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Interroger le Désavoué - Le Gardien des Profondeurs

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Jeu 2 Sep 2021 - 16:29
RP précédent : Interroger le désavoué

Conclure un pacte est une chose. Le respecter en est une autre. Ainsi aviez-vous fait un accord avec l’Ecorché : un duel à mort devait avoir lieu entre lui et Oterashi Yanosa. Un duel qui permettrait en cas de triomphe de disposer d’informations précieuses au sujet du Ningen ; peut-être d’obtenir assez d’éléments pour mettre en déroute la faction de l’éminent maitre des pendules. En cas de défaite toutefois, vous sûtes que la tragédie qui se déroulerait sous vos yeux n’aurait de beauté que le nom : l’horreur guettait la sentence de votre homme tellurique s’il ne parvenait pas à venir à bout du Désavoué.

Vous saviez le pari extrêmement risqué. Pourtant, quelque chose avait animé vos cœurs au moment où vous étiez sorti de cette cellule : une goutte d’espoir qui s’était perdue dans vos poumons et qui vous poussait à croire que vous pourriez un jour avoir le plaisir de respirer un air pur, débarrassé de la menace qui planait constamment dans l’atmosphère.
Mais vos espoirs n’appartenaient qu’à vous. Iwagakure dormait sous un soleil trompeur. Le ciel aurait dû être barbouillé pour correspondre à ces mauvais présages qui vous attendaient. Ou alors, peut-être ce soleil ardent essayait-il de vous aveugler. Rares étaient les hommes qui ne pouvaient craindre d’être éblouis.

Yogiri était un de ces hommes. Quand sa mère l’avait déposé dans ce monde, elle avait oublié de lui donner deux belles prunelles noires pour espérer voir quoique ce soit. Aveugle-né, il traversa les âges sous le voile d’une nuit éternelle qui le plongea vers d’infinis songes.

Yojiri:
 

Il dut apprendre par lui-même à trouver d’autres repères, à arpenter ce monde sans craindre de faire naufrage. Il exerça d’autres sens au point de les pousser à une maîtrise bien plus experte que nulle n’eusse pu l’espérer. Il n’échappa pas malheureusement à quelques accidents de jeunesse qui scarifièrent son visage, mais parvint au cours des décades à voir ce monde comme personne ne pouvait l’envisager. Il composa avec une solitude qui lui permit d’accéder à une sagesse respectée, qu’il entretint en s’isolant du reste du monde et en établissant ses propres quartiers dans les méandres ombrageuses des geôles d’Iwa.

Il devint le Gardien des Profondeurs.

Le lourd battant de la porte qui menait à son domaine gronda, le tirant de ses songes. Il cessa de gratter le bois avec son couteau, son passe-temps favori, posant une énième sculpture au milieu de toute une collection de créatures fantaisistes, puis se leva.
Il ne portait pas de chaussures, et son corps n’était couvert que de guenilles : ici, il n’avait jamais froid, car sa peau s’était adaptée à cette atmosphère de glace comme s’il était un enfant de l’hiver. Ses pieds l’entraînèrent vers ses visiteurs. Il savait reconnaître le chakra des gardes habituels. On l’avait prévenu, la veille, qu’un groupe viendrait interroger le Désavoué.
Mais il n’avait pas été alerté qu’ils se présenteraient encore, le lendemain. Ses sens en éveil, il s’approcha sans bruit.

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Oterashi Yanosa
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Ven 3 Sep 2021 - 13:18
En l’absence de plusieurs des têtes pensantes du village, commencer à organiser les troupes qui serviraient à escorter le Désavoué hors de sa cellule jusque sur les hauteurs de la montagne où devrait avoir lieu son duel contre l’Oterashi s’avérerait plus complexe qu’à la normale, mais la discipline iwajin et la détermination de celles et ceux qui demeuraient déterminés à faire cracher le morceau à leur captif feraient les moteurs idéals pour ce genre d’occasion. Pendant tout le temps de leur périple souterrain, l’homme fait de fils en pleine putréfaction s’était tenu tranquille, surveillé de près par le clone resté dans les profondeurs du guerrier sans visage, et par la constatation sans appel que leur captif était resté sagement à sa place sans chercher à exploiter la moindre des failles mises en exergue par le Tellurique, la conclusion s’imposait d’elle-même. Parce qu’il avait un semblant d’honneur ou car il était convaincu de pouvoir tout rafler par l’entremise de ce marché, l’Ecorché combattrait bel et bien son adversaire désigné, et le Tellurique se préparait donc mentalement à devoir faire face, une fois de plus, à sa peur instinctive de la mort et de son étreinte.

Déjà, son esprit s’activait, tandis que ses pas le menaient chez le Gardien des Profondeurs dont lui avait parlé Ashitaka, et sans l’approbation duquel nul ne sortait des geôles du Shishiza. Pour se préparer à ce combat, duquel dépendait potentiellement des informations capitales à leur prise d’ascendant sur Tôsen et ses sbires, l’Assimilateur ne disposait que de ce qu’il avait lu dans le rapport du combat qui avait opposé Toph, Mého et Karasu à cet homme, à cette créature. Et sans doute, oui, sans doute aurait-il pu se trouver plus confiant, plus sûr de son fait, si il n’avait pas été au courant que le Désavoué entretenait une affinité avec la foudre. Bien des fois par le passé, Yanosa avait pâti de sa faiblesse intrinsèque à cet élément : c’était, à dire vrai, ces confrontations qui avaient en grande partie forgé son approche du combat, et si le soldat de la Roche s’était outillé, s’était armé contre le Raiton, il n’en restait pas moins vrai que le moindre faux pas face à un adversaire de cette trempe et possédant cette affinité pouvait s’avérer fatal.

Silencieusement, accompagné de Rin et d’Ashitaka, le Chûnin ruminait donc, anticipait, jouait mentalement les enchaînements possibles en se rappelant de ses entraînements avec Abuto, lui aussi adepte du Jiongu. Sitôt sa nature d’Assimilateur compromise aux yeux de l’Ecorché, il se trouverait vulnérable, à nue, pour ainsi dire : l’ambiguïté et le doute, certainement, seraient ses meilleures armes. Mais tandis que ces pensées transitaient sans discontinuer dans son esprit, Yanosa remarqua qu’ils étaient arrivés, et entra le premier dans l’antre sombre, froide et passablement humide du gardien. Ils avaient du travail, beaucoup de travail pour organiser ce combat, aussi l’Oterashi espérait-il pouvoir rapidement en finir ici.

« Yogiri. Nous allons organiser le transfert du Désavoué emprisonné au plus bas de la prison. Un marché a été passé avec lui : en le vainquant en duel, nous récupérerons les informations dont il dispose sur ses maîtres, en échange de sa mort définitive… Nous avons besoin de vous pour assurer la sécurité du transfert à ce niveau, venez. »

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Hyûga Rin
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Sam 4 Sep 2021 - 17:43

Il y avait, en cet instant et en ce moment, un léger doute dans le coeur de la Hyûgette. Elle doutait que sa présence ait la moindre utilité. Elle était complètement surclassée par l'adversaire qu'ils allaient potentiellement devoir affronter et n'écartait pas l'idée qu'une fois le sceau retiré, qu'il s'en prenne au groupe directement. Dans sa tête, il était impossible qu'un être aussi abject ait la moindre trace d'honneur et ne pouvait que se dire que si un affrontement venait à éclater entre le trio et la bête, qu'est-ce qu'une genin nouvellement formée pouvait bien apporter ? Rien, en fait, elle sentait qu'elle serait plus dans le chemin qu'autre chose.

Dans tous les cas, elle avait cependant accepté de suivre le duo dans les entrailles du village. Une partie d'elle ne pouvait pas laisser la mission là, sous le simple joug du danger. Elle ne pouvait pas laisser ce genre d'opportunité de côté. Ils avaient l'opportunité de soit se débarrasser d'un futur problème pour le village - quoi que ça ne pesât pas si lourd dans la balance interne de Rin -, soit d'obtenir des informations sur l'homme qui avait déclenché les événements ayant fauché son mari et sa fille. Non, elle ne pouvait pas accepter de rester sur le banc de touche avec un enjeu aussi important.

