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Conjecture d'une possible alliance

Kobayashi Kazunaga
Kobayashi Kazunaga

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Jeu 17 Fév 2022 - 20:46


J’épluchais le registre en silence, le faciès dissimulé derrière mon masque de démon. Une capuche couvrait mes cheveux blancs et je continuais, imperturbable, de poser mes yeux à travers ces deux petites brèches creusées dans le bois pour parcourir l’étendue des pages blanches. Je sentis l’odeur du papier, mais pas celle de l’encre. Rien à se mettre sous la dent. Aucun contrat d’assassinat, aucun denier à prendre. On m’avait toutefois raconté, au sein des villages du Pays du Feu, que plusieurs révoltés en voulaient à l’Empereur. A défaut d’avoir une proposition concrète, il me restait les primes. L’argent toutefois ne commandait pas mes actes. Seules mes impressions avaient le pouvoir de diriger le couteau que je tenais en main.
J’étais ma propre loi.
En fermant délicatement le registre de ma main gantée, j’entendis un bruit de pas. Pareil à un fantôme, je partis dans un souffle. L’homme responsable de la tenue du registre rentra dans son campement, le regard vif, l’oreille alerte. C’était un habitué de la pègre, qui depuis longtemps marchandait autre chose que des tissus : le commerce de têtes payait bien mieux, et c’était encore plus prolifique que le crime n’était pas fait en mains propres. Il examina son bureau, ayant décelé un signe de présence.
Hélas, on n’attrape jamais un fantôme.


* * *

Sa main sur le crâne d’un bœuf, il sonda à travers ses pupilles à l’intérieur de son âme. Les bêtes avaient une façon particulière de s’exprimer, de faire savoir combien elles étaient fatiguées, combien elles avaient faim, combien elles se sentaient en paix. Il observa des traces sur pelage, là où le poil avait disparu et montrait son épiderme à vif. Elle s’était frottée plusieurs fois jusqu’à s’en arracher la peau. Quelque chose taraudait l’animal. Il agita un mouchoir imbibé d’éthanol devant ses nasaux.
Tu as mal. Montre-moi.

L’animal mugît, puis se tourna et marcha en boîtant, sans prendre en considération les intentions de son maître. Kazunaga ne trouva nulle solution. A son tour, il se retourna et se résigna à admettre qu’il n’avait pas le talent d’un vrai maitre d’écurie. Voir ainsi son bétail souffrir ne lui plaisait guère ; non qu’il se sente responsable de son trouble, car il avait toujours bien traité cette bête, mais il peinait de ne pouvoir rien faire pour soulager ses tourments. Il pivota la tête vers Urahi.
Oui.

Il ne lui fallut pas longtemps pour charger son fils, après que ce dernier se fusse entraîné à la maîtrise des kunaï, de s’occuper de la vente des marchandises. Il indiqua à son voisin, un pauvre chandelier sans envergure qui faisait son beurre sur la vente de bougies, de veiller sur son rejeton durant son absence. L’homme fit la moue, considérant avec justesse qu’il n’était ni un garde, ni une nourrice, mais les pièces qui tombèrent sur sa table surent toutefois le convaincre. L’argent achète tout, même la fidélité.

Kazunaga s’équipa d’un modeste sac qu’il chargea avec divers échantillons de liqueurs et d’une gourde qu’il remplît de son breuvage favori, du shôchû aromatisé à certaines fleurs rares. Pour se protéger du vent qui soufflait avec violence, il se couvrit d’une longue cape qu’il referma autour de ses épaules grâce à plusieurs broches. Il eut alors l’apparence d’une créature bossue, mais se dirigea sans regard sur sa silhouette vers les portes d’Urahi.

Approchant la garde de la Capitale, il remarqua que tout le monde s’affairait à réparer les dégâts sur le Pont Araho. La veille, il avait emmené son fils pour lui montrer combien il fallait avoir espoir pour l’humanité. Il se confondît un instant avec cette pensée, observant des ouvriers tractés plusieurs mètres en dessous du pont pour récupérer des débris de bataille qui menaçaient de sombrer dans le vide. Il déclina enfin ses intentions lorsque les soldats, posant leurs yeux sur lui, opinèrent du chef pour l’inviter à se présenter.

« Je me nomme Kobayashi Kazunaga. Je suis un des commerçants du marché ambulant qui s’est installé près de chez vous. Je viens quémander votre aide, car je possède une brave bête qui nécessite d’être examinée par un spécialiste afin que je puisse soigner le mal qui la ronge. J’ai entendu dire que votre armée possédait des… shinobi.
- Je vous conseillerais de vous adresser au clan Inuzuka. Ils doivent avoir l’habitude de traiter les animaux d’élevage. Malheureusement, mais en ce moment, vous savez…
- Et le clan Aburame ?
- Ah, oui ! Ce sont des combattants qui manipulent…
- Les insectes.
- Eh bien ! Un homme averti ! Les connaissez-vous ?
- Nous avons eu quelques échanges par le passé, oui. J’ai déjà commercé avec eux, et je me dois d’ailleurs de leur faire goûter un petit quelque chose. Attendez, que je vous montre… »


Il décrocha sa cape, qu’il roula en boule et qu’il rangea dans son sac, en profitant pour sortir un petit échantillon de quelques centilitres. Il n’avait pas choisi n’importe quel alcool. Naguère, en œuvrant de pair avec le clan Aburame, l’énigmatique distilleur avait pu récolter du miel de qualité. Avec le temps, il avait acquis une technique qui lui permettait de concevoir un mélange harmonieux entre le miel, le goût marqué de quelques fleurs sauvages, et un peu d’eau-de-vie.

« J’ai nommé cela le Shôchû du Nectar d’Or, pour souligner sa texture assez douce et fleurie et la couleur authentique de sa robe blonde. Le miel que j’ai acheté au clan Aburame m’a permis d’apporter la touche sucrée qui fait tout le velours qui reste sur la langue quand on le boit. Tenez, c’est offert par la maison. »

Il tendît l’échantillon, que les soldats stockèrent en arrière des portes d’Urahi, non sans le remercier en soulignant la gentillesse de ce geste. Mais nul ne s’y trompait. Cette gentillesse était commerciale, rien de plus, rien de moins. Kazunaga savait le cœur des soldats fait en amadou. Ils s’enquirent alors de sa requête. Le marchand les vit s’entretenir entre eux. Sans doute que la nouvelle de cette requête se répandrait comme une traînée de poudre, jusqu’à finir aux oreilles d’un de ces dresseurs entomologiques.

« Bien. Votre requête vient d’être transmise. Vous aurez des nouvelles d’ici peu. Voulez-vous attendre ici, ou revenir plus tard ?
- Hélas, le devoir risque de m’appeler d’ici peu. J’entame le chemin du retour, je reviendrais vers vous d’ici… disons, trois heures ?
- Dans trois heures, très bien, je transmets. Je ne serais plus de garde, mais on se verra peut-être à votre échoppe ! »


Vous y serez les bienvenus.
Il les salua en inclinant la tête, puis s’en fut, à rebrousse-chemin, vers le campement. Serait-il arrêté sur la route, ou lui faudrait-il revenir ?

Spoiler:
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