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Toile et ombre tissent l'ombre étoilée

Kobayashi Kazunaga
Kobayashi Kazunaga

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Mar 12 Avr 2022 - 12:57


Combien de temps avions-nous passé aux abords d’Urahi ? Trop peu, sans doute. En tout état de cause, voir le climat de décrépitude qui affligeait la Capitale me rendit morose et l’intention que j’eus à donner de l’espoir à mon fils se transforma malheureusement en déception. Une déception qui confirmait les doutes qu’il pouvait émettre quant à l’avenir de l’humanité. Après que nous eûmes empaqueté les breuvages et nos effets personnels, j’eus la surprise de le voir embrasser des yeux les remparts du joyau du Feu.
Il ne restait dans cette cité que des ténèbres. Sans doute eus-je mésestimé les dégâts que la révolte Inuzuka avait pu laisser dans son sillage. Et en commettant cette erreur, j’avais conforté l’esprit de contradiction dans lequel se plongeait tristement mon cadet. Mon échec était double.

Mon échec était cuisant. Encore une fois, mes erreurs de jugement jouaient en ma défaveur.

Nous prîmes la route sur une note un peu morose, sur un pas désenchanté. Que pouvais-je bien faire pour remettre un peu d’étincelles dans les yeux de mon petit ?

* * *


Le convoi marchand dont avaient profité Kazunaga et son fils en jeune âge s’était scindé, et les deux vagabonds accompagnaient finalement trois chariots attelés en direction de Kaze no kuni. Le climat automnale était encore assez doux, bien que les vents se manifestaient en soufflant sur les bâches et compliquaient l’allure et l’équilibre des bœufs qui menaçaient parfois de trébucher sous l’effet des bourrasques qui fonçaient sur eux par surprise. Le mercenaire marchait en tête de file, son nouveau bovidé secondant merveilleusement le premier dans un attelage double : il serait plus aisé de parcourir les centaines de lieux qui leur restait à parcourir à deux. Pourtant, Kazunaga ne pouvait se départir de l’idée que son aventure mettait en péril ses bêtes : les dunes du Pays du Vent étaient difficiles, les grains de sable faisaient la bouche sèche et la foulée était souvent contrariée, pour peu qu’ils dussent s’écarter du chemin principal. Peut-être lui faudrait-il stocker ses produits quelque part, et charger des mules plutôt qu’entreprendre de tracter un véhicule à roues. Mais à qui confier ses précieuses denrées ?

Son fils était tout occupé à courir après les plus petites créatures de la forêt. Kazunaga le vit, à plusieurs reprises, poursuivre une petite file de musaraignes qui disparaissaient dans un taillis, jaillissaient depuis un autre, et fuyaient en se séparant. Voir qu’il pouvait s’amuser avec ces créatures le ravissait : tout n’était pas perdu. Il espérait qu’en voulant protéger cette nature, son fils se pourvût d’un esprit d’héroïsme et de bienveillance, ce qui le raccrocherait au bien commun. La perte de sa mère avait profondément affligé son esprit : mais la vie continuait de resplendir autour de lui, et c’était bien comme ça.

Ils continuèrent d’avancer, sur l’axe principal qui mènerait à la chaînes de montages à l’Ouest du Pays, à partir desquelles ils bifurqueraient vers le Sud pour traverser la frontière et entrer sur les plateaux arides de Kaze no kuni. Un marchand qui poursuivait le même itinéraire le rejoignît en tête du petit convoi.

« Ces bois ne sont guère rassurants, Kaz’. On dit qu’ils étaient autrefois gardés par le peuple des ombres. Mais lorsqu’ils quittèrent le Pays du Feu, ceux qui habitaient là autrefois laissèrent leur territoire aux brigands et aux braconniers. Ici, les gens règlent leur compte, abattent sans scrupule tout ce qui leur tombe sous la main, ou détournent les convois. A tout hasard, as-tu des armes avec toi au cas où nous devrions nous défendre ? »

Kazunaga but une lampée d’un de ses breuvages favoris. Son fils avait pris la poudre d’escampette, ce qui lui laissait une fenêtre de temps pour se convertir au mal qui le tourmentait depuis plusieurs décennies, sans faire mauvaise image de lui et inciter son dernier-né à l’imiter. Puis il tendit sa gourde à ce compagnon du hasard en poussant un soupir de réconfort : sentir le liquide alcoolisé glisser dans son estomac lui mit du baume au coeur.

« Tu as les épaules larges, mais si tu crains de te servir de tes mains, j’ai assez de lames pour nous deux, oui. Sois rassuré néanmoins : on dit qu’il y a plus de sentinelles au Pays du Feu que nulle part ailleurs. Les ombres sont parties, oui, mais les insectes et les loups sont toujours dans les environs. Tiens, avale ça, s’il te semble utile d’exorciser quelques angoisses. »

Mais à peine le marchand eut-il prit une lampée qu’il s’étrangla en buvant, recrachant aussitôt ce qu’il venait d’avaler.

« Quoi, c’est imbuvable ? Peut-être ai-je trop…
- Non… kof kof… regarde... »


Son index pointait en direction du chemin. Kazunaga fit rouler ses prunelles dans la trajectoire indiquée, et discerna au loin une silhouette qui se dessinait dans l’axe. Son visage était encore trop loin pour être identifiable, mais il put toutefois distinguer deux sabres qui pendaient à sa ceinture. Aussitôt, il indiqua à son compagnon où se trouvaient les lames, s’il fallut s’apprêter à les employer. Il fit ensuite presser le pas à ses bœufs, de sorte à feindre l’indifférence. Mais comment ignorer un homme armé marchant dans leur direction ?

Spoiler:
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Nara Aizen
Nara Aizen

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Mar 12 Avr 2022 - 15:37

Le domaine des ombres. Ou plutôt ce qu’il en restait. L’époque avait beau être lointaine le Nara s’en souvenait comme si c’était la veille. Son enfance, il se la remémorait souvent. Pas de façon nostalgique mais plutôt comme une leçon. La leçon de ne plus jamais être faible. La faiblesse d’un enfant était excusable. Celle de sa défunte mère, de son père ou même de son clan l’était beaucoup moins. A l’époque il n’avait rien pu faire mais maintenant il avait les cartes en mains pour agir. Plus jamais il ne tolèrerait que le clan Nara soit humilié de la sorte.

Il était bien heureux d’avoir constaté que depuis l’absence des Nara rien ne semblait aller au sein de l’empire. Après avoir foulé les terres de la cité capitale il n’avait pu qu’observer désordre et discorde. La ville ne semblait être qu’un repaire de mercenaires dont le jeu de pouvoir tournait en boucle quitte à s’autodétruire. Simple coïncidence ou punition divine les clans majeurs de l’Empire ne semblaient pas avoir la capacité ou plutôt l’intelligence de résoudre les problèmes qui accablés l’empire.

Cette situation ne se cachait pas que derrière les grands murs de la cité impériale. Ici aussi, dans l’ancien domaine qui habitait les précieux cerfs du clan Nara, le désordre humain avait pris le pas sur la nature. Cette dernière avait beau être luxuriante elle ne pouvait cacher complétement les débauches qui pouvaient avoir eu lieu. Que ce soient des pillages sanglants agrémentés de feux de forêts, des traces de rixes étaient visibles çà et là.

Mais ce fut armé de sa patience et de sa plénitude propre à son apprentissage des arts samouraïs que le Nara put trouver ce qu’il cherchait : un cerf. Grand et majestueux, il se bloqua lorsqu’il aperçut enfin l’intrus en son royaume. L’animal sembla perplexe, presque choqué. Car ces êtres étaient plutôt doués d’un instinct bien supérieur à celui de l’humain et il n’aurait jamais dû s’approcher autant du Nara sans l’apercevoir.

Mais Aizen n’était pas un homme normal. Sans même user d’un quelconque justsu de dissimulation il n’avait fait qu’un avec la nature lorsqu’il s’était assis en seiza. Ce qui lui avait permis de faire une telle chose était justement ce qui séparait l’animal de l’homme en temps normal. Calme et immobile, sa respiration, ses mouvements et les battements de son cœur avaient étaient réduits au maximum. Car son but était bien de tomber nez à nez avec cet imposant animal.

Aizen le jaugea, tentant de deviner son âge. Il sourit, car ironiquement il semblait être à peine plus jeune que le Nara. Chez les cerfs cela équivalait à être un ancien. Cela voulait aussi dire qu’il avait sans doute déjà connu la présence des Nara de son vivant. Aizen d’un geste habile et rapide mit son ombre en mouvement pour la connecter à celle de l’animal. Mais il n’imposa aucun contraire à ce dernier. C’était juste un lien qui se créait sans aucune sorte d’immobilisation.

Le cerf comprit immédiatement. Aizen se leva et approcha tout doucement sa main de l’animal qui lui aussi commença à réduire la distance. Et alors qu’il s’apprêter à le toucher… L’animal tourna la tête vivement vers une direction adjacente et parti en courant.

