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Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae]

Sendai Yahiko
Sendai Yahiko

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Ven 22 Oct 2021 - 2:08
Chacune des illustrations du Deuxième tendit son bras ou sa main, agrippant ou se faisant agripper par ceux qui espéraient subsister. Les prunelles hyalines de l'original s'arrêtèrent sur ce désastre qu'ils avaient crée, constatant avec effroi l'effondrement conjoint de l'Ogre et de sa Mère avant de se perdre premièrement vers la Marionnettiste qui exhibait sa plus grande cupidité, puis enfin vers ces couloirs interminables qui les guettaient sinueusement. Son corps se fit plus nerveux, sa psyché plus impatiente. Dans cette course contre la Roche, le Devancier savait que ses plus fidèles alliés pouvaient devenir les sources de tous ses dilemmes. Car si jamais n'avait été il compliqué d'assurer sa propre défense, l'impuissance de ses proches représentait une occasion d'être le véritable coupable d'un destin funèbre et cela le tourmentait.

Dans ce temple tellurique comme dans les galeries qui le précédait, tout tremblait, tout vacillait pour engendrer ce qui ressemblait le plus au dernier sanglot de la Dame d'Argent. Dans cet ultime cacophonie, dans ces ruines en devenir, le quatuor pouvait se faire à cette idée si limpide : malgré leur victoire, jamais ne seraient-ils les véritables Maîtres des Lieux. Après tout, cela semblait visiblement catégorique : la montagne les rejetait avec furie, les incitant violemment à déguerpir comme si elle voulait les condamner divinement pour leur vilénie, comme si leur pêché avait été de s'en prendre à celui qui l'avait animée.

Alors qu'ils n'avaient que souhaité sauver les âmes du Rempart, celles qui avaient innocemment rendu la leur dans des avalanches endiablées.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] 70ir

Et c'était lorsque ils eurent plié bagage et après qu'ils eurent empoigné sa dextre que l'ex-Empereur mena sa danse avec ses compagnons, faisant aussi valser ses mains pour les orienter dans l'inconnu. Leur course effrénée se confronta à toutes les embûches causées par Mère Nature ou par la Dame d'Argent qui se gangrénait. Tout s'effaça alors, leurs arrières comme la trace de Gaku, leur visibilité comme cette marionnette qui se perdit sous les roches. Seule résidait cette ruée vers la liberté, accompagnée de l'espoir de se sortir de cette vicieuse mine.

Jusqu'à ce qu'apparut au loin cet halo lumineux, cette lumière éblouissante qui les aveuglait autant qu'elle les rassurait. Leurs pas les rapprochait de leur liberté, les mains du Sendai couvrant sa tête de leur finesse pour tenter de limiter l'impact des gravats sur sa conscience.

Et il franchit cette barrière entre enfer et paradis, vivant, accompagné de ceux qu'il avait entraîné dans son galop le plus vif.

Il lâcha son ancienne Porte-Parole, comme son clone se priva du contact avec la Manipulatrice, pour apposer sa main en opposition devant ses yeux, cachant l'agressivité du soleil à ses pupilles le temps que celles-ci ne s'accoquinent avec la clarté du jour. Un bruit sourd clôtura cet enchaînement de terreur et ce boucan constant qui les avait harcelé depuis les entrailles de la Reine, condamnant les portes des galeries maintenant infranchissables, laissant place à un silence équivoque.

Ils étaient libérés de tout danger, de toute menace.

-"Sans le poids de vos marionnettes et le temps inutile que vous avez pris pour récupérer le corps de Yamabushi Musanobu que vous avez aussitôt perdu, nous aurions été certains de nous en sortir indemnes. Vous avez joué avec nos vies pour récupérer un trésor inconnu, c'était bien trop risqué."

Seule sa peur s'exprimait, cette pression qui s'évacuait face à la mort qu'ils avaient côtoyé de près. Il soupira un grand coup, se libérant des chaînes qui comprimaient son affect, reprenant petit à petit son calme. Il n'avait jamais craint de perdre la vie... mais il avait été effrayé à l'idée qu'Hanae, elle, ne succombe par la maladresse de la Bicolore. Voilà pourquoi il la blâmait, juste avant de recouvrir son entière perspicacité.

-"Enfin, laissez tomber. Nous nous en sommes sortis, et j'aurai l'honnêteté de reconnaître que vous avez été impressionnante d'ingéniosité. Toi aussi, Hanae, nos combinaisons l'ont complètement surpassé, c'est toi qui l'a le plus endommagé."

Il expira une nouvelle fois, toisant le paysage du regard pour trouver rapidement celui qu'il recherchait dorénavant.

Hatoka.

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-"Merci à vous deux."

S'étant adressé à eux comme par reconnaissance, alors qu'ils ne lui devaient rien et qu'il n'était pas celui qui était supposé présenter de quelconques remerciements, il tenta toutefois de démontrer toute sa gratitude envers ses deux camarades. Il eu même le cran de la porter aux oreilles de Shimaenō qui, contrairement à Hanae, n'agissait sûrement ni par sympathie pour eux ni par altruisme pour les habitants de Jôheki. Les anciens du Teikoku se savaient capable de profiter de cette action pour faire valoir leurs droits, mais ils savaient évident qu'agir pour le bien commun leur était une motivation première et primordiale, même dans leurs intentions les plus viscérales.

Il ne fallut finalement que peu de temps pour que la Colombe n'atterrisse auprès de lui, ralentissant son mouvement pour atterrir le plus calmement possible, faisant flotter ses ailes pour amortir l'air qui brassait sous ses plumes.

-"Je suis content de te voir en vie, Yahiko. Les tremblements ont cessé, je suppose que vous avez réussi. Malheureusement, tout ici fut détruit par les vibrations de votre combat... et beaucoup ont perdu la vie, dont de nombreux habitants des villages aux alentours."

Ses paupières s'affaissèrent légèrement, à celui qui n'agissait que pour le bien commun... même si le Yuukan prenait un malin plaisir à rappeler que la victoire n'était jamais totale. Il y avait toujours cette pointe de tristesse, ce pique de culpabilité qui ne savait se défaire de sa conscience ingénue.

-"Je vois... Merci, tu peux partir te reposer, tu en as assez fait, Hatoka."

Une de ses mains se posa sur son crâne, grattant du bout de ses doigts les quelques mèches blanchâtres qui surplombait sa tête penchée vers le sol. Son combat n'était pas encore terminé, il le savait. Ils n'avaient qu'activé un levier qui leur donnerait un peu de reconnaissance. Et même elle était discutable.

Il finit par se tourner vers la rubiconde, posant ses pupilles dans les siennes, y implémentant un sentiment mêlant fatigue et détermination.

-"Et notre combat n'est pas terminé, Hanae. Maintenant, nous devons aller récupérer Ayuu et Kenzo."

Le sens du devoir, celui de ne jamais abandonner ses compagnons, même si cela signifiait courir les yeux fermées dans la gueule du loup. Une gueule assoiffée de sang et avide de vengeance.



@Shimaenō @Sendai Hanae

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Ven 22 Oct 2021 - 12:05
Entre deux guerres, la parole est d’or
ft. sendai yahiko & sendai hanae



Automne 204, Domaine des vallées, Joheki.

La chair de l’Alchimiste se disloqua de sa course l’espace d’un instant lorsque, d’un courroux amer, elle ne sentit les fils qui la reliait à son œuvre se tendre, ralentir, en un sens, malgré les ordres qu’elle n’avait pu lui imposer ; et d’un coup d’œil pressé par l’urgence au-dessus de la courbe de son épaule, elle manqua de cracher l’égide de son mépris si ce capharnaüm n’avait pas avorté tout son à sa conscience. Machinalement, son poignet forgea un mouvement de repli, plaçant les offenses qui l’accablait face à la rigidité de son alliage – mais elle savait qu’elle ne pourrait s’accorder un instant pour la ramener auprès d’elle que lorsqu’ils ne seraient exhortés de cette épave rocheuse.

Alors, elle se laisse guider par la main fendant son poignet pour la hisser hors des galeries, maugréant une malédiction à l’encontre de cet Esprit dont elle avait égalé l’avidité.


[…]

Son corps roula contre les pierres, heurta les renforts des tamis qui attendaient leurs silhouettes éreintées au sortir de ce caveau minable. Sa paume se referma sur un rocher, stoppa sa course, glissa sur la longueur laissée par ses pas dans la poussière et les débris. Le clone parut disparaître, emporté par un vent soufflant son existence à l'irréalité. Cernée par l'obligation d'un serment, sa senestre déroula le parchemin qu'elle avait dévoilé pour invoquer son propre Rideau Noir, plaquant ses doigts sur son papier où l'encre de son sceau réapparaissait à son tour.

Elle entendit, toutefois, la remarque du Sendai dont elle ne se retint pas d'assaillir du même ton tranchant.

« Peut-être êtes-vous plus stupide que vous n’en avez l’air, mais une marionnette n’a pas de poids pour son manieur. La seule chose qui a entravé vos gestes est votre maladresse et, visiblement, un trop plein d’ego qu’il serait bon de crever. », cracha-t-elle en élevant une pointe de son regard du parchemin vers l’individu. Elle n’avait pas le temps pour ses rétorques ; seul son l’état de son œuvre l’importait.

Son minois se tordit en une frimousse amère, sa langue claqua sur son palais lorsqu’elle comprit, d’un simple effleurement à la page encrée de ce rouleau que son cœur scellé était fragmenté, blessé par ses rouages décousus et son bois fendu. Elle maugréa une insulte d’un souffle sur ses lèvres tandis que sa dextre se refermait sur le corps de l’objet, poussant ses symboles à se défaire de la vue de tous et ne se trouver de nouveau clos par une cordelette épaisse.

Son genou déroula l’égide de sa silhouette lorsqu’elle se redressa, de brins blancs et noirs lovant ses joues et son front lorsqu’elle darda le Sendai d’un regard intrigué, suspicieux. Si elle se garderait bien de le corriger sur les louanges qu’il avait affublé à son nom, justifiées – après tout, ne les lui avait-elle pas promis ? – ce fut davantage la façon dont il les susurra après un reproche qui fut tout leur contraire qui la troubla. Le sourcil arqué, la bouche pincée, elle semblait remettre en doute son honnêteté avant que l’oiseau clair ne revienne parer leurs flancs de sa présence.

Elle ne lui répondit pas – par manque de temps du fait de l’arrivée de l’être invoqué ou par incertitude – toutefois, préférant la contemplation de cette si divine Dame d’Argent à l’écoute des dires de l’envoyé qui, finalement, ne révélerait à leur conscience que ce dont ils se doutaient déjà : avoir pourfendu la source n’effaçait en rien les dommages que l’extérieur de la montagne avait éprouvé. Elle se moquait bien des vies perdues en contrebas – autrefois, peut-être, cela l’aurait-elle touchée – ô combien furent-ils ; la jeune femme s’inquiétait, davantage, de la reconnaissance dont elle souhaitait arracher à cette Daimyo et dont la ferveur semblait décliner au rythme de chaque trépas.

Elle soupira, agacée, refermant sa poigne sur l’embout de son imposant parchemin. D’un mudrā affublé de ses deux mains où l’objet siégeait au talon de ses paumes, une fumée fine vint emporter sa forme hors de la réalité, enfermée dans la geôle tracée d’un sceau à même sa peau.

Son attention se referma sur les silhouettes des enfants Sendai tel l’entrave dont son pantin avait fait souffrir la chair de l’Esprit, incertaine – sans que ses yeux d’ambre et d’éther ne perdent de leur noblesse, de cet air supérieur et méthodique qui semblait gravé dans leurs couleurs. Elle devait trouver un moyen de faire poids, de s’offrir les informations dont pouvait disposer cette femme sur l’objet de ses convoitises.

Il lui faudrait quelques heures, quelques jours, pour redonner forme au Rideau Noir, à sa copie si tendrement adorée ; au fond d’elle, elle savait qu’elle n’aurait qu’autant de temps à accorder à ces réflexions et ces paroles. Elle pouvait sentir la marque dans sa nuque brûler de colère, de besoin avide d’être rétribué par la promesse qui lui avait été faite lorsqu’elle s’était ôtée à ces ordres. De remplir sa part du contrat passé avec elle-même. Le temps lui était compté.

Peut-être cet ancien Empereur et feu sa porte-parole auraient autant de savoir à lui offrir sur le sujet, pour peu qu’elle ne parvienne à arracher ces soupirs à leurs langues.
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Mar 26 Oct 2021 - 23:51







Entre deux guerres...



L’assaut final avait porté ses fruits. Chacun y était allé de ses attaques mortelles, dans le seul but d’anéantir celui qui avait tant causé de désastres. Mais lorsqu’il répliqua dans un dernier soupir, il ne fût plus question de rester en ces lieux. Si la bicolore tenta vainement de récupérer ce qu’elle pouvait du désormais défunt, Hanae se contenta de lui lancer un regard désolé. Non pas pour l’hypothétique perte de son pantin, ou parce qu’elle n’aimait pas le risque pris par la jeune femme, mais simplement parce que son attitude intéressée était aux antipodes de la façon de penser de la rubiconde.

