Soutenez le forum !
1234
Partagez

01. Le Sommet de la Coalition

Aller à la page : Précédent  1, 2
Mokkô
Mokkô

01. Le Sommet de la Coalition - Page 2 Empty
Sam 6 Nov 2021 - 19:21
« Ha ! Ha ! Vous parlez trop, je n’arrive plus à suivre ! »

Le rire du vieux membre des Derniers Gardiens surprit la tablée. Pas seulement pour son volume, mais bien parce qu’il contrastait avec la gravité de la situation et des échanges auxquels représentants et accompagnateurs des plus grandes puissances du monde avaient proposés. Un contexte critique auquel Sen’sei Mokkô avait pourtant bien en tête. En effet, son sourire eut vite disparu, tandis qu’il croisait ses mains pour mieux se concentrer.

Tout le monde put comprendre qu’en cet instant, il cherchait à répondre à chacune et chacun, sur ce qu’il avait appris, sur ce qu’il avait remarqué et sur ce qui l’avait… choqué.

« Le Conservateur… Je ne savais effectivement pas pour ce « sceau d’amnésie ». Ses informations auraient pu nous aider, mais si Sakaze Tôsen les avait obtenues – directement ou en lisant le futur – nous aurions peut-être déjà perdu. Je ne sais pas quoi en penser, hormis que j’ai perdu un frère… »

Une tristesse rapide, à l’image du regard que le moine jeta vers les représentants Kazejins. Car s’ils étaient restés plutôt silencieux, ce que venait d’énoncer Sharrkan avait une importance capitale.

« … tout comme vous perdrez nombre des vôtres, Ashina Mitsuhide. Il n’est PAS possible de tuer un Dieu. »

Les acteurs présents les plus attentifs avaient pu remarquer l’agacement qui gagnait le Charpentier. Que ce soient par ses poings par instants serrés, ou sa mâchoire âgée et pourtant plus crispée : l’arbitre de ce Sommet de la Coalition avait du mal à conserver son calme.

« Si nous vous avons transmis notre savoir, si nous vous avons appris comment affaiblir et sceller un Dieu, ce n’était pas pour rien. Pensez-vous que vous êtes les premiers à avoir réussi à vaincre le Dieu du Désert, vous qui… »

Sen’sei Mokkô ne finit pas sa phrase. Mais ses paroles trahissaient un sang-froid perdu qu’il tentait difficilement de retrouver. Il ferma longuement ses yeux. En apparence, il était difficile de savoir s’il voulait refuser ce qu’il avait entendu, ou s’il s’en voulait. Les mots étaient puissants et il avait au moins arrêté ses reproches avant qu’ils n’affectent profondément la tenue de ce Sommet.

Il tentait de se raisonner. Et en rouvrant les yeux, croiser le regard de Wutu-Fuku lui rappela certaines de ses paroles, à juste titre. Ces Shinobis n’avaient pas toutes les informations que l’ordre des Derniers Gardiens possédait. Ils n’avaient pas leur histoire, eux qui venaient de villages fondés quelques années auparavant à peine. Ce n’est pas de leur faute, se convainquait-il à mesure qu’il se calmait.

« Je m’excuse. Comme l’a souligné l’hôte du Dieu de l’Eau lui-même, vous ne connaissez pas l’histoire des Derniers Gardiens. Et compte tenu des récents événements et la présence du Gardien des Gardiens lui-même, je vous dois des réponses. »

Le vieil homme hésitait encore. Mais comme il l’avait dit, les enjeux dépassaient tout raisonnement trop long, et tout héritage.

« Taiyô, capitale de votre pays, a vu naître le Dieu du Désert il y a presque deux siècles. Face à ce que beaucoup virent comme un monstre, et face à l’inconnu, une terrible bataille opposa les Hommes face au Dieu. Nos ancêtres avaient une maîtrise du chakra moins poussée que la nôtre aujourd’hui, mais le nombre eut raison du Dieu du Désert qui fut vaincu… »

Mains à nouveau croisées, le moine les vit se crisper à nouveau, l’espace d’un instant.

« … jusqu’à ce qu’il réapparaisse quelques saisons plus tard. Sa rage dévasta une partie du pays. Cette part d’histoire, vous la connaissiez déjà. Mais vous la connaissiez sous la version du Premier Cercle, qui tenta de dissimuler l’existence du Dieu en plaçant le peuple Asaara comme fautifs de par leur maîtrise du sable. Certains membres de ce cercle furent des Derniers Gardiens. »

La Grande Prêtresse Shima, morte lors des premiers sacrifices de l’année 202, en était le parfait exemple. Mais est-ce que l’utilité du secret préservé pouvait excuser les atrocités commises ?

« Lorsque le Dieu du Désert réapparut, des guerriers dirigés par un Héros, parvinrent à le sceller. Une solution inévitable face à l’immortalité de ces monstres divins. Une solution… qui devait être transmise. »

Représentants comme accompagnants, toutes et tous recevaient différentes pièces du plus tragique et pourtant beau puzzle au monde. Celui de leur Histoire.

« Très vite, les Hommes comprirent qu’il existait d’autres Dieux. Et si face à ce que l’on ne peut pas tuer il était évident que le scellement était l’unique moyen de protéger les Hommes, le pouvoir inouï que les Dieux possédaient était tout aussi une évidence. Tout comme celle que, mis entre les mains de dirigeants ou simplement libéré, le monde pourrait sombrer. »

Toutes et tous devinaient la naissance à laquelle le vieil homme faisait référence.

« Garder l’existence des Dieux secrète pour écarter leur pouvoir des convoitises, sans pour autant perdre les connaissances pour les affronter si nécessité. C’est sur cette base que sont nés les Derniers Gardiens, gardes à la fois des savoirs, de l’Histoire et des armes nécessaires. »

Le regard de celui qui contait l’Histoire croisa à nouveau celui du jeune Kaguya Wutu-Fuku. Cette fois-ci, il s’adressa à lui directement.

« Le peu d’informations que nous disposons sur nos confrères et consœurs repose sur ce principe. Et si les Derniers Gardiens ont perduré jusqu’à aujourd’hui, c’est parce que chacun d’entre nous a une place, un rôle et un savoir unique. Savoir comment sceller un Dieu ou comment l’affaiblir, savoir comment le réveiller, savoir où ces divinités se trouvent… Même au sein de notre ordre, notre héritage est scindé pour que même l’un d’entre nous ne puisse tendre vers ce que nous voulons éviter. »

Sous ses paupières ridées, les yeux du Dernier Gardien prenaient le temps de passer d’un convié à un autre. S’ils ne le mesuraient certainement pas, lui savait que ce qu’il était en train de dire était historique. Avant d’être un simple partage d’informations, c’était avant tout un héritage, une promesse qui était en train de se rompre.

Mais l’intéressé poursuivit.

« Même sans les capacités de prédiction de notre ennemi commun, le secret peuplant le serment que nous, Derniers Gardiens, ont passé fut pour le salut du monde. Ne croyez pas qu’il ne fut jamais pénible pour moi d’assister à certains événements sans pouvoir rien faire. Il en va de même pour chacun d’entre nous. »

Mokkô marqua une pause, là où certains pouvaient penser à de l’émotion.

« Un Dernier Gardien a pour mission de désigner et de former son successeur, pour qu’il hérite de sa connaissance unique. Cette vie est difficilement souhaitable, car elle s’accompagne de fardeaux qui nous font presque perdre notre humanité. Sans ça, comment regarder un Dieu décimer les siens en sachant qu’en rompant le pacte des Derniers Gardiens, on aurait pu apprendre à chacune et chacun comment l’affronter… »

Certains purent comprendre que le Dernier Gardien s’adressait presque à lui-même. Hikari, la ville lumière des moines, où le réveil du Dieu des Éléments en avait fait la ville brisée.

Sen’sei Mokkô pointaa du doigt l’entrée par laquelle les membres de la Coalition Shinobi étaient arrivés. En ce sens, il montrait l’extérieur et par conséquence, tout le monde put deviner qu’il parlait du Gardien des Gardiens.

« Mais pour cet homme, c’est encore pire. Là où un Dernier Gardien doit veiller sur un héritage, une technique, une connaissance particulière, le Gardien des Gardiens doit veiller sur nous et sur tout notre ordre. Il est celui qui jauge et juge les Derniers Gardiens, celui qui a la responsabilité et la vie des nôtres dans ses mains. C’est aussi lui qui trouve un remplaçant au rôle d’un Dernier Gardien qui serait mort avant d’avoir désigné son héritier. Et pour se tenir éloigné de toutes les tentations et choses qui pourraient altérer son jugement ou ses principes… »

La voix du vieil homme tremblotait.

« … le Gardien des Gardiens fait le serment de ne jamais se mêler au reste des Hommes. »

Une révélation qui emmenait sur le chemin de l’émotion. Directe pour Mokkô, sûrement moins pour les autres, qui ne pouvaient que commencer à comprendre ce dont il était question.

« Oui, le Gardien des Gardiens hérite de l’énergie si particulière du Héros qui a vaincu le Dieu du Désert il y a si longtemps. Mais il ne peut pas l’utiliser. Il n’a pas le droit d’influer sur le monde. Il se doit d’être éloigné, lui qui est l’ultime socle de notre héritage et de notre Histoire. »

L’humidité gagna l’un des yeux du vieil homme.

