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Interroger le Fer [B - Teruyo]

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Mar 21 Déc 2021 - 19:26
Le duo Tetsujin:

Il y a bien des années de cela, dans une Seigneurie au Nord du Pays du Fer...

Dans le berceau des apprentis du Bushido, les domaines seigneuriaux se voulaient légions.

Mais aujourd'hui, l'un d'entre eux encaissait l'impact d'une abomination.

Au cœur de la forêt, parmi les plus hauts sapins et à travers la poudreuse qui les recouvrait de son manteau d'ivoire, le fief d'une fière famille goûtait tout juste au deuil. Par la Cour intérieure ornementée par le gel, les sujets finissaient de grouiller et d'échanger comme dans une fourmilière au sein de laquelle une main invisible venait de répandre le désastre et la discorde. Des chuchotements transgressaient le silence absolu que cette visite de la mort avait semé dans le Palais. Plus encore, aux antipodes de cette blanche neige qui célébrait l'arrivée de l'hiver et de son froid le plus drastique, tous les individus présents avaient couvert leurs atours de vêtements aussi sombres que la nuit. Aussi sinistres et funèbres que la peine qui se dessinait sur les visages et s'amusait à les tordre, lorsque ce n'était pas le choc qui les figeait déjà dans le marbre et les malmenait de l'intérieur. Dans la salle principale, d'aucuns larmoyaient, se lamentaient, se recueillaient. Devant un seul et même tableau qui surplombait le trépassé, seul vêtu de blanc parmi son linceul pour l'éternité. Un diptyque sur lequel le Seigneur perdu s'était fièrement tenu de son vivant, dans un accoutrement traditionnel et avec à sa ceinture son katana le plus précieux. Une œuvre qui retranscrivait à la perfection ce qui appartenait dorénavant aux mains du passé, au grand dam de ses proches et de ses assujettis. Mais de tous, un seul s'en voulait cruellement.

Un seul se détestait, se haïssait, pour ne pas avoir été à la hauteur ni empêché la survenance d'un tel drame.

Le drame d'avoir laissé mourir son propre père avant l'heure.

C'était son unique fils.

« Oushi, tu m'entends? »

La parole volée, la confiance trahie, le jeune garçon se tenait au premier rang des funérailles. Sa rétine n'osait pas se décoller du portrait de son père, qui n'allait plus jamais pouvoir le serrer dans ses bras ni le rassurer. Et qui ne serait plus jamais en mesure de lui montrer comment manier cette lame ni tempérer son âme. Sa mère, qui allait mourir de chagrin quelques jours plus tard, il l'entendit pleurer la perte trop prématurée de son mari, à ses côtés. Il la sentit se griffer la peau du visage avec les doigts, rendue folle pas l'anxiété et trop attristée. Mais rien ne voulait couler sur les joues de son enfant. Car tout s'effondrait en lui. Ce criminel qui avait pénétré leurs dépendances pour ne voler que des trésors, il aurait voulu le rencontrer avant qu'il ne croise la route du Seigneur. Ce lâche qui était venu armé, il aurait voulu le foudroyer avant qu'il ne se fasse prendre la main dans le sac et qu'il ne profite de la surprise de son père pour lui plonger le froid d'une dague entre les côtes. Ce traître qui avait exploité la bonhomie de son paternel, il aurait voulu le châtier avant qu'il ne se tue de lui-même. Le tueur de son père avait été toutes ces personnes. Mais avant tout, il avait été un de ses sujets. Aucune larme ne trouvait la force de poindre le bout de son nez, tant la culpabilité le rongeait à feu et à sang. Si seulement il avait été plus fort, il aurait pu l'empêcher. Si seulement cet homme n'avait pas été aussi lâche, cela ne serait jamais arrivé. Si seulement ce parjure n'avait pas fait preuve d'autant d'indignité, l'honneur du clan Baba aurait été préservé.

« Oushi, s'il-te-plaît. »

L'honneur.

Le Seigneur du clan Baba était en train de l'emporter dans son cercueil.

Loin du descendant qu'il laissait derrière lui.

Jusqu'à ce que des doigts ne daignent enfin saisir son épaule et ne le ramènent à lui, pendant que la voix d'une servante qui essayait de l'atteindre depuis tout à l'heure lui intimait de se retourner. Ce qu'il fit, pour déposer ses yeux sur l'étrangère qui le tenait d'une main.

« Oushi. Je te présente Hatakeyama Kasasagi. Une Samouraï qui a été mise sur la voie du Bushido en même temps que ton défunt père. Le Palais n'est plus un endroit sûr, jeune maître. C'est elle qui s'occupera de toi, maintenant. »

Hatakeyama Kasasagi, à son âge d'or
Cette femme, elle osait toucher sans gêne celui qui était désormais le plus jeune Seigneur d'un des clans piliers du Pays du Fer. Mais lui, il ne se risquait même pas à l'examiner de la tête aux pieds. Parce que son visage lui était apparu comme la seule lumière dans cette spirale de ténèbres au creux de laquelle il venait de tomber. Grande, svelte et aussi droite que son géniteur s'efforçait de se tenir en tout lieu et en toute circonstance, cette dame lui rappelait le père qu'il venait tout juste de perdre. Ce tableau et le visage rigoureux qu'il peignait, il s'en était détourné pour trouver du réconfort dans les traits de celle qui deviendrait son maître. De celle qui arborait la même austérité, malgré toute sa féminité.

« Cette infamie. Ton père, il ne la jamais méritée. Pas un seul instant de sa vie. Mais l'honneur de ta famille n'est pas perdu à jamais. Si tu veux le récupérer, il va falloir te battre. Te battre pour survivre mais aussi pour devenir plus fort et plus digne, Baba Oushi. »

L'honneur et la dignité.

Ces legs de son prédecesseur, il les retrouvait ailleurs. En son maître.

Le visage de cette guerrière, il l'ancra dans sa mémoire. Et plus jamais il ne la quitta.

***

Jusqu'à votre illégitime intervention.

Vous prîtes des pincettes et vous vous rassurâtes de la brèche créée en Baba Oushi, qui pouvait peut-être se rendre à partir de maintenant plus enclin à vous délivrer tout ce que vous vouliez savoir depuis le début. Les appréhensions, vous marchâtes dessus pour les piétiner et lui montrer que la Roche n'était sûrement pas si odieuse qu'il ne le pensait, derrière sa colère. Les jugements de valeur, vous les brisâtres en mille morceaux en vous ouvrant au Samouraï dans l'espoir qu'il en fasse autant et finisse par vous éclairer sur la situation du Pays du Fer. Les mots empreints de sévérité, vous les laissâtes derrière vous pour mieux les enrober d'une amabilité presque dérangeante. Et ses conditions de détention, vous les assouplîtes afin de prouver votre bonne foi et d'ouvrir la fenêtre sur votre clémence.

À tel point qu'à présent, vous pouviez voir le doute grapiller du terrain dans les yeux du Samouraï. Au fil de votre discours, les barrières qu'il avait érigées dès le départ contre vous s'écroulaient. Une à une. Il semblait se séparer de son air colérique et calmer la bile qui faisait grogner sa haine la plus intestine. Baba Oushi paraissait fin prêt à s'ouvrir comme une fleur à vous, après avoir vu une partie de votre état d'esprit. Une partie de votre humanité.

Jusqu'à ce que vous refusiez de répondre à ses demandes et que vous lui fassiez part de l'état de son maître.

...

Son visage s'était assombri.

Baba Oushi savait que la tempête du vieil âge grondait pour son maître.

Mais il ne la savait pas malade.

