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02. Le Gardien des Gardiens

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Yasei Reikan
Yasei Reikan

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Mer 22 Déc 2021 - 0:32
La paralysie du coeur.

C'était comme cela que Yasei Reikan avait toujours appelé l'indifférence, plus petite.

Et cette pensée chimérique ne s'était jamais détachée d'elle, d'enfant à femme.

Son cœur à elle, il ne connaissait ni l'insensibilité, ni l'adiaphorie. Il n'était pas atteint de cette maladie de l'âme et des émotions, qui maltraitait sa victime jusqu'à la jeter sur une plaine de sentiments asséchés et tétanisés. S'il se voulait parfois féroce et en ébullition, il était loin d'être atone ou figé dans le marbre. Non. Le sien, il grondait sa bestialité et son humanité autant qu'il battait avec force, derrière les chairs et les os de sa poitrine. À tel point que, pas une seule fois de son existence, la Tigresse blanche n'avait su se rendre apathique et impénétrable devant les instants les plus décisifs. Les émeutes de ses intuitions, de ses impressions, elle n'avait jamais cherché à les abattre, à les faire taire, à les réprimer. Face à la haine comme à la peine, à la joie comme à l'émoi ou à l'effroi, Yasei Reikan ne s'entendait pas avec l'idée de s'enfermer dans le silence. De s'emmurer entre ses bras. De baisser les armes contre l'indolence et de demeurer dans l'insouciance, à mille lieues du monde extérieur et de ses orages les plus violents. Elle n'avait eu de cesse de s'ouvrir et de découvrir sans se retenir, incapable de se rendre à l'évidence que tous lui chuchotaient, lui criaient. Celle qu'elle ne pourrait jamais parvenir à lier les gens et à faire taire leurs différences, son clan le premier. Certains demeuraient persuadés qu'il était préférable de se renfermer sur soi-même et de ne plus ouvrir les yeux sur l'adventice, tant la cruauté sévissait et réprimait même les esprits les plus confiants, les plus espérants. Tant elle voulait les pousser à abandonner avant même d'entreprendre. Mais ne plus tendre l'oreille pouvait rendre fou même le plus sage des Hommes, aussi solitaire pouvait-il être à travers le Yuukan.

Solitaire, la Yasei aux éphélides, elle, n'avait jamais été destinée à le devenir un jour.

Réunir les gens.

C'était ce pour quoi elle avait même vu le jour, elle qui ne savait se rendre imperméable à autrui.

Si bien qu'elle ne put pas détourner son attention de la percée de Nara Aizen dans les rangs ennemis. Et que ses paupières s'écarquillèrent au moment même où le torrent de flammes se mit à écarter ses bras pour le recevoir et l'étreindre. Le ciel, il se mit à rougir et à prendre feu pour cracher toute sa hargne sur la terre. Les faisceaux du brasier que Yamanaka Rei venait de devenir, ils rugissaient pour appeler la mort de l'enfant de la Foudre. Ils dansaient, dans les yeux de l'enfant des Bêtes qui s'inquiétait de cette vue et sentait son instinct la pousser vers l'avant pour aller le rejoindre. Pour aller l'aider.

« Aizen! »

Mais ses pieds, ils refusèrent de lui obéir.

Ils l'empêchèrent de prendre le pas sur la situation, pendant que l'enfant de la Roche avait érigé son art contre le feu qui ne tarda pas à le briser en débris enfiévrés par le bûcher. Pendant que Sen'sei Ketten avait sonné le glas du divin et appelé ses alliés.

Pour faire comprendre aux Hommes tout ce qui les séparait des Dieux.

Tout ce qui faisait qu'ils se battaient toujours entre eux.

Pendant un temps, les pupilles myosotis de la Yasei au teint hâlé s'accrochèrent à ses propres pieds et au sol qui les retenait, par des chaînes invisibles. Des chaînes qu'elle ne pouvait briser, d'un coup de son animalité. Non sans tarder, elles glissèrent jusqu'à cette silhouette osseuse et bleue comme le soir, aux veines apparentes et aux décors d'or et de fer. Cette forme sans tête ni pitié, qui ne s'était pas envolée avec son pair de l'Ouest ni celui qui l'avait appelé jusqu'ici. Impuissante. Yasei Reikan détestait l'être. Et pourtant, elle n'arrivait pas à trouver un moyen de se déplacer sans avoir à blesser ses camarades du Sommet. Ces choses qui se prenaient pour des Dieux, la métamorphe aurait voulu déchaîner sur elles les plus grandes calamités que ses pattes pouvaient réserver. Mais Yasei Reikan se refusait de mettre en danger la vie d'autrui. Hélas, alors que ses yeux parcouraient une petite étendue de kanjis illuminés au détour d'une petite pierre non loin d'elle, preuve d'un sceau, l'ombre de Sen'sei Ketten la surplomba malgré toute la lumière déversée par les flammes.

