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[CS2] Seconde épreuve, ou la prise de conscience.

Zaiki Minako
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Sam 1 Jan 2022 - 22:28

Seconde épreuve, ou la prise de conscience.


La seconde épreuve se passe 3 jours après celle-ci.

« Ma fille. Depuis le temps que je voulais t’en parler… Je voulais savoir, depuis que je me suis séparé de ta mère, si tu voulais garder son nom où récupérer le mien, auquel cas nous irons remplir les papiers administratifs. »

« Oto-san, étant donné que je ne pourrai jamais lui pardonner, je veux prendre le nom Tsukaima*. Mais, je voudrai connaître au préalable l’histoire de ce nom, ce que ça implique que je le porte. Je voudrai être davantage fière de le porter en fonction, car c’est inutile si c’est uniquement parce que je t’aime. »

« Je vois… Je te reconnais bien là. Laisse-moi t’expliquer dans ce cas. » et sur ces mots, Kaito lui raconte son histoire.

Il vivait avec ses parents à Kaze, sa mère étant Meikyû et son père étant lui-même du clan Tsukaima. Il s’agit d’un clan nomade d’onkyotonka de Kaze, disparate, s’effaçant petit à petit de l’Histoire du yuukan, dont même lui ne connaît pas ses aînés. Cela dit, le but des membres restants de ce clan, est de retrouver des instruments de musiques maudits et des partitions interdites. Ce qui ennuya fortement Kaito, qui, dès son plus jeune âge, s’intéressa davantage au sens de la justice, du combat au corps à corps et dû davantage s’entrainer à maitriser ses sceaux ancestraux dont sa mère a forcé la pose de ceux-ci. L’homme aux cheveux de platine s’est juré depuis ces années de rituels et d’entrainements forcé à la maitrise de ce pouvoir, qu’il n’apposera jamais de sceau à sa descendance. Il laisserait ainsi le choix à son enfant de développer ses propres capacités.

Les trois membres du clan Tsukaima voyagèrent de Kaze jusqu’à Kaminari, s’installant à Shidateru pour prêter main forte en temps que guerriers. C’est là qu’il fit d’abord la rencontre de Yoko, sa professeure alors qu’il était du niveau genin. L’entrainement avec celle-ci fut rude, longue et difficile mais ça a payé, car le valeureux shinobi pu partir en mission dans différentes contrées. Ce fut lors d’une escapade à Humy qu’il fit la rencontre de Zaiki Junko, une femme étant tombée éperdument amoureuse de lui, au point d’avoir un comportement obsessif jusqu’à dépasser la limite. C’est ainsi que Minako est née. Ce fut assez difficile pour Kaito qui devait souvent rentrer dans la ville militaire ; et aussi contrôler les pleurs et les crises du bébé qui causaient d’énormes maux de têtes au minimum ; car il fut le seul à la calmer en la prenant dans ses bras et en s’occupant d’elle. L’apportant même parfois directement là où il habite, il la présenta à sa sensei et à ses frères d’armes comme étant la prunelle de ses yeux. Il fut heureux quand enfin Junko accepta que Minako aille à l’académie ninja, et la suite de l’histoire, le père et la fille la connaît.

« Oto-san, je sais que tu n’as pas ce but mais moi-même ai envie de connaître ces partitions si elles ont existé un jour ; mais bien sûr ma priorité est de protéger notre patrie. C’est pourquoi je veux prendre ton nom. On va redorer cette famille quasiment disparue. »

« Ma fille… Soit. Tu enverras donc une lettre aux supérieurs pour faire part de ta requête, afin qu’ils te la valide ou non. Je vais te laisser méditer et prier pour ton ancêtre. »

* Tsukaima = esprit, familier.


Quelques instants plus tard, après le départ de Kaito.