Ce sol froid comme la glace, ces barreaux solides comme le fer, cette solitude mordante comme la mort. Cette capture et cet enfermement, ils avaient affaibli son aînée au point de la démunir. Au point de la faire souffrir, à travers une pneumonie qui, par son vieil âge, pouvait tout à fait lui ôter la vie. Vous, la Roche, restiez à l'origine de son mal. Personne d'autre. Et malgré toutes vos bonnes intentions de rattraper cette terrible erreur, cette dernière laissait un amer goût à Baba Oushi. Qu'importe que ses fers lui soient retirés ou son estomac rempli d'une bonne nourriture. La dernière chose qu'il voulait était de voir cette femme partir et son sens de l'honneur avec. Son maître, il s'était mis des œillères à vie pour la remercier de l'avoir sauvé, lui.

Et il ne les retirerait pas aujourd'hui.

Il les laisserait le guider.

« Par votre faute, elle risque de... »

Sa voix s'était éteinte, dans un souffle accusateur.

De plus belle, le grand Samouraï se mit à revivre toute la scène. À revoir le tableau de son père, puis le visage de Kasasagi. À ressentir cette peine et cette peur qui avait, main dans la main, assassiné son âme d'enfant. À éprouver l'inquiétude d'être abandonné à lui-même encore une fois, avec le modèle de son honneur tâché une seconde fois. Tout ceci, il fut incapable de le supporter. Il en tremblait. Ses poings fermés, ils allaient céder. Il allait craquer, si fiévreux et haineux d'avoir devant lui les deux responsables de tout ce nouveau désastre. Une occasion qu'il n'avait pas pu attraper, lors du premier. Et qu'il saisirait maintenant, pour ne pas regretter. Ses yeux bifurquèrent sur la première personne à sa portée. Dénués de raison, aveuglés par la rancœur, ils s'accrochèrent ainsi à la silhouette d'Hyûga Kisuke. Et brutalement, la montagne qu'était Baba Oushi se dressa à son encontre.[invisible_edit]

Pour essayer de saisir sa gorge et de la serrer jusqu'à un point de non-retour, dans le fracas de ses menottes.
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Hyûga Kisuke
Hyûga Kisuke

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Mar 21 Déc 2021 - 21:10
Au moins elle sera traitée, ce qui n'avait pas l'air d'être le cas av...

Kisuke n'avait pas eut l'opportunité de finir sa phrase. Le prisonnier avait agit avec rapidité et l'avait surpris. Le Vieux shinobi avait baissé sa garde. Il était entré dans la cellule. Il s'était adossé pas très loin du samourai. Et maintenant, le prisonnier semblait être pris d'une humeur sanguine. Ses mains qui traversèrent l'espace pour venir s'emparer de sa nuque. La sensation des doigts à la poigne d'acier qui se refermaient autours de sa gorge. Le son qui n'arrivait pas à sortir de sa gorge.

Hmpf

Une pensée, sombre et éclatante. Si je ne fais rien, je vais mourir. Pourtant, il pouvait faire quelques choses. Il avait cette technique. Il l'avait utilisé contre Yanosa. Il l'avait démontré à Rin et à Komorebi. C'était un mouvement simple, interne puis externe, sans besoin de ses muscles à proprement parler.

Et enfin, le chakra. Libérateur. Qui se dégageait de tous ses tenketsus pour repousser les entraves à sa liberté. Une technique classique Hyûga, dérivée du kaiten mais spécialisée contre les entraves, et qui porta ses fruits bien rapidement. Kisuke sauta en arrière et resta sur ses gardes, prêt à envoyer une décharge de chakra déstabilisante si le prisonnier était repris de véillités aggressives.

Il fit signe à son serpent qui revenait a côté de Teruyo de s'arrêter. La clef des menottes était là, mais Kisuke n'avait présentement aucune envie de le lui donner. Surtout après une telle démonstration de sauvagerie inattendue. Il s'empourpa, pris d'une colère non feinte. Une colère contre le jeune homme, mais aussi contre lui. Il avait faillit y passer, après tout.

Est-ce ainsi que vous réagissez, seigneur Oushi ? Comme une bête sauvage qui agit sans conscience tandis qu'on lui annonce qu'on soigne son compagnon et qu'on vient lui retirer ses menottes ? On croirait un vulgaire paysan. Aucune éducation. Et moi qui pensait que dans le bushido la raison supplantait l'émotion...

C'était, pour ainsi dire, l'une des seules sursimplification du dogme qu'il aurait pu citer. Il était assez certain que ces hommes honorables n'étaient pas sensé laisser libre cours à leur émotions. Mais après, il ne connaissait qu'assez peu cette philosophie. C'était une autre Hyûga, dans un autre temps et dans un autre lieu, qui avait étudié les septs vertus et la notion d'honneur. Kisuke lui...

N'avait étudié que ses médicaments et ses alcools. Il se massa la douloureuse nuque de sa main. Cette mission pouvait aller mieux.
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Miyamoto Teruyo
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Jeu 23 Déc 2021 - 22:03

D’une manière ou d’une autre, nos dernières paroles semblaient toucher notre prisonnier. D’habitude si prompte à la réponse, vif dans les échanges, voilà que le samouraï semblait quelque peu perdu dans de profondes pensées. Si dur, par moments, son visage semblait se détendre, comme si nos mots apaisaient une certaine colère. Intérieurement, j’étais quelque peu soulagé de ce changement d’état. Plus coopératif, l’homme du Fer ne m’obligerait pas à devoir faire quelque chose qui me répugnerait. Malheureusement, cet état de grâce ne perdura pas et rapidement les émotions quelque peu apaisées laissèrent place à une colère certaine. Des paroles pleines de reproches fusèrent tandis que celui qui jusqu’à présent, à défaut de s’être montré coopératif était resté poli, jouait désormais le rôle de l’agresseur.

Face à l’adversité dont il était la victime, Kisuke su réagir avec efficacité, faisant appel sans doute possible aux capacités de son clan et à leurs dons si particuliers en matière de contrôle de chakra, repoussant sans trop de mal l’assaillant à l’attaque mollassonne. De mon côté, bien que n’étant pas la cible de cette violence soudaine, je réagissais aussi promptement, peut-être un peu moins vite que le genin et d’une main, réalisais quelques mudras avant de tenter d’apposer mon sceau de ma dextre libre. Malheureusement, l’efficacité du clan Hyuga étant à même de repousser un homme dans cet état, il y avait peu de chance que mon sceau trouve sa cible.

Retournant sur ma chaise, j’écoutais les paroles du pharmacologue, des paroles empruntent d’une certaine colère que je pouvais comprendre. Cible du samouraï, je laissais Kisuke réagir à cet assaut avec des paroles pleines de sens et touchant directement à l’honneur dont Oushi se targuait. A côté du serpent qui se tenait immobile, sans perdre du regard notre prisonnier, je tendais la main, récupérant la clef des menottes qui pour l’heure resteraient fermées, faute de coopération malgré une main tendue.

« Mon ami ici présent à raison. Je ne peux qu’être surpris de cette réaction colérique. Est-ce donc là une preuve de l’honneur dont vous nous parlez ? »

Sans réellement m’en rendre compte, ou sans vouloir le reconnaitre, pris par l’émotion de la situation, mes yeux se mirent à briller de milles flammes, signe distinctif d’une activation d’un pouvoir latent chaleureux. Si l’on pourrait croire à une perte de contrôle d’une certaine manière, le fait que ce changement ne s’opère qu’au niveau des pupilles était la preuve d’un certain contrôle de soit malgré tout. La main ouverte vers le plafond de pierre, la petite clef au creux de ma paume, je poursuivais mon discours.

« La pneumonie dont est victime votre mentor s’est en effet aggravée à cause des conditions dans lesquelles vous séjournez tous deux. En revanche, les médecins sont clairs sur son état de santé. Elle est malade depuis plusieurs mois déjà. Pour quelqu’un qui réagit aussi promptement à la condition de celle qui vous a guidé, je suis étonné de vous savoir si aveugle à sa condition. »

Tournant mon regard vers le genin, je m’assurais finalement que le Hyuga ne soit pas impacté davantage par cette agression.

