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Hyûga Toph
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Sam 21 Aoû 2021 - 17:56
Hyûga Toph n'était plus une enfant. Elle avait désormais une stature moyenne, qu'on devinait musclée derrière l'armure et ses équipements. Elle portait deux paires de sabres en diagonales croisées dans son dos, des besaces, des sacs et des parchemins. Son Byakugan n'était pas activé pour le moment. En réalité, elle venait de le désactiver. Elle avait sondé les alentours pour se rassurer et prendre notes du système de défense de sa seigneurie.

Elle ferait quelques remarques au capitaine de la garde. Aussi compétent qu'il était, il avait aux yeux de la princesse Hyûga failli en laissant Akimoto tuer la femme de Masato et blessé celui-ci. Elle n'aurait pas fait la même erreur. Elle aurait tranché la tête de l'immonde traitre et l'aurait donné à manger aux pourceaux. Se rebeller contre son seigneur était la pire des ignominies, et cela rapprochait l'Homme des bêtes sauvages que d'agir ainsi contre l'ordre établi.

Pour autant, elle s'en voulait de n'avoir pas exercé un contrôle sur Akimoto. Un élément dangereux, qui avait déjà participé à un génocide. L'exil ? Cela avait été trop grâcieux pour ce personnage. La mort aurait du être délivré à l'époque. La mort, avant le déshonneur. Son réveil après la résonnance marquait une erreur de la part de la godaime quant à sa résolution de l'incident. Mais comment pouvait-elle savoir qu'il changerait à ce point de mentalité et irait même jusqu'à attaquer sa famille par alliance ?

Sa main droite était placée sur le pommeau de son sabre tetsujin d'un air nonchalant. Elle secoua la tête, tout en observant le garde qui lui faisait face, et qui tremblait visiblement sur place d'anxieté.

Le garde déglutit en repensant aux histoires sur l'art du Kenjutsu de la Godaime. On la disait capable de dégainer et de frapper plus vite que son ombre, et avec les récents assauts au palais, il n'était pas tout à fait à l'aise. Encore moins parce que ses yeux perlés semblaient sonder son âme. Il fut tiré de sa rêverie par sa voix, féminine, à peine sortie de l'adolescence.

Elle toussa.

Comme je le disais, voici ma convocation.

Elle tendait de la main gauche un papier avec un sceau, celui du Seigneur du pays de la Terre. Elle tendait ce papier depuis un petit temps, déjà, et l'effort commençait à devenir sensible malgré la discipline qui animait son corps et qui le sculptait avec une rigueur martiale tant le matin que le soir. Enfin, le garde accepta la missive, vérifia le sceau - authentique - et lu la missive de la main même du seigneur.

Veuillez lui transmettre mon bonjour et lui dire que je suis disponible. Je peux attendre en attendant, mais sachez que ni le Daimyo ni moi avons beaucoup de temps à perdre.

Le garde s'encourut tandis qu'elle avisa d'un canapé qu'elle avait repéré avec son byakugan dans une chambre jouxtant la salle d'attente. Une salle vide, aux rideaux tirés et à moitié dans la pénombre. Parfaite pour une fille qui ne vivait plus que mourir. Elle utiliserait son Byakugan pour voir quand on viendrait la quérir.


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Byakuren Masato
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Dim 22 Aoû 2021 - 19:32
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Paisible matinée que fut celle du sénile patriarche, se tenant au bord d’un mini-lac aux côtés d’un de ses conseillers. Malgré les tribulations dont il fut le protagoniste il avait survécu et restait le monarque incontesté. Si le pays de la Terre n’avait connu jusque-là qu’ordre et loyauté envers leur seigneur, cet équilibre était brisé par l’acte corrompu de son ancien vassal, à tout jamais oublié de l’histoire et renié par ses propres camarades comme un traître à sa patrie. Ses pupilles se reflétaient sur une fleur de lotus blanc glissant sereinement sur le fil de l’eau où l’on observait le reste de la faune et de la flore. Une canne à la main pour se soutenir et gardant encore les récentes séquelles de l’attaque sur sa résidence, le seigneur de la Terre demeurait dans un petit jardin qui avait visiblement survécu à la terrible attaque de Borukan Akimoto, qui eut pour résultat d’ôter la vie de sa bien-aimée, sa seconde épouse, une centaine de serviteurs et de soldats qui avaient juré fidélité à sa majesté. Tournant légèrement la tête, il aperçut une escorte de soldats accompagnant la jeune cheffe de village Hyûga, il eut un léger sourire et continua à fixer son attention sur la fleur dans le lac tandis que son invité s’approchait.

