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Rédemption [Libre]

Nō

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Mer 4 Aoû 2021 - 1:26
La brume matinale léchait, ophidienne, les rues du village caché de Kiri. L’aurore gratifiait encore les plus matinaux de ses rayons doux, réconfortants par ce morne matin d’automne de l’année 204. Triste saison pour la vie, lorsque les bêtes préparaient leurs stocks en prévision de l’hiver, lorsque les arbres se dénudaient de leurs habits de feuillages pour dévoiler au monde la véritable apparence – sinistre – de leurs corps nus. Tout aussi sinistre était la silhouette qui déambulait, tout emmitouflée qu’elle était sous son durumagi et coiffée d’un gat sans transparence. Le visage de cet anonyme, derrière son voile sobrement brodé d’un motif oculaire, surprenait les passants au moindre coup de vent dévoilant son horreur véritable ou supposée. Elle était loin, la dernière fois que Narotama avait foulé le sol des terrains d’entraînement autour du Grand Dojo.

Le Raiden s’était fait rare, ces derniers temps, pour des raisons que la plupart ignoraient. C’était un garçon assez secret, après tout, même avant de « disparaître ». En ce qui le concernait, l’épée dans son dos ne lui avait jamais semblé aussi lourde. Être l’un des Sept Epéistes, c’était bien un honneur dont beaucoup rêvaient. S’ils savaient tous, cependant, à quel point il était dur, parfois, de continuer à porter sa lame, les plus avisés choisiraient sans doute de fuir cette idée pour embrasser le confort d’une vie plus simple. Il avait le dos presque courbé, en entrant sur les terrains. Ici et là, des shinobis assidus s’entraînaient déjà pour tenter de transcender leurs limites. Des idéalistes et des acharnés. Nō en avait été un, un jour. Il l’était sans doute encore, acharné mais pas plus idéaliste qu’une pierre, pour revenir en ces lieux. Le Mizukage, anciennement son chef d’équipe, avait été suffisamment clair sur les conséquences de son absence, si elle venait à se prolonger. Il finirait par devenir un poids pour les Sept, le perdant que la Brume ne saurait cacher, et devrait se retirer de son rôle. Bizarrement pour un membre de sa famille, cela lui fit l’effet d’un électrochoc. Après toute la souffrance endurée, les épreuves à n’en plus finir, le sang et la sueur, c’était peut-être un peu par lâcheté qu’il avait décidé de se soumettre aux conseils de son sensei.

Seul, et sans raison apparente, le jeune homme se mit à secouer vivement la tête comme pour chasser ces idées par les oreilles. Comme si cela suffisait. Une lame émoussée pouvait s’affûter à nouveau. Qu’en était-il d’un guerrier ? Il savait la différence abyssale de niveau le séparant des autres Epéistes. Ceux-là n’avaient pas négligé leur entraînement pour des raisons annexes. Ceux-là n’avaient pas disparu face à leurs responsabilités. Le Balafré en avait fini de s’apitoyer cependant. L’existence était un jeu étrange, dans lequel pour triompher il fallait parfois embrasser les injustices les plus crasses. Au final, c’était avec beaucoup de philosophie, et une névrose encore puissante, qu’il abordait la reprise de ses activités. A quoi d’autre pouvait-il seulement servir, après tout ? Savait-il seulement encore tenir son arme ? Savait-il encore aborder un adversaire sans le craindre ? Rien n’était plus sûr. La cicatrice qui lui dévorait le visage, celle qui lui rappelait chaque jour son échec, ne lui laissait plus tenir que des certitudes de papier.

Long soupir – distinctif, peut-être de bonne augure – et le Xanthe tire la lourde Hiramekarei de son dos, le bras quasiment emporté par son poids considérable. La momie aux deux gueules acérées lui semblait comme frétillante, comme lors de cette première fois sur l’île d’Ue. Cette fois où la monstruosité ichtyoïde qui habitait cette arme s’était révélée dans son entière et terrible inhumanité, pour défier le jeune homme de prouver sa valeur face à elle. Il ne put retenir un sourire, révélant ses dents semblables à celles d’un requin, typique des Sabreurs, derrière le voile à l’œil qui dansait une furieuse tarentelle au bon gré d’Eole. Lui-même ne savait dire la provenance de ce rictus, fut-il nerveux, heureux ou encore plus animal, splanchnique.