« Je ne tiendrais pas rigueur de votre attaque. Je comprends que vous avez réagit sous le coup de l’émotion, j’aurais sans nul doute agi de la même manière si l’on m’avait annoncé le même genre de nouvelle concernant ma fille. Seulement, la concernant, le ferais tout pour la revoir et faire en sorte qu’elle vive dans un monde meilleur. Faites donc de même avec votre mentor. Montrez-vous digne de l’honneur qu’elle vous a enseigné et daignez enfin répondre à nos questions. »

Certains auraient pu penser qu’après ce genre d’attaque des ordres auraient été passés pour cesser tous soins sur la vieille samouraï, pour autant, ce n’était pas le cas, et Baba s’en était surement rendu compte. Malgré sa colère, notre discours était resté le même, à l’exception des fers qui pour l’heure, restaient à ses poignets.


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Kit by Aimi
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Dim 2 Jan 2022 - 20:24
Le duo Tetsujin:

Être libre et retrouver son maître.

C'était tout ce que Baba Oushi avait demandé à la Roche.

Vous pensiez pouvoir le toucher, même le ramener à lui, en le surmontant d'insultes, de réprimandes comme s'il n'était qu'un mioche. Mais de ces menottes lourdes à ses poings et de ce plat chaud qui chatouillait d'effluves ses narines, même lointain, il n'en avait que faire. Comme de cette maigre empathie qui s'amusait à serpenter sur les lèvres du seul, entre les minéraux qui tapissaient ces murs, capable d'éviter le pire ou de le répandre. Vous vous croyiez même cléments, en jouant la carte de la franchise et de l'honnêteté avec le Samouraï. Mais juste avant, vous ne vous étiez pas privés de marcher encore une fois sur son sens de l'honneur et de lui rappeler ô combien il le rendait tout impuissant, là, maintenant. Vous vous estimiez même indulgents et presque magnanimes, en montrant un visage délavé de toute empreinte de vengeance, de représailles. Mais à côté, un autre se teintait d'un pourpre bien moins enclin à le considérer plus que comme un vulgaire paysan.

Ces mains qui étaient les siennes, elles auraient pu aller plus loin et choisir de devenir plus viles, plus laides encore que ne semblait être la fine diplomatie de la Roche, à ses yeux. Mais à la place, elles rejoignirent les tempes du prisonnier. Dans la tête de l'enfant du Fer, tout s'entremêlait, s'entrecroisait, se mitigeait et se perdait. Chaque rainure de son cerveau, il tentait de la labourer. Chaque fil de ses pensées, il cherchait à le remonter. Chaque petit bruit de sa cellule, il essayait de s'y raccrocher. Pour démêler le vrai du faux. Pour trouver la raison pour laquelle il pourrissait encore ici-bas, enchaîné par des étrangers et éloigné de son maître, plus longtemps qu'il n'aurait pu l'imaginer. Pour combattre le bon du mauvais, dans la plaine de son esprit qui s'assombrissait et se rendait mer de ténèbres. Du mieux qu'il pouvait, il luttait contre ce monstre qu'il ne voulait pas devenir par la faute d'un autre. Et comme il ne l'avait jamais voulu avec autant de ferveur auparavant, il s'accrochait à cette si petite lumière qui grésillait et ralentissait ses élans patibulaires.

Qui représentait ce qu'il avait de plus cher.

Sa devancière.

***

Il y a plusieurs années, sur la route du vagabondage...

Celle qui, même dans la fleur de l'âge, avait préféré devenir guerrière plutôt que mère.

Avait préféré la turbulence du Bushido à la tranquilité d'un hameau.

Les jours passaient comme s'échangeaient les coups, entre l'élève et le maître. Sa vie d'avant, son confort d'antan, ce jeune enfant l'avait troqué auprès d'elle contre l'errance d'un temps. Les cloques et les plaies qui couvraient d'habitude ses mains à l'entraînement, elles ravageaient désormais ses pieds également, au gré de ces pareils changements. Endeuillé de la sorte, ce quidam regrettait peut-être d'ores et déjà d'avoir accepté sa main tendue, comme n'importe quel jeunot pouvait déplorer le luxe d'un toit et la consolation de toute une cour. À juste titre, après avoir perdu son père et tourné le dos à son Palais pour survivre, ce gamin aurait été en droit de pleurnicher et de brailler tel un faiblard jusqu'à vouloir rebrousser son chemin face à l'âpreté de ce qui l'attendait.

Il aurait fait comme tous ces autres chiards qu'elle exécrait.

Ceux qu'elle avait du mal à subir sans serrer les dents ni souffrir. Ceux dont elle n'avait jamais voulu s'alourdir, afin de laisser toute la place au seul poids de sa lame. Ceux qu'elle laissait volontiers à toutes les autres femmes du Yuukan, en vue de leur laisser la jolie illusion de se sentir enfin utiles auprès de quelqu'un. Auprès d'un bambin.

Elle, elle n'en avait pas besoin.

Au coin du feu, Hatakeyama Kasasagi sentit le cuir de son inquiétude s'épaissir. Ses yeux intransigeants, ils empiétèrent sur le minois de l'héritier de la famille Baba. Ils s'attendaient à parcourir deux petits océans remplis de peine et un nez débordant de morve, comme les tableaux des plus petits jeunots dont elle avait horreur.

Mais il n'en était rien.

À la place, ce merdeux lui souriait à pleines dents. Il semblait content.

« Maître, comment avez-vous fait tout à l'heure, avec votre lame? C'est comme si le vent était venu me siffler dans les oreilles, jusqu'à me rendre sourd! »

Dans son regard miroir et plein d'étoiles, elle vit ce qu'elle venait de devenir pour lui. Un guide.

Et elle ressentit ce qu'il venait de devenir pour elle. Un épigone.

Toute son appréhension, elle venait de partir et de s'envoler. Sa main se posa sur la chevelure du garçon.

« Si tu es encore là demain matin, je te remontrerai.
Si je suis... EEHHHHH??! Comment ça?!! »

Il s'agitait.

Sans toutefois ressembler à ceux qu'elle abominait.

Les enfants rendaient faibles, elle en était convaincue. Mais lui, même s'il ne venait pas de ses entrailles, il la rendrait fière.

***

Sur son lit d'hôpital, une larme coulait sur la joue de la vieille femme. Poussée par les formes de ce lointain souvenir, elle n'avait plus la foi de dissimuler sa tristesse. Ni de faire taire sa peur de mourir. Mais si les forces qui lui restaient étaient peut-être ses dernières, elle n'envisageait certainement pas les laisser s'évanouir sans rien faire. Non, elles la serviraient, comme elles lui avaient servi à se faire une place en ce monde et à creuser celle de son élève par la même occasion. Devant sa porte comme dans sa chambre, la surveillance pullulait et ne manquait pas. Au même titre que les soins ne s'arrêtaient pas. Mais parmi tous ces bras qui pendaient autour de son lit, lorsqu'elle ouvrit ses paupières, Hatakeyama Kasasagi en aperçut un plus sombre que les blanches blouses des infirmiers. Celui du clone de Miyamoto Teruyo. Et difficilement, elle vint tendre la main.

Elle vint saisir ce bras, avant de délivrer ce qu'elle espérait ne pas être sa dernière déclaration.

« Vous vous méprenez sur notre compte, Shinobis... de la Roche. Oushi, Il est... le dernier dignitaire du Pays du Fer. »

Mais sa poigne perdait déjà en fermeté pour se reposer, dans la salle de soins.

Le doppelgänger venait d'apprendre une information capitale, grâce à sa présence auprès de votre prisonnière. Vous veniez de capturer et d'essayer de mettre à mal une figure éminente parmi la dynastie Samouraï, pour vos égoïstes intérêts. Mais il était peut-être déjà trop tard pour changer le cours des choses. Pour rattraper votre erreur. Car devant vous, Miyamoto Teruyo et Hyûga Kisuke, les rideaux d'un terrible spectacle s'ouvraient parmi cette forêt de barreaux des Profondeurs d'Iwa.

