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Hayai C. Taishi
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Jeu 6 Jan 2022 - 15:56
Aimi devait avoir été interceptée par un collègue, songea l’Hayai qui attendait patiemment dans le couloir. Cette section de l’hôpital était relativement déserte et même étrangement calme pour un endroit du genre, mais ce n’était pas plus mal pour le laisser dans ses pensées tortueuses. Demain, ils partiraient pour le Pays du Feu, lui et elle mais aussi son élève Yugure. Aussi étonnant que ça puisse paraître, il n’était pas inquiet outre-mesure pour le Sommet lui-même, mais plutôt cette tension grandissante entre lui et la Kunoichi. À un moment ou un autre, ils auraient à en discuter et faire face, même si Taishi n’avait aucune idée à quoi c’était censé ressembler. C’était un terrain inexploré, tout comme la dédalle de couloirs, d’escaliers et de salles dans cet endroit qui se voulait le grand repaire de Chiwa Aimi.

Puisqu’il était seul et qu’elle était en retard, il décida d’allumer son calumet, tirant une bouffée de fumée qui lui calmerait un peu les nerfs, ignorant royalement le panneau sur le mur qui interdisait une telle pratique. Le Chapelier était interdit de rayer le chakra de la carte, et es-ce que ça marchait mieux ? Non ? Voilà.

N’empêche, il fallait se demander si celui-ci allait s’inviter à la fête. Difficile de dire dans quel état il était après la dernière attaque à Iwa, mais nul doute n’aurait-il trouvé le moyen de rétablir son bras à leur prochaine rencontre. Ils allaient avoir besoin d’une nouvelle stratégie, et cette fois Taishi n’allait pas avoir des mois pour y réfléchir.

Des bruits dans le couloir et il dressait l’oreille. Clairement des pas dans sa direction, et ce n’était pas Aimi puisqu’elle était partie dans l’autre sens. Taishi jura silencieusement en balayant la fumée générée par le tabagisme, mais il savait que c’était peine perdue. S’il se faisait prendre à fumer dans un couloir d’hôpital, Aimi allait lui donner la giflée d’une vie. Pas le temps de réfléchir davantage et l’Éclair Vert battit en retraite, ouvrant la première chambre sur son chemin pour s’y engouffrer en refermant derrière lui. Il avait eu de la chance que ce ne fût pas verrouillé. Soufflant une dernière volute de fumée en rangeant son calumet, l’Hayai soupira avant d’analyser la pièce dans laquelle il se trouvait.

Manifestement une chambre de patient. Et manifestement occupée, vu la présence d’un type dans le lit posé dans un coin, près d’une fenêtre entrouverte.

« Ah, désolé, je savais pas que cette chambre était… Hmm ? »

Pas un visage inconnu non plus à bien y penser. Mais un qu’il n’avait pas vu depuis un long moment. Depuis l’Émergence de Yonbi, si on y pensait bien. L’Hayai s’approcha.

« …Okunote Senken ! Le roublard prodigue de Kaze. »

Mais le ton de Taishi n’était pas moqueur mais plutôt amical. Évidemment, Taishi s’interrogeait. Que faisait Senken encore ici, si longtemps après ? Il ne semblait pas avoir de nouvelles blessures. Les prothèses, la rééducation, ça fait un moment que ça avait eu lieu, alors pourquoi était-il encore là ?

« T’es bien plus discret que Yugure de nos jours. Quoique je ne t’aurais pas blâmé d’être retourné au pays du Vent après ce qui s’est passé. »

L’Hayai croisa les bras en haussant légèrement les épaules, s’appuyant contre le mur à côté de la fenêtre.

« Mais je préfère encore que tu sois resté. Même si ta stratégie pour courtiser des infirmières me semble un peu bancale. Glouba m’avait dit que tu n’étais pas très doué, mais on peut saluer la persévérance. »

Espiègle cette fois, l’Hayai eut un sourire bonenfant en jetant les yeux par la fenêtre. C’était un paysage qu’il avait lui aussi longuement observé lorsqu’il avait perdu ses propres jambes. Ça, ou rêver à Aimi, peut-être.