Sous un bambou, dans la cour du dojo, la demoiselle s’assied en tailleur, en robe blanche mi-longue à bretelle. La pluie frappant son corps de toute part, rien n’arrête la courageuse Minako. Trois jours après son épreuve de mise en confiance, elle est fin prête à subir la seconde épreuve de Samanosuke. Ayant prévenu son petit-ami de sa volonté de réaliser sa seconde épreuve mentale au préalable, la vaillante guerrière se met en condition, vidant son esprit de pensées parasite et contrôlant sa respiration ; fermant les yeux afin de pouvoir une nouvelle fois entrer en transe avec elle-même.

De retour dans son mindscape, au milieu des fleurs de lycoris rouges, la voix de son ancêtre l’appelle, puis la guide à travers le champ, l’amenant à contourner la maisonnette en bois. Devant un lac fumant comme si l’eau est chaude, telle un onsen. Pourtant, des fleurs de nénuphar et des lampions flottent au-dessus. Sur le bord de l’eau, le preux esprit en armure de samourai, sans casque, lui annonce la consigne.

« Petite, plonge donc dans ce lac. Confronte ton Passé, fais face à ton destin, et embrasse ton Présent. Ensuite, tu me raconteras comment tu les as vécus. »

Hésitante ; Minako ne comprend pas ce que Samanosuke lui raconte. Mais, ce dernier n’en dit pas plus, laissant son hôte prendre son courage à deux mains pour effectuer cette longue épreuve qui l’attend. Voyant qu’elle n’aura pas d’indice supplémentaire, ni une seule once de réponse de sa part, la petite ninja prend son courage à deux mains. C’est ainsi que la demoiselle commence à y mettre ses pieds, et avance dans l’eau, jusqu’à ce que celle-ci la recouvre entièrement, la plongeant ainsi dans ce qui l’attend…


Dernière édition par Zaiki Minako le Dim 16 Jan 2022 - 14:18, édité 1 fois
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Dim 2 Jan 2022 - 12:32

Ne pas se retourner vers le passé.


Je plongeais ainsi dans mon passé. C'est là que j'ai compris car je fais face à mes souvenirs. Les visions de mon passé, qui vont m'arriver en plein dans la gueule. Je ne sais pas à quoi ça va servir mais pourquoi pas. Je vois… J'ai l'impression d'être en train de vivre un souvenir. Je vais juste me contenter d'observer.

Je me vois, petite, âgée d'environ 3 ans, alors que je suis cachée en train d'écouter une conversation houleuse. Il s'agit d'une dispute entre mon père et sa mère, que je n'avais pas comprise à l'époque et qui m'est passé au-dessus par la suite.

« Quand vas-tu transmettre le savoir du clan Meikyû à ta fille ? »

« Pas tant qu'elle n'est pas assez grande pour comprendre ce que le choix implique, quand vas-tu le comprendre ? »

« Non je ne le comprends pas et je ne veux rien savoir, fils ! On a toujours transmis le savoir de ces sceaux ancestraux et il est hors de question que cela cesse. »

« Et alors, oka-san ? Je veux que ma fille vive pleinement sa vie en faisant ses propres choix, en tombant via ses erreurs mais réussissant toujours à se relever, heureuse de sa victoire. »

« Fils… Tu es ingrat envers tes aînés ; ton enfant, je le sais, va devenir la honte de la famille, sans ces rites d'éveil du sceau. »

« Encore faut-il qu'elle en aie un… »

« Qui sait. Tu n'es quasiment jamais avec elle à cause du travail, alors c'est sûr qu'elle n'aura jamais d'ancêtre. »

« C'est bon, ferme-la. » gueule mon père avant de claquer une porte. Je vois qu'on est au soir et qu'il était l'heure pour moi de dormir. J'étais à Shidateru avec lui et la famille paternelle à ce moment-là. J'étais avec mon doudou et la voix de Mitsai me faisait énormément rire. Je ne savais pas qu'elle était ma sœur jumelle à ce moment-là, mais je pensais à une amie imaginaire dans mon esprit d'enfant. Je me blottissais dans mon lit douillet.