« Son stupide enthousiasme de tout à l’heure n’avait rien de faux. Il n’a d’ailleurs rien de stupide. C’était la première fois qu’il voyait des Shinobis. Et en dehors de certains Derniers Gardiens, c’était même la première fois qu’il voyait des Hommes. »

Pour Mokkô, qu’importe si certains saisiraient ou non tout le sens de cet homme que certains avaient moqué. Lui savait.

« Son envie d’avoir des amis, bien qu’incompatibles tant avec le lieu qu’avec le devoir des Shinobis, n’était pas non plus feinte. Alors que nous sommes tous en danger et que les liens qui nous unissent sont nos dernières armes… Alors que nous nous battons pour protéger nos frères, nos sœurs, nos amis… »

L’arbitre du sommet toussota, presque sur commande, pour restreindre le sentiment qui le gagnait.

« … lui n’en a jamais eu. »

Pourtant si décidé au départ à reprendre toutes les choses importantes qui avaient été dites ici, Mokkô s’arrêta là. Il aurait pu discuter de l’analyse peut-être diablement pertinente de l’Eclair Vert, tenter de deviner de quelle faille le Conservateur avait pu avoir connaissance ou encore rebondir sur les nombreuses informations amenées par le jeune Aditya.

Mais il n’avait pas la tête à ça. Lui qui avait réussi à cacher ses douleurs et sacrifices derrière son personnage de vieil obsédé moqueur, n’était-il pas le mieux placé pour comprendre le Gardien des Gardiens ?

Protéger les Shinobis, que l’on connaisse leur nom ou non.
Le Gardien des Gardiens, lui, n’en avait même pas.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Chiwa Aimi
Chiwa Aimi

01. Le Sommet de la Coalition - Page 2 Empty
Dim 7 Nov 2021 - 14:54
___________________________________________

Le Sommet de la Coalition
___________________________________________

Cela faisait bien longtemps que le Yuukan n’avait pas entendu des fanatiques. Si le Saint-Père était parti à leur recherche, cela serait un problème à ajouter aux nombreux tracas de la Coalition. L’information que l’un d’entre eux était enfermé dans les geôles de la brume resta enregistrée dans l’esprit de la rubiconde.

« Concernant les fanatiques, l’une d’entre-elle a attaqué Iwa il y a un peu plus d’un an et elle a pris la fuite et nous n’avons plus jamais entendu parler d’elle. Elle maîtrisait le pouvoir de la lumière. Il est probable qu’elle soit encore en vie, ou victime de la résonance et personne ne le saura, tombant alors dans l’oubli... »

La manipulatrice de la lumière qui avait blessé Taishi, forçant alors leur rencontre, n’avait plus témoigné de son désir de s’en prendre à la Roche. Savoir que le Chapelier avait perdu l’amour de sa vie dans des contextes peu élégants permettait à la rousse de peut-être mieux comprendre le personnage qui terrorisait le Yuukan. C’était un fait vraiment triste, parce que personne ne méritait de perdre sa moitié. Wutu-Fuku se demandait s’il n’aurait pas pu empêcher cette fin, cela raisonnait pour Aimi comme quelque chose d’horrible : pourquoi n’aurait-il pas essayé ?

Un frisson parcoura l’échine d’Aimi qui préféra rester silencieuse durant leur échange. Le Kirijin en savait beaucoup sur les derniers gardiens ou du moins sur un secret qui semblait tous les lier. Cela semblait avoir un rapport avec les dieux et l’homme au chapeau. Tous ces mots étaient source d’informations et la Chiwa s’en déléctait, en apprendre plus sur les sombres faits du passé était presque savoureux pour quelqu’un qui avait soif d’aventure et de mystères. La perte du Conservateur sonnait-elle vraiment la fin des plans de Tôsen ? Personne n'était au courant de ce secret en dehors de lui ? Si c’était le cas, alors, ce serait une nouvelle vraiment la bienvenue. Pour autant, cette mort ne posait aucune touche de joie, bien au contraire. Mais perdre la localisation du dieu renard permettrait à l’Homme au Chapeau de ne pas le savoir non plus. Mais pouvaient-ils en être vraiment certains, depuis le temps qu’il résidait dans ce monde, n’avait-il pas d’autres atouts en main ?

Aimi savait que lui laisser la parole devant une telle assemblée, dans un tel pays, avec un tel passif, cela ne plairait guère à Taishi. C’était sa manière de se venger de lui avoir fait des frayeurs. Depuis leur dernière conversation, une certaine complicité s’était installée, toujours en innocence. Sans savoir pourquoi, la Chiwa se sentait plus légère. Bien qu’il semblait agacé, ses mots furent très sages et impactants, surprenant d’ailleurs la jeune femme face à cette éloquence de qualité.

Une Tapisserie… Comme sûrement une bonne partie des présences sur les lieux, la rubiconde s’imagina alors ces fils se séparant et prenant des chemins différents. Éphémères, à tout moment, les différentes voies pouvaient s’éteindre, s’ouvrir pour de nouveaux futurs possibles, et en cela, la douce comprenait un peu plus l’impact du pouvoir de l’Homme en Chapeau. En effet, en touchant un fil, il pouvait influencer tellement d’avenirs en même temps, que c'en était effrayant. En effet, comme le disait son compagnon d’armes : cela rendait Tôsen d’autant plus redoutable.
Imaginer Yanosa avec une bombe dans son corps fit frissonner la kunoichi, elle lança un regard vers celui qui la faisait en bourrique, elle savait ce qu’il allait dire. Le plus important étant ce qui s'ensuivit, et sachant que l’Oterashi allait bien, la douce se concentra sur les mots suivants. Cela semblait évident qu’il ne verrait pas l’argile explosive, mais il aurait pu voir son futur, sa blessure. Mais c’était là, la petite faille qu’on pouvait déceler. Les fils avaient été coupés, d’autres avaient poussé, en cet instant.

N’était-ce pas une faiblesse d’être trop arrogant et de se sentir invincible ? D’une certaine manière, cela le rendait aveugle et c’était ce qui avait coûté au Chapelier ce jour-là. Toujours à compter sur son futur, qu’il n’avait pas pensé une seule seconde que deux têtes brûlées seraient plus malignes que lui. Dans un sens, la Taisho pouvait être fière de ses camarades pour ce fait.

Le regard rubis de la demoiselle contempla le kunai retiré de la table. Son explication était compliquée à suivre, mais chaque mot était pertinent et important. Concluant son monologue sur son opinion concernant les pouvoirs de l’Homme au Chapeau, Aimi pu ensuite échanger un long regard avec lui, terminant par un sourire satisfait de celle-ci.

Le représentant de la brume fit le lien entre cette faille et le fait que Tôsen pourrait ne pas connaître la localisation du Dieu Renard. Son attachement pour Rei Yamanaka semblait évident aux yeux de tous aujourd’hui, cela pourrait être une carte à jouer. Pour autant, Aimi n’avait pas envie de se couvrir les mains de sang.

Le nécromancien était lui aussi une vraie tâche indélébile, sa puissance était effrayante, d’autant plus qu’il était capable de faire apparaître des morts sans grande difficulté. Ce que proposait le Kaguya semblait cornélien, intervenir sur le lien entre Reijirô et chaque être ramené à la vie pourrait s’avérer difficile. Même si l’idée de les voir se retourner contre leur créateur pourrait s’avérer intéressante. La rousse hocha de la tête suite à cette idée.

L’ignorance, pourrait-elle s’avérer une arme redoutable contre l’Homme au Chapeau ? Peut-être, mais elle pourrait être fatale pour eux aussi. La douce ne savait pas si c’était là une bonne idée. Pour autant, le fait que Taishi ait agi avec autant d’imprudence et d’inconscience avait atteint le Chapelier. Mais comme il avait dit juste après, cela ne ferait pas gagner une guerre.


« Je pense que nous réunir et travailler ensemble, lie le destin de chaque personne, et pourtant, chaque personne a son propre chemin. Des fils qui se tissent alors en nombre… astronomique… À en entendre les dires de Taishi, il ne peut se permettre de suivre chaque corde, nous pourrions peut-être essayer dans ce cas, de l’attirer vers de mauvaises directions… »

Profiter de cette alliance pour semer des graines un peu partout, lui en faire voir de toutes les couleurs, le rendre fou ? La douce ne comprenait pas forcément le pouvoir de l’Homme au Chapeau dans sa totalité, mais c’était là une simple idée.

Kaze avait réussi à terrasser le Dieu du Désert et la rousse était plus que stupéfaite par ce fait. Quand elle voyait le mal qu’ils avaient eu à repousser Yonbi, accompagné de cet homme venant d’une autre planète… C’était là un fait exceptionnel et qui donnait de l’espoir. Pour autant, la rousse avait essayé de se mettre à la place de ces créatures qui n’avaient rien demandé. Mais quand Yonbi avait blessé ses amis et touché son village, il était difficile de chercher à comprendre. Au moins, l’opinion du Kirijin qui avait beaucoup à dire et la sienne se rejoignaient quant aux Dieux. Elle se permit par ailleurs de s’exprimer à ce sujet, pour y mettre son positionnement.