« Le vent a changé de direction depuis notre dernière rencontre, Godaime. Malgré votre choix de rejoindre la Coalition sans mon accord, j’ai toléré que vous soyiez encore à la tête du village de la Roche, le temps qu’un meilleur candidat se présente. Et ce candidat, je l’ai trouvé. »

Il se tourna finalement vers Toph, s’appuyant un peu plus sur sa canne, il cachait bien l’effort que cela lui coûtait de devoir faire le moindre mouvement avec sa jambe, même si au fond de lui, il n’en ressentait pas moins la douleur.

« Par curiosité, j’ai demandé à mes services de renseignement de me donner un rapport détaillé de celle qui m’a sauvé la vie lors d’une opération. Quelque chose m’a interpellé chez elle lorsqu’elle s’était exprimée sur le sort du prisonnier, bien sûr je souhaitais vous tester sur votre allégeance envers le pays, mais curieux aussi de savoir de quoi étaient faits les ninjas d’Iwa. Je dois avouer que je n’ai pas été déçu par la dénommée Chiwa Aimi. Mon avis est qu’elle serait une parfaite Tsuchikage et qu’avec cela elle saura mener votre village dans la bonne direction. »

Il marqua un temps de pause, comme pour observer la réaction du Godaime et de la personne qui l’accompagnait, un moment dont il profita pour passer la main au mystérieux individu qui l’avait suivi dans le jardin, et que reconnaîtrait sans doute le Hyûga.

« D’ailleurs je connais quelqu’un qui est bien plus familier avec la personne que moi... »

Il se tourna vers l’individu en question, qui n’était autre que le médecin de la Cour. Depuis qu’il avait rejoint les services du palais du daimyô, il était devenu dans une certaine mesure le conseiller de sa majesté, non seulement en ce qui concerne les affaires de la santé, mais aussi il aimait avoir son opinion quand il devait aborder des sujets liés à Iwa. Il aurait été dommage de ne pas profiter de tout le savoir que pouvait lui transmettre un ancien ninja de la Roche sur ses anciens confrères, l’ancien Directeur de l’Académie avait sans doute beaucoup de choses à dire, bien que son allégeance ait légèrement changé, de manière officielle en tous cas.

« Qu’en pensez-vous, mon cher @Borukan Muramasa ?»
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Borukan Muramasa
Borukan Muramasa

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Lun 23 Aoû 2021 - 23:51
Ultime Convocation
Muramasa x Toph x Masato

Scheming in the darkness can not be called real subterfuge.
True strength is being able to mislead the eye under the light of day.
Fact and fiction are opposite sides of the same sheet of paper.
Who can see beneath the surface and glimpse my true nature ?





Le Palais des Secrets était un véritable labyrinthe, où les chimères de ce triste monde tragique prenaient des formes aussi impalpables qu’insoupçonnables, au grand dam des aventuriers qui s’y risquaient avec insouciance. En effet, le bastion de la terre était l’antre d’un démon au visage lézardé par le temps et à l’imposante barbe grisonnante, qui tirait moult ficelles du haut de sa tour immaculée. Cependant, pouvait-on en vouloir à un homme qui était à sa position de manière tout à fait légitime ? Mystère.

Le médecin au regard mordoré et à la chevelure de jais était désormais prisonnier du temple tellurique, car il s’était sacrifié pour sauver ses compagnons des arts médicaux. En tout cas, même si cela n’était pas entièrement véridique, cela l’était selon le point de vue. Rapidement, le ténébreux était arrivé à un point où le Masato sauvage venait s'enquérir de son avis sur des sujets assez variés. Il était certain que le bougre était bien éloigné des réalités de ce Yuukan sombre et empli de terreurs, dont ses conseillers devaient lui peindre une toile assez altérée pour en faire rougir même les plus malandrins.