Réalisant un unique mudra, Rin concentrait son chakra autour de ses yeux, déclenchant le dojutsu si populaire du clan Hyûga.



Connaissant cependant le penchant du désavoué pour les yeux de son clan, elle préférait ne pas laisser ses pupilles éburnés trahir son appartenance au clan Hyûga. S'il n'avait peut-être pas sauter directement sur elle la veille, alors qu'elle arborait la forme de celle qui l'avait terrassé, peut-être que ça serait différent s'il venait qu'à récupérer son chakra. Après tout, ses pupilles n'étaient-ils pas l'un des abjects de sa convoitise ?

Réalisant un autre signe incantatoire, Rin activait un henge dont la seule vocation était de camoufler les veines de ses yeux et la blancheur de ses pupilles. Elle gardait les mêmes traits de sa personne, mais avait fait foncir ses yeux à l'aide de la technique, imitant les pupilles de Tsuyoshi.



Résumé 1C - 1D

Rin suit le duo et active son Byakugan.
Elle camoufle ensuite les veines autours de ses yeux et fait foncir ses pupilles à l'aide d'un Henge dans l'objectif de pouvoir bénéficier du Byakugan, tout en gardant secrêt son appartenance au clan Hyûga.


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Borukan Ashitaka
Borukan Ashitaka

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Mar 7 Sep 2021 - 12:08
L'approche de Yanosa se faisait très radicale. Il clâmait immédiatement ce qu'il s'était passé et ce qu'espérait le trio. Cependant, Ashitaka ne pouvait pas le laisser faire ceci et faire croire au vieil aveugle que tout était déjà accepté et que le duel devait être lancé au plus vite. Ce n'était pas le cas.

« Konnichiwa Yogiri-dono. Mon camarade s'est enflammé, pardonnez-le. Nous venons pour recueillir votre avis sur notre projet avant d'aller rencontrer les autorités iwajines. Et nous souhaiterions avoir votre avis sur le prisonnier, ainsi que, si vous en avez une, une piste pour le faire parler si toutefois nos supérieurs nous refusaient cette méthode. »

Le Borukan observait sans crainte l'homme au physique délabré. Certains avaient peur ou étaient dégoutés par ce genre d'homme au visage brisé par le temps. Ce n'était pas le cas du guerrier roux. Pas plus qu'il n'était perturbé par l'apparence de Yanosa, encore marqué par son passage au coeur de Yonbi.

Il savait ce dernier impatient, déterminé à arracher tout ce qu'il pouvait au Désavoué, et il savait bien que s'ils se heurtaient à un refus de Teruyo, refus qu'Ashitaka prendrait bien évidemment en compte, l'Oterashi ne resterait sans doute pas gentiment calme et abandonnerait son idée. Non, il ferait certainement un coup en douce en brisant les règles qu'il devrait respecter mais pour qui il avait une certaine aversion dès qu'elles retardaient un temps soit peu ses objectifs.

Si le Borukan était d'avis que par moments, agir hors des règles pouvait avoir quelques avantages, la plupart du temps, ici compris, c'était une question vitale pour tous. Ils devaient s'appliquer à rester dans le cadre et à obtenir une permission pour un acte aussi important qui allait mettre en jeu la vie d'un iwajin puissant.

Ne restait plus qu'à attendre la réponse de Yogiri. Le rouquin le connaissait de nom, mais il ne l'avait jamais rencontré avant ce jour. Quel genre d'homme était-il ?

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Sam 11 Sep 2021 - 23:46
Les cieux pouvaient pleurer, les mers pouvaient bouillonner, les étoiles pouvaient décliner et les soleils, mourir, il ne s’en souciait pas. Mais il avait une crainte, profonde, troublante, qui agitait parfois ses nuits et plus particulièrement depuis que le Dieu Singe s’était réveillé, faisant trembler les montagnes.

Il reconnut les auras du Borukan, de la Hyûga, et de l’Oterashi. Chacune de leurs odeurs avait une texture particulière ; celle du Borukan était impérieusement chaude et fluide. Il connaissait cette note particulière de cendres vives. L’advection des particules de soufre et de carbone emportait à ses narines frétillantes le poison des gaz magmatiques qu’elles contenaient. Les Borukan sentaient le feu, et de façon si forte qu’ils pouvaient bien souvent éclipser tous les autres parfums ; en particulier celui des Hyûga, difficile à repérer. Il les reconnaissait aux notes de fleurs et de sueur qui imprégnaient leurs vêtements. C’était quelque chose de bien plus doux, de plus éthéré, moins aigre que la cendre volcanique qui empestait autour des Borukan. Pourtant, il ne pouvait être fou au point de s’arrêter au seul constat que les tueurs aux yeux blafards avaient une présence moins marquée dans le monde des odeurs pour croire qu’ils n’étaient pas plus dangereux que le reste. Au contraire. Pire était l’ennemi qu’on ne pouvait pas détecter.

Cela lui rappelait le modèle du scorpion. Croire que le danger de ces arthropodes réside dans leurs deux pinces énormes, c’est voir ce que le scorpion a voulu vous montrer. Le vrai danger est ailleurs : le poison est dans la queue. In cauda venenum.

L’humidité et le froid ambiant des souterrains ne le faisaient pas trembler, aussi maintint-il une posture souple et équilibrée en se figeant devant vous, ses deux bras tombant avec une certaine nonchalance près de ses hanches. Il vous écouta sagement, jusqu’à ce que vos révélations ne le poussent à écarquiller démesurément ses deux orbes livides. L’espace d’un instant, vous crûtes qu’il vous voyait, à la façon dont sa tête se tourna vers vous et en découvrant ce jeu de paupières singulier.

Il ne pipa mot. Il vous sonda. Vos odeurs, le souffle de votre respiration, vos auras, votre présence matérielle, ces ombres omnipotentes qu’il savait autour de lui : il sentît, curieux et intrigué, pour déceler ce qu’il y avait de vrai ou de faux dans vos paroles. Vous dûtes attendre. Attendre que le déclic ne le sorte de cette irréalité.

Les secondes passèrent, unes à unes, semblables à des gouttes se formant à la pointe acérée d’une stalagmite et qui chutent, une par une, avec lenteur, sans hâte. Le temps parut s’étirer devant vous, immortalisé par l’inertie béate de Yogiri.

Enfin, son esprit se tendît. Certes avait-elle mis du temps à venir, mais elle était là, prête et structurée. Précédée d’un sourire sarcastique qui appuya sur l’ironie de cette situation, ainsi que sur le désordre d’intentions qui palpitait dans votre groupe, elle vint comme le jour qu’on attend depuis des mois.

Sa réponse.

« Soixante battements. Si je dois vous souhaiter la bienvenue, je ne sais. Si je dois vous guider, je ne sais. Quand on lui montre la Lune, l'imbécile regarde le doigt. Mais si l'imbécile a compris la Lune et qu'il se demande comment le doigt est fait, s'il est un imbécile, en fait je ne sais. Peut-être l'imbécile est celui qui croit l'autre imbécile. Mais plus profonde la question, car de réponse, je ne sais. Il faut rester un imbécile pour chercher les réponses dans ce monde. D'imbéciles, ce monde fait. De quelqu'un vous serez toujours l'imbécile, mais parfois, c'est l'imbécile qui sait. »

Il économisa sa langue, et l'une de ses mains quitta ses hanches pour aller caresser les parois du dédale. Il avait touché cette prison de roche un nombre incalculable de fois, dans une solitude qui l'avait poussé à se réinventer. Il en avait perdu quelques aspects formels du langage : son discours devait être déchiffré à chaque fois.

« Soixante-dix battements. Vous cherchez la voie mais le chemin, je ne sais. Le destin vous donnera la réponse. Si l'erreur vous commettez, l'erreur sera. Si vous ne la faîtes pas, elle ne sera pas. De bonne ou de mauvaise réponse, il n'y a jamais. Les choses arrivent comme elles viennent. Les deviner, je ne sais. »

Il parlait dans un souffle, avec une voix basse et un timbre plutôt aigu. Mais la façon qu'il avait d'accélérer le mouvement de sa main traduisait une certaine impatience ou plutôt auriez-vous pu dire, un stress. Il comprenait fort bien ce que tout cela signifiait.

