce fichu pays.

« L'audace. Vous, les Shinobis, vous savez bien la faire vôtre... »

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Miyamoto Teruyo
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Dim 14 Nov 2021 - 23:18

Un shinobi portant un brassard à l’effigie d’une tête de lion sur le bras courrait à vive allure dans les couloirs de l’académie. Ses pas résonnaient fortement sur le sol, claquant à chaque enjambée. Un message important songeais-je sur le moment, surement pour moi à n’en pas douter. Après tout, sans dénaturer le travail de mes pairs, aucun d’eux ne risquait la nécessité d’une intervention d’urgence. Un œil attentif sur la porte coulissante, cette dernière ne tarda pas à être ouverte avec vigueur, un chunin se présentant devant moi, plein de courbettes, devant une classe d’aspirant mêlant surprise et amusement.

« Taisho ! Toutes mes excuses d’interrompre votre cours … »

Le gardien de la prison tourna brièvement son regard vers les enfants avant de reporter son attention vers moi.

« Les deux du Fer désirent parler. »

S’il y avait bien quelque chose auquel je ne me serais pas attendu aujourd’hui, c’était bien cette annonce qui me laissa circonspect je dois bien l’avouer. Si cela semblait une bonne nouvelle, je me demandais pour autant ce qui pouvait bien pousser les deux samouraïs à devenir bavard aujourd’hui, surtout après notre dernière visite à Kisuke et moi.

« Bien. Avant tous, préviens donc Hyûga Kisuke, demande-lui de me retrouver à mon bureau d’ici une heure. Pour ce qui est de nos invités, qu’ils patientent, mais ne les informez de rien pour l’heure. »

Les directives données, le cours se poursuivi comme si de rien n’était. Ce dernier terminé, de retour à mon bureau, j’attendais l’arrivée du genin qui devait m’accompagner. Lorsque se dernier arriva finalement, après les salutations d’usage, j’entrais directement dans le vif du sujet.

« Kisuke, merci d’être venu. Comme il te l’a été signalé, nos prisonniers se sont décidés à parler. Si j’ai souhaité te voir avant que l’on aille sur place, c’est avant tout pour savoir si tu as eu le temps de mettre au point ce que je t’ai demandé. Quoi qu’il en soit, sache que nous irons les voir dans deux jours, pour midi. »

------------

Deux jours plus tard, prison d’Iwa.

« Prévenez donc Yogiri que nous sommes là et que nous descendons voir les prisonniers. Je ne veux aucune intervention de qui que ce soit sans mon aval ou le sien si urgence il y a … ah … et ne venez pas leur apporter leur déjeuner. »

Loin d’être une torture, mais un moyen en plus de les mettre dans l’inconfort. Alors que nous descendions les marches, j’interpelais mon acolyte sur la situation dans laquelle nous étions.

« Sais-tu pourquoi j’ai décidé que nous viendrons aujourd’hui ? Soit deux jours après leur demande de discussion avec nous ? »

Attendant la réponse du porteur du bob, nos pas résonnèrent sur les marches en pierre. En bas de ce couloir, avant d’entrer dans la salle des gardes, j’interpellais une dernière fois le genin.

« A partir de maintenant, quoi que tu entendes ou soit témoin de ma part, sache que cela aura été murement réfléchi. Tâche de garder ta surprise pour toi. Les samouraïs sont de redoutables combattant qui savent décrypter notre langage corporel. Maintenant allons y. »

Passant finalement par la salle des gardes, accompagné par l’un d’eux, il nous introduisit auprès de Baba Oushi, celui qui faisait figure de leader de leur petit groupe. Attendant sagement que notre planton referme la porte, j’attrapais une chaise en bois et la posais devant les barreaux, à distance raisonnable de mon interlocuteur.

« Bonjour. Je suis Miyamoto Teruyo, membre du Triumvirat et Taisho du corps diplomatique, mais ça, vous le savez déjà, je me suis présenté à vous lors de ma précédente visite. Que puis-je donc faire pour vous aujourd’hui ? ».

Aussi paradoxal qu’il soit, c’est moi qui demandais en quoi je pouvais bien aider notre prisonnier alors que c’est nous qui attendions des réponses de sa part. Les pieds posés à plat sur le sol, le dos calé sur le dossier, les doigts croisés posés sur mes cuisses, j’attendais que mon interlocuteur daigne enfin nous adresser la parole après tant de temps d’attente.

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Hyûga Kisuke
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Dim 14 Nov 2021 - 23:44
Kisuke avait presque oublié les deux prisonniers qui croupissaient dans les geôles iwajins. Il avait beaucoup fait, beaucoup appris depuis sa dernière visite. Il avait remplit nombre de pactes d'invocation. Il avait découvert le secret de l'Alchimie. Pas une journée ne passait sans son lot de surprise et de découvertes. Il était en pleine phase de croissance. Aussi, quand vint le message, il dut remettre l'église au milieu du village et se rappeler du contexte.

Bien.

Il se rendit dérechef au bureau de son sensei avant d'apprendre que l'interrogatoire n'allait pas se tenir tout de suite, mais allait attendre quelques jours. Il leva un sourcil interrogateur, mais ce n'était pas le plus important. Teruyo lui demanda surtout s'il avait eut le temps de perfectionner sa drogue d'interrogation. Il fit une grimace.

Trop expérimental pour que j'ose l'utiliser sur un être humain. Désolé, sensei, d'avoir vu trop gros. Mais je préparerai des bons alcools et des jus de fruits.

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Pour leur faire comprendre inconsciemment qu'ils n'étaient pas ceux qui dictaient les règles, mais qu'ils nous subissaient, nous mettant dans une position dominante.

En suivant son maitre, Kisuke avait répondu à sa question presque au tac o tac. C'était une stratégie d'interrogation assez classique. Dans un livre d'économie, le Hyûga avait même appris que cela s'appliquait également en industrie, et que la communication non-verbale avait un gros impact sur l'inconscient. Il avait deux interrogatoires aujourd'hui, donc deux chances de pouvoir en apprendre le plus possible.

Malheureusement, sans une drogue pour les aider, l'Apothicaire n'ayant malheureusement pas eut le temps de finir son composé chimique, et surtout, de le tester. A la prochaine question, ou remarque, de son sensei, le Hyûga répondit directement par l'affirmative.

Bien senseï.

Il hocha de la tête, songeur. Teruyo-sensei avait donc des idées et des plans derrière la tête. Kisuke avait également le sens du drame et du théâtre en lui, comme il l'avait maintes fois démontré. Mais que Teruyo-sensei, d'habitude si sérieux et perfectionniste, lui fasse cette remarque... c'était que toutes les stratégies étaient posées sur table pour gagner le plus d'information possible, même des bluffs effrontés. Et que la moindre de ses décisions pouvaient l'être. Ou, pire encore, ne pas l'être. Après tout, il était membre du triumvirat. Il avait droit de décision du plus haut niveau à Iwa en l'absence de la Godaime. Kisuke allait donc naviguer dans une tempête et devoir louvoyer le plus habilement possible sans connaitre tous les paramètres de la situation.

Cela risquait d'être particulièrement amusant ! Il esquissa un sourire, tant bien même que son estomac se nouait dans un noeud presque solide. Son premier véritable test en tant que genin.

Kisuke entra donc à son tour dans la pièce, quelque peu soucieux et stressé malgré tout (point un surhomme, ce Kisuke). Le prisonnier était un guerrier bien bâtit, aux muscles saillants malgré l'inactivité d'une cellule et l'absence de photosynthèse. Un samourai, avait-on dit. Il ne connaissait que peu cette philosophie. Il attendit que Teruyo se mit en mouvement, et se présenta, avant de faire de même - bien qu'il fut un peu plus respectueux que le porteur de Yonbi dans le sens où il se courba avec politesse avant de prendre parole. Certaines habitudes de la branche secondaire avaient du mal à disparaitre.

Bonjour Monsieur Oushi, je suis Hyûga Kisuke, simple genin. J'espère que votre séjour n'est pas trop inconfortable.

Kisuke se releva avant de s'assoir à côté de Teruyo-sensei et de sortir son calepin pour prendre des notes. Certainement que cette incarcération était un minimum inconfortable. Et certainement que l'hôte n'était pas sans reste, mais Kisuke espérait réellement qu'ils avaient été traités humainement et qu'ils trouveraient ensemble une solution à cette situation. A la destruction et aux exécutions, il préférait nettement la collaboration.
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Narrateur
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Mar 16 Nov 2021 - 22:40
Le duo Tetsujin:

Il est de ces gens que l'on enfermait, pour les punir de leur mal et de leur fiel.

Mais en ce guerrier comme en son maître, il ne semblait rien y avoir de pénitentiel.

Et vous, la Roche, vous ne vous limitiez pas à leur égard et preniez votre temps alors qu'ils n'en avaient peut-être plus.

Au fond de sa geôle, Baba Oushi se dessinait un monde. Grâce à des chimères issues de pensées vagabondes. Bien loin de cette attitude immonde, dont se vantait l'abri des Shinobis de la Rocaille, en remplissant cette prison d'innocents pour laisser certainement libres d'autres malfaisants. Mais si le silence était devenu son berceau, devait-il pour autant se réjouir de ne pas avoir à subir un autre bourreau? Devait-il considérer une telle chance et les en remercier, de ne pas être laissés à l'abandon, là, sans eau ni nourriture, comme des chiens captifs des ombres et destinés à finir dévorés par les insectes et les vers? Sur ces murs se mouvaient des lueurs étrangères, pauvrement agitées par le feu qui courrait dans les entrailles des geôles pour éclairer les cellules. Allait-il finir par voir un autre ciel que ce sombre tableau, lui qui ne voulait pas s'éloigner à tout jamais de la lumière? Le Samouraï avait de solides épaules, pour supporter les écarts et le fourvoiement des autres. Si c'était elle qui lui avait tout appris, son maître allait-elle s'avérer aussi robuste et vaillante que ne l'était la montagne qui lui servait d'apprenti? Les inquiétudes, elles muèrent et s'entassèrent entre les chairs du combattant. Jusqu'à ce que les gardes ne pénètrent dans sa taule, pour lui mettre une chaise en évidence plutôt qu'un repas.

Ainsi eut-il pris place, avant même que vous ne vous occupâtes de descendre.

Et de vous présenter, non sans cette même audace sur laquelle il avait fulminé.

« ... »

Sa liberté arrachée, son honneur attaqué, voilà que vous lui manquiez de respect.

De manière volontaire ou peut-être sans le savoir, d'ailleurs.

