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Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae]

Sendai Yahiko
Sendai Yahiko

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Ven 22 Oct 2021 - 2:08
Chacune des illustrations du Deuxième tendit son bras ou sa main, agrippant ou se faisant agripper par ceux qui espéraient subsister. Les prunelles hyalines de l'original s'arrêtèrent sur ce désastre qu'ils avaient crée, constatant avec effroi l'effondrement conjoint de l'Ogre et de sa Mère avant de se perdre premièrement vers la Marionnettiste qui exhibait sa plus grande cupidité, puis enfin vers ces couloirs interminables qui les guettaient sinueusement. Son corps se fit plus nerveux, sa psyché plus impatiente. Dans cette course contre la Roche, le Devancier savait que ses plus fidèles alliés pouvaient devenir les sources de tous ses dilemmes. Car si jamais n'avait été il compliqué d'assurer sa propre défense, l'impuissance de ses proches représentait une occasion d'être le véritable coupable d'un destin funèbre et cela le tourmentait.

Dans ce temple tellurique comme dans les galeries qui le précédait, tout tremblait, tout vacillait pour engendrer ce qui ressemblait le plus au dernier sanglot de la Dame d'Argent. Dans cet ultime cacophonie, dans ces ruines en devenir, le quatuor pouvait se faire à cette idée si limpide : malgré leur victoire, jamais ne seraient-ils les véritables Maîtres des Lieux. Après tout, cela semblait visiblement catégorique : la montagne les rejetait avec furie, les incitant violemment à déguerpir comme si elle voulait les condamner divinement pour leur vilénie, comme si leur pêché avait été de s'en prendre à celui qui l'avait animée.

Alors qu'ils n'avaient que souhaité sauver les âmes du Rempart, celles qui avaient innocemment rendu la leur dans des avalanches endiablées.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] 70ir

Et c'était lorsque ils eurent plié bagage et après qu'ils eurent empoigné sa dextre que l'ex-Empereur mena sa danse avec ses compagnons, faisant aussi valser ses mains pour les orienter dans l'inconnu. Leur course effrénée se confronta à toutes les embûches causées par Mère Nature ou par la Dame d'Argent qui se gangrénait. Tout s'effaça alors, leurs arrières comme la trace de Gaku, leur visibilité comme cette marionnette qui se perdit sous les roches. Seule résidait cette ruée vers la liberté, accompagnée de l'espoir de se sortir de cette vicieuse mine.

Jusqu'à ce qu'apparut au loin cet halo lumineux, cette lumière éblouissante qui les aveuglait autant qu'elle les rassurait. Leurs pas les rapprochait de leur liberté, les mains du Sendai couvrant sa tête de leur finesse pour tenter de limiter l'impact des gravats sur sa conscience.

Et il franchit cette barrière entre enfer et paradis, vivant, accompagné de ceux qu'il avait entraîné dans son galop le plus vif.

Il lâcha son ancienne Porte-Parole, comme son clone se priva du contact avec la Manipulatrice, pour apposer sa main en opposition devant ses yeux, cachant l'agressivité du soleil à ses pupilles le temps que celles-ci ne s'accoquinent avec la clarté du jour. Un bruit sourd clôtura cet enchaînement de terreur et ce boucan constant qui les avait harcelé depuis les entrailles de la Reine, condamnant les portes des galeries maintenant infranchissables, laissant place à un silence équivoque.

Ils étaient libérés de tout danger, de toute menace.

-"Sans le poids de vos marionnettes et le temps inutile que vous avez pris pour récupérer le corps de Yamabushi Musanobu que vous avez aussitôt perdu, nous aurions été certains de nous en sortir indemnes. Vous avez joué avec nos vies pour récupérer un trésor inconnu, c'était bien trop risqué."

Seule sa peur s'exprimait, cette pression qui s'évacuait face à la mort qu'ils avaient côtoyé de près. Il soupira un grand coup, se libérant des chaînes qui comprimaient son affect, reprenant petit à petit son calme. Il n'avait jamais craint de perdre la vie... mais il avait été effrayé à l'idée qu'Hanae, elle, ne succombe par la maladresse de la Bicolore. Voilà pourquoi il la blâmait, juste avant de recouvrir son entière perspicacité.

-"Enfin, laissez tomber. Nous nous en sommes sortis, et j'aurai l'honnêteté de reconnaître que vous avez été impressionnante d'ingéniosité. Toi aussi, Hanae, nos combinaisons l'ont complètement surpassé, c'est toi qui l'a le plus endommagé."

Il expira une nouvelle fois, toisant le paysage du regard pour trouver rapidement celui qu'il recherchait dorénavant.

Hatoka.

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-"Merci à vous deux."

S'étant adressé à eux comme par reconnaissance, alors qu'ils ne lui devaient rien et qu'il n'était pas celui qui était supposé présenter de quelconques remerciements, il tenta toutefois de démontrer toute sa gratitude envers ses deux camarades. Il eu même le cran de la porter aux oreilles de Shimaenō qui, contrairement à Hanae, n'agissait sûrement ni par sympathie pour eux ni par altruisme pour les habitants de Jôheki. Les anciens du Teikoku se savaient capable de profiter de cette action pour faire valoir leurs droits, mais ils savaient évident qu'agir pour le bien commun leur était une motivation première et primordiale, même dans leurs intentions les plus viscérales.

Il ne fallut finalement que peu de temps pour que la Colombe n'atterrisse auprès de lui, ralentissant son mouvement pour atterrir le plus calmement possible, faisant flotter ses ailes pour amortir l'air qui brassait sous ses plumes.

-"Je suis content de te voir en vie, Yahiko. Les tremblements ont cessé, je suppose que vous avez réussi. Malheureusement, tout ici fut détruit par les vibrations de votre combat... et beaucoup ont perdu la vie, dont de nombreux habitants des villages aux alentours."

Ses paupières s'affaissèrent légèrement, à celui qui n'agissait que pour le bien commun... même si le Yuukan prenait un malin plaisir à rappeler que la victoire n'était jamais totale. Il y avait toujours cette pointe de tristesse, ce pique de culpabilité qui ne savait se défaire de sa conscience ingénue.

-"Je vois... Merci, tu peux partir te reposer, tu en as assez fait, Hatoka."

Une de ses mains se posa sur son crâne, grattant du bout de ses doigts les quelques mèches blanchâtres qui surplombait sa tête penchée vers le sol. Son combat n'était pas encore terminé, il le savait. Ils n'avaient qu'activé un levier qui leur donnerait un peu de reconnaissance. Et même elle était discutable.

Il finit par se tourner vers la rubiconde, posant ses pupilles dans les siennes, y implémentant un sentiment mêlant fatigue et détermination.

-"Et notre combat n'est pas terminé, Hanae. Maintenant, nous devons aller récupérer Ayuu et Kenzo."

Le sens du devoir, celui de ne jamais abandonner ses compagnons, même si cela signifiait courir les yeux fermées dans la gueule du loup. Une gueule assoiffée de sang et avide de vengeance.



@Shimaenō @Sendai Hanae

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Shimaenō
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Ven 22 Oct 2021 - 12:05
Entre deux guerres, la parole est d’or
ft. sendai yahiko & sendai hanae



Automne 204, Domaine des vallées, Joheki.

La chair de l’Alchimiste se disloqua de sa course l’espace d’un instant lorsque, d’un courroux amer, elle ne sentit les fils qui la reliait à son œuvre se tendre, ralentir, en un sens, malgré les ordres qu’elle n’avait pu lui imposer ; et d’un coup d’œil pressé par l’urgence au-dessus de la courbe de son épaule, elle manqua de cracher l’égide de son mépris si ce capharnaüm n’avait pas avorté tout son à sa conscience. Machinalement, son poignet forgea un mouvement de repli, plaçant les offenses qui l’accablait face à la rigidité de son alliage – mais elle savait qu’elle ne pourrait s’accorder un instant pour la ramener auprès d’elle que lorsqu’ils ne seraient exhortés de cette épave rocheuse.

Alors, elle se laisse guider par la main fendant son poignet pour la hisser hors des galeries, maugréant une malédiction à l’encontre de cet Esprit dont elle avait égalé l’avidité.


[…]

Son corps roula contre les pierres, heurta les renforts des tamis qui attendaient leurs silhouettes éreintées au sortir de ce caveau minable. Sa paume se referma sur un rocher, stoppa sa course, glissa sur la longueur laissée par ses pas dans la poussière et les débris. Le clone parut disparaître, emporté par un vent soufflant son existence à l'irréalité. Cernée par l'obligation d'un serment, sa senestre déroula le parchemin qu'elle avait dévoilé pour invoquer son propre Rideau Noir, plaquant ses doigts sur son papier où l'encre de son sceau réapparaissait à son tour.

Elle entendit, toutefois, la remarque du Sendai dont elle ne se retint pas d'assaillir du même ton tranchant.

« Peut-être êtes-vous plus stupide que vous n’en avez l’air, mais une marionnette n’a pas de poids pour son manieur. La seule chose qui a entravé vos gestes est votre maladresse et, visiblement, un trop plein d’ego qu’il serait bon de crever. », cracha-t-elle en élevant une pointe de son regard du parchemin vers l’individu. Elle n’avait pas le temps pour ses rétorques ; seul son l’état de son œuvre l’importait.

Son minois se tordit en une frimousse amère, sa langue claqua sur son palais lorsqu’elle comprit, d’un simple effleurement à la page encrée de ce rouleau que son cœur scellé était fragmenté, blessé par ses rouages décousus et son bois fendu. Elle maugréa une insulte d’un souffle sur ses lèvres tandis que sa dextre se refermait sur le corps de l’objet, poussant ses symboles à se défaire de la vue de tous et ne se trouver de nouveau clos par une cordelette épaisse.

Son genou déroula l’égide de sa silhouette lorsqu’elle se redressa, de brins blancs et noirs lovant ses joues et son front lorsqu’elle darda le Sendai d’un regard intrigué, suspicieux. Si elle se garderait bien de le corriger sur les louanges qu’il avait affublé à son nom, justifiées – après tout, ne les lui avait-elle pas promis ? – ce fut davantage la façon dont il les susurra après un reproche qui fut tout leur contraire qui la troubla. Le sourcil arqué, la bouche pincée, elle semblait remettre en doute son honnêteté avant que l’oiseau clair ne revienne parer leurs flancs de sa présence.

Elle ne lui répondit pas – par manque de temps du fait de l’arrivée de l’être invoqué ou par incertitude – toutefois, préférant la contemplation de cette si divine Dame d’Argent à l’écoute des dires de l’envoyé qui, finalement, ne révélerait à leur conscience que ce dont ils se doutaient déjà : avoir pourfendu la source n’effaçait en rien les dommages que l’extérieur de la montagne avait éprouvé. Elle se moquait bien des vies perdues en contrebas – autrefois, peut-être, cela l’aurait-elle touchée – ô combien furent-ils ; la jeune femme s’inquiétait, davantage, de la reconnaissance dont elle souhaitait arracher à cette Daimyo et dont la ferveur semblait décliner au rythme de chaque trépas.

Elle soupira, agacée, refermant sa poigne sur l’embout de son imposant parchemin. D’un mudrā affublé de ses deux mains où l’objet siégeait au talon de ses paumes, une fumée fine vint emporter sa forme hors de la réalité, enfermée dans la geôle tracée d’un sceau à même sa peau.

Son attention se referma sur les silhouettes des enfants Sendai tel l’entrave dont son pantin avait fait souffrir la chair de l’Esprit, incertaine – sans que ses yeux d’ambre et d’éther ne perdent de leur noblesse, de cet air supérieur et méthodique qui semblait gravé dans leurs couleurs. Elle devait trouver un moyen de faire poids, de s’offrir les informations dont pouvait disposer cette femme sur l’objet de ses convoitises.

Il lui faudrait quelques heures, quelques jours, pour redonner forme au Rideau Noir, à sa copie si tendrement adorée ; au fond d’elle, elle savait qu’elle n’aurait qu’autant de temps à accorder à ces réflexions et ces paroles. Elle pouvait sentir la marque dans sa nuque brûler de colère, de besoin avide d’être rétribué par la promesse qui lui avait été faite lorsqu’elle s’était ôtée à ces ordres. De remplir sa part du contrat passé avec elle-même. Le temps lui était compté.

Peut-être cet ancien Empereur et feu sa porte-parole auraient autant de savoir à lui offrir sur le sujet, pour peu qu’elle ne parvienne à arracher ces soupirs à leurs langues.
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Mar 26 Oct 2021 - 23:51







Entre deux guerres...



L’assaut final avait porté ses fruits. Chacun y était allé de ses attaques mortelles, dans le seul but d’anéantir celui qui avait tant causé de désastres. Mais lorsqu’il répliqua dans un dernier soupir, il ne fût plus question de rester en ces lieux. Si la bicolore tenta vainement de récupérer ce qu’elle pouvait du désormais défunt, Hanae se contenta de lui lancer un regard désolé. Non pas pour l’hypothétique perte de son pantin, ou parce qu’elle n’aimait pas le risque pris par la jeune femme, mais simplement parce que son attitude intéressée était aux antipodes de la façon de penser de la rubiconde.

En quelques minutes – et ce notamment grâce à la puissance de Yahiko couplée au talent en sceaux de son ancienne porte-parole – le trio put atteindre la sortie, non sans une certaine frayeur dans les derniers instants. A sa sortie, la rougeoyante était épuisée comme jamais, ayant dépensé une quantité colossale de son chakra. Les propos échangés par le nivéen, comme par la bicolore, étaient comme toujours plutôt affûtés, mais cela n’atteignait pas vraiment la flamboyante, qui restait fixée devant les derniers éboulis. La zone était sécurisée, mais…

« Gaku… »

Il était évident que l’ancien Empereur avait scruté les environs, et s’il se permettait d’appeler son invocation, cela signifiait bien qu’il n’y avait plus rien à faire pour le mineur. Mais cela semblait ne pas l’affecter plus que cela, car il enchaîna finalement assez vite sur un autre sujet, une autre… guerre. Ayuu et Kenzo étaient partis depuis quelques heures, ou quelques jours, suite à cette lettre reçue de la part du clan Inuzuka. Si la situation ici avait été plutôt compliquée, il était maintenant temps de s’assurer que les absents soient retrouvés. Cela impliquait également Medyûsa, dont la position précise était inconnue de tous, à l’heure actuelle.

« Oui, cela fait maintenant trop longtemps que nous sommes sans nouvelles… »

Mais une autre pensée hantait l’esprit de la Kazejine. Le temps, voilà ce dont elle manquait.

« Yahiko, ta force n’a pas d’égal parmi les personnes que je connais, et je sais que personne au sein de l’Empire ne peut te tenir tête. »

Ces propos élogieux n’avaient rien d’innocent, même si elle en pensait chacun. Mais une autre donnée entrait en ligne de compte, et il n’était plus possible de retarder les choses.

« Je crains de ne pas pouvoir te suivre à Hi, si tel est ton plan… »

Elle lui lança un regard désolé. Les vies de Kenzo, et surtout d’Ayuu, lui importaient comme n’importe quelles autres vies. L’Inuzuka en particulier lui était chère, et représentait beaucoup pour elle, de par sa gentillesse et sa bonté. Néanmoins, d’autres vies étaient en jeu, et elles n’auraient pas la chance de pouvoir compter sur Yahiko…

« Le temps pour les Sendai à Tetsu est compté, et avant qu’il ne soit expiré, je me dois de faire mon possible pour les aider. Néanmoins, si j’y vais sans leur proposer la moindre solution, jamais ils ne me suivront. Il faut que je négocie un point de chute, pour eux… D’où mon idée de rencontrer la personne en charge de Joheki et de tenter de la convaincre d’accueillir ces réfugiés. »

Vu la façon dont c’était déroulé la première entrevue entre Yahiko et les forces Johekijines, les chances d’Hanae étaient maigres, mais il lui fallait tout tenter. Le temps s’écoulait à chaque seconde perdue ici, et un détour par l’Empire du Feu risquerait d’achever ces innocents au pays du fer. Le regard de la rubiconde se porta sur son invocation, l’imposant panda qui attendait une instruction, et elle finit par lui demander de la raccompagner au bas de la montagne, à moins que le nivéen n’aie autre chose à ajouter…




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♥ Merci jumelle ♥
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Mer 27 Oct 2021 - 1:31
Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] Q87r

-"Laissez tomber, j'ai dis.", poussa t'il dans une voix éteinte, ignorant l'acidité de ses mots et la réponse qu'il aurait pu accorder à son interrogation.

Car il en était bien conscient, sa provocation n'avait prit racine que dans sa plus profonde crainte : celle du baiser de la Faucheuse, qui avait pu tenter d'étreindre sa mince existence pour mieux les faire sombrer dans l'oubli. Par la roche, par les cris et par les vrombissement de la Dame d'Argent, il soupçonnait la Mort en personne de les avoir guetté assidument... lui, Hanae, et toutes les ambitions qui les animaient tous les deux jusque cet instant.

Alors, dans cette perspective, il préféra avorter toute occasion d'alimenter une quelconque aigreur. Car du peu qu'il connaissait la Manipulatrice, il lui avait déjà collé cette étiquette de grande bouche agressive, et jamais n'avait-il voulu trouver un quelconque intérêt à désirer monter dans les tours. Au contraire, plus proche de ce qui faisait de lui un symbole de paix -ou en tout cas de ce qui l'approchait de l'image qu'il voulait diffuser, il comptait plutôt sur une approche plus calme et sensée qui lui était plus fidèle. Après tout, Dieu seul savait qu'il avait tout intérêt à agir comme tel -tant elle disposait d'informations qui pouvaient le mener à sa perte, autant que lui-même savait qu'il n'était dans son caractère d'apprécier alimenter des climats hostiles.

Son visage se fit plus attristé, sa moue plus détendue. En expirant, son stress s'était comme volatilisé au tambour des roches qui avaient sonné la retraite de l'horloge funeste, laissant place à ce navrant paysage que représentaient tous ces villages rongés. Dessinant la mort dans ses plus sombres apparats, le Sendai n'avait besoin de voir les cadavres pour s'imaginer l'horreur du spectacle. Combien étaient morts sous l'ire du Samouraï ? Combien représentaient des dommages collatéraux ?

Seuls ceux-ci pouvaient se compter, seuls ceux-ci marquaient concrètement le résultat de leur impuissance. Les vies qui furent sauvées par leurs actes ne pouvaient tristement être quantifiables, et là était l'objet de son désarroi.

Puis, ce fut à la rubiconde de s'exprimer, vantant les mérites de l'ex-Empereur avant de tracer sa propre route. Elle exprima ses objectifs, contraints une nouvelle fois par la menace de mort qui planait au dessus des têtes de ses frères, et le Devancier n'eu aucune peine à retrouver la logique qui animait sa cousine. Tiraillée tantôt par la cheffe des Bêtes au sujet de sa famille, tantôt exhibant son plus profond désir d'aider les siens, il saisit sans une once de difficulté cette part d'elle qui faisait d'elle la Sendai la plus légitime au titre de Représentante.

Parce qu'elle aussi était puissante, parce qu'elle aussi était fiable, cet étrange famille qu'était les manipulateurs initiaux du chakra méritait aux yeux de l'Immaculé une telle figure comme emblème.

Alors sans grande discussion, sans grands discours, il ne lui offrit que sa plus grande générosité accompagnée de son habituelle sympathie.

-"Je comprends. Tu es libre, de toutes manières, je n'oserai pas te retenir."

Il avait pourtant les arguments. Pourquoi sauver des inconnus au péril de ses amis les plus proches ? Pourquoi se séparer lorsque leurs vies pouvaient être en jeu ? Pourquoi risquer si gros alors que seule leur union pouvait leur donner accès à leurs plus grandes ambitions ?

Il ne se prononça à ce sujet. Il n'y avait que le respect de ses objectifs à elle, ce même respect qui les avait lié depuis si longtemps.

Un mince sourire se traça cette fois sur ses lèvres, honorant son amitié pour son amie avant qu'ils ne se séparent probablement une fois pour toutes. Si le Fossoyeur venait en tout cas à les trouver, l'un ou l'autre.

-"Promets moi simplement de ne pas mourir. Moi aussi, je te le promets."

Ses prunelles révélèrent sans gêne ses sentiments les plus purs, ceux de son attachement sincère envers celle qui l'accompagnait depuis si longtemps.

-"Nous nous reverrons, mon amie. Je te souhaite de faire bonne route, comme je te souhaite d'obtenir ce que tu convoites."

Sa silhouette s'éloigna finalement, doucement, après un maigre signe de main qui conclut leur séparation. Il ne restait alors que la Marionnettiste et lui, face à tout ce panorama apocalyptique. Le tableau parfait pour dépeindre sa tristesse, comme il était pertinent pour illustrer l'embarras que ressentirait l'Ancien à l'idée de discuter calmement avec la kunoichi maintenant qu'ils étaient seuls.

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-"Je suis surpris que vous soyez toujours là. Vous appréciez tant que ça regarder des adieux ? Je ne vous savais pas si sentimentale."

