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[Voyage en mer] [Océanide - I] Le firmament saupoudra les eaux

Kobayashi Kazunaga
Kobayashi Kazunaga

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Mar 9 Aoû 2022 - 12:46


Je n’étais pas confiant. J’avais beau tenter de me convaincre du contraire, je n’étais pas confiant. Mon fils avait disparu, dérobé pendant la nuit. Le temps passait, et mes espoirs s’effritaient comme une peau de chagrin.
Pacifiste par nature, j’en voulais au monde entier. Je pouvais tout brûler dans mon sillage, cela m’importait peu.
On m’avait enlevé mon fils. On m’avait enlevé un peu d’humanité.


* * *

Le film cristallin de la surface des eaux s’étendait devant lui en brillant de mille feux, comme si sur les océans s’étaient déposés en neige les poussières des astres de la nuit. Les écumes salines dansaient dans des tourbillons mousseux et plongeaient dans ses narines. Il huma cet air iodé, avec ce parfum d’algues et de coquillages, en s’emmitouflant d’un sentiment nostalgique.

Il y a des odeurs qui ne disparaissent jamais de la mémoire et qui vous replongent vers l’enfance.

Au loin les pontons paraissaient se figer depuis des millénaires aux confluents de la mer. Sur leurs piloris blanchis par le sel, ils affichaient leur écorce meurtrie en toisant de haut la marée montante. A leurs extrémités cloutées, des taquets noirs solidement enfoncés paraissaient être comme des soldats de fer veillant sur les bateaux accostés. Des nœuds d’amarrage s’y accrochaient comme des enfants toujours flanqués dans les jupes de leurs mères. Sur le pont, des pêcheurs s’activaient.
Il restait encore moins de deux heures pour prendre le large pendant l’ascension de la marée.

Il ne fallut pas négocier longtemps avant d’avoir un droit de séjour. Contre quelques ryôs trébuchant, Kazunaga parvint à se trouver un navire de commerce avec tout un équipage à son compte. Du cuistot jusqu’au navigateur, du soldat au charpentier, il découvrit de tout sur la hourque. Mais avant tout, chacun était matelot. Le plus frappant était de découvrir le nombre considérable de négociants Jôhekijin sur le pont principal. Le Pays des Remparts n’avait pas la réputation d’être très ouvert sur le monde extérieur.
Comme quoi, dès qu’il s’agit d’argent, on trouve toujours quelques terrains d’entente.

La hourque se parait de deux mâts, avec un gréement de voiles carrées et son beaupré dardant vers l’avant pour fendre les airs. La forme arrondie de sa coque en proue en faisait un navire plutôt lent, mais sûr. Avec toute sa cargaison en fond de calle et la structure de ses voiles, le bâtiment paraissait bien prendre le vent mais avec cette ossature, le mastodonte n’avançait pas plus vite qu’une baleine dans les eaux profondes.
Kazunaga s’en rongeait les ongles. Il lui fallait de la vitesse, mais à moins que de perdre encore des heures à trouver un nouveau port et au risque de rater la marée haute, il dût se résoudre à choisir cette embarcation par dépit.

Les voix montèrent de la cale jusqu’à la barre du cacatois, sous-jacente à la plus haute voile du mât principal ; et de la poupe à la proue. On répétait un exercice rondement maîtrisé. On fermait les écoutilles, on détachait les nœuds d’amarrage et, toutes rames dehors, on commençait à souquer.

[Voyage en mer] [Océanide - I] Le firmament saupoudra les eaux Rskf

Le navire prit de la vitesse, fendît les premières vagues puis s’enfonça dans les eaux. Une fois l’élan donné, on tira les voiles, on rentra les rames et chacun commença à faire son métier : les cannes à pêches chevauchèrent les abords, les marins assurèrent la tension des bouts, les cuisiniers commencèrent à peler les premiers légumes, les sergents inspectèrent les cales, les négociants contrôlèrent leurs biens.

Kazunaga se plaça sur la poulaine, à l’avant. Son chemin s’était séparé de celui d’Inuzuka Yoshiko qui l’avait aidé à voyager sans encombre d’un bout à l’autre du Pays du Feu. Cette alliance était terminée, maintenant qu’il devait se diriger vers d’autres contrées. Ses yeux perdus dans le vague, il se laissa surprendre par les premiers postillons des étendues marines. Les cheveux dans la bise, il guetta le moment de sa vengeance.

Spoiler:


Dernière édition par Kobayashi Kazunaga le Lun 15 Aoû 2022 - 15:45, édité 1 fois
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Lun 15 Aoû 2022 - 14:56
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La hourque naviguait sans difficulté, le gréement tendu par un vent d’Est modéré. Les voiles carrées, efficaces par de telles embrasses portant de travers, propulsèrent le navire qui, pendant des heures durant, repoussa les vagues qui tapèrent sa coque.

Au fur et à mesure où les côtes disparaissaient et où la mer devenaient infinie, le vent se renforça. La houle fit danser le navire, ballottant de gauche à droite. Les crissements du bois chuchotèrent, tel le chant de ce navire dont l’âge ne saurait être donné. Les cordes et poulies vibrèrent et frappèrent le bois au rythme des bourrasques.

Les faibles âmes qui n’étaient pas habituées à la mer se tenaient déjà là, contre le bois des barrières, rejetant le maigre repas qu’ils venaient d’ingurgiter. L’on aurait presque pu apercevoir la tambouille de légumes coupés battus par les flots, avant d’aussitôt disparaître, happés par une vague traîtresse.

Les cannes à pêches s’étaient levées, l’heure n’y était plus. Certains marchands regardaient avec inquiétude l’horizon qui s’assombrissait, à contrario de l’équipage, qui poursuivait son travail, imperturbable. Une confiance qui émanait aussi de l’une des marchandes, à la différence de ses confrères. D’elle émanait un aura presque divin, qui, malgré les flots, ne perdit rien de sa superbe. Plus il fit sombre, plus elle sembla briller, le regard plongé vers l’horizon ; son halo et sa couronne dorée renvoyant la lumière vers son visage dont les traits nets et délicats imposaient le respect, l’admiration.

Marchande
??? ???
???


