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La Résilience du Fer [Rin]

Nomura Ieyasu
Nomura Ieyasu

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Mar 15 Fév 2022 - 13:18
Pour un enfant de la ferme comme l’était Ieyasu, une cité telle que celle dont il arpentait à présent les rues depuis plusieurs jours était la source d’émerveillements et de surprises sans cesse renouvelés. A l’exception de la capitale du Feu, Urahi, qu’il n’avait pas eu l’occasion de beaucoup visiter et qui ne lui avait pas paru dégager la même aura, le jeune vagabond n’avait en effet jamais eu le loisir de parcourir des villes de ce calibre lorsqu’il était plus jeune. Ses voyages, alors, s’étaient limités à de petits trajets locaux visant à aller écouler la production de leur exploitation sur les marchés et au côté des entrepôts tenus par quelques coopératives assoiffées de profits. Ce qu’il avait continuellement sous les yeux, ici à Iwa, défiait dans les grandes largeurs tout ce qu’il avait pu voir auparavant, et de se dire que cette cité avait subi quelques mois plus tôt l’attaque du Dieu Singe… Cette pensée, à elle seule, suffisait à emplir le coeur du Nomura tout à la fois d’une peur viscérale et d’une admiration irrationnelle, pour ce que les gens de la Roche étaient parvenus à accomplir en réaction au cataclysme qu’ils avaient essuyé. Son moignon, songea le bretteur, semblait bien insignifiant face à tout ça, et sa résilience à aller continuellement quérir l’aide des médecins si renommés du centre hospitalier d’Iwa pouvait dès lors aisément passer pour de l’insistance déraisonnable.

Mais au fond de lui, Ieyasu était inconsciemment arrivé à une forme de résolution ferme et définitive. Car si feu le Shogun Taira Fugaku avait ôté toute chance à son père de mourir honorablement, c’était bel et bien ces shinobis, ces gens pour qui il commençait malgré tout à vouer une forme d’admiration, qui l’avaient tué. Le jeune épéiste avait tiré un trait sur la rétribution, sur la vengeance : il n’en attendrait pas moins, cependant, un juste retour de la part de ceux qui avaient fait de sa mère une veuve et avaient semé la graine de la destruction au sein de sa famille.

Aussi intéressée qu’était sa démarche, Ieyasu la réitéra donc encore une fois ce jour-là, en se rendant au centre médical renommé de la Roche. Il y avait récemment « presque » sauvé un patient, en préparant deux décoctions de choc afin de guérir l’infection pulmonaire dont celui-ci était alors en train de souffrir, mais la promptitude à agir des eiseinin locaux avaient outrepassé la sienne à préparer ses mixtures, les rendant caduques. Le Nomura avait pour la peine pris le temps de concocter plusieurs variantes de son antibiotique avec les ingrédients en trop qu’il avait récolté, mais ces fioles là resteraient sagement en réserve, à son ceinturon et dans les sceaux qu’il avait calligraphié pour les y stocker. Avec un aplomb plus marqué qu’à l’accoutumé, paré de son armure samouraï traditionnelle que tous ceux qui le croisaient s’étaient habitués à voir sur lui, Ieyasu traversa donc le hall de l’hôpital, fixant dans les yeux le garde qui l’avait déjà maintes fois refoulé les jours précédents. Ferme, il se campa alors en face de lui à quelques mètres, la mine serrée.

« Bonjour. La médecin en cheffe est-elle revenue ?
- ...Tshhh… Tu connais la réponse, gamin. Allez, fous le camp », répondit-il d’un air plus blasé qu’il n’était agressif.

Le bretteur manchot fit une légère moue avant de se retourner de deux tiers, faisant peser son regard sur les alentours en tâchant de maîtriser ses émotions. Son regard toutefois retourna brièvement se planter dans celui du garde, une nouvelle intensité au fond de ses iris.