Avec une minutie de copiste, Nō entreprit de défaire sa compagne des bandelettes qui la maintenaient dans le noir. Il y avait bien longtemps qu’elle n’avait plus vu le jour, elle non plus. Il ne restait plus qu’à savoir si leur exploration des ténèbres fécondes de l’esprit accoucherait désormais d’un semblant de lueur dans l’éther. Ici et maintenant, Raiden Narotama prenait un nouveau départ.

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Shinkyou Haku
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Sam 7 Aoû 2021 - 1:21

Shinkyu Haku, une genin bien ordinaire aux bizarreries assez hors de l'ordinaire. Cette genin aux excentricités bien à elle avait rejoint le village caché de la brume après avoir erré des années durant sur les routes du Yuukan. Du pays de la griffe, sa terre natale, jusqu'aux hauteurs ennuager de Kaminari no Kuni. En vrai, son passeport hypothétique avait été marqué du sceau d'à peu près toutes les nations de ce monde, si ce n'est le pays de la neige et celui du rempart. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, mais divers événements, récit pour une autre fois, lui avaient bloqué le chemin.

Au coeur de ses déplacements, alors qu'elle errait au gré du vent de la vie, elle avait entendu mille et une histoire et fable en tout genre. C'était devenu un passe-temps pour elle. Elle appréciait les soirées sur le bord d'un feu, accompagnant une troupe marchande et écoutant les diverses légendes des pays qu'elle visitait. Elle en avait entendu de toutes les couleurs et, si elle était amenée à en compter quelques-uns, sans doute en mélangerait-elle plusieurs.

Parmi les multiples histoires qu'elle avait entendues, celle des légendaires sabreurs du pays de l'eau l'avait fait rêver dès les premiers instants. Véritable fable traitant de la ténacité des manipulateurs des lames à pouvoir pourfendant la vilenie qui s'était installée au pays de l'eau et fondant le village caché de la brume. Elle avait toujours été attirée par ce clan, et ce, avant même de mettre les pays à Kiri. Ce n'est pas pour rien que l'une des premières choses qu'elle fit eut été d'aller assister à un cours donner par l'une des légendaires sept, Mawehara Miyuki.

De cette rencontre en était ressortie, chez Haku, un désire de se joindre au rang de clan, d'apprendre la manipulation du sabre et, un jour, de faire partie du conseil des sept et de manipuler son propre sabre à pouvoir. Elle avait encore du pain sur la planche, mais n'avait absolument rien d'autre à faire de sa vie - non, de son existence - que de se dédier corps et âme à ce projet.

Ainsi, elle avait décidé d'assister aux multiples cours qui se donnaient dans le grand dojo et c'était devenu une routine pour elle. Tous les matins, elle se levait de cet endroit miteux qui lui servait de chez soi, elle avalait la première chose qui lui tombait sous la main et fonçait en direction du grand Dojo. Les seules journées où elle avait été absente avaient été dues à une affectation quelconque à une mission. Chaque jour, elle empruntait le même chemin. Chaque matin, elle foulait les mêmes dales du village et saluait les mêmes villageois qu'elle rencontrait.

Elle arrivait toujours au dojo et y saluait la plupart du temps les mêmes têtes. Cette fois-ci, par contre, un détail attirait l'oeil aiguisé de l'Éphémère. Ses pupilles de jais se posaient sur une tête blonde qu'elle voyait pour la première fois. Bien entendu, elle croisait de nouveaux visages tous les jours et le sien, il était franchement assez banal pour un shinobi - les balafres étant monnaies courantes.- En réalité, ce qui avait attiré son attention était l'arme géante qu'il portait sur son dos. Prête à le faire crouler sous son poids, il se déplaisait avec aisance et habitude.

Curieuse, elle s'était mise à suivre celui qui avait attiré son attention. L'Innexistante avait un don pour ne pas se faire remarquer, ayant même la capacité de devenir elle-même la brise, s'il fallait que celui qu'elle traque se rende compte de sa présence. Elle avait ainsi pu assister au dévêtissent du sabre béant qui faisait nécessairement de son porteur, l'un des sept sabreurs légendaires. Curieuse, elle s'avançait vers l'homme, laissant tomber les ombres et elle fixait la quelle de la bête d'un regard intrigué.

Posant ensuite ses pupilles sur son porteur, elle conçoit une mèche de ses sombres cheveux derrière son oreille.

[Haku] - Tu sembles être un membre du conseil, mais tu n'es pas connu. Pourquoi ?