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Mer 27 Oct 2021 - 15:32
Un sourcil arqué, un regard lourd de sous-entendus ; voilà tout ce que l’Alchimiste prêta en offrande à l‘enfant Sendai qui avait rejoint tardivement leurs flancs pour soupirer à son jumeau de sang toutes les pensées qui la taraudaient – et dont elle n’avait franchement que faire. Un air ouvertement et faussement intéressé peint sur son visage, la jeune femme se contentait d’aviser ce duo rabâchant le passé pour prédire un futur, en s’efforçant de retenir un soupir à la lisière de ses lèvres.

Ses yeux doubles, forgés d’ambre et d’éther, roulèrent jusqu’au ciel en entendant les éloges de la rougeoyante, ses regrets de ne pouvoir le suivre. Oh pitié., murmura-t-elle sourdement dans son esprit en glissant sa senestre sous l’ombre de sa cape ; et à défaut des quelques lames qu’elle gardait à son revers si toutefois elle en éprouvait le besoin, ce fut la finesse d’un tout autre objet dont elle étreint le bout de ses doigts. Celle d’un kiseru, dépourvu de tout tabac en son cœur – pour l’instant.

Un souffle s’échappa de son nez lorsque la voix de l’enfant nivéen répondit à sa comparse avec autant d’émotion qu’elle ne semblait en avoir laissé entendre dans ses paroles. L’Adepte s’avouait un brin exaspérée par une attitude si profonde, si sérieuse : il demeurait dans leurs veines le fantôme de l’adrénaline dont la mort avait voulu cerner leurs âmes et ces êtres se pressaient si vite à l’enterrer, si tôt, sous le poids de la réalité. De la dureté et de la froideur méthodique d’adieux, sans prendre le temps de profiter de cette sensation divine que d’avoir triomphé sur un trépas qui leur fut destiné, qui révoltait ses chairs d’une fanatique allégresse.

Force était de constater qu’aucun d’entre eux n’aimait s’enivrer des petits plaisirs de la vie.

Sans les écouter davantage – tel un brouhaha ambiant qui parasitait ses sens – la jeune femme se munit de cette petite boite métallique glissée sur son flanc en tout temps, pressa une fine poignée de son trésor tranché entre ses doigts avant de déposer cette œuvre fumante dans le fourneau de l’objet, tassant les fibres du bout de l’ongle.

D’un geste du poignet, le kiseru fut approché des braises d’une torche mourante près d’autres débris, réchauffant ses reflets de cuivre et d'argile pour enflammer les herbes savantes gardées précieusement en son sein. Promets-moi de ne pas mourir, avait-il dit. De la candeur à l'état pur résonnait de l'âme de cet ex-gardien du feu et fut-elle incapable de toute prophétie, elle pourrait indéniablement en formuler une qui le mènerait à l'immortalité noire et vicieuse qui les attendait tous, par la maladie ou les méfaits : sa naïveté serait ce qui l'offrirait à la mort. Une promesse impossible à tenir était aussi vide qu'une coquille dépossédée de vie.

Elle adressa un coup d'œil à l'intéressé lorsque, bercé par le départ de sa comparse, son attention était revenue se loger sur ses traits en glissant quelques mots érigés par une forme de... taquinerie peut-être?


Elle se contenta d'un simple sourcil arqué en guise de rétorque, ôtant le kiseru de ses lèvres, dans l'ombre de la fumée laissée dans son sillage.

« Je suis habituée aux spectacles pathétiques, mais je ne pensais pas que celui-ci serait également ennuyant. »

L’Alchimiste ôta son regard de tout contrôle, libre de voguer sur la silhouette de l’enfant Sendai s’échappant de leur compagnie, sur les reliefs rocheux de la Dame d’Argent ; sur les brins en égalant la couleur de ce vis-à-vis qui éprouvait tant l’acidité de ses répliques – non sans raison. Elle avait prêté son savoir aux couloirs brumeux de Murashigure, où le massacre illégal de la pluie couvait celui du vice des hommes, où la prudence était l’or qui maintenait leurs vies à flot.

Sendai Yahiko s’était appauvri de cette valeur, comme il ne le lui avait démontré par deux fois : en cet instant et lors de leur rencontre aux pieds des Remparts, où elle aurait pu s’enquérir de tout son passé si sa langue ne s’était pas tarie de confidences assez tôt.

« C'est la seconde fois que vous vous permettez de parler librement de vos plans sans regard pour qui pourrait les entendre. Vous n'êtes pas tout à fait stupide ; l'affrontement l'a prouvé, j'imagine... cela ne laisse donc que peu de choix entre une flagrante naïveté ou une confiance mal placée. »

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Mer 27 Oct 2021 - 18:20
Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] G7ee
Un mystérieux rictus aux antipodes de ses émotions. Dessinant sa réalité comme il tranchait l'amertume de ses sentiments, il n'eut trouvé autre réponse que l'expression de sa plus grande faiblesse. Un sourire.


Shimaenō ne s'était pas méprise, elle caressait même habilement une navrante réalité. Malgré son pouvoir, malgré sa stature, malgré son histoire ou malgré ses gestes, le Sendai ne s'était jamais perçu autrement qu'un bambin dans une cour des grands, qu'un garnement dans un régiment de spadassin. Là n'était ni la manifestation d'une quelconque puérilité, ni la forme d'une irresponsabilité béante. Il n'était qu'un innocent incarné dans un monde bien trop barbare, que le fruit d'un amour qui pourrissait au gré de l'histoire, alimenté par la cruauté d'hommes qui ne cherchaient qu'une irrationnelle expansion.

-"Ne tenez pas à faire un choix. J'accepterai la flagrante naïveté et la confiance mal placée."

Ses prunelles se vidèrent de leur sens devant le grand tableau grisâtre. Le vent balançait ses cheveux enneigés jusqu'à les faire cajoler son front et ses mains se glissèrent dans les encoches situées en dessous de ses hanches. Son esprit se vida de toute préoccupations pendant un instant, déterminé à tenter de retrouver la paisibilité dans ce tourment de terreur, mais il fut rappelé à la réalité par l'odeur de cette immonde fumée qui s'était immiscée dans ses narines.

La peste.

-"Faites moi plaisir, soufflez ça loin de mon nez, l'odeur me dérange."

L'Alchimiste, aussi confiante pouvait-elle paraître, était maintenant autant destinée à mourir qu'à tuer.

L'ex-Empereur n'était pas dupe, son existence même devenait un danger pour son groupuscule. Garder en vie la source d'une information cruciale revenait à mettre en danger l'intégralité du Senbazuru, peuplé majoritairement par des amis qui lui étaient proches, et jamais n'avait-il voulu une seule seconde oser les mettre en péril, lui qui était même prêt à se confronter à ses chasseurs pour les récupérer.

Mais ce tourment s'alimentait d'un dilemme que la Marionnettiste ne pouvait sûrement concevoir. Derrière cet ancien souverain, derrière cet actuel leader, derrière ce symbole de paix ou derrière cet arrogant combattant, résidait ce fait si unique et si surprenant, si pathétique et à la fois si distingué. Jamais, ô grand jamais n'avait-il pu tuer qui que ce soit de sang froid. Il était parfaitement incompétent.

Dans sa poche, sans qu'il ne cherche à même la dissimuler, sa dextre dansa doucement, habillant ses vêtements de leur couverture la plus épaisse. Une armure violacée, infranchissable, qui épousa le galbe de son corps avant qu'il ne reprenne la cadence d'une discussion qu'il avait rythmée de ses silences. Toute sa silhouette fut couverte de cette cuirasse violacée, criant aux yeux de la Bicolore l'affirmation de ce qu'il était. Un Guerrier Améthyste.

-"J'ai un peu de temps devant moi, profitez en pour me parler de vous."

Sa tête également recouverte de ce casque zinzolin s'orienta lentement vers les pupilles vairons de son interlocutrice. Il la dévisageait comme s'il l'admirait une ultime fois, comme lorsqu'on s'apprêtait à déchirer une œuvre que l'on chérissait.

-"Il s'agit de vos derniers mots, j'aimerai les entendre. Après tout, vous n'êtes pas idiote, vous non plus."

Ses yeux se plissèrent, ses lèvres n'exhibèrent pas même une once de plaisir.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] 58ng

-"Vous le saviez, qu'en détenant des informations aussi cruciales, vous vous confrontiez à la mort. N'est-ce pas ?"



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Shimaenō
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Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] Empty
Mer 27 Oct 2021 - 21:10
L’ombre d’un rire perça le silence laissé derrière ses paroles, amenuisé par ses lèvres closes ; renforcé par ses paupières fermées au monde, par un sourire amusé. Sa bouche trouva à nouveau le bec de l’objet, infusant son être de cette odeur si particulière qu’elle avait en horreur – mais elle n’avait nul besoin de fastes senteurs pour apprécier l’effet qu’elle pouvait avoir sur elle, sur son corps, sur ses chairs tiraillées. Le temps viendrait, tôt ou tard, par sa seule volonté d’y mettre fin.

Ses prunelles s’offrirent à nouveau à la contemplation du nivéen en perçevant les soupirs désagréables qu’il maugréait malgré lui à son adresse, poussés sur ses lèvres par le même fumet acerbe qui s’échappait du kiseru. À cela, elle se contenta d’un simple souffle infusé par le tabac loin de respecter ses désirs, inchangé – égal au précédent, identique au suivant : un doux pied-de-nez innocent à sa demande à laquelle elle ne pouvait accéder.

Elle vit, dans l’ombre de ses yeux, l’une des paumes de son vis-à-vis forger la valse de ses muscles, se hisser aux murmures que pressait ses pensées à l’arche de ses nerfs ; former un mudrā qu’elle avait vu tant de fois se forger lors de ce combat écoulé. Elle ne le craignait pas. Elle le laissa faire, de ces yeux qui cherchaient à se dérober aux siens en préférant l’ode muette d’un spectacle désolé. Voulait-il ériger une armure ? Ainsi fera-t-il, de ce prisme violacé cernant sa silhouette comme la caresse avide d’une amante. Elle ne l’empêcherait pas.

Parlez-moi de vous, hein ? Elle avait fait taire un homme ayant trop désiré s’informer sur elle par le passé, un autre s’étant osé à s’infiltrer dans les murs de sa demeure – mais à leur différence, les êtres bercés par un autre ciel que celui de Murashigure étaient défaits d’autant de méfiance, de ce savoir qu’il était illusoire, inutile de questionner un autre sans informations à lui offrir. Dangereux, même, de faire preuve d'autant d'avidité, de se montrer si négligent.

Son sourire revint parer ses lèvres, finement tissé de son éternelle assurance, de son charme profond d’où naissait la fourberie qui l’animait tant. Le bec du kiseru fut délogé de sa bouche, arqué le long de ses doigts tandis qu’elle avisait l’enfant Sendai sans nulle crainte, nulle terreur : où seule la confiance soupirée de vérité trahissait son ton.

« Le pouvez-vous seulement ? »


Son visage se pencha sur le côté – à peine – comme pour attiser davantage l’alchimie que son regard déposait sur la peau de l’ancien Empereur. Car elle savait, au plus profond d'elle, que cet archétype naïf, cette volonté de faire planer la paix sur ce monde imprégnait son cœur et son échine ; de telles menaces, elle l'en voyait dépourvu de les mener à bien, si ce n'est tant que ses paroles accédaient à son vœu de lui parler, parler, parler d'elle. Pas tout de suite. Peut-être jamais.

Son sourcil s'arqua, entre charme et neutralité, entre invitation et mise en valeur de ses propres dires – et son ton, lui, susurra un calme qui n'avait de parure que celui de la franchise : dénué, pour une fois, de toute pique à son ego.

« Vous peinez à me regarder, à contempler celle que vous menacer de tuer. Votre main tremblait à mon seul toucher, vous perdiez vos mots à une simple allusion… et vous me promettez que ce qui ne pouvait enserrer une autre chair trouverait la force de la meurtrir ? »

Elle avisa l'espace qui les séparait, d'un air dépossédé de tout fanatisme, mourant à l'image de l'adrénaline dans ses veines dont elle recherchait tant la sensation, telle une captive de son propre corps recherchant les sensations les plus pures qu'il pouvait lui offrir... celles qui révélait à plein poumon sa mortalité.

« Après tout, vous êtes bien trop loin pour me faire le moindre mal… à moins que vous ne vous refusiez aussi à faire cela de vos propres mains ? », elle inspira une bouffée de tabac, soupirant telle une âme lasse. « Offrez-nous donc un peu de cette dignité, voulez-vous ? »


Son regard se hissa, pur de toutes intentions vers les prunelles d'argent de cet envoyé de paix ne voyant que la violence pour forger son œuvre, muant l'air de l'Adepte sous les reliefs dorés d'un soleil s'échappant au coucher de l'horizon. Elle parut planter ces offrandes au cœur de l'âme de cet homme, comme s'il lui était donné l'aube de pouvoir sonder ses désirs ou ses émotions : que face à la gêne et à la retenue qu'il affichait à ne serait-ce que la regarder, elle n'éprouvait, elle, aucun mal à s'abreuver de sa vue jusqu'à la déraison.

L'un de ses bras vint enserrer mollement ses hanches, de doigts pressés contre les courbes de son corps tandis que l'autre reposait sur le couvert de son jumeau, un coude plié pour guider sa senestre près de son visage ; et d'un seul murmure bafouant l'air de prudence et de menaces qu'il avait érigé, elle ramenait la discussion sur l'arche simple d'une demande qui les avait précédés, comme si elle n'avait cure de leur existence.

« Si vous souhaitez vous défaire de l’odeur, je crains qu’il ne vous faille vous rapprocher et vous glisser dans mon dos, là où le vent se refuse à souffler. »

Le kiseru se logea à l'ombre de ses lèvres, muant leur peau charnue de son odeur âcre, abaissant ses cils jusqu'aux arcs fins du cuivre et de l'argile, là où son attention était dépossédée du nivéen : une invitation sourde à se montrer à la hauteur de ses menaces, à s'avancer pour clamer tout ce qu'il désirait entendre d'elle, dans l'angle le plus vulnérable qui lui était donné d'offrir, pleinement, volontairement.

En cette heure, elle ne pouvait être plus indifférente. Ce Sendai Yahiko n'était pas celui qu'elle désirait voir... encore moins contempler comme un art.

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Sendai Yahiko
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Jeu 28 Oct 2021 - 1:04
A ses menaces, il ne trouva qu'une frustrante indifférence. Sa figure d'Empereur avait pu embellir son image comme elle avait pu la déprécier, tant le pacifisme s'associait maladroitement à l'inaction, tant le désir de paix s'accordait pauvrement avec une injuste lâcheté. Il n'en était rien, tout n'était aux yeux du Nivéen qu'une question de perception. L'ignorant méritait d'apprendre, le vil méritait la rédemption, tout comme l'homme qui s'égarait sur le chemin de la vengeance pouvait trouver le calme dans le pardon. Nul humain n'était digne d'un quelconque pouvoir décisionnel, là était l'expression la plus utopique de cette conception aussi réconfortante qu'absurde.

Car à cet instant précis, il oscillait entre sa fidélité et son abandon. La Jouvencelle ne l'effrayait pas, elle l'agaçait. Ses démonstrations contre le Samouraï devaient représenter le summum d'un art qu'il pensait largement surpasser, et jamais n'imaginait-il une seule seconde craindre les mécaniques boiteuses d'un pantin maintenant contorsionné sous le poids des roches. Son chakra, bien épuisé, ne devait être en position d'égaler la densité du sien. Elle était à nue, face à un pouvoir qui était en mesure de congédier son âme au firmament.

Mais elle ne bronchait pas. Pire que cela, elle le morguait.

Ses mots égalaient le tranchant de ses techniques, ses pensées se faisaient comme plus expérimentées que les siennes. Des doutes ? Elle ne devait en entretenir. Des peurs ? Jamais ne devait-elle préserver un sentiment si futile. Dans le monde des shinobis, il n'en était qu'au stade du novice. En jouant ce coup de bluff, elle prenait le risque qu'une ire gonflée d'orgueil ne vienne rosser sa peau, mais son pari était habile. Comme si elle connaissait le Deuxième, comme si elle avait largement anticipé sa vulnérabilité, elle n'eu à se confronter à la caresse de la Faucheuse.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] 9fl4

-"Vous devriez cesser vos propositions douteuses, vous n'avez qu'à souffler votre émanation ailleurs."

Sa psyché aliénée n'avait pu saisir son sous-entendu. A sa proposition de se glisser dans son angle le plus vulnérable pour mieux la menacer, il n'y vit qu'une nouvelle tentative de troubler sa pudeur. La même qu'elle avait appuyée dans son discours, la même qui l'avait mené à rester hébété lors de leur combat contre cet Ogre géant.

Mais le Devancier ne se laissa pas submerger, il répondit avec son procédé habituel qui lui était fidèle. Loin de tout mensonge, loin de toute déformation, il se décida à simplement laisser parler sa logique et sa transparence pour conjurer le moindre malentendu.

-"Ne me sous-estimez pas, je ne suis plus en âge de frémir de gêne. Votre provocation m'a effectivement stupéfait, mais jamais n'eut-elle l'honneur de me déstabiliser."

Toutefois, le constat se voulait quelque peu embarrassant : l'ancien Souverain s'était dans son existence plus souvent livré à délivrer une funeste sentence qu'à effleurer l'interdit, mais là était autant un argument de faiblesse qu'un argument de force. Après tout, cela ne libérait pas la Fanatique de toutes ses craintes, l'Améthyste était encore en position de bafouer sa vertu.

Dans les faits, pour des raisons aussi valables que celles de la survie des membres du Senbazuru face à la menace de l'Homme au Chapeau, il se devait d'être capable d'accomplir l'irrémédiable.

Son corps ne moufta pas, ses prunelles ne quittèrent pas un seul instant celles de la Marionnettiste comme si elles voulaient y trouver une solution. Ses yeux la toisèrent mais il ne la vit pas directement, ses pensées étaient bien trop mêlées à son dilemme pour pouvoir se consacrer à une réponse spontanée. Ses dents titillèrent l'intérieur de sa lèvre inférieure, la mordillant discrètement au rythme de ses pensées qui s'accéléraient.

Il peinait à trouver la clef, mais peut-être pouvaient-ils ouvrir une porte ensemble, sous le prisme d'un accord tacite.

-"Je ne vous mentirai pas. Je le peux, mais ne le veux pas. Je ne vous apprécie guerre, je détiens bien des raisons de vous rendre à la terre à laquelle vous appartenez... mais je ne souhaite éteindre ni vos rêves, ni vos ambitions, ni l'arrogant visage que vous me présentez sans cesse."

Elle pouvait discerner tout le mal qu'il se donnait pour éviter l'accomplissement de ce sombre destin. Dans cette atmosphère, il paraissait bien plus se soucier de la survie de la vingtenaire qu'elle-même ne le montrait.

-"Quand je pense que vous me parlez de dignité, comme si vous occire m'accorderait un mérite quelconque."

Il se fit plus direct, plus décisif. Plutôt que de faire les cent pas dans son esprit, il voulait qu'elle l'aide à construire sa réponse.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] X3c6

-"Donnez moi plutôt un marché qui m'empêcherait de vous pourfendre. Que pourrais-je faire, combien pourrais-je vous donner pour m'assurer que vous ne trahissiez ma sécurité et celle des miens ?"


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Jeu 28 Oct 2021 - 11:55
Elle avait glissé cette adresse avec désintérêt, le regard ôté à cette silhouette pourtant invitée pour observer l’horizon ; une proposition faite sans sous-entendus, pour une fois – ou peut-être étaient-ils si fins qu’elle-même ne les remarquaient plus – mais force était de constater que ses dires avaient trouvé un écho piquant chez le nivéen. Douteuses, disait-il : de cette attitude qui trahissait une forme d’innocence tout autre que celle des enfants. Pourtant, elle ne pouvait mentir en clamant que l’air qu’il lui rendit ne l'intriguait pas, en un sens.

Elle reconnaissait cette distance. Placée entre lui et les meurtrières ouvertes à son âme dont il se refusait à déployer les tréfonds, dont ces émotions qui apportaient guerre, meurtre et vice tant opposés à son objectif de paix paraissaient s'offrir à lui en offense, en refus plein, total de les laisser raisonner son esprit. Ne me sous-estimez pas, avait-il dit en lui présentant sur un plateau orné toutes les raisons de le faire. Jusqu’à se résigner à placer ses menaces sous l’égide d’une réalité franche ; jusqu’à accéder à ce que ses paroles avaient laissées entendre à son sujet, que son cœur était loin d’être si férocement attaché à un tel acte.

Son regard se planta dans les revers d’océan de ses prunelles, osant l'éther de l’un de ses iris à concurrencer leur pureté, à les entrainer dans la roche et la richesse de l’ocre du second.


