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I dare you [Seiun]

Hayai C. Taishi
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Ven 31 Déc 2021 - 5:34

Une fois le palais infiltré, le reste des préparatifs ne dépendaient plus tellement de Taishi. Il avait joué son rôle, et maintenant c’était à Katsuko de placer les cartes sur la table d’un jeu qui n’était pas foncièrement inconnu à l’Hayai : la genèse d’une révolution. Mais Ame n’était pas son pays. Il était un étranger en ces terres. Cette cause, ce n’était pas la sienne. Les étapes finales ne lui appartenaient pas, et il le savait pertinemment.

Il pouvait encore se rendre utile, ou tout du moins ne pas trop faire de vagues. Comme ce soir, où il s’était présenté dans une taverne d’un coin perdu, sa guitare à la main, se présentant comme un simple musicien, ce qui n’était pas absolument faux. Taishi avait fréquemment arrondi ses fins de mois de cette manière, surtout avant de devenir shinobi, et encore plus une fois le village d’Iwa déserté. La musique restait un échappatoire, mais également une infiltration sociale des plus efficaces.

Dans un coin du bar, la guitare entre les mains à jouer un air enjoué, il passait bien plus que le stéréotypé individu avec une longue capuche noire ou tout autre déguisement fatigué. De son piédestal musical, il pouvait voir et écouter avec liberté. La plupart des mots étaient sans intérêt, des banalités ou des balivernes. Des mondanités, du racisme à peine dissimulé, du sexisme de plein fouet. Des contes exagérés, des récits glorifiés, où celui qui parlait était toujours le héros. Si cet endroit n’était pas seulement fréquenté par la pille racaille du Pays de la Pluie, elle n’était pas non plus un havre d’intellect et de manières.

Mais si une chose rassemblait la brute sans éducation et le noble au sang bleu, c’était encore la musique. La musique pouvait réunir les individus les plus incongrus, le temps d’une mélodie du moins. Et c’est ce qui en faisait l’outil idéal. Car au milieu des mensonges, des idioties, des histoires grotesques ou assez grossières pour faire rougir la plus endurcie des effeuilleuses, des bribes de rumeurs. Des faits cachés dans les phrases, des renseignements sur cent sujets dans milles termes différents. Non, le vrai exercice n’était pas de jouer, ou d’écouter.

Mais bien d’en trier son propre jeu. Et celui auquel jouait Taishi ce soir n’était pas celui de son instrument, mais bien d’analyser le moral des Amejins, l’état des forces de sa dictature, leur confiance envers l’un, leur haine envers l’autre.

Et, accessoirement… Un peu de détente. Taishi avait besoin de repos, ayant vécu une vie à toute allure dans les dernières années. Une vie à survivre, à se relever, mentalement comme physiquement. Les démons continuaient son chemin, il marchait jamais trop loin devant ou en arrière.

La pluie éternelle qui régnait dans cette contrée maudite lui donnait le tempo, les battements d’un tambour naturel sur laquelle il pouvait déployer toutes les cordes, tous les accords librement. Les pièces tombaient dans un bol à ses pieds de temps à autre, mais les gens ici, les criminels, les mercenaires, les prostituées qui se gigotaient dans un coin, ils n’étaient pas les meilleurs clients. Pas ceux avec les cordons de bourse les moins serrées.

La soirée s’étirait et Taishi songea à partir, et comme si le monde lui répondait, la porte de la taverne s’ouvrit. Et même dans la semi obscurité de la place relativement bondée, il put les voir, ces prunelles d’un jaune qui rappelait celui d’un animal, des étoiles qui transperçaient la boue littérale et métaphorique de l’endroit. Même Taishi, son manteau vert retourné pour n’être qu’un vêtement noir dans une mer de brun et de sombre, n’était qu’une autre ombre malsaine dans un pays encore plus malade.

Elle était jeune, elle était belle, et surtout, elle respirait les problèmes. Comme une pierre précieuse qu’on laisse tomber dans la fange d’une ruelle, la main sur un couteau rouillé prêt à s’abattre sur quiconque oserait y toucher. Le piège qu’on ne croirait personne assez stupide pour marcher dedans.