« Je serais de ceux qui préféreraient les laisser dans leur coin, tant qu’ils ne font de mal à personne. Quand je vois ce qu’un seul réveil peut engendrer, je préfèrerai éviter cette solution. Mais je ne peux m’arrêter de penser qu’à tout moment, un lieutenant pourrait se servir de leur technique pour les éveiller et semer le chaos, pour nous faire perdre du temps. »

Le manipulateur du bois interpella l’écarlate qui revint durant quelques secondes dans un passé pas si éloigné que cela. Bien sûr qu’elle se souvenait des paroles de Toph et de la promesse qu’elle avait faite lors du précédent sommet. Elle hocha la tête devant les citations présentées au cercle, liant les mains par ailleurs à la rubiconde face à ces promesses qui n’allaient pas être rompues du jour au lendemain.

Le représentant de la foudre interrogea la Terre et l’Eau sur la finalité de leur combat face aux Dieux. Elle avait, en accord avec Tsuyoshi et Teruyo, le droit d’en parler, mais sans entrer dans trop de détails par précaution. Aimi était quelqu’un qui aimait la franchise et l’honnêteté, mais n’étant pas la seule à décider, elle se retiendrait. Elle prit donc la parole, posant son regard rougeoyant sur l’éclat océanique qui perçait le teint hâlé de Sharrkan.


« Le Dieu singe a été éveillé par le Lieutenant du Chapelier. Malheureusement, celui-ci sommeillait depuis tout ce temps… sous le village… Je vous laisse imaginer les dégâts astronomiques que cela a engendrés et l’urgence de la situation. Nous nous sommes unis pour affaiblir Yonbi, mais comme je l’ai dit, Sens’ei Ketten avait réussi à repousser les barrières Kinjutsu, ne nous laissant que le scellement. Scellement qui a été un succès.

Comme l’a mentionné Aditya, Hyûga Toph avait fait le serment de ne jamais utiliser tout ce qui lie un Dieu pour attenter la vie de quiconque, et cela, peu importe le passé, le présent et le futur qui nous unie. Et je suis ici pour confirmer qu’il en va de même pour moi ou pour ceux du Triumvirat. Si je dois mettre ma vie en gage à mon tour, pour honorer les paroles de celle qui fut mon mentor, je le ferai. Il n’y a donc rien à craindre du côté de la Roche de ce côté, l’essence du Dieu est en sûreté.
»


Le mention de Nagamasa Chogen effrita l’esprit de la délégation iwajin. Comment le Shodaime Tsuchikage s’était retrouvé ramené à la vie et attaquant Mizu ? Cela échappait totalement à la kunoichi. Ses sourcils se froncèrent, comment pouvait-on jouer avec les défunts de cette manière ? Silencieuse sur le moment, on pouvait lire dans son regard une certaine tristesse, ses pupilles pourtant rougeoyantes semblaient perdre de leur éclat.
Ce fut à ce moment-là que Mokko prit la parole et annonça qu’il était impossible de tuer un Dieu. La Chiwa n’était qu’à demi-surprise et comprenait mieux l’importance de ces kinjutsus. L’histoire qu’il raconta, animée par un souvenir qui semblait douloureux, était plus qu’importante. Il dévoilait là le passé de Kaze et ramenait la vérité sur certains faits. Une chose était certaine, le scellement semblait donc le meilleur moyen de ne pas se risquer à la perte de ce monde. Pour autant, cela voulait dire que ces créatures continueraient à être enfermées dans une cage.

On comprenait aussi mieux l’homme qui était venu à leur rencontre à leur arrivée au QG de la coalition. Être tenu à l’écart de ce monde et loin des hommes ne devait pas être évident. Tous ici avaient des motivations différentes, mais souvent, la famille, les amis, l’amour y était lié. Lui, n’avait aucune de ces raisons parce qu’il avait toujours été seul.


« Merci Aditya, bien que cette annonce me laisse amère, il était important de le savoir.
Merci Mokko de nous permettre de mieux comprendre l’histoire d’un pays qui aujourd’hui se voit une nouvelle fois acculé par l’éveil du Dieu du Désert et de mieux comprendre le Gardien des Gardiens.

Je trouve cela triste… Avoir des proches pour qui nous nous battons est sûrement l’un des plus beaux objectifs d’une vie. Le sien concerne bien tous les shinobis de ce monde, sacrifiant alors ce lien avec les hommes, avec tout ce qui va avec, leur qualité comme leur défaut. Je ne peux que respecter cela car je suis quelqu’un qui pourrait parfaitement se lier les mains si cela pouvait permettre aux miens d’aspirer à la vie qu’ils méritent. Aujourd’hui, un homme brave tout ce en quoi vous avez travaillé, n’hésitant pas à réveiller les créatures pour atteindre le Dieu Renard. Cet homme vit dans le passé et dans le futur, le rendant aveugle sur notre présent. Il est déterminé à faire cette guerre et à arriver à ses fins. Il fait du mal à tout le monde, êtres vivants comme défunts, comme Dieux ; à la hauteur de sa propre souffrance.

J’aimerais tellement pouvoir lui prouver qu’il a tort...
»


La rousse cessa ses mots en cet instant. Bien qu’il y ait une part d’ombre en ce monde, elle ne pouvait s’empêcher d’y voir la lumière et ne voyait que par elle. Combien de fois avait-elle douté ? Et pourtant, en entendant les mots de Mokko aujourd’hui, c’était comme si ces questionnements s’étaient évaporés.

« Mais peut-être que nous aurions une chance du côté du jeune Tôsen ? Peut-être que nous pouvons influencer le jeune pour influencer celui du Futur ? »

C’était une simple supposition, une idée qui lui avait traversé l’esprit et la barrière de ses lèvres. Après tout, elle n’avait pas envie de voir encore du sang sur ses mains, s’il y avait d’autres éventualités, autant les présenter maintenant.

Spoiler:
 


Dernière édition par Chiwa Aimi le Lun 8 Nov 2021 - 18:48, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t6031-chiwa-aimi-se-presente https://www.ascentofshinobi.com/t8393-iwa-equipe-1-aimi-seika-taketora https://www.ascentofshinobi.com/t6109-chiwa-aimi-carnet-du-rubis-d-iwa https://www.ascentofshinobi.com/u1037
Seiun
Seiun

01. Le Sommet de la Coalition - Page 2 Empty
Lun 8 Nov 2021 - 18:22
01. Le Sommet de la Coalition - Page 2 OJi9j10

L'euphorie du moment fut balayée en un instant. L'image du tapissier s'efface alors au profit de palabres à n'en plus finir. Que sa prose était douce, que son style était délicat : mais dieu que le monologue était long. Une dizaine de mots auraient pu résumer l'interminable prise de parole du conteur des mers qui ne s'écoutait pas parler : Non, je ne pense pas, je ne crois pas, impossible, ,non, encore non. L'éphèbe prenait un malin plaisir à s'imaginer une histoire pour prôner son contraire dans la foulée. Conclusion : A l'entendre, l'inaction était votre seule chance, car toutes les autres solutions seraient forcément mauvaises. Erreur de débutant, ou de bien pensant à la con, qui n'avait sûrement pas compris que l'objet du jour n'était pas de choisir le meilleur : mais de prévoir le moins pire. Et dans moins pire, il y avait toujours pire. Des morts, des échecs, il y en aurait encore, plus qu'avant même, mais si ces sacrifices apportaient la rédemption, alors la stratégie adoptée aura porté ses fruits.

Tu ne peux réprimer un vulgaire soupir d'impatience, peut désireuse de repartir dans une guerre des maux avec celui qui ne faisait décidément que de relancer tes idées noires. Ton regard ne s'attarde même plus à confronter le sien ; c'était une perte de temps. Impatiente, colérique ; désireuse que la relève s’attelle à des remarques plus déterminantes, tes doigts martèlent ta propre chair dans l'espoir de donner un rythme nouveau à cette discussion.

Malheureusement, la suite ne fait qu'empirer ton ressenti. Un nouveau monologue au nom des gardiens, de leur rôle, de ce fou furieux qui se trouvait à l'entrée. Il venait d'avouer en plaidant l'ignorance que toute votre intervention au sein de Kaze n'avait servi à rien, et appelait désormais à l'empathie vers un homme isolé par ses propres fondements.

- Oh le pauvre petit n'a pas d'amis.... Quelle tristesse...

Outre-caricaturant le drame, des larmes invisibles qui coulent sur des joues aussi pales que celles des morts. Ta gestuelle mime un cœur qui se brise, un poignard qui se plante dans une poitrine victime de ces révélations.

- Vous vous foutez de nous ? Des pays entiers ont étés envoyés à la morgue parce que vous vouliez garder vos secrets pour vous mêmes. Mais j'imagine qu'il était trop compliqué de prévenir qu'un dieu ne meurt pas AVANT qu'une faction s'y essaye ? Ou peut-être était-ce une curiosité mal placée, une forme d'égocentrisme de moines passifs qui vivent dans leur propre monde et s'y complaisent ?

Le ton est marqué de rancœur, contre ces gens qui appellent à l'empathie et qui ne reflètent pourtant que du mépris.

- Mais observez le résultat : Même sans être encadrés, même sans être prévenus, chaque faction a su mener son combat et s'en sortir victorieux. Vos révélations ne veulent dire qu'une seule chose : Votre temps est révolu, et celui des secrets sur les dieux aussi ; L'Histoire ne sera plus écrite selon VOS choix.

