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Gentoku M. Yamiko
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Ven 4 Fév 2022 - 1:29
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~ Teitetsu - Automne 204 ~

Jardin des Sens

Les fesses affalées sur le sol glacial, des yeux apeurés l’homme fixait les trois fleurs qui le toisaient d’un air menaçant. Au milieu des plantureuses créatures se tenait fièrement Sakura (fleur de cerisier), une fleur que l’homme avait cherché à toucher bien trop vicieusement, sans consentement et en public. Ivre, l’homme avait perdu le contrôle. Bien que l'abus de l'alcool était autorisé voir même apprécié pour une raison financière, au Jardin des Sens un comportement déplacé n'était pas cependant toléré.

Le silence régnait dans la salle qui, par ses ornements, invitait pourtant à la festivité. Durant cet instant, le temps était comme figé. Malgré la présence de nombreuses personnes, seuls les fins rideaux épars dans la grande pièce montraient un signe de mouvement, se balançant légèrement, laissant échapper le doux parfum dont ils étaient imprégnés.

“ - Je suis vraiment navré, lâcha celui qui était à l’origine de cette pause inattendue. Je ne voulais pas me montrer si rustre. Je me suis trop laissé emporter par mes émotions. L’ignominieux se mit à genoux, les deux mains à plat au sol que son visage vint ensuite effleurer. Je vous en prie, ne me mettez pas dehors ! Ne me privez pas de vos parfums ! Je ne pourrais m’en passer ! … Je paierai ce qu’il faudra pour mon comportement déplacé !

- Vous connaissez les règles du Jardin mais vous l’avez enfreint ! Si nous pardonnons tous ceux qui les bafoueraient à quoi donc serviraient-elles nos règles ? … Comme stipulé dans la réglementation de fréquentation de notre Jardin, que vous avez accepté de respecter en posant les pieds en son sein, aucun écart de conduite n’est toléré. Merci donc de vous diriger sans faire d’histoire vers la sortie !

- Mais pour qui vous vous prenez ! Brusquement, l’homme se redressa pour faire face à la fleur qui venait de le morigéner. Vous n’êtes que des femmes payées pour assou …

- Je vous en prie, n’aggravez pas votre situation et sortez d’ici avant que nous ne perdions patiente !

Au lieu de s’exécuter, l’homme sauta sur Sakura pour l’étrangler de ses deux mains mais, avant même l’intervention d’une tierce personne, la fleur malmenée frappa d’un pied l’entre-jambe de son agresseur. Ce dernier libéra sa victime en se tordant de douleur, les deux mains sur, sans doute, son plus précieux trésor en tant qu’homme.

“ - Dehors ! Ordonna Sakura dont le faciès exprimait à présent toute l’animosité qui commençait peu à peu à la consumer. ”

L’homme s’apprêtait à objecter, une fois de plus, mais voyant la flamme qui dansait dangereusement au fond des yeux de la fleur agacée et qui s’apprêtait à le bruler, il jeta un regard tout autour de lui. Parmi le public du spectacle qu’il offrait, il cherchait un être qui pourrait le soutenir mais, à cet instant, même ceux qui l’avaient tenu compagnie jusque-là le toisaient des regards agacés. Et pour cause, ces Messieurs s’impatientaient de poursuivre ce pourquoi ils étaient en ce lieu. Comprenant enfin qu’il serait vain de perdurer l’altercation qui n’était point à son avantage, l’homme se dirigea tant bien que mal - à cause de son entrejambe toujours meurtri - vers la sortie.

A peine la silhouette du trouble-fête disparu, les activités reprirent aussitôt dans la grande salle.

Les fleurs musiciennes se mirent à jouer pour accompagner les fleurs danseuses dans leurs mouvements lents mais ô combien gracieux. Dans cette ambiance festive, les hommes se mirent à boire et à discuter avec ferveur, en compagnies des fleurs aussi différentes les unes des autres mais unies par une sensualité qui était sans doute leur plus grande arme dans l’éveil des sens de ces hommes.

Bienvenue au Jardin des Sens. Lieu qui invitait à la stimulation des cinq sens.

Pour la vue : un bâtiment majestueux aux ornements qui exaltaient le romantisme et parmi lesquels s'activaient des créatures sélectionnées pour leur charme. Pour donner un sens au nom du lieu où elles travaillaient, chaque Demoiselle portait le nom d’une fleur qui leur représentait le plus. Les couleurs de leurs accoutrements étaient inspirés de la fleur qui les symbolisaient, tout en mettant en avant leurs plus beaux atouts physiques. Ce qui offrait aux yeux un spectacle riche en couleurs et en beautés diversifiées.