Au moment de commencer à plonger dans les bras de Morphée, je vis une scène ô combien horrible. La porte de ma chambre s'entrouvrit, mais je n'y prêtais pas attention car je sais que papa venait souvent voir si tout allait bien. Je somnolais, mais je pouvais comprendre que ce n'était pas le grand colosse qui veillait sur moi, mais la vieille femme aux airs aigris, grande et fine. Celle-ci entra dans ma chambre et me borda, essayant de se montrer douce et me caressant les cheveux. Elle prit ma main droite et fit un signe incantatoire, et tout bas elle dit « Quand tu seras prête, selon sa volonté, ton sceau ancestral apparaîtra sur ta main. », et ce avant d'avoir un sourire malsain sur son visage et commença à caresser le torse de l'enfant que j'étais. Je ne comprenais pas ces gestes à l'époque, mais maintenant, je sais que c'est très sensuel et pas du tout adapté à un enfant.

Un frisson parcourt mon échine maintenant que je revois la scène d'un nouvel œil. Après son affaire, elle est sortie de la chambre, mais se retournant la larme à l'œil, comme attristée, et annonce une sorte d'adieu.

« Samanosuke-dono, veillez bien sur ma petite-fille, je vous en supplie… Vous êtes le seul à pouvoir canaliser sa banshee qu'elle appelle Mitsai. »

Je comprends à présent comment il a été installé en moi, mais le problème est que Samanosuke me disait être lié à un pirate. Aurait-il menti ou aurai-je rêvé lors de ma première transe ? Cet événement s'est passé avant que Nobunaga ne m'emmène dans son bateau et que mon grand-père maternel ne le tue. Alors peut-être que j'ai imaginé ce que mon ancêtre m'a raconté ? Je lui poserai la question au moment opportun.

En parlant de cela, j'ai mon second flash. Je me vois dans le gunkan de Nobunaga et je jouais avec les pirates qui faisaient partie des siens. J'avais 6 ans et je ne tenais pas sur place. Je t'irai sur leur barbichette et ensuite je courais aussi vite que je pouvais dans le bateau pour qu'ils m'attrapent. Il faisait incroyablement beau, les mouettes volaient et semblaient rire. Le gunkan amarré au large de Humy faisait peur aux habitants mais je ne comprenais pas pourquoi, parce que les pirates et moi nous nous amusions bien !

C'est là que j'ai compris en me faufilant dans la cale; il y avait des personnes, des adultes, des femmes notamment, et des enfants qui étaient ligotés. Je pleurais en me demandant pourquoi ils étaient là et comment mon meilleur ami, Nobunaga, pouvait trahir la promesse qu'il m'avait faite, c'est-à-dire ne pas faire de mal aux Humyjin. En remontant, je l'ai croisé, il avait l'air fâché que je vois la vérité sur ses intentions de faire du trafic humain.

« Oy oy, calme toi donc, t'as vu où qu'on allait avoir plein de ryos sans enlever des enfants ? Si tu veux être une pirate comme nous tu dois bien te mettre ça dans la caboche hein ! Hey, en plus tu as un esprit bienfaiteur en toi que j'aime beaucoup donc s'te plait, excuse-toi tout de suite d'être entrée dans la cale sans quoi je te jette par-dessus bord ! »

« Pô avant que toi tu t'excuses et les relâche ! » lui répondis-je, tout en continuant de chouiner. Ce qui avait pour conséquence de lui casser les oreilles, à lui et les autres pirates, au fur et à mesure que je sanglotais. C'est là que mon grand-père, Yoichi, est venu, qu'il a sorti le katana de son ombrelle et a planté Nobunaga avec, puis en se battant vaillamment contre les autres pirates, grâce à ses marionnettes. Une fois tous neutralisés, mon grand-père a pu libérer les prisonniers. Quant à moi, je suis allée voir le capitaine Nobunaga en pleurant non plus de rage mais d'inquiétude pour lui.

Il a mis sa main sur ma joue et s'est excusé car il s'en veut d'avoir menti et d'être revenu sur le vice qu'est l'argent, me conseillant de faire attention à ce qu'implique la volonté de richesse. Il saignait énormément et semblait empoisonné, alors j'essayais d'arrêter le flot de sang qui coulait. C'est alors que Yoichi lui donna le coup fatal pour mon plus grand malheur. C'est pour cela que je lui en ai voulu pendant toutes ces années car il m'a volé mon meilleur ami, mais dans mon coeur, il restait le grand-père que j'adorais.