Alors que le tyran vaquait à sa promenade dans son jardin fantasmagorique, sous les lueurs albes des pétales de lotus qui déambulaient sur le miroir aqueux, une visite pour le moins surprenante avait lieu de la part de l’oeil armé de la justice. En effet, la Sentinelle Pale en personne, toujours haute comme trois pommes, mais lourdement armée pour semer la destruction dans son sillage, faisait montre de sa présence. Le Muramasa se contenta de lui faire un signe de tête, ne voulant interrompre une rencontre de ce genre, où il n’avait rien à faire ou à dire de particulier aux vues des circonstances. Se contentant de demeurer de marbre, comme à son habitude, le fier parangon fixait les deux énergumènes à tour de rôle.

Apparemment, le Byakuren avait convoqué la Hyûga pour lui parler de son remplacement en tant que chef du Rocher Millénaire. Le Borukan connaissait la jeune demoiselle, mais ne savait pas vraiment comment allait réagir cette dernière.

Néanmoins, le Masato commençait à demander l’avis du médecin de manière inattendue. Évidemment, le taciturne était un homme avisé, il n’était donc pas si étonnant qu’on lui demande son opinion.

« Ce que j’en pense ? » -penchant la tête sur le côté, affichant un air assez songeur-

La Chiwa était, du peu qu’il la connaissait, une femme plantureuse au tempérament de feu, mais malgré les apparences, elle faisait preuve d’un grand sens d’altruisme et d’un esprit de camaraderie rocheux rare et précieux. De plus, elle montrait une maturité assez avancée malgré sa jeunesse, autant d’esprit que dans les formes. Aucun doute possible, elle était un choix judicieux en tant que future dirigeante du village caché. Bien que l’ombre des Amazones planait en elle, elle rétablirait sûrement l’équilibre dans ce marasme froid et abyssal.

« Un choix judicieux, Chiwa-san est une personne d’une grande noblesse d’âme, elle ferait tout pour aider le pays de la terre, le village caché, ses habitants, ses frères et sœurs d’armes. De plus, elle vous a prouvé sa loyauté et elle est le genre de personne à tenir ses engagements. Je pense que la position lui irait comme un gant, mais ce n’est que l’avis d’un humble médecin... »

Le Borukan donna son avis comme demandé, avant de se terrer à nouveau dans un mutisme glaçant.



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Even a storm that could ruin an umbrella
is not enough to halt a man’s journey.
Tread through wind and rain, and you’re bound to encounter a muddy stream.
And if it must be crossed, it is best to do so unclad.



Irou Gang Theme :
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Hyûga Toph
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Sam 28 Aoû 2021 - 12:04
Elle fut menée à un petit jardin qui était somptueusement aménagé. Enfin, plus que menée, elle était escortée par un véritable escadron, ce qui aurait bien fait rire la jeune fille, si elle n'en voyait pas la triste nécessité. Un ancien kage avait attenté à la vie de Masato. Cela la révoltait profondément, et cela ne serait pas sans conséquence dans la confiance entre les deux entités qu'étaient Iwa et le Seigneur de la Terre.

Devant Masato, elle mit un genou à terre et ploya l'échine. Masato avait toujours été son Seigneur, mais en adoptant le bushido comme philosophie, il était devenu plus que cela. Aux yeux nâcré de Toph, il était devenu son Suzerain, et une sorte de divinité. Elle ne dit mot au verdict, se contentant d'écouter patiemment - bien que parfois difficilement.

Il n'est jamais agréable d'entendre parler de ses échecs.

A l'approche du Médecin de la Court, Toph releva la tête et le salua.

Muramasa-san.

Toph serra ses petits poings, réalisant à ce moment qu'elle avait échouée à bien des égards pour avoir maintenant l'opprobe de son suzerain. Son honneur en prenait un coup. Un coup important. L'instant lui traversa l'esprit. Est-ce le moment pour faire sepukku ? Elle avait eut cette discussion avec... avec Hisa. Son amie, l'une des trois Amazones. Si elle avait déçue son suzerain à ce point, n'y avait-il pas la mort, ou que la mort, qui pouvait réconcilier son honneur ? Mais elle se concentrait d'abord sur le moment présent. Son daiymo avait fait un choix clair. Son verbe était ordre. Elle se leva et déclara d'une voix forte.

A partir de cet instant, Aimi Chiwa est donc Rokudaime Tsuchikage. Je lui cède tout droit et tout devoir.