Sur lui qui, la tête entre les mains et au fil des secondes, agonisait.

Sur Baba Oushi qui, au creux de cette galerie profonde, vous antagonisait déjà.

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Miyamoto Teruyo
Miyamoto TeruyoEn ligne

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Dim 2 Jan 2022 - 21:37

A l’hôpital, l’état de la patiente, l’autre samouraï au grand âge, n’était pas au beau fixe. Des eiseinin étaient à son chevet mais la vieille dame était fragile, son ancienneté dans ce monde rendant les soins surement plus compliqués. Si seulement j’avais pu le faire, j’aurais fait appel à Harumi pour qu’elle intervienne dans le processus de soin, malheureusement, l’adjointe d’Aimi n’était pour l’heure pas disponible à mon grand désarroi, moi, le clone que j’étais.

Adossé à un mur de la pièce, je n’avais rien d’autre faire si ce n’était attendre, attendre et surveiller. J’avais pris la précaution d’apposer un sceau sur la prisonnière « au cas où » mais je m’apercevais que cela n’était surement pas nécessaire. Finalement, n’attendant pas grand-chose de la scène qui je jouait devant moi, je ne pouvais qu’être surpris par cette main fébrile tendue en ma direction. M’approchant d’un geste vif, n’ayant de toute manière pas grand-chose à craindre, je fus étonné des paroles que m’adressait la samouraï. Reposant sa main sur les couvertures, je me reculais, récupérant une chaise au fond de la chambre pour la rapprocher du lit. Avant de m’asseoir près du lit, je créais un autre clone et me dissipais afin d’offrir à mon moi d’origine cette nouvelle information capitale.

Cet autre moi doublé que j’étais à nous s’assis sur cette fameuse chaise et comme l’instant d’avant, je prenais au creux de mes mains la dextre de celle qui avait encore surement tant d’informations à livrer. Levant les yeux vers les médecins affrétés autour d’elles, mes premières paroles leurs étaient adressées.

« Vous avez carte blanche pour user de toutes les ressources nécessaires pour la sauver. Si vous avez besoin de davantage de chakra, piochez dans le mien. Sa survie devient votre priorité absolue. Et maintenant, elle et moi nous allons discuter. Si jamais son état devient critique pour tenir une discussion, faites le moi savoir. »

Les ordres étaient clairs et tonnés avec vigueur, ne laissant place à aucune discussion ou interprétation. Finalement, tenant cette main fragile avec douceur, je m’approchais un peu plus, le visage prochain de ce faciès ridé et l’abordais d’une voix bienveillante.

« La Princesse n’est-elle pas la souveraine légitime du Fer ? C’est une Nagamasa après tout. Pourquoi Oushi serait le dernier dignitaire ? »

Laissant passer quelques rapides seconde, le temps de laisser à la malade assimiler mes interrogations, je poursuivais mes questions.

« Comment ne pas se méprendre sur vos intensions lorsque vous revenez du pays du Feu, alors en conflit avec nous et la grande nation la plus proche en mesure de vous aider ? Que dois-je comprendre lorsque vos échanges dans cette forêt parlaient d’assassiner la Princesse ? Aidez-moi à comprendre. »

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Dans la prison, Oushi s’était muré dans un mutisme certain. Je m’étais préparé à devoir agir d’une manière qui me révulsait et j’étais en train de me lever pour mettre en branle ce plan qui me changerai à jamais à n’en pas douter quand une secousse vint s’immiscer dans mon esprit, le retour de mon clone qui me délivrait une information capitale. Je me tournais alors vers le Baba, restant debout derrière ma chaise.

« Seigneur Oushi, vous savez aussi bien que moi que votre mentor ne divulguerait aucune information. Pour autant, elle vient à l’instant de nous informer d’un élément essentiel dont vous seul pouvez répondre. Elle vous a désigné comme le dernier dignitaire du Fer, nous affirmant que nous nous méprenions sur votre compte. Eclairez-moi, comment pourriez-vous être le dernier dignitaire du Fer dans la mesure où la Princesse est une Nagamasa et donc légitime à sa position ? De plus, comment pourrions-nous nous méprendre sur vos intensions alors que nous vous avons capturés au retour du pays du Feu avec qui nous étions en conflit et qui était la seule grande nation en mesure de vous venir en aide ? Qui plus est, ces interrogations vous démontrent deux choses. Malgré sa santé, votre mentor collabore avec nous. Je suis certain que même au bord de la mort elle préfèrerait se taire plutôt que d’aider si cela n’était pas notre intérêt à tous. Mais surtout, cela veut surtout dire qu’elle est en vie et qu’elle a suffisamment de force pour nous informer de tout cela, même si son état de santé la rend toujours fébrile. »

Finalement, m’asseyant à nouveau sur cette chaise qui m’aura supportée un long moment aujourd’hui, penché en avant, les coudes posés sur les cuisses, les doigts croisés, je questionnais une dernière fois le samouraï plein de fierté.

« Je vous écoute Seigneur Oushi … »


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Kit by Aimi
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Hyûga Kisuke
Hyûga Kisuke

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Lun 3 Jan 2022 - 20:54
Kisuke leva le sourcil devant le mutisme d'un prisonnier qui se prenait la tête tout seul, alors qu'il n'avait même pas encore commencé la soirée karaoké. Venant d'un samourai - guerrier légendairement stoïque - cela le surprenait beaucoup. Et puis, la sympathie du Hyûga commençait à diminuer avec la tentative d'assassinat qui avait eut lieu. Quoi de plus normal, c'était humain, et l'Apothicaire n'était pas machine. Pour tout som amour envers les êtres humains, il était faillible et vulnérable à l'agression.

Tendre l'autre joue ? Il n'y avait jamais eut ce genre de prophète dans le Yuukan.

*Je crois que je l'ai cassé. Pas grand chose à en tirer.*

Mais contre toute attente, Teruyo sortit "le grand jeu". Il l'appela pour la première fois "Seigneur Oushi". Nouvelle surprise de la soirée - il aurait certainement dut placer une carte au tiercé shinobi au train où elles s'enchainaient. Et il l'appelait "dernier dignitaire de Tetsu", ce qui était encore plus mystérieux, surtout pour quelqu'un qui avait été surpris par le Miyamoto à planifier tranquillement une tentative d'assassinat d'une Princesse Nagamasa.

*D'où tire-t-il cette information ? Oh. OH. Son bunshin à dut se dissiper, amenant l'expérience et le souvenir de l'autre côté. Dommage que tout ceci ne soit pas vérifiablement vérifiable, mais c'est un début. Ceci dit, je ne pense pas que l'approche de Teruyo-sensei va marcher. Ces questions... je les ai déjà posée. S'il tient tellement à cette dame, peut-être que c'est la clef à le sortir de son mutisme.*

Son sensei avait l'avantage de faire une double interrogation là où lui, Kisuke, n'avait accès qu'à un seul côté du dialogue. Evidemment que le ninjutsu était un outil particulièrement utile, même si Kisuke n'y était pas vraiment performant. Pas du tout. Une once de jalousie pour Teruyo qui semblait à ses yeux maitriser tous les domaines shinobis avec une telle aisance, alors qu'il n'avait même pas passé la quarantaine. Puis Kisuke se reprit et se rapprocha de nouveau du prisonnier.

Oui, il était de nouveau à distance des barreaux où le prisonnier pouvait s'emparer de sa gorge, mais il fallait le risquer.

Les médecins d'iwa sont les meilleurs de tout le Yuukan, seigneur Oushi. Dans le fond, le fait qu'elle tombe malade ici est une chance - il est vain de penser qu'elle aurait put survivre à cette maladie en pleine guerre civile, ou opération militaire. C'est peut-être son destin, d'être arrivée ici pour être soignée. Parlez-nous d'elle, peut-être ? Vous semblez être beaucoup attachée à cette dame. Est-elle une mentor ? Un compagnon ? De votre famille éloignée ?

