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Bistouri et Bouillon [Akio]

Metaru Hideko
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Mer 8 Sep 2021 - 17:00

Mori Sayuri, telle était l’identité de la kunoichi qui devait lui permettre de terminer sa formation en lui enseignant le scalpel de chakra et l’art d’extraire les poisons. Emi Sazaki l’avait dépeinte comme une jeune femme talentueuse et elle aurait naturellement dû être flattée de se voir ainsi confier une tutrice de renom alors que son maître était trop occupée pour lui transmettre son savoir, mais la motivation n’y était pas, car ni le scalpel, ni l’extraction de poison ne l’intéressait. Non, si Hideko avait fait tous ces efforts, avait travaillé d’arrachepied pour apprendre l’Iroujutsu, c’était pour soigner Bakeneko, par pour découper des cadavres ou pour extraire des poisons. Bien qu’inscrit dans la suite logique de son apprentissage, elle ne voyait donc cela que comme une perte de temps, un enseignement inutile qui lui faisait perdre toujours plus de temps, qui mettait toujours plus en danger son camarade.
En route vers l’Institut, vêtue d’une tenue simple et confortable, elle marchait d’un pas las. Les traits de ses visages étaient tirés, marqués par la fatigue, mais Hideko se tenait toujours droite, fière et était méticuleusement coiffée.
Les dernières nuitées avaient toutes été identiques : courtes et cauchemardesques. A la journée où tous la regardaient, où tous la jugeaient s’ajouta la nuit où le repos se refusait à elle. Le temps était devenu long, dans cette période difficile qui n’avait de cesse de se dégrader. Pourra-t-elle bientôt aller sauver son camarade ? Pourra-t-elle partir de ce village, de ce pays, afin d’enfin retrouver, ou plutôt trouver la paix ? Ces questions n’avaient de cesse de la tirailler, alors que l’espoir, naquit lors de l’entrevue avec Raizen, se faisait maintenant attendre avec impatience.

A chaque nouveau carrefour elle sentait le poids des regards et entendait les murmures qui se dévoilaient au grand jour, disparaissant quand elle s’approchait, puis réapparaissant aussitôt passée. Non, plus rien ne l’attendait ici. Chaque journée qui passait ne faisait que renforcer son sentiment d’isolement, son sentiment d’injustice et d’incompréhension. Chaque journée qui la séparait de son départ se faisait pesante.

Quand elle arriva à l’Institut, elle ne se présenta pas à l’accueil. Visage désormais bien connue du personnel, en tant que patiente puis maintenant en tant qu’apprentie, elle alla directement à la pièce que lui avait indiqué Emi, bureau dans lequel devait se trouver Mori. Les couloirs se ressemblaient tous, mais dans ce dédale qu’elle connaissait maintenant comme sa poche elle parvint sans mal à se repérer jusqu’à arriver à la fameuse porte A205. Plantée devant, elle soupira longuement, puis toqua à la porte et entra quand on l’invita à entrer.

– Bonjour, je suis Hideko, je viens de la part d’Emi pour terminer ma formation initiale. Vous êtes bien Mori Sayuri ? Demanda-t-elle d’une voix lasse.



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Mer 8 Sep 2021 - 22:33
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La jeune femme tournait en rond dans son bureau. Le document transmis par le service de l'Institut froissé entre ses doigts. Elle fixait l'heure, puis la fenêtre, puis la porte, tournait les talons et recommençait.

- Sérieusement... Non mais sérieusement... Hideko...

Le nom affiché sur la missive d'une de ses collègues. Métaru Hideko. Celle qui représentait le némésis de son ami d'enfance devait la rencontrer ce jour afin d'obtenir des cours particuliers sur différents domaines de la médecine shinobi. Risible clin d'oeil du Destin pour quelqu'un ayant intenté plusieurs fois à la vie de ses camarades.

- Si Akio le sait, il va cesser de me parler pour une bonne période... Et puis est-ce que j'ai vraiment envie de la rencontrer moi ?

Elle parlait seule, sans s'arrêter une seule seconde, relisait le document, le froissait de nouveau. Mori trouva la justesse d'esprit d'arrêter de stresser pour venir s'asseoir dans son fauteuil. Elle posa la lettre sur un coin de son bureau et détacha ses cheveux, essayant d'adopter une posture moins sèche qu'à l'accoutumée. La jolie brune tourna les yeux vers son étagère où trônait un magnifique dessin représentant les deux amis au bord d'une rivière. Ce souvenir lui arracha un sourire alors que déjà, on frappait à la porte. Elle tenta rapidement et très maladroitement d'acquérir une position confortable et avenante. Echec cuisant. Lorsqu'Hideko entra dans la pièce, l'Eisenin était, un bras sur le bureau, l'autre soutenant son menton, les jambes vaguement croisées.

La femme face à elle, à la chevelure blanche argentée, semblait "ravie" d'être présente. Pas démunie pour autant, la kunoichi se leva afin de la saluer, de façon toute aussi gênée que sa voix était peu assurée.

- Bonjour Hideko euh.. Oui c'est bien moi.. Et bien prends place je t'en prie. Et passons au tutoiement, on a le même âge ahah... euh...

Elle regarda autour d'elle, tournant un peu les talons, pour éviter de tomber sur les fesses en s'asseyant de nouveau sur son siège. Ses yeux pétillaient de curiosité, tandis qu'un sourire sincère s'affichait sur son visage. Elle croisa à nouveau l'œuvre dépeignant Akio, en se demandant si son interlocutrice savait la relation qu'elle avait avec lui. Pour se prémunir d'une réaction épidermique, elle aborda d'elle-même le sujet, avant d'enchainer sur l'intérêt de sa visite.

- Alors... Déjà sache qu'Akio est mon meilleur ami. Alors je sais que vous avez quelques imbroglios, mais ça ne regarde que vous. Parlons donc de ce qui t'amène, où en es-tu précisément de ta formation ? Emi m'a indiqué que tu touchais au but. Nous serions donc sur de l'application et de l'affinage de principes élémentaires ? Ou bien une spécialisation particulière ?

Dans les deux cas, la Sayuri avait déjà les idées qui rythmerait leurs journées, si celles-ci devaient être plusieurs. Entre les questionnements logiques, les mises en application, et la gestion de vrais patients, Hideko devait être prête à rencontrer pas mal d'embuches. D'ailleurs c'était la première véritable élève de la jeune médecin, et la pression, elle la ressentait aussi pour la première fois. Recommandée par ses pairs, elle ne pouvait pas se permettre de rater la formation de la Genin.

- Et j'aurais également une question à te poser pour débuter, une question qui me tient à cœur : Pourquoi tu voudrais acquérir l'Iroujutsu, ou ce qu'il te permettrait de faire à terme.

C'était une question absolument essentielle dans l'apprentissage des jeunes médecins du village caché des Nuages. La réponse désignait souvent la réussite ou non de l'enseignement, et surtout indiquait plus que clairement la mentalité de l'élève.
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Sam 11 Sep 2021 - 15:36

Un bras sur le bureau, l’autre sous le menton, complètement affalée, la jeune femme qui apparut devant elle sembla prise au dépourvue. Ne l’attendait-elle donc pas ? N’avait-elle pas été prévenue de son arrivée ?
Quand elle sut remis correctement, elle la salua, puis l’invita à s’assoir devant-elle et à la tutoyer. Hideko ferma la porte derrière elle, puis se rapprocha du bureau pour s’assoir.
Un coup d’œil furtif dans le bureau lui permit de comprendre à qui elle avait à faire : dossiers et autres documents s’entassaient sur toutes les étagères, quand ce n’étaient pas les livres ou les parchemins qui prenaient la place, dans une pièce bien trop chargée pour ce qu’elle aurait sensé du pouvoir contenir. Sayuri était sans aucun doute une femme occupée. Surtout, elle était jeune, très jeune, plus jeune qu’elle.
Encore, toujours.
Après tout, il était normal que tous ces talentueux shinobis soient à leur position, tandis qu’elle qui n’avait rejoint les rangs de l’armée que récemment restait toujours genins… ou plutôt, chuunin en probation, comme se plaisait à dire Raizen.