Et c'est là qu'elle le vit lever les mains, encore une fois.

Aussitôt, Yasei Reikan tourna le haut de son corps et son visage vers le Gardien des Gardiens, après qui ils en avaient. Lui, en qui elle voyait l'œuvre ultime de tout un travail d'indifférence, de tout un modelage d'imperturbable inconscience. Il se trouvait aux antipodes de Yasei Reikan. Mais celle-ci se refusait de le laisser tomber. S'interdisait de le mettre de côté, parce qu'il ne supportait pas de revoir la vérité du monde en face et d'à quel point il pouvait être en mesure de la changer, pour le meilleur. Les stigmates d'une bestialité poussée au paroxysme, ils perdirent du terrain à travers la peau de Yasei Reikan. Ses cheveux semblèrent plus dociles, ses poils laissèrent de nouveau place à son épiderme doré. Cet Éveil, elle l'abandonna de son propre gré. Et elle parla, à celui qui l'avait poussée à le déclencher. À celui qui ne se sentait pas concerné, par le sort de tout un monde.

Cette paralysie du coeur, comme elle l'appelait, il en était atteint.

Et elle voulait l'en guérir.

« Tu as dit que la véritable force, c'était de savoir qui l'on est, tout à l'heure. Tu m'as même demandée qui j'étais vraiment. Toi aussi, tu as forcément un nom. Je ne le connais pas. Mais je doute que ton cœur soit aussi vide et creux que tu essaies de le prouver. Tu es peut-être le Gardien des Gardiens, mais je refuse de croire que tu n'es pas un Homme ou que tu ne l'as même jamais été. Comme moi et comme eux, tu appartiens à ce monde. Ensemble, on peut essayer de les raisonner, de les arrêter. De mettre un terme à tout ce massacre. »

Yasei Reikan tendit sa main au Gardien des Gardiens, dans l'espoir qu'il ne la refuse pas.

Sous les yeux du Lion blanc qu'elle avait libéré des arènes, elle tenta le tout pour le tout.

« Je t'en prie. Aide-moi. Aide-moi à faire en sorte que ces tueries cessent. »

Dans les yeux de l'Héroïne de l'Eau, l'inquiétude se reflétait et brillait.

Elle grandissait, à mesure que les ombres des paumes de Godo dévoraient le terrain et s'imposaient, au-dessus du groupuscule et des arrivants pris au piège. Mais même lorsqu'elles voulurent s'abattre, l'enfant des Bêtes ne craqua pas et ne détacha pas son regard du Gardien des Gardiens, vers qui son instinct l'avait ramenée comme il l'avait jeté dans le Désert pour qu'elle récupère l'honneur de son clan. De son autre main et uniquement par elle, des signes virent le jour. Et sans tarder, le sol sous ses pieds se mit à vibrer, à trembler. À se déchirer, sous son appel à l'aide. Brusquemment, des dizaines de piliers prirent naissance et déchirèrent un peu plus la surface du terrain, afin de dresser un nouveau plafond. Une autre protection, qu'elle ne savait déjà pas suffisante pour retenir ce que le ciel leur déversait sur la tête. Très vite, les dernières nervures de son toit tellurique s'entrelacèrent et s'embrassèrent pour ne former plus qu'un seul et même rempart horizontal à la chute des enfers.

Un autre heurt assassin lui tortura les oreilles, sous lequel son abri tellurique se craquela. Se brisa, avant de laisser place à l'apparition d'un bois qu'elle ne connaissait que trop bien.

Celui du Gardien Sylvestre, qui leur permit d'échapper à la seconde attaque.

Les débris de terre et de bois, ils se fêlèrent tour à tour et furent foudroyés par la force de frappe divine qui s'abattait sur eux. Le potentiel défensif devrait être assez puissant pour éponger l'assaut, in extremis.

Le souffle balaya ses cheveux sur le côté.