Elle remit un genoux à terre, elle qui n'était plus qu'une Tsuchikage d'apparat, désormais, avec le seul pouvoir de jonin ou de sa réputation. Son Suzerain le restait, bien entendu. Ce n'était pas une sentence ni un exil. Toph resterait iwajin malgré la lourde désapprobation de son seigneur. Elle se dit, au fond d'elle, que personne n'avait jamais véritablement supporté son règne, mais qu'au moins Masato avait eut la gentillesse de le lui dire de face.

Elle précisa à l'attention de son entourage.

J'enverrais une missive officielle.

Toph avait toujours aimée écrire des lettres et l'administration. Puis elle parla, et dis son opinion. Parce que Masato semblait écouter celle de Muramasa, il écouterait bien celle de la godaime déchue. Et puis tout n'était pas négatif, loin de là. Aimi-san avait une place particulière dans le coeur de la Godaime.

Aimi-san est mon élève, je la connais très bien. Elle à un esprit qui, à défaut de suivre le bushido, est droit et exemplaire. Je lui ai déjà dit a quel point je trouvais les arts eisenins supérieurs à tous les arts shinobis de par leur simple nature à pouvoir donner un acte positif, et pas simplement destructeur. Son coeur est bien placé. Le choix est en un sens parfait pour Iwa et Tsuchi. Ma seule considération négative envers cette nomination est mon absence de preuve qu'elle puisse survivre à un violent assaut ou tentative d'assassinat. Aimi-san n'est pas la pugiliste la plus reconnue du village - elle n'est pas novice, mais manque d'accomplissement martiale à sa ceinture. Désigner quelqu'un kage est historiquement lui peindre une cible en rouge sur le visage.

Elle n'avait jamais voulu mettre trop de poids sur les épaules d'Aimi, mais sans doute étaient-ce partiellement du à son affection pour la Rubiconde.

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Byakuren Masato
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Jeu 20 Jan 2022 - 13:33
De vagues odeurs florales s’invitaient à vos narines comme un spectacle de senteurs : vous devinâtes à la fois la tendresse du lotus, chaude et sucrée, et le romantisme du jasmin, autres fleurs blanches qui peuplaient le jardin du Palais. Tel que vous arrivâtes, vous n’eûtes aucun mal à remarquer le réflexe de quelques domestiques qui s’éclipsèrent par politesse pour laisser au secret sa place dans vos échanges avec le grand Daimyô. Muramasa sut très bien ce que ces gens iraient faire, puisqu’ils ne pouvaient bécher tant que l’autorité s’accaparait ce territoire des sens : de l’enfleurage et de l’extraction. Ils avaient rapidement cisaillé dans quelques pousses pour emporter avec eux les boutures qu’ils laisseraient macérer dans les huiles afin d’en extraire toutes les qualités olfactives. En fonction du processus et de la quantité d’alcool qu’on mélangeait à la création, le jasmin pouvait avoir tantôt une personnalité fragile, tantôt une personnalité forte. Dans tous les cas, il s’agissait d’une note de cœur, c’est-à-dire qu’elle n’était ni trop volatile, ni trop persistante ; et c’est pourquoi le Daimyô aimait l’avoir sur les tissus, là où le lotus convenait mieux à la peau, avec sa personnalité chaude.

Mais aux émanations de lotus s’associaient aussi celles de la cire d’abeille, celle avec laquelle l’éminent souverain des terres de Tsuchi no kuni lissait puis brossait sa barbe généreuse, dont le poil épais qui renvoyait le gris du jour avec ses pâleurs pouvait parfois faire des caprices et ne pas rentrer dans le mouvement naturel qu’il décrétait avoir. Même voûté par le poids des années, même claudiquant à cause des trahisons, même lézardé de rides à cause de la vieillesse, le Daimyô de la Terre avait le soin des apparences, le souci constant du détail, la politesse d’être l’image de son peuple. Une allure digne. C’était, après tout ce qu’il avait perdu, une des rares choses qu’il possédait encore et qui ne dépendait que de lui.

Il se pencha en avant dans un effort laborieux : vous le vîtes se maintenir avec poigne à sa canne pour assurer son équilibre, fournir un effort conséquent juste pour laisser glisser ses doigts dans l’eau et ramasser l’un des pétales que les fleurs de lotus avaient abandonné dans le courant. Il le regarda pensif, ce frère abandonné, comme un rejeton arraché à sa mère, et qu’on avait laissé faire naufrage entre les lignes d’eau. Ses formes étaient graciles, pures, et sa couleur était admirable : alors, pourquoi le lotus s’en était-il défait ?
Il y avait tant d’énigmes.