Un autre souvenir me vient. Je crois que c'est la dernière dispute que j'avais avec ma mère avant qu'on emménage à Kumo, le nouveau nom de Shidateru, en hiver 201. Elle m'a odieusement donné une rouste parce que je préfère mon père qu'elle. Car en effet, même s'il était très souvent absent à cause de son métier de ninja, il m'aimait et trouvait toujours un moyen de calmer la voix de banshee, d'ailleurs grâce aux bases sur le chakra qu'il m'a apprise, notamment la méditation du renforcement de sa réserve, je me suis canalisée.

« Si t'es pas contente alors on doit aller là où Oto-san habite ! Ainsi je pourrai être formée à être ninja comme lui et je pourrai ainsi ne plus être le monstre que tu connais que tu ne peux canaliser. »

« Il faut toujours que tu me parles de lui, toujours ! Pourquoi tu ne l'aime pas, moi qui suis toujours aux petits soins pour toi ? Que t'ai-je fait pour mériter ça ? »

« Bah quoi, toi tu me donnes des ordres et tu veux me tracer un destin que je ne veux pas, lui au moins respecte mes choix ! Et pis il me semble que sans lui tu ne pouvais pas canaliser les cris quand j'étais bébé et jeune enfant non ? Alors fais en sorte que je puisse enfin être une véritable humaine ! »

« Oh, tu te rends compte de ce que tu me dis là ? Même pas tu… Oh ok… alors que Isonade nous bénisse, et j'espère qu'à l'avenir nos liens se renforceront. »

Je me souviens que je suis arrivée à l'académie ninja de Kumo après cela, sous le règne du second raikage, Metaru Shuuhei, en automne 201. J'ai connu Koyama, Ryuku et Kaori, mes amis, ainsi que Ken, l'amour de ma vie. Mais comme il n'y a pas que de bonnes rencontres, j'étais souvent en opposition avec quatre filles qui se considéraient comme les enfants de Jashin. Il m'est arrivé par deux fois d'avoir dépassé les limites de ma colère. La première, quand j'ai vu Kaori, jeune membre du clan Suzuri, si petite et frêle, presque morte dans la salle d'entraînement de l'académie. Je me suis tournée, les yeux rouges, et j'attaquais tout ce qui bougeait, c'est à dire les harceleuses, de mes deux sabres, jusqu'à ce que Tanako-sensei ne parvienne à m'immobiliser après s'être clonée, emportant ainsi mon amie à l'hôpital. Elle m'a emmené au bureau pour comprendre mes agissements. À cause de cela, j'ai dû intégrer une classe spécialisée pour les éléments perturbateurs à cause de mon manque de self-control.

Entre-temps, les tensions entre Kumo et Teikoku se sont renforcées, de sorte à ce que notre nation soit annexée par l'empire du Feu. Alors que des shinobis sont partis rejoindre le camp ennemi, d'autres ont l'air d'avoir carrément fuit la contrée de la Foudre, pour des raisons que je ne connais pas. Dans tous les cas, je pu me voir auprès de Koyama, nous étions si proches l'un de l'autre, comme des amoureux, quand des personnes se sont mises à entrer dans sa maison. On a entendu la voix de sa sœur venant de rentrer crier au secours, mais nous sommes arrivés trop tard à l'entrée de la demeure, car elle a été tuée par des soldats du Teikoku. Ce fut également le cas pour d'autres de nos amis ultérieurement. Nous nous battions avec le peu de moyen que nous avions, avec ardeur, alors que les plus vaillants shinobi de la Foudre sont quasiment inexistants...

