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Aux prémices de Wasure [PV : Byakuren Yume]

Sendai Yahiko
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Mar 9 Aoû 2022 - 18:01

Ses semelles faisaient rouler les pierres sous leur poids, rompant le silence qui régnait sur les terres montagneuses de Tsuchi no Kuni. Vers la frontière qu'il venait de dépasser, le paysage semblait si restreint que les montagnes paraissaient imposer aux voyageurs la nécessité de se faufiler dangereusement entre elles, comme si leurs roches étaient tentées de s'effondrer sur le sommet de leur crâne. Comme si elles les défiaient d'y arriver.

Cela faisait plusieurs jours que le Deuxième errait seul, qu'il avait tenté durement de ne croiser la moindre âme errante. Plus que leur pouvoir respectif, les informations qu'ils étaient capables de donner au monde – et plus précisément à l'Empire – pouvaient représenter une réelle menace pour l'équilibre de la Coalition ; plus encore pour la sienne. Habillé sous ces vêtements aux tendances aristocrates, dont le visage se camouflait inutilement d'un chapeau qui complétait le genre, c'étaient ses yeux qui se baladaient vivement sur l'ensemble de la structure naturelle qui l'entourait, à la recherche de la moindre activité humaine.

Car en limitant les interactions il limitait les échanges, et en limitant les échanges il limitait les risques.

Ceux qui pouvaient ruiner son ambition première : retrouver sa place dans les entrailles du Yuukan.


Ses iris suivirent la trace des mots de la Princesse, sur la lettre qu'il avait maintenu en état dans sa sacoche shinobi et qu'il venait de déplier d'une main. Il peinait à se rappeler de chacun des détails, jusqu'à ce qu'il ne se décide à se servir de la lettre comme d'une carte, accompagnant ses prunelles qui visitaient le paysage à la recherche des signes distinctifs.

Jusqu'à ce qu'ils ne se posent sur le premier de tout indice. Le mont aux neiges éternelles.

Le fleuve s'écoulait sur ses flancs comme dans la description ; il ne lui manquait qu'à le remonter jusqu'au fameux temple.


Aux alentours, rien ne semblait appeler au chakra. Il n'y avait que cette silhouette, qu'il connaissait sûrement, qui devait l'attendre au sein de ce temple qu'il avait également repéré.

Ses jambes forçaient sur leurs muscles pour pousser ce corps vers son entrée. Ses bras l'aidaient à s'équilibrer sur ces appuis si incertains. Son corps reprit une apparence naturelle, faisant disparaître tous ces artifices pour ne laisser paraître que le costume qui l'habillait habituellement, réaffichant ses cheveux mi-longs argentés et ses iris foudroyants de clarté. Cela faisait alors longtemps qu'il n'avait pu s'exhiber comme tel auprès de quelqu'un, dans un naturel dépourvu de tout jugement.

Il franchit la porte du temple, se déchaussant pour l'occasion. Sans même encore apercevoir celle qui l'attendait.



« Princesse Yume ? », s'annonça t'il.

Calme comme s'il était persuadé de ne rien risquer ; là était peut-être l'origine de sa chute.



@Byakuren Yume

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Dernière édition par Sendai Yahiko le Mer 10 Aoû 2022 - 15:52, édité 1 fois
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Byakuren Yume
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Mar 9 Aoû 2022 - 19:37

Aux prémices de Wasure


Ce n’est qu’en t’agenouillant devant la modeste statue de tortue que tu te rends compte à quel point tu priais peu. C’était même plus souvent l’inverse : on vous priait et vénérait jadis comme des êtres envoyés des cieux, divins. Aujourd’hui, cette dévotion était mitigée, ou du moins, elle ne t’atteignait plus directement. C’est en enfouissant tes mains glacées sous ta cape que tu romps définitivement avec cette idéologie. Vous n’aviez de divin que la prestance; et les dieux savaient à quel point le paraître avait un rôle dangereux.

C’est donc à contre courant que tes genoux se salissent sur un sol qui n’était entretenu que par les errances de chacun. Tes paupières se ferment pour laisser toute la place à ton esprit d’imager ce que tu voulais vraiment. Appelait-on cela des prières ? Des commandements ? Des rêves ? Tu te perdais facilement entre leurs frontières qui ne se jouent parfois qu’à des détails.

Le temple n’avait rien de glorieux, rien d’éminent, mais il dégageait pourtant une puissante énergie qui avait le mérite de conforter ceux qui se perdaient. Petite, tu venais ici en compagnie de ta soeur, qui aimait se dérober au regard de votre père pour te faire découvrir des horizons qui allaient au delà de ceux qui étaient voués à être les tiens pour l’éternité.

C’est elle qui avait eu l’idée de bâtir la résidence dans cet endroit perdu au milieu de rien. Elle qui avait tant besoin de s’évader; elle qui menait aussi… un forme de double vie.

Le sol craque tendrement, comme si lui même ne voulait pas te brusquer dans ta méditation. Une voix tantôt familière tantôt lointaine s’élève, t’appelle par un titre de noblesse que tu ne représente officiellement plus vraiment.

- Juste Yume…

Ton corps s’était retourné d’un léger jeu de jambes et penchait désormais ton buste pour le saluer dans La manière.

- Peut-on se tutoyer, Yahiko ?

Par ta demande, tu prenais d’ores et déjà les devants pour asseoir votre relation. Vous devriez être camarades pour initier cette croisade. Amis, pour la mener à bien. Frère et soeur, pour en comprendre le sens. Ton regard décrit finalement son visage; il avait changé sous bien des angles. Quelque part, tu sentais le poids de son histoire via ses prunelles, mais tu refusais de t’y introduire sans qu’il ne l’explique de lui même.



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Mer 10 Aoû 2022 - 18:52
Le froid mordait légèrement la pulpe de la plante de ses pieds alors qu'il les déposait tendrement sur le sol. Ses chaussures, laissées en arrière, alignées et correctement rangées contre une petite marche en bois, se virent éloignées petit à petit de sa silhouette qui arpentait un couloir aux couleurs typiques des temples japonais. Son interrogation n'eut pas trouvé qu'une réponse ; elle trouva le lieu de celle qui l'avait convié à la rejoindre. L'une de ses héroïnes qui croyaient encore en sa bonté, au moment où l'histoire du Yuukan tendait à croire qu'il déséquilibrait sa tranquillité. L'une des rares personnes qui souhaitait s'émanciper de ses chaînes pour mieux embrasser la vie, comme si son statut l'avait privé de l'essentiel.

Ils se ressemblaient.



Un fin sourire déchira son visage, pour l'une des rares fois depuis ces derniers jours.

« Si tu me le permets, alors soit. »

Amusant était l'Homme qui, ayant auparavant dirigé un Empire et un Pays, continuait de s'agenouiller devant des titres de noblesse. Côtoyant l'illogisme tant il venait pourtant, quelques jours auparavant, de tutoyer l'actuel Yondaime Raikage, le secret devait résider dans la relation qu'il souhaitait vouloir tisser avec son interlocuteur. Car si Raizen était après tout l'un de ses anciens camarades de Kumo, n'importe quel autre dirigeant pouvait se voir sollicité sous un vouvoiement, si toutefois le Deuxième adoptait une posture bien particulière ; celle d'une diplomatie au service d'un bénéfice.

Une fois qu'il eu traversé la porte, il put la dévisager à son tour une première fois. Ses traits n'avaient pas changé, et difficile était-il pour lui de pouvoir en juger à son regard. Il ne l'avait que trop peu vu.

Il ne pouvait retenir que cette allergie à sa fonction, que cette volonté de tisser un lien simple et dépourvu de tout excès.

Son dos se courba également légèrement en avant, accompagné de ses bras longeant le long de ses hanches jusqu'à perdre leurs mains tendus jusqu'à la mi-cuisse.

« Permets moi également de t'être reconnaissant. Tes paroles reflètent sûrement ton grand désir de rendre à Wasure la liberté qui leur a été volé, comme elles reflètent sûrement la passion que tu mets dans la réalisation de tous tes projets. Mais elles font bien plus que cela. Elles croient en moi, en cette période qui m'est difficile. »

Ses jambes se fléchirent, l'une après l'autre, le déposant sur ses genoux.



« Merci. Du plus profond de mon coeur. Même si cela n'est que passager, même si tu ne souhaites pas prendre le moindre parti. »

Peut-être était-ce là le karma pour avoir aidé à la sauver, il y avait de ça plusieurs mois.

Il maintint sa position. La rencontre ne se voulait pas encore dynamique ; il était l'heure d'échanger quelques informations.

« Comme je te l'ai auparavant partagé par lettre, je suis prêt à te prendre sous mon aile en échange. Mais avant tout, quelles sont les choses que tu as besoin de savoir ou de me partager ? Je suis persuadé que notre nouvelle rencontre ne saurait s'effectuer correctement sans de convenables prémices. Tu n'es pas ici pour rien, après tout. Quelles sont tes attentes ? Quels sont les projets que tu souhaites mener et qui me concernent ? En quoi puis-je t'être utile ? »

De nombreux dés étaient jetés, mais ils n'attendaient qu'un seul fil rouge. Celui de ses ambitions.

Celui de ses attentes les plus claires et définies.