« Quatre-vingt battements. M'est avis que parfois le cadavre peut parler, mais l'alphabet faut-il connaître. Le destin de l'homme se lit dans son coeur. Parfois l'erreur est justice ; parfois l'homme est coupable, mais l'est-il vraiment ? Si l'homme est coupable d'être son propre héros, je ne sais. Chacun sa route. Chacun sa façon de voir les choses. L'animal qui tue pour se nourrir n'est pas un meurtrier, mais un survivant. S'il est coupable, seul lui peut juger. L'homme que vous cherchez est un danger. Si son destin est d'être libre, je ne sais. Ce que je dois faire, je ne sais. Vous guider ou vous empêcher, rien n'est écrit. Mon instinct me donnera la réponse. »

Les couloirs obscurs semblaient vous inviter à poursuivre votre voie. Mais où se trouvait la bonne réponse à ce que vous deviez faire ?

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Oterashi Yanosa
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Dim 12 Sep 2021 - 16:07
Agissant certainement comme aurait dû le faire l’agent du Shishiza qu’il était, Ashitaka avait mis un point d’honneur à modérer l’ardeur de son comparse tout de bandages recouvert. Une ironie qui n’aurait pas échapper à l’Oterashi en d’autres circonstances, que de penser que c’était un Borukan, l’incarnation du tempérament le plus bouillant du Yuukan, qui tentait de le raisonner et de lui faire prendre davantage de recul. Les mots du rouquin, plus bas dans le dédale carcéral d’Iwa, avait semé les graines de la méfiance et d’un ersatz de frustration chez le guerrier de pierre. Ashitaka respectait son choix de prendre part aux termes du marché passé avec l’Ecorché, mais n’en restait pas moins particulièrement sceptique quant à l’autorisation qui pouvait ou non leur être donnée de mettre ce plan en branle. Le jeune représentant du clan magmatique était fidèle à lui-même, procédurier et droit dans ses bottes, et en songeant à l’équation qui se dessinait sous ses yeux en l’entendant modérer ses attentes vis-à-vis de Yogiri, Yanosa commença à monter en tension. Une tension froide, résignée et stoïque.

« ...Aimi comme Tsuyoshi sont absents du village, Teruyo a ses propres affaires à gérer, tu le sais tout comme moi Ashitaka. Et pourtant quelqu’un doit bien prendre en main cette affaire... », lança-t-il au Juunin avant que le Gardien ne se décide à intervenir.

Depuis un certain temps maintenant, depuis les événements qui étaient survenus lors de l’irruption de Yonbi au coeur de leur cité, le Borukan n’avait plus été le même. Plus détaché, moins investi, et ce même après avoir pu récupérer l’usage de jambes artificielles, Ashitaka était fondamentalement préoccupé par autre chose que le conflit qui les opposait à Tôsen et ses sbires. Yanosa ignorait de quoi il pouvait retourner, mais la conclusion, elle, était sans équivoque : l’agent du Shishiza ne ferait rien de son propre chef sans obtenir l’aval de ses supérieurs, quand bien même il était lui-même haut placé dans la chaîne de commandement.

Mais le Tellurique dut bien vite porter son attention sur quelqu’un d’autre que le Borukan, plissant les yeux face à la logorrhée initiée par Yogiri et à sa nature cryptique et décousue. De la vertu du questionnement universel à la relativité de la culpabilité d’un Homme, en passant par un avertissement à peine énoncé sur des intentions que le guerrier sans visage venait à peine de faire germer dans son propre esprit, le trio de shinobi présent dans l’antre tellurienne eut toute la matière nécessaire pur se triturer les méninges quant au véritable sens de tout ceci. De l’avis de Yanosa, trop, de matière. Subrepticement, ce dernier tourna son regard en direction d’Ashitaka, se demandant ce qu’il avait pu avoir à l’esprit en les emmenant voir cet homme. Il aurait été facile de le juger, de mésestimer ce qu’il avait eu à leur dire et de considérer tout ce charabia comme une suite de mots sans queue ni tête, et l’Oterashi eut certainement envie de percevoir le discours de Yogiri comme tel. Toutefois, n’était pas Gardien des Profondeurs qui veut, et si la visée de ces allégations mystérieuses lui échappait pour la plupart, elles demeuraient pour autant, malgré tout, intelligibles à ses oreilles.

« Votre instinct, hein... »

L’étau, sans le laisser paraître, se resserrait. Ashitaka n’avaliserait pas de lui-même l’opération, et personne présentement à Iwa n’était en mesure d’exercer une autorité plus élevée que lui. L’Ecorché, depuis leur entrevue, n’avait pas bougé le petit doigt, avait prouvé qu’il ne désirait pas tenter d’exploiter la faille qu’avait artificiellement créé Yanosa pour lui. Si le Tellurique voulait espérer retirer les informations de cet homme, au risque de sa vie, au risque de la duperie, alors… il semblait qu’il serait le seul à pouvoir mettre un coup de pied dans la fourmilière. L’Oterashi vivait par et pour le combat, et comptait bien affirmer une fois de plus la fermeté de son nindô. Il jeta un coup d’oeil à Rin, sur son flanc. Il aurait juré l’avoir vu activer une fois de plus son Byakugan, un peu plus tôt, mais les nervures sur ses tempes avaient depuis disparu. Sans doute allait-il prendre un risque, avec elle, mais Yanosa n’avait pas le temps de s’appesantir en questionnements.

De ses pieds cloués au sol, un flux de roche s’enfonça alors en toute discrétion dans les méandres telluriens qui s’étendaient sous eux, se faufilant à même la montagne avec une finesse que seul un Assimilateur tel que lui était capable d’atteindre en la matière. Le Chûnin avait pu amplement prendre connaissance des lieux, en établir une carte mentale à laquelle se fier : son double ainsi créé et camouflé dans les profondeurs saurait donc exactement où aller, quelles strates traverser, pour atteindre son objectif.

« ...J’entends ce que vous dites. C’est un pari risqué que nous faisons… mais c’est aussi le seul moyen de- »

Il s’interrompit, songeant à cette rengaine que le Gardien avait répété au fil de son discours. Au fait que, plongé ainsi dans les entrailles de la Terre, aveugle et isolé, Yogiri semblait avoir développé les sens nécessaires pour ne pas se trouver si déconnecté que cela de ses pairs et du monde.

« … « se lit dans son coeur »… Yogiri, ces battements dont vous parlez… ce ne sont pas les vôtres… »

Yanosa réfléchit un instant. Cet homme, tout original qu’il pouvait être, ne semblait pas décidé à les stopper dans leur entreprise. Et si ils pouvaient aller jusqu’à compter sur son aide…

« Votre façon de percevoir le monde… de percevoir les autres, nous sera d’une grande aide pour s’assurer que le Désavoué joue franc-jeu du début à la fin. N’en déplaise à mon coéquipier… nous sommes, les autorités dans cette affaire, et c’est à nous qu’il appartient de la mener à bien. Je combattrait cet homme… Je le vaincrai, et lui ferai avouer ce qu’il sait. Avec votre aide. »

La dualité des intentions qui cohabitaient dans cette pièce taillée dans la roche, bientôt, trouverait certainement une fin éclatante. Car de la précipitation et de la détermination de l’Oterashi ou du stoïcisme réglementaire et attentiste d’Ashitaka, l’une des deux approches… était vouée à être écrasée par l’autre.

Techniques
Yanosa envoie discrètement dans le sol un clone dissimulé qui va commencer à s'enfoncer à nouveau dans les profondeurs..




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Borukan Ashitaka
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Mar 28 Sep 2021 - 13:02
Ashitaka hocha doucement la tête en marchant avec Yanosa, lui répondant par la même occasion juste avant qu'ils ne rencontrent le Gardien.