Mais la main de Yasei Reikan demeura tendue.

Tendue vers l'option de le protéger contre tout ce qui était malsain.

Tendue vers une autre occasion de changer les choses et de faire le bien.

résumé:
 

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Aditya
Aditya

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Jeu 30 Déc 2021 - 2:43

Automne 204, Q.G. de la Coalition, cœur du pays du Feu.

Au crépuscule de paroles n'ayant pour but que d'inspirer l'espoir, que de réunir un peuple meurtri sous un même patronage, l'aube d'actes plaçant ce désir comme souverain se mêla à leur orfèvre : devinrent le futur qu'elles dessinaient sur l'avenir.

D'une main tendue, Yasei Reikan avait bienvenu le concours de plus d'un Gardien. De pas s'encrant dans la terre à l'aube de l'esplanade, la silhouette de celui révérant à la sylve s'était élancée auprès d'elle, délaissant dans l'ombre du bâtiment tous les doutes qui lui incombaient ; toute la crainte qui ne lui revenait pas de laisser planer impunément dans son cœur.

Il était dit que les hommes étaient faits pour blesser. Pour meurtrir et torturer. Pour étouffer le souffle vaillant des lèvres d'un autres, lui ravir de son bien le plus précieux.
Il était dit qu'ils n'étaient que des âmes d'avarice. D'ego et de pouvoir, de possessions comme de malice. Nombreux étaient ceux qui fomentaient le vœu sourd d'écraser dans leur paume le cœur battant d'autrui, s'emparer de son être aussi simplement qu'il ne leur était donné l'opportunité, la possibilité de le faire.

Mais il en était tout autre pour certains. Au creux de son lignage, d'une présence éthérée soupirant sa bienveillance éternelle, il y avait de ceux qui réfutaient ce don inné de l'humanité. Qui le changeait en ce qu'elle avait de plus divin à offrir.

Aditya était de ceux-là.


Ces mains n'avaient jamais été faites pour tuer.
Elles avaient été forgées pour faire naître et perpétuer la vie.

Et telle une ode à ce chemin pavé par ses ancêtres, l'une de ses paumes se lia sous l'écho qu'elle lui murmurait : d'un mudrā unique appelant à la sylve battant dans ses veines, la terre se retourna à l'un de ses plus intimes commandements. De celle érigée par l'enfant des Bêtes, celui du Soleil fut le sculpteur d'une tout autre orfèvre, taillant dans le marbre de son bois avec cet outil qui devint le propre de Michel-Ange – une beauté divine, métempsychique dont la grandeur couverte de dorures s'élevait en ce jour sous les traits du Bouddha.

Guidée par la volonté du Brahman, ô ultime fondement d'existence, le roche de la Tigresse Branche devint terreau ; l'élévation de sa structure devint la bouture qui forgeait son sommet. De simples pousses furent amenées à se changer en majestueux troncs, ainsi gorgées de la puissance du naturel qui avait révoquée toute entier l'être de l'Enfant Sylvestre dont le regard céruléen ne cessait de darder l'aube déclinante de cette paume d'éther s'abattant sur leurs positions.

Mais telles l'absolution qu'elles souhaitaient leur conférer par une ire presque séraphique, les lueurs des Lumières Cardinales furent enfermées à l'image de tout autre reflet des astres ayant été donnés d'offrir leur présence à cette terre... car dans les yeux de chaque âme présente aux alentours du Héros de l'Eau, l'ombre revêtit sa plus belle candeur. Elle para ses épaules de son velours de matrone protectrice, de son ode limpide guidant au sommeil, à la paix : de cette nuit que nul bambin n'avait à s'appeurer ou à rechercher le faisceau d'un phare dans son obscurité. Elle était celle qui les guidait, celle qui leur murmurerait, de ses doux mots susurrés ; ils n'avaient rien à craindre. Quand bien même la terre grondait les méfaits de leurs opposants, quand bien même elle se défaisait avec violence du joug ineffable d'un Cardinal qui obligeait les hommes à se lier à elle comme des amants amers. De sol de roche, celui-ci se fit boisé : de grotte aux reliures de granits, il n'en fut que le miroir d'une forêt astrale englobant chacun d'entre eux dans son étreinte bienveillante.

Ils ne se trouvaient plus au sortir de ce bâtiment ayant abrité tant de discours, tant d'affliction et de trahisons, non. Ni sur cette esplanade où un affrontement s'était poursuivi dans son couvert de mirage.