Directe, Haku s'était renseignée sur l'identité des sabreurs légendaire. Bien entendu, ce statut venait avec une certaine renommée, mais elle ne se souvenait pas d'avoir entendu parler d'un blond à la lame béante.
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Nō

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Sam 7 Aoû 2021 - 6:38
Il n’avait pas encore fini son petit rituel lorsque la voix féminine l’interpella. Nō n’avait pas remarqué l’Ephémère, qui le suivait jusqu’ici, chose rare malgré tout car il était généralement assez prudent lors de ses déplacements. Statut de soldat de la Kenpei obligeant. Le jeune homme prit le temps de retirer le chapeau qui dissimulait à moitié la balafre occupant le côté gauche de son visage, et de laisser tomber le durumagi avec nonchalance, restant en simple tenue de combat. Le lieu laissait après tout présager que son accoutrement d’auparavant n’était pas le plus adapté. Il dévisagea la Genin sans la reconnaître, lui non plus. Rien d’étrange à cela après tout, on croisait de nouveaux visages chaque jour, au village caché dans la brume. La question d’Haku était légitime du reste, car il était en effet anormal qu’on ne sache pas qui siégeait ou non au Conseil des Sabreurs, institution regroupant ceux qui étaient considérés comme les meilleurs épéistes de leur génération, à l’esprit aussi affûté que l’était leur sabre car il fallait, pour en être, survivre à l’épreuve des lames. Un exploit qui n’était certes pas donné à tout le monde – et bien moins encore d’y triompher – quoi qu’on en dise. Tout cela justifiait peu ou prou le mysticisme autour des gens de sa caste, et la sélectivité élitiste que l’on imposait aux apprentis, puis aux disciples.

L’inconnue semblait bien renseignée, et malgré la renommée des Epéistes Légendaires, ce n’était pas le lot de tout le monde, même chez les shinobis, de connaître l’ensemble des Sept. Moins un membre, dans le cas de la jeune femme. Et il y avait des raisons bien précises à cela. Narotama, premier né du Clan Raiden, enfant adoptif de Mizu, avait pris quelques vacances, si l’on pouvait ainsi les qualifier, suite à un incident resté confidentiel. Et Nō entendait bien qu’il conserve son caractère occulte un moment encore. Il se contenta d’opiner du chef dans un premier temps, son éternel sourire en coin revenant fendre un visage jusqu’ici morne. Il avait perdu l’habitude de la « célébrité », fut-elle limitée, et n’était plus usager des aspirants kendoka friands de conseils ou de démonstrations martiales. Nō savait tout de suite dire, à la posture adoptée par son vis-à-vis, qu’Haku avait de la bouteille. Pas nécessairement une grande maîtrise des arts ninjas, mais au moins une certaine expérience de la vie. Ce genre de choses se ressentaient, entre balafrés. Si l’Ephémère n’accusait aucun défaut physique, loin de là, quelque chose de sous-jacent trahissait des cicatrices invisibles chez elle.

« J’ai été occupé ailleurs pendant un temps, lui répondit sobrement le porteur de l’épée jumelle, avec sa manière toute personnelle de suspendre un silence entre deux phrases aussi évasives soient-elles. Je suppose que tu fréquentes le Grand Dojo, pour être si bien renseignée. »

Le Raiden n’alla pas au bout de sa pensée, évitant de lui demander si elle entendait se former au kenjutsu afin d’accéder au rang des Sabreurs, un jour. Il pensait savoir déjà la réponse, et imaginait que si la jeune femme l’avait suivi jusqu’ici ce n’était pas non plus anodin. La Brume regorgerait toujours de talents prêts à remplacer les anciennes générations, bien qu’Haku passait pour avoir un âge proche du sien. Cela faisait longtemps qu’il ne s’était plus consacré à l’épée, aussi ne savait-il pas si le Dojo avait accueilli de nouveaux éléments prometteurs depuis la pause prise dans son entraînement.