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Jeu 11 Aoû 2022 - 17:13

Aux prémices de Wasure


Il avait accédé à ta requête sans douter, inversant presque même vos statuts; Il n’avait pas plus besoin de ta permission que toi de la sienne. Son salut est pur, presque aussi rigoureux que celui des nobles. Il s’enferme ensuite dans une suite élogieuse à ton propos. Par rapport à Wasure, par rapport à lui. Cela te fait lever un regard plus sage sur l’état actuel de son coeur : Il était blessé, d’une certaine manière, d’avoir à endosser un rôle que le Yuukan entier lui donnait. Mais devant toi; ces rumeurs ne vaudraient rien. Il le savait.

- Ce n’est pas toi qui doit me remercier Yahiko, tu as répondu à mon appel, pas l’inverse.

Une vérité qu’il aurait peut-être du mal à entendre, car trop habitué aux jugements de ce monde, à cette hiérarchie bancale et toxique. Tout cela te fatiguait; la politique était remplie de vices et mettait aujourd’hui à genou quelqu’un.. que tu pensais bon.

- Ton asile sera le mien aussi.. Tu vois, j’ai du mal à me retrouver dans notre Yuukan actuel. J’aime à croire que nos frontières nous affaiblissent plus qu’elles nous protègent. Le cycle de la haine a trop longtemps enlevé plus qu’il n’a apporté. Nos statuts politiques en ce jour… ne font plus de sens.

A ces aveux, tes prunelles s’élèvent délicatement et observent un filet de ciel que la structure du temple laissait visible.

- Je me dis que peut-être pour préserver notre futur, nous devrions déjà songer à réparer le passé. Et ça vaut pour toi, comme pour Wasure.

Tu fais le lien entre le statut damné du déserteur et d’un peuple oublié. Les deux sont laissés à eux-mêmes pour faire face à leurs propres démons.

- Connais-tu l’art du Kintsugi, Yahiko ?

Tes paumes sortent d’un recoin ombragé, tout un service à thé dont l’aspect parlait de lui même. Composés d’éclats, la surface de chaque pièce avait été reformée à l’aide d’un or liquide qui servait de liant entre les brisures. Le rendu était d’une délicatesse sans nom, et faisait surtout preuve d’une grande résilience. Ce service était la preuve vivante qu’on pouvait tirer le meilleur de ses blessures. Il démontrait aussi qu’on osait mélanger l’alliage le plus précieux de ce monde à une pièce brisée; parce qu’elle le méritait. Vous étiez tout deux des pièces de ce service, à votre manière.

- C’était le service à thé préféré de ma soeur. Mais pas quand il était encore intact. Elle l’a réparé avec tant de soin qu’aujourd’hui; il est tout ce qu’elle était. Soigneuse, attentionnée, amoureuse.

En parler faire naître un sourire triste sur ton visage. Tu n’avais jamais vraiment su ce qui l’avait happée de ce monde; mais une chose était certaine : sa morte n’avait rien eu de naturel. Alors c’est tout ce qui te reste d’elle, ce cocon niché dans les terres cachées; et un service laissé à disposition des errants pour leurs offrandes.

- Voilà ce que j’espère pour nous deux, pour Wasure. Que nos brisures soient pansées; qu’elles servent à réveiller le meilleur de nous même, d’eux.

Délicatement, tu rends le service à la divinité qui veillait sur vous.

- Le Yuukan est une céramique en morceaux, et nous en sommes les liants, l’or qui pourra souder leurs accros. Mais pour ça, nous avons besoin de montrer l’exemple, d’unifier les divergences sous un même but. Un ancien empereur traqué, une princesse sans noblesse et qui sais-je d’autre, nous pouvons montrer que nous savons faire fit de tout cela. Parce que la quête est l’unique chose qui importe désormais.

Ton voeu de sagesse se noie dans le silence. Tu savais qu’il comprendrait cette métaphore, puisqu’elle faisait autant écho à son passé qu’à celui du pays que tu voulais rebâtir.



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Jeu 11 Aoû 2022 - 19:07


Son esprit semblait caressé par la candeur de ses mots. Combien de temps cela faisait-il, qu'il ne s'était pas contenté d'apaiser son esprit sous les paroles d'une âme bienveillante certes, mais surtout déconnectée de tous ces conflits ? Avait-il bien eu Hanae, Medyûsa, Ayuu ou Kenzo à ses côtés – et bien heureusement, mais jamais n'avait-il reçu la moindre parole pacifique, attentive et aimable une fois éloigné de son cercle proche. La Byakuren se voulait presque être libératrice de toutes ces chaînes de haine ; elle était cohérente avec ses projets pour le Yuukan et lui n'en ferait pas exception.

Son passé, ses erreurs, ses tentatives comme ses peines, aucune trace de son passé ne viendrait ternir ses ambitions futures. Il n'était qu'un homme, ancré dans le présent, qui voulait agir pour la paix.

Il s'agissait alors de là d'un paris bien risqué tant il était irréfléchi, tant le Sendai savait bien qu'il était important de connaître un Shinobi avant de pouvoir lui accorder la moindre bribe de confiance, mais la Princesse qui n'en désirait le nom semblait être persuadée qu'elle ne pouvait se tromper.

Et à ce moment là, il ne voulait que le lui assurer en le lui répétant des centaines de fois.

« Non, je ne le connais pas. », lui répondit-il en lui accordant sa plus grande curiosité.

L'art qu'elle lui partageait était unique, comme il était symbolique et séduisant. Le parallèle qu'elle s'amusait à faire, et qui illustrait de manière amusante et poétique le dessin du Yuukan qu'elle lui croquait, lui était touchant car il accompagnait également ses paroles unificatrices. Le Sendai ne pouvait que s'accorder avec ses descriptions. Il savait le monde bien plus complexe que la manière avec laquelle il l'envisageait, si bien qu'il savait qu'il ne pourrait subvenir à ses ambitions en s'accrochant à de tels instincts pacifiques, mais il consonait avec son interlocutrice sur ces sujets. Qu'il s'agisse de leur libération ou surtout de celle de Wasure, il était important de faire fî du passé...

En tout cas pour lui, jusqu'à ce qu'il ne vienne à remettre un pied sur l'échafaud flamboyant de l'Empire.

Car c'était ce dont le Yuukan avait besoin, au delà de toute la haine qu'il pourrait recevoir. Comme si son sacrifice était nécessaire.

« Ce service est vraiment magnifique. Ta sœur était douée. »

De ses mots, il comprit rapidement que sa sœur devait appartenir au passé. Cette mélancolie qui semblait naître sur son visage ne trompait pas, comme l'emploi du passé auquel elle venait de s'adonner. Son ange n'était plus, et ne lui avait laissé que quelques plumes pour asseoir sa mémoire. Il n'osa alors approfondir leur discussion sur ce sujet, préférant pour le moment se centrer sur ce qui les unissait. Le temps s'occuperait du reste des discussions.

« J'en suis. La tâche sera ardue, mais je pense que nous saurons être convenablement accompagnés. Nous le devons, en tout cas. De personnes sur lesquels nous sommes sûrs de pouvoir compter. »

Le sourire qui illuminait doucement ses yeux se voulait révélateur de toute son approbation. La Byakuren devait sentir que l'ancien Empereur marchait en son sens et qu'il semblait même épouser ses idéaux.

Toutefois, la discussion devant prendre des tournures concrètes, le Deuxième se devait d'être plus précis sur ses questionnements. Car au delà des volontés, le duo qui s'établissait et qui comptait s'élargir devait s'attendre à rencontrer plus que des obstacles.

Toujours en seiza, il ne laissa que ses yeux se redresser suite à ses remerciements pour les laisser à nouveau côtoyer ceux de l'Iwajin.



« Alors dis moi, vis à vis de ce que nous connaissons de Wasure. Au regard du Seigneur des Cendres, de ses volontés et de l'état de l'île, comment penses-tu qu'il faille d'agir ? Quels sont précisément tous nos plans, que ce soit pour nous comme pour la Coalition ? »

Visant précis comme large, il fallait être honnête : tout allait être bien plus complexe, encore fallait-il déjà être certains de comment ils comptaient s'y prendre.


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Dim 14 Aoû 2022 - 14:22

Aux prémices de Wasure


- Elle l’était dans bien des domaines… Mais je reste convaincue qu’elle aurait fait une céramiste de renom.

Cette mélancolie triste referme la parenthèse d’un passé qui n’était aujourd’hui qu’un souvenir. Tu connaissais les dangers de la mémoire et savait mieux que quiconque qu’il ne servait à rien de s’y perdre. Yahiko met de lui même un terme à ces dérives, et s’engage plus officiellement encore dans la quête que tu proposais. A sa première remarque, ton visage acquiesce de ton son long; Il vous faudrait effectivement une force plus constitante. Tu ne te voilais également pas la face, en ces lieux, tu serais plus un poids qu’une aide pour ton compagnon d’âme.

- C’est vrai. A ce titre, je me dois de t’informer que j’ai voulu engager mes responsabilités féodales… Mais cela n’a pas fonctionné. Mon père me refuse audience, et je ne peux pas prétendre avoir encore une quelconque valeur politique au yeux de son armée aujourd’hui… Et si quand bien même j’en avais, cela ne ferait que créer une division dans ses troupes, ce qui ne m’intéresse guère…. Ca sera donc toi et moi, pour l’instant, et les individualités auxquelles nous croyons.