« Alors, que devient l’éminent guerrier de Kaze, le finaliste de Mizu, le scelleur de Dieu ? Ces prothèses me donnent l’impression de bouger comme un vieillard, cela dit c’est définitivement mieux qu’être cloué dans un lit, aussi confortable soit-il. Et tout seul dedans, en plus. »

Il secoua la tête légèrement, comme pour lui-même, pensif.

« Comment participer à ce cirque, là-dehors, autrement… »


Mais l’Hayai eut un rictus en se tournant vers l’allité.

« Ah lala, ne m’écoute pas trop… SI tu veux, je te laisse tranquille. Mais… Tu veux jaser quelques minutes ? Si ton emploi du temps le permet... »


Que ce soit des employées de l'hôpital ou bien une Aimi en colère, rester planqué ici quelques instants de plus n'allait faire de mal à personne... Et par personne, il parlait surtout de lui-même.

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Lun 10 Jan 2022 - 14:06
Cela faisait un peu plus d’une heure que Yugure lui avait annoncé son départ pour le sommet. Evidemment contre, l’Okunote avait argumenté et tenté de raisonner son frère pour le faire renoncer à prendre des risques pour cette soi-disant Coalition Shinobi, en vain. Depuis plusieurs mois maintenant, qui correspondait en fait avec l’attaque du Dieu-Singe, l’irounin avait – contrairement à lui – redoublé d’efforts pour poursuivre leur rêve de tout petit. Il s’était donné les armes, continuait d’apprendre aux côtés de la rubiconde et gardait la détermination nécessaire pour encrer son nom aux côtés des plus puissants ninjas du Yuukan.

Mais si cette différence de point de vue si singulière entre nos deux Kazejin pouvait créer de fortes tensions au quotidien, elle était aussi la base de toute leur force. Ensemble, ils finissaient souvent par tomber sur un terrain d’entente qui respectait la volonté de chacun. Ainsi, Senken lui avait fait promettre de ne pas jouer les héros, de rester prudent et de bien obéir aux ordres. Bien qu’il jouait souvent aux durs, le manipulateur de limaille n’avait qu’une crainte : celle de perdre son petit frère, dernier point d’attache qui lui permettait encore de se battre contre les douleurs chroniques infligées par ses lourdes blessures.

Puis comme souvent dans cet hôpital bondé de monde, la porte de sa pièce s’ouvrit et le sortit de ses pensées. Rapidement, l’encadrement révéla l’Eclair Vert aux yeux de l’amarante, un homme qu’il avait appris à connaître au détour de sacrés évènements. Comme d’habitude, le balafré s’assura qu’une partie de ses cheveux cachaient son œil meurtri. Le chûnin l’écouta ensuite parler sans entrain particulier, se demandant par quelle méthode il allait bien pouvoir le congédier et refuser ses demandes.

Cependant… Contrairement aux multiples jônin et autres infirmières déjà passés dans sa chambre depuis le début de sa convalescence, le membre du Shishiza ne quémanda rien de particulier. En effet, ses paroles n’avaient rien de moralisatrice, son ton mesquin presque moqueur détonnait des autres et la pitié ne semblait pas l’habiter. Taishi semblait… se jouer de cette situation ?

Le manipulateur de limaille fut déstabilisé par cette approche qu’il préférait pourtant aux classiques « désolé, bon courage » que l’on pouvait lui répéter à longueur de journée. L’énumération de ses Hauts-Faits entrepris par l’ancien déserteur fit même remonter un peu de fierté, avant que tout ne soit rapidement noyé par ses souvenirs monopolisés par le traumatisme de Yonbi. Il soupira.

Dégageant ses prothèses du matelas, il trouva appui sur le sol et se leva pour venir faire face à la fenêtre de sa chambre. Les secondes défilèrent et l’hésitation chez le balafré se fit sentir, mais sa langue vint finalement se délier.


- Je ne partirai pas sans Yugure.

Ainsi, tout dépendait du ninja médical qui était - de toute évidence - bien plus attaché au village de la Roche que lui.

- Que me veux-tu Taishi ? Tu es venu me faire la morale, comme tous les autres ? Me demander de servir ce village à nouveau ?