Il se redressa alors tant bien que mal et après un moment de silence, ses yeux roulèrent en direction de Toph. Il savait le secret des Hyûga, cet œil qui ne manquait rien, mais il voyait aussi à la posture du Godaime la valeur sûre qui émanait du caractère totalement dévoué des samurai. Elle avait eu raison d’abonder en faveur de sa décision, de confirmer qu’il avait vu juste, car en faisant cela elle s’était donnée du crédit auprès du maître incontesté de ces terres : de toutes ces terres, bien au-delà des parcelles réservées à Iwagakure. Elle avait eu raison, pareillement, d’exprimer ses doutes, ses craintes sur l’assurance du pouvoir sous l’égide de l’eisenin.
Mais là où elle avait fauté, c’était dans la forme.

« Godaime, vos paroles sont sages, mais offrez le meilleur vin de vos tonneaux à un enfant, et vous apprendrez qu’il ne peut l’apprécier tel que vous. N’oubliez jamais à qui vous vous adressez pour offrir votre avis, car il se pourrait que votre langue fourche et ne vous amende de possibles représailles. J’espère que vous n’oubliez ni qui je suis, ni ce que j’ai vécu. Je vous rassure, cette absence de tact sera pardonnée pour cette fois, cependant m’est avis que je dois soulever un point sur lequel je m’oppose en partie à ce que vous avancez, et c’est en partie ce que je déplore chez la plupart des Tsuchikage qui ont eu la chance de commander ma cité d’Iwagakure ; qu’il s’agisse de vous ou de ceux qui vous ont précédé. La façon dont il parlait d’Iwagakure était particulière : c’était un rappel à l’ordre, une façon de se réapproprier ce qui tombait légitimement sous son autorité. Sur son seul décret, du jour au lendemain, la cité pouvait fort bien être détruire, à moins d’une révolte. La force, seule, ne suffit pas pour régner sur un peuple. Elle peut même s’avérer trompeuse dans le rôle qui incombe à ceux qui commandent, car elle éloigne le dirigeant de la réalité de son peuple d’une part et, d’autre part, arrive le moment où l’on souhaite l’utiliser, cette force. Et c’est hélas la pire erreur que l’on puisse commettre. Il convient d’avoir des failles et conscience qu’elles existent : c’est la seule façon d’être sûr que l’on gouverne avec justesse, sans exercer de tyrannie quelconque, chose que le bien commun abhorre et qui engendre la rébellion. Ainsi les bœufs empalent les lions, et les dynasties s’éteignent comme l’on perd la face.
Ainsi, vous craignez pour le règne de Chiwa Aimi car vous doutez de sa puissance. Voilà qui me rassure. Je n’ai pas besoin de quelqu’un capable de briser les montagnes à coup de poing. Je veux pouvoir compter sur quelqu’un qui sait diriger avec fermeté, mais aussi avec tolérance. Iwagakure est la meilleure de mes armées, certes, mais ce n’est pas qu’un conclave de bellicistes. Voyez comme je puis être, moi-même, sujet à ce que vous craignez : la fragilité.
Il leva sa canne, symbole tragique de son histoire. Cela m’a appris l’humilité, et m’a révélé que je n’étais pas omnipotent. Je ne me suis pas assez méfié de ce que votre prédécesseur pouvait intenter contre moi, et j’en ai payé le prix fort, jusqu’au dernier souffle de ma mie. Pensez-vous donc que cette canne m’empêche de savoir guider mon peuple ? Ou tentez-vous maladroitement de vous accrocher à la place qui fut la vôtre ? »

Il prononça ces paroles sans colère et les mots s’envolèrent dans son jardin comme des embruns crachés par les vagues. De son timbre émanait une quiétude apaisante qui ne pouvait faire que du bien dans un monde qui était toujours à la hâte. Il attendit un instant. Il ne fallait pas se précipiter. Il fallait partir à point.
Il tituba en avançant sa canne vers ses deux visiteurs, vacilla sur son pied gauche et son bras, tenant ferme avec sa main tremblante l’extrémité de sa canne brodée de motifs d’or et de kanji peints en blanc, se contracta d’un bloc, révélant son équilibre précaire. Sa bouche refusait d’implorer qui que ce soit, mais tout son corps criait à l’aide. Alors, pour ne pas devenir la risée de ce public restreint, refusant qu’on le traite comme le sexagénaire qu’il était, il prit une courte pause. Les yeux bas, les lèvres remuantes, le teint gris, il lorgna sur le cours d’eau qui continuait d’emporter ses fleurs.