Chaque enfant du monde siégeait désormais sous l'égide creuse d'une statue représentant les traits de ces êtres ayant réalisé l'Éveil voué à tout homme transcendant les dieux, ceux des Bouddha de tous les âges. D'une franchise telle, que les arcs cycliques de son collier de cent huit perles siégeaient, souverains, sur le cou de cette création dont il revenait d'incarner le désir qui vrillait le cœur de son créateur : celui d’un Gardien mettant au défi ces providentiels d’oser placer une seule meurtrissure sur leurs corps, dont le regard courroucé ne cessait de les darder, de les tenter de s'y essayer.

De ces sigles tracés à même sa chair sylvestre, s'élevant de son socle jusqu'à son point culminant, l'impact de la rencontre de ces forgerons en suivi les lignes : lorsque la paume de Godo heurta le crâne où siégeait le troisième œil, la terre trembla à nouveau. Le bois se fractura, sur la courbe des inscriptions incrustées à même le corps de cette acropole au visage humain.

Mais il ne faiblit pas. Ni même ne rompt. D'un capharnaüm rappelant l'Armageddon, il ne subsista de son assaut que la déception de l'échec. Le dôme fut tranché sur sa face ayant subi sa présence colérique, les traits du Bouddha devenus fendus – comme s'il était donné à quelqu'un de les compléter – mais de cette terre forestière qui avait remplacé le sol où l'Est s'était fait Roi, ne demeurait que le spectacle ineffable de l'intouché. Aucune blessure ne couvrait le corps de ses pairs, aucun ravage n'heurtait la nature.

En ce spectacle salvateur, la voix du Gardien Sylvestre s'éleva, d'une clarté propre au lit d'une calme rivière.
Son attention, elle, était celle de l'ataraxie, d'un sang-froid ayant remplacé la fougue de la panique de plus tôt.

« La guerre est le propre des hommes., déclara l'ascèse sans glisser l'onde de son regard vers celui qui les avait tant prié tant de poursuivre ce sommet ; bien qu'il s'adressa à lui. La survie est celui des Gardiens. »

Finalement, ses prunelles d'éther se tournèrent vers lui, en un fragment d'instant hors du temps où il lui parut trouver en lui tant de similitudes. Tant de ressemblance.

« Protéger est le seul devoir qui incombe à chacun de nous. »

L'arc de ses yeux se détourna du Dernier Gardien, l'échine finement pliée vers l'avant. Ses yeux se plissaient, d'une concentration mesurée à l'aube de la marque du troisième œil qui gisait, de ses reflets d'ocre rougeoyants sur son front. Sa main avait trouvé les reliefs d'un unique mudrā. Sa chaleur avait trouvé l'ombre d'un autre enfant du monde.

Son prochain souffle, il fut murmuré à celui de la Foudre ; venant de son flanc, comme s'il s'y était toujours tenu, à l'image d'un protecteur qui demeurait éternellement présent.
Ses pupilles, elles, dardaient les traits de Yamanaka Rei d'une ferveur froide.

« Devant toi, Soldat des Nuages. »

Le poids de sa paume s'installa sur les reflets de l'ossature du descendant des ombres, à cet endroit même où les arcs de son ossature se mêlaient aux omoplates guidant ses mouvements. Au creux de sa peau, déjà, se traçaient les sigles noirâtres formés par l'onde de son chakra. Ceux qui dessinant, petit à petit, les dédales d'un sceau à même son corps.

Une simple pression, qui sembla le guider sur l'onde du chemin que sa voix traçait pour lui. Une bienveillance solaire.

Et dans son dos, les lueurs d'un sceau ne souhaitant qu'être convoqué pour réaliser son œuvre se mirent à déclamer tous leurs reflets d'émeraude.

« Frappe. »



récapitulatif:
 

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embrace the legacy lying in your blood, sunchild
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Rei
Rei

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Mer 12 Jan 2022 - 21:12
Son chakra coulait dans son corps et sa maîtrise de l’Iroujutsu faisait son effet. Instant après instant, sa blessure guérissait un peu plus, de façon presque visible, de telle sorte que l’on pouvait se demander à quel point sa maîtrise du chakra médical était avancé. Mais une telle évaluation n’était de toute façon pas la priorité de ceux que Yamanaka Rei affrontait.