« Le corps diplomatique, hein... Vous m'en verrez surpris d'en apprendre l'existence. »

Son dos se redressa de sorte à s'anoblir devant vous, les enfants de la Roche. Même assis, le lutteur au fourreau dépouillé savait s'imposer. Son armature de ferraille qui savait enfiévrer la tranquilité de la galerie, elle était comme sa seconde peau. [invisible_edit]Elle était comme une extension de lui et de sa prestance, qui contenait tant bien que mal toute sa fierté piquée et entachée. Un instant, les yeux du Samouraï s'échouèrent sur le signe de respect que lui avait témoigné celui au chapeau. Une empreinte relative d'éducation et un bien maigre espoir, depuis qu'il avait fermé les yeux sur les terres frontalières.

« Cet inconfortable séjour, vous dites? À moi, il me coûte une partie de mon honneur. Mais à vous... »

Le Samouraï marqua un temps de pause.

« Il pourrait vous coûter bien plus cher. Mon nom est Baba Oushi. Ce que vous pourriez faire pour moi? Me rendre mon maître et nous libérer sur le champ. »

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Miyamoto Teruyo
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Mer 17 Nov 2021 - 21:20

Assis sommairement sur cette simple chaise en bois quelque peu usée et bancale, les torches continuaient à éclairer tant bien que mal la pièce, le mouvement des flammes jouant de l’ombre sur les murs, créant ici et là diverses formes abstraites qui pourraient paraîtres monstrueuses pour notre jeunesse. En partie grâce à ces quelques éclairages de fortune, la chaleur qu’ils dégageaient ainsi que l’épaisseur des murs de roche de cette prison offraient aux résident une température somme toute agréable. En revanche, il était impossible d’éviter l’humidité remontant des profondeurs de la terre, laissant quelques moisissures dans les recoins et par moment, quelques relents olfactifs que, étrangement, j’affectionnais. Surement le souvenir de l’odeur d’une cave familiale.

Pendant ce même temps, le prisonnier semblait enclin à échanger avec nous, jouant les étonnés. Peut-être là un moyen comme un autre pour lui d’espérer trouver une certaine sympathie. C’était peine perdue. Le confort relatif dans lequel lui et celle qui l’accompagnait était n’avait pas pour vocation de leur faire plaisir, mais bel et bien de les traiter en humain.

« Bien sûr qu’il existe, au même titre que toutes les grandes nations. Je ne doute pas que vous-mêmes soyez diplomate d’une certaine manière. Après tout, vous reveniez de du Teikoku lorsque nous vous avons capturé. »

Ces mots étaient prononcés avec calme, sans jugement et encore moins avec la volonté de se vanter de la réussite de quoi que ce soit. Ce n’était là qu’un simple constat. Quant à la remarque sur l’Empire, si rien n’avait jamais été confirmé, les suspicions étaient grandes. Après tout, compte tenu de l’endroit où ils avaient été arrêtés et de leur cheminement et compte tenu du délai d’intervention et d’information que nous avions eu, la seule destination possible de leur part fut le pays du feu.

Réagissant à la remarque du Hyûga qui tentait de se montrer courtois, chose à la fois louable et futile, je renchéris par la suite.

« Mais à nous … seulement un peu d’eau et de nourriture. »

L’honneur était une chose importante pour les samouraïs, mais pour nous, simples shinobis, c’était tout autre. Le mot n’avait pas le même poids ni la même notion. Je n’en doutais pas un seul instant que les paroles ainsi prononcées seraient perçues comme irrespectueuses, mais le ton de la conversation devait être donné. Il était nécessaire que notre prisonnier comprenne qu’il n’avait rien à attendre de nous et que lui devait, au contraire, faire les bons choix pour que tout se passe pour le mieux.

« Vous n’êtes pas en mesure de nous menacez, vous le savez. Cette prison a été conçue de manière à maintenir en captivité des personnes qui pourraient nous balayer, vous et moi en même temps, d’un revers de la main. Quoi qu’il en soit, vous et moi savons pertinemment que nous ne pouvons vous libérer pour le moment. Cela ne dépend que d’une seule personne, et c’est vous. Il ne vous tient qu’à nous dire ce que vous faisiez au Teikoku et qui est ce Mamushi, ne serait-ce que pour commencer. J’ai bien d’autres questions, mais je préfère que nous discutions sereinement, alors autant ne pas vous submerger de questions Seigneur. »

La question était toute simple, pour autant, elle posait certaines bases importantes. Mentionner le Teikoku était une chose, mais donner le nom de leur compagnon de voyage qui n’avait pas fait le retour avec eux en était une autre. De même que nommer Baba Oushi de son titre seigneurial. Tout cela devait lui permettre de comprendre que nous avions déjà certaines informations, et bien plus qu’il ne pensait.


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Hyûga Kisuke
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Mer 17 Nov 2021 - 21:28
Le Samourai en face d'eux donnait l'impression d'être un chêne. Inflexible. Intraitable. Fort et grand, aussi.

Il parlait d'honneur.

Kisuke sentait que ce mot, dans la bouche de ce Baba Oushi, prenait une majuscule. Il parlait d'Honneur, une notion fondamentale au concept du Bushido - la doctrine du samourai - et native du pays du fer, bien entendu. Kisuke connaissait très très vaguement le concept, surtout depuis que la Godaime y avait ouvertement adhéré. On racontait beaucoup de choses sur ce petit bout de femme, mais le Hyûda ne la connaissait que trop mal et n'avait pas vraiment de point de référence sur ces concepts-là.

Aussi, le mieux était encore d'exprimer cela et de l'expliciter afin que la partie adverse sache que ce n'était pas une provocation de sa part, simplement une différence de culture.

Enfin, sans doute contrairement à Teruyo-sama qui avait une approche un peu plus confrontale. Bon shinobi, mauvais shinobi ?

J'avoue être peu versé dans la doctrine du Bushido et votre concept d'Honneur, bien que certains membres de ma famille étudie cela avec beaucoup d'intérêt et d'admiration. Si mes actions sont perçues comme manque de respect et heurte votre honneur, je m'en excuse, et je vous prie de mettre cela sur le compte de mon inexpérience ainsi que de ma maladresse à communiquer correctement avec quelqu'un de votre rang.

Il inclina sa tête, tout en posant sa main sur son chapeau pour ne pas le laisser tomber. Bien entendu, il ne parlait pas POUR Teruyo, seulement pour lui-même. Cela n'était pas sa place de prendre le dessus sur son sensei, et ce dernier n'était pas non plus insultant. Un peu piquant, tout au plus. Mais simplement il désirait... une autre ouverture au dialogue possible.

Puis Teruyo se décida à commencer à presser pour des informations. Kisuke laissa son supérieur parler et poser des questions. Directes. Droites au but. Peut-être trop directes. Personnellement, il voulait tenter une autre approche, et les deux étaient peut-être combinables.

Si Teruyo était la pierre, dur et solide, il serait la vase. Insidueuse et molle.

Kisuke manquait d'information, évidemment. Il n'avait pas participé à la mission d'origine dont le rapport était incomplet. Tout au plus savait-il que l'Homme en face de lui était un samourai, et qu'il comptait renverser la princesse de Tetsu (elle-même descendante d'un Shogun et donc légitime). Les Oushi n'étaient pas un clan dominant comme les Taira ou les Nagamasas. S'ils étaient un clan. Un peu de géopolitique pourrait aider à mettre la situation au clair.

Il attendit donc quelques instants, se permettant de voir si le Samourai allait répondre ou non à Teruyo. Puis, timidement, il refit une intervention de sa petite voix.

Si... je puis me permettre, Oushi-san. Je suis un partisan de la collaboration. Je mets un peu du mien, vous mettez un peu du vôtre, et ensemble nous pouvons travailler à une résolution qui satisfera tous les partis présents. Cela mérite le coup d'essayer, non ? Je pense que même si nous nous sommes réciproquement présenté, nous ne nous connaissons pas vraiment l'un l'autre. Sans doute est-ce pour cela que nous vous manquons de respect sans le vouloir. Et quoi de plus important dans notre identité que de parler de notre famille ? Pour ma part, je suis un modeste membre du clan Hyûga, comme je me suis présenté tantôt. Plus précisément, je fais partie de la branche secondaire du clan, et notre famille sert la branche principale. Le clan Hyûga est un des clans majeurs de Tsuchi, évidemment. Cela pourrait s'apparenter à une caste de noblesse guerrière. Pouvez-vous nous parler de votre famille ? Du clan... Oushi ? Je pense que de cette manière tant mon sensei que moi-même comprendront qui vous êtes et votre juste valeur.

Par ce petit stratagème, Kisuke essayait de mettre le Samourai à son niveau de communication et de compréhension tout en tendant la main sur un début de récoltes d'informations pertinentes.

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Sam 20 Nov 2021 - 20:41
Le duo Tetsujin:

Le Samouraï avait la tête dure. Entre lui et son maître, nul doute que les muscles lui appartenaient et faisaient de lui, a priori, le plus impétueux des deux. Ce mont de chairs que vous trouviez devant vous, vous sembliez comprendre sans tarder que l'honneur paraissait être ce lourd mot qui terrorisait ses cordes, cette brûlante idée qui terrassait ses pensées. Et les œillères qui l'empêchaient de voir plus loin que son honorable chemin, pétri par le respect et la chasse des serpents les plus vilains, vous pouviez les cerner plus facilement, même à travers le clair-obscur de cette cellule. Mais sa position, elle, vous n'arriviez même pas à la saisir. Du moins, vous ne cherchiez même pas à le faire ni à vous en inquiéter. Pas plus que vous ne preniez le soin d'amollir le cuir de ses préjugés pour mieux les faire tomber, afin d'obtenir peut-être de précieuses informations. Parce que du haut de vos confortables existences, parmi l'une des plus puissantes nations du monde Shinobi, vous vous complûtes dans votre foi tournée vers la prééminence de la Roche sur les autres. Même sur ses plus proches voisins. En descendant les escaliers de vos geôles, vous pensâtes déjà avoir la mainmise sur un trésor qui vous tendrait les bras.

À votre égard pourtant, ceux de l'enfant du Fer se voulaient bien croisés.

Baba Oushi était fier.

Mais loin d'être sot.

Surtout quand il se sentait menacé et pris de haut de la sorte.