« Votre indolence vous aurait tué, à Murashigure. »

Une vérité simple, flagrante : qui n’était prêt à désirer la mort d’un autre pour se protéger finissait par être celui qui serait sacrifié à l’effigie de sa naïveté. Sa voix s’éleva, souveraine telle un murmure glissé à l’oreille, telle un conseil cerné du tranchant d’une lame. Il n’y avait dans les dires qu’il lui adressait que le manquement d’une perceptive, que l’aveuglement d’un des reflets du prismes de la réalité ; fort heureusement que Shimaenō était de ces âmes révérant chaque aspect de trésors et richesses pour acclamer leurs dorures. Que pourrais-je faire, combien pourrais-je vous donner pour m'assurer que vous ne trahissiez ma sécurité et celle des miens ? Allons allons, flagrante naïveté et confiance mal placée, épargnez donc certaines de ses pensées.

« Vous ne le pouvez pas. C’est là tout votre dilemme. Je pourrais vous promettre de ne rien dire, jouer de charmes pour vous convaincre pour que cela ne soit qu'une mascarade ; je pourrais me montrer réticente, avide de ma liberté en vous refusant tout serment et me taire malgré tout de ma propre volonté. », soupira-t-elle au gré de la fumée de son tabac, désintéressée. « Vous cherchez à dissimuler une présence aux yeux d'autrui en pensant qu'une seule personne pourrait en être gardienne du secret, mais c'est là si bête. L'un des vôtres pourrait porter sur lui des signes involontaires, laisser filtrer cela dans une discussion sans le vouloir, ceux-là même dont l'audace les a poussés vers la terre que vous avez cherché à fuir. Au-delà des mers ou des remparts, votre position est peut-être déjà compromise – et vous ne le sauriez pas. »

L'information est l'or des savants. Son origine n'a pas d'importance lorsque l'argent est le meilleur des mensonges. La taire n'est que se priver de sa richesse ; car elle reviendra indéniablement à un autre.

L'Alchimiste s'avança, fendant l'espace qui séparait son corps de celui de l'enfant Sendai, d'enjambées calmes, lentes dont seul l'écho de ses pas jouait en mélodie cacophonique avec l'aube poivrée du tabac. Il s'échappait du kiseru entre ses doigts, devenait plus intense pour leurs sens à chaque avancée. Elle prenait son temps, au gré de ses mots, ni pressée, ni effrayée – de cette impureté servile qu'était celle de son âme envers le danger. Elle l'avait avoué, à cet esprit : elle n'en était pas à son premier acte profane.

« J’ai pour habitude d’honorer ma parole. », pas toujours, pensa-t-elle. Une habitude avait des exceptions. « Je ne suis simplement pas certaine de vouloir vous la donner. »

Sa cadence se stoppa devant lui, ni trop proche, ni trop près – à peine à un demi bras tendu, suffisamment pour qu’une certaine proximité s’installe, trop loin pour qu’un mouvement ne la prenne de court. Le bec de l’objet revint à ses lèvres, arqué tel son visage sur le côté dans l’ombre espiègle que son expression dessinait sur ses traits comme un pinceau gorgé d’art.

Elle pouvait accéder à sa demande, elle avait pensé à sa rétribution dès que l’occasion le lui avait été donné. Mais elle ne le lui confierait pas. Pas tout de suite. Cela dépendait de lui.

Son doigt tapota le corps de cuivre de l’œuvre maliciée, laissant tomber un peu de cette cendre gênante aux pieds de leurs silhouettes conjointes. Son regard revint lover les traits du nivéen, affublés d’un air équivoque.

« Vous n'êtes plus en âge de frémir de gêne, soit. Qu'en est-il de frémir de peur ? De colère ? », glissa-t-elle, ses lèvres affublées d'une courbe taquine. « Êtes-vous aussi fade que vos ambitions ? »

Ses lèvres se défirent une fois encore du kiseru, bercées des senteurs âcres de son offrande mortuaire : et d'un simple soupir, la jeune femme laissa son souffle expulser son nuage jusqu'à la frimousse de son vis-à-vis, d'une pure et pleine intension d'élever ce dont il désirait se dérober. Conjuguer simplement métaphore et affront discret.

« Mes interrogations vous rendent nerveux ? », ria-t-elle doucement. « ...Ou est-ce la fumée ? »

Elle voulait voir l'Empereur. La rage, la colère, la peur, la crainte dissimulées derrières ces prunelles de verre. Se prouver plus homme que pantin, animé de ces émotions si ferventes qu'elles prenaient ses entrailles en otages, les tordaient de la douleur de les ressentir : mais il n'y avait que celle-ci qui révélait pleinement la vie battante dans ses veines.

Il était aussi froid et muet qu'un macchabé – elle le voulait aussi bouillant que son ire. Assez de la retenue, il n'avait pas même besoin de geste, de tenter de la pourfendre ou de l'occire. De ces traits immobiles, parcourus par des sentiments innocents, elle souhaitait les tailler dans le marbre le plus terriblement humain de Michel-Ange.


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Sendai Yahiko
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Jeu 28 Oct 2021 - 14:45
Ses dents grincèrent doucement d'un subtil agacement, accompagnées de ce même sourire paradoxal qu'il avait déjà arboré auparavant. Les mots incisifs de la Gardienne de Kâtenshêdo tortillèrent son esprit, ils l'écrasèrent comme pour mieux le dompter, ils le confrontèrent à toutes les valeurs et à toute l'objectivité qu'il s'était toujours attaché à entretenir. Ces mots, ils se confrontaient à ce recul, à cette introspection qui l'examinait lui-même derrière une vitre abstraite comme s'il était autre, qui le jugeait comme s'il n'avait aucun intérêt à céder à ses pulsions. Une frustration, une ébullition ou une rébellion, tout aurait été légitime, comme l'aurait été un silence synonyme d'approbation, l'acceptation étouffée des vérités qu'elle lui crachait au visage.

Comme elle prenait plaisir à lui cracher cette maudite fumée qui signait adroitement la toxicité de ses quolibets.

Mais il maintenait cette sérénité qui pouvait le caractériser, soucieux de sauvegarder ce rapport d'égal à égal qu'elle avait élégamment détournée en sa faveur. D'abord, il comptait la rééquilibrer dans son esprit, avant de vouloir tenter de ramener l'harmonie dans leur relation. Il inspira une nouvelle fois légèrement, fermant brièvement ses pupilles cristallines pour mieux se consacrer à ses propres songes, les dénuant de toute influence. Il s'adonna à une réflexion personnelle, à une réunion avec son fort intérieur, à un néant qui le distanciait de toute autorité.

Il devait se rappeler de qui il était, de tout ce qui l'avait mené là. Shimaenō n'était que la Maîtresse de ses œuvres de bois, jamais ne serait elle en position de juger ou d'estimer la valeur de celui qu'elle venait tout juste de coudoyer.

Un ricanement s'échappa de ses lèvres, nuançant d'horreur son sourire et ses traits pourtant si éteints. C'était trop. Trop d'informations, trop de fomentations, trop de mots qui lui firent chanceler son équilibre intérieur. Il ne pouvait traiter cette hardiesse d'esprit, lui qui était si simple et si dépouillé de toute bassesse.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] G7yc

-"Ça suffit."

Elle jouait de lui, il le sentait. Sa faiblesse, elle la manipulait de ses mains et de son esprit, elle l'articulait pour mieux le torturer, la présentant comme un défaut qu'il devait exécrer. Cela, cela s'opposait à ces questions aussi candides que déraisonnables. Pourquoi sauver était synonyme de déficience ? Depuis quand épargner s'associait à une marque de faiblesse ? Seule une réponse se dessinait dans l'esprit du Précurseur.

Chez les fous, le sain d'esprit était l'infirme qu'il fallait corriger.

Ses nerfs se vivifiaient, au rythme de ses paroles et de cette odeur nauséabonde qui envahissait son esprit. Son souffle se fit plus profond, plus viscéral. Il pouvait décider de tout abandonner, mais cela ne changeait en rien sa problématique. Il pouvait décider de l'exécuter, mais cela allait à l'encontre de toutes ses valeurs. Avait-il même pensé à lui proposer de rejoindre ses rangs que tous les arguments qu'elle venait de lui déblatérer étaient autant de raisons pour elle de rejeter l'idée.

-"S'il y a bien une chose que l'Empire eut réussi à me transmettre, c'est que les mots sont futiles. Me donner votre parole n'aurait aucune valeur, comme toutes vos tentatives d'asservir mon esprit. L'Empire n'aurait qu'à vous proposer une offrande plus conséquente que la mienne que cela corromprait votre esprit, l'amenant indubitablement à la trahison."

Il pensait alors aux siens, à Hanae qu'il avait condamné en la laissant à Jôheki, à Ayuu et Kenzo qu'il avait condamné en les envoyant à Urahi, à Medyûsa qu'il avait condamné en la laissant partir seule en territoire inconnu. Dans cette perspective dénuée de tout espoir et de toute confiance, tous étaient déjà comme morts. Il ne lui restait alors qu'à accomplir ce pourquoi il vivait.

-"Mais je pense que cela me convient. Merci. Grâce à vous, j'ai pu trouver ma solution."

Faire de la Manipulatrice la Faucheuse de son existence, celle qui le punirait de ses méfaits. Celle qui le sanctionnerait, à son tour, celle qui pouvait briser la chaîne des regrets en entretenant son inhumaine indifférence.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] Vdhc

-"Je compte sur vous pour me conduire à l'échafaud lorsque vous estimerez que l'heure est venue. D'ici là, peut-être seriez-vous tentée de me laisser vous épauler dans vos objectifs ?"

A contresens de toutes ses attentes, une insulte à l'instinct de survie. La parfaite preuve de tout son altruisme, la parfaite définition du don de soi, loin de toute sournoiserie. Assister celle qui, à tout moment, pouvait décider d'abaisser l'épée de Damoclès, réduisant à l'état de souvenir celui qui avait toujours voulu s'élever au rang de Héros.

Avec ce sourire, on ne peut plus innocent, on ne peut plus candide, reflétant toute sa pureté et toute sa niaiserie.

Car dans ce monde, il était né sot. Et comme si la boucle devait être bouclée, il s'était déterminé à l'idée de mourir sot.


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Jeu 28 Oct 2021 - 22:00
Les yeux de l'Alchimiste s'écarquillèrent, finement, de cette surprise qui n'avait laissé attendre ni présence ni présage sur ses traits, d'un étonnement qui éprit ses muscles tout à la fois. D'une fraction de seconde où elle ne pouvait clamer s'être doutée d'être ainsi prise de court par l'une réaction de celui qui fut un jour second Empereur. Elle passa sur son visage comme le vent ne pouvait caresser sa peau, furtive, rapide, aussi éthérée que la brise apportée par des cieux en révérence à une nuit impatiente d'enlacer le monde, incapable de patienter quelques heures.

Mais ce qui fut un instant d'égarement devint le cœur brûlant de son attrait ; la stupéfaction discrète qui avait régi ses yeux plissa ses paupières, guida l'arc de sa bouche sous la courbe d'un sourire triomphant, avide. Elle qui s'attendait à l'indifférence ou à l'explosion de colère, d'agacement, le nivéen lui avait offert sur un plateau d'argent ce qu'elle ne pensait pas désirer, mais qu'une fois ainsi présenté, elle ne pouvait déloger cette envie viscérale de son esprit ou de ses entrailles. Soumettre sans léguer sa chair au bois d'un pantin, arracher informations et charmes de ses lèvres sans les monnayer, garder sa vie au creux de sa paume en étant où lui était donné la grâce de pouvoir sentir les pulsations de cet organe vital sur sa peau nue, où ses ongles pouvaient se refermer à chaque instant devait-elle le désirer. Le contrôle, pur, simple, absolu sans que l'ombre de la mort ne lui arrache sans son accord.

Elle s'en enivrait à plein poumons.


« Il semblerait que vous êtes finalement plus friand de vous abandonner totalement à un autre que vous ne l'aviez laissé penser plus tôt, mh ? », glissa-t-elle d'un murmure équivoque à leur échange passé sous le couvert de la Dame d'Argent, taquine.

Son kiseru avait été relégué sur le côté, échangé le long de sa senestre tandis que sa dextre s'élevait sur le visage du Sendai, frôlant sa peau nue du bout des doigts, là où gisait les vestiges d'effluves âcres soufflées plus tôt à son minois.

Et pourtant, pourtant, quand bien même son esprit avait désiré glisser la chair de son pouce contre le menton de son vis-à-vis, celle de son index sur la ligne tracée par sa mâchoire pour relever finement son visage – à peine, comme une âme en contemplant une autre sous tous les angles – elle ne parvint pas à le toucher. Pas tout à fait ; c’était-là comme si un infini séparait sa chaleur de la sienne, comme si un espace fantomatique l’empêchait de l’atteindre à moins qu’il ne le désire lui-même, ô combien subtil, mais indéniablement présent. De la peau attendue sous ses doigts délicats ne restait que la froideur d’une armure pourpre. Un souffle amusé lui échappa, scrutant chaque parcelle de ce spectacle d'humanité dont elle ne pouvait se passer.

La jeune femme laissa son propre visage se glisser vers l’arrière, penché. Dévoilant un peu plus la courbe de sa gorge sous les reliefs de sa cape d'obsidienne, elle observait cet homme dont elle était incapable d'empoigner la chair mais dont la souveraineté lui avait été promise, le regard rendu fou par la fascination, par le plaisir ; ses lèvres arquées par un sourire à la fois dément et gorgé de volupté. Sa taille l'obligeait à tordre légèrement sa nuque pour l’observer, se refusant à presser la pointe de ses pieds pour s'agrandir – car elle savait que de tout ascendant physique, aucun ne valait celui qu’elle possédait désormais sur son mental, sa psyché qui était pour elle si fougueusement plus digne d’intérêt que ne l’était un corps. Cette vue lui suffisait, elle s’en délecterait. Ni trop proche, ni trop près, sa main enserrant une mâchoire qu’elle ne pouvait atteindre par un pouvoir reflété dans les yeux de verres de cet homme. Peut-être n’avait-elle jamais été plus satisfaite par le choix d’un autre de toute sa maigre et futile existence.

« Alors ainsi soit-il. », susurra sa voix murmurée par un sourire dément, les yeux plissés par une macabre allégresse au creux des effluves de tabac qu’ils haïssaient tous deux.

La malice et la folie tordirent davantage l'ombre de sa bouche, légèrement entrouverte, lorsqu'elle laissa ses yeux forgés d'ocre et d'éther parcourir chaque once du visage de l’ancien Empereur telle une enfant émerveillée face à un cadeau. Sa main s'ôta du fasciés de ce sot, glissa sur son torse en effleurant l'armure du bout des ongles pour percevoir, sentir malgré cette éternelle illimitée, les battements de ce cœur non pas emballé par la rage ou la colère, mais par le calme d'un courant d'eau, d'un abandon au genou ployé de pleine volonté devant un autre, devant elle. Trop de fois avait-elle été obligée de le faire, de considérer un être comme lui tant supérieur, comme valant plus que sa vie : et de voir une autre âme se plier à cette même immondice en consentant pleinement à son acte avait de ce charmant pouvoir que de ravir tous ses sens jusqu'à ce qu'elle ne soit plus capable de penser. Il n'y avait que cela qui l'intéressait, qui l'obnubilait ; elle se sentait capable d'accéder à n'importe quelle demande face à une telle offrande de soi, par bonté d'âme.

Son toucher s'ôta du renfort illusoire de cette chair immatérielle pour se glisser dans son dos, laissant sa dextre filer sur son bras tel un souffle fantôme lorsqu'elle le contourna. Elle lui fit la grâce de se placer face au vent sans s'éloigner ni se rapprocher ; d'ôter cette senteur qu'il détestait de son nez, là où le vent l'emporterait vers les reliefs des morts, des macchabés de ce village. Elle n'en avait cure – elle remplissait le vœu qu'il lui avait prêté plus tôt, en déguisant son kiseru sous l'arche de ses lèvres sans que l'âcre tabac ne vienne assaillir les sens du nivéen.

Pour autant, elle rompit un contrat sourd passé avec elle-même il y a quelques instants, pria son corps de se hisser sur la pointe de ses pieds, manqua de frôler son épaule de ses doigts pour ne serait-ce qu'accomplir un unique désir : susurrer à son oreille le seul murmure dont elle désirait voir trouver l‘écho du savoir de cet homme qui n’avait pour elle plus nom ni image, seulement qu’il lui appartenait de régir sa vie. Sa joue frôla ses mèches argentées, placée ainsi souveraine dans le creux de son échine, son regard épiant d’une fanatique tendresse l’air qui s’installerait sur son visage, aux mots qu’elle prononcerait.


« Parlez-moi du Dieu du Désert. »

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Sendai Yahiko
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Ven 29 Oct 2021 - 2:01
Au carrefour des intérêts, là où s'accostaient l'Ange et la Démone, se manifestait naturellement un principe aussi rationnel qu'injuste. Le Bon, soucieux de complaire, s'adonnait à l'empathie et à l'effort de convenir. Pour que la Mesquine, soucieuse de gonfler ses intérêts, ne tire profit de la moindre de ses failles.

Lorsqu'il lui tendrait la main, elle lui faucherait le bras. Là était l'inéluctable déséquilibre entre le bien et le mal. Pour l'un, le naturel menait à donner. Pour l'autre, le naturel menait à prendre.


L'iniquité régnait. Sans même concevoir qu'elle ne puisse l'envisager comme un cabotan, il lui avait donné sa parole comme il avait pu lui confier son être. Ses arts, ses techniques, sa voix et ses vertus, sa rédemption les avait fait sienne. Pouvait-il trouver la paix, tant que les ombres des dépouilles des siens n'orneraient ses pensées les plus sombres ? Pouvait-il s'estimer libre, tant que leurs carcasses joncheraient une terre sur laquelle il les avait lui-même envoyé ?

Tout cela n'était qu'une vaste fumisterie. Jamais Ayuu n'avait été contrainte à se rendre auprès des siens, jamais Kenzo n'avait été enchaîné à sa patte. Medyûsa avait été celle qui avait empoigné d'elle-même le gouvernail de son périple, tandis qu'Hanae venait elle-même de prendre l'initiative de rejoindre les siens. Jamais n'avait-il été le responsable de la moindre de ces résolutions, mais l'aube d'une culpabilité naquit tout de même dans ses entrailles.

Une culpabilité qui ne se justifiait que par le plus grand des poisons, que par le plus grand des remèdes. L'amour qu'il éprouvait pour ses amis, la confiance qu'ils lui avaient accordé pour les diriger.

D'un revers de main, il s'était persuadé les avoir chassés.

Jamais l'amour ne l'avait-il rendu aussi aveugle.

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-"Vous êtes vraiment acharnée. Ma vie privée ne vous intéresse pas, je vous l'assure."

Mais aussi prisonnier pouvait-il être de la geôle qu'il s'était lui-même dressé, il restait incapable d'abandonner toute sa raison et sa clairvoyance. Il dessinait parfaitement le paradoxe de tous les êtres humains. Il se persuadait de sa perspicacité et de son ouverture, ignorant totalement les rouages qui restreignaient son esprit comme s'ils n'existaient pas. Il était un oiseau aveugle, qui se pensait libre tant qu'il ne heurtait ses ailes aux contours de sa propre cage.

Et à la jonction de toutes ses préoccupations, la malice de la Marionnettiste s'immisçait finement. Sa délicatesse, il voulait la déchiffrer. Sa danse, ses murmures, ses touchers et autres douceurs, il voulait les redouter. Jamais une proximité n'avait été aussi pernicieuse, jamais une grâce n'avait été aussi faisandée. Sa volupté, elle lui criait méfiance, tout comme ses charmes lui criaient garde. Il ne devait la dévaluer, tant elle était celle qui avait eu l'audace et l'habileté de se jouer d'un Empereur, tant elle était celle qui avait manipulé ses failles pour mieux les pétrir de sa vilenie.

Sa tête, elle ne cessa d'observer les roches qui recouvraient les briques des villes du Rempart. Lorsque celle de l'Alchimiste s'installa sur l'origine de son bras, il ne lui accorda physiquement une quelconque attention, comme son épaule ne réagit à la proximité. Une inexplicable confiance régnait, lui qui lui avait accordée le soin de sa torture jusqu'à son trépas, il su qu'il était inéluctablement à sa merci.

Sa couverture rigide s'ôta calmement sous l'envolée progressive de son chakra zinzolin, laissant reposer son menton sur le haut de sa veste violacée. Dans cette posture, tous deux dessinaient faussement l'image des bras et de la tête, des muscles et du cerveau.

-"Le Dieu du Désert ?", répéta t'il.

Son esprit comprit vivement le cheminement de ses pensées. Peut-être s'imaginait-elle tirer des vers secrets de ses narines d'ancien souverain, mais là était une première méprise.

-"Il n'existe aucune autre information officielle que celle répandue par le Kunai Emoussé. De nombreuses théories soupçonneraient un Ninjutsu comme une cause de son apparition, mais rien n'est avéré."

Sa silhouette ne bougeait pas, il ne faisait que réciter une leçon comme s'il l'avait docilement apprise, bien conscient que l'information qu'il transmettait ne compromettait pas la sécurité du Yuukan.

-"Par contre, j'eu déjà l'occasion d'affronter le Dieu Insecte, ainsi que son hôte. En suggérant qu'ils présentent des similarités avec le Dieu du Désert, cela vous intéresserait-il ?"