« Teruyo a ses propres affaires mais c'est l'un des membres du Triumvirat. Pour une décision potentiellement dangereuse pour le village, même si je l'estime acceptable, il nous faut l'avertir de nos ambitions. »

Les paroles de Yogiri agacèrent le rouquin aux yeux ambrés. Mais encore une fois, cet énervement resta dissimulé sous un masque professionnel de shinobi qui ne devait, à aucun prix, laisser transparaître ses émotions. Une règle d'or pour les militaires qui semblait malheureusement bien peu respectée par la nouvelle génération qui en oubliait la raison d'être de ce dogme. Il s'agissait là d'efficacité. Faire taire ses sentiments pour agir mieux, plus vite et sans perte d'unité du groupe, ce qui aurait, dans certains cas, mené à sa perte. Entendre les voix, les avis de chacun n'était pas forcément bons à entendre, une vision tranchée du monde que le Borukan savait pour le moins discutée sinon même dépréciée, notamment par beaucoup de jeunes âmes fougueuses.

Pour autant, cela ne l'empêchait pas d'être lui aussi excédé par ce genre d'attitude, d'homme qui se plaisait à faire des tours et des détours dans ses mots, à perdre le temps de tous pour son bon plaisir. Un homme qui ne savait pas parler correctement, qui ne savait pas transmettre une information aussi simple soit-elle. Une épuration totale du discours était nécessaire pour sa compréhension, afin d'avoir un échange rapide et efficace. L'opposé absolu de ce que proposait le gardien des Profondeurs.

« Avec l'autorisation du membre présent du Triumvirat. Sinon nous ne pourrons pas mobiliser la zone de sûreté nécessaire à éviter tout dérapage. Tu mets ta vie en jeu, très bien. Je ne mettrais pas celle d'autres iwajins sans leur accord et sans protections mises en place. Car qui sait ce qu'il fera s'il se libère. »

Restant ferme sur ses positions, le guerrier roux avait les bras croisés, toisant désormais Yogiri.

« Cela fait des mois que vous gardez ce fou enfermé, qu'il tente de se libérer sans cesse. Avez-vous entendu quelque chose de particulier venant de lui ? Quoi que ce soit qui puisse nous aider ? A-t-il crié quelque chose de particulier dans son sommeil, vous a-t-il confié quelque chose ? N'importe quoi. Ou même... Que savez-vous de lui ? »

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Dim 3 Oct 2021 - 18:00
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Yogiri - Le Gardien des Profondeur

Yogiri flaira l’atmosphère puis tituba. Alors ses yeux se mirent à observer autour de lui, perplexes, déboussolés. Il fut pour le moins désorienté par vos remarques et il parut, dans un premier temps, chercher la réponse autour de lui ; avec ses yeux livides, il regarda tantôt à droite, tantôt à gauche, parfois derrière. Ses mains s’agitèrent, attrapèrent des fantômes et ses narines, se mettant à frétiller, humèrent l’air autour de lui. Quelque chose l’avait dérangé ; une turbulence de chakra, une inexplication.

Seul Yanosa put savoir pourquoi. Son clone s’enfonçait déjà dans les profondeurs mais le glissement de ce flux chakratique indétectable entre les strates du dessous firent un écho trouble dans le champ sensoriel du Gardien des Profondeurs. Mais alors que la source de ce malaise s’éloignait, vous le vîtes redevenir plus calme.

Yogiri était un être cabalistique dont les sens dépassaient la conception de la réalité telle qu’on la percevait. Il se rapprochait plus d’un animal que d’une créature humaine dans le domaine de l’analyse, raison notoire de ses troubles dialectiques ; et pourtant, il était bel et bien bipède, avec un visage humain comme le vôtre, à ceci près qu’il restait criblé de souvenirs gravés dans sa chair pour chacun des accidents qu’il avait traversé. Enfermé depuis bien longtemps dans ce dédale, vous comprîtes petit à petit que bien que désocialisé, ce dernier n’avait pas été condamné ici, tout du contraire. Il y avait trouvé refuge et pour une raison très simple : le monde du dehors était un enfer pour quelqu’un dont les sens étaient si aiguisés. Les cavernes, à l’inverse, étaient bien plus calmes.

Sauf quand trois baroudeurs viennent vous visiter.

« Soixante-dix battements. Votre hâte mon esprit la conçoit. Si je dois vous aider, je ne sais. Qui possède la réponse ? L’autorité ? L’autorité est-elle justice ? Le pouvoir a-t-il valeur de raison ? Qui mieux que vous sait ce qui doit être fait ? Celui qui dirige ? Parfois le père est le moins sage et l’enfant, érudit peut-il être. Obéir ou désobéir, la cause en dépend. Le danger est-il celui qu’on laisse grossir dans une geôle, ou celui qu’on libère et qui éclate au grand jour ? Très bonne question. Raison vous pouvez tous les deux avoir. Mais à me demander ce qui se passe ici j’interroge : qu’est-ce qui rendra l’avenir meilleur ? La finalité questionne l’acte qu’il faut oser ou l’acte qu’il faut interdire. Juger quiconque, je ne puis. Mal chaussé le cordonnier comme on dit. Prédire l’avenir, je ne sais. »

Un étrange manège animait ses gestes alors qu’il professait ses paroles. De temps en temps, il portait son index à son menton pour prendre une posture méditative. Par surprise, il se jeta même sur le mur pour sonder sa épaisseur alors qu’il poursuivait son dialecte.

« Soixante-dix battements. J’ai retrouvé la paix. De mon cœur sont ces battements mais oui, parfois l’écorché parle. Non, ne parle pas. Hurle. Hurle et pleure. Torturé qu’est cet homme. De l’esprit il n’a aucun repos. Assailli par les souvenirs, assailli par le remords, assailli par le temps. Plusieurs fois j’ai su. D’être lui il se condamne. Je connais ce sentiment. »

Vous l’aviez compris. En tendant le flux de sa sensorialité à son paroxysme, il pouvait découvrir ce qu’il y avait derrière les murs. Son ouïe, son odorat et son chakra constituaient une véritable extension de son esprit qu’il pouvait envoyer à sa guise dans ce labyrinthe.

Mais plus étonnante encore fut la presque-sagesse qui se dégageaient de ses paroles, même confuses. Le Gardien des Profondeurs avait oublié quelques us et coutumes de la civilisation, presque oublié même qu’il avait une hiérarchie. Alors sa réflexion était semblable à celle d’un indigène gardant des reliques sacrées mais capable de comprendre, à certains égards, qu’elles ne lui appartenaient pas.
Un bien étrange dilemme se dessinait. Fallait-il passer à l’action, ou pas ?

« Quatre-vingts battements. Coupable vous serez quoiqu’il advienne, pour avoir fait, ou pour n’avoir pas fait. Innocent vous serez quoiqu’il advienne, car prédire le futur nul ne le peut. Faut-il sacrifier l’innocent ? Faut-il condamner le coupable ? Obéir ou désobéir, choisir maintenant s’impose. Seul le sort décidera si vous êtes des héros ou des meurtriers ; que l’écorché soit libre, ou qu’il soit resté derrière les barreaux. Le cœur, faîtes comme il vous dit. La raison, personne ne possède de toute façon. La peur, jamais ne doit vous dicter vos actes. Peur de l’ennemi, peur du chef. Peur de ce monde. Peur du futur. »

Vous le vîtes tiquer, devenir plus nerveux. Ses membres tremblants bougeaient plus vite et surtout, le ton de sa voix se fit plus en plus sec.

« Quatre-vingt-dix battements. Le doute vous semez dans mon esprit. A faire ce que vous avez à faire, faîtes. Puis disparaissez, avant que le doute ne me fâche. »

Un avertissement.

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Oterashi Yanosa
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Lun 4 Oct 2021 - 0:48
« ...C’est bien notre intention, Yogiri » avait-il répondu à la dernière injonction du Gardien.

Disant cela, le guerrier de pierre avait lentement fait pivoter son regard en direction du Juunin du Shishiza ainsi que vers son apprentie de plusieurs années son aînée, une lueur presque éteinte dans ses yeux incandescents. Ironique que de constater pour l’Oterashi qu’en cet instant précis, le Borukan qui l’accompagnait faisait montre de plus d’impatience que lui à l’égard du reclus troglodyte au phrasé si particulier. Yogiri… Cet homme, songea Yanosa, possédait bel et bien des sens exacerbés au-delà des limites qu’il aurait cru possible. Son regard vide, quelques instants auparavant, s’était affolé, avait cherché la source d’une perturbation qu’il avait été le seul à percevoir, que même Rin, douée de son Byakugan, n’avait été en mesure de déceler. Le guerrier sans visage avait cru sa manœuvre percée à jour, compromise, et il s’était alors préparé intérieurement à devoir expliquer son geste. A trouver une raison, qui puisse justifier qu’il envoie ainsi sans rien dire une copie de lui-même se camoufler dans les tréfonds… Mais, de telle discussion, d’une telle confrontation, pas le moindre signe ne vint finalement à se présenter.

