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Seule la meute survit [Kuchiyose]

Kentoku Akio
Kentoku Akio

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Lun 17 Jan 2022 - 20:59
- Tu sais que j’ai vu Hideko il y a quelques jours ?

Le jeune Chûnin s’arrêta, la transpiration dégoulinant du bout de ses cheveux. Petite trêve, pause bienvenue pour le mannequin de bois qui subissait la fureur du Céleste. Lentement sa tête se tourna vers Mori, qui venait de parler. Assise sur un banc adjacent, elle observait la réaction de son meilleur ami avec un sourire à peine voilé, continuant de dessiner le Kentoku dans le feu de l’action, comme elle en avait pris l’habitude depuis des années. Une nouvelle œuvre qui viendrait se ranger dans la pochette prévue à cet effet.

- Et ? Elle n’a pas intenté à ta vie ? Surprenant.

L’eisenin se laissa aller à rigoler, à gorge déployée. Quand elle reprit son calme, elle trouva face à elle un interlocuteur qui lui, ne rigolait pas plus que ça, encore essoufflé de son entrainement. Son regard demandait clairement plus de détails, mais pas par curiosité.

- Tu es difficile, elle n’était pas comme tu m’en avais parlé. Elle veut apprendre à soigner. Et ça lui tient à cœur. Elle est plutôt douée en plus.

- Douée hein ? Ouais c'est évident, mais elle ne sait pas se contrôler, elle est dangereuse.

- Elle est surtout complètement tétanisée dès que l’enjeu augmente, elle est surtout en manque de confiance, et tu en es peut-être un des motifs…

Le mannequin explosa sous l’impact d’un coup de poing. Le corps d’Akio était toujours tourné vers Mori, mais son bras gauche, tendu vers la cible, avait frappé. Par haine ? Non, simplement par égo. Le Kentoku n’acceptait pas vraiment que sa meilleure amie le déjuge sur un sujet si délicat. La Métaru avait bien joué sa petite comédie, il en était persuadé.

- Evidemment… mais la vraie raison tu la connais ? Elle a blessé son Kuchiyose dans un de ses délires, et il va surement mourir, voilà pourquoi elle apprend l’iroujutsu.

- Peu importe Akio, elle essaye de réparer ses erreurs. Et toi d’ailleurs, un Kuchiyose tu y as pensé ? Te connaissant, ça te ferait du bien d’avoir une oreille attentive tout le temps à tes côtés, moi je n’en peux plus… Ahahah je rigole !

Elle faisait bien de prévoir, tant le regard noir du Kentoku pesait sur sa silhouette. Le rire fut parfait pour dédramatiser la situation et sauver les apparences, tout en fixant l’intérêt d’Akio sur un détail qui n’en était pas un. Une spécificité des shinobi, qui avait déjà fait un peu de chemin dans l’esprit du Chûnin. Depuis et grâce à Hideko justement, cette idée, il l’avait envisagé en voyant l’avantage stratégique que lui avait offert la présence de ses caracals à ses côtés. Aussitôt ses muscles se détendirent, il abaissa son bras jusqu’ici toujours tendu et un sourire apparut au coin de ses lèvres.

- Tu sais quoi ? Tu as raison.

- Comme toujours.

- Oui si tu veux, bref je dois me renseigner sur la façon d’obtenir un kuchiyose. J’avoue ne pas savoir grand-chose là-dessus. Et il est évidemment hors de question que j’aille demander quoi que ce soit à Hideko.

Mori secoua la tête, dépitée par cette dernière remarque clairement superflue. Mais depuis le temps qu’ils se connaissaient, elle savait pertinemment que cet imbécile heureux ne pourrait jamais changer. Et pour Hideko, la rédemption totale mettrait un certain temps à être obtenue. Elle ne viendrait que du fait d’Akio. Forcer sa nature, c’était aussi le braquer et l’empêcher d’avancer. Alors elle ne lui fit aucune remontrance, le salua en le serrant dans ses bras et s’en alla, le laissant seul, tandis que le Chûnin s’enfonçait toujours plus dans sa réflexion, installé sur le banc du terrain d’entrainement, une serviette autour du cou.

Le lendemain, aux premières lueurs du jour, une silhouette vagabondait, une pile de livre énorme sur les bras, dans les coursives de la grande bibliothèque de Kumo. Akio recherchait des informations, des indices, et surtout comment faire, pour signer un pacte d’invocation. Déposant son lourd fardeau, le jeune garçon reconnaissable grâce à sa fabuleuse chevelure commença à lire de manière extrêmement rapide les différents ouvrages, accompagné d’un grand verre d’eau et de quelques gâteaux. Déjeuner aurait été du temps perdu dans des recherches qui s’annonçaient fastidieuses.

