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[Océanide - 0] Au lendemain de la nuit qui lui vola son fils

Kobayashi Kazunaga
Kobayashi Kazunaga

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Lun 4 Juil 2022 - 20:06


En quittant Urahi, je ne savais encore rien de la route qui m’attendait, et des choses auxquelles je me confronterais. Mon fils n’eut de cesse de courir pour arpenter les bois, y cherchant dépouilles et rongeurs en fin de vie. A plusieurs tentatives, il tenta de régénérer des fleurs mourantes mais rien n’y fit. Il n’avait hélas pas le don de soigner les vivants ; juste celui de ranimer les morts.
Lorsque je fis ce constant, le visage de ma femme m’apparut comme une évidence. Mais l’idée qui me traversa alors fut trop funeste pour que je m’y résigne.


* * *

La route que poursuivait le père et son fils les conduisirent à un petit village dans l’Ouest de l’Empire du Feu. De denses bois bordaient encore les prémisses de la cité, comme si les maisons s’étaient agglutinées aux premiers arbres. Le long du chemin qui arrivait en plein cœur du quartier, on entendait les bêtes domestiques hennir ou bêler, selon l’élevage. De maigres clôtures bardées de tronçons de pin interdisaient au gibier de quitter l’enclos, et de vieux hangars retapés vaille que vaille offraient des abris temporaires pour protéger des gelées et des pluies torrentielles qui pouvaient déferler la région.
En entrant dans le village, Kazunaga remarqua tout d’abord le petit carré de tables au-devant d’une maison de thé. On y jouait aux dés et aux jeux de plateaux en sirotant des boissons chaudes. L’hiver annonçait ses premières glaces. Le mercenaire songea en observant les habitants emmitouflés dans leurs manteaux qu’il pourrait prendre un peu de temps avant de rejoindre le désert, peut-être encore trop caniculaire à son goût. Yukijin, le sicaire préférait s’accommoder du froid mordant plutôt que de la chaleur suffocante. Au loin, il remarqua les échoppes où l’on vendait des tissus, du lait chaud, des attrapes, de la maroquinerie, des outils et des armes. Sans guère s’attarder davantage sur son attelage, il offrit à son rejeton quelques pièces pour qu’il s’en aille faire ses propres emplettes.
Le gamin lui afficha un sourire radieux. Comme quoi le souvenir des assassinats qui avaient précédé cette escale ne l’avait pas trop déstabilisé. L’argent, le nerf de la guerre. Que pouvait donc penser cette tête candide, face aux atrocités qu’il avait pu vivre ? Quel pouvait être le rapport à la mort d’un être qui l’avait par trop de fois rencontré sur son parcours, jusqu’à la dompter ?

Sombre, le sicaire se résigna à ne pas trouver de réponse à ses questions. Le poids de ses doutes lui pesait sur la tête, et tout en se dirigeant vers la maison de thé il se convainquit du bienfondé d'une petite entorse à la sobriété qu'il tentait de garder devant son héritier. Il avala discrètement une première gorgée de saké, l’esprit fébrile face à ses désirs d’ivresse. De son veston, il tira une lettre précieuse à son cœur. Il parcourut ses lignes, goûta à chacun de ses mots, et puis serra son poing libre, l’âme déchirée. Pour ne pas se disloquer dans les fragments de la mémoire, il rangea son bien puis s’installa.
Il avait imaginé faire la route en quelques jours, mais au rythme qu’il prenait, cela lui prendrait plutôt une semaine ou deux. Les bœufs étaient deux et s’il était évident que cela facilitait le travail de chacun, il n’en demeurait pas moins qu’il leur restait encore à se coordonner. En fait, comme l’un et l’autre ne se connaissaient guère, ils avaient tendance à accélérer quand l’autre se mettait à ralentir. Cette alternance d’effort n’avait rien de bon. A la fin, le bœuf qui tirait se retrouvait à tracter non seulement la charrette, mais aussi le poids d’un compère fainéant. Stratégiquement parlant, c’était une catastrophe. Jamais il n'avait appris à dresser les bêtes pour qu'elles marchent de concert, et cette contrainte rajouta à ses tourments.
Alors, il enfila une rasade de plus.

Depuis le temps qu'il parcourait ces contrées, il n'avait jamais rencontré de véritable allié. Il marchait seul, avec le fardeau que sa femme lui avait légué. Ces trois héritiers, ces trois trésors pesant comme des montagnes d'or, et fragiles comme des fleurs nouvelles. Ces trois êtres, foncièrement différents les uns des autres, mais qui gardaient un point commun malgré tout : les yeux de leur mère.
Il roula ses yeux vers les gens attablés, dont le bagou naturel appuyait certains plaidoyer sur telle version des règles de jeu, ou sur telle fourberie participant à l'euphorie du spectacle. Voir ces villageois se remplir le gosier tout en riant de leurs facéties le fit réfléchir. Trop longtemps, il avait agi seul, et à présent que le monde courait à la fin des temps, il parcourait encore les landes inhabitées à la recherche d'un nouvel espoir. Résolument, il lui fallait trouver une nouvelle famille, une raison de se battre, une cause à défendre ; quelque chose qui dépasserait le simple enrichissement matériel, et qui sustenterait son âme.

Une pulsion atavique. Un instinct grégaire l'étrangla.

Après avoir déposé son sac de voyage et récupéré sa monnaie, il se redressa de son séant et se dirigea droit vers le tenancier. Là, sans crier gare, il déclara qu'il arrosait tout le monde. Le tenancier lui jeta une œillade circonspecte. Lorsque les pièces déferlèrent sur sa table, il les scruta de près pour en vérifier l'authenticité. Kazunaga ne lui laissa pas le temps de douter de sa personne.

« Si vous le permettez, nous vous prendrons aussi une chambre. »

Spoiler:


Dernière édition par Kobayashi Kazunaga le Mar 9 Aoû 2022 - 12:46, édité 3 fois
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Inuzuka Yoshiko
Inuzuka Yoshiko

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Lun 4 Juil 2022 - 21:48


Il nous fallait encore et toujours, s'éloigner de la capitale, afin de vagabonder dans notre patrie qu'est la forêt. En cet hiver, je suis bien contente d'avoir appris à m'habiller chaudement ainsi que d'avoir appris à gérer un peu l'argent. De plus, je sais que c'est mon anniversaire.

Mais… je décidais de le fêter seule, en compagnie de Meisho, comme toujours. Aucune personne encore proche de moi n'est en vie pour nous le souhaiter. Personne, pas même un père ou une mère. Certes ça fait des années que l'on nous a attaqué et volé plusieurs de mes frères et soeur, ainsi que mes parents. Et la seule personne toujours présente, ma sœur jumelle, Leiko, a disparu en l'an 196, en même temps que d'autres Inuzuka avec qui nous nous sommes réfugiées. Depuis, j'erre seule auprès de mon ninken, mon seul ami. Je n'ai plus l'amour de mes parents qui m'offraient à chaque fois leur attention, de la chaleur d'une mère, de la bravoure d'un père, de tout ce temps passé dans l'innocence au sein des forêts de Hi. Plus de sœur à qui on se confie sur toutes nos émotions. Plus de joie à partager. Plus rien.

Est-ce que nous nous souvenons encore de l'odeur de Leiko et de Jackie, son ninken noir ?

C'est vrai que je suis arrivée à Urahi qu'en automne dernier, alors que nous souffrions de c'qu'ils appelaient la malnutrition. Ces soldats m'ont sauvés. J'étais partie ensuite à Iwa pour chercher des soigneurs pour les combattants qui ont affronté l'ancien samouraï de la maladie. Quand je suis revenue à Urahi par la suite, nombre de civils m'ont jeté de la caillasse, leurs regards emplis de haine. C'est après que j'ai compris que l'on m'avait encore abandonné… déjà que j'avais fini ma mission seule, voilà que je me retrouvais à savoir que des Inuzuka avaient fait la guerre et ont fait du mal à des innocents, et pire ! Que le capitaine de l'unité dans laquelle j'étais est parti. C'est après que j'ai prêté de nouveau allégeance à l'Empire, devant ce nouveau capitaine, en me promettant que ça n'arrivera plus jamais, pas tant que je suis en vie. Mais, qui suis-je pour réussir à tenir cette promesse faite à moi-même ?