Mori l’invita à la tutoyer ce qui gêna Hideko, mais elle n’en montra aucun signe et se contenta d’acquiescer simplement.

– Très bien.

La conversation qui vint alors fut tout sauf celle à laquelle elle s’attendait, car Mori lui appris qu’elle était proche d’Akio, très proche. Le monde était-il donc si petit que ce devait être elle qui serait dorénavant son enseignante ? Hideko enragea, son regard las laissa place à la tension qui devint la sienne. Mori allait-elle profiter de cette situation pour lui en faire baver ? Faire comme tous ces moutons et lui pourrir la vie ? Il semblait que non, tout du moins, c’était ce qu’elle disait. Seuls les actes comptaient, seuls ses actes et sa façon de se comporter avec elle.
Mori demanda ensuite à Hideko de faire le point sur sa formation. Emi devait certainement lui avoir demandé se servir qu’elle lui rendait en ce jour durant une pausé, au détour d’un couloir, car Mori ne savait rien de Hideko et de l’avancement de son apprentissage. Les questions ne s’arrêtèrent cependant pas en si bon chemin, car vint la fatidique question des raisons qui poussaient Hideko à apprendre l’Iroujutsu. Soit, il fallait de toute façon y passer tôt ou tard et mieux valait tôt que tard.

– Emi m’a enseigné les soins et l’hyperforce. En ce qui concerne les soins, j’ai déjà commencé à traiter quelques patients, donc ma connaissance en la matière est avancé. Pour l’hyperforce, je dois encore m’entraîner à parfaire cet art.

Des explications directes qui ne laissèrent aucunement place à l’approximation.

« J’ai donc besoin de recevoir une formation pour apprendre à maîtriser les scalpels de chakra et l’extraction des poisons. »

Sur ces mots, sa tension s’évanoui, laissant à nouveau place à une certaine forme de lassitude, une lassitude aussitôt dévorée par une détermination sans faille, dans ce ballet incessant d’émotion qu’elle laissait paraître.

« Je souhaite acquérir la maîtrise de l’Iroujutsu pour soigner un camarade, pour le sauver. » Expliqua-t-elle.

L’inquiétude qui pesait sur elle, sur son cœur n’avait aucune limite. Tout serait plus simple si Bakeneko acceptait de se faire soigner par un autre être humain, mais rien n’était jamais simple.

« Il refuse de se faire soigner par quiconque, donc c’est la seule manière que j’ai de l’aider. »




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Jeu 16 Sep 2021 - 0:27
Le sourire constant de l'eisenin se voulait rassurant, et surtout cachait les doutes et les craintes accompagnant les différentes paroles qui sortaient de la bouche de la Métaru. Si les motivations étaient louables et cohérentes, le changement de ton et d'attitude durant son discours définissait une petite hésitation, une inconstance dans la motivation qui pouvait l'empêcher de mener à bien sa quête. Mori se redressa et rapprocha tranquillement sa chaise vers son bureau, avant de se racler la gorge, main fermée devant sa bouche et de poser ses coudes sur le meuble face à elle.

- Je vois. Emi est une excellente enseignante. Bien alors allons-y, descendons à l'étage inférieur.

La Sayuri se leva, en se frottant les mains. Elle tira son rideau avant de fermer la porte tandis qu'Hideko la suivait. Ensemble elles se dirigèrent vers les escaliers. Le fameux étage inférieur désignait le couloir des opérations et des suivis post-opératoires. Endroit crucial de l'hôpital. C'est là qu'elles passeraient la majeure partie de la journée. Commençant à descendre les marches, la jeune femme désigna le point de conflit qui résidait dans sa motivation.

- C'est donc un apprentissage par contrainte... Ce n'est pas le plus optimal, mais si cela te suffit... Alors très bien.

Elle gardait un ton dans sa voix et un visage si illuminé que rien n'indiquait un quelconque jugement de valeur. Tout au plus elle suggérait de réels doutes, qui ne seraient soulevés que bien plus tard. Arrivées dans le couloir, Mori se dirigea machinalement vers la troisième porte à gauche. Une pièce contenant un bureau et quelques dossiers en cours dans les coursives du bâtiment. L'enseignante du jour commença à trifouiller à l'intérieur à la recherche d'un cas intéressant. Elle en trouva deux, l'un plus complexe que l'autre.

- Regarde, voilà deux patients. L'un a tenté de dévorer un Fugu. Mais mal préparé le voilà atteint d'une paralysie. Elle n'est pas menaçante mais très gênante. Le second patient, lui, c'est un peu plus critique... Il subit les premiers soins et l'état est stable, mais il a besoin d'être opéré à la suite d'une douleur lancinante au niveau du bas de l'abdomen. Tu l'as compris : Extraction de poison et ensuite scalpel de chakra.

Elle tendit les deux dossiers à sa comparse, tandis qu'au travers de l'encadrement de la porte s'agitait des hommes en tenue médicale. Le sourire de Mori disparut, remplacé par un haussement de sourcil interrogateur. Elle passa Hideko afin d'observer. Elle alla quelques mètres plus loin intercepter un médecin de garde afin d'en apprendre plus.

Celui-ci lui indiqua un retour de mission où l'un des shinobi déployé avait été blessé par inadvertance : une chute d'un arbre en pleine course puis quelques lacérations au niveau des cuisses et du bras gauche. Dont un morceau de lame de kunai, enfoncé profondément dans l'une des jambes.

- Viens voir, Hideko.

Au travers de la vitre, déjà, les médecins s'agitaient.

- La traumatologie, où l'art de soigner rapidement des blessés graves. Ca demande une froideur d'esprit et une organisation sans faille. Celui-ci a une blessure importante.

Elle tourna la tête, fit quelques pas et entrouvrit la porte. Mori fixa de nouveau Hideko alors qu'elle commençait à entrer dans la place en se lavant les mains avec l'un des savons secs.

- À toi de jouer, je t'assisterais. Et ensuite on attaquera nos deux autres patients. Donc nous avons un shinobi de dix-sept ans, blessé en mission des suites d'une chute en pleine course. Lacérations multiples bras et jambe, kunai enfoncé puis brisé dans la cuisse droite. Mets en place un diagnostic précis et explique tes démarches de soin.

Une petite mise sous pression, de quoi la sortir de sa torpeur et lui donner une expérience de soins précipités, sur un collègue qui plus est. Loin de ses préoccupations d'origine et des objectifs qu'elle avait aujourd'hui. Sortir de sa zone de confort était parfois nécessaire pour progresser et s'ouvrir à de plus amples disciplines. Comment allait-elle réagir ?
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Mar 26 Oct 2021 - 17:21

Son tourment ainsi dévoilée, elle sentit son cœur battre si fort qu’il lui donna l’impression de s’arracher de sa poitrine. Tout serait plus simple s’il acceptait, mais il ne l’acceptait pas. Une réalité avec laquelle elle devait faire, quand bien même ne lui en ait déplu.
Mori sembla pensive, son explication ne la contentait-elle donc pas ? Car elle n’aurait guère plus. Invitée à suivre sa nouvelle enseignante, Hideko lui répondit par l’affirmative.

« Je vous suis. » Répondit-elle simplement.