Et déjà les heures passaient, les ouvrages également, et bientôt il ne resta que quelques écrits encore fermés pouvant répondre aux différentes interrogations qui le malmenait dans sa quête.

- Jeune Akio, que cherches-tu ?

Cette voix féminine et fragile, il la connaissait bien. L’une des bibliothécaires, la plus âgée. Le Chûnin ne connaissait pas son nom, ne lui avait jamais demandé, il l’appelait toujours « Mamie » avec un ton imbibé de respect. Elle était un grand puit de savoir, et venait saluer le jeune homme dès qu’elle le croisait assit à lire ou à comprendre les rouages essentiels du monde. Elle vint s’installer face à lui, alors qu’il n’avait même pas encore levé les yeux des lignes de caractères qui défilaient à toute vitesse.

- Ta façon de lire m’étonnera toujours, comment peux-tu apprécier quoi que ce soit ?

- Bonjour Mamie. Tu sais bien qu’apprécier les choses les ferait s’allonger. Je n’ai qu’une vie… la lecture transversale est suffisante.

- Comprends-tu seulement ce que tu lis ? Si je t’interroge sur le premier ouvrage, tu saurais me répondre ?

- Bien sûr que oui… J’estime à quatre vingt dix pourcent ma compréhension quand je lis ainsi. Mais je dois avouer que ce satané Kuchiyose me tourmente…

- Oh ! Tu vas donc t’ouvrir à un nouvel art ninja ? Fini de se mettre en première ligne ? Quelle bête as-tu choisi ?

- J’aurais dû choisir d’abord ?

- C’est toujours mieux pour savoir quoi chercher. Hum.

Pourquoi n’y avait-il pas pensé ? En réalité au fond de lui il pensait qu’acquérir un pacte relevait plutôt de la chance et de la fortune que d’un quelconque choix : une créature rencontrée lors de voyage ou de mission, avec qui on se liait et qui permettait de signer le précieux sésame. Il ferma le livre en y insérant un petit morceau de papier pour marquer la page. Amenant un crayon jusqu’à sa bouche il se mit à réfléchir brièvement à la question de la doyenne.

- J’ai toujours été amoureux des loups, et je dois avouer que dans le milieu des shinobis, je suis plutôt du type loup solitaire que fidèle camarade.

- En voilà une belle idée, alors ne bouge pas. Je reviens.

Et elle disparue dans un des nombreux dédales qui composaient l’antre du savoir, avant d’apparaitre dans le dos du Kentoku, par un procédé qui lui échappait encore, un livre à la couverture ivoire sous le bras. Qu’elle lui tendit.

- Le voici, ce livre traite des loups dans notre pays. Il te sera utile. Bon courage petit Akio.

Un salut rapide et elle s’en alla, comme elle était apparue, dans un silence profond et à une vitesse époustouflante pour son âge. Entre ses mains, et alors que ses yeux se déposèrent sur les premiers mots, se trouvait le livre qui allait le guider jusqu’aux terres des loups. Du moins le croyait-il innocemment. Alors il continua de le feuilleter, jusqu’à rentrer chez lui lorsque la bibliothèque ferma ses portes le soir. Il continua de lire alors que la lune avait pris sa plus haute place dans le ciel sombre. Il continua de lire tandis qu’au travers de sa fenêtre les lueurs du soleil venaient lui caresser le visage. C’est là qu’il s’arrêta, les veines des yeux apparentes tant il avait forcé, captivé par sa lecture. Epuisé, éreinté, il posa son livre sur sa table de chevet, voulu juste cligner des yeux. Lorsqu’il les rouvrit, plusieurs heures plus tard, le jour commençait déjà à décliner. Il allait donc poursuivre sa quête de nuit. Quoi de mieux pour réveiller les instincts de chasseur des animaux qu’il allait essayer de trouver ?