Le temps passait. Et il n’y avait toujours personne pour lui succéder.

« Entre nous, Godaime, il serait sage à l’avenir que vous devisiez davantage avant que votre langue ne vous trahisse, car les choses qui vous attendent vous demanderont d’être aussi discrète que sagace. Ce que je m’apprête à vous dire va sans doute vous troubler et vous offusquer, dans un premier temps, et puis… et puis les pierres tomberont des montagnes, l’eau érodera le granit qui marbre votre esprit, et vous comprendrez.
Voilà longtemps que je projette d’avoir quelqu’un sur qui me reposer. Et vous me semblez être tout indiquée pour ce que je me réservais de droit. Ce n’est pas une promotion, ma chère, c’est un changement radical dans votre vie. La légende raconte qu’on ne cache rien à vos yeux mais il est des choses qu’on ne peut voir car elles appartiennent à l’univers de l’esprit, de la déduction, du mensonge qu’on tisse avec les mots. Je vous demanderais non d’affûter vos sens, mais d’aiguiser votre perception du monde, car les méridiens de chakra ne révèlent pas ce que cachent les belles paroles, ils ne prennent pas la température d’un imbroglio politique, ils ne prophétisent pas la trahison, la crise économique ou la famine. Cela, seule votre capacité de discernement saura le faire. Prouvez votre valeur et votre loyauté envers et contre tout, confirmez que je ne me trompe en vous accordant ma confiance et ne vous reposez que sur moi le temps que vous appreniez les ficelles. Il vous faudra soigner votre image et d’abord devenir un souffle, à tel point que nous n’entendrons de vous que des murmures, ces secrets qu’on susurre aux puissants.
Hyûga Toph, vous êtes dès cet instant déchue de vos droits seigneuriaux sur la cité d’Iwagakure pour hériter du titre de Lame Secrète du Seigneur de la Terre. Vous prêterez serment devant votre Seigneur et deviendrez l’extension de ma volonté, soit par le fer que vous mettrez en barrage pour protéger la veuve et l’orphelin, soit par le fer que vous plongerez dans le cœur de vos ennemis. Muramasa m’en soit témoin. L’unique témoin.
»


La déclaration fut au moins aussi foudroyante qu’aurait pu l’être une boule de tonnerre qui aurait échu en plein milieu du jardin et ankylosé tous les membres des convives occupant l’aire interdite. Muramasa avait eu la chance de devenir le médecin du Seigneur de la Terre, un poste qui le plaçait au chevet de l’être le plus puissant et le plus influent de tout Tsuchi no kuni ; mais Hyûga Toph, qui l’avait jalousé, devint officieusement sa femme-lige.
Il n’y avait pas de plus haute distinction dans tout le Palais. C’était une faveur qui dépassait même en importance l’autorité d’un Tsuchikage.
Nul ne serait son égal au Pays de la Terre. Nul, sauf l’héritière légitime du Seigneur Byakuren, seule à pouvoir contester l’autorité de quiconque n’était pas Daimyô à la place de son père.
Byakuren Yume, la dernière fille du Daimyô, était le seul obstacle qui empêcherait Hyûga Toph, à la mort du Seigneur de la Terre, de prendre sa place.
Lorsque, du reste, il officialiserait sa position, ce qui n’était guère encore le cas. C’est en cela que Byakuren Masato était admirable : il était bon et bienveillant, sans être dupe. Il n’ignorait pas que le médecin royal, Muramasa, était un esprit d’envergure capable à lui seul de mettre en branle toute une stratégie de prise de pouvoir par un habile tissu de mensonges s’il le fallait. S’il mourrait, le Borukan serait le seul à pouvoir confirmer les paroles de son Seigneur.
Mais ces révélations iraient-elles dans ses intérêts ?

Un sourire du Daimyô éclipsa toute l’électricité ambiante. Malgré cette décision qui avait accablé le trio d’une tension phénoménale, tout était sous contrôle.