Puis toutes deux se levèrent et se dirigèrent vers l’étage inférieur, passant de couloir en couloir afin d’atteindre l’escalier. Au fur et à mesure qu’elles progressaient vers l’endroit ciblé, Hideko sentit planer dans l’air l’odeur toute particulière de l’hôpital. Cette odeur froide, étrange qui vous fait sentir mal à l’aise, un malaise qui l’atteignit imperceptiblement. Les salles qui se dévoilèrent à cet étage semblait être réservées aux opérations, comme en témoignait l’indication sur les portes qui s’enchaînaient sur les murs.
Voilà donc d’où venaient ces odeurs, mêlant fluides corporels et produits pour désinfecter les lieux. Hideko plissa légèrement les yeux, qui ne quittèrent pas une seule seconde la nuque de Mori. La jeune femme comprenait qu’il s’agissait là d’un apprentissage par contrainte, que la maîtrise des poisons et des scalpels de chakra était tout sauf une priorité pour Hideko. Était-ce donc si évident pour que Mori l’ait compris après seulement quelques échanges ?
Surtout, comment réagirait-elle à cette affirmation ? Affirmation que Hideko ne confirma pas, mais qu’elle ne nia pas non plus. Non, elle resta silencieuse. Est-ce que cela lui suffisait ? Est-ce que tout cela lui allait ? Non, mais elle s’en contenterait.

Toutes deux entrèrent dans une salle contenant un bureau et quelques dossiers. Mori s’approcha de la pile de dossier et commença à les feuilleter. Hideko resta en retrait, les yeux rivés sur les documents qui défilaient dans les mains de Mori. Il lui semblait qu’il s’agissait là de dossier de patients, comme en témoignait les portraits et inscriptions annotés dessus. Une supposition qui fut aussitôt confirmée par Mori qui lui présenta deux dossiers. Le premier patient souffrait d’un empoisonnement alimentaire, tandis que le second devait être opéré pour une douleur inconnue à l’abdomen. Deux dossiers, deux patients, deux types de traitements.
Hideko se saisit des deux dossiers tendus vers elle, puis les feuilleta rapidement. Identité, nom, groupe sanguin et plus encore, une ribambelle d’informations dont la majorité n’avait pas encore tout à fait son sens pour elle.

Une agitation se fit sentir derrière eux. Hideko se retourna, puis sentit et vit Mori passer à côté d’elle et attraper un médecin afin de lui demander ce qu’il se passait. Celui-ci expliqua la situation, un accident qui lui semblait banal, sans grand danger, bien que probablement douloureux.
Mori invita Hideko à venir près d’elle, ce qu’elle fit aussitôt, puis elle lui désigna les médecins derrière la vitre et expliqua de ce dont il en retournait. Plus encore que l’aspect organisationnel, la traumatologie, ce fut sa remarque sur la blessure qui attira son attention. Ainsi ce genre de blessure était importante ? Était-ce parce qu’un morceau de kunaï était resté planté dans la jambe du shinobi blessé ?
Soudain, Mori entrouvrit la porte du bloc, puis fixa Hideko, toujours dans le couloir et commença à se laver les mains.
Que voulait-elle ? Au fond d’elle-même, Hideko sentit un stress grandissant, inquiétude qui prit forme quand les mots fatidiques tombèrent.

« A moi de jouer ? » Répéta Hideko, surprise, reculant légèrement, le visage inquiet.

Mori continua à parler, expliquant ce qu’elle attendait d’elle, ne laissant aucune place au doute, ni au refus. Hideko resta là quelques secondes, puis forcée de réagir, pénétra dans la salle. Elle avait certes pratiqué des soins, mais jamais ainsi, sous l’urgence dans une salle d’opération.

Perdue, ainsi plongée dans l’action, elle mima les gestes de Mori, se lavant les mains de la même manière, jusqu’à la suivre dans la salle opératoire. Toutes deux se placèrent à côté du jeune homme. Ses yeux croisèrent celui du shinobi, étendu, endormi, paisible. Elle l’avait déjà vu, mais ne le connaissait pas personnellement. Un genin, comme elle, bien que moins expérimenté, moins puissant.
Un débutant.
Les yeux des médecins et infirmiers se posèrent sur elle. Son anxiété n’en fit que plus grande, quelques secondes passèrent sans qu’elle ne sache quoi faire, mais comme tous les défis, comme dans toutes ces situations de crises où la vie était en jeu, des situations qu’elle avait déjà vécues, elle savait qu’elle devait agir. Prenant son courage à deux mains, contrôlant ses mains qui se mettaient à trembler afin de ne pas perdre sa composition devant tout le monde, elle observa chacun des plaies du jeune homme, s’attardant sur la blessure la plus importante. Son analyse fut brève, le temps lui manquait. D’une voix légèrement tremblante, elle commença.

« Lacérations multiples et superficielles au niveau du bras droit et de la jambe droite. On peut supposer qu’il est tombé sur ce flan. Aucune de ces blessures n’est inquiétante. »

Chacun de ses mots fut accompagné de geste palpant ou désignant les zones concernées, jusqu’à atteindre la fameuse plaie ouverte.

« La lame brisée est enfoncée dans son muscle, on ne peut pas savoir si elle atteint une artère ou non, la lame peut faire pression sur l’artère et donc bloquer le saignement. »

Enlever la lame d’un seul coup risquerait de causer une hémorragie, mais impossible de le soigner sans l’enlever. Dans ces cas-là, les Eisenins procédaient par étapes : l’un enlevait progressivement la lame tandis que l’autre ou les autres soignaient les chairs, refermant ainsi les plaies au fur et à mesure que l’objet contendant était retiré.
La situation particulièrement stressante, due à l’inattendu et la précipitation, ne devait pas lui faire oublier tout ce qu’elle avait appris. Pour autant, Hideko dut rivaliser d’efforts pour ne pas céder à sa panique. A tout instant elle avait envie de sortir de là, de se déresponsabiliser, de passer la main, mais sa fierté était-elle que pas à un seul instant elle ne pensa ces solutions envisageables.

« L’un de vous doit se saisir de la lame avec une pince. Moi et d’autres eisenins allons commencer à soigner la plaie, la partie la plus profonde de la blessure. Au fur et à mesure que nous progresseront, il faudra retirer la lame et ce jusqu’à ce que nous ayons terminés. »

Sa démarche expliquée, elle se tourna vers Mori, en quête d’un signe, qu’il soit approbateur ou non.


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Mar 7 Déc 2021 - 19:47
Un petit sourire habitait le visage de Mori, rictus que l'on devinait assez satisfait, voire sadique tant la Métaru avait été projetée avec violence dans l'arène. Après tout, la première impression que l'eisenin avait eu de la demoiselle avait été sans équivoque : déterminée, sans passer par quatre chemins, et bien la voici à l'épreuve, sur un cas bien réel. Observant avec attention la gestuelle de son élève, ses regards, la tension dans ses muscles, ses bras. Les mouvements de sa gorge, qui se voulait serrée au moment d'avaler sa salive. Le seul point, la seule inconnue, c'était ce à quoi cette Hideko pensait.

Toute l'équipe médicale fixa successivement la Sayuri et la fille de fer, laissant leurs regards se balader entre les deux protagonistes alors que celle aux cheveux blancs commençait à s'imprégner du bloc, à distiller ses observations et à se mettre en action. Tous attendaient la validation de Mori pour suivre les ordres de la novice. Alors cette dernière se tourna aussi vers sa supérieure qui la fixa, sans rien laisser transparaitre. Hideko avait eu tout bon dans sa réflexion, et dans sa façon de montrer à tous, au travers de ses gestes, les zones touchées. Les mots furent brefs.

- Très bien, en avant alors...