Briser le silence, voilà qui était important. Relancer le dialogue. Trouver un moyen de sauver la vie de ce jeune homme - même si Kisuke n'était pas certain qu'il jugeait un tel comportement digne de quelqu'un apte à diriger un pays. Il passa sa main sur son cou de manière inconsciente, ultime rappel de leur échange musclé.

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Lun 10 Jan 2022 - 20:40
Le duo Tetsujin:

Toute sa vie, Hatakeyama Kasasagi avait refusé de n'être qu'un réceptacle pour enfanter.

Voilà que désormais, elle en était devenue un que pour informer.

Au-dessus d'elle, les bras comme les visages se relayaient pour lui apporter les meilleurs soins possibles. Le noir morbide et sépulcral de sa cellule, il avait été balayé par l'ivoirin et le laiteux d'un endroit tout autre. Moins funèbre et moins caverneux. Plus apaisant et plus lumineux. Hier, sa seule compagnie aurait pu se résumer à quelques souris et aux traits de ce garde, qui parfois lui accordait un sourire plutôt qu'un silence ou le bruit du mépris. Aujourd'hui, cette morne solitude dans les bras du Pays de la Terre s'évanouissait, au milieu de toutes ces personnes qui se trouvaient autour d'un lit qu'elle ne voulait pas voir devenir son linceul. Les mots de Miyamoto Teruyo avaient fusé à l'attention des infirmiers. Des mots aussi forts que ses maux à elle, tant le Jônin de la Roche souhaitait maintenir en vie celle qui pouvait, peut-être, se rendre lumière dans l'obscurité de son ignorance. Celle qui serait, peut-être, le remède à toutes ses questions et à son appétence. Un instant, la vieille dame aperçut les contours de cette personne qui gardait son chevet et s'assurait de sa survie. Pleine de bienveillance, comme de munificence. Malgré les troubles de sa vision, il se dessinait comme une jolie figure de clémence, qui proposait même de la soutenir au prix de ses réserves. Aussitôt dit et aussitôt fait, les membres du corps médical préparaient les mesures qui leur permettraient de creuser dans les ressources du Singe d'Iwa afin de préserver la vie de la prisonnière. Mais bien assez vite, d'autres mots vinrent tacher ce qu'elle avait cru être un élan de charité.

Le fil de son existence, il ne tenait même pas à la vie d'un enfant.

Mais qu'à des renseignements.

Sans crier gare, cette silhouette s'était ternie et munie de crocs acérés aussi repoussants que toutes les questions qu'ils lui crachaient. Dans cette chambre où son esprit menaçait d'abandonner son corps, tout devenait flou, sibyllin et brumeux. Les mots du Taishô se tortuaient, se torsadaient et s'écroulaient sous le poids de cette ombre qu'il était devenue, celle qui ne voulait la voir vivre que pour l'asservir et ainsi mieux s'en servir. Cette audace d'avoir pu penser que les enfants de la Roche ne lui voulaient que du bien, l'ancienne guerrière la regretta au même titre que sa force perdue dans les méandres du temps et du quotidien. Vous faisiez face à un tout autre fléau que celui d'une pneumonie ou les restes de quelques fractures, comme celles infligées à l'ancêtre par vos soins. La vieillesse.

« Lorsqu'il n'y a p-plus... d'honneur, le sang... n'a plus la... moindre... impor-...
...Si ça continue, nous allons la perdre! »

Les infirmiers redoublaient d'efforts, pour ne pas la laisser partir. Même si cela voulait dire qu'ils devaient la maintenir en vie de manière artificielle, grâce au chakra d'un Jinchûriki. Mais cette déception que Kasasagi ressentait lui retirait ses forces et abattait les dernières qui voulaient rester auprès d'elle. Elle s'apprêtait à le faire. Mourir tout doucement et effacer les images. De tout ce bonheur illusoire, pour refermer cette page. Tout se brouillait. Les voix, les faciès, les couleurs et les formes.

Une main tenait la sienne, fort au point de la retenir encore un peu ici-bas.

Ô combien cela la déchirait, que ce ne soit pas celle de Baba.

***

Le pire monstre de l'humanité, c'était l'égoïsme.

Ce virulent et pestilentiel défaut qui vous rendait répugnants, irresponsables et dépouillés de tout altruisme.

La nouvelle délivrée par son clone eut un effet presque libérateur dans le cœur de Miyamoto Teruyo. Mais dans celui de Baba Oushi, qui connaissait son aînée plus que nul autre en ce monde, elle obtint un écho bien différent. Parce que son guide se trouvait sûrement à l'article de la mort pour avoir eu l'idée de révéler une information pareille à des étrangers. Parce que son maître venait de mettre de côté ce qu'elle avait de plus cher pour empêcher la Roche de s'en prendre à lui et de lui faire du mal. Son honneur. Elle l'avait bafoué pour le protéger, lui. Assis contre le bord de son lit défait et prosaïque, Baba Oushi le comprit. Celle qui lui avait tout enseigné, celle qui l'avait entraîné, celle qui l'avait sauvé, elle allait mourir. Et creuser en lui un vide que jamais ses organes ne pourraient remplir. Derrière ses doigts qui refroidissaient son crâne en ébullition, le visage du Samouraï était éventré par le passage d'une seule larme. Le signe d'un amour pénétrant et d'un adieu torturant, qu'on l'avait empêché de faire en personne. Qu'on lui avait arraché, comme la liberté d'un oiseau que l'on cloisonne. En silence, il venait de laisser son cœur s'exprimer et de se préparer au pire. Pendant que vous, l'un comme l'autre, vous vous avanciez sur des fondements encore plus incertains qu'auparavant et tentiez encore de le convaincre pour vos intérêts, guidés par la fatuité.

Il essuya la preuve de sa peine sans un bruit et leva la tête afin de vous voir. Mais la tristesse ne déformait pas son visage. C'était sa hargne et son assurance qui le faisaient à sa place, puisqu'il savait finalement de quoi étaient faits Miyamoto Teruyo comme Hyûga Kisuke.

Puisqu'il savait à présent qui la Roche était vraiment.

« ...Le destin? Qui êtes-vous donc, pour proclamer vos actes comme étant ceux du destin? Qui êtes-vous donc, pour capturer et enfermer des étrangers pour la seule et unique raison qu'ils ne se prosternent pas à vos pieds? »

Baba Oushi serra son poing mais refusa de se redresser, pour ne pas risquer de s'emporter.

« Moi, je sais ce que vous êtes. Des oppresseurs, qui refusent de ne se mêler que de leurs affaires. Des meurtriers, qui ont menacé mon maître et sont finalement arrivés à bout de ses chairs. Des prétentieux, qui pensent avoir le droit et la légitimité de tout faire. Des vaniteux, qui pensent qu'ils sont des bienfaiteurs dans cet enfer. Du respect, vous n'en avez que lorsque cela peut arranger votre situation ou celle de votre village. Et si je n'avais vraiment été qu'un vulgaire paysan, sans importance ni influence, vous m'auriez déjà ôté les doigts et poussé à la folie pour obtenir une goutte d'eau parmi l'océan d'informations et de bénéfices dont vous souhaitez vous nourrir. Savez-vous ce qui vous attend, après avoir conduit mon maître à la mort? Après m'avoir capturé, brisé les poings et les chevilles pour vous empêcher quelques difficultés? Savez-vous ce qui va bientôt s'échouer à vos portes, si vous continuez à refuser ma remise en liberté? »

L'un des poignets brisés lors de sa capture, il se le massa malgré le fer des chaînes et les cicatrices. Et il rouvrit sur eux des yeux gorgés de rancœur.

