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[Mission C] Diplomatie Timide

Hoshino Ryunosuke
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Lun 18 Avr 2022 - 21:06
Mission:



Une mission. Ce n'était pas quelque chose qu'il rechignait à faire et pourtant, il n'en avait nul envie, comme si son passé le retenait toujours immobile. Incapable d'avancer, pas seul, Ryunosuke lève ses yeux vers le ciel avant de s'étirer lentement. Il était très tôt, trop tôt car le soleil peinait à apparaître à l'horizon.

Ses doigts passent sur son bandeau avant qu'il ne descende du toit de la propriété pour arpenter les rues du village. Son ordre de mission soigneusement rangé, il n'en avait lu que les objectifs sans prendre la peine de se renseigner sur son partenaire. S'il avait su. S'il avait fait attention. Si seulement le monde ne lui était pas si indifférent, alors il l'aurait attendu et ils s'y seraient rendu ensemble.

Cheveux à peine maintenus pour ne pas avoir de mèches devant les yeux, il arbore son éternel kimono d'un blanc un peu cassé. Il veut se montrer impeccable, mais le temps use tout. Les yeux rivés devant lui, il s'installe contre le mur pour se poser. C'était là qu'ils recevraient les doléances. C'était ici qu'ils pourront faire montre de leurs talents pour l'empire. Pour eux. Pour leur idéal.

Quand l'Hoshino relève les yeux après quelques heures passé à méditer, c'est pour accueillir une silhouette trop connue. Si la surprise peut se voir dans son regard une fraction de seconde, il ne s'en sent que soulagé, même s'il n'était pas le plus bavard des deux, Ryuno admettait qu'il se sentait toujours bien en sa compagnie.

« Kentaro. » Une manière de lui présenter ses excuses de ne pas avoir fait la route avec lui. Et pourtant, s'il avait su, s'il avait lu, sans doute serait-il tout de même venu ici tout aussi tôt pour s'assurer de la sécurité des lieux. « Tu es en avance. » Mais ce n'est pas un reproche, en témoigne son ton plutôt chaleureux.

Il l'invitera à sa suite dans la petite auberge pour commander une boisson chaude. « Je n'ai pas la fibre commercial. Gageons que tout se passera bien. » rien ne laisserait présager que Ryunosuke était mort d'angoisse.

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Hagiwara Kentaro
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Dim 1 Mai 2022 - 11:36
« L’histoire du commerce est celle de la communication des peuples. »
De Montesquieu.

J’avais passé une sale nuit. Ayumi avait eu beaucoup de fièvre. Tatsuya, mon frère aîné, avait fini par m’accompagner à l’hôpital avec ma fille. Lorsque nous étions arrivés vers minuit, l’hospice était en état d’alerte générale. De ce que j’avais pu obtenir comme information, une mission avait mal tourné et les shinobis associés à cette dernière avaient dû être opérés en urgence. Une infirmière avait pu rapidement ausculter mon bébé et, après accord de l’interne, avait pu lui administrer un médicament pour la soulager en attendant qu’un praticien puisse l’examiner.

Ayumi avait refusé de dormir jusqu’à ce que je l’installe contre mon dos dans son boubou. Je m’étais mis à marcher dans le couloir, de long en large. Elle avait fini par se calmer. En effet, depuis que nous étions arrivés à l’hôpital, elle n’avait fait que pleurer et crier. Elle ne se sentait pas en sécurité ici… à moins qu’elle n’ait senti mon angoisse grandissante. Je détestais voir mon bébé dans un tel état. Dès qu’elle avait de la fièvre, des souvenirs désagréables remontaient à la surface : ces vestiges du passé étaient encore si douloureux que j’étais incapable de leur faire face lorsqu’ils ressurgissaient.

L’un des médecins de garde put nous recevoir aux alentours de trois heures. Ayumi se réveilla dès qu’elle quitta mon dos. Elle se remit presque immédiatement à pleurer lorsqu’elle se rendit compte qu’elle n’était plus avec moi, mais dans les bras du praticien. Malgré sa fatigue évidente, l’homme fut très professionnel. Il ne fit aucun geste superflu. Ma fille passa une grande partie de la consultation dans mes bras, car le guérisseur pouvait pratiquer la plupart de ses examens dans cette position. Bien qu’elle ne fût pas rassurée par cet individu, Ayumi fut très calme… du moment qu’on ne lui demanda pas de quitter mes bras. Le verdict finit par tomber : un gros rhume.

Il nous fit une prescription pour les médicaments. Il me demanda de surveiller l’état de santé d’Ayumi. Si celui-ci ne s’était pas amélioré d’ici quarante-huit heures, je devais l’emmener chez le médecin de famille. Lorsque nous quittâmes l’hôpital, le jour était en train de se lever. D’ici quelques heures, je devais être en poste : l’Empire m’avait attribué une mission la veille. Je n’avais pas pris le temps de la lire, bien trop occupé à prendre soin de ma fille. Je déposais Ayumi chez mes parents. Je fis le point avec eux et, après avoir lu mon ordre de mission, je repartis chez moi vers huit heures.

Mon cœur et mon âme étaient plus légers maintenant que je savais que mon partenaire de mission n’était autre que Ryu, mon voisin. J’avais dans l’idée de l’inviter à prendre le petit-déjeuner, mais lorsque je vins sonner à sa porte, personne ne répondit. Le connaissant, il devait déjà être parti en vadrouille dans la ville. Tant pis. Ce sera pour une autre fois. Je me dirigeais vers ma porte d’entrée. Au moment d’arriver sur le seuil, j’hésitais : si je rentrais dans ma demeure, je n’étais pas certain d’en ressortir. C’était l’un de ces jours où toutes mes convictions s’envolaient : elles se dilataient d’elles-mêmes, me laissant alors seul face à mes angoisses. La fatigue de la nuit et les craintes engendrées par l’état de santé d’Ayumi ne m’aidaient guère à rester ancré dans la réalité et la rationalité.