Le Chûnin s’avança de nuit vers l’Arche Grise. Il ne l’avait encore passé que rarement, et c’était aussi la première fois que son départ du village n’était pas lié à une mission ou quelque autre quête mais par volonté propre et motivation personnelle. Evidemment les shinobis de garde l’interceptèrent, lui demandant pourquoi il quittait le village de nuit. Akio sortit le livre de son sac et commença à expliquer sa démarche. L’un des gardes en poste vint alors à sa rencontre, en lui indiquant des attaques incessantes d’une meute sur un petit hameau d’éleveurs de moutons. Dans les montagnes les plus reculées du pays de la Foudre, au nord de Teitetsu. Remerciant le brave gaillard et signant les registres adéquats, Akio se lança dans sa traque, ne sachant pas encore ce que le petit voyage lui réserverait. Eclairé par l’astre lunaire, il pensait partir en chasse. Mais chasser des chasseurs n’était pas une chose aisée.


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Jeu 20 Jan 2022 - 19:06
Partie I : Le chasseur chassé

Partant pour quelques jours de marche, Akio ne savait pas à quoi s’attendre. Un saut dans l’inconnu en somme. Il avait pris plusieurs ouvrages avec lui : Isonade, portes célestes, kuchyiose et loups étaient au programme, autant de sujet qu’il était de bon goût de travailler pour le Chûnin des nuages. Il n’était pas question de faire ce voyage initiatique à la va-vite, non. Aucun planning n’était prévu, sa date de retour non plus. Il avait simplement annoncé quitter le village en quête d’un Kuchyiose tout en assurant rester dans les limites du pays de la Foudre. C’est ainsi qu’il commença à se diriger vers le nord, en sortant des sentiers battus qu’il savait non empruntés par les bêtes sauvages qu’il s’était mis à traquer. Il avança quelques lieues avant de décider de s’arrêter pour dormir quelques heures. Installant son campement, il fit un petit feu, ramena sa veste en boule avant de se laisser emporter dans le sommeil.

Le lendemain matin, aux premières lueurs, le Chûnin éteignit son feu en prenant bien soin d’empêcher un départ d’incendie. Le recouvrant de terre, il se pressa de ramasser son matériel et de reprendre la route, alors qu’il lui restait un long chemin à faire. Il en profita pour tirer un livre de son sac, livre qui l’accompagnerait jusqu’à la prochaine pause nocture.

Sa première lecture allait en ce sens : apprendre comment agissaient les loups. Et si il savait qu’ils étaient des traqueurs émérites, il ne se doutait pas que la stratégie était leur point fort, en plus du nombre : attaquant toujours en groupe de plusieurs individus, ils encerclaient leur proie doucement avant que l’un d’eux ne se montre volontairement. Alors la cible effrayée souhaitant rebrousser chemin trouverait sur sa route les autres canidés qui la saisiraient au cou et aux pattes afin de la mettre au sol. Tactique, rapidité et force du nombre, le trio parfait de la guerre. Impressionné, le Chûnin, continuant de marcher doucement, enchaina les pages, en apprenant toujours plus sur l’animal qu’il souhaitait rencontrer. La sociabilité de la meute, son terrain de chasse, son envie d’expansion et les dommages qu’il pouvait causer à la population des bovins et autres moutons. Il était un problème, de tout temps. Akio se rappela que, jeune, certains membres de sa famille allaient chasser le loup qui menaçait les déplacements humains. Levant de temps à autre les yeux des lignes qui défilaient, il se rendit compte qu’il s’approchait d’une forêt, endroit parfait pour camper une dernière fois avant de rejoindre le village que les gardes de Kumo lui avaient indiqué. Le chemin emprunté, il le connaissait, et plutôt bien. Au travers des arbres, on pouvait déjà apercevoir le scintillement du grand lac de Kaminari.

La route de Teitetsu, il l’avait emprunté lors de sa première mission, en compagnie d’Aizen, qui lui avait demandé de tracer sur une carte le chemin le plus logique possible, épreuve qu’il avait passé avec brio, comme le reste de la mission d’ailleurs. Allumant un nouveau feu, ce soir il décida de ne pas lire, juste de se poser et d’attendre que la nuit l’emporte. Le lendemain il serait au fameux village minier, dernière escale avant les montagnes du nord du pays. Sortant du bois et se posant sur les rives du lac, Akio observa au plus profond de l’eau, assis en tailleur. Il réfléchissait à Isonade, ce culte étonnant qui l’avait accepté au travers de sa Prêtresse, qui l’avait même vu être érigé comme élu et porteur d’une marque toujours aussi mystérieuse. Et alors que ses pensées étaient toutes dirigées dans le même sens, il se sentit crispé, avant d’entendre ce grognement étrange venant par-delà les montagnes, l’appelant à venir à sa rencontre.