En quelques minutes – et ce notamment grâce à la puissance de Yahiko couplée au talent en sceaux de son ancienne porte-parole – le trio put atteindre la sortie, non sans une certaine frayeur dans les derniers instants. A sa sortie, la rougeoyante était épuisée comme jamais, ayant dépensé une quantité colossale de son chakra. Les propos échangés par le nivéen, comme par la bicolore, étaient comme toujours plutôt affûtés, mais cela n’atteignait pas vraiment la flamboyante, qui restait fixée devant les derniers éboulis. La zone était sécurisée, mais…

« Gaku… »

Il était évident que l’ancien Empereur avait scruté les environs, et s’il se permettait d’appeler son invocation, cela signifiait bien qu’il n’y avait plus rien à faire pour le mineur. Mais cela semblait ne pas l’affecter plus que cela, car il enchaîna finalement assez vite sur un autre sujet, une autre… guerre. Ayuu et Kenzo étaient partis depuis quelques heures, ou quelques jours, suite à cette lettre reçue de la part du clan Inuzuka. Si la situation ici avait été plutôt compliquée, il était maintenant temps de s’assurer que les absents soient retrouvés. Cela impliquait également Medyûsa, dont la position précise était inconnue de tous, à l’heure actuelle.

« Oui, cela fait maintenant trop longtemps que nous sommes sans nouvelles… »

Mais une autre pensée hantait l’esprit de la Kazejine. Le temps, voilà ce dont elle manquait.

« Yahiko, ta force n’a pas d’égal parmi les personnes que je connais, et je sais que personne au sein de l’Empire ne peut te tenir tête. »

Ces propos élogieux n’avaient rien d’innocent, même si elle en pensait chacun. Mais une autre donnée entrait en ligne de compte, et il n’était plus possible de retarder les choses.

« Je crains de ne pas pouvoir te suivre à Hi, si tel est ton plan… »

Elle lui lança un regard désolé. Les vies de Kenzo, et surtout d’Ayuu, lui importaient comme n’importe quelles autres vies. L’Inuzuka en particulier lui était chère, et représentait beaucoup pour elle, de par sa gentillesse et sa bonté. Néanmoins, d’autres vies étaient en jeu, et elles n’auraient pas la chance de pouvoir compter sur Yahiko…

« Le temps pour les Sendai à Tetsu est compté, et avant qu’il ne soit expiré, je me dois de faire mon possible pour les aider. Néanmoins, si j’y vais sans leur proposer la moindre solution, jamais ils ne me suivront. Il faut que je négocie un point de chute, pour eux… D’où mon idée de rencontrer la personne en charge de Joheki et de tenter de la convaincre d’accueillir ces réfugiés. »

Vu la façon dont c’était déroulé la première entrevue entre Yahiko et les forces Johekijines, les chances d’Hanae étaient maigres, mais il lui fallait tout tenter. Le temps s’écoulait à chaque seconde perdue ici, et un détour par l’Empire du Feu risquerait d’achever ces innocents au pays du fer. Le regard de la rubiconde se porta sur son invocation, l’imposant panda qui attendait une instruction, et elle finit par lui demander de la raccompagner au bas de la montagne, à moins que le nivéen n’aie autre chose à ajouter…




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Mer 27 Oct 2021 - 1:31
Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] Q87r

-"Laissez tomber, j'ai dis.", poussa t'il dans une voix éteinte, ignorant l'acidité de ses mots et la réponse qu'il aurait pu accorder à son interrogation.

Car il en était bien conscient, sa provocation n'avait prit racine que dans sa plus profonde crainte : celle du baiser de la Faucheuse, qui avait pu tenter d'étreindre sa mince existence pour mieux les faire sombrer dans l'oubli. Par la roche, par les cris et par les vrombissement de la Dame d'Argent, il soupçonnait la Mort en personne de les avoir guetté assidument... lui, Hanae, et toutes les ambitions qui les animaient tous les deux jusque cet instant.

Alors, dans cette perspective, il préféra avorter toute occasion d'alimenter une quelconque aigreur. Car du peu qu'il connaissait la Manipulatrice, il lui avait déjà collé cette étiquette de grande bouche agressive, et jamais n'avait-il voulu trouver un quelconque intérêt à désirer monter dans les tours. Au contraire, plus proche de ce qui faisait de lui un symbole de paix -ou en tout cas de ce qui l'approchait de l'image qu'il voulait diffuser, il comptait plutôt sur une approche plus calme et sensée qui lui était plus fidèle. Après tout, Dieu seul savait qu'il avait tout intérêt à agir comme tel -tant elle disposait d'informations qui pouvaient le mener à sa perte, autant que lui-même savait qu'il n'était dans son caractère d'apprécier alimenter des climats hostiles.

Son visage se fit plus attristé, sa moue plus détendue. En expirant, son stress s'était comme volatilisé au tambour des roches qui avaient sonné la retraite de l'horloge funeste, laissant place à ce navrant paysage que représentaient tous ces villages rongés. Dessinant la mort dans ses plus sombres apparats, le Sendai n'avait besoin de voir les cadavres pour s'imaginer l'horreur du spectacle. Combien étaient morts sous l'ire du Samouraï ? Combien représentaient des dommages collatéraux ?

Seuls ceux-ci pouvaient se compter, seuls ceux-ci marquaient concrètement le résultat de leur impuissance. Les vies qui furent sauvées par leurs actes ne pouvaient tristement être quantifiables, et là était l'objet de son désarroi.

Puis, ce fut à la rubiconde de s'exprimer, vantant les mérites de l'ex-Empereur avant de tracer sa propre route. Elle exprima ses objectifs, contraints une nouvelle fois par la menace de mort qui planait au dessus des têtes de ses frères, et le Devancier n'eu aucune peine à retrouver la logique qui animait sa cousine. Tiraillée tantôt par la cheffe des Bêtes au sujet de sa famille, tantôt exhibant son plus profond désir d'aider les siens, il saisit sans une once de difficulté cette part d'elle qui faisait d'elle la Sendai la plus légitime au titre de Représentante.

Parce qu'elle aussi était puissante, parce qu'elle aussi était fiable, cet étrange famille qu'était les manipulateurs initiaux du chakra méritait aux yeux de l'Immaculé une telle figure comme emblème.

Alors sans grande discussion, sans grands discours, il ne lui offrit que sa plus grande générosité accompagnée de son habituelle sympathie.

-"Je comprends. Tu es libre, de toutes manières, je n'oserai pas te retenir."

Il avait pourtant les arguments. Pourquoi sauver des inconnus au péril de ses amis les plus proches ? Pourquoi se séparer lorsque leurs vies pouvaient être en jeu ? Pourquoi risquer si gros alors que seule leur union pouvait leur donner accès à leurs plus grandes ambitions ?

Il ne se prononça à ce sujet. Il n'y avait que le respect de ses objectifs à elle, ce même respect qui les avait lié depuis si longtemps.

Un mince sourire se traça cette fois sur ses lèvres, honorant son amitié pour son amie avant qu'ils ne se séparent probablement une fois pour toutes. Si le Fossoyeur venait en tout cas à les trouver, l'un ou l'autre.

-"Promets moi simplement de ne pas mourir. Moi aussi, je te le promets."

Ses prunelles révélèrent sans gêne ses sentiments les plus purs, ceux de son attachement sincère envers celle qui l'accompagnait depuis si longtemps.

-"Nous nous reverrons, mon amie. Je te souhaite de faire bonne route, comme je te souhaite d'obtenir ce que tu convoites."

Sa silhouette s'éloigna finalement, doucement, après un maigre signe de main qui conclut leur séparation. Il ne restait alors que la Marionnettiste et lui, face à tout ce panorama apocalyptique. Le tableau parfait pour dépeindre sa tristesse, comme il était pertinent pour illustrer l'embarras que ressentirait l'Ancien à l'idée de discuter calmement avec la kunoichi maintenant qu'ils étaient seuls.

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-"Je suis surpris que vous soyez toujours là. Vous appréciez tant que ça regarder des adieux ? Je ne vous savais pas si sentimentale."

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Shimaenō
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Mer 27 Oct 2021 - 15:32
Un sourcil arqué, un regard lourd de sous-entendus ; voilà tout ce que l’Alchimiste prêta en offrande à l‘enfant Sendai qui avait rejoint tardivement leurs flancs pour soupirer à son jumeau de sang toutes les pensées qui la taraudaient – et dont elle n’avait franchement que faire. Un air ouvertement et faussement intéressé peint sur son visage, la jeune femme se contentait d’aviser ce duo rabâchant le passé pour prédire un futur, en s’efforçant de retenir un soupir à la lisière de ses lèvres.

Ses yeux doubles, forgés d’ambre et d’éther, roulèrent jusqu’au ciel en entendant les éloges de la rougeoyante, ses regrets de ne pouvoir le suivre. Oh pitié., murmura-t-elle sourdement dans son esprit en glissant sa senestre sous l’ombre de sa cape ; et à défaut des quelques lames qu’elle gardait à son revers si toutefois elle en éprouvait le besoin, ce fut la finesse d’un tout autre objet dont elle étreint le bout de ses doigts. Celle d’un kiseru, dépourvu de tout tabac en son cœur – pour l’instant.

Un souffle s’échappa de son nez lorsque la voix de l’enfant nivéen répondit à sa comparse avec autant d’émotion qu’elle ne semblait en avoir laissé entendre dans ses paroles. L’Adepte s’avouait un brin exaspérée par une attitude si profonde, si sérieuse : il demeurait dans leurs veines le fantôme de l’adrénaline dont la mort avait voulu cerner leurs âmes et ces êtres se pressaient si vite à l’enterrer, si tôt, sous le poids de la réalité. De la dureté et de la froideur méthodique d’adieux, sans prendre le temps de profiter de cette sensation divine que d’avoir triomphé sur un trépas qui leur fut destiné, qui révoltait ses chairs d’une fanatique allégresse.

Force était de constater qu’aucun d’entre eux n’aimait s’enivrer des petits plaisirs de la vie.

Sans les écouter davantage – tel un brouhaha ambiant qui parasitait ses sens – la jeune femme se munit de cette petite boite métallique glissée sur son flanc en tout temps, pressa une fine poignée de son trésor tranché entre ses doigts avant de déposer cette œuvre fumante dans le fourneau de l’objet, tassant les fibres du bout de l’ongle.

D’un geste du poignet, le kiseru fut approché des braises d’une torche mourante près d’autres débris, réchauffant ses reflets de cuivre et d'argile pour enflammer les herbes savantes gardées précieusement en son sein. Promets-moi de ne pas mourir, avait-il dit. De la candeur à l'état pur résonnait de l'âme de cet ex-gardien du feu et fut-elle incapable de toute prophétie, elle pourrait indéniablement en formuler une qui le mènerait à l'immortalité noire et vicieuse qui les attendait tous, par la maladie ou les méfaits : sa naïveté serait ce qui l'offrirait à la mort. Une promesse impossible à tenir était aussi vide qu'une coquille dépossédée de vie.

Elle adressa un coup d'œil à l'intéressé lorsque, bercé par le départ de sa comparse, son attention était revenue se loger sur ses traits en glissant quelques mots érigés par une forme de... taquinerie peut-être?


Elle se contenta d'un simple sourcil arqué en guise de rétorque, ôtant le kiseru de ses lèvres, dans l'ombre de la fumée laissée dans son sillage.

« Je suis habituée aux spectacles pathétiques, mais je ne pensais pas que celui-ci serait également ennuyant. »

L’Alchimiste ôta son regard de tout contrôle, libre de voguer sur la silhouette de l’enfant Sendai s’échappant de leur compagnie, sur les reliefs rocheux de la Dame d’Argent ; sur les brins en égalant la couleur de ce vis-à-vis qui éprouvait tant l’acidité de ses répliques – non sans raison. Elle avait prêté son savoir aux couloirs brumeux de Murashigure, où le massacre illégal de la pluie couvait celui du vice des hommes, où la prudence était l’or qui maintenait leurs vies à flot.

Sendai Yahiko s’était appauvri de cette valeur, comme il ne le lui avait démontré par deux fois : en cet instant et lors de leur rencontre aux pieds des Remparts, où elle aurait pu s’enquérir de tout son passé si sa langue ne s’était pas tarie de confidences assez tôt.

« C'est la seconde fois que vous vous permettez de parler librement de vos plans sans regard pour qui pourrait les entendre. Vous n'êtes pas tout à fait stupide ; l'affrontement l'a prouvé, j'imagine... cela ne laisse donc que peu de choix entre une flagrante naïveté ou une confiance mal placée. »

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Mer 27 Oct 2021 - 18:20
Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] G7ee
Un mystérieux rictus aux antipodes de ses émotions. Dessinant sa réalité comme il tranchait l'amertume de ses sentiments, il n'eut trouvé autre réponse que l'expression de sa plus grande faiblesse. Un sourire.


Shimaenō ne s'était pas méprise, elle caressait même habilement une navrante réalité. Malgré son pouvoir, malgré sa stature, malgré son histoire ou malgré ses gestes, le Sendai ne s'était jamais perçu autrement qu'un bambin dans une cour des grands, qu'un garnement dans un régiment de spadassin. Là n'était ni la manifestation d'une quelconque puérilité, ni la forme d'une irresponsabilité béante. Il n'était qu'un innocent incarné dans un monde bien trop barbare, que le fruit d'un amour qui pourrissait au gré de l'histoire, alimenté par la cruauté d'hommes qui ne cherchaient qu'une irrationnelle expansion.

-"Ne tenez pas à faire un choix. J'accepterai la flagrante naïveté et la confiance mal placée."