Je devais verrouiller mon esprit : il ne fallait surtout pas que je me laisse envahir par des pensées négatives. Je devais me concentrer sur la mission. Elle était d’une importance capitale : je ne pouvais pas me permettre de prendre la diplomatie et le commerce à la légère. De ce fait, je ne pouvais pas me présenter ainsi devant les représentants de ce petit hameau. Ils étaient des habitants de l’Empire et je me devais de les traiter en tant que tels. Je finis par pousser la porte de ma maison. Depuis la mort d’Hatsuka et le départ d’Ayumi pour la demeure de mes parents, je trouvais mon habitation terne et vide. Il y en avait partout. C’était désolant à voir. D’un certain côté, j’étais heureux que ma fille n’habite actuellement pas avec moi : je ne voulais pas qu’elle soit spectatrice d’un divertissement aussi navrant.

Mon ventre se fit entendre. Je savais qu’il n’y avait pas grand-chose dans le garde-manger et je n’avais ni le temps ni le courage d’aller faire des courses pour me préparer un petit-déjeuner complet. De plus, je savais que je signais mon arrêt de mort si je commençais à prendre mon temps dans mon état actuel. Je ne devais pas être en retard… ni être absent de cette mission. Qu’est-ce-que penserait ma fille de moi si elle me voyait mal faire mon travail ? Je ne souhaitais nullement lui montrer le mauvais exemple. Je fis une rapide toilette et changeais de vêtements. Je tentais tant bien que mal de faire quelque chose avec mes cheveux. Agacé par ma chevelure, la brosse finit par voler à travers la salle d’eau au bout de quelques minutes seulement : décidément, j’étais et resterais très mauvais dans l’entretien de ma tignasse.

Je fis la moue devant le miroir. La fatigue commençant à se faire bien trop lourde sur mes épaules, je me décidais à me préparer rapidement un sac avec quelques objets qui me semblaient tout à fait appropriés pour l’entretien d’aujourd’hui. Après quelques secondes de réflexion, j’y ajoutais également ma brosse, deux bandeaux ainsi que quelques élastiques et barrettes. J’espérais que Ryu soit en avance au lieu de rendez-vous et qu’il accepterait de m’aider avec mes cheveux. Il était clair que je ne pouvais pas aller à cette entrevue avec une telle coupe : si c’était le cas, les représentants prendraient les shinobis de l’Empire pour de gros rigolos. Néanmoins, je n’étais pas certain d’être capable de demander de l’aide à mon voisin et compagnon de mission.

Je partis de chez moi après avoir fait mes besoins. Alors que ma destination fut en vue une dizaine de minutes plus tard, un sourire vint se poser sur mon visage : Ryu était déjà là ! Ce fut un soulagement pour moi : je sentis un poids libérer mes épaules. C’est avec une voix chaleureuse, mais trahissant mon extrême fatigue, que j'interpelle mon camarade :

« Ryu ! »

Je m’approchais de lui à grands pas. Il était toujours aussi bien habillé. Ses cheveux étaient toujours très bien coiffés. Si maman nous voyait, elle me ferait des reproches et me dirait de prendre exemple sur Ryu. Heureusement qu’elle n’était pas là.

« Je suis heureux de te voir. »

J’hésitais un instant sur le comportement à adopter en sa présence. Je ne voudrais pas lui porter préjudice dans un lieu public. Je fis la moue face à sa remarque, bien que je sache qu’il ne me faisait aucun reproche.

« Tu exagères ! Tu étais là avant moi ! Te connaissant, je suis sûr que tu es là depuis très longtemps… »

Il m’invita dans une petite auberge non loin. J’espérais que le tavernier avait de quoi manger. J’avais tellement faim. Nous nous assîmes à une table près d’une des grandes fenêtres de l’établissement. Ainsi, nous avions vu sur la rue : si les représentants du petit hameau que nous devions rencontrer ce matin se présentaient, nous n’aurions aucun mal à les identifier.

« Bonjour messieurs. »

Je sursautais. Perdu dans mes pensées, je n’avais pas entendu notre hôte arriver.

« Bienvenue dans notre établissement. Puis-je prendre votre commande ? »

Zut. Je n’avais pas encore regardé la carte.

« Salutations sur vous, monsieur. »

Puis à l’adresse de Ryu :

« Je… Je t’en prie. Commence. Je n’ai pas encore choisi. »

Je me mis à examiner la carte de l’auberge de plus près. Hum… Dur de choisir, surtout avec un ventre vide. Ce dernier ne tarda d’ailleurs pas à manifester son mécontentement. Lorsque Ryu eut fini de faire son choix, je donnais le mien au tavernier.

« Je vous prendrais du thé vert, fruits rouges, si vous avez, s’il vous plaît. Est-ce que c’est possible de commander quelque chose à manger ? »

« Bien sûr, monsieur. »

J’avais grandement envie de nourriture salée. Je pris plusieurs entremets présents sur la carte. Lorsque j’eus fini, je demandais à mon compagnon :

« Est-ce que tu veux quelque chose à manger ? C’est moi qui invite aujourd’hui ! »

Je ne vis pas le regard surpris du tavernier lorsque celui-ci comprit que ce que j’avais commandé, c’était uniquement pour moi. La vérité était que Ryu avait toute mon attention. Lorsque le serveur partit préparer notre commande, mon regard se perdit un instant dans la contemplation de la rue.

« Pour ce qui est des questions commerciales pures et dures, je pense pouvoir t’être utile. À la base, j’ai été formé pour être dans le milieu. Espérons que je me souvienne correctement de ce que m’ont appris les membres de ma famille… Ça remonte à plus ou moins deux ans la dernière fois que j’ai eu à faire à des commerçants. Ça devrait me revenir. »

Je ne pus retenir un bâillement.

« Pardon… En ce qui concerne la visite de la ville, j’avoue que… pfiou… Je me sens plutôt largué de ce côté. Ça me gonfle plus qu’autre chose ce genre de truc. Visiter pour visiter, ce n’est pas trop mon truc… Je préfère résoudre un mystère ou farfouiller pour trouver des… des trucs. »

Beaucoup trop de « trucs » dans mes phrases. J’avais beaucoup de mal à me concentrer. J’espérais que le petit-déjeuner arriverait rapidement, histoire que je puisse me requinquer un coup avant l’heure fatidique. Je reportais mon attention sur Ryu.