Les autres shinobis médecins cherchèrent le piège dans les mimiques que le visage de la jeune femme pouvait souvent exprimer, mais elle ne laissa rien transparaitre. Pourtant une étape primordiale avait été sautée. Ses yeux fusèrent brièvement sur la droite du patient, une table d'opération où se trouvait un dossier. Le dossier du patient, qui avait une particularité assez unique. Tant pis, Hideko devrait réagir au moment où elle se rendrait compte de son erreur, que tous sentaient déjà arriver.

- Tu sais que nos capacités de soin ne sont pas instantanées n'est-ce pas ? Bien, en avant tout le monde.

Tous se mirent en marche, et effectuèrent les opérations demandées par la future médecin. Alors la pince vint se saisir de la lame, les lueurs vertes de chakra médical illuminèrent la pièce, tandis que délicatement était retiré l'objet de ses douleurs. Une nouvelle fois, avant l'extraction finale, les spécialistes se tournèrent vers Mori, qui semblait se préparer à quelque chose. Elle acquiesça de la tête et alors le morceau fut retiré.

Tout avait été fait lentement, comme une blessure standard aurait due être soignée, à un rythme cohérent. Sauf que là, une hémorragie réelle se déclencha, comme si tous les eisenins n'avaient pas pu soigner la plaie. Mori s'échauffa la voix et expliqua rapidement ce qu'il se passait.

- Tu as oublié de lire les informations de ton patient : Il souffre d'une maladie rare, son sang ne sait pas coaguler de lui-même... Ici il y a besoin de plus qu'une procédure classique. Tu aurais dû écarter les parois successivement pour cautériser les déchirures artérielles, puis ensuite soigner la plaie avec l'iroujutsu... D'habitude, il a des cachets de Rentanjutsu pour palier à ce soucis grave en mission...

Elle commença alors sans parler plus que de raison à soigner très rapidement le jeune shinobi. Avec une précision dingue, une toute petite flamiche apparue sur le bout du doigt de Mori, qui, tandis que ses collègues vidaient la plaie de son sang, appuya sur le trou artériel, ce qui vint clore l'afflux sanguin. Derrière elle laissa à chacun le loisir de soigner l'ouverture causée dans le corps du pauvre bougre. Après ce travail effectué, la responsable du service laissa à ses subalternes le reste du travail en indiquant à Hideko de la suivre, tout en enlevant tranquillement ses gants.

- Ne t'en veux pas, et ne m'en veux pas. Des erreurs, il faut en faire. Tu t'es basée seulement sur ce que je t'ai dis... Il ne craignait rien, et je savais que tu ferais cette erreur... Bien. Maintenant, l'empoisonnement.

Mori indiqua de son bras tendu, et de sa main ouverte, une nouvelle pièce. Son sourire sincère habillait alors son visage, pour rassurer sa camarade après un petit échec. Elle ne le démontrait pas, mais elle était persuadée qu'Hideko pouvait devenir une Eisenin de talent. Toisant la Métaru tandis qu'elle passait devant elle, la meilleure amie d'Akio pensa :

*Si différente de ce que me présentait Akio... La connait-il quand elle est dévouée à une tâche si ambitieuse et noble ?*

La porte se referma derrière le duo, tandis qu'elle avait emboité le pas à son apprentie, prête à en découdre avec un nouveau cas, demandant des compétences complètement différentes de la traumatologie.
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Jeu 30 Déc 2021 - 18:32

Et l’attente de ce signe approbateur lui sembla durer une éternité. Pourquoi ? Pourquoi lui confier une telle responsabilité aussi vite ? Voulait-elle elle aussi l’humilier ? L’écraser comme tous les autres ? Car c’étaient là les seules raisons que son esprit tourmenté pouvait concevoir.
Mori parla, l’opération devait commencer.
Tous se mirent en ordre de marche, mais Hideko ne s’exécuta pas immédiatement. Paralysée, sous le choc de la situation qu’elle était en train de subir, elle sentit le poids des regards qui se posaient sur elle. Un poids qui la contraignit à agir.

Mori lui rappela un dernier élément, auquel Hideko préta attention, sans qu’elle n’en ait réellement comprit le sens, puis elle se lança.
Une pince vint saisir la lame enfoncée, tandis qu’elle et deux autres Eisenins effectuèrent une série de signes, puis approchèrent leurs mains de la blessure, prêt à commencer les soins aussitôt la lame en train d’être retirée. Ses mains ainsi tendues devant elle tremblaient toujours et ce malgré ses efforts pour se contenir, mais elle restait là, fière, à tenter de gérer cette situation tout sauf normale.
La lame ainsi retirée progressivement de la chair, les soins se déroulaient bien, étonnamment bien. Elle n’avait cependant pas le luxe de s’en réjouir, tant elle était concentrée sur la gestion de son chakra. Soudain, alors que le morceau fut finalement totalement extirpé, une gerbe de sang jaillit de la cuisse du patient, éclaboussant Hideko, ainsi recouverte de sang jusqu’au visage.
Elle en fut tétanisée.
Pourtant, aucune panique n’apparut sur les visages qui l’entouraient, comme si tous s’attendaient à un tel événement.
Pourquoi ? Qu’avait-elle loupé ?

Personne ne bougea, un silence de plomb s’installa, tous les yeux rivés sur Hideko, un supplice qui ne trouva sa fin que quand la voix de Mori vint l’interrompre. Elle expliqua les causes d’un tel accident, l’erreur qu’avait commise Hideko, une erreur qu’elle n’aurait jamais du commettre.
Puis quand elle eut enfin terminée, elle reprit la main et soigna, assistée des autres Eisenins, le patient. Le sang s’arrêta de couler, la plaie se referma peu à peu et la situation revint dans l’ordre.
Hideko, quant à elle, s’était mise légèrement en retrait, observant la scène, le choc marqué sur son visage, toujours figé depuis tout ce temps. Mori ne lui en voulait pas et lui demandait de ne pas lui en vouloir, mais ses mots parurent étouffés, comme si Hideko était présente sans réellement l’être, une absence qui ne trouva sa fin que lorsque Mori lui demanda de la suivre, ce qu’elle fit machinalement.
Elle n’était ni en colère, ni triste, simplement profondément bouleversée, profondément vide, comme si plus rien n’existait.
Elle retira ses vêtements médicaux, se lava le visage tâché de sang dans un bac d’eau spécialement prévu à cet effet, puis lasuivit jusqu’à une nouvelle pièce. Elle y entra, toujours aussi machinalement. La porte se referma derrière elle et Mori reprit sa marche, mais Hideko la stoppa nette.

« Je reviens. » Dit-elle sans plus d’explication.

Hideko sortit aussitôt de la pièce, puis une fois la porte mi-fermée, porta une main à sa bouche, sentant une puissante nausée l’envahir. Elle courut jusqu’aux toilettes et y recracha là les restes de son repas.
Ce fut comme si elle expulsa tout ce vide qui l’avait envahie et elle ressentit alors une bouffée de peur, de colère, d’effroi, qu’elle ne put apaiser qu’après avoir vomit une seconde fois, puis une troisième fois.
Quand il ne lui resta plus rien d’autre à vomir, elle se releva, s’essuya la bouche avec du papier, but une gorgée d’eau qu’elle recracha et s’en retourna vers la pièce où l’attendait Mori. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi elle lui avait fait subir cela, pourquoi tous lui faisaient subir cela, mais se concentra uniquement sur la tâche à accomplir, renflouant tout au fond d’elle-même toute sa colère, toute la rage qui prenait sa source dans son sentiment d’injustice. Le test était passé et elle avait échoué. Elle ne devait pas rater le suivant, qu’en bien-même elle n’en avait que faire des poisons et de leur extraction.