« ...La guerre. »

Dans les profondeurs d'Iwa, vous vous étiez enfermés dans une bulle presque intemporelle, à tel point d'en finir obsédés par les informations. Mais les mots lourds de sens du Samouraï vous rappelaient qu'à l'extérieur, la vie continuait son cours en compagnie des conséquences de vos actes et des aléas du hasard. Qui sait ce qui se passait, maintenant, dehors?
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Mer 12 Jan 2022 - 13:53

« Débrouillez-vous ! Interdiction de la perdre ! Usez de tous les moyens à votre disposition, mais soignez-là ! Comment une simple pneumonie pourrait vous causer autant de mal alors qu’Aimi a pu maintenir en vie autant de personnes agonisantes, les jambes arrachées ? »

L’énervement était palpable, le ton employé aussi. La situation nous échappait sans que l’on ne puisse rien y faire. Nous avions des eiseinins qui s’occupait de la vieille samouraï et pour autant, il se révélaient aussi incapables que des médecins dénués de tout chakra. Tenant fermement la main de la patiente alitée, j’espérais que l’on puisse encore la sauver. La voir mourir serait un échec à la fois pour moi, mais aussi pour tous ceux censés la surveiller pendant sa détention. Être prisonnier ne devait en aucun cas signifier qu’une personne ne devait pas être traitée humainement. Les soins médicaux en faisaient partie. J’avais demandé à ce que ces deux personnes soient justement traités avec un certain respect et j’avais le sentiment que rien n’avait été vraiment fait correctement pour que l’on en arrive à cette situation.

« Lorsqu’il n’y a plus d’honneur, le sang n’a plus la moindre importance ? » reprenais-je doucement.

Réfléchissant quelques secondes à ces paroles fébriles, je poursuivais mon discours sur le même ton bienveillant que celui utilisé précédemment.

« Dois-je comprendre que les Nagamasa ont prit le pouvoir sur les ayants droit légitimes de Tetsu qui seraient le clan Baba ? Comment cela se serait produit ? Pourquoi ? »

Je doutais fortement de la capacité de la vieille dame à répondre compte tenu de son état de santé, mais il fallait tenter le tout pour le tout, c’était nécessaire. Je n’avais pour l’heure aucune idée de ce qui se tramait avec Oushi, je ne le saurais jamais d’ailleurs en tant que clone, mais mon devoir ici était, outre s’assurer que la samouraï reste en vie, de glaner le plus d’informations possibles et de le transmettre. De fait, comme l’instant précédent, je créais cette fois deux clone, l’un d’eux disparaissant immédiatement allant livrer ses connaissances aussi promptement qu’il fut arrivé.

--------------------

La situation stagnait au plus au point. S’il était vrai que nos premiers échanges étaient tendus, Kisuke faisant preuve d’un peu plus de magnanimité que moi-même, au fil de nos discussions, j’avais pourtant le sentiment que les relations s’amélioraient, même de manière minime. Nous avions consenti à mettre de l’eau dans notre vin, nous étions même prêts à offrir un peu plus de confort et de liberté à notre prisonnier et pourquoi ? Pour qu’au dernier moment il se décide à étrangler le pharmacologue qui avait toujours fait preuve de diplomatie. A chaque pas que nous faisions en avant, j’avais la nette impression que Oushi en faisait deux en arrière. La réalité s’affichait donc à moi maintenant. Quoi que l’on puisse dire ou faire, le samouraï ne coopèrerait jamais et ne nous donnerait aucune information pertinente ou exploitable. Tout ceci n’était qu’une perte de temps au final. Et une fois encore, le prisonnier prouvait par ses paroles le fond de mes pensées. Kisuke se voulait rassurant, quant à moi, je reconnaissais son statut seigneurial. Mais non, rien de la part de ce « dignitaire » borné. Sans vraiment y croire, je poursuivais quand même, comme voulant me raccrocher coute que coute à cette mince ligne de vie qui me retenait d’agir autrement.

« Vous vous trompez Seigneur Baba. Nous n’avons jamais proclamé que nos actes étaient ceux du destin, mais simplement que le destin était que l’on en vienne à sauver votre mentor. Le mélanger pas les deux je vous prie, vous êtes assez intelligent pour faire la différence, vous nous l’avez prouvé suffisamment au cours de nos discussions. Quant à votre discours plein de colère, il ne servira à rien, et encore moins à faire avancer les choses. Prétentieux, vaniteux, irrespectueux … en effet. Peut-être nous sommes nous fourvoyés sur la manière d’œuvrer avec vous. Mais êtes-vous irréprochables ? Nous avons à plusieurs reprise fait un pas en avant vers vous, nous allions même vous libérer de vos chaines et quelle réponse vous apportez ? Etrangler celui qui porte la clef de vos menottes. Pour un seigneur qui clame l’honneur et le respect, je n’en vois nullement devant moi. »

Soufflant, plus de lassitude que d’autre chose, je portais brièvement mon regard vers Kisuke avant de poursuivre.

« Je reconnais que nous avons pris envers vous des mesures radicales lors de votre capture, mais les soins nécessaires vous ont été apportés. La méthode est violente certes, mais les circonstances l’imposaient même si je doute que vous compreniez nos objectifs. Quoi qu’il en soit, encore une fois, je suis navré de le dire ainsi, mais vous pérorez. Vous annoncez une guerre à nos portes. Personne ne sait que vous êtes ici, personne ne vous viendra en aide. Cette guerre prophétique ne peut venir que de deux manières. Soit vos partisans décident de se venger, sans avoir la moindre information à votre sujet, soit la Princesse de Tetsu vise une attaque à notre encontre et vous voulez vous placer en sauveur de tout cela. Je vais être honnête avec vous. Je deviens lassé de nos échanges. Je suis venu chercher des informations que vous refusez de donner. Soit. J’œuvrerais donc de manière différente. »

Alors que je me levais, une nouvelle vague d’information fit son retour. Encore …

« Hum … Nagamasa, Baba, désormais, peut importe la légitimité du sang, que vous en soyez le dépositaire ou non, vous êtes parvenus à bout de ma patience. Puisque vous vous murez dans le silence, j’en ai terminé avec vous. Je ne dirais pas que j’ai été ravis de nos échanges mais au moins ils ont eu le mérite d’être constructifs. Et pour la suite, je doute que cela vous soit utile, mais si l’envie de discuter vous vient enfin, vous savez comment me le faire savoir. »

Me levant de cette vieille chaise en bois, d’un geste de la main j’invitais Kisuke à me suivre, quitter cette geôle. Une fois hors de portée d’écoute du prisonnier, je me tournais vers el Hyuga.

« Une perte de temps tout cela … »

Avec ces quelques mots, approchant d’une torche fixée au mur, je brulais le parchemin contenant le cadavre, scellant à jamais ce corps.

« Retournons à mon bureau, nous avons encore des choses à faire avant de rédiger le rapport de cette mission. » dis-je avant de me tourner vers Dairiseki le garde présent.
« Renforcez la sécurité autour de notre prisonnier. Qu’il continue à être traité humainement mais qu’aucun confort supplémentaire ne lui soit accordé. »

Sur ces mots, je prenais le pas vers mon bureau ayant deux tâches à réaliser avant d’en finir avec tout cela.

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Hyûga Kisuke
Hyûga Kisuke

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Mer 12 Jan 2022 - 16:08
...

Comment résumer cette folie incohérente qui faisait face à lui ? L'Homme avait tout de l'échappé de l'asile, ou du drogué qui avait abusé de substances hallucinogènes. Rien ne laissait entrevoir la moindre logique dans son discours confus et remplis de contradictions. Si cette personne était un haut dignitaire d'un pays... et bien, ce pays était destiné à la guerre, la destruction et la ruine. Le meilleur cas pour Tetsu était véritablement que tout ceci ne soit qu'un mauvais rêve. Car ce "seigneur" semblait avoir autant de jugeotte qu'un Académicien iwajin. Il pouvait comprendre d'être émotif en apprenant l'hospitalisation d'un être proche, mais une telle explosion était incohérente.