La rancune et la colère du Kazejin se mêlaient à sa voix particulièrement fatiguée. Les traits de son visage ne mentaient pas et trahissaient un manque de sommeil évident. Végétant dans cette chambre bien vide, le balafré ne dépensait pas d’énergie et souffrait donc d’insomnie.

- Je ne veux plus participer à ce cirque, je ne suis pas comme Yugure. Je n’ai jamais été à ma place ici, ni dans le village ni même aux côtés d’Aimi-sama. Va-t’en avant d’être déçu à ton tour.
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Lun 10 Jan 2022 - 15:43
« Ce que je veux ? Hmm… »

Question raisonnable, songea l’Hayai, le regard toujours porté à la fenêtre et les badauds qui évoluaient dans la ville à moitié détruite, encore pleine des marques du passage d’un singe géant. Après un moment de silence, et le reste des mots éructés par le chunin (ou ce qu’il en restait), Taishi se contenta de hausser les épaules en secouant la tête légèrement.

« Haha… Toi, t’as eu droit à ta part de discours moralisateurs dans les dernières semaines, c’est ça ? »

Taishi eut un léger rire en secouant encore la tête, amusé.

« Faut pas trop leur en vouloir… Les gens peuvent pas s’empêcher d’essayer d’avoir quelqu’un, quelque chose à sauver. Égo, estime de soi… Le syndrome des héros. »

Mais le jônin tourna des yeux verts, paresseux mais brillants vers son handicapé interlocuteur.

« … Ce que je veux... Si tu veux tout savoir… »

Il sembla réfléchir, puis leva un doigt en signe d’eureka.

« … Une bonne nuit de sommeil ! Cela fait des semaines que je n’en ai pas eu une. »

Mais son sourire ironique était de retour et avec un rictus et un bref esclaffement.

« Senken, je n’ai pas assez de morale moi-même pour commencer à la donner gratuitement, comme ça, à n’importe qui. Et tu voudrais que je la gaspille sur un Kazejin en plus ? »

Mais son ton était ironique et il leva les mains en guise de paix.

« Paix ! Personne ne saurait mieux ta place que toi-même, alors pas besoin de me convaincre. Bordel, j’ai assez détesté Iwa moi-même pour la déserter, jadis. Je serais mal placé de vanter l’endroit. Mais si je peux me permettre une question, sans arrière-plan… Si Yugure compte rester, et que tu ne comptes pas partir sans lui, c’est une fâcheuse position, non ? »

Il haussa des épaules.

« Pour ce que ça vaut… Lorsque j’étais dans ce même lit après Yonbi, et avant alors que j’étais nukenin, alité après un combat contre une fanatique pour un village qui n’était plus le mien… Personne n’est venu me faire la morale, me demander de rester ou même de partir. Peut-être qu’on me pensait impossible à sauver, moi. À rescaper. J’ai même pas eu droit à des discours. Enfin, je dis personne, mais Aimi était là. Sacrée Aimi. »

Précieuse, inestimable qu’elle était. Et qu’il voulait lui dire, mais ne pouvait pas, ne pouvait plus.

« … Je ne suis pas comme Aimi, Senken. Je suis juste un type qui fait son chemin à travers le Yuukan. Et mes pas m’ont mené ici, et on fait que causer, toi et moi. Ne me prête pas trop de nobles intentions. Même Yanosa n’a pas autant de sang sur les mains que moi, ici. »

Son regard flirta sur les divers bâtiments qui constituaient le paysage.

« Tu as passé trop de temps avec des gens fondamentalement bons, Senken. Qui veulent te faire une place à Iwa, te donner un espace, un bras autour de tes épaules. Mais la vraie Iwa est impitoyable, comme tu peux le voir. Elle prend, et prend, et prend jusqu’à ce qu’il ne te reste plus rien. »

Il secoua la tête.

« Alors ne me voit pas surpris de te voir dire qu’elle n’en vaut pas la peine… Mais c’est surtout parce que tu ne sembles rien demander d’elle en échange. T’es un talentueux roublard, Senken, mais pas un très bon négociateur. »

Un ton si sérieux, mais le moment d’après, Taishi se retournait avec un rictus amusé.

« … Mais elles sont pas mal ces prothèses, non ? Honnêtement, la science derrière me dépasse un peu, mais… T’as remarqué qu’elles sont un peu creuses ? »

Comme pour dire, il tapota le matériel, en s’assoyant contre le bord de la fenêtre, songeur.