Et finalement, ton regarde se pose sur l’emblème d'Iwa

- On peut l'influencer en le faisant taire à tout jamais, oui

Un appel sans équivoque, tuer le passé pour que le futur s’estompe avec lui.


Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t10147-seiun-fichee-terminee#86391
Hayai C. Taishi
Hayai C. Taishi

01. Le Sommet de la Coalition - Page 2 Empty
Mar 9 Nov 2021 - 2:52
L’Hayai s’était relevé dans son siège brièvement. Ce qui lui avait permis de garder le silence jusque-là était surtout les révélations de Mokkô – qui venait essentiellement d'avouer d’avoir avoir sciemment gardé le secret de l’invulnérabilité des dieux au prix des vies de kazejins – mais aussi le monologue précédant venant de la Brume. L’Éclair Vert avait déjà rencontré Aditya dans le passé, et celui-ci semblait fidèle à lui-même; probablement plein de bonnes attentions, mais incroyablement suffisant à lui-même. À écouter l’homme, il était le vieux sage qu’ils étaient tous venus écouter pour s’abreuver de son gospel.

Mais ce n’était pas le cas.

Les yeux verts de Taishi restèrent fixés sur sa cible, ce qui était probablement préférable au regard que devait lui lancer Aimi à cet instant.

« Pour l’amour du Yuukan… Il aurait été suffisant de simplement confirmer le scellement de la bête… Le Chapelier n’a que faire de tes dilemmes moraux, Aditya. Toutes ces belles paroles qui prônent au final bien peu. J’ajouterai que les conjectures et incertitudes, comme tu les as décrites nous ont menés bien plus loin face au Chapelier que ton interminable discours. Je ne prétends pas avoir davantage que des suppositions à demi-confirmées, mais considérant que j’ai risqué ma peau et celle de mes semblables, un peu de respect pour ceux qui ne font pas que resasser pour ou contre ne serait pas malvenu. »

Il se rassied en secouant la tête, un peu exaspéré.

« Un discours pas entièrement dénué de substance heureusement peut-être. Simplement rester dans l’ignorance n’empêcherait pas le Chapelier d’atteindre ses buts, selon moi. Peu importe vos opinions sur le sort des démons à queue, vos engagements sur leurs usages et tout le reste, il est clair que si nous ne trouvons pas le Dieu Renard, il le fera. Si Tôsen a appris une leçon après Iwa, c’est de ne pas se reposer uniquement sur ses pouvoirs. Il mènera des efforts actifs pour trouver les neuf queues.. »

Son regard défila vers Seiun, l’intrigante femme de l’empire. Son attitude détonnait des autres, et pour la peine, il était définitivement en accord avec elle sur plusieurs de ses cinglantes remarques. Les gardiens avaient peut-être réussis leur rôle pendant un certain temps, mais ils avaient carrément, et complètement échoués désormais. Il hocha la tête devant les mots d’Aimi. Simplement laisser les dieux tranquilles par peur de voir Rei ou une autre lieutenant les manipuler n’était pas mieux que de chercher à les sceller. Quant à sa perception de la tendance du futur, elle avait décelé une piste que Taishi avait également explorée, de manière théorique du moins.

« Quel que soit votre décision sur la marche à suivre, ma suggestion restera de diversifier nos efforts. Plus la tapisserie est grande, plus il aura du mal à en percevoir chaque fil. Même en poursuivant nos options les moins plausibles, nous pourrions l’amener à perdre du temps à s’y intéresser, comme Aimi le propose. Lui, et ce fameux refuge de l’Humanité. »


S’ils avaient su à l’avance que les dieux étaient impossibles à tuer… Mais qu’est-ce cela voulait dire au juste, sinon que personne n’avait réussi à en tuer un, jusqu’à présent ?Tout comme le Chapelier jusqu’à tout récemment…

Tout le monde était invincible jusqu’à preuve du contraire.

Les yeux verts de Taishi se posèrent sur Mokkô, moroses.

« Il n’y a pas de mots pour justifier la quantité de secrets que vous avez gardé pour vous pendant tout ce temps. Lors de l’émergence du dieu singe à Iwa, le scellement a failli échouer et nos shinobis ont pris des risques proche du suicide afin de tenter de le blesser, voir le tuer. Et ils en ont payé le prix. Certains ne peuvent plus se regarder dans un miroir sans qu’il se brise désormais. Grâce à vos secrets. Avec le Conservateur hors-jeu, vous êtes peut-être notre meilleur lien avec le savoir des gardiens, mais je connais quelques personnes qui ne seraient pas vos plus grands fans à ce moment précis. Si votre exercice est de nous faire sentir mal pour vous ou le gardien des gardiens… Il y a de meilleures manières.»

Taishi secoua la tête en s’enfermant dans le silence. Il ne pouvait se prononcer sur le sort du jeune alter-ego du Chapelier. Le phénomène le dépassait complètement. Taishi avait concentré tous ses efforts sur la maîtrise du temps de Tôsen, et aucun sur cette aberration temporelle.

« S’ils sont du même fil, tuer le jeune ferait peut-être disparaître le vieux. Mais si ce n’est pas le cas… Aimi aurait raison, et la meilleure manière de l’utiliser, c’est contre sa version plus âgée. »

Il aurait voulu en dire plus mais ce n’était pas sa place de le faire. Et… Le jônin jeta un regard vers Aimi en jaugeant sa réaction, ou plutôt, son niveau de désapprobation. À quelque part, il pensait que la femme était du même avis que lui. La différence, c’est qu’elle s’exprimait avec respect et sollicitude. La Chiwa était véritablement sage, avertie. Et en ce sens, peut-être que c’était à lui de s’avancer trop loin si nécessaire. Elle ne manquerait pas de le réprimander plus tard dans tous les cas. Il songea que cette discussion, ce sommet, était peut-être la seule chose qui l’empêchait de trop réfléchir à sa précédente rencontre avec la représentante d’Iwa. Tout avait changé depuis.

Il aurait voulu poser sa main sur la sienne, pour peut-être y trouver la moindre assurance. Mais il n’y a avait pas de place pour ce geste.

Y en aurait-il une un jour ?

_________________
Gods do bleed, Invité.
Taishi's Theme III : Rule Revolution
01. Le Sommet de la Coalition - Page 2 56132_s
#GLOUBA`s THEME I : A MAJESTIC HUNTER
#PROLOGUE THEME : JIKKUKAN HERITOR / #TAISHI`s THEME I : THE GREEN FLASH / #TAISHI`s THEME II : DAEDALUS EMERGENCE
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t363-hayai-taishi-termine
Sharrkan
Sharrkan

01. Le Sommet de la Coalition - Page 2 Empty
Jeu 11 Nov 2021 - 1:23
C'est l'accompagnateur de la Brume qui s'avança et répondit finalement aux questions posées à son représentant. Traits délicats, presque féminins, une voix douce ; contraste étonnant pour celui qui parlait comme un vieil homme ayant déjà vécu plusieurs vies. Car il parla longuement, du Nécromancien, de l'Homme au Chapeau, du chakra, de la paix, de la guerre. Un monologue qui paru certainement long à certains. Pour Sharrkan, il était plus facile de retenir son attention lorsque l'orateur était aussi plaisant à... écouter.

L'argenté se contenta d'écouter, menton appuyé sur sa main, acquiesçant parfois. Rendant évidemment chaque sourire et regard qui lui était adressé.

« Votre compassion est impressionnante, Aditya-san. »

Même si son point de vue n'était pas forcément partagé par le manieur de chaleur, notamment sur les Dieux. Ils avaient laissé le bénéfice du doute à Ichibi, comme l'avait ordonné l'Impératrice, avant de se rendre compte de leur erreur en voyant la moitié de la Capitale ensevelie par la vague de sable. Parfois, c'était tuer ou être tué, sans autre option possible. Il n'allait néanmoins pas plomber l'ambiance avec une telle fatalité.

Les prunelles de l'enfant du désert brillèrent d'un nouvel éclat, démontrant son intérêt en entendant le nom de son ancienne Raikage, mentor et amie. Où qu'elle soit, il se doutait bien que ces anciennes promesses étaient le cadet de ses soucis et il espérait bien qu'elle profitait de sa retraite anticipée loin de ces préoccupations. Ne sachant pas si sa situation était connue internationalement, Sharrkan se garda d'émettre un commentaire. Néanmoins, son regard se fit plus dur suite aux paroles du Kirijin, assumant que Raizen avait hérité de ce serment. Il s'apprêta à répliquer lorsqu'il fut coupé par une nouvelle citation, reconnaissant son auteur sans efforts. Après tout, le Meikyû aimait bien mettre sa vie en jeu pour tout et n'importe quoi ; mais cela n'était qu'une bonne raison supplémentaire pour avoir tué le Dieu au lieu de créer un Jinchuriki : la vie de Raizen ne pouvait pas dépendre des actions d'une autre personne.