Elle réapparut le visage pâle, toujours tremblante, mais le regard à nouveau brûlant de milles feux, prête à en découdre.

« Et maintenant ? »



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Lun 3 Jan 2022 - 19:56
Tout en elle s'effondra. Il ne restait qu'un fantôme perdu et errant sans but auprès du patient désormais hors de danger. Les mains tremblotantes, les jambes portant encore sa carcasse plus par réflexe qu'envie. Hideko n'était plus sereine, il paraissait évident que l'humeur qui devait régner en elle à ce moment précis était une impression lancinante de trahison. Pourtant il n'en était rien. Et tandis que l'élève et son enseignante approchaient du prochain bloc, la Métaru s'éclipsa non sans s'excuser, avant de revenir quelques instants plus tard. Seul son regard témoignait d'un regain de forme. La question qui s'en suivit n'avait aucun sous-entendu de curiosité, tout au plus on pouvait sentir l'envie de savoir comment elle allait être mangé. Mori attrapa avec une vitesse étonnante son bras, mais avec une tendre poigne.

Empathique au possible, elle se sentait presque coupable de la situation actuelle, aussi elle accompagna Hideko tranquillement à l'intérieur, pour faire face à un patient qui se tenait allongé. Parfaitement conscient, il n'arrivait plus à bouger ses membres, excepté sa tête. Se lavant alors les mains aux côtés de la Métaru, Mori décida de lui adresser les derniers conseils. À coté du patient, de nombreuses fioles et des ustensiles chirurgicaux attendaient, au cas où.

- Hideko, ton erreur a été de te fier aux autres. Tu es responsable de l'opération, tu dois tout connaitre de ton patient, de ton équipe, tout. Allons-y, voici son dossier, à toi de jouer, je reste sous tes ordres, de la même façon qu'avec le patient précédent. Ne t'inquiète pas tu as du temps.

Cette dernière phrase, elle n'était pas anodine. Cherchant à la rassurer, elle lui avait un peu menti. Si le fugu baladait une peu flatteuse réputation, c'était fondé : une dose trop importante entrainait l'arrêt progressif des fonctions vitales, des muscles, du cœur. Le temps était compté. Mais il fallait impérativement qu'elle prenne connaissance du cas dans sa globalité, peu importe le temps que ça prenait.

Le dossier comportait certaines informations classifiées, comme le nom du patient par exemple, qui n'était pas nécessaire dans cette situation.

Dossier médical:
 

La toxine de ce satané poisson pouvait tuer le malheureux en quatre heures minimum. Il était quinze heures. Le calcul était rapide à effectuer. Les iris de la Sayuri se posèrent sur son apprentie, consciente que ses leçons étaient difficiles par la responsabilité qui en découlait. Derrière la porte, Hideko ne le savait pas, mais une équipe était prête à intervenir en cas de défaillance, dès que le mot de sécurité serait prononcé par la chef de bloc, ici dans un rôle d'assistanat.

- Vas-y Hideko, fais-toi confiance et agit.

Le garçon sur la table tenta de bouger les lèvres, chose qu'il arrivait à faire quelques minutes plus tôt. Désormais c'était impossible et de suite son regard témoigna d'une frayeur innocente, comme celle qui habite les jeunes enfants la première fois qu'ils saignent, ou bien qu'ils gardent les yeux fermés contre leur gré à cause d'une infection un matin. Son cœur commençait déjà à palpiter. Mori plaça son index et son majeur au niveau de la carotide et mesura rapidement la tension cardiaque, sa main gauche fut rapidement enveloppé d'une fine pellicule bleuté qu'elle apposa à l'emplacement du cœur. Le souffle se fit plus court, la cage thoracique réduisit sa contrainte et tout rentra dans l'ordre.

- Tout ce que tu fais au bloc, je dis bien tout, dois être fait avec un sang-froid et une confiance palpable, car ton patient, sa famille ou même ton équipe se baseront dessus pour affronter l'épreuve de l'opération ou de l'intervention. Tu dois faire transpirer ton calme et ton aptitude.

Mori se décala, attendant calmement les ordres de celle qui, désormais, dictait le rythme de l'intervention. Si elle réussissait, elle serait prête pour l'examen, et l'obtention du diplôme autorisant la médecine.
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Mer 5 Jan 2022 - 17:19

Elle prit conscience du lieu dans lequel elle se trouvait, de l’homme qui était étendu et de tout le matériel et les fioles qui équipaient la pièce. C’était tout sauf une salle d’opération classique comme elle avait pu en voir jusqu’alors, bien différent de tout ce qu’elle avait pu expérimenter.
Hideko vint se placer aux côtés de Mori, face au patient qui gisait sur son lit, immobile, totalement immobile… sans l’être tout à fait, car elle remarqua alors que ses yeux, eux, étaient grand ouvert. Des yeux qui étaient rivés sur elle, des yeux sur lesquels on pouvait lire la terreur.
Mori l’interpella, continua de lui expliquer qu’elles avaient été ses erreurs, avant de rebondir aussitôt sur ce nouveau patient en lui donnant le dossier. Ne se fier qu’à soi-même, tout contrôler, voilà des mots qui lui parlaient. Des mots qu’elle n’oublierait pas.

« Merci » Répondit-elle en prenant le dossier d’une main.

Hideko se plongea dans le dossier, s’enfermant dans sa bulle, en se coupant de tout ce qui l’entourait, même de se regard qui la perçait.

Cet homme de 19ans avait ingéré un Fugu mal préparé… Comment les gens pouvaient-il avoir envie de manger un poison potentiellement mortel si mal cuisiné ? Cela la dépassait et elle mémorisa les autres indications, puis déposa le dossier dans le cagot réservé à cet effet.
Une information en particulier piqua sa curiosité : le déjeuner avait eu lieu à midi environ. Le poison du Fugu était connu des Eisenins, elle l’avait appris, il agissait en quatre heures chez un patient classique. Elle regarde l’heure : 15 heures. Elle ne disposait donc plus, dans le pire des cas, que d’une heure et cette pensée la mis profondément mal à l’aise, un malaise, une peur qu’elle enfouie aussitôt tout au fond d’elle, autant que faire se peut.

« Merci. »

Se faire confiance et agir, plus facile à dire qu’à faire. Tout ce qu’avait fait Mori jusqu’à maintenant c’était de la malmener, l’assaillir encore et encore de situations urgentes, la presser comme un citron jusqu’à ce qu’elle n’ait plus rien à donner.

Un murmure se fit entendre. Hideko observa le jeune homme, dont les lèvres bougeaient à peine. Un son inaudible s’en échappa, sans qu’il ne parvienne à former aucun mot, aucune syllabe. Le poison avait déjà si profondément pénétré ses tissus, si puissamment affecté le patient qu’il ne lui restait plus que ses yeux pour pleurer, ses yeux pour observer la mort en face.
Ce regard, cette frayeur… elle le connaissait, elle l’avait eu.
Il commença à paniquer. Mori intervient, apaisant le rythme cardiaque du patient d’un simple geste, puis prodigua ses derniers conseils avant de laisser la place à Hideko.

Elle prit ainsi place face au patiente, seule, Mori reculant de quelque pas afin de la laisser gérer, sans pour autant détourner les yeux d’elle et du patient, comme Hideko put l’observer en regardant derrière elle.
Hideko ferma les yeux, se remémorant toutes les indications qu’elle avait pu lire dans le dossier, ainsi que tous les cours auxquels elle avait participé, tous ces livres, tout ce temps passé à apprendre. Plusieurs minutes s’écoulèrent ainsi, minutes pendant lesquelles elle n’ignora non plus pas le patient, mais qui furent salvatrice pour elle, pour se rencontrer sur le présent, sur ce qu’elle devait faire.
Au fond elle le savait, elle était à deux doigts de craquer, mais elle se refusait à le faire, car jamais, jamais elle ne craquerait, quoi qu’il lui en coûte.
Soudain, elle entendit le patient respirer de plus en plus fort. Elle rouvrit les yeux, puis s’approcha d’elle et posa une main sur son front. Son visage n’affichait ni crainte, ni peur, mais une certaine quiétude ainsi qu’une profonde confiance qui, même si elle n’était que de façade, ferait son office.

« Ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer. »

Et sur ces mots, Hideko remplit un bac d’eau qu’elle vint poser à côté d’elle. Sur sa main droite, elle vint saisir cette eau, qui gardait sa forme grâce à son chakra et vint la poser sur le côté droit du torse du patient. Penché au-dessus de lui, elle plaça sa main gauche de l’autre côté, quasiment au contact de sa peau, puis avec délicatesse et lenteur, elle commença à en extirper le poison.
Lentement.
Cœur, muscles respiratoires, organes vitaux, reste du corps. Elle se répéta ainsi les étapes à suivre tandis qu’elle continua à extirper le poison du cœur de l’homme, concentrée.



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Ven 7 Jan 2022 - 13:19
L’élève était brillante et surtout réactive, à n’en pas douter. Mori souriait de façon idiote en observant la façon de faire d’Hideko. Elle avait compris. Compris que la médecine ninja était un domaine à part, que peu comprenait et où la confiance en soi était terriblement importante. Certains mouvements de la Métaru avaient aidé l’eisenin à comprendre son stade de réflexion, comme ce moment où elle avait compris que l’heure tournait dangereusement, où curieusement ses gestes et décisions étaient devenus plus rapides mais aussi plus précis. Tels qu’on pouvait les voir en traumatologie. C’était simple, Mori n’avait rien fait depuis l’apaisement du patient. Hideko avait géré d’elle-même toute l’opération de purification en prenant soin de ne pas déchirer les tissus, en substituant doucement tout le poison contenu par du liquide qu’elle faisait tranquillement transiter. Une gestion parfaite des fluides. On pouvait voir le corps du patient changer, sa respiration devenir de plus en plus visible et audible, jusqu’au moment où elle termina son action, mettant un point final à sa formation de la journée.

Deux opérations de cette complexité, sous la pression de la première fois, c’était assez exceptionnel pour un néophyte. Mais une surprise résidait encore en cette journée. Une surprise qui allait pousser la jeune médecin au-delà de ses capacités et de sa résilience.

- Superbe Hideko ! Une superbe maitrise ! Tu l’as sauvé, en totale autonomie.

Mori vint rapidement prendre les constantes du patient, mesurant son pouls et sa respiration, écoutant au niveau de sa cage thoracique si quelque chose clochait. Elle testa différente réaction, notamment musculaire, avant de rendre son verdict.

- Une franche réussite. Je pense que nous en avons terminé pour..

Un fracas retentit dans le couloir, puis des cris tandis qu’un premier brancard semblait se rapprocher de leur salle, avant de rapidement s’éloigner, suivi bientôt d’un second. La Sayuri fixa sa camarade avec un sourire de façade légèrement décrépi. Elle voulut ouvrir la porte mais l’un de ses collègues médecin la devança, étant à sa recherche.

- Mori ! Un éboulement sur un des chantiers de Kumo ! Des blessés, il y en a beaucoup trop, on a appelé les collègues en repos, ils arrivent tous.

Un geste de la main de l’amie d’Akio vers Hideko l’incita à rapidement la suivre, tandis qu’elle lança à la volée au patient dans la salle, tandis que dans le même temps elle remplissait un calepin qu’elle installa dans le porte document de la porte :

- Restez-là, respirez, reposez-vous, et ne vous levez pas encore. Hideko vient vite. Elle orienta son visage vers le médecin à ses côtés. Des cas graves ? Combien ?

- On a sept admis en urgences graves, ils ont ingéré des fortes quantités de boue et de matériaux de constructions toxiques, on a aussi des blessures physiques graves. Le reste ce sont des patients classiques, on les a donné aux infirmiers, en se rendant toujours disponible si nécessaire. Voilà ton oreillette, on a ordre de ne pas surcharger les trois fréquences.

- Super, Hideko prend-en une, tu vas bloc trois. Deux infirmiers avec toi.

Elle s’arrêta, consciente de la charge mentale qu’elle imposait à la demoiselle, aussi douée soit-elle. Alors elle la regarda quelques instants avant de lui donner des mots simples mais grands de sens.

- Ai confiance en toi, j’ai confiance en toi.

Elle installa l’oreillette et disparu dans le bloc cinq, au bout du couloir, laissant la Métaru livrée à elle-même, alors que des infirmiers, des médecins et des blessés légers parcouraient dans tous les sens l’hôpital. N’importe qui aurait pu, aurait DÛ craquer, sous la pression, le stress, la peur de l’échec. Mais Mori sentait que la femme aux cheveux argentées n’étaient pas fait comme les autres. De par ce que lui avait raconté Akio, elle savait que tenir tête à son meilleur ami n’était pas chose aisée. Alors elle prit l’oreillette et commença à appeler Hideko sur la seconde fréquence.

- Biiiip… Hideko…. On reste sur cette fréquence…. sI tu as besoin…. Demande…. Je compte sur toi.

La patiente d’Hideko avait ingéré une forte dose de produits toxiques utilisés pour la solidification des murs qui s’étaient renversés sur elle au moment l’échafaudage avait chuté. Sa colonne vertébrale semblait touchée selon les premières estimations. Plusieurs contusions au niveau des jambes suggéraient quelques fractures. La jeune femme n’avait été qu’un dommage collatéral, au mauvais endroit, au mauvais moment, elle ne faisait que passer dans la rue. Elle hurlait de douleur, et parmi ces cris divers, on pouvait distinguer un nom, puis d’autres détails plus préoccupants.

- Takeo…. Mon bébé… Où est mon bébé ?... Aaaaah !!!

Le personnel médical présent dans le bloc se retourna vers Hideko. Ils étaient de formidables supports, mais l’un d’eux était civil, l’autre un tout jeune genin qui faisait là un stage de perfectionnement. Les forces vives de l’hôpital ne permettaient pas d’avoir des médecins diplômés partout. Et tant que les renforts n’étaient pas là, c’était à la Métaru de gérer, de gérer tous les détails d’une intervention d’urgence : physiques, psychologiques et psychiques.

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Dim 9 Jan 2022 - 19:28

L’opération lui parut durer une éternité. Hideko extrayait minutieusement chaque goutte de poison qui coulait dans le sang de son patient, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus aucune trace. Au fur et à mesure, le teint de cette homme changea. Il put bouger ses oreilles et le bout de ses doigts, la paralysie disparu progressivement.

« Ne bougez pas. » Lui ordonna Hideko.

Et l’homme, bien conscient de ce qui était en jeu, obéit.

Quand enfin elle eût terminée, elle se recula légèrement du patient, puis lui annonça la bonne nouvelle avant de souffler une profonde expiration.

« Voilà, c’est terminé. La paralysie va complètement disparaître dans la journée, même si vous pourrez ressentir des engourdissements pendant encore plusieurs jours. Surtout, je faîtes pas d’efforts inconsidérés. Pour aujourd’hui, restez allongé, laisser le temps à votre corps de récupérer. »

Ses explications données, elle prit quelques secondes pour reprendre ses esprits, encore chamboulée par tout ce qui venait de lui arriver. Une pause qui fut interrompue par les félicitations de Mori, des félicitations qui la touchèrent, mais cette victoire, ce sentiment de joie qui l’envahissait de fut que de courte durée.