« Iwa peut même pas nous payer des prothèses pleines, tu réalises ? Mais ça me fait songer, peut-être que ces espaces vides pourraient être utiles, avec quelques modifications… Tu y as déjà songé, toi ? »


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Lun 17 Jan 2022 - 9:59
Inconscient d’une telle prouesse, l’Hayai attaquait l’immense nœud de problèmes qui torturait Senken d’un angle parfait. Bien différent des moralisateurs passés avant lui, l’Eclair Vert jouait de son humour et de sa confiance en soi pour dédramatiser la scène, pour percer cet abcès qui rongeait les murs de la pièce dans laquelle il venait de s’engouffrer. Sans le savoir, il demeurait au sein de la Roche le seul gradé contre lequel l’Okunote n’éprouvait aucune rancœur. Contrairement à Yanosa, Taishi n’avait pas abandonné son unité dans un attentat suicide pour se prouver on ne sait quelle valeur. Contrairement à Aimi, l’ex-déserteur n’était pas tenu responsable des blessures de son jeune frère. Et contrairement au reste du village, le maître des Dindons avait su déléguer sa bataille contre le Dieu-Singe dans le seul espoir de sauver des vies, faisant confiance au manipulateur de limaille pour le scellement qui aurait pu échouer. Un sens des priorités qui comptait énormément pour le Kazejin.

C’est pour cette unique raison qu’il l’écouta calmement, calmant ses ardeurs et respectant son aîné dont il appréciait l’aura. Un charisme naturel que l’Hayai dégageait constamment, un résultat logique de tous ses maux traversés jusqu’à ce jour. Ainsi, l’ironie et le discours décalé du Jônin avança et fit mouche, créant une réaction emplie d’une légère animosité lorsque sa petite blague sur les Kazejin sortit de sa bouche. L’Hayai semblait être au courant des valeurs de son cadet, facilement irritable si l’on s’en prenait à ses origines.

Mais une annonce de l’Eclair Vert eût plus d’effet que les autres, celle de sa désertion. Le sourcil encore visible de l’Okunote se fronça légèrement, avant que ce dernier ne pivote légèrement son buste pour regarder l’ancien nukenin.


- Cela t’a-t-il aidé ? De déserter Iwa. précisa-t-il dans le discours de son interlocuteur était dense.

Encore une fois, l’Hayai armé de ses longues phrases semblait plus proche d’un Yugure que de lui. Mais en réalité, à en juger par ce qu’il commençait à délivrer de sa personne, de son vécu, le balafré sentait que certaines choses les unissaient. Le membre du Shishiza était-il venu pour l’empêcher de faire les bêtises qu’il avait pu faire autrefois ? Le calciné n’avait pas encore la clairvoyance nécessaire pour y penser.


- Alors pourquoi ? Pourquoi rester dans ce village si personne à part Aimi ne te pensait sauvable ? Ils se sont servis de toi, de nous, pour affronter ce… Dieu. Et…

La main tremblotante du chûnin vint gagner sa pupille valide pour en essuyer le début d’humidité. Le traumatisme était si grand, sa peine si importante et sa colère si monstrueuse qu’il lui était extrêmement compliqué d’en parler tout en maîtrisant ses émotions. Mais il n’en pouvait plus de craquer devant tout le monde.

- Je ne suis pas Yugure. Je ne me suis jamais fait avoir par cette fausse bonté et ces sourires forcés. Je connais les vices de ce village. Mais malgré tout ce qu’il avait déjà pu me prendre, je l’ai sous-estimé.

La douleur qui terrassait sa chair encore vive et dévorée par sa propre limaille le fit grimacer. Il souffla longuement, serrant la mâchoire et le poing pour retrouver de la contenance. Ce n’était pas facile pour lui de confier ses pensées. Heureusement, une récente discussion avec sa senseï l’avait légèrement débloqué à ce niveau-là.

Demander quelque chose en échange ?... Le manipulateur de ferraille ne comprit pas tout de suite le sens de ces mots, bien trop abstrait pour le maigre philosophe qu’était le jeune Kazejin. Son regard s’abaissa sur ces maudites prothèses lorsque l’Hayai en fit mention.