En particulier pour le jeune Kumojin, qui prenait de plein fouet l’Inferno. Mais dans les faits, il n’en finissait pas de cumuler les actions de haut niveau. Dans un réflexe, il avait en effet utilisé les arts Samouraïs pour trancher les flammes, de quoi lui laisser à peine le temps de composer les signes incantatoires nécessaires pour une véritable progression. Du Doton donc, qui n’empêcha pas l’épéiste d’être sévèrement blessé et brûlé.

Et lorsqu’il entendit son ennemi du moment énoncer son nom, Rei en eût la confirmation : Nara Aizen était un grand combattant. Celui qu’il aurait voulu avoir dans son empire lorsqu’il en était l’Empereur tout comme celui qu’il était fier d’affronter.

Se préparant à attaquer presque par surprise malgré ses blessures, le Kumojin allait frapper de front. Alors dans une position aisée pour se défendre, Rei se préparait à la riposte, commençant un mudrâ…

… mais sur son flanc, un phénix noir fusait vers lui. Les Shinobis du Sommet étaient déjà là. Un double assaut ? Pire encore, car au dernier moment, le déterminé Aizen surprit le Lieutenant de l’Homme au Chapeau. Une feinte pour un Iai décisif !

Aussi puissant était-il, Rei ne pouvait pas finir ses mudrâs pour se défendre. Pas à une telle distance !

Un bruit sourd suivit.
Celui de l’oiseau noir qui s’écrasa contre le demi-dôme robuste Doton dressé par le Yamanaka. Le phénix avait explosé dans un liquide toujours sombre. De l’encre ?

Si Yamanaka Rei avait réussi à finaliser ses signes incantatoires, cela ne signifiait qu’une seule chose. Il se tourna vers le Kumojin, qui n’avait pas réussi à finir son geste. Il était désormais totalement raide, immobilisé par une force qu’il ne pouvait pas encore comprendre. L’un de ses deux katanas tomba au sol. L’ancien Empereur du Feu le ramassa.

« Tu es intelligent, comme ceux de ton clan. Mais tes représentants Shinobis le sont beaucoup moins. Ils ont accouru, sans s’imaginer que nous ferions de même. »

Le Lieutenant de l’Homme au Chapeau lança un regard apaisé et presque désolé à son adversaire.

« Tu as combattu avec honneur… Nara Aizen. »

Et avant que quiconque – ni le Shinobi qui s’était métamorphosé en oiseau d’encre, également immobilisé au sol dans sa condition – ne puisse intervenir, Yamanaka Rei leva le katana sans le moindre plaisir. Pour le planter en plein cœur de son possesseur.

Spoiler:
 
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Sen'sei Ketten
Sen'sei Ketten

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Mer 12 Jan 2022 - 22:13
Ils étaient arrivés aussi vite qu’ils avaient pu. Autour du Gardien des Gardiens, leur cible, Sen’sei Ketten voyait les Shinobis arriver les uns après les autres. Et s’il lui avait paru impossible pour les trois shinobis qu’ils affrontaient jusque maintenant de se protéger des paumes divines, c’était un exploit qui était à la portée de tant de nouveaux adversaires. Une multitude d’Hommes pouvaient échapper au destin prononcé par un Dieu. C’était ce que l’on appelait un miracle.

C’est ce qui arriva. Tous avaient survécu. Ils utilisaient leur énergie sans compter pour échapper à ce qui était pourtant leur destin. Maintenant ou après, ils mourraient s’ils s’opposaient au futur.

Dans les airs, Ketten dévisageait ceux qui se débattaient plus bas. Surtout ce jeune homme qui maîtrisait le Mokuton et dont la création venait de surélever ses alliés pour les libérer de l’emprise du Dieu Cardinal. Nul doute qu’il avait tout fait pour que ce dernier reste au sol. Un choix judicieux, car dans le cas contraire l’effet aurait été nul. Bien que même avec sa création de bois, rien n’avait vraiment changé…

« Tu as créé une fausse divinité de bois pour libérer tes alliés… »

Sen’sei Ketten ne termina pas sa phrase tout de suite. De nouveaux projectiles, à nouveau lancés par l’Iwajin obstiné, venaient d’entrer en collision avec le moine. Un nuage de fumée était né de l’impact. Mais il ne dura qu’un bref instant.