« ...Je compte sur vous pour lui dire. Lui dire que c’est Nomura Ieyasu, qui la demande. Le jeune homme de Tetsu, dont le père a été tué par les vôtres. »

A ces mots il tourna finalement les talons, prêt à repartir aussi sec du centre médical. Mais avant qu’il ne fut parvenu à la sortie, la vue de pupilles blanches caractéristiques, qu’il avait déjà observé chez son mentor Kisuke, attira son attention sur le côté. Il ralentit l’allure, fronçant légèrement les sourcils en voyant cette belle jeune femme aux cheveux noirs, le bras en écharpe, et ne put s’empêcher de plonger ses yeux dans les siens. Une Hyûga, songea-t-il, et qui semblait en avoir vu de belles à en juger par son état. Il ne s’arrêta pas.. mais ne résista pas non plus à l’envie de palabrer.

« ...Dure journée… ? »


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Hyûga Rin
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Sam 19 Fév 2022 - 4:28


Une femme blonde se tenait près de Rin. Elle avait de longs cheveux dorés attachés en queue de cheval et qui lui descendaient quand même jusqu'au niveau des fesses. Son regard était fixé sur l'épaule de Rin qu'elle faisait bouger elle-même en manipulant le poignet de la Parange. Observant les réactions de sa patiente, elle évaluait le niveau de soins qu'il allait être nécessaire pour remettre la Hyûga sur pied. Bien entendu, de se faire tourner le bras n'avait rien d'agréable et même cette maîtresse de ses émotions ne put s'empêcher de relâcher quelques rictus au niveau de son visage.

[Kyoumi] - Bon, je crois qu'on peut commencer.

Réalisant une série de mudras, la femme chargée de soigner Rin électrifiait sa dextre, la déposant au niveau du trapèze de sa patiente. D'un seul coup, la femme sentit toute la décharge pénétrer son corps et parcourir les muscles de son bras. Tétanisant ceux-ci, la Hyûga n'était plus en mesure d'envoyer le moindre signal électrique à cette partie de son corps, car ils se retrouvaient interceptés par le jutsu de l'Eisei. L'inverse était aussi vrai, ses nerfs n'étaient plus en mesure de communiquer avec son système nerveux central. Complètement paralyser, incapable de ressentir la moindre douleur, elle était restée surprise de l'utilisation d'une telle technique Raiton.

D'un seul coup, la femme plaçait le bras de Rin dans une position naturelle et réalisait une nouvelle série de signes à l'aide d'une seule main. Maître en ninjutsu, elle pouvait maintenir le contact nécessaire à son jutsu Raiton, tout en réalisant les mudras d'une technique de soin. Sa sénestre s'entourait d'un chakra verdâtre, puis elle la posait sur la brisure de sa patiente, qui ne ressentit pas la moindre chose.

[Kyoumi] - Yanosa ?
[Rin] - Comme la dernière fois.
[Kyoumi] - C'est à lui que je devrais envoyer la facture.

Échangèrent-elles afin de combler le temps d'attente pour la réalisation du soin. La parange ne répondit que par un sourire. Rin, fascinée par ce qu'elle voyait, était bien triste de ne pas avoir activé son Byakugan au préalable. Comme elle aurait adoré observer dans le détail les manipulations effectuées par la médecin. Comme elle aurait particulièrement aimé observer les soins s'effectuer en temps réel, mais malheureusement, ça serait sans doute pour la prochaine fois. Son intérêt pour les arts médical était bien ressent.

[Rin] - Dame Matsuura, j'aurai une requête.
[Kyoumi] - Hmmm... Quoi donc ? C'est bien innabituelle de ta part.
[Rin] - Accepteriez-vous de m'apprendre l'Iroujutsu ?

La femme hochait négativement de la tête. C'était fascinant à quel point elle était apte à séparer son attention en trois actions bien distinct. D'une part, elle soignait la blessure de la parange, de l'autre elle maintenait une immobilisation tétanisant aussi la douleur et finalement, elle entretenait une conversation.