- Je préférais mes jambes.

D’un ton neutre, fade, le talentueux Roublard venait de… Tenter de l’humour ? Peut-être, difficile à dire, mais sa remarque pouvait détoner du reste de ses paroles et provoquer un rire chez son interlocuteur.

- Mais oui, j’en ai profité.

La malice faisait partie des atouts d’un roublard et le Kazejin honorait là son titre. D’un geste de la main, un essaim de limaille s’exfiltra de ses nouvelles meilleures amies faites de bois et d’acier. Il vint doucement tourner autour de lui, répondant à l’appel du chakra que le balafré utilisait pour le nourrir.

- Je déteste ces prothèses, tout comme je me déteste pour avoir pris la décision de défendre ce village contre Yonbi. Je ne réalisais pas ce que cela représentait. Aujourd’hui, ce Dieu est au service d’une politique que je déteste aussi, et tout cela en partie à cause de moi. Je ne suis pas talentueux Taishi, je suis un idiot qui se pensait plus intelligent que les autres. Mais je suis aussi arrogant et bête que ceux que je hais.

Et cela lui faisait extrêmement mal à avouer. Sa ferraille vint s’amasser autour de sa dextre, dansant lentement tandis que son regard se posait dessus.

- Je ne veux plus suivre des ordres s’ils me semblent injustes et contraires à ma morale. Je ne veux… Je ne peux plus avoir de regrets. conclut-il dans une moue grimaçante et retenant ses larmes lourdes d’une immense tristesse.

Peut-être l’Hayai pouvait-il l’aider, lui qui avait traversé tant d’épreuves pour survivre jusqu’à ce jour.

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Lun 17 Jan 2022 - 17:23
Taishi avait beaucoup parlé, comme c’était souvent le cas, alors il écoutait les réactions de Senken avec un paisible regard revenu vers la fenêtre et la ville d’Iwa qui s’étirait jusqu’à l’horizon ou presque. Si grande et si petite à la fois… Il suffisait de changer l’angle de vue.

« M’aider, Senken ? Je ne l’ai certainement pas vu ainsi, à cette époque. »

Mais son ton n’avait pas été abrupte, plutôt solennel, comme si la réponse allait de soi.

« Les expériences que l’ont fait, on y trouve les leçons qu’on est capable d’entrevoir, d’accepter. On voit rarement devant nous avec clarté. Mais à l’inverse, après les faits tout semble si évident, non ? Quitter Iwa m’a permis d’apprendre pourquoi je devais y retourner, mais sur le moment, je n’étais pas si différent de toi. Désabusé. Plein de regrets, de honte, de colère. »

Il hocha la tête légèrement, pour lui-même.

« Iwa avait pris la vie d’un être cher pour des raisons qui me semblaient si futiles. Mon maître était tombé en disgrâce, coupable d’avoir cédé à sa passion. Ma patrie brûlait, abandonnée du monde, abusée par ceux qui prétendaient vouloir la protéger. À ce moment-là, de mes yeux j’avais toutes les raisons du monde de partir. Aucune de rester »

Son regard flotta sur Senken.

« Deux ans. Deux ans à soulever un empire, à conquérir un autre. Pour comprendre les leçons que la vie avait mises sur mon chemin. Qui m’ont menée à revenir à Iwa. Et je ne l’ai certainement pas vu ainsi à ce moment-là. J’étais plein de rage. J’en voulais au monde entier, pas seulement Iwa. »

L’Hayai eut un sourire malin.

« Je pourrais te donner ces réponses que j’ai eu, Senken, mais ce ne serait pas davantage qu’un autre discours que tu sembles avoir eu à foison. À te dire qu’Iwa est une famille, et qu’on ne tourne pas le dos à sa famille, aussi imparfaite soit-elle. Qu’on ne peut pas changer les autres, mais qu’on peut changer soi-même. Que cela importe peu si personne ne veut te revoir, seulement ce que toi tu veux revoir. Que la vraie bonté d’une simple personne, une personne comme Aimi, est souvent la seule étincelle dont tu as besoin pour donner un sens à tout le reste. Qu’une simple flamme dans la nuit du monde, comme elle, vaut la peine de risquer sa vie pour quelque chose qui nous dépasse. »

Il soupira gentiment.