« Je suis Narotama Raiden, mais on m’appelle Nō. J’ai été choisi pour être le porteur d’Hiramekarei, lance-t-il par anticipation, se disant que la Genin aurait envie de mettre un nom sur la nouvelle tête qu’elle venait de rencontrer. Après tout, c’était manifestement le fait de ne pas le connaître, en tant que membre du Conseil, qui avait piqué sa curiosité. Comment t’appelles-tu ? » conclut finalement le jeune bretteur, tout en empoignant l’épée Limande, la soulevant du bras gauche avant de la laisser délicatement retomber sur son épaule, position plus pratique. Il y avait une aisance déconcertante dans sa manière de tenir son arme, malgré le poids conséquent de celle-ci et le manque d’entraînements récents d’intensité suffisante. En outre, Hiramekarei était comme certaines autres épées détenues par le Clan, bien différentes de celles de Miyuki ou du Mizukage en cela qu’elles accusaient des proportions inadaptées au corps humain. Le porteur de Samehada, troisième des Epéistes Légendaires, dont l’arme était l’antithèse parfaite de la sienne, était un autre de ces Sabreurs dont une partie de l’entraînement avait dû consister en l’adaptation de ses capacités physiques aux contraintes d’une arme trop lourde. Samehada et Hiramekarei partageaient par ailleurs leur réputation sanguinaire. Alors que le vent soufflait sur le terrain d’entraînement, le fils des maîtres de la foudre observait les réactions de l’incarnation du Zéphir, qui lui semblait dégager un quelque chose d’étrange derrière les apparences. Son sourire, à lui, dévoilait les dents de squale qui occupaient sa cavité buccale. Des dents à croquer la fortune et l’infortune avec elle.

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Shinkyou Haku
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Dim 8 Aoû 2021 - 4:31
[Haku] - Enchanté, Narotama Raiden de la brume ! Je suis Shinkyou Haku de la griffe. Préfères-tu que je t’appel Nô ?

Répondit-elle d’une voix apaisée. Ses pupilles sombres se perdaient dans le regard de son interlocuteur. Quelques instants plus tard, il lui dévoilait être le porteur d’Himakarei. Ce n’était pas un nom qu’elle avait entendu, en fait, elle n’avait pas la moindre idée du genre de sabre que portait les sept membres du conseil.

[Haku] - Tu supposes bien. J’ai rencontrée Mawehara Miyuki, il y a quelques jours et j’ai décidée de commencer mon apprentissage du Kenjutsu.

Elle regardait la paume de sa dextre, pleine de callosité encore enflammé. Certaines avaient même percé, d’autre était encore pleine de liquide, prête à exploser au moindre effort. Elle refermait et ouvrait sa main, chaque contraction et expansion des muscles de son membre porteur de sabre envoyait une pulsation douloureuse à son cerveau.

[Haku] - Je ne suis pas très bonne, mais je suis consistante. Comme toi ! Peut-être parviendrais-je à rejoindre le conseil ?

Bien entendu qu’elle rêvait de se joindre au sept sabreur légendaire. Tous les membres du dojo partageaient ce rêve, ce désire, mais si peu réussissait. Investissait-elle une grosse quantité d’énergie dans un projet utopique qui ne verrait peut-être jamais le jour ? Serait-il plus simple, pour cette enfant de la brise, de se concentrer sur ses arcanes zéphyriens ?

Après tout, n’était-il pas plus efficace et plus simple de travailler sur ses forces – quoi que son absence de contrôle sur son élément se rapprochait plus de la faiblesse – que de s’éparpiller aux travers de multiple idée.

[Haku] - Me permettriez-vous de vous poser quelques questions sur le rôle d’un membre du conseil ?

Ce n’était pas le genre de chose sur quoi elle avait réfléchie dernièrement et plus elle encré ce désir de se joindre au conseil, plus les questions se multipliaient dans son esprit. Cependant, avant que son interlocuteur n’ait le temps de lui répondre, une brise frappa Haku, déconcentrer par la présence d’une arme aussi imposante et son bras, alors qu’il entrait en contact avec le vent, se décomposait dans son élément pour disparaitre. C’était toujours un drôle de sentiment, pour cette éphémère qui visiblement n’avait pas la maîtrise sur son propre corps.

Rassemblant toutes ses forces, elle reprit un semblant de contrôle, elle ramenait petit à petit son bras dans sa forme physique et l’encrait dans sa psyché, lui demandant un certain effort.