Le shinobi se releva, peu rassuré par cet appel, cherchant du regard la provenance du bruit qui venait le hanter de temps à autre. Mais rien, il était là, en lui, depuis l’apposition de cette marque. Que lui arrivait-il ? Se retournant à son campement de fortune, le Céleste ne sentait pas les regards étonnants que la nature posait sur sa silhouette. Il s’endormit rapidement, par peur que l’insomnie de le rattrape.

Au matin, alors que les légères braises réchauffaient encore son visage, Akio ouvrit les yeux, étira ses bras, saisi par la fraicheur environnante. La nature emplie d’une brume mystérieuse, il cru apercevoir derrière un arbre une ombre détaler à toute vitesse. Impossible de savoir ce qu’il en était mais, intrigué, il essaya de percer le brouillard en plissant les yeux. Faisant alors le tour de son campement, il se rendit compte que ses réserves de nourriture avaient été visité, de même qu’il manquait désormais un ouvrage dans ses affaires : celui qui concernait les bêtes qu’il cherchait.

- Sans déconner… des voleurs en pleine nature…

S’adonnant comme à son habitude à quelques exercices physiques de bon matin, il prit soin avant son départ de bien fixer son bracelet où était fièrement dessiné le symbole kumojin, puis se mit en route, contournant tranquillement le lac qui le séparait de sa prochaine destination. À la vue du soleil, il était encore tôt, au maximum huit heure, tant les rayons avaient du mal à percer la brume, bien que cette dernière semblait doucement repoussée vers le centre de l’étendue aquatique. Plusieurs fois il eut la lourde impression d’être observé. Mais il ne percevait rien lorsqu’il tentait d’en découvrir la source.

Arrivé à Teitetsu vers midi, Akio rendit rapidement visite à l’aubergiste et aux mineurs qu’il avait rencontré lors de sa première mission. Le bougre de contremaitre se rappela de lui, lui contant également que son Sensei était repassé dans le village pour traiter une problématique de criminalité due aux minerais que remontait tous les jours son équipe. Le Chûnin s’en tira à bon compte, invité à partager un bon déjeuner avec son ainé. Ce dernier bien sûr lui demanda ce qu’il faisait dans la région, ce à quoi le shinobi répondit simplement qu’il cherchait « de nouveaux amis ».

Ayant profité au maximum de cette pause et de l’instant de convivialité qui l’accompagnait. Akio reprit la route, direction les montagnes proches, en fin d’après-midi. Moment particulièrement bien choisi car il arriva au pied des cimes, dans le bois attenant, alors que la nuit tombait. Déjà, la faune s’agitait, on pouvait entendre les premiers hululements de chouettes et autres harfangs. Les petits mulots et écureuils tentaient de se cacher de leurs regards perçants. Le Chûnin, profitant du calme, commença à faire attention où il mettait les pieds, évitant soigneusement les branches et brindilles qui pourraient trahir sa présence. Le Monde vivait autour de lui, qui se murait dans le silence. Sous un grand pin, le jeune homme vint s’asseoir en tailleur, en posant son matériel et en fixant l’obscurité qui s’installait à toute vitesse dans son champ de vision. L’heure était à la chasse. S’allongeant au sol, il débouchonna une fiole contenant du sang de cerf qu’il étala sur ses bras. Si le loup n’était pas un charognard, une bête blessée restait pour eux, l’assurance d’obtenir un festin facile. Là, le Kentoku s’efforça d’écouter, de percevoir, les mouvements et les sons, qui pouvaient émerger du bois.

- - - - - - -

- Cet humain est si… amusant. Que fait-on ?

- Grrr… Observons le encore un peu… Si il ne bouge pas d’ici demain-matin, j’appellerai le chef.

Les deux créatures, au milieu de la pénombre, à bonne distance, observaient la scène, amusés et curieux qu’un homme pareil se donne tant de mal pour les rencontrer.

- - - - - - -

Lorsqu’il se réveilla, Akio n’eut comme surprise que l’odeur rance qui accompagnait du sang animal coagulé. Rien ne s’était passé. Il eut du mal à cacher sa déception sur le moment mais comprit bien assez vite que l’animal qu’il traquait et qu’il voulait rencontrer brillait également par sa peur de l’être humain. La dernière pièce du puzzle, il la trouverait sûrement dans le petit hameau subissant les attaques incessantes des prédateurs nocturnes. Il laissa quelques rations derrière lui, pour la faune de la zone, témoignage de l’attention particulière qu’il leur portait, à chacun. Il essaya de gommer le plus de trace possible de son passage, et usa d’un peu d’eau pour nettoyer ses deux avant-bras, qui empestaient la mort.

Après une bonne heure de marche, il se présenta à l’ainé du village, qui ici comme dans beaucoup d’endroits, dirigeait la communauté. Un vieil homme, semblant sur le déclin et fatigué par les nuits blanches passées à veiller son troupeau. D’un accent peu commun témoignant autant des spécificités de sa région que de leurs vies en autarcie, il salua le nouvel arrivant, expliquant après une question de celui-ci, le rapport qu’ils entretenaient avec les loups.

- Ah pour sûr que je les hais ceux-là. Déjà trois bêtes, et Kumo ne nous aide pas. C’est pas vot’ venue qui va changer ma façon de penser le jeune.

- Ils ont simplement faim… Je cherche à les rencontrer, je veillerais le troupeau cette nuit.

- Les rencontrer ? C’est pas des hommes, jeune… vous les shinobi on comprend rien à vot’ monde.

Souriant, par simple politesse, Akio prit congés après une révérence de circonstance et alla en direction de l’abri de berger. Le pâturage, grand et pourtant clôturé avec du fil de fer à pointes ne semblait pas suffire à dissuader les grands méchants (aux yeux des bergers). Mais le Chûnin le sentait : il était au bon endroit.
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Sam 12 Mar 2022 - 0:02
Partie II : Arrivé à bon port

L'obscurité, ce moment reposant où, levant les yeux au ciel, alors que seul le silence accompagne les âmes encore éveillées, on perçoit l'immensité de la voute céleste. Le jeune garçon était là, posé. Les seuls désagréments n'étaient autre que le bêlement des bêtes autour de lui. Il attendait, ne cherchant même pas à réfléchir. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas installé dans cet état de stase, où son cerveau ne tournait pas à toute allure. La fraicheur nocturne venait le caresser, laissant les poils de ses bras se dresser, lui apporter un sentiment de froid loin d'être désagréable. Allait-il seulement trouver ce qu'il était venu chercher ? Son regard cherchait à percer ce voile qu'il n'arrivait pas à éclairer...

- - - - - - -

- C'est lui ?

La bête, plus haute que ses compagnons d'un demi-mètre, toisait le docile shinobi allongé dans l'herbe, l'air intrigué... Son regard ocre se fixa sur le plus petit quadrupède, sur sa gauche.

- Oui, depuis ce matin, il attend. Il a essayé de nous attirer avec un leurre. Mais il ne semble pas agressif.

Il y eut un souffle, presque imperceptible. On aurait pu le sous-titrer par le doute de celui qui semblait être le meneur.

- Testons sa volonté. En avant.

- - - - - - -

Contrairement à ce que beaucoup pensent, le premier réflexe d'une bête menacée est d'être silencieuse. Puis vient le premier cri, et enfin, l'affolement. Les moutons et autres agneaux commencèrent à courir sans réel but, excepté celui de vouloir s'échapper de l'approche des prédateurs des montagnes.

Akio se dressa, fixant la direction opposée, essayant, en plissant les yeux, de percevoir quelque chose. Les moutons firent demi-tour, puis un nouveau virage. Les échappatoires se rétrécissaient, la manœuvre de l'attaquant était parfaitement rôdée. Et parfaitement comprise par le chûnin qui se laissa aller à un sourire alors que bientôt les bêtes se placèrent autour de lui, de cette silhouette qui dépassait désormais du regroupement de laineux. Trois ombres se firent enfin remarquer, de part les paires d'yeux qui désormais fixaient l'homme prit au piège. Un triangle parfait, une exécution maitrisée. Un grognement se fit entendre, les moutons arrêtèrent même de bouger, laissant leur sort aux mains des forces en présence.

Les trois créatures s'approchèrent, mais leurs regards ne fixaient qu'une cible unique : l'homme au centre de leur dispositif. Le Céleste ne se laissa pas impressionner et s'adressa aux nouveaux venus d'une voix d'un flegme absolu.

- Je vous attendais.

Les grognements cessèrent, excepté un, provenant de l'animal le plus massif, qui fit se disloquer le regroupement de moutons. Le loup aux yeux d'un rouge sombre étonnant s'avança alors à la rencontre du Chûnin, laissant apparaitre un poil brun épais, et des canines acérées. Il se redressa alors, faisant face au jeune garçon, le dominant d'une vingtaine de centimètres.

- Et peut-on savoir pourquoi, humain téméraire ?

- Je veux votre aide. Je souhaite sceller un pacte d'invocation.