L’avait-il trompé ? Était-il parvenu à s’affranchir de la surveillance à priori constante que Yogiri étendait de lui-même dans ces réseaux sous-terrains ? C’est ce qu’avait cru pendant un petit moment l’Oterashi, qui s’était subtilement replacé dans la pièce pour pouvoir mieux garder à l’oeil ses coéquipiers et le Gardien. Lorsque ce dernier avait repris sa logorrhée, cependant, Yanosa avait machinalement froncé ce qui lui tenait lieu de sourcils sous ses bandages sombres, et ce qui aurait alors pu passer pour de l’incompréhension sur ses traits, face aux élucubrations de l’ermite troglodyte, s’étendit en une expression de profonde réflexion. Cet homme, songea le Tellurique… avait-il conscience de ce qu’il préparait ? De ce qu’il comptait faire, quoi qu’il puisse en coûter, et ce sans vraiment se soucier de l’avis de sa hiérarchie sur la question ? Les mots de Yogiri se répercutaient autant dans la pièce que dans l’esprit du guerrier sans visage, qui se mit à questionner l’ampleur des facultés sensorielles de l’homme marqué par la vie, au même titre qu’il l’était lui-même. Ou que ne l’était, à sa façon, l’Ecorché en personne…

Calmement, quoi que sèchement, Yanosa se tourna finalement droit vers Ashitaka, un air fermé et distant sur son visage rendu indéchiffrable par ses bandages.

« ...En ce cas, Ashitaka, tu sais ce qu’il te reste à faire. Va, préviens donc Teruyo. Préviens les escouades. Fais le travail qui revient à ton unité et assure-toi que nos meilleurs experts en Fûinjutsu soient mobilisés.

Rin peut t’accompagner. Elle a besoin de ce genre d’expérience...
 »

D’un signe de tête, le chef de l’équipe Cinq signifiait explicitement à la Hyûga qu’elle pouvait, si ce n’était même devait, suivre le Borukan et l’assister dans le relais d’information et la préparation de leur cortège. Les paroles de Yogiri résonnaient toujours, entraient en écho avec celle de l’Oterashi qui se voyait là dépeint une facette du Désavoué qu’il n’aurait sans doute pas perçu lui-même. Sans doute le Chûnin de la Roche aurait-il apprécié avoir le support de l’homme aux yeux blafards, l’appui de ses compétences : le convaincre de sortir de sa torpeur sociale, cependant, il n’en avait pas le temps. Ni même, sans doute, le pouvoir. Retournant face à lui en détaillant une fois de plus ses traits abîmés et témoins d’une existence rude et sans pitié, Yanosa inspirant longuement, lentement.

« ...Certains auraient beau penser le contraire, bien des choses me font peur. J’ai tant de fois frôlé la mort qu’il me semble déjà la connaître… Tant de fois l’échec s’est imposé dans ma vie, que je le redoute aujourd’hui plus que jamais. Mais, ces peurs, quand je les traverse… que je les laisse derrière moi.. J’ai beau les regarder, je n’y vois… que moi. »

Le guerrier tellurien marqua une pause, ainsi qu’un pas en direction du Gardien des Profondeurs.

« Toi, Yogiri… que vois-tu, quand tu fais face à tes peurs ? »

La question, plus rhétorique qu’il ne le semblait, fut accompagnée par un pas en arrière, puis un autre, tandis que le corps de l’Oterashi se mettait à arborer une teinte plus sombre encore qu’à l’accoutumée sous l’action de son changement de forme. « Il » devait être arrivé, à présent. L’assurance de Yanosa. Le pion qui, d’une façon ou d’une autre, cette fois-ci, précipiterait la réaction d’Iwa et la sortirait de sa léthargie. Car plusieurs substrats de roches et de sédiment plus bas, dans l’abysse des profondeurs, une forme boueuse sortait lentement d’une paroi au coeur de l’obscurité, se dessinant peu à peut sous les traits d’une silhouette humaine accrochée au plafond.

« Écorché. Il me tient à coeur, de pouvoir honorer notre marché, mais pour ça… je vais avoir besoin d’un minimum de coopération de ta part. »

La silhouette informe se déplaça sur les contours irréguliers qui formaient la voûte naturelle de cette prison.

« Nous partons en balade et pour ça… j’ai besoin que tu rengaines tes fils. Dépêche-toi… nous n’avons sans doute pas beaucoup de temps. »


Résumé
Suite au dialogue avec Ashitaka puis Yogiri, le véritable Yanosa commence à prendre du recul pour s'en aller sans toutefois sortir de la pièce immédiatement, dans l'éventualité d'une réponse du Gardien. Il active également son Assimilation boueuse (B) qui prend également effet sur son bunshin.

Dans les profondeurs, le clone créé précédemment rejoint le plafond de la cellule du Désavoué et l'invite à rengainer ses fils accrochés un peu partout.




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Borukan Ashitaka
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Lun 18 Oct 2021 - 23:12
À nouveau, la langue de bois de Yogiri vint agacer le Borukan qui se concentrait pour ne pas agir avec violence et plutôt continuer d'utiliser sa tête correctement. Encore des inutilités échangées avant qu'il ne leur demande de partir, les menaçant presque. Mais pourquoi est-ce que Iwa gardait un tel incapable dans ses rangs ? Non seulement il ne parvenait pas à parler convenablement pour communiquer clairement, mais en plus il commençait à menacer ses camarades à la moindre contrariété ?

« Très bien. Nous avons à faire. Nous ne vous embêterons pas plus longtemps. »

Mais alors qu'il commençait à partir pour avertir Teruyo, Ashitaka se rendit compte que Yanosa ne les avait pas suivi. Qu'est-ce qu'il préparait ? Quel sale coup avait-il en tête ? Si le guerrier roux savait que Yanosa était quelqu'un de talentueux et efficace, il savait aussi qu'il n'en avait strictement rien à faire de la hiérarchie et de l'ordre établi. Et là, il en était sûr, s'il ne s'assurait pas qu'il reparte avec lui, l'assimilateur allait faire une énorme connerie. Il le sentait à plein nez.

S'arrêtant, indiquant à Rin qu'elle pouvait aller prévenir elle-même Teruyo directement à l'Académie en son nom de représentant des Borukan, il fit marche arrière et retourna vers la pièce où il avait laissé le Gardien des Profondeurs et le rebelle. Se plantant à l'entrée de la salle, il darda ses yeux dorés sur celui qui avait survécu après s'être fait ingéré par un Démon. Ce dernier était toujours là, transformé en boue.

« Je disais... Nous partons. Ensemble. Pas d'entourloupe. Je te jure que cette fois, tu nous fais risquer quelque chose de bien plus grand et que ce ne sera pas pardonnable si ça tourne mal. Et je ne parle pas de nous deux, mais d'Iwa entière. »

Sérieux, ne semblant absolument pas prêt à changer d'avis quant à la méthode à employer, le Borukan gardait son regard planté sur l'homme de boue.

HRP:
 

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Narrateur
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Sam 6 Nov 2021 - 22:09
Yogiri planta ses yeux opaques dans le vide, songeur. La question de Yanosa le laissa pantois. Un instant, il plongea dans les méandres de ses doutes pour sonder une réponse possible ; mais alors qu’il réfléchissait, une sorte de paranoïa le gagna. Et si la question de cet individu était un subterfuge ?