La porte en bois qui menait à la cabine du capitaine claqua, un matelot en sorti d’un pas rapide, ses bottes frappant le bois du pont. Vêtue d’une veste blanche et d’un pantalon en cuir, il sembla danser au-dessus de ce pont ballotté par les flots, sans que rien ne puisse le déséquilibrer.
Deux paires d’yeux, tapis dans l’ombre, le fixèrent.
L’homme se plaça près du mat principal, sauta sur une corde afin de s’élever, puis s’écria :

« Nous allons faire un arrêt sur l’île de Kume ! Nous y arriverons à l’aube demain matin. »

Tous se retournèrent. Les marchands l’observèrent, curieux face à cet arrêt imprévu. La femme, tout particulièrement, le toisa de son regard sévère, peu encline a accepter un retard, pour quelques raisons que ce soit.

Cette île, située à l’Est du Pays du Feu, était bien connue des marchands. Positionnée stratégiquement entre tous les pays partageant cette mer, elle permettait d’éviter les terribles rochers qui sillonnaient les côtes du pays de Wasure, ainsi que ses dangers.

Une voix s’éleva.

« Pourquoi nous arrêtons nous déjà ? »

Le matelot répondit aussitôt.

« Ordre du capitaine. »

Et le silence fut.
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Kobayashi Kazunaga
Kobayashi Kazunaga

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Lun 15 Aoû 2022 - 18:59


Lorsque le ciel se brunît de ses oripeaux sombres, l’onde calme se défaussa de ses surfaces linéaires pour lui préférer l’exposition de ses larges ressacs. Comme la pénombre avait gagné les étendues célestes, les étendues marines se teintèrent d’un voile similaire et ainsi l’équipage quitta les rivages azurés pour gagner des océans vivaces, à la surface desquels les vagues enflaient comme de noires collines.
Le paysage s’assombrît si vite que c’en fut presque surréaliste. C’est comme si la nuit appelait de ses vœux à ce que le jour se termine.

Dans cette obscurité naissante, la chevelure opalescente et le teint d’albâtre du mercenaire paraissent briller comme un astre lunaire. Pour autant, cette impression resta bien pieuse face à l’aura solaire et dorée qui émana d’une belle inconnue. D’elle se diffusait une lueur singulière, contrastant fièrement avec la pénombre ambiante, à la manière d’un soleil perdu dans les ténèbres de la nuit. Kazunaga ne fut pas le seul à s’arrêter sur cette surnaturelle fulgurance. Tout l’équipage accorda au moins une œillade à cette luminescente étrangère.

Comme l’homme de main du Capitaine jaillît de la cabine de son chef pour gagner la hauteur des mâts afin d’y faire ses annonces, tout l’équipage se figea à la faveur d’une minute suspendue à la parole du matelot. On lui resta accroché avec une sorte d’impuissance résignée, à la manière des voiles elles-mêmes otages du gréement et sujettes aux caprices du vent. Seule une insurrection ou une requête particulière, assortie d’un argument assez convainquant, pouvaient permettre de rogner l’autorité de cette décision. Mais le prix de cette inflexion paraissait pour chacun bien trop cher à payer.

Le charivari des flots menaçant de renverser la chaloupe, l’équipage décida de s’accoster aux premières lueurs du jour. Mais en attendant, étaient-ils protégés pour autant de la fureur des océans ?

La nuit n’avait pas encore étendu ses ombres et sous la contrainte de ces vigoureuses rafales le bâtiment pouvait compter sur la puissance de son ossature. Mais cela ne signifiait pas pour autant qu’ils étaient hors d’atteinte car il suffisait que les flots continuent leur escalade pour que le danger grossisse. Pour avoir voyagé de nombreuses fois, Kazunaga savait combien il fallait redouter les caprices des vents et la réponse que les océans leur donnaient. Si stable fut la hourque, elle n’empêchait guère les vagues de la plus haute ampleur de frapper sur son pont et de détruire ce qui menaçait de tomber sous leurs tonnes. Et l’aube ne poindrait pas avant plusieurs heures.

Rongé par une sorte d’inquiétude, le mercenaire observa la scène qui se présentait à lui comme un spectateur extérieur. Si à l’œil nu il était capable de repérer les petits tracas et le stress visible des Johêkijines et de leur équipage, il ne saisissait pas tout à fait la lourdeur de cette atmosphère ni ce que le destin tentait de lui faire passer comme message. Il décida pour bien faire de clore ses paupières et de projeter son esprit autour de lui.

[Voyage en mer] [Océanide - I] Le firmament saupoudra les eaux I3eu

Seul un senseur comme Kazunaga était capable d’effectuer ce type d’exercice méditatif. Se priver d’un de ses sens lui permettait de stimuler les autres avec une telle acuité qu’il parvenait à percevoir d’autres messages avec une précision telle qu’il disputait presque les capacités de certains mammifères à remarquer les plus insignifiants détails, comme le bourdonnement d’une mouche couvert par la clameur de la houle. L’odeur d’iode, d’eau et de bois humide pénétrèrent ses narines avec encore plus d’insistance tandis qu’autour de lui se coloraient les énergies de ses compagnons du large. Le chakra lui apparaissait comme des flammes aux alentours, empruntant chacune une signature personnelle à partir d’une sorte de prisme intérieur lui permettant de les discriminer. Il entendît le bois craqueler, il sentît l’émulsion des flots aux alentours, il s’imprégna de cette ambiance obscure, lourde et profonde.
Un tel avait l’odeur d’un parfum cuivré et dégageait un chakra assez terne et plutôt faible. Tel autre avait gardé sur lui l’odeur de friture et de légume, signe qu’il arrivait des cuisines, et il dégageait une énergie plus remarquable sans pouvoir la contrôler. Certains paraissaient se confondre au décor : ils ne dégageaient rien de particulier. D’autres rayonnaient comme des feux.

Quand il rouvrit les yeux, il ne vit plus ce beau monde de la même manière.

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Mar 23 Aoû 2022 - 11:38
Des vagues de chakra émanèrent du corps de Kazunaga, telles des ondes pulsant au rythme des battements de son cœur, qui se diffusèrent dans l’air, le bois, la mer. Ces ondes rebondirent contre quatre âmes, dont leur corps raisonna du timbre de leur chakra.