Personne.

Je n'ai encore jamais retrouvé ma sœur, je pensais qu'elle foulait les terres de Urahi, mais elle est portée disparue depuis quelque temps. Où diable est-elle ? Comment moi, Inuzuka, ne puis-je pas retrouver sa trace ?!

Alors que nous marchions dans ce froid hivernal, nous sommes arrivés dans une petite ville chaleureuse. Du moins d'apparence. Par la, personne ne me calculait, voyant juste une frêle petite fille avec un gros chien. Ce que je peux détester, c'est ma petite taille ! On me prend parfois pour une enfant alors que je suis une adulte ! Une vraie ! De mémoire on m'a dit que j'ai v… vingt ans ! Enfin, si je comprends la logique des chiffres, maintenant j'en ai vingt… et … un !

Nous nous étions réfugiés par la suite dans ce lieu dans lequel je pouvais boire du thé alors que Meisho pouvait lui, se gorger d'un peu de lait. Je me suis promis que je le protégerai et que je trouverai un moyen de lui trouver une armure à sa taille, un jour. Afin que nous puissions nous battre à deux si nous en ressentons le besoin. On me demande mon âge, s'imaginant que je ne devrais pas dépasser les 12 ans. De ma voix, je lui répondis que j'en avais 21. Apparemment, étant donné que ma voix a mué pour être celle d'une adulte, la personne m'a cru, fort heureusement. Alors que nous étions quelque peu au chaud, et que nous nous demandions où dormir, une âme me tape à l'œil parmi ce brouhaha ambiant. Un homme à la chevelure blanche, comme la neige. Un homme qui apparemment payait une boisson pour tout le monde ce soir. Un homme qui m'a paru fascinant et intriguant. Un homme dont la silhouette me faisait vaguement penser à… mon père ?

Non, je faisais erreur. Mon père est mort, je l'ai vu, tout ce sang, ses viscères… non, c'est impossible que celui qui est devant le tenancier puisse être mon géniteur ! Mais d'un autre côté, c'est comme un songe, comme si je rêvais que la vie m'offre ce que j'aurai toujours voulu avoir : un père aimant. Une profonde tristesse m'envahit et Meisho, compatissant, pigne et met sa tête sur mes cuisses, malheureux lui aussi. Peut-être que nous pouvions parler à l'homme mais seulement, osera-t-il nous répondre ?

C'est alors que j'ai eu une idée, afin de m'approcher de cet être humain. Nous devions dormir au chaud et nous avions besoin d'une chambre. J'espère tout simplement que mon ninken peut rester avec moi pour la nuit, car de ce que je sais, certaines auberges n'acceptent pas les chiens. Mais si je dis que je suis Inuzuka, ça devrait passer non ? Allez, je me lance. Une fois debout, mon gros chien musclé noir et marron avance à l'unisson avec moi. Nous nous approchons du tenancier qui nous fixe du regard. Peut-être est-il méfiant vis-à-vis du chien ? Pourtant, aucun de nous deux n'est agressif. Je ne comprends pas, en tout cas je me plaçais aux côtés de l'humain à la chevelure de neige, encore bien plus grand que moi, et je demandais une chambre au tenancier, tout en essayant de me mettre sur la pointe des pieds pour être vue.

« S'cusez moi, j'peux avoir une chambre pour moi et mon ninken s'il vous plaît ? »

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Kobayashi Kazunaga
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Mer 6 Juil 2022 - 8:30


Les habitants de ce village n’étaient guère volubiles, mais ils se connaissaient. Certains, se détournant des plateaux de jeu, firent juste un signe de main en forme de « deux », traduisant leurs envies. Un autre remercia poliment l’étranger, et cette petite courtoisie fut poursuivie par d’autres qui s’associèrent aux bénédictions. Pour autant, nul ne fit un sourire, nul n’eut la grâce de venir le saluer ou d’échanger avec lui. C’étaient des habitués. Ce genre de geste, ils l’avaient déjà connu et cela leur semblait presque naturel.
Ça ne l’était pas pour Kazunaga. Le vagabond yukijin comprit à cet instant qu’il venait d’une culture totalement différente et il ne se formalisa du peu d’accueil qu’eut sa proposition. Malgré tout, un individu l’invita à sa table, proposant au cabalistique inconnu de s’associer à eux pour jouer. Le spadassin opina du chef, puis fit tomber moult ryôs sur l’établi de l’aubergiste avant qu’une jeune femme ne s’invite.

Les eaux commençaient déjà à bouillir lorsque l’hôte accueillit avec un œil incrédule la demande de la minette. Après avoir passé un rapide coup de torchon sur sa zone et sorti un large plateau qui lui servirait à honorer sa clientèle, il poussa la voix pour convoquer une autre personne.

« Megumi ! Je ne veux pas te mettre à la rue, jeune fille, mais je doute qu’il me reste une chambre. Et puis, tu as de quoi payer ? Ils sont où, tes parents ? »

Dans l’arrière-boutique, on entendit les tambours d’une rapide cavalcade. La fameuse Megumi en question, sitôt les escaliers descendus, se présenta avec dans la tenue du moment. Du linge blanc délavé sur les épaules, avec de larges tâches brunes et jaunes, témoignait de son labeur. Les lèvres de Kazunaga eurent un mouvement discret de dégoût lorsque l’odeur de l’hôtelière s’invita à ses narines. Il se dépêcha de prendre une gorgée du saké qui l’attendait déjà.

« Il nous reste une chambre, m’fille ?
- Oui, il nous en reste bien une, mais c’est la dernière. Les deux autres sont occupées, la première par une vieille dame qui rend visite à sa famille dans le nord du pays, et la seconde par un shinobi qui se dit de la Coalition. A son bandeau, j’ai remarqué qu’il était des contrées de la Terre.
- Mmmmh… désolé, petite. »


C’est alors que les prunelles de Kazunaga roulèrent jusqu’à ce que son regard se pose sur la jeune femme. Il l’observa de la tête aux pieds et se rendit alors à l’évidence que cette odeur rebutante ne venait pas que de la gamine de l’aubergiste : ça sentait le fauve. Il eut un mouvement d’hésitation, puis une question insidieuse s’imposa à son esprit. Que pouvait bien faire une jeune demoiselle de son âge seule, dans ce village qui s’imposait presque comme une étape pour quitter le pays ?
Et avait-il bien entendu ninken ?
Si vite qu’il comprit la teneur de la situation, il s’enquît de ne pas jeter de malaise. Les Inuzuka étaient responsables d’une révolte qui avait secoué la Capitale et sans doute ébranlé la nation entière. Leur discrédit disputait sans doute la réputation de leur fidélité, et après avoir déjà perdu une illustre guerrière partie rejoindre les rangs de l’Homme au Chapeau, ils avaient perdu le chef de cette rébellion. Mis bout à bout, tous ces éléments de contexte pouvaient bâtir une inquiétante aversion pour ce peuple, aussi le nomade tenta-t-il de maquiller son propos.

