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Rétablir les liens du sang [Solo]

Kentoku Akio
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Sam 28 Aoû 2021 - 14:29
Ce jour-là, il les avait vu. La femme était fière, l'homme lui était fuyant. Deux réactions pour un même couple, figé sur la réussite d'un garçon, qu'ils ne soupçonnaient nullement. Akio avait vu ses parents. Pour la première fois depuis des années, et il irradiait de son succès. Ce moment lui avait donné l'envie et la certitude qu'il était temps de renouer avec ses racines. Il s'était saisi de la lettre de l'Institut, souhaitant son enrôlement. Il s'était habillé sobrement, attachant son bracelet frappé du signe kumojin fièrement autour de son poignet. Lorsqu'il sortit de chez lui, sur les coups des vingt et une heure, il fut accueilli par une fraicheur presque hivernale, qui vint le saisir instantanément. N'était-ce pas plutôt une once de peur ?

Sur la route, péniblement éclairée par les installations désuètes du village des Nuages, une pluie fine commença à tomber pour encore rendre plus fraiche une atmosphère déjà désagréable. Son ombre dansante au gré des flamboiements, il arpentait les rues de façon déterminée, les yeux fixés sur l'horizon, le pas léger. Son esprit se mit à réciter des mots préparés à l'avance, comme si tout allait se passer comme il l'avait prévu. Alors que ses parents ne savaient rien de sa venue. Il remonta les quartiers, jusqu'aux emplacements les plus aisés du village. Sa famille, certes civile, n'en demeurait pas moins l'une des fondatrices du village par l'intellect débordant de ses membres, souvent placés responsables de hautes fonctions.

Il reconnut certains recoins qu'il avait fréquenté plus jeune : son école, ses parcs, la fontaine sur la place où se tenait un marché littéraire. Tant de souvenirs remontaient tout à coup qu'il s'arrêta, sous la chaleur d'une des lampes.

- Qu'est-ce qu'il m'arrive ? Ressaisis-toi Akio allez...

Il se dit ces mots à lui-même, tête rivée vers le sol, alors que de ses cheveux gouttaient une fine pluie. Devant lui, dans l'axe d'une rue qui touchait à son terme, se tenait la maison de son enfance. Au travers des fenêtres il percevait une danse lumineuse, qui allait et venait entre les différentes pièces. Quelqu'un était donc présent. Prenant une grande bouffée, le chûnin s'avança, déterminé à faire face à sa famille.

Bientôt il poussa le portail du jardin, s'avança sous un éclairage privé jusqu'à se poster à quelques centimètres de la porte. Durant quelques instants, il hésita à faire demi-tour, se rappelant avoir été mis à la porte lorsqu'il décida de s'éloigner des préceptes pacifiques des siens. Il leva la main, ferma le poing pour frapper. Mais il n'en fit rien. Privé du courage qui l'avait mené jusqu'ici, il essaya de rebrousser chemin.... Lorsque Mori lui barra la route.

- Akio... Que fais-tu ici ?

- J'ai voulu, Mori, je te promets... Mais je ne peux pas, j'ai peur de leur réaction.

- Oh je vois, je reste à tes côtés si tu veux. On fera le premier pas ensemble.

L'eisenin, qui habitait juste à côté, s'aventura dans le terrain des Kentoku, attrapa le bras de son ami d'enfance pour lui faire tourner les talons. Ils avancèrent et se figèrent devant la porte. Un regard de la jeune femme vers le Céleste et c'est cette dernière qui frappa délicatement l'obstacle face à eux. Sur les côtés de la porte, de petites fenêtres longues et opaques permirent au duo de se rendre compte de la lueur qui s’approchait. Le moment des retrouvailles avait donc réellement sonné ? Est-ce que les discussions sur le sujet qu’il avait tenu avec Akagi l’avait aidé à atteindre ce point ? La poignée commença à tourner, pendant que le cœur du Taijutsuka se mit à accélérer brusquement. Lorsque la porte commença à s’entrouvrir, le Chûnin eut un relent des odeurs de l’intérieur, dont l’une le ramena en enfance aussitôt : celui de l’encens familial, trouvable dans chacune des maisons où habitait un Kentoku.

Une main féminine d’abord, puis un visage. Deux grands yeux légèrement violacés qui fixèrent Akio pendant quelques secondes. Secondes marquées d’un silence dont les seuls bruits parasites étaient les gouttes d’eau éclatant au sol et les crépitements des flammes des lanternes. La femme ayant ouvert amena bientôt ses deux mains sur ses joues, comme pour se soutenir ou savoir si elle n’était pas entrain de rêver. Elle bascula son regard sur Mori, qui lui souri en retour sans même amorcer un mot. Elle savait que ce n’était pas à elle de le faire. Derrière eux, des craquements de bois se firent entendre, avant un raclement de gorge et qu’une voix fluide et grave ne se fassent entendre.

- Alors qui est-ce qui vient frapper chez nous à cette heure, Chérie…

Lui aussi se figea en haut des marches. Akio et Mori prenaient l’eau depuis deux bonnes minutes mais ne disaient mot. Quand alors le Chûnin serra un peu plus fort le bras de son amie et prononça des paroles lourdes de sens.

- C’est votre fils…

Himari, la mère, se retourna les yeux embués de larmes, qu’elle retenait de lâcher totalement par fierté. Elle n’avait jamais été d’accord pour repousser leur enfant unique comme ça. L’homme en haut des marches en revanche, avait longtemps hésité à ce sujet avant de lâcher le morceau devant la nature oppressante d’une frange conservatrice de la famille. Iruma n’avait pas su protéger son garçon contre les envies des Kentoku, fière famille ayant trouvé fortune et réussite dans le pacifisme. Avançant d’un pas, Akio fut attrapé par sa mère, qui le serra si fort qu’il eut la brève impression de ne plus avoir la capacité de respirer. Mori, encore en retrait, caressa le dos d’Akio avant de le laisser avec sa famille, et de rentrer chez elle. Désormais, elle n’était plus si utile dans ces retrouvailles.

Le père du shinobi descendit les marches, un air loin d’être amical sur le visage. Il plaça sa main sur l’épaule de sa femme pour doucement la tirer vers lui et ouvrit son bras droit, indiquant le salon.

- Nous avons à parler. Entre.

Comme de retour en enfance, Akio ne discuta en rien, il ôta ses chaussures avant de faire marche et de prendre place dans l’un des fauteuils du salon où crépitait une cheminée aux braises envoûtantes. Sa position était celle de l’inconfort tandis que ses parents vinrent s’installer face à lui, chacun dans une diagonale différente, tant et si bien que pour accrocher leurs regards, il ne devait cesser de tourner la tête…
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