« Ainsi, j’ai des projets pour vous, ma Lame. Comme vous l’avez très justement stipulé, la nouvelle Tsuchikage souffrira très vite de ses opposants et de son manque d’expérience. Si j’en crois ce que vous dîtes, vous fûtes son mentor. Enseignez-lui donc votre dernière leçon, afin qu’elle devienne le bras armé de Tsuchi no kuni, celui qui fait couler la lave, celui qui fait détonner l’argile, celui qui condamne nos ennemis. Apprenez-lui par l’expérience qu’elle entre dans une nouvelle ère où la guerre ne sera pas faite avec les armes et le feu, mais avec quelque chose de plus terrible encore : la politique. Qu’elle discerne grâce à vous à travers la toile des Dieux et des tyrans, qu’elle trouve la brèche où nous devons frapper pour vaincre notre ennemi, ou bien qu’elle sache couvrir celle que nous portons dans nos rangs pour colmater toutes les failles à travers lesquels le poison voudra s’engouffrer.
Il porta la main à son cœur et observa longuement Muramasa, comme pour inviter tout le monde à se remémorer qu’il avait lui-même été victime de bien des maux. Il était passé par la petite porte, comme on dit.
Trouvez Chiwa Aimi et prouvez votre loyauté envers moi en la couvrant de louanges après lui avoir remis son titre. Engagez un moment solennel, confiez vos vœux, expliquez comment vous brandissiez les bannières d’Iwagakure. Qu’elle vous adore, qu’elle vous vénère, qu’elle s’émeuve de vos éloges et de votre passion.
Je veux savoir que vous l’avez dupé, puis que vous l’avez trahi. Ainsi je saurais que je peux vous faire confiance.
»


Nouvelle vague d’étonnement.

« Vous m’avez très bien entendu. Enterrez tous les sentiments que vous aviez pour elle, puis faîtes-lui boire un flacon de Lotus Noir. »

Le Lotus Noir appartenait à une vieille légende de Tsuchi no kuni. On raconte qu’à l’époque, de sombres assassins cultivaient une plante apparente aux fleurs qu’on trouvait autour du Palais Seigneurial, à la différence près que leurs pétales se paraient d’une couche ébène, rendant son apparence plus grise, pour être exacte, et non si noire que le prétendait son nom. Et s’il est vrai qu’on tirait des pétales blancs de savoureux parfums, on racontait qu’on pouvait faire des noirs des poisons.
Mais jusqu’ici, il s’agissait essentiellement de légendes car il était acquis pour le commun de mortel que le lotus noir n’existait pas, qu’il s’agissait d’un simple mythe.
Et pourtant, vous sûtes, avec le privilège d’être les favoris de Byakuren Masato, que le mythe n’était jamais trop loin de la réalité.

« Assurez-vous qu’elle en boive suffisamment pour que le poison fonctionne, mais pas assez pour qu’il l’emporte. Alors, tandis qu’elle agonisera sous vos yeux pâles, faîtes qu’elle se sente trahie par celle qu’elle chérissait tant. Arrachez de sa vie celle qui fut sa sensei, métamorphosez sa nouvelle réalité afin qu’elle comprenne que les enjeux ne sont plus les mêmes ; et qu’elle n’aura plus jamais d'amis.
Des alliés, oui. Mais jamais des amis.
»


Dans l’empoisonnement, tout était une question de dosage : à certaines quantités, le poison pouvait être létale mais dilué dans l’alcool à dose infime, il offrait l’âme en pâture aux migraines, à la fatigue, à la confusion, à l’asthénie, aux tremblements, en bref, aux abois, chose qu’il avait plus ou moins vécu lorsqu’il avait été soigné par les eisenins d’Iwagakure.
Mais il ne livrait pas son sujet à la mort. A moins qu’on y mette une goutte de trop.
A ce titre, si Hyûga Toph voulait récupérer son titre de Tsuchikage, il suffisait de faire une infirme erreur. Quelque chose qui relevait de l’étourderie. Mais pouvait-elle seulement espérer tromper l’esprit sagace de son maître ? Pire, oserait-elle le décevoir ou, encore, le trahir comme Akimoto l’avait trahi ?