[Kyoumi] - Je ne prends pas d'élève. Désolé. D'autant plus que je perdrais ma meilleure cliente. Rigolait-elle.
[Rin] - Je vois, si jamais vous changez d'avis, faite moi signe.

L'Eisei posait son regard dans le vide. Un regard pensif, lourd de sens. D'un seul coup, elle rompait le contact avec ses deux mains, brisant par le fait même ses deux techniques. Par reflex, la parange offrit à son épaule un mouvement de rotation, testant la douleur et les soins de son interlocutrice. Percutée d'un seul coup par un vif éclair, elle freinait son mouvement sec, arborant un non verbal criant son état.

[Kyoumi] - Tu sais quoi. Je pourrais peut-être utiliser une femme avec tes connexions. Si tu parviens à me trouver un fournisseur capable de faire venir quelques plantes du pays de la pluie, j'accepte de t'enseigner l'Iroujutsu en échange. Rajoutait-elle en ramassant un atèle.
[Rin] - Je vais voir ce que je peux faire, j'ai peut-être une idée... Et pour mon bras ?
[Kyoumi] - Ton os n'est plus brisé, mais ton corps devra finir le reste des soins. C'est important pour sa propre solidité.

Rajoutait-elle en immobilisant le bras gauche de Rin. Faisant volte-face, elle inscrivait sur un morceau de papier quelques gribouillis qu'elle donnait à sa patiente. Posant son regard sur le contenu, elle retrouvait le nom de ce qu'elle imaginait être les deux plantes qu'elle nommait avoir de besoin... À l'endos d'une facture clairement gonflée de par le statut et la richesse de son clan. Souriant légèrement, Rin rangeait le tout dans sa besace et s'inclinait respectueusement en direction de Kyoumi.

[Rin] - Tu me charges toujours autant pour un travail fait à moitié ?
[Kyoumi] - Ceux qui ont les moyens paye. Tu connais la règle.
[Rin] - Tu recevras ton paiement dans deux jours. Merci pour les soins.

Sur ses mots, Rin se relevait et sortait de la salle. Ce n'était pas la première fois qu'elle faisait affaire avec Matsuura Kyoumi et ce ne serait sans doute pas la dernière. Les entraînements dans lesquelles elle avait tendance à se lancer ne finissaient souvent pas ce genre de blessure et elle appréciait la transparence, la personnalité et la philosophie de soin de Kyoumi ; accélérer le processus, mais laisser le corps se renforcir en finissant le travail. Une subtilité que Rin trouvait particulièrement intéressante.

Dans tous les cas, elle posait sa psyché sur l'énigme que venait de lui lancer celle qu'elle souhaitait avoir comme mentore pour l'Iroujutsu. En direction vers l'extérieur, son regard était fixe, pensif. Elle connaissait certes quelques personnes capables d'exporter des biens, mais le pays de la pluie représentait un défi en soi.

Cependant, elle fut rapidement ramenée à la réalité par la voix d'un homme près d'elle. L'interpellant d'une façon si simple, ça lui avait pris quelques secondes pour comprendre qu'il s'adressait à elle. Faisant valser ses iris éburnés sur le corps de son nouvel interlocuteur, elle avait devant elle un adolescent qui devait avoir au moins une quinzaine d'années de moins qu'elle. Ses paroles faisaient échos dans son esprit et elle finit par lui répondre.

[Rin] - J'ai connu de meilleure journée, c'est bien vrai.

Posant le regard sur l'armure de son interlocuteur, il fallait bien dire qu'il sortait du lot. Elle avait rencontré très peu de gens qui prenaient la peine de s'équiper ainsi. En réalité, elle avait rencontré une seule autre personne, une amazone maniant un arc.

[Rin] - J'ai toujours trouvé ce genre d'armure d'une rare beauté... surtout celle marquée par la guerre. Elle te va bien, sieur...

Elle laissait la conversation en suspens, indiquant clairement qu'elle espérait que son interlocuteur se présente.

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Dim 20 Fév 2022 - 15:01
Presque nonchalamment, le jeune bretteur avait continué d’avancer en direction de la sortie du centre médical, direction que semblait également prendre la jeune femme aux pupilles nacrées caractéristiques de ce clan, les Hyûga. Engager ainsi la conversation avec l’un des shinobi du village de la Roche, une kunoichi qui plus est, lui aurait semblé impensable il y avait encore quelques jours de cela : chemin faisant, toutefois, par la force de l’habitude et de l’accoutumance, Ieyasu s’était autant rôdé au regard des locaux que l’inverse, ce qui faisait de lui une vue presque familière, un élément du décor qui, si il était toujours placé sous quelque degré de surveillance, revêtait quelques atours routiniers. Dans ces conditions, son instinct avait pu lui souffler qu’engager la conversation avec cette femme ne pourrait pas lui porter préjudice, d’autant que ses recherches actuelles en matière d’alchimie requéraient quelques macérations d’ingrédients qui reposaient pour l’instant dans son laboratoire improvisé, imbibés de solutés savamment dosés par ses soins. Comme rarement cela avait été le cas pour le Nomura, ce dernier avait présentement du temps. Du temps pour rien, ou pour n’importe quoi.

« Oh, je ne suis pas un… sieur, haha.. ! Vous pouvez m’appeler Ieyasu. Pour ce qui est de l’armure... »

Le duo s’approchait de la sortie et, continuant leur début d’échange tout en franchissant le seuil, Ieyasu porta un regard sur les motifs abîmés et les maillages de protection de la pièce de torse qu’il portait, se remémorant exactement où et comment il l’avait récupérée. Il n’y échappait pas, en dépit du temps passé depuis ces instants fatidiques, sur le flanc des collines qui longeaient la frontière ouest de Tetsu. Il revoyait les corps, incapable de discerner les visages, le visage de son père tombé au combat, et la fascination de la Hyûga pour ces couches hybrides de cuir et de métal lui parut alors un instant bien mal placée.

« ...elle n’était pas à moi. Je l’ai récupérée, après la bataille. Celle qui a opposé les vôtres… aux armées de Taira Fugaku. Je la vois comme un héritage de mon père, même si… je sais, qu’elle n’était pas à lui. Mais c’est sur ces collines, qu’il est mort, et je dois… je me dois, de lui faire honneur. L’honneur que n’a pas su lui accorder son Shogun. »

La mâchoire du Nomura ostensiblement serrée, le bretteur manchot refoula quelques larmes en inspirant profondément, désormais à l’extérieur de l’hôpital. Il ignorait si il devait espérer quoi que ce soit, si il était en droit d’attendre quoi que ce soit de la part de ces gens, ces soldats de la Roche, en leur laissant entendre des bribes de son histoire. Ieyasu avait fait le choix d’enterrer toute volonté de rétribution de sa part, mais une flammèche en son for intérieur demeurait, inextinguible, repoussant les ténèbres de son silence et de sa détermination à ne pas emprunter le chemin de la vengeance.

« Mais, désolé de vous ennuyer avec ça, ce n’est pas le lieu. Vous êtes… du clan Hyûga, n’est-ce pas ? C’est la première fois que je vois l’un des vôtres aussi, et bien… amoché, si je peux me permettre. Je débute encore en la matière, et je ne sais pas ce qu’ont pu déjà vous donner vos médics… mais j’ai mis au point quelques décoctions qui pourraient vous aider, avec ça, fit-il en pointant du doigt l’épaule de la jeune femme.

Vous avez l’air… de supporter la douleur… ? Peut-être qu’un régénérant cellulaire pourrait vous aider à accélérer la guérison… Je suis plusieurs pistes sur le sujet, des approches différenciées qui se basent sur le principe de stimulation ou d’apport protéinique, j- »

Il s’arrêta net de lui-même, se retournant pleinement vers les traits aquilins de la Hyûga dont il ne connaissait même pas le prénom, venant soudainement de réaliser qu’il était peut-être bien en train de soliloquer.