La première fut cette marchande à l’aura solaire, qui illuminait ce navire malgré la tempête qui se profilait, menaçante ; puis ce fut le tour des deux ombres qui avaient observé le matelot sortir de l’antre de son chef quelques instants plus tôt.

Brusquement, un regard se posa sur Kazunaga. L’une des deux ombres le fixa, impassible, puis il s’extirpa de sa cachette. Plusieurs yeux se tournèrent vers lui. Leurs visages trahirent leur surprise : celle de ne pas avoir remarqué un homme de son acabit plus tôt, un homme dont le visage peint d’or, de blanc et de noir ressemblait à un masque.

Il s’approcha de l’étoile du jour, puis s’arrêta dans son dos, se pencha et lui murmura à l’oreille. Aussitôt, la marchande posa son attention sur Kazunaga, plusieurs secondes durant, impassible, avant de s’en détourner aussitôt.

L’ombre n’étant plus, elle resta derrière celle qui, vraisemblablement, devait protéger. Un homme qui, par la confiance et l’assurance qu’il dégageait, laissait peu de place au doute quant à sa profession.

Tempête


Le navire continua à naviguer sur cette mer dégradée jusqu’à ce qu’enfin la terre ne se dessine au loin. Plusieurs soupirs de soulagement se firent entendre parmi les marchands. L’équipage quant à lui poursuivra ses tâches tel un métronome, jusqu’à ce qu’ils ne parviennent au port.

Là, ils firent tomber les voiles. Les immenses morceaux de tissus s’aplatirent, le navire ralentit et ballotta, battu par les vagues dont il était maintenant à la merci, jusqu’à ce qu’il ne soit arrivé près d’un ponton. Là, deux matelots jetèrent des cordages par-dessus bords. Deux marins les attrapèrent en vol, puis d’autres les rejoignirent et tractèrent la hourque jusqu’à sa place d’attache.

Le pont se remplit des yeux des curieux qui observèrent là la valse des marchandes qui furent chargées dans les calles du navire et avec elles, les quelques nouvelles âmes qui, malgré le temps menaçant, avait décidé de braver la colère des cieux. Au bout de trois heures, le navire était déjà reparti.

Garde1
??? ???
Garde


La mer qui se dévoila à eux fut déchaînée. La tempête qui menaçait au loin devenu réalité, le pont se vida. Rares furent, à part l’équipage, les âmes qui décidèrent de rester là à braver les flots. Pourtant, une lumière y brillait toujours. Accompagné de son garde, elle observait l’horizon, avec la même sérénité déconcertante qu’elle avait fait preuve jusque-là.

L’odeur de l’iode se fit plus fort, les vagues plus cinglantes. Le pont se recouvrait d’eau où fur et à mesure que les vagues d’est passait au-dessus de la coque bâbord du navire. Le bois grinça, contraint par la forte houle qu’il se voyait imposer. Les cordages vibrèrent à chaque bourrasque qui les tendait. La porte de la cabine du capitaine s’ouvrit.

Capitaine
???
Capitaine du Navire


Un homme barbu au regard assuré en sortit. Légèrement vêtu, il ne fut aucunement importuné par la danse de son navire. Arrivé au milieu du pont, il s’écria.

« Nous allons faire halte à Joheki ! A tribord toute ! »

La femme au collier d’or, pour la première fois, sembla importuné. Elle tourna son visage vers cet homme qui ne cessait de changer son cap, un sourcil arqué, puis murmura à l’oreille de son garde. Celui s’écria aussitôt :

« Mon maître refuse que nous fassions encore détour. Nous avons déjà perdu assez de temps. Expliquez-vous ! »

Le capitaine tourna la tête vers cet homme qui l’importunait sur son navire, l’air agacé.

« Ici c’est mon navire ! Je n’ai d’explication à donner à personne ! »

« Comment osez-vous… Ignorez-vous à qui vous vous adressez ?! »

La femme fit un pas en avant. Tous les regards se tournèrent vers elle.

« Allons, allons. Il ne sert à rien de s’agacer ainsi. »

Le garde fit un pas en arrière, retournant dans l’ombre de sa maîtresse.

« Nous tous ici présents sommes des marchands respectés. Chaque seconde que nous perdons est un temps précieux que nous ne pourrions mettre à profil autrement. Malgré cette tempête, il n’y a point raison de craindre pour la sécurité de ce navire. Sa robustesse n’est plus à prouver, de même que votre capacité à le mener. Aussi, ne me forcez pas à réitérer la demande que vous a fait mon homme, capitaine. »

Synthèse
Kazunaga ressent 4 présences chakratique :
  • La première émane de l’intérieur du bateau, de la cabine d’où le matelot est sorti.
  • La seconde émane de la marchande
  • La troisième et la quatrième émane des deux gardes que tu aperçois maintenant, s’étant dévoilés.

Il semblerait que l’un des gardes est remarqué ta présence suite à la technique que tu as employé. Ce garde en a informé la femme qu’il semble protéger et tu as donc attiré l’attention de cette dernière, momentanément.

Le bateau arrive à bon port et repart après quelques heures. La tempête est maintenant sur vous. Vous êtes informés que le navire fera de nouveau escale à Joheki, mais un groupe mené par la marchande est contre, désirant directement aller rejoindre les côtes de la Brume. Le capitaine, peu enclin à se faire dicter sa conduite par ses invités, refuse. Un conflit gronde.

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Kobayashi Kazunaga
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Jeu 25 Aoû 2022 - 13:37


La hourque amarra quand Kazunaga décida de s’en retourner à ses appartements. Calmement, il suivit le cheminement naturel des marchands qui convergèrent vers la calle du navire pour y prendre de quoi se sustenter tant qu’ils seraient à l’arrêt sur l’île. Finalement, cette petite trêve ne fit pas de mal : le mouvement perpétuel du roulis de l’ossature massive du navire donnait une sorte de petite nausée, supportable mais lancinante, et la menace de la tempête épuisait les sens.
Le frais cessa de lui fouetter le visage quand il s’enfonça dans les ténèbres des quartiers du bâtiment. L’ombre gagna le territoire, bousculée seulement par quelques bougies à l’extrémité desquelles dansaient de petites flammes dorées. Kazunaga poursuivit son chemin, contourna les branlebas, se glissa sous quelques filets suspendus mis au séchage puis gagna rapidement une autre pièce. Au plafond, une grille de fer permettait encore de sentir les embruns et de communiquer avec ceux qui talonnaient sur le pont. On entendait une tambourinade de pas hâtés tandis que les marins tiraient vigoureusement sur leurs nœuds pour préparer l’amarrage. Ça martelait le plafond comme un concert de tambours.