« Quelle mémoire, pour être capable de retranscrire ces paroles au mot près. Je n'ai aucun doute sur le fait que Raizen tienne sa promesse, même si... la situation a bien évoluée depuis. Mais je comprends votre souhait de garder confidentielle l'identité de vos hôtes. Même entre alliés, chacun doit avoir ses secrets, hmm ? Merci pour ces informations. »

Affichant un sourire de défaite, le Kazejin avait compris qu'il serait difficile d'obtenir des noms. Il avait tenté, implicitement, d'en savoir plus sur ces fameux Jinchuruki, et même s'ils n'avaient confirmé que le scellement sans préciser dans un être humain, il se doutait que les autres factions en possédaient tous un ; sauf Kumo et Kaze. Il n'y aurait probablement pas eu autant de mystère si leurs Dieux avaient été scellés dans autre chose.

Ce fut au Charpentier de reprendre la parole ensuite, visiblement sur les nerfs. Et il semblait bien décidé à mettre tout le monde de mauvaise humeur, en annonçant que les Dieux ne pouvaient pas être tués. Sharrkan pencha la tête sur le côté, haussant un sourcil. Un fin sourire impertinent se glissa même sur ses lèvres en entendant l'homme perdre son sang-froid. Il semblait réellement tenir à son scellement... au point de dénier un fait ? Car c'était bien réel : Ichibi n'était plus. Sa tête avait explosé, en même temps qu'Ashura.

L'argenté ne passa néanmoins pas à côté du surnom donné au représentant Kirijin. Comme l'excentrique à l'extérieur, il venait d'annoncer que Kaguya Wutu-Fuku était l'hôte du Dieu de l'eau. Il confirmait au moins une théorie, si cela était vrai : ces Jinchuriki ne portaient pas de marque distinctive. Pas de difformité physique, pas de symbole apparu au milieu du front... autrement dit, un humain d'apparence normale.

Reportant son attention sur Mokko, Sharrkan ne pouvait pas croire ce qu'il entendait. Il sous-entendait qu'Ichibi était destiné à réapparaître à Kaze dans quelques saisons, mais... c'était impossible. Il avait été vaincu. Il avait disparu. Ceux du passé n'avaient pas dû faire le travail correctement... car la possibilité de sa réapparition était une idée insupportable à entendre.

Les mains de Sharrkan se crispèrent, sa mâchoire se contracta. Ils avaient tant perdu avec ce réveil... et cela pourrait recommencer à tout moment ? L'anxiété le gagna alors que les souvenirs affluaient dans sa tête ; le goût métallique du sang gagna sa bouche. Si l'argenté aurait pu être furieux contre le porteur de secrets, comme ses pairs, il n'en était rien. Sur le principe, une telle rétention d'informations était impardonnable. En réalité... il ne pensait pas que cette connaissance aurait pu changer quoi que ce soit. Ce groupe avait été trop disparate, hétéroclite, pas assez formés aux Kinjutsu. Ils n'auraient jamais pu réussir à le sceller.

« Toutes les traditions ne sont pas bonnes à être perpétuées. Il faut savoir faire preuve de discernement et de bon sens, parfois sacrifier les doctrines pour pouvoir avancer. »

Il était inconcevable de se dire que pendant tout ce temps, cet ordre avait assisté au pire de leur histoire sans broncher, pour le bien de leur stupide promesse. Ils pouvaient bien essayer d'attrister avec leur fardeau ; ils l'avaient choisi sciemment.

« Cette rencontre avec le Gardien des Gardiens prouve à quel point ces principes sont absurdes. Malgré son isolement forcé, il avait des idées, des espoirs, des attentes sur les shinobis car malgré tout, il reste humain. En quoi lui offrir l'ouverture sur le monde d'un bambin lui donne un meilleur jugement ? Au contraire, s'il avait vu, vécu... »

Rien de tout ceci n'avait de sens. Ils nageaient en plein délire.

« Enfin, je pense que nous ne sommes pas concernés par la façon dont vous gérez votre ordre. Ce qui nous concerne par contre, c'est que vous nous envoyez nous battre sans avoir toutes les cartes en main. Vous cachez un homme d'une puissance incroyable alors que nous sommes en guerre contre un être qui nous dépasse. En bref, vous nous demandez de nous abandonner corps et âme à la cause, alors que ce n'est pas réciproque. »

Sans vouloir s'avancer dans des théories du complot, il y avait définitivement des choses qui clochaient. Pourquoi l'Homme au Chapeau avait conclu que les moines devaient survivre, s'ils étaient ennemis ? Pourquoi semblaient-ils autant décidés à les aider qu'à leur mettre des bâtons dans les roues ? Mais aussi...

« Donc selon vous, le scellement des Dieux est la seule option viable ? En faisant cela, ne jouons-nous pas justement le jeu de l'Homme au Chapeau ? Ses Lieutenants libèrent des Dieux, les Shinobis les scellent ; sans oublier que l'Homme lui-même a aidé au scellement à Tsume. Pourquoi préfère-t-il avoir les Dieux scellés dans des humains ? Et quelle est la place des Moines dans ses plans ? »

S'il avait voulu empêcher les shinobis d'accéder aux connaissances des Moines sur les Dieux, nul doute que l'ennemi numéro un aurait tenté de les réduire au silence. Il restait donc plusieurs possibilités...

_________________

01. Le Sommet de la Coalition - Page 2 Lo79
© Aditya
Doomkatsu Gang:
 
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5624-fini-sharrrrrrrkan#45203 https://www.ascentofshinobi.com/t1247-06-independants#75016 https://www.ascentofshinobi.com/t9189-sharrkan https://www.ascentofshinobi.com/u1141
Kaguya Wutu-Fuku
Kaguya Wutu-Fuku

01. Le Sommet de la Coalition - Page 2 Empty
Ven 12 Nov 2021 - 12:06
Sous l’impulsion des différents participants à cette réunion, pour qui l’ordre des Derniers Gardiens reste un groupe très mystérieux, la langue de Mokkô finit par se délier. Plusieurs mois après le premier sommet. Presque sous la contrainte, c’est du moins de cette manière que Wutu-Fuku le perçoit. Loin de rassurer le Kaguya, les informations données par l’arbitre de la réunion ont plutôt l’effet inverse. Combien de personnes sont mortes parce que le Charpentier a estimé qu’enseigner les Kinjutsus aux shinobis étaient une manière claire de leur dire que les Dieux étaient impossibles à tuer ?

L’hôte de Sanbi est arrivé au QG de la Coalition avec l’idée qu’il n’accorderait pas une totale confiance à ses interlocuteurs. Mais il ne pensait pas un seul instant qu’il arriverait à la même conclusion pour le Seigneur du Pays du Bois. La localisation des derniers Dieux est une information très sensible, que Wutu-Fuku ne prévoyait en principe pas de transmettre aux autres. Il aurait pu faire une exception pour les semblables du Conservateur, mais Mokkô a réussi l’exploit de convaincre le Kaguya de ne pas lui transmettre cette donnée à lui non plus. Les derniers gardiens doivent avoir le moins d’informations possibles sur les secrets gardés par leurs collègues ? Ainsi soit-il.

Alors, quand Sharrkan demande à Wutu-Fuku si le Conservateur lui a donné la moindre information concernant la localisation des Dieux restants, le Kaguya répond par la négative.

-Rien de plus.

Mais l’information n’est peut-être pas condamnée à rester secrète… car quiconque a entendu le discours du Conservateur peut supposer que Kumo a un Dieu sur son territoire, « au nord, là où la foudre frappe le plus souvent ». L’homélie d’Aditya n’est pas dénuée de sens. Wutu-Fuku aimerait aussi éviter au maximum de réveiller les Dieux. Mais si ceux qui sont encore scellés sont des cibles pour l’Homme au Chapeau, qui souhaite aux dernières nouvelles que ces derniers soient enfermés dans des hôtes vivants, il vaut mieux que ces forces de la nature soient scellées dans des shinobis de la Coalition. Et puis… ce Sharrkan fait jusqu’ici preuve d’une certaine sagesse, même dans sa réaction aux propos du charpentier. Une sagesse feinte, qui sait. Mais la suite des événements prouvera peut-être la bonne foi du Kumojin. Le Heidan n’est pas contre communiquer la localisation du sixième Dieu à la délégation de la foudre... mais plus tard, loin d’oreilles qui pourraient faire mauvais usage de cette information.

L’annonce de l’immortalité des Dieux fait évidemment réagir les autres représentants. Seiun est particulièrement piquante dans sa réaction mais peut-être Mokkô réalisera-t-il ainsi la maladresse de ses propos. Wutu-Fuku se permet d’enchérir, restant cordial comme à son habitude même si ses mots résument bien sa perception de la situation.

-Vous comprendrez bien, j’espère, que la tragédie qui touche le Gardien des Gardiens est minime comparée aux milliers de morts provoqués par votre décision de ne pas partager l'information cruciale qu'est l'immortalité des Dieux. Et comme le dit Sharrkan, le choix de couper cet homme du monde extérieur peut très bien avoir plus d'inconvénients que d'avantages.

La réaction des représentants de Kaze est à venir, mais nul doute qu’elle sera la plus véhémente de tous. Si Mokkô a été capable de cacher une telle information, qu’est-il capable de ne pas partager ? Est-il seulement digne de confiance ?

-Y a-t-il d’autres informations de ce genre que vous nous cachez ?

Pourquoi en serait-il autrement ? Mais Wutu-Fuku n’en a pas terminé avec le Charpentier. Il se tourne ensuite vers Sharrkan pour répondre à sa dernière phrase.