Aizen avait également entendu. Il sortit de la forêt pour rejoindre un axe en plutôt piteuse état même s’il semblait être souvent emprunté comment pouvait le témoigner les différentes traces qui s’étalaient au fil des jours. Il put apercevoir au loin des silhouettes qui approchaient. Sans doute des marchands ? Mais on n’était jamais trop prudent, surtout en ces lieux et en ces temps incertains. Aizen ne prit pas le soin de cacher ni son appartenance à Kumo ni son armement alors il fallait prendre des précautions d’un autre type. Il éveilla ses deux sens les plus développés à leur paroxysme. Que ce soit grâce à sa vue ou son ouïe tout son environnement prit un autre sens comme toujours lorsqu’il s’éveillait aux dons des anciens.
« Deux hommes, un adolescent, trois carrioles et des bœufs. Drôle de convoi. »
C’était le cas de le dire. Qui était assez naïf pour oser se balader ainsi en terre Hijin ? L’empire était loin de pouvoir apporter la protection qu’ils osaient targuer à ceux qui voulaient l’entendre. Ou alors était-ce un piège ? Dans tous les cas ils ne semblaient pas si bruyant que ça. Le bruit des pas lourds des bovins, les chamailleries de l’enfant qui découvrait la nature et les échanges classiques entre deux hommes qui partageaient la même bouteille sans pour autant que Aizen puisse discerner leurs paroles. Mais alors, qu’est-ce qui avait fait fuir le cerf ?

Il se mit à marcher vers eux, faisant mine de simplement aller dans la direction opposée à la leur sans leur prêter la moindre attention. Lui pouvait déjà les distinguer très clairement là où eux ne devaient sans doute encore que vois une silhouette. Mais se méfieraient-ils d’un homme seul comme lui se méfiait de ce qui semblait n’être que des voyageurs ?

Ce fut en réduisant la distance avec le convoi que le Nara comprit. Ce n’était pas ces marchands qui avaient fait fuir le cerf mais…

Aizen ferma les yeux et sourit tout en continuant à avancer. Peut-être y aurait-il quelque chose d’intéressant à observer. Le hasard n’existait pas, si Kougen le voulait dans une situation si particulière c’était qu’il y avait une raison à tout cela. Agir trop hâtivement pourrait lui faire perdre de vue ce que la sainte lumière aurait voulu lui montrer. Alors le samouraï aux sens exacerbés fit comme si de rien était et continua à avancer. Une fois à portée de voix du convoi il s’arrêta pour s’adresser à eux d’un regard amusé.
« Bien le bonjour humbles voyageurs. »
Dit-il en accompagnant ses mots d’une belle flexion de buste dont il avait le secret.
« Il peut être dangereux de partir en excursion avec un si jeune homme… »
Il faisant référence à l’adolescent encore sur le côté comme pouvait le montrer son regard. Pas sûr que ces nouveaux interlocuteurs auraient le temps de répondre car ils passèrent à l’action…


Un peu plus tôt dans la forêt…


Des individus progressaient presque accroupis dans l’orée de la forêt. Ils chuchotaient et bien qu’ils se pensaient discrets ils faisaient fuir tous les animaux pendant leur approche.
– Brigand Simplet : « Trois engins de cette taille, doit y avoir de quoi se faire un paquet d’oseille là-dedans !! »
Le plus fou du groupe. Il n’était pas très intelligent mais on ne pouvait pas lui reprocher son courage, à moins que ce soit de la bêtise… Dans tous les cas, il était toujours partant quel que soit le plan.
– Brigand Prudent : « Celui aux cheveux longs semble peu commode non ? »
Le plus sage ou peut-être le plus froussard. Il semblait s’inquiéter de la présence d’un misérable qui était plus proche du cadavre que de l’homme robuste. Il en fallait toujours un dans un groupe c’était lui qui semblait toujours vouloir rappeler les bonnes règles de prudence à leur chef, à son grand désarroi.
– Brigand Chef : « Tu rigoles j’espère ? On est huit. Et ils ont un enfant ! Suffit de le choper quand il est un peu trop loin des deux gusses et le problème sera réglé. »
Justement, le chef. Moins naïf que le premier mais aussi moins rationnel que le second, il était celui qui prenait la décision finale et qui bien souvent était aveuglé par l’appât du gain.
– Brigand Simplet : « Mais clair ! Regarde-le, c’est surement son père. Un couteau sous la gorge et il nous donnera tout ce qu’il possède sans discuter pour récupérer son avorton. »
Il avait beau foncer tête baissée il évoqua une vérité incontestable : attraper le plus jeune signifiait la victoire, sans perte.
– Brigand Prudent : « Attendez !! »
Encore lui ? Quelle excuse pourrait-il trouver cette fois pour tenter d’obliger l’équipe à rentrer bredouille ?
– Brigand Chef : « Quoi encore ? »
Le chef demanda une explication… Mais tout le monde le savait dans le groupe. Ils attendaient de passer à l’action car quoi qu’il advienne leur chef ne reculait jamais devant un potentiel trésor ambulant.
– Brigand Prudent : « Mais regarde ! »
Il montra du doigt le Nara, qui s’était mis à avancer le long du chemin et qui allait inexorablement croiser les carrioles.
– Brigand Chef : « Ça ne change rien ! On ne peut pas passer à côté d’une occasion comme celle-ci. On est bien plus nombreux qu’eux. Shinobi ou pas ça ne changera rien. »
Pauvre fou, ne savait-il pas de quoi étaient capables les shinobis ? L’autre semblait plus au fait…
– Brigand Prudent : « Ça se voit que tu ne les connais pas toi… »
Mais le chef dégaina son argument final et pas des moindres.
– Brigand Chef : « Si tu as peur tu as cas te casser, on se contentera très bien de ta part. »
Pour aller où ? Il avait nul autre endroit que sa troupe de joyeux malfaiteurs.
– Brigand Prudent : « Bon ok… »
Résigné. Il suffisait pourtant d’attendre que celui aux deux katanas ait tracé sa route. Mais le chef avait une idée derrière la tête. S’il pouvait aussi récupérer deux katanas flambants neufs, pourquoi pas après tout ? Ô cupidité, défaut qui amenait bien souvent son détenteur à sa perte. Le groupe ferait-il les frais du pêché de leur chef ?

La fameuse attaque…


Les pilleurs de bas étages sortirent des bois et bien qu’ils semblaient sorti tout droit d’une porcherie, ils semblaient étonnamment bien s’y prendre.
– Brigand Chef : « On s’occupe d’abord des deux gaillards et surtout du gosse. Une fois qu’on aura la situation bien en main on aura qu’à dire au shinobi de nous remettre ses armes puis on pourra se casser avec les bêtes et la marchandise ! Aujourd’hui, c’est jour de fête les gars ! »
Voilà ce que leur avait dit leur chef juste avant de lancer l’attaque, tel était leur plan. Alors deux d’entre eux concentrèrent leur attention sur l’enfant, qui était sans doute bien trop loin pour que le père ait le temps d’intervenir. Quant aux six autres, ils se divisèrent en deux pour attaquer conjointement les deux hommes du convoi. Trois chacun, ils n’avaient aucune chance de s’en sortir.


Résumé du contexte:

Résumé du tour des brigands (pour le fun et la hype):

Résumé du tour de Aizen:

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KUMO:
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Kobayashi Kazunaga
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Mar 12 Avr 2022 - 16:50


Si je vis l’homme au loin, je ne vis pas venir l’attaque des brigands sur notre convoi de marchandises. Tout à coup, j’eus la dérangeante impression d’être encerclé et tous mes sens se mirent en alerte pour tenter de disposer de tous mes réflexes. Mon fils s’était éloigné et je me demandais s’ils ne saisissaient pas cette occasion opportune pour commettre leur larcin. Me sentant pris au dépourvu, je ne sus que faire dans un premier temps : fallait-il me retourner vers les brigands et faire front, quitte à présenter mon dos à une des deux lames que portait l’individu sur ma route, ou bien risquer le face à face avec cet étrange vagabond ?

* * *


Le marchand qui accompagnait Kazunaga à cet instant ne tarda guère à s’employer de saisir les armes désignées par son compère. Chacun de ses chariots était lui aussi tracté par des bêtes : un âne pour la plus petite d’entre elles, et deux fières juments pour la plus grosse carriole. Il avait là de quoi gagner sa vie pour une année complète, et sacrifier ces stocks, c’était se promettre à un endettement qu’il ne pouvait se permettre. Mieux valait la mort, oui.
Pour Kazunaga, c’était une autre paire de manches. Il se suffisait de si peu qu’il pouvait bien laisser tout son butin aux voleurs, pour peu qu’il put ainsi sauver son rejeton. Alors, dans un mouvement de complaisance, il présenta ses deux bras en l’air.