« En venant ici, j’ai un peu réfléchi à notre mission. Il me manque encore des données, mais je pense que le meilleur moyen de régler leurs problèmes, c’est de les associer à d’autres commerçants. Soit on leur propose de s’associer à une firme déjà existante, soit on leur propose de s’associer avec d’autres villages localement proches de leur position. Je reste persuadé que ce ne sont pas les seuls à être touchés par la différence de prix entre Ame et Hi. »

Une femme nous apporta notre thé. Je la remerciais et attendis qu’elle soit partie avant de reprendre :

« Leur position géographique fait qu’ils sont malheureusement les premières victimes de ces inégalités tarifaires. Actuellement, vu leur situation financière, je pense qu’il vaudrait mieux pour eux viser une association à l’échelle locale : cela leur permettrait, dans un premier temps, de se renforcer et de se stabiliser. Il pourrait ainsi éviter au maximum de se faire manger tout cru par une firme plus grosse qui s’intéresserait à eux… ou pire, mettre la clé sous la porte. Bien que le risque zéro n’existe pas, il faut envisager toutes les possibilités et prendre ensuite la meilleure… ou faire un mix de différentes propositions pour mettre en place un plan d’action qui tienne à peu près la route. »

Je pris une gorgée de mon thé. Mon ventre gargouilla si fort que j’en devins tout rouge.

« Pardon pour ce désagrément… »

Je n’osais pas le regarder dans les yeux. Je me mis à fixer un point dehors. Je revins sur le sujet qui nous occupait tous les deux, espérant que cette honte qui m’habitait puisse être rapidement un mauvais souvenir.

« Néanmoins, tout ceci ne reste que des conjonctures tant que nous n’avons pas pu recueillir les doléances des habitants de ce hameau. Ce sont eux qui connaissent le mieux leur village et ses environs. Ils seront capables de nous donner les informations nécessaires pour la mise en œuvre des actions nécessaires à leur survie. »

Je poussais un profond soupir.

« J’espère toutefois qu’ils auront un discours construit et des doléances qui tiennent la route. Malheureusement, dans ce genre de situation, c’est parfois compliqué de garder la tête froide, surtout quand les siens sont touchés. En l'occurrence, ici, c’est un hameau entier qui est menacé. Pour que les représentants se déplacent, c’est que l’affaire doit être plus préoccupante qu’elle n’y paraît. »

Je me mis à maugréer quelques mots inintelligibles avant d’avouer à Ryu :

« Je t’avoue qu’à la vue de mon état de fatigue, je ne suis pas certain de pouvoir garder mon calme s’ils nous agressent verbalement. »

Je fis une grimace.

« Pour la diplomatie, j’admets que je ne suis pas dans mon meilleur jour. »

Je poussais un nouveau soupir.

« Et toi ? Qu’est-ce que tu penses de notre mission ? Enfin, ce que je veux dire… est-ce que tu as quelques pistes de réflexion sur le problème qui nous occupe ? Un avis peut-être… »

Pardon, Ryu. Je parle beaucoup ce matin. Je souhaitais simplement te cacher mon mal-être. La santé d’Ayumi me préoccupait. De plus, sa fièvre avait fait remonter de très mauvais souvenirs liés à la mort d’Hatsuka. J’avais beaucoup de mal à les ignorer : pourtant, toute mon attention devait être tournée vers la réussite de la mission.

Résumé:


Dernière édition par Hagiwara Kentaro le Jeu 5 Mai 2022 - 17:54, édité 2 fois
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Hoshino Ryunosuke
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Mar 3 Mai 2022 - 11:28

Heureux de le voir. Oui, lui aussi. Et puis ce n'était pas une mission dangereuse pour la vie qu'ils avaient à faire. Alors quelque part ça calmait un peu son angoisse. Quant au temps qu'il avait passé ici, suite aux mots de Kentaro, il eu une toute petite moue de gêne, lèvres pincées et le regard déviant, quelques secondes tout juste.

Installé pour patienter autour d'une boisson, et peut-être d'un repas, Ryunosuke observe son ami avec attention. Après tout, il n'y avait que lui qui l'intéressait ici. Le serveur toutefois aura un signe poli de tête pour toute salutation. « Votre meilleur thé vert s'il vous plaît. » Pour se détendre, sans arôme supplémentaire parce qu'il l'aimait ainsi.

Puis il écoute son compagnon demander toute sorte de nourriture lorsqu'il en eu le feu vert et s'amuse intérieurement de voir la tête de l'employé lorsqu'il comprend que ce n'était que pour un tout ça. « Non, je te remercie. Je n'ai pas très faim. Une autre fois. » pour l'invitation. Ce n'était pas tant qu'il n'avait pas faim, mais le stress lui coupait l'appétit assez facilement. Ca toutefois, il n'était pas prêt à le dire.

Ryuno le laissera parler sans le couper une seule fois. Engrangeant les informations les unes après les autres. L'apport du thé, le gargouillement, rien ne le perturba dans son écoute. Il pouvait bien avoir faim, il n'y avait aucun mal à ça. Et puis, la fatigue, l'impatience, la faim. Une seconde l'Hoshino ferma les yeux et quand les questions lui sont adressées, il se lève doucement de sa chaise, un petit geste de la main pour enjoindre Kentaro à rester assit. Il passera dans son dos et posera ses doigts sur ses tempes délicatement pour commencer à les masser tout en répondant « Pour la visite je pourrais m'en charger. » Tout doucement il l'invite à pencher un peu sa tête en arrière continuant le petit massage improvisé. « J'aime me baser sur les faits. Alors j'ai hâte d'entendre ce qu'ils ont à dire pour pouvoir me faire une vraie idée de leur situation. » Il fait descendre ses doigts vers la nuque de Kentaro. Il n'avait aucune idée si ce qu'il faisait été efficace ou non mais, il avait souvent vue sa mère le faire à son père alors, il gageait que oui.