Pour l’odorat : dans l’atmosphère flottait un parfum subtil qui évoquait la volupté. Et, chaque créature présente sentait délicatement le parfum de la fleur qui leur représentait.

Pour l’ouïe : des fleurs musiciennes jouaient des instruments traditionnels variés afin d’inonder l’atmosphère d’une mélodie qui invitait au délassement.

Pour le goût : des boissons aux goûts et aux couleurs variées, alcoolisées ou non. Les accompagnements des liquides plus ou moins pervers étaient sucrés ou salés voir même amers ou acidulés afin d’assouvir tous les goûts.

Pour le toucher : des fleurs que les “ hôtes ” étaient autorisés à effleurer, à caresser. En public, le toucher était à délecter avec pudeur mais à savourer sans modération en intimité. Des salles privées étaient mises à disposition de ceux qui désiraient exploiter en profondeur le sens du toucher avec une ou plusieurs fleurs choisies et consentantes.

***
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En hauteur, dans une loge ouverte vers l’immense espace en contrebas où se déroulait les spectacles publics tu avais suivi sereinement tout ce qui s’était passé antérieurement. Débout, les bras croisés sous ta poitrine mis en valeur par ton accoutrement, tu soutenais les quelques regards qui osaient affronter le tien.

Au sein du Jardin des Sens, tu étais la fleur que beaucoup désiraient sentir et toucher mais tu leur étais inaccessible. En effet, bien que tu portasses toi aussi le nom d’une fleur et que tu fusses accoutrée comme les autres filles du Jardin, tu n’étais pas pourtant comme elles. Tu n’étais pas ici pour divertir mais juste pour être spectatrice de ce qui se déroulait au sein de cet établissement dont tous ignoraient que tu en étais en réalité la propriétaire ...

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Lun 7 Fév 2022 - 0:21
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~ Teitetsu - Automne 204 ~

Tsubaki

Les yeux fermés, tu exécutais des figures plus moins acrobatiques, laissant ton corps se mouvoir à sa guise. Tu t’imaginais en plein combat et pourtant tu offrais un spectacle qui ébahissait ton public. Perdue dans un monde où régnait la quiétude, malgré la musique qui accompagnait tes mouvements de plus en plus frénétiques, tu te laissais emporter par la volupté qui s’était emparée de ton corps dès lors tu avais exécuté les premiers pas de ta chorégraphie en tant que Tsubaki (Camellia), la fleur danseuse du Jardin des Sens.

Ce que tu faisais à cet instant était bien différent de ce que tu faisais autrefois. Ceux qui te connaissaient jadis ou en dehors de ce Jardin, ne croiraient pas leurs yeux s’ils te voyaient ainsi. Toi qui n’appréciais guère être exposée aux regards et encore moins assouvir le désir d’autrui était pourtant en train de se donner en spectacle, en dansant pour le plaisir des hommes pour qui tu ne portais le moindre intérêt. Etais-tu donc tombée si bas ? Beaucoup le penseraient certainement mais ce n’était point ton opinion. En effet, tu puisais du plaisir inexplicable dans ce que tu faisais et personne ne te forçait. Tu étais ici de ta propre volonté. Par ailleurs, tu dansais bien plus souvent en privé, pour ton plaisir personnel, qu’en public.

Tu avais découvert la passion pour la danse par hasard et dès lors tu n’avais cessé de te perfectionner. Ton agilité et ta dextérité en combat acrobatique étaient des atouts primordiaux dans la réussite de tes chorégraphies très personnelles. Ta danse ne suivait la moindre étiquette. A ton image, elle était le fruit d’une liberté absolue. Une expression de la volonté de ton corps que tu laissais mouvoir à sa guise. Chaque mouvement exécuté te menait vers une extase fugace mais ô combien délicieuse. Une exaltation semblable à celle que tu éprouvais durant un combat intense. C'était sans doute parce que tu retrouvais cette ivresse que tu avais perdue depuis que tu avais quitté Kumo – car tu ne parvenais plus à trouver un adversaire capable de te mener jusqu’à l’euphorie – que tu t’étais reconvertie en danseuse. Ayant abandonné la vie de kunoïchi, la danse était la seule chose qui te permettait aujourd’hui de retrouver cette sensation de bien-être que tu convoitais.