Il eut une sorte de remord intérieur à leur donner raison. Naguère, il aurait tout aussi bien pu les occire à tour de rôle, avant de se débarrasser de son compère, puis du vagabond de l’autre côté de la route : il n’aimait pas que des témoins puissent colporter la rumeur sur son potentiel. Pour autant, cette période était révolue et, avec ses responsabilités paternelles encore plus soutenues depuis que sa femme avait rendu son dernier souffle, il se prêtait à l’aveu de faiblesse.

« Messieurs, je vous en prie, prenez ce qu’il vous plaira, mais laissez-nous en paix. Nous ne sommes pas des combattants, inutile d’employer la force, nous n’offrirons aucune résistance.
- Tu plaisantes ?! »


Il se mordit la lèvre en même temps qu’il refoulait sa colère, alors que le second marchand réfutait ses dires devant les brigands, au risque de les compromettre tous les deux. Lui et son compagnon de route n’avaient ni les mêmes ambitions, ni les mêmes intérêts : le farouche commerçant avait déjà tiré les sabres de Kazunaga et lui en avait jeté un pour qu’il s’enhardisse. Au passage, il héla le vagabond aux deux lames, au loin, s’étant figé pour analyser la situation.

« Hé ! Je te paie le double de ce que ces enfoirés pourraient te donner, si tu nous défends ! 
- Je ne crois pas que…
- Ferme-la, Kaz’ ! Achète-toi une paire de couilles et sois le père dont ton fils n’aura pas honte ! »


Kazunaga médita cette réflexion, sans savoir encore quoi faire. Il avait, d’un certain point de vue, entièrement raison. Se rendre, c’était admettre une forme de lâcheté, sinon de raison. Mais lutter, c’était aussi continuer d’alimenter cette haine qui grandissait dans le coeur de son fils. Combattre, c’était aussi leur donner le droit d’être encore plus vindicatif avec son dernier-né et pour sauver ce dernier des ténèbres, peut-être fallait-il qu’il se résigne.

Il déposa le sabre et s’agenouilla, devant le regard effaré de son complice.

« Cet imbécile ne réfléchit pas plus loin que le bout de son nez. Je ne veux pas vous combattre. Prenez ce qu’il vous plaira, mais je vous en conjure, ne faîtes pas de mal à mon fils. »

Fit-il en inclinant la tête.
Un coup de talon le renversa aussitôt et le tint en respect. Son crâne heurta le sol et on le retourna avec virulence, souillant ses vêtements de terre et provoquant quelques hématomes. Son compagnon, lui, commença à batailler lame contre lame avec les voleurs.

Plus loin, une autre scène se présenta aux deux brigands qui tentèrent de prendre le petit Kobayashi en otage. Le gamin n’offrit pas plus de résistance que son père, et se retrouva bien le couteau sous la gorge. Les musaraignes qu’il poursuivait se jetèrent sous les fougères, alors que les brigands emmenaient avec eux le petit. Mais une étrange impression gagna les bandits. Chaque fois qu’ils avançaient, les musaraignes passaient d’un buisson à un autre, comme si elles surveillaient de loin leurs actions. Comme si elles étaient attirées par le rejeton. Alors une sorte d’angoisse les gagna. Quelle sorcellerie était à l’oeuvre ?

Résumé:
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Nara Aizen
Nara Aizen

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Mar 12 Avr 2022 - 18:24

Scène pour le moins intéressante bien qu’elle s’avéra très vite décevante pour le Nara de par sa prévisibilité. Le père de l’enfant se fichait de ses biens et sans doute même de sa vie. Le fait même de baisser les armes si proches de l’ennemi en était la preuve. Tout ce qui l’intéressait ? La vie de sa progéniture bien entendu. Mais il était si naïf. Au moment même où il déposa les armes, qu’est-ce qui aurait pu empêcher les malfrats de les tuer, lui et son fils, pour ramasser les diverses richesses sur leurs cadavres ? D’ailleurs, il valait mieux voler un homme mort qu’un homme qui pouvait encore se venger. C’était logique. Et cette logique celui aux cheveux grisonnants ne l’avait pas. Il écoutait son cœur, et ce dernier lui criait des mensonges l’empêchant alors de prendre les bonnes décisions.

L’autre ne s’en sortait pas mieux. Un combattant simple et sans doute plus courageux ou alors plus attaché à sa cupidité, sans attache émotionnelle réelle. Il était encore plus idiot que l’autre. Se battre seul alors que son ami se refusait au combat, qu’aurait-il pu faire face à tous ces assaillants si ce n’est perdre la vie en plus de ses richesses ? Il tenta quand même d’acheter le Nara, un sourire se dessina dans un premier temps sur le visage du Nara qui saluait la tentative mais hélas…
« Je ne suis pas ici pour l’argent. » Dit-il alors froidement.
Mais pourquoi était-il là ? Lui-même ne le savait pas. Ou plutôt pas encore. Néanmoins, il était capable de s’armer de patience pour le découvrir. Impossible que tout ça ne le mène à rien. La dernière fois qu’il avait fait face à une telle situation il avait pu découvrir une Kirijin de talent se battant ardemment avec une arme des plus extraordinaires. Parmi tous ces gens devant lui, lequel cachait ce pourquoi Kougen les avait amenés devant lui ?

Le visage du Nara ne se fit pas un poil plus chaleureux avant qu’il annonce, cette fois à destination du chef qu’il avait identifié en un clin d’œil :
« S’attaquer à l’enfant pour que le père ne bronche pas. C’est lâche et pourtant si intelligent. »
Il leva un doigt comme pour faire la leçon à un enfant. Attendant que tous aient leur attention sur ce doigt levé bien haut devant son visage il cacha quelque peu son autre main avec laquelle il réalisa de rapides mudras.
« Mais vous avez fait une erreur de calcul en me laissant de côté. »
Cette fois il sourit sous le coup de l’ironie. En fait, ils n’avaient fait aucune erreur. Ils n’avaient juste pas eu de chance de tomber sur un mur infranchissable pour des misérables tels qu’eux.

A la fin de sa phrase l’ombre du Nara se propagea dans toute la zone et profita des ombres des arbres en mouvement sous la puissance du vent automnale pour se frayer un chemin rapide et imprévisible vers chaque malfrat. Même un shinobi aguerri aurait eu du mal à fuir les ombres venant de toutes parts. Un combattant aurait évidemment pu exécuter l’enfant avant que son ombre ne se fasse toucher. Mais pas un simple voleur qui n’avait jamais vu une ombre se comporter ainsi. Lorsqu’ils purent prendre conscience de ce qu’il se passait il était déjà trop tard. Ils pouvaient sentir cette nouvelle contrainte les soustraire à la volonté du Nara. Plus personne n’était libre de ses mouvements chez les assaillants malchanceux.

Mais alors que Aizen allait bouger pour pouvoir libérer l’enfant des bras de ses ravisseurs. Le chef de ces derniers se rendit compte que parmi tous leurs muscles, leurs bouches pouvaient encore faire leur usage.
– Brigand Chef : « Toi là !! Si tu veux sauver ton enfant, tue les deux autres ! »
Il s’adressait au père de l’enfant. Tentant le tout pour le tout. C’était malin, Aizen s’arrêta dans son mouvement, voulant absolument observer le résultat d’une telle demande du désespoir. L’enfant resta donc prisonnier des bras du chef qui continua à beugler pour empêcher le père de l’enfant de réfléchir posément.
– Brigand Chef : « Si tu ne les tue pas tout de suite je tue le gamin ! »
Aizen comprenait où il voulait en venir. Il n’était pas si idiot, ce gars-là. Le Nara savait parfaitement que face à quelqu’un de lucide cette tentative ne pourrait que se montrer infructueuse. En effet il semblait évident que Aizen avait la maîtrise de la situation et que plus personne ne pouvait causer du mal à son fils à par lui.

Mais un homme en détresse voyant la vie de la chair de sa chair en danger, comment pourrait-il réagir ?


Résumé du tour des brigands:

Résumé du tour de Aizen:


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Kobayashi Kazunaga
Kobayashi Kazunaga

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Jeu 14 Avr 2022 - 13:39


Voir la vie de mon fils ainsi menacée me secoua et je sentis grimper au fond de mon âme une pulsion que j’avais toujours cherché à maîtriser, mais qui perpétuellement tentait de jaillir hors des verrous psychiques que je lui avais imposé. Une noirceur intime, démoniaque, m’habitait : ce même monstre qui faisait de mon corps cet amalgame de tissus noirs.

Mais je le refoulais, une nouvelle fois, jetant mes yeux autour de moi pour comprendre ce qui pouvait bien se passer : tous autour de moi étaient immobiles, comme des poupées de décoration, pétrifiées par la main de leur couturier. En était-il de même pour celui qui tenait mon fils en otage ?

Je l’ignorais. En conséquence de quoi, j’étais contraint de passer à l’action.