« Pour ce qui est de leur probable énervement, je pourrais tenter de les calmer un peu, mais je ne garantit rien. Si je sais maîtriser mes émotions, celle des autres ce n'est pas garantit. D'ailleurs, je propose qu'on discute ici avec eux en leur offrant une petite collation. Ca ne pourra que les mettre dans de bonnes conditions. Qu'en penses-tu ? » Alors qu'ils parlaient, les plats de Kentaro arrivaient. Ryunosuke finit alors son petit massage et revint s'installer, dégustant son thé.

« Nos hommes ne devraient plus tarder. » Après un temps, alors que ses yeux dorés observaient l'extérieur. Quelques silhouettes se démarquèrent un peu du lot de la population d'Urahi. « Je reviens. Tu peux appeler le serveur s'il te plaît et commander quelque chose. Préfère un thé vert simple, ça passera tout seul et pour la nourriture je te fais confiance. » Il se lève, vivement, et s'il a regardé Kentaro en parlant, un mince sourire aura étirer le coin de ses lèvres, très brièvement, avant qu'il ne sorte pour interpeller les hommes et se présenter, lui ainsi que son collègue qui les attendait à l'intérieur.

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Quand ils revinrent tous les quatre à l'intérieur, ils s'installèrent, les représentants en face des soldats. Ce fut la vieille femme qui prit parole « Bonjour à vous. Je suis Hime Ahiko, voici mon époux, Hime Hideto et notre petite fille et successeuse Hime Umi. » ils n'entamèrent pas de suite les hostilités.

Résumé:

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Ven 6 Mai 2022 - 11:01
« Dans le commerce, plus le prix est modique, plus l’étiquette est grande. »
De Tristan Maya, poète, romancier et critique littéraire français.

Ryunosuke m’accorda une oreille attentive lorsque je lui fis part de mes réflexions sur la situation. Son massage était divin et m’aida à me concentrer sur ce que j’avais à dire. J’étais tendu, certainement beaucoup trop. Mon interlocuteur devait bien le sentir. Je fus heureux qu’il ne le relève pas. Je n’avais pas conscience que la mission le tendait autant que moi. Soulagé que mon compagnon se sente de faire la visite de la capitale à nos invités, c’est avec un certain appétit que j’entamais la nourriture que le serveur venait de déposer à notre table, alors que mon voisin venait reprendre sa place. Entre deux bouchées, je répondis à sa proposition de collation :

« C’est une très bonne idée. Il faudra toutefois choisir les plats avec soin : ils devront être produits localement et, de préférence, être des spécialités de la capitale ou, à défaut, de l’enseigne où nous nous trouvons actuellement. »

Quoi, déjà ? Je n’avais pas vu le temps filer. J’avais pourtant encore quelques informations à communiquer à mon partenaire pour finaliser la structure de l’entretien que nous allions avoir avec les représentants du hameau. Était-ce pour autant le meilleur moment pour lui révéler ? Le voyant observer la rue, je me ravisais : il était préférable de garder ces renseignements de côté pour le moment. Ryu l’avait dit lui-même : il aimait se baser sur des faits. Ces derniers n’étant pas encore entre notre possession, il ne servait à rien de tergiverser plus que cela sur la situation.

Mon acolyte quitta la table après m’avoir donné quelques instructions. J’avais acquiescé d’un signe de la tête pour lui signifier que j’avais entendu et compris ce qu’il attendait de moi. Je le laissais sortir de la taverne puis, j’interpellais le serveur. Sur les conseils de Ryu, je commandais leur meilleur thé vert nature, m’assurant au passage que celui-ci soit produit localement. Cette auberge était réputée pour travailler avec les producteurs locaux. Comme indiqué précédemment à mon partenaire, je pris également bien soin de choisir quelques spécialités sucrées, ainsi que deux mets salés dont on m’avait vanté les mérites. Ne connaissant pas les goûts et les couleurs de nos convives, je préférais parer à toute éventualité.

Lorsque le soldat revint à l’intérieur avec les représentants du hameau, je me levais de ma chaise en signe de respect et de politesse. Je m’inclinais devant eux pour les saluer, remarquant alors du coin de l'œil mon reflet dans la vitre de l’auberge : ma coiffure laissait vraiment à désirer ! J’avais complètement oublié de demander à Ryu de m’aider à propos de ce petit problème. Je leur indiquais leurs chaises d’un signe de la main et attendis qu’ils aient pris place avant de me rasseoir. Ce fut la vieille dame qui présenta le trio.

« Madame, monsieur, mademoiselle, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue à Urahi. »

Le serveur apporta le thé et trois nouvelles tasses avec leurs coupelles et petites cuillères. Il disposa les objets devant chacun d’eux.

« Avez-vous fait bon voyage ? »

J’étais très mauvais concernant le protocole à suivre concernant le thé. Etait-ce à nous de le servir ? Ou devions-nous laisser nos invités se servir par eux-mêmes ? Madame Ahiko dut sentir mon malaise et entreprit de servir le thé. Elle gardait un sourire bienveillant sur le visage, contrairement à son époux qui affichait plutôt une mine renfrognée. Concernant demoiselle Umi, je ne savais pas comment me placer par rapport à elle : d’un premier abord, elle me paraissait très timide, mais j’étais certain qu’elle ne perdait pas une miette des échanges qui se faisaient autour de cette table. Avec sa bonté naturelle, madame Ahiko répondit à ma question :

« Malgré quelques désagréments causés par la météo, le trajet se déroula sans encombre. »

Le serveur revint avec les quelques spécialités que je lui avais commandées tantôt. Il les disposa sur la table et repartit avec les assiettes vides des plats que j’avais déjà engloutis. Monsieur Hideto avait grand mal à se contenir. Il prit sèchement la parole.