Ces barreaux de fonte qu'ils se vantaient d'avoir, le guerrier ne les redoutait guère. Il ne leur accordait pas même un pauvre regard, alors qu'ils lui demeuraient délétères. Et qu'importe l'approche qu'il s'évertuait d'entretenir, au creux de cette situation presque délirante, les enfants de la Roche se révélaient être en chute libre dans l'estime de Baba Oushi. Les mots de l'Hyûga, il s'attendait à les accueillir et peut-être à s'en servir pour entrevoir l'état des choses sous la lumière d'un autre prisme. Mais malgré toutes les bonnes manières retranscrites dans son attitude et la décence portée par son discours, le natif du Fer ne put empêcher à ses traits de traduire sa profonde déception. Car si ces deux-là nourrissaient des caractères bien différents et menaient des réflexions presque aux antipodes, un constat amer investissait la cage de leur prisonnier. Hyûga Kisuke éclairait son appartenance à une caste de noblesse guerrière.

Une expression qui, répétée en boucle, lui fit serrer les dents.

« ...Quel noble guerrier rendrait donc prisonnier quiconque sur sa route et le menacerait de ne plus jamais lui rendre sa liberté, si ce n'est celle de manger et de s'abreuver, s'il ne coopère pas? Si celui qui se tient devant vous ne porte pas un digne nom ou mécène, n'aura-t-il donc aucune valeur à vos yeux? »

Cette sereine discussion voulue par Miyamoto Teruyo, il l'avait piétinée de lui-même en essayant dès le départ de mettre plus bas que terre l'une des personnes qui pouvait donner à sa nation un coup d'avance sur l'issue politique du Pays du Fer. Vous étiez peut-être trop fiers et, ipso facto, orgueilleux pour avoir mis la main sur cette délégation, au retour d'un voyage au Jade. Hélas, pour l'heure, vous n'étiez même pas capables d'en tirer profit sans cracher sur vos valeurs.

Ou peut-être n'en aviez-vous tout simplement pas?

Doucement, l'ébène se leva et attrapa de sa main un des barreaux qui le séparait d'eux. Et à l'intérieur de lui, la fureur de sa fierté joutait avec un autre mauvais pressentiment. Pendant qu'à votre dos, en haut des marches qui enterraient le Samouraï dans son cimetière de pierre, les ombres défilaient avec plus de vigueur et de précipitation sous le pas de la porte, de sorte à vous alerter un minimum sans créer trop de grabuge, tant l'isolement des geôles pesait sur vos épaules.

« Dites-moi, combattants de la Roche. N'avez-vous donc aucune dignité? »

Hier, la Roche avait connu la lâcheté de Taira Fugaku.

Aujourd'hui, elle goûtait à la dignité de Baba Oushi.

» Continuer l'interrogatoire de Baba Oushi En sachant que votre méthode actuelle ne semble pas porter ses fruits sur lui
» Monter à l'étage supérieur Pour voir ce qu'il s'y passe

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Miyamoto Teruyo
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Dim 21 Nov 2021 - 14:22

Soupirant, je baissais la tête, secouant légèrement la tête. Ce Baba Oushi, cet échange avec lui me rappelait la conversation que j’avais déjà eu avec une représentante de Tetsu, la Princesse elle-même lorsque nous avions cru la libérer mais que la réalité nous avait rattrapée. Le Fer n’était pas que la digne représentation de leur pays, leur esprit l’était tout autant, aussi solide et inflexible que le métal. Croisant à nouveau les doigts, les coudes posés sur les cuisses, la tête toujours baissée mais le regard relevé vers mon interlocuteur, je prenais la suite de la conversation.

« Premièrement, mon … pas si jeune élève que cela, devrait savoir qu’il ne sert à rien de jouer des bons sentiments avec vous. Vous avez été capturés et êtes enfermés depuis suffisamment longtemps. Si le copinage et les bons sentiments avaient votre faveur, nous aurions discuté ensemble depuis bien longtemps et de manière plus agréable … »

Bien que mon regard soit fixé sur le samouraï, aucun d’eux ne pouvait douter à qui était vraiment destiné les paroles que je venais de prononcer. J’attendais certaines choses de Kisuke et pour autant, il semblerait qu’il n’ait pas compris cela. C’était un bon exercice, mais il me faudrait être plus explicite pour la suite. La faute m’en incombait sans nul doute.

« … Quant à moi Seigneur Oushi, je ne suis pas un noble guerrier. Je ne suis qu’un simple shinobi parmi tant d’autres, issu d’une famille tout ce qu’il y a de plus normale en ce monde. Je respecte l’honneur qui vous habite, mais pour ma part je n’en ai aucun. »

Me redressant, je collais mon dos à la chaise avant de poursuivre du même ton sévère, mais calme que celui utilisé depuis le début de cette conversation, ton qui tranchait radicalement avec la jovialité qui m’habitait habituellement et qui pouvait surprendre ce qui me côtoyaient de près.

« La dignité est une chose importante, mais malheureusement pas dans cette situation, pas dans la votre en tout cas. Et pour vous répondre de manière franche, ne vous y trompez pas, vous avez de la valeur à nos yeux, la différence se jouera seulement sur votre voyage de retour. Préférez-vous le faire sur un cheval ou votre corps dans un parchemin ? »

Suite à ces paroles menaçantes, je me levais d’un trait, faisant un geste de la main à Kisuke l’invitant à sortir avec moi de la pièce. Sur le pas de la porte, je me retournais une dernière fois vers le samouraï.

« Vous devez surement l’avoir compris avec mes précédentes questions, mais je tiens tout de même à jouer franc jeux avec vous. C’est moi qui vous ais espionné sur votre retour du Teikoku. Je l’ai fait suffisamment longtemps pour connaitre la nature de votre projet « Seigneur ». Maintenant, le choix est votre. Répondre à nos questions ou ne pas le faire. Dans ce dernier cas, je serais contraint d’agir de manière tout ce qu’il y a de plus déshonorable. Je parle bien sur de votre mentor. Je vous laisse une heure pour réfléchir. »

« Seigneur », le terme avait volontairement accentué afin d’y mettre toute l’importance nécessaire, notamment quant au projet que les deux mentionnaient lors de leur capture. Une fois à distance raisonnable de la geôle et ne pouvant être entendu de Baba Oushi, je me tournais vers Kisuke, gardant ce ton sévère.

« Je m’attendais à ce genre de résistance. Toutes mes excuses pour cette remontrance, je pensais que tu avais saisi l’essence même de ta présence. Lors de nos entrainements et apprentissages, tu uses de ton byakugan à juste raison. Il doit en être de même ici. Si cela t’est possible même d’observer son rythme cardiaque. J’attends de toi que tu analyses toute sa gestuelle, tout ce que le corps dit mais que les paroles ne disent pas. Ces samouraïs sont de fiers guerriers, il ne sert à rien de les amadouer. »

Soufflant une nouvelle fois, plus à moi-même qu’envers le genin, je n’aimais pas la suite de ce qui allait se passer.

« J’ai besoin que tu te rendes à l’hôpital. Trouve le corps d’une vieille femme d’un âge similaire à celui de l’autre samouraï. Déterre un cadavre si nécessaire. Ce corps nous sera nécessaire pour la suite … sinon ce sera pire. Comme je l’ai dit au samouraï, tu as une heure. Hâte-toi. »

Sur ces paroles, je terminais de grimper les quelques marches avant d’arriver enfin à l’étage et d’interpeler l’un des gardes présents.

« Allez me chercher Yogiri, j’ai à lui parler. »

En attendant, me posant sur un banc en bois collé à un mur en pierre, je fouillais dans ma besace, en sortant un petit biscuit. Mâchouillant le gâteau, je constatais qu’il était sans gout. Pourtant, il était frais de ce matin. Cela faisait donc sens …


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Hyûga Kisuke
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Dim 21 Nov 2021 - 16:02
Le samourai était de fer, et ne pliait pas. Son sensei non plus. Les deux s'affrontaient mutuellement sur leur volonté, et il ne fallait pas être un chunin pour conclure que cette méthode n'allait mener à rien.

Kisuke écouta les réponses et les invectives de Teruyo-sensei. Il s'imposait comme être fort, dur, sévère. Peut-être trop. Des bons sentiments ? Il s'agissait simplement de dignité humaine et d'empathie. Menacer aussi directement des prisonniers de morts ? Kisuke ne pensait pas que cette approche fonctionnerait. Le samourai était trop fier. Mais sans doute était-cela, l'objectif de Teruyo. Faire passer un message d'une certaine façon.

C'était le jonin, il dirigeait cette mission, et Kisuke n'avait pas grand chose à décider. C'était apparent. Néanmoins, il prit une minute pour répondre aux accusations, tandis que son sensei s'enfuyait presque.

Seigneur Oushi, la justice s'applique à tous. Mais la noblesse impose que l'on réponde de ses actes, et non simplement de se plaindre de sa situation. Et si vous êtes ici, ce n'est pas parce que vous êtes innocents. Sauf si iwa à fait une erreur bien sûr - mais si votre honneur empêche de défendre votre propre honneur en expliquant la situation, alors je ne comprends pas ce concept. Et Iwa ne pourra qu'en conclure que vous avez quelque chose à cacher, et donc qu'ils ont bien entendu raison de vous traiter de la sorte. Je n'étais pas de ceux qui vous ont fait prisonnier, seigneur Oushi. Je ne peux répondre à cette question. La dignité m'impose de vous laisser au-moins ceci. C'est un peu d'alcool de cerise que j'ai fabriqué moi-même. Vous n'êtes pas obligé d'en boire, parce que je n'ai que ma parole pour vous promettre que ce n'est pas du poison. Je vous sommes néanmoins de bien réfléchir. Vous êtes jeune, ne jouez pas votre vie avec mon sensei.

Kisuke servit dans un bol en bois un peu de son excellent alcool de cerise, (enfin, d'après Daiki. Yanosa-san ne l'aimait guère) avant de le déposer à portée de main des barreaux. C'était un alcool fort bien que pas servit en quantité suffisante pour tuer sa raison et en faire une éponge. Cela étonnerait de toute manière que le samourai se laisse aller de cette manière. C'était néanmoins la dernière marque de bienséance que Kisuke fit, avant de se pencher et de le saluer respectueusement et de suivre son jeune sensei.

Qui commença par s'excuser de l'avoir remonté, avant d'expliquer ce qu'il attendait de Kisuke pour la suite. Le jonin semblait quelques peu surestimer les capacités du Byakugan. Ou alors était-ce le Hyûga qui sous-estimait ses propres compétences ? Enfin, s'il décidait d'avoir comme aide un secrétaire silencieux qui ne faisait rien, c'était son choix, et du coup, son ordre en tant que chef d'équipe.