* * *


Kazunaga eut une certitude, et non des moindres : le brigand qui gardait la lame sous la gorge de son fils se leurrait en imaginant qu’il avait le contrôle sur la situation. Il n’avait de pouvoir que celui que son marmot voulait bien lui laisser, et s’il ne fut mort après avoir placé sa lame, c’est parce que le Kobayashi avait toujours interdit à son rejeton de commettre le crime de prendre une vie. Et même dans cette situation des plus particulières, le petit se montra très obéissant : au moins tout autant que ses petites musaraignes qui guettaient à distance le déroulement des évènements.

Nul ne fit attention à ces petites bestioles, tapies dans les ombres. Mais Kazunaga, lui, savait de quoi il retournait : cette petite armada, si elle restait aussi proche de son fils, avait une particularité qui rendait chacune de ces petites créatures insectivores différente des autres. Elles n’avaient plus besoin de se repaître. Plus besoin non plus de boire, ni de dormir ou de respirer.
Tous leurs besoins vitaux s’étaient éclipsés sitôt qu’elles étaient mortes. Et c’est à travers la barrière du non-vivant que le fils de Kazunaga en fit ses vassaux.

Le gamin regarda son père dans les yeux, à distance. Kazunaga fit non de la tête : à la fois pour le brigand, et surtout pour son fils. Suffisait d’une approbation pour faire de l’arroseur, l’arrosé : et son fils l’attraperait en le foudroyant de ses mains nécrosantes. C’était hélas au risque de trahir son don, et de compromettre leur voyage : on n’aimait pas trop que deux voyageurs capables de réduire un village en cendres se baladent innocemment sur les routes des contrées étrangères.

Soudain, il sentît un frémissement dans le regard de son dernier-né. Une chose s’était déroulée qui avait échappé à sa vigilance, une chose dont il ignorait la nature. Le Kobayashi mit aussitôt tous ses sens en alerte, étudiant l’environnement. Y avait-il un autre ennemi, caché ?
Son fils était encore trop éloigné de lui. Le marchand, lui, était tout proche.

« Tu vas vraiment tenter ça, Kaz’ ? »


Kazunaga observa son compagnon de route, perplexe. En sondant autour de lui, il remarqua la présence d’un chakra qui s’était densifié, mais il ne put en déterminer la texture.

« Père, je ne peux plus bouger. »

Le quidam parut vouloir dodeliner, mais cela lui fut impossible. Il était piégé par une force invisible qui le maintenant en otage : alors, son toucher nécrotique n’aurait plus aucune sorte d’utilité si le forban se décidait à passer à l’acte.
Kazunaga reposa ses prunelles sur le bandit. Dans ces dernières brûlait une lueur ardente.

« Que craignez-vous au point de demander mon aide ? Vous me demandez de tuer deux hommes, quand je peinerais à en tuer rien qu’un seul, quand bien même vous êtes trois fois plus nombreux. Je vous l’ai dit, je vous laisse tout. Mon compagnon de route ne peut m’empêcher de faire offrande de mes biens. Prenez comme il vous plaira, puis laissez-nous partir. »

Il se redressa, et découvrit à sa grande stupeur que les malfrats, ceux-là mêmes qui l’avaient fustigé d’un coup de semelle, ne bougeaient plus. Tous étaient immobiles. Jusqu’à son fils. Difficile de savoir pourquoi : les ombres du Nara se mêlaient à l’environnement et pouvaient tout aussi bien se marier à celles des branchages.
Il claqua sa langue deux fois contre son palais pour appeler ses bœufs, mais les bêtes ne réagirent pas. Alors il tendit la paume en indiquant aux forbans la direction à prendre.

« Qu’attendez-vous pour prendre mes marchandises ? »


Il n’était pas têtu au point de ne pas comprendre que s’ils pouvaient d’eux-mêmes passer à l’action, ils n’auraient eu besoin d’utiliser son fils en otage : ils l’auraient déjà tué. Ils utilisaient donc une tactique de dissuasion, à laquelle Kazunaga se plia volontiers, pour ne pas faire l’erreur de jouer contre eux et de mettre en péril les jours de son fils.

Résumé:
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Nara Aizen
Nara Aizen

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Jeu 14 Avr 2022 - 16:43

Aizen souffla légèrement du nez. Cette rencontre allait de déception en déception. Lui qui pensait tomber sur une aubaine quand le voyou tenta le tout pour le tout. Le Nara s’était attendu à qu’une seule chose : un acte sanguinaire de la part du père sur son camarade de route proche de lui. Mais il s’était lourdement trompé. Et si la situation n’était pas celle qui paraissait à première vue ? Les apparences pouvaient être parfois trompeuses, Aizen en savait bien quelque chose.

Toile et ombre tissent l'ombre étoilée Bph1

Et il ne détecta rien de particulier alors qu’il maîtrisait la majeure partie des ombres dans un rayon conséquents. Des animaux, il y en avait à foison. Mais aucun n’était aussi proche que ces petits êtres semblables à des rats. Aizen ne les voyait pas cachés derrière la végétation mais il sentait leur présence via ses ombres. Il y avait quelque chose de bizarre avec ces dernières, surtout dans leur comportement. Pourquoi restaient-ils là, orientés vers le gamin ?

Le Nara ne se formalisa pas sur ça car la nature avait bien souvent ses raisons. D’autant plus que ce qui l’interpella le plus fut le comportement du jeune adolescent. Dans un premier temps le Kumojin fut surpris du comportement de son père. Plein de lucidité ce dernier au regard curieux semblait comprendre que quelque chose clochait. La raison avait eu prit le pas sur son cœur et elle parlait avec justesse. Un ignare aurait pu encore croire que ce n’était que de la lâcheté, Aizen savait lire entre les lignes.

Mais l’adolescent lui était si calme alors qu’il était en réel danger de mort. Comment un enfant de cet âge pouvait-il avoir une telle maîtrise de soi surtout dans une telle situation. Le Nara, dont certains se plaisaient à dire qu’il était sans cœur, n’aurait certainement pas eu ce contrôle à un si jeune âge.

C’était peut-être là que la situation pouvait devenir intéressante ? Aizen cherchait une raison en toute chose. Tomber nez à nez avec toutes ces personnes ne pouvait relever du hasard pour lui. Mais il avait beau gratter il n’obtenait que des brides de réponse. Et s’il avait tort cette fois ? Si ce n’étaient que de simples voyageurs et les autres que de simples bandits, dont aucun ne saurait se montrer utile à la directive lumineuse et divine ?

Le Samouraï au sang froid aurait pu aller plus loin. Il avait pensé à exécuter le jeune garçon de la main du bandit par exemple. Le père n’aurait cette fois pas pu garder sa maîtrise de soi. Mais à quoi bon ? Peut-être n’aurait-il que le sang de paysans sur les mains après cela. Aizen n’était pas un tueur, il ne donnait la mort que quand cela pouvait s’avérer nécessaire ou au moins utile. Et puis tuer l’enfant, étant celui qui avait le plus attiré son attention, serait peut-être du gaspillage. Voilà ce que lui dictait son instinct : il fallait mettre fin à tout ceci.
« S’en est assez. » Annonça alors le Nara tout en levant ses mains à sa gorge.
Malgré eux, les brigands furent contraints de mimer les mouvements du Nara sauf qu’ils se rendirent vite compte du problème. Si le maître marionnettiste n’avait rien dans ses mains ce n’était pas le cas de ses pantins. Eux étaient armés. Si certains devinrent muet face à la mort qui s’annonçait à eux d’autres n’eurent que la force de demander une intervention divine de concert :
« Non ! »
C’était trop tard. Ils se tranchèrent tous la gorge et, en une seconde fatidique, le groupe de brigands venait d’être décimé.

Du sang gifla en quantité. Si les deux adultes du convoi purent en recevoir quelques trainées ce fut l’enfant qui fut le mieux servi de par sa proximité avec deux d’entre eux. Ses cheveux, ses vêtements et surtout son visage furent recouvert de ce liquide rouge qui signifiait la mort.

L’instant d’après, toutes les ombres se résorbèrent et la situation revint à la normal, comme si rien ne s’était jamais passé.

Aizen, son haori immaculé ondulant au gré du vent, approcha quelque peu de celui qui était au sol, le père de l’enfant. Pour… Lui tendre la main.

Toile et ombre tissent l'ombre étoilée Qdoq

« J’ai malheureusement eu raison. Les routes, même celles d’un empire, ne sont pas aussi sûres qu’on pourrait le croire. Vous feriez mieux de vous offrir une protection la prochaine fois. »
Cette fois il lança un regard amusé vers le marchand qui avait eu peur de tout perdre.
« Ça vous coutera toujours moins chère que de perdre toute votre marchandise. »
Son comportement pouvait clairement choquer vu qu’il venait de servir la mort par huit fois. Mais ce n’était rien pour lui, et il espérait que n’importe quel shinobi de Kumo aurait pu en faire autant. Il venait de rayer de la surface de la terre des êtres inutiles, personne n’avait besoin de les pleurer.