Un silence léger te permet de prendre une pause. Il t’était difficile d’assumer que ton seul parent vivant avait ainsi fermé le regard sur toi, surtout après l’assassinat de ta mère. Ton regard se durcit, mais pas dans la froideur de la colère; il se voulait ferme, décidé.

- Comme tu le sais, je voulais contacter en priorité ceux qui avaient déjà vu Wasure car ils étaient les plus à même de comprendre et d’honorer cette démarche. Malheureusement, je n’ai jamais eu de réponse de la part de Kaguya Shitekka ni de Tsuyoshi. Pour l’un, j’ignore tout, pour l’autre… Je n’ai appris que récemment qu’il avait été déclaré déserteur à la roche après avoir disparu pendant des mois. J’attends d’en savoir plus à ce sujet. J’aurais bien une ultime personne en tête, mais je dois être sûr qu’il soit capable d’entendre cette volonté qui motive notre mouvement.

Yanosa avait été l’un des premiers, si ce n’est le premier, à t’entendre parler de cette volonté. Il en avait entendu une version utopique, décousue, mais il savait déjà vers où ton coeur penchait. Le problème; il n’était pas forcément convaincu à l’idée de vouloir rattraper le passé plutôt que de foncer vers le futur. C’était tout lui; un cavalier qu’on ne pouvait pas stopper.

- Pourquoi penses-tu qu’on appelle un seigneur… un seigneur, Yahiko ? Parce qu’il gouverne ? Parce qu’il est en haut de tout ? Un maître ?

Cette interrogation remet en cause beaucoup de chose; même tes propres origines.

- Son nom n’est pas anodin. Il veut un règne, un trône et un peuple. Mais sa légitimité est questionnable. Sa volonté de prendre le contrôle du pays résultait dans l’extermination des anciens prisonniers; et il nous a jugés coupables de ne pas vouloir participer à ce massacre. Il n’est que la conséquence de la haine, et son règne… sera fait dans le sang de ses victimes. Plus important encore…

Une analyse expéditive de l’impression laissée par ce Seigneur, mais qui en disait long sur ton aversion sur sa personne.

- … Nous n’avons que sa version des faits. Ça et l’abominable vision des corps qui crépitent sous la flamme des assimilateurs. Mais souviens-toi Yahiko, quand nous prenions la fuite, nulle flamme n’a voulu nous barrer le chemin. Nous avons simplement croisé nos regards avec ceux dont les iris sont emprisonnés par un feu éternel….

Cette image te hante depuis trop longtemps pour qu’elle ne soit pas vérifiée: Pourquoi ton coeur semblait-il se rattacher aux leurs ? Pourquoi depuis tout ce temps… Tu avais l’impression d'avoir confondu l’horreur avec le mystère.

- Nous ne pouvons pas laisser de place au doute. Nous devons faire mieux que ça. Il nous faut reccueillir leur version des faits; quitte à en perdre notre discretion d'approche.

Ta prise de position était claire; la première étape de votre retour serait de vous confronter à ceux qui avaient été pointés du doigts comme des monstruosités instables, et d’entendre leur version des faits.



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Jeu 18 Aoû 2022 - 16:57
Ce ne fut qu'une tendre peine qui colora ses yeux, la teintant d'une amertume doucereuse qui voila sa passion pour l'aventure. En redécouvrant la Byakuren, il ne lui avait fallu qu'une once de temps pour voir ses meurtrissures ressurgir, condamnant son Père, navrant le destin qui avait prit sa sœur pour la laisser comme esseulée, seule sous l'emprise de l'impitoyable Yuukan.



Lui et elle n'étaient véritablement pas différents.

Comme si l'histoire avait été écrite d'une main mauvaise, ceux qui s'étaient pourtant attachés en croire en de bienheureux lendemains s'étaient vus écartés, dérobés de terres qu'ils pensaient acquises. La dextre qui traçait ces lignes semblait s'être épris de ces maux, jonglant avec eux comme pour pétrir en la terre du Yuukan l'aube d'un cirque destiné à divertir les Dieux. Et comme s'il voulait l'écrire à son tour, comme s'il tentait de percevoir une once de lumière dans un ensemble de ténèbres, le Sendai tendait à croire que peut-être que tout s'était justement aligné pour permettre leur rencontre ; plus que cela, pour engager leur plan.

Car en conquérant Wasure ils apitoieraient les injustices, peut-être étaient-ce là les prémices d'un monde uni. En rectifiant les erreurs qui avaient été commises, ils purifieraient la base pour tenter d'harmoniser les Racines du Monde.

Jusqu'à ce qu'un détail ne sonne à ce moment aux oreilles du Deuxième, éclipsant leur simple plan pour démasquer une vérité éclatante. Il leur fallait bien plus que du soutien. Il fallait du poids pour leur acte. Un poids bien plus imposant que celui d'une Princesse Déchu et d'un Déserteur... Un poids que Masato n'était capable d'offrir pour des raisons qui lui étaient encore vagues, là où lui était apte à le prendre.

L'Empereur du Feu n'était pas qu'un simple Kage. Il était également l'équivalent d'un Daimyô.

Et si les Daimyô étaient à l'origine de l'enfer de Wasure, seule une nouvelle génération de Seigneurs pouvaient prendre la relève pour soigner le passé.

Il n'avait plus seulement le devoir d'étouffer la haine entre les remparts d'Urahi.

« Mmh. »

Alors que ses méninges s'agitaient, c'était un véritable cheminement que le Paon octroyait à la Colombe. Le rappel fut de mise, comme l'était l'excitation de sa propre mémoire pour se rappeler de ce qu'ils avaient vécu avant de fouler hostilement les terres de Tsume. La miraculée lui rappela ses dires, ses actes et ses désirs, venant de celui qui avait voulu exalter le tunnel souterrain de ses braises ardentes.

Il avait voulu exterminer ceux qu'il n'était pas capable d'occire en bougonnant de la menace qu'ils représentaient, terré au fond d'un trou que les Assimilateurs n'avaient également osé franchir.


Qui était le véritable ennemi ?


« Nous avons le devoir de nous renseigner sur la situation actuelle, afin de nous assurer de ne pas commettre de méprise. Je te rejoins, les actes ont parlé, le Seigneur des Cendres nous a imposé d'effectuer une tâche qu'il n'était capable d'accomplir et, à notre refus, il nous a condamné au péril. Il nous a d'ailleurs empêché d'accéder au cristal qui renseignait les souvenirs de Sakaze Tôsen... Mais... »

Son index vint se déposer sur sa lèvre inférieur. En affichant cet air déconfit, dont les traits et la mollesse reflétaient calme et complexité de la pensée, il s'accorda un temps certain avant de reprendre son discours. Un discours qu'il voudrait aussi complet que possible afin de laisser reposer ces idées dans la discussion, avec l'espoir qu'ils trouveraient leur envol dans la concrétisation de leurs actes.

« Nous ne connaissons ni le passé du Seigneur des Cendres, ni celui des Assimilateurs. Sûrement n'ont-ils été hostiles avec nous car nous n'avons été hostiles avec eux, mais peut-être avaient-ils devinés que nous ne leur voulions aucun mal... ou peut-être avaient-ils devinés que nous risquions de nous en prendre au Seigneur des Cendres, ce qui leur était bénéfique. D'un autre côté, sûrement avaient-ils toutes les raisons du monde de prendre des étrangers du Yuukan pour des ennemis, eux qui sont coincés depuis tant de temps sur leur île abandonnée... Et ils ne nous ont rien fait. Alors que nous n'avons n'avons pas seulement épargné le Seigneur des Cendres, nous ne leur avons également pas servi la moindre liberté. »

Cela pouvait même signifier qu'à leur retour, une haine bestiale pourrait leur être accordée.

Quelle était la solution ?

« Nous pouvons également rajouter que, si nous voulons effectivement les libérer, nous aurons besoin de bateaux supplémentaires pour les escorter jusqu'à nos terres. Après tout, l'hygiène de vie des assimilateurs, comme du Seigneur des Cendres, comme de ceux qu'il protégeait au loin doit être déplorable. Nous sommes supposés proposer à tous l'opportunité de partir, pour lutter contre la famine, contre les maladies, contre le cadre néfaste. Cela pourrait être notre rédemption. Partir pourrait même empêcher d'avoir à tuer qui que ce soit. »

Ses mains se croisaient, à mesure qu'il parlait. Ses doigts, s'épousant ensuite les uns contre les autres, s'entremêlant dans leur fermeté, semblaient annoncer le vent de la conclusion que venait de tirer l'ancien Empereur, avant que la Princesse ne le lui rétorque.

Car ils étaient bel et bien là pour échanger, jusqu'à trouver le meilleur compromis.

« Voilà ce que j'en pense. Nous aurons besoin d'au moins un ninja de Kiri, afin de nous guider sûrement jusqu'aux terres de Wasure. Nous aurons besoin de forces extérieures, afin de nous protéger d'abord contre les Assimilateurs, puis peut-être ensuite contre le Seigneur des Cendres et ses sbires, si nous devons en venir aux mains. Nous aurons besoin également d'une équipe, afin de nous assurer qu'aucun Dieu ne soit scellé sur les terres de Wasure, même si nous ne pouvons une seule seconde penser à le combattre. Nous aurons besoin de bateaux, afin de proposer aux assimilateurs comme aux autres habitants de pouvoir partir de l'île jusqu'à retrouver la terre ferme. Là bas, nous aurons le devoir de discuter pacifiquement, afin de trouver un terrain d'entente. Le mieux aurait été de trouver un Daimyo, afin que pour boucler la boucle, ce soit un Daimyo qui les libère... »



Jamais n'avait-il eu un sourire aussi peu confiant. Ses lèvres se tortillaient devant les iris de la Princesse ; il était comme un sacrifié sur la croix, connaissant les risques que cela engageait.