Ses prunelles se vidèrent de leur sens devant le grand tableau grisâtre. Le vent balançait ses cheveux enneigés jusqu'à les faire cajoler son front et ses mains se glissèrent dans les encoches situées en dessous de ses hanches. Son esprit se vida de toute préoccupations pendant un instant, déterminé à tenter de retrouver la paisibilité dans ce tourment de terreur, mais il fut rappelé à la réalité par l'odeur de cette immonde fumée qui s'était immiscée dans ses narines.

La peste.

-"Faites moi plaisir, soufflez ça loin de mon nez, l'odeur me dérange."

L'Alchimiste, aussi confiante pouvait-elle paraître, était maintenant autant destinée à mourir qu'à tuer.

L'ex-Empereur n'était pas dupe, son existence même devenait un danger pour son groupuscule. Garder en vie la source d'une information cruciale revenait à mettre en danger l'intégralité du Senbazuru, peuplé majoritairement par des amis qui lui étaient proches, et jamais n'avait-il voulu une seule seconde oser les mettre en péril, lui qui était même prêt à se confronter à ses chasseurs pour les récupérer.

Mais ce tourment s'alimentait d'un dilemme que la Marionnettiste ne pouvait sûrement concevoir. Derrière cet ancien souverain, derrière cet actuel leader, derrière ce symbole de paix ou derrière cet arrogant combattant, résidait ce fait si unique et si surprenant, si pathétique et à la fois si distingué. Jamais, ô grand jamais n'avait-il pu tuer qui que ce soit de sang froid. Il était parfaitement incompétent.

Dans sa poche, sans qu'il ne cherche à même la dissimuler, sa dextre dansa doucement, habillant ses vêtements de leur couverture la plus épaisse. Une armure violacée, infranchissable, qui épousa le galbe de son corps avant qu'il ne reprenne la cadence d'une discussion qu'il avait rythmée de ses silences. Toute sa silhouette fut couverte de cette cuirasse violacée, criant aux yeux de la Bicolore l'affirmation de ce qu'il était. Un Guerrier Améthyste.

-"J'ai un peu de temps devant moi, profitez en pour me parler de vous."

Sa tête également recouverte de ce casque zinzolin s'orienta lentement vers les pupilles vairons de son interlocutrice. Il la dévisageait comme s'il l'admirait une ultime fois, comme lorsqu'on s'apprêtait à déchirer une œuvre que l'on chérissait.

-"Il s'agit de vos derniers mots, j'aimerai les entendre. Après tout, vous n'êtes pas idiote, vous non plus."

Ses yeux se plissèrent, ses lèvres n'exhibèrent pas même une once de plaisir.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] 58ng

-"Vous le saviez, qu'en détenant des informations aussi cruciales, vous vous confrontiez à la mort. N'est-ce pas ?"



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Shimaenō
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Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] Empty
Mer 27 Oct 2021 - 21:10
L’ombre d’un rire perça le silence laissé derrière ses paroles, amenuisé par ses lèvres closes ; renforcé par ses paupières fermées au monde, par un sourire amusé. Sa bouche trouva à nouveau le bec de l’objet, infusant son être de cette odeur si particulière qu’elle avait en horreur – mais elle n’avait nul besoin de fastes senteurs pour apprécier l’effet qu’elle pouvait avoir sur elle, sur son corps, sur ses chairs tiraillées. Le temps viendrait, tôt ou tard, par sa seule volonté d’y mettre fin.

Ses prunelles s’offrirent à nouveau à la contemplation du nivéen en perçevant les soupirs désagréables qu’il maugréait malgré lui à son adresse, poussés sur ses lèvres par le même fumet acerbe qui s’échappait du kiseru. À cela, elle se contenta d’un simple souffle infusé par le tabac loin de respecter ses désirs, inchangé – égal au précédent, identique au suivant : un doux pied-de-nez innocent à sa demande à laquelle elle ne pouvait accéder.

Elle vit, dans l’ombre de ses yeux, l’une des paumes de son vis-à-vis forger la valse de ses muscles, se hisser aux murmures que pressait ses pensées à l’arche de ses nerfs ; former un mudrā qu’elle avait vu tant de fois se forger lors de ce combat écoulé. Elle ne le craignait pas. Elle le laissa faire, de ces yeux qui cherchaient à se dérober aux siens en préférant l’ode muette d’un spectacle désolé. Voulait-il ériger une armure ? Ainsi fera-t-il, de ce prisme violacé cernant sa silhouette comme la caresse avide d’une amante. Elle ne l’empêcherait pas.

Parlez-moi de vous, hein ? Elle avait fait taire un homme ayant trop désiré s’informer sur elle par le passé, un autre s’étant osé à s’infiltrer dans les murs de sa demeure – mais à leur différence, les êtres bercés par un autre ciel que celui de Murashigure étaient défaits d’autant de méfiance, de ce savoir qu’il était illusoire, inutile de questionner un autre sans informations à lui offrir. Dangereux, même, de faire preuve d'autant d'avidité, de se montrer si négligent.

Son sourire revint parer ses lèvres, finement tissé de son éternelle assurance, de son charme profond d’où naissait la fourberie qui l’animait tant. Le bec du kiseru fut délogé de sa bouche, arqué le long de ses doigts tandis qu’elle avisait l’enfant Sendai sans nulle crainte, nulle terreur : où seule la confiance soupirée de vérité trahissait son ton.

« Le pouvez-vous seulement ? »


Son visage se pencha sur le côté – à peine – comme pour attiser davantage l’alchimie que son regard déposait sur la peau de l’ancien Empereur. Car elle savait, au plus profond d'elle, que cet archétype naïf, cette volonté de faire planer la paix sur ce monde imprégnait son cœur et son échine ; de telles menaces, elle l'en voyait dépourvu de les mener à bien, si ce n'est tant que ses paroles accédaient à son vœu de lui parler, parler, parler d'elle. Pas tout de suite. Peut-être jamais.

Son sourcil s'arqua, entre charme et neutralité, entre invitation et mise en valeur de ses propres dires – et son ton, lui, susurra un calme qui n'avait de parure que celui de la franchise : dénué, pour une fois, de toute pique à son ego.

« Vous peinez à me regarder, à contempler celle que vous menacer de tuer. Votre main tremblait à mon seul toucher, vous perdiez vos mots à une simple allusion… et vous me promettez que ce qui ne pouvait enserrer une autre chair trouverait la force de la meurtrir ? »

Elle avisa l'espace qui les séparait, d'un air dépossédé de tout fanatisme, mourant à l'image de l'adrénaline dans ses veines dont elle recherchait tant la sensation, telle une captive de son propre corps recherchant les sensations les plus pures qu'il pouvait lui offrir... celles qui révélait à plein poumon sa mortalité.

« Après tout, vous êtes bien trop loin pour me faire le moindre mal… à moins que vous ne vous refusiez aussi à faire cela de vos propres mains ? », elle inspira une bouffée de tabac, soupirant telle une âme lasse. « Offrez-nous donc un peu de cette dignité, voulez-vous ? »


Son regard se hissa, pur de toutes intentions vers les prunelles d'argent de cet envoyé de paix ne voyant que la violence pour forger son œuvre, muant l'air de l'Adepte sous les reliefs dorés d'un soleil s'échappant au coucher de l'horizon. Elle parut planter ces offrandes au cœur de l'âme de cet homme, comme s'il lui était donné l'aube de pouvoir sonder ses désirs ou ses émotions : que face à la gêne et à la retenue qu'il affichait à ne serait-ce que la regarder, elle n'éprouvait, elle, aucun mal à s'abreuver de sa vue jusqu'à la déraison.

L'un de ses bras vint enserrer mollement ses hanches, de doigts pressés contre les courbes de son corps tandis que l'autre reposait sur le couvert de son jumeau, un coude plié pour guider sa senestre près de son visage ; et d'un seul murmure bafouant l'air de prudence et de menaces qu'il avait érigé, elle ramenait la discussion sur l'arche simple d'une demande qui les avait précédés, comme si elle n'avait cure de leur existence.

« Si vous souhaitez vous défaire de l’odeur, je crains qu’il ne vous faille vous rapprocher et vous glisser dans mon dos, là où le vent se refuse à souffler. »

Le kiseru se logea à l'ombre de ses lèvres, muant leur peau charnue de son odeur âcre, abaissant ses cils jusqu'aux arcs fins du cuivre et de l'argile, là où son attention était dépossédée du nivéen : une invitation sourde à se montrer à la hauteur de ses menaces, à s'avancer pour clamer tout ce qu'il désirait entendre d'elle, dans l'angle le plus vulnérable qui lui était donné d'offrir, pleinement, volontairement.

En cette heure, elle ne pouvait être plus indifférente. Ce Sendai Yahiko n'était pas celui qu'elle désirait voir... encore moins contempler comme un art.

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Sendai Yahiko
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Jeu 28 Oct 2021 - 1:04
A ses menaces, il ne trouva qu'une frustrante indifférence. Sa figure d'Empereur avait pu embellir son image comme elle avait pu la déprécier, tant le pacifisme s'associait maladroitement à l'inaction, tant le désir de paix s'accordait pauvrement avec une injuste lâcheté. Il n'en était rien, tout n'était aux yeux du Nivéen qu'une question de perception. L'ignorant méritait d'apprendre, le vil méritait la rédemption, tout comme l'homme qui s'égarait sur le chemin de la vengeance pouvait trouver le calme dans le pardon. Nul humain n'était digne d'un quelconque pouvoir décisionnel, là était l'expression la plus utopique de cette conception aussi réconfortante qu'absurde.

Car à cet instant précis, il oscillait entre sa fidélité et son abandon. La Jouvencelle ne l'effrayait pas, elle l'agaçait. Ses démonstrations contre le Samouraï devaient représenter le summum d'un art qu'il pensait largement surpasser, et jamais n'imaginait-il une seule seconde craindre les mécaniques boiteuses d'un pantin maintenant contorsionné sous le poids des roches. Son chakra, bien épuisé, ne devait être en position d'égaler la densité du sien. Elle était à nue, face à un pouvoir qui était en mesure de congédier son âme au firmament.

Mais elle ne bronchait pas. Pire que cela, elle le morguait.

Ses mots égalaient le tranchant de ses techniques, ses pensées se faisaient comme plus expérimentées que les siennes. Des doutes ? Elle ne devait en entretenir. Des peurs ? Jamais ne devait-elle préserver un sentiment si futile. Dans le monde des shinobis, il n'en était qu'au stade du novice. En jouant ce coup de bluff, elle prenait le risque qu'une ire gonflée d'orgueil ne vienne rosser sa peau, mais son pari était habile. Comme si elle connaissait le Deuxième, comme si elle avait largement anticipé sa vulnérabilité, elle n'eu à se confronter à la caresse de la Faucheuse.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] 9fl4

-"Vous devriez cesser vos propositions douteuses, vous n'avez qu'à souffler votre émanation ailleurs."

Sa psyché aliénée n'avait pu saisir son sous-entendu. A sa proposition de se glisser dans son angle le plus vulnérable pour mieux la menacer, il n'y vit qu'une nouvelle tentative de troubler sa pudeur. La même qu'elle avait appuyée dans son discours, la même qui l'avait mené à rester hébété lors de leur combat contre cet Ogre géant.

Mais le Devancier ne se laissa pas submerger, il répondit avec son procédé habituel qui lui était fidèle. Loin de tout mensonge, loin de toute déformation, il se décida à simplement laisser parler sa logique et sa transparence pour conjurer le moindre malentendu.

-"Ne me sous-estimez pas, je ne suis plus en âge de frémir de gêne. Votre provocation m'a effectivement stupéfait, mais jamais n'eut-elle l'honneur de me déstabiliser."

Toutefois, le constat se voulait quelque peu embarrassant : l'ancien Souverain s'était dans son existence plus souvent livré à délivrer une funeste sentence qu'à effleurer l'interdit, mais là était autant un argument de faiblesse qu'un argument de force. Après tout, cela ne libérait pas la Fanatique de toutes ses craintes, l'Améthyste était encore en position de bafouer sa vertu.

Dans les faits, pour des raisons aussi valables que celles de la survie des membres du Senbazuru face à la menace de l'Homme au Chapeau, il se devait d'être capable d'accomplir l'irrémédiable.

Son corps ne moufta pas, ses prunelles ne quittèrent pas un seul instant celles de la Marionnettiste comme si elles voulaient y trouver une solution. Ses yeux la toisèrent mais il ne la vit pas directement, ses pensées étaient bien trop mêlées à son dilemme pour pouvoir se consacrer à une réponse spontanée. Ses dents titillèrent l'intérieur de sa lèvre inférieure, la mordillant discrètement au rythme de ses pensées qui s'accéléraient.

Il peinait à trouver la clef, mais peut-être pouvaient-ils ouvrir une porte ensemble, sous le prisme d'un accord tacite.

-"Je ne vous mentirai pas. Je le peux, mais ne le veux pas. Je ne vous apprécie guerre, je détiens bien des raisons de vous rendre à la terre à laquelle vous appartenez... mais je ne souhaite éteindre ni vos rêves, ni vos ambitions, ni l'arrogant visage que vous me présentez sans cesse."

Elle pouvait discerner tout le mal qu'il se donnait pour éviter l'accomplissement de ce sombre destin. Dans cette atmosphère, il paraissait bien plus se soucier de la survie de la vingtenaire qu'elle-même ne le montrait.

-"Quand je pense que vous me parlez de dignité, comme si vous occire m'accorderait un mérite quelconque."