-Il me semble avoir compris, d’après l’allocution de Tôsen, que ce dernier pense pouvoir « effacer » les Dieux s’ils sont scellés dans des humains au moment de la disparition du chakra…

Wutu-Fuku se tourne ensuite vers le chapelier.

-Qu’en est-il de ce plan d’ailleurs ? Comment peut-il être si certain que l'éveil du Dieu Renard provoquera la disparition du chakra, et des autres Dieux avec ?

À moins qu’effacer un Dieu en supprimant le chakra ne compte pas vraiment comme une mort aux yeux de Mokkô. Mais Wutu-Fuku s’étonne que l’Homme au Chapeau soit certain qu’avoir le Dieu Renard en lui lui permettrait de supprimer le chakra. Pour l’affirmer, il faudrait avoir été témoin d’un précédent… à moins que les pouvoirs de Tôsen ne soient encore à l’oeuvre ? Mais il est difficile de croire que l’Homme au Chapeau pourrait connaître les pouvoirs d’un hypothétique hôte du Dieu à neuf queues tout en étant dans le même temps incapable de localiser ce dernier.

Une autre idée fait son chemin, lancée involontairement par Chiwa Aimi, qui propose d’agir sur le Tôsen du présent pour influencer l’Homme au Chapeau. Idée bien vite détournée par Seiun, qui propose purement et simplement l’assassinat du Tôsen de cette ère.

-Je pense plutôt, comme le suggère l’éclair vert, qu’ils ne sont pas sur le même « fil » et dans un tel cas, tuer le jeune ne changerait rien. Si ce n’est disperser les forces de la Coalition. Mais même dans le cas contraire...

Wutu-Fuku a beau y réfléchir, il ne voit aucun cas de figure où cette idée est une solution pertinente. Bien entendu, il est fermement contre l’idée de tuer un individu pour des crimes qu’on lui reproche dans le futur. Mais il se garde bien d’afficher aux autres participants ce qui pourrait être considéré comme de la naïveté et de la faiblesse. Alors le Kaguya se contente d’être rationnel.

-Si la mort du Tôsen du présent entraîne la mort du Tôsen du futur, je ne vois pas pourquoi ce lien de cause à effets serait la seule conséquence. En suivant cette théorie, si le Tôsen du futur meurt, l’Homme au Chapeau n’existe tout simplement plus et nous n’avons donc plus aucune raison de chercher à éliminer le Tôsen du présent, qui « revient » donc à la vie et qui aura tous le loisir de devenir comme son prédécesseur sans que nous ne puissions rien y faire, puisque toute l’histoire à partir de son apparition dans notre époque risquerait elle aussi d’être réécrite, effaçant l’individu de toutes les mémoires. On ne sait pas depuis combien de temps l’Homme au Chapeau est dans notre temporalité et ce que sa non-venue dans notre époque changerait précisément. Certains d’entre nous pourraient même disparaître rétroactivement, qui sait.

De la simple logique. Et puis si Seiun tient vraiment à vérifier cette théorie, blesser le Tôsen du présent suffirait en théorie. Si on lui entaille la joue, l’Homme au Chapeau devrait logiquement présenter la même blessure.

Mais il reste une autre cible que la coalition peut cibler, avec un effet positif certain et sans devoir trancher moralement.

-Cibler Kojima Reijiro reste pour moi la meilleure option.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t3327-kaguya-wutu-fuku-termine https://www.ascentofshinobi.com/u800
Sabaku no Musashi
Sabaku no Musashi

01. Le Sommet de la Coalition - Page 2 Empty
Dim 14 Nov 2021 - 0:43
Silencieux depuis le début du sommet, le samouraï se contentait d’écouter ce que les uns et autres disaient, en s’efforçant de retenir ce qui paraissait le plus important à ses yeux.

Ainsi, Tôsen, Ketten, Keijiro et Rei furent rapidement au centre des débats. Si les noms de tous ces antagonistes lui parlaient, Musashi n’apprit pas moins bien des choses les concernant. Il n’en attendait de toute évidence pas moins de ce sommet, aussi il attendait naturellement le moment où des solutions concrètes seront proposées par les différentes délégations. Après tout, c’était pour cela qu’ils avaient fait le déplacement…

Finalement, outre les discours parfois creux, mais non dépourvue de « bonnes » intentions, de certains, qui avaient peut-être simplement omis que ce sommet n’existait que pour vaincre un ennemi commun, et rien d’autre, le samouraï constata également une certaine forme de colère, voire de mépris chez le charpentier, dès lors que l’assemblée faisait mention de Kaze. Un détail que le Han gardait dans un coin de sa tête, attendant le moment propice pour creuser davantage.

Aussi, en attendant, tout ce qu’il préférait vraiment retenir, parmi toutes les choses qui avaient été dites, c’étaient les informations autour des différents antagonistes, et la théorie fort intéressante émise par Taishi, concernant l'étendu du pouvoir de Tôsen. Cette théorie venait en effet confirmer et compléter ce que l’Oterashi lui avait révélé lors de leur récente rencontre à Tsume.

Quoi qu’il en fût, l’ex-shinobi de la roche démurait silencieux, toujours tapis dans l’ombre du gouverneur Mitsuhide, son regard dévisageant à tour de rôle ceux qui prenaient la parole.

Finalement, il aura fallu attendre l’insistance du fils du désert, Sharrkan, pour que Mokkô ne s’agace davantage, avant de « craquer », en leur faisant part de révélations qui eurent l’effet d’une bombe. En effet, les dieux seraient immortels, et ce malgré l’exploit de l’organisation Suna no Fukaku-sha, qui était parvenue à pourfendre Ichibi. Si Musashi se refusait de croire celui qui se considérait comme « l’arbitre » de la coalition sur parole, les explications du vieil homme l’invitaient tout de même à prendre en considération une bonne partie de son discours.

Alors que Mokkô poursuivaient son monologue, centré cette fois-ci sur l’histoire de leur ordre et le mystérieux gardiens des gardiens, Musashi, lui, glissa instinctivement sa main à l’intérieur de sa veste, pour venir la poser sur la garde de son katana. Il se remémorait cette tempête, ce tsunami de sable qui avait tout englouti sur son passage. Ces enfants, ces femmes, ces personnes âgées, ils auraient peut-être tous survécu si les Kazejins et leurs alliés avaient eu la confirmation de l’immortalité des « dieux » par Mokkô. Seulement, celui-ci avait préféré garder cette information secrète, pour finalement leur révéler aujourd’hui, comme si de rien était ; Pire, aucune forme compassion, aucun regret n’émanait de ses paroles, alors même que lui et son ordre semblaient être à l’origine de tous les maux des shinobis.

La main ferme sur la garde d'Enma, le samouraï s’imagina, l’espace d’un instant, parcourir la faible distance qui le séparait du vieil homme et le trancher pour faire justice à tous ceux qui avaient péri lors de la bataille contre Ichibi. C’était le cœur qui parlait. Un coeur qu'il savait désormais « gérer », puisqu'il parvint rapidement à raisonner pour prendre les faits dans leur globalité, mais aussi d’autres paramètres, pour en déduire que Mokkô leur était pour le moment « indispensable »...

« … Votre mépris pour les shinobis, ou du moins pour les nôtres, me sidère, seigneur des bois… » Finit-il par glisser, retirant en fin sa main de son arme, dissimulée à l’intérieur de sa veste. « ... Finalement, ce que je retiens, c’est que vous n’êtes pas qu’un arbitre. Vous n’avez rien à arbitrer ici, et en d’autres circonstances, nous serions tout à fait en droit de vous juger pour tous les torts que vous nous avez causer par vos cachoteries… » Reprit-il, en s’avançant légèrement pour que tout le monde puisse le voir, l'air hautain.

Il exécuta un mudra à l’aide d’une main, celle dissimulée dans sa veste, maximisant ainsi l’effet de surprise. Un miroir de cristal se dressa alors sur la grande table, incliner dans la direction de Mokkô.

« Voyez ce que vos révélations auraient pu empêcher. Voyez ce que vos secrets ont permis… » Reprit-il, en lui faisant voir le dieu du désert et la façon dont ses assauts avaient tout balayer, notamment une bonne partie de Taiyô. « ...Kaze ne l’oubliera pas, soyez en certain, seigneur des bois. » Ajouta -t-il, en plongeant ses iris flamboyants dans ceux du vieil homme.

Roulant des yeux pour croiser à tour de rôle le regard des autres membres de l’assemblée, il s’arrêta finalement sur celui de son frère d'arme, Sharrkan.

« Vos interrogations sont pertinentes, Sharrkan-san. S’il préfère avoir ces abominations scellées dans des humains, c’est en effet parce que, comme l’a souligné l’hôte de Sanbi, il espère les supprimer en même temps que l’éradication du chakra qui fera disparaître les shinobis.