« Je pourrais te dire tout cela Senken, mais ça n’aurait pas de sens ou de valeur pour toi. Ce serait seulement des mots. Et pas les tiens. Peut-être que tu n’es pas censé rester ici. Ou servir Iwa. Tu vas grandir, dans une direction ou une autre, par tes propres choix et expériences de vie. »

L’Hayai leva les mains en signe de culpabilité.

« Je suppose que je suis coupable du même vice, mais je ne suis pas là pour te sauver. Tu n’as pas besoin d’être sauvé, Senken. Je pense qu’au final, ce qu’ils essaient tous de te dire, maladroitement ou non, c’est que ces réponses, tu ne les trouveras peut-être pas ici, dans un lit d’hôpital. »

Il eut un petit rire au commentaire du Kazejin sur les fausses jambes. Il marquait un point. Mais il contempla en silence le petit tour de passe-passe qu’avait élaboré l’Okunote. Pourquoi n’y avait-il pas pensé avant ?

« Ah voilà. Astucieux. Je me disais bien qu’il y avait un potentiel à exploiter. »

Mais les siennes n’utiliseraient pas de la limaille évidemment. Une idée à explorer pour plus tard, surtout face aux mots du Roublard, qui semblait sur le bord des larmes. Taishi sembla réfléchir un instant, puis leva un doigt.

« Il y a quelque chose que je voudrais te montrer Senken, mais je ne le ferais pas par gaité de coeur. Comme dirait Glouba, tout a un prix. D’abord, qu’il te faudrait quitter cette chambre. Ensuite mais surtout, que j’étais censé déjeuner avec Aimi, et qu’elle va m’arracher la tête quand je vais lui faire faux bond. »


Rigolant pour lui-même, l’Hayai se relevait en replaçant son manteau vert convenablement.

« Accessoirement, tu devras aussi me montrer les modifications à tes jambes avec plus de détail. Ça me semble un marché équitable. Qu’en dis-tu, Roublard ? »


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Mer 26 Jan 2022 - 17:18
Pour l’Okunote, il avait toujours été très particulier d’échanger avec l’Eclair Vert du Yuukan. Peut-être était-ce sa manière décomplexée d’aborder les sujets, cette façon, si différente de celle de ses pairs, qu’il avait de démystifier les choses pour les rendre plus simples. Même s’il parlait énormément et employait des phrases lourdes de sens, l’Hayai se gardait de toute volonté moralisatrice. Il ne venait pas pour imposer son point de vue, ni même pour voler celui du Kazejin, mais simplement pour échanger et laisser sa chance à l’enfant des Dunes d’enfin s’exprimer, de comprendre, de mûrir.

Il écouta ainsi ses paroles sur les évènements liés à sa désertion. Rapidement, le manipulateur de limaille s’identifia à son discours, relevant certains éléments bien trop liés dans leur histoire respective pour ne pas s’y accrocher. Iwa lui avait aussi pris un être cher. Senken souffla du nez et ferma son œil droit, cherchant en lui le courage nécessaire pour ne pas couper court à cette discussion. Oui, cette dernière s’immisçait peut-être dans cette intimité qu’il protégeait à tout prix, mais elle semblait, pour une fois, pouvoir l’aider.

Le balafré se contenta du silence, écoutant l’expérience de son aîné peut-être semblable à son propre futur. Car aujourd’hui rien hormis Yugure ne le retenait dans la cité des Roches. Il se voyait partir chercher des réponses ailleurs, aller cueillir un but dans un horizon différent de celui qu’il observait actuellement. Mais la conclusion qu’amena Taishi semblait toute aussi cohérente que le récit qu’il comptait. C’était en s’éloignant qu’il avait compris que tout ce qu’il chérissait se trouvait ici. Senken ne put s’empêcher de penser à sa terre natale, sa famille, son village… Et si sa vie l’attendait là-bas ?

Qu’il était compliqué de raisonner pour le jeune homme qui collectionnait les tourments. Il savait qu’un choix l’attendait prochainement, mais sa décision n’était pas encore prise, loin de là.