Il se fit plus direct, plus décisif. Plutôt que de faire les cent pas dans son esprit, il voulait qu'elle l'aide à construire sa réponse.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] X3c6

-"Donnez moi plutôt un marché qui m'empêcherait de vous pourfendre. Que pourrais-je faire, combien pourrais-je vous donner pour m'assurer que vous ne trahissiez ma sécurité et celle des miens ?"


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Shimaenō
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Jeu 28 Oct 2021 - 11:55
Elle avait glissé cette adresse avec désintérêt, le regard ôté à cette silhouette pourtant invitée pour observer l’horizon ; une proposition faite sans sous-entendus, pour une fois – ou peut-être étaient-ils si fins qu’elle-même ne les remarquaient plus – mais force était de constater que ses dires avaient trouvé un écho piquant chez le nivéen. Douteuses, disait-il : de cette attitude qui trahissait une forme d’innocence tout autre que celle des enfants. Pourtant, elle ne pouvait mentir en clamant que l’air qu’il lui rendit ne l'intriguait pas, en un sens.

Elle reconnaissait cette distance. Placée entre lui et les meurtrières ouvertes à son âme dont il se refusait à déployer les tréfonds, dont ces émotions qui apportaient guerre, meurtre et vice tant opposés à son objectif de paix paraissaient s'offrir à lui en offense, en refus plein, total de les laisser raisonner son esprit. Ne me sous-estimez pas, avait-il dit en lui présentant sur un plateau orné toutes les raisons de le faire. Jusqu’à se résigner à placer ses menaces sous l’égide d’une réalité franche ; jusqu’à accéder à ce que ses paroles avaient laissées entendre à son sujet, que son cœur était loin d’être si férocement attaché à un tel acte.

Son regard se planta dans les revers d’océan de ses prunelles, osant l'éther de l’un de ses iris à concurrencer leur pureté, à les entrainer dans la roche et la richesse de l’ocre du second.


« Votre indolence vous aurait tué, à Murashigure. »

Une vérité simple, flagrante : qui n’était prêt à désirer la mort d’un autre pour se protéger finissait par être celui qui serait sacrifié à l’effigie de sa naïveté. Sa voix s’éleva, souveraine telle un murmure glissé à l’oreille, telle un conseil cerné du tranchant d’une lame. Il n’y avait dans les dires qu’il lui adressait que le manquement d’une perceptive, que l’aveuglement d’un des reflets du prismes de la réalité ; fort heureusement que Shimaenō était de ces âmes révérant chaque aspect de trésors et richesses pour acclamer leurs dorures. Que pourrais-je faire, combien pourrais-je vous donner pour m'assurer que vous ne trahissiez ma sécurité et celle des miens ? Allons allons, flagrante naïveté et confiance mal placée, épargnez donc certaines de ses pensées.

« Vous ne le pouvez pas. C’est là tout votre dilemme. Je pourrais vous promettre de ne rien dire, jouer de charmes pour vous convaincre pour que cela ne soit qu'une mascarade ; je pourrais me montrer réticente, avide de ma liberté en vous refusant tout serment et me taire malgré tout de ma propre volonté. », soupira-t-elle au gré de la fumée de son tabac, désintéressée. « Vous cherchez à dissimuler une présence aux yeux d'autrui en pensant qu'une seule personne pourrait en être gardienne du secret, mais c'est là si bête. L'un des vôtres pourrait porter sur lui des signes involontaires, laisser filtrer cela dans une discussion sans le vouloir, ceux-là même dont l'audace les a poussés vers la terre que vous avez cherché à fuir. Au-delà des mers ou des remparts, votre position est peut-être déjà compromise – et vous ne le sauriez pas. »

L'information est l'or des savants. Son origine n'a pas d'importance lorsque l'argent est le meilleur des mensonges. La taire n'est que se priver de sa richesse ; car elle reviendra indéniablement à un autre.

L'Alchimiste s'avança, fendant l'espace qui séparait son corps de celui de l'enfant Sendai, d'enjambées calmes, lentes dont seul l'écho de ses pas jouait en mélodie cacophonique avec l'aube poivrée du tabac. Il s'échappait du kiseru entre ses doigts, devenait plus intense pour leurs sens à chaque avancée. Elle prenait son temps, au gré de ses mots, ni pressée, ni effrayée – de cette impureté servile qu'était celle de son âme envers le danger. Elle l'avait avoué, à cet esprit : elle n'en était pas à son premier acte profane.

« J’ai pour habitude d’honorer ma parole. », pas toujours, pensa-t-elle. Une habitude avait des exceptions. « Je ne suis simplement pas certaine de vouloir vous la donner. »

Sa cadence se stoppa devant lui, ni trop proche, ni trop près – à peine à un demi bras tendu, suffisamment pour qu’une certaine proximité s’installe, trop loin pour qu’un mouvement ne la prenne de court. Le bec de l’objet revint à ses lèvres, arqué tel son visage sur le côté dans l’ombre espiègle que son expression dessinait sur ses traits comme un pinceau gorgé d’art.

Elle pouvait accéder à sa demande, elle avait pensé à sa rétribution dès que l’occasion le lui avait été donné. Mais elle ne le lui confierait pas. Pas tout de suite. Cela dépendait de lui.

Son doigt tapota le corps de cuivre de l’œuvre maliciée, laissant tomber un peu de cette cendre gênante aux pieds de leurs silhouettes conjointes. Son regard revint lover les traits du nivéen, affublés d’un air équivoque.

« Vous n'êtes plus en âge de frémir de gêne, soit. Qu'en est-il de frémir de peur ? De colère ? », glissa-t-elle, ses lèvres affublées d'une courbe taquine. « Êtes-vous aussi fade que vos ambitions ? »

Ses lèvres se défirent une fois encore du kiseru, bercées des senteurs âcres de son offrande mortuaire : et d'un simple soupir, la jeune femme laissa son souffle expulser son nuage jusqu'à la frimousse de son vis-à-vis, d'une pure et pleine intension d'élever ce dont il désirait se dérober. Conjuguer simplement métaphore et affront discret.

« Mes interrogations vous rendent nerveux ? », ria-t-elle doucement. « ...Ou est-ce la fumée ? »

Elle voulait voir l'Empereur. La rage, la colère, la peur, la crainte dissimulées derrières ces prunelles de verre. Se prouver plus homme que pantin, animé de ces émotions si ferventes qu'elles prenaient ses entrailles en otages, les tordaient de la douleur de les ressentir : mais il n'y avait que celle-ci qui révélait pleinement la vie battante dans ses veines.

Il était aussi froid et muet qu'un macchabé – elle le voulait aussi bouillant que son ire. Assez de la retenue, il n'avait pas même besoin de geste, de tenter de la pourfendre ou de l'occire. De ces traits immobiles, parcourus par des sentiments innocents, elle souhaitait les tailler dans le marbre le plus terriblement humain de Michel-Ange.


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Sendai Yahiko
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Jeu 28 Oct 2021 - 14:45
Ses dents grincèrent doucement d'un subtil agacement, accompagnées de ce même sourire paradoxal qu'il avait déjà arboré auparavant. Les mots incisifs de la Gardienne de Kâtenshêdo tortillèrent son esprit, ils l'écrasèrent comme pour mieux le dompter, ils le confrontèrent à toutes les valeurs et à toute l'objectivité qu'il s'était toujours attaché à entretenir. Ces mots, ils se confrontaient à ce recul, à cette introspection qui l'examinait lui-même derrière une vitre abstraite comme s'il était autre, qui le jugeait comme s'il n'avait aucun intérêt à céder à ses pulsions. Une frustration, une ébullition ou une rébellion, tout aurait été légitime, comme l'aurait été un silence synonyme d'approbation, l'acceptation étouffée des vérités qu'elle lui crachait au visage.

Comme elle prenait plaisir à lui cracher cette maudite fumée qui signait adroitement la toxicité de ses quolibets.

Mais il maintenait cette sérénité qui pouvait le caractériser, soucieux de sauvegarder ce rapport d'égal à égal qu'elle avait élégamment détournée en sa faveur. D'abord, il comptait la rééquilibrer dans son esprit, avant de vouloir tenter de ramener l'harmonie dans leur relation. Il inspira une nouvelle fois légèrement, fermant brièvement ses pupilles cristallines pour mieux se consacrer à ses propres songes, les dénuant de toute influence. Il s'adonna à une réflexion personnelle, à une réunion avec son fort intérieur, à un néant qui le distanciait de toute autorité.

Il devait se rappeler de qui il était, de tout ce qui l'avait mené là. Shimaenō n'était que la Maîtresse de ses œuvres de bois, jamais ne serait elle en position de juger ou d'estimer la valeur de celui qu'elle venait tout juste de coudoyer.

Un ricanement s'échappa de ses lèvres, nuançant d'horreur son sourire et ses traits pourtant si éteints. C'était trop. Trop d'informations, trop de fomentations, trop de mots qui lui firent chanceler son équilibre intérieur. Il ne pouvait traiter cette hardiesse d'esprit, lui qui était si simple et si dépouillé de toute bassesse.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] G7yc

-"Ça suffit."

Elle jouait de lui, il le sentait. Sa faiblesse, elle la manipulait de ses mains et de son esprit, elle l'articulait pour mieux le torturer, la présentant comme un défaut qu'il devait exécrer. Cela, cela s'opposait à ces questions aussi candides que déraisonnables. Pourquoi sauver était synonyme de déficience ? Depuis quand épargner s'associait à une marque de faiblesse ? Seule une réponse se dessinait dans l'esprit du Précurseur.

Chez les fous, le sain d'esprit était l'infirme qu'il fallait corriger.

Ses nerfs se vivifiaient, au rythme de ses paroles et de cette odeur nauséabonde qui envahissait son esprit. Son souffle se fit plus profond, plus viscéral. Il pouvait décider de tout abandonner, mais cela ne changeait en rien sa problématique. Il pouvait décider de l'exécuter, mais cela allait à l'encontre de toutes ses valeurs. Avait-il même pensé à lui proposer de rejoindre ses rangs que tous les arguments qu'elle venait de lui déblatérer étaient autant de raisons pour elle de rejeter l'idée.

-"S'il y a bien une chose que l'Empire eut réussi à me transmettre, c'est que les mots sont futiles. Me donner votre parole n'aurait aucune valeur, comme toutes vos tentatives d'asservir mon esprit. L'Empire n'aurait qu'à vous proposer une offrande plus conséquente que la mienne que cela corromprait votre esprit, l'amenant indubitablement à la trahison."

Il pensait alors aux siens, à Hanae qu'il avait condamné en la laissant à Jôheki, à Ayuu et Kenzo qu'il avait condamné en les envoyant à Urahi, à Medyûsa qu'il avait condamné en la laissant partir seule en territoire inconnu. Dans cette perspective dénuée de tout espoir et de toute confiance, tous étaient déjà comme morts. Il ne lui restait alors qu'à accomplir ce pourquoi il vivait.

-"Mais je pense que cela me convient. Merci. Grâce à vous, j'ai pu trouver ma solution."

Faire de la Manipulatrice la Faucheuse de son existence, celle qui le punirait de ses méfaits. Celle qui le sanctionnerait, à son tour, celle qui pouvait briser la chaîne des regrets en entretenant son inhumaine indifférence.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] Vdhc

-"Je compte sur vous pour me conduire à l'échafaud lorsque vous estimerez que l'heure est venue. D'ici là, peut-être seriez-vous tentée de me laisser vous épauler dans vos objectifs ?"

A contresens de toutes ses attentes, une insulte à l'instinct de survie. La parfaite preuve de tout son altruisme, la parfaite définition du don de soi, loin de toute sournoiserie. Assister celle qui, à tout moment, pouvait décider d'abaisser l'épée de Damoclès, réduisant à l'état de souvenir celui qui avait toujours voulu s'élever au rang de Héros.

Avec ce sourire, on ne peut plus innocent, on ne peut plus candide, reflétant toute sa pureté et toute sa niaiserie.

Car dans ce monde, il était né sot. Et comme si la boucle devait être bouclée, il s'était déterminé à l'idée de mourir sot.


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Jeu 28 Oct 2021 - 22:00
Les yeux de l'Alchimiste s'écarquillèrent, finement, de cette surprise qui n'avait laissé attendre ni présence ni présage sur ses traits, d'un étonnement qui éprit ses muscles tout à la fois. D'une fraction de seconde où elle ne pouvait clamer s'être doutée d'être ainsi prise de court par l'une réaction de celui qui fut un jour second Empereur. Elle passa sur son visage comme le vent ne pouvait caresser sa peau, furtive, rapide, aussi éthérée que la brise apportée par des cieux en révérence à une nuit impatiente d'enlacer le monde, incapable de patienter quelques heures.

Mais ce qui fut un instant d'égarement devint le cœur brûlant de son attrait ; la stupéfaction discrète qui avait régi ses yeux plissa ses paupières, guida l'arc de sa bouche sous la courbe d'un sourire triomphant, avide. Elle qui s'attendait à l'indifférence ou à l'explosion de colère, d'agacement, le nivéen lui avait offert sur un plateau d'argent ce qu'elle ne pensait pas désirer, mais qu'une fois ainsi présenté, elle ne pouvait déloger cette envie viscérale de son esprit ou de ses entrailles. Soumettre sans léguer sa chair au bois d'un pantin, arracher informations et charmes de ses lèvres sans les monnayer, garder sa vie au creux de sa paume en étant où lui était donné la grâce de pouvoir sentir les pulsations de cet organe vital sur sa peau nue, où ses ongles pouvaient se refermer à chaque instant devait-elle le désirer. Le contrôle, pur, simple, absolu sans que l'ombre de la mort ne lui arrache sans son accord.