Après une dizaine de minutes, ta danse toucha à sa fin alors que tu restais immobile, dans une position imprégnée de grâce et quelque peu acrobatique. Gardant cette pause, lentement tes yeux violacés s’ouvrirent pour fixer les spectateurs qui t’acclamèrent alors que les rideaux se fermèrent.

***

“ - Toutes mes félicitations. Une fois encore, tu as ébahi le public. Et … ta compagnie est sollicitée par plusieurs clients et de haute stature mais je suppose que, cette fois encore, ça sera un refus ? … Tsubaki, ne voudrais tu pas accepter pour une fois ? A force de refus, tu vas finir par provoquer la colère de certains de nos fidèles clients … Pense un peu à ce que cela t’apporterait. Je sais que tu ne cours pas après l'argent mais pourrais tu au moins faire un effort pour la maison, pour moi ?
- Ma réponse est non et sera toujours non ! Je pensais avoir été clair ! Je préférai arrêter de me produire plutôt que de tenir compagnie à ces dépravés.
- Franchement, si j’avais su que tu refuserais toute demande de compagnie, je ne t’aurais pas laisser produire sur scène, même si ta prestation rapporte énormément. Je sens que tout ceci va mal se finir. Attiser le désir d’un homme mais qui ne sera jamais assouvi peut être dangereux.
- C’est toi qui as voulu que je monte sur scène. Je fais ça pour toi alors assume seule ta décision … Sinon, je peux toujours tout arrêter.
- Il est trop tard pour cela. Nombreux clients présents ce soir sont venus que pour ta prestation et certains sont des grosses fortunes qui ne lésinent pas sur les dépenses alors je n’ai pas envie de les perdre … Et puis, priver le Jardin de sa Tsubaki n’est pas une brillante idée.
- Une fleur ça se remplace.
- Certes mais rien ne dit que la nouvelle sera à la hauteur prestance de l’ancienne.
- C’est vrai. Je suis irremplaçable. Le ton était taquin.
- Oui, tu l’es. A force, j’ai fini par te considérer comme ma véritable nièce. C'est pour cette raison que j'accepte ton insolence !

Face à cette déclaration, tu préféras rester silencieuse car l’attachement n’était pas réciproque. Tu avais fini certes par apprécier cette femme avec qui tu avais collaboré pour l’exploitation du Jardin des Sens mais, pour toi, elle ne restait qu’une simple collaboratrice. Bien que tu eusses entièrement confiance en la personne de Dame Tatsuki tu étais incapable de lui ouvrir ton cœur qui, depuis ton départ de Kumo, n’avait cessé de durcir jusqu’à retrouver son état d’acier d’antan.

Dame Tatsuki était jadis une des Maîtresses du Parrain d’une organisation mafieuse dont tu faisais partie à une époque qui précédait ton intégration de Kumo. Tu étais tombée sur elle par la force du destin alors que tu étais arrivée à Teitetsu après avoir quitté le Village Caché de Nuages. Tatsuki administrait déjà le Jardin des Sens mais elle se plaignait de ses affaires qui allaient mal. Après avoir observé les activités du Jardin, tu lui avais alors proposé un nouveau départ en misant sur la qualité plutôt que sur la quantité. En effet, son établissement était plein tous les soirs mais les clients n’étaient que des hommes de la plèbe. Des êtres qui n’avaient aucune éducation, des grossiers qui ne faisaient aucune preuve de respect envers les femmes qui exerçaient au sein de la maison. Et qui, par-dessus tout, consommaient peu par manque de moyen. Tu avais fait comprendre à Tatsuki qu’il valait mieux attirer des hommes de plus haut rang même s’ils étaient moins nombreux. Seulement en l’état, aucun homme digne de ce rang n’oserait poser les pieds dans son établissement qui ressemblait à un bordel pour prolétariat.

Tatsuki avait décidé de suivre ton conseil mais, manquant de moyen, tu lui avais proposé de l’aider financièrement. Ainsi, le Jardin des Sens avait été rénovée et les Dames de Compagnie avaient été renouvelées. Les meilleures avaient été gardées puis des nouvelles avaient été rajoutées. Les exigences pour pouvoir fréquenter le Jardin des Sens ainsi que le prix de fréquentation avaient été vu à la hausse. Au début, les affaires ne marchaient pas fort mais, rapidement, celles-ci montèrent en flèche grâce aux réputations des divertissements mis en place sous tes conseils. Tu avais assez fréquenté d'hommes pour savoir ce qu’ils attendaient des femmes. En échange de ton investissement financier, tu touchais aujourd'hui quarante pour cent des bénéfices de la maison et ce tant que celle-ci restera active.