« Je... j'ai un plan, pour récupérer l'Empire, pour redevenir Empereur. Cela nous permettrait d'avoir un Daimyo à présenter aux victimes de Wasure, afin d'implorer notre pardon. Nous aurons également autant de bateaux que nous n'en aurons besoin, et nous pourrons donner du poids à notre action dans la Coalition. Que cela soit sur Wasure, ou même pour la Coalition... »

Mais ses yeux se perdirent sur les planches en bois du sol sur lequel il était agenouillé, car il savait ce avec quoi cela rimait. Un risque bien trop grand de devenir incapable d'admirer le lendemain, si son âme cessait de suivre son corps, là où ce dernier joncherait un sol antagoniste.

Il imaginait déjà deux situations dans lesquelles il risquait la mort.

« Je ne peux de toutes façons pas laisser Shinrin Hanzo risquer de mener une guerre internationale simplement car je suis en vie... Je dois reprendre cette place, pour l'Empire. Pour Wasure... et pour le Yuukan. »


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Jeu 18 Aoû 2022 - 17:53

Aux prémices de Wasure


Petit à petit, ta sérénité se transforme en silence mitigé. Ton visage se grise, à l’image du ciel qui engloutissait presque le sol désormais. Si ton invité partageait bon nombre de tes sentiments vis à vis de cette quête… sa conclusion te fit ravaler la confiance naissante qui s’était installée entre vous. Son attention avait dérivé sur un sujet tout autre et une interprétation expéditive de la condition Wasurejine. Un avis que tu ne partageais pas, mais sur lequel tu étais prête à débattre.

- Je ne pense pas que ces assimilateurs soient coincés Yahiko. Du moins pas de la manière qu’on l’entend. Leurs chaines sont morales; invisibles parce qu’elles emprisonnent leurs esprits plutôt que leurs corps. Ce sont leurs terres, pas les nôtres. Leur demander de partir, c’est cracher sur leur histoire, sur leur vérité.

Tes prunelles perdent en lumière; ça t’attristait toujours autant d’en parler comme simple spectatrice. Cela faisait trop longtemps que tu déléguais leur misère pour d’autres infortunes. Et ça avait été la clef de ta perte lors de Tsume.

- Ils n’ont pas besoin de bateaux, ils ont besoin d’un foyer, de remparts, d’un confort qu’ils méritent et dont ils ont été privés toute leur vie. Du moins… ceux dont la conscience est toujours intacte.

Tu redoutais le pouvoir des esprits brisés, des âmes qu’on martèle; parce qu’il rendait les corps esclaves de leur douleur.

- Mais nous aurons effectivement besoin d’un bon navigateur, de personnes de confiance vouées à s’engager dans la discrétion. Cette mission n’est pas un glorieux titre à rajouter à notre renom; c’est un témoignage d’humilité et d’empathie.

L’humilité, c’était peut-être ce qui faisait le plus défaut à cette fin de conversation. Alors que tes yeux se baissaient et s’éteignaient de plus en plus; tu voyais le feu grandir dans les siens. Ce qui était de la témérité au début… T’apparaissais désormais comme une soif ambitieuse et dangereuse.

La peur vient remplacer ton calme. Le sourire qu’affiche Yahiko te rappelle certaines images qui menaient souvent les plus audacieux à leur perte. `

- Je ne suis pas sûre de comprendre, Yahiko.

Tes sourcils se froncent, à l’image de ton coeur qui devient aussi froid que le mordant de l’hiver.

- Que désires-tu réellement. Le pouvoir d’un Empire, celui de Wasure ? Ou les deux ?

Cette question n’en est pas une; elle est un jugement sec à son ambition; Un appétit trop vorace n’apportait que les charognes. Et devant toi… Se trouvait un homme qui en voulait beaucoup, peut-être trop.

- C’est la soif de pouvoir qui a rendu Wasure ainsi. En quoi la tienne sera-t’elle différente ? Car de mon point de vue, tu vises le trône d’un pays instable qui est gardé par quelqu’un que je ne connais pas assez pour l’estimer dangereux.

Tu sais cette approche risquée, mais tu vivais pour l’honnêteté, pour n’être qu’une curieuse matérialisation de tes propres doutes, et une balance pour ceux des autres.

- Dis moi Yahiko, sur quoi me demande-tu de me baser pour juger que la prime qui escorte ton nom n’est pas justifiée ? Et que la fin du règne de Shinrin Hanzo est un BESOIN pour la résilience Wasurejine.

Si tu avais été passive sur ce détail, l’idée que le Sendai décide de choisir une autre guerre plutôt que la modération te poussait à en entendre la justification. Le diable d’Hanzo n’était à tes oreilles qu’un nom et rien de plus. Alors tu ne pouvais ni condamner ni pardonner; parce que ce n’était ni ton intention, ni ton rôle.



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Sendai Yahiko
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Jeu 18 Aoû 2022 - 21:42
Dans les abysses de son cœur, au fin fond de sa conscience et au noyau de son subconscient, la dilemme du pouvoir se faisait maître. De sa naissance aux origines de ses premiers pas en tant que ninja, de ses premières inspirations à son agenouillement dans le temple de la soeur Byakuren, tout n'était que constantes oscillations entre la passive acceptation de la soumission et la persistante recherche de la domination. Et si dans les idées reçues la première se voulait servante des plus sages, asseyant à la manière de la Princesse leur plus profonde bonté et simplicité, la deuxième n'entretenait qu'un désir cupide d'assouvir les vices, de satisfaire le besoin d'asservissement.


Le Deuxième se savait différent de tout cela.


Mais comment le lui prouver ?
Les postures étaient toutes deux si distincts, entourées d'ambitions pourtant si similaires.

A ses monologues, le Sendai ne s'attendait pas à percevoir des iris qui se détachaient, des paupières qui s'affaissaient. Dans ce faciès qui avait auparavant épousé un noble dessein, visiblement conquis à l'idée d'enfin pouvoir le décrocher, la lumière se tarissait comme si le Devancier venait d'y étouffer sa flamme au rythme de ses mots. Ses idées, il avait pensé qu'elle y trouverait un intérêt certain, une affection pour leur ambition, un attrait pour leurs formes dans leur mesure audacieuses. Le Sendai y avait présenté des risques, pour lui particulièrement, et là était pour lui l'étendue de toute sa noblesse, tout comme il avait partagé son opinion sur la liberté futurement affiliée aux Assimilateurs comme aux autres – quelques – habitants de l'Île Oubliée. Rien ne semblait ternit par un appétit malfamé...

Alors pourquoi ?

S'était-il adonné tant que ça au jeu des Shinobis ?



« Je pense qu'il y a méprise », lui avança t'il sans une once de frustration, sans une moindre mimique qui pourrait trahir une visée avide. Car il n'y en avait pas. « Je ne souhaite pas le pouvoir. Mais je crois en son influence... Elle est inévitable, sous ce ciel. »

Sa voix était tendre. Elle y faisait percevoir une souffrance que la Cristalline ne pouvait connaître mais qu'elle était en mesure de ressentir. Le Nivéen était né bon, et toute son existence avait été dirigée par le seul soucis d'agir pour le bien commun. Alors il ne pouvait y avoir que méprise. Sa voix, imperturbable, ne faisait que tenter de lui montrer qu'il n'avait la moindre prétention.

« Je ne souhaitais également pas non plus leur imposer de rentrer avec nous sur nos terres. Il est évident qu'il s'agit de la leur, mais devons-nous leur imposer de rester dans leur misère ? Je voulais te suggérer de leur laisser le choix de partir avec nous, s'ils le souhaitaient. Parce que tu as vu les mêmes paysages que moi, à ce moment là. Il n'y avait aucune perspective de pérennité, sans aide extérieure. »

Peut-être commençait-elle à percevoir le fond de sa pensée, espérait-il. Car jamais n'avait-il été la moindre question d'imposer quoi que ce soit aux anciens condamnés. Leur futur résidait en leur liberté subjective, et non en celle qui leur serait ordonnée.

« Je ne souhaite pas aider les habitants de Wasure pour le renom, tout comme je ne souhaite pas récupérer mon trône pour le renom. Je n'aspire ni au pouvoir, ni à la cupidité, ni au vice, ni à la domination. »

Mais la vie lui avait bien enseigné bien des leçons, qui forgeait un homme que le jeune Yahiko aurait pourtant tant détesté.