... Ce qui veut dire qu’Iwa et Kiri, en optant pour des hôtes humains, ils n’ont fait que jouer à son jeu. C’est peut-être aussi l’une des raisons pour lesquelles les gardiens ont préféré les maintenir des stèles… Dans tous les cas, c’est un point qui mérite que l’on s’attarde dessus. Ce qui me fait à une chose : qu’adviendrait-il si un hôte humain venait à mourir ?
» Fit-il, en roulant de nouveau des yeux pour regarder les uns et autres, avant de les arrêter sur le charpentier. « Oui, s’il est impossible de les tuer avec la force brute, comme nous l’a désormais confirmé le seigneur des bois, qu’est-ce qui se passerait si on les scellait dans des hôtes humains et qu’on en venait à les sacrifier ? Si nous pouvons les tuer de la sorte, les choses seraient bien plus simples, et cela résoudrait le cas d’Ichibi s'il décidait de revenir après sa pause goûter, dont j’accepterai volontiers d’en être l’hôte avant d’être sacrifié. Je le ferai volontiers pour mon pays. Pour l’humanité. Et je suis persuadé que d'autres shinobis accepteraient de faire le même sacrifice, pour le bien des leurs. » Fit-il, regardant Mokkô avec insistance.

Il espérait qu’il ne se défilera pas, et qu’il lui donnera une réponse concrète. Dans le cas contraire, c’était une théorie qu’ils se devaient d’expérimenter…

Ne préférant même pas se prononcer sur le cas des moines, dont chacun aura probablement compris le rôle, le samouraï laissa les autres s’exprimer, avant de tourner son regard sur l’hôte de Sanbi. Il lui avait servi l’une de ses préoccupations sur un plateau.

« Je vous rejoint entièrement. Le laisser de côté pour l’affronter lors de la guerre, dont Tôsen espère décider du jour et de l'heure, serait absurde. Comme vous l’avez déjà souligné à maintes reprises, cet homme est l’une de ses pièces maitresses. Il faut en l'occurrence le neutraliser pendant qu’il en est encore temps. En procédant ainsi, si l’on parvient à nos fins, on se facilitera la tâche à n’en point douter. Et, dans le pire des cas, cela forcera Tôsen à prendre d’autres risques inconsidérées. Sa récente incursion à Iwa a sûrement du quelque peu l’épuisé, alors acculons-le et ne lui laissons aucun répit, en nous en prenant directement à ses meilleurs éléments. » Lui rétorqua -t-il, avant de rouler des yeux pour juger la réaction des autres. « … Je vous propose que chacun de vos villages choisisse deux de ses meilleurs soldats pour mettre en place une escouade qui sera chargée de traquer et d’éliminer le nécromancien. » Conclut-il, cédant ainsi la parole aux autres membres de l’assemblée.


Spoiler:
 

_________________
01. Le Sommet de la Coalition - Page 2 Qmep
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5820-han-musashi-une-existence-aux-lourdes-consequences-fini#47387 https://www.ascentofshinobi.com/t6453-han-musashi-carnet-de-route#53995
Ashina Mitsuhide
Ashina Mitsuhide

01. Le Sommet de la Coalition - Page 2 Empty
Mar 16 Nov 2021 - 23:12


Catharsis
Dextre et sénestre entrelacées, tu contemples, une fois de plus, le paysage politique offert par cette tablée, pleine de représentants. Un rictus amer vient altérer ton faciès face à ce sempiternel constat qui te dérange. Comment une telle réunion pourrait être négligée par les Ombres de chaque grand village ? Cette pensée résonne comme une aporie incompréhensible à tes prunelles de rubis. Rien ne demeure plus important que le destin sordide de ce monde en proie à la fange. L’aréopage devient stérile sans les encéphales du Yukan. Hormis l’échange d’informations à ne pas négliger, aucune décision ne pourra être prise en ces lieux. Seulement des messages à relayer, amenant dans leur sillage l’inertie si coûteuse, si avantageuse pour celui qui dompte le temps.

Perdu dans les limbes de ton esprit, les nombreuses paroles de tous les intervenants glissent sur ce cocon éthéré que tu te forges. Le simple fait de devoir narrer les événements du désert ramène à la surface des affres douloureuses, qui ne cicatrisent pas à travers le temps, comme un long stigmate lancinant. Les réminiscences arrachent des abîmes cette image qui marqua ton mésencéphale au fer rouge. L'œil doré de la Bête. Un fragment de ta mémoire qui invite à plonger, de nouveau, dans la sauvagerie de cet affrontement.

Seuls les mots de Mokko te sortent de ta stase et ces derniers sonnent comme une estocade en plein myocarde. Devant tes pairs, tes dents grincent, tes poings se serrent de tout ton être. Au fur et à mesure que les émissaires s’expriment, tes ongles pénètrent l’épiderme pour laisser déverser le liquide écarlate animant ton corps. L'hôte se réveille alors, dans le palais mental où deux facette d'une même pièce se croise, le temps d'un instant

Plus rien n’a d’importance.

Tout ce que nous avons fait. Toutes les vies sacrifiées… En vain. Qu’allons-nous faire ?

Nous allons arrêter de suivre ces règles pathétiques puisque les rouages de cette grande machinerie sont aussi immuables qu’abscons.

Un poing cinglant s'abat avec fracas sur la table de ce conclave. Une réaction qui force le silence et les regards inquisiteurs. Tes prunelles fixent inlassablement le prétendu arbitre de ce convent, avec une rage débordante. Les prémices d’un anathème dévorant.

Comment osez-vous ?

Un silence. Fort, appuyé, insistant.

Comment osez-vous éructer une telle information de la sorte, en manifestant votre colère de surcroît ?

Non. Si une entité ici peut s’octroyer le droit d’arborer sa haine viscérale, c’est bien le pays du Vent.

Ajustant ta posture, la catharsis débute.

N’importe quel stratège novice pouvait prévoir qu’en alliant des armées disparates sous un même étendard, sans un leader assigné et compétent, les individualités allaient prendre le dessus et c’est ce qu’il s’est passé face au Dieu du désert. Pensez-vous réellement qu’une telle tentative aurait été exécutée si nous connaissions l’immortalité de ces divinités ?

Un léger soupir en guise de ponctuation.

Vous qui possédez le fardeau de la connaissance, vous avez une responsabilité envers la Coalition que vous avez fomentée. Vous êtes le diapason censé accorder toutes les voix de cette entente pour que d’un concert, elles produisent l’unisson désiré.

Index braqué sur ton devancier.

Vous avez failli à votre rôle en omettant une telle information, Seigneur.

Extrémité rengainée, tu reprends.

Avez-vous idée du nombre d’âmes qui se sont éteintes dans le désert ? Avez-vous une idée du nombre de blessés qui jonche nos dispensaires de fortunes, encore aujourd’hui ? Avez-vous conscience des tourments qui habitent les survivants d’une telle barbarie ?

La réponse n’est pas attendue, tu la connais déjà.

Non, cela ne vous intéresse pas, je présume. Vous préférez vous complaire dans votre cité aussi brisée que votre ordre, prônant l’honneur de respecter des serments immuables dans un monde en constante évolution. Contemplez, maintenant, ce que vos machinations pour voiler la vérité ont engendré.

Les voix des honorables ne disparaîtront pas.

Êtes-vous à ce point inconscient pour négliger une donnée si capitale ? Ou bien, êtes-vous, à ce point, sadique pour sciemment omettre une telle information ? Depuis combien d'années vous vous délectez d’observer les Shinobis échouer, alors que vous possédez de nombreuses clés pour comprendre ce monde et que vous mettez tout en œuvre pour les ensevelir ? Je ne sais pas lequel de ces scénarios est le pire.

Même si vous sortez de votre mutisme pour glaner notre empathie, vous n’obtiendrez que mon mépris. Vous pouvez retourner vous terrer dans votre cloaque insalubre avec votre Gardien des Gardiens et tous les sombres desseins que vous osez dissimuler.

Une rage dénuée d’intelligence. Un simple défouloir. Il fallait trouver des coupables capables d’assumer cette cruauté. Essuyant le sang émanant de ta plaie, tu te tournes vers la représentante de la Roche et ses homologues appuyant son idée. Un ricochet de ton animadversion.

Les laisser dans leurs coins… Nous devrions appliquer cette même technique avec l’homme qui tient sa renommée de son couvre-chef et nous verrons jusqu'où cela nous mène...

Tête prise dans les mains face à cette proposition, tu écarquilles les yeux avant de reprendre.

Nous sommes des parasites à leurs yeux. Une telle paix ne peut exister.

Tu le sais mieux que quiconque. La preuve en est, le Démon renaîtra de son sable, bientôt et il te faut réagir.

Nous nous occuperons, une nouvelle fois, d’Ichibi. J’en parlerais directement avec les autorités de Kumo pour reformer notre entente et sceller cette divinité.

_________________
01. Le Sommet de la Coalition - Page 2 0_new_10
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t9121-une-nouvelle-lueur-ashina-mitsuhide-u-c https://www.ascentofshinobi.com/t8444-suna-no-fukoku-shakaze#70751 https://www.ascentofshinobi.com/t9742-ashina-mitsuhide#82731
Mokkô
Mokkô

01. Le Sommet de la Coalition - Page 2 Empty
Sam 27 Nov 2021 - 19:20
Un arbitre se doit de bien souvent rester muet. Il doit écouter ce que chacun a à dire. Et en cas de désaccord ou de décision à prendre, il se doit de trancher.

Mais Sen’sei Mokkô s’en rend bien compte : la seule chose qu’il a tranché, c’est la confiance infime qui le liait avec tous les Shinobis. Peut-être que certains tenteront de comprendre pourquoi il fallait agir ainsi, mais ce n’est de toute façon pas sa priorité.