Hmm, mon Byakugan voit les tenketsus et à une vision tour autour de lui. Observer le rythme cardiaque ou la respiration ? Analyser la gestuelle ? C'est... certainement trop évolué pour moi. Mais cela ne couterait pas grand chose à être utilisé et d'essayer.

Kisuke était assez déçu de cette demande, mais il le fut beaucoup plus à la demande d'après. Cela le révoltait à l'intérieur de lui-même, outre une certaine frustration d'être écarté du prochain interrogatoire (et de perdre ainsi une opportunité d'arriver à une collaboration).

C'est... vous êtes certain, Teruyo-sensei ? Une fois que vous utilisez cette cartouche, il n'y a pas de retour en arrière. C'est proche du concept de torture, et cela risque d'empêcher toute forme de communication - même si cela peut aussi fonctionner à côté. Je préfère ne pas me fier à des quitte-ou-double au possible. Peut-être que la femme pourra nous donner des indices que l'on pourrait exploiter ?

Mais cela avait été un ordre, et Kisuke se devait malheureusement d'obéir. Ce fut donc amèrement qu'il dit.

A vos ordre, sensei.

Kisuke s'en allait donc chercher un cadavre d'une femme au lieu d'être la voix de la raison du duo. Cela ne lui plaisait pas, comme méthodologie.
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Dim 28 Nov 2021 - 14:35
Le duo Tetsujin:

S'il n'avait rien de noble en tant que guerrier, Miyamoto Teruyo était au moins un homme honnête.

Néanmoins, la menace portée par sa langue restait sa seule arme.

Vous l'aviez pris pour un idiot, à lui remettre sous le nez le blason de votre corps diplomatique. Celui qui vous avait appris à gérer les relations de la Roche avec le monde et qui aurait dû vous servir à désamorcer une telle situation, avec bien plus de tactique. Pour autant, là, à deux pas de ces barreaux de fer qui enfermaient Baba Oushi, vous n'étiez même pas capables de vous séparer de toutes vos intimidations et de vos provocations. Des empreintes de pression qui, a contrario de vos espoirs pour dénicher de nouvelles informations, étaient plus proches d'horropiler le Samouraï que de l'apaiser. Plus qu'une perte de temps pour vous, c'était une potentielle collaboration tout juste naissante avec le Pays du Fer qui semblait se retrouver à en pâtir terriblement. Vous tentiez d'ores et déjà de le narguer en vue de semer en lui l'épouvante, en abattant sur ses épaules le funeste présage d'une mort imminente et d'un retour à ses terres natales sans vie, avec pour linceul les bras d'un parchemin. Ses limites, vous étiez tout bonnement en train de les écraser, de les froisser à force de jouer avec elles.

Jusqu'à les dépasser, impropres à vous satisfaire de fulminations sur lui qui n'avait rien laissé transparaître.

Et seulement bons à vous munir du chantage, en touchant à son maître.

La barre qu'il tenait, elle eut le malheur d'être à la merci de sa poigne à ce moment-là. Car sous les représailles des doigts de l'enfant du Fer, elle se mit à geindre et à se lamenter. Mais elle ne se brisa pas, sous la volonté de Baba Oushi qui, tant bien que mal, essayait de retenir les créatures de sa colère pour nourrir un semblant de paix en lui. Une paix qu'il n'avait pas voulu balayer, comme était en train de le faire sous ses yeux le village de la Roche. Ces shinobis, ils souhaitaient tout inspecter, tout contrôler et tout s'accaparer. Alors qu'ici-bas, de la lame de Baba Oushi jusqu'à sa liberté, rien ne leur appartenait. Rien ne leur revenait, à eux, qui n'étaient finalement que des étrangers. Sur les enfants du Fer, ils n'avaient aucun droit. Encore moins celui de faire d'eux leurs niches à savoir, sous le bâton de la menace.

Vous eûtes décidé de remonter à l'étage.

Non sans entendre les derniers murmures du Samouraï, qui maudissait vos réactions à la fermerture de sa cellule.

« ...Je vous réduirai tous en pièces pour avoir osé toucher à un seul de ses cheveux. »

Persécuter la bête pour mieux la dresser.

C'était la voie que vous veniez tout juste de choisir, sous l'impulsion des ordres de Miyamoto Teruyo. Car qui de mieux placé qu'un Jinchûriki, pour chercher à autant asservir quelqu'un et le museler jusqu'à le rendre totalement fou? L'un de vous était en route pour votre morgue. L'autre attendait celui qui semblait en revenir, tant son allure morbide avait creusé une réputation dans la pierre de ces geôles. Mais...

Silence.

Car avant, le Singe d'Iwa put entendre les remous d'une altercation grimpant des profondeurs, d'où un blameur eut vite fait de saisir le col de son camarade pour le coller au mur, une fois la dernière marche surmontée.

« ...-tu dans la tête, sombre crétin?!
Je suis désolé, je pensais qu'elle allait bien! Jusqu'à hier matin encore, son assiet-...
Regarde où cela nous mène. Elle est à deux doigts d'y passer. Ils vont être fous de rage, là-haut! Tu comprends ce que ton erreur va nous coûter? C'était de ta responsabilité de surveiller son état. Mais tu n'as été bon qu'à écouter les plaisanteries de cette vieille dame, dès le premier jour. »

Le visage de l'anathème se peignit de regret, pendant que celui de son vitupérateur accordait enfin de l'attention au membre du Triumvirat. Irrité, il relâcha son équipier et rajusta sa propre veste, avant d'approcher Miyamoto Teruyo sous les loupiotes du couloir qui en couronnait tant d'autres. Quelques gardes fourmillaient, sous l'écho d'une telle nouvelle. Mais ce garde-là, il s'arrêta devant le banc, s'inclina et porta un regard sur l'énorme porte de bois derrière laquelle croupissait le plus grand des deux prisonniers du Fer. Il plissa les yeux et parla.

« Dairiseki, garde responsable de l'étage inférieur. La situation de cette prisonnière qui devait être interrogée par vos soins est critique. Si mes hommes la surveillent, il va falloir trouver un moyen d'assurer sa survie ou nous allons la perdre. J'ignore l'origine de son mal, mais il est certain que son isolement n'a fait que l'aggraver. Que devons-nous faire, Teruyo-sama? Devons-nous l'aider? Ou bien doit-on la laisser mour-... »

Des bruits de pas l'empêchèrent de terminer la noirceur de son propos.

Yogiri:

« Soixante-et-un battements. Apaisé à mille pieds sous terre, je le suis. Mais ne supportent pas d'oublier la lumière et la chaleur du soleil, ils se comptent par milliers, rien que dans ce pays. La mort, la plupart des Hommes la préfèrent plutôt qu'à la vie et à l'évolution dans les abîmes de ce monde. Si cette ancienne doit vivre ou mourir, je ne sais. Si vous faites bonne ou fausse route, je ne sais. Elle et sa souffrance, j'ai tout entendu à travers la pierre. L'eau, ses poumons la respirent plutôt que l'air. Mais seule à être tourmentée, elle ne l'est assurément pas. »

Glaciale et caverneuse, la voix de Yogiri résonnait contre sa plus belle amie, la pierre. Le visage décharné, les traits livides et les pupilles mortes. Il ne voyait pas même la chevelure la plus flamboyante de votre prison, qui se tenait assise devant lui. Et pourtant, ses yeux semblaient bel et bien portés sur ce Miyamoto Teruyo, à qui revenait tout le poids de la décision. Toutefois, près de lui, persistait encore une odeur plus douce et tempérée. Son origine, Hyûga Kisuke, s'était absentée pour rejoindre le royaume des morts, mais sa force bataillait dans celui des vivants. Elle savait investir les narines de Yogiri. Dans cette tâche, le Jônin ne semblait pas mal accompagné, visiblement.

Pris à votre propre jeu, vous déteniez peut-être le point faible des enfants du Fer pour de bon : leur attachement l'un à l'autre. Et vous aviez leur avenir entre vos mains. Mais sauriez-vous l'exploiter à bon escient, plutôt que de le détruire?

» Prodiguer des soins à Hatakeyama Kasasagi En la transportant à l'hôpital ou en faisant venir une équipe depuis là-bas
» La laisser s'éteindre En vous reposant uniquement sur votre stratégie sur son disciple et en continuant son interrogatoire

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Miyamoto Teruyo
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Mer 1 Déc 2021 - 21:14

Concentré sur la suite des évènements qui devaient se produire, espérant devoir opter pour la solution la moins radicale, j’avais mon esprit focalisé sur la voix que je me décidais à emprunter, quelque chose qui ne me correspondait pas, mais qui, dans les circonstances actuelles, me semblait légitime et nécessaire. Dès lors, il me fallut quelques instants pour que mon esprit se détourne de mes pensées et se tournes vers l’émulation qui se déroulait à proximité. La violente altercation entre les deux gardes aurait pu être anodine, malheureusement, en écoutant plus attentivement les deux protagonistes, il s’avérait que le sujet de dispute concernait directement la mission dont j’avais la charge à ce jour.

« QUOI ? » hurlais-je, empreint d’une certaine fureur.

D’un bond, je m’approchais des deux protagonistes, le regard sévère porté sur chacun d’eux, m’attardant sur celui qui semblait être le fautif dans l’histoire. La colère qui m’habitait devait sans aucun doute se lire sur mon visage d’habitude si amical, le premier garde s’empressant de me faire un rapport complet sur la situation.

Ce n’était pas bon. L’objectif initial était d’interroger la seconde samouraï et de se servir d’elle pour inciter Baba Oushi à parler. Morte elle perdait la moitié de sa valeur, et ce qu’il me resterait d’elle ne serait pas la meilleure moitié. Le temps défilait et les évènements s’enchainant, voilà que le gardien en chef des lieux faisait son entrée en scène, égal à lui-même et toujours incompréhensible pour les néophytes. Il m’avait fallu du temps pour appréhender ses paroles et encore aujourd’hui, je ne saurais garantir l’exactitude de ses propos.

Le regard interrogateur vers celui qui ne pouvait me voir, je n’avais pourtant aucun doute qu’il savait parfaitement où regarder et surtout quand il le fallait. Quant à Kisuke, il fit finalement son retour plus rapidement que je l’aurais imaginé, largement essoufflé par la tâche.

« Yogiri ! Pourquoi n’as-tu rien dit sur son état si tu t’en étais rendu compte ? J’ai demandé à ce que ces deux prisonniers soient correctement traités. Avais-je donc besoin de préciser que leur santé était importante ? Quoi qu’il en soit, le mal est fait. Toi ! »

Ces dernières paroles adressées à Dairiseki, ce dernier sembla m’écouter avec attention, presque au garde à vous.