Vous ne pûtes savoir à quoi réfléchissait Yogiri mais il reste béat un moment tandis que vous quittiez progressivement son royaume des profondeurs. Et alors que vous fûtes sur le point de vous séparer de lui, il vous glissa ceci dans un murmure :

« De la fin du monde. De ce que je ne peux concevoir, j’ai peur, oui. »

Il monta à cent et dix battements par minute, écouta son cœur chaud comme s’il était prêt à exploser de fureur et de tension. Une telle palpitation sans effort physique n’était pas normale et pour cause, Yogiri était un être aussi anxieux que sage, guère accoutumé à recevoir des visites et à échanger autant de paroles. Peu habitué au dialecte, lui qui guettait un silence d’une infinie longueur, le Gardien des Profondeurs fut soulagé de vous entendre vous éloigner et de sentir vos parfums s’atténuer.
Vous auriez tout aussi bien pu partir avec l’Ecorché qu’il ne vous en aurait pas voulu. Pour cause, l’Ecorché était source pour lui de bien des crises : ses hurlements troublaient sa quiétude. De tous les prisonniers qui peuplaient ses cavernes, c’était bien celui-là le plus bruyant, le plus instable, le plus dérangeant. Le Gardien n’avait au fond qu’une hâte : qu’il dégage. Il était bien trop sensible à ses souffrances pour pouvoir les tolérer toute une éternité.

Épuisé, il se dirigea enfin vers ses quartiers avec un coeur apaisé. Il sonda son environnement avec ses oreilles, puis avec son flair et sa sensorialité chakratique. Il avait une singulière capacité de projection sensorielle, telle qu’il pouvait visiter les couloirs des Profondeurs par une sorte d’extension de l’âme : comme s’il marchait dans les galeries avec un dédoublement de sa conscience.
Il scruta les couloirs. Rien.

Ayant terminé son travail, il ferma les paupières et s’allongea à même le sol pour sentir le contact rugueux de la pierre froide. Il s’endormît, le sommeil troublé par des cauchemars. Il vit le plafond lui tomber dessus et les Profondeurs refermer leurs crocs sur lui. Il fut séparé du monde, englouti à tout jamais dans les limbes d'Iwagakure. Son corps, enterré vif, se débattit en vain : il resterait seul jusqu'à la fin des temps dans sa demeure, et sa demeure serait sa tombe.

Plus bas, le clone de Yanosa échappa à sa vigilance, pour la simple raison qu’il n’était pas passé à travers un couloir mais qu’il s’était immiscé dans la cellule du Désavoué en glissant parmi les strates telluriques.
Rares étaient ceux à pouvoir se vanter d'avoir trompé la vigilance du Gardien des Profondeurs.

Ne pas poster, la suite arrive...
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L'Écorché
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Sam 6 Nov 2021 - 22:49
Le clone du Tellurique voyagea à travers les strates lourdes de roche qui s’accumulaient pour former la voûte écrasante des Profondeurs. Une itinérance fluide pour un assimilateur de sa trempe, mais qui relevait d’un tout autre dédale pour la flore bactérienne et les micro-organismes qui peuplaient ce monde invisible.

Après un repérage confus, le substrat sédimenteux trouva la dernière couche de minéraux qui le séparaient de l’antre du démon. De boue, l’entité chakratique se recomposa jusqu’à arborer les atours d’une silhouette humanoïde qui prit bientôt l’apparence de son créateur, au cœur même de l’enfer. Les fibres du tortionnaire se mirent alors à vibrer pour gronder tel le vent qui s’engouffre dans les vieilles grottes et souffle avec turbulence : un rugissement de fond, orageux, naquit.

Le clone sut à cet instant ce que cela voulait dire. Le Gardien pourrait soupçonner quelque chose ; comme il pourrait mettre cela sur le compte de l’habitude, l’Ecorché ayant toujours été un problème « sonore » pour lui, une perturbation anarchique dans la quiétude de ses geôles ombrageuses.

Ni une, ni deux. Sans s’annoncer, le clone de l’Oterashi traduisit ses intentions des plus saugrenues. Le Désavoué, dont les yeux séparés s’étaient tournés vers l’intrusion, avisa la situation avec un peu de recul.
Cette fois, il ne prit pas la peine de se mettre en scène. Il rallia tous ses tissus et se reforma comme un seul homme, le regard fixé vers la porte de sortie.

Il ne pipa mot. Il observa devant lui comme s’il guettait l’approche suspecte de quelque chose d’inattendu.

Puis ses orbes bifurquèrent vers ce plafond lézardé, où le clone lui indiquait la voie. Il resta là, pensif, admirant cette évasion à portée de doigts.
Il pensa, un instant, à ses jeunes années, quand Mizu no kuni le berçait encore dans ses brumes froides. Il se souvint de sa cavale, après ses multiples assassinats, et d’avoir laissé le corps de son mentor derrière lui, se vidant de son sang.

Alors, sans profaner cette allure taciturne, il énonça ces mots :

« Crois-tu que je suis un imbécile, guerrier de la roche ? »

Il l’observa, sombre et froid. Il aurait pu enchaîner directement, mais il laissa planer un silence pesant, affirmant sa conviction.

« J’ai dit que je voulais un duel avec un public. J’ai dit que je voulais que des témoins jurent sur leur honneur de respecter les clauses de notre arrangement. J’ai dit que je ne voulais plus de ce sceau chakratique pour t’affronter. Que vaut un shinobi qui n’est pas capable d’utiliser ses arcanes ? Je n’ai aucun intérêt à te suivre. Croyais-tu sincèrement que je partirais en ballade avec toi dans ces conditions ? J'espère que c'est une plaisanterie car si c'est une c'est une tactique de votre part pour que je vous conduise jusqu’à Sakaze Tôsen, vous m'offensez. Sachez que c’est inutile. Va. Tu m’as assez insulté, guerrier de la roche. »

Il tourna la tête, replongeant dans ses tourments.

« Ne reviens que lorsque ça en vaudra vraiment la peine. »

Et sur ces mots, il croisa les bras, ferme.
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Oterashi Yanosa
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Dim 7 Nov 2021 - 18:01
« Une entourloupe ? « Cette fois » ? Eh bien… la confiance règne. »

L’Oterashi, sans se hâter davantage, avait continué de reculer pas après pas en gardant un œil fixé sur Yogiri, que sa dernière question avait visiblement ébranlé. Là n’avait pas été sont but premier, mais si le guerrier sans visage avait souhaité arriver à une forme de communion passagère entre ses pensées et celles du Gardien des Profondeurs, alors sans doute pouvait-il s’estimer heureux. Arrivé dans le fond de la salle sombre et spartiate, Yanosa exécuta un lent demi-tour sur place pour suivre une bonne fois pour toute Ashitaka et Rin, jugeant l’absence de répartie de Yogiri comme une forme de réponse. Ses derniers mots, toutefois, lui forcèrent la main, l’obligèrent à jeter un dernier coup d’oeil en arrière quand bien même l’Oterashi savait pertinemment que l’homme usé ne pourrait pas capter son regard. La fin du monde… La fin d’un monde, possiblement. Si Tôsen arrivait à ses fins, songea le guerrier tellurique en s’engouffrant dans la coursive pour suivre le chemin menant à la surface, qu’adviendrait-il de personnes comme ce Yogiri ? Déjà coupé du monde, voué à livrer une semi-existence, ce soit-disant équilibre que recherchait l’Homme au Chapeau valait-il le coût que tant de misères s’abattent sur des personnes déjà maltraitées par la vie ?

Yanosa chassa promptement ces réflexions de son esprit, car pour ce genre de pensée improductive, en cet instant précis, il n’avait pas de temps ou d’énergie à accorder. Bien des choses risquaient de se jouer dans les minutes, les heures qui allaient suivre, et si il espérait que tout aille selon les grandes lignes de son plan de secours, le Chûnin ne devrait rien laisser au hasard.

« Allons trouver Teruyo, il devrait être à son bureau à cette heure-ci », lança-t-il tandis que le trinôme rejoignait la surface à pas mesurés.