Il la découvrait par la discussion, il l'analysait au travers de leur échange. Il avait évidemment pu partager la moindre de ses connaissances au risque qu'elle n'y soit indifférente, mais il préférait s'assurer que le moindre mot qu'elle pouvait avaler lui était réclamé.

Car il lui était impensable de lui donner le repas tout préparé. Si elle souhaitait des informations, il lui faudrait l'intelligence de penser à les requérir.

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-"Après tout, qui sait quels pouvoirs le Dieu du Désert pourrait octroyer à son détenteur ?"


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Shimaenō
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Sam 6 Nov 2021 - 22:50
Un rire fin traversa les lèvres de la jeune femme, dont l‘âme s’était vouée à l’œuvre de l’écarlate, de l’obsidienne et de l’immaculé ; vouée à l’avènement d’un Dieu qu’elle était destinée à servir. À abreuver sa prison d’un sang dépourvu de tout regard et d’intérêt dans un monde où la valeur d’une vie n’avait d’autre prix que celui du pouvoir. Grand, puissant : on offrait en égard à ce fluide battant dans vos veines l’égal de l’or, du diamant ou des plus fines orfèvres que les mains maladroites de l’humanité pouvaient forger. Insipide, insignifiant – votre existence était invisible, illusoire. Elle ne pouvait même se tarer de trouver la valeur du cuivre ou de la pierre.

Semblables à cette pauvreté d’autrefois dont ils reflétaient les couleurs, les brins onyx de l’Alchimiste vinrent frôler le vêtement du nivéen lorsqu’elle pencha son visage – à peine – pour trouver le reflet des prunelles qui l’observaient en coin. À l’aube de la disparition de l’infinie barrière, évaporée telle une offrande pressée aux pieds d’Éole, éther et améthyste se plongèrent dans leurs égaux peint par l’ambre et l’azur, d’un sourire révoquant ses lèvres de tout sa majestuosité.

Le bout de ses doigts effleura les brins opalins tombés dans la nuque du Sendai, d'une caresse éphémère, passagère telle celle d'une brise pressée sur les flancs des Dunes abreuvées par le soleil. D'un toucher irréel, fébrile, qui n'avait d'autre but que de faire fleurir sur sa peau nue une volée de frissons sincères – enroulant, presque, son index dans l'une de ces courtes mèches au crépuscule de son cou.

« Je me demande bien qui vous a persuadé que vous n'étiez pas digne d'intérêt. », susurra-t-elle tout près ; comme satisfaite que sa proximité ne l'ai pas effrayé.


Un sourire malfaisant se fraya un chemin sur les lèvres de l'Alchimiste lorsque la voix de l'homme réverbéra l'ombre de ses propres dires, plus tôt, prononça le nom de cette divinité qui gorgeait son être d'un fanatisme dévorant ses entrailles, annihilait son esprit de toute pensée cohérente devant sa grandeur. Elle s'enivrait de toutes ses paroles, de tous ces parcelles de savoir qu'il pourrait lui conférer à son sujet, qui pourraient gonfler son désir de posséder jusqu'au dernier détail de son existence, jusqu'à son essence même qu'elle voulait ancrer dans sa peau.

Mais alors qu'il pensait, d'une retenue princière, dissimuler à sa connaissance des fragments d'informations qui lui seraient cruciales, un murmure vint trouver les avancées du nivéen pour lui prouver amèrement qu'il n'était pas face à l'une de ces incrédules ; non.

Sendai Yahiko se tenait devant l'une des Adeptes du Dieu du Désert. Devant l'une de ses plus ferventes adoratrices dont l'abnégation égalait l'aveuglement de l'ordre du Saint-Père, dont chaque seconde de sa vie était offerte à ramener celle qui animait autrefois le Vent dans sa chair souveraine, gorgée de sable et de sang de tous les sacrifices faits en son nom ; et comme pour appuyer le poids de sa révélation, sa main se détacha de ces mèches immaculées. Ôta leur poids félin de sa nuque pour assaillir sa psyché du gouffre du manque, de son absence – une punition.

« Pas un Ninjutsu. », déclara-t-elle doucement comme pour le corriger avant de soupirer la vérité sur un ton mêlé de malice. « L’art des sceaux. »

Un toucher, qu'elle ne donnerait à nouveau que lorsque la leçon de ses mots aurait été apprise par l'ex-Empereur – qu'il n'ait entendu son amendement ainsi soufflé, lui laissant entendre l'inutilité de lui mentir. Comme un doux murmure qui lui dicterait que ce n'était pas grave, pour cette fois. Et d'un air si fantomatique qu'ils ne le furent autrefois, ses ongles vinrent longer la courbe de ses vertèbres, frôler la peau qui se dissimulait sous son vêtement pour tirailler son intérêt, lui arracher spasmes et frémissements de surprise. D'une caresse innocente, mais dont les sous-entendus volaient librement telles les divines plumes de sa colombe : elle était toujours là. Un rappel, que même lorsqu'il ne pouvait la sentir près de lui, son emprise demeurait.

La pulpe de ses doigts succéda à ces griffes humaines, ravissant davantage de son corps sous un contact qu'elle mettait un point d'honneur à parer d'une maladive lenteur, d'une langueur qu'elle souhaitait voir subtiliser le Sendai de tous ses sens, de son attention, jusqu'à le dérober de ses moyens. Aussi fébrile, fluctuante qu'une brise, aussi intense qu'une électricité révoltant son échine de frémissements involontaires. Tendre, en apparence, mais qui n'avait pour elle que la malice de manipuler ses pensées et ses ressentis sous l'égide de ses désirs. Une mâchoire qui se tendait, un souffle qui trahissait aise ou inconfort ; qu'importe. Elle accueillerait chaque réaction avec le même plaisir que son contrôle lui procurait.

« Alors les rumeurs sont vraies. », soupira-t-elle, étreinte d’une fascination si fervente qu’elle ne pouvait l’empêcher de ravir ses prunelles. « Les hôtes existent. »

Ce fut le tour de sa paume d'étreindre la chair de son vis-à-vis, de se glisser pleine et entière sur son flanc en suivant la course d'un pas qui la mènerait de nouveau face à lui. De ses vertèbres à ses reins, du creux de son dos à sa hanche, elle laissait un toucher bien plus fervent se présenter à son attention. De la fébrilité de la caresse ayant touché ses cheveux, elle s'adonnait à un contact franc, progressif à l'image de ses faits et gestes qui – elle l'espérait – happaient petit à petit davantage de sa concentration, flirtait avec la lisière de l'innocence.


Elle ignorait l'existence d'un Dieu Insecte. C'était chose faite.

Un frisson parcouru sa propre échine, lorsqu'elle entendit la possibilité sourde que le Roi du Désert ne trouve un détenteur, d'un souhait secret que son âme ne prenne ce rôle telle la plus grande offrande qu'elle ne puisse jamais faire à sa divine existence.

Son menton se releva tandis qu'elle finissait sa danse, de nouveau face à face avec ce nivéen dont elle ne semblait pas décider à se défaire ; physiquement ou mentalement. Un sourire fermement ancré sur ses lèvres, teinté de malice et d'envie, elle laissait ses yeux trouver les siens avec un air accrocheur.

« Voilà un homme qui sait faire des compromis., souffla-t-elle, amusée. Mais tout intéressant que vous ou vos paroles pourraient être, vous le seriez davantage avec un peu d'ivresse et d'alcool au creux de ma main. »

Elle l'avait susurré d'une voix équivoque, charmeuse comme à son habitude – mais derrière ce jeu, se cachaient une volonté de ne pas évoquer de tels sujets au milieu d'un village écrasé par le courroux d'un Esprit inhumain, au milieu de cadavres et d'une désolation rappelant l'affront qu'ils avaient mené. Tant par l'inconfort de demeurer ainsi debout durant des heures que par souci de ne garder ces soupirs que pour elle, de ne risquer qu'une oreille curieuse n'entende ce qui lui était destiné. La discrétion d'une auberge et d'un tenancier, au contraire...

Et il y avait cette part d'elle qui souhaitait l'éloigner de ces lieux, pour ancrer l'offre qu'il lui avait faite – sa vie – dans le souvenir, dans l'acté. De laisser derrière lui, métaphoriquement et physiquement, ceux qu'il pensait avoir abandonné. De créer, par la réalité, l'illusion qu'il paraissait nourrir pour assouvir davantage son pouvoir, son contrôle.

Elle aurait pu le dire d'une autre façon, se défaire des sous-entendus gracieux qu'elle appréciait tant nourrir de ses attraits ; mais cela était bien moins plaisant.

D'une simple pression sur son flanc, son pouce glissant avec le talon de sa paume sur l'aube de ses côtes, elle tâcha de le rappeler à elle d'un frôlement éphémère, le visage légèrement penché sur le côté.

« N'êtes-vous pas d'accord ? »


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Sendai Yahiko
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Dim 7 Nov 2021 - 17:55
Un contact spectral, une caresse abstraite. La vicieuse étreinte resserrait ses griffes sur la nuque de sa proie au point de chute de ses mèches enneigées, les abandonnant délicatement pour souiller de ses desseins les plus sombres le contour de ses côtes. Le toucher était sournois mais il criait sa vilénie, le flirt était tendre mais il ne camouflait son désir le plus profond : l'intérêt.

L'appel de la cupidité, la soif du savoir, nulle autre excuse ne savait définir la parade de l'Alchimiste autour de son sujet. Sa danse tentatrice ne pouvait se défaire de l'excitation qui émerveillait ses iris vairons. Ses traits, tirés par l'envie. Ses lèvres, étirées par son appétit. Le Sendai fut trahit par ses instincts, mais jamais n'eu t'il l'indécence d'abandonner sa lucidité. A l'effleurement de ses ongles, ses muscles se contractèrent. Ses frissons se heurtèrent aux vêtements pourpres qui les surplombaient, tout comme ses lèvres se retroussèrent légèrement sous son contact, s'embrassant l'une contre l'autre comme pour combattre le naturel qu'il voulait camoufler.

Mais derrière ces expressions qui dessinaient toute la fragilité du genre masculin, sa mâchoire légèrement crispée, elle, renvoya l'image d'une réflexion avant l'action, d'une prudence avant l'erreur. Le Démon était connu pour ces procédés les plus impurs, et indigne aurait été subjectivement l'Empereur qui aurait priorisé le sentiment avant le discernement. Car là où avaient pu échouer bon nombre de faibles à ses yeux, lui ne devait se corrompre.

Jamais ne devait-elle oublier que l'ex-Empereur, à la manière de tous ceux qui n'avaient plus rien à perdre, était maintenant libre d'exploser comme il le désirait. Il était condamné.

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-"Ce serait logique, effectivement. Ce sont par les sceaux que nous avons crée les hôtes, sûrement sont-ils ceux qui libérèrent les Dieux."

Une nouvelle pièce dans le camp adverse, un pion qu'il attrapait du bout de ses doigts pour le glisser doucement sur cet échiquier de voracité. Elle s'animait par la cupidité, alors la Marionnettiste pouvait être manipulée. En suscitant l'appétence, en attisant la curiosité. Le Deuxième disposait des informations, comme il disposait du droit de les partager. De sa malice à lui, sa bonté était une clef de voûte. Ses secrets, elle pouvait les mériter, au prix d'une certaine patience et de quelques caprices qu'il pouvait imposer.

Elle avait besoin de lui, car lui seul dans le Yuukan était l'Empereur. Et lui seul était à la portée de sa main vénale et gorgée de cupidité.

-"Les hôtes existent, je peux vous l'assurer. En me confrontant au courroux de l'un d'eux, j'en fut persuadé. C'était... intéressant, original, novateur."

Ses mots se voulaient justes, précis. Ils suivaient la voie que traçait son esprit pour mieux les guider vers la plus grande faiblesse de l'Avare. Cela démontrait alors toute sa faiblesse face à la Mort, toute sa crainte de rendre son dernier souffle. Pouvait-il mourir maintenant, tout de suite, que cela priverait l'Adepte de tous ses trésors. Pouvait-il se rendre d'ores et déjà à l'Empire, levant les bras pour crier sa reddition, qu'il honorerait sa parole auprès de ses amis qu'il avait abandonné.

Mais il était bien trop lâche. Son approche se voulait vile, mais elle était née de son plus profond désir de rester en vie. Induire chez cette jouvencelle le besoin de sa pérennité, c'était s'assurer qu'elle ne puisse le vendre.

Son contact se fit plus prononcé, mais il ne broncha pas. Comme s'il voulait opposer sa propre machination à celle qui jouait de son charme pour mieux le dompter, comme s'il voulait trouver dans ses réactions à elle le fruit de son intérêt et la faille de son aspiration, il la laissa danser. Son corps se voulait toujours si nerveux mais son esprit ne vacilla pas. C'était son propre corps contre son propre esprit, son propre bien-être contre ses valeurs ancrées.

Et elles ne se fractionneraient pas.

-"Vous oubliez qui je suis, ici."

Ses lèvres s'espacèrent légèrement pour tracer un sourire presque innocent. Car si à ses plus grandes ruses elle avait tenté de troubler ses objectifs à court terme, lui était toujours hanté par le soucis de revoir, en vie, celle qui avait rejoint son clan.

-"Je ne suis aussi libre que vous. Je ne suis qu'un renégat, bon à être enfermé dans un Domaine et ce jusqu'à ce que la sentence ne soit levée. Il m'est sûrement impossible de me balader à ma guise sur les terres de Jôheki."

Son regard toisait le sien. Il s'attendait à y trouver de la frustration et une grande teinte d'agacement, mais il jouait les pièces qu'il était apte à jouer. Celles qui lui assuraient la survie, bien conscient que son destin était maintenant lié à cette inconnue. Il devait partir, avec toute l'assurance qu'elle et lui était menés à se revoir un jour sous peine que l'Empire ne vienne s'imposer sur des terres neutres.

-"Nous boirons ensemble, je vous le promets. Mais avant de vous retrouver, je dois aller récupérer mon amie à Urahi, comme vous l'avez entendu. Nous aurons toute l'occasion d'échanger ensemble et de voyager ensemble lorsque je me serai débarrassé de quelques devoirs."

Et finalisant sur quelques touches sournoises, il servit sur un plateau d'argent quelques mots pour mieux la séduire, à son tour.

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-"Nous pourrons alors mener ensemble nos recherches sur le Dieu du Désert, même si cela nous confronte au peuple de Kaze."


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Shimaenō
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Mer 17 Nov 2021 - 18:30

Elle avait vu, du coin de l’œil, ces éclats de faiblesses qui avaient traversé les traits de l’Empereur Sendai à son toucher ; ces lèvres pressées ensembles comme pour retenir des mots ou des soupirs de ne lui échapper, sa respiration devenue surprise, lourde. Ces frissons, qui avaient si doucement parcouru son corps. Et de chacun de ces aveux, l’Alchimiste en réverbérait le souvenir dans ses pensées, où ils gorgeaient davantage le sourire sur son visage de cette allégresse d’avoir triomphé. Elle adorait, de cet amour servile, voir ainsi ses gestes glisser de telles réactions chez autrui, lui donner cette impression divine qu’il ne suffisait que d’un contact, aussi fébrile que la brise, pour ravir à son aise le corps d’un autre.

Elle s’amusait à penser qu’il pouvait en être de même pour son esprit – qu’aussi captivé qu’il paraissait l’être, sa chair n’aurait pas été la seule à s’agenouiller – mais ce serait mal connaître l’homme qui se tenait devant elle, malgré le peu de temps échangé en sa compagnie. Quelque part sous cette mâchoire serrée et ces muscles tendus se cachaient des pensées qui s’efforçaient, peut-être même sans difficulté, à se défaire du joug humain de ses réactions. Elle ne pouvait pas encore clamer l’avoir conquis pleinement, entièrement… mais étrangement, l’Adepte ne s’en formalisa pas ; n’éprouva aucune gêne, elle qui voulait tout convoiter : car il y avait ce savant plaisir que de n’obtenir une chose qu’après avoir combattu, bataillé pour se l’accaparer.

Un air de conquête, qui l’enivrait bien plus qu’une victoire simple, facile – d’autant plus sur un être dont la naïveté l’avait tant poussé à sous-estimer son intérêt.

Ses doigts glissèrent sur le velours de son vêtement, frôlèrent ses côtes de leur chaleur habile ; et de ce qui était il y a quelques instants un toucher franc retrouva l'éphémère de simples caresses abandonnant ses hanches pour révoquer bien d'autres parcelles du nivéen. Ses phalanges passèrent, fantômes, le long de ses flancs, dessinèrent les courbes de son abdomen dont ses ongles effleuraient l'aube tel un sculpteur d'œuvres d'art – et pas un instant n'ôta-t-elle ses yeux des siens, de prunelles plantées dans d'autres pour en convoquer toute l'attention, d'un plaisir d'observer ses réactions à l'instant même où ses gestes géôliers ne faisaient courir leurs souffles sur son corps.

Un rictus vint parer ses lèvres tandis que le bout de ses doigts s'élevaient jusqu'à son torse, où les battements fragmentés d'un cœur affolé perçaient sous son toucher.

« Qui êtes-vous, alors ? Vous dirigiez autrefois un pays... pourquoi être effrayé de marcher librement sur les chemins d'un autre ?, elle laissa sa peau se presser davantage, à peine, sur les reflets vermeils de son vêtement, comme pour percevoir avec bien plus de clarté les impulsions de l'organe qui s'y dissimulait. Les Remparts ne vous ont-ils dont pas offert leur protection ? »

Il n'était pas libre. Évidemment. Un homme en servant un autre, elle, ne l'était jamais ; c'était-là un savoir qu'elle avait appris à ses propres dépens, inculqué dans son esprit comme sa chair n'avait été occise par la brûlure du fer.

Une dérobade à ses yeux, simple, pour se soustraire à la compagnie discrète d'une taverne, pour se refuser à la suivre et demeurer un tant soit peu décisionnaire de cette situation où l'angle du pouvoir parut flancher. Glisser, tel un courant d'eau entre les doigts de l'Alchimiste où le Sendai semblait avoir insufflé une part de ce flux si pur dans sa nature pour contrôler sa course irrégulière. Elle ne s'en inquiéta pas, pas tout de suite.

Ce fut le ton qu'il employa qui fini de raviver ce qu'elle craignait – non. Ce qu'elle abhorrait. Il y avait, dans sa voix, la même expression à laquelle elle fut tant de fois confrontée, à un temps où elle n'avait d'autre valeur que celle que l'on voulait bien lui donner : acquise. Comme si, d'un si frêle échange, de promesses banales, le nivéen considérait qu'il lui était possible de partir, désormais, avec l'assurance qu'elle ne puisse jamais le trahir, se projeter dans un avenir où il ne viendrait la trouver que lorsqu'il le désirerait, que lorsque cela lui seyait.

Nous aurons toute l'occasion d'échanger ensemble et de voyager ensemble lorsque je me serai débarrassé de quelques devoirs.

Vous oubliez qui je suis, ici.


Elle n'aimait pas la suffisance.

Jamais l'ex-Empereur n'avait pensé ainsi ses mots. Sous-entendu qu'il souhaitait rompre leur accord ; cela, n'importe quel spectateur de leur danse aurait pu le comprendre. Mais dans son esprit tronqué par la trahison, par des années où elle ne fut non pas celle qui commandait et désirait autrui, qui accaparait ce que son bon vouloir lui susurrait, mais celle qui, au contraire, se trouvait manipulée, désirée, prise sans égard, c'était-là tout son instinct qui la poussait à se défendre d'une menace pourtant illusoire. Elle n'avait aucune assurance qu'il ne se jouait d'elle à son tour : qu'une fois arrivé à la terre du Feu, il ne s'échappe pas sans qu'elle ne puisse lui faire payer le prix de sa promesse.

Elle détestait l'incertitude. Son emprise se fragmentait par son propre doute, par ce sourire innocent qu'elle aurait pu tendrement contempler avec confiance... mais qui tranchait tant avec la fourberie battant dans ses veines qu'elle ne pouvait le penser autrement que comme un reflet de ses propres actions, de ce qu'elle ferait, à sa place. Pour survivre.


Il était plus aisé de penser l'autre comme un ennemi, d'envisager le pire que de ne prendre le risque d'être trahie.

Sa bouche se pinça, sa mâchoire se serra à ses paroles. La main qui couvrait autrefois son cœur se crispa, finement, à l'image d'un souffle passant sur sa peau comme s'il se refusait à attirer l'attention de cet homme sur le changement qui s'opérait en elle ; mais elle n'aurait pu retenir la colère de creuser son corps quand bien même l'Adepte l'aurait désiré, qu'elle n'aurait voulu le couvrir d'autant de masques et de séduction que le calme pouvait tracer sur son visage.

Ses doigts se détachèrent de son torse d'une liberté fantôme, frôlèrent du bout des ongles les détours de son thorax, là où ses poumons grandissaient au fur et à mesure des inspirations gonflées de vies. Un rictus aguicheur aurait pu trouver ses lèvres, ses caresses se poursuivre pour le faire danser, frémir jusqu'à atteindre son cou, la pointe de ses pieds aurait pu la hisser jusqu'à sa hauteur pour susurrer de nouveau quelques mots à son oreille – mais il n'en fut rien.