Elle s'en enivrait à plein poumons.


« Il semblerait que vous êtes finalement plus friand de vous abandonner totalement à un autre que vous ne l'aviez laissé penser plus tôt, mh ? », glissa-t-elle d'un murmure équivoque à leur échange passé sous le couvert de la Dame d'Argent, taquine.

Son kiseru avait été relégué sur le côté, échangé le long de sa senestre tandis que sa dextre s'élevait sur le visage du Sendai, frôlant sa peau nue du bout des doigts, là où gisait les vestiges d'effluves âcres soufflées plus tôt à son minois.

Et pourtant, pourtant, quand bien même son esprit avait désiré glisser la chair de son pouce contre le menton de son vis-à-vis, celle de son index sur la ligne tracée par sa mâchoire pour relever finement son visage – à peine, comme une âme en contemplant une autre sous tous les angles – elle ne parvint pas à le toucher. Pas tout à fait ; c’était-là comme si un infini séparait sa chaleur de la sienne, comme si un espace fantomatique l’empêchait de l’atteindre à moins qu’il ne le désire lui-même, ô combien subtil, mais indéniablement présent. De la peau attendue sous ses doigts délicats ne restait que la froideur d’une armure pourpre. Un souffle amusé lui échappa, scrutant chaque parcelle de ce spectacle d'humanité dont elle ne pouvait se passer.

La jeune femme laissa son propre visage se glisser vers l’arrière, penché. Dévoilant un peu plus la courbe de sa gorge sous les reliefs de sa cape d'obsidienne, elle observait cet homme dont elle était incapable d'empoigner la chair mais dont la souveraineté lui avait été promise, le regard rendu fou par la fascination, par le plaisir ; ses lèvres arquées par un sourire à la fois dément et gorgé de volupté. Sa taille l'obligeait à tordre légèrement sa nuque pour l’observer, se refusant à presser la pointe de ses pieds pour s'agrandir – car elle savait que de tout ascendant physique, aucun ne valait celui qu’elle possédait désormais sur son mental, sa psyché qui était pour elle si fougueusement plus digne d’intérêt que ne l’était un corps. Cette vue lui suffisait, elle s’en délecterait. Ni trop proche, ni trop près, sa main enserrant une mâchoire qu’elle ne pouvait atteindre par un pouvoir reflété dans les yeux de verres de cet homme. Peut-être n’avait-elle jamais été plus satisfaite par le choix d’un autre de toute sa maigre et futile existence.

« Alors ainsi soit-il. », susurra sa voix murmurée par un sourire dément, les yeux plissés par une macabre allégresse au creux des effluves de tabac qu’ils haïssaient tous deux.

La malice et la folie tordirent davantage l'ombre de sa bouche, légèrement entrouverte, lorsqu'elle laissa ses yeux forgés d'ocre et d'éther parcourir chaque once du visage de l’ancien Empereur telle une enfant émerveillée face à un cadeau. Sa main s'ôta du fasciés de ce sot, glissa sur son torse en effleurant l'armure du bout des ongles pour percevoir, sentir malgré cette éternelle illimitée, les battements de ce cœur non pas emballé par la rage ou la colère, mais par le calme d'un courant d'eau, d'un abandon au genou ployé de pleine volonté devant un autre, devant elle. Trop de fois avait-elle été obligée de le faire, de considérer un être comme lui tant supérieur, comme valant plus que sa vie : et de voir une autre âme se plier à cette même immondice en consentant pleinement à son acte avait de ce charmant pouvoir que de ravir tous ses sens jusqu'à ce qu'elle ne soit plus capable de penser. Il n'y avait que cela qui l'intéressait, qui l'obnubilait ; elle se sentait capable d'accéder à n'importe quelle demande face à une telle offrande de soi, par bonté d'âme.

Son toucher s'ôta du renfort illusoire de cette chair immatérielle pour se glisser dans son dos, laissant sa dextre filer sur son bras tel un souffle fantôme lorsqu'elle le contourna. Elle lui fit la grâce de se placer face au vent sans s'éloigner ni se rapprocher ; d'ôter cette senteur qu'il détestait de son nez, là où le vent l'emporterait vers les reliefs des morts, des macchabés de ce village. Elle n'en avait cure – elle remplissait le vœu qu'il lui avait prêté plus tôt, en déguisant son kiseru sous l'arche de ses lèvres sans que l'âcre tabac ne vienne assaillir les sens du nivéen.

Pour autant, elle rompit un contrat sourd passé avec elle-même il y a quelques instants, pria son corps de se hisser sur la pointe de ses pieds, manqua de frôler son épaule de ses doigts pour ne serait-ce qu'accomplir un unique désir : susurrer à son oreille le seul murmure dont elle désirait voir trouver l‘écho du savoir de cet homme qui n’avait pour elle plus nom ni image, seulement qu’il lui appartenait de régir sa vie. Sa joue frôla ses mèches argentées, placée ainsi souveraine dans le creux de son échine, son regard épiant d’une fanatique tendresse l’air qui s’installerait sur son visage, aux mots qu’elle prononcerait.


« Parlez-moi du Dieu du Désert. »

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Sendai Yahiko
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Ven 29 Oct 2021 - 2:01
Au carrefour des intérêts, là où s'accostaient l'Ange et la Démone, se manifestait naturellement un principe aussi rationnel qu'injuste. Le Bon, soucieux de complaire, s'adonnait à l'empathie et à l'effort de convenir. Pour que la Mesquine, soucieuse de gonfler ses intérêts, ne tire profit de la moindre de ses failles.

Lorsqu'il lui tendrait la main, elle lui faucherait le bras. Là était l'inéluctable déséquilibre entre le bien et le mal. Pour l'un, le naturel menait à donner. Pour l'autre, le naturel menait à prendre.


L'iniquité régnait. Sans même concevoir qu'elle ne puisse l'envisager comme un cabotan, il lui avait donné sa parole comme il avait pu lui confier son être. Ses arts, ses techniques, sa voix et ses vertus, sa rédemption les avait fait sienne. Pouvait-il trouver la paix, tant que les ombres des dépouilles des siens n'orneraient ses pensées les plus sombres ? Pouvait-il s'estimer libre, tant que leurs carcasses joncheraient une terre sur laquelle il les avait lui-même envoyé ?

Tout cela n'était qu'une vaste fumisterie. Jamais Ayuu n'avait été contrainte à se rendre auprès des siens, jamais Kenzo n'avait été enchaîné à sa patte. Medyûsa avait été celle qui avait empoigné d'elle-même le gouvernail de son périple, tandis qu'Hanae venait elle-même de prendre l'initiative de rejoindre les siens. Jamais n'avait-il été le responsable de la moindre de ces résolutions, mais l'aube d'une culpabilité naquit tout de même dans ses entrailles.

Une culpabilité qui ne se justifiait que par le plus grand des poisons, que par le plus grand des remèdes. L'amour qu'il éprouvait pour ses amis, la confiance qu'ils lui avaient accordé pour les diriger.

D'un revers de main, il s'était persuadé les avoir chassés.

Jamais l'amour ne l'avait-il rendu aussi aveugle.

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-"Vous êtes vraiment acharnée. Ma vie privée ne vous intéresse pas, je vous l'assure."

Mais aussi prisonnier pouvait-il être de la geôle qu'il s'était lui-même dressé, il restait incapable d'abandonner toute sa raison et sa clairvoyance. Il dessinait parfaitement le paradoxe de tous les êtres humains. Il se persuadait de sa perspicacité et de son ouverture, ignorant totalement les rouages qui restreignaient son esprit comme s'ils n'existaient pas. Il était un oiseau aveugle, qui se pensait libre tant qu'il ne heurtait ses ailes aux contours de sa propre cage.

Et à la jonction de toutes ses préoccupations, la malice de la Marionnettiste s'immisçait finement. Sa délicatesse, il voulait la déchiffrer. Sa danse, ses murmures, ses touchers et autres douceurs, il voulait les redouter. Jamais une proximité n'avait été aussi pernicieuse, jamais une grâce n'avait été aussi faisandée. Sa volupté, elle lui criait méfiance, tout comme ses charmes lui criaient garde. Il ne devait la dévaluer, tant elle était celle qui avait eu l'audace et l'habileté de se jouer d'un Empereur, tant elle était celle qui avait manipulé ses failles pour mieux les pétrir de sa vilenie.

Sa tête, elle ne cessa d'observer les roches qui recouvraient les briques des villes du Rempart. Lorsque celle de l'Alchimiste s'installa sur l'origine de son bras, il ne lui accorda physiquement une quelconque attention, comme son épaule ne réagit à la proximité. Une inexplicable confiance régnait, lui qui lui avait accordée le soin de sa torture jusqu'à son trépas, il su qu'il était inéluctablement à sa merci.

Sa couverture rigide s'ôta calmement sous l'envolée progressive de son chakra zinzolin, laissant reposer son menton sur le haut de sa veste violacée. Dans cette posture, tous deux dessinaient faussement l'image des bras et de la tête, des muscles et du cerveau.

-"Le Dieu du Désert ?", répéta t'il.

Son esprit comprit vivement le cheminement de ses pensées. Peut-être s'imaginait-elle tirer des vers secrets de ses narines d'ancien souverain, mais là était une première méprise.

-"Il n'existe aucune autre information officielle que celle répandue par le Kunai Emoussé. De nombreuses théories soupçonneraient un Ninjutsu comme une cause de son apparition, mais rien n'est avéré."

Sa silhouette ne bougeait pas, il ne faisait que réciter une leçon comme s'il l'avait docilement apprise, bien conscient que l'information qu'il transmettait ne compromettait pas la sécurité du Yuukan.

-"Par contre, j'eu déjà l'occasion d'affronter le Dieu Insecte, ainsi que son hôte. En suggérant qu'ils présentent des similarités avec le Dieu du Désert, cela vous intéresserait-il ?"

Il la découvrait par la discussion, il l'analysait au travers de leur échange. Il avait évidemment pu partager la moindre de ses connaissances au risque qu'elle n'y soit indifférente, mais il préférait s'assurer que le moindre mot qu'elle pouvait avaler lui était réclamé.

Car il lui était impensable de lui donner le repas tout préparé. Si elle souhaitait des informations, il lui faudrait l'intelligence de penser à les requérir.

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-"Après tout, qui sait quels pouvoirs le Dieu du Désert pourrait octroyer à son détenteur ?"


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Shimaenō
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Sam 6 Nov 2021 - 22:50
Un rire fin traversa les lèvres de la jeune femme, dont l‘âme s’était vouée à l’œuvre de l’écarlate, de l’obsidienne et de l’immaculé ; vouée à l’avènement d’un Dieu qu’elle était destinée à servir. À abreuver sa prison d’un sang dépourvu de tout regard et d’intérêt dans un monde où la valeur d’une vie n’avait d’autre prix que celui du pouvoir. Grand, puissant : on offrait en égard à ce fluide battant dans vos veines l’égal de l’or, du diamant ou des plus fines orfèvres que les mains maladroites de l’humanité pouvaient forger. Insipide, insignifiant – votre existence était invisible, illusoire. Elle ne pouvait même se tarer de trouver la valeur du cuivre ou de la pierre.

Semblables à cette pauvreté d’autrefois dont ils reflétaient les couleurs, les brins onyx de l’Alchimiste vinrent frôler le vêtement du nivéen lorsqu’elle pencha son visage – à peine – pour trouver le reflet des prunelles qui l’observaient en coin. À l’aube de la disparition de l’infinie barrière, évaporée telle une offrande pressée aux pieds d’Éole, éther et améthyste se plongèrent dans leurs égaux peint par l’ambre et l’azur, d’un sourire révoquant ses lèvres de tout sa majestuosité.

Le bout de ses doigts effleura les brins opalins tombés dans la nuque du Sendai, d'une caresse éphémère, passagère telle celle d'une brise pressée sur les flancs des Dunes abreuvées par le soleil. D'un toucher irréel, fébrile, qui n'avait d'autre but que de faire fleurir sur sa peau nue une volée de frissons sincères – enroulant, presque, son index dans l'une de ces courtes mèches au crépuscule de son cou.

« Je me demande bien qui vous a persuadé que vous n'étiez pas digne d'intérêt. », susurra-t-elle tout près ; comme satisfaite que sa proximité ne l'ai pas effrayé.


Un sourire malfaisant se fraya un chemin sur les lèvres de l'Alchimiste lorsque la voix de l'homme réverbéra l'ombre de ses propres dires, plus tôt, prononça le nom de cette divinité qui gorgeait son être d'un fanatisme dévorant ses entrailles, annihilait son esprit de toute pensée cohérente devant sa grandeur. Elle s'enivrait de toutes ses paroles, de tous ces parcelles de savoir qu'il pourrait lui conférer à son sujet, qui pourraient gonfler son désir de posséder jusqu'au dernier détail de son existence, jusqu'à son essence même qu'elle voulait ancrer dans sa peau.

Mais alors qu'il pensait, d'une retenue princière, dissimuler à sa connaissance des fragments d'informations qui lui seraient cruciales, un murmure vint trouver les avancées du nivéen pour lui prouver amèrement qu'il n'était pas face à l'une de ces incrédules ; non.