Ce n’est plus tant par sa position d’arbitre mais par le respect qu’il porte aux référents de la Coalition Shinobi qu’il se force à rester de marbre. Les critiques pleuvent, la colère s’abat. Etrangement, les représentants présents usent d’armes plus puissantes que leurs jutsus eux-mêmes : les mots.

Le visage du Charpentier, si malicieux à l’accoutumée, se fond. A chaque réponse qui fustige, une ride naît sur son visage qui encaisse. Il en arrive même à fermer les yeux. Ils ne peuvent pas comprendre, aussi faut-il les entendre.

Pire encore, les mots qui lui arrivent le font imaginer la scène à Kaze no Kuni. Le Dieu du Désert, les corps, le chaos. Il tente de se sortir de cette horrible vision, presque trop réaliste.

« Nous vous avons appris à les sceller, pas à tenter de les tuer… dit-il tout bas. »

Mais Mokkô le sait. De par leur prisme, leur vécu et surtout les sacrifices menés, les Shinobis ne peuvent qu’être dans cet état de colère. Il le sait, il doit continuer à porter son rôle. Ses yeux se rouvrent, son visage arrête de s’assombrir.

Il se retint de leur expliquer le pourquoi. Il y en a même tellement. A commencer par l’Homme au Chapeau, qui aurait pu agir bien plus vite et d’une façon autrement terrible s’il n’y avait pas eu tous ces secrets portés par les Derniers Gardiens.

« Je ne sais pas comment Sakaze Tôsen a tant d’informations sur les Dieux. Sa défunte femme n’était pas la Gardienne du Savoir. »

Soudain conscient que les Shinobis ne pouvaient pas savoir de quoi, ni de qui il parlait, il se reprit aussitôt.

« Mais comme l’a souligné dame Seiun, l’époque des Derniers Gardiens et de leurs secrets est révolue. Aussi je vous indiquerai où trouver la Gardienne du Savoir, dont la tâche au sein de l’Ordre est de garder cacher les écrits historiques secrets. »

Mais cette Grande Guerre qui était sur toutes les bouches ne pouvait se gagner qu’avec des alliés. Les Shinobis étaient d’ailleurs parfaits pour cela. Ils avaient toujours eu, depuis que Mokkô les connaissait, ce réflexe de penser aux scénarios les plus obscurs. Assez manipulateur pour le comprendre et avoir appuyé la création de cette Coalition Shinobi, le Dernier Gardien l’avait dit : c’était eux, les acteurs principaux de la lutte à venir.

Les deux principales cibles sont définies par les shinobis eux-mêmes. La première est Kojima Reijirô, celui qui est capable de ramener les morts à la vie. En plus de toutes les raisons éthiques ou religieuses qui opposent le vieux moine à ce savant fou, c’est bel et bien l’idée de toute une armée d’anciens combattants qui apparaît comme un terrible handicap à venir.

« Kojima Reijirô est, de ce que vous en dites, un homme qui ne cesse d’expérimenter. Il se pourrait bien qu’il ne soit pas du genre à se cacher en attendant l’affrontement final. Le traquer, avec peu d’hommes mais des spécialistes comme le suggère sieur Musashi, me paraît une bonne idée. »

Mokkô ne veut pas trop savoir comment son avis est reçu. Il doit avancer et remplir son rôle. Aussi passe-t-il rapidement à la seconde cible dont les Shinobis n’ont de cesse de parler. A la fois plus évidente et en même temps « double », elle est fruit d’hésitations infinies.

« Le « jeune » Tôsen, comme vous l’appelez, représente à la fois une chance et un risque. S’il meurt, peut-être que l’Homme au Chapeau l’accompagnera. Ou peut-être que non, auquel cas nous aurons perdu tant de moyens dans cette entreprise. Néanmoins, j’aimerais souligner une chose. »

Il prit une respiration profonde. Mais aucune phrase ne suit.

Quelqu’un vient d’arriver.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Gardien des Gardiens
Gardien des Gardiens

01. Le Sommet de la Coalition - Page 2 Empty
Dim 28 Nov 2021 - 19:20
« Navré de vous interrompre. »

Tous les regards convergent naturellement vers celui qui vient d’entrer. Sa voix, reconnaissable pour l’ensemble des représentants et accompagnants, trahit l’identité de celui qu’ils ont quitté quelques temps plus tôt.

Le Gardien des Gardiens.

Moins familière est la façon dont, encore une fois, il a pénétré la pièce sans que les shinobis sensoriels ne soient alertés. Même chose pour sa présence elle-même, que vient-il faire ici ? A-t-il quitté les autres dehors ? Ou est-ce un clone ?

Sen’sei Mokkô lui n’était finalement pas tant surpris que cela. Il savait pourquoi le Gardien des Gardiens s’était cloné. Ou du moins, il le pensait.

« Deux Sakaze Tôsen, l’un de notre époque, l’autre du… futur ? Cela me fait me poser la question suivante : s’il maîtrise le futur, maîtrise-t-il aussi le passé ? »

Une question qui avait déjà sa réponse. Certains avaient vu l’Homme au Chapeau arrêter le temps pour le rembobiner, allant même jusqu’à renvoyer des techniques jusqu’à l’aube de leur incantation pour les annuler. D’autres, plus rares, avaient même vu l’homme le plus dangereux du Grand Continent remonter le temps sur son propre corps pour récupérer d’une grave blessure.

Oui, le Chapelier maîtrisait le temps. Et alors ?

« Si oui, quelles sont les limites de son pouvoir ? Ne pourrait-il pas remonter le temps sur les lieux d’un affrontement passé pour, par exemple, ramener leurs acteurs défunts à la vie ? »

Certains parmi les Shinobis peuvent entrevoir ce que le Gardien des Gardiens cherche à démontrer, ou plutôt à questionner.

Néanmoins, ce qui frappe le plus, c’est le changement d’attitude de l’homme qui leur parle. Il a toujours son large sourire, mais sa positivité n’est plus aussi éclatante qu’à l’accoutumée. Son enthousiasme débordant s’est rafraîchi, là où des pointes de sérieux semblent être nées. Ce qu’il a à vous dire en devient plus impactant.

« Est-il possible d’imaginer qu’il puisse se rendre là où le Conservateur est mort ? Et qu’ensuite, il remonte le temps pour le ramener à la vie ? »

Une hypothèse que chacun jugera, mais qui s’avèrerait terrible si elle était réalisable. Certains la trouveront néanmoins improbable, puisqu’une telle prouesse de la part de l’Homme au Chapeau lui aurait sans doute valu d’être déjà essayée et usée. Non, il ne peut sans doute pas remonter aussi loin dans le passé. Et même s’il y arrivait, il y a sûrement une contrainte de temps, d’énergie… Et le Conservateur aurait toujours le sceau d’amnésie, à moins qu’il se soit définitivement brisé lors de sa mort ?

Mais les plus perspicaces ont déjà compris qu’il ne s’agit pas que du Chef, mais également de ses Lieutenants.

« Si oui, qu’importe le laps de temps ou la présence d’un quelconque sceau d’amnésie, votre ennemi dispose d’un maître de l’esprit parmi ses lieutenants. »

Le Gardien des Gardiens le sait, puisqu’il assiste au combat de Yamanaka Rei à l’extérieur. Mais étrangement, il ne semble pas vouloir alerter le Sommet sur ce qu’il se passe.

Mais c’est trop tard. Car dehors, les trois shinobis ont réussi à neutraliser la technique du lieutenant ennemi. Chez les shinobis présents au sommet, des déclics commencent à se faire. Informations via des oreillettes chakratiques, clones arrivant au bâtiment pour alerter, secousses perceptibles pour les plus attentifs : le Sommet Shinobi est attaqué, et désormais, tout le monde le sait.

« S’il vous plaît, restez calmes ! »

Le Gardien des Gardiens les a à peine rencontrés mais le sait déjà bien : les Shinobis sont souvent impulsifs. Il n’a qu’une minute pour dire ce qu’il a à dire, puis ils partiront tous vers le front.

Ce serait une erreur.

« Vous êtes effectivement attaqués, par un moine et le maître de l’esprit. Mais aussi surprenant que cela vous paraîtra, j’aimerais que vous restiez tous ici. »

L’incompréhension menace. Il faut leur faire comprendre, et vite, pense le mystérieux guerrier.

« Vos deux ennemis dehors ne semblent pas penser, ou du moins vouloir, tous vous attaquer. Votre Sommet a déjà été lieu de tant d’informations et de décisions. Et c’est loin d’être fini. Comme je l’ai entendu, l’époque des Derniers Gardiens est révolue. J’ai donc, moi aussi, des choses à vous dire. »

L’Homme au Chapeau pensait-il vraiment que ses deux Lieutenants pourraient vaincre l’élite rassemblée des Shinobis ? Ou alors…

« Je pense que cette attaque a pour objectif d’interrompre ce sommet et d’empêcher les échanges d’informations qui vont encore s’y produire. »

Soudain, le Gardien des Gardiens se met à genoux.

« S’il vous plaît, veuillez rester ici et poursuivons ce sommet. »

Il veut en dire plus. Il veut leur faire savoir que s'ils restent ici, il leur offrira une chance face à leur terrible ennemi. Mais il ne le peut pas.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas

01. Le Sommet de la Coalition

Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

Ascent of Shinobi :: Événements :: Intrigue n°11 : Le Sommet de la Coalition
Sauter vers: