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Une entraîneuse digne de ce nom ! [PV Hoshino Ryunosuke]

Hagiwara Kentaro
Hagiwara Kentaro

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Dim 24 Avr 2022 - 22:46
« Quand un enfant naît, un père naît aussi. »
De Frederick Buechner, Whistling in the dark.

« Non papa ! »

La voix d’Ayumi résonna dans l’entrée de la maison de mes parents. Je pensais quitter celle-ci sans un bruit, mais il semblerait que ma fille n’ait nullement l’intention de me laisser mettre à exécution mes plans. Sa main vint agripper mon pantalon.

« Non papa ! »

Mon regard vint tendrement se poser sur mon enfant. Elle était seulement âgée de trois ans et elle savait déjà exactement ce qu’elle voulait. De ce côté-là, elle tenait d’Hatsuka, sa mère. Je m’accroupis et tendis mes bras vers elle : mon rejeton vint se loger contre moi. Ayumi aimait les câlins… sauf quand elle était fâchée contre moi. Je caressais affectueusement l’arrière de sa tête.

« Non papa ! Tu vas tout me décoiffer. »

Ce n’est qu’à cet instant que je remarquais sa tenue. Elle s’était habillée et coiffée. Seule visiblement.

« Il est encore tôt, mon bébé. Tu ne veux pas retourner te coucher ? »

Ses petites mains vinrent se refermer sur mon haut : elle se tenait à moi tel un forcené prêt à tout pour ne pas retourner dans sa cellule.

« Je ne suis pas un bébé, papa. J’ai trois ans. Je suis grande, moi, maintenant. »

« Pardonne-moi, mon bébé. Je ne voulais pas te v… »

« Non papa ! Écoute ce que je dis. Je ne suis pas un bébé. J’ai trois ans ! »

L’une de ses mains me lâcha. Trois de ses doigts se redressèrent et vinrent se balader non loin de mon nez. Je me retrouvais un peu con devant ma fille. Si je ne pouvais plus l’appeler ainsi, quel petit surnom pouvais-je bien utiliser ? Trois ans, déjà. Le temps filait à une vitesse.

« Je suis grande, papa ! Je me suis même habillée toute seule… regarde ! »

Je ne doutais pas des capacités de mon enfant, mais il fallait admettre qu’elle ne devait pas être bien réveillée au moment de son habillage. Son âge n’aidait pas non plus. Quant à sa coiffure, aussi catastrophique que la mienne à l’époque où je ne prenais pas soin de mes cheveux. Cette période avait fini par revenir s’installer dans mes habitudes depuis la mort d’Hatsuka. Là encore, la jeunesse de ma fille jouait en sa faveur. De mon côté, je n’avais pas autant d’échappatoires pour expliquer la tenue déplorable de ma tignasse.

« Papa ! Regarde ! »

Elle vint plaquer ses deux petites mains sur mon visage.

« Pardon, Ayumi. C’est très bien d’avoir essayé de t’habiller toute seule. Néanmoins, ta tenue est… »

Comment lui faire comprendre que son accoutrement n’allait pas du tout ? Je ne souhaitais pas la vexer. Le soleil n’était pas encore levé et je ne tenais pas à devoir gérer une colère ou une crise de larmes. Je voulais juste m’éclipser pour rejoindre Ryu à l’entraînement.

« … n’est pas du tout adaptée pour la séance d’aujourd’hui. »

Surpris d’entendre la voix de ma mère, j’eus un froncement de sourcils.

« Ne fais pas cette tête-là, Kentaro ! C’est un miracle que tu sois levé à une heure pareille. Tu ne croyais tout de même pas que j’attendais si longtemps pour me lever et m’occuper de la maison ? »

Ayumi me lâcha et se précipita vers sa grand-mère.

« Grand-mère ! »

Elle réclama aussitôt un câlin de sa part. Selon ma fille, les câlins du matin étaient toujours les meilleurs. Maman n’arrêtait pas de dire que je filais du mauvais coton à Ayumi. Elle commençait déjà à échafauder des théories et elle ne pouvait tenir ça que de moi. Quand la petite entreprenait de lui expliquer l’un de ces principes, maman l’envoyait directement voir Hiro, l’un de ses arrières-grands-pères. S’il n’était pas disponible, c’est mon père (donc son grand-père) qui en faisait malheureusement (ou heureusement) les frais. Je me redressais.

« Bonjour maman. »

Je vins déposer un baiser sur son front en guise de salutations et d’apaisement. Je ne tenais pas non plus à me prendre la tête avec elle ce matin.

« Prépare le petit-déjeuner pendant que je m’occupe de changer ta fille. »

Maman était égale à elle-même : elle était directe, mais aucun de ses mots n’avait été plus haut qu’un autre.

« Je… C’est-à-dire que Ryu va m’attendre au camp d’entraînement si je ne pars pas tout de suite. »

« Il t’attendra. »

« Mais, maman ! »

« Tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même. La prochaine fois, tu t’organiseras autrement. Tu sais pertinemment bien qu’il ne faut jamais partir à un entraînement le ventre vide. »

Maman adressa quelques mots à Ayumi.

« Ma puce, vas m’attendre dans ta chambre. Le temps que j’arrive, choisis une tenue dans le placard où il y a le miroir. »

Ma fille ne se fit pas prier et se précipita dans sa piaule.

« Ayumi t’accompagne aujourd’hui. »

« Pardon ? »

« Tu as parfaitement entendu. Elle veut passer plus de temps avec toi. Depuis que tu as parlé de cet entraînement hier soir, elle souhaite venir avec toi. Je compte donc sur toi pour lui montrer le bon exemple. »

« Mais, maman, ce n’est p… »

« Kentaro. Je t’énonce un fait, pas une demande. Ton travail n’est pas une excuse pour ne pas remplir tes devoirs paternels. »

Elle tourna les talons pour rejoindre Ayumi. Avant de disparaître dans le couloir, elle me fit part d’une précision dont je me serais bien passé.

« Fais quelque chose pour tes cheveux : on dirait un épouvantail ! »

Papa me retrouva vingt minutes plus tard en train de bouder dans la salle à manger. Le petit-déjeuner était prêt à être dégusté. Il vint poser une main sur mon épaule.

« Bonjour, mon fils. »

« Bonjour, papa. »

« Et bien, et bien ! Que se passe-t-il ? »

« Oh… euh… rien, rien ! »

Il vint s’asseoir en tailleur derrière moi, un petit sac à la main. Il en sortit une brosse qu’il posa sur ses genoux.

« Mais encore ? »

Il commença par enlever le bandeau qui tenait mes cheveux en place.

« Je ne comprends pas ce que tu attends de moi. »

Il se mit ensuite à brosser mes cheveux. Je fus heureux qu’il ne puisse pas voir mon visage à ce moment-là : j’étais rouge de honte. Contrairement à Hatsuka et Ayumi, je n’aimais pas particulièrement ma chevelure : elle demandait beaucoup trop d’entretien et était, à mon goût, bien trop voyante.

« Que tu me dises ce que tu as sur le cœur. »

Je poussais un profond soupir. Je finis par avouer à mon interlocuteur :

« Encore une fois, je suis totalement dépassé par la situation… et ça m’agace profondément. Et puis… je… je crois que maman et Ayumi pensent que je suis un mauvais père. »

Papa n’eut pas le temps de me répondre que maman revint avec ma fille.

« Papa ! Papa ! Regarde comme je suis belle pour l’entraînement. »

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Ayumi, trois ans, en tenue d'entraînement.

Ayumi était réellement heureuse de pouvoir m’accompagner aujourd’hui. Je n’avais pas le courage de m’opposer à elle… ni à la demande de ma mère. Je n’avais nullement envie de m’attirer les foudres de la gente féminine de la maison. Actuellement, je ne possédais pas les capacités pour refuser leur demande sans m’en prendre une dans la gueule.

« Tu es très belle… »

Je me retins à temps de l’appeler « mon bébé ».

« Grand-père ! Moi aussi, je t’aide à coiffer les cheveux de papa ! »

Je ne dis plus un mot concernant la conversation débutée avec mon père. J’évitais soigneusement le regard de maman. Ayumi fut très consciencieuse dans la mission qu’elle s’était donnée. Avec l’aide de son grand-père, elle attacha elle-même ma longue chevelure. Le petit-déjeuner se passa sans accroc particulier. Je partis en compagnie de ma fille une heure plus tard. Elle vint s’asseoir sur mes épaules durant tout le trajet. Elle aimait beaucoup ce perchoir : placée en hauteur, elle pouvait voir tout un tas de choses qu’elle ne pouvait pas voir en temps normal. Elle me fit des commentaires sur à peu près tout ce qu’elle voyait : c’était bien la fille de son père !

Arrivé sur le terrain d’entraînement, je cherchais Ryu du regard. Tantôt, j’avais quelque peu menti à ma mère. Certes, nous nous étions donnés rendez-vous pour effectuer quelques exercices sportifs ensemble, mais j’avais raconté des craques concernant notre heure de rendez-vous. La vérité était tout autre. Mon intention première avait été d’arriver plus ou moins deux heures avant celle de notre entrevue. J’avais eu envie de me la jouer un peu (beaucoup) devant mon voisin. Mon plan était tombé à l’eau à cause d'événements familiaux indépendants de ma volonté. Nous étions arrivés tout juste à l’heure. Je n’avais d’ailleurs toujours pas trouvé d’explications plausibles à leur donner quant à la présence d’Ayumi. Je croisais les doigts pour que nous ne nous fassions pas virer du camp avant la fin de l’entraînement. Je ne voulais pas blâmer Ayumi. Ce n’était pas de sa faute : elle voulait juste passer plus de temps avec moi et j’étais vraiment heureux de pouvoir le faire. Néanmoins, j’avais des doutes quant aux circonstances qui me réunissaient avec ma fille aujourd’hui.

Spoiler:
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Hoshino Ryunosuke
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Dim 1 Mai 2022 - 21:47

Ils avaient annoncés le départ de Suki, sans entrer plus que ça dans les détails. L'homme devait partir et laisser Kentaro et Ryunosuke derrière lui. Si de façade l'élémentaliste avait eu l'air de le prendre tout à fait normalement, une petite douleur s'installa dans son cœur. L'inquiétude de savoir où il serait, en santé ou non. Mais jamais il ne retiendrait quelqu'un contre son gré.

Alors les jours auraient du se ressembler, la chambre qu'avait occupé Daisuke restait un lieu où il ne s'aventurait pas, pas même après la discussion qu'il avait eu avec Suki quelques temps auparavant. Mais il fallait avancer, ne serait-ce qu'un peu. L'idée de croiser les armes amicalement avec Kentaro a finalement été ce qui l'avait aidé.

Ce matin là, alors que le soleil dispensait tout juste ses premiers rayons, la porte de la chambre de son défunt frère était ouverte et il tenait son arme sur ses cuisses, face à la commode où reposait ses quelques effets lourds de souvenirs. L'Hoshino avait les yeux fermés, les deux mains posées contre le métal de l'arme. Son cœur battait, sourd, ses pensées étaient confuses et il ne se sentait pas encore légitime à la porter, à l'utiliser mais... à lui qui aspire tant à lui ressembler, à le surpasser, à pouvoir tous les protéger, il ne pouvait plus reculer. Plus maintenant.

Une inspiration, profonde, et l'or s'ouvre sur le monde. Quelques gestes, l'arme trouve sa place à sa ceinture, comme un simple éventail le ferait, à quelque chose près qu'il est un peu plus grand que la normale. Dernière vérification de tenue et c'est avec mille respects qu'il referme la porte de cette chambre, bien qu'un maigre sourire glisse sur ses lèvres lorsqu'il se relève pour sortir.
Un regard vers la résidence principale, celle où loge son voisin. Il est encore trop tôt, si tôt.

Ryunosuke fait un petit tour de quartier, de leur quartier, pour s'assurer que tout aille bien, salut en passant leur charmante voisine puis se rend vers le terrain d'entraînement des soldats de l'empire. Sur la route il salut quelques camarades poliment. S'il est le premier arrivé, il s'installera en tailleur pour méditer jusqu'à l'entendre, jusqu'à le sentir.
Jusqu'à les sentir.
Ha.

Il arque un sourcil et ouvre les yeux pour voir son ami et visiblement sa fille. Il ne pouvait en être autrement même s'il ne l'avait pas si souvent vu. C'est en silence pour ne pas perturber l'entraînement de leurs camarades qu'il se relève pour marcher vers eux. « Kentaro, douce Ayumi. » En inclinant poliment sa tête pour marquer son respect. « Nous pouvons commencer par nous échauffer un peu, qu'en dites-vous ? »

Ryuno se mord un peu les lèvres, hésitant. Il avait des choses à dire, il voulait parler de Suki avec son ami. Se confier un peu. Mais il n'avait pas le cœur à ennuyer la demoiselle qui était là avec eux. Et si son regard était souvent vide et désintéressé, il n'en était rien quand il les regardait tous les deux.

En tendant sa main pour les inviter à le suivre, il les guidera vers un espace libre où ils pourraient être à l'aise pour s'entraîner. « Kentaro ? » Pincement de lèvres, hésitation de quelques longues secondes pour finalement se lancer dans le vide : « Est-ce que tu pourrais m'aider régulièrement pour mes entraînements ? J'ai... besoin d'apprendre... à maîtriser mon arme. S'il te plaît. » Et pour ne pas supporter son regard, il s'inclinera très bas, laissant ses cheveux passer par dessus ses épaules et encadrer son visage.

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Hagiwara Kentaro
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Mar 3 Mai 2022 - 20:44
« Les défauts des pères ne doivent jamais être imputés aux enfants. »
De Jean-Etienne-Judith Forestier, Les leçons d’orthographe corrigées (1803).

« Papa ! Papa ! Regarde ! C’est Yuyu ! »

Ayumi pointa son doigt en direction de Ryunosuke. Elle adressa un grand sourire au nouvel arrivant et un grand signe de la main en guise de bonjour. Elle ne l’avait rencontré qu’en de rares occasions, mais elle avait très bien mémorisé qui c’était : le voisin de papa. En revanche, pour ce qui est du prénom… Du haut de ses trois printemps, elle apprenait le monde. Elle ne se laissait jamais démonter par des mots trop compliqués. Si elle n’y arrivait pas, elle trouvait une autre façon de le dire ou… elle inventait des mots. En l'occurrence, elle avait appliqué cette dernière règle au prénom de notre interlocuteur.

« Salutations sur toi, Ryu. »

Cet homme avait toujours une classe exemplaire quand il saluait. J’aurais bien tenté l’inclinaison de tête, mais Ayumi avait d’autres plans en tête. Elle déposa fermement ses deux petites mains sur mon front et se pencha en avant.

« La tête de Yuyu est fatiguée ? »

Ah. Finalement, sa courbette n’était peut-être pas aussi chic que cela. J’eus toutes les peines du monde à garder mon sérieux face au comique de la scène. Je pris bien soin de ne pas intervenir dans la conversation. D’un certain côté, ça me plaisait de voir comment mon cher voisin allait se dépatouiller dans une telle situation. D’un autre, si j’intervenais, Ayumi me recadrerait immédiatement. Elle aurait eu raison de faire cela, car ce n’était pas à moi qu’elle parlait, mais à « Yuyu ». J’étais parti prenant de la laisser interagir avec le monde qui l’entourait, tant que cela était fait dans le respect des uns et des autres.

« C’est très important l’échauffement. »

Ayumi était toujours très sérieuse lorsque le sujet de conversation concernait l'entraînement. J’avais le pressentiment que ma fille avait une idée en tête. J’avais cette désagréable impression d’être complètement con parce que je n’arrivais pas à trouver laquelle. Maman l’avait tout de suite deviner. Papa aussi. En fait, toute la famille savait déjà ce qui lui trottait dans le cerveau… sauf moi. Bien entendu, personne n’avait voulu me le dire avant que nous partions tous les deux vers le centre d’entraînement.

Pendant que mon enfant regardait d’un œil très intéressé les entraînements des uns et des autres, Ryu nous invita à le suivre dans un coin où nous aurions plus d’espace pour faire nos exercices. Certains des soldats présents au camp d’entraînement nous regardèrent passer : ils étaient très intrigués par la présence de ma fille en ces lieux. C’était raté pour passer inaperçu. Lorsque nous arrivâmes à destination, la petite voix d’Ayumi retentit :

« Papa, pas dans ce sens ! Je ne vois plus le terrain d’entraînement. Est-ce que tu peux te tourner s’il te plait gentiment ? »

Je me mis de telle sorte que nous faisions face à Ryu et aux autres soldats qui s'exerçaient seuls ou en groupe. Mon regard se balada quelques instants, s’arrêtant parfois sur les uns et les autres, histoire de regarder ce qu’ils faisaient. Je devais admettre qu’il y avait un certain niveau aujourd’hui. Plus que les autres fois. Ayumi était aux anges. Elle applaudissait et encourageait nos camarades les plus proches. Etrangement, cela eut pour effet de détendre l’atmosphère et de pousser les combattants à se surpasser lors de leurs entraînements. Je laissais ma fille à sa contemplation lorsque la voix de mon voisin m’interpella.

« Oui ? Que puis-je pour toi ? »

Il hésita. Pourquoi ? Est-ce que ce qu’il avait à me dire le mettait mal à l’aise ? Mon regard s’illumina lorsqu’il me fit sa demande.

« Avec plaisir ! »

Je fus extrêmement gêné lorsqu’il s’inclina devant moi.

« Ryu ! Qu’est-ce que tu fais ? Pourquoi tu… tu fais ça ? Je… Non, non, non, pas de ça entre nous. »

Je mis les deux pieds dans le plat.

« Je trouve ça très gênant. Tu… Enfin, je… Tu n’as pas à faire ça. Je… Enfin, je… »

Une moue apparut bien vite sur mon visage. Raaaah, voilà que les mots venaient à me manquer. Ils ne voulaient pas sortir, ou du moins, ne faisaient pas de phrases cohérentes permettant d’exprimer ce que j’avais sur le cœur.

« Je t’en prie, relève-toi ! »

Je fus quelque peu embarrassé lorsque je dus lui avouer :

« Tu sais, les armes, ce n’est pas du tout ma spécialité. Pour tout te dire, je suis très nul au lancer de shuriken, alors que c’est censé être une attaque plus ou moins maîtrisée par des soldats de mon niveau. Je… Je ne vois pas bien comment je pourrais t’aider à mieux maîtriser ton arme… »

Ma bonne humeur revint aussi vite qu’elle était partie… du moins, en façade. Intérieurement, je me sentais inutile à l’épanouissement de Ryu. Pourtant, je voulais vraiment l’aider dans sa quête pour s’améliorer.

« Je trouverais une solution. Je te le promets. En attendant, je peux t’aider pour les exercices de renforcement musculaire. Pour pouvoir manier ton arme correctement, il faut que ton corps suive. Pour cela, rien de mieux que d’exercer ses muscles ! »

Ayumi choisit ce moment pour frapper trois fois dans ses mains et lancer un magnifique :

« Trop de blabla, pas assez de muscles ! »

Mais… Qu’est-ce qu’elles avaient appris à ma fille ? Cette phrase… J’étais certain qu’elle était calquée sur le fameux « trop de bavardage, pas assez de faits » de ma mère et de mes grands-mères. Toutes les femmes dans cette famille avaient ce tic de langage. Ayumi l’avait simplement arrangé à sa sauce, comme d’habitude.

« Papa, pose-moi par terre, s’il te plaît gentiment. »

Je m’exécutais. Une fois au sol, elle se tourna vers nous, poings sur les hanches, pieds bien ancrés dans le sol et regard assuré qui nous regardait droit dans les yeux.

« Aujourd’hui, c’est moi la cheffe de l’entraînement. »

Ah. Ok… Voilà donc le fin mot de l’histoire.

« Vous devez faire tout ce que je dis sans poser de questions. »

Elle imitait très bien sa grand-mère. Enfin… Je n’étais pas sûr que ce fusse une imitation, car Ayumi croyait dur comme fer à ce qu’elle disait.

« Je suis désolé, Ryu… Ayumi, tu… »

Sans prévenir, elle vint sauter sur mon pied.

« Aïe, ma puce ! Pourquoi as-tu fait ça ? »

« C’est grand-mère qui m’a dit de faire ça si tu n’écoutes pas ce que moi je dis quand je suis la cheffe de l'entraînement, papa. Quand c’est moi la cheffe, tu dois m’écouter papa. C’est très important d’écouter la cheffe de l’entraînement pour ne pas faire de bêtises, papa. »

Voilà que ma fille me faisait la leçon. Avant de partir, mon propre père m’avait glissé à l’oreille qu’Ayumi voulait me montrer ses progrès. En y repensant, c’était un indice. Je n’avais juste pas percuté. Aïe aïe aïe… est-ce que j’étais un si mauvais père ?

« Papa, tu dois faire comme Yuyu. Yuyu est sage. Papa n’est pas sage. Et si papa n’est pas sage, alors, je te marche sur le pied. »

CQFD, ma fille. Qu’est-ce que vous voulez que je réponde à ça ?

« Yuyu ! As-tu pris ton petit-déjeuner ce matin ? »

Elle crut bon d’ajouter :

« Moi, j’ai dû gronder papa ce matin. Tu sais pourquoi, Yuyu ? »

Elle n’attendit pas sa réponse.

« Parce que papa voulait venir te voir ici sans avoir pris son petit-déjeuner. Ne pas prendre son petit-déjeuner avant de venir à l’entraînement, c’est une bêtise. Tu comprends, Yuyu ? C’est une bêtise ! »

Une fois que la question du petit-déjeuner fut réglée, Ayumi nous fit mettre en ligne. Certains soldats avaient arrêté leur entraînement et regardaient dans notre direction.

« Avant de commencer à entraîner les muscles, il va falloir les réveiller. Là, les muscles, ils font dodo. Les muscles, c’est comme la tête, ça fait dodo. Il faut que les muscles soient réveillés pour les entraîner parce que sinon, les muscles se font bobos. »

Avec ses mots d’enfant, Ayumi commença l’échauffement. Elle faisait en même temps que nous. J’en déduisis qu’elle voulait s’entraîner avec nous. Que j’étais long à la détente !

« On commence par faire des « oui » avec la tête. »

Je fus agréablement surpris de constater qu’Ayumi nous fit un échauffement très complet. À la fin de celui-ci, elle nous autorisa à faire une petite pause.

« Pensez à boire. Mais que de l’eau. »

Elle se dirigea vers notre sac et sortit ma grosse gourde. Elle me la tendit.

« Tiens, papa. »

« Merci, ma puce. »

Elle attendit que je me mette à boire pour aller chercher sa gourde. Elle en but quelques gorgées tout en me surveillant du coin de l'œil. Elle s’approcha ensuite de Ryu.

« Yuyu ? Je peux te demander un truc ? »

Là encore, elle n’attendit pas la réponse de son interlocuteur.

« Est-ce que tu peux surveiller mon papa quand je ne suis pas là ? »

Elle regarda une nouvelle fois dans ma direction, comme pour s’assurer que je ne l’entendais pas.

« J’aime très fort mon papa. Je sais qu’il fait de son mieux pour s’occuper de moi. Mais… Je sais que mon papa ne va pas très bien quand je ne suis pas là. Papa ne veut pas me le montrer parce que mon papa veut être fort pour moi. Parfois, quand il est tout seul, mon papa fait des bêtises et se fait des bobos. Moi, je ne veux plus que mon papa soit tout seul. »

Cette demande venait du fond du cœur. Elle s’inquiétait vraiment pour moi.
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Hoshino Ryunosuke
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Jeu 5 Mai 2022 - 11:53

L'enfant. Il n'avait pas eu de petits frères ou de petites sœurs. C'était lui le dernier de sa famille alors, ce n'était pas toujours simple ce genre d’interaction même s'il devait avouer y trouver un plaisir coupable. La question de la demoiselle sur sa tête fatiguée, le fit réfléchir quelques secondes. « Non pas fatigué. C'est une façon d'être poli de baisser la tête en disant bonjour. J'ai été élevé comme ça. » Comment en vouloir à un enfant ?

Après coup, dans un petit coin un peu plus à l'écart pour ne déranger personne, d'autant qu'ils avaient une invitée surprise, le trio se plaça et Ryunosuke, avec beaucoup de peine, fit sa demande d'aide auprès de Kentaro. Tant et si bien qu'il finit par s'incliner de toute sa hauteur pour ne pas avoir à le regarder dans les yeux, et surtout, lui montrer à quel point ça le gênait de demander ça. Quand bien même c'était un ami précieux, ça voulait dire qu'il n'était pas parfait. Qu'il n'était pas apte à pouvoir le protéger et ça, il en avait passablement horreur.

Se relever hein. Il le fit lentement, prenant bien garde à ne pas regarder Kentaro. Et quand il lui explique qu'il n'est pas doué pour les armes, ce n'était pas ce qu'il voulait de lui. Mais il le laisse terminer son explication avant de prendre la parole, revenant poser ses yeux dorés contre lui. « Je ne te demande pas d'être doué au maniement des armes pour m'y aider. Mais j'ai besoin d'un adversaire fort pour m'améliorer. Je voudrais surpasser mon frère. » Depuis la mort de ce dernier, ça devait bien être la première fois qu'il parlait de Daisuke sans pincement au cœur, et qu'il parlait de lui tout court de manière parfaitement audible.

Mais, ce fut coupé par l'intervention d'Ayumi. Elle eu toute l'attention de l'Hoshino. Et tout s'enchaîne, si vite qu'il n'a pas le temps d'intervenir. C'est à peine s'il a pu hocher positivement sa tête quant a son petit déjeuner pris ce matin que l'échauffement commença. Il fut sérieux en exécutant les mouvements, tout en se disant que jamais pendant un combat sur un front de guerre il n'aurait le temps de le faire. Mais un entraînement n'est pas fait pour se blesser, au contraire.

Échauffement terminé, ils eurent l'autorisation de leur cheffe à boire un peu avant de commencer l'entraînement. Il attrapa dans une sacoche posée un peu plus loin une gourde d'eau pour en prendre quelques gorgée tout en s'installant quelques secondes sur le sol. Quand Ayumi l'interpella il allait pour lui répondre mais la fillette était une vraie tornade et ne lui en laissa guère le temps. La demande le fit froncer un peu les sourcils malgré lui et entrouvrir ses lèvres, comme s'il voulait protester ou ajouter quelque chose. « Très bien. Je vais m'occuper de ton papa en ton absence. Je te le promet. » Il eu, à cet instant, une voix particulièrement chaleureuse. Après ses mots, il porta son regard vers l'homme dont ils parlaient tous les deux. « Aller, cheffe, entraîne-nous ! » Et c'est un regard pétillant qu'il adressa à Ayumi sous ces mots là avant de se relever, épousseter un peu ses habits et ranger sa gourde.

« Je ne sais pas bien ce qui est prévu au programme, mais j'ai hâte de commencer à me dégourdir ! » Il sautilla un peu sur place en faisant quelques mouvements avec ses bras pour garder ses muscles chauds. « Et aussi fort que tu sois, ce n'est pas parce que ta fille est là que je vais te ménager, mon ami ! » Prêt à en découdre, ce petit instant exercice physique lui redonnait de l'énergie. Mais aujourd'hui pourtant, bien qu'il l'avait à sa ceinture, il ne comptait pas se servir de son arme. Il avait d'autre projet d'entraînement pour lui-même que de manier l'éventail de son frère.

« Oh ! » Avant que l'entraînement ne commence pour de bon. « Est-ce qu'on pourrait pas mettre un gage en jeu pour celui qui ne tient pas le rythme de l'entraînement du jour ? Du genre, manger un truc vraiment pas bon ou faire quelque chose de drôle ? » S'amuser. En avait-il le droit ? Daisuke. Ca lui fait mal au cœur, il a envie de vomir mais... il ne voulait pas que Kentaro sombre comme lui, et si pour ça il fallait faire ce genre d'efforts, il était prêt à le faire.

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Mer 11 Mai 2022 - 15:06
« Le plus important n’est pas forcément le temps que tu passes à t’entraîner, mais la façon dont tu le fais. »
De Eric Lindros, joueur professionnel canadien de hockey sur glace.


« Promesse du petit doigt ? »

Ayumi tendit son petit doigt plié à Ryu. Elle attendait en retour qu’il vienne prendre son petit doigt avec le sien et qu’il lui promette : cela ressemblait étrangement à un serment. Ma fille avait de la suite dans les idées. Elle était bien décidée à s’assurer que je ne manquerais de rien. C’était vraiment le monde à l’envers : c’était à moi de veiller sur elle, pas le contraire. Lorsque mon rejeton fut satisfait de la réponse de mon voisin, l’entraînement put reprendre. Elle crut tout de même bon de préciser à son interlocuteur :

« Tu sais, Yuyu, mon papa a beaucoup plus de muscles que toi. Il faut que tu t’entraînes beaucoup pour devenir très fort comme lui ! »

Et hop ! Petit coup de pression. J’étais devenu aussi rouge qu’une cerise. D’un côté, j’étais honoré que ma fille me fasse un tel compliment. Cela voulait-il dire qu’elle pensait que j’étais imbattable ? Non, peut-être pas à ce point. D’un autre côté, je trouvais cela très gênant. La vérité était que, même si j’aimais bien exhiber ma carrure aux yeux du monde, j’évitais de faire le malin à ce sujet. Je ne souhaitais surtout pas que certains se mettent en tête de venir me défier pour « déterminer qui avait la plus grosse ». De plus, pour une raison que je n’arrivais pas à déterminer, cela me mettait encore plus mal à l’aise que Ryu soit témoin de ce discours.

Je fus heureux que le jeune homme change de sujet. Quoi que… Je n’étais pas certain que sa proposition me tire d’affaire comme je l’avais espéré. Pourquoi faudrait-il un gage pour le perdant ? Je fronçais légèrement les sourcils. Quelque chose me chiffonnait. Si je me posais la question, c’est que j’avais peur de perdre face à Ryu. Les entraînements étaient justement là pour que nous puissions nous surpasser lorsque les combats réels débutaient. Dans d’autres circonstances, cette interrogation ne m’aurait même pas effleuré l’esprit. Au contraire, j’aurais été le premier à proposer un gage. Mais là… Ma fille était là. Je ne pouvais pas perdre devant Ayumi. Quelle image aurait-elle alors de moi si je perdais ?

« Un gâteau de papa ! »

La réponse de mon enfant me tira de mes pensées. À la grimace qu’elle faisait, j’en conclus que j’étais vraiment mauvais dans ce domaine-là.

« Tu sais, Yuyu, à chaque fois que papa essaie de faire un gâteau, ce n’est pas bon. Grand-mère a essayé de lui apprendre. Et même d’autres personnes dans la famille ont essayé. Et bah… eux, quand ils font la recette, c’est très bon. Quand papa fait la même recette, ce n’est pas bon. »

Ah. Je me serais passé de cette anecdote. Quelques petits sourires s’affichèrent sur les visages de soldats à proximité. Je ne pouvais pas les blâmer. C’était la stricte vérité. J’avais beau suivre les instructions à la lettre, je ratais systématiquement les pâtisseries que j’entreprenais de faire. Même les biscuits…

« Papa a essayé de faire des cookies, hier. Ils étaient tellement durs que quand je tapais dessus la table avec le cookie et bah, le cookie, il ne s’est même pas cassé. »

Oh non, la honte !

« Euh… hum… Ayumi, je ne suis pas sûr que ça intéresse grand monde, cette histoire. »

« Chut, papa ! Moi qui raconte l’histoire à Yuyu ! C’est très important. Je préviens Yuyu de ne pas te laisser faire le goûter à la maison. »

Elle reporta son attention sur Ryu.

« Et même qu’oncle Yaya… »

Mon frère, Tatsuya, avait un prénom encore trop compliqué pour Ayumi. De ce fait, elle l’avait rebaptisé.

« … il a pris un cookie et il a tapé sur un clou avec dedans la table de la cuisine. Le cookie était tellement dur qu’il a fait comme le marteau. Paf, il a enfoncé le clou dedans la table. Heureusement que grand-père avait fait d’autres cookies, sinon nous n’aurions pas eu de goûter ! »

Cette idée-même de ne pas avoir de goûter la scandalisa un instant.

« Je crois qu’il reste quelques cookies beurk chez grand-père et grand-mère. Celui qui perd devra manger un cookie beurk ! »

J’étais rouge pivoine. J’aimais vraiment ma fille, mais j’avoue que c’était un coup dur : je savais qu’elle ne pensait pas à mal en dévoilant une telle information à Ryu. Je ne pouvais nier que cela me mettait tout de même grandement dans l’embarras.

« Aujourd’hui, nous allons faire du renforcement des muscles. »

Ayumi avait de la suite dans les idées.

« Oui, cheffe. »

« Papa, montre ton bras ! Je vais dire quels muscles on va travailler en premier ! »

Je m’exécutais tout de suite.

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Kentaro, 26 ans, exécutant les ordres de la cheffe.


« Papa, arrête de faire ton kéké ! »

Grosse désillusion.

« Pardon ? Qui  t’a appris ce mot, ma puce ? »

« C’est grand-mère ! Elle dit que tu es un kéké quand tu montres comme ça tes muscles. Moi, je n’ai demandé que le bras et toi, tu montres tout ça. Tsssss… tu es un kéké, papa ! »

Mais… Qu’est ce que ma mère a appris à ma fille quand je n’étais pas là ? Ca faisait deux fois que je me faisais avoir aujourd’hui !

« Pour la peine, tu vas faire cinquante pompes, papa ! »

« Mais… »

« Pas de « mais », papa ! C’est moi la cheffe de l’entraînement, tu dois faire ce que je dis ! Et pour la peine, tu vas en faire aussi cinquante, Yuyu ! »

J’adressais un regard désolé à Ryu.

« Hop ! Hop ! Hop ! Plus vite que ça ! »

Je me mis en position pour faire mes pompes. Ayumi en profita pour venir s’asseoir sur mon dos.

« Qu’est-ce que tu fais ? »

« C’est pour ajouter de la difficulté ! »

« Mais pourquoi tu ne te mets pas sur le dos de Ryu ? »

« Arrête de râler, papa ! C’est de ta faute si tout le monde doit faire cinquante pompes. Alors, c’est normal que ça soit plus difficile pour toi. »

Je soupirais. Elle avait raison. Je savais que si je continuais à me plaindre, elle allait me le faire payer très cher.

« Yuyu, toi qui comptes jusqu’à cinquante pendant que moi surveille que papa fasse bien. »
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Hoshino Ryunosuke
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Jeu 19 Mai 2022 - 20:21

Garder un œil sur Kentaro, pour leur bien mutuel. Il n'hésita pas pour sceller la promesse en serrant son auriculaire à celui d'Ayumi. Quant aux muscles de son ami, Ryunosuke devait bien admettre qu'ils n'étaient pas égaux et que la fillette avait raison. Mais c'était justement en cela que l'élémentaliste voyait en son ami un adversaire et un rival redoutable tout autant qu'un valeureux compagnon d'armes.

Le gage, un gâteau que préparerait Kentaro. Un petit air interrogatif se posa sur le visage de l'Hoshino pendant qu'il écoutait attentivement l'explication. Leur interaction laissa Ryu se mordre distraitement d'amusement ses lèvres avant de lever une main un peu repliée devant.

Ha et la punition collective. Ca ramena Ryunosuke les pieds sur terre. En croisant le regard de son ami, il secoua sa tête comme pour dire « t'en fais pas ». Pourtant autour d'eux, quelques rires filèrent de leurs spectateurs curieux. Si Ryu ne mit pas longtemps pour se placer prêt à faire les cinquante pompes, il releva les yeux un instant. « Je compterais... mais... Cheffe ? Tu ne trouves pas ça injuste qu'il y ai autant de spectateurs ? » puis son regard balaie l'assistance. « Au lieu de rire, venez donc vous entraîner avec nous ! On verra si vous ferez autant les malins à la cinquantième pompe ! »

Il y eu un petit blanc, mais bien vite, ceux qui ont la compétition dans l'âme se mirent en place, autour puis en face des deux amis. « Je compterais, donc on ira tous au même rythme. » Et il ne pensait pas à compter rapidement, ni sur un rythme régulier. Il se fatiguerait, bien sûr, et il avait un peu peur que ses muscles tétanisent avant la fin, pour autant, ce challenge lui plaisait de plus en plus. « Pour ceux qui y arriveraient, je paye une boisson de votre choix après ces exercices. »

Ryu inspire profondément et commence à compter de façon audible. Les premières pompes sont faciles, mais à la cinquième il arrête le décompte pour observer tout le monde et les obliger, eux comme lui, à rester un instant en équilibre en position. Puis il reprend, deux rapides, des plus lentes. Quelques uns commençaient à montrer des signes de fatigue. Lui-même sentait ses bras trembler un peu par moment et ils n'en n'étaient qu'à la moitié.

« Cheffe ? Est-ce que pour la dernière moitié on ne pourrait pas le faire sur un seul bras et alterner lorsque toi ou moi le dirions ? » Après tout, il ne pouvait pas prendre la décision seul, et en attendant la réponse, même punition pour tout le monde, ils devaient rester en équilibre et attendre la décision de leur meneuse du jour.

Sa propre respiration était plus rapide, il avait chaud, terriblement chaud et pourtant, c'était un mal pour un bien, comme à chaque fois qu'il venait éprouver son corps, son âme et ses sentiments. Sentiments qu'il savait encore bien fragile et que ce bonheur qu'il touchait de nouveau du bout des doigts l'effrayait à un point où il se sentait par moment comme perdu dans un ouragan. Dans le même temps, ça lui faisait tant de bien de se lâcher. Si bien que malgré la souffrance de l'exercice et son souffle chaud, un sourire léger étirait ses lèvres.

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Mar 24 Mai 2022 - 20:29
« Le plus important n’est pas forcément le temps que tu passes à t’entraîner, mais la façon dont tu le fais. »
D’Eric Lindos.


Lorsque j’entendis les rires fusés, je ne sus pas où me placer. J’avais honte. Je n’en voulais pas à ma fille : elle tenait vraiment à m’aider pour mon entraînement. Néanmoins, elle ne se rendait pas compte que tous ces regards me rendaient très nerveux, pour ne pas dire mal à l’aise. Je détestais être le centre d’intérêt d’illustres inconnus. Bien sûr, je serais amené à rencontrer un bon nombre d’entre eux au cours de ma carrière au sein de l’armée impériale, mais très peu pourront être qualifiés d’amis ou de proches. J’étais l’un de ces hommes qui n’appréciaient pas sortir de sa zone de confort et qui vivaient une bonne partie de l’année dans son petit monde : tout ce qui venait entraver le bon fonctionnement de cette utopie était à éviter, voir même à proscrire. 

Je m’en vins à penser que maman avait fait exprès de me laisser Ayumi ce matin. Elle savait que ça allait me mettre en difficulté. Elle n’était pas femme à laisser traîner les évènements. Elle se battait depuis plusieurs années déjà pour que je sorte de ces lieux de commodité où mon âme s’était réfugiée. Depuis la mort d’Hatsuka, les mots n’étaient plus suffisants et elle était prête à employer tous les moyens à sa disposition pour me garder alerte et en bonne santé. Dans l’immédiat, je ne comprenais pas en quoi cet exercice allait m’être bénéfique : ces autres me semblaient une menace trop grande et imprévisible. Je ne voulais pas me donner en spectacle. Je souhaitais juste m’entraîner pour devenir suffisamment fort pour protéger les plus faibles d’entre nous, notamment les enfants.

Cette situation ne décontenança absolument pas Ryunosuke. Il était alerte et vivace, comme à son habitude. Je fus surpris qu’il osa défier les autres soldats présents au camp d’entraînement ce jour. Ayumi sauta à terre et frappa trois fois ses mains entre elles. Elle était déterminée et beaucoup plus assurée que son père face à la foule. Elle les regardait du haut de ses trois ans et c’est avec un aplomb sans faille qu’elle leur lança :

« Ça rigole, ça rigole dans les rangs des petites larves que vous êtes… »

Oulah, on se calme. C’était une phrase typique de ma mère. Néanmoins, ma mère pouvait se le permettre vu le niveau qu’elle avait en taijutsu.

« … mais est-ce que vous savez faire autre chose que rigoler ? »

Ok. Ayumi imitait très bien sa grand-mère. Mais qu’est-ce qu’elle apprenait à ma fille ? Je pense qu’une petite discussion familiale s’imposait.

« Ici, c’est un terrain pour s’entraîner. On n’est pas là pour faire les rigolos. »

Je m’assis en tailleur et interpellais ma fille. Je trouvais qu’elle allait un peu loin.

« Euh… hum… Ayumi… »

Je n’eus pas le temps de dire grand chose de plus qu’elle se tourna vers moi et me mit une petite tape sur la tête.

« Silence. Moi le cheffe de l’entraînement aujourd’hui. On ne dit pas des choses contre le cheffe de l’entraînement. »

Sur ce point, elle n’avait pas tort. Le respect de la hiérarchie était très important au sein du Teikoku et, en tant que responsable de l’entraînement, elle était techniquement la plus haute gradée. Ma fille reporta son attention sur les autres.

« Alors ? Qu’est-ce que vous faites ? Les rigolos qui s’entraînent pour de faux ou les soldats de l’Empire qui s'entraînent pour de vrai ? »

Cela finit d’en convaincre certains de nous rejoindre. Je me remis en position et Ayumi revint s’installer sur son perchoir, c’est-à-dire : moi. Je sens que cette série de cinquante pompes allait être très longue et éprouvante. Vous avez déjà vu une petite fille de trois ans hyperactive ne pas bouger ? Moi non plus. La connaissant, elle allait faire sa petite vie sur mon dos et elle n’hésitera pas à me clasher un bon coup si je m’arrêtais durant le cycle de pompes. 

Intérieurement, je maudis Ryu et son comptage aléatoire. Au bout de la quinzième, ça commençait déjà à chauffer. J’avais pourtant l’habitude d’en faire des pompes, mais les conditions de réalisation n’étaient quand même pas optimum aujourd’hui : entre ma fille et le temps aléatoire entre chaque pompe, j’étais servi. Lorsque nous en arrivâmes à la moitié, je maudis encore plus mon voisin lorsqu’il proposa que l’on fasse l’autre moitié sur un seul bras.

« Oh, très bonne idée ! »

Je marmonnais à l’attention de Ryu :

« Toi, tu vas me le payer une fois que nous ne serons plus que tous les deux… »

Ce n’était pas vraiment une menace. Enfin, si. Mais Ryu savait très bien que j’étais incapable de lui faire du mal. J’avais bien trop de respect pour son frère défunt et lui pour que j’envisage quoi que ce soit visant son intégrité physique et morale.

« Je rajoute une règle ! À chaque fois que je tape dans mes mains, tout le monde change de bras d’appui. Yuyu continue à compter à partir de dix. »

Pardon ? Comment ça à partir de dix ?

« Euh… hum… Ayumi, nous en étions à vingt-cinq. »

Elle me donna une nouvelle petite tape sur la tête.

« Silence. J’ai dit qu’on comptait à partir de dix. On est des soldats du Teikoku ici, pas des petites larves ou des petits rigolos. »

Elle n’eut pas besoin d’ajouter quelque chose : ces quelques paroles suffirent à calmer tout le monde et à leur insuffler une énergie nouvelle. Je laissais le soin à Ryu de reprendre le dénombrement des pompes à partir de dix. Lorsqu’il arriva à trente, la réalité voulait que nous en ayons déjà fait quarante-cinq. Je transpirais à grosses gouttes et j’étais rouge comme une écrevisse. Ma fille et mon voisin ne nous faisaient pas de cadeau. Ayumi prenait un malin plaisir à claquer dans ses mains irrégulièrement. Lorsque le jeune homme arriva à quarante-trois, je finis par m’effondrer au sol, épuisé.

« Allez, papa, on se relève ! Il y a encore des pompes à faire. »

A bout de souffle, je lui répondis :

« Désolé, ma puce, mais je n’en peux plus. »

« Il n’y a pas de désolé qui tienne, papa ! Quand tu seras en vrai combat, les méchants ne vont pas te donner une pause quand tu seras fatigué. Hop ! »

« Mais… »

« Papa, tu as le droit d’aller plus doucement s’il le faut, mais tu dois aller jusqu’au bout. Moi, pas envie que tu meurs. Pour ça que moi je t’entraine. Alors… tu te relèves… et tu continues ! »

Après quelques secondes de silence, elle ajouta :

« Tu as promis que tu reviendrais toujours… »

Comment vouliez-vous que je fasse si Ayumi me prenait par les sentiments ?

« Allez ! Tu fais attendre tout le monde ! »

Je me remis en place. Les sept dernières pompes me parurent durer une éternité. Lorsque nous arrivâmes enfin à cinquante, je me laissais tomber sur le sol avec un cri de victoire. Ayumi, un petit sourire satisfait sur le visage, me lança :

« Tu vois, papa, que tu es capable d’y arriver tout seul comme un grand ! »

Elle frappa trois fois dans ses mains et annonça une pause eau. Je me précipitais vers ma gourde et en engloutis une bonne partie. Ayumi vint s’asseoir à côté de moi pour boire dans la sienne. Je cherchais Ryu du regard et, lorsque je l’eus trouvé, je lui lançais :

« Toi, je te retiens ! Tu es de connivence avec ma fille pour m’en faire voir de toutes les couleurs à l'entraînement ! »

« Ça veut dire quoi connivence, papa ? »

« Ça veut dire que Yuyu t’aide pour l'entraînement, ma puce, qu’il est ton sous-chef et qu’il fait en sorte que tes ordres soient respectés par tout le monde. »

Un petit sourire satisfait apparut sur le visage d’Ayumi.

« Bien joué, Yuyu ! »

Elle nous laissa le temps de récupérer (mais pas trop quand même).

« Allez, allez ! On va faire le deuxième exercice. On va travailler les jambes maintenant. Yuyu, montre ta jambe pour que je dise quel muscle on travaille ! »

« Eh ! Pourquoi ce n’est pas moi qui montre ? »

Elle m’adressa un regard suspicieux.

« Toi, papa, tu ne montres pas ta jambe. »

J’affichais une petite mine boudeuse.

« Mais… pourquoi ? »

« Parce que si tu fais comme le bras tout à l’heure, tu vas finir tout nu pour faire le kéké. »

Ayumi : 2, Kentaro : 0. Mais c’est quoi ces punchlines qu’elle m’envoyait dans la figure depuis tout à l’heure ? Trop la honte. Une fois qu’elle eut fait son petit discours sur les muscles qui allaient être travaillés, elle annonça l’exercice : cinq séries de vingt-cinq squats chacun ; entre chaque série, récupération de vingt secondes. Elle fit une démonstration en faisant cinq squats.

« Yuyu, tu te charges de compter ! Mais tu gardes le même rythme pendant tout l’exercice. Moi, je surveille que tout le monde fasse bien ! »

Pourquoi c’est encore Ryu qui faisait ? Pffff ! J’étais jaloux que ma fille lui accorde plus d’importance qu’à moi. Pourquoi c’était lui le chef en second et pas moi ? Je n’osais néanmoins pas me plaindre pour éviter une série supplémentaire à tout le monde comme punition.
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