« C’est un beau spécimen que vous avez là. Je présume qu’il vous veille durant votre voyage. Effronté serait celui qui attenterait à vos jours, car pour sûr il goûterait de ses crocs. J’aurais justement besoin d’une escorte, pour mes marchandises, jusqu’au prochain village aux frontières de la nation. Que diriez-vous que votre bête monte la garde pour mes biens tandis que je vous offre une place dans le gîte que l’aubergiste m’a réservé ? »

Kazunaga indiqua au loin les bœufs qui l'attendaient en broutant les quelques herbes sauvages et les feuilles qui se présentaient à leurs mufles. Puis il attendit patiemment la réaction de la petite.
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Inuzuka Yoshiko
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Mer 6 Juil 2022 - 21:44
« Bah, j'en ai, de l'argent… », lui ai-je répondu de manière un peu agacée, car j'eu l'impression qu'on me prend pour une enfant, tout en prenant ma bourse qui doit contenir une somme assez conséquente pour que je passe la nuit ici. En plus de ça, le tenancier ose me demander où sont mon père et ma mère. Je pourrai leur décrire la manière dont ils ont été tués, mais d'une part, j'ai encore bien trop mal à cause de cette absence de figure parentale, et de l'autre, l'ambiance pourrait être plombée…

« Oh, mes parents ? Ils sont morts y'a longtemps, on vagabonde seuls maintenant. » dis-je en baissant les yeux, dès lors devenus bien humides. J'avais mal et je ne pouvais que peu réussir à cacher mes émotions. Une plaie bien trop douloureuse pour être refermée, il me fallait simplement l'attention de quelqu'un pour la calmer. La fille qui est arrivée à la demande du tenancier, avec une odeur de sueur, explique qu'il n'y a qu'une seule chambre disponible. Une seule… ça veut dire que le voyageur aux cheveux d'argent devrait l'avoir vu qu'il l'a demandé avant moi.


Déçue, je me dis que je n'ai d'autre choix que de voir où je pourrai dormir ailleurs, mais cette pensée est stoppée par la voix de l'illustre inconnu complimentant Meisho. Mon regard noisette croisa celui de mon interlocuteur. Il cherchait une escorte pour ses marchandises de là où nous sommes jusqu'à la frontière du pays. Meisho garderait les deux bœufs et je dormirais dans la même chambre que l'homme. Mine de rien, je peux sentir mes joues rougir face à l'homme à la peau cadavérique. Si je peux être utile en veillant sur au moins un voyageur, entre deux lapidations venant de ceux qui ont peur des Inuzuka comme des loups, ça me ferait plaisir.

« Nous ne sommes qu'un mon ninken et moi, en fait. Nous pouvons vous escorter avec plaisir en effet. J'suis… j'suis Inuzuka Yoshiko, et vous m'sieur ? Euh… M'faites pas de mal, j'sais c'qu'ils ont fait mais j'y suis pour rien, j'voulais pas ! »

J'eu une pointe d'hésitation, car les membres restants de mon clan se sont mis à trahir le Teikoku. J'ai paniqué parce que je pouvais très bien me faire encore punir pour ce que je suis incapable de faire. D'autant plus que j'ai été chercher des médecins pour que les victimes de l'ancien samouraï soient guéries. Les médecins qui pourront en profiter pour apaiser les douleurs physiques des victimes de cette guerre civile. Depuis, même si je n'ai rien à voir avec ce qu'il s'est passé, le peuple me rejette, comme si Meisho et moi sommes la légende du chien noir portant malheur à ceux qui le croise. Je me tournais vers ce tenancier avec une petite question par extension, un peu plus joyeuse et expressive pour calmer mes peines.

« Dites, y'a de quoi s'laver ici ? J'vous payerai en conséquence s'il y a besoin ! »

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Kobayashi Kazunaga
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Mar 12 Juil 2022 - 20:06


« Vous m’offensez, jeune fille. Ce n’est pas la première fois que les gens de la Capitale nous prennent pour des pouilleux. Bien sûr que vous pourrez faire votre toilette. Et si votre chien veut faire trempette, il y a une rivière, non loin d’ici. »

Le tenancier lui lança cette acerbe réplique en inclinant la tête et en s’accoudant sur son étal, observant la fille de haut d’un air patibulaire. A l’évidence, elle en avait assez dit pour révéler qu’elle appartenait aux armées urahijines. Alors il l’épingla d’un air retors, et toute l’auberge se retourna sur elle, comme un seul visage aux milles yeux. Il n’en fallait pas plus pour devenir l’ennemi public numéro un.
Cette distraction étira sur les lèvres du janissaire un petit sourire narquois. A son âge, ça lui arrivait aussi, ce genre de maladresse.

* * *

Le temps passa. Kazunaga s’éveilla en pleine nuit, les yeux encore mi-clos, frappé d’une migraine lancinante. D’abord il serra les dents, comme si ses molaires pouvaient croquer dans un remède miracle capable de le sortir de cette affliction mentale. Mais la douleur persista et lui molesta le moral d’une nouvelle vague de turbulences. Ça vrombissait à l’intérieur de sa boîte crânienne, comme si on l’avait rossé avec une barre de fer. Il lui fallût fournir un effort surhumain pour sortir de sa torpeur. Il fit reculer la douleur avec un front de courage et trouva, à la sueur de sa détermination, la force d’enjamber les tapis sur lesquels reposaient les autres convives : son fils et la gamine, ou en tout cas leurs présences supposées sous les draps dans lesquels ils s’étaient emmitouflés, et qu’il ne prit pas peine d’étudier dans l’obscurité, surtout à une heure si tardive.
C’était qu’elle n’était pas si confortable, l’auberge, malgré la figure qu’avait tenté de garder le tenancier quand il avait affiché sa médisance devant la remarque innocente de la petite Leiko. Il avait presque envie de lui en toucher deux mots, le redoutable sicaire, et de tracer sous sa gorge le sillon de l’arrogance mal embouchée.

L’âme encore barbouillée, Kazunaga se traîna dehors le cœur lourd. Comme il avançait, il entendît de façon vague et grossière des murmures lointains. Ce n’était pas un appel. C’était une discussion secrète, un dialogue auquel il n’était pas convié, une interdite discussion au cœur de la nuit. Tout naturellement sa curiosité prit le pas sur la prudence. Souvent, ce genre de confidences pouvait rapporter un sacré pactole.

Il avança dans la nuit noire, se faufilant dans les brumes qui descendaient sur le pays. Il longea une ornière qui lui permît de se dissimuler sous la forme grossière d’un tas de fougères qui avaient survécu aux premières neiges. Il inspira ensuite un grand bol d’air et bloqua sa respiration, le temps de progresser à quatre membres sans que ne cède la moindre branche, sans que murmure la moindre feuille ; le bruit du frottement pouvait à tout moment compromettre sa position.
Heureusement, la discussion poursuivait son cours et prenait le dessus sur le bruit qu’il faisait en se traînant. Il peinait encore à considérer les dires de ces métèques : ce langage était confus et sa migraine n’arrangeait rien à la compréhension déjà difficile de ces aveux.

C’est là qu’il les vît. Ils n’étaient pas nombreux : cinq dans son champ visuel, et peut-être deux ou trois autres. Ils portaient de larges cafetans tissés dans un coton épais, virant sur la teinte d’un orange vivace, une couleur qu’on retrouve soit sur la rouille, soit sur les stries d’un coucher de soleil. Le fait que deux d’entre eux soulèvent à bout de bras de petites lanternes suspendues à des chaînettes d’argent fut une aubaine pour celui qui les étudiait. Tous portaient des tresses et, soucieux de comprendre cet uniforme atypique, Kazunaga réalisa qu’ils en avaient tous précisément huit. Sur ces dernières, des ornements peu communs jetaient parfois des reflets bigarrés, selon la façon dont le feu les orientait. Il comprit qu’il s’agissait de perles et d’autre chose, de plus hétéroclite, de moins commun.
C’est lorsqu’il entendit ces artifices s’entrechoquer les uns contre les autres qu’il découvrit qu’il s’agissait de coquillages, tout simplement. Des coquilles vides qu’ils portaient dans leur chevelure, comme s’il s’agissait d’une mode partagée.

Il ne prit pas la peine de s’interroger. Il préféra étudier cette nébuleuse de mots, dont il ne tira hélas aucune traduction. Les manants semblaient hâtés, et d’un air un peu sec, l’un d’entre eux ordonna à deux phalanges de se mettre en route, à fortiori. Les deux badauds poussèrent quelques jurons, mais s’appliquèrent à la manœuvre : à l’unisson, ils épaulèrent deux longs bâtons sur chaque côté de leur tête afin de hisser du sol un gros tonneau rempli d’eau.
Il ignora ce qu’il y avait dans cette barrique mais à priori, c’était assez précieux pour que les deux porteurs évitent de le secouer davantage.
Le chef indiqua la direction du doigt, mais à peine ses confrères se mirent-ils en marche qu’il tourna la tête directement dans la direction de Kazunaga.

Ses yeux luisaient dans les ténèbres et guettaient le moindre signe de l’assassin, toujours plongé dans les ombres. Une goutte froide roula sur le front du tueur embusqué. Si la situation dérapait, il lui fallait être prêt à réagir ; alors il banda ses muscles, paré à bondir. Il ignorait comment, mais c’est comme si cet étranger le voyait comme en plein jour. Pourtant, si intrigante et impressionnante fut la façon dont il le défia du regard, il se contenta de quelques mots, prononcés dans un dialecte inconnu, pour se satisfaire de sa rançon.


* * *

Lorsqu’il émergea des méandres de cette léthargie, Kazunaga s’assura d’être bien là où il se trouvait. Adieu les fougères, adieu la secte diabolique, adieu les brumes nocturnes : le matin chantait avec les premières volailles, et ce mauvais rêve n’était plus qu’un souvenir.
Dans la pièce, il n’y avait plus personne. Après s’être rapidement habillé, le sicaire s’avança vers la fenêtre plongée vers le jour : le soleil était déjà haut, et pointait au moins les onze heures. C’est que la marche, ça vous couche un homme.

Lascif, il se traîna jusqu’au rez-de-chaussée où s’entrechoquaient déjà le verre et l’argenterie. Il s’approcha aussitôt du tenancier, encore vaseux, pour s’y faire servir.
Mais à la façon dont ce vaurien le regardait, il y avait quelque chose de louche. Alors Kazunaga n’eut même pas un mot prononcer : ses yeux s’assombrirent, et ses prunelles se figèrent en direction de son interlocuteur. On aurait juré que du feu dansait sous ces paupières.
Alors le type, tremblant, livra tout.

« V-vous v-voyez, nous, on s’occupe d’accueillir et d-dans le village, on a pas l’habitude de ce g-genre de problème. C-c’est un hameau p-paisible, tout le monde se connait, on se-se fait confiance. On a toujours mis un point d’honneur à bien servir les clients et là… là je comprends pas, m-m’sieur. Quand je me suis levé, la petite était déjà dehors et elle demandait après l’gamin, j-je… »

Ca pleurnichait comme une merde, ça bégayait sur chaque mot, à tel point que le spadassin n’eut même pas besoin d’attendre la suite des révélations pour que son âme s’enflamme et que son chakra se mette à érupter comme du magma. Sous l’énergie folle qui irradia de sa personne, ses longs cheveux se soulevèrent dans les airs, ses veines noircirent ses membres et sa bouche indiqua, par un mépris et une colère sous-jacente, la fermeté avec laquelle il était résolu à éloigner ses angoisses pour punir le fou-à-lier qui osait le défier ainsi.
Il y avait bien des choses qu’on pouvait lui prendre, mais pas son fils. Non, pas son fils.

Pour le retrouver, il était capable à mettre à feu et à sang tout ce bled pourri.

« La gamine et son clébard. Ça fait combien de temps qu’ils sont partis ? »
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Inuzuka Yoshiko
Inuzuka Yoshiko

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Jeu 14 Juil 2022 - 15:44
“ Ne m'abandonne pas,s'te plaît papa, t'as pas l'droit ! Toi aussi maman, j'te l'interdit ! ”

“ Leiko ? T'es où ? Jackie? Ne me dites pas que vous m'avez abandonné aussi ? Où êtes-vous ? ”

Le corps de sa sœur jumelle, et du petit chien, avaient disparu… Leur odeur était devenue intraçable. La jeune Yoshiko courait pieds nus dans la neige, tombant plus d'une fois. Accompagnée de Meisho,qui était encore tout jeune, les deux Inuzuka étaient seuls dans leur petit boisé aux arbres nu, drapé de cette couverture blanche et glaciale. Elle pleurait, mais ses larmes devenaient limites glacées. Elle était frigorifiée, seule, abandonnée par sa famille décédée. Disparus le jour de son anniversaire.


—--o—--

J'ai eu de nouveau ce cauchemar, et je me suis réveillée en sueur, très tôt ce matin. J'avais oublié que Meisho était avec les boeufs,et comme une sotte je cherchais à me blottir contre lui. Mais à part l'homme pour qui j'allais offrir mes services d'escorte, il n'y avait personne. Discrètement,je me suis faufilée afin de retrouver mon compagnon canin. Par chance, il va très bien. Je m'approche aussi des bœufs et je me suis mise à caresser le mufle. Vous Je commençais à m'occuper d'eux en les brossant lorsque je me suis rendue compte d'une chose. La veille, le propriétaire de ces animaux avait un enfant non ? Ou pouvait-il être s'il n'était pas avec lui ni avec les boeufs ?

« Meisho, as-tu vu un enfant dans le coin ce matin ? »

Il me répondit d'un non de la tête. Nous nous sommes dépêchés de sortir de l'établi afin de visiter la ville, mais à peine j'ai sorti les pieds de là que j'ai senti quelque chose me frapper derrière la tête. Ma vue se brouilla et je pu sentir mes paupières se fermer. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé pendant ce temps-là…

—-- POV de Meisho —--

Le gros ninken aux dents ensanglantées par les assauts qu'il a fait envers ceux qui ont attaqué Yoshiko se rua vers l'auberge dans laquelle a dormi sa maîtresse, et ce après l'avoir installé dans l'établi avec les bœufs, le temps qu'elle s'en remette. Il grogna en sentant les émotions néfastes qui se sont éveillés entre ces murs, se mit sur ses deux pattes et ouvra la porte de l'auberge. Meisho était sur les nerfs, on a osé faire du mal à son humaine. Il grogna en humant l'air jusqu'à ce qu'il se rende compte que la personne qui était en proie à une intense colère n'était autre que le propriétaire des bœufs. Ce chien aboya sur ce voyageur, et essaya de par son langage corporel, de lui indiquer où se trouve celle qu'il nommait la gamine. Le faciès du chien furieux devenait inquiet, il pigna pour exprimer sa peine, en espérant que ça suffise pour qu'un humain puisse comprendre…

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Kobayashi Kazunaga
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Lun 18 Juil 2022 - 18:43


L’aubergiste eut été prêt à inonder son froque de sa propre pisse lorsque la porte de son taudis s’ouvrit dans un grand fracas. C’est ainsi que le clébard vint à eux, enfonçant l’obstacle comme un capitaine de l’armée impériale pour retrouver l’étranger qui dormait en ces lieux. D’abord le mercenaire montra des signes d’inquiétude. Il n’était pas dit que sa maîtresse ne fusse pas la responsable de cet enlèvement, et le grognement du fauve imprima dans un premier temps une certaine angoisse dans les entrailles du sicaire. Se battre ici ne lui promettait rien de bon, d’autant qu’il y avait peu d’échappatoires possibles. Acculé, le mercenaire commença timidement à glisser sa main vers ses outils cachés.
Et puis la bête se mit à geindre, à appeler par de petits cris aigus. Quelque chose l’inquiétait, lui aussi, et à la posture que prit l’animal, Kazunaga comprit qu’on l’implorait d’agir. Il s’envola aussitôt après le cabot.

En un instant les deux compères retrouvèrent la maîtresse, encore assommée. Du sang maculait encore ses vêtements, signe qu’elle était entrée dans une rixe. De crainte qu’une blessure plus sérieuse ne continue de la vider de son fluide vital, il la déshabilla et inspecta ses membres. Ce n’était plus le corps d’une gamine, mais il ne s’attarda guère sur ce sujet, tout occupé à rechercher les lésions, les stigmates, les gonflements, les anomalies osseuses. Rien, pas une marque, pas une seule petite entaille hormis les égratignures qui cicatrisaient déjà, et les marques des temps passés. Sagement, il reficela sa tunique puis s’enquît de ses bêtes qui commençaient à geindre, elles aussi, que leur mangeoire n’eut pas été remplie plus tôt. Il s’empressa de remplir cette tâche, jetant la paille d’un geste faste et nonchalant.
Il était en colère et par-dessous tout, terriblement inquiet.

Dans sa cariole, il trouva un breuvage qu’il connaissait fort bien pour sa teneur en alcool et ses herbes vivifiantes. Le ninken l’étudia avec des yeux fixes, ses iris fauves guettant le moindre mouvement suspect. Même en réclamant l’aide des humains, il restait le gardien de sa dame. Kazunaga débouchonna sa bouteille avec les dents, glissa sa main sous la nuque de la belle et lui releva la tête, approchant le breuvage des lèvres de l’endormie. Le ninken grogna, contraignant le mercenaire à stopper son geste. Kazunaga était particulièrement stressé, inquiet de comment pouvait finir cette histoire, et il n’oubliait pas la menace bardée de crocs qui pesait contre lui et qui pouvait, à tout instant, refermer sa mâchoire sur sa gorge et sceller son destin. Il lâcha un soupir pour retrouver son calme, comme s’il soufflait sur l’incendie pour l’éteindre. Puis voici que sa voix sibylline tenta de rassurer le molosse.

« Pas d’inquiétude. Cette concoction devrait l’aider à aller mieux. Tiens, regarde. »

Pour le lui prouver, il s’enfila une petite rasade. Le goût était puissant, assez mauvais, à tel point qu’il eut l’impression que le liquide lui brûlait l’œsophage, puis l’estomac. Le genre de breuvage qui vous permet de réviser toute votre anatomie.
Et puis merde, pour exorciser ses démons, il s’en reprit une louche plus conséquente. Au moins lui prouvait-il que cette substance n’était pas mortelle, à partir de quoi il put conclure son geste. Il bascula le récipient sur les lèvres de l’endormie pour que le liquide coule dans sa bouche, l’obligeant à boire tout son saoul.
Le hic, c’est qu’elle serait très vite éméchée. Si une migraine l’accablait, cette dernière s’adoucirait aussi rapidement que la liesse s’emparerait de son esprit. Mais cela signifiait aussi qu’il fallait l’interroger avant que son esprit se grise, s’il espérait glaner des informations correctes.
Vigoureusement, il la secoua tel un vulgaire tas de viande.

« Yoshiko, réveille-toi. Bon sang, ouvre les yeux. »

Paf ! Le ninken montra des crocs en grognant face au bruit que fit cette claque monumentale, mais au moins le mercenaire sentît-il tressaillir entre ses bras le corps agité de la belle endormie. Il ne quitta pas des yeux le fauve, prêt à se défendre et intimidé par cette rangée de lames de rasoir qui s’affichaient dès lors que ses babines se retroussaient, aussi ne remarqua-t-il pas qu’il y avait encore la trace de ses cinq doigts sur la joue de la malheureuse. L’animal sentît soudain sa maîtresse s’éveiller, si bien que du masque de la colère, il passa au caractère doux et affectueux qu’il réservait à cette seule humaine. Voir le loup devenir un agneau, ça vous retourne l’intestin. Kazunaga se jura de ne dormir que d’un œil, avec pareil prédateur dans les parages. Puis, voyant que la conscience de l’évanouie arrivait, il commença son interrogatoire.

« Par tous les damnés d’Izanami, que vous est-il arrivé ? Avez-vous vu mon fils ? »

La vitesse avec laquelle il enchaîna ces questions ne laissa planer aucun doute quant à l’agitation qui l’avait gagné.
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Inuzuka Yoshiko
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Sam 23 Juil 2022 - 12:36
Tél un animal apeuré, lorsque je fus réveillée, j'étais effrayée, j'avais envie de fuir et de courir en direction de ce que j'avais vu. Cependant, j'étais prise dans cette étreinte, le voyageur voulait savoir où était son fils.

« Des… Bandits, qui ont fuit sur la gauche de l'établi… Ils ont pris l'enfant et nous ont attaqué avant de nous semer… »

Je ne savais pas si j'avais réussi à tout lui raconter en tout cas, tellement je bégayais. J'avais une douleur derrière la tête, un goût horrible dans la bouche, ma vue devenait floue. J'avais limite l'impression d'être ailleurs. J'arrivais à sentir Meisho à la fois rassuré et inquiet. Il avait réussi à blesser quelqu'un lorsqu'on m'a assommé, mais ce n'était pas suffisant. Il serait sans doute plus facile de les retrouver ainsi du coup, ces ploucs qui ont enlevé Tosen.

Je me sentais assez mal pour, encore une fois, confondre Kazunaga et mon défunt père, mais en même temps, j'avais un certain courage qui s'animait. Je devais rapidement retrouver ce jeune garçon. J'avais mal à la tête, la lumière me forçait à fermer les yeux pour essayer de me soulager, mais je les rouvrais instinctivement. Ils étaient humides et des larmes pouvaient couler, sauf que je ne pleurais pas, mes yeux me piquaient tout simplement. Comment pouvais-je réussir à l'aider à retrouver son fils dans mon état ?

Meisho, lui, pourrait aider, via son odorat fin et développé. Pour lui, je devais tenir le coup, sinon il en serait très stressé et son comportement pourrait être violent au point où il attaquerait tout ce qui bouge. Mon seul ami ne devait pas sombrer à cause de moi. Le ninken hume l'air avant de se tenir en dehors du toit qui abrite les deux bœufs, prêt à traquer et sauter sur ces mécréants qui ont osé nous faire du mal. Sa force d'esprit me poussa à activer mes mudras et à activer ma technique sensorielle terrestre afin de voir s'il n'y a pas un quelconque piège aux alentours…


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Kobayashi Kazunaga
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Dim 24 Juil 2022 - 13:53


Le mercenaire prit une longue inspiration, mais ne bougea pas d’un cil. Dans cet état vaseux, la kunoichi avait tout de même su lui donner une direction approximative et c’est tout ce qu’il attendait d’elle. Savoir son fils pris dans les filets d’un groupe inconnu lui procurait un sentiment piquant, rempli de colère, au point qu’il avait l’impression que son sang bouillonnait comme de la lave. Cette petit avait flairé cette variable inconnue, cette anomalie notoire et n’avait pas hésité à se précipiter dehors pour vérifier ses doutes. A quel point avait-il été léthargique pour ne pas s’en rendre compte lui-même ? Si elle avait été assommée, c’est que ses ennemis possédaient dans ses rangs des être assez puissants pour endormir une Inuzuka. Il ne s’agissait pas de simples amateurs. Même le cabot n’avait pas trouvé le moyen de les retenir. Il fallait donc les poursuivre, et vite.
Kazunaga lâcha la gamine. Sa migraine passerait, et l’état de liesse l’envelopperait bientôt de ses brumes. Puisqu’elle était consciente, elle n’avait plus besoin de lui. Il bifurqua vers l’auberge, s’arrêta devant le tenancier qui refusa dans un premier temps de garder sa marchandise. Il prétexta qu’il n’avait ni la place ni le temps de prendre en compte ses bêtes et cette cariole, de tout soigner, de tout stocker, de tout entretenir. Mais voilà qu’une volée de pièces d’or trébucha contre son comptoir, et étrangement avec une telle caution sa mémoire lui revint. Peut-être qu’il avait bien un ami dans le coin qui pouvait héberger les deux malabars et la cariole qu’ils trainaient derrière eux.

Votre serviteur fit un crochet jusqu’à sa caravane, caressa les bœufs une dernière fois puis découvrit sa bâche pour sortir un large coffre qu’il traîna sur la rampe et laissa tomber à même le sol dans un bruit d’enfer. Le mastodonte de bois chût avec violence et souleva un stratus poussiéreux tant son contenu et son armature pesaient. Quand il l’ouvrît, toute une panoplie de belliciste s’offrit à ses yeux grenat. Des couteaux en pagaille, deux petites hachettes disposées en croix, un wakisashi, des séries de kunaï et de shuriken, des senbons entourés de fil d’acier, des crochets de murailles et des crampons, des makibishi et des bombes fumigènes, un piolet, une pierre de silex, une petite bâche, des piquets, de la corde, une bourse pleine d’or, des rations de survie, … de quoi équiper tout un régiment. Suffisamment de choses pour faire un long voyage et affronter le gel de la toundra du Pays des Neiges ; celui dont il était originaire.

Bardé de son arsenal, impossible de continuer de dissimuler son identité : avant d’être un marchand, Kazunaga était surtout un aventurier. Un mercenaire, pour être plus exact ; un assassin, pour faire encore plus précis. Son itinérance lui permettait de courir de périls en périls et d’arracher des vies contre des pièces sonnantes, tout en emportant avec lui de quoi susciter la liesse que l’on soit d’origine noble ou populaire. C’était la façon dont il avait choisi de mener son existence. A la fin, après avoir été père et mari, après s’être étiolé dans ce bonheur statique, après avoir été élève et disciple, il avait choisi cette vie-là, faite de voyages, d’incertitudes, d’horizons inachevés, de déboires acceptés, de triomphes secrets. Il avait renié tous les sentiments patriotiques qui le rattachaient à Yuki no kuni, ayant lui-même de larges doutes sur l’origine de ses aïeuls. Il avait embrassé un chemin plus brumeux, parfois aride, parfois pluvieux, qui le conduisait d’émotions en émotions, de coups montés en coups tordus, de frontières en frontières, de la vie à la mort. Chaque fois qu’il avait ferré un badaud, il s’était abreuvé de sa fin pour remplir sa propre existence ; comme si, d’une certaine façon, le fait de prendre la vie de quelqu’un l’aidait à allonger la sienne.

Mais on n’enlève pas les sentiments d’un homme et, si la perte de sa bien-aimée le foudroya, la culpabilité qui le rongea quand il comprît qu’il avait toujours été trop égoïste le mit aux bans du désespoir. A la fin, il ne lui restait plus grand et c’est tout ce qu’il fallait comprendre chez le mercenaire. Seul son fils l’empêchait de devenir un monstre.

Seul son fils l’empêchait de devenir un monstre.

Il partît, résolu à leur faire payer et à retrouver son petit. Il n’avait pas beaucoup d’options, à part croire ce que l’Inuzuka lui avait annoncé. Il commença même le trajet, étudiant les empreintes de pas, goûtant le sang des forbans, pour commencer son pistage. La bête laisse toujours derrière elle un sentiment, cette voie que le traqueur peut lire, ces résidus de parfum, cette piste d’empreintes, de déjections, de marques, de feuilles mordues, de terriers abandonnés. Il l’avait appris à Yuki no kuni, lors de son initiation. Il réutiliserait cette science pour les poursuivre, tomber sur eux et leur faire vivre l’enfer. Il tirerait leurs entrailles de leur ventre et les clouerait, ou il attachera leurs viscères les unes aux autres, puis il les persécuterait, un à un, pour qu’ils fuient et se déchirent la bedaine dans leur propre course, sous la terreur d’être mutilé par le Kobayashi. Il voulait que leurs intestins se répandent sous leurs yeux, et puisqu’ils en avaient un sacré paquet, ils pourraient faire de la route avant de crever. Il voulait qu’ils meurent dans l’horreur lentement, très lentement.
Le chien jappa, ce qui le fit sortir du paysage de sa tourmente. L’Inuzuka était là, derrière, étudiant avec lui les traces des fugitifs. Etrange spécimen. Elle n’avait pourtant contracté aucune dette envers sa poire. Était-ce une histoire de vengeance ? Une façon de se rapprocher de lui ? Un piège tendu par d’obscurs politiques ? Il voulut mettre les choses au clair et rapidement. Il n’aimait pas beaucoup l’idée de révéler son art devant une teikokujine, bien que son nom commençât à se répandre, depuis qu’il avait suriné quelques pirates en mer, et qu’un bateau de sang avait accosté au Pays du Feu.

« Les traces ont déjà perdu de leur fraîcheur. Les bandits que vous avez rencontrés ce matin n’étaient que l’arrière garde, sûrement qu’ils avaient pour ordre de faire gagner du temps à ceux qui ont déjà pris de l’avance. Il faut dire que ça a bien marché, puisqu’ils ont réussi à t’assommer. A présent, ils ont dû faire une sacrée trotte. Là-bas, il y a des traces de sabot, je dirais pas plus de deux canassons. Peut-être des éclaireurs. Les autres ont dû faire la route à pied, ce qui me laisse croire qu’ils distinguent les rôles et même, peut-être, qu’ils ont une hiérarchie. Ils sont organisés, ce ne sont pas de simples soiffards ou des truands de pacotille ; sinon, ils n’auraient pas su enlever mon fils alors qu’il dormait dans la même pièce que nous. La route risque d’être dangereuse. Je ne sais guère ce que l’on risque de rencontrer : des mercenaires, des coupe-jarrets, des sorciers, des fanatiques ou des shinobi, comme toi. Tout sauf des samuraï, car l’honneur les protège de ce genre de coup bas.
Il faut bien que tu comprennes une chose, Yoshiko. J’ignore pourquoi ils s’en prennent à moi. Mais ce dont je suis presque certain, c’est que ces gens opèrent de façon ordonnée et tactique. Ils sont venus jusqu’ici, se sont emparés de mon fils et attendent probablement que je les poursuive. Ça pue le guet-apens et la vendetta, et ils ne se contenteront pas d’une simple rançon pour la simple et bonne raison qu’ils n’ont laissé aucun message derrière eux. Ce qui veut dire qu’ils n’attendent rien de moi, sinon que je les poursuive.
»


Il fit une pause, pour qu’elle prenne le temps de mesurer chaque parole.

« Inutile de croire que cela se réglera vite. Les seules dettes que j’ai contractées, les seuls ennemis que je possède vraiment, vivent à Mizu no kuni. Tout porte à croire que la piste que je poursuis me mènera là-bas. C’est un long périple et le Teikoku n’a rien à voir là-dedans. Je ne veux pas t’embarquer dans ces règlements de compte, petite. »

Il la dépassa, comme s’il s’apprêtait à reprendre son chemin qui le menait aux quatre vents. Le rythme de ses pas annonçait déjà une marche soutenue qui lui couperait les mollets, surtout avec le barda qu’il transportait sur lui, sous la brise froide de l’hiver. Mais alors qu’il commençait sa progression, il se figea d’une façon soudaine qu’on eut dit que le temps s’était suspendu.

« Néanmoins, Yoshiko… »

Le timbre qu’il utilisa et la lente articulation de chaque syllabe soulignèrent les contours d’une petite nuance, d’un doute permis. C’était le ton arrogant de la déduction, la petite précision qui alarme, voire peut-être même la petite remarque qui sonnerait l’hallali. Le velours suave de sa voix cachait une matière plus irritante. Sans même se retourner, mais ses mains crispées dans une position proche de ses armes, il fit tomber la sentence.