Attendant que celui qui avait refusé tout affrontement se relève, avec ou sans son aide, le Nara porta cette fois son attention sur l’enfant. Mais il s’adressait toujours au père.
« Votre enfant est courageux. Peut-être devriez vous songer à ce qu’il mette son courage au service d’une noble cause. »
Par courageux Aizen voulait surtout dire maître de ses émotions. Mais à quoi bon parler des voies de la lumière à de simples vagabonds ?

Il n’attendait pas vraiment grand-chose de ce trio de voyageurs. Il ne leur proposerait pas de le suivre à un quelconque endroit. Il ne voyait pas en cet enfant un potentiel élu destiner à de grandes choses. Il ne ressortait rien de particulier de cette situation. Tout n’avait pas vocation à être exploité finalement. Au mieux quelques détails avaient piqué sa curiosité.
« Vous feriez mieux de disparaître avant que les forces du Teikoku ne soient de la partie. »
Il montra le saccage d’un geste des bras.
« Personnellement, je n’ai pas envie de perdre du temps dans de nombreuses dépositions juste pour justifier le fait que nous nous soyons défendus. »
Était-ce vraiment ce qu’il s’était passé ? Les faits étaient là. Huit hommes avaient attaqué le convoi jusqu’à menacer la vie de l’enfant. Le Kumojin était intervenu par la force en éradiquant toute possibilité de riposte et donc de blessure chez ces innocents. Hélas, Aizen n’avait fait que son devoir.

Quant à eux… Ils ne semblaient présenter rien de bien intéressant pour le Nara qui pouvait continuer sa route vers la capitale dans laquelle il logeait en ce moment.

Résumé du tour de Aizen:

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Kobayashi Kazunaga
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Jeu 21 Avr 2022 - 20:52


Nous n’eûmes pas longtemps à attendre pour que le shinobi passe à l’action. Dès lors qu’il décida de faire régner sa propre justice, les ombres dansèrent comme autant de spectres infâmes et, gouvernés par cette force ténébreuse, les bandits se retournèrent les uns contre les autres. Le massacre fut particulièrement sanglant ; j’eus des frissons rien qu’en imaginant la terreur qui pouvait les habiter. Je n’eus toutefois pas de scrupule à me dire que c’était là le destin qu’ils méritaient. Après tout, ils récoltaient finalement le sang qu’ils avaient voulu faire saillir de nos veines. Leurs épées clinquèrent et, les yeux injectés de terreur, ils hurlèrent en pourfendant leurs pairs.

Mon fils, hélas, fut aux premières loges de ce sinistre spectacle. Pire que le trépas de ces forbans, ce fut son absence de réaction qui me bouleversa.

* * *


Aucun doute, ce domaine autrefois habité par les Nara retrouvait un de ses héritiers et ce fut presque une aubaine pour le trio de vagabonds, si ce n’eut été si cruel. Les nomades virent des badauds se malmener sans avoir ne serait-ce qu’un soupçon de contrôle sur leurs propres actes, et leurs sabres si lestes retombèrent comme des frappes sur l’enclume en massacrant les frères avec lesquels ils avaient fait leurs gammes dans le monde de l’escroquerie. Rien ne se passait comme prévu, au Pays du Feu. La nation paraissait être victime de ses propres griefs et ce constat glaça le sang du mercenaire, qui vit à cet instant que seule régnait la loi du plus fort. A ce jeu-là, les shinobi étaient incontestablement les meilleurs. Comment bâtir la paix dans une ère où pouvaient tout à la fois cohabiter, sur un même territoire, des loups et des lions ?
Sakaze Tôsen avait raison, dans une moindre mesure. Les shinobi n’avaient que trop profité de leurs pouvoirs, et le chakra était la source des inégalités qui continuaient de remplir le ventre de la haine, du déchirement et de la guerre. Face à un tel adversaire, même Kazunaga eut rencontré des difficultés, si puissant fusse-t-il.
Son fils, lui, regarda avec une pointe d’admiration dans les yeux le saccage des hommes qui avaient cherché à lui faire du mal, et ce fut non sans plaisir qu’il étudia l’écume qui bavait à leurs lèvres tandis qu’ils déglutissaient leurs dernières gerbes de sang. Kazunaga ne s’en rendit qu’à peine compte, mais l’acte de Nara Aizen était encensé dans l’esprit de son rejeton : ce shinobi était pour lui un génie du Mal capable de vaincre le Mal.

« Il a raison, fit le marchant qui accompagnait le père et son fils. On devrait engager au moins un ou deux mercenaires pour nous escorter. Il n’y rien qui va dans ce pays. On vous en doit une, monsieur ?
- Mon fils n’est pas un instrument. S'il doit servir une cause, ce sera celle qu'il aura choisi, comme l'ont fait ses frères et soeurs. »


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Le regard de Kazunaga avait pivoté vers le Nara, responsable du crime et de l’éclaboussure de sang qui maculait le corps de son fils. Le ton qu’il adopta pour donner la réplique à son sauveur fut moins enthousiaste que celui de son camarade, qui l’observa soudain avec des yeux interrogateurs.

« Pourquoi tu prends la mouche, Kaz’ ?
- Parce que, si je ne m’abuse, cet homme n’avait pas besoin de tuer pour nous défendre. Cet acte nous arrange, je vous l’accorde, mais il n’avait d’héroïque que la surface. Se faire justice soi-même, à sa guise, sans faire procès et en massacrant les coupables, n’a rien d’un comportement noble : c’est un acte de barbarie qui profite de ce que le peuple soit assez dupe pour croire qu’il s’agissait d’une juste cause, puisque cela leur profite. Mais n’est-ce pas ainsi que vous autres, shinobi, avez l’habitude de procéder ?
- Que…
- Le chakra ne fait pas de vous des héros, si je puis me permettre d’exprimer toute mon opinion. Tout comme il ne suffit pas de porter une épée pour qu’un soldat devienne brave. La noblesse se trouve dans l’équilibre et exige un sens profond de l’humilité, de la bienveillance et de l’esprit de sacrifice. Ces voleurs commettaient un acte perfide en nous attaquant en déployant un effectif trois plus important que le nôtre ; mais avec le chakra que vous possédez, n’étiez-vous pas trois fois supérieur à eux ? »


Il tourna alors ses prunelles vers son fils, dans l’espoir de le convaincre. Le gamin savait, à demi-mesure, la puissance de son père ; mais buvait-il ses paroles comme il avait savouré celles du Nara ?
La réponse était non. Il n’avait d’yeux plus que pour cet inconnu.

« Allons, nous vous devons quand même une fière chandelle, fit Kazunaga en s’approchant de son chariot, avant d’en tirer une bouteille. Goûtez ce Shôchû, que j’ai nommé du Nectar d’Or pour référer à sa robe blonde. Il provient de ma cruche, mais pour lui donner un peu de rondeur et de floraison, je l’ai distillé en le mélangeant à du miel issu du clan Aburame, des shinobi de la Capitale. Prenez, c’est pour vous, pour vous remercier d'avoir volé à notre secours. »

Il approcha Aizen avec la bouteille et un petit récipient, tandis que son fils commençait d’ores et déjà à se dévêtir pour éponger tout le sang dont il était souillé
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Nara Aizen
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Dim 24 Avr 2022 - 21:25

L’absence de réaction du jeune garçon ne manqua pas d’étonner le Nara même s’il resta aussi impassible que lui. Il insista tout de même du regard sur lui, bien que cela ne devait pas plaire à son père qui déjà prenait mal rien que le fait de parler de lui.
« Hélas, nous sommes tous l’instrument de quelque chose qui nous dépasse. On peut nommer cela comme l’on veut, à commencer par notre égoïsme. »
Il était sur la défensive. Comment ne pas l’être vu ce qu’il venait de se passer. Pour autant, répondre de la sorte montrait au Nara une chose : il avait raison. Mais à quoi bon perdre son temps avec de simples manants ? Les évènements lui avaient montré qu’il n’y avait rien ici pour lui.
« Sans philosopher plus que de raison. Je voulais dire par là qu’un diamant brut sera toujours plus éclatant s’il est poli, bien travaillé. »
Mais peut-être que son père avait peur de ce que pouvait donner ce diamant, bridait-il son garçon ? Et lui qui tenait ce discours, laissait-il son libre arbitre à son enfant. Car qui avait envie, jeune adolescent, de parcourir les routes accompagnées seulement d’animaux. Était-ce vraiment ce que souhaitait ce garçon ? Ou le père avait-il peur que le Nara réveille en lui sa véritable envie ?
« Qu’il fasse donc ce qu’il lui plaît, c’est que comme ça qui pourra briller. »
Cette fois il serait difficile de ne pas être d’accord face à cette conclusion tellement elle semblait absolue. On ne pouvait pas être plus efficace que dans ce qu’on aimait et donc avait envie de faire.

