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Vous n'avez pas les bases — ft. Chinoike Katsuko

Suzuri Shin'ei
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Ven 7 Jan 2022 - 5:01
Les évènements relatés ici se déroulent bien avant le coup d'état d'Inuzuka Seimeiten,
au détour de l'un des terrains d'entraînement à ciel ouvert, en début d'après-midi.


Au beau milieu du large terrain vague se tenaient deux rangées d'une dizaine de jeunes gens, filles comme garçons, âgés d'une petite douzaine d'année en moyenne. Les têtes blondes écoutaient dans le silence les instructions d'un homme vêtu de l'uniforme militaire ô combien reconnaissable des soldats de l'Empire. Urahi ne disposant d'aucun établissement comparable aux Académies Shinobi, l'officier n'avait eu d'autre choix que de guider les enfants sur l'un des nombreux camps d'entraînement de la capitale impériale pour leur inculquer son savoir. La procédure était des plus rustiques, faute au manque d'infrastructures, mais constituait le seul moyen d'essayer de former la prochaine génération au arts du chakra ; ces descendants de résistants et de rescapés constituaient une espoir inestimable pour un empire où la majorité des soldats étaient peu ou pas du tout initiés au Ninjutsu.

L'inconvénient de cette méthode résidait dans les distractions qui pouvaient se faire légion, en plein air, puisque les terrains étaient rarement privatisés pour ce genre de manoeuvres à petite échelle. Il n'était pas rare de voir les enfants perdre intérêt dans leur leçon pour regarder l'affrontement de deux maîtres du chakra, ou même pour aller caresser le compagnon animal d'un Inuzuka venu dresser sa boule de poils. Cette fois-ci, le trublion s'était littéralement invité dans leurs rangs, dépassant du rang de quatre ou cinq bonnes têtes.

Évidemment, il s'agissait du spécimen tout droit importé des forêts du Bois. Qui d'autre ?


« Qu'est-ce que vous faites là ?! s'écria l'instructeur, visiblement agacé par la mine béate du grand dadais qui le toisait avec insistance, au beau milieu de la foule d'élèves déjà dissipés.
Je suis venu apprendre, sensei ! rétorqua Kamui, en mimant un salut militaire vaguement conforme.
Tu te fous de... entama l'officier, avant de remarquer le brassard de soldat qu'arborait le moine par-dessus la manche de son kosode. J'étais en train de leur apprendre la métamorphose, l'une des bases du Ninjutsu. À votre âge, vous...
Parfait, je reste ! Merci d'avance, sensei, l'interrompit Kamui. »

D'abord contrarié, l'instructeur finit par abdiquer face à l'évidente détermination du soldat qui lui faisait face. Apprendre la métamorphose à son âge relevait de l'exploit, s'il n'était point initié au Ninjutsu — et s'il l'était, il devait forcément la maîtriser... n'est-ce pas ?

Il ne pouvait davantage se fourvoyer. Après tout, Kamui était un phénomène, une rareté dirons-nous, au sein des rangs de l'Empire. Tout était possible, et il le démontra de la plus honteuse des manières.

Au cours de l'heure et demie qui suivit, il ne fit aucun progrès visible. Pire encore, en se métamorphosant, il amusait la galerie ; il avait défiguré l'instructeur à tant de reprises, et avec tant de créativité — en partie involontaire —, qu'il avait tout bonnement saboté la séance de bout en bout en distrayant les gosses qui passèrent plus de temps à se tordre de rire qu'à s'appliquer. Dire qu'il n'y prit pas un malin plaisir serait mentir, même si l'échec cuisant n'était pas entièrement de son fait. Le sourire des mioches n'avait pas de prix, surtout au Pays du Feu, et nulle remontrance n'allait le convaincre du contraire.