« Va chercher un eiseinin tout de suite, il lui faut des soins rapidement. Kisuke ! Vois ce que tu peux faire, si tu peux stabiliser son état ou l’aider d’une manière où d’une autre en attendant l’arrivée de l’équipe médicale. »

Me tournant vers le shinobi fautif, je fulminais quelque peu.

« Quant à toi ! Tu vas me dire tout ce qu’il s’est passé et tout ce que vous vous êtes dit, tout ce qu’elle t’a raconté et sans omettre le moindre détail ! Suis-je clair ? »

Mais les réponses que je cherchais ne devaient pas venir seulement de ce planton qui s’était planté. Reportant une nouvelle fois mon attention vers le geôlier des lieux, ses paroles énigmatiques laissaient sous-entendre plusieurs choses.

« Tu disais entendre ses tourments, l’eau dans ses poumons. Mais ce qui m’intéresse, c’est que tu affirmes qu’elle n’était pas la seule à être tourmentée. De qui et de quoi parles-tu ? »

Attendant tout un tas de réponses de la part des uns et des autres, malgré le retour du Hyuga, la question de la trouvaille d’un cadavre ne fut pas encore abordée. Après tout, il y avait plus urgent à régler pour l’heure.


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Hyûga Kisuke
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Mer 1 Déc 2021 - 21:54
J'ai besoin d'un cadavre dans la morgue tout de suite.

Kisuke s'était tapé un sprint légendaire à travers de tout le village, puis usant de l'autorité de son sensei, était arrivé en un seul morceau à la morgue. C'était déjà un miracle. Il sélectionna un cadavre d'une vieille dame, de taille et de stature similaire, si ce n'était sa musculature plus faible. On ne pouvait pas tout avoir. Il demanda à ce qu'on la scelle dans un parchemin avant de se taper tout le trajet inverse, rythmé par des divers "j'aurais du me mettre au régime" "saluez tous mes amis pour moi" "j'aurais pas du sécher les cours de gym" "ce gars nous flanque des fois" "Et s'il voyait la fille en moi ?"

Transpirant, haletant, toussant presque ses poumons, Kisuke arrivant enfin à destination quand une voix féroce trancha quelques discussions comme un couteau dans du beurre. L'heure n'était pas à raconter sa derrière blague qu'il avait passé l'âge de courrir derrière des jaguar de cet âge là. Cette blague devenait périmée à chaque seconde qui passait. Un aveugle - ou alors un Hyûga très très sale - fit part de son diagnostique. De l'eau dans les poumons.

Ses poumons respirent de l'eau ? Oedème pulmonaire alors. Je ne vois pas où elle se serait noyée dans le coin. Surelevez tout de suite sa tête et son thorax, en position latérale - la tête doit être oxygénée le plus longtemps possible.

Teruyo envoyait faire chercher un eisenin, ce qui était sage. Kisuke, pour sa part, se dirigea dans la cellule pour donner les premiers secours.

Kisuke examina son visage, en activant le Byakugan. Avait-elle déjà les lèvres bleues par le manque d'oxygène ? Est-ce qu'elle respirait ? Il tenta de prendre son pouls, de voir si son coeur battait lentement ou, au contraire, rapidement. Un coeur rapide dans ces conditions était particulièrement mauvais. Un coeur lent... était sensiblement mieux, même si cela ne résolvait pas le problème. Il fallait absolument que le cerveau reste alimenté le plus longtemps possible. Voyait-il quelque chose avec ses prunelles qui lui semblaient une fois de plus bien inutiles ?

Il lui aurait fallut un diurétique, pour éliminer l'excès d'eau de son système sanguin, et faire le phénomène d'osmose réguler par soi-même l'équilibration d'eau vers le sang. Il y avait sans doute d'autres choses possibles, mais il ne les avait pas en tête. Il posa une question, à tout hasard.

Personne n'a un médicament contre la constipation ici ? Cela pourrait lui faire gagner du temps. Rien que je ne puisse faire - à part examiner au Byakugan dans le maigre espoir que l'origine soit chakratique. Cela demande une intervention d'urgence. C'est ta décision, Teruyo. Je ne me bats que pour les enfants et les innocents, et elle n'est ni l'un ni l'autre. Stratégiquement parlant, par contre, elle ne pourra être source d'informations.

Puis de revenir à ce que disait les gardes. La vieille femme avait été loquace. Peut-être que voila là source de renseignement à tirer. Tirer le mieux de la situation, même s'il ne stressait pas outre mesure.

Sur quoi plaisantait-elle ? De quoi parlait-elle ?

Kisuke se mit à inspecter la pièce avec tous ses sens. Il cherchait s'il y avait une odeur caractéristique à un éventuel poison qui pourrait causer ces symptômes, comme du chlore par exemple. Néanmoins... il n'était pas capable de soigner ce genre de poison non plus, étant encore en phase d'apprentissage. Cela faisait déjà son deuxième manquement dans sa panoplie d'alchimiste. Ou peut-être... Un poison dans le repas ?
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Sam 4 Déc 2021 - 21:00
Le duo Tetsujin:

« Tourmentée. Dans un sens, ne l'êtes-vous pas, tous? Derrière les barreaux il se tient, ce Samouraï qui, pour son aînée, s'inquiète. Face à moi il se tient aussi, cet homme qui, s'il faut bien les traiter ou non, il ignore. Des méthodes, chaque Homme a les siennes pour en faire céder un autre. Entre les murs que je garde, bien traitée elle a été. Mais le vieil âge, comme le tonnerre qui résonne parfois dans ces grottes, il gronde. Et parfois, avec lui... »[invisible_edit]

Yogiri releva son visage, à travers ses mèches blanchies par le temps.

« ...l'odeur de la mort s'exacerbe. »

La crainte.

Celle de voir s'échapper vos chances d'obtenir d'amples informations.

Elle vint vous mordre, tour à tour.

Si bien que Dairiseki ne perdit pas une seconde pour gagner l'étage supérieur et répondre à l'ordre donné par le membre du Triumvirat, afin d'aller demander l'aide des sages du corps humain et de ses maux. Pendant que son camarade, qu'il avait admonesté un peu plus tôt, n'arrivait pas à se délivrer de sa torpeur. Bouleversé par les conséquences de son évagation, il n'arrivait même pas à délivrer son identité et encore moins à retrouver le fil de tous ses souvenirs depuis l'arrivée de la vieille dame dans les geôles de la Roche. Ses lèvres, elles se pincèrent, se relâchèrent dans d'interminables rictus qui le fatiguèrent, mais qu'il demeurait impuissant à faire cesser. Sous la pression de Miyamoto Teruyo, il essaya de rapprocher les bribes de ses souvenirs les plus impactants et de chercher ses mots, malgré ceux du Gardien des Profondeurs. En vain. Parce que la seule idée de voir cette femme mourir par son ignorance le terrorisait, le pétrifiait tant il regrettait déjà d'avoir sa perte sur la conscience.

« Je... je... je ne sais p... plus... Des blagues, que des blagues et d'autres blagues sur des cailloux... Elle me disait que j'étais un petit gravier parmi tous les autres au Pays des cailloux, mais que j'étais loin d'être abrupt ou tranchant. J'étais rond et conciliant. S'il-vous-plaît, ce n'est pas quelqu'un qui mérite de croupir ici... croyez-moi! En dépit de sa privation de liberté, elle avait toujours ce sourire. Pitié... je ne veux pas qu'elle parte comme cela... »

Le garde s'écroula et, de ses genoux, cogna le roc du couloir.

Pendant que celui de la cellule recevait ceux de Hyûga Kisuke, poussé par la hâte à rendre compte de l'état de la prisonnière d'un âge avancé. C'était une personne de petites taille et corpulence, au visage émacié et aux mains à la peau si transparente qu'elle laissait saillir de grosses veines bleues. Cette vue sur le plafond de rocaille continuait de la plonger dans un spleen où se débattaient bien des questions, entre deux de ses douloureuses respirations. Où l'attendaient ses gants, qui l'empêchaient d'avoir froid? Vers quel endroit étranger allait-elle être conduite, encore une fois? Mais surtout, où était Baba Oushi, sa plus fidèle poigne qui maniait la lame qu'elle n'arrivait même plus à tenir? Dans sa tête, tout se bousculait. Dans son poitrail, sous se noyait. Son épiderme était glacé et pâle. Mais ses vêtements se voulaient assez humides pour avoir épongé sa fièvre. Son phrasé avait du mal à sortir et son inspiration se voulait criarde et perçante, tant ses alvéoles se tendaient sous l'infection.

« ...Kffh... khf... je... Je suis morte? Déjà... »

La voix de Hatakeyama Kasasagi était âpre et cassée sous le ton de l'humour, s'alliant parfaitement à son ancienneté. Mais son souffle était trop aigu pour ne pas s'en inquiéter. Et ses paupières ridées s'ouvrirent.

« Si j'avais su qu'un bel homme aurait bien fini par venir chercher ma carcasse dans ce trou à rats... Mon élève, si tu étais... là, tu n'en croirais pas tes yeux... »

Vous pûtes remarquer son état grave, à l'article de la mort, comme vous pûtes entendre le moment d'après plusieurs bruits de pas. Des infirmiers avaient rappliqué, en compagnie d'une civière. L'un d'eux s'enquit de la situation et récupéra les premiers signes d'une pneumonie aigue. Il donna toutes les indications nécessaires à ses collègues et prit en charge la vieille femme.

...

Plusieurs minutes s'écoulèrent avant que Dairiseki ne revienne, après avoir accompagné le corps médical.

« Une pneumonie. Couplée à son âge, nous aurions pu la perdre si nous n'avions pas agi aujourd'hui. Selon eux, elle devrait survivre. Mais il lui faudra tout de même quelques jours de repos, m'a-t-on dit. Qu'allez-vous faire? Allez-vous reprendre l'interrogatoire de Baba Oushi? Peut-être faudrait-il le lui dire même si je crains que cela n'arrange ni son cas ni l'issue de votre mission. »

Son aînée risquait de mourir, sûrement à cause de son séjour dans les Profondeurs d'Iwa.

Apprendre cet événement ne ferait que le mettre davantage en rogne.

Ou bien pouvait-il peut-être vous servir à vous rapprocher de lui?