L’Oterashi avait pensé pouvoir se détacher de son petit groupe en temporisant sa sortie de l’antre de Yogiri, mais se voyait bien obligé de suivre le mouvement guidé par la droiture d’Ashitaka si il ne voulait pas trahir certaines de ses intentions. Malgré tout, le Tellurique savait qu’il aurait besoin d’un bref moment d’intimité si il voulait prendre les mesures nécessaires : au sortir de ce qui restait du Commissariat, Yanosa oeilla donc aux alentours, estimant la distance et le trajet qui les séparait de l’Académie, où devait se trouver le seul Taishô encore présent dans l’enceinte du village. Sur ledit trajet, un point d’intérêt se trouvait heureusement au milieu des bâtisses, à la lisière du quartier résidentiel. S’élançant sur les toits en compagnie du Juunin et de Rin, le guerrier de pierre suivit donc le mouvement… avant de bifurquer le plus naturellement du monde et sans chercher à masquer son geste vers l’atrium à ciel ouvert du Dojo des Assimilateurs.

« Je reviens, envie pressante. »

Un bref moment, l’Oterashi disparut entre les branches épaisses et feuillues de l’arbre Ginko, se glissant rapidement dans ses quartiers où il joignit prestement les mains pour créer deux clones qui allèrent se terrer dans l’ombre. Laissant passer un laps de temps cohérent avec le prétexte qu’il avait donné pour cet arrêt, il ressortit alors du Dojo par le même endroit où il y était entré, reprenant le chemin de l’académie.

« Allons organiser ce cortège… Accompagner ce fou furieux sans risques ne sera pas une mince affaire, mais je dois dire… Même en ressortant gagnant du combat… je doute de pouvoir le faire indemne. Si seulement Aimi était là... »

---

Pendant ce temps, dans les tréfonds des geôles les plus profondes siégeant dans les strates inférieures du village, une nouvelle entrevue commençait entre le Clairvoyant et celui que l’on appelait l’Écorché. Marchant au plafond telle une araignée, le clone du Chûnin perçut les vibrations des fils tous azimut et se laissa tomber non loin de ce qu’il estima être le milieu de la pièce. Les masses noires, semblait-il, se rassemblèrent en un point non loin de là, et si le double de Yanosa eut d’abord du mal à percevoir clairement la position du Désavoué, le son de sa voix, éraillée et retentissante, termina de le renseigner. Dans les ombres conjuguées à l’obscurité, le Tellurique fixa la silhouette sombre devant lui, s’en rapprochant à pas mesurés sans répondre quoi que ce soit, invitant par son silence le prisonnier à délier sa langue. Ce qu’il fit, assurément, et avec la verve la plus courroucée qui soit.

Dans le noir presque complet, l’Oterashi faillit se mordre la lèvre inférieure de frustration. Il ne rechignait jamais devant un obstacle, ni même plusieurs à vrai dire… mais combien allaient devoir se placer sur sa route avant qu’il puisse avoir réellement l’opportunité de faire avancer leurs plans pour gagner cette guerre promise par Tôsen ? Yanosa se renfrogna, mitigeant sa colère, canalisant ses forces, mûrissant ses prochaines paroles autant que possible pour éviter de-

« Est-ce qu’on peut arrêter un peu les pleurnicheries ? » Grogna-t-il presque à l’attention de l’Ecorché.

Lui aussi, laissa planer un silence, se rapprochant encore davantage du Désavoué pour avoir meilleure conscience de son corps et de son visage.

« Tu auras, ton public. Tu auras, ce combat, délivré de ce sceau, délié de tes entraves. A cela je me suis engagé, et je tiendrai parole, tout comme tu le feras toi aussi, quelle que soit l’issue. La seule chose qui reste en suspend, en réalité… c’est le bon vouloir de mes supérieurs à te l’accorder, ce marché si profitable…

Je ne suis pas aux commandes
, poursuivit-il en marchant sur le côté, autours du mercenaire à la solde du nécromancien, et je connais un peu trop bien ma hiérarchie et sa façon de faire. Si je suis revenu, ici et maintenant… c’est pour pouvoir forcer la main à ceux qui tirent les ficelles. Laisse-moi te sortir d’ici, t’emmener à l’extérieur. Ils pourront me taper sur les doigts autant qu’ils veulent, une fois toi dehors... le marché devra être honoré, qu’ils le veuillent ou non. »

Le double de Yanosa s’arrêta pour faire à nouveau pleinement face au Désavoué, ses pupilles ardentes braquées sur lui.

« … Si ton corps se résume à ce coeur, que j’ai vu tout à l’heure… je peux t’emporter avec moi jusqu’à la surface. Je ne te demande pas de me mener où que ce soit, ni d’être assez stupide pour essayer de t’enfuir avec ce sceau d’entrave intact… J’en ai fini avec les demie-mesures. Même si ça veut dire affronter mes ultimes tourments… entre tes griffes. »

Résumé et techniques
Le véritable Yanosa quitte le Commissariat en compagnie d'Ashitaka et de Rin pour se diriger vers l'Académie et les bureaux des membres du Triumvirat pour y trouver Teruyo. En chemin, Yanosa prétexte une pause pour se rendre brièvement dans le Dojo des Assimilateurs et y créer deux clones dans ses quartiers qui restent cachés et immobiles. Il reprend ensuite la route avec ses coéquipiers, ce qui mènera à un autre sujet par souci de clarté j'imagine pour solliciter Miyamoto Teruyo.

De son côté, le bunshin en tête à tête avec l'Ecorché tente de convaincre ce dernier de lui simplifier la tâche pour qu'il puisse l'emmener à l'extérieur, anticipant un éventuel refus de la hiérarchie, afin de forcer la main de cette dernière.



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L'Écorché
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Jeu 25 Nov 2021 - 9:57
Les bras toujours croisés, le Désavoué sonda dans le noir la position approximative du Tellurique. L’offre était alléchante, mais il demeurait certains problèmes et non des moindres. L’Ecorché ne pouvait se suffire d’être mis dehors, au milieu d’une tanière d’Iwajins tous prêts à lui bondir dessus. Il pouvait les tenir en haleine par paquets, certes, mais il existait toujours cette Hyûga et ses petits protégés, trinôme qu’il n’avait su vaincre auparavant, sans doute parce qu’il avait été trop confiant dans ses invocations. Il lui appartenait de réparer ce tort, de s’offrir une vengeance personnelle.

Il plongea dans son esprit pour tenter d’y trouver une sorte de foi intérieure. Jadis, quand il était encore un jeune et beau garçon, il avait dû essuyer des travers difficiles. Et malgré la centaine d’années qui était passée depuis lors, il n’avait jamais réussi à taire les visions ressassant ses déboires : celles de son Maître traçant des sillons sur ses joues pour l’obliger à sourire.
Il y a bien longtemps qu’il avait assassiné son Maître. Bien longtemps qu’il avait d’ailleurs dépassé dans la force et dans l’horreur. Son surnom, l’Ecorché, n’était pas démérité : combien de fois avait-il pu finir le corps strié de plaies béantes, combien de fois l’avait-on dépecé, combien de fois avait-on laissé ce cœur sans vie derrière soi ? Des dizaines et des dizaines d’années entrecoupées de tourments, de traumatismes, de désespoirs. Le bonheur, au fond, il ne l’avait presque jamais connu.
La seule source de jouissance qu’il pouvait trouver était dans cette catharsis impérieuse qui le poussait à répandre le Mal. C’était sa façon à lui d’être au monde. Le dégoût, la cruauté, le sadisme étaient les seules choses qui le maintenaient en équilibre avec ses péchés.

Emprunte d’un mysticisme encore très vague, la chose filamenteuse, taiseuse, l’esprit embrumé de perplexité, fut relativement circonspecte face aux propositions de Yanosa. Cela ne suffisait pas. L’Ecorché avait déjà connu l’évasion, par le passé : quand les Libérateurs étaient venus le sortir des geôles qui retenaient les fou-à-lier comme lui. A cette époque, le Nécromancien l’avait vite compris : l’Ecorché n’avait de jeunesse que l’apparence. Il avait assez vécu, avec ce cœur éternel, sans cesse alimenté par le chakra.
Et pourtant, même en ayant acquis le secret de l’immortalité par la régénération cellulaire en portant à l’extrême le talent des Jiongû, il n’en demeurait pas moins fragile face au Temps qui passe, qui avale tout ce que l’on aime, qui perpétue les souffrances et qui broie l’esprit par l’instrument de l’ennui.
Le Temps, c’était aussi la chose qui lui manquait pour croire en Yanosa.