« Je ne t'ai pas menti. Je crois sincèrement qu'amener un Daimyô sur les terres de Wasure permettrait aux Assimilateurs de voir l'évolution du Yuukan, dans un sens qui leur est bénéfique, avec une promesse d'évolution et d'absolution. Qu'il s'agisse de moi ou d'un autre m'est égal, mais je craignais qu'ils imposent la mort du Daimyo en échange, par esprit d'égalité. Autrement, je crois sincèrement que faire connaître notre acte à la Coalition, en en faisant parti, est bénéfique pour notre action. Non pas pour la renommée, mais car cela nous permet de nous souder, car nous agirons tous ensemble pour leur liberté et leur réinsertion. Quel intérêt y a t'il pour les immigrés Wasure-jin intéressés si, une fois ancrés dans les autres pays, ils sont pourchassés puis tués ? Nous avons besoin de leur assurer de la sécurité. »

Il prit un instant de répit, puis repris.

« Il en va de même pour ceux qui resteront au pays. Comment pourrons-nous leur assurer le soutien du Yuukan, si aucun dirigeant ne souhaite aider leur situation ? Comment pouvons-nous nous harmoniser avec eux, si la peur de l'inconnu mène les grands villages à ne pas s'immiscer dans la situation de Wasure ? »

Peut-être que cela était plus clair, espérait-il une nouvelle fois. Il ne voulait pas le pouvoir. Il voulait être le garant que Shinrin Hanzô ne saurait jamais être, ou sûrement pas sous le prisme de la bonté.

« Il y aurait tant à conter sur l'homme qui dirige l'Empire. Sur ses tromperies, sur sa cupidité, sur ses mensonges, calomnies et autre injures au bien commun. Sûrement suffit-il à vous dire qu'il voulut protéger un homme désireux d'attenter au Sommet de la Coalition, ou qu'il manipula son propre peuple pour tenter d'obtenir le pouvoir à Urahi. Il fut exilé et condamné à mort également, pour une tentative d'extermination de masse de l'Empire, mais il en eut échappé. En quittant mes fonctions, je lui laissa une espèce d'opportunité de revenir... Et c'est exactement ce qu'il fit. »

Un sourire malicieux se dessina sur son visage. Pouvait-il être interprété d'une quelconque manière par la Byakuren, il ne pouvait le contenir.

« Maintenant, le criminel international que j'eu jugé à l'époque dirige une nation à forte influence... »

Pour une des rares fois, il ricana légèrement. Comme si le poisson avait mordu à l'hameçon. Comme si tout cela était prévu.



« Je ne souhaite pas le trône car je souhaite le pouvoir, Byakuren Yume. Je souhaite le trône car je m'estime seul apte à répandre la paix dans le Yuukan. Voilà pourquoi Shinrin Hanzô me déteste tant, car je souhaite la paix là où il ne souhaite que le déséquilibre. Sous mon joug, ceux désirant partir de Wasure pour s'établir à Hi pourront le faire, sans craindre le moindre coup-bas. Sous mon joug, tous ceux souhaitant s'établir sous la bannière du feu le pourront. »

Ses yeux reflétaient l'appel de la vengeance, d'un sentiment qui serait tant ennemi aux iris de Byakuren Yume, mais qui provenaient d'un homme bien trop bafoué pour ses desseins si bons.

Maintenant, il souhaitait la paix. A la différence que pour l'obtenir, il était prêt à faire la guerre.



« Maintenant qu'il est dans mes filets, je devrai être à même de le coincer une fois pour toutes. Pour récupérer mon pouvoir, et le mettre au service de tous ceux qui la requerront. »


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Byakuren Yume
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Sam 27 Aoû 2022 - 15:00

Aux prémices de Wasure


Peut-être avait-il prit la métaphore du Kintsugi trop au sérieux et pensait que le sang pouvait remplacer l’or dans son rôle de liant. Ses brisures, elles le changeaient graduellement en un homme que tu connaissais mal. La condition Wasurejine fut reléguée en second plan, peut-être même en troisième. Pour lui, la priorité avait drastiquement changé; reprendre ses droits pour un monde de bien, jouer de son influence récupérée, et enfin agir.

Toi, tu voyais le monde à l’envers. Agir, récupérer son influence et enfin reprendre ses droits. Une suite logique qui faisait diablement écho à ta situation, car même si tu le taisais, ton nom était l’unique héritage de la féodalité Tsuchijine. Mais ce trône, celui qui se trouvait à l’exact opposé de celui d’Urahi, tu comptais t’y asseoir seulement après l’avoir mérité; si ton peuple voulait de toi.

Les paroles n’avaient aujourd’hui plus la même force, plus le même pouvoir. Même ton Père peinait à garder dignement cette puissance froide qui gelait votre pays.

- Et maintenant c’est toi le criminel pendant que lui gouverne.

Tu achèves sa phrase pour lui faire comprendre toute l’ironie de son sort. Son regard devient plus ténébreux que le néant lui même. Comme s’il s’était vidé de toute couleur; il t’illustre à la perfection ce que tu redoutais le plus. Une histoire de revanche, une histoire d’ego. Ca te terrifie; parce qu’il s’aventurait dans l’antre du démon au nom d’un ange.

- Mais Yahiko; si tu le tue, tu deviens le monstre que tu prétends détruire.

La vérité était traître, parce qu’elle alliait une forme de raisonnement maladif. A tes yeux, il s’engageait sur une piste descendante, alors qu’il pensait grimper. Sa quête, tu ne pouvais l’approuver, pas en ces lieux. Y’avait-t-il seulement une différence entre vouloir faire du mal au nom de la paix… Ou faire la paix au nom du mal ? Tu l’avouais; tu ne comprenais pas sa soif revancharde, ni le besoin viscéral qu’il semblait avoir à recouvrir un poste élitiste. Alors que ses yeux s’assombrissent, les tiens ne quittent pas le sol, vaincus. Tu te concentre alors mieux sur ce qu’il clame; sur les mots dont il abuse et ta confiance qu’il désabuse.

- Je souhaite le trône car je m’estime seul apte à répandre la paix dans le Yuukan… Sous mon joug… Récupérer mon pouvoir…

Tes lèvres tremblent presque en répétant des phrases qui n’appartenaient en rien à un prêcheur de l’équilibre. Au contraire; elles ressemblaient diablement à celle d’un tyran, et c’est en les répétant que tu révèles leur facette obscure.

- Pitié regarde toi et écoute toi Yahiko. Ton discours n’incarne en rien la paix; mais tout son contraire.

Ton jugement est dur, probablement biaisé par le fait de ne connaître que trop mal le régime du feu: mais tu restais convaincue que cette conquête n’avait rien à voir avec une volonté miséricordieuse. C’était une toute autre soif qui animait le Sendai. Une soif qui remettrait peut-être en cause toute votre alliance qui n’était pourtant qu’à son introduction.



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Sendai Yahiko
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Sam 27 Aoû 2022 - 19:22
~~

« Du plus loin que je me souvienne, je réalise que je n'ai jamais réussi à être compris.

L'histoire remonte alors à lorsque je n'avais que quelques années, tout au plus. A cette époque, je ne souhaitais pas même devenir shinobi. Je ne comprenais pas vraiment le but de mon existence, je réalisais seulement que j'existais, sans but, sans la moindre motivation si ce n'était celle d'être heureux. Les journées auraient été si belles. Tout aurait pu être si simple ; marcher dans la forêt de Kaminari aurait pu me rendre heureux, tout comme regarder les étoiles, que j'aurais pu entrevoir au travers des grands arbres et de leur abondants feuillages. Nager dans les rivières de mon pays m'aurait fait ressentir toute la liberté à laquelle j'aspirais. Une liberté simple, sans contrainte, une liberté qui ignorait tous les maux du monde, qui les laissait lâchement derrière moi comme s'ils ne me concernaient pas. Une liberté qu'il avait bafoué, que l'honneur et l'orgueil avait participé à écraser en faisant naître en son esprit le rêve pervers qui voulait élever son clan au dessus des autres, avec un élu.

L'élu, c'était moi. Alors que je n'avais rien demandé, si ce n'était d'être heureux, simplement.

A cette époque là, je n'ai pas réussi à lui faire comprendre que je ne voulais pas de son rêve. Je n'en avais pas le pouvoir. Je suis alors devenu un ninja de Kumo, niais, qui avait éveillé ses capacités grâce à une rencontre fortuite. A ce moment là, j'aspirais déjà la paix. Mais de tous les combats que j'eu mené à Kumo, de cette rencontre avec la Sandaime, de ces débats avec tous ces ennemis, de ces échanges avec mes élèves, de cette mission avec Saigo, tous avaient un point commun.

Jamais n'avais-je eu le moindre pouvoir de persuasion, malgré mes bonnes intentions. Tous continuaient de croire en ce qu'ils croyaient bon, là où j'eû toujours tâché de requestionner mes comportements, mes valeurs où mes attaches.

Mais cela ne s'arrêtait pas là. Les raisons de ma désertion, combien les eurent compris ? Les raisons de mon ascension au règne de l'Empire, combien les eurent compris ? Les raisons de ma nouvelle désertion, combien les eurent compris ?

Personne. Il n'y avait qu'Hanae, Medyûsa, Ayuu, Kenzo. Personne d'autre, dans l'entièreté du Yuukan, n'eût jamais compris qui j'étais. Pouvais-je leur promettre le soleil ou la lune qu'ils retrouveraient à redire. Parce que c'est ce qu'ils eurent toujours fait : juger. Maudire, médire. Je pouvais être un ange qu'ils y voyaient le démon.

Et maintenant que je voulais tremper mes mains dans le sang à la manière d'un démon, ils y voyaient une nouvelle fois un démon.