Tu allas troquer ta tenue de scène avec tes vêtements quotidiens. Des accoutrements qui avait été choisis par Dame Tatsuki qui s’était proposé de t’habiller lorsque tu avais exprimé le souhait de changer de style. Après ton départ de Kumo, tu avais senti l’envie de changer d’apparence, comme si ton être désirait se débarrasser de l’image de la kunoïchi que tu avais été. Tu avais même abandonné la coiffure excentrique qui faisait ton originalité pour la simplicité des cheveux lâches. Ton apparence d’aujoud’hui faisait plus femme voire même une fille de joie. Venant de Dame Tastuki, tu t’y attendais mais, étant loin d’être pudique et si peu regardant sur l’apparence, tu l’avais laissé faire sans rien dire. Tes vêtements mettaient en valeur tes atouts féminins qui se révélaient parfois utiles même si ceux-ci t’attiraient plus d’ennui que de bénéfice. Mais, les ennuis tu les affectionnaient.

Apprêtée, tu te dirigeas vers la sortie de la pièce où peu d’être était autorisé à poser les pieds car c’était l’espace privée de Dame Tatsuki, la dirigeante officielle du Jardin des Sens.

“ - Bonne soirée Tatsuki.
- Combien de fois devrais je vous demander de ne pas m’appeler ainsi lorsque nous sommes entre nous !?
- Désolée. Comme je fréquente plus souvent la Fleur que la Fille de Ténèbres (Yamiko), j’ai bien du mal … Bonne soirée Yamiko.
- A vous aussi Dame Tatsuki.

Tsubaki n’était qu’un personnage qui te permettait d’évader un peu de ce monde bien morose que tu avais choisi et dans lequel tu continuais de tracer ton chemin avec l'espoir un jour de déboucher sur une voie plus guillerette ...

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Dernière édition par Gentoku M. Yamiko le Dim 17 Avr 2022 - 21:21, édité 1 fois
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Mer 9 Fév 2022 - 1:11
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~ Teitetsu - Automne 204 ~

Yamiko

Perchée sur le toit d’une des plus hautes bâtisses de la grande ville, les bras croisés sous ton opulente poitrine, tu observais sereinement ce qui se passait sur la grande place en contrebas et qui était très animée malgré l’heure tardive. Tu te trouvais dans le quartier “ des plaisirs ” de Teitetsu. Un lieu où les activités étaient en continues, même si elles étaient plus intenses durant la nuit que la journée. On y trouvait des nombreux établissements qui proposaient des animations nocturnes ; comme le Jardin des Sens que tu venais de quitter. Le quartier étant fréquenté même par ceux de la haute société, il y régnait une ambiance festive moins loin d’être chaotique comme on s’y attendait dans ce genre d’endroit. Mais, comme partout, on pouvait y trouver des lieux pas très recommandables qui, en général, les avisés évitaient de fouler de leurs pieds.

Souvent, tu te perchais à cet endroit pour tuer le temps. Chose dont tu avais à ne plus savoir quoi en faire.

Voilà plusieurs mois que tu avais quitté Kumo. Suite au départ des deux élèves que tu avais en charge, tu avais décidé d’abandonner ton train-train quotidien qui était devenu bien trop ennuyeux au sien d’un Kumo qui avait perdu son identité alors que celui était assiégé par le Teikoku. Prétextant rendre visite à ta maternelle - qui vivait en dehors du Village Caché - durant tes jours de repos, tu n’étais plus jamais revenue. Personne n’était venue à ta recherche. Rien d’étonnant. Les teikokujin qui étaient au pouvoir n’avaient que faire d’un kumojin qui avait décidé d’abandonner son Village entre leurs mains. Tu n’étais pas d’ailleurs la première à avoir agi ainsi.

Même les Metaru n’avaient pas daigner avoir de tes nouvelles. Respectaient-ils ton choix ou n’avaient-ils cure de ta personne ? Après tout, tu n’étais pas née au sein du clan. Tu n’étais même pas native de Kumo. Tu n’étais qu’une simple bâtarde née d’un amour non réciproque. Mais, peu importait, tu n’en voulais à personne. Bien au contraire, tu leur remerciais de te laisser en paix car tu étais partie avec le désir de couper tout lien avec Kumo.

Plusieurs mois plus tard, tu t’ennuyais toujours et bien plus qu’avant. A part Dame Tsubaki, tu n’avais personne. Tu appréciais la solitude mais tu étais arrivée à un point où parler à quelqu’un te manquait cruellement. Tu te rendais compte qu’avoir au moins une personne avec qui discuter à cœur ouvert était essentiel. Tu avais confiance en Dame Tsubaki mais vos personnalités divergentes et vos goûts si opposés faisaient qu’elle n’était pas la compagnie idéale. Tu avais tenté de nouer quelques relations mais tu t’étais lassée vite de ces gens avec qui tu n’avaient eu la moindre affinité. A force d’échec dans ta quête d’une agréable compagnie, tu avais fini par abandonner toute nouvelle tentative.

Pour tenter de remédier à l’ennui qui te rongeais de plus en plus, tu avais envisagé de retourner à Kumo que tu savais avoir retrouvé son indépendance. Tu étais même au courant qu’à sa tête se trouvait Meikyû Raizen ; un homme que tu connaissais et que tu appréciais. Tu étais convaincue qu’il t’accepterait si tu revenais mais ton être avide de liberté n'était pas enclin à réintégrer une organisation ninja. D’autant plus que tu connaissais assez le nouveau Raïkage pour avancer que c’était un homme très à cheval sur les règles. Or, tu étais le genre à n’en faire qu’à ta tête. Maintenant que tu avais regagné ton indépendance, tu ne désirais t’enrôler de nouveau dans une organisation qui t’empêcherait d’agir à ta guise. Tu préférais encore mourir d’ennui comme aujourd’hui.

Les cheveux bercés par la brise d’automne, ton regard violacé fixant le vide, l’image de Jun se peignit dans ton esprit. Tu pensais souvent à elle dernièrement. Certainement parce qu’elle était sans doute la personne en mesure de t’extirper de ta solitude. Joo Jun était sans doute l'être qui te connaissait le plus ici-bas. Elle était même au courant de ton passé méphistophélique au sien de la mafia. Une époque bien lointaine à présent. Remémorer ta vie à jamais révolue te poussa à penser au Parrain que tu avais aimé comme un père. Cet homme t’avait appris tout ce qu’il fallait savoir pour survivre au sein de la pègre, le monde où tu avais grandi.

Voilà des années que l’organisation mafieuse où tu avais exercé a été démantelée, suite à la trahison d’un homme de confiance du Parrain. Une félonie qui avait mené ce dernier à la mort et qui t’avais poussé à fuir à Kumo. A cette époque tu n’étais pas assez forte pour combattre le traitre mais aujourd’hui tu l’étais suffisamment. Seulement, il avait disparu sans laisser de trace. Dame Tatsuki, qui avait été une des Maîtresses du Parrain, t’avait confié que le perfide dont tu désirais tant la mort appartenait certainement à une organisation mafieuse étrangère. Le fallacieux s’était infiltré au sein de ton organisation dans l’objectif de la détruire un jour. Bon acteur, l’infiltré avait tout fait pour gagner la confiance de ton Parrain puis avait attendu le moment opportun pour le planter dans le dos.

Aujourd’hui, ta haine n’était plus suffisamment ardente pour te pousser à chercher le scélérat qui t’avait arraché l’être que tu avais vénéré comme un dieu et aimé comme un père. Et, Dame Tatsuki t’avait fait comprendre que ton père d'adoption ne souhaiterait certainement pas te voir s’engager dans la vengeance. Après tout, malgré sa position, le Parrain avait été un homme qui savait se montrer plein de sagesse.

“ - Que dois-je faire maintenant père ?

Ta voix se perdit dans le vide alors que tu avais levé les yeux pour fixer un ciel dénué d’étoile.

“ - Et si j’allais chercher Jun ?

Oui. Là était certainement la chose à faire. Tu n’avais rien à perdre à essayer de retrouver la jeune ronin que tu considérais toujours comme une petite sœur. Elle était celle qu’il te fallait, la compagnie dont tu avais besoin. Elle t’aimait pour ce que tu étais, elle te faisait entièrement confiance et tu pouvais lui parler de tout. Aux dernières nouvelles, pour une raison que tu ignorais, la rebelle avait rejoint le rang du Teikoku . Était-elle toujours en vie ? Tu l’ignorais mais tu le sauras certainement en se rendant à Urahi ...

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