Un brouhaha retentit dans le couloir. L’on put entendre des gens courir en tous sens ainsi que des voix s’exclamer avec force. Toutes deux se regardèrent, incrédules et Mori se dirigea vers la porte, Hideko lui précédent le pas, afin de s’enquérir de la situation, mais elle n’eût le temps d’y parvenir que la porte s’ouvrit, dévoilant un médecin, le regard inquiet, qui interpella Mori.
Un éboulement sur l’un des chantiers, voilà qui n’était pas sans rappeler une de ses dernières missions, celle-là même où elle avait rencontre Emi, où tout avait commencé et sans qui rien de tout cela n’aurait été possible.
Les mauvaises surprises n’arrivaient jamais seules. Mori donna ses indications aux patients, puis convia Hideko à la suivre et cette dernière le fit sans poser de questions.
Quelle heure.
Sept cas graves, soit intoxiqués, soit gravement blessés et voilà que Hideko se voyait confiée la direction d’un bloc, du bloc numéro trois.

« Hein ? »

Elle eût à peine le temps d’afficher sa surprise que prise dans la situation, dans le choc de cette situation, elle obéît sans perdre plus de temps et voilà qu’elle se trouvait déjà dans ce bloc, accompagnée par ces deux infirmiers, avec pour seule aide cette oreillette qui la reliait à Mori.
Seule, elle se retrouvait avec la vie de cet homme, entre ses mains, seule.
Immobile devant l’entrée du bloc, elle entendit les mots réconfortants de Mori, des mots qui se voulaient réconfortant, mais qui ne l’étaient aucunement et par la force des choses, elle avança, se prépara et se mit en position, face à la patiente. Ses mains tremblants et son teint était encore plus pale que plus tôt, alors qu’elle venait d’échouer à sauver une vie, alors que s’il n’y avait pas eu Mori, elle aurait tuée cet homme.

Cette patiente, cette femme était prise de panique, une panique mélangée à l’effroi et à la douleur. Elle appelait son enfant, son bébé, le cri d’une mère, un cri que ne connaissait pas Hideko, mais qu’elle pouvait malgré tout comprendre.
Il fallait agir et il fallait vite.

« Vous avez de l’expérience ? »

Le couperet tomba : un civil, un genin. Elle était seule, plus seule que jamais, mais face à cette femme, face à cette vie que menaçait de disparaître, elle devait agir, vite. Elle attrapa la main de cette femme paniqua et tenta de la rassurer.

« Nous allons rechercher votre enfant, mais en attendant, je dois vous soigner, car vous êtes dans un état critique. Nous allons vous endormir et dès que j’en aurai fini avec vous, je me chargerai moi-même de le retrouver. Takeo c’est ça ? J’irai le trouver. »

Le pouvait-elle ? Elle n’en savait rien, mais elle le devait.

« Endormez-la. » Ordonna-t-elle aux deux infirmiers et pendant qu’ils le firent, elle commença à ausculter la femme. « Multiples fractures, intoxication, blessure à la colonne vertébrale… » Murmura-t-elle.

Son cas était grave, la situation urgente.



« Mori, femme d’une vingtaine d’année, multiples fractures, intoxication, blessure à la colonne vertébrale. Je stabilise son état. »

Expliqua-t-elle dans l’oreillette, comme pour se rassurer.

« L’intoxication peut attendre, la colonne vertébrale a l’air endommagée, les fractures causent une importante hémorragie. Vous deux, aidez-moi à arrêter les saignements, on va s’occuper de ces fractures. »

Cela elle en était capable, viendrait ensuite l’empoisonnement.

« Pour la colonne, j’aurai besoin de médecins expérimentés dès que possible. » Expliqua-t-elle à Mori dans un dernier message. « Surtout, ne la bougez pas. Elle doit rester parfaitement immobile. »

L’opération commença, les mains tremblantes, au bord du craquage, mais par la force des choses. Car ne pas agir aurait été pire que tout.



Spoiler:
 


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Jeu 13 Jan 2022 - 1:13
L'activité dans les blocs redoublait de plus belle, bientôt tout le service fut accaparé par un lit, par un patient perdu, ou une famille inquiète. Les médecins arrivaient au compte goutte, et Mori se démultipliait pour apporter son expertise où elle était la plus demandée. Parmi ces demandes, il y eut un appel qui ne la surprit pas plus que ça : Hideko demandait de l'aide. Mori délégua à son second un patient en état grave mais stable, exigeant de lui un simple contrôle et aucune intervention non souhaitée au préalable. Ses ordres donnés, elle prit la peine de répondre à la Métaru sur ses questionnements. À l'oreillette, on put facilement entendre un soufflement, de relaxation comme d'énervement face à ses collègues qui ne semblaient pas pressés de sauver des vies. Les premières paroles allèrent dans le sens de la mise en confiance, primordial avec la Métaru, loin de la personne que lui avait décrit son ami de toujours.

- Superbe analyse Hideko, vraiment. Effectivement elle ne doit pas bouger si la colonne est endommagée, sinon elle risque une paralysie. Attention néanmoins aux possibles infusions ou médicaments que tu vas lui donner, elle a ingéré des produits toxiques qui pourraient mal réagir en combinaison de ces derniers... Je te laisse j'ai une urgence, je te recontacte après.

On venait de lui taper sur l'épaule, en demandant son soutien sur un très jeune patient, qui semblait de prime abord en pleine santé avant de s'effondrer dans le couloir en vomissant du sang, alors qu'il attendait d'être pris en charge. Elle hésita, ne sachant pas si elle devait d'abord venir soutenir Hideko ou bien écouter ses collègues et apporter son aide sur ce nouveau cas. Quand on lui expliqua la teneur de la problématique, elle ne dit plus rien et entra dans un nouveau bloc.

Sur la table, allongée, un jeune garçon, de trois ans maximum, les yeux ouverts mais dont le corps semblant intact ne témoignait en aucun cas des dégâts qu'il avait subi. Lorsqu'il aperçut l'eisenin, sûr de lui, d'une voix exténuée et gênée et avec des mots d'enfant, il exprima sa seule et unique peur. La fatigue transpirait de ses paroles. Elle posa ses mains sur le torse du petit en commença à se faire une idée des blessures dont souffrait le petit garçon.

- J'ai peur... Je veux ma maman...

- Ne t'en fais pas mon ange, tu me dis comment tu t'appelles ?

- Takeo, ma maman elle a crié quand on marchait dehors. Après ça a fait boum et après j'ai fait un dodo, et après ma maman elle était plus là.

Aussitôt, la Sayuri demanda à l'un des assistants de la suivre. Dans un coin du bloc, elle le toisa du regard, un regard noir, témoignant d'un manque de justesse dans la prise en charge de ce garçon innocent.

- Depuis combien de temps est-il arrivé à l'hôpital ?

- Il faisait parti des derniers, Mori... On manquait d'effectif et...

- Et vous l'avez fait attendre parce que ce n'était qu'un enfant, et qu'il paraissait indemne ?

Le regard, qui ne fut pas accompagné de paroles, signifiait bien plus que le moindre mot. La négligence avait frappé, et encore une fois les médecins avaient accordé plus d'importance au visuel qu'au ressenti. L'hôpital en sous-effectif souffrait d'un manque total d'expérience en gestion de crise. Mori arracha son masque, ses yeux commençaient briller, avant que sa voix tremblante ne frappe avec un discours qu'elle aurait préféré taire.

- On l'a prit en charge trop tard... Les blessures internes sont trop graves. Il a les poumons touchés, son torax est bien trop dur, il y a surement des organes qui ont explosé. On va le perdre parce que vous avez été négligent.