Alors quitte à ce que tout ce que je fasse soit catalogué, quitte à ce que la moindre de mes paroles ne soit correctement interprétée, quitte à ce que la moindre de mes intentions ne soit ni estimée, ni crue.

Je ne ferai dorénavant que ce que je crois juste. »


「天と地で、私だけが尊敬されるべきです。」

~~


« Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. »





« ... Hein ? »

Elle ne le comprenait pas, elle ne le pouvait. Ses mots se voulaient plus tranchants que l'acier, plus dangereux même que le Troisième. Ils percutèrent son esprit, déchirant ce qu'il y avait de sain. Elle ne craignait rien, si ce n'était que l'expression de sa colère qui lui percerait les oreilles.

Il était à l'opposé de la paix ?

...Comment osait-elle ?

Ses jambes le propulsèrent vers elle, ignorant toute rationalité, toute sécurité. Ses mains grapillaient son col, la soulevant et la repoussant jusqu'à la plaquer contre le mur du Dojo dans lequel ils se trouvaient. Son regard se voulait perçant, ses dents se crispèrent comme si elles voulaient s'écraser les unes contre les autres.

Elle était, aux yeux du Deuxième, comme cet Aditya dans la salle du trône.

De ceux qui jugeaient sans connaître.



« ALORS DIS MOI, BYAKUREN YUME. CONTRE UN HOMME QUI MENACE D'EXPLOSER DES MILLIERS D'INNOCENTS POUR UN SIMPLE COUP DE SANG ET QUI NE PEUT ÊTRE DOMPTÉ MÊME DERRIÈRE DES BARREAUX, CONTRE UN HOMME QUI A ASSASSINÉ UN AGENT DOUBLE INFILTRÉ AU NINGEN ALORS QU'IL REPRÉSENTAIT UNE CLEF POUR LA VICTOIRE DE LA COALITION, CONTRE UN HOMME QUI A MANIPULÉ L'ENSEMBLE DE SON PEUPLE POUR ACCÉDER AU POUVOIR, CONTRE UN HOMME QUI A ASSASSINÉ DES INNOCENTS, DES HOMMES QUI VOULAIENT LA PAIX, COMME TOI ET MOI, ET QUI EST PRÊT À CONTINUER DE LE FAIRE POUR OBTENIR LA MOINDRE ONCE DE POUVOIR EN PLUS, POUR OBTENIR LE MOINDRE SEMBLANT DE VENGEANCE. CONTRE UN HOMME QUI MANIPULERAIT LE MONDE, SANS CESSE, TROUVANT LA MOINDRE FAILLE POUR LA RETOURNER CONTRE TOUS...»

Sa poigne se serra, mais c'était sa bouche qui feint la première. Sa voix reprit un ton étrangement plus calme, après qu'il eut ravalé sa salive. Il savait que la colère ne mènerait à rien.



Il étouffa un silence, qui dura quelques secondes, de quoi marquer son désarroi et de quoi laisser s'évaporer sa colère pour laisser naître sa tristesse. Son désespoir face à l'incontournable condamnation.

« Si je ne fais rien, ce sont des milliers de personnes qui sont en danger. Si je le laisse agir, ce seront encore d'autres innocents qui mourront, pas seulement moi. Si je le laisse agir, des personnes comme son frère, Shinrin Shinpachi, qui souhaitait exploser le Sommet de la Coalition, seront défendues comme il l'a déjà fait. La prison ne sert à rien, il exploserait d'une colère telle qu'il réveillerait le Dieu qu'il a en lui, comme il a déjà menacé de le faire lorsque j'étais Empereur. Cela exterminerait tout Urahi, et tous les innocents qui y vivent. »

Ses mains se relâchèrent finalement, ses bras tombants le long de son corps, ses yeux toujours plongés dans ceux de la Princesse.

« J'ai réfléchi à toutes les manières de ne pas avoir à le tuer. Mais tu as vu tout ce que cela implique. Alors dis moi... qu'est-ce que je suis supposé faire ? »


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Byakuren Yume
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Sam 27 Aoû 2022 - 20:34

Aux prémices de Wasure


Il avait été si rapide que tes paupières n’eurent même pas le temps de protéger tes prunelles. Azur contre azur; glace contre glace. Vos iris s’irradient à l’unisson alors que ton corps flanche sous sa force. Son étreinte t’emprisonne dans une stupéfaction muette, pourtant, la surprise ne se lit pas sur ton visage. Ton calme impassible est presque inhumain… et contraste avec toute la rage qui mortifiait le visage de ton assaillant.

Un réflexe purement naturel te fait recouvrir la poigne qui t’étrangle de la tienne; pas pour s’en défaire, tu t’en savais incapable, mais pour supporter plus facilement son poids. Sa main est brûlante, et la tienne glaciale. Vous n’aviez plus que vos prunelles pour vous unir.

Il ne parlait pas il hurlait; contrastant avec ton mutisme forcé. Il ne témoignait pas il accusait, avec une telle vigueur qu’il en semblait possédé. Alors, tu abuses du peu de souffle qu’il te reste, quitte à sommeiller sous le manque d’oxygène.

- Tu… cherches..trop à… dompter… le feu…mais c…est…le feu… qui… te dom..pte

Voilà sa réalité; s’il était victime de sa fougue à ce point; tu craignais de le voir céder à de pires caprices au nom du bien. La colère, la véhémence, la peine. Toutes ces phases dominaient l’homme et l’induisaient trop souvent à des manquements… qui amèneraient un jour aux regrets.

Regretterait-il, d’étrangler ainsi une descendante de la Roche, une ancienne camarade, une étrangère, une amie qui lui avait offert l’asile ?

Sa fougue se calme, son emprise avec, mais elle te maintient toujours plaquée au mur, victime de ton propre corps. Cette fois, ce n’est plus la haine qui parle, mais son désespoir. Tu avais probablement planté une lame à l’endroit qui le blessait le plus; mais tu devais être certaine de savoir avec qui tu t’engageais à prôner des valeurs universelles.

Finalement, son étreinte morbide te libère, et tu ne peux empêcher ton souffle d’émettre un râle saccadé et frénétique. Tes doigts avaient rejoint ton cou, désormais marqué d’un rouge modéré, encore souffrant de l’emprise. Yahiko témoignait de son dilemme, il avait dressé le tableau d’un monstre; convaincu qu’il pouvait te convaincre. Mais tu connaissais toute la force des mots; et toute la misère que cela pouvait causer. En toi, il cherchait peut-être ce conseil, ce réconfort. Il attendait que tu l’encourages, que tu lui dise que son chemin était le bon; mais tu ne pouvais t’y résoudre. Pas sans preuves.

- Ce n’est pas toi que je juge Yahiko, pas encore, mais ton discours. Entends que je ne puisse être témoin des mêmes sentiments qui t’habitent, de tes convictions. Je ne connais ce pays que par les mots; mais est-ce que lorsque qu’on décrit la douleur d’une brûlure… on sait réellement ce qu’elle est ?

La métaphore se voulait simple, ludique. Tu n’avais ni preuve ni antécédents envers le monstre de feu si ce n’est la connaissance qu’il avait été présent à Tsume et avait été fait réceptacle d’un démon… Ce monstre l’avait-il habité… ou était-ce l’inverse ?

- Alors si tu me fais réellement confiance Yahiko

Ta paume fait germer quelques brillances bleutées; c’est enfin tout un miroir argenté qui s’élève à tes côtés, reflétant la pièce, sa beauté comme sa noirceur.

- Montre-moi…

Cette technique était la prison de ta vie; celle qui témoignait des maux de ce monde, des vérités cachées. Si sa détresse était si sincère; tu le verrais avec ses yeux. Et peut-être… tu comprendrais.

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Dim 28 Aoû 2022 - 12:48
Doucement, c'étaient ses pas qui l'écartèrent petit à petit de la Princesse, qui la protégèrent presque de lui. Son regard, presque par réflexe, s'abaissa sur le sol, tiraillé entre la honte et toute la légitimité qui l'avait poussé à la bousculer. Ils y patientèrent quelques instants, silencieux. Ils y firent tournoyer son esprit dans un tourbillon de questions, de réflexions, parce qu'il savait qu'il avait eu tort. Déjà parce qu'il savait qu'il s'en prenait à une innocente, mais aussi parce qu'au moindre de ses coups de sang, c'était tout Iwa, tout Tsuchi qui pouvaient être mis au courant, qui pouvaient le pourchasser, eux aussi, jusqu'à l'occire. Là résidait toute la torture de son esprit ; il n'était seulement battu par le poids de son passé, il l'était également par son incapacité à se faire entendre, à pouvoir s'exprimer sans y risquer des conséquences.

Il était condamné au silence, alors qu'il voulait réclamer haut et fort que justice lui soit faite.

Mais si la délicate voix de la Genin semblait vouloir temporiser, le reflet qu'il y perçu dans ce miroir l'éveilla à la terreur.

Les images dansèrent sous ses yeux, défilèrent à la manière d'une inarrêtable et interminable pellicule photo. Les souvenirs lui parvinrent mais pas seulement ; ses craintes, les plus acerbes, lui assaillirent le cerveau, lui volèrent le paysage qu'il y avait sous ses yeux pour lui montrer ce que la Byakuren voulait. L'horreur.