Mais il y avait toujours quelqu’un.

Et il y avait quelqu’un. Elle n’avait fait que quelques pas dans la pièce, vers le comptoir, qu’elle avait déjà attiré l’attention d’un groupe d’hommes hirsutes. Leurs larges silhouettes, leurs vêtements si sales et tâchés qu’on en saurait la couleur d’origine. Les cheveux en bataille, les dents manquantes, les cicatrices et les tatouages amateurs, nés d’une aiguille mal aiguisée et encore moins assurée, plongées dans le premier liquide trouvé. Ils étaient des bagarreurs de rue, des hommes de mains. Ils étaient ce qu’Ame avait fait d’eux.

« CLAP ! »

Et l’un d’eux venait de plaquer sa grosse main velue contre le postérieur de la femme avec force, une fessée si sèche que Taishi manqua son accord et arrêta de jouer, pas loin des respirations qui s’arrêtèrent dans la salle.

Mais les hommes échangeaient des rires goguenards. Ils étaient fiers de leur exploit, comme si celui-ci avait prouvé tout ce qu’il y avait à prouver, dit tout ce qu’il y avait à dire.

Ils riaient, comme seuls des hommes ayant appris à prendre comme mode de survie pouvaient le faire. Comme des hommes qui ne connaissaient aucune conséquence qu’un bras fort, suintant de sueur, ne pouvait résoudre. Prendre, prendre, et dominer.

Taishi soupira.

Ce n’était qu’un autre instant d’Ame, qui en dépit de sa pluie, n’arrivait pas à laver la saleté, la pourriture qui couvrait son monde. Et ils étaient tous coupables.


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Sam 1 Jan 2022 - 16:23

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Une porte qui s’éventre, une autre qui se referme. Tes pas s’enfoncent dans une boue éternelle, disparaissent aussitôt sous le poids d’autres passages. A Âme, plus personne ne regardait le ciel, qui ne savait que pleurer; tous restaient plongés sur les remous d’un sol presque liquide, salissant, aussi crasseux qu’eux. La pluie est comme une ombre à laquelle tous disent s’habituer, mais qui réveille sans cesse de vieilles amèrtumes. Le froid, la puanteur, la monochromie de ces ruelles grisées et maussades.

Tes yeux s’en foutent, ils errent comme des chiens perdus, s’aventurent là ou personne n’ose aller. Quelques remontées d’absynthe te donnent une nausée qui s’éteint et se rallume en boucle. Ou était-ce autre chose ? Ton corps avait changé et il était en proie permanente à des interrogations, des déséquilibres, du renouveau. Tu ne dormais plus que quelques heures par nuit pour combler ta soif d’en savoir plus, qui ne partait plus avec l’alcool ou ses dérives. Ce monde de débauche ne suffisait plus : Parce qu’il était ignare, parce qu’il ne te donnait aucune réponse.

Rentrant dans la première taverne du coin, affamée de combler le trou béant qui creusait ton estomac, tu fais signe machinalement au tavernier de te servir, et vite. Tu sens le poids des prunelles affamées te suivre, te dévorer de loin. Des animaux sans cage, dont la rage se propageait au plus grand nombre. Quand les femmes d’Ame n’étaient pas des objets de plaisir, alors elle devenaient une proie, une conquête pour les plus bêtes.

Tu allais savourer ton plat quand une main s’aventure dans une conquête de débutant. Certains, très peu, se taisent. D’autres, nombreux, s’esclaffent dans un rire commun qui étouffait tout autre bruit. Le bourreau des culs hurlait si fort sa joie qu’il ne s’était même pas rendu compte que sur son bras s’était dessiné un curieux nouvel invité : Un tatouage portant un symbole pourtant très évocateur : BAKU, l’explosion. L’un des membre de sa meute ne s’en rend compte que tardivement et tente de pointer du doigt l’intrus sur la main baladeuse de son allié. Trop tard: La seconde d’après, la main disparait au profit du feu, du sang carbonisé, et le rire mute en un hurlement aussi criard qu’insupportable.