Sendai Yahiko se tenait devant l'une des Adeptes du Dieu du Désert. Devant l'une de ses plus ferventes adoratrices dont l'abnégation égalait l'aveuglement de l'ordre du Saint-Père, dont chaque seconde de sa vie était offerte à ramener celle qui animait autrefois le Vent dans sa chair souveraine, gorgée de sable et de sang de tous les sacrifices faits en son nom ; et comme pour appuyer le poids de sa révélation, sa main se détacha de ces mèches immaculées. Ôta leur poids félin de sa nuque pour assaillir sa psyché du gouffre du manque, de son absence – une punition.

« Pas un Ninjutsu. », déclara-t-elle doucement comme pour le corriger avant de soupirer la vérité sur un ton mêlé de malice. « L’art des sceaux. »

Un toucher, qu'elle ne donnerait à nouveau que lorsque la leçon de ses mots aurait été apprise par l'ex-Empereur – qu'il n'ait entendu son amendement ainsi soufflé, lui laissant entendre l'inutilité de lui mentir. Comme un doux murmure qui lui dicterait que ce n'était pas grave, pour cette fois. Et d'un air si fantomatique qu'ils ne le furent autrefois, ses ongles vinrent longer la courbe de ses vertèbres, frôler la peau qui se dissimulait sous son vêtement pour tirailler son intérêt, lui arracher spasmes et frémissements de surprise. D'une caresse innocente, mais dont les sous-entendus volaient librement telles les divines plumes de sa colombe : elle était toujours là. Un rappel, que même lorsqu'il ne pouvait la sentir près de lui, son emprise demeurait.

La pulpe de ses doigts succéda à ces griffes humaines, ravissant davantage de son corps sous un contact qu'elle mettait un point d'honneur à parer d'une maladive lenteur, d'une langueur qu'elle souhaitait voir subtiliser le Sendai de tous ses sens, de son attention, jusqu'à le dérober de ses moyens. Aussi fébrile, fluctuante qu'une brise, aussi intense qu'une électricité révoltant son échine de frémissements involontaires. Tendre, en apparence, mais qui n'avait pour elle que la malice de manipuler ses pensées et ses ressentis sous l'égide de ses désirs. Une mâchoire qui se tendait, un souffle qui trahissait aise ou inconfort ; qu'importe. Elle accueillerait chaque réaction avec le même plaisir que son contrôle lui procurait.

« Alors les rumeurs sont vraies. », soupira-t-elle, étreinte d’une fascination si fervente qu’elle ne pouvait l’empêcher de ravir ses prunelles. « Les hôtes existent. »

Ce fut le tour de sa paume d'étreindre la chair de son vis-à-vis, de se glisser pleine et entière sur son flanc en suivant la course d'un pas qui la mènerait de nouveau face à lui. De ses vertèbres à ses reins, du creux de son dos à sa hanche, elle laissait un toucher bien plus fervent se présenter à son attention. De la fébrilité de la caresse ayant touché ses cheveux, elle s'adonnait à un contact franc, progressif à l'image de ses faits et gestes qui – elle l'espérait – happaient petit à petit davantage de sa concentration, flirtait avec la lisière de l'innocence.


Elle ignorait l'existence d'un Dieu Insecte. C'était chose faite.

Un frisson parcouru sa propre échine, lorsqu'elle entendit la possibilité sourde que le Roi du Désert ne trouve un détenteur, d'un souhait secret que son âme ne prenne ce rôle telle la plus grande offrande qu'elle ne puisse jamais faire à sa divine existence.

Son menton se releva tandis qu'elle finissait sa danse, de nouveau face à face avec ce nivéen dont elle ne semblait pas décider à se défaire ; physiquement ou mentalement. Un sourire fermement ancré sur ses lèvres, teinté de malice et d'envie, elle laissait ses yeux trouver les siens avec un air accrocheur.

« Voilà un homme qui sait faire des compromis., souffla-t-elle, amusée. Mais tout intéressant que vous ou vos paroles pourraient être, vous le seriez davantage avec un peu d'ivresse et d'alcool au creux de ma main. »

Elle l'avait susurré d'une voix équivoque, charmeuse comme à son habitude – mais derrière ce jeu, se cachaient une volonté de ne pas évoquer de tels sujets au milieu d'un village écrasé par le courroux d'un Esprit inhumain, au milieu de cadavres et d'une désolation rappelant l'affront qu'ils avaient mené. Tant par l'inconfort de demeurer ainsi debout durant des heures que par souci de ne garder ces soupirs que pour elle, de ne risquer qu'une oreille curieuse n'entende ce qui lui était destiné. La discrétion d'une auberge et d'un tenancier, au contraire...

Et il y avait cette part d'elle qui souhaitait l'éloigner de ces lieux, pour ancrer l'offre qu'il lui avait faite – sa vie – dans le souvenir, dans l'acté. De laisser derrière lui, métaphoriquement et physiquement, ceux qu'il pensait avoir abandonné. De créer, par la réalité, l'illusion qu'il paraissait nourrir pour assouvir davantage son pouvoir, son contrôle.

Elle aurait pu le dire d'une autre façon, se défaire des sous-entendus gracieux qu'elle appréciait tant nourrir de ses attraits ; mais cela était bien moins plaisant.

D'une simple pression sur son flanc, son pouce glissant avec le talon de sa paume sur l'aube de ses côtes, elle tâcha de le rappeler à elle d'un frôlement éphémère, le visage légèrement penché sur le côté.

« N'êtes-vous pas d'accord ? »


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Sendai Yahiko
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Dim 7 Nov 2021 - 17:55
Un contact spectral, une caresse abstraite. La vicieuse étreinte resserrait ses griffes sur la nuque de sa proie au point de chute de ses mèches enneigées, les abandonnant délicatement pour souiller de ses desseins les plus sombres le contour de ses côtes. Le toucher était sournois mais il criait sa vilénie, le flirt était tendre mais il ne camouflait son désir le plus profond : l'intérêt.

L'appel de la cupidité, la soif du savoir, nulle autre excuse ne savait définir la parade de l'Alchimiste autour de son sujet. Sa danse tentatrice ne pouvait se défaire de l'excitation qui émerveillait ses iris vairons. Ses traits, tirés par l'envie. Ses lèvres, étirées par son appétit. Le Sendai fut trahit par ses instincts, mais jamais n'eu t'il l'indécence d'abandonner sa lucidité. A l'effleurement de ses ongles, ses muscles se contractèrent. Ses frissons se heurtèrent aux vêtements pourpres qui les surplombaient, tout comme ses lèvres se retroussèrent légèrement sous son contact, s'embrassant l'une contre l'autre comme pour combattre le naturel qu'il voulait camoufler.

Mais derrière ces expressions qui dessinaient toute la fragilité du genre masculin, sa mâchoire légèrement crispée, elle, renvoya l'image d'une réflexion avant l'action, d'une prudence avant l'erreur. Le Démon était connu pour ces procédés les plus impurs, et indigne aurait été subjectivement l'Empereur qui aurait priorisé le sentiment avant le discernement. Car là où avaient pu échouer bon nombre de faibles à ses yeux, lui ne devait se corrompre.

Jamais ne devait-elle oublier que l'ex-Empereur, à la manière de tous ceux qui n'avaient plus rien à perdre, était maintenant libre d'exploser comme il le désirait. Il était condamné.

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-"Ce serait logique, effectivement. Ce sont par les sceaux que nous avons crée les hôtes, sûrement sont-ils ceux qui libérèrent les Dieux."

Une nouvelle pièce dans le camp adverse, un pion qu'il attrapait du bout de ses doigts pour le glisser doucement sur cet échiquier de voracité. Elle s'animait par la cupidité, alors la Marionnettiste pouvait être manipulée. En suscitant l'appétence, en attisant la curiosité. Le Deuxième disposait des informations, comme il disposait du droit de les partager. De sa malice à lui, sa bonté était une clef de voûte. Ses secrets, elle pouvait les mériter, au prix d'une certaine patience et de quelques caprices qu'il pouvait imposer.

Elle avait besoin de lui, car lui seul dans le Yuukan était l'Empereur. Et lui seul était à la portée de sa main vénale et gorgée de cupidité.

-"Les hôtes existent, je peux vous l'assurer. En me confrontant au courroux de l'un d'eux, j'en fut persuadé. C'était... intéressant, original, novateur."

Ses mots se voulaient justes, précis. Ils suivaient la voie que traçait son esprit pour mieux les guider vers la plus grande faiblesse de l'Avare. Cela démontrait alors toute sa faiblesse face à la Mort, toute sa crainte de rendre son dernier souffle. Pouvait-il mourir maintenant, tout de suite, que cela priverait l'Adepte de tous ses trésors. Pouvait-il se rendre d'ores et déjà à l'Empire, levant les bras pour crier sa reddition, qu'il honorerait sa parole auprès de ses amis qu'il avait abandonné.

Mais il était bien trop lâche. Son approche se voulait vile, mais elle était née de son plus profond désir de rester en vie. Induire chez cette jouvencelle le besoin de sa pérennité, c'était s'assurer qu'elle ne puisse le vendre.

Son contact se fit plus prononcé, mais il ne broncha pas. Comme s'il voulait opposer sa propre machination à celle qui jouait de son charme pour mieux le dompter, comme s'il voulait trouver dans ses réactions à elle le fruit de son intérêt et la faille de son aspiration, il la laissa danser. Son corps se voulait toujours si nerveux mais son esprit ne vacilla pas. C'était son propre corps contre son propre esprit, son propre bien-être contre ses valeurs ancrées.

Et elles ne se fractionneraient pas.

-"Vous oubliez qui je suis, ici."

Ses lèvres s'espacèrent légèrement pour tracer un sourire presque innocent. Car si à ses plus grandes ruses elle avait tenté de troubler ses objectifs à court terme, lui était toujours hanté par le soucis de revoir, en vie, celle qui avait rejoint son clan.

-"Je ne suis aussi libre que vous. Je ne suis qu'un renégat, bon à être enfermé dans un Domaine et ce jusqu'à ce que la sentence ne soit levée. Il m'est sûrement impossible de me balader à ma guise sur les terres de Jôheki."

Son regard toisait le sien. Il s'attendait à y trouver de la frustration et une grande teinte d'agacement, mais il jouait les pièces qu'il était apte à jouer. Celles qui lui assuraient la survie, bien conscient que son destin était maintenant lié à cette inconnue. Il devait partir, avec toute l'assurance qu'elle et lui était menés à se revoir un jour sous peine que l'Empire ne vienne s'imposer sur des terres neutres.

-"Nous boirons ensemble, je vous le promets. Mais avant de vous retrouver, je dois aller récupérer mon amie à Urahi, comme vous l'avez entendu. Nous aurons toute l'occasion d'échanger ensemble et de voyager ensemble lorsque je me serai débarrassé de quelques devoirs."

Et finalisant sur quelques touches sournoises, il servit sur un plateau d'argent quelques mots pour mieux la séduire, à son tour.

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-"Nous pourrons alors mener ensemble nos recherches sur le Dieu du Désert, même si cela nous confronte au peuple de Kaze."


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Shimaenō
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Mer 17 Nov 2021 - 18:30

Elle avait vu, du coin de l’œil, ces éclats de faiblesses qui avaient traversé les traits de l’Empereur Sendai à son toucher ; ces lèvres pressées ensembles comme pour retenir des mots ou des soupirs de ne lui échapper, sa respiration devenue surprise, lourde. Ces frissons, qui avaient si doucement parcouru son corps. Et de chacun de ces aveux, l’Alchimiste en réverbérait le souvenir dans ses pensées, où ils gorgeaient davantage le sourire sur son visage de cette allégresse d’avoir triomphé. Elle adorait, de cet amour servile, voir ainsi ses gestes glisser de telles réactions chez autrui, lui donner cette impression divine qu’il ne suffisait que d’un contact, aussi fébrile que la brise, pour ravir à son aise le corps d’un autre.

Elle s’amusait à penser qu’il pouvait en être de même pour son esprit – qu’aussi captivé qu’il paraissait l’être, sa chair n’aurait pas été la seule à s’agenouiller – mais ce serait mal connaître l’homme qui se tenait devant elle, malgré le peu de temps échangé en sa compagnie. Quelque part sous cette mâchoire serrée et ces muscles tendus se cachaient des pensées qui s’efforçaient, peut-être même sans difficulté, à se défaire du joug humain de ses réactions. Elle ne pouvait pas encore clamer l’avoir conquis pleinement, entièrement… mais étrangement, l’Adepte ne s’en formalisa pas ; n’éprouva aucune gêne, elle qui voulait tout convoiter : car il y avait ce savant plaisir que de n’obtenir une chose qu’après avoir combattu, bataillé pour se l’accaparer.

Un air de conquête, qui l’enivrait bien plus qu’une victoire simple, facile – d’autant plus sur un être dont la naïveté l’avait tant poussé à sous-estimer son intérêt.

Ses doigts glissèrent sur le velours de son vêtement, frôlèrent ses côtes de leur chaleur habile ; et de ce qui était il y a quelques instants un toucher franc retrouva l'éphémère de simples caresses abandonnant ses hanches pour révoquer bien d'autres parcelles du nivéen. Ses phalanges passèrent, fantômes, le long de ses flancs, dessinèrent les courbes de son abdomen dont ses ongles effleuraient l'aube tel un sculpteur d'œuvres d'art – et pas un instant n'ôta-t-elle ses yeux des siens, de prunelles plantées dans d'autres pour en convoquer toute l'attention, d'un plaisir d'observer ses réactions à l'instant même où ses gestes géôliers ne faisaient courir leurs souffles sur son corps.