- Je n’ai aucune idée… D’où chercher toutes ces réponses. Je ne sais pas par où commencer. Je ne veux plus me battre pour autre chose que mes convictions… Mais je n’en ai même plus. Je suis perdu Taishi.

Voilà toute l’honnêteté qu’un Senken calme pouvait offrir. Le climat de confiance instauré par le Jônin avait réussi à lui soutirer des informations très précises sur son état actuel. Une période de doutes et de remise en question, bercée par ses blessures et un traumatisme qu’il allait devoir affronter encore un peu avant de se relancer.

Le balafré se racla le fond de la gorge et redressa la tête, le regard perdu à travers la fenêtre de sa chambre d’hôpital. Mais à peine eût-il le temps de retrouver un état presque mélancolique que les paroles de l’Hayai le rattrapèrent. Ce dernier lui proposait un marché ? L’Okunote pivota sa nuque jusqu’à ce que son œil encore valide ne trouve la silhouette de son interlocuteur. Il limitait ses sorties au strict minimum, aux courses nécessaires à sa survie lorsque Yugure ne pouvait pas les faire à sa place. Mais il hocha la tête, deux fois.


- Maintenant ? Je… Je n’ai rien d’autre de prévu, je crois.

Décidemment, le Kazejin semblait enclin à faire de « l’humour ». S’il ne paraissait pas extrêmement enthousiaste ou même amusé, Taishi pouvait juger à son ton que l’Okunote appréciait cet échange. Son air morose ne pouvait pas le quitter aussi facilement, mais au moins il ne s’était pas renfermé sur lui-même.

- Je te suis. Enfin… sauf si tu me refais le coup de m’envoyer voir des kunoichi… ajouta-t-il tandis qu’il ramassait un manteau posé sur un siège de la chambre d’hôpital, prêt à affronter le froid mordant de l’extérieur.
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Jeu 27 Jan 2022 - 19:54
« Pas besoin de chercher. »

L’Hayai s’étira le cou, tout en examinant la fenêtre pour trouver le loquet jusqu’à être couronné de succès, ouvrant celle-ci sur sa largeur, l’air frais de la saison morte s’engouffrant dans la pièce, lui arrachant un frisson, lui qui avait toujours préféré la chaleur au froid, comme le commun des mortels. Le jônin jeta un regard vers son interlocuteur, ce même sourire malin aux lèvres.

« Il s’agit juste de garder les yeux ouverts, la plupart du temps. »

Il fouilla dans une sacoche à sa ceinture, extirpant une boule d’argile verdâtre qu’il commença à pétrir entre ses mains brièvement.

« Ah, tu parles de ton entraînement avec Glouba, à Kiri. Si tu as trouvé cela difficile, c’est que c’était un bon exercice, non ? »

Sortir de sa zone de confort, ça restait la meilleure manière de progresser. Taishi n’y avait pas été exempté, ayant dû refaire sa vie plusieurs fois. Et même réapprendre ses propres capacités. Il n’était pas plus sage que la personne moyenne, au fond. L’Hayai avait encore ses propres démons, comme tout le monde. Il avait juste appris à mieux les connaître, avec le temps, peut-être.

Il jeta la sphère d’argile par la fenêtre, celle-ci se déformant en vol pour enfler subitement et prendre les traits d’un grand dindon qui déploya de larges ailes, piquant initialement vers le sol avant de faire une cabriole en battant l’air pour reprendre sa place dans la gravité, une courbe gracieuse pour revenir vers la fenêtre. Son dos était large, bien assez pour accueillir deux passagers, et l’intention était évidente.

« Je préférais mes jambes aussi. Cette monture aurait pu me sauver. Au lieu de cela, je les ai troquées pour sauver celles de Hyuga Tsuyoshi. Un bon marché, selon toi ? Allez. »

Une fois embarqués, la création s’éloignait à grand coup d’ailes, prenant rapidement de l’altitude alors qu’Iwa commençait à défiler au-dessous d’eux. Les gens ne seraient pas choqués, c’était après tout le village abritant le Clan Chôkoku.

D’abord, la dévastation qui régnait encore au cœur de la ville, un champ de débris, de misère, de rêves et de vies brisées.