Kisuke ne s'était pas attendu à ce que des informations tombent du ciel toutes seules, non. Et il était secrètement content que Teruyo n'ait pas recourt à la torture ou au cadavre scellé dans le sceau qu'il allait devoir rapport à l'Hopital. Il préférait un échec qui ne donnait rien plutôt que devoir enfreindre ses codes morals. Mais il avait espéré avoir en face de lui un être humain capable de dialogue.

Kisuke dut se retenir de ne pas s'esclaffer de rire devant la menace du tetsujin. La guerre ? Vraiment ? Une telle menace pour se sortir de prison, c'était vraiment la chose la plus décrédibilisante à faire pour ce jeune prisonnier. Alors que personne ne savait sa présence ici ? Alors que son identité n'avait toujours pas été établie et qu'il n'y avait vraisemblablement aucun lien entre les Taira ou les Nagamasa ? Alors que la dernière fois que tetsu avait pris les armes contre eux, leur affrontement avait tourné au massacre et à un palais à moitié détruit ? Des rapports de la guerre, la seule perte côté iwajin avait été l'Amazone Hisa. Ce qui était triste, bien entendu - elle avait été bien trop jeune pour partir. Ce seigneur Oushi ne semblait pas au courant des rapports de force extrême qu'il y avait présentement.

Le pays du fer n'avait pas de chance de son côté.

Teruyo pris parole et donna son point de vue. Kisuke regrettait un peu que son sensei décidait seulement maintenant de faire preuve d'un soupçon de remord pour la façon dont cela avait commencé. Oui, Teruyo aurait pu avoir une approche un peu différente au début de l'interrogatoire, mais foncièrement Kisuke lui donnait raison. Cela avait été une perte de temps.

Vaniteux ? Alors que vous vous estimez au-dessus de tous les autres. Prétentieux ? Alors que vous menacez de guerre sans logique, et que votre discours ne consiste qu'à critiquer les autres. Meurtrier ? Mon cou ressent encore l'étau de votre main sournoise. Je crois qu'il est temps pour vous, seigneur Oushi, de vous poser certaines questions. J'aurais espéré vous faire comprendre que la moindre information aurait pu nous donner des chances de vous libérer, mais votre attitude actuel...

Il soupira et secoua la tête. Véritablement, il avait tenté d'aider ce jeune homme. A lui faire comprendre. Mais devant ce mur, il n'y avait plus grand chose à tenter, pour le moment. Il espérait que la raison lui viendrait. C'était sa meilleure chance de survivre et de pouvoir rentrer à Tetsu.

Lorsque vous serez disposez à la raison, rappelez-nous. Aurevoir.

Il suivit son sensei qui - bizarrement - se mit à brûler le sceau avec le cadavre dedans. Comme ça, sans raison. Kisuke essaya de lui hurler d'arrêter - mais c'était trop tard. Sans doute la frustration de cet interrogatoire ?

... Je crois qu'on aurait simplement pu le rapporter à l'Hopital, non ? Je veux dire, ils en ont pas besoin pour enterrer la dépouille ou entrainer leur étudiant en médecine ? Teruyo-sama, je vous prie de faire attention avant de détruire ce qui appartient au Shishiza. Je ne fais pas encore partie de cette branche d'iwa, mais je peux vous assurer qu'ils ne prendront pas amicalement la destruction gratuite de leur bien, et potentiellement retirer à des personnes la possibilité de faire leur deuil. Faites plus attention à l'avenir.

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Lun 17 Jan 2022 - 21:45
Le duo Tetsujin:

Le chakra pouvait changer bien des choses, comme le cours du monde.

Mais pas celui de la vie elle-même.

Certains voyaient la mort comme une lourde punition. D'autres, comme une rédemption. Mais Hatakeyama Kasasagi, elle, ne ressentait que de la déception dans cette chute vers la perdition. Celle qui avait toujours tourné le dos à l'abjuration, entretenu ses convictions et refusé que l'honneur ne soit pour elle ou pour son élève qu'une option. Désormais, voilà que ses souvenirs et ses sentiments se rendaient à l'évidence de sa condition, sous la menace de l'abolition et l'arrivée d'une nouvelle ère. Celle de sa proche et imminente disparition. Celle du legs de ses fortes ambitions. Celle de la fin de cet abandon et de son horrible sensation. Les mots, les bruits, les lumières, les chaleurs et les odeurs ; tout devint murmures, souvenirs ainsi que vibrations. Des crispations, comme les dernières dont son cœur voulait bien faire don avant une ultime palpitation.

La prisonnière, jadis guerrière, avait fermé ses paupières. Pour rejoindre autre chose que cette réalité trop amère. Et revoir le visage de Baba Oushi une dernière fois, lui qui avait éclairé les pavés de son chemin avec sa candide lumière. Dans la salle, les faciès se fermèrent. Au même titre qu'à la tombée d'un si morbide constat, les gorges se serrèrent et se nouèrent. Parce qu'eux, les infirmiers et le clone de Miyamoto Teruyo, ils ne venaient de perdre finalement qu'un patient ou une étrangère.

Pendant que le Samouraï, lui, se séparait d'un être cher.

Pendant que vous, vous vous moquiez de son avertissement à la guerre.

Mais vos réactions, il n'en prit guère compte pour mieux affronter ce deuil trop sévère. Les lueurs de la sortie se refermèrent et s'achevèrent, en même temps que, dans la noirceur de cette solitude, ses yeux se cloisonnèrent. Du début à la fin, Baba Oushi avait le sentiment d'avoir respecté à la lettre ce qu'il considérait être l'empreinte d'honneur de sa devancière. Afin qu'en retour, il ne finisse que par la perdre et par demeurer esseulé, loin de ses terres. Une toute dernière fois, son visage chercha à sortir des ombres de sa cellule pour abandonner un regard à la seule chose qui lui rappelait sa liberté arrachée comme son honneur piétiné ; une artificelle et pauvre lumière. Une faible mais chatoyante lumière, qui lui rappelait l'espoir d'être libéré et de rendre justice qu'il ne pouvait malheureusement plus satisfaire. Un espoir qu'il laissait dorénavant derrière.

Peut-être pour qu'un autre le récupère.

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Miyamoto Teruyo
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Mar 18 Jan 2022 - 21:46

C’était une profonde lassitude qui m’envahissait, tout clone que j’étais. Nulle tristesse dans mon regard, après tout, même si la vieille samouraï avait lâché son dernier soupir entre mes mains, elle n’en restait pas moins notre prisonnière et je ne la connaissais pas plus que les instants d’avant. D’une certaine manière, c’était le cycle de la vie, même si cette dernière se jouait de nous dans les pires moments qu’il soit.

En silence, je me levais de ma chaise, laissant tomber ce bras sans force sur le lit. Fouillant dans ma besace, j’en sortais un parchemin vierge, l’un des nombreux que j’avais et après quelques mudras simples d’apparence pour moi mais surement bien plus complexes pour les témoins de la scène, je scellais le cadavre dans le vélin, préservant ainsi la prisonnière des affres du temps, son corps pouvant potentiellement servir à d’autres desseins.

Alors que je quittais la pièce sans un mot, mon regard balaya la pièce et l’équipe médicale présente avant que je ne prenne la parole, m’arrêtant sur le pas de la porte.

« On parvient à créer des greffes, on soigne des shinobis transpercés, brulés, parfois proches de la mort, on retire du poison des organismes et on n’est pas capable de soigner une pneumonie … »

Sans un mot de plus, je quittais l’hôpital, me dirigeant à nouveau vers la prison.

--------------------------

Baba Oushi s’était muré dans le silence. Emprunt d’une certaine colère intérieure, j’en avais détruit le parchemin contenant ce corps qui devaient servir à œuvrer de la pire manière que je l’envisageais. Les choses ne s’étants pas passées comme je l’imaginais, détruire le bout de papier était pour moi comme un exutoire, un moyen de me dire que ceci était derrière nous. Malgré tout, Kisuke n’avait pas cette même vision des choses et ce même ressenti que moi, chose tout à faire compréhensible.