De cette sensualité d’autrefois, elle lui soumit le joug de son déplaisir, le poids de l’étreinte de ses doigts autour de ce col améthyste.


Sa poigne se referma sur le tissu épais couvrant sa gorge dans un choc vif, l'attirera sèchement, amèrement vers elle d'une force brisée par l'agacement : que son échine n'ai d'autre choix que de se courber pour la trouver, de forcer ce corps à ployer devant sa volonté. C'était à lui de s'abaisser devant elle. Il n'y avait dans ses yeux, dans son attitude, plus aucune séduction, plus aucune habileté envoûteuse : seulement le courroux effervescent qui tarissait sa bouche et sa gorge de leurs mots tronqués, dans toute cette élégance qui ravissait ses traits féminins.

Il lui avait offert sa vie. Elle comptait bien s'en emparer, lui faire éprouver la dureté d'une telle offrande.

Son étreinte enserra son col, rapprocha son visage au plus près du sien jusqu'à ce que leurs souffles ne puissent clamer s'entremêler, d'une main frémissant d'une fureur froide, languissante – mais il n’y avait dans son geste aucun charme, si ce n’était peut-être celui du reptile refermant son emprise et dont les crocs sifflaient la menace de sa colère.

Ses iris se plissèrent, plantés dans leurs homologues où dansaient les couleurs du ciel : et ô qu'elle aurait voulu assouvir leur lumière, les plonger dans le berceau le plus profond de l'onyx pour les teinter de la trahison qu'elle pressentait dans son cœur.

Un murmure lui échappa, grondant de l'amertume qui lovait chacun de ses mots. Leurs revers, soufflés, couraient librement sur les lèvres de l'Empereur lorsqu'elle les prononçait, d'une proximité qui tâcherait de lui faire éprouver l'intensité froide de son ire.

« Vous qui arborez la compagnie d'une colombe, combien de battements d'aile faudra-t-il à un messager pour rejoindre Urahi selon vous, mh ?, glissa-t-elle, d'un ton qui, étonnamment, était bien loin d'être emporté par les émotions qui l'animaient. Une poignée d'heures ? Une demi-journée ? Sûrement moins qu'il n'en faudra à la gamine et son chien qui vous accompagnaient pour s'y rendre à pied. Mais peut-être lui réservez-vous la délicieuse surprise que d'être cueillie par le fer des lances de leurs soldats ? Une embuscade pour dégourdir son corps frêle avant qu'elle ne soit jetée en prison ou en pâture ?, ses dents claquèrent, d'un sourire aussi venimeux que ses paroles. Oh, je ne vous pensiez pas si sournois, si mesquin, Empereur. »

Son visage se pencha, à peine, sur le côté, frôlant le bout du nez de son vis-à-vis à l'ombre des mèches de cheveux qui paraient son visage.

« Car je ne vois là aucune autre explication pour cette attitude si désinvolte qui est la vôtre. Pour cette impression que vous donnez d'être libre de partir, affranchi de tout soucis, comme si je vous avais donné ma parole de ne rien dévoiler. Comme si vous m'aviez satisfaite avec si peu d'aveux. »

Sa main étrangla un peu plus le tissu qui couvait dans sa paume, l'éleva vers son menton afin d'écraser, délicatement, la glotte qui se dissimulait derrière ses phalanges recroquevillées ; le gêner, physiquement, d'autant d'aigreur qui étouffait l'Alchimiste.

« Mais je dois me tromper, n'est-ce pas ? Vous n'êtes pas stupide au point de penser que vous m'êtes indispensable. »

Le charme revint sur ses lèvres, muées en un sourire acerbe, malicieux : mais dénué de toute cette chaleur féminine que leur proximité aurait pu laisser entendre. La hargne était là, discrète, muée au creux d'un batifolage vengeur.

« Après tout, rien ne m'empêche de me rendre à Urahi, poser ces mêmes questions à votre remplaçant. Je suis certaine que les informations que je possède le raviront tout autant que celles que vous avez laissées dans votre sillage ne le feront pour moi. Peut-être me les révélera-t-il sans cette envie maligne que de me forcer à les citer une par une que vous mettez un point d'honneur à faire depuis lors. », elle arqua l'un de ses sourcils, finement. « Toutes les connaissances dont vous disposez, il les détient : plus, même, si les autres dirigeants du monde se sont laissé aller à quelques confidences après votre départ, vous ne pensez pas ? »


« Vous m'avez demandé plus tôt de vous proposer un marché qui vous assurerait que je ne vous trahisse pas. Très bien. »

Un rire traversa ses lèvres, sa mâchoire arquée par une sensualité retrouvée, celle de savoir, au plus profond d'elle, que son ultime désir serait absout pour peu qu'elle ne daigne le prononcer.

« Mon prix sera le Dieu du Désert. Je n'en accepterais aucun autre. »

Sa poigne enserra davantage le tissu de son col, raffermit l'étau tendre que son emprise imposait sur sa gorge, sur le contour de sa mâchoire, sans rompre à aucun moment la frêle distance qui demeurait entre leurs visages ; comme une énième façon d'imposer, de dominer ce qui tentait de lui échapper.

« Et si je dois l'abreuver du sang d'un autre Empereur pour provoquer son éveil, c'est une grâce que je suis prête à payer. »

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Sendai Yahiko
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Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] Empty
Sam 20 Nov 2021 - 16:16
Que son aubade ne l'envoûte, accompagnée de sa plus somptueuse sensualité, elle n'en aurait cette prétention. Le Deuxième n'était insensible à la beauté et à la grâce : il l'était cependant à la volupté lorsqu'elle s'animait par l'intérêt. Perspicace comme il détestait se sentir pétri par une habile fourberie, lucide lorsqu'il s'agissait de discerner l'ombre qui désirait ardemment s'accaparer de sa liberté de penser, jamais son faciès ne saurait s'aviver par autre chose que par ses réactions les plus naturelles et primitives, celles soumises à son contact aussi imprévisible qu'expert.

Comme si son passé avait pu forger son adresse, il sentait par sa virtuosité qu'il n'avait dû être la première victime de la Marionnettiste. C'était comme elle s'en était vanté contre l'Ogre de la Montagne, "je n'en suis pas à mon premier acte profane", ces mots qui, accompagnés de tout ce qu'elle dégageait, dessinait en grand dans le ciel son passé de miséreuse qui, soucieuse de survivre, avait du s'adonner à ce qu'il y avait de plus inhumain et de plus exécrable. La tromperie, la manipulation, la trahison ou le profit.

L'inverse de ce qui galvanisait celui qui ne croyait qu'en la paix, qu'en la confiance, qu'en la fidélité et qu'en le respect.

Ces mêmes vertus qu'il comptait défendre auprès d'elle, comme s'il ne pouvait percevoir autrement que par ce biais naïf et innocent.

-"Votre réponse se situe dans "l'autrefois". Je ne peux trop vous en dire, mais si je vous parle de renégat destiné à croupir dans un Domaine reclus, je pense que vous pourrez trouver ce que vous cherchez."

Un autre sourire se dessina sur son faciès d'ange, illustrant une nouvelle fois sa candeur la plus naturelle bien qu'elle n'était cette fois dépourvue de toute réflexion. L'Ex-Empereur avait reconnu sa posture à l'internationale, et il savait mieux que personne tout l'intérêt qu'il avait à s'aplatir devant un pays tout entier, même s'il était apte à rivaliser contre leurs troupes les plus expérimentées.

-"Vous pouviez vous en douter. Un Empereur déserteur a tout intérêt à s'écraser s'il ne souhaite que sa tête ne se sépare de son corps sans qu'elle ne puisse le réaliser."

Il tourna légèrement son buste vers la droite puis vers la gauche, ses prunelles dansant vers l'horizon comme pour profiter d'une liberté qu'il pouvait enfin s'octroyer. Celle qui lui avait été prise depuis qu'il avait pénétré au sein des Remparts, ou plus loin encore... depuis qu'il avait fui les terres du Feu.

-"Je me sens capable de rivaliser avec les plus grandes puissances du Yuukan, mais le nombre a toujours été déterminant dans un combat. Je ne peux me permettre de risquer qu'une garde surentrainée ne vienne lutter jusqu'à mon épuisement."

Alors ses pupilles vinrent côtoyer une nouvelle fois celles de la Binaire, se posant calmement sur elles comme sa voix parvenait doucement à ses oreilles, sans une once d'agressivité ou de défi.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] 0vf3

-"Je ne vous ai pas menti. Je refuse votre invitation car cela n'est pas sage pour mes intérêts. D'ailleurs, si vous souhaitez faire de moi votre homme de main, cela va également dans le vôtre."

~

L'atmosphère se tordit, comme soumise au cri sourd d'effroi de l'Abusée. La chaleur glacée de son toucher se transforma en une froideur assumée, à son charme manipulateur se substitua une vigueur vengeresse qu'elle semblait vouloir lui asséner. Son regard ne broncha pas, bien qu'il fut légèrement secoué par cette violence, et son corps ne réagit non plus à cette poigne qui attirait son buste vers son visage, croisant leurs souffles de cette proximité.

Il n'était plus que le martyr, il endossait maintenant le rôle de coupable. Froissant sa confiance, l'emmenant dans les tréfonds de souvenirs dont il ne soupçonnait pas même l'existence, il eu révélé à la Manipulatrice des images qui lui appartenaient et qui reflétaient ce qui l'avait menée à devenir l'Alpha. Cette conséquence issue d'une cause inconsciente percuta le miroir de son innocence, se frottant à son incompréhension la plus grande alors qu'il lui avait fait don de sa plus grande sincérité.

Il agissait selon son caractère le plus inné, elle lui répondait de son tempérament le plus acquit.

Et dans ce conflit qui naissait dans sa méfiance la plus hostile, il ne sut y trouver une réponse adaptée. Comment réagir ? De ses mots les plus vides ? Elle n'y croirait point. De ses promesses les plus sincères ? Elle n'y trouverait aucune valeur. Sûrement pouvait-il l'accompagner de toutes ses paroles les plus riches et variées qu'elle ne voudrait les entendre, elle ne pourrait que les écouter. Elle était à l'image de l'Empire et de bien des shinobis : insensible aux discours, perméable aux gestes.

Il ne pouvait trouver la réponse dans sa rhétorique. Il tenterait de la trouver dans son timbre et dans sa voix.

Son visage resta calme, et les yeux vairons de son interlocutrice pouvaient trouver en ses traits l'expression de sa plus grande fidélité. Ses pupilles comme ses paupières ne se froncèrent pas, elles s'accompagnèrent d'un nouveau sourire, aussi doux qu'elle pourrait le trouver arrogant, qui exhibait une nouvelle fois toute sa franchise et toute sa bienveillance. Il n'était pas trompeur, comme il n'était pas fourbe. Il n'était que le produit de toute la simplicité que Dame Nature lui avait octroyé dès sa naissance, de son soucis d'être en harmonie avec lui comme avec les autres, de son désir le plus ardent d'apaiser les cœurs.

Sa dextre s'éleva lentement, entourant tendrement son poignet sans qu'il n'ai à lâcher son emprise visuelle. Jamais n'eut-il osé lui partager une quelconque agressivité ou une quelconque surprise...

Il ne la tromperait pas.

Et comme si toutes ses menaces n'étaient qu'un courant d'air éphémère qui ne pesait aucun poids, il ne tenta d'agir que sur le fond de ce qu'elle ressentait. Il en eu même oublié sa peur de mourir comme sa stratégie, il ne lui restait que son soucis le plus spontané d'adoucir son tourment.

-"Je peux trouver dans toutes vos menaces votre crainte d'être dupée. Rassurez-vous. Je n'aurai été présenté comme l'Empereur Passif si mes ruses n'avaient d'égal que de mon pouvoir. L'Empire put-il me détester sous mes airs de pacifiste, il eu complètement raison. Jamais ne me serais-je permis de conquérir, de manipuler, d'attaquer ou de tromper. Respecter et lutter pour la paix, ce sont les deux seules choses pour lesquelles je suis capable d'agir."

Sa main effleurait toujours son poignet, sans tenter de retirer sa poigne de son col améthyste enroulé sur lui-même, soumis à cette force qu'elle exerçait vigoureusement.

-"Si je vous voulais du mal, je vous laisserai effectivement me tuer et je vous laisserai silencieusement faire affaire avec le Troisième. Comme de nombreux avant vous, vous auriez été abusée et trompée, et au vu de vos talents, je peux vous assurer que vous n'en seriez ressortie vainqueur. C'est un Empereur, un tueur compétent, un ninja très puissant, un manipulateur expert et un Jinchuuriki. Vous n'avez aucune chance."

Son sourire s'effaça légèrement tandis qu'il dévoilait une nouvelle vérité subjective à ses oreilles.

-"La seule raison pour laquelle vous avez réussi à me manipuler, c'est parce que je ne suis pas capable de tuer quelqu'un dont je ne connais les méfaits. Ne l'oubliez pas. Ce que vous avez entreprit avec moi ne marchera pas avec d'autres, et certainement pas avec Shinrin Hanzô. Il vous volerait sournoisement votre Dieu du Désert, avant de trancher votre gorge humidifiée par vos larmes... Je sais de quoi je parle."

Il pouvait imaginer une lutte pour la cupidité la plus légitime, un funeste affrontement verbal ou physique pour que chacun puisse atteindre le trésor tant désiré. Pire que cela, il imaginait parfaitement l'Empereur actuel tenter de s'emparer du Dieu du Désert en même temps qu'il abritait déjà le Dieu du Ciel. Un désastre capital pour son corps qu'il semblait penser apte à contenir tous les pouvoirs.

Et maintenant qu'elle lui avait montré sa plus profonde douleur, il ne pouvait se résoudre à l'abandonner dans ce guet-apens.

-"Votre prix sera mon prix. Vous désirez le Dieu du Désert ? Je vous aiderai à le capturer pour vous, je peux même vous apprendre dès maintenant la technique permettant de le sceller. Mais comment pouvons-nous nous assurer, avec la présence de quatre scelleurs, qu'il vous reviendra effectivement de droit plutôt que de revenir à un ninja talentueux du Pays du Vent ?"

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] Mq5y

Une guerre qui semblait perdue d'avance, car jamais les forces du Vent ne pouvaient avoir la volonté d'octroyer leur Dieu à une inconnue.

Encore moins si celle-ci forçait son absorption.

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Dernière édition par Sendai Yahiko le Mar 14 Déc 2021 - 12:41, édité 1 fois
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Shimaenō
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Dim 28 Nov 2021 - 17:30


Aucune réaction n'avait éprouvé les traits de son vis-à-vis, quand bien même sa violence avait percé à travers les fragments illusoires de ses charmes, quand bien même sa poigne l'avait rapproché au plus près d'elle, d'une intimité qui tiendrait à elle seule de creuser l'envie de bien des hommes et des femmes de ce monde pour peu que l'on ne leur propose. L'attrait de la chair était un outil comme un autre pour celle qui avait appris qu'il n'y avait dans son corps aucun autre intérêt que celui d'utiliser et être utilisé ; mais face à lui, ses courbes revêtaient bien d'autre rôle que des amantes aguicheuses. Elles ne les voulaient pas ainsi, à cet instant. Si elle s'en servait bel et bien... ce n'était pas pour inspirer le désir, non. Mais la crainte, l'incertitude, le doute et la peur de ce qu'il pouvait advenir, de ce que la colère dormante dans ses iris ne pouvait promettre de plus odieux, de plus profane. Elle avait espéré qu'un fragment de ces émotions se dévoile sur ce visage nivéen, celui d'un enfant couvé de toute la fausse candeur de ce monde... mais ce ne fut là qu'un refus de plus qu'il accorda à sa volonté.

Il n'y avait rien qui transparaissait une quelconque réaction de sa part. Rien.

Seulement le doux contact d'une main lovée sur sa peau.


Elle n'avait pas tressaillé. Ni par sa caresse, ni par ses dires ou promesses. Elle n'était pas l'une de ces vestales dont les pensées et les sensations se voyaient ravies par la simple chaleur d'un autre, dont l'inexpérience criarde les forçait à s'abandonner à toute attention.

Mais c’aurait été se mentir que de se dire qu'elle n'avait pas été surprise. Par cette... cette foutue innocence qui lui collait à la peau comme un mensonge à ses yeux. L'impossibilité primaire qu'un homme ne puisse se défaire de ses plus infâmes travers ; qu'un être parcourant cette terre ne puisse prier l'Avarice, la Colère ou l'appétence de toute chose. Elle l'avait vu. Elle en avait fait l'expérience, en avait été marqué au plus profond de sa chair tant par l'égide d'un fer mourant que des mains irrévérencieuses, trop aventureuses.

Sa poigne se raffermit, faiblement, autour de ce col améthyste qui en ces maigres secondes incarnait le seul contrôle qu'elle pensait pouvoir posséder. Ses yeux scrutaient d'une attention maladives les orbes d'opales dans lesquelles ils leur étaient donnés de se plonger corps et âme, désespérément en quête d'une ombre d'infortune, de calamité ou de misérable : de tous ces indices qui leur révéleraient sa véritable nature. Elle voulait déceler, dans ces iris offertes aux reflets de l'aurore, une raison, une preuve qu'elle ne pouvait se tromper. Que cette impression que l'illusion de ses pensées et le réel de ses actes n'avaient aucune chance de se mêler.

Elle n'en trouva aucune.

Elle ignora pourquoi le dégoût éprit ainsi sa gorge à cette simple réalité.

Sa mâchoire demeura fermement serrée lorsqu'elle l'entendit prononcer ses derniers mots, quand bien même son regard se déroba au poids du sien ; alla chercher sur les courbes de son flanc un intérêt tout autre. Un point d'ancrage où son attention substituait sans exister, un lieu où ses prunelles pouvaient se perdre tandis que son esprit réclamait toutes ses pensées fragmentées. Il vous volerait sournoisement votre Dieu du Désert, avant de trancher votre gorge humidifiée par vos larmes. Je sais de quoi je parle.

Elle déglutit.

L'écœurement de cette infâme gentillesse ne partait pas même en le chassant de sa langue.

« ...Et ce n’est certainement pas une option. »

Avec lui vint la nausée.


Sa main se défit de son vêtement, chassa la sienne sans intense violence – d’une simple dureté sous-entendue qui voulut ôter son contact, prendre un peu de cette distance qu’elle avait rompu plus tôt. Sa dextre vint s’emparer du kiseru demeuré au coin de sa jumelle, laissant ses doigts jouer sur sa ligne boisée pour mieux glisser son bec entre ses lèvres. D’une inspiration, puis deux, sa poitrine se gonfla d’un air entaché par un marbre malsain, d’un tabac hâtif d’épouser le froid de l’hiver qui se faisait tant désirer sur ces terres. Elle ne le regardait toujours pas. Ses yeux avaient trouvé les dédales de la nature, les détails des herbes écrasées par les pierres et les hommes.

Finalement, sa voix s'éleva dans le silence qu'elle avait elle-même installé lorsque, du bout de l'ongle, elle vint renverser l'objet vers le sol et tapoter doucement sa forme pour en faire chuter les cendres rémanentes.

Son ton, lui, fut tout autre. Différent de ce qu'elle lui avait confié précédemment. Il se faisait calme, dénué de toute forme de manipulation si bien qu'il ne semblait pas même lui appartenir. Ces lèvres qui avaient susurré tant de délices, tant de fautes et de menaces épousaient pour l'ombre de quelques mots les courbes du naturel, d'une colère sourde, muette, tamisée sans qu'elle ne paraisse éclater. Un agacement, plus qu'autre chose, mêlé au dégoût de ses réactions. Rien de tout cela ne se lisait dans sa voix.

Il n'y avait que l'apathie.

« Avez-vous seulement un jour éprouvé la colère ? »

L'objet éprouva un nouveau choc, fin, mesuré, avant que ses détours ne fondent au creux de sa paume, frôlent l'intérieur de son poignet de son embout métallique. Tourné de façon savante entre les doigts de sa dextre, il retrouva le confort mesuré d’un repli intérieur de sa cape ; un renfort de tissu où l'y dissimuler sans chuter était non pas un luxe, mais une nécessité.

Et à défaut de la sylve et du fer, sa main s'empara de l'ode d'un livre aux pages scellées par une reliure de cuir – un bingo book, pour les plus avertis – mais qui en sa possession révélait davantage les traits du carnet de notes d'un Alchimiste aux yeux du Sendai, où trônaient toutes sortes d'annotations, de sigles, détails et sceaux inconnus à son savoir.



« Pensez-vous vraiment que je me serais lancée dans une telle entreprise sans avoir la moindre idée du sceau qui retint un jour mon Dieu ? », lâcha-t-elle sans lui accorder d'œillade ; son regard était adressés aux pages qui se dévoilaient à elle comme de vieilles connaissances entrevues chaque jour, et dont le bout de ses doigts tournait désormais la forme de l'une d'elle à la recherche d'un contenu en particulier. « Nous n'aurons besoin que de deux autres. »

Son geste s'arrêta sur une des pages en particulier, où sa dextre retraçait doucement les tracés d'ancrages à côté de certains noms.