« Hm, mais, je vous ennuie peut-être... »
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Lun 21 Fév 2022 - 0:57

Arrêtée dans son élan, la parange écoutait les aléas de son interlocuteur. Un homme qu'elle n'avait jamais vu, un homme qui semblait en porter pourtant si lourd. Ses dires sur la mort de son père, sur l'honneur qu'il n'aurait pas reçu. Sa souffrance n'était bien entendu pas passée dans l'oreille d'une sourde, mais c'était principalement sa verve qui attirait définitivement l'attention sur cet homme.

Faisant valser ses pupilles éburnés sur le Nomura, alors que ce dernier continuait son monologue, Rin ne put s'empêcher de remarquer qu'il lui manquait une main. Sectionner un peu plus loin que le coude, la veuve avait définitivement envie d'en apprendre plus. Continuant de l'écouter, elle posait un regard neutre dans le sien, quand soudain, il s'arrêtait sec. Interrompant son lancer.

[Rin] - Bien au contraire, Ieyasu-San. Vous ne m'ennuyez pas du tout, mais peut-être pourrions-nous poursuivre cette conversation dans un lieu plus propice ? À moins que vous ne soyez ici pour quérir les services de la clinique ?

Dit-elle en arquant légèrement sa tête et en posant son regard sur le garde qui avait son attention rivée sur Ieyasu et elle.

[Rin] - Pour ce qui est de votre proposition, je ne dirais pas non a un petit quelque chose pour accélérer ma récupération. Mon médecin m’a simplement dit de laisser le corps soigner naturellement ce qu'il restait à soigner. Si vous avez un petit quelque chose qui va dans ce sens, je suis prête à vous en acheter.

Poursuivait-elle en ramenant ses iris vers celui à qui elle s'adressait.

[Rin] - Dans tous les cas, si vous avez à faire ici, je peux aisément vous attendre. Je ne suis pas pressé.

Puis, l'épiphanie la frappait. Un détail relativement important et qu'elle avait complètement oublié de mentionner.

[Rin] - Oh ! Et je m'appelle Rin en passant. Hyûga Rin, mais ça tu l'avais déjà deviné. Dis-moi, me permettrais-tu de te demander ce qui t'amène au coeur de cette cité ?

Après tout, Iwa était la cité d'ou provenait ceux qui avaient tuer son père. S'il y avait bien une place où il serait compréhensible qu'il ne mette pas les pieds, ça aurait bien été ici. Encore une chose qui rendait le jeune particulièrement intéressant aux yeux de la parange.

[Rin] - Dans tous les cas, si tu le désires, nous pourrions poursuivre cette conversation autour d'une tasse de thé ?

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Mar 22 Fév 2022 - 0:23
Le tout jeune homme ne cacha pas son soulagement à entendre son interlocutrice lui signifier que ses menus débordements ne la dérangeaient point, affichant malgré tout brièvement un sourire gêné tandis que le duo sortait tout à fait de l’hôpital. Ieyasu se sentait de fait plus assuré qu’auparavant, pour oser ainsi initier la conversation avec une kunoichi de la Roche, mais demeurait malgré tout en lui ce besoin primitif de ne pas subir le regard d’autrui, de se faire voir de la bonne façon. En un mot, de rester lisse et sans relief aux yeux des personnes qu’il rencontrait. Une ambition qui entrait en conflit avec d’autres intentions du vagabond, plus profondément ancrées en lui et inavouables.

« La clinique, oui… Cela fait plusieurs jours, que j’essaye d’entrer en relation avec l’eiseinin en chef. Celle qui aurait permis à tant des vôtres de remarcher, après ce qui s’est passé ici… De ce que j’ai entendu, c’était… un véritable cataclysme. Égoïstement, j’espérais… J’aurais voulu récupérer l’usage d’une main gauche, grâce au talent de vos médics, mais j’ai l’impression d’être arrivé au mauvais moments pour ça. »

L’oeil sagace, presque inquisiteur du Nomura s’appesantit quelque peu sur le bras en écharpe de la Hyûga, dont le médecin lui avait recommandé de laisser faire la reconstruction naturelle des tissus pour compléter sa guérison. L’alchimiste en herbe hocha machinalement la tête pour lui-même, se repassant mentalement la liste des principes actifs qui se trouvaient dans les sérums qu’il avait produit dernièrement, songeant aux potentielles contre-indications qui pouvaient exister. Le hasard faisait en l’occurrence très bien les choses – ou bien était-ce plutôt l’expertise grandissante du bretteur manchot ? - car Ieyasu avait en stock, lui semblait-il, une préparation parfaitement adéquate pour le cas de la jeune femme.

« ...Acheter ? Ha… ! L’offre est tentante évidemment mais je ne me permettrait pas de vous faire payer. j’ai bel et bien quelque chose qui pourrait vous aider, mais je suis encore novice, je ne sais pas si les effets du sérum seraient vraiment remarquables. Question de précaution : je préfère sous-doser mes produits pour l’instant, pour ne pas prendre de risque. Pour la clinique… j’en ai fini pour aujourd’hui, malheureusement » dit-il en jetant un coup d’oeil en arrière vers le bâtiment.

Proposer son aide à la Hyûga allait de soi pour Ieyasu, mais refuser l’argent de celle-ci en échange de son produit n’était malgré tout pas totalement altruiste de sa part. En son for intérieur, le jeune vagabond comptait bien se rémunérer grâce à l’observation méticuleuse des effets de son sérum sur la dénommée Rin. Toute peine méritait son salaire, quelque soit la nature de ce dernier : le Nomura avait appliqué ce principe depuis son départ de Tetsu et ne comptait pas y déroger maintenant.

« Un thé, vous dites ? Je ne dirais pas non… Je pense que la famille Hozu qui m’héberge dans le centre pourra nous en servir. Je loge dans leur grenier, expliqua-t-il, et c’est aussi là bas que se trouve mon petit laboratoire improvisé. On peut… discuter en chemin ? »

Invitant Rin à le suivre d’un geste de la main, le Nomura prit alors la direction de la bâtisse presque flambant neuve des Hozu.

« Ce qui m’amène… je ne le savais pas moi-même en arrivant, à vrai dire. Avec le recul, je crois… que je voulais simplement vous connaître. Voir les personnes, qui se cachaient derrière le Menpo de mon deuil. Quelque chose en moi… avait toujours voulu me pousser vers la vengeance. Vers ce que je croyais être la Justice. Mais la vérité…. c’est que c’est bien Fugaku qui a mené ses troupes, mon père, à leur perte, a déshonoré leur sacrifice à tous par sa fuite. Et si mes voyages m’ont bien appris une chose, c’est que le monde est bien trop vaste et compliqué pour que je perde mon temps dans une quête aussi vaine. »

Prononçant ces mots, Ieyasu avait conservé une allure droite presque solennelle. La demeure Hozu, déjà, paraissait à l’angle d’une large avenue.

« C’est là. Les Hozu sont des gens biens, j’imagine que votre présence ne leur posera pas de problème, au contraire même. Les Hyûga jouissent d’une bonne réputation, j’ai l’impression, même si… leur rigueur a un prix, apparemment », finit-il en observant une nouvelle fois l’épaule de Rin.
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Lun 7 Mar 2022 - 18:45

Écoutant attentivement les dires de son interlocuteur, Rin posait ses pupilles éburnés dans le regard du Nomura. Un jeune, bien plus jeune qu'elle, qui semblait pourtant avoir vécu tant de choses. Un millénaire d'expérience et de vécu dans le corps - enfin, en partie - d'un adolescent. Pour la Parange, c'était à la fois intrigant et triste. Était-ce là le lègue des guerres interminables ? Une génération incapable de trouver le repos, la paix et qui devait interagir avec la mort et l'anxiété au quotidien. Certes, une réalité bien cruelle.

[Rin] - Ouvrez le chemin, je vous suis.

Dit-elle, simplement, en acceptant l'offre d'Ieyasu. Elle le suivit jusqu'à la demeure des Hozu, échangeant quelques paroles sur le chemin. Elle écoutait les paroles d'Ieyasu et y entendait la sagesse des hommes et non pas l'impulsivité des enfants.

[Rin] - Cette réflexion est toute en votre honneur. J'entends là les paroles d'un sage.

Répliquait-elle, complimentant ce qu'elle pensait être sincèrement un des traits de caractère les plus importants pour ceux qui évoluent dans un monde tel que le Yuukan. La violence n'engendre que la violence et ne s'arrête que dans sa propre mort. C'est pourtant une émotion si forte et tellement attirante qu'il est difficile d'y résister. Il est même très facile de se vautrer dans un confort que peu de personnes ne sauraient remettre en question. Après tout, qui ne voudrait pas faire payer les méchants générateurs de souffrance ? C'est là, un exutoire, mais qui n'était qu'un engrenage déclenchant un autre rouage de vengeance. Quelqu'un quelque part devait mettre fin à ce cercle infini, à cet ouroboros. Elle l'avait fait, de son côté, en choisissant de tourner cette énergie en motivation. En nourrissant ses agir plutôt que d'engraisser sa rancoeur, mais elle n'était pas jeune. Elle avait du vécu. Que Nomura le fasse, du haut de ses quatorze ans révélait en lui un futur dont la porter ne pouvait être perçu, même pas son regard nacré.

[Rin] - Personnellement, je trouve qu'il est difficile d'en vouloir aux autres pour les choix conscients faits par nos paires. Sans entrer dans les détails, j'ai aussi perdu des êtres qui m'étaient chers, des shinobis de la roche morts au combat. Il serait facile d'en vouloir à l'être leur ayant enlevé la vie. D'en vouloir à cette organisation qui les a envoyés au front. Au final, cependant, c'est eux qui ont fait le choix d'être ce qu'ils étaient et ils sont morts suite aux actions qu'ils ont eux-mêmes posées.

Mais tel n'était pas le cas de tout le monde. Si sa famille avait eu le luxe de choisir de s'engager et de choisir d'aller au front, ce n'était pas le cas de tous. Elle ne connaissait pas la réalité d'Ieyasu. Elle ne pouvait que parler pour ses propres expériences, mais c'était justement ça qui rendait ce genre de discussion enrichissante. Il y avait autant de points de vue sur ce sujet qu'il y avait de personne. Tant de vécus, tant de sentiments.

Pas à pas, ils avancèrent en direction de la demeure des Hozu. Arrivé sur les lieux, le Nomura enchérit quelques mots sur la notoriété de son clan. Il était bien vrai que certaines portes s'étaient ouvert de par sa simple appartenance au clan Hyûga, mais ce n'était pas quelque chose sur quoi elle souhaitait se reposer. Enfin, si c'était le cas quelques mois plus tôt, ses impressions avaient changé sur le sujet. Un peu comme si ses yeux avaient été ouverts - de force - par quelques personnes de son entourage, sur les défauts de son clan. Pour l'instant, cependant, elle ne voyait que ça, un peu aveuglée par cette réalisation qui l'avait frappé aussi fort que la foudre.

[Rin] - Je vous suis. Je dois vous avouer que j'ai bien hâte de voir ce laboratoire improviser.

Répliquait-elle en posant son regard sur le toit de la demeure.