[Haku] - Désolé, ça arrive parfois !
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Nō

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Dim 8 Aoû 2021 - 12:29
Shinkyou Haku, c’est ainsi que se présenta l’Éphémère à celui qui maniait l’épée ichtyoïde. Nō semblait avoir vu juste la concernant. La native de la Griffe était, sans surprise, une de ces kendokas dont l’objectif final était d’intégrer les rangs des légendaires Sabreurs. Parmi toutes les légendes de ce monde, aucune d’elle n’échappait à la règle de la relativité : toujours, et en tout temps, il y avait, comme on dit, à boire et à manger dans la réputation que tenaient certaines castes. Les Épéistes de la Brume n’étaient pas épargnés face à cette loi du monde. Toutes les cultures, aussi éloignées soient-elles, partageaient le fait d’avoir leur propre panthéon héroïque. Souvent des guerriers hors du commun ou de grands sages à la clairvoyance transcendante, ces héros du passé ne l’étaient devenu que par leur hargne toute humaine, leur hubrys les ayant fait défier les Empires et les Dieux. Le monde des Shinobis était particulièrement ancré dans ce phénomène-ci. Les combattants sacrifiés sur l’autel de la gloire avaient montré un pouvoir capable de changer l’histoire à lui seul. Certains hommes et certaines femmes tenaient à peu de choses près le destin des Nations et des peuples. La Nature n’avait pas inventé l’égalité mais la loi de la suprématie. S’élever au dessus de tous le reste du règne du vivant, c’était la capacité de ces monstres que l’on érigeait en parangons de gloire et de force. Nō ne savait pas, cependant, si les personnes d’exception ne naissaient pas déjà exceptionnelles.

« Enchanté, Haku. Tu peux m’appeler Nō, ce sera plus simple. » Lui répondit avec, toute la sobriété qu’on lui connaissait, le natif du pays de la pluie. Kiri lui rappelait parfois son Ame no Kuni natal. Il n’avait que quelques bribes de souvenirs de cette époque où le Clan Raiden était glorieux, bien à sa manière. Cette époque où ils devaient se battre également, car Ame n’avait rien à envier au pays de l’eau d’avant la purge.

Cette vie l’avait forgé, quelque part. Devoir fuir le pays de la pluie du fait d’une concurrence plus puissante à leurs activités, traverser le Yuukan et choisir Mizu de façon délibérée, pour y élever leurs enfants encore si jeunes... Nō se demandait parfois si son père n’avait pas cherché à le façonner ainsi. À faire de lui un être, s’il n’était pas des plus puissants ou doués, résilient devant toute horreur. Le Clan Raiden était tristement célèbre, autrefois, pour ses trafics d’armes au pays de la pluie. Clan nomade confiné aux frontières très limitées de la Pluie, les lames qu’il produisait étaient connues pour être aussi tranchantes que la foudre. Pour cause : les membres de son Clan naissaient tous avec une affinité pour le Raiton. Ce particularisme génétique leur avait permis de développer une technique de forgeage non pas au feu, mais à la foudre. Les armes qui en ressortaient étaient d’une qualité somptueuse. Mais la plupart des membres de sa famille avaient été massacrés - les affaires sont les affaires - et les voilà qui débarquaient à Mizu. Narotama fut initié au Kenjutsu par son père, sur les routes qui les menèrent à leur destination finale.

Ici, au pays de l’eau, la criminalité était aussi un problème, et c’était euphémiser que le dire ainsi. Nō, en tant qu’aîné, devait apprendre à défendre les siens car il savait bien la propension de l’homme à tuer son congénère. Après tout, plus on se tuait, plus sa famille gagnait d’argent, le concernant. C’était cette vie là qui l’avait préparé à rejoindre les rangs des Sabreurs. Il vit ces bretteurs d’exception annihiler la plupart des gangs gangrenant le pays pour y bâtir un lieu de paix et de puissance, une autorité politique qui sache tenir un pays comme Mizu. Lorsque Kiri fut bâtie, ils la rejoignirent sans surprise et Nō poursuivit son apprentissage au Grand Dojo. Kiri l’avait fait comme il était aujourd’hui. Alors l’épithète « Narotama de la Brume » qu’employait Haku lui plaisait bien, dans le fond.

« Miyuki est une grande épéiste, et elle ira très loin. Senritsu est un sabre particulièrement versatile. Tu ne pouvais rêver meilleur professeur, lâcha le jeune homme qui continuait de jauger la jeune femme du regard. Rejoindre le Conseil est quelque chose qui n’est pas donné à tout le monde. Sois consciente que la force ne suffira pas. Si là-dedans, et il tapote de l’index sur sa propre tempe, ça ne suit pas. Mais la persévérance sera ta plus grande arme, et je serais ravi de te voir un jour siéger au Conseil avec nous autres. »