Aussitôt, un médecin titulaire apparu dans le bloc, venant aux nouvelles auprès de Mori. Lorsque cette dernière lui annonça la nouvelle, le nouveau venu sembla hésiter un moment entre le choix de faire son devoir, et celui de rentrer chez lui. Mori elle, lui laissant le bloc, décida de se rendre auprès d'Hideko, alors que doucement les différentes salles d'opérations étaient alimentées en effectif qualifié.

Atteinte moralement, la jeune femme essuya des joues avant d'entrer dans le numéro trois. Elle y trouva une apprentie médecin appliquée, n'ayant commis aucune erreur notable, deux assistants écoutant et obéissant au moindre ordre de la jeune Métaru aux cheveux argentés. L'amie d'Akio approcha de la silhouette qui s'affairait à sauver une vie. Entre temps, les dossiers et les liens de parenté étaient tombés, la lecture avait été plus que douloureuse. Mais aucun choix n'était le bon, un orphelin ou une mère dévastée. Non, aucun choix était meilleur que l'autre.

- Bravo Hideko.

Elle observa, apposant ses mains aux points névralgiques, cherchant les constantes. Mori avait indiqué le bloc aux unités de chirurgie, qui allaient désormais prendre le relais de la jeune femme qui devait être épuisée, pour soigner la colonne vertébrale de la patiente, encore endormie. Au dehors, dans la salle d'attente, les médecins se succédaient pour apporter les nouvelles aux familles. Parmi elle, un homme se tenait debout, à peine supporté par les murs qui l'entouraient. Mori demanda tranquillement à Hideko de la suivre, lui indiquant une chaise dans le couloir duquel on pouvait lire l'inquiétude dans les yeux des proches.

- Takeo... son fils... je n'ai rien pu faire... ils l'ont pris en charge trop tard, il était en salle d'attente, visuellement tout allait bien, jusqu'à ce qu'il se mette à vomir du sang, ils ont compris trop tard. Si on avait su plus tôt qu'il avait subi la même chose que sa mère...

Restait maintenant l'étape la plus difficile, celle que tous les docteurs du service voulaient éviter le plus longtemps possible dans leurs carrières. Mori se laissa tomber au sol, assise aux côtés d'Hideko. Sa tête tomba doucement vers le côté en prononçant quelques paroles empruntées d'amertume.

- Il va falloir l'annoncer au papa... C'est l'homme adossé au mur, là-bas. Lui dire que sa femme est sauvée grâce à toi, et que son fils est décédé. C'est aussi une partie de notre travail et ce sont des mots que l'on doit à la famille, toujours, c'est impératif... Viens avec moi, après on pourra se reposer.

Elle se redressa tant bien que mal. Tendant sa main à sa camarade pour l'inviter à suivre ses pas. S'épongeant le front, replaçant ses cheveux et s'essuyant les quelques larmes qui cherchaient à se frayer un chemin sur ses joues, le duo arriva bientôt face à l'homme qui patientait.

- Monsieur.. Sayuri Mori, Eisenin.

Elle laissa Hideko se présenter d'elle-même, en tournant le regard vers elle pour lui faire comprendre, puis elle aborda ce qui intéressait l'homme, en prenant malgré elle une faible voix.

- Hideko a sauvé votre femme, elle va rester quelques temps en convalescence, mais tout ira bien. Cependant, votre fils...

L'homme comprit de lui-même ce que l'amorce de la dernière phrase avait commencé à exposer. La dure loi de la vie qui frappait de nouveau. Les sanglots empêchèrent la jeune femme de finir et de dire les mots, qui pourtant devaient obligatoirement être prononcés. Il en allait de l'acceptation de la disparition du proche et du déclenchement de la période de deuil. Mais il n'y avait plus de place pour les mots, et Mori ne pu reprendre la parole. Peut-être Hideko allait-elle trouver l'espace pour prononcer les paroles les plus difficiles de sa vie, jusqu'ici.
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Jeu 13 Jan 2022 - 17:02

Mori la félicita pour son analyse, une qui la mise en confiance, autant faire ce peu et qui lui permit de se lancer à bras le corps face à ce défi. Les informations qu’elle lui donna lui fit cependant réfléchir et adapter quelque peu son plan initial.

« Nous allons d’abord arrêter les hémorragies, puis enlever les toxines qui ont infiltré son corps le plus rapidement possible afin de pouvoir la mettre sous perfusion plus lourdes. »

Ainsi, maigre serait le risque de mauvaises réactions entre les toxines qu’elle avait pu ingérer et les médicaments présents dans les perfusions. Hideko ne laissa cependant la femme pas seule, puisqu’elle donna l’ordre à l’un des infirmiers de donner un premier cocktail à très faible risque, puis elle se lança aussitôt sur l’arrêt des saignements, cautérisant puis soignant rapidement les plaies, les unes après les autres, avant de passer à l’extraction des produits toxiques ingérés et des toxines.

Le temps lui parut si long, chaque seconde insoutenable. La moindre erreur pouvait être fatale. Nombreux furent les pièges, mais elle parvint à les prévenir, les anticiper, les solutionner, jusqu’à ce qu’enfin, un médecin intervienne pour terminer l’opération de la moëlle osseuse et que la patiente s’en sorte en vie. Certes, les temps à venir seront long et difficile pour cette femme qui devra subir une lourde rééducation pour réapprendre à vivre comme avant, mais avec de la détermination et des efforts, elle y parviendrait, car tout cela était loin de lui être inconnu. Non, cela lui était même particulièrement familier.
Ce fut à cet instant, alors que les dernières sutures étaient réalisées, que Mori entra dans le bloc et son visage n’affichait plus du tout la même fraicheur de vivre, la même joie qu’auparavant. Ses yeux légèrement rouges et ses traits tirés n’inspiraient rien de bon. Aussi, ses félicitations, même si elles lui firent plaisir, n’eurent que peu d’effet et Hideko, bien que reconnaissante, attendit avec appréhension que la mauvaise nouvelle.
Hideko suivit Mori à l’extérieur du bloc sans un mot, les yeux fixés sur elle, malgré l’agitation qui régnait et là, alors qu’elle se retrouvaient toutes les deux, elle écouta.

« Non… » Dit Hideko, avec une profonde tristesse.

Takeo… impossible, il ne pouvait pas être mort, elle lui avait promis qu’elle le trouverait, mais pas mort ! Mori sembla profondément bouleversé, comme en témoigna sa faiblesse physique passagère et sa voix lourde de sentiment. Hideko le fut aussi, mais à contrario, ne montra rien. Ni sentiment, ni tristesse, aucune faiblesse. Elle intériorisa tout. Toute cette colère, toute cette tristesse, elle les garda pour elle, à l’intérieur d’elle-même et n’afficha rien d’autre qu’un visage froid, distant.

Toutes deux se dirigèrent vers un homme, père de Takeo et mari de la femme qu’elle venait tout juste d’opérer. Mori tenta de lui apprendre la nouvelle, mais ne put, au dernier instant, prononcer les mots fatidiques. Alors, Hideko prit le relai et fit un pas en avant, les deux bras dans le dos, parfaitement droite.

« Votre fils, Takeo, est mort monsieur. Nous avons fait ce que nous avons pu, mais son état était trop grave. Toutes nos condoléances. »

Hideko se pencha en avant, signe de respect à cet homme qui en cet instant perdit ce qu’il avait de plus cher au monde, la chair de sa chair.

Le monde est injuste et la vie, à chaque occasion, ne manquait pas de le lui rappeler.



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Bistouri et Bouillon [Akio] Sighid10
Grand merci à Zenjirō pour cette magnifique signature et à Aditya pour ce sublime avatar !
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