Le gaillard était tombé au sol, serrant de son autre main le moignon qui dégorgeait de carmin. Sa bande, elle, commençait à s’affoler et à grogner sans vraiment comprendre ce qu’ils devaient menacer. Ils beuglaient à l’unisson, t’empêchant de savourer dans le calme ta soupe.

- AAAAAAhH VOUS ATTENDEZ QUOI !!! BUTEZ CETTE SALE PUTE !

Le graveleux enrageait mais palissait à mesure que son sang se répandait au sol, atteignant bientôt tes propres pieds. Contraint par la consigne, un autre dégénéré sort une arme de fortune et plonge vers toi. Sa lame s’enfonce dans le bar, et sur sa main se dessine petit à petit la même marque noirâtre. Bête mais pas stupide; le petit être commence à paniquer, reculant de deux pas, grattant frénétiquement sa peau comme pour la laver de son mal. Il te jette finalement un ultime regard empli de haine et de désespoir, alors que tu t’accoudes avec narcissisme au comptoir.

Nouvel éclat de fumée ensanglantée, qui vient cette fois jusqu’à arroser les plus proches spectateurs. Son cri est moins viril, plus aigu, et la main, cette fois-ci, était restée rattachée à son poignet par un mince filet de chair. Une scène que tu prenais un malin plaisir à observer, même si leurs hurlements commençait à te taper sur le système. Les autres se retrouvent tétanisés à l’idée de subir le même courroux, et ton regard peut enfin se promener dans l’assemblée et jauger ceux qui avaient rigolé à cette vulgaire blague; décuplant ton envie de tous les faire sauter ici, à jamais.

- D’autres volontaires ?

Ton air empeste la médisance et la rancoeur. Ce trou à rat méritait ces malheurs, pas toi. Tu méritais quelque chose de bien plus glorieux, une vie prospère, loin de cette vermine et de leurs déboires.


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Dim 2 Jan 2022 - 3:15
L’explosion avait fait davantage de bruit que la fessée, mais à peine. C’était après tout une claque à pleine puissance sur un postérieur des plus rebondis. Mais l’Hayai, qui était bien habitué aux détonations de par son propre art, ça restait un bruit des plus uniques.

Dans tous les cas, celle-ci avait bien résonné et si les gens riaient à gorge déployée l’instant d’avant, c’était tout autre chose maintenant. C’était toujours la même chose. On voyait, puis on comprenait, enfin on ressentait. Puis on criait. C’était des étapes rapides, heureusement.

Taishi se garda bien de réagir, sa guitare calée entre ses mains. Il était juste un type lambda, après tout. Cette démonstration de force n’était pas pour lui ! Mais elle l’intriguait, évidemment. Lui-même un amateur de sceau, il fallait reconnaître l’élégance avec laquelle elle avait tracé le sien, et à une vitesse presque trompeuse.

Une main, deux mains, il n’en fallait pas plus pour se faire un dessin ; la femme n’était pas là pour rire, pour plaire ou un mélange des deux. Heureusement peut-être, c’était tout à fait le cas de Taishi. Et à mesure que le froid s’installait dans la pièce, le silence face à cette morbide expédition alors que les instincts de la racaille se réveillait. Il y aurait le bruit métallique des couteaux, le souffle court de la peur ou bien simplement le miroir d’un regard sans fond. Les trois réactions qui définissent l’humanité.

Combattre, Figer ou Courir ?

«♫ C’est l’histoire d’une dame avec ce je-ne-sais-quoi… ♫»

La guitare éructa un accord harmonieux, du même ton que sa voix.

«♫ Le genre de femme que si mortelle est son aura… ♫»

Il esquissa un léger sourire.

«♫ Que si aujourd’hui au pied du mur je vais faire un choix pour les gens ici-bas….♫ »

Ses yeux verts percèrent la relative obscurité de la pièce.