Alors que le Nara aurait bien quitté la zone il ne put se résoudre à ne pas réagir au discours de celui qui venait d’être sauvé. Cet homme semblait lâcher ce qu’il avait sur le cœur, comme s’il voulait profiter de peut-être la seule occasion d’être face à une des personnes dont il accusé d’être fautif d’un mal qui rongeait ce monde.
« Héro ? Noble ? »
Mais il se trompait ne serait-ce que dans son postulat de base. Depuis quand un shinobi cherchait à être noble ou héroïque. Ils le pressaient, au mieux, pour la population. Car hypocrite cette dernière voulait bien se servir d’eux sans pour autant assumer la réalité des actes qu’ils devaient commettre pour maintenir cette paix que ce marchand ne reconnaissait pas.
« Permettez-moi de reprendre certaines parties de votre tirade qui semble erronée dans une réalité dépeinte qui n’est pas la mienne. »
Aizen mentait, souvent, mais jamais à lui-même. Il savait pourquoi il était là et était conscient de son choix de vie. Ceux qui se voilés la face ne pouvaient pas comprendre, ils pensaient vivre dans une réalité qui n’était qu’une illusion. C’était comme se balader tranquillement dans un champ de rose en ignorant le fait qu’un paysan était passé en amont pour couper toutes les épines une à une. Ô il y aurait bien du monde pour prétendre que cet homme avait mal agit en abimant les roses. Mais il y en aurait d’autant plus pour chercher un fautif si jamais ils s’étaient blessés avec une épine de ces roses.
« Les Shinobis n’ont jamais prétendus être nobles ou héroïques. Nous sommes là avant pour faire ce que personne d’autre ne serait capable de faire. »
Et parmi les shinobis Aizen était parmi les plus capables. Non pas parmi les plus puissants, mais il était des rares qui savaient prendre les décisions sans se soucier de choses futiles. Que ces brigands meurent ou vivent, seul le résultat comptait.
« Oui, j’ai tué huit hommes. De sang-froid. Sans plaisir mais aussi sans remord. Je l’ai fait parce que c’est ce qu’il y avait de mieux à faire. Voilà ce qu’est un Shinobi : il est efficace. »
Le Nara s’était finalement pris au jeu. Il restait là à expliquer des choses qui dépassaient sans doute celui qui l’écoutait. Il ne pouvait s’empêcher de tenter d’instruire, mais celui-ci semblait déjà bien résigné à ses pensées qu’il croyait être la vérité. Il avait une vision si biaisée, si monochrome. Le Nara, par sa puissance, son intelligence, voyait bien au-delà.
« Comme vous le dites, un tas de solutions étaient envisageables. Mais qui aurait pu dire ce qui se serait passé si j’avais tenté de les maîtriser sans mettre fin à leurs jours. Nous ne pouvons jamais maîtriser toutes les données dans des situations comportant de nombreuses inconnues. J’aurais perdu de l’énergie, peut-être que des amis à eux étaient prêts à intervenir ? Peut-être que vous auriez pu profiter de l’occasion pour me sauter à la gorge alors que je me trouvais occupé ? Qui sait… »
Voilà qu’il se surprenait à donner un cours qu’il aurait donné à un Genin. Ces mêmes débutants qu’il croisait chaque jour et qui faisaient des erreurs si évidentes car ils écoutaient leurs sentiments. Aizen n’était que pragmatisme, il avait pris les éléments à sa disposition et avait agi le plus efficacement possible pour servir ses propres desseins. Au final, ne pouvant deviner le futur, chaque personne ne pouvait savoir qu’après coup s’il avait agi correctement ou non. Ici, le Nara se disait qu’il aurait simplement pu laisser ces hommes se faire dépouiller voire tuer. Malgré le comportement particulier de cet enfant Aizen n’avait rien à gagner de cette intervention.
« Et parmi toutes ces possibilités quelle était la seule qui garantissait mon intégration physique immédiate tout en me permettant de rendre la justice qui me semblait la plus légitime ? »
Il ferma les yeux, d’un air résigné. Qu’était la justice ? Si ce n’était la décision d’un homme ou de plusieurs ayant autorité. Ici, l’autorité avait été exprimé par la force.
« Oui, j’ai rendu justice seul. Ma justice. Mais sachez que malgré nos ères que nous essayons de nous donner nous ne sommes que des animaux parmi lesquels règne la loi du plus fort. Ne pensez pas naïvement que le chakra y change quoi que ce soit. »
Le discours de cet homme au teint pâle n’était pas sans faire résonner les dires de Tosen. Cela agaçait le Nara bien qu’il n’en montra rien. C’était évident que les paroles de ce manipulateur trouveraient oreilles compatissantes dans el Yuukan. Il était intelligent et usait des armes qu’il avait sachant pertinemment comme le Nara qu’une guerre ne se résumait pas simplement à la puissance brute.
« Notre évolution a seulement reprogrammait cet équilibre naturel. La puissance n’est plus que brute dorénavant. J’aurais beau devenir le plus fort de tout le continent je n’en deviendrais pas forcément le plus puissant. Et ici aussi il a été respecté. Ces hommes ont choisi d’attenter à la vie d’un enfant. »
Aizen comprit enfin pourquoi il restait là à perdre son temps. Plus il l’évoquait et plus quelque chose clochait pour lui. Son instinct ne le trompait que très rarement. Plus intelligent que la moyenne le subconscient du Nara était aussi supérieur à tout être lambda. Cet enfant n’avait pas réagi comme un enfant aurait dû le faire. Cela pouvait rester plausible dans un monde tel que celui-là, peut-être n’était-ce pas la première fois qu’ils assistaient à ce genre de scène après tout.

Mais tout de même. Les paroles du père, étaient-elles vraiment adressées au Nara. Lui aussi ne perdait-il pas son temps à essayer de convaincre quelqu’un qui de toute façon semblait déjà bien ancrée dans ce système qu’il pensait vrai ? Ou alors il voulait s’adresser au fils par le biais de cette discussion. Il voulait lui faire la leçon, lui montrer que ce qu’il venait de voir n’était pas la réalité. Mais à quoi bon lui mentir ? C’était vain, l’enfant ne pouvait que voir ce qu’il avait devant les yeux malgré ce que le père tentait de défendre. Aucune autre loi que celle que les hommes décidaient ne régissait ce monde. Si ce n’était celle de Kougen, mais même à travers sa volonté c’était les mains des hommes qui bâtissaient.
« Enfant qui ne pouvait rien faire contre eux. Pas plus que vous, pas vrai ? »
Les yeux plissés vers son enfant puis vers le père le regard du Nara fut cette fois accusateur. Pourquoi personne n’avait réagi ? Même parmi les shinobis de Kumo beaucoup auraient été terrifiés devant la scène qui venait d’avoir lieu. Et le père qui s’exprimait ainsi n’hésitant pas à faire preuve de tranchant face à un homme qui venait de tuer sans une once d’hésitation. Quel fou oserait laisser une guêpe se balader sur sa peau sans pour autant préparer sa main pour l’exterminer ?
« Ils ont perdu leur vie par leur propre choix. Si jamais ils avaient été plus fort que moi et que j’avais péri ici. Je me serais tué. Car j’avais le choix que d’ignorer la situation et de ne pas me mêler à la bataille. »
Kougen décidait où nous devions aller, elle nous indiquait le chemin pour qui voulait bien se donner la peine de le voir. Mais entre le départ et la destination c’était l’homme qui décidait d’agir. La Lumière n’avait pas choisi de tuer ces hommes. Pas plus que le Nara finalement. Ne s’étaient-ils pas tués depuis bien longtemps en s’écartant de la lumière à agir pour aucune chose utile en ce monde ?
« Mais je ne suis pas là pour vous faire la leçon. Je n’ai rien à y gagner pour commencer et sans doute que vous non plus. Rappelez-vous, nous sommes tous égoïstes. Chacun fait ce qu’il a à faire. Si certains trouvent une inégalité dans le monde telle qu’il est alors ils agiront. Comme toujours les plus fort gagnerons et ils redéfiniront l’équilibre selon leurs règles. »
Aizen fit un geste amical de la main pour refuser l’offre du marchand avec le sourire. Il l’avait expliqué : le shinobi était efficace et il avait devant lui un des plus capables d’entre eux.
« Merci pour votre présent mais je ne peux l’accepter. Ce serait manquer de respect à votre préparation que de l’accepter pour la vider dans la nature une fois que chacun aura repris sa route. »
Il était temps de partir… Mais Aizen ne pouvait s’y résigner, pas encore. Peut-être lui manquait-il encore une information. L’échange s’était finalement trouvait être plus que pertinent, les arguments de son interlocuteur étaient compréhensibles pour un être à la vision étriquée à son environnement.
« Sans plus de suspicion paranoïaque je suis certain que je ne saurais pas l’apprécier à sa juste valeur. D’ailleurs, est-ce pour cela que vous arpentez les routes : Vous vendez ce genre de marchandise ? »
Finalement le choix lui revenait, sans qu’il ne le sache peut-être, de montrer si oui ou non le Nara avait tué ces truands pour rien.