Sen’sei Ketten, sous une forme toute autre, bien plus mince et pourtant avec une prestance grandie, venait de rappeler le plus vif cauchemar d’Iwagakure no Satô. Il avait absorbé les pouvoirs des Dieux Cardinaux. Il était devenu un Dieu.


Sen’sei Ketten, forme Kami (litt. Dieu)

« … mais tu les as en réalité condamnés. »

Son index pointait le dessous de l’immense création créée par le Mokuton. Il ne semblait pourtant ne rien y avoir, si ce n’était son ombre.

Mais les Shinobis surélevés grâce au Kirijin s’en étaient rendus compte. Ils étaient à nouveau immobilisés. Et cette fois-ci, ce n’était pas seulement par les pieds : ils ne pouvaient plus accomplir le moindre mouvement.

Et impuissants, ils ne purent que regarder le Dieu ennemi regarder le trio que la Kumojin à l’ombrelle tentait pourtant de camoufler. Eux aussi, ne s’étant vraisemblablement pas doutés du piège, étaient soudainement immobilisés.

« Vous avez voulu vous cacher. Vous serez les premiers à être châtiés. »

Contre toute attente, car seule l’Iwajine Luna avait brièvement vu Sen’sei Ketten combattre sous sa forme de Kami, le moine ne leva pas sa main.

« Paume Suprême de Godo. »

Et pourtant, une nouvelle et tout aussi imposante paume divine était apparue au-dessus des têtes du trio dont faisait partie l’hôte du Dieu de l’Eau.

Immobilisés et impuissants, ils ne purent que la regarder s’écraser sur eux.

Important:
 
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Nara Alderan
Nara Alderan

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Dim 16 Jan 2022 - 12:23
Tsume no Kuni, plus tôt…

« Serais-tu en train d’insinuer que nous ne ferions pas le poids ? »

Droit comme un Dieu, Sen’sei Ketten jetait un regard noir vers celui qui ne lui inspirait aucune sympathie. Outre ses paroles et son air hautain, c’était surtout ce qu’il représentait qui horripilait le moine. Après tout, comment un croyant comme lui pouvait se satisfaire de collaborer avec… un mort.

« Pour les vaincre, si. Mais c’est secondaire. Votre objectif premier, c’est le Gardien. »

L’ombre s’avança. Nara Alderan, dont le teint pâle rappelait qu’il n’était qu’un fruit puissant de l’Edo Tensei, parlait avec assurance. Autour de lui, les questions se soulevaient. Notamment chez son résurrecteur.

« Le maître nous a assuré que le Gardien ne prendrait pas parti.
Au départ. Mais lorsque vous l’aurez trouvé, que pensez-vous que les Shinobis feront ? Ils se dirigeront presque tous vers vous. Soit pour vous attaquer, soit pour le protéger. »

Ketten haussa les épaules.

« Alors nous les tuerons. »

Le père fondateur du Soshikidan, seule organisation à avoir véritablement ébranlé le Grand Continent et ses Archipels jadis, poussa un long soupir qui irrita le moine.

« Et pensez-vous qu’il restera impartial s’il vous voit massacrer des dizaines d’hommes ? Surtout si certains ont cherché à le protéger. Non, vous devez éviter un massacre, ou au moins le retarder… Et je suis le plus indiqué pour cela. »

Alderan avait fini en plongeant son regard vers celui qui était venu le récupérer d’entre les morts. Sakaze Tôsen, l’Homme au Chapeau.

« Rei ?
Tu as voulu qu’on récupère Alderan pour qu’il nous conseille. »

Le Chapelier esquissa un sourire. Il se tourna vers le Nécromancien qui savait déjà quelle question allait lui être posée.

« A cette distance, même seul, je n’aurai pas beaucoup de contrôle sur lui. Mais je pourrai annuler la Réincarnation des âmes s’il nous trahit. »

Nara Alderan fit un pas en avant.

« Si tu veux qu’il nous rejoigne, Tôsen, il faut d’abord faire en sorte qu’il ne rejoigne pas les Shinobis. Pour ça, la force ne fonctionnera pas. »

L’Homme au Chapeau se leva.

« Bien. »

***

Resté dans l’immensité de la forêt qui entourait le QG de la Coalition, l’ex-leader du Soshikidan avait tout observé. Et forcément, il avait agi avec une minutie et logique que ses capacités intellectuelles permettaient.