Cependant, le pire arriva en dehors de l'académie, quelques mois avant l'examen des genin. Je me promenais avec Koyama et Ryuku, et en traversant un pont, on voyait ce qui semblait être un corps flottant. On pensait à une tentative de suicide ou une personne ivre qui est tombée, mais lorsqu'on ramena le corps sur la rive, on s'est rendu compte qu'il s'agissait de Ken. Il ne respirait plus et avait plusieurs meurtrissures indiquant qu'il a subi des sévices; ce qui veut dire qu'une personne ou un groupe de personne a voulu l'assassiner. Je ne voulais pas y croire alors j'ai fais ce que j'ai pu; un massage cardiaque et du bouche à bouche pendant que Ryuku utilisait son affinité raiton pour augmenter sa rapidité et chercher des secours à l'hôpital. Là, mon Kenny cracha de l'eau et des râles sortirent de sa bouche, comme s'il reprenait vie. J'eu les larmes aux yeux; le garçon dont je suis tombée amoureuse depuis quasiment le premier jour à l'académie reprenait vie… Finalement, grâce à la vitesse éclair de Ryuku, des médecins l'ont emmené en soin intensif à l'hôpital.

Par la suite, je n'ai pas revu les quatre puterelles de Jashin. Ce fut lorsque je rentrais chez moi que l'une des quatre fille, Kimiko, m'interpella, furieuse.

« Hey, par ta faute, Manara est en hôpital psychiatrique et Kyoko a disparu, vilain filet de pêche ! Je vais te tuer ! » hurle-t-elle avant de me sauter dessus. Et, par réflexe mais aussi par haine, je dégaine mon sabre et je l'enfonce dans son estomac. « Et vous avez failli tuer Kaori et Ken… je ne vous le pardonnerai jamais ! » lui dis-je avant de la ruer de coups, la laissant ainsi mourir dans son sang. Je jubilais face à mon premier meurtre. Je riais éperdument. Puis, je me suis fais cette réflexion à voix basse.

« La première sur les quatre à mourir… »

Mon passé… j'ai vu les éléments les plus marquants de ma vie avant que je ne retrouve mon bien-aimé. Devrai-je avoir une prise de conscience ou un truc comme ça ? À voir ce que l'avenir me dira…
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Dim 2 Jan 2022 - 13:30

L'hiver éternel...



En parlant d'avenir, peut-être qu'il vient ? Quoi qu'il en soit, ma plongée dans le lac se fait de plus en plus longue et une vision, qui semble être celle de mon avenir, commence à se dessiner.

Tout commence lorsque je rentre à Kumo après un petit séjour à Humy. Là bas, j'apprend que mon propre père s'est éteint lors d'une de ses missions mais que son corps n'a pas pu nous être restitué, car il a été réduit en cendres pour éviter d'avoir un potentiel edo-tensei supplémentaire à la solde de l'ennemi. J'eu le souffle coupé. Une douleur lancinante au cœur. Mon père, mon propre père.. a été volé. Moi qui l'aimais et le considérais comme un héros. Je marchais sur ses traces, et le suivais sur le chemin professionnel qu'il avait. J'avais mal, atrocement mal. Je commençais à voir cette injustice de voir les plus solides et les plus fiers soldats de la Foudre partir. Cependant, rien ne pourra me faire aussi mal que...

Je fus envoyée sur le front d'une guerre auprès de mon homme, Ken. Ce fut lors de l'une de ces batailles contre les ennemis de la coalition que l'homme de ma vie est mort dans mes bras. C'est là que mon destin a basculé car toute ma vie s'est effondrée. Je suis devenue veuve et orpheline. Mon père ainsi que mon mari m'ont abandonné, j'ai tellement mal que j'ai pleuré et offert mon âme à sa Majesté, la voix de la banshee. Ce qui a fait que j'ai hurlé de désespoir, faisant s'évanouir tout le monde, y compris moi-même.