« Si j’étais un riche patricien et que je voulais me venger d’un homme en particulier, je ne me contenterais pas d’employer la meilleure guilde ou la meilleure clique de brigands qui me tombe dans les bras pour le mener jusqu’à sa potence. Je m’assurerais, en plus, de lui acheter ses seuls alliés. Méfie-toi de tes ennemis, et encore plus de tes amis.
Il reste étrange que je me sois endormi d’un sommeil si lourd que je ne me sois pas réveillé lorsque ces rufians m’ont enlevé Tôsen. Il reste étrange que toi-même, tu ne fusses pas plus prompte que moi à te tirer de ton sommeil, et qu’à la fin, tu te sois si vite évanouie. Il y a deux façons d’interpréter ces constats. Soit ces hommes sont des experts. Soit tu joues la comédie depuis le départ pour t’attirer mes faveurs et t’assurer que je poursuive bien la piste qui est tracée pour moi.
Qu’est-ce qui me prouve que tu n’es pas des leurs ?
»


Bienvenue dans la sphère complotiste des mercenaires.

Spoiler:
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Inuzuka Yoshiko
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Ven 29 Juil 2022 - 18:40
J'étais horripilée. Comment des humains pouvaient trouver des stratégies aussi sales pour nuire à un simple marchand ? Comment pouvaient-ils s'en prendre à son enfant… Bien que Kazunaga se profilait davantage comme un mercenaire à mes yeux, je ne pouvais m'empêcher de penser qu'il est odieux de voir de tels actes sur des enfants. Je comprenais vaguement que ses seuls ennemis ont tout fait pour lui mettre des bâtons dans les roues, de sorte à ce que plein de personnes fassent leur possible pour séparer le père et le fils, que l'on poursuive les potentiels éclaireurs et qu'on ne trouve pas celui qui est à leur tête.

Je sais à quel point l'amour d'un parent pour son enfant peut être intense. Les miens… s'étaient sacrifiés pour notre survie. J'étais émue et je parlais concrètement avec le cœur en réponse à Kazunaga une fois qu'il a entièrement fini son discours en pensant que je suis une ennemie.

« On n'a qu'une parole, m'sieur Kobayashi. On vous a promis qu'on vous escorterait jusqu'aux frontières et rien ni personne ne pourrait nous en empêcher…

C'qui pourrait vous prouver qu'on n'est pas des leurs c'est qu'on vagabonde pour aider les gens et qu'on n'écoute pas ceux qui veulent piéger un quelconque marchand, de plus c'est tellement malsain de s'en prendre à un enfant, c'est pourquoi on refuse d'aider ces ploucs là !

Maintenant j'veux pas que vous soyez en loup solitaire, j'suis déjà plongée dans votre déboire jusqu'au cou alors je vous… *hics* aiderai jusqu'au bout… Les Inuzuka sont fidèles et n'ont qu'une parole… *hics*
»

Je ne comprenais plus rien, j'avais l'impression de tanguer et que tout bougeait autour de moi comme des grosses vagues. Je commençais à voir des couleurs hallucinatoires un peu partout, mes yeux me piquaient et j'avais l'impression d'avoir une vision floue en plus d'avoir mal à la tête. Je me mettais à bégayer car je n'arrivais plus à aligner les mots.

« Vous m'faites penser… à… à mon père… J'peux pas vous faire de mal m'sieur… j'veux que vous retrouviez vot… fils… »

Meisho n'en voulait pas à Kazunaga par rapport à ces sensations d'ivresse que j'ai eues à ce moment-là. Le gros chien noir et brun pignait et se tenait à mes côtés, tel un vaillant guerrier. L'homme d'apparence cadavérique me paraissait mystérieux, dangereux mais en même temps, si doux, c'est pourquoi je ne voulais pas le laisser se débrouiller seul. Mon ninken l'avait compris en me forçant à grimper sur son dos. J'étais encore consciente mais si je bougeais trop, je pouvais en vomir de la bile parce que mon estomac est assez souvent vide. J'pouvais plus parler car j'avais l'impression de ne pas être dans mon corps. Je ne saurai comment expliquer cela mais j'avais en plus de ça une boule au ventre. Je m'en voulais d'être si faible, et je ne voulais pas le laisser seul devant le danger. Je voulais l'aider à retrouver son lumineux fils…

« Meisho… on le suit toujours hein… on doit le protéger… »

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Kobayashi Kazunaga
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Mer 3 Aoû 2022 - 12:14


Bien innocente paraissait la jeune louve, et pourtant cela ne dupait guère le vieux mercenaire accoutumé à se défier du vernis trop candide des apparences trompeuses. Les défenses de Yoshiko pénétrèrent dans son circuit auditif sans trouver la moindre accroche ; au contraire, elles glissèrent à l’intérieur de sa tête et se firent broyer par les muscles du doute. Mais tant qu’à faire, le sibyllin exécuteur dressa à son tour les milles apparences de la confiance, forçant le trait sur la caricature de sa duperie.

« Mmh…
Très bien. Si j’ai pu t’offenser en me défiant de tes intentions, je te prie de me pardonner. Il me semblait bien que je pouvais te faire confiance au regard des périls que tu as encouru pour venir au secours de mon petit dernier. Je réalise que j’ai beaucoup de chance d’être tombé sur une personne aussi vertueuse. Le nombre d’honnêtes gens au kilomètre est faible en ces temps troubles.
Je me fie à toi. Voyons où cette route nous mène.
»


Pur mensonge. De confiance, il ne lui accordait guère. Il n’avait toutefois pas grand-chose à perdre à se laisser porter par l’ennemi, si d’aventures elle était des leurs : après tout, se vautrer dans la gueule du loup était encore le meilleur moyen de débusquer ses agresseurs. Autant rentrer dans le jeu de la plus merveilleuse des façons, en rentrant par la grande porte, avant de tout démolir de l’intérieur.
Nombreux étaient ceux avec lesquels il avait eu le loisir de marchander ; le nombre de plébéiens qui connaissaient l’itinérant Kazunaga ne cessait de croître chaque année. Mais rares étaient ceux à avoir tâté de la lame de l’assassin qui se dissimulait derrière les apparences trompeuses du droguiste.

Après s’être entendu sur cette alliance notoire, les deux pèlerins se mirent en ordre de marche. Les premiers temps furent pénibles pour Yoshiko à cause de sa liesse du premier jour, mais les heures passant, les brumes s’atténuèrent et son esprit retrouva sa lucidité. Son ninken de service, Meisho, trouva rapidement les pistes à suivre en flairant dans les ornières et en retrouvant l’odeur des chevaux et des hommes ; les traces du sentiment derrière la piste de ces scélérats se disséminaient tel des glyphes gravés dans l’obsidienne. Suffisait que tout soit dans la pénombre, et il fallait le lire comme du braille, en passant les doigts dessus, en étudiant minutieusement chaque particule tout en traduisant la chose en langage commun. Pour un traqueur, ce n’était pas avancer à l’aveugle : c’était plutôt une quête à tâtons, un exercice de progression saccadé, une poursuite de niche en niche.

Le premier jour tomba, et pour se reposer les pèlerins firent un feu. Lorsque le deuxième jour se leva, ils repartirent en s’enfonçant dans les ombres de la canopée, sous des marées de pins, de peupliers et de troènes qui défiaient les rayons ardents de l’astre solaire, avec ses pâleurs d’hiver, de passer à travers leurs branches que le froid dénudait petit à petit. La bise leur fouettait le visage, l’humidité s’insinuant sous les couches de vêtements qu’ils portaient et glaçant leurs membres aux heures les plus fraîches. La nuit tomba vite, et les obligea à prendre de nouveau congé du voyage pour allumer un nouveau feu.
L’exercice fut complexe, car le bois était humide. Ils y parvinrent toutefois, se repurent de leurs quelques rations de voyage et échangèrent, la nuit durant, sur leurs expériences respectives. Kazunaga en apprît un peu plus sur le Teikoku ; Yoshiko découvrit le Pays des Neiges à travers les récits de son compagnon de route.