« J’espère que vos compétences en commerce sont meilleures que celles dont vous avez fait preuve pour nous accueillir, monsieur Hagiwara. Vous devriez laisser ce genre d’initiative à votre collègue, monsieur Hoshino, qui, ma foi, est plus expérimenté que vous dans ce domaine. »

Madame Ahiko foudroya son mari du regard. Demoiselle Umi resta impassible. Quant à moi, je ne pouvais pas laisser passer cette agression verbale. C’était important de ne pas se laisser dominer : nous devions être sur un pied d’égalité pour éviter que l’un des deux partis prenne l’ascendant sur l’autre. La réussite de la mission en dépendait. Je posais mes mains sur mes genoux et serrais les poings. Malgré ce que me dictait ma fatigue, je ne devais pas m’emporter. Je pris une grande inspiration le plus silencieusement possible. La mission avant tout. Je répondis sur un ton calme mais ferme :

« Monsieur, je suis le premier à reconnaître manquer d'expérience dans la prise en charge et l'accueil de représentants, quelle que soit leur nature. Mais comme vous l’avez souligné tantôt, la présence de monsieur Hoshino est nécessaire pour que votre hébergement en ces lieux soit effectué au mieux. Il est également vrai que mon accoutrement laisse à désirer. Néanmoins, je ne vous permets pas de remettre en cause mon intégrité dans l’affaire qui nous occupe aujourd’hui. J’ai fait de mon mieux pour me préparer à notre entretien, après avoir passé la nuit à l’hôpital avec ma fille de trois ans. Quant à mes compétences en matière de commerce, j’ose espérer que les dix années passées dans le milieu soient suffisantes à vos yeux pour que nous puissions trouver une solution au problème qui vous a amené à Urahi. »

Intérieurement, je remerciais mes parents et mes grands-parents de m’avoir formé au commerce dès mon plus jeune âge. Je me gardais bien de dire à nos interlocuteurs que cela faisait plus ou moins deux ans que je n’avais pas mis le nez dans le métier. Monsieur Hideto et madame Ahiko semblèrent satisfaits de ma réponse. Mademoiselle Umi garda son flegme légendaire. Avant de commencer l’entretien et pour être certain de visualiser au mieux les dires des représentants, je sortis une carte de l’Empire de mon sac.

« Veuillez me pardonner. Je vais la déplier et les placer sur la table. Pouvez-vous m’aider à la glisser sous les objets présents ? »

Je crus bon de préciser :

« Elle me permettra de mieux comprendre et de visualiser les enjeux commerciaux de votre hameau. »

Les yeux de demoiselle Umi s’illuminèrent pour la première fois depuis le début de notre entretien. Elle se leva et aida avec enthousiasme à installer la carte du territoire. Sur celle-ci, nous pouvions voir une partie des pays limitrophes à l’Empire. Elle avait déjà bien servi : des traces de café et autres substances traînées ici et là et les bords de celle-ci étaient cornés et abîmés. Je remis en place ce qui se trouvait sur la table, laissant la zone qui nous intéressait disponible. Je sortis également un carnet à croquis, un crayon de papier, un taille-crayon et une gomme : en termes de déplacements, c’est ce qui restait le plus simple à glisser dans le sac. J’avais eu de mauvaises expériences avec les bouteilles d’encre, d’où la prise de précaution de ne prendre que des objets ne pouvant me jouer d’aussi vilains tours. Quoi que, ils pouvaient certainement m’en jouer d’autres dont je n’avais pas conscience.

« Je vous en prie. Sentez-vous libre de commencer quand vous le souhaitez. »

Monsieur Hideto crut bon de nous faire savoir :

« Vous avez reçu votre ordre de mission. Vous savez pourquoi nous sommes venus. »

Il était clair que des trois représentants, monsieur Hideto s’était vu attribuer le rôle du méchant. Mes doigts se serrèrent plus que de mesure autour de mon crayon de papier. Calme. Je devais rester calme. Son attitude agressive m’insupportait grandement. Qu’est-ce que je faisais là avec cet ingrat ? Je n’y étais pour rien dans la situation du hameau. Si je laissais Ryu me défendre, mon orgueil en prendrait un vilain coup.

« En effet, je ne vous ferais pas l’affront de vous demander la raison de votre présence en ces lieux. Bien que notre ordre de mission indique le pourquoi de votre visite et les objectifs que nous devons remplir, il ne nous explique pas les enjeux précis de votre agglomération, ni l’historique du problème. De plus, les détails ne sont pas suffisants pour que nous puissions élaborer une stratégie propre à votre hameau. Jusqu’à preuve du contraire, ce sont vous les acteurs de votre commerce. Nous avons été mandatés pour vous aider à trouver une solution aux difficultés que vous rencontrez, mais également amorcer la mise en œuvre de cette solution : il n’a jamais été question de faire le travail à votre place. Nous ne sommes pas là pour vous imposer quoi que ce soit. Votre hameau possède ses propres problématiques. Ces dernières sont différentes de celles de la capitale ou d’autres régions de l’Empire. Ces informations, vous seuls les avaient. Ce n’est pas un ordre de mission de quelques lignes qui nous permettra de comprendre la complexité de votre bourg. »

Je conclus par un cinglant :

« Jusqu’à preuve du contraire, je ne suis pas devin. »

Madame Ahiko vint poser sa main sur le bras de son mari, lui indiquant par cette présence qu’il devait s’abstenir de me répondre. J’avais compris le message que monsieur Hideto voulait me faire passer. Il était clair qu’il ne nous portait pas dans son cœur… à moins qu’il souhaitait nous tester en nous repoussant dans nos retranchements. J’avais bien du mal à garder mon calme. Je voulais rentrer chez moi pour retrouver ma fille. Néanmoins, si je partais maintenant, j’étais persuadé que cela comptera comme une désertion à mon poste. Je ne tenais pas à terminer en prison maintenant. Perdu dans mes sombres pensées, je ne vis pas le regard appuyé que madame Ahiko échangea avec Ryu, l’enjoignant à me calmer, comme elle venait de le faire avec son mari.