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Kobayashi Kazunaga
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Mer 25 Mai 2022 - 14:35


Au souvenir des propos que tint ce shinobi, ma peau frissonne encore. Nous fûmes comme deux observateurs du monde capables de présenter une vision très différente de ce dernier, compte tenu de notre vécu. J’eus l’impression d’être celui qui regardait un arbre en y voyant tout ce qu’il avait de poétique, de majestueux et de nécessaire pour le vivant ; et lui, de savoir de combien de stères il pouvait en glaner, de me convaincre du bienfait de le hacher pour que le reste pousse mieux.
Ayant tant et tant marché, je me figurais alors que je méritais peut-être une pause. Sans doute fis-je une erreur en ouvrant le débat avec cet homme, car chacune de ses paroles résonnait comme vérité dans les oreilles d’un candide garçon auquel je voulais donner la meilleure éducation possible. Fût-ce dans un autre contexte, peut-être eussé-je été plus convaincant ; seulement, luisant d’une aura de triomphe, le Nara me malmena sur le terrain des convictions à transmettre.
Les yeux de mon fils, écarquillés, brillaient d’une soif de victoire.
Au final, il y avait pire que les bandits.

* * *


Comme l’étranger déclina son offre, Kazunaga se retourna puis s’en fût vers sa cariole, l’air un peu triste de n’avoir su trouver récompense à offrir qui satisfasse son sauveur. On lui refusait rarement ses offrandes, d’autant plus parmi ceux qui pouvaient le connaître et qui savaient avec quel soin il choisissait ses fruits parfaits et ses épices aux personnalités marquées pour la macération, étape-clé de sa production. Au moment où il remonta la bâche qui pendait mollement depuis qu’il l’avait désanglé, il fit face à toutes ses liqueurs mais attarda un œil alerte sur les bouteilles qu’il plaçait « au cœur de la mêlée », comprenant à travers leur présence les raisons qui poussaient son sauveur à lui refuser son cadeau : imitant les robes dorées, violettes et rubicondes de ses autres propositions, ses pièges toxiques se tenaient là, à portée de main.
Tout shinobi craint les poisons, et le Nara fit bien de redouter d’avaler de la belladone, de l’arsenic ou du mercure, bien que le voyageur ne lui en proposa guère. La bouteille qu’il rangea à sa place était bien du shôshu, rien d’autre qu’un ses meilleurs nectars, aussi Kazunaga eut-il le regret de n’avoir pas reçu la confiance de son interlocuteur et se résigna-t-il à supposer que ce tueur des grands chemins ne s’autorisait aucun écart dans la trajectoire nette qui garantissait sa survie.
Pas très souple, pour un shinobi.

La dextérité avec laquelle il retendit sa bâche, passant la corde autour d’un des crochets de sa remorque, fut assez saisissante. On n’entendît pas la corde rugir, et on ne sentît pas plus de pression dans la tension qu’il mit sur elle, comme s’il restait du mou, beaucoup de mou. Pourtant, la boucle se logea parfaitement autour de son appui et Kazunaga ne prit même pas la peine de vérifier que tout était bien tendu. Il savait que c’était déjà le cas.
Le commerçant qui l’accompagnait l’imita en allant inspecter son chariot, tourna ses yeux avides tout autour de son carré de marchandise et émît plusieurs fois une sorte de hoquet d’appréciation, confirmant à chaque fois que tout était en l’état qu’il l’avait espéré.
Comme pour jouer, le Kazunaga imita ce hoquet et se fendit d’un sourire, se moquant délibérément de son compère. Puis il avança auprès de ses deux bœufs, qui n’avaient guère bougé plus que des statues de pierre lors de l’attaque.
Son fils se tenait toujours loin de lui. En ôtant sa chemise, il révéla une musculature saillante et des plaques noires sur les avant-bras, comme des hématomes. Il n’y avait que son père pour savoir que ce n’étaient pas des bleus.
C’était de la nécrose.

Voyant que le Nara s’attardait à regarder son héritier, Kazunaga se déplaça pour se positionner dans son axe de vision, faisant mine de vérifier le museau de ses bœufs et le gênant suffisamment pour qu’il puisse étudier davantage les marques qui couvraient les bras du quidam, trop habitué à ranimer les charognes trouvées dans la nature. Il n’aimait guère qu’on observe trop son fils, aussi décida-t-il de répondre prestement aux questions posées par le shinobi.

« Oui. Depuis plus d’une dizaine d’années, je mène ce train de vie qui me mène d’un bout à l’autre du continent, et me permet de traverser les pays pour y faire troc. J’ai rencontré toutes les catégories de personnes, du manant à celui qui étale ses richesses. Pour ne rien vous cacher, il m’est arrivé souvent de troquer avec des shinobi. Ils aiment les onguents, les opiacés, l’alcool médical et même certains poisons que je puis produire, car la plante qui soigne le mal peut aussi l’infliger : tout est histoire de proportion. Je leur livre tout cela. »

Il n’eut pas le temps de finir son explication que son enfant le dépassa sur la droite, ignorant la réserve que tentait de lui transmettre son père depuis des années. Pour Kazunaga, la retenue était la source principale qui alimenterait le prestige de son héritier. Savoir faire preuve de tenue, refouler les émotions négatives et conserver son sang froid étaient autant de qualités qu’il associait à l’homme de bien, à ce genre d’idéal auquel il aspirait pour tout ce qui lui restait de précieux en ce monde : ce petit bonhomme.
Pour avoir vécu la perte de l’être aimée, pour avoir vu ses deux aînés sombrer dans de néfastes desseins, Kazunaga faisait partie de cette catégorie de personne mutilée de l’intérieur, et dans cette même catégorie, il appartenait à la caste de ceux qui luttent mais chavirent, pour peu, dans les méandres de la résignation, dans les abîmes du désespoir. Fragile comme il pouvait l’être, l’homme mettait tous ses espoirs sur les épaules d’un enfant qui paraissait de moins en moins accepter cette pression patriarcale, ce qui justifiait sans doute cette sorte de fascination qu’il eut pour le shinobi.
Avait-il échoué ?
Comme la voix de son fils déchira un lourd voile de silence qui s’instaura au moment-même où il dépassa son père pour approcher le Nara, Kazunaga eut un mauvais pressentiment et son cœur se serra d’angoisse et de colère contenue.

« Sire, l’équilibre de ce monde repose-t-il uniquement sur ceux qui triomphent ? Mon père m’a toujours appris que les hommes n’ont pas besoin de vaincre pour gagner. Que la sagesse est la meilleure arme pour apporter cet équilibre dans le monde. Mais si l’on ne peut pas vaincre, cela ne veut-il pas dire qu’on s’expose à être vaincu ? »

Les paupières de Kazunaga tombèrent sur ce demi-verdict. Tout rhabillé, son petit se tenait désormais en face du Nara, en quête de certaines réponses que son père ne lui apporterait pas. Parce qu’il ne croyait peut-être plus en sa parole. Parce qu’il refusait d’écouter toujours le même registre. Parce qu’il voulait s’émanciper de cet esprit de contrôle et de tenue que lui imposait sans cesse son paternel.
Parce qu’il aspirait, peut-être, à être libéré du poids de cette vieille souche qui le trainait partout à travers le monde.
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Nara Aizen
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Jeu 2 Juin 2022 - 0:14