~~


Tous le pointaient du doigt, lui, le rejeton. De ses camarades Kumojin à ses amis, du moindre des inconnus dont il ne connaissait pas plus le visage que l'identité, de ses parents biologiques à son père adoptif. Tous l'encerclaient, dans cette atmosphère vide où tous flottaient. L'irréalisme de la situation n'était pas différente d'un rêve, mais elle prit vivement des teintes de cauchemar. Car une chose était claire, dans ce monde factice, si vide et si sombre, où tous l'entouraient, où tout menait à penser qu'il pouvait fuir... il ne le pouvait pas. Il était captif, par d'immenses chaînes qui enserraient fermement ses bras et qui s'allongeaient jusqu'à se perdre à des milliers de kilomètres sous ses pieds, disparaissant dans les ténèbres qui entouraient ce monde.

« Quel imbécile fais-tu. », entendit-il d'une première voix dont il ne réalisa pas la provenance.

Mais toutes s'exécutèrent, tour à tour, comme elles l'exécutèrent en le traitant comme un pariât, un indésiré.

« Tu as véritablement échoué, dans tout ce que tu as entrepris. »
« Personne n'a besoin que tu interviennes. »
« Tu mérites d'être seul, abandonné, exclus de tout village. »

« Mais... vous ne voyez pas que je ne v- »

« Tu ne vois pas que personne n'a besoin de toi ? »
« Tes parents t'ont vendu, ton père adoptif t'a trahi. Tu ne vis pour personne. »

« Mes am- »

« Pourquoi retourner dans l'Empire ? Ils vivent parfaitement sans toi. N'as-tu pas lu dans le Kunai Emoussé que Shinrin Hanzô était bien plus apprécié que toi ? »
« Quand je pense que tu t'es fait tromper. Tu es vraiment indigne du pouvoir. »



« ... »

Les voix continuèrent de plus belle. Rien ne pouvait les arrêter.

Il était la proie.

Sa plus grosse peur devait être que malgré toutes ses intentions les plus louables, il ne soit pas au niveau. Que malgré toute la bonté qu'il voulait répandre sur le monde, il n'avait besoin de lui.

Parce que tout ce dont il était capable, c'était d'échouer.



~~


Le paysage se voila, pour en laisser place à un autre. Toutes les personnes disparurent, laissant apparaître à leur place des lieux qu'il connaissait. Il y perçut le terrain d'entraînement, alors qu'il était enfant, alors que son père adoptif l'y battait pour qu'il ne s'entraîne toujours plus assidument. Pouvait-il crier que cela ne menait à rien, le Funami ne voulait l'entendre. Il avait un incompétent à forger.

Il y voyait cet adversaire, sur ce terrain de combat. Alors qu'il protégeait encore Kumo de ces maudits fanatiques. Il voyait ce corps, de cette femme hargneuse, qui s'effondrait sur le terrain de combat. Cette première fois qu'il avait tué, cette première fois qu'il avait éprouvé cette sensation horrible que cela était d'ôter une vie. Mais ce besoin, irrémédiable, de devoir l'ôter pour protéger. Parce qu'il n'avait pas eu le choix... mais peut-être l'avait-il eu, ce jour là ?

Il voyait tous ces corps, calcinés, sur Wasure.

Il voyait le dédain dans les yeux de tous ceux qui ne le voulaient au pouvoir. Il voyait le rejet de ceux qui ne l'estimaient pas à sa place. Il entendait les rires, les moqueries de ceux qui ne faisaient que juger sa simple existence. Il voyait ce Kanshisha, qui l'avait descendu devant tout le monde. Il voyait ces excès de haine de Hanzô, alors qu'il avait voulu lui expliquer sa posture compliquée. Il voyait cette trahison, où il s'était retourné contre lui avec l'un de ses soldats, il voyait cet Aditya, qui l'avait blâmé, il voyait son départ, cette prime qui pesait sur sa tête, sa posture face aux gardes de Jôheki qui le traitaient comme un banni, Shimaenō qui l'avait détourné pour ses desseins pernicieux, son départ sur sa terre natale, son rejet aux portes de Kumo.

L'écho de tous ces reproches qu'il avait entendu de toutes ces bouches, quelques instants plus tôt.

Le meurtre par leurs mots.


~~



Yume avait pu le voir s'effondrer sur ses genoux, dans un premier temps, le buste droit. Elle avait pu voir son regard se perdre dans le vide, ses pupilles se dilater à mesure que la tristesse, que la peur et que la colère les envahissait. Elle avait pu voir finalement ses paupières s'abaisser sous la mélancolie, son corps se fléchir sous le poids qui l'accablait. Elle pouvait encore voir ses dents qui se crispaient sous cette impuissance, ses larmes qui coulaient à flots sur ses joues, tandis que sa main droite se dirigea lentement vers le sabre qu'il portait à sa ceinture.

Il n'était déjà plus sous l'emprise de son illusion. Mais Yume pouvait deviner qu'un homme tel que lui avait pu deviner qu'il s'agissait d'une illusion. La même que celle qui lui avait été présentée lors de sa mission à Wasure. Alors pourquoi la laisser faire ?

Son bras était tendu, agrippant son pommeau dans une poigne tremblante. En fait, tout son bras tremblait. Sa lame, pointée en direction de son ventre, n'attendait que son propre déclic pour mettre un terme à tout le pan de son existence.

...



Dans la vie, il n'avait trouvé son cheminement.

Alors peut-être le trouverait-il dans sa mort.


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Dim 28 Aoû 2022 - 21:25

Aux prémices de Wasure


Presque instantanément après que le regard azuré de Yahiko aie décidé d’affronter ses tourments; le regret te gagne. Tu savais que de cette épreuve, personne ne ressortait jamais vainqueur. Plus tu brisais; plus une part de toi disparaissait au profit du monstre que tu prétendais vouloir chasser de ce monde. C’était ta damnation, celle de devoir être l’outil qui permet de sonder les âmes, de mieux les capturer. Etait-ce là une manifestation de ton égoïsme ? Ou tout simplement une nécessité pour te faire entendre des volontés que les mots ne suffisent plus à décrire.

Dans ta paume apparait un répliquât plus petit du miroir. Tu t’y vois, mais tu sais que ton reflet ne sera qu’éphémère, parce qu’il sera bien vite remplacé par ce qui appartenait au domaine de l’inconscient. En proie curieuse, indélicate, tu t’immisce ainsi dans une arche qui n’est pas censée te porter sur les eaux internes qui remuent actuellement Yahiko. Navigatrice illégale, voleuse de songes; tu pouvais porter bien des noms; mais aucun ne serait aussi vrai que le tien. Yume, un rêve. Un mensonge. Une illusion.



Les visages qui t’apparaissent ne ressemblent en rien à celui que tu avais pensé y retrouver. Tous difformes au début, puis plus nets; ils apparaissent massivement et acculent Yahiko. Un cercle opprimant d’individus qui portent des paroles dénuées d’humanité. Lui ne pouvait probablement se voir: mais toi qui observait ça de loin, tu pouvais observer les traits du Sendai changer. Il rajeunissait, comme pour retourner à son enfance, à un état végétatif ou il n’avait plus le droit de parler. Rapetissant contre une foule toujours plus grande; disparaissant bientôt derrière leur masse vorace.

Puis tout explose et recrée un diaporama saccadé que ton coeur peine à suivre. Mais tu sais qu’il ne s’agit là que de brides de passé quand vous atterrissez ensemble à Wasure; à la putréfaction qui le ravage. Tu sais alors, plus que quiconque, que ses traumas lui apparaissent succinctement, comme pour lui rappeler qu’il ne devait jamais oublier d’avoir mal. Des scènes qui retracent son chemin, sa sincérité, son chagrin. Ses souvenirs sont muets, dénués de colère. Ils illustrent simplement une unique chose que les larmes coulant déjà sur ses joues avouaient aussi.

Ce n’est que tardivement que tu aperçois son geste; il était revenu, mais il n’était plus présent. C’était souvent le piège de cette technique; toi qui y avait succombé pendant des mois, tu ne pouvais que comprendre son état.

Tes mains arrivent à temps pour s’emparer des siennes, pour les emprisonner à tout jamais dans une étreinte gelée. Tu voulais concentrer toute ta force et faire céder son maintien; qu’il s’abandonne à cette pression. De cette dualité nait une confrontation; il résiste, paralysé dans un espace temps différent du tien. Tu le sais à son regard, aussi creux qu’un néant prêt à t’avaler avec lui. C’était un pantin rouillé par son propre sang coagulé: incapable de se mouvoir. T’entendrais presque ses os grincer sous tes efforts, sa peau plier sous tes phalanges. Finalement, il cède un peu, puis un peu plus; jusqu’à ce que l’arme aille rejoindre sa juste place; le sol.

Mais tu sais qu’il n’est pas encore là: qu’il est au mieux en chemin. Perdu entre deux mondes, entre lumière et ombre. Pour toi, ça avait été si compliqué, mais pour lui, tu pensais à une unique chose. Alors tes genoux t’élèvent de moitié, te faisant le surplomber d’une demi-tête. Tes bras s’ouvrent et l’enlacent, poussant son dos vers ton buste, nichant sa tête dans le creux de tes épaules. Cette étreinte, elle est à la fois désespérée et chaleureuse. Elle l’appelle et le console, comme il le méritait, comme il l’avait peut-être toujours mérité.