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Hoshino Ryunosuke
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Dim 8 Mai 2022 - 11:20

La remarque du vieil homme fit froncer très légèrement les sourcils de Ryunosuke. De quel droit se permettait-il de faire la moral à son collègue et surtout ami ? Une équipe n'était-elle pas formée pour que les compétences de chacun s'additionnent dans le but de la mener à bien ? C'est un regard discret qu'il lance à Kentaro : pitié ne répond pas à ça. Mais l'homme semblait déjà décidé et les mots fusent.

L'Hoshino reste droit sur sa chaise, son regard passant des uns aux autres. Ecoutant Kentaro avec plus d'attention que quiconque ici. Il aidera, comme la jeune fille, à lever les objets de la table pour permettre d'étaler la carte.

« Monsieur. » C'était plutôt froid et adressé à l'homme qui freinait vraisemblablement les opérations. S'ils purent échanger un regard, Kentaro revenait à la charge avec sa verve habituelle. Mais il y eu les mots de trop. Ryu se tourne vers son ami, très légèrement et vient saisir avec vigueur son épaule pour la serrer quelques secondes fortement avant de laisser sa main à cette place et revenir poser ses yeux sur leurs convives.

« Nous connaissons nos devoirs. Nous ne connaissons pas vos besoins. Et je vous prierais de ne pas manquer de respect à l'empire qui a bien voulu dépêcher ses précieux soldats pour vous venir en aide au plus tôt. » Il prit sa tasse de thé et inclina sa tête avant de boire une gorgée et de reprendre : « Pourriez-vous nous donner la nature de votre commerce pour commencer ? Si vous avez des difficultés d'approvisionnements ou autre qui ferait que vos prix pourraiebt en être impactés ? Tout ce que vous pourrez nous apprendre, même ce qui peut vous paraître insignifiant, nous permettra de jauger au mieux la situation et vous venir en aide. Et si vous doutez encore du bien fondé de nos idées ou nos actions pour vous permettre de survivre avec votre commerce peu importe la concurrence, nous nous ferons une joie de vous montrer de quelle manière prospèrent nos commerçants, ici à Urahi. » Ha, il avait trop parlé. Mais la diplomatie était ainsi faite et rester silencieux dans un tel échange n'était jamais bon.

Hideto sembla serrer les dents. Ils ne s’entre-déchiraient pas mais s'aidaient. Il finit par détourner les yeux et si sa femme allait pour parler, le petit rire discret de leur petite fille l'arrêta. La jeune femme laissa un ravissant sourire étirer ses lèvres avant de prendre la parole « Nous possédons un commerce d'épices et parfois quand les stocks le permettent nous vendons notre thé local. Nous sommes présents sur les marchés proches, à Hi ou Ame. » Elle se leva et se pencha un peu sur la carte pour désigner du doigt leur zone en faisant un joli cercle sans rien écrire sur cette précieuse carte. « Grand père et grand mère me laissent gérer. En réalité, ils sont là en soutien. » Elle replace ses cheveux en se réinstallant sur sa chaise. « Mes parents ont été tués en revenant d'un marché un jour par des brigands... alors mes grands parents ont du reprendre temporairement l'affaire parce que j'étais un peu trop jeune mais maintenant non ! Du coup si papy vous embête vous me le dites ! » L'homme grommela « Ca aurait du être ton grand frère. » et la femme baissa les yeux.

Un silence pesant à la suite de ces mots à peine soufflé et Ryunosuke se demanda ce qui n'allait pas au final. Il avait bien entendu les mots d'Hideto et au vue de leur réaction à tous, ça semblait vraiment leur peser. « Pourriez-vous nous en dire plus s'il vous plaît ? Aussi douloureuse soit cette information. » Il savait qu'il leur ferait du mal, qu'ils ne voudraient probablement pas en parler mais comme il avait expliqué, même le détail le plus insignifiant avait son importance.

Résumé:

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[Mission C] Diplomatie Timide Oyba
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Dim 15 Mai 2022 - 14:16
« Mieux vaut gagner dans le commerce de paille que perdre dans celui de l’or. »
De proverbe serbe.


Ce vieillard m’avait fait sortir de mes gonds en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Je ne comprenais pas pourquoi il y mettait tant de hargne et de colère. Je n’avais rien fait qui justifiait son comportement. Comment Ryu arrivait-il à garder son calme ? Sa main ferme sur mon épaule me fit très bien comprendre que j’étais allé trop loin. Je ravalais ma fierté et mon irritation vis-à-vis de la situation. Je pris plusieurs grandes inspirations, aussi silencieuses que possible, durant le discours de mon compagnon. Je devais absolument me calmer. Je n’étais pas là pour chercher querelle à monsieur Hideto. Je me pris à penser que c’était bien compliqué d’allier mon statut de père d’une enfant de trois ans à celui de soldat de l’Empire. D’autres situations similaires se présenteront et je ne pourrais pas me permettre de perdre mon sang-froid comme aujourd’hui. Les enjeux d’une mission, quel que soit son grade, étaient trop importants pour que je me permette de la faire capoter.

Je reportais mon attention sur la discussion. C’était très étrange : il avait beaucoup parlé. Ce n’était pas dans les habitudes de Ryu de bavarder autant. Je n'ajouterais rien au discours de mon camarade. J’estimais avoir fait assez de dégâts pour me permettre d’intervenir d’une quelconque façon. Quant à la suite des évènements, je fus très surpris d’entendre le rire de demoiselle Umi : aussi discret que fut ce rire, il eut l’agréable avantage de me détendre. Je pris consciencieusement des notes : les informations données furent, pour moi, de la plus haute importance. Lorsque notre interlocutrice désigna leur zone d’influence sur la carte, je consignais sur ma feuille les principaux villages d’Ame et d’Hi.

Je fronçais les sourcils à la mention du frère de demoiselle Umi. Vu le ton employé par monsieur Hideto et le regard fuyant de madame Ahiko, cela ne présageait rien de bon. À la vue des renseignements que j’avais jusqu’à présent, j’étais prêt à parier qu’il était encore en vie et qu’il avait dû être écarté pour une raison ou une autre de la succession. Si cet homme était mort, demoiselle Umi en aurait parlé en même temps que la douloureuse perte de ses parents. Je laissais une nouvelle fois la main à Ryu : c’était encore trop tôt pour que j’intervienne. 