« Je n'obtiendrais rien sans confiance. C'est une chose insensée que de penser le contraire, mais l'irrationnel des hommes les a menés bien des fois à plus de prouesses que d'échecs. »

D'une simple rotation du poignet, l'Adepte vint offrir au savoir de son vis-à-vis ces mêmes lettres imprégnées dans le papier, lui donnant toute l'aisance de les lire sans problème ; il y avait là, cerné entre le cuir, une myriade de noms, d'associations dont un seul coup d'œil ne lui permettrait que d'en retirer les mots-clefs les plus évidents. Kaze, Kumo, guerre civile, occupation, reprise. Tournoi, Salvateur, Héros des dunes, amant des sceaux. Ombre de la Foudre.

Présent à chacun des éveils du Dieu du Désert.


Elle le questionna d'un seul sourcil arqué, ses prunelles revenant enfin se planter dans les siennes pour le contempler.

« Quelles sont vos relations avec Meikyû Raizen ? »

Devant son incompréhension certaine, une forme de surprise, peut-être, elle ajouta, le visage légèrement penché sur le côté, d'un marbre froid qui n'avait plus rien à envier à la fausse langueur de ses charmes ;

« Ce n'est pas une coïncidence que je me trouve ici à Joheki, Empereur Sendai. Aucun de mes mouvements ne l'est. »

Il n'y avait là que la torture du sang froid.
[invisible_edit]

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Dernière édition par Shimaenō le Jeu 13 Jan 2022 - 17:24, édité 2 fois
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Sendai Yahiko
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Mar 30 Nov 2021 - 16:28
La pulpe de ses doigts cessa d'épouser les formes de son poignet lorsque son binôme relaxa le col pourpre de sa poigne, lui restituant la liberté qu'elle avait réciproquement volé à son buste. Dans le silence le plus sourd, comme s'ils imposaient à leur ire un sursis nécessaire, chacun des deux protagonistes adhéra à une posture plus conviviale et propice à la collaboration : une distance qui respectait enfin leur cercle respectif d'intimité, sans ne pouvoir laisser au vent le soin d'emporter leurs paroles aux oreilles d'indiscrets. Loin de toute hostilité, loin de tout présage funeste, cette nouvelle proximité qu'empruntait la Marionnettiste revêtait expressément les tissus de la curiosité, en les enrobant de cette pointe d'ambition qui lui était si caractéristique, enterrant par la même occasion la hache de guerre au profit d'une union d'intérêt.

Plus qu'une distance, son attitude reprit l'allure de celui qui avait besoin de concentration. Exhiber ainsi son Kiseru ne fut pour le Devancier que la manifestation d'une page tournée, d'une irritation ravalée. Sûrement avait-elle comprit qu'il n'y avait rien à tirer d'une colère assénée à un sain qu'elle ne se serait méprise. Dans son visage, il n'y avait que l'expression de l'empathie. Dans ses prunelles, il n'y avait que le dessin de sa candeur. Dans son regard, il se voulait si perçant qu'il ne désirait s'arrêter à l'explosion primitive des nerfs échaudés. Il voulait percevoir bien au delà, dans des horizons qu'elle-même n'avait pu explorer, là où la combustion éveillait ardemment son feu intérieur.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] Ivev

Il lui en voulait alors pour avoir une nouvelle fois allumé l'instrument de sa toxicité, mais il ne lui en tint rigueur. Se disait-il que le futur le mènerait à faire disparaître cette habitude dont elle ne pouvait vanter les vertus, il préféra plutôt se concentrer sur l'ensemble des réponses qu'elle lui avait partagé. Avait-il déjà été en colère ? Auraient-ils simplement besoin de deux scelleurs supplémentaires ? Avait-elle déjà prévu de gagner la confiance de bien des acteurs de la Coalition ? Quelles étaient ses relations avec Meikyu Raizen ? Tout s'enchaîna, comme de multiples propositions qui s'affichaient à sa conscience pour qu'elle les sélectionne pragmatiquement.

Mais rien n'était figé, tout n'était une question de préoccupation... et de temps.

-"Vos questions sont toutes intéressantes et je comprends que vous souhaitiez avancer, mais chacune mérite son attention. Si vous me permettez."

Sans tenter d'y percevoir les inscriptions qui étaient gravées sur les pages de son livre, ses prunelles tentèrent toutefois discrètement d'entrevoir l'intitulé de ce qu'elle venait d'exhiber. Brièvement, mimant la simple curiosité passagère qu'il pouvait mettre sous le signe de la réflexion, il tourna enfin les talons pour s'avancer vers le bord de la plateforme, celle qu'ils piétinaient depuis leur arrivée devant la grotte. Ses mains se lièrent sobrement dans son dos, caressant involontairement le haut de son coccyx tandis qu'il se redressait, le visage défigurant le ciel nuageux des Remparts qui voulait encore pleurer ses défunts.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] 34v4

Son ton se voulait solennel, réfléchi mais surtout volontaire, si bien qu'elle ne serait tentée de lui reprocher de ne prendre leur accord au sérieux.

Son index se tendit vers le ciel, montrant son intention d'agir par élimination.

-"Je pense comprendre pourquoi vous interrogez mon calme. Je vous jure pouvoir vous trouver tant d'anecdotes que vous ne comprendriez comment je ne puis haïr le monde autant que vous, mais nous ne disposons de ce temps là. La seule chose que je puis vous assurer, c'est que c'est en moi... je suis tout à fait incapable d'éprouver de la rancœur, je ne sais pas vivre avec. Je veux faire le bien, en partie parce que je ne suis pas capable de faire le mal. Lorsque je le fais, je n'ai tout simplement pas le choix."

Sûrement avait-elle dû le comprendre depuis le départ, il n'avait rien de l'image du shinobi que le monde s'était forgé depuis des décennies. Il n'était qu'un humain avec des pouvoirs, qu'un enfant qui avait su s'hisser dans la cour des grands, là où tous jouaient à un jeu qui le dépassait. Mais là n'était toujours pas la source d'un moindre regret.

Le majeur de sa senestre se hissa à son tour, le Deuxième tournant toujours le dos à sa geôlière tandis qu'il contemplait paisiblement le paysage de Jôheki, ses prunelles voguant au gré des roches et des villages détruits que les gardes envahissaient pour mieux les sauver.

-"Vous seriez surprise d'apprendre le nombre d'humains engageant des projets sans réaliser ce qu'ils nécessitent. Je ne fais que m'assurer que vous savez ce dont vous parlez, et si vous me semblez au point sur leur scellement, j'ai besoin de savoir comment vous comptez trouver deux autres scelleurs, comment vous comptez trouver des alliés pour combattre le Dieu du Désert pendant que nous le scellons, tout en nous assurant que vous obtiendrez bel et bien les faveurs de la Coalition. Pourquoi vous choisiraient-ils vous, qu'ils ne connaissent ni d'Adam ni d'Eve, pourquoi ne choisiraient-ils pas une faction de poids dans la Coalition ?"

Plus qu'un simple événement dans lequel l'animal se tiendrait docilement face à tous ses chasseurs, le Sendai craignait profondément que la Manipulatrice ne réalise le danger que représentait les Dieux, lui qui s'était déjà confronté à toute la puissance que le Dieu du Ciel avait pu dégager ne serait-ce qu'à son apparition. Son projet semblait fou, tant il engageait la participation de tant d'acteurs pour le simple profit d'une unique et seule personne... Shimaenō.

Il abandonna son bras gauche pour le laisser retomber sur son flanc, orientant son buste et son visage vers le sien pour connecter une nouvelle fois leurs regards.

-"Raizen fut autrefois mon mentor, lorsque je fus entré dans la police de Kumo. Il s'agit d'un homme droit et professionnel. Jamais je n'eu l'occasion d'entretenir le moindre différent avec lui, mais comment pourrais-je vous promettre qu'il ne souhaite me condamner suite à ma désertion ?"

Puis son visage se crispa légèrement avant d'afficher un sourire amusé. Le Nivéen avait effectué un lien dans les plans que sous-entendait son interlocutrice, et il pensait y voir un projet qui le concernait visiblement. Une ambition qui trouva les traits de son attention, qui insinuait son retour sur les terres de la Foudre... là où il était né. Là où il avait grandi...

Là où il était devenu un Ninja.

-"Oh, je crois que j'ai compris, corrigez moi si je me trompe. La confiance est un outil que vous souhaitez manipuler pour devenir l'Hôte du Dieu du Désert, et vous comptez sur moi, sur mon image et sur mes relations pour faire naître dans la Coalition l'envie de le sceller en vous, n'est-ce pas ?"

Il sursauta légèrement d'un petit ricanement, puis d'un deuxième, puis de quelques uns qui s'acheminèrent jusqu'à ce qu'il eu retrouvé son calme. Le simple fait d'imaginer la démarche l'amusa, mais plus que cela, il en vint à réaliser toutes les conséquences que cela pouvait avoir sur son image. En agissant pour Shimaenō, il était soumis à ses desseins, aussi variés soient ils. Car lorsqu'elle deviendrait Jinchuuriki, elle pouvait autant osciller elle-même entre le bien et le mal... que le faire osciller lui, le menaçant d'être responsable d'une Calamité dans le Yuukan comme il pouvait être responsable de la naissance d'un Sauveur.

Lui qui souffrait déjà du choix de Nanabi, en l'ayant scellé dans un être aussi instable que le Troisième Empereur.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] Bmgo

-"Je mourrais pour la Coalition. Que cela soit de vos mains ou de celles de l'Empire, je préfère m'éteindre en héros que de mourir en criminel. Alors dites moi sincèrement, vous qui n'avez pas besoin de moi pour réussir vos projets. Une fois que nous vous aurons fait Hôte du Dieu du Désert, quels seront vos projets ?"

La question était ouverte mais la réponse était attendue : si elle ne concernait pas la pérennité et la stabilité de la Coalition, leur alliance s'achevait d'ores et déjà. Il n'était là que pour la persistance du chakra, et pour le bien-être du monde qui l'avait accueilli.

-"Je refuse de sceller une nouvelle fois un Dieu dans le corps d'un criminel international."


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Dernière édition par Sendai Yahiko le Dim 16 Jan 2022 - 13:51, édité 2 fois (Raison : soit ils -> soient- ils)
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Jeu 13 Jan 2022 - 22:11

Ainsi était-il incapable d'haïr. Ou plutôt ; de tenir un grief contre autrui. De la colère, il était loin d'être l'ignorant. De la hargne, du macabre de ce monde, il se clamait familier, mais de ses conséquences, il ne souhaitait nullement s'appesantir du joug. Certains verraient sur ses yeux des œillères, d'autres le prisme de l'impossibilité la plus pure de voir son jugement imprégné de ce qu'il ne pouvait changer. Notre ire n'est que le résultat d'une faute commise par un autre à notre encontre, disait-on. C'était juste.

Cela ne voulait pas dire que Shimaenō ne ferait pas payer quiconque s'osant à une telle injure.

Alors, pour un fragment de temps accordé à ce qu'elle ne pourrait jamais obtenir, de cette insouciance qu'il ne lui avait jamais été donné d'effleurer dans l'enfance ou l'âge de maturité, elle offrit, inconsciemment, à cet ancien Empereur le bénéfice de sa clémence. D'une réponse qu'elle ne tenait ni à creuser ni à poursuivre, tant pour elle que pour lui : peut-être ne désirait-elle pas faire face à ce qui avait taillé son âme en celle qu'elle était. Non par crainte, mais par lassitude. Il n'y avait rien à changer. Rien ne pouvait l'être. Elle serait adepte, réceptacle, fanatique, obsédée par la grandeur divine d'un autre, là était le fardeau de sa vie. Elle l'acceptait pleine et entière, se battrait pour se voir un jour mourir. Il n'y avait ni plus ni moins qui l'attendait.

Mais lorsqu'elle fut ainsi témoin de ce sentiment qui anima le visage du nivéen, de cette réalisation sourde de ses plus intimes objectifs, la manipulatrice gisant dans son être se gonfla de cette panique qui se présentait à elle comme si elle fut là le flux vital qui avait forgé son existence. Les détours du livre s'ôtèrent à la vue du Sendai, sa cote vint retrouver la chaleur de sa paume tandis que ses yeux plissés trahissaient déjà l'allégresse qui emplissait sa chair profane ; et telle la perfide qu'elle était, ses genoux ployèrent pour que son corps ne trouve le repos sur un renflement de la montagne.

Elle s'assis simplement, sur ces roches amoncelées telles les macchabés inanimés en contrebas d'un air moquant l'ex-empereur, d'un regard ne quittant jamais le sien comme pour le défier lorsqu'elle prit place sur ce siège de granit. Elle n'avait besoin d'être supérieur à lui en chair : elle l'était en psyché. Peut-être se montrer ainsi devant lui prendrait pour autrui des revers d'infériorité, mais c'était-là tout son contraire. L'Alchimiste ne craignait rien de lui. Il lui était acquis.


Elle aurait pu se tenir sur le trône du plus éminent des Empires qu’il en aurait été de même ; son dos se serait assoupli de cette divine noblesse, ses cuisses se seraient éternellement croisées de cette grâce féminine, son poing serait venu soutenir l’arche de son menton de cet exact trait d’avarice qu’elle en serait demeurée inchangée. Ces yeux-là dardaient le nivéen comme ils ne daigneraient observer des sujets, comme ils n’avoueraient sa supériorité sans l’ombre d’un remord ô si propre aux hommes de ce monde. Ils pouvaient bien se les garder, se noyer dans les méandres illusoires de leurs consciences : elle avait fait taire la sienne depuis bien longtemps.

Elle ne put empêcher ce sourire victorieux de venir parer ses lèvres, de plisser si finement les courbes de sa joue où ses phalanges étaient venu reposer sereinement. De ces dires qui trahissaient le vent de panique sur les traits du Sendai, elle n'en revêtait elle que la plus grande des fiertés. Elle n'avait besoin de démentir ou d'acquiescer. Il l'avait compris de lui-même.


« Peut-être y a-t-il finalement un peu de cet Empereur en vous, Sendai Yahiko. »

Mais elle ne se priverait pas pour autant de ce plaisir que de le voir danser entre incertitude persuasion. De cette conclusion légitime dont il avait clamé le résultat avec tant de confiance, l'Alchimiste tâcherait de l'occire, de la découper sous le prisme de tant de doutes qu'il ne pourrait s'empêcher de remettre en question la crainte qu'il venait d'éveiller. Le passé lui avait prouvé que cet esprit était sien, modulable telle l'argile mettant une âme au monde aux yeux de Sumer.

Elle le voulait docile. Elle le forgerait ainsi.

Son visage se décolla légèrement de la peau de sa main, l'arche de sa bouche ne pouvant se refuser à se parer des hauteurs d'un sourire conquérant, avide de contrôle tant il révélait dans les paroles que sa bouche laissait transparaître toute l'ignorance, toute la faiblesse dont il était capable. Celle à laquelle il s'était adonné, pleinement, sans craindre le mal que l'assurance pouvait faire germer dans ses entrailles.

Et de ces simples dires, elle les affubla des plus belles parures de son influence.

« N’avez-vous pas remarqué à quel point vous vous êtes laissé aller à suivre mes paroles comme des vérités ? Vous qui pourtant n’avez d’autre informations que celles que vous prodiguent les journaux mondiaux, il n’a suffi que je ne vous susurre cette idée pour que vous la fassiez vôtre. Le Dieu du Désert est mort, mon très cher petit Empereur. Et pourtant, il n’a suffi que de mes mots pour le réanimer à vos yeux., glissa-t-elle d'un amusement vil. Que pensez-vous que je ferais à d'autres nations ? »

Sa mine s'épris des sigles d'une moue faussement boudeuse, amusée par cette situation qui révélait tant ses erreurs, qui déclamait si haut et si fort combien il pouvait être aveugle aux murmures dissimulés sous les profondeurs de tout ce qu'il s'efforçait de craindre.

« Tout comme vous ne vous laissez aller à me traiter de criminelle sans pouvoir citer aucune de mes imprudences. Mais libre à vous de me prouver que j’ai tort ; après tout, vous êtes celui qui se refusait à me tuer pour cette même ignorance. »

Un soupir fendit ses lèvres charnues lorsqu'elle laissa son échine redorer les pierres de la chaleur de sa chair ; ne soupirant, que d'un souffle maigre, la traitrise qui trônait dans le cœur du si pur, du si noble être n'avouant que désirer la paix.

« Nous sommes tous le malfaiteur de quelqu’un d’autre, cessez de rêver : votre songe a été bien trop long. »

Ses épaules se laissèrent aller à l'indolence, ses omoplates glissèrent sur la face rocheuse de ce trône naturel n'ayant de noble que le symbole que l'on lui offrait. D'un éboulement ayant engendré tant de morts, elle ne semblait trouver dans ses reliques que ce qui dénommerait éternellement sa ligne de conduite : son propre intérêt.

D'un simple regard disgracié, affublé au coin de son attention, la jeune femme daigna observer cet être Sendai où la panique de plus tôt avait su se substituer à l'étonnement, l'incertitude.

Elle avait plus d'un clou à frapper dans le caveau de sa naïveté.

« À l’inverse… quel avantage aurai-je à utiliser un homme doté d'une faille si flagrante dans sa psyché ? Pensez-vous vraiment que mes plans sont indissociables de votre présence ?, un rire fin balaya ses traits lorsque le charme revint parer ses lèvres comme ses prunelles, murmurant du simple acabit de l'illusion : Je vous ai déjà dit que vous ne m’étiez pas indispensable, Sendai Yahiko. Ne soyez pas trop prétentieux. Je vous ai demandé des informations sur le caractère du Meikyû car j'entends simplement converser avec lui, votre historique personnel ne m'est guère précieux. »


Le bout de ses doigts vint tracer l'égide de cuir du livre trônant sur ses cuisses, glisser la pulpe de son index sur l'ombre sèche de l'encre tâchant ses pages ouvertes comme pour appuyer ses dires ; mais de yeux forgés par une orfèvre de double teinte, elle s'était refusée à les adresser à la beauté de l'homme. Elle préférait celle de ses écrits, de ses notes, de cette âme qu'elle avait su coucher sur ces pages comme un fragment indissociable d'elle-même.

« Je peux vous manipuler comme je l’entends ; j’ai dans ma poigne et dans mes mots autant de pouvoir que je n’en désire. Je conçois qu’une femme puissante puisse vous apeurer. Vous auriez raison de l'être, mais ce n'est pas cette crainte-là qui vous tient. », avança-t-elle sans jamais élever son regard jusqu'à son vis-à-vis, comme si ses pensées n'avaient jamais eu de secret pour elle, comme si elle avait été celle qui les avaient façonnées. « C'est celle qui me montre à vos yeux ni comme sainte, ni comme criminelle : vous ne pouvez prouver ou réfuter aucune de ces conclusions et c’est bien cela qui vous effraie. »

D'une lascivité propre aux victorieux, la chair de l'Adepte vint tourner ces feuillets esclaves de ses volontés comme n'était amené à le devenir cet enfant dans le corps d'un homme, cet esprit naïf dont elle détestait tant l'existence, qui creusait ses viscères d'un dégoût abject dont elle ne réalisait ni l'origine, ni la signification. L'anomalie n'avait pas sa place dans le monde. Dans son monde. L'humain était mauvais : elle l'était tout autant, c'était-là sa nature principielle.

Le désir finirait par assouvir tous les angéliques de cet univers. Ce n'était qu'une affaire de temps et de passion.

« Je sais jouer de mes cartes. Cela ne veut pas dire que je vous trancherai la gorge avec. », souffla-t-elle en laissant ses ongles voguer sur quelques pages, les tourner au gré de son attention.

Ses doigts vinrent s'unir, de cet abandon soupiré aux encrages pour revenir supporter l'arche de son menton, glissant ces prunelles d'ocre et d'éther dans leurs égales révérant l'arche du ciel comme divinité de tout principe. Sa voix avait retrouvé celle du marchandage, de l'affirmation pure et souveraine que ce qu'elle désirait saurait trouver sa finalité, d'un goût de fer sur la langue d'un macchabé ou de victoire sur la sienne.

« Vous ne craignez rien de moi si j’obtiens mon Dieu. Je ne vous ma vie qu’à lui. De son renouveau, je m’en ferai prophète, de son pouvoir, je me ferai esclave : et vous m’y aiderez. », imposa-t-elle d'un ton intransigeant, qui ne laissait place à aucune œuvre n'étant celle de l'ex-Empereur laissant son ignorance agir pour ses propres désirs. « Il est temps pour vous de prêter serment. Décidez-vous. »

Sa dextre, elle, fit ployer l'échine de l'ouvrage pour que ses détours ne se referment enfin sur l'aube de ses cuisses croisées, se défaisant, pour la première fois de l'accoudoir de pierre que la nature avait forgé pour elle. Un souffle transparu sur ses traits lorsque son minois se pencha sur le côté, d'une finesse malsaine lorsque ses yeux ne dardèrent la silhouette du Sendai telles les meurtrières d'une muraille se refusant à laisse outrepasser tout autre pensée qui n'était pas celle d'une promesse de vengeance.