« Je ferai un rapport, tu vas en répondre devant l'Empire, malotru ! s'écria l'officier, après avoir congédié les enfants. Jamais p-personne ne s'était m-moqué de moi de la sorte ! continua-t-il, les mots se bousculant hors de sa bouche tant il se sentait tourné en ridicule.
Fais donc, mon brave. Par contre, je ne suis pas disponible à compter du coucher du soleil en semaine, et toute la journée le mercredi, glissa-t-il, pince-sans-rire. Arrangez vous pour me convoquer en dehors de ces périodes, ça m'arrangerait bien !
Pardon ? Mais pour qui... »

Sous les invectives et les menaces de l'instructeur qu'il n'écoutait déjà plus, Kamui fit demi-tour promptement et s'éclipsa à toute berzingue. Remarquablement vif sur ses fers, il sema l'impérial humilié en une poignée de secondes et décida de se planquer à l'ombre des arbres qui bordaient l'un des terrains d'entraînement voisins. Il tira une gourde de bambou des pans de son kosode vermeille, puis s'offrit une bonne rasade d'eau bien fraîche qu'il ponctua d'un soupir de contentement et de soulagement. J'adore l'eau, s'émerveilla-t-il en lorgnant sur le providentiel élixir de vie qui clapotait dans le fond du récipient. Dans vingt-trente ans...

Désaltéré sans commune mesure, il s'égara dans des songes aussi philosophiques que saugrenus. Avec un peu de chance, personne n'en profiterait pour le débusquer. Le Fujiwara n'avait guère envie de passer le reste de sa journée à se faire secouer les puces pour avoir osé dérider des chiards en jouant de son spectaculaire échec.






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Chinoike Katsuko
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Mer 12 Jan 2022 - 13:15
Ce fut avant tout les rires des enfants qui attirèrent l'attention de la kunoichi aux cheveux roses. En fauteuil roulant, elle était venue là pour s'entraîner, développer notamment ses techniques de détection. Plus exactement, elle cherchait à développer une technique pour percer les camouflages d'apparence. Elle voulait être capable de voir au travers de ces doubles apparences au même titre qu'elle-même était capable de se changer sans cesse.

Pour autant, cette affaire n'était pas si simple qu'on aurait pu le penser. Le henge était une technique très peu vorace en énergie, et si la percer pouvait sembler très simple, le faire sans qu'il y ait un surcoût absurde d'énergie dans la méthode employée la rendrait inutile. Non, ce qu'il lui fallait, c'était trouver le bon équilibre. C'est alors qu'elle était plongée dans divers tests en compagnie d'un clone d'elle-même qu'elle avait créé, qui s'était alors métamorphosé, qu'elle entendit des éclats de rire. D'abord timides, ils furent de plus en plus libérés, ce qui était... rare ici. Très rare.

De manière générale, l'ambiance de la capitale de l'Empire du Feu était lourde, loin d'être très agréable au regard de la vampire. Elle n'était pas détestable comme l'était Murashigure avant la capture de la cité qu'elle avait dirigé pour le Prince, mais elle n'en était pas si éloignée. Cette atmosphère pesante qui manquait du bonheur qu'aurait voulu y voir la vampire était un défaut crucial mais qui, étrangement aujourd'hui, semblait se lever l'espace de quelques minutes.

S'approchant de la barrière d'arbres qui la séparait du terrain d'à côté pour mieux voir ce qui était la cause de cette agitation, la jeune femme peina à traverser ce rideau sur sa chaise roulante. Pestant un peu, elle finit par parvenir à avoir une vision correcte de la scène. Un homme adulte était planté là, dans une ligne de gamins. Ensemble, ils faisaient face à un militaire énervé qui semblait clairement déprécier son unique élève adulte. Un coup d'oeil sur la tête de ce dernier lui fit facilement comprendre pourquoi. Tous les regards des enfants étaient plantés sur lui ou sur le sol, trop occupés à rire pour continuer de regarder les pitreries du soldat plaisantin qui faisait littéralement tout sauf une application correcte de la technique. Et la scène donnait la forte impression à la jeune femme coincée dans son fauteuil que ce soldat en jouait autant qu'il le pouvait.

Un sourire amusé sur les lèvres, elle se laissa porter par ses pensées pendant de longues minutes alors qu'elle regardait le gradé enrager de plus en plus. L'absurdité d'un système qui prenait les enfants pour des soldats à la discipline de fer. Ce ne fut qu'après un bon quart d'heure où Katsuko regardait ce petit groupe qu'ils se dispersèrent. Les deux hommes restèrent quelques instants. Le pitre en profita pour se moquer ouvertement de son supérieur une fois encore, puis détala sans demander son reste. Il fila vers son terrain, fuyant la rage incontrôlée de l'autre imbécile qui criait à tout va.

Le lutin à taille humaine s'arrêta alors dans les fourrés tandis que l'autre partait en pestant, non sans avoir jeté son képi au sol et crié une fois de plus toute sa haine. Quel imbécile.

La Chinoike décida alors d'aller vers le plaisantin qui avait joué au dépend du lieutenant. Quelques très longues secondes de galère plus tard, elle s'approchait lentement du hijin.

« Ohayo. C'est agréable de voir des enfants rire dans cette ville. J'allais finir par croire que c'était une cité morte. »

Sourire aimable affiché, la jeune femme aux yeux sanguins tendit une main paume ouverte dévoilée vers l'homme aux longs cheveux charbonnés.

« Chinoike Katsuko, et vous ? J'ai vu que vous tentiez d'apprendre le henge, mais avec un professeur aussi incompétent, ça semblait compliqué. Envie de reprendre avec quelqu'un de capable ? »

Sûre d'elle, la vampire affichait maintenant un air un peu plus moqueur suite à sa mention du gradé incapable de faire apprendre une technique aussi basique. Quel imbécile.

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Suzuri Shin'ei
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Jeu 13 Jan 2022 - 16:22
Une cité morte. C'était aussi l'effet que lui avait fait Urahi, lorsqu'il y avait foutu les pieds pour la première fois. De Hikari la Brisée à la capitale de l'Empire, il n'avait pas été très dépaysé — la principale différence résidant dans la chronologie et la nature des faits, qui creusèrent pourtant les mêmes stigmates sur les deux terres d'accueil du Moine. Les affres de la guerre et du conflit, des ravages infligés par des forces qui dépassaient le citoyen moyen.

Au sein d'un monde où les écarts de puissance se voulaient si grands, les peuples meurtris par l'usage malveillant du chakra n'étaient plus rares. Pour un ascète priant les cardinaux, aussi inconventionnel soit-il, constater ces meurtrissures était déchirant.

Alors, lorsqu'il pouvait dérider les autres pénitents qui croisaient son propre chemin de croix, Kamui s'y donnait à coeur joie.

La dénommée Katsuko l'avait surpris, de prime abord. Son attention toute absorbée par des pensées volatiles, il n'avait même pas entendu la demoiselle qui se traînait pourtant dans une chaise roulante — un détail qui ne manqua pas de poinçonner son coeur tendre. Victime de la guerre, toi aussi ? songea-t-il en l'écoutant calomnier l'instructeur qu'il avait tourné en ridicule. Il n'était pas question de s'attendrir ou de prendre la demoiselle en pitié ; à chacun sa croix, à chacun son droit à la dignité.

Il la traiterait comme les enfants, comme ses collègues. Comme il aurait aimé qu'on le traite s'il avait été privé de ses jambes.

Sa proposition, de surcroît, l'avait intrigué. « Quelqu'un de capable » — il avait donc affaire à une maîtresse des insondables arcanes du chakra. Une sorte d'oiseau assez rare, à Urahi, ce qu'il avait appris à ses dépens.

« Wara Kamui, soldat de l'Empire, glissa-t-il machinalement, en se saisissant enfin de la main que lui tendait Katsuko. Je l'ai un peu rudoyé, il n'était pas si mauvais. Juste malchanceux. »

Il n'allait pas enfoncer un officier devant une inconnue, après tout. Pour peu qu'il soit lui-même poissard, il avait affaire à une supérieure qu'il n'avait encore jamais vue et qui cherchait à le prendre à défaut. Son léger excès de paranoïa mis de côté, il libéra enfin la main de la kunoichi de sa poigne vigoureuse.

« Un cours particulier ne serait pas de refus, Katsuko. De là d'où je viens, on n'apprivoise pas exactement le chakra de la même façon — et je l'avoue, cet échec me reste un peu en travers de la gorge, même si on en a bien ri avec les petits ! s'esclaffa-t-il honnêtement. »

Derrière cette manifeste envie d'apprendre se cachait également une curiosité autrement plus personnelle, indiscrète. Par l'apprentissage, l'héritier cherchait à établir un lien avec la femme aux prunelles sanguines, dans l'espoir d'entendre son histoire. Du pays des Flammes, le conteur ne se lassait point — et il espérait pouvoir élever les esprits des enfants qu'il avait laissés derrière lui, sur les terres frigorifiées qui échauffaient tant son âme, en leur contant les aventures et rencontres qu'il y fit.


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Chinoike Katsuko
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Jeu 13 Jan 2022 - 20:58
Face au soldat de l'Empire, la jeune femme assise dans son fauteuil roulant paraissait d'autant plus petite. Pour autant, celui-ci ne lui fit pas l'un de ces regards apitoyés ou méprisants auxquels elle était déjà habituée en seulement quelques jours. Et à vrai dire, c'était plutôt agréable.

Se présentant assez rapidement, elle ancra dans sa mémoire l'identité de cet homme plus respectueux que la moyenne des Teikokujins. C'était agréable, cette impression de revenir à la civilisation après un certain temps à avoir été entouré de sauvages.

« Sans doute, je n'entendais pas les détails d'ici, je l'avoue. »

Haussant un sourcil à la mention de l'origine de l'homme, la vampire ne pouvait totalement masquer l'intérêt et la curiosité qu'avait suscité cette mention rapide. La suite lui arracha un sourire amusé. Il avait donc, malgré son attitude avec son supérieur, bel et bien l'envie d'apprendre, de réussir ce qu'il avait tenté. Parfait. La Chinoike n'en demandait pas plus.

« Très bien Kamui. Allons nous installer sur le terrain, ce sera plus pratique qu'ici. »

Forçant un peu plus sur ses bras, la kunoichi parvint à se sortir plus rapidement de la zone boisée, assez peu praticable même si elle lui avait offert un bon point de vue sur la scène. Une fois de nouveau face au gredin, elle s'étira un peu.

« Ce que tu m'as dit... que tu n'apprivoises pas le chakra de la même façon... Est-ce que tu saurais m'expliquer ce qu'il y a de différent ? Déjà, est-ce qu'il y a une étape que tu aimes faire pour commencer à apprendre une nouvelle technique, un petit rituel, quelque chose du genre ? »

Avant de pouvoir réellement enseigner ladite technique à cet inconnu, elle voulait comprendre pourquoi il avait ressenti le besoin de mentionner cette différence. Était-elle si grande ? Qu'est-ce qui faisait qu'il avait eu du mal à maîtriser cette technique malgré un cours plutôt long. Si les enfants avaient du mal parce qu'ils découvraient le chakra au moment où on la leur apprenait, ce n'était pas le cas du guerrier qui se dressait devant elle. Du moins pas si elle en croyait ce qu'il venait de dire.

Pour elle bien sûr, cette technique était d'une évidence folle, si bien qu'elle l'avait poussé dans ses derniers retranchements. Aussi l'enseigner n'était plus si aisé que cela pour elle, du moins pour sa forme la plus basique. Restait maintenant à voir un peu ce dont serait capable le Wara.

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Lun 17 Jan 2022 - 17:22
Enjoué à l'idée d'apprendre auprès d'une spécialiste des arcanes shinobi, le grand soldat avait emboîté le pas à Katsuko sans se faire prier, projetant sur elle l'ombre de sa haute silhouette drapée de pans coulants et d'une toison sauvage, libres de voguer au gré des vents qui caressaient avec tendresse le terrain de terre sèche où l'étrange duo s'engouffrait.

Plein de bonhommie, mais pas simplet pour un sou, le jeune héritier avait lu dans le regard de sa comparse d'un jour les traces d'une curiosité qui était loin de lui être étrangère. Un sourire amusé fendit ses traits naturellement sévères, rictus qui s'élargit lorsque vint finalement la question qu'avait enfantée sa précédente déclaration. Lui qui aimait entretenir le secret sur ses origines — et surtout sur ses pouvoirs —, il n'avait pas vraiment réfléchi avant de s'exprimer plus avant.

Il avait naturellement fait confiance à la kunoichi mutilée. L'élan de bonheur qui l'avait transporté tandis qu'il amusait les petites têtes blondes y avait probablement sa part à jouer, d'ailleurs. Ivre de cette momentanée plénitude, il ne sentait guère l'appel de la solitude, l'envie de se refermer.

Cela faisait partie du jeu, de l'échange. Sa curiosité appelait celle de son interlocutrice ; elle n'en demandait guère beaucoup, d'ailleurs.

« Je vais te répondre par la démonstration, Katsuko, lâcha finalement Kamui. »

L'enfant du Fer s'avança, pour se disposer à quelques pas de sa professeure, face à elle pour qu'elle puisse bien l'observer.

Ses mains se joignirent face à sa poitrine, paumes tournées vers le sol. Il les abaissa doucement, comme s'il poussait l'air contre la terre qui gisait à ses pieds, tout en expirant profondément. Sa dextre s'éleva ensuite doucement, jusqu'à presque frôler son menton, ouverte vers sa gauche avec le pouce replié au creux de sa paume.

« Accordez-moi, votre fidèle émissaire, un peu de votre divine essence... entonna machinalement Kamui, les yeux désormais fermés. »

Son corps s'auréola de l'éclat chaleureux du soleil lui-même, le chakra fluctuant sur les contours de sa silhouette à l'image de la couronne solaire. Le Moine rouvrit les yeux, plantant son regard d'ordinaire si sombre dans les rubis de la maîtresse du chakra qui l'accompagnait ; ses pupilles, joyaux d'onyx trônant au centre de ses prunelles, étaient devenues d'une blancheur éclatante, débordant dans ses iris comme une fontaine de lumière douce qui viendrait éclaircir leur teinte noisette de l'intérieur.

« Lumière Cardinale. »

Sur ces mots, Kamui rompit sa posture d'incantation, ce qui eut pour effet d'atténuer l'éclat doré qui l'enrobait — sans pour autant le faire s'effacer totalement. Décontracté, il adressa un grand sourire à Katsuko. Il n'était pas peu fier, pour ainsi dire, de sa petite démonstration.

« Je ne suis pas très familier avec les mudrās que vous autres employez, je préfère te prévenir ! Je n'en maîtrise qu'une poignée, assez pour... malaxer mon chakra, comme vous dites, glissa-t-il enfin. Je suis plus familier avec les postures, incantations et prières ; mais je vous fais confiance pour bien me guider, sensei ! renchérit-il en riant. »

L'explication technique était faite, mais le silence planait encore sur ses origines exactes, en dépit des très grands indices qu'il avait donnés. Il laissait à la kunoichi le soin de tirer ses conclusions, comme une grande. Cela faisait, après tout, partie du jeu.


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Chinoike Katsuko
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Dim 23 Jan 2022 - 3:03
Attentive aux mouvements et aux actions de l'homme face à elle qui lui avait proposé une démonstration de sa pratique qui était fondamentalement différente de celle des shinobis habituels. Dès l'instant où la Chinoike l'avait vu commencer son oeuvre, elle n'avait pu que le constater tant c'était évident. Ce qui l'était tout autant, c'était l'origine de ce style. Celui des moines, généralement reliés à Hayashi. Elle avait donc affaire à l'un d'entre eux... Intéressant.

C'était d'autant plus instructif que la jeune femme aux yeux carmin en avait toujours eu cette image fictive et clichée de vieux hommes ridés qu'il était impossible de faire sourire. Et voilà qu'elle l'avait vu, quelques minutes plus tôt, en train de faire le mariole devant une troupe d'enfant et un de ses supérieurs.

Les explications complémentaires du moine furent les bien venues pour la kunoichi spécialiste en sensorialité qui avait prit le temps de l'observer dans chacun de ses mouvements, toujours avec ce même soucis de la précision qu'elle avait lorsqu'elle s'intéressait à un domaine de manipulation du chakra. Ce n'était qu'en les comprenant qu'elle pouvait ensuite en tirer de la valeur, que ce soit pour jauger la puissance d'ennemis, les dangers qu'ils représentaient ou encore pour partager les informations avec les bonnes personnes afin de faire fructifier ses connaissances. C'était là une part importante de son travail si elle tenait à bien s'en sortir dans toutes les situations.

« Je vois. Intéressant. Je t'avoue que c'est la première fois que je dois enseigner à un homme qui manipule son énergie comme tu le fais. »

Continuant de réfléchir, elle préféra ne pas tenter d'adapter sa technique au style du Wara. Il avait lui-même dit qu'il pouvait malaxer le chakra et pratiquer quelques jutsus de shinobi. Il avait donc un premier socle qu'elle pourrait employer pour lui enseigner cette capacité à changer d'apparence, bien que cela ne restait que le premier niveau d'expertise.

« Je pense qu'il sera plus simple que je t'apprenne tranquillement les différents mudras de ce jutsu plutôt que de chercher à le transcrire dans ton style, je ne le connais pas, on prendrait un temps fou et ce ne serait pas plus efficace. On va plutôt commencer par un exercice de base. D'abord, tu vas tenter, avec des mudras, de faire apparaître ton chakra autour de toi. Pour ça, enchaîne ces trois mudras l'un après l'autre tranquillement. Le premier sert à localiser ton chakra adapté à cette manoeuvre, le second à l'expulser, le troisième à le conserver proche de ta peau, pour ne pas simplement le perdre. »

Tout en lui donnant les explications, la vampire prenait le temps de lui faire les mudras sous les yeux.

« Enfin mieux, d'abord fait les mudras comme ça, sans tenter de malaxer ton chakra. Tu m'as dit déjà employer quelques jutsus, alors tu as du voir qu'il n'était pas obligatoire d'employer du chakra à chaque fois que tu t'exerces dans tes mudras. C'est utile pour les apprentissages complexes de techniques puissantes, mais comme tu débutes dans une nouvelle forme de manipulation d'énergie, je pense que ça pourrait t'aider. »

Prête à recommencer autant de fois qu'il le faudrait l'exemple des trois mudras, penchée sur les gestes de Kamui pour en repérer chaque détail avec une grande précision et lui indiquer quelles étaient ses erreurs, la kunoichi lui remontra les mouvements précis à chaque fois qu'il le fallait, avec patience et rigueur.

« Quand tu les sens bien, utilise du chakra pour faire la projection. »

Lui montrant une dernière fois le résultat attendu, la Chinoike attendit d'observer le rendu de son élève du jour.

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Jeu 27 Jan 2022 - 3:43
Studieux comme il l'avait rarement été, il buvait les paroles de la Chinoike sans en perdre une goutte. Ses prunelles cuivrées suivaient avec un intérêt manifeste les mouvements des mains de la spécialiste de la sensorialité ; les signes incantatoires qu'elle exécutait lui étaient familiers, puisqu'il avait eu tout le loisir d'observer certains de ses confrères Gardiens Élémentaires ou même Moines s'en servir — il fallait dire que des pensionnaires du Grand Temple, Kamui faisait partie des rares recueillis à n'avoir aucun passé lié au ninjutsu, de près ou de loin.

En tant que samouraï, il avait appris comment vaincre ces « mudrās » à l'aide d'une vitesse d'exécution mortellement efficace. Il avait appris à pourfendre le chakra d'un bon coup de lame couverte de sa propre énergie pure. Tout ça, pour abandonner l'art de ses ancêtres et se mettre à apprendre celui de ses ennemis jurés.

Une ironie qu'il ne perçut guère, tant il était enjoué à l'idée d'enfin percer quelques uns des secrets des autres maîtres de l'énergie vitale.