J'ai été rapatriée à Kumo par la suite. Seule dans le dojo à présent, les larmes coulant sur mes joues, seule au monde. Même nos enfants sont partis, mangés par l'un des edo-tensei qui est apparu. Alors que je pleurais sur mon sort, mon meilleur ami, Koyama, est venu me prendre dans ses bras. Je ne sais pas ce qui a bien pu se passer, mais par réflexe, je l'ai tué, croyant qu'il était en train de m'agresser. Je lui ai suffisamment troué les poumons pour que son cerveau ne soit plus oxygéné et qu'il se vide de ses poumons. Je n'ai pas pris la peine de nettoyer le dojo car je m'en fichais. On m'a volé l'homme que j'aimais le plus au monde, alors pourquoi serai- je compatissante envers autrui ?

C'est alors qu'ensuite, c'est au tour de Hanzō de mourir de ma main. Il m'a demandé d'oublier pour aller de l'avant, mais je ne peux pas. Je ne peux pas oublier toute l'histoire de ma vie. Je suis la veuve, la nouvelle Reine de la Mort, je ne peux plus reculer. Je veux tuer pour tuer, car seul est mon but, et personne ne peut m'en empêcher. Je prie enfin dame Izanami de m'avoir accordé sa confiance..

Je me suis rendue ensuite sur le terrain d'entraînement et je suis venue à la rencontre de mon équipe, composée de Ryuku et de Kaori. Lors de ce combat d'entraînement, eux deux contre moi, j'ai utilisé de si puissantes techniques onkyoton, katon et futon que je les ai tué. Je ne regrette pas mon acte, car s'ils ne survivent pas à un entraînement, c'est qu'ils sont faibles face au destin qui les attend.

J'apprécie tuer pour me soulager de la haine que j'ai envers le monde qui a volé mon garde-fou, c'est alors que je tue tout ce qui bouge, maintenant que j'ai pris la vie de tous les proches qui ont voulu me soutenir. L'odeur de la braise et du sang me font jubiler de plus en plus. Quant à mon appétit sexuel, je me débrouillais seule, sans aucun artifice et aucune aide quelconque.

Cela dit, je ne me suis pas reconnu quand je me suis vue dans le miroir une fois entrée dans la salle de bain. Mon regard est vide… Je suis devenue une sorte de geisha à moitié squelette ; une hone-onna. Par ailleurs, je ne sens plus la présence de Grisou et de Samanosuke, comme s'ils ne sont plus dans notre mindscape*. Je suis seule au monde, l'hiver éternel s'est installé, et même dans mon domaine intérieur, le paysage me le fait comprendre. Car ce dernier est devenu un désert enneigé au ciel gris…

Mais pourquoi ? Pourquoi vois-je un si funeste destin ? Cela me fait si peur. De plus, ça peut être une suite logique à la vision du passé que j'ai eu. Mais alors, comment faire pour ne pas sombrer dans la folie… Quelle est la solution pour éviter d'en arriver à cette éternelle solitude ?

*Mindscape = monde intérieur.
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Lun 3 Jan 2022 - 22:29

L’instant présent et la fin de l’épreuve.


Quelle est la solution pour éviter d'en arriver à cette éternelle solitude ? C’est la question que je me pose alors que je suis davantage au fond du lac que de la surface. Alors que je ne trouve aucune réponse, une vision douce et magique se dessine. Je vois Ken me faire son discours sur notre daisho Minaken puis m’embrasser. Cet instant magique me fait chaud au cœur, rien que de penser à lui me réchauffe et m’apaise. Puis, je nous vois dans nos kimonos de mariage. Nous sommes déclarés mari et femme, et on se fait la promesse que le Daisho Minaken ne peut qu’évoluer positivement, avant que l’on s’embrasse aussi tendrement que possible. C’est si beau…

A côté de ça, je me souviens de la sensation que j’ai eue lorsque, quand j’étais à l’hôpital, j’eu cette lettre cachetée du symbole du kyuubu. Lorsque je l’ouvris et que j’ai lu cette invitation à intégrer l’unité, accompagnée de ce questionnaire, j’étais si heureuse que j’en ai eu la larme à l’œil. Ma carrière professionnelle qui se dessine. Je sais aussi que j’ai eu une pointe de déception immense quand Ken n’a rien reçu. Mais je ne perds pas espoir, je sais ce qu’il vaut. C’est alors que je me vois lieutenant de la section interrogatoire du Kyuubu, tandis que Ken est lieutenant de la section interne, Kyra quant à lui est devenu lieutenant de la section externe. Kaito est devenu quant à lui taisho du kyuubu, et a choisi son élève, Yamanaka Hanzo, comme bras droit. Donc, même niveau professionnel, je trouve une joie inouïe.