Un rictus vint parer ses lèvres tandis que le bout de ses doigts s'élevaient jusqu'à son torse, où les battements fragmentés d'un cœur affolé perçaient sous son toucher.

« Qui êtes-vous, alors ? Vous dirigiez autrefois un pays... pourquoi être effrayé de marcher librement sur les chemins d'un autre ?, elle laissa sa peau se presser davantage, à peine, sur les reflets vermeils de son vêtement, comme pour percevoir avec bien plus de clarté les impulsions de l'organe qui s'y dissimulait. Les Remparts ne vous ont-ils dont pas offert leur protection ? »

Il n'était pas libre. Évidemment. Un homme en servant un autre, elle, ne l'était jamais ; c'était-là un savoir qu'elle avait appris à ses propres dépens, inculqué dans son esprit comme sa chair n'avait été occise par la brûlure du fer.

Une dérobade à ses yeux, simple, pour se soustraire à la compagnie discrète d'une taverne, pour se refuser à la suivre et demeurer un tant soit peu décisionnaire de cette situation où l'angle du pouvoir parut flancher. Glisser, tel un courant d'eau entre les doigts de l'Alchimiste où le Sendai semblait avoir insufflé une part de ce flux si pur dans sa nature pour contrôler sa course irrégulière. Elle ne s'en inquiéta pas, pas tout de suite.

Ce fut le ton qu'il employa qui fini de raviver ce qu'elle craignait – non. Ce qu'elle abhorrait. Il y avait, dans sa voix, la même expression à laquelle elle fut tant de fois confrontée, à un temps où elle n'avait d'autre valeur que celle que l'on voulait bien lui donner : acquise. Comme si, d'un si frêle échange, de promesses banales, le nivéen considérait qu'il lui était possible de partir, désormais, avec l'assurance qu'elle ne puisse jamais le trahir, se projeter dans un avenir où il ne viendrait la trouver que lorsqu'il le désirerait, que lorsque cela lui seyait.

Nous aurons toute l'occasion d'échanger ensemble et de voyager ensemble lorsque je me serai débarrassé de quelques devoirs.

Vous oubliez qui je suis, ici.


Elle n'aimait pas la suffisance.

Jamais l'ex-Empereur n'avait pensé ainsi ses mots. Sous-entendu qu'il souhaitait rompre leur accord ; cela, n'importe quel spectateur de leur danse aurait pu le comprendre. Mais dans son esprit tronqué par la trahison, par des années où elle ne fut non pas celle qui commandait et désirait autrui, qui accaparait ce que son bon vouloir lui susurrait, mais celle qui, au contraire, se trouvait manipulée, désirée, prise sans égard, c'était-là tout son instinct qui la poussait à se défendre d'une menace pourtant illusoire. Elle n'avait aucune assurance qu'il ne se jouait d'elle à son tour : qu'une fois arrivé à la terre du Feu, il ne s'échappe pas sans qu'elle ne puisse lui faire payer le prix de sa promesse.

Elle détestait l'incertitude. Son emprise se fragmentait par son propre doute, par ce sourire innocent qu'elle aurait pu tendrement contempler avec confiance... mais qui tranchait tant avec la fourberie battant dans ses veines qu'elle ne pouvait le penser autrement que comme un reflet de ses propres actions, de ce qu'elle ferait, à sa place. Pour survivre.


Il était plus aisé de penser l'autre comme un ennemi, d'envisager le pire que de ne prendre le risque d'être trahie.

Sa bouche se pinça, sa mâchoire se serra à ses paroles. La main qui couvrait autrefois son cœur se crispa, finement, à l'image d'un souffle passant sur sa peau comme s'il se refusait à attirer l'attention de cet homme sur le changement qui s'opérait en elle ; mais elle n'aurait pu retenir la colère de creuser son corps quand bien même l'Adepte l'aurait désiré, qu'elle n'aurait voulu le couvrir d'autant de masques et de séduction que le calme pouvait tracer sur son visage.

Ses doigts se détachèrent de son torse d'une liberté fantôme, frôlèrent du bout des ongles les détours de son thorax, là où ses poumons grandissaient au fur et à mesure des inspirations gonflées de vies. Un rictus aguicheur aurait pu trouver ses lèvres, ses caresses se poursuivre pour le faire danser, frémir jusqu'à atteindre son cou, la pointe de ses pieds aurait pu la hisser jusqu'à sa hauteur pour susurrer de nouveau quelques mots à son oreille – mais il n'en fut rien.

De cette sensualité d’autrefois, elle lui soumit le joug de son déplaisir, le poids de l’étreinte de ses doigts autour de ce col améthyste.


Sa poigne se referma sur le tissu épais couvrant sa gorge dans un choc vif, l'attirera sèchement, amèrement vers elle d'une force brisée par l'agacement : que son échine n'ai d'autre choix que de se courber pour la trouver, de forcer ce corps à ployer devant sa volonté. C'était à lui de s'abaisser devant elle. Il n'y avait dans ses yeux, dans son attitude, plus aucune séduction, plus aucune habileté envoûteuse : seulement le courroux effervescent qui tarissait sa bouche et sa gorge de leurs mots tronqués, dans toute cette élégance qui ravissait ses traits féminins.

Il lui avait offert sa vie. Elle comptait bien s'en emparer, lui faire éprouver la dureté d'une telle offrande.

Son étreinte enserra son col, rapprocha son visage au plus près du sien jusqu'à ce que leurs souffles ne puissent clamer s'entremêler, d'une main frémissant d'une fureur froide, languissante – mais il n’y avait dans son geste aucun charme, si ce n’était peut-être celui du reptile refermant son emprise et dont les crocs sifflaient la menace de sa colère.

Ses iris se plissèrent, plantés dans leurs homologues où dansaient les couleurs du ciel : et ô qu'elle aurait voulu assouvir leur lumière, les plonger dans le berceau le plus profond de l'onyx pour les teinter de la trahison qu'elle pressentait dans son cœur.

Un murmure lui échappa, grondant de l'amertume qui lovait chacun de ses mots. Leurs revers, soufflés, couraient librement sur les lèvres de l'Empereur lorsqu'elle les prononçait, d'une proximité qui tâcherait de lui faire éprouver l'intensité froide de son ire.

« Vous qui arborez la compagnie d'une colombe, combien de battements d'aile faudra-t-il à un messager pour rejoindre Urahi selon vous, mh ?, glissa-t-elle, d'un ton qui, étonnamment, était bien loin d'être emporté par les émotions qui l'animaient. Une poignée d'heures ? Une demi-journée ? Sûrement moins qu'il n'en faudra à la gamine et son chien qui vous accompagnaient pour s'y rendre à pied. Mais peut-être lui réservez-vous la délicieuse surprise que d'être cueillie par le fer des lances de leurs soldats ? Une embuscade pour dégourdir son corps frêle avant qu'elle ne soit jetée en prison ou en pâture ?, ses dents claquèrent, d'un sourire aussi venimeux que ses paroles. Oh, je ne vous pensiez pas si sournois, si mesquin, Empereur. »

Son visage se pencha, à peine, sur le côté, frôlant le bout du nez de son vis-à-vis à l'ombre des mèches de cheveux qui paraient son visage.

« Car je ne vois là aucune autre explication pour cette attitude si désinvolte qui est la vôtre. Pour cette impression que vous donnez d'être libre de partir, affranchi de tout soucis, comme si je vous avais donné ma parole de ne rien dévoiler. Comme si vous m'aviez satisfaite avec si peu d'aveux. »

Sa main étrangla un peu plus le tissu qui couvait dans sa paume, l'éleva vers son menton afin d'écraser, délicatement, la glotte qui se dissimulait derrière ses phalanges recroquevillées ; le gêner, physiquement, d'autant d'aigreur qui étouffait l'Alchimiste.

« Mais je dois me tromper, n'est-ce pas ? Vous n'êtes pas stupide au point de penser que vous m'êtes indispensable. »

Le charme revint sur ses lèvres, muées en un sourire acerbe, malicieux : mais dénué de toute cette chaleur féminine que leur proximité aurait pu laisser entendre. La hargne était là, discrète, muée au creux d'un batifolage vengeur.

« Après tout, rien ne m'empêche de me rendre à Urahi, poser ces mêmes questions à votre remplaçant. Je suis certaine que les informations que je possède le raviront tout autant que celles que vous avez laissées dans votre sillage ne le feront pour moi. Peut-être me les révélera-t-il sans cette envie maligne que de me forcer à les citer une par une que vous mettez un point d'honneur à faire depuis lors. », elle arqua l'un de ses sourcils, finement. « Toutes les connaissances dont vous disposez, il les détient : plus, même, si les autres dirigeants du monde se sont laissé aller à quelques confidences après votre départ, vous ne pensez pas ? »


« Vous m'avez demandé plus tôt de vous proposer un marché qui vous assurerait que je ne vous trahisse pas. Très bien. »

Un rire traversa ses lèvres, sa mâchoire arquée par une sensualité retrouvée, celle de savoir, au plus profond d'elle, que son ultime désir serait absout pour peu qu'elle ne daigne le prononcer.

« Mon prix sera le Dieu du Désert. Je n'en accepterais aucun autre. »

Sa poigne enserra davantage le tissu de son col, raffermit l'étau tendre que son emprise imposait sur sa gorge, sur le contour de sa mâchoire, sans rompre à aucun moment la frêle distance qui demeurait entre leurs visages ; comme une énième façon d'imposer, de dominer ce qui tentait de lui échapper.

« Et si je dois l'abreuver du sang d'un autre Empereur pour provoquer son éveil, c'est une grâce que je suis prête à payer. »

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Sendai Yahiko
Sendai Yahiko

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Sam 20 Nov 2021 - 16:16
Que son aubade ne l'envoûte, accompagnée de sa plus somptueuse sensualité, elle n'en aurait cette prétention. Le Deuxième n'était insensible à la beauté et à la grâce : il l'était cependant à la volupté lorsqu'elle s'animait par l'intérêt. Perspicace comme il détestait se sentir pétri par une habile fourberie, lucide lorsqu'il s'agissait de discerner l'ombre qui désirait ardemment s'accaparer de sa liberté de penser, jamais son faciès ne saurait s'aviver par autre chose que par ses réactions les plus naturelles et primitives, celles soumises à son contact aussi imprévisible qu'expert.

Comme si son passé avait pu forger son adresse, il sentait par sa virtuosité qu'il n'avait dû être la première victime de la Marionnettiste. C'était comme elle s'en était vanté contre l'Ogre de la Montagne, "je n'en suis pas à mon premier acte profane", ces mots qui, accompagnés de tout ce qu'elle dégageait, dessinait en grand dans le ciel son passé de miséreuse qui, soucieuse de survivre, avait du s'adonner à ce qu'il y avait de plus inhumain et de plus exécrable. La tromperie, la manipulation, la trahison ou le profit.

L'inverse de ce qui galvanisait celui qui ne croyait qu'en la paix, qu'en la confiance, qu'en la fidélité et qu'en le respect.

Ces mêmes vertus qu'il comptait défendre auprès d'elle, comme s'il ne pouvait percevoir autrement que par ce biais naïf et innocent.

-"Votre réponse se situe dans "l'autrefois". Je ne peux trop vous en dire, mais si je vous parle de renégat destiné à croupir dans un Domaine reclus, je pense que vous pourrez trouver ce que vous cherchez."

Un autre sourire se dessina sur son faciès d'ange, illustrant une nouvelle fois sa candeur la plus naturelle bien qu'elle n'était cette fois dépourvue de toute réflexion. L'Ex-Empereur avait reconnu sa posture à l'internationale, et il savait mieux que personne tout l'intérêt qu'il avait à s'aplatir devant un pays tout entier, même s'il était apte à rivaliser contre leurs troupes les plus expérimentées.

-"Vous pouviez vous en douter. Un Empereur déserteur a tout intérêt à s'écraser s'il ne souhaite que sa tête ne se sépare de son corps sans qu'elle ne puisse le réaliser."

Il tourna légèrement son buste vers la droite puis vers la gauche, ses prunelles dansant vers l'horizon comme pour profiter d'une liberté qu'il pouvait enfin s'octroyer. Celle qui lui avait été prise depuis qu'il avait pénétré au sein des Remparts, ou plus loin encore... depuis qu'il avait fui les terres du Feu.

-"Je me sens capable de rivaliser avec les plus grandes puissances du Yuukan, mais le nombre a toujours été déterminant dans un combat. Je ne peux me permettre de risquer qu'une garde surentrainée ne vienne lutter jusqu'à mon épuisement."

Alors ses pupilles vinrent côtoyer une nouvelle fois celles de la Binaire, se posant calmement sur elles comme sa voix parvenait doucement à ses oreilles, sans une once d'agressivité ou de défi.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] 0vf3

-"Je ne vous ai pas menti. Je refuse votre invitation car cela n'est pas sage pour mes intérêts. D'ailleurs, si vous souhaitez faire de moi votre homme de main, cela va également dans le vôtre."

~

L'atmosphère se tordit, comme soumise au cri sourd d'effroi de l'Abusée. La chaleur glacée de son toucher se transforma en une froideur assumée, à son charme manipulateur se substitua une vigueur vengeresse qu'elle semblait vouloir lui asséner. Son regard ne broncha pas, bien qu'il fut légèrement secoué par cette violence, et son corps ne réagit non plus à cette poigne qui attirait son buste vers son visage, croisant leurs souffles de cette proximité.