» Reprendre de suite l'interrogatoire de Baba Oushi Pour avoir au plus vite des informations, au risque de le froisser
» Attendre quelques jours avant de retenter Pour revoir vos arguments, au risque de prendre plus de temps

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Miyamoto Teruyo
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Dim 5 Déc 2021 - 14:53

Si j’avais demandé à Kisuke de venir, c’était pour de bonnes raisons. En revanche, je ne m’attendais nullement à avoir besoin de ses quelques connaissances médicales. Heureusement, grâce à lui et ses conseils, aussi farfelus soient-ils pour certains, le genin avait su faire en sorte de maintenir l’état de santé de notre prisonnière suffisamment stable jusqu’à l’arrivée de l’équipe médicale qui pouvait enfin prendre le relais et assurer la survie de la vieille samouraï.

Mais pour l’heure, seulement deux choses m’importaient. Les échanges que l’ancienne mourante avait pu avoir avec ce garde incapable et ce qu’avait pu apprendre Yogiri, lui qui d’ordinaire était à l’affut de tout ce qui se passait dans son minuscule royaume. Pour autant, non sans une certaine déception, aucune des deux ne sembla apporter une quelconque once d’information utile pouvant nous aider à accomplir notre mission.

Le gardien des lieux en premier. Fidèle à son poste et à ses convictions. Il faisait son travail de manière admirable, mais sans le connaitre davantage, j’avais le sentiment qu’il effectuait ce qu’on lui demander sans réellement chercher à lire entre les lignes. Efficace certes, mais il pourrait être bien meilleure. Seulement, cette situation semblait lui convenir et lui offrir un environnement qui lui correspondait. En revanche, s’il y en avait bien un qui naviguait dans des eaux pour lequel il n’était pas fait, c’était l’autre garde qui avait fait preuve d’un manque flagrant de professionnalisme et de discernement. Une histoire de cailloux. Et dire que ce shinobi ne comprenait même pas les sous-entendus. Si dans d’autres circonstances, j’aurais pu passer outre ce comportement, dans le cas présent, c’était impossible, encore plus lorsque les dernières paroles de ce planton parvinrent à mes oreilles.

A cet instant, une once de colère balaya mon visage. Prenant quelques secondes pour agir avec le plus de neutralité possible, je me tournais alors vers celui qui demandait tant de clémence.

« Tu as échoué dans la mission qui était la tienne. Cet échec met aujourd’hui en péril la mission qui est la mienne. Dès demain tu seras affecté à une autre fonction, tu ne seras plus gardien de cette prison. Le sentimentalisme et copinage n’ont pas leur place ici. Les enjeux concernant nos prisonniers sont trop importants pour qu’on puisse se permettre ce genre de comportement. »

Quant au second garde qui revenait, ses paroles étaient plus rassurantes. Compte tenu de ce que j’avais entendu, le destin de la tetsujin ne m’importait pas réellement. Pour autant, sa mort prématurée n’allait pas dans le sens de ce que j’avais à faire et comme certains le rappelaient, elle était une source d’information potentielle à ne pas négliger. Remerciant ce Dairiseki pour son action, je profitais de la situation pour le renvoyer surveiller la prisonnière.

« Un sceau médical bien placé et la vieille femme pourrait être soignée rapidement et en profiter pour agir. Avant que cela n’arrive et en prévision, tu vas continuer à la surveiller. Un de mes clones va t’accompagner et placera sur elle un sceau qui sera en mesure de la restreindre. »

Mon double et le garde sur le départ, ne restait dans la pièce que peu de monde. Remerciant au passage Yogiri pour son travail, à ma demande, seul Kisuke et moi restaient dans la pièce.

« As-tu réussi à trouver ce que je t’ai demandé ? Je suppose que tu as dû réfléchir à ce qu’allait donner la suite de nos interrogatoires. Comprends-tu la manière dont risque de tourner les choses ? Je ne t’obligerai pas à suivre cette voie si tu ne le souhaite pas. Mon désir n’est pas d’en arriver là non plus, mais compte tenu du personnage et de son tempérament, à mon que tu ne me propose une alternative meilleure, il est temps de poursuivre l’interrogatoire de Baba Oushi. »

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Dim 5 Déc 2021 - 20:40
Teruyo prenait les rênes de la situations, et le faisait efficacement. C'était logique, de par son rang et sa position, mais il était agréable de voir quelqu'un de responsable bien faire son travail. Après ses gestes de premiers secours, la vie de la prisonnière n'était plus en danger de mort. Cela rassura Kisuke même si, il fallait être honnête, il ne ressentait pas autant d'altruisme pour une vieille momie corrompue que pour des jeunes shinobis ou samourai dans la fleur de l'âge. Pour autant, il était content qu'une source d'information supplémentaires s'ouvraient à eux, potentiellement avec un peu de reconnaissance, même si le délai de récupération était problématique.

L'attitude du garde était... difficile à digérer. Mais Kisuke ne s'attardait pas sur les mêmes détails que son sensei. "Ce n'était pas quelqu'un qui méritait de croupir ici". Cette phrase, elle tournait dans sa tête encore et encore. On parlait pourtant d'une terroriste qui voulait renverser un gouvernement et relancer une guerre civile. Il s'approcha de son sensei et lui murmura à l'oreille, à l'abris de l'attention des autres (sauf peut-être du gardien des profondeurs).

Bonne idée de la garder sous restriction. je ferais aussi surveiller ce garde. Il a l'air... trop impliqué. Je ne peux m'empêcher de voir en lui un risque de la faire libérer. Peut-être a-t-elle usé de techniques ou d'artifices sur lui pour l'amadouer.

Ils étaient à présent seuls dans la pièce. Le jinchuriku lui demanda s'il avait ce qu'il avait demandé.

Kisuke soupira, avant de donner le sceau avec le cadavre à Teruyo. La situation ne lui convenait pas. Il comprenait parfaitement les sous-entendu de son sensei. La discussion ne donnait rien selon lui, et il allait pousser pour des manières plus expéditives.

Oui, le gars de la morgue m'a donné ça dans un sceau, même si je ne suis pas foncièrement propice à cette façon d'interrogation. Tu vas le mettre au pied du mur, en territoire inconnu, avec son seul repère mort. Son seul repère autre que sa doctrine. Il va s'y réfugier et s'y tenir, malgré la douleur. Il va refuser la réalité. On perdra tout. Non, pour moi le meilleur angle d'angle serait la vanité, de lui faire expliquer pourquoi nous lui devont autant de respect et de déférence. Et cela à l'avantage de ne pas nécessiter de décision à conséquences permanentes - d'autant plus que de torturer un Tetsujin ne sera peut-être pas bien vue en terme diplomatique, tout criminel qu'il soit.

Mais il se plierait à la volonté de son sensei, par respect de la hiérarchie et sans doute aussi parce qu'il n'avait aucune assurance que sa façon de faire était la meilleure. Si seulement il avait un peu plus d'expérience dans ses préparations, ou dans sa sensorialité. Il était relégué à faire ce qu'un genin pouvait faire de mieux. Ecouter, observer, obéir. Il activa son Byakugan sur le chemin de la cellule.
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Narrateur
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Dim 12 Déc 2021 - 0:48
Le duo Tetsujin:

Laisser la vieille femme dans sa cellule, même médicalisée, voilà quel avait été votre choix.

Vous comptiez vous reposer sur une guérison prompt et efficace.

Mais tous vos infirmiers n'étaient pas Chiwa Aimi de la Roche, la ninja-médecin qui avait forgé sa réputation sur vos terres et bien au-delà encore. Non. Ils n'étaient pas tous des médecins reconnus à travers le monde, pour soigner mille et un maux en un clignement de paupières. Et pour cause, l'hôpital de votre village demeurait le meilleur des abris pour accueillir les blessés, les déliquescents et les mourants. Ceux qui, en déclinant, avaient besoin d'un repos bien mérité afin de mieux s'en relever ou s'écrouler. Ces assistants du corps médical, ils pouvaient réaliser maintes prouesses en faisant stagner un état de santé en train de s'aggraver. Mais jamais, loin de leurs meilleurs outils de métal ou de chairs, ils ne pourraient parvenir à remettre sur pied un individu qui menaçait de craquer. Même sous les ordres les plus stricts et les plus fermes, les avancées de l'humanité ne savaient cacher ces terribles et profondes failles que le chakra et ses génies savaient si bien gommer, d'habitude. Si bien qu'en l'absence de l'un d'eux à vos côtés, votre décision de ne pas envoyer l'ancêtre du Fer sur l'un des lits de votre hospice pouvait s'avérer particulièrement fatale. Ce sceau médical qui devait rétablir l'aînée en un clin d'œil... vous pouviez d'ores et déjà l'oublier. Puisque seuls des soins trop précaires étaient à la portée d'une équipe médicale coincée dans les profondeurs d'Iwa.

Un soigneur délaissa un regard gêné sur le sceau d'immobilisation déposé par Miyamoto Teruyo sur cette personne âgée. Les autres, ils n'osèrent même pas se retourner, lorsque le garde en tort fut renvoyé.

De ses mains d'homme mais douces, l'infirmier en chef usa de son énergie de jade pour apaiser le mal de la prisonnière. Les meilleures dispositions possibles dans des circonstances aussi peu évidentes, il les avait prises sans hésiter afin d'éviter que son souffle de vie ne finisse par leur échapper. Car celui qui détenait la vocation de sauver la vie d'autrui ne pouvait s'arrêter à l'étiquette de criminel. Ses paumes en devinrent moites et ses tempes humides, tant la maintenir en vie dans cette cellule lui parut chose insurmontable. Mais s'il fallait y passer des heures pour au moins la garder éveillée et éloignée de la mort, ils se relayeraient. Ils affronteraient, avec l'espoir que les missionnaires de la Roche mettent enfin un terme à cette situation. Avec l'espoir que l'interrogatoire de Baba Oushi porte finalement ses fruits et préserve son maître de ces froids et morbides murs.

« Je ne comprends pas... Depuis quand suis-je ici? S'il-vous-plaît, Baba... ou est-...
Évitez de parler et tout ira bien.
»

Mais envers un hôpital, des geôles ne pourraient pas lui permettre de guérir. Dans une situation précaire, nulle chance que la dame se rétablisse au plus vite. Au contraire, son état de santé ne ferait que stagner, si ce n'est s'aggraver. Tel était le résultat de votre acharnement à ne pas lui donner accès à votre refuge de soins. Si bien que votre prévention afin de l'immobiliser de manière temporaire ne trouvait plus de sens, pour cette femme que la mort guettait de manière définitive.