« Ou ce seront vos compagnons qui auront l’indécence de payer pour votre mansuétude. »
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Dernière édition par Shimaenō le Dim 16 Jan 2022 - 23:06, édité 1 fois
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Sendai Yahiko
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Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] Empty
Dim 16 Jan 2022 - 16:13
« Après chaque effort naissait un réconfort tendre, paisible, doux et vertueux ; le même calme qui ne savait que prévenir la prochaine tempête. »

Cycle infini qui ne cessait de montrer que la vie n'avait de sens que lorsqu'elle était constamment chamboulée, l'Abusée épousait ce format en le faisant lui aussi sien, jonglant entre impulsive aigreur acquise et malheureuse sensibilité innée. Cette fragilité, le Devancier aurait voulu l'apaiser comme il aurait souhaité soulager les ires profondes de son coeur meurtri et trahi, mais la rage qui venait de poindre de nouveau lui rappelait l'impuissance du coup d'épée qui frappait l'eau calme.

Car eusse t'il partagé à la Manipulatrice toute la bonté qui animait son âme et toute l'ingénuité qui le caractérisait, elle ne lui avait encore reflété que ces acerbes pointes de dédain dont elle était maîtresse, désignant hautainement du doigt ses faiblesses, ses failles et autres bancalités. En l'écoutant alors, le Sendai tentait de percer les ferments de sa colère, les dissonances qui avaient tourmentées la confiance en son âme. "Criminelle", accompagné du doute qu'il lui avait laissé sous-entendre un peu plus tôt quant à sa coopération, là devaient être les causes de sa véhémence...

Et de cette question qui, légitimement, taraudait l'esprit du Sendai. S'il la laissait indifférente, alors pourquoi laissait-elle éclater sa hargne ?

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] 3kf5

-"Vous allez bien trop vite à vos conclusions, Shimaenō, et l'habitude que vous prenez à y engager vos provocations m'agace autant que cela me fatigue."

Pourtant, son ton comme ses gestes ne savaient trahir son irritation. Il restait, à cette même distance qui séparait sa grande silhouette de celle de la Bicolore, avec pour seule intention de corriger les erreurs sur lesquelles elle engageait son discours.

-"Premièrement, je ne vous ai jamais traité de criminelle, je vous ai simplement questionnée sur vos intentions pour savoir si vous pouviez effectivement en être une. Si j'en étais persuadé, je n'aurai hésité à séparer votre buste de vos jambes."

Et pour le débat du Dieu du Désert, il ne pouvait reconnaître qu'un emportement certain. Mais d'où lui était venu cette tendance à estimer qu'elle pourrait, à l'avenir, se revêtir de sa quantité de chakra colossale ?

...

De son subconscient à son conscient, le message passait. Il avait été naturellement présenté au monde comme étant une entité divine, une existence qui ne pouvait, à son avis, s'éteindre éternellement sous les coups de quelques techniques, aussi puissantes puissent-elles être.

« Un Dieu ne pouvait mourir ». Puisse t'il renaître un jour, mais comment pouvait-il une seule seconde assurer qu'il reviendrait effectivement dans ces décennies où ils existaient encore ?

-"Deuxièmement, je ne suis que de ceux qui pensent que les Dieux ne sauront jamais cesser d'exister tant que le chakra perdurera. Peut-être ai-je fait l'erreur de vous suivre dans vos folies que vous continuez encore d'alimenter, mais je n'ai jamais eu d'autres ambitions que d'enquêter sur sa mort. Toutes mes promesses ne tiendront que s'il se représente au Yuukan dans une période que nous partagerons, nous et lui."

Ses doigts s'affermirent, ses phalanges se contractèrent légèrement contre sa paume tandis que ses sourcils se froncèrent à mi-clos pour affirmer leur mécontentement. Sa soif de liberté, son aversion pour toute forme de condescendance et d'arrogance, tout lui était légitime pour accroître l'inimitié qui croissait en ses nerfs fragilisés. Prenait-elle trop ses aises, avait-elle fait naître en lui cette culpabilité démesurée qui concernait la pérennité de ses propres camarades, là siégeait également toute l'intolérance qu'il était prêt à abattre sur sa confiance dominante.

Elle avait été celle qui pouvait le condamner, elle avait été celle qui lui avait rappelé qu'Hanae, Ayuu, Kenzo et Medyûsa étaient destinés à s'éteindre sous sa responsabilité.

Alors que le revers de la médaille, lui, rappelait qu'il n'avait dorénavant plus rien à perdre, comme il avait tout à gagner à surpasser ses démons pour protéger ceux qui lui étaient chers.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] F0zh

-"Mais voyez vous, votre insolence a su tasser en moi mon sentiment de servitude. Par orgueil, par simple volonté de m'opposer à cette condescendance qui est votre, je suis largement prêt à préférer mourir sous l'Empire qu'à seconder l'appétit d'une fêlée si cupide qu'elle ne saurait se joindre à la cause du bien commun."

Sans s'en cacher, son bras droit extirpa dans un bruit sourd son arme enveloppée de son fourreau, marqueur indélébile de toutes ses intentions rebelles.

Il n'était, peut-être temporairement, plus acquit.

-"Quand je pense que vous vous moquez de ma crédulité, alors que vous vouez votre vie et vos projets à l'existence d'une entité maintenant disparue. Quand bien même était-elle sauve, votre perception de la liberté est aussi triste que votre incapacité à faire preuve de bienveillance ou de compassion."

Sa lèvre supérieur se suréleva, dessinant en son faciès une expression proche du dégoût et de la rancœur, tandis que ses dents se serrèrent, traçant toute la malveillance qu'il souhaitait viscéralement lui imposer par ses mots comme par son sabre.

-"Vous venez même de m'approuver, vous venez d'approuver que vous comptez sur les relations d'un déserteur international pour atteindre vos buts si creux qu'ils ne serviront jamais la Coalition ou le bien-être des shinobis."

Ses traits s'étirèrent, toujours plus grands. Elle venait d'attiser le démon qui sommeillait en lui et qu'il n'avait que rarement eu l'occasion de laisser s'exprimer...

Comme à l'époque, lors de son entretien pour entrer dans la Police de Kumo, lorsque Raizen en personne l'avait missionné pour cerner Saigo.

-"C'est pathétique..."

Son bras s'arma, ses pas progressèrent doucement vers elle tandis que ses prunelles n'osèrent quitter un seul instant le corps de la kunoichi qu'ils toisaient.

-"N'oubliez pas qu'en bon condamné à mort, je n'ai plus rien à perdre. Comme vous n'auriez dû oublier que si me menacer me laisse parfaitement indifférent, vous n'auriez jamais dû oser menacer la vie de mes amis."

Un juste retour du bâton, une des raisons initiales de toute la servitude qui lui avait fait courber l'échine devant sa figure.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] 0jts

-"Comme vous n'auriez jamais du oublier que vous n'êtes qu'un insecte comparé à moi."

Ainsi s'abattit sa lame entourée de son fourreau, visant dans une frappe horizontal à briser ce bras qui se situait à sa gauche, la première offense d'un homme qui se savait si acculé qu'il n'avait que pour seul échappatoire la violence qu'il pouvait déployer.

Là était une raison qui lui était suffisante pour commettre l'irréparable.

Même si, par son geste, il lui prouvait qu'il restait encore une chance.

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Dernière édition par Sendai Yahiko le Dim 16 Jan 2022 - 19:09, édité 1 fois (Raison : du -> dû)
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Shimaenō
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Dim 16 Jan 2022 - 21:51

Pour bien des âmes en ce monde, l'arrogance était l'égale d'un murmure glissé à l'oreille nous conviant au pire, à s'adonner à un éclat de voix ou le poids d'actes qui ne pourraient nullement se laisser supporter par notre volonté. D'une arche soutenant la voute d'un propos, elle prenait les allures de bluff, de supposition ou de bêtise : mais dans la chair de Shimaenō, elle n'était nullement ce badinage pathétique que l'ex-empereur se plaisait tant à lui donner.

Lorsqu'elle l'observa ainsi, déclamer haut et fort la colère dormante qu'elle observait dans ses yeux, dont elle se délectait du reflet dans un regard où elle ne pensait jamais pouvoir la contempler, son sourire se tordit en une adoration amusée, profonde d'autant de malice qu'il n'en avait été le fardeau de sa naissance. Ses prunelles jonglaient d'éther et d'ocre entre celles céruléennes de cet homme qu'elle avait tant voulu voir sortir de ses gonds : qu'elle désirait admirer lorsqu'il avouerait enfin que ce calme providentiel n'était qu'une mascarade, une duplicité de plus ou de moins susurrée dans ce monde où Sendai Yahiko avait été pour elle une anomalie inexplicable. Il haïssait avoir été désabusé avec la même profondeur qu'il abhorrait cette ire montante dans son cœur, celle qui dominait son poitrail comme pour le pousser à lui réclamer vengeance – et en un instant, il parut lui donner raison.

Il n'y avait d'homme en ce monde qui prônait la paix.
Il n'y avait d'homme en ce monde pour qui ses principes étaient une loi primordiale.

Tous se laissaient emporter par l'avarice de leur objectif ; tous se laissaient engloutir dans les abysses de leur ego ou de leur fierté.

Il n'était nulle exception.

Lorsqu'elle le vit élever son arme, la libérer de sa chair de tissu pour révéler aux astres ses lueurs de métal où elle devinait l'hémoglobine illusoire qui l'aurait entachée autrefois, que ses mots s'adjoignirent à ses gestes pour susurrer comme tant d'autres à quel point elle ne pouvait revêtir ni valeur ni pouvoir à ses yeux ; qu'elle n'avait davantage de gage que celui d'une âme à qui l'on refusait l'humanité, elle comprit. Ce dégoût qu'elle avait ressenti plus tôt n'avait été qu'une vaste méprise. L'inconfort qu'elle avait perçu, d'un toucher rempli de promesses, n'avait été aucune autre chose qu'une calomnie dissimulée sur sa langue. Il ne la tromperait pas, avait-il supplié avec ces yeux remplis de naïveté sincère.

À cela, elle répondait mensonge.

Au poids d'une arme révérant la vérité de son âme, Shimaenō se substitua à sa morsure ; d'un bond léger hissant sa silhouette hors du passage de sa véhémence meurtrière, sa paume avait su trouver appuis sur le renfort de terre, s'échapper à son tour au joug d'une épée. Sa place fut prise par le métal planté dans les renforts extérieurs de la caverne où son trône illusoire s'était érigé, si bien que son corps vint trouver les détours de son sabre pour imposer à son tranchant l'augure de ses talons, lorsqu'elle retomba.

D'une volée allant trouver l'ombre de sa cape, sa dextre se munit d'un parchemin simple, mais ô combien similaire à sa psyché : futile en apparence mais dont l'explosion rutilante saurait venger les outrages qui avaient été faits envers elle. Demeurée dans les dédales de son poing refermé, la jeune femme guida l'arche de son pied vers le tamis poussiéreux de la Montagne – souleva ses reliques du sol où elles avaient trouvé le repos au milieu des cendres et des vestiges. De ce nuage, l'ex-Empereur en fut la cible lorsqu'une vrille les pressa au cœur de son visage pour voiler sa vue au plus offrant ; et dans ce couvert naturel, l'Alchimiste plaça son œuvre.


Lorsqu'elle bondit de nouveau de ce perchoir de fer, une détonation prit place là où elle se trouvât : sur la peau même d'une main ayant osé désirer la pourfendre pour la cribler de son joug de brûlures et de morsures acerbes ne la destinant qu'à un ramassis de lambeaux de chairs. Lui faire payer ainsi le goût de sa propre trahison, obtenir rétribution... elle n'en avait cure – elle ne désirait que lui faire éprouver la douleur que sa chair avait trop de fois ressentie face à des hommes de son pareil.

À l'image de bien des instants, elle se tint face à cet individu comme elle le fut toujours : seule, couverte du doux manteau d'une dissimulation aujourd'hui sortie de ses pensées pour prendre la forme d'une poudre noire cernant ses flancs dans les dédales de sa fumée. À l'explosion, elle substitua le concours d'un fer finement forgé. Ses doigts se parèrent de lames d'aiguilles, des senbons, qu'elle voulut planter une fois, deux fois – dans son épaule ou dans la chair de sa cuisse, mais qu'elle y parvint ou non, ce n'était-là nullement le but de son entreprise lorsqu'à une telle proximité, elle apparaissait au Sendai davantage telle une démone à moitié suie. Non.

Elle ne désirait que faucher cette chair d'une vrille nouvelle qui saurait balayer ce qu'il avait de plus précieux dans cet écran dissimulateur : ses appuis. Ses talons éprouvèrent le heurt qu'Achille n'eût à subir, son dos – elle l'espérait – heurta le sol dans un fracas sourd, si bien que de tout écho à ses menaces, l'ex-Empereur ne trouva que le tintement de son arme qu'elle envoya au loin du bout du pied, si toutefois il en avait délaissé l'emprise.


***


« Allons allons... »

Elle l'observait, simplement, de cette stature qui fut sienne, si divine, si outrageuse. De cette hauteur qu'elle détenait sur lui en cet instant qui révérait à ses yeux la catharsis que cette rencontre avait tant œuvré pour la retarder, pour qu'elle ne puisse réaliser à temps quel genre d'infâme elle contemplait alors.

Ainsi appesanti par le poids de son déséquilibre, les cuisses de l'Adepte avaient trouvé les détours de son abdomen ; son poids, lui, étreignait son corps de sa présence trahissant la supériorité qu'elle revêtait, clouant sa chair sur les détours amers du pied de la Matrone d'Argent. Elle ne le laisserait nullement s'enfuir, ne jouerait nullement de charmes si féminins que sa posture pourrait laisser sous-entendre ainsi assise sur son corps : il était fini de ces petits jeux envers l'un de ceux qu'elle exécrait tant.

Sa senestre vint planter l'aube d'une troisième aiguille ferreuse entre les métacarpes de la paume du Sendai, celle encore dépossédée à ce jour des mêmes meurtrissures laissées par une détonation sur ses muscles incapables de se mouvoir sans lui arracher un gémissement de douleur. À son image, elle tiendrait celle-ci épinglée au sol, telle l'un de ces insectes auxquels il avait tant aimé la comparer. Ces papillons éphémères dont une seule journée pouvait être témoin de la beauté de leur existence misérable, elle le faisait aujourd'hui à leur image : objet de contemplation, ni plus ni moins. Tenu à portée selon son bon plaisir, incapable d'élever l'une de ses paumes pour la meurtrir encore.

Le dos de sa main vint trouver la commissure de ses lèvres charnues de rouge – effaçant, avec le contact de sa peau, le fin liseré de sueur qui s'était acheminé jusqu'à elles.

D'un seul regard dardant sa présence démentielle, Shimaenō observait le Sendai comme ce qu'il fut toujours mais qu'elle ne comprit que maintenant : l'un de ces détestables arpentant le monde.

« Peut-être ai-je été trop loin en mentionnant vos camarades. », souffla-t-elle finement entre ses lèvres, alourdie d'un poids que la fatigue laissait transparaître sur ses gestes.




« Ou peut-être est-ce cette lame crevée dans vos entrailles qui vous gêne, mh ? », cracha la jeune femme en étreignant la mâchoire de l'ex-Empereur de sa main libre : celle qui ne demeurait pas éternellement sur la garde du kunaï planté entre ses viscères, là, sous les côtes. « Utilisez dont vos mots, vous avez tant chanté à tue-tête plus tôt, auriez-vous oublié comment faire ? »

Oh, elle savait à quel genre d'homme elle avait affaire. Elle les avait connus toute sa vie, dès le jour de sa naissance : c'était sur cette race abjecte d'êtres désirant posséder jusqu'à bafouer promesses et vérités qu'elle avait ouvert pour la première fois ses yeux, dont les couleurs irrégulières étaient devenues synonymes d'excuse à la brutalité.

Elle savait comment traiter avec eux.
Par la morsure du fer et du pouvoir – cela, ils lui avaient appris.
Et malgré elle, Shimaenō avait été une bonne élève.

Mais la rancune, elle, rendait sa poigne plus ferme, plus détestable : de cette envie servile que de broyer l'os cernant sa gorge qu'elle tenait entre ses doigts avec toute la force qu'elle pouvait détenir, toute celle que sa colère lui conférait. Celle qui laissait courir des frissons amers sur sa peau, tant son ire révoltait la chair qui couvait les organes d'une humaine autrefois destinée à n'être que marionnette.

Son visage se rapprocha du sien, dément tandis que sa dextre enfonçait davantage l'arme dans son corps – comme pour lui arracher un râle dont elle souhaitait voir peindre son visage de sa douleur.

« Et qu'en serait-il si je vous confiais tous les méfaits du peuple du Désert ? La cruauté et la barbarie qui se cache sous les dunes de sable, la considérerez-vous comme criminelle ? Irez-vous tuer ceux qui ont osé les commettre ? », cracha-t-elle finement au plus près de sa joue, ses yeux dardant les siens d'une folie pure, mais profondément persuadée de la vérité que ses lèvres dessinaient ; et d'un seul murmure, elle soupira : « De quel côté vous trouverez-vous si ce n'est celui de votre lâcheté ? »


Ses prunelles, elles, tremblaient de colère qu'elle peinait à contenir, d'une aliénation où l'individu l'avait poussée jusqu'au précipice en se présentant sous les traits du monde qu'elle haïssait tant. Ses mèches d'opale et d'obsidienne s'entremêlaient au-devant de son nez comme elles ne pouvaient encadrer, frôler, les traits du Sendai lorsqu'elle lui imposait le courroux de son regard. D'une main cernant sa mâchoire, l'autre son arme de fortune, elle ne parvenait malgré tout à s'amuser de cette situation : elle n'y voyait que le reflet du passé.

« Vous n'abhorrez les criminels que lorsque leurs actes ne vous permettent pas d'avoir bonne conscience. »

Son échine se redressa, finement, sans pour autant déloger son poids de l'abdomen de l'homme. L'ombre dans ses yeux paraissait s'être tamise, reléguée face à la contemplation du Sendai qui pouvait malgré tout – elle le savait – retourner cette situation à son avantage. Pouvait-il même la tuer.

Mais la raison ne parvint pas à se frayer un chemin dans ses pensées assourdies.
Il n'y avait, dans ses prunelles, que la réalisation pleine et entière de ce qu'elle pensait lui avoir été dissimulé.

« Il vous aura certainement fallu plus de temps, mais je vous vois désormais tel que vous êtes... Sendai Yahiko. »

Sa poigne se défit de l'angle de sa mâchoire pour que la seconde n'appuie une fois encore sur la garde de la lame : comme pour lui rappeler, finement, qu'il ne servait à rien de tenter de se libérer.

« Vous m'avez supplié plus tôt de vous trouver un marché qui vous empêcherait de me pourfendre. Très bien. », cracha-t-elle, amère de trahison. « Marchandons. »


« Je désire le Dieu du Désert, je désire autant d'informations que vous ne puissiez m'en offrir sur l'Empereur qui vous a remplacé, sur le Salvateur à la tête des Nuages. Refusez, demandez, peut-être approuverais-je. »

À bas l'inconfort, le dédain, la nausée de plus tôt et ses revers de jalousie inconscience. À bas l'arrogance, la moquerie : il la dégoutait au même titre que tous ces hommes et ces femmes ayant marqué sa vie du sceau des dunes et de la servitude. Son Dieu avait été son salut, le Rideau Noir avait été sa martyr ; toutes ces autres âmes n'étaient pour elle que les sacrifices qu'elles leurs destinaient.

Ils n'étaient pas morts. Pas encore.

« Vous m'avez déjà prouvé raison. Contentez-vous seulement de satisfaire ce que je demande : et là aurez-vous votre liberté et celle de vos aimés. », souffla-t-elle de cette vilainie qu'on avait tant voulu lui tailler à même la peau : elle n'avait qu'à l'embrasser, faire comme si elle avait été sienne. « Nous ne sommes des partenaires, ni des alliés. Vous n'aurez de moi rien de plus que je veux bien vous donner... et si à vos yeux ma foi est une démence, sachez que cette apathie maladive à laquelle vous vous raccrochez en clamant aimer la paix lorsque vous vénérez la guerre m'est tout aussi exécrable. »

Elle avait beau se tenir au-dessus de lui, de cette façon si servile que de détenir tout pouvoir sur son corps, c'était bel et bien là une offrande qu'elle lui faisait : celle de pouvoir mener les négociations bien qu'elle puisse paraître décisionnaire de chacune de ses actions.


récapitulatif:

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Mar 18 Jan 2022 - 15:14
Aussi insignifiants pouvaient-ils paraître, jamais les insectes n'avaient été les proies d'un écosystème qui leur était immuablement dominant, car de la même manière que les éléphants pouvaient se tapir face à la moindre petite et ridicule souris, la nature avait moultes fois prouvé que la taille ne prouvait rien. Le nombre ou certaines caractéristiques, elles, étaient suffisantes pour bouleverser ce rapport de force, mais les humains étaient dotés de ce pouvoir, de cette force dont ils étaient les seuls maîtres, si tant était qu'ils étaient experts en leur maniement, de cette aptitude à détruire comme ils pouvaient sauver, de cette capacité à manipuler comme à soutenir...