Il avait stoppé le Kumojin avant qu’il ne porte un coup dur à Rei, certes, mais il avait surtout pris avantage de l’immense et imposante création de Mokuton créée par ce Kirijin si déterminé. Un Shinrin ? Un bref instant, Nara Alderan repensa à son pays. Ce pays sur lequel une nouvelle fois il se battait.

Mais aujourd’hui, le combat ne serait pas long.

« Kage no gekijô, le théâtre des ombres. »

Son ombre s’était fendue en plusieurs, et ainsi il avait réussi à tous les immobiliser. Même avec la destruction de la construction de bois adverse, son ombre avait été un tremplin précieux pour sa technique.

Il était également avantagé par le fait que ses plus puissants jutsus soient encore inconnus des Shinobis.

« J’ai tenté de vous prévenir. Je me suis même sacrifié pour que vous ayez une chance face à l’Homme au Chapeau. Mais vous ne pouvez plus rien contre lui. Désormais, le mieux que je puisse faire… »

Nara Alderan était sorti des bois, son teint nécrosé était désormais à la vue de ses ennemis immobilisés. Il échangea un bref regard avec Yamanaka Rei, qui était le mieux placé pour le comprendre.

« … c’est accélérer l’inévitable et éviter des batailles et morts inutiles. »

Spoiler:
 
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L'Homme au Chapeau
L'Homme au Chapeau

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Dim 16 Jan 2022 - 15:43
Difficile de ne pas considérer la situation des Shinobis comme désastreuse. Mais pourtant, comment ne pas comprendre leur volonté de venir affronter leurs ennemis ? Ils s’étaient certes jetés dans un piège, mais ils étaient en nombre pour pouvoir avoir une chance.

Mais cette chance s’était sans aucun doute envolée à l’instant où face à eux, les envoyés des factions shinobis avaient vu l’air se distordre. Un portail, signe annonciateur terrible de l’arrivée de celui qui leur avait déjà fait tant de mal.

« Je vous avais prévenu à Iwagakure no Satô : nous sommes désormais en guerre. »

L’Homme au Chapeau était arrivé.

En resassant son face-à-face avec les shinobis de la Roche, ceux qui l’avaient vu ou en avaient entendu parler ne purent manquer ce changement notable chez leur ennemi. Il avait récupéré son bras manquant. C’était d’ailleurs ce qu’il levait pour l’admirer un instant.

« Je m’étais promis de garder cette blessure comme une leçon, un rappel. Celui de ne pas vous sous-estimer, ni vos qualités ni vos défauts. Votre égoïsme et votre entêtement stupides à vouloir conserver vos pouvoirs. Pathétique. Mais désormais… »

Il avait toutes les raisons de sourire, mais il n’en fit rien. La gravité de la situation en était pour beaucoup.

« … je suis sûr de l’emporter. Chaque fois que je m’endors, je vois notre victoire, celle du monde libre, débarrassé du chakra. Je vois votre échec lors de la Grande Guerre à venir. »

Outre les questions qui pouvaient être soulevées par ses propos, l’Homme au Chapeau transpirait le sérieux et la gravité. Sa prestance, jamais remise en cause, s’en retrouvait encore grandie. Il en était de même pour le désespoir des Shinobis, découvrant que même s’ils arrivaient à se défaire de ce piège, ils devraient affronter leur pire ennemi et trois de ses Lieutenants.

Mais il allait peut-être en être autrement.

« Mais nous n’avons pas à aller jusque-là. J’avais initialement prévu de vous laisser chercher le Dieu Renard pour moi, mais vous m’avez appris que je ne pouvais m’en remettre à vous. Et puis, il y a vous… »

Sous l’ombre créée par son chapeau, Sakaze Tôsen tutoyait le regard du Gardien des Gardiens.

« Vous en savez forcément plus sur la localisation du Dieu Renard que nous. Une personne, un objet, une information… Je vous le demande avec respect. »

Ses Lieutenants lui avaient fait une proposition brouillonne. Il n’allait pas en être de même pour leur chef.

« Rejoignez-moi et aidez-moi à mettre un terme à tout ce qui a fait du mal à cette terre depuis deux siècles maintenant. Empêchez cette Grande Guerre d’avoir lieu… »

Derrière une demande… Un marché.

« Empêchez ces Shinobis de mourir parce qu’ils refusent de n’être que des Hommes. »
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02. Le Gardien des Gardiens

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Ascent of Shinobi :: Événements :: Intrigue n°11 : Le Sommet de la Coalition
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