« ♫… Quitter cette salle je ferais de ce pas. ♫ »

Le silence retomba alors que le dernier accord mourrait dans son instrument. Même les estropiés s’étaient tus, médusés. Encore quelques instants et Taishi soupira en secouant la tête.

«♫ … Bordel, j’ai pas affaire aux couteaux les plus aiguisés du Yuukan, hein ? Partez, elle va tous vous tuer. »


De cela il n’avait aucune garantie, mais au moins il savait que c’était techniquement possible, après ce petit tour de passe-passe. Encore deux trois instants d’hésitation et les gens commencèrent à se lever, préférant encore retourner sous la pluie que de rester au même endroit que cette malade mentale.

Même les sbires des futurs capitaines crochets empoignèrent leurs comparses en maugréant, une promesse que l’inconnue, aussi forte soit-elle, aurait à surveiller ses arrières – et son derrière – lors de ces prochaines escales dans les ruelles de la pluie.

Il ne fallut pas longtemps pour qu’ils soient seuls dans la Taverne, au même moment que le proprio revenait avec une assiette fumante décidément destinée à la main-trière. Le type, qui s’attendait à retourner dans sa salle bondée, déposa l’assiette en se grattant la tête d’une autre main velue, avant de tourner la tête vers la seule autre personne, l’Hayai , levant des mains exaspérées.

Taishi lui renvoya le geste en haussant des épaules, posant la guitare sur le comptoir en posant dessus son bol de ryos relativement rempli, juste à côté du couteau du type encore planté dans le bois.

« Pour, hmmm, compenser ? De toute façon le happy hour est terminé non ? Et la même chose qu’elle. »


Découragé, excédé ou les deux, le cuisto maugréa en retournant à ses fourneaux. Le silence s’installa quelques instants mais heureusement, Taishi était là pour sauver les meubles.

« … Cool le fuin. Même si j’avoue ne pas reconnaître le style de calligraphie. »

Le boss revenait, déposant avec beaucoup moins de douceur pour ne pas dire jeter sur la table son assiette, et l’Éclair Vert se cala sur un tabouret. C’était à peine comestible, mais c’était chaud et c’est presque tout ce dont on pouvait avoir besoin pour repousser les frissons de cette interminable pluie, là-dehors.

« Un peu salissant par contre. »

En jetant un œil aux mares de sang sur le sol. Heureusement, celui-ci était si sale qu’on les remarquait à peine à ce stade.

« Je suis Taishi. Juste un… type qui se promène. Un accord de guitare à la main au lieu d’un sceau un peu excessif. »

Reportant les yeux vers son assiette, l’Hayai ne put s’empêcher de soupirer, tâtant la nourriture avec une baguette.

« Tu sais ce qui m’impressionne le plus du pays de la pluie ? Tout s’y ressemble. Même la bouffe. »


L’Homme reporta les yeux sur elle, la considérant.

« … Ou presque tout, je suppose. »

Il leva les mains en signe de paix, bon enfant.

"Mais j'aimerais garder mes mains encore un peu. Tu fous quoi dans ce taudis d'ailleurs ?"

"HEY !"

"... Désolé boss."

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Dim 9 Jan 2022 - 13:51

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L’absence de répondant en disait long sur le manque de réflexion de ces sauvages de bas étage. Dans la confusion, la plupart des clients de l’établissement s’étaient éclipsés, laissant ainsi les principaux concernés seuls face à leur propre sort. Derrière certains hurlement, une voix chantonnant avec légèreté sur un air de guitare. Ton regard n’a pas à chercher bien longtemps pour trouver celui qui s’amusait à raconter la scène comme s’il assistait à une démonstration théâtrale. Ses dernières paroles sont des avertissements; ceux qu’on a du mal à prendre au sérieux s’ils ne sont pas hurlés plutôt que chantés. Les demeurés prennent alors leur temps avant de déguerpir, sous ton regard intransigeant qui regrettait presque de les laisser filer ainsi.