- Tuer n’est pas une issue, Yahiko.. Et ça vaut encore plus pour toi.

Peut-être avais-tu abusé de lui; de sa force sans voir que derrière, il avait une fragilité qui devait être entendue. Tu t’en voulais d’y avoir été aveugle, de n’en récolter que la conséquence. Ses blessures le gangrenaient et il avait manqué d’un réconfort sincère; de cet étau affectif qui répare tout.

- Je suis désolée, je sais à quel point ces visions sont cruelles.

T’aurais aimé rajouter qu’il ne s’agissait que d’images; mais même les illusions avaient leur part de vérité. Elles aidaient à éclairer ce qui rongeait une âme dans l’obscurité; elles amenaient à y faire face. Alors vous voilà, dans ce pavillon oublié, si loin de vos principes… A subir le poids du temps et de la mémoire.


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Lun 29 Aoû 2022 - 22:27
C'était comme si son corps avait agi naturellement. C'était comme si son cerveau, persécuté par ces dernières semaines si négatives, avait commandé de lui-même l'ordre de mettre fin à toute chose. Par cette illusion qui l'avait percuté de plein fouet, c'était cette idée qui avait tant de fois traversée son esprit qui avait prit le dessus. D'habitude confrontée et battue par sa soif de justice et par son envie de vivre, il n'y avait cette fois aucune barrière qui l'empêchait de prendre place en reine dans son esprit, de s'imposer comme si elle asservissait ses instincts de survie. Il n'y avait que cette pénombre, que ces ténèbres qui engloutissaient son âme dans ce qu'il y avait de plus sombre, dans ce destin lumineux et empli d'espoir qui s'effaçait pour ne laisser place qu'à l'inexistence d'un futur radieux, qu'à la vacuité de l'éternel repos.

« Je suis fatigué... »

Évidemment, il l'était. Dernièrement, tout n'avait été que noirceur, tout n'avait été que crainte. Voilà des semaines qu'il marchait sur des œufs, oscillant entre la peur d'être traqué, retrouvé, rejeté ou détenu, et la nécessité de convenir, de débattre, de se protéger tout en connaissant sa place. Il avait vécu la vie de pariât, portant d'abord ses coéquipiers en en prenant la responsabilité, jusqu'à ce que chacun d'entre eux ne s'évapore derrière des reliefs pour le laisser abandonné face à un silence coupable. Pouvait-il avoir la tranquillité de son obligation qu'il se confrontait au malheur de la solitude. L'humain était un animal social ; irrémédiablement, lui était comme orphelin.

Des seules interactions, il n'y avait eu que cette maudite empathie qui ne lui trouvait pas de solution. Ces excuses, soi-disant sincère sur son compte, qui ne trouvèrent écho en le moindre refuge, la moindre main tendue.

Jusqu'à cette emprise.

Chaude, chaleureuse, réconfortante. Jusqu'à ces paumes tièdes qui le suppliaient de ne pas succomber. Jusqu'à ce qu'elles ne luttent contre sa propre détermination inconsciente, faisant décrocher de ses propre mains la lame qui devait tout trancher. Elle tomba avec fracas contre le sol, dans un bruit de métal qui résonna brièvement contre les parois du dojo avant de laisser place au désert de l'insonorité. Un silence, pas un murmure. Juste ces mains qui finirent par l'entourer pour le presser, juste sa tête qui se nicha entre ses bras, à la lisière de son cou, franchissant la frontière des préoccupations jusqu'à se tapir sur le terrain du paisible et de la sérénité.

Avait-il seulement été une seule fois calmé comme elle venait de le faire, elle qui lui avait pourtant donné tous les outils pour qu'il se résigne au moindre soupir ?

Cela devait être la première.

Il ne prononça le moindre mot. Il laissa les paroles de la Byakuren se perdre dans l'infinité de la pièce, comme s'il ne voulait pas reprendre tout de suite cette houleuse conversation. Ses bras ne s'étaient pas permis de la serrer en échange ; ils n'avaient pas osé. Il n'y avait que ces larmes qui, après avoir perlé sur ses joues dans de longues traces humides et visibles, venaient se perdre au sommet de ses épaules, entre les membranes de son tissu.

« ... Merci. »

Il trancha lui-même son mutisme par sa profonde reconnaissance. Ses mains traversèrent finalement brièvement le dessous de ses bras jusqu'à épouser la forme de ses omoplates, qu'ils tinrent le temps de quelques instants avant de se replier. Il se rétracta, se mouvant doucement jusqu'à atteindre chacune de ses épaules par ses paumes. Et il se recula enfin, se libérant d'une étreinte qui pouvait déjà lui manquer, s'essuyant chacune de ses pommettes d'un lent revers de son bras droit. Il n'avait osé abuser de sa bienveillance.


« ... Ça va mieux. »

Elle pouvait être surprise, car elle n'allait trouver la moindre once de rancune dans ses prunelles. Tout cela était comme si cette situation devait se produire, comme s'il avait été mieux qu'il soit accompagné une fois qu'elle s'était produite. Car elle se serait produite, tôt ou tard. C'était la suite logique.

Il souffla un bon coup. Il avait besoin de reprendre ses esprits pour reprendre cette discussion. Et il reprit, comme s'il était navré de ce qu'il lui avouait.

« Tuer n'est pas une issue, je sais que tu as raison. Je sais que je n'ai ni le droit de vie, ni le droit de mort. Je sais que la guerre ne fait qu'engendrer la guerre, je sais que j'ai tant à perdre à éliminer mes cibles, à commencer par ma propre raison. »

Tout avait été prononcé lentement, avec une voix si basse, si lente. Il ne voulait plus l'agresser.

« J'ai retourné la situation dans tous les sens, Yume. Je te promets que je l'ai fait. Lorsque je fus Empereur, j'ai tout tenté d'étouffer pour empêcher qu'une guerre civile ne se produise... mais le pouvoir ne fait pas que tomber entre les mains de mauvaises personnes, il leur donne également l'opportunité de violer ce qui est humain, d'imposer l'immoral. Je ne t'ai pas dressé le tableau du Troisième Empereur au travers d'opinions, tu sais... Je te l'ai dressé au travers de faits. »

Il prit un temps, car les restes de ses sanglots lui traversèrent brièvement la gorge.

« Lorsque j'ai déserté, à l'époque, j'ai tâché de le faire de la manière la plus pacifiste qui soit. En voyant que mes origines pouvaient diviser, j'ai décidé d'unir de nouveau l'Empire en m'écartant, moi, leur problème. C'est l'idée que je leur avais partagée, que j'avais inscrite au travers d'un long discours, sur de nombreuses feuilles que mes gardes avaient prit soin d'afficher dans toutes les ruelles de l'Empire. Il n'y avait aucune trahison, aucun coup bas. Je n'ai transmis aucun de leur secret, je n'ai pas même cherché à leur nuire. Je n'ai fait que respecter ce qu'ils me reprochaient, et partir comme si je n'avais jamais vécu parmi eux. Et sais-tu quoi...  »

Sa bouche se tordit légèrement dans une mimique équivoque ; il en était malade.

« Shinrin Hanzô afficha une prime à mon égard, et me fit rechercher par l'ensemble de la Coalition... voulant me voir mort. »

Toujours sur ses genoux, il cambra légèrement son dos pour s'allonger vers l'avant, suffisamment jusqu'à récupérer le pommeau de son arme, et la faire lentement tournoyer sur elle-même pour la recueillir dans son fourreau. Il retrouva enfin sa position.

« Tu connais le paysage maintenant, Yume. Il est tel que je te l'ai décris. Et je comprends que tu ne souhaites croire simplement mes mots, alors si tu veux le voir de tes propres yeux... »

Une nouvelle fois depuis quelques dizaines de secondes, alors qu'à de nombreuses reprises son regard s'était épris pour les planches de bois qui recouvraient le sol, c'était dans ses yeux qu'ils se concentrèrent.



« Viens avec moi. Jusque dans l'Empire. Viens attester avec moi de sa folie. »


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Dernière édition par Sendai Yahiko le Mar 30 Aoû 2022 - 14:44, édité 2 fois
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Mar 30 Aoû 2022 - 11:39

Aux prémices de Wasure


Il se passa bien quelques longues minutes dans ce silence marbré, mais celles-ci ne ressemblèrent qu’à des secondes. Tu ne sens son emprise que par la chaleur qui se dégage de ses paumes et qui se refusent finalement à te montrer leur vivacité. Une forme de pudeur ou de respect qui te rassurait; tu n’étais pas le genre de personne qu’on pouvait effleurer. Depuis toujours, tu étais ce joyau qu’on touchait avec les yeux, de part ton titre d’abord, puis par tes propres limites. Pourtant, cette discussion avait renversé bien des principes, et faisait de toi une confidente sur laquelle pleurer. La tiédeur de ses larmes, elle réchauffe ton dos en s’y camouflant furtivement. Tu préférais ça que le néant; que la morsure de cet hiver injuste.

Son merci se perd dans la pièce, mais c’était plutôt à toi de le remercier d’être revenu sain de son périple interne. Souvent, tu culpabilisais de n’être que cet outil de déstabilisation, de quête personnelle, mais parfois, tu aimais à croire que tu étais peut-être