Ils forcèrent l’allure à partir du troisième jour, car outre les effluves sylvestres, le vent porta aux nasaux du ninken les haleines de sel et de varech emblématiques des littoraux. Il restait encore quelques kilomètres à parcourir avant que le large étende ses plaines de sable, avant que la baie ne dévoile ses splendides contours et ne fasse mousser ses embruns au bord des dunes.
Leur chemin prît une drôle d’allure, toutefois, lorsqu’un air de flûte se mit à résonner dans l’air.

Au loin, la silhouette grossière d’un individu se dessina sous les houppiers décharnés. Au fur et à mesure que le trinôme se rapprochait du cabalistique inconnu, la méfiance de Kazunaga se fit grossissante. Rares étaient les fois où l’on pouvait croiser la route de tels spécimens en dehors des régions où officiait vigoureusement l’Ecole du Vide. Mais les légendes qui se dressaient autour de ces moines mendiants et nomades ne cessaient de faire parler d’eux. Avec leurs paniers en osier retournés sur le visage et leur flûte shakuhashi, ils inspiraient une sorte de crainte mystique pour qui osait les défier.
Un Komusô, de l’ordre monastique du Vide.

« Surtout, ne le provoque pas. Ne cherche pas à voir au travers des mailles du panier qu’il porte sur la tête. Ces moines sont plus redoutables qu’ils n’y paraissent et détestent qu’on s’intéresse de trop près à leurs histoires. Parfois, figure-toi que ce sont des tueurs et des déserteurs qui se déguisent dans le même accoutrement pour dissimuler leur identité. Mais nous n’avons pas le temps de nous attarder sur son cas. Nous risquerions gros, et nous laisserions à nos cibles le temps de se dérober à notre traque. »

Le moine se figea au moment où ils passèrent à son niveau et cessa de jouer sa mélodie. Cet immobilisme soudain glaça le sang de Kazunaga : il savait quels genres de périls pouvaient encourir les malheureux qui oseraient le défier à cet instant. Il continua sa foulée pour ne pas offrir à l’inconnu un prétexte de rixe. Il vit au passage que sa robe étaient encore tâchée de sang séché : sans doute que quelqu’un avait commis l’erreur de le sous-estimer, et il en avait payé les frais au prix fort.
Quelques heures plus tard, la mer dévoila son bord dans un paysage d’émerveillement.

« Bien, Yoshiko. Les traces s’arrêtent ici. Ils ont pris le large. »

Un geste de constriction vint jaunir ses phalanges. Après un voyage déjà fatiguant et bien cadencé, ils n’étaient pas parvenus à leur tomber dessus. Les vauriens progressaient plus vite qu’eux, sûrement grâce à leurs montures.
Soudain, tout son univers fut en branle. Et s’ils avaient fait fausse route ?

Et si son fils était perdu à jamais ?

Envahi pour une soudaine angoisse, le mercenaire jeta des yeux fous tout autour de lui. Sans même attendre Yoshiko, il se précipita à grandes foulées vers le port le plus proche.
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Inuzuka Yoshiko
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Dim 7 Aoû 2022 - 21:17
Ai-je raison en suivant l'homme à la chevelure de neige…

Je ne pouvais le savoir, dans tous les cas je croyais fermement à mon discours. Je n'ai qu'une parole et j'y tiens, je veillerai sur lui jusqu'à ce qu'il trouve son fils. Je souriais alors que Meisho suivait de patte ferme le mercenaire, tout en servant de monture pour moi, jusqu'à ce que je puisse à un moment donné décuver. C'était d'ailleurs durant cette nuit que j'ai plongé dans cet étrange sommeil suite à ma cuite.

Sur la route, nous parlâmes. C'était intéressant de connaître de nom l'histoire du pays de la Neige. Que ne donnerais-je pas pour visiter ces lieux ! Je lui ai parlé de plusieurs choses de mon côté. Dont, d'une part, que les soldats ont chassé les meutes de Inuzuka avant la création de Teikoku, et depuis cet incident je cherche ma sœur, Leiko. Aussi, j'ai exprimé mon dégoût vis-à-vis du conflit des Inuzuka contre l'Empire alors que j'étais partie à Tsuchi pour chercher des eiseinin afin de soigner les combattants d'un ancien samouraï.

En même temps c'est vrai, depuis mon retour je me suis vue déchirée de toute part. J'eu l'impression que mes amis que je me suis fait ne l'étaient plus vraiment. Depuis, je ne me sens plus à ma place. Je veux découvrir diverses choses, des pays, je veux réussir à me connaître et surtout, j'aimerai savoir ce que je veux. Aussi, un soldat de la foudre m'a bien dit que rien ne pourrait me retenir si j'avais besoin de partir de Urahi. Grâce à ce conseil, j'ai pu croiser Kobayashi. C'est parfait.

J'ai veillé sur Kazunaga alors qu'il dormait, les jours suivants. Il est hors de question que l'on attaque celui-ci et je ne me le pardonnais pas. De mon côté, je pouvais faire des micro-siestes sans sourciller. Meisho était un excellent guide, grâce à lui on s'est tous trois frayé un chemin, et ce pendant trois ou quatre jours, mais…

Je n'ai jamais vu ce genre de moine avec un étrange panier sur la tête. J'apprends par la même occasion que des tueurs et autres traîtres s'habillent de la même manière pour passer inaperçu, et sans broncher j'ai écouté la voix du vagabond sur qui je veille depuis quelques jours. Et, l'odeur forestière faisait de plus en plus place à celle de la mer. Cette effluve maritime nous était encore inconnue mais ça nous donnait en joie, même si c'est de courte durée. De là, il n'y a aucune odeur de cet enfant. Nos coeurs se sont serrés et nous nous sentions vides. Le souffle coupé par ce paysage, mes yeux pleuraient, ne pouvant cacher ma tristesse de ne pas avoir su protéger ce petit Tosen. Comment allais-je réussir à mettre la main sur celui-ci ? Où-est-il et que lui arrive-t-il ?

Cette sensation de séparation et ce vide infini, je l'ai toujours vécu en ayant perdu toute ma fratrie et mes parents. Même encore aujourd'hui, en cherchant Leiko, celle qui, au fond de moi, la savait encore en vie, ce désespoir de ne jamais la retrouver se fait de plus en plus présente. Je vis Kazunaga fuir vers des hameaux bizarres que je n'ai jamais vus auparavant. D'après les livres illustrés, il s'agit de villes portuaires. Était-ce là le moment de visiter et de prendre un bateau pour retrouver le fils disparu ? Mais est-ce que notre odorat ne serait pas davantage brouillé que d'habitude en temps de pluie ?

Je ne pouvais pas rester en proie à des doutes, il me fallait encore le suivre jusqu'à ce qu'il réussisse à se rapprocher de sa destinée. Si au moins il pouvait retrouver la prunelle de ses yeux, je ne pourrais être que ravie. Alors que nous le suivions du mieux que nous pouvions, on se rapprochait peu à peu du lieu qui changerait certainement nos vies. Je l'espérais, en l'aidant à accomplir sa quête, moi et mon fidèle ninken. Les écumes chantaient et paraissaient bien calmes.

Il me semblait impossible de disparaître comme le garçon et ses détracteurs et de plus nous brouiller les pistes à ce point là. C'était inimaginable, et c'est pourquoi à ce moment-là, je me demandais si les ravisseurs étaient réellement humains. Puis, je fus interpellée par un des oiseaux messagers de Urahi, un oiseau qui avait réussi à me traquer afin de me transmettre un message. Je ne pu déchiffrer que quelques mots : aide, patients, rééducation.

Les habitants blessé par l'ancien samouraï de la maladie et des récents conflits causé par ma famille ont besoin de moi. Si c'est un ordre de l'Empire alors je ne peux me désister a cette tâche qui m'incombe. J'espère simplement que ce n'est pas un leurre et que je réussirai, tôt ou tard, â gagner la liberté qui est mienne...

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Yoshiko – #649b88
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