L’étranger semblait déçu, mais le Nara ne pouvait se permettre de se laisser aller. Tout semblait normal chez ce petit groupe et c’était bien ça qui dérangeait le Nara. Comment un petit groupe normal composé de trois personnes dont un enfant pouvait-il tranquillement arpentait les routes dangereuses du Yuukan ?
« Ainsi vous voyagez… Vous avez dû rencontrer un bon nombre de dangers… Bien pire que celui-ci... »
Ils avaient failli en faire les frais et pourtant Hi était loin d’être le pays le plus dangereux. Sans un sauveur inespéré comme le Nara, comment s’en sortaient-ils ? Il balaya très vite cette interrogation de sa tête après tout certains avaient seulement de la chance. Mais surtout quelque chose d’autre l’intéressait venant de voyageurs de longues dates.
« Avez-vous eu le privilège de visiter Tsume ? Je serais preneur de toute information que vous pourriez juger pertinente sur ces terres. »
Le Nara entendait déjà l’homme presque livide tenter de faire un semblant de morale auprès du Nara qui voulait très clairement et sans s’en cacher récupérer des informations stratégiques potentiellement exploitables. Mais il comptait bien lui couper l’herbe sous les pieds cette fois.
« Je commence à vous cerner. Ne me jugez pas. Ou plutôt faite le si vous voulez. Mon pays et bien d’autres sont en guerre contre ceux qui se trouvent là-bas. Je n’ai pas envie de débattre avec vous sur le bien-fondé des idéologies d’un camp ou d’un autre. Demandez à un Homme qui a toujours su marcher s’il veut bien perdre ses jambes. Vous verrez ce qu’il vous répondra, surtout sous prétexte d’être à égalité avec ceux qui ne peuvent pas marcher. »
Cette logique comme l’inverse était défendable. Il était en fait inutile de débattre. Le problème était plutôt simple finalement. Chaque camp voulait quelque chose de diamétralement opposé. Aizen ne se targuerait jamais d’être dans le camp des gentils. Il faisait simplement ce qu’il avait à faire pour continuer d’exister dans le monde qui lui allait le mieux.
« Enfin, je vous demande des informations en toute cordialité. Je n’use pas là d’une quelconque autorité militaire. De toute façon vos informations n’auraient que très peu de valeur à mes yeux. L’information est importante mais il faut s’en méfier comme d’un poison dans une bouteille inconnue. »
L’échange mature entre les adultes sembla motiver le jeune garçon à se joindre à la joute verbale. Par une interrogation pour commencer, une interrogation à la suite de la quelle le Nara le regarda perplexe. Cette question semblait bien rhétorique, n’avait-il pas déjà son avis bien tranché ? Ne demandait pas-t-il seulement confirmation. Ou alors voulait-il simplement montrer à son père qu’il avait raison ?
« Les vainqueurs font naître les vaincus. Effectivement ton père a raison. Si nous pouvions tous marcher dans la même direction alors il n’y aurait pas de combat, pas de vainqueur et pas de perdant. Enfin ça, c’est la vision idéaliste et bien naïve de notre monde. »
C’était une vaste question face à laquelle le Nara aurait pu philosopher des heures. Bien sûr que non le monde ne se régissait pas simplement par qui était le plus fort, qui battait qui. C’était bien plus complexe que cela. Néanmoins qu’il y ait combat ou non on avait rarement vu un homme dirigeait sans avoir dû écraser ses adversaires sur sa route, quelqu’un soit la méthode. Même pour être simplement heureux, dans sa propre bulle il fallait parfois se battre.
« Voyez-vous, s’il n’y a pas besoin de combat pour vaincre. Il n’y a pas besoin non plus de tuer pour soumettre. »
Il fallait se battre, parfois contre la vie elle-même.
« Mais mon enfant, que croiras tu qu’il se passerait dans ce monde sans combat le jour où l’un de tes voisins voudra empiéter chez toi. »
Telle une pièce de théâtre le Nara donnait vie à son court récit avec de grand gestes tout en essayant de captiver l’enfant par le son de sa voix mélodieuse mais pourtant si impactante. Il jouait la comédie mais pas seulement, il présentait les choses de la vie qui existaient. Comme ces hommes qui venaient de mourir. Sans le Nara, sans se battre, qui serait mort ?
« Le jour où il viendra pour voler à ton père sa femme, ta maman. »
Jamais de parole hasardeuse. Un homme et son fils. L’un mélancolique, l’autre semblant manquer d’empathie et de toute autre caractéristique d’une enfant de son âge. Aizen en était sûr, il était déjà arrivé quelque chose à la mère. Un sourire en coin, un regard narquois rapidement dirigé vers le paternel. Que dirait-il ? Il lui apprenait en direct, un combat pouvait être mené sans épée.
« Le monde n’est pas joli, c’est comme cela. Il faut soit s’adapter soit subir et donc être à la merci des plus forts. Dans le meilleur des cas vous resterez ignorés, à ramasser les miettes qui tombent de leur table. Un peu comme vous. Dans le pire vous serez bouffé. Personnellement je décide d’agir, de prendre en main ma destinée. »
Il montra d’un geste ample les cadavres au sol. Eux avaient perdus et n’avaient donc pas pu décider de la suite des évènements. Le Nara, supérieur, avait pris la décision pour eux.
« Car effectivement, ce sont les vainqueurs qui ont la liberté de décider de comment se passera leur vie. »


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Kobayashi Kazunaga
Kobayashi Kazunaga

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Mar 21 Juin 2022 - 9:22


Et ce fut le mot de trop.

* * *

Le quidam demeura stoïque, figeant ses grands yeux ronds dans une attitude de prostration. Des rayons perçaient toujours à travers le feuillage dense des bois, dilapidant ses raies de lumière à travers la scène, lorsque le vent fit chanter les branches comme un concert de papier. Le commerçant qui assistait encore au débat jeta ses yeux vers le shinobi, puis vers le quidam, et enfin vers Kazunaga : il répéta ce schéma plusieurs fois lorsque le silence s’instaura et mit du plomb dans la conversation. Un silence pesant, plus lourd qu’un âne mort.

Du feu dansait dans les yeux de Kazunaga. Tout parangon de sagesse qu’il était, ou du moins qu’il prétendait être, il ne sût refouler ces pulsions soudaines qui l’animèrent soudainement et portèrent ses sangs à ébullition. Un débat n’était pas qu’une simple confrontation idéologique : il pouvait tantôt avoir la vertu pour ambition, tantôt avoir pour seul dessein celui de blesser. S’il arrivait que certains mots conduisent au désaccord et que deux esprits s’échauffent sur fond de politique, il arrivait également que d’autres mots, plus incisifs, soient la traduction subliminale d’une déclaration de guerre.

Une déclaration de guerre.

Toile et ombre tissent l'ombre étoilée C0ds

« Assez. On ne peut dérober ce qui n’est plus de ce monde. Je me suffis de votre arrogance et de votre plaisir à croire que tout se règle par la force. »


Kazunaga profita de ces mots pour ranger ses effets, resserra le nœud pour refixer son charriot et attrapa un bâton souple, pas plus gros qu’une rapière, bruni par le temps et par l’usage. Le ton qu’il employa ne mit aucun voile sur son état d’esprit : brûlant, à vif, la plaie qui peinait encore à cicatriser venait d’être ouverte à nouveau. A l’intérieur de lui, elle saignait encore abondamment.
Il peinait encore à accepter de croire qu’il n’était pas le fautif principal, à cause des mots qu’avaient tenu sa bien-aimée avant de s’éteindre. Au point que faire surgir cette culpabilité dans un argumentaire qui emportait son fils dans la tourmente du Mal le mit dans un tel état de colère qu’il se savait incapable de ne pas commettre d’erreur.
Car il n’y avait, à cet instant, de pire faute que d’enterrer les mots pour dégainer les armes. Même en assénant une mort expéditive à ce facteur de l’enfer, il n’aurait de victoire qu’il puisse appeler une réussite : s’il gagnait, il ne ferait que confirmer ce que le Nara venait d’expliquer à son fils.
Ce dernier, les yeux encore exorbité et craintif quant à ce qui pouvait à présent se dérouler, fit pivoter sa tête pour se retourner vers l’illustre paternel. Son père ne tarda pas à l’apostropher.

« Reviens par ici. Nous partons. »

Le petit baissa la tête puis adressa un dernier coup d’œil à Aizen, avant de se décider à obéir. Une sorte de regret paraissait se loger dans le fond de ses yeux : un sentiment pêle-mêle de doute et de culpabilité, d’échec et de désespoir.

« Euh Kaz’, v-voyons, n’oublie pas qu’il nous a s-sauv…
- Je n’ai pas besoin qu’on me sauve. Je connais de bien meilleures armes que le ninjutsu pour me dérober au danger : le dialogue, et l’argent. Nous, négociants, pouvons parcourir toute la terre pour faire affaire. Ce fameux Pays des Griffes, j’y ai mis les pieds sans crainte d’y être mal reçu ; ce sont moins des barbares que vous. Leur philosophie est à mille lieux de vos obsessions militaires. Là où vous dévastez, ils tentent de reconstruire. Gardez cela à l’esprit lorsque vos cimetières seront inondés de morts. »

N’était-ce pas la plus délicieuse des ironies ? Kazunaga était un assassin de fait. Le genre de sicaire qui se glisse dans une chambre la nuit sans faire de bruit, qui tranche la gorge en bloquant la bouche de sa victime pour l’empêcher d’hurler dans un gargouillis de sang, puis qui disparait pour aller demander son reste sans se soucier de savoir quel sang sa lame a goûté. N’y a-t-il pas plus immoral pèlerin qui celui qui accepter de tuer des inconnus contre quelques pièces trébuchantes ?
Ce n’était du reste pas ce qu’il envisageait pour son rejeton. Pourtant, à voir comme le triomphe par la force l’aguichait, Kazunaga comprit qu’il lui serait difficile de balayer le chemin vers un itinéraire plus pacifiste, pour baliser un sentier débarrassé des couteaux et des poisons. Son fils pouvait faire revenir les morts à la vie : en cela, il possédait un pouvoir qui lui permettrait soit de soulager les cimetières et les regrets, soit de les remplir pour grossir les rangs de ses cadavres armés. Hélas, la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre.

« Maintenant, je vous prie de bien vouloir nous laisser le passage, sieur. »
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