Sans même avoir une quelconque réaction, l'imposant animal fit volte face pour s'éloigner, laissant apparaitre une queue à moitié arrachée, signe d'une bataille de laquelle il n'avait pas su sortir indemne. À bien observer, celui qui s'avançait que le chef de file du trio indiqua à l'un de ses subalternes d'approcher. Ce dernier sembla désapprouver, dans un grognement caractéristique. Akio ne comprit pas de suite ce qu'il en advenait, avant que le plus petit loup, chétif, ou du moins très jeune, ne s'approche de sa jambe pour le mordre légèrement. Ce qui eut comme résultat d'arracher quelques gouttes de sang au Kumojin.

Le croc ensanglanté, le jeune loup s'approcha de celui qui était resté jusque là dans l'ombre de son chef, puis il cracha le liquide récolté au sol. Le loup, à qui il manquait une oreille, traça un sceau de sa patte avant gauche, avant de toiser du regard l'humain, attiré par sa curiosité.

- Aucune chance qu'ils l'acceptent, vous le savez bien...

- Laissez-le s'en rendre compte lui-même.

- Très bien.

Lorsque la patte fut apposée au centre du sceau, Akio se sentit comme transporté. Chamboulé, il s'effondra au sol, un sol qui était bien plus régulier et moins froid que ce que le champ lui avait offert jusque là. Lorsqu'il ouvrit les yeux, il comprit ce qu'il venait de vivre : une invocation inversée. Aussitôt, une masse se concentra sur son dos. Ventre contre terre, le garçon ne pouvait plus bouger. Il écarta les bras, en signe de réddition, alors qu'un souffle chaud et rauque rythmait le ressenti de sa nuque. Bientôt un filet de ce qui semblait être de la bave glissa le long de sa peau. Suivi de grognements éparses, de quelques pleurs si caractéristiques des canidés. Essayant en bougeant la tête de se rendre compte de son environnement, il se fixa malgré lui sur les trois silhouettes qu'il avait aperçu dans le champ quelques instants plus tôt.

- Vous avez ramené un humain ? Ici ?!

- Il voulait nous voir, pour nous demander un pacte kuchiyose.

- C'est impossible, vous le savez.

- Oui Alpha, mais...

- Je peux vous expliquer, laissez-moi au moins avoir une posture digne pour essayer de vous convaincre.

Le Chûnin tenta de faire transparaitre toute sa sincérité par sa voix. Si il avait vu juste, et étant donné comment les autres loups appelaient celui qui se dressait sur son corps, il était en présence du chef de meute, celui qui dirigeait donc les loups de la région de Kaminari. Il sentit le poids s'alléger, et bientôt le Céleste pu s'asseoir, puis se lever doucement. Face à lui un monstre de puissance, qui devait faire deux fois sa taille au bas mot, sur ses quatre pattes... Akio marqua son respect d'une révérence qui déclencha l'hilarité des multiples spectateurs de l'audience.

- Humain, garde ta révérence pour l'Oméga, pas pour moi.

Le geste de la tête du chasseur semblait lui indiquer un lieu dans son dos. Lorsqu'Akio se tourna, il fit face à un emplacement surélevé, sur lequel était apposé un large coussin. Sur ce dernier une masse de dos, immense, dont la respiration faisait fluctuer son épaisseur de plusieurs dizaines de centimètre. Surprit, le Kumojin se tourna vers celui qui était surnommé l'Alpha. Les écrits n'avaient donc pas tout dit.

- À ma connaissance une meute est dirigée par un alpha, qu'est-ce donc que l'oméga ?

- Petit humain sot. Un alpha dirige une meute, c'est l'équivalent de vos... Hum

- Chefs d'équipe, Alpha.

- Oui voilà, chefs d'équipe. Pour diriger l'ensemble des loups de Kaminari, pour maintenir ensemble les différentes meutes, il faut être plus. Voilà l'Oméga, aussi appelé Shirube-Sama.

Akio comprit alors. Se retournant vers la masse, il comprit qu'il était en présence d'une créature proche du légendaire. De ce genre de représentant d'espèce décrit dans les livres d'histoire. De ce qui valait les Kages du monde humain. Au mur, derrière la silhouette au poil aussi blanc que ses cheveux trônait un parchemin semblable à ceux qui servaient aux invocations kuchiyose, ce dernier était empli de sang, et la signature apparaissait comme souillée par ce dernier. Puis un râle l'arracha à cette observation, l'image de l'immense fourrure immaculée se mouvant pour laisser apparaitre le regard cristallin d'un loup de plusieurs mètres, majestueux et unique.