***

Pendant ce temps, vos pas résonnaient sur la pierre du couloir.

Celui qui vous ramènerait aux prémices de votre mission, devant la porte du cachot de Baba Oushi.

Vous étiez déjà en train de descendre les marches de sa cellule en vue de rejoindre le battement de lumière qui se donnait en spectacle devant ses barreaux. Assis sur le bord de son lit, les phalanges déjà blanchies, Baba Oushi porta ses yeux sur votre nouvelle apparition. Des yeux mauvais qui dévoraient la germe de son anxiété déjà bien entamée, surplombés de ses sourcils broussailleux. De la tête aux pieds, il vous analysa et décrypta pour chercher la moindre trace de sang, la moindre empreinte de culpabilité. Vous en vouloir pour votre audace de le menacer à travers son propre maître, il le faisait déjà. Mais maintenant, qu'alliez-vous faire?

Quelle stratégie comptiez-vous adopter pour de bon, devant cet homme bouffé par une rancune déjà bien visible?
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Miyamoto Teruyo
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Dim 12 Déc 2021 - 13:01

Le clone à l’étage était là par précaution. Son rôle était simple. Déclencher le sceau d’immobilisation si cela s’avérait nécessaire, et disparaitre pour transmettre une information quelconque à l’original. Pour autant, il y avait une troisième option puisque les ordres initiaux ne semblaient pas avoir été compris. Alors que les eiseinins s’afféraient à soigner tant bien que mal la samouraïs, ces derniers ne semblaient pas enclins à bouger d’ici pour une raison qui lui échappait totalement. S’adressant alors à l’un des soigneurs, le doppelgänger intima quelques ordres à l’équipe médicale.

« Mais ? Vous attendez quoi pour l’amener à l’hôpital ? C’est quoi le rafistolage que vous comptez faire ici ? Et votre civière ? C’est pour décorer ? Dépêchez-vous de l’amener à Harumi ou à n’importe qui, mais dépêchez-vous ! Depuis quand on soigne les gens dans l’environnement même qui les rend malade ? »

Le clone semblait quelque peu ahuri par la situation qui se présentait devant ses yeux. Il prenait sur lui de ne pas lever le ton de sa voix, estimant que ses ordres initiaux n’étaient pas suffisamment clairs pour êtres appliqués comme l’original l’aurait souhaité. De cette manière, le double escomptait que les choses avancent et suivrait la prisonnière, où qu’elle soit, prêt à agir, sans parler de Dairiseki qui avait lui aussi ordre de surveiller la vieille samouraï.

Dans un temps similaire mais un lieu différemment proche, une autre scène se déroulait.

Kisuke exprimait ouvertement sa crainte concernant ce garde qui n’avait pas l’étoffe pour l’être. Si effectivement, je pensais qu’il n’avait rien à faire en ces lieux compte tenu de ce qui venait de se passait, de mon côté, je doutais des craintes exprimées par le pharmacologue.

« Le garde sera réaffecté à quelque chose où son côté fleur bleu ne sera pas problématique. En revanche, je doute qu’il tente quoi que ce soit. Après tout, il a bien vu que nous apportions des soins à la samouraï. Qui plus est, Dairiseki et mon clone sont là. Une fois à l’hôpital, la vieille sera gardée par une équipe dont ce sera la mission, je doute qu’il laisse faire quelque chose qui aille à l’encontre des intérêts que nous avons pour notre prisonnière. »

A mes yeux, le problème n’était pas là. Au pire, le gardien trop sensible n’était qu’un caillou dans une sandale, une petite gêne passagère. Le plus important et le plus complexe restait la suite. Il fallait que Baba Oushi parle, quelles qu’en soient les méthodes, même si pour certaines d’entre elles, cela serait une frontière à franchir que je ne souhaitais nullement réaliser. Finalement, avant d’entamer la suite de nos échanges avec le samouraï, Kisuke m’assura avoir obtenu ce que je demandais lors qu’il me tendit le rouleau tout en me donnant son point de vue sur la situation que j’écoutais avec grande attention.

« Torturer un tetsujin serait mal perçu d’un point de vue diplomatique ? Et qui serait au courant de cette situation pour en parler aux autorités du Fer ? Nos sources d’informations sont fiables et sécurisées, seuls les résultats exprimés sont importants. Dans cette optique, Tetsu ne saurait dire d’où proviennent nos informations. Quoi qu’il en soit, je comprends ta position sur son honneur. C’est un levier sur lequel appuyé, même si je doute qu’il fonctionne vu le tempérament du personnage. En revanche, tu te trompes sur une chose, sa doctrine ne saurait être un repère pour lui en cela que cela aussi lui sera enlevé si nécessaire. Nous lui avons laissé le temps de réfléchir, à lui d’être raisonnable et d’accepter de livrer les informations qu’il sait. »

Sur ces paroles, remettant le rouleau dans ma besace, nous approchions de la cellule. Cependant, avant d’entrer dans une nouvelle phase d’interrogation et avant de pénétrer dans la pièce où nous attendait notre prisonnier, je me tournais vers le genin.

« Et cette fois, inutile de tenter le copinage, cela n’a rien mené tout à l’heure, je doute que cela mène à quelque chose cette fois. »

Une fois dans la pièce, rien n’avait changé, sans surprise. Le prisonnier était toujours là ainsi que la chaise sur laquelle je m’étais assise tout à l’heure. Reprenant ma position devant les barreaux, j’entamais la suite des négociations de manière fort simple.

« Bien. Cela fait une heure. Avez-vous pris une décision ? Souhaitez-vous répondre à nos questions ? »


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Hyûga Kisuke
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Lun 13 Déc 2021 - 22:43
Kisuke fut un instant interdit devant le spectacle saugrenue des eisenins qui semblaient traiter sur place la samourai, sans l'amener. Il avait pourtant interprêté les ordres de son maitre comme implicitement de l'amener à l'Hopital. Il tourna son regards vers son sensei qui, sans exploser dans les décibels, n'était pas non plus très content du manque de réactivité en face de lui.

Je... ne comprends pas. Ils devaient pas déjà l'embarquer ?

Ils s'étaient dirigés vers la deuxième cellule. Après avoir exposé son point de vue, Teruyo lui avait exposé le sien. L'un et l'autre n'avaient pas les mêmes responsabilités au sein du village, et sans doute pas le même nindo. Mais en ce moment, il y avait une forte différence de pensée et de vision. Le nindo de Kisuke était de protégé les enfants et les innocences, avant tout. Et comment ne pas trouver ce jeune seigneur comme un jeune face à son âge avancé ? S'en débarrasser ne lui ferait pas plaisir - autant il n'aurait pas la même sentimentalité envers la vieille mégère. Il acheva sa harangue d'un utime argument pour la paix.

Si l'objectif final est une paix durable avec tetsu, cacher deux exécutions me semble un chemin de traverse. Dans toute relation humaine, je préfère la transparence.

Après une ultime réprimande de ne pas s'attacher au prisonnier, Kisuke entra à son tour. Il ne salua pas le prisonnier, parce que dans ses yeux la détresse était plus importante. Il était maintenant convaincu que s'il n'y avait pas collaboration, le samourai ne quittera cette pièce que les deux pieds couchés, et dans un cerceuil ou dans un sceau pour la morgue. Aussi Kisuke mit toute sa conviction et toute son envie d'aider ce jeune homme dans une ultime invective, une dernière passe.

Cela sans doute ma dernière tentative, seigneur Oushi, mais je vous en conjure de coopérer. Votre honneur ne vous demande pas de vous comporter en enfant gâté qui refuse politesse et civilité en tout circonstance, sous prétexte que la situation n'est pas comme il le souhaite. Je veux votre bien, que vous le croyez ou non, mais pour cela j'ai besoin d'une réciprocité. Alors... dîtes-nous au moins, à nous autres shinobis, qui vous êtes et pourquoi selon vous nous faisons une erreur.

Sa dernière tentative de "copinage" comme l'avait décrit son sensei. Ce n'était pas des paroles en l'air. C'était son dernier essai. S'il ne voyait pas d'amélioration il devrait s'en remettre à la grace de Tsuyoshi. Advienne que pourra. Il espérait pouvoir sauver la vie de ce jeune adulte, à peine sortit de l'adolescence. Mais si l'Honneur le poussait à avoir une arrogance inflexible, alors son squelette irait probablement rejoindre les profondes fosses communes d'iwa.

Du moins, si on lisait les sous-titres derrière les dialogues de Teruyo.

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Narrateur
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Sam 18 Déc 2021 - 21:08
Le duo Tetsujin:

L'inquiétude.

C'était ce qui avait investi le cœur naïf du jeune garde, en dépit de son renvoi.

En dépit de son émoi, envers l'ancêtre qui partait pour de meilleurs soins.

Le silence dont il faisait preuve n'était là que pour montrer aux missionnaires la sagesse qui le poussait à accepter son sort sans rechigner, sans contester. Parce que tout ce qui importait, à ce moment-là et dans les profondeurs d'Iwa, restait la survie de cette vieille dame qui, pour une raison que vous ignoriez encore, était parvenue à l'atteindre et à le toucher. Du moins, à l'attendrir assez pour que sa survivance lui en fasse oublier la mutation forcée qui allait l'arracher aux geôles de la Roche. Les mots de Miyamoto Teruyo, il les avait encaissés. Mais, être écarté de la sorte des événements, il eut du mal à le comprendre. Sa dextre était remontée contre une poche de son veston. Médir entre les murs de son esprit, c'était presque tout ce qu'il lui restait. Pourtant, il n'avait plus le droit de perdre davantage de temps dans un endroit qui ne voulait plus de lui. Sur les traces du cortège médical mais pas en même temps, le candide fut alors raccompagné dans un autre secteur par certains de ses collègues. Pour visiblement laisser derrière lui cette sombre parenthèse, il était remonté à la surface. Cette surface qui avait aussi fraîchement renoué avec la prisonnière, pour éviter qu'elle ne meurt.

Pendant que Baba Oushi, lui, était encore loin de la revoir à nouveau.

Car à la place, il retrouva cet inquisiteur.