« Iwa est pleine de ce désespoir. D’y céder est humain. De voir la noirceur qui règne dans nos cœurs… C’est aussi aveuglant que de regarder le soleil directement. »

Le dindon fit quelques courbes entre certains des monts et plateaux, perdant progressivement de l’altitude alors qu’ils s’enfonçaient vers les cercles externes de la cité. Le paysage défilait alors que la dévastation tarissait en arrivant aux frontières de rues affectées par l’émergence du dieu singe. L’oiseau d’argile vola encore plus bas, à quelques dizaines de mètres du sol.

Là où les gens se massaient. Les avenues étaient pleines d’habitants qui s’affairaient à toutes sortes de tâches. Certains retiraient des débris, d’autres distribuaient de la nourriture aux travailleurs. Ce quartier était en reconstruction, et bien des gens ici portaient la pierre à l’édifice de leur propre maison.

« Tu n’as pas protégé Iwa, Senken. Iwa a été détruite. Ton sacrifice n’a pas sauvé les quartiers, les maisons, le palais ou même ceux qui y règnent. »

Il secoua la tête alors que les badauds défilaient, un mélange de rire et d’éclats de voix. Les gens ici, ils étaient heureux d’une chose, au final. D’être toujours en vie. La main gantée de l’Éclair Vert désigna l’ensemble devant lui.

« Non, tu n’as pas protégé Iwa, Senken... Tu as protégé son peuple. »

Le Dindon battit des ailes pesamment alors qu’ils se posaient dans la rue, leur voyage terminé. Des enfants vinrent s’agglutiner autour de l’oiseau obèse, émerveillés.

Taishi invita Senken à le suivre dans la rue.

« Un peuple qui n’est pas le tien. Ni le mien, en fait. Ils ne sont pas Kazejins, encore moins Hijins. »

Le dindon s’activa derrière eux, aussi habile à marcher qu’à voler de par son évidente supériorité au reste du continent, les enfants s’amusant à grimper sur son dos ou tirer sur les longues plumes de son croupion. Certains des gens dans la rue les saluait, d’autres se contentaient de regarder sans rien dire.

« J’avoue ne pas connaître beaucoup de choses de Kaze, sinon ce que tout le monde sait, que vous êtes des barbares sans éducation. »

Il eut un petit éclat de rire en levant une main.

« Paix ! Mais si quelque chose m’a fasciné dans mes voyages près du désert et de ses habitants, ce sont vos lois ancestrales, vos traditions, vos coutumes. »

Il sembla réfléchir un instant tout en continuant à marcher.

« Comme votre loi d’hospitalité, par exemple. Face à un étranger, vous offrez ce que vous avez de mieux, au risque de donner le meilleur de vous-même. Pas par respect, ou même par générosité ; mais bien pour montrer que vous n’êtes pas des survivants du désert, mais bien des conquérants. »

Hochant la tête, il bifurqua dans une rue précise, comme s’il savait exactement là où il allait. Et c’était le cas.

« Tu dis être perdu, Senken. De ne plus savoir où sont tes convictions. De ne plus pouvoir suivre ta morale. »

La rue montait un peu, mais à mesure on entendait aussi un bruit d’eau, comme une petite cascade, un paysage commun dans les montagnes d’Iwa. Ils étaient en bordure des quartiers résidentiels, à flanc même des plateaux des établissements militaires. La plupart des maisons ici étaient encore détruites ou encore partiellement réparées. Taishi s’arrêta soudain, se tournant vers ce qui aurait semblé pour d’autres les ruines d’une autre résidence, comme les autres. Dans ce qui avait été le jardin arrière, un petite chute d’eau nourrissait un étang qui manquait d’entretien. Des Kanjis étaient sculptés dans un coin, à même le flanc de pierre. Une stèle. L’Hayai observa l’endroit pendant quelques instants, puis tourna la tête vers l’Okunote.

« Es-tu certain de ne pas simplement être qui tu es ? »

Il eut son éternel sourire cerné en croisant les bras, reportant son regard sur la maison détruite, et tout ce qu’elle représentait pour lui.

« Ils ne sont pas Kazejins, ou encore mieux, Hijins. Mais est-ce uniquement ce que nous sommes désormais, Senken ? Une fois que nous avons versé notre sang pour le leur... À quelle nation appartenons-nous ? "


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