Comme fatiguée d’exister, tu te rassoies sur la chaise haute qui te permet de surplomber tout de même le comptoir, lorgnant sur celui-ci sans être gênée de son état. Tu t’attardes à un regard en coin sur le troubadour dont la voix ne semblait plus vouloir s’arrêter, mais ne réponds que par la froideur d’un jugement. Il avait au moins l’intellect de reconnaître tes arts, mais les décrivait d’une manière qui t’agaçait déjà.

- C’est un art propre, seuls certains supports sont sales.

Tes prunelles dansent alors de haut en bas, inspectant le chanteur dans sa globalité tout en indiquant clairement ce que ton esprit pensait tout bas : Les hommes étaient les seuls monstres ici présents, et ton acte n’avait fait que s’adapter à leur aspect.

- Ta guitare aurait terminé son chemin droit dans leur tronche si t’avais affaire à ces débiles à longueur de temps.

Ce pays usait, rendait aussi aigri que la plèbe. La pluie éternelle rouillait vos coeurs et les rendaient cassants. N’en résulte que des humeurs maussades, une impatience permanente et cette curieuse envie de massacrer le monde entier pour jouir de ses trésors en solitaire. Tu te demandais chaque jour ce qui te poussait à respirer cet air brumeux, ne trouvant à chaque fois pas plus de raisons que de sens à cette vie. Son ultime question ne fait que relancer ces remous internes à t’en énerver.

- Je profite du soleil et de la bonne bouffe, pas toi ?

Ton amertume se veut cinglante, réveillée par le goût exécrablement acide de ton plat. « On s’habitue ». Foutaises. Ce pays noie petit à petit ses citoyens dans leur morosité; et ceux qui ne s’entretuent pas finissent par mourir la corde au cou. La seule lumière qui éclairait cette gadoue ambiante ; La même que celle qui se trouvait dans la petite poche en tissu, posée sur le comptoir comme un trésor, avant d’être arrachée par le tavernier (qui n’aurait pas laissé traîné ça plus d’une seconde). Il n’y avait que les touristes pour essayer de régler les problèmes avec leur argent dans un pays ou la monnaie n’avait de sens que si elle était teintée de sang.

- C’est plutôt moi qui devrait poser la question. Qu’est-ce que TU fous dans cette région ? T’as pas une gueule à venir juste pour découvrir par plaisir à quoi ressemble notre belle capitale.

La méfiance naissait dans tes intéractions, les étrangers ne venaient jamais seuls quand ils visitaient Murashigure, sauf quand ils s’estimaient capable d’endosser la criminalité et la cruauté locale.

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Mer 12 Jan 2022 - 2:40
« Oh non, épargnons ma guitare tu veux… »

Sourire malin alors que l’Hayai essaie d’avaler un peu de la nourriture de sa propre assiette, réalisant que le pain avait une signification bien différente dans ce pays, une signification à la fois fade et acide, si une telle chose était possible. Grimaçant, l’Hayai s’efforça de ne pas recracher, surtout à côté du chef qui nettoyait des verres dans un coin en silence.

« C’est certain que je risque moins une fessée que toi. Mâle alpha, tout ça. »

Il haussa les épaules. Le sexisme, la misogynie, ça n’avait rien de nouveau dans l’histoire de l’humanité. Et plus on allait vers le bas, comme ici, le foutu plancher de la civilisation, plus on risquait de la rencontrer.

«… Je ne sais pas pour le soleil. La bouffe… Clairement. »

Clairement pas, c’était clair, mais il n’en dit pas plus, s’appuyant sur son coude. La femme n’était tout aussi pas clairement la meilleure personne pour lui donner une bonne impression d’Ame, mais ça ce n’était pas si grave. Rien ne l’était à bien y penser.

« Et elle a l’air de quoi, ma gueule ? »

Question piège peut-être, mais Taishi ne s’attendit pas à une réponse. Après quelques instants à piocher dans son assiette, le nukenin haussa des épaules.