La première étape vers l'apprentissage de la sensorialité des shinobis, d'après Katsuko, constituait en un exercice fort similaire à la méditation qu'il connaissait. Son sourire anima ses traits redevenus pensif l'espace des quelques instructions qu'il venait d'assimiler, alors qu'il relevait doucement ses lourdes et larges paluches. L'énergie moniale qui l'englobait se tarit progressivement, pour laisser place à l'exécution de la nouvelle technique de concentration préconisée par la kunoichi écarlate.

Ses doigts s'entremêlèrent avec précaution, assez lentement pour lui permettre de s'assurer de la disposition exacte des mains et de se remémorer avec exactitude des signes de sa comparse, qu'il avait vus d'un point de vue extérieur. Loin, son comportement de pitre précipité qui avait agacé l'instructeur impérial de tantôt. La curiosité et la soif de savoirs de l'exilé se révélaient d'autant plus à la Chinoike comme étant une facette majeure de son identité.

Les mouvements s'affirmèrent assez rapidement. Une fois la mécanique des gestes bien ancrée dans ses phalanges, Kamui lança un coup d'oeil à sa professeure du moment, comme pour s'assurer qu'il était dans le bon. Il procéda ainsi, en se fiant aux démonstrations successives de Katsuko, durant une poignée de minutes. On s'y met, Kamui, pensa finalement l'ascète, lorsqu'il estima qu'il avait pris le coup.

Ses mains se joignirent à nouveau, formant le premier mudrā ; celui de la chèvre, le plus fréquemment représenté dans l'art shinobi, immortalisant l'image de celui qui médite. Par la concentration, Kamui parvint à percevoir le chakra en son for intérieur — il le sentait circuler dans son être, se renouveler, s'équilibrer sans relâche pour rétablir la stabilité créatrice entre l'énergie physique et l'énergie psychique. Les restes de son entraînement draconien auprès des moines, de son raffinement du chakra pur par l'utilisation des respirations et du zen, lui permirent de percevoir sa propre énergie avec une clarté que peu pouvaient espérer atteindre.

Le tigre succéda à la docile chèvre. Pour expulser l'énergie de son corps, le Wara s'armait du signe incantatoire qui matérialisait le feu dans toute son indomptable férocité. Ce qui s'ensuivit fut spectaculaire : de sa peau, de nombreuses bulles désincarnées teintées d'or pâle se mirent à bourgeonner, enflant par dizaines puis par centaines jusqu'à se confondre en une énorme masse luminescente autour de Kamui. Puis, d'un coup, la bulle explosa ; le chakra, visible à l'oeil nu, se mit à irradier dans les environs directes de l'exilé, écrasant l'herbe contre le sol et soulevant de la poussière à intervalles réguliers, tandis qu'il jaillissait au rythme des battements de son palpitant.

Un véritable témoignage de la vitalité inexpugnable qui sommeillait au sein du moine, qui ne payait pas de mine.

L'ultime signe incantatoire prit vie, celui du serpent. Ses paumes pressées l'une contre l'autre, ses doigts entremêlés et serrés contre le dos de ses mains, il faisait prisonnière l'énergie qu'il avait débridée quelques instants auparavant. L'étape s'avéra être, sans grande surprise, la plus ardue ; il fallut quelques secondes à Kamui pour stabiliser totalement l'énergie vitale sous le joug de sa seule volonté. Du feu doré qui l'entourait, il ne restait qu'une seconde peau luminescente, épaisse comme un doigt, qui l'enrobait de la tête aux pieds. L'aura se fit progressivement plus discrète, jusqu'à disparaître totalement — le troisième oeil de Katsuko aurait tôt fait de comprendre que l'ascète avait limité l'extériorisation de son chakra, conscient qu'il en employait beaucoup trop pour un exercice aussi fondamental. Un effort supplémentaire, mais nécessaire, qu'il maintint sans discontinuer pendant deux ou trois minutes.