Il retrouva ses effets renversés sur le sol, comme s’il avait été détroussé par un voleur. Son sac de toile était ouvert et une certaine quantité de ses biens dépassaient par l’embouchure ainsi créée. En inspectant la situation, il réalisa toutefois que rien ne manquait : en fait, le sac s’était simplement écrasé au sol à cause de son équilibre précaire et tout son contenant s’était étalé de façon presque ordonnée. Il s’occupa rapidement de ranger ses biens, puis plongea son bras au fond du contenant. Rapidement ses doigts creusèrent à travers plusieurs choses caractéristiques : une amulette, des pages déchirées, des couteaux, de l’armement ninja, des herbes emballées, différentes poudres, des fioles, quelques changes, de la viande séchée, du pain dur et quelques provisions dérisoires. Il retira finalement un ouvrage assez massif, dont le cuir brun était orné de motifs dorés. D’apparence, cela ressemblait à n’importe quel ouvrage. Mais à l’intérieur, on trouvait des pages déchirées, comme des lettres abandonnées et souillées par le temps, ainsi que des pages sur lesquelles étaient tracées des portraits accompagnés de certains incipit, des écriteaux accompagnant chaque visage.

Un Bingo Book.

Il en parcourut les pages à son aise. Il n’avait aucune sorte de ressource pour infléchir sur le temps et la durée du trajet ; pas sans compromettre son intérêt le plus vif pour un voyage rapide. A la lueur des bougies, sous l’ombre des calles, il sonda ses pages comme un moine devant des écrits sacrés, à la recherche d’un visage et d’une prime.

Quelques heures plus tard, l’électricité vint apporter sa touche à l’atmosphère iodée du voyage en mer. Kazunaga, sur le pont du navire qui s’apprêtait à rebattre les flots, observa avec discrétion les invectives que se lancèrent soudain le Capitaine et la femme au collier d’or.
Le maître-à-bord agitait le poil fourni de moustache en lançant des ordres pour invoquer la nécessité de faire une nouvelle escale à Jôheki no kuni ; sans doute sa terre d’attache, au regard du nombre de Jôhekijins dans l’équipage.
La femme au collier d’or s’y refusait en déployant presque ses gardes autour d’elle pour étaler sa force et sa richesse ; elle brilla dans toute sa majesté.

Le conflit trouva écho dans l’âme tourmentée de Kazunaga. D’un seul coup, les méandres du doute se saisirent de son assurance et de l’étude de la scène, il bascula vers la réflexion personnelle. Combien de temps pouvait prendre cette escale ? Son désir profond n’était autre que gagner en vitesse, de raccourir au maximum le délai qui le séparait des retrouvailles avec son fils. Il était en quête d’un être perdu, le seul au monde à le raccrocher à l’espoir, à pouvoir le laver de ses fautes et à honorer le souvenir de sa douce. Et s’il échouait ?
Alors la crainte qu’il avait de sombrer dans le désespoir deviendrait chose réelle. Fragile était finalement le cœur de ce valeureux mercenaire. Ténu, le fil qui le raccrochait à la raison.

Ses pas l’entraînèrent naturellement au milieu des griefs, comme s’il s’enlisait dans un champ de bataille, guidé par une sorte de fatalité magnétique. Comme aimanté par la source vive de cette énergie transformée en colère, il plongea dans l’atmosphère chargée d’ondes négatives afin de chasser les fantômes d’un conflit rangé.
Alors, il sentît ces éclats d’émotions vives louvoyer sur lui comme il pouvait sentir la fraîcheur marine souffler sur son épiderme. C’était comme plonger dans des eaux brûlantes et sentir leur chaleur exalter tous les sens. Le mercenaire qui leur faisait l’honneur de sa présence était un être cabalistique et sensitif : il flairait les choses de ce monde, il lisait son environnement comme un livre ouvert, il sentait les flux, les ressacs et les courants.
Alors il tourna la tête vers le Capitaine.

« Un bon souverain est un souverain qui écoute son peuple. Sinon, c’est un dictateur. Nous ne payons pas pour être sous votre joug, nous payons pour le chemin que vous ouvrez vers l’Archipel de Mizu no kuni, Capitaine. Il serait sage de ne pas nous décevoir. »

Le trajet le plus rapide vers l’Archipel, telle fut l’expression de ses vœux lorsqu’il s’allia à la femme en or.
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Lun 12 Sep 2022 - 8:47
Tous les regards alternèrent entre le Capitaine et cette femme, dont le charisme rayonnait dans l’obscurité qui s’était abattue sur la compagnie.

Le Capitaine fronça les sourcils. Son visage afficha son dégoût pour cette marchande, dont les mots tranchants n’eurent que pour unique objectif d’affirmer sa supériorité sur lui : son navire lui appartenait, qu’il le veuille ou non.

Brusquement, une voix raisonna dans la pénombre. Tous se tournèrent vers Kazunaga. Nombreux furent ceux qui n’avaient pas porté attention à lui jusqu’alors. Cette chevelure blanche tels les neiges éternelles de Yuki, ce visage lézardé par les cicatrices… Comment avaient-ils pu ignorer sa présence ? Le Capitaine, La marchande et sa garde rapprochée, pourtant, ne montèrent aucun signe de surprise.

Tous se turent, tandis que les vagues n’eurent de cesse de s’écraser contre la coque, ballottant la Hourque comme une vulgaire feuille.

« Tenez le cap ! » s’écria le Capitaine.

Et tous s’exécutèrent.

Tempête


Un rideau d’eau s’abattait sur le pont. Le ciel n’était plus qu’un déchaînement de nuages défilant vers l’Ouest, déversant leurs flots sur cette Hourque engagée sur une route bien risquée pour elle.

La houle rendit malade même les plus résistants des marchands. Seuls les marins résistèrent encore à ses affres, les marins et cette marchande, dont rien ne sembla perturber la sérénité. Tel un phare à travers la pénombre, elle s’était installée dans la cabine du Capitaine, dont les portes ouvertes avaient aussi accueilli quelques invités d’importances, invité par elle-même. C’était le cas de votre personne. Sobrement bâtit, elle ne disposait que de trois fauteuils, d’un bureau, de quelques armoires et d’une couchette. L’homme se contentait de peu, car la mer était sa maison et le ciel son toit.

Les grognements raisonnèrent. Nombreux furent ceux qui auraient désiré se vider de leur repas, si celui-ci n’était pas déjà passé par-dessus bord quelques heures plus tôt. Il ne restait dans leur estomac plus rien qui ne puisse être rejeté.

Le capitaine entra, accompagné de son second. Ses pas raisonnèrent sur le bois meurtri par les flots, dont les craquements incessants s’étaient transformés en véritable cri de souffrance. Là, arrivé au milieu, il s’arrêta, puis la toisa du regard.

« Nous devons faire demi-tour. La tempête est trop forte, les voiles ne résisteront pas. »

La Marchande sourit.

« Allons capitaine, quelques morceaux de tissus sont un bien maigre prix à payer pour arriver à bon port… »

« Il suffit ! Vous ne savez rien de cette mer ! Rien de ses dangers ! » S’écria-t-il.

« Je ne vous croyais pas assez faible pour être ainsi effrayé par une tempête, Capitaine. »

« Il n’est pas question de faiblesse ! Quelque chose rode sous ces eaux. Nous devons faire demi-tour ! »

« Ainsi vous croyez aux mythes ? Vous ne cessez de me décevoir davantage, Capitaine. Peut-être que votre second a lui les idées plus claires. Peut-être serait-il plus à même de diriger mon navire que vous. »

SynthèseLes propos de Kazunaga font mouches. Le navire continue donc sa route, malgré la réticence de son Capitaine.

Mais cette route ne cesse de se dégrader. Un nouveau duel oppose le Capitaine et la Marchande. Cette dernière le menace de le relever de ses fonctions et de confier le commandement à son second, mais le capitaine exprime là son inquiétude à s’entêter ainsi sur cette route. Seuls les dieux savent si ce risque payera.
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Kobayashi Kazunaga
Kobayashi Kazunaga

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Sam 17 Sep 2022 - 20:32


Après s’être totalement emparée du pouvoir sur le navire, la Marchande commença à prendre ses aises d’une façon qui parut peu coutumière au mercenaire du Pays des Neiges. Sûrement que cette gouaille naturelle, cet aplomb remarquable face à toute forme d’adversité, était la rare qualité qui lui avait permis de briller dans son négoce. Ainsi ses parures d’or paraissaient être des reflets méritoires traduisant sa capacité à asseoir son autorité, à se faire entendre par ses convives, à exaucer tous ses caprices. Plus que de l’admiration, c’est de la jalousie qui habitât le cœur du tueur venu des hivers éternels.

Alors, balloté par les flots, il la surveilla du coin de l’œil. En apparence serein, Kazunaga tenta de taire ses plus sensibles tourments. Il n’aimait guère les individus trop confiants, trop assurés de leurs avances, trop impérialistes ou arbitraires. Les avares et les opportunistes n’évoluent qu’en temps de crise et l’exemple de cette mutinerie en fut la preuve parfaite. Pour avoir su sabrer l’autorité du maître-à-bord, elle devait aussi savoir se débarrasser de ce qui lui faisait obstacle. Méfiance, donc.

Méfiance aussi de cet incessant ballot des flots qui tempêtaient sous eux. Le cœur pourtant bien accroché, Kazunaga sut triompher de sa zone d’inconfort dans les premiers temps en se faisant à l’idée que ça passerait ; mais le remous n’avait fait qu’empirer, et puis le navire s’était mis à tanguer de plus en plus intensément. Il n’avait eu finalement d’autre choix que de se rabattre sur la plus vieille addiction du monde.
Et puis, ça lui permît d’exorciser ses angoisses. Son fils lui manquait. Plus le temps passait, et plus l’inquiétude gangrénait son esprit.

Quand le Capitaine fit irruption dans sa propre cabine occupée par ses persécuteurs, le mercenaire venu des îles enneigées était déjà presque saoul. Pendant les paroles échangées entre la Marchande et celui qui ne cessa d’alerter sur l’urgence de la situation et le caractère critique de cette expédition, il s’affala sur son fauteuil, grisé par le breuvage qui avait égayé ses heures perdues.
Les yeux dans le vague, il ne trouva pas la paix, car l’échange entre la Marchande et le Capitaine tonna près de ses oreilles. Comment trouver la quiétude avec ces deux corneilles jetant de la tension dans toute la cabine ?
Bientôt l’agacement rongea les barrières déjà érodées de sa dangereuse impatience.

« Fermez vos clapets, tous les deux. Et qu’on avance. »

Les mots sortirent sans retenue, et fustigèrent ses interlocuteurs avec force désinvolture. Il remarqua trop tard, sans doute aux faciès que lui tournèrent ces brailleurs et à la métamorphose de leurs expressions faciales, l’audace et la grossièreté de ses propres paroles. L’ivresse a le défaut de trahir parfois les plus secrètes pensées des hommes.
Hélas, le mal était fait. Alors le tueur pâle se ressaisît, lutta contre les brumes de l’ébriété pour se redresser sur son assise et avec une vigueur renouvelée, posa sa main droite sur l’accoudoir de son fauteuil en laissant voler sa senestre pour accompagner la sauvegarde de sa dignité.

« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Vous braverez ces flots vaille que vaille, si vous voulez qu’on vous respecte pour ce que vous êtes : Capitaine. »

Ce fut donc à son tour de devenir incisif, sans se gêner pour remettre en question l'expertise de ce grand navigateur trop soucieux et pas assez rapide à son goût.
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Mar 25 Oct 2022 - 15:52
La première à réagir fut la Marchande. Un regard noir tourné vers celui qui osait ainsi lui parler, elle ne relança pas l'invective puisque si le rustre ne savait s'adresser à qui lui était supérieur, il avait la décence d'aller dans son sens.

Le second, quant à lui, grogna, grommela. Le regard tourné vers les abysses, il semblait y voir ce que nul autre sur le navire qui tranchait les vagues n'était capable d'y détecter. Pour autant, il ne dévia pas de son cap. Le Wilbur tenait pour l'heure face aux assauts de la mer qui ne se montrait guère accueillante. Pour autant, quiconque avait déjà traversé ces mers savait à quoi s'attendre et ce climat n'avait rien d'inhabituel pour les timoniers expérimentés.

Ce fut sans doute le dernier argument, celui de l'égo, qui fit le plus mouche à en croire l'air ronchon du bonhomme qui céda ainsi aux requêtes de ses passagers particulièrement demandants.

« On continue vers Mizu... Mais restez tous sur vos gardes, qu'on ne me reproche pas de vous avoir prévenu. Et vous, si vous savez faire quelque chose autre que vous mêler de ce qui ne vous regarde pas, alors trouvez un moyen de s'assurer qu'IL ne nous tombe pas dessus. » grogna le Capitaine, meurtri dans sa propre estime.

La Marchande, qui avait gardé le silence, ne put s'empêcher de pouffer de rire, une de ses mains parfaitement blanches venant masquer ses lèvres.

« Encore ces sottises. Votre superstition à au moins le dos de nous divertir dans ce chaos ! »

Bien trop rationnelle pour croire dans ce que voyait le marin expérimenté dans les déferlantes qui s'enchaînaient, la femme soupira.

« Bien, maintenant que cette histoire est réglée, je m'en vais me reposer dans mes quartiers. Toi, là, tu viendras me prévenir de notre arrivée prochaine. »

Elle avait désigné un matelot. L'air gêné, le bougre hocha la tête. Il n'avait d'autre choix que d'obtempérer.

Pendant ce temps, le mât grinçait, les voiles frappaient l'air à chaque bourrasque, claquant dans le vide. La pluie battait son plein, s'écrasait sur le pont, le lavait avec l'aide des vagues qui se fracassaient sur les flancs du navire. Au loin, les premiers éclairs zébraient le ciel, leur grondement n'atteignait pourtant pas encore l'intrépide rafiot.

Le regard de nouveau planté vers les profondeurs de ces eaux, le Capitaine avançait, méfiant, un air de crainte à demi camouflée planant sur son visage.

Était-il paranoïaque ou fin connaisseur ? Seul le futur vous le dirait.

SynthèseLes propos de Kazunaga font une nouvelle fois oeuvre de décret. Le navire avance encore, malgré les doutes grandissants de votre navigateur.

À nouveau, le navire avance suite à l'échange qui se conclut par la victoire de la Marchande grâce à l'intervention de Kazunaga. Satisfaite, elle retourne dans ses quartiers pendant que le navigateur fait une étrange requête au shinobi sous les moqueries de la femme.

Cèdera-t-il ou choisira-t-il de ne pas s'abandonner au doute comme le craintif capitaine ?
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Kobayashi Kazunaga
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Mar 1 Nov 2022 - 10:11


Lorsque la situation s’apaisa, le blafard yukijin tourna ses prunelles vers les eaux courroucées. La tempête secouait le navire comme une poupée de chiffon, à tel point que tous eurent à un moment quelques doutes sur la rusticité de la coque. Mais heureusement pour eux, la hourque était un bâtiment solide ; lent, certes, mais solide. Kazunaga ne savait précisément si c’était à son avantage ou non ; à dire vrai, il aurait aimé quelque chose de plus véloce. Au demeurant, il se félicitait d’avoir saisi l’aubaine d’un trajet direct vers l’archipel souhaitée, quitte à se faire un ennemi.
On se contente souvent de ce qu’on a.

La halte à Johêki no kuni esquivée, le mercenaire commença à envisager son débarquement sur l’archipel. Il savait de longue date qu’il existait autant de Seigneurs que d’îles dans ces terres satellites, toutes séparées par les bras de la mer. Chaque île possédait sa culture propre, ses ambitions secrètes, son patois local, ses spécialités culinaires, sa doxa personnelle. Pareil à un patchwork, on pouvait voir et sentir l’âme de chacune d’elle. Le métèque ne s’y trompait pas néanmoins : en bon yukijin, il pouvait tantôt être le bienvenu, tantôt provoquer l’hostilité d’un peuple. Aussi se garda-t-il, même sur le bâtiment qui continuait de fendre les eaux, de révéler son origine.
Au moment où il voulait s’éclipser pour étudier la topographie de Mizu, il remarqua que le Capitaine dépossédé de son autorité lorgnait sur le tumulte de la houle, l’inquiétude gangrénant ses pensées. Kazunaga s’approcha de lui, non pour le réconforter, mais pour le surveiller.
N’étant pas navigateur, il voulut s’assurer que l’homme ne se jouait pas d’eux.

« Capitaine. »

Ce fut une façon d’intercéder en sa faveur, cette fois, aussi fortuite fut sa présence tandis qu’il épiait le mouvement des vagues. La Capitaine comprendrait sans nul doute que la remarque ferait écho à son précédent propos, et si le mercenaire le nomma ainsi, c’était pour lui redonner l’honneur qui lui était dû.

« J’ai connu beaucoup d’hommes dans mon parcours. De valeureux personnages originaires de différentes contrées, tous avec leurs caractéristiques singulières et des doctrines différentes ; les cultures se bousculent dans le Yuukan, au moins autant que les légendes.
Mais à la différence des légendes, ces personnages illustres, on les rencontre. Sûr qu’on raconte beaucoup de choses sur ces mers, Capitaine. La rumeur prétend même que le voyage jusqu’à Mizu no kuni est le plus périlleux de tous.
La réalité est toute autre.
»


Les mythes, il n’y croyait pas fondamentalement. Pour n’avoir jamais vu de Dieu en personne, Kazunaga avait une vision tronquée des choses ; au final, à ses yeux, rien n’était plus prédateur pour l’homme que l’homme lui-même.

« Il y a pourtant un danger réel, mais il n’est pas pour nous. Sur l’Archipel de Mizu no kuni, une sombre confrérie s’est emparée d’un enfant d’une dizaine d’années. Son sort m’est inconnu, Capitaine, mais je puis vous assurer qu’il court de plus graves périls que nous autres.
Cet enfant, mon cher, je dois le sauver. Alors ne vacillez pas derrière des racontars, je vous prie : foncez, brisez la houle et que votre hourque arrive à quai au plus tôt. Plus vite nous y serons, plus vite serons-nous épargnés des dangers qui nous pèsent.
»


Un raisonnement pragmatique et peu stratégique, pour sûr, mais qui lui paraissait bien correspondre à la situation.
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Mer 2 Nov 2022 - 18:17
La tempête battait son plein. Chaque déferlante venait faire tanguer le bateau, mettait les voiles et les cordages à rude épreuve. Mais le Wilbur tenait bon, fendait les montagnes d'eau qui l'entouraient, traçait sa route au milieu de ce cauchemar éveillé. Sous les ordres du Capitaine expérimenté qui avait encaissé d'un air agacé les réprimandes et surtout qui était toujours inquiet, l'équipage se démenait pour ranger et redéployer les voiles selon les moments changeants afin d'éviter de les voir se percer et ainsi de se retrouver immobilisés au milieu de l'océan.

Sans relâche, ils firent de leur mieux, sur un pont lavé par les flots du ciel et de la mer, le groupe habitué à travailler ensemble même dans les pires conditions parvenait à continuer de vous faireavancer vers votre but. Mais suite à une déferlante particulièrement énorme qui manqua de faire tomber sur le côté votre embarcation, les premiers cris résonnèrent dans le vent et la tempête qui faisait rage ne suffisait pas à cacher la peur qui s'y propageait.

Le Capitaine, à la barre, regarda dans la même direction que les matelots. La terreur s'y retrouvait, celle qu'il craignait. Celle qu'il avait voulu éviter et que ces crétins de passagers l'avaient forcé à braver.

Une ombre immense s'approcha du navire. Passa sous lui. Puis plus rien. Un silence pesant écrasa le pont du Wilbur. L'attente était atroce.

« Je vous l'avais dit... Aaah... Pourquoi toujours être si pressé... Pourquoi ne pouvez-vous pas écouter ceux qui savent... Aaah... » se lamenta l'homme à la barre.

Au milieu de la pluie qui battait le pont, alors que tous les matelots avaient bloqué leur respiration dans l'espoir que la Bête ne surgirait pas, la réponse vint soudainement. Glaçante. Le verdict était sans appel.

Au dessus de la rambarde de babord s'éleva soudainement un immense tentacule qui s'abbatit sur le pont la seconde d'après. Le matelot qui s'y tenait eu tout juste le temps de se jeter sur le côté pour éviter d'être écrasé.

Le Kraken était là, les tentacules apparaissaient tout autour du navire. Un choc se fit sentir contre la coque, celui de la créature qui s'amarrait de force à l'embarcation des malheureux qui avaient croisé son chemin.

Un second, un troisième, un quatrième tentacule s'abattirent sur le pont. Et la première victime qui ne sût réagir à temps perdit la vie sur le champ dans un craquement sinistre, celui de ses vertèbres écrasées contre le bois lavé par des trombes d'eau qui ne cessaient de chûter.

La surprise de l'assaut où tout s'était passé en une poignée de secondes passées place à la stupeur chez l'équipage. Alors que Kazunaga était proche du Capitaine qui tentait de garder le cap tant bien que mal, peu certain que ça ait une réelle importance en cet instant, un tentacule fit mine de s'abattre sur eux. S'écarter signifiait le laisser briser la barre et perdre toute chance de pouvoir se diriger si le navire survivait à l'assaut... Mais peut-être les barques de sauvetage que certains matelots commençaient à tenter de baisser était une meilleure échappatoire à ce chaos ?

Synthèse:
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Kobayashi Kazunaga
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Dim 27 Nov 2022 - 21:37


En l’espace de quelques heures seulement, le sort s’abattit sur eux. Après s’être noirci de nuages, le ciel ne fut bientôt plus qu’oripeaux sombres parés à se déverser sur eux. L’averse devint rapidement tempête, et les flots répondirent à l’appel du ciel à travers un furieux ballet de vagues colossales.
Au milieu du chaos marin, Kazunaga décida d’épauler le malheureux à la tête du navire et sa confiance ébranlée. Pour lutter contre le courant, il fallait une technique que seul un virtuose pouvait avoir : anticiper le louvoiement des houles, briser le caractère sacré de la vague en choisissant un combat frontal ou une esquive perpendiculaire, et mener les hommes pendant le déchaînement des forces de la profondeur.
Seul un Capitaine, bras ferme sur le gouvernail, pouvait faire cela. A la tête de sa hourque, l’homme décida de mener cette lutte sans perdre espoir. La hourque fit sa cavalcade sur les torrents, défia la colère océanique et traça à travers les assauts menés contre sa coque. Gaillarde et robuste, elle continua ce périlleux périple même malmenée par les rafales venues du ciel et du dessous.
Mais lorsque glissa sous eux une terreur toute droit sortie des abysses, l’espoir abandonna les hommes.