« Guerrier de la roche, tu me surestimes. Je suis l’Ecorché. Je ne suis pas un Dieu. »

Il laissa germer un doute, qu’il ne tarda pas à crever par ses révélations.

« Cependant, je sais voir quand les choses vont mal. Il n’est pas seulement question d’avoir ton duel, étranger. Je sens en toi une immense colère. Tu n’es pas reconnu à ton juste titre. Ah ! Je connais ce sentiment… »

Il avança d’un pas. D’un seul et unique pas.
Mais ça voulait dire qu’il sortait de son immobilisme.

« Finalement, je me demande qui le plus entravé de nous deux. Moi, derrière ces murs de pierre ? Ou toi, avec des chefs qui ne te prêtent aucune confiance ? »

Sa voix calme résonna dans la cellule. Etrangement, il avait changé d’approche avec le Tellurique.
Il avait changé d’approche, car il avait changé d’intention.

« Comme tu le sais, le sceau qu’on a tracé sur mon cœur me paralyse. Tous les ponts de chakra qui me lient à ma matière sont à ce point affaiblis que je ne puis envisager de déployer toute ma force. Je peux tenter de le briser, avec le temps, mais vos scelleurs s’empressent de le renouveler périodiquement. Si tu emportais mon cœur, il se pourrait, effectivement, que je puisse me reconstruire. Toutefois, avec cette prison de chakra, il me faudrait au moins trois semaines pour retisser mon corps.
Créer un corps est une chose complexe, guerrier de la roche. Il faut replacer les organes, reconstruire ses sens, connecter les réseaux filamentaires, et relancer tout le système de survie de son métabolisme. C’est un exercice fastidieux. Je l’ai déjà fait par le passé. Il m’avait fallu, jadis, quatre longs jours.
Quatre jours, sans ce sceau, pour être l’Ecorché. Alors vas-y, guerrier de la roche, prends mon cœur si cela te chante. Mais tu devras me cacher le temps que je me régénère. M’abriter de vos senseurs, ceux qui portent les yeux blancs. Me protéger des dangers qui m’attendent.
Et briser ce putain de sceau.
»


Tension.
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Oterashi Yanosa
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Jeu 25 Nov 2021 - 22:10
Autant qu’il le pouvait, le bunshin de l’Oterashi tâchait de ne pas laisser transparaître la tension qui l’habitait, baigné ainsi dans l’obscurité putrescente de la cellule. Amas de chakra éphémère qu’il était, cette itération de Yanosa ne craignait évidemment pas pour sa vie, et avait subi trop d’affronts physiques et de souffrances diverses pour en redouter quelques-uns de plus. Toutefois, la responsabilité qui lui revenait, elle, n’avait rien d’anodine ou de routinière. Là, dehors, étaient ou pas en train de s’imbriquer les dents de divers rouages, des actionneurs dont allait dépendre la suite des événements. Des événements, cependant, qui risquaient de connaître un arrêt abrupt si il n’arrivait pas à convaincre leur prisonnier, cet Écorché aux multiples facettes, de lui faciliter les choses pour son exfiltration clandestine. Une phase de son plan qui n’était de surcroît qu’une prémisse, et qui pourrait être suivie par bien d’autre difficultés imprévues.

Guettant la moindre réaction de la part de son hôte, le guerrier sans visage sentit le Désavoué, peut-être pour la première fois, comme plongé en lui-même, réflexif. Lorsque celui-ci se décida à répondre, toutefois, ce fut avec un nouveau verbiage, via un angle inédit, un angle.. qui força le Chûnin de la Roche à inspirer profondément comme un animal sauvage pour conserver le plein contrôle de ses faits et gestes. Cet Écorché, rumina-t-il… Depuis le début de leurs échanges, Yanosa était parvenu à se former une ébauche, un début de fresque de sa personnalité, de ce qu’il était, de ce qu’il voulait. Les informations, cependant, avaient toujours circulé dans les deux sens, et il était trop tard pour revenir en arrière sur ce point. Ne restait pour le Tellurique qu’à décider, avec tout le sang froid qu’il était capable de mobiliser, ce qu’il comptait faire de cet état d’apparente compréhension mutuelle.

« ...Heh...Ma colère… est une fidèle compagne. C’est avec elle aux tripes, que je combats, c’est grâce à elle, que je suis toujours en vie, et ça fait maintenant longtemps… que j’ai arrêté de me soucier de ce que qui que ce soit peut penser de moi. Je fais ce qui doit être fait, peu importe le prix, et aucune institution… ne m’empêchera de le faire. Pour sauvegarder le Chakra… je n’hésiterai pas. »

Se dévoiler, encore un peu plus. L’Oterashi livrait là le fond de sa pensée, tout en l’utilisant dans le même temps comme outil pragmatique pour continuer à tisser ce potentiel lien naissant entre lui et le prisonnier. Il ne pouvait pas lui donner tord sur ses réflexions : autant donc utiliser la vérité comme bouclier, même si il conversait là précisément avec l’homme qui pourrait être à l’origine de son propre trépas.

« ...Hm. D’une façon ou d’une autre, quand toi et moi nous en aurons fini… je serai libéré de cette prison. Et toi aussi. »

Des propos bien sibyllins, qui renvoyaient tant à la défaite qu’à la victoire de l’un ou de l’autre des deux combattants. Des mots que Yanosa avait prononcé presque tout bas, entrevoyant les futurs qui l’attendaient. Il voyait les courants parallèles, percevait sa destination, mais ce noeud sombre aggloméré devant lui aux confins de sa vision, lui, pouvait receler n’importe quoi. Impassible et attentif, l’Oterashi écouta ensuite dans le noir, immobile. Ces délais, songea-t-il, ajoutaient une couche supplémentaire au problème d’ensemble. Couver et protéger lui-même un prisonnier en cavale, dans le cas où ils devraient en arriver là, semblait aussi fou à envisager que cela ne l’était en réalité… mais il n’avait pas le choix.

« ...Quatre jours, à compter du moment où nous te retirons le sceau… ? Tu avais été bien plus prompt que ça à te reformer, lors de ton arrivée ici. Vérité ou mensonge sur ce sujet, je m’en moque : je t’affronterai dès que tu seras de nouveau toi. Pleinement, toi… Et tout ce qui m’importera alors, ce sera la véracité et la qualité de tes renseignements. »

Lentement, longuement, le bunshin inspira par le nez, réflexif. Plus jamais Iwa ne le considérerait de la même façon après ce jour, une certitude aussi fataliste qu’elle n’était pragmatique.

« Mais, déjà… occupons-nous de sortir. »

Soudainement et fermement, le guerrier sans visage plaqua alors une main sur l’épaule filandreuse et fragile de l’Ecorché. Placé ainsi, il laissa passer un moment, offrant tout le temps nécessaire au Désavoué pour anticiper ce qui allait suivre. Puis, un hochement de tête comme seule annonce, l’Oterashi plongea brutalement son autre main dans le buste du prisonnier, tâtant, cherchant… trouvant. Son emprise sur l’amas de chair assurée, il le tira alors jusqu’à lui, l’arrachant sans grand ménagement de son berceau, exécutant un geste qui aurait valu la mort à n’importe quelle créature vivante de la Création. N’importe laquelle… sauf lui. Et ce fut à cet instant, l’organe vital de son futur adversaire dans la main, que le Tellurique réalisa tout le poids des âges qu’avait dû traverser cet home, entrevoyant dans l’âpreté de son coeur sa propre amertume portée au centuple. Il connaissait cette brûlure de l’âme, lui aussi, mais dans cette compréhension ne vint malgré tout aucune résolution, et c’est avec un calme qu’il ne se connaissait pas lui-même que Yanosa vit son corps se muer en roche, approchant ce coeur écorché de son poitrail. Une gueule tellurienne s’y forma et dans celle-ci, presque religieusement, il y déposa alors le précieux organe, refermant sur lui cette nouvelle prison pour le garder fermement en place.

« ...Nous y allons. Fais-toi discret… autant que ça t’est possible. »

Techniques
Yanosa se greffe un deuxième coeur tout beau tout neuf dans son corps assimilé.






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