Il n'était plus que le martyr, il endossait maintenant le rôle de coupable. Froissant sa confiance, l'emmenant dans les tréfonds de souvenirs dont il ne soupçonnait pas même l'existence, il eu révélé à la Manipulatrice des images qui lui appartenaient et qui reflétaient ce qui l'avait mené à devenir l'Alpha. Cette conséquence issue d'une cause inconsciente percuta le miroir de son innocence, se frottant à son incompréhension la plus grande alors qu'il lui avait fait don de sa plus grande sincérité.

Il agissait selon son caractère le plus inné, elle lui répondait de son tempérament le plus acquit.

Et dans ce conflit qui naissait dans sa méfiance la plus hostile, il ne sut y trouver une réponse adaptée. Comment réagir ? De ses mots les plus vides ? Elle n'y croirait point. De ses promesses les plus sincères ? Elle n'y trouverait aucune valeur. Sûrement pouvait-il l'accompagner de toutes ses paroles les plus riches et variées qu'elle ne voudrait les entendre, elle ne pourrait que les écouter. Elle était à l'image de l'Empire et de bien des shinobis : insensible aux discours, perméable aux gestes.

Il ne pouvait trouver la réponse dans sa rhétorique. Il tenterait de la trouver dans son timbre et dans sa voix.

Son visage resta calme, et les yeux vairons de son interlocutrice pouvaient trouver en ses traits l'expression de sa plus grande fidélité. Ses pupilles comme ses paupières ne se froncèrent pas, elles s'accompagnèrent d'un nouveau sourire, aussi doux qu'elle pourrait le trouver arrogant, qui exhibait une nouvelle fois toute sa franchise et toute sa bienveillance. Il n'était pas trompeur, comme il n'était pas fourbe. Il n'était que le produit de toute la simplicité que Dame Nature lui avait octroyé dès sa naissance, de son soucis d'être en harmonie avec lui comme avec les autres, de son désir le plus ardent d'apaiser les cœurs.

Sa dextre s'éleva lentement, entourant tendrement son poignet sans qu'il n'ai à lâcher son emprise visuelle. Jamais n'eut-il osé lui partager une quelconque agressivité ou une quelconque surprise...

Il ne la tromperait pas.

Et comme si toutes ses menaces n'étaient qu'un courant d'air éphémère qui ne pesait aucun poids, il ne tenta d'agir que sur le fond de ce qu'elle ressentait. Il en eu même oublié sa peur de mourir comme sa stratégie, il ne lui restait que son soucis le plus spontané d'adoucir son tourment.

-"Je peux trouver dans toutes vos menaces votre crainte d'être dupée. Rassurez-vous. Je n'aurai été présenté comme l'Empereur Passif si mes ruses n'avaient d'égal que de mon pouvoir. L'Empire put-il me détester sous mes airs de pacifiste, il eu complètement raison. Jamais ne me serais-je permis de conquérir, de manipuler, d'attaquer ou de tromper. Respecter et lutter pour la paix, ce sont les deux seules choses pour lesquelles je suis capable d'agir."

Sa main effleurait toujours son poignet, sans tenter de retirer sa poigne de son col améthyste enroulé sur lui-même, soumis à cette force qu'elle exerçait vigoureusement.

-"Si je vous voulais du mal, je vous laisserai effectivement me tuer et je vous laisserai silencieusement faire affaire avec le Troisième. Comme de nombreux avant vous, vous auriez été abusée et trompée, et au vu de vos talents, je peux vous assurer que vous n'en seriez ressortie vainqueur. C'est un Empereur, un tueur compétent, un ninja très puissant, un manipulateur expert et un Jinchuuriki. Vous n'avez aucune chance."

Son sourire s'effaça légèrement tandis qu'il dévoilait une nouvelle vérité subjective à ses oreilles.

-"La seule raison pour laquelle vous avez réussi à me manipuler, c'est parce que je ne suis pas capable de tuer quelqu'un dont je ne connais les méfaits. Ne l'oubliez pas. Ce que vous avez entreprit avec moi ne marchera pas avec d'autres, et certainement pas avec Shinrin Hanzô. Il vous volerait sournoisement votre Dieu du Désert, avant de trancher votre gorge humidifiée par vos larmes... Je sais de quoi je parle."

Il pouvait imaginer une lutte pour la cupidité la plus légitime, un funeste affrontement verbal ou physique pour que chacun puisse atteindre le trésor tant désiré. Pire que cela, il imaginait parfaitement l'Empereur actuel tenter de s'emparer du Dieu du Désert en même temps qu'il abritait déjà le Dieu du Ciel. Un désastre capital pour son corps qu'il semblait penser apte à contenir tous les pouvoirs.

Et maintenant qu'elle lui avait montré sa plus profonde douleur, il ne pouvait se résoudre à l'abandonner dans ce guet-apens.

-"Votre prix sera mon prix. Vous désirez le Dieu du Désert ? Je vous aiderai à le capturer pour vous, je peux même vous apprendre dès maintenant la technique permettant de le sceller. Mais comment pouvons-nous nous assurer, avec la présence de quatre scelleurs, qu'il vous reviendra effectivement de droit plutôt que de revenir à un ninja talentueux du Pays du Vent ?"

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Une guerre qui semblait perdue d'avance, car jamais les forces du Vent ne pouvaient avoir la volonté d'octroyer leur Dieu à une inconnue.

Encore moins si celle-ci forçait son absorption.

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Shimaenō
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Dim 28 Nov 2021 - 17:30


Aucune réaction n'avait éprouvé les traits de son vis-à-vis, quand bien même sa violence avait percé à travers les fragments illusoires de ses charmes, quand bien même sa poigne l'avait rapproché au plus près d'elle, d'une intimité qui tiendrait à elle seule de creuser l'envie de bien des hommes et des femmes de ce monde pour peu que l'on ne leur propose. L'attrait de la chair était un outil comme un autre pour celle qui avait appris qu'il n'y avait dans son corps aucun autre intérêt que celui d'utiliser et être utilisé ; mais face à lui, ses courbes revêtaient bien d'autre rôle que des amantes aguicheuses. Elles ne les voulaient pas ainsi, à cet instant. Si elle s'en servait bel et bien... ce n'était pas pour inspirer le désir, non. Mais la crainte, l'incertitude, le doute et la peur de ce qu'il pouvait advenir, de ce que la colère dormante dans ses iris ne pouvaient promettre de plus odieux, de plus profane. Elle avait espéré qu'un fragment de ces émotions se dévoile sur ce visage nivéen, celui d'un enfant couvé de toute la fausse candeur de ce monde... mais ce ne fut là qu'un refus de plus qu'il accorda à sa volonté.

Il n'y avait rien qui transparaissait une quelconque réaction de sa part. Rien.

Seulement le doux contact d'une main lovée sur sa peau.


Elle n'avait pas tressaillé. Ni par sa caresse, ni par ses dires ou promesses. Elle n'était pas l'une de ces vestales dont les pensées et les sensations se voyaient ravies par la simple chaleur d'un autre, dont l'inexpérience criarde les forçait à s'abandonner à toute attention.

Mais s'aurait été se mentir que de se dire qu'elle n'avait pas été surprise. Par cette... cette foutue innocence qui lui collait à la peau comme un mensonge à ses yeux. L'impossibilité primaire qu'un homme ne puisse se défaire de ses plus infâmes travers ; qu'un être parcourant cette terre ne puisse prier l'Avarice, la Colère ou l'appétence de toute chose. Elle l'avait vu. Elle en avait fait l'expérience, en avait été marqué au plus profond de sa chair tant par l'égide d'un fer mourant que des mains irrévérencieuses, trop aventureuses.

Sa poigne se raffermit, faiblement, autour de ce col améthyste qui en ces maigres secondes incarnait le seul contrôle qu'elle pensait pouvoir posséder. Ses yeux scrutaient d'une attention maladives les orbes d'opales dans lesquelles il leur étaient donnés de se plonger corps et âme, désespérément en quête d'une ombre d'infortune, de calamité ou de misérable : de tous ces indices qui leur révéleraient sa véritable nature. Elle voulait déceler, dans ces iris offertes aux reflets de l'aurore, une raison, une preuve qu'elle ne pouvait se tromper. Que cette impression que l'illusion de ses pensées et le réel de ses actes n'avaient aucune chance de se mêler.

Elle n'en trouva aucune.

Elle ignora pourquoi le dégoût éprit ainsi sa gorge à cette simple réalité.

Sa mâchoire demeura fermement serrée lorsqu'elle l'entendit prononcer ses derniers mots, quand bien même son regard se déroba au poids du sien ; alla chercher sur les courbes de son flanc un intérêt tout autre. Un point d'ancrage où son attention substituait sans exister, un lieu où ses prunelles pouvaient se perdre tandis que son esprit réclamait toutes ses pensées fragmentées. Il vous volerait sournoisement votre Dieu du Désert, avant de trancher votre gorge humidifiée par vos larmes. Je sais de quoi je parle.

Elle déglutit.

L'écœurement de cette infâme gentillesse ne partait pas même en le chassant de sa langue.

« ...Et ce n’est certainement pas une option. »

Avec lui vint la nausée.


Sa main se défit de son vêtement, chassa la sienne sans intense violence – d’une simple dureté sous-entendue qui voulut ôter son contact, prendre un peu de cette distance qu’elle avait rompu plus tôt. Sa dextre vint s’emparer du kiseru demeuré au coin de sa jumelle, laissant ses doigts jouer sur sa ligne boisée pour mieux glisser son bec entre ses lèvres. D’une inspiration, puis deux, sa poitrine se gonfla d’un air entaché par un marbre malsain, d’un tabac hâtif d’épouser le froid de l’hiver qui se faisait tant désirer sur ces terres. Elle ne le regardait toujours pas. Ses yeux avait trouvé les dédales de la nature, les détails des herbes écrasées par les pierres et les hommes.

Finalement, sa voix s'éleva dans le silence qu'elle avait elle-même installé lorsque, du bout de l'ongle, elle vint renverser l'objet vers le sol et tapoter doucement sa forme pour en faire chuter les cendres rémanentes.

Son ton, lui, fut tout autre. Différent de ce qu'elle lui avait confié précédemment. Il se faisait calme, dénué de toute forme de manipulation si bien qu'il ne semblait pas même lui appartenir. Ces lèvres qui avaient susurré tant de délices, tant de fautes et de menaces épousaient pour l'ombre de quelques mots les courbes du naturel, d'une colère sourde, muette, tamisée sans qu'elle ne paraisse éclater. Un agacement, plus qu'autre chose, mêlé au dégoût de ses réactions. Rien de tout cela ne se lisait dans sa voix.

Il n'y avait que l'apathie.

« Avez-vous seulement un jour éprouvé la colère ? »

L'objet éprouva un nouveau choc, fin, mesuré, avant que ses détours ne fondent au creux de sa paume, frôlent l'intérieur de son poignet de son embout métallique. Tourné de façon savante entre les doigts de sa dextre, il retrouva le confort mesuré d’un repli intérieur de sa cape ; un renfort de tissu où l'y dissimuler sans chuter était non pas un luxe, mais une nécessité.

Et à défaut de la sylve et du fer, sa main s'empara de l'ode d'un livre aux pages scellées par une reliure de cuir – un bingo book, pour les plus avertis – mais qui en sa possession révélait davantage les traits du carnet de notes d'un Alchimiste aux yeux du Sendai, où trônaient toutes sortes d'annotations, de sigles, détails et sceaux inconnus à son savoir.



« Pensez-vous vraiment que je me serais lancée dans une telle entreprise sans avoir la moindre idée du sceau qui retint un jour mon Dieu ? », lâcha-t-elle sans lui accorder d'œillade ; son regard était adressés aux pages qui se dévoilaient à elle comme de vieilles connaissances entrevues chaque jour, et dont le bout de ses doigts tournait désormais la forme de l'une d'elle à la recherche d'un contenu en particulier. « Nous n'aurons besoin que de deux autres. »

Son geste s'arrêta sur une des pages en particulier, où sa dextre retraçait doucement les tracés d'ancrages à côté de certains noms.

« Je n'obtiendrais rien sans confiance. C'est une chose insensée que de penser le contraire, mais l'irrationnel des hommes les a menés bien des fois à plus de prouesses que d'échecs. »

D'une simple rotation du poignet, l'Adepte vint offrir au savoir de son vis-à-vis ces mêmes lettres imprégnées dans le papier, lui donnant toute l'aisance de les lire sans problème ; il y avait là, cerné entre le cuir, une myriade de noms, d'associations dont un seul coup d'œil ne lui permettrait que d'en retirer les mots-clefs les plus évidents. Kaze, Kumo, guerre civile, occupation, reprise. Tournoi, Salvateur, Héros des dunes, amant des sceaux. Ombre de la Foudre.

Présent à chacun des éveils du Dieu du Désert.


Elle le questionna d'un seul sourcil arqué, ses prunelles revenant enfin se planter dans les siennes pour le contempler.

« Quelles sont vos relations avec Meikyû Raizen ? »

Devant son incompréhension certaine, une forme de surprise, peut-être, elle ajouta, le visage légèrement penché sur le côté, d'un marbre froid qui n'avait plus rien à envier à la fausse langueur de ses charmes ;

« Ce n'est pas une coïncidence que je me trouve ici à Joheki, Empereur Sendai. Aucun de mes mouvements ne l'est. »

Il n'y avait là que la torture du sang froid.

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