Le Sabreur ne manqua pas de remarquer ce qu’il se passait avec le bras de l’Éphémère. Shinkyou Haku avait ainsi son petit secret. Une assimilatrice, visiblement de l’élément du vent. Un pouvoir ô combien puissant. Ceux qui étaient capables de se changer ainsi en l’un des éléments dont les shinobis avaient la maîtrise étaient de redoutables combattants, insaisissables, à la limite de l’immortalité. Mais la Genin aux cheveux de jais et au regard aussi sombre qu’une nuit d’orage semblait ne pas encore avoir la maîtrise de cette puissance. Il ne put s’empêcher de sourire face à cela. Ça lui rappelait son initiation - longue - avant qu’il ne parvienne à réellement maîtriser son épée. Et sa prise de conscience sur les possibilités qu’elle offrait était encore récente après tout. Le fils Raiden n’était pas béni du genre de dons que possédaient les grands clans shinobis et autres êtres d’exception aux pouvoirs hors de toute humanité, lui avait dû acquérir son pouvoir, le dompter, en gardant toujours à l’esprit qu’il pouvait à tout moment le perdre. Il opina du chef, observant avec son œil fasciné la façon dont le corps de son vis-à-vis se restructurait dans la brise. Ce n’était pas sans lui rappeler ses travaux sur l’école de kenjutsu qu’il tentait de développer. Pas de doute, elle avait un grand potentiel.

« Que veux-tu savoir ? » finit-il par lui demander sur ces entrefaites.

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Lun 16 Aoû 2021 - 17:55

[Haku] - Très bien, Nô ! C'est un plaisir de faire votre connaissance ?

Posait-elle la question ou bien affirmait-elle son sentiment ? Difficile à dire avec cette énergumène. Il y avait bien souvent un je-ne-sais-quoi dans l'intonation de sa voix qui pouvait amener à se demander si elle venait de poser une question ou pas. Pour Haku, cependant, c'était clair comme de l'eau de roche. Elle était bien heureuse de faire la rencontre d'un des sept sabreurs de légende.

Bien entendu, elle savait bien que son interlocuteur avait raison. Tous ne parviendraient pas à se joindre au conseil. Tous n'avaient pas la même force et les mêmes compétences, tant au niveau de la manipulation des lames que de la fusion entre son esprit et celle des sabres à pouvoir. Bien entendu, ça n'allait pas l'empêcher d'essayer. Dans le pire des cas, elle aurait appris à se défendre et ça ne pouvait que lui être utile dans son nouveau parcours en tant que kunoichi du village caché dans la brume. Elle qui avait vogué au gré du vent des années durant avait enfin l'opportunité de se poser et d'être autre chose qu'une tâche existentielle.

[Haku] - Miyuki est vraiment une professeur formidable. Elle est très grande aussi. Peut-être aurais-je la chance d'en apprendre davantage avec elle sur la maîtrise des lames ?

Nô ouvrit un univers de possibilité pour l'assimilatrice. Sa simple question donnait l'opportunité à Haku de déverser toute sa curiosité sur le manipulateur d'Hiramekarei. Il s'agissait là de question qu'elle poserait sans doute à Miyuki, dans le but de voir si l'expérience de tous les sabreurs était la même. Dans tous les cas, elle allait profiter de l'opportunité offerte par le Raiden.

[Haku] - J'ai vraiment beaucoup de questions, n'hésiter pas à me le dire si je vous dérange.

Petit commentaire bien obligatoire pour cette femme dont l'existence avait toujours été pénible pour les gens autour d'elle. Grandissant dans la violence, elle avait appris à n'être qu'une passagère dans sa propre vie et détestait plus que tout être remarquée. Bien que ceci s'était adouci avec le temps, les vestiges de ses traumas d'enfant ressortaient sous la forme d'une insécurité atypique. UE. Car si son discours avait toujours des tournures particulières et qu'elle s'assurait bien souvent de ne pas être un fardeau pour la personne en face d'elle, physiquement, elle dégageait une aura envahissante. Comme si son regard tentait de percer les mystères de son interlocuteur, le tout, en pénétrant dans la bulle de ce dernier. Un regard pourtant perçant, alors qu'il devrait être normalement fuyant.

[Haku] - J'ai entendu dire que les lames des Sabreurs comportent tous des esprits, est-ce vrai ? Est-ce que l'esprit vous parle ? Il y a une légende sur un rituel sabreur qui porterait le nom d'épreuve des armes ou épreuve des lames. Est-ce que c'est bien ça ? C'est quoi exactement ? Comment était ton épreuve ? On raconte aussi que les sabreurs auraient terrassé les brigands du pays de l'eau grâce au pouvoir de leur lame ? Est-ce vrai ? Est-ce que tu étais là quand c'est arrivé ? C'était comment ?