Le même qui prenait place devant lui et menait son interrogatoire à l'envers, en pensant que la richesse de son trésor allait se dévoiler d'elle-même plutôt que d'attendre sa découverte. Le même qui nourrissait de sombres desseins, pour les malheureux qui n'osaient pas aller dans son sens. Cette alerte qui lui avait commandé de s'agiter, il s'en souvenait très bien. Parce que les sens de Samouraï ne l'avaient jamais trompé. Derrière ses barreaux et en haut de ses escaliers, l'enfant du Fer avait senti le mal jusqu'à en faire grincer ses os. Mais enfermé par de tels murs, confiné à l'écart de son aînée, il demeurait incapable d'en connaître ou d'en déduire l'origine, comme les fruits. Cet envoyé du corps diplomatique de la Roche lui avait promis de s'en prendre à son maître. Maintenant, il revenait avec presque cette malsaine satisfaction de voir à quel point cette promesse avait pu le torturer, le pousser à bout. Un instant, Baba Oushi rêva de froisser ces barres de fer qui le retenaient pour lui faire payer. Pour lui faire ravaler son effronterie. Néanmoins, les propos plutôt mesurés de son camarade semblèrent le ramener à cette fâcheuse réalité. Hyûga Kisuke disait vouloir son bien. Mais l'avait-il déjà seulement voulu, en acceptant l'attitude de son confrère?

De délégataires à prisonniers, il n'y avait eu qu'un pas.

Un pas décisif, qui mordait la moindre germe de confiance essayant de pousser au sein du Samouraï.

« Politesse et civilité. Ici-bas, ces deux choses ne se trouvent nul part ailleurs que dans vos mots. Le seul enfant gâté qui se trouve parmi nous est celui qui se croit au-dessus de tout, par la grâce de ses menaces. Celui qui prend place et qui attend jusqu'à ce que l'on lui serve le repas tout prêt. Celui-là, il n'aura jamais droit à mon respect. »

Baba Oushi eut une pensée pour son maître.

Ses yeux de châtaigne s'accrochèrent au visage de l'Hyûga, en se détournant du Singe d'Iwa.

« Je suis un enfant du Fer, avec tout le respect que vous lui devez. Ce que je faisais au Teikoku, cela ne vous regarde pas. Comme vous n'avez pas à nous séquestrer de la sorte. Nous ne faisons que servir les intérêts du Fer, comme tous les grands villages cachés envoient des délégations pour entretenir leurs relations. Vous ne saurez rien de plus, tant que je ne serai pas libre et en compagnie de mon maître. »

Son humilité vous empêchait de savoir à qui vous aviez à faire.

Mais sa fermeté vous faisait comprendre qu'Iwa n'avait pas à mettre son nez dans les affaires du Fer.
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Miyamoto Teruyo
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Sam 18 Déc 2021 - 22:12

Si la prochaine scène se jouer ici, de l’autre côté, je ne pouvais supposer que tout se passait bien, n’ayant pour l’heure aucun retour de la part de mon clone qui, de fait, continuait à accompagner l’autre samouraï blessée et qui devait être soignée dans un environnement à la fois adapté, mais aussi sécurisé. Libre de ces quelques pensées parasites, mon esprit s’en retrouvait donc focalisé sur la situation présente, en l’occurrence, le samouraï bien plus jeune. La fierté était une chose, c’était même un leitmotiv pour ceux qui vivaient dans une telle philosophie. Pour autant, cela n’empêchait pas les plus grands de flancher au dernier moment. Le Shogun en était la preuve lors de ses derniers instants. Quant aux paroles du genin, elles résonnaient dans mon esprit qui n’était ni convaincu du choix à faire, ni sur qu’il serait le bon.

« Nous n’en sommes pas encore à négocier avec Tetsu. Il y a encore beaucoup de route à faire pour y parvenir. Et n’oublie pas une chose importante, toutes les paix de son monde ont été signées avec des lettres de sang. Une paix négociée n’est que le résultat d’une guerre sanglante. J’ai malheureusement compris une chose, c’est que parfois, le sacrifice d’un seul permet d’en sauver des milliers … encore faut-il accepter cette vision et en prendre la responsabilité. »

Une fois en présence du prisonnier, désormais installé et ma demande faite, j’attendais, le visage neutre, n’affichant nulle colère, nulle déception ou espérance. Ces paroles neutres n’étaient pas plus menaçantes que les précédentes, du moins en apparence. Et avant que le prisonnier ne puisse intervenir, ce fut au Hyuga à prendre la parole. Continuant à observer le samouraï, je jetais un rapide coup d’œil du coin de la pupille, gardant mon visage fixé sur mon interlocuteur, écoutant avec attention l’intervention du pharmacologue.

« Vous avez à la fois raison et tort Seigneur Baba. » commençais-je à affirmer, croisant mes jambes et mes doigts que je posais sur mes cuisses.
« En effet, politesse et civilité n’ont pas lieu en ces murs. Notre prison n’a pas vocation à offrir cela. Votre honneur vous permet surement sur les terres du Fer d’accueillir vos prisonniers dans des conditions différentes, leur propre honneur leur intimant d’adopter une tenue digne, mais dans notre monde, cela est différent. Les shinobis enfermés dans nos geôles n’ont pas la même éthique que la votre et de fait, nous sommes obligés de nous adapter. »

Et c’était peut de dire tout cela. Au plus profond de cette prison était retenu l’un des pires criminels jamais enfermés en ces murs, une monstruosité tentaculaire dont la puissance égalait surement avec celle de notre Kage qui avait bénéficié de l’aide de plusieurs shinobi pour en venir à bout.

« Quant à l’enfant gâté dont vous parlez, vous avez tout faux. Vous êtes loin d’imaginer qui je suis. Si je me tiens aujourd’hui à cette place devant vous, ce n’est nullement par un jeu politique ou d’alliance et encore moins grâce à des machinations claniques. Je n’étais qu’un shinobi lambda comme tant d’autres. J’ai œuvré pour mon village, tentant d’offrir à ma fille un monde meilleur après la mort de sa mère, un monde où elle n’aurait pas à faire et à subir ce que nous vivons aujourd’hui. Alors si pour vous enterrer sa femme lorsque vous tenez dans vos bras votre enfant qui n’a que quelques jours, enterrer ses beaux-parents morts de chagrins, enterrer ses parents sombrant dans le désespoir c’est être gâté, alors effectivement, il semblerait que je sois l’enfant gâté dont vous parler. »

Décroisant les jambes pour les croiser dans l’autre sens, je poursuivais mon échange avec le samouraï de cette même voix posée.

« J’étais là lorsqu’Iwa a attaqué votre pays. Je n’étais personne à l’époque, mais tout ce qui a été fait n’avait rien à voir avec une guerre, ce n’était qu’une vaine tentative de vengeance, une futile entreprise visant à conquérir votre pays. Au delà de l’échec qui a été le nôtre, j’ai eu l’occasion de croiser votre Princesse, cette fameuse princesse sous la domination du shogun et qui était sous son emprise totale. Mais la réalité n’était pas ce que l’on nous avait raconté. La réalité, la Princesse, nous l’a avouée. J’ai toujours à cœur d’une paix avec le Fer. Malheureusement, cette délégation vers le Teikoku prouve que les velléité de Tetsu sont toujours vives. »

Puis, me tournant vers le genin …

« Va chercher les clefs et apporte donc un vrai repas en revenant. »

… avant de revenir à Baba Oushi.

« Nous allons vous retirer vos fers pour davantage de confort. Vous resterez pour autant dans cette geôle pour l’heure. Quant à votre maître, vous ne pourrez la voir pour l’heure. Vous saviez surement qu’elle était malade et son séjour entre ses murs à aggravé son état, une pneumonie avancée. J’ai donné l’ordre qu’on lui fournisse les meilleurs soins dans un lieux sécurisé et adapté à son état et à son rétablissement. »

Décroisant les jambes une nouvelle fois, je me penchais en avant, coudes posés sur mes cuisses, le regard profondément fixé dans celui de mon interlocuteur.

« Je réitère ma question. Que négociez-vous au Teikoku ? »

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Hyûga Kisuke
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Sam 18 Déc 2021 - 23:39
Le prisonnier ne s'emmura pas dans un silence. C'était... déjà une victoire, même si le ton employé et l'attitude signifiait clairement que Kisuke n'était que le seul qui méritait d'être adressé. Ce n'était pas de bonne augure pour la suite de l'interrogatoire, et l'Apothicaire trouva juste la force de placer un remerciement, pour la forme.

Je vous remercie de ce début de confiance.

Teruyo prit la parole et... Kisuke devait bien se l'avouer, il avait fait fausse route sur son sensei. Il se comporta de manière très humaine, et l'Apothicaire s'en était voulut d'avoir douté de lui. Il s'approcha de lui, humainement, lui montrait un peu plus de respect et l'informa de la vérité concernant la vieille femme, celle qu'il appelait maitre. Ce qui pouvait vouloir dire plusieurs choses. Sensei oui, mais peut-être aussi... seigneur. Est-ce que cette femme était la tête dirigeante des deux ?

Pour satisfaire la demande de son supérieur, Kisuke composa des mudras et plaqua ses mains au sol. Une petite vipère apparue, avec un bandeau shinobi d'iwa ceint autour de sa queue. Kisuke la prit dans ses bras et lui murmura rapidement ses ordres à sa tête.



Demande à un garde d'apporter un bon repas, et apporte-moi les clefs de ses menottes.

Il redéposa le serpent messager au sol. De cette façon, il ne manqua rien de l'échange - car Kisuke voyait un risque dans le plan de son sensei. Le Prisonnier avait décidé de faire du genin son principal interlocuteur. Au moins, il parlait. Mais allait-il seulement prendre en compte ce que Teruyo disait ? C'était difficile à dire. Alors Kisuke resta dans la cellule, tandis que son allié serpentait avec son message. Il était temps, après tout le monologue de Teruyo, de prendre part à cette danse.

Il attendit une réponse à la question du manipulateur de l'Hikariton. Kisuke, honnêtement, ne pensait pas en avoir une. Aussi, après une attente raisonnable, il prit parole pour d'abord offrir de la politesse.

Je suis désolé que votre maitre souffre des affres de la maladie et nous faisons notre possible pour la guérir. Si nous avions été mis au courant plus tôt de la situation, nous aurions déjà agit.

La vérité stricte. Sa demande d'être joint à elle s'en trouvait plus difficile, et il s'en rendrait bien compte. Mais Kisuke allait jouer sur un autre tableau que son sensei, un autre angle, en répondant sur une information qu'il avait fournit.

Si vous servez les intérêts du Fer, votre Princesse dirigeante doit être au courant de ces échanges avec l'Empire du feu, pas vrai ?

Après tout, elle était leur suzerain. Kisuke comptait bien voir la réaction de l'individu. Et s'il allait offrir la moindre prise, il avait encore une carte dans sa main pour ouvrir la partie et gagner le plus d'informations possibles pacifiquement.

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