« Haruko était prédestiné à reprendre les affaires familiales. Il est l’aîné d’une fratrie de sept enfants. De leur vivant, mes parents ont investi beaucoup de temps et de l’argent pour que mon frère soit formé par les meilleurs. »

[Mission C] Diplomatie Timide 6y9g
Haruko Hide, frère aîné de Umi Hide et petit-fils d’Hideto et Ahiko Hime.


« Haruko aimait son métier. Il était fort et fier de ce qu’il accomplissait pour notre village. Les affaires commerciales du hameau permettaient à notre économie d’être stable et durable. Malheureusement, à la mort de nos parents, quelque chose s’est brisé. Haruko n’a jamais accepté leur décès. Le problème du brigandage n’est pas nouveau : je dirais même qu’il est fréquent dans la zone. Mon frère s’est mis à en vouloir à la terre entière. Sa colère et sa haine se sont ensuite tournées vers deux entités : l’Empire et notre hameau. »

Monsieur Hideto poussa un grognement. Sous le regard de sa femme, madame Ahiko, il n’osa pourtant pas prendre la parole.

« Concernant l’Empire, Haruko estime que celui-ci n’a pas fait son travail. À propos de notre bourgade, les justifications sont plus ou moins similaires. À cette époque, mon frère avait souligné plusieurs fois au conseil de notre localité que le brigandage était en hausse dans la région depuis quelques semaines. Il avait demandé à ce que des dispositions soient prises pour protéger les convois et qu’une requête soit envoyée à l’unité territoriale. Selon lui, la mort de nos parents ne serait jamais arrivée si les zones frontalières avec Ame avaient été correctement gardées. De plus, les mesures de protection demandées n’avaient pas encore été mises en place. »

Je me permis de couper demoiselle Umi dans son récit.

« Aujourd’hui, quand est-il ? »

« Des mercenaires ont été embauchés pour la protection des convois. Leur coût étant relativement élevé pour un seul hameau, celui-ci a été divisé entre les différentes bourgades de la région. En effet, nous ne sommes pas le seul village à faire du commerce et, de ce fait, à avoir des problèmes récurrents avec le brigandage. À ce titre, une alliance a été créée entre les différentes communes souhaitant bénéficier de la protection des mercenaires : le Syndicat du Lys Écarlate. »

[Mission C] Diplomatie Timide 57g4
Symbole du Syndicat du Lys Écarlate.


« Toutefois, à ce rythme-là, nous n’aurons bientôt plus les moyens de payer les mercenaires. D’autre part, à la vue des événements ayant secoué l’Empire ces derniers mois, les soldats promis par missive n’ont pas pu être déployés sur le terrain, faute d’effectifs. »

Le silence s’installa quelques secondes.

« Demoiselle Umi, veuillez me pardonner, mais quelque chose m’échappe. »

« Ne vous excusez pas. Je vous en prie, dites-moi ce qui vous préoccupe. Je ferai de mon mieux pour y répondre. »

Je la remerciais d’un signe de tête : il m’était beaucoup plus agréable de parler affaire avec la jeune femme qu’avec monsieur Hideto.

« Bien que l’Empire n’ait malheureusement pas pu envoyer de soldats pour renforcer les contrôles dans cette zone, vous avez tout de même pu engager des mercenaires pour la protection des convois. De plus, vu l’ampleur qu’a pris le recrutement de ces hommes, cela a dû vous prendre plusieurs mois pour que le système du Syndicat soit mis en place. Notre ordre de mission précise que vos affaires commerciales souffrent de la concurrence d’Ame depuis plusieurs mois. Dois-je en conclure que vous avez mis en place le système du Syndicat alors que votre commerce pâtissait déjà de cette compétition de prix avec Ame ? »

Demoiselle Umi réfléchit quelques instants. Je cherchais réellement à comprendre les enjeux de la situation pour répondre au mieux à leurs attentes et j’avais cette désagréable impression qu’il y avait une rétention d’informations de la part de nos interlocuteurs : j’étais néanmoins persuadé que celle-ci n’était pas voulue, comme s’ils n’en avaient pas consciences. Auraient-ils vraiment honte de ce que ces révélations impliquaient ?

« Il est vrai que cette concurrence de prix est présente depuis un moment. Néanmoins, le recrutement de ces mercenaires n’était pas là pour répondre à cette problématique. Veuillez me pardonner, je n’ai pas dû être clair dans mes explications. Laissez-moi vous apporter quelques précisions. »

Demoiselle Umi gardait ce sourire chaleureux sur le visage et un ton doux et amical.

« Il y a quelques mois, notre commerce souffrait de deux maux : le brigandage et la concurrence des prix avec Ame. Bien que celui-ci soit limité mais existant à Hi, le recrutement de ces individus était avant tout pour protéger les convois, notamment lorsque ceux-ci devaient se rendre à Ame. Vous n’êtes pas sans savoir qu’Ame est connu pour être la terre des criminels. Localement, leur armée est l’une des plus faibles du continent. Nos convois étant régulièrement attaqués, nous perdions de l’argent si nous ne réagissions pas rapidement. Avez-vous déjà entendu parlé du Collectif ? »

Ce nom me disait vaguement quelque chose, mais, par précaution, je fis signe que non : les explications de la jeune femme étaient nécessaires pour comprendre la suite des évènements. Je préférais donc que cela soit elle qui réponde à la question. Elle attendit la réponse de Ryu avant de continuer.

« En effet, le Collectif est le réseau de mercenaires et de criminels par excellence. Il est installé à Ame depuis très longtemps. C’est auprès d’eux que le Syndicat du Lys Écarlate a recruté ses mercenaires. Ce sont également eux qui font la loi à Ame. Je ne sais pas exactement comment est régi le Collectif. Si nous avons pu avoir plus ou moins des accords tacites avec eux pour les prix pendant très longtemps, cet équilibre s’est rompu il y a quelques mois. »

Demoiselle Umi serra les poings. Je ne dis rien : la jeune femme continuera lorsqu’elle se sentira prête à le faire. J’étais persuadé que l’une des données essentielles du problème allait nous être révélée.