Cela dit, notre passion commune à Ken et moi, c’est la musique. Nous avions joué un concert aux gradins lors de duels opposant pirate et shinobi et c’est là-bas qu’on a réussi à se faire connaître, même si on « a mangé » du sable entre deux. De plus, j’arrive à voir dans un futur proche notre coalition d’onkyotonka prendre de l’ampleur à Kaminari. Et même, au sein de Tsuchi, Hi et Mizu, parce que l’on a réussi à former une coalition d’artiste au sein de la Coalition même. Que demander de mieux que ça, sérieusement ? Je ne vois rien de plus beau.

C’est alors que j’ai compris une leçon importante, ayant vu mon passé et une vision de mon futur. J’ai compris que je ne dois pas abandonner mes rêves, mes envies et je dois surtout vivre l’instant présent. Je dois vivre pour les personnes que j’aime, pour Ken, mais aussi pour la Patrie, pour protéger les miens. Alors, je nage jusqu’à réussir à remonter à la surface. Samanosuke m’attendait sur la rive, alors je pu sortir et je le rejoins, trempée jusqu’aux os. Il me tend une serviette pour que je me sèche, et il attendit que je lui parle, sans un mot de sa part.

« Samanosuke-dono, je… J’ai vu mon passé, plusieurs expériences qui m’ont marqué sont réapparu dans ma mémoire, dont celui dans lequel ma grand-mère t’a demandé de me protéger, alors que j’avais 3 ans. Or, je ne me souviens de toi que depuis la mort de Nobunaga et tu m’as raconté que tu étais son ancêtre à lui… », et, après avoir marqué une pause, j’enchaîne. « J’ai vu une vision de l’avenir qui m’a fait peur ; durant lequel j’éprouvais du plaisir à tuer pour tuer. Je ne me suis pas reconnue, d’autant plus que vous et Yoko-sensei n’étiez plus à mes côtés, et mon domaine est devenu un désert enneigé au ciel gris. Alors, je me suis demandé quelle est la solution pour ne pas en arriver là. »

Mon interlocuteur parait intéressé par ce que je lui raconte. Je fini donc mon explication. « Alors, j’ai vu ce qui m’a donné de la joie, et ce que ça peut m’apporter à l’avenir, dans le bon sens du terme. J’en conclus donc que je ne dois pas rester bloquée dans mes souvenirs houleux, ni faire cavalier seule en me refermant sur moi-même alors que je peux avoir le soutien d’autrui. Je dois vivre l’instant présent et en faire profiter mes proches. »

Je vois à la commissure des lèvres de Samanosuke un léger sourire. « Petite, j’aime beaucoup ton raisonnement et ce que tu m’as raconté. En effet, une valeureuse kunoichi telle que toi doit savoir maitriser ses émotions, avoir un équilibre parfait entre ton cœur, ta détermination et ta raison. Quant à ce que je t’ai raconté lors de notre première rencontre… Disons que je me suis servi de ta perte de mémoire pour mentir, étant donné que j’ai senti la présence de l’esprit ayant l’air de veiller sur ton shogun. Si tu veux, il s’agit là d’un instinct de protection. Bien, ton épreuve est terminée maintenant ; mais il t’en reste une dernière à effectuer avant que je te prête mes pouvoirs. Reviens quand tu seras prête. »

C’est ainsi que je pu sortir de ma transe. J’ai oublié que j’étais sous le bambou, dehors. Depuis le temps, la pluie a cessé. Je me presse donc de rentrer au dojo. « C’est bon, mon Kenny d’amour, je suis là maintenant. Je me sens tellement mieux à présent. »
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