- Humain, parle, et pèse chacune de tes paroles car ici, dans notre domaine, ton existence même sera jugée.
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Sam 12 Mar 2022 - 14:46
Partie III : Le passé ne s'oublie pas

L'immense canidé faisait face désormais au jeune garçon. Ne laissant rien transparaitre des frissons parcourant son échine, ce dernier se tenait droit, de façon particulièrement noble. Les premiers mots qui venaient de lui être adressés valaient pourtant d'avertissement sans possibilité de les traduire autrement. Il était ici impossible pour lui d'en réchapper vivant si il se trompait dans ses verbes. Son regard accrocha alors malgré lui toutes les blessures des bêtes autour de lui, s'arrêtant ensuite sur la marque au sang noirci sur le mur. Le souffle intense du gigantesque animal se fit entendre. Il semblait s'impatienter de la latence du Céleste. Ce dernier récupéra son regard déterminé, en plongeant le sien dans celui de l'Oméga.

Il s'échauffa quelque peu la gorge avant de commencer ce qui s'apparentait à une plaidoirie.

- Mon nom est Akio, je suis un Chûnin de Kumo et je cherche à conclure un partenariat avec les loups de Kaminari.

- Impossible.

La meute hurla en approbation avec l'autorité absolue. Comment pouvaient-ils rester si distants des affaires des hommes ? Pourquoi être aussi catégorique sans même attendre l'argumentaire de celui qui venait leur demander de l'aide ? L'interrogation qui pouvait se lire sur le visage d'Akio, reçu un accueil glacial de l'assemblée. Comme si le sujet paraissait tabou, pourtant rapidement certains détails éveillèrent la compréhension du Chûnin. Les blessures, les cicatrices, la peur voire la haine envers l'Homme, et enfin ce parchemin souillé. Les paroles du dénommé Shirube, du guide de la meute, résonnèrent alors, avec force et amertume.

- Nous avons soutenu, par le passé, la cause de certains shinobi, regardez autour de vous, ce n'est pas une réussite. Nos cousins de Yuki vivent en paix, eux, ils ne sont pas traqués parce qu'ils se nourrissent, ils ne servent pas les desseins idiots des humains vis à vis de leurs voisins.

La tension sembla monter d'un nouveau cran alors que certains loups s'approchaient d'Akio, laissant apparaitre une dentition infernale, une musculature impressionnante, une détermination à protéger les leurs sans faille.

- Justement, je ne vous propose pas de vous sacrifier pour moi, je ne le permettrai pas. Ce que je suis venu vous proposer c'est un partenariat. Je serais là pour vous, vous serez là pour moi.

- Et que vas-tu nous offrir que nous n'avons pas déjà ? Que nous ne pouvons pas nous octroyer ?

La question était logique, sensée. Plusieurs loups à la taille bien plus régulière s'approchaient d'Akio, commençant à le sentir, à pousser de leurs museaux les vêtements de l'humain. Il pouvait sentir sur sa peau leurs souffles, les raclements nasaux devant la quantité folles d'odeurs qu'ils ne connaissaient pas. Encore une fois la pression s'accentuait. Les épaules du Céleste se faisaient plus lourdes à mesure où le temps passait, où le regard de l'Alpha devenait oppressant.

- Je fais partie de l'Institut, je suis l'un des scientifiques de Kumo, et l'un des plus prometteurs éléments du village. Je saurais vous aider, à vous ancrer dans le paysage, à être acceptés.

Toutes les têtes se tournèrent vers l'Oméga, dont les yeux témoignaient d'un intérêt nouveau. Il se redressa sur ses quatre pattes, faisant un geste de la tête pour demander à ce que le visiteur impromptu l'accompagne sur son chemin. À côté de sa masse invraisemblable, Akio paraissait ridicule, pourtant la curiosité maladive du quadrupède témoignait d'une chose, un doute sur la force réelle du jeune garçon, dans le bon sens du terme. Si son physique ne laissait rien entendre, sa confiance en lui et son aspect si détaché semblait lui servir à cacher son jeu. Sortant du hall dans lequel il avait atterri, Akio pu enfin voir l'environnement des loups de Kaminari.

Un plateau verdoyant, à la végétation de montagne, dans lequel se baladait ci et là plusieurs groupes de loups, parfois une louve avec sa portée. D'immenses chutes d'eau tombaient des cimes dans des lacs à la couleur azur, qui servaient de grands réservoirs. Plusieurs petites grottes entrecoupaient les montagnes, chacune habitée par un groupuscule d'individus. Pris par surprise, Akio n'arriva pas à prononcer le moindre mot.