Par la souveraineté des mots, Shimaenō n'avait fait que prouver que l'insulte du Sendai n'était pas seulement vide de sens, elle avait également tenté de creuser dans les tréfonds de ses esprits pour y trouver le trésor de son illogisme, la faille d'un système qu'il avait lui-même construit tant par son innée que par son acquit, les bases fébriles d'un fonctionnement aux allures inébranlables, mais qui trouvait en son sein la plus grande des langueurs, également la plus grande des démences d'un monde tel que celui des shinobis.

Il était si peu susceptible de commettre l'irréparable qu'il en devenait le faible parmi les faibles, le fou parmi les fous.

Et naturellement, celle qui avait accepté et adopté cette aberration n'y avait vu que l'ombre d'un déviant, avant que sa colère n'aveugle ses vertus pour y transcender sa confiance, avilissant son image pour le remettre au même étage que ceux qu'elle exécrait : celui qui enfermait tous les puissants de ce monde, ceux qui croyaient que leur pouvoir leur accordait l'accès à tous les excès.

Il n'était évidemment pas de ceux-là, mais comment pouvait-on attraper la brume qui venait de se dissiper ?

La confiance était meurtrie, comme aurait dû l'être ce bras qu'il avait condamné à la scissure si elle ne s'y était pas dérobée.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] Uazz

-"'Ts."

Sa danse, elle l'avait élevée au dessus de ce sabre qui aurait dû la bafouer, elle l'avait fait piétiner ce fourreau de ses talons avant que son agilité ne la mène à envoyer ces bribes de terre dans ses pupilles grandes ouvertes. Par instinct, son bras gauche le couvrit légèrement comme s'il pouvait les soulager alors que le mal avait déjà été fait. Mais de ces quelques parcelles de lumières qui pouvaient déjà colorer ses iris, il parvint à voir le danger s'approcher adroitement de la dextre qui tenait Kensegi.

Ses pas, à son tour, s'extirpèrent d'un bond en arrière de la puissante mais courte explosion, qui n'eût que pour seul effet de le propulser en arrière, de le gêner dans cet équilibre qu'il voulait faire sien. Et s'il aurait été dans ses capacités de se mouvoir d'une telle manière que ses appuis pouvaient à nouveau côtoyer le sol, l'instabilité de son mental tiraillé entre condamnation et tolérance le menèrent à décider de rester impuissant, de laisser son dos glisser contre la terre blessée par le Samouraï, de laisser la Marionnettiste le surplomber comme s'il voulait encore l'écouter.

Alors que de ses mots à elle, il ne s'en était déjà que bien trop abreuvé.

Sa dextre, toujours armée du sabre dont il n'avait divorcé, n'avait que paré les quelques tentatives de l'Insecte de venir planter le dard que représentait son kunai, tandis que sa senestre empoigna sans l'ombre d'un doute la main armée des quelques aiguilles qui creusèrent sa paume, lui permettant de la garder entre ses doigts comme s'il souhaitait lui montrer qu'il pouvait garder un ascendant.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] Fxr9

Vaste illusion aux contours abstraits, le Devancier dû se résoudre à ne pas s'aventurer sur les chemins qu'était cette torture psychologique. Perverse pouvait-elle être, la situation le tentait de comprendre par sa faute que seul le mal était la solution, que chaque graine de bien qui pouvait germer dans son coeur n'était qu'une stupide erreur qu'il continuait résolument d'entretenir alors qu'il n'était qu'un raté, que chaque opinion qu'il nourrissait n'était que le fruit d'un illogisme le plus absurde...

Alors qu'il était comme tout le monde : empli de paradoxes, disciple de sentiments qui s'opposaient à toute rationalité.

Il n'était qu'un humain qui voulait, innocemment, la paix.

-"Ça suffit", susurrait-il à voix haute, bien qu'il paraissait se parler à lui-même.

Là serait la seule réponse qu'il pourrait lui accorder. De sa surcharge cognitive, il ne restait que le réflexe naturel de survie, que cette envie profonde d'être libre, loin de cette démoniaque présence.

Le mal avait gagné.

-"Je ne dispose que de très peu d'informations sur Meikyû Raizen, je ne connais aucune malice que vous pourriez appliquer pour vous jouer de ses failles."

Cela n'était évidemment pas totalement vrai, dans la mesure où il n'avait en tout cas que quelques consciences logiques qui transcendaient chaque Ombre de chaque village : le besoin de protéger les siens.

-"Mais pour ce qui est de Shinrin Hanzô, vous pourriez jouer de sa cupidité ou de son amour pour son défunt frère Shinpachi, qui fut assassiné par un déserteur. Il est un borné, de ces instables qui ne savent entendre ce qui ne puisse aller dans leur sens."

Alors il conta sans réserves les histoires qui avaient pu l'entourer, les données qu'elle pourrait utiliser pour y trouver ses fins, confiant à l'idée que si le Dieu du Désert devait trouver un porteur sain, la kunoichi seule ne saurait jouer face à une Coalition soucieuse de sa réussite.

D'autant plus si leur rencontre avait fait naître en son coeur la confiance de pouvoir dompter des fous aussi fous qu'elle, car si de sa candeur elle avait osé se moquer, elle était la seule responsable de sa victoire aujourd'hui.

Ainsi, une fois qu'il eu terminé ses quelques discours, il reprit finalement, le timbre plus exténué par la fatigue émotionnelle que par la terreur qu'ils avaient précédemment dominé.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] Pr2r

-"Maintenant que vous avez ce que vous désirez, je vous prie de me laisser partir et d'épargner mes amis. Je n'ai rien de plus à vous donner."

Faible était l'humain qui ne savait se sacrifier pour le bien commun, responsable était celui qui n'osait occire pour mieux sauver...

...

« Mon enveloppe se désagrège, mais... mon cœur demeure à jamais éternel.
Ma gangue s'effrite... mon cœur de diamant résiste. »

La voix s'éveillait.


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Shimaenō
Shimaenō

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Mar 18 Jan 2022 - 23:24
Poussée par une ire folle, le joug de son fer avait voulu trouver les viscères de son opposant : imposer, du concours d'une arme, tout le poids de son inconfort, de cette sensation traître qui avait éprit sa poitrine d'une mélancolie aussi sauvage que détestable. Obtenir, de lui, une occasion de graver à même ses traits le débâcle de la douleur que sa main n'aurait eu de cesse d'enfoncer pour en raffermir les courbes. Un artiste muant son pinceau en glaive, sa toile en chair.

Elle n'eut aucune occasion de le faire.

L'acier de son orfèvre vint trouver le chemin d'une lame – d'un sabre qui, telle une sentinelle fervente, bafoua la menace qu'elle représentait : qui voulut tant occire sans parvenir à ériger cette envie sous la courbe de la réalité. De son premier échec, son second imita l'issue – tout du moins en partie. Lorsque ses aiguilles, ces senbons auxquels elle n'avait imprimé d'autre ordre que celui de pourfendre ses muscles et ses ossements pour épingler sa paume sur le sol, à l'image de ces insectes dont il lui avait imposé la ressemblance, la jeune femme put observer toute l'ampleur d'un succès mitigé.

L'hémoglobine avait entaché sa main, couvert ses doigts du flux vital appartenant à une âme qui lui fut pressée en offrande ; dont elle eut autrefois l’occasion de dicter la conduite.
De son dédale poisseux, elle ne trouvait aujourd'hui que l'ombre du ressentiment.

Ces épines vengeresses avaient trouvé leur cible... malgré leur perfidie, malgré la souffrance que leur passage pouvait imposer à ce corps, les doigts du Sendai ne parvinrent à se refermer sur sa poigne. Maintenir son assaut suspendu dans le temps, éternelle entaille, comme elle ne continuait d'abreuver le tissu couvrant le torse de l'homme des traces rougeoyantes de sa propre vie.


Sa dextre, tenant autrefois une arme de jet, fut éprise d'un sursaut de survie, de ce murmure que le joug des années avait pressé sur son esprit : la chaleur de sa paume s'écrasa sur le flanc de ce sabre à l'en encrer les courbes innocentes sur son manteau améthyste. S'assurer, d'une quelque façon que ce soit, qu'il ne vienne point s'essayer à son tour de la pourfendre.

Son regard trouva le sien, un fragment de seconde lorsqu'il succéda au spectacle de la volonté de l'opalin outrepassant les murmures que ses nerfs pressaient pourtant à son esprit. Cet échange, elle le soutint comme s'il ne lui appartenait d'observer aucune autre chose, comme si elle ne trouvait en lui ou ses gestes nul intérêt n'étant pas celui d'une fin à venir.

Là où le sang avait coulé, trônait l'irrémédiable acte d'un cessez-le-feu, d'un instant éprit au temps où tous deux avaient compris le bien-fondé de ce qui les unissait désormais : un désir de se défaire de la présence de l'autre au plus tôt possible, de poursuivre leur route sans un regard pour un au revoir qui les débectaient plus qu'ils ne l'appréciaient.

Aussi sembla-t-il que l'Alchimiste fut étreinte, de la même manière que cet amant servile, d'une poignée d'âme de la Montagne appelant la sienne à l'accalmie, à l'inertie dont la Roche pouvait imprégner la terre. La Dame d'Argent n'avait été le théâtre du trépas d'un de ses enfants que pour être de nouveau témoin de la fragmentation de ses désirs dans le cœur de trois imprudents ; qu'ils le veuillent ou non, cet Esprit s'était imprégné d'eux-mêmes, avaient instigué les graines de sa volonté réanimée dans leurs chairs.

Peut-être était-ce cela qui dominait l'ire inextinguible qui avait enflammé le corps de l'Adepte.
Peut-être était-ce simplement la promesse d'obtenir ce qu'elle voulait. Celle qui saurait faire taire la perte du Sendai qui, bien qu'il lui eût offert tout contrôle sur sa vie, les pleins pouvoirs sur une existence qu'elle pouvait abrégé et faire usage comme bon lui semblait, paraissait s'être dérobé à un tel serment.

Peut-être était-ce cela qui avait changé son regard en un désintérêt le plus total, en une froideur n'entendant que trouver un écho répondant à ses interrogations sans chercher davantage à s'enquérir des abysses de ses objectifs ou à refaire appel à ces charmes féminins qu'elle savait capables d'arracher quelques savantes informations de ces lèvres. Elle n'avait aucune envie de se laisser aller de nouveau à ce petit jeu sans y trouver le délectable amusement qui la menait toujours à s'adonner à ses dédales.

Elle avait le pouvoir s'y refuser, désormais. Elle le ferait.


Ses yeux se plissèrent à l'aube de ses révélations, sans nullement déloger de son assise. Son poids demeurait ancré sur son abdomen sans qu'elle ne l'en libère, insatisfaite, pour l'instant, de l'aune que présidaient ses dires.

« Ce frère. Pourriez-vous me le décrire ? », murmura-t-elle de cette trahison à son silence aux reflets de soupir. « Est-il un Shinrin lui aussi ? Je n'ai jamais observé un avis de recherche en son nom. J'ignore ses traits physiques, et je n'ai que faire de la morale d'un défunt. »

Son visage se pencha sur le côté, indifférent.

« Vous tournez autour du pot pour ce qui est d'avouer votre savoir au sujet du Salvateur. Cessez de me prêter des intentions et répondez simplement. Quel genre d'homme est-il ? Quel est son caractère, des éclats de faits qui trahiraient quelques particularité de comportement ? »

Après tout, qu'y avait-il de plus naturel que de souhaiter savoir à qui l'on était destiné à s'adresser ?

La jeune femme se rapprocha, un peu, de ce visage faible et fatigué qui trônait sous elle comme une fleur que l'on aurait fanée au soleil, dont l'eau vitale se serait évaporée avec l'envie de combattre. Ni trop proche, ni trop loin : le bout des mèches de ses cheveux pourrait à peine chatouiller son menton ou ses joues qu'il ne considérerait leur toucher que comme celui du vent.

Elle l'observait, simplement, du semblable d'un artiste contemplant une œuvre qui ne lui intimait ni grandiloquence, ni attraits de déchet. La neutralité et l'apathie avaient délogée la colère de ses gongs, révoqué son trône : peut-être était-ce cela de la Montagne qui coulait en elle.

L'immobilisme.

Un nouveau souffle lui échappa lorsque son attention courut sur l'aube de son nez, traça les contours de sa mâchoire ou de sa bouche, osa s'élever jusqu'aux cils opalin qui couvraient ses orbes azures comme les nuages avaient le don de cerner le ciel simplement pour l'embellir.

« Je vous l'ai déjà dit. J'entends converser avec lui. À moins que vous ne le sous-estimiez comme vous l'avez fait pour moi, tout ce que j'attends de vous est de parler librement. Je suis loin de commettre cette erreur. Est-ce le prisme de la trahison de me confier ces réponses qui vous retient ? », susurra-t-elle finement.

De l'accalmie, l'amertume transparut.


« Vous n'en êtes pourtant pas à votre coup d'essai, Empereur. »

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Sendai Yahiko
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Mer 19 Jan 2022 - 23:01
Ainsi mourrait le dernier soupçon d'envie, la dernière lueur de combattivité, avec sa main armée qui se plaquait sur son torse par la poigne aussi brusque qu'avertie de la Cupide. Il se reconnaissait vaincu, il s'avouait désemparé de toute fougue ou de tout orgueil, comme ses paupières mi-closes le laissait largement entendre à la kunoichi dont le visage éteignait également, doucement, chaque parcelle de plaisir. Ses iris, anciennement flamboyantes, ternies par l'amertume et l'usure, se laissèrent hypnotiser par les prunelles qui les dominèrent, comme si elles craignaient leur sentence, comme si chaque seconde pouvait sonner le glas pour sa coupable existence.

Avait-il grandit sous le signe du déshonneur et de la honte de son propre père adoptif, le voilà qu'il venait de choisir une fin tout aussi misérable sous son propre signe. Avant parce qu'il n'était capable de se battre, maintenant parce qu'il n'était capable d'expédier une âme sur le chemin des damnés.

Alors, de sa posture inerte, ses jambes semblèrent si lourdes qu'elles lui paraissaient s'enfoncer dans le sol. Sa senestre, perforée par ces quelques outils ninjas, peinait à envelopper la main droite de la Marionnettiste comme si la conscience du Nivéen lui susurrait de ne jamais complètement fléchir sa garde. Et si tout son bras droit fut plaqué contre son buste dont le dos épousait les formes des terres de Jôheki, ses yeux, eux, finirent par ne plus seulement se plonger dans les iris réprimées de son bourreau...

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] I3he

Ils s'enfoncèrent dans les méandres de l'infini, soumis à ces souvenirs qui recouvraient d'un voile ce décor déplorable.

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-"Ne vois-tu pas à quel point tu es lâche ?! Comment pourrais-je faire de toi un héros, si tu n'es pas même capable d'oser lui porter le moindre coup ?!"

Aux contours de ses pupilles innocentes s'affichait une abeille des plus banales. Son petit corps venait de pénétrer dans l'enceinte de leur petit salon, au travers d'une fenêtre entrouverte pour faire profiter à cette ambiance d'été le souffle frais d'une brise rafraichissante. L'hyménoptère ne se voulait le moins du monde hostile pour ce duo de garçons qui résidaient dans leur propre maison située à Besho, mais le plus âgé des deux, souffrant d'une peur bleue de ces atrocités de la nature, semblait avoir décidé d'agir comme tout humain effrayé.

Là où il y avait de la peur et de l'impuissance, il ne restait que le besoin primaire d'en supprimer la cause, et la Faucheuse s'en donnait à coeur joie à l'idée de priver une nouvelle âme de fouler la Terre qu'elle n'avait pas même choisi de peupler. Alors, accompagné de tous les motifs qui l'obligèrent à tirer son illégitime vers le haut, alimenté par cette colère habituelle qui ne cessait de croître à la vue d'un rejeton toujours aussi peureux qu'amotivé, Kabuto ne pouvait se résoudre à accepter un constat si minable.

-"Je..."

Sa posture criait son refus. Ses bras, recroquevillés sur eux-mêmes, ne tremblaient pas seulement parce qu'il craignait la punition de son propre paternel, ils redoutaient le sentiment qui pouvait l'emplir lorsqu'il aurait enfin retiré la vie. Ses jambes, atrophiées et totalement immobiles, s'étaient légèrement renfermées vers l'intérieur, comme si elles refusaient d'effectuer le moindre pas vers cet acte illégitime.

Mais comme de la peur naissait le goût du contrôle, le teintant d'une irrationnalité aussi stupide que condamnable, la jambe du Funami vint heurter le creux de son dos pour affaler son corps sur le plancher en bois, guidés par ces quelques menaces qui ne lui laissèrent l'embarras du choix.

-"Oh mon bonhomme tu as plutôt intérêt à en faire de la purée entre tes deux mains, ne me force pas à te priver de ces repas qui te tiennent debout !"

Son corps se recrispa, à nouveau, sous le coup de bâton qu'était ce nouvel ultimatum et sous cette rage qui s'était exprimée tant dans son ton que dans son coup.

Alors, se relevant difficilement, la silhouette tremblotante et les bras peu assurés, ses paumes se frappèrent en un seul et même bruit sourd, une condamnation que ses yeux n'avaient pas même osé épier.

Un meurtre si ridicule qu'il en aurait même fait rire un autre polisson, tandis que du tueur ou du tué, seul le vivant était celui qui souffrait encore.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] Wxy7

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Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] Anfi

Tout n'avait été qu'indignité, tout n'avait été que souillure dans un monde où la violence était Reine. Là où l'agressivité et l'oppression dirigeaient un monde qui n'agréait que trop bien l'inéluctable cycle de haine, l'innocent se voyait coupable là où les coupables étaient légitimes.

Où avait-il échoué ?

Son visage se tordit sur la droite, là où la sécheresse de la terre savait essuyer l'humidité de la larme qui s'était écoulée sur sa joue, si bien qu'en quelques timides frottements maladroits, sã peau se voulait à nouveau dépourvue de ce signe de faiblesse qu'il ne voulait utiliser.

-"C'était effectivement un Shinrin, un énième manipulateur. Un de ces valeureux qui, lors de l'attaque sur Tsume, eu osé affronter de face l'Homme au Chapeau. S'il n'eu trouvé la mort là bas, son châtiment fut tel qu'un autre Soldat dû le ramener à la Capitale, là où un des Lieutenants les plus expérimentés de l'Empire l'assassina. Là où l'histoire prend son intérêt, c'est lorsque vous apprenez que le frère du Troisième, Shinrin Shinpachi, était à l'origine de quelques magouilles qui visaient à nuire à la Coalition."

Il déglutit lentement, avant de reprendre quelques uns de ses colportages.

-"Vous n'avez besoin de trop en savoir, cela serait trop long et peu utile. Sûrement pouvez-vous vous suffire de cela et des quelques traits de caractères que je vous eu partagé il y a quelques instants. Quant à son assassin, Uzumaki Gôzen, le Troisième refuse l'idée qu'il eu déserté l'Empire pour y jouer les agents-doubles au sein du Ningen, mais il l'eu déjà puni pour cela. Il est encore persuadé que Gôzen n'est qu'un traître et que Shinpachi, son frère qu'il louange plus que tout, reste blanc comme neige."

Il expira un coup, tant ces quelques phrases et sa position venaient aisément couper court à sa respiration.

-"Enfin..."

Ses pupilles se voulaient moins humides et son ton semblait calmé, comme l'était son esprit qui avait préféré adopter le sentiment de l'indolence, puis il tourna la discussion vers ce qui lui restait à aborder : le cas d'un homme qui, bien qu'elle souhaite au plus profond d'elle lui tirer les vers du nez, cachait bien des mystères à l'esprit méconnaissant du Devancier.

-"Si je ne vous en ai pas conté des tonnes sur le Raikage, c'est car je n'en connais des tonnes, je vous ai déjà partagé tout ce que je sais. Je sais seulement qu'il est très aimable, qu'il aime discuter et qu'il est droit, suffisamment pour avoir été, fut un temps, dans les rangs de la Police de Kumo. Je sais aussi qu'il est un grand patriote du village de la Foudre, mais n'en va t'il pas de même pour chaque ninja de chaque village ?"

Ainsi expira t'il une ultime fois, remuant doucement son bras sous la paume qui le comprimait, commençant à sentir la dualité d'un inconfort : d'abord par l'écrasement physique, puis par la simple pudeur qui l'animait naturellement.

Entre deux guerres, la parole est d'or [Pv : Shimaeno, Hanae] 5r6i

-"Mmh... vous aviez raison, notre proximité me met mal à l'aise. J'ai oublié l'idée de vous pourfendre en acceptant celle que vous me bafoueriez, alors auriez-vous l'amabilité de vous écarter quelques peu de moi ?"

Un retour naturel à un ridicule enfantin, car lorsque l'homme mourrait, il ne restait en lui que l'opportunité de tout recommencer à zéro...

...

« Mon enveloppe se désagrège, mais... mon cœur demeure à jamais éternel.
Ma gangue s'effrite... mon cœur de diamant résiste. »

Plus que s'éveiller, elle teintait en son esprit tel le gong qui prévenait l'invasion.


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