« Haruko a juré d’avoir la peau de notre bourgade. Il a quitté la maison depuis plus de deux ans déjà et a rejoint le Collectif en tant que criminel. Il travaille pour un certain Jun. Dans le milieu, il se fait également appelé le Crocodile. »

[Mission C] Diplomatie Timide K38y
Auteur : Nitro.
Jun, dit Le Crocodile, bras droit de Kazuhiko.


« Cet homme est venu plusieurs fois au village pour tenter de mettre la main sur notre commerce. Toutes ces tentatives ont échoué. Les différents traités qu’il nous a proposés étaient tout à fait honnêtes… en apparence seulement. Lorsque nous creusions un peu, il s’avérait que les clauses proposées - si parfaites aux premiers abords - étaient toutes désavantageuses pour nous. Jun savait que notre commerce était dans une passe difficile et il a tenté de nous faire accepter ces contrats par tous les moyens. »

La voix de demoiselle Umi tremblait un peu. Elle s’arrêta quelques instants et ferma les yeux pour se reprendre. Il n’était pas nécessaire de la brusquer. Toutefois, elle devait aller au bout de son histoire : c’était très important pour que nous puissions comprendre absolument tous les enjeux de la zone. Madame Ahiko tendit une tasse de thé à notre principale interlocutrice. Elle l’accepta volontiers. Elle but quelques gorgées avant de reprendre.

« Le Syndicat du Lys Écarlate étant déjà en place, les informations circulaient plus facilement entre les villages membres de ce pacte. De ce fait, nous savions que Jun, ainsi qu’un autre mercenaire connu sous le nom du Corbeau, proposaient les mêmes traités à tous les hameaux proches de la frontière. Contrairement à Jun, je n’ai jamais rencontré le Corbeau. En revanche, si l’on dit de Jun qu’il est le bras droit de Kazuhiko, plusieurs bourgades ayant eu la visite du Corbeau ont affirmé que ce-dit Corbeau se présentait comme le bras gauche de Kazuhiko. Les membres du Syndicat du Lys Écarlate ont décidé de parler d’une même voix et ont refusé toutes les avances de Jun et du Corbeau. »

Le problème était bien plus complexe que prévu.

« Je suppose que ces hommes cherchent à s’implanter dans l’Empire. »

« Oui, c’est ce que nous pensons aussi. En ce qui concerne les traités, pour vous la faire courte, si nous avions accepté, notre commerce aurait fini par être démantelé complètement et ils auraient remplacé chacun d’entre nous par l’un de leurs hommes. »

« Quel rôle joue votre frère dans cette histoire ? »

« Voyant qu’il n’arrivait à rien avec les membres du Syndicat, Jun a décidé de prendre des mesures radicales et prendre nos commerces par la force. De ce fait, il a cherché les brebis galeuses dans nos rangs. Haruko en voulait personnellement à notre hameau. Il n’a donc pas été difficile pour Jun de le convaincre de rejoindre les rangs de Kazuhiko. Pour Haruko, cette proposition était une chance pour lui d’accomplir sa vengeance contre nous, mais aussi contre l’Empire. S’il arrivait à mettre fin au Syndicat du Lys Écarlate et à prendre le contrôle du commerce de notre zone d’influence à la barbe et au nez de l’Empire, il aura prouvé sa supériorité face à l’Empire. »

Hum… A plus long terme, cela pourrait également causer des dommages irréversibles à l’Empire. Si Haruko arrivait à ses fins, il prouverait également au reste du monde que l’Empire n’est pas aussi fort qu’il voudrait le prétendre. L’Empire a l’une des forces armées les plus puissantes, mais cela ne fait pas tout.

« Pour arriver à ses fins, Haruko a donné toutes les informations qu’il avait concernant notre commerce, ainsi que sur notre production d’épices et de thé. De ce fait, Kazuhiko peut maintenant proposer les mêmes produits que nous à moindre coût, d’où les difficultés de plus en plus grandes que nous rencontrons. Kazuhiko a eu deux ans pour copier et reproduire nos savoirs à la perfection : actuellement, ce n’est plus qu’une question de temps avant que nous tombions face à lui. »

« Avez-vous des informations sur Kazuhiko ? »

[Mission C] Diplomatie Timide Y8rj
Auteur : Nitro.
Maître Kazuhiko, chef de la Société des Invisibles.


« Je ne l’ai rencontré qu’une seule fois. Il est venu en personne chercher Haruko. Il est le chef d’un groupe appelé La Société des Invisibles. Il prône un commerce équitable. Néanmoins, toutes les actions qu’il entreprend au nom de son groupe sont illégales. Certaines rumeurs disent qu’il est rentré dans l’illégalité le jour où son père l’a écarté de sa succession. Quelques-uns racontent même qu’il est le fils illégitime d’un grand magnat du commerce et que ce dernier n’a jamais voulu le reconnaître, d’où son évincement de l’héritage. Il a alors voulu prendre sa revanche. D’autres vont même jusqu’à dire que Kazuhiko aurait tué son propre père et toute sa famille, jusqu’à ce qu’il soit le dernier héritier en vie. Je ne peux pas affirmer avec certitude et conviction que Kazuhiko fait partie du Collectif, mais le Collectif ne fait actuellement rien pour contrecarrer les plans de cet homme. »

Quel infâme personnage ! Je fis signe à Ryu que je n’avais plus de questions et que, s’il voulait prendre la main pour des interrogations supplémentaires, qu’il n’hésite pas à le faire. Quoi qu’il advienne, il allait falloir que nous travaillions sur deux fronts : la diplomatie (vis-à-vis d’Ame pour éviter toute représaille) et sur le commerce (pour que le Syndicat du Lys Pourpre ne s’éteigne pas définitivement).

Résumé:
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[Mission C] Diplomatie Timide

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