- Pensais-tu que nous vivions de façon nomade ? Jeune Akio, nous sommes les plus grands prédateurs de cette terre, les meilleurs chasseurs. Il cessa de parler, s'asseyant alors, dominant par la taille et la masse le territoire. Ta puissance, tu l'as cache, n'est-ce pas ? En quoi consiste-t-elle ? Je n'arrive pas à percevoir grand chose en toi...

La tête du Chûnin se tourna légèrement pour observer l'immense créature à ses côtés. Cette information comptait pour beaucoup dans les effets de surprise, il ne la donnait que lors d'un affrontement majeur. Le village était désormais au courant, au courant qu'il comptait dans ses rangs deux utilisateurs des Portes Célestes : Nara Keisuke, et Akio. L'examen avait laissé filtrer cette information. Mais à l'extérieur, rien.

- Les Portes Célestes... Je suis capable de débloquer un potentiel de combat hors normes durant mes affrontements, en échange de ma santé. Mais ce potentiel est voilé lorsque je suis au repos.

- Je vois, c'est pour cela que tu recherches de nouvelles capacités. Mais laisse moi t'expliquer le fond de la problématique. Nous avons plusieurs fois signé des pactes avec différents shinobi, et la déception liée coïncide avec le fait de ne plus vouloir en signer de nouveaux.

Il marqua une pause, le temps d'hurler comme le faisait les loups lors des pleines lunes, une réponse collégiale et impressionnante se fit entendre de tout le plateau, chaque loup sortant de sa tanière pour montrer son engagement à la cause commune et l'accord avec les propos de leur chef.

- Le dernier pacte, tu en as vu les stigmates. Un shinobi sans attache, en qui nous avions confiance... Il a invoqué tous les nôtres qui s'étaient engagés avec lui... Puis il a disparu et a laissé ma meute livrée à la mort. Ce fut un carnage, et beaucoup sont morts ou revenu blessés. Nous avons conservé le pacte pour nous rappeler que l'Homme n'est pas digne de confiance...

- J'aimerais vous faire mentir...

- Bon courage, petit Akio. Tu es notre invité, je demanderais à Isamu de rester avec toi. C'est l'Alpha qui t'a accueilli... à sa façon. Notre plus fidèle guerrier, il était de la fameuse bataille. Prouve lui ta valeur.

Se détournant tranquillement de sa position, l'Oméga s'en alla retourner à sa place. Le fameux loup belliqueux, nommé Isamu, fit la route inverse. Ce dernier, d'une taille plus modeste, bien que restant exceptionnellement grand comparé au Kumojin, semblait animé d'une envie d'en découdre, son regard l'indiquait clairement. Akio lui fit un signe de tête, et n'obtint comme seule réponse qu'une ignorance folle. Le témoignage des douleurs du passé valait bien ce genre de réaction. Coupé du monde, sur ce grand plateau à l'abri des regards, ils vivaient enfin en paix, bien que certains manques paraissaient évidents. Notamment du point de vue alimentaire. Prenant son courage à deux mains, Akio s'avança dans une question délicate envers son garde.

- Isamu-San, comment faites-vous pour...

- Ne prononce aucun mot, humain, et prépare toi.

Laissé en suspens, coupé dans sa question, le Chûnin ne pu rien faire sur l'impact qui suivit. Il fut projeté plusieurs mètres en arrière. Attirés par le bruit de la frappe, plusieurs membres de la meute se regroupèrent près du lieu de l'affrontement. Akio se releva néanmoins sans difficulté, motivé, transporté par l'ambiance qui montait : Grognements, aboiements, hurlements. Le monstre de puissance face à lui léchait sa patte, toutes griffes dehors, un sourire semblant apparaitre sur sa face. Lorsqu'il reposa son membre au sol, la terre en trembla. Que du muscle et de la puissance.

Face à lui, le Kumojin ne voulait pas en venir à user de la force. Il se tenait donc là, face à face avec l'Alpha guerrier. Sur le plateau, le vent se leva alors, comme appelé par le combat qui s'annonçait. Les cheveux blancs aux reflets rosés ne cessaient de s'agiter.

- Que peux-tu nous apporter, si ce n'est la mort pour une cause qui ne nous concerne pas.
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Seule la meute survit [Kuchiyose]

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