Il devait s'habituer à ce débit, à cette façon de faire circuler son chakra — en tant qu'adepte de la Lumière Cardinale, qui avait définitivement altéré la nature profonde de son chakra même, il avait l'habitude d'extérioriser l'énergie pour en faire un usage direct, pour profiter des vertus innées des concepts qu'incarnaient les Points Cardinaux auxquels il rendait hommage. Lorsqu'il s'agissait du Ninjutsu et de ses arts les plus pointilleux, il avait tout à apprendre.

Ses yeux s'ouvrirent enfin, au moment où il déliait ses paluches. Un sourire, plus mesuré cette fois, éclaircit son visage resté fermé durant tout l'exercice.

« Alors, qu'en dis-tu ? dit le moine, brisant enfin le silence dans lequel il s'était muré. Ma maîtrise est-elle suffisante pour aborder ce que tu désirais m'apprendre ? »

Béat et enthousiaste, Kamui se laissa tomber sur son séant, en tailleur, toujours face à Katsuko. Le guerrier, à l'aube de la réalisation de son potentiel, demeurait ainsi dans l'expectative, ses yeux cherchant dans les rubis de la jeune femme l'approbation qui marquerait le début des choses sérieuses.


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Chinoike Katsuko
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Mar 8 Fév 2022 - 19:43
La vampire observa en silence toutes les tentatives de son élève du jour. Il semblait déterminé, concentré, loin de l'apparent désintéret qu'il avait laissé entrevoir plus tôt avec le gradé. Satisfaite de cet état d'esprit qu'il montrait, elle le laissa continuer jusqu'à ce qu'il s'adresse à nouveau à elle, en quête de la suite du travail à accomplir pour parvenir à apprendre cette technique de métamorphose.

En vérité, celle-ci était plutôt simple et c'était l'une des premières que quasiment tous les shinobis apprenaient, mais lorsque l'on avait grandit avec une toute autre vision du chakra dans un système différent, il n'était pas si surprenant qu'elle ne soit pas si aisée. Et ce moine en était le parfait exemple. Heureusement pour lui, son envie, sa motivation bien visible était un moteur diablement efficace et il le prouvait en parvenant à réussir l'étape intermédiaire assez rapidement, bien qu'il prit son temps avant de se lancer en utilisant le chakra, la répétition des mouvements étant effectivement primordiale pour une bonne exécution de la technique.

« Tu t'en sors très bien. tu devrais y arriver sans trop de mal. Maintenant que tu gères bien cette expulsion, il va falloir réussir à le faire rapidement et à faire en sorte que cette couche de chakra soit presque collée à ta peau. Ce sera à cette couche là que tu donneras l'apparence que tu souhaites. Avec cette technique, cette couche est cependant très fragile et cèdera à la première attaque reçue. »

Une fois assurée qu'il avait bien retenu cette information quant à l'utilisation du henge, la demoiselle aux cheveux laissés libres en cette journée d'automne reprit ses explications.

« Pour commencer, enchaîne tous les mudras que je t'ai montré avec celui-ci pour finir. »

Montrant le dernier mudra, elle refit tout l'enchaînement précédent en ajoutant le dernier mudra pour avoir ce même flot de chakra autour d'elle mais frémissant proche de sa peau de manière bien plus précise et stable qu'il ne le faisait sans la dernière modification. Ensuite, elle ajouta deux mudras pour terminer la technique, prenant ainsi la forme d'une jeune femme brune aux yeux verts qu'elle avait croisé quelques heures plus tôt, en partant de l'hôpital.

« Pour finir la technique, il faut que tu ajoutes ces deux mudras et que tu parviennes à visualiser la personne dont tu souhaites prendre l'apparence. Ces mudras permettront de moduler ton chakra avec précision pour coller au plus proche de l'apparence que tu vises dans ton esprit. Essaie d'abord quelques fois, et je verrais où tu as des problèmes dans l'exécution pour t'indiquer quoi reprendre, pour t'apporter des précisions là où tu en as besoin. »

Gardant cette apparence pour le moment, la vampire attendait de voir ce que son élève allait être capable de produire avec ces seules indications.

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