« Ah … euh … Oui. » finis-je par dire devant les reproches du genin.

Que pouvais-je dire d’autre après tout. Je m’étais laissé allé à un certain désarroi, j’en était le fautif. Pour autant, cela ne m’émouvait pas particulièrement. Si les paroles du pharmacologue sonnaient justes, le corps disparu n’était pas non plus une perte capitale pour le village.

« Quant au Shishiza, ne t’en fais pas pour eux, je m’occuperai de leur expliquer la situation. »

Sur ces paroles, invitant le genin à me suivre, nous quittions la prison afin de retourner à mon bureau et terminer cette affaire. Ce fut sur le chemin que notre clone, passant à proximité de nous nous rattrapa. Sans un mot, il me fit donc du parchemin scellé avant de disparaitre, libérant ainsi toute son expérience et son flot d’informations.

« Hum … je vois. La vieille samouraï est morte de sa pneumonie, ils n'ont pas réussi à la sauver. J’ai scellé son cadavre si besoin. Continuons. »

Finalement dans mon antre, un thé chaud entre les mains, assis à mon fauteuil habituel, une place en face de moi offerte au pharmacologue, je soufflais quelques instants, de lassitude et non pas pour refroidir mon nectar herbacé, après quelques gorgées, je me tournais vers Kisuke.

« Bien. Avant de finir, je te laisserai faire le rapport, il y a plusieurs choses à faire. La première s’assurer que les menaces de Oushi ne soient pas sérieuses. Pour cela, il va falloir augmenter le nombre de patrouilles en surveillance de la frontière avec Tetsu. En complément, je vais également faire surveiller par le Sazori ce garde qui s’est avéré bien trop émotif et bien trop proche de la vieille samouraï. Je ne voudrais pas qu’il ait l’envie de se racheter d’une manière ou d’une autre. Il sera réaffecté à un poste de garde dans le village et n’en sortira pas avant un bon moment mais je préfère prendre toutes mes précautions. »

Après avoir signé et tamponné ces deux ordres, je sortais une nouvelle feuille, posant ma plume devant moi, réfléchissant de longues secondes avant de poursuivre.

« Et enfin, Tetsu. Je voyais ce moment approcher, mais pas comme ça. Il est temps de faire entrer la Princesse dans l’équation. » terminais en commençant à écrire ce fameux courrier.

Courrier scellé pour la Princesse de Tetsu a écrit:
Honorable Princesse de Tetsu no Kuni,

Je me présente, Miyamoto Teruyo, membre du Triumvirat d’Iwa en charge des relations diplomatiques. Si mon nom ne vous dit rien, je suis certain que vous vous souviendrez de l’homme qui vous a laissé cette missive sur le rebord de la fenêtre du palais lorsque nos deux nations se sont affrontées.

En ce temps, malgré la situation dans laquelle nous étions tous, j’ai toujours eu à cœur d’œuvrer pour une paix entre nous. Si du temps a passé depuis, les rancœurs elles peuvent perdurer. Pour autant, je suis persuadé que nous avons tous à y gagner à ce que nos pays cessent de se déchirer.

Si je vous fais part de cette missive aujourd’hui, c’est pour que nous puissions aller de l’avant et mettre en œuvre les actions nécessaires pour une paix durable. Si aujourd’hui, l’Homme au Chapeau est une menace pour le monde, vous le savez tout aussi bien que moi, il en est une plus proche encore qui vous affecte.

Nous avons récemment déjoué un complot qui visait votre personne, un complot orchestré par des membres de votre propre nation. Face aux menaces extérieures, face aux menaces intérieures, nous ne devons plus être seuls, nous devons aujourd’hui œuvrer de concert pour être plus forts ensembles et tracer une nouvelle voie où Tetsu et Iwa marcheraient côte à côte.

Je sais que la confiance entre nous sera difficile à atteindre, c’est pourquoi, je vous propose une rencontre sous la protection du grand arbre de Taki, capitale du pays des Cascades.

Je vous prie Princesse, d’agréer l’expression de mes hautes considérations.

Miyamoto Teruyo
Membre du Triumvirat en charge des relations diplomatiques
Jonin du village de la Roche

Scellant le courrier à la cire, ne laissant pas au genin en face de moi le loisir de le lire, je faisais appel à l’un des gardes à l’extérieur avec pour mission de faire envoyer la missive par les voies officielles dans les plus brefs délais. Ce chapitre était désormais terminé, mais notre livre lui était encore à finir.

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Hyûga Kisuke
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Mer 19 Jan 2022 - 14:45
Teruyo s'excusa de son geste impulsif, avant d'annoncer une mauvaise nouvelle. La femme qu'il avait vu, il y avait à peines quelques minutes de cela, venait de trouver la mort. C'était bien rapide. Sa constitution avait été plus fragile que ce qu'il aurait pu croire de son corps sculpté par des années de guerres, et sans doute aussi d'entrainement. Mais ainsi était faite la vie. Elle s'arrêtait parfois en un claquement de doigt. Que le taisho scelle son cadavre... il n'y voyait pas nécessairement cela d'un bon oeil. Il lui fit une remarque là-dessus. Simplement.

Paix à son âme. J'espère qu'elle aura vécue une vie satisfaisante. Il faudra être ouvert, à un moment, à restituer ce cadavre à sa famille. De manière évidente, pas à faire tout de suite non plus.

Ce qui n'était pas évident, quand son seul parent connu était en prison, avec des idées très tronquées de la vraie vie. L'Apothicaire soupira. Cette nouvelle voulait dire quelque chose d'autre, bien entendu. Cela voulait dire que le Seigneur Oushi ne leur parlerait plus jamais. C'était une évidence, désormais.

.. Si elle est décédée, alors notre prisonnier ne parlera plus. Je le crains.

Teruyo se mit à déclarer toutes ses mesures qu'il comptait prendre. Si certaines étaient parfaitement adaptées, Kisuke avait par contre une remarque à faire sur l'une d'entre elle. Son sensei ne lui avait pas véritablement demandé son avis. Néanmoins... était-il le seul pour lequel ces instructions semblaient trop unidimensionnelles ? Il préférait parler. Parler et encore parler, plutôt que de se taire sur ce qui lui apparaissait comme évident.

Est-ce réellement nécessaire d'augmenter les patrouilles ? Est-ce que cela ne risque pas, justement, de prouver à leur yeux que nous avons des intentions belliqueuses ? Parfois, le meilleur camouflage est tout simplement rien faire de plus que d'habitude. Il y a déjà des tours de gardes, construites à l'époque pour anticiper la guerre avec Tetsu. Elles sont toujours utilisées et je pense qu'elles sont suffisantes. Le mieux serait de surveiller ce garde et les personnes qui ont interagit avec le prisonnier. S'assurer que personne ne vient de Tetsu dans ces gens-là. Ou n'a de famille dans ce coin-là. Mais soit, je ferais en sorte que le nécessaire soit fait, pour le rapport.

Kisuke fit un salut à son sensei avant de repartir. Il avait dit ce qu'il avait à dire à son sensei.

Il aurait put lui faire un seul reproche, au début de l'interrogatoire. Mais au final, il n'avait que peu d'expérience dans ce domaine-là. Ce n'était point sa spécialité. Tous ces efforts... Mais qu'importe. La prochaine fois, il mettrait au point une drogue pour aider ces interrogatoires tout simplement. Pour s'assurer que ces jeunes, comme ce Seigneur, ne finissent pas pour rien dans les geôle d'iwa. Ou pire. Il eut un frisson. Sans doute aurait-il du aussi préparer une drogue pour faire une amnésie rétrograde. En donner à tous ces gardes permettraient de mieux contrôler l'information qui véhiculait dans la prison. Des idées pour le futur, pour d'autres interrogatoires auxquels il ne participerait pas.

Il était temps de revenir à la vraie vie.
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Interroger le Fer [B - Teruyo]

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