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Des tentacules colossaux jaillirent des flots et secouèrent la lourde embarcation. Ne pouvant guère disputer le monstre de vitesse à cause de la lenteur du bâtiment, les matelots comprirent que les dernières chances de survie tenaient aux barques de sauvetage. Kazunaga roula ses yeux ambrés en direction des fuyards et des pleutres qui abandonnèrent lâchement la bataille. Les tentacules mortels prirent vite leur dîme de carnage parmi les fugitifs et les quelques enhardis qui tentèrent de lutter jusqu’au bout, tant et si bien que le reliquat des voyageurs se clairsema. Aux abois, le Capitaine vit ses compagnons de mer disparaître sous ses yeux larmoyants : leurs squelettes fracassés, les bouches édentées, leur silhouette embrochée sur les poutres brisées, tout devint un cauchemar terrible.
L’angoisse gagna tous les cœurs. Ceux des matelots comme ceux des itinérants ; ceux du commun des mortels, et celui de Kazunaga. Son palpitant tonnait comme un tambour en résonnant jusqu’à ses tempes qui gonflèrent tandis que la gravité commença à leur jouer des tours, le monstre ayant décidé de faire chanceler leur sol d’un côté vers l’autre. C’était terrifiant. La peur s’insinua en vite trop vite pour qu’il sache quoi faire dans l’immédiat : il regarda les corps meurtris que les appendices tabassèrent devant ses yeux écarquillés, puis il comprit qu’il vivait peut-être un de ses derniers instants. Un de ces appendices s’éleva au-dessus d’eux avec le poids d’une menace si lourde que la situation devint critique.

Il n’avait plus le choix.

« Ne vous découragez pas, Capitaine ! Dans la pire des situations, vous avez le meilleur des hommes à vos côtés ! »

Il cria ces mots pour dépasser le tumulte alentour : celui des vents déchaînés, celui des tentacules qui s’effondraient sur le navire, celui de l’orage qui grondait, celui de la houle qui crachait son fiel et celui des hommes qui hurlaient de frayeur pour accompagner ce concert tragique. Kazunaga n’était pas véritablement confiant durant ce moment fatidique, et il osa la bravade sans vraiment y croire peut-être pour se redonner du courage. Certes inquiété par le danger prédateur qui rôdait autour de lui sous forme de tentacules gigantesques, il se mentît à lui-même pour tenter de se convaincre qu’il ne mourrait pas ici. Il ne pouvait pas se le permettre : pas avant d’avoir retrouvé son héritier.
Alors il dressa sa dextre comme s’il défiait les dieux et un éclair zébra le ciel. Aussitôt des tissus noirs s’évadèrent de son corps par colonies entières et remplirent l’espace face à lui pour former à leur tour un autre monstre gigantesque serti de deux cornes pareilles à celles d’un mammouth, et le crâne maudit de cette funeste création chargea tout droit vers le danger qui le toisait depuis la cime des mâts dressés contre la tempête.

« Notre navire ne tombera pas sans combattre. »

En se fracassant contre le tentacule dressé, les milliers de filaments composant le corps de Kazunaga firent reculer l’assaut en lui disputant sa force grâce à l’effet de surprise. Ce n’était là cependant qu’une trêve illusoire, car sans être détruit le tentacule reviendrait certainement à l’attaque et peut-être avec plus de hardiesse encore pour s’assurer que la proie cède.
En rappelant toutes ses hordes de filaments, Kazunaga fit quelques moulinets des deux bras et ses mains retournèrent sous ses manches, pareilles à des serpents rétractés dans leur niche. Il ne se soucia guère des yeux sans doute ébahis du Capitaine qui découvrit à cet instant quel genre de spécimen repoussant il avait accepté sur son bâtiment, mais il ne douta guère de l’aubaine qu’il représentait en personne pour ce malheureux tout occupé à corriger les erreurs de la riche marchande l’ayant obligé à se soumettre. Le lourd plafond orageux continuait de noircir l’horizon de leur avenir promis aux enfers. Le méphitique Yukijin porta son regard au loin comme si tout le dirigeait vers le chaos.
A la fin, le malheur le rattrapait toujours. Il fallait qu’il perde ses proches un par un comme si le destin lui refusait la paix ; celle qu’il escomptait obtenir un jour, celle qu’on lui dérobait à chaque fois. Soit qu’il s’agisse de son infortune, soit qu’il s’agisse de ses propres pulsions : tout le propulsait dans une tourmente infinie.

Ironiquement, c’est dans ces moments qu’il était le meilleur des hommes. Profitant de la trêve provisoire, il ignora le remue-ménage des matelots passés au branlebas de combat pour lutter contre le carnage de la créature abyssale afin de se rapprocher des rambardes du pavillon. Dos aux océans, il adressa un dernier regard au Capitaine encore éperonné à son gouvernail, bataillant sans cesse contre les flots enragés.

« Vous m’avez fait une faveur en vous refusant au détour qui devait nous mener vers Jôheki no Kuni et je suis homme à payer ses dettes. Tenez votre cap. Survivez. Nous nous retrouverons sur l’Archipel de Mizu no Kuni d’ici peu, le temps que je vous libère la voie. Ne perdez pas trop de vos richesses durant votre fuite ; même s'il est question d'honneur, mon prix est élevé. »

Puis il se renversa vers l’arrière et son corps bascula par-dessus la rambarde, plongeant vers les dangereuses profondeurs. Ce qu’il fit ne fut pas anodin : aux petites gens les petites gloires, aux grands les triomphes. Il se mesura au plus grand des périls en écartant ses bras autour de lui, et son corps modeste et ridicule face à la silhouette gigantesque du monstre marin s’incarna comme une bombe à retardement prête à déchirer la chair du goliath dissimulé dans le monde du dessous.
De sa bouche jaillirent des bulles d’air alors qu’une vague l’avala tout entier pendant qu’il essayait d’incanter un sort. Aucun son ne sortît, mais cela ne changeait rien à sa maîtrise des plaines liquides séparant les continents. Il se hissa par-dessus le courant qui l’avait avalé en insufflant une grande quantité de chakra dans ses membres afin de s’empêcher de couler : là, debout sur la surface d’un océan enragé, il rassembla toute son énergie pour conjurer le destin et d’un geste brave, poussé par l’adrénaline de l’instant, il plongea ses deux bras et sa tête sous la surface tumultueuse.

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La masse sombre dansait sous lui, mais déjà les courants vinrent de tous les côtés pour l’emprisonner. Les eaux étaient ses alliées de longue date, et sa maîtrise du domaine aqueux était telle qu’il ne craignait pas d’être otage de la colère des océans. Il puisa même dans la force de ces derniers pour faire naître des courants assez puissants pour paralyser le dantesque spécimen tapi sous la surface depuis l’aube des temps.
Ce petit bout d’homme pouvait-il seulement contenir la colère de l’antique monstre des mers ?

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