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Nomura Ieyasu
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Dim 17 Juil 2022 - 0:34
« Ha, un sage… ! Si seulement, Rin-san. Si seulement... »

Le duo s’approcha de la demeure des Hozu et le bretteur manchot y toqua à la porte par quatre fois d’une façon bien particulière, une forme de code simpliste qui signifiait explicitement aux propriétaires qui était sur le point d’entrer. Sans attendre de réponse, Ieyasu entra donc et posa ses jeunes iris sur la matrone Hozu, dont les fils travaillaient déjà depuis longtemps et avaient fondé leur famille ailleurs dans la cité.

« Ohayo, Mirei-san. J’amène quelqu’un en haut, si ça ne vous ennuie pas. Une membre du clan Hyûga. J’ai peut-être un onguent qui pourrait l’aider à guérir et-
- Heeeeh, je veux pas en entendre davantage, Ieyasu.. ! Fais-la monter, faites ce que vous avez à faire, ça me regarde pas ! Tu payes assez cher pour pas avoir à te justifier sur ce que tu fais, là-haut !
- M-Mirei-san… ! Ahem, désolé Rin-san, on devrait… On devrait y aller. »

Gêné par le sous-entendu, le Nomura passa compulsivement sa main dans ses cheveux d’ébène en fuyant le regard naturellement inquisiteur de la Hyûga. Sans doute la gêne aurait-elle disparu, une fois qu’ils seraient arrivés au grenier où il tenait son petit laboratoire improvisé. Sans doute. C’était en tout cas ce que le tout jeune homme espéra, tout au long de leur ascension, d’escalier en escalier, jusqu’à cette échelle finale qui les mena sous les combles qui se trouvaient être plus vastes que la moyenne.

« C’est… voilà mon chez moi, le temps de mon séjour dans votre cité. »

Il y avait là une couchette de fortune avec le nécessaire de toilette, mais aussi et surtout de grandes et larges tables en bois brut, sur lesquelles trônaient moult équipement en apparence usés et vétustes. Du matériel que Ieyasu avait dégoté grâce à l’aide de Kisuke, et qui lui avait depuis énormément servi. Il n’y avait pour le déduire qu’à observer, légèrement sur le côté contre du fourrage en paille, la quantité de fioles qui semblaient être rangées en bataille dans des caisses et qui toutes portaient une étiquettes où figurait leur contenu respectif. Un beau bazar organisé, dans lequel le bretteur manchot venait donc d’attirer son sujet test.

« Désolé, le confort est un peu limité… mais vous pouvez vous asseoir là, dit-il en désignant l’unique chaise présente dans la « pièce », vaste mais spartiate. Je vais préparer le composé. Je vais devoir l’injecter dans la zone touchée, j’espère que vous supportez la vue des aiguilles... »

Un peu penaud, le Nomura n’en demeura pas moins attentif et expert dans ses manipulations suivantes, gérant avec une seule main la préparation de la seringue et du flacon via des gestes qui auraient pu sembler maladroits, mais qui étaient en réalité le fruit d’une longue et douloureuse adaptation. Le composé enfin prêt, Ieyasu se tourna de nouveau pleinement vers Rin, le regard soudain quelque peu absent. Il stoppa tout mouvement, réflexif, repensant aux paroles que la Hyûga avait prononcé plus tôt.

« ...Mon père… Je ne sais pas si on peut dire qu’il a eu le choix. De mauvaises récoltes… Trop de taxes à payer. Il a dû s’enrôler, pour nous assurer de joindre les deux bouts, et au final… Au final, la guerre l’a tué. »

Arriver ainsi à formuler à haute voix que c’était la guerre, et non des iwajins qui avait ôté la vie à son père était un grand progrès pour Ieyasu. En son for intérieur, il s’en félicita presque, allant puiser au fond de lui un mince sourire en regardant à nouveau droit dans les yeux de Rin.

« Si vous êtes prête… c’est quand vous voulez ! »
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La Résilience du Fer [Rin]

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