« Renverser un gouvernement, inciter une guerre civile… La routine, quoi. »

Si seulement c’était faux, qu’il songea. Il avait vraiment cette mauvaise habitude à se trouver du mauvais côté de l’histoire. Mais cette fois, ce n’était pas lui l’instigateur. Il était juste un autre participant, et avec un peu de chance, son nom resterait dans l’ombre de cette aventure-là.

« Je suis davantage un touriste involontaire qu’autre chose. Mais toi alors, qui semble adorer cet endroit tellement, qu’esce qui t’y retient ? »

C’était une question logique. Elle n’avait pas l’air du genre de personne qui serait lestée par une obligation morale, comme une maman malade ou bien un sens de devoir de sauver un pays par sollicitude. En fait, l’inconnue avait l’air assez détachée de…. Tout, quoi. Parlant d’inconnue.

« Et Hey, si tu ne comptes pas me faire grâce de ton nom, je vais t’en donner un. Hmm… Que dirais-tu de… »

Il sembla la considérer de haut en bas, l’espace de quelques instants.

« Angela ? Vu ton air d’ange mais pas-tout-à-fait, tu vois ? »

Ouais, c’était parfait, et Taishi ricana dans sa barbe en reportant attention à sa bouffe.

« Alors Angela, si tout ce qu’il me restait à faire dans cette belle capitale, c’est la découvrir, alors tu me conseillerais quoi ? Tu as l’air de bien connaître le coin, après tout. »

Ce qui était rassurant ? Rien n’était moins certain. Mais à travers son hostilité à peine dissimulée… Elle l’intriguait. Du moins, davantage que la misère de ce pays déchiré. Et puis, ça faisait changement de parler à quelqu’un qui semblait posséder davantage qu’une ou deux neurones grillées.

« Mais où sont mes manières ? Je te paie un verre, Angela ? »

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Mer 26 Jan 2022 - 14:10

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- Ouais, la routine

A ses remarques qui cherchaient l’ironie et l'impertinence, ton regard se creuse et révèle des cernes qui violacent le dessous de tes yeux. Ta peau cristalline ne pouvait pas mentir sur la fatigue et la lassitude qui berçaient tes nuits depuis.. trop longtemps. L'attitude de l'étranger érige en plus grand vos différences, vos trains de vie : et à quel point un pays pouvait formater ses enfants. Tu aimais te penser unique, solitaire ; mais tu ne l'étais pas, loin de là. A l'image des orphelins de ce taudis, tous différents mais tous identiques, voués à l'aigreur et à la cupidité. Seuls quelques élus jouissaient d'un luxe assez noble pour ne pas ruminer de la boue.

- Tout a l'air si simple pour toi l'étranger.

Cette fois, ta nuque ne daigne même plus tourner vers lui, préférant accompagner chaque bouchée en plongeant légèrement de l'avant.

- Profiter des lieux, plaisanter de la violence locale, venir et partir comme si c'était un jeu.

Tes prunelles s'entendent alors avec celles du tavernier, comme si tu lui parlais à lui, mais qui faisait juste office d'écho multiplicateur de tes mots... et de leur vérité. Cette prison sans barreaux, tout le monde la subissait ici, et pourtant, s'en défaire n'avait rien de simple.

- Laisse moi te dire une chose, y'a rien à voir et rien à faire ici

Ultime bouchée, celle qui signerait la fin d'un supplice culinaire.

- Alors contente toi de faire ta putain de révolte et rentre chez toi, parce que dans vingt jours, y'en aura d'autres comme toi, pour faire leur propre soulèvement, et vingt jours après, un autre encore.

N'ayant plus de quoi t'occuper, tu lui accordes finalement une attention, sévère, aussi froide que l'air ambiant. Cette routine meurtrière, il la contemplait au premier degré, n'ayant nulle conscience de la fatalité avec laquelle elle se reproduirait, encore et toujours ; parce que ce pays ne vivait que du deuil et de la désolation.

- Deux verres

Le gars s'active, vous sert : ne prend même pas la peine de réclamer son dû. Il devait être touché par tes mots de verre, ou conscient que cet alcool lui épargnerait une énième salve sanguinaire.

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