Elle avait encore une multitude de questions. La curiosité d'Haku n'avait de fond que le plus sombre des précipices.
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Mer 18 Aoû 2021 - 22:08
Ça ne lui échappait pas depuis le début de la conversation, mobilisant l’espace comme une ombre vorace, prête à engloutir toute la lumière de ce petit bout de monde. L’épéiste ne savait dire pourquoi, mais il lui semblait qu’Haku revenait d’une trop longue balade entre les tombes qui l’avait conduite à tutoyer les confins de l’éther. Peut-être transposait-il simplement sa propre souffrance sur son entourage ? Lui-même avait vécu certaines choses promptes à remettre en question les masques de bonté des quidams. Derrière les sourires se cachaient tout un tas de machins et puis de trucs, acérés ou acerbes tout à leurs manières de mordre ou d’être caustiques. Mais le pire dans tout cela, c’était l’étape par-delà la peur des méfaits des autres : lorsque l’Enfer n’était plus seulement chez son prochain, mais inondait tout entier les abîmes stygiens de l’introspection. Mais pourquoi semblait-il seul, jeté ad bestias dans les griffes de ces tourments ? Parfois, Nō se croyait si faible en regardant les autres, plus sûrs, moins remplis de questions, ou simplement plus forts. C’était selon. Ces pensées lui étaient venues, envahissantes, pendant que la brise soufflait dans les cheveux de jais du fantôme qui lui faisait face. Il avait comme une sorte d’élancement, une main grouillante au milieu de l’estomac et dont il ne voulait pas s’imaginer l’origine véritable.

Nō sembla ailleurs tout ce temps, passant une main sur la peau brûlée, autour de son œil. C’était de l’ordre du miracle s’il n’était pas borgne, au vu de l’ampleur de cette blessure. Les multiples questions d’Haku finirent par le tirer de ses égarements, en fin de compte. Il les écouta dans un mutisme contemplatif.

« Les lames des Sabreurs renferment bien des esprits. Du moins, c’est ainsi que nous les appelons. Certains leur parlent, d’autres non. L’apprentissage du Sabreur commence seulement, en vérité, après l’épreuve des lames que tu connais visiblement de réputation. C’est un processus permanent que de tenter de vivre en portant cet être hors de soi, pour atteindre une sorte de symbiose si je puis dire… L'épreuve des lames permet de libérer partiellement l'esprit de l'épée, grâce à un rituel secret. Elle sert à mettre le disciple face à l'esprit de sa future arme. S'il parvient à le dompter... »

Il y avait énormément à dire sur cet aspect-là de son métier. C’était son propre Grand Œuvre que de parvenir à faire vibrer son esprit et celui d’Hiramekarei sur la même fréquence, en quelques sortes. C’est en tentant de brûler les étapes qu’il avait fini à moitié carbonisé, mais ça seuls Saji et lui-même le savaient. Ses expérimentations commençaient tout juste, et le danger qu’elles représentaient lui était encore de proportions tout à fait occultes. En vérité, le jeune homme ne savait pas dans quel monde il mettait les pieds en s’engageant sur cette voie-là. Seule certitude sur l’horizon : c’était cette voie, et cette voie seule, qui était la sienne.

« Mon épreuve ? Répète le jeune homme, qui sourit comme un squale en écoutant Haku. C’était fascinant. Terrible mais terriblement intéressant, une expérience au-delà du réel. Enfin, ce que j’ai vu ne s’est pas réellement produit, c’est ce que je crois, mais les dangers que je courrais dans ce monde étaient bien concrets malgré tout. »

Et rien ne l’avait préparé à affronter l’esprit d’Hiramekarei. Les souvenirs de ces paysages de désolation rocheuse au milieu des vastes océans pandémoniaques, le tranchant des rochers dressés comme la dentition du plus vieux des léviathans, bien au-dessus de la masse visqueuse et noire pleine de monstres marins, toutes ces visions dantesques auraient imprimé en lettres de sang même sur les cerveaux des amnésiques. Le monstre bicéphale qui s’était retrouvé enfermé dans les lames jumelles, sorte de mélange abject entre le squale et la salamandre, dont la peau s’assimilait aux rochers terribles de l’île orpheline qui lui servait de résidence, c’était bien cela qu’il avait à dompter. Et si son épreuve des lames s’était assimilée à une sorte de genjutsu surpuissant, Nō avait pourtant subi des blessures bien réelles lorsqu’il entreprit d’utiliser ses compétences de fûinjutsu pour améliorer son contrôle sur la grande bête ichtyoïde.