« Son âme tombera en ruines pendant quelques heures, et puis elle se remettra debout. Après tout, elle s’y connait assez en médecine pour survivre à ce genre… d’incident. Lorsque son âme sera dévorée par le doute et la migraine, enquêtez sur ses opposants. Veillez à ce que ses alliés d’autrefois, notamment ceux qui formaient avec elle ce fameux Triumvirat, ne deviennent pas un problème. Vous comprenez parfaitement mes paroles.
S’il le faut, tuez-les tous.
»


Puis, d’un geste de la main, il congédia son nouvel assassin. Alors ses yeux se reportèrent sur le calme trompeur de l’eau qui emportait ses fleurs.
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Hyûga Toph
Hyûga Toph

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Mer 9 Mar 2022 - 18:17
Seigneur Masato...

Il était l'heure.

C'était le moment de rendre le verdict et l'ultime jugement.

Toph avait longtemps écouté Masato. Elle avait focalisée son attention toute entière à ce qu'il avait à dire, à la forme d'arrogance dans ses propos, et à la surprenante demande d'avoir un assassin à sa solde. Cela ne ressemblait pas au Masato que Toph connaissait. Mais le connaissait-elle seulement ? Ils ne s'étaient vu qu'à deux occasions, et tant bien même iwa était sa cité, il n'avait pas jugé utile de l'aider à se relever à chacune de ses crises. Assassinat. Poison. Enjeux politiques, de dagues et d'ombres. C'était un terrain de jeu qui avait un moment intéressé Toph sous l'égide de Senku, qui l'avait nominé comme Tengu. Mais rapidement, la lumière l'avait happé. La lumière. La justice. L'honneur.

Toujours genoux à terre, elle dégaina son sabre dans un mouvement fluide et rapide. Elégant, même. Un mouvement qu'elle avait mainte fois pratiqué, et qui était devenu presque sa signature. Une cristallisation de son art martiale. Un arc aux reflets argentés.

Elle dégaina ce sabre Tetsujin qui avait appartenu au Shogun en personne, et qu'on lui avait remis. Le Symbole d'un échec, pour elle, car son amie était décédée ce jour-là, tandis que les armées de Tetsu avaient été aisément défaites et leur chef en fuite. Un rappel de tous ces manquements, de toutes ses erreurs, de sa faillibité. Car la véritable bataille n'avait jamais été de vaincre Tetsu, mais d'obtenir justice, et la justice au prix de la vie d'Hisa avait été un prix bien amère à payer.

Un mouvement. Un arc argenté.

Elle déposa alors la lame sur sa paume ouverte à l'endroit même où une cicatrice récente témoignait d'un autre serment et baissa la nuque, en signe de soumission absolue à son véritable chef, réussissant l'ultime épreuve qu'imposant le véritable dogme des samourai à ses utilisateurs. Elle n'était pas le shogun. Elle n'était pas les armées de tetsu. Son bushido à elle était marqué au fer rouge dans son âme, et croire autre chose était sans doute mal la connaitre. Son sabre n'avait pas goûté au sang en cette heure.

Sur feu Musashi et Hisa Nagamasa, qui m'ont enseigné le Bushido, je vous promets de devenir votre Lame. Sur feu Tenzin, qui m'a aidé à devenir la duelliste que je suis, je vous promets de vous suivre jusqu'à la mort, et au-delà. Sur tous les autres amis que j'ai laissé dans des tombes durant tout mon parcours de kunoichi, aucune amitié n'envahira mon esprit quand j'obéirai vos ordres. Sur feu Mamushi et tous mes adversaires qui pourrissent dans l'au-delà, aucune haine ne viendra entâcher mes actions, je suis vôtre corps et âme. Acier et engrenages.

La lumière, la justice ? C'étaient des concepts... plus flexibles qu'il n'y paraissait. Le sabre de Tetsu en était la preuve. L'Honneur ? L'Honneur était véritable, et le véritable Honneur était de servir sans en attendre de retour, car Honneur pour Honneur n'était alors plus qu'un devoir. Seul l'Honneur gratuit transcendant sa conception de Bushido et le sublimait.

Acier et engrenage.

Elle se releva, les yeux froids et calculateurs.

Aimi-san mourra, avant de revivre. Et je testerai les autres membres de ce Triumvirat.

Ainsi que d'autres éléments.

Toph avait une liste en tête. Anciens rivaux. Amis. Collègues. Cousins.

Après tout, pour monter une rebellion, il fallait bien visiter tous les mécontents.

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