« Oui, les Sabreurs ont éradiqué la criminalité à Mizu aux côtés des Kaguya et des Yuki. J’étais déjà à Mizu, après un long voyage depuis mon pays de la pluie natal. Nous avions quitté Murashigure pour un autre antre de la perversion et de la violence. Mais c’était bon pour les affaires, à l’époque. Ma famille a toujours fabriqué et vendu des armes. J’ai appris à utiliser une épée dès que j’ai su me tenir debout. Naturellement, je voulais être comme les héros qui ont permis aux miens de s’abriter dans la paix des murs de Kiri. C’était… Impressionnant. Ces combattants se sont élevés au-delà de la maîtrise martiale. Ils marchaient sur ces terres en demi-dieux, en symboles. »

On pouvait lire l’admiration dans le regard du genin. Il était bien loin d’avoir un tel niveau, et n’y aspirait même pas vraiment au fond. Plutôt que la puissance, Narotama cherchait la vérité. C’était ça, sa quête, son chemin de vie. Et il ne voudrait s’arrêter qu’une fois celle-ci atteinte, peu importaient les perspectives peut-être terribles que cela lui imprimerait sur la rétine.

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Shinkyou Haku
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Sam 21 Aoû 2021 - 21:58

Écoutant son interlocuteur répondre à ses premières questions, Haku n'avait pu s'empêcher de pulvériser le temps libre du sabreur avec ses multiples interrogations. Rumeur, légende, histoire à dormir debout. Haku ne savait distinguer la réalité de la fable. Elle ne pouvait que valider ses perceptions, arracher le plus d'information à cet être au visage meurtrit par ce qu'elle assumait être des flammes. À la fois discrète, inexistante même, elle pouvait être envahissante. Une dualité dans ses attitudes qu'elle avait de la difficulté à réprimer. Deux extrêmes qui coexistent dans une discrète assimilatrice.

Abordant l'épreuve des lames, la réalité était encore plus intéressante que la fable. Lié sa psyché avec celle d'un esprit avait un je-ne-sais-quoi d'excitant pour cette genin en quête d'une existence. Ô comment elle souhaitait se joindre au sept et posséder un sabre capable d'échanger avec elle. Trop longtemps seule, elle avait arpenté les ruelles de ce monde. Unique et éphémère, elle ne pouvait qu'apprécier l'idée de converser en tout temps. De sentir la présence rassurante d'une entité en son fond. Particulière, elle était.

Sans donner une réelle réponse, Haku était encore sur sa faim. Souhaitant en savoir plus sur l'épreuve des lames, elle ne pouvait que se résoudre à accepter le caractère secret de ce mystère qu'elle vivrait sans doute un jour. Bien peu de mots utiles avaient été envoyés dans sa direction, mais pourtant, ils avaient nourri en elle une flamme incandescente. Celle d'être, d'exister. Celle de s'investir dans un projet qui allait au-delà de sa propre personne. Un projet capable de la terrasser ou de la propulser dans sa vie. De la sortir de cette dégueulasse impression de n'être qu'une passagère, une victime de son existence, malchanceuse dès la naissance.

S'en suivait un récit sur les clans majeurs de la brume et de la perversion de l'île de l'eau. Haku ne pouvait qu'imaginer la guerre qui avait dû naître entre Kiri La Grande et les bandits s'étant installés sur l'île principale. La victoire avait dû être décidée d'avance. Après tout, que pouvaient bien faire des êtres inférieurs, contre des humains capables de terrasser des dieux ? Probablement pas grand-chose.

[Haku] - Merci d'avoir pris le temps de répondre à mes questions.

Elle ne pouvait qu'offrir ses remercies. Elle qui n'avait rien d'autre que ses mots.

[Haku] - Je ne vous dérangerais pas plus longtemps. Au plaisir de vous revoir. Nô de la brume !

Sur chacun de ses mots, son corps éphémère se transformait petit à petit en une rafale venteuse. Commençant d'abord par ses jambes et grimpant le long de son corps. Offrant un dernier sourire à celui qu'elle espérait revoir un jour, elle disparut se laissant porter par le vent dans un départ bien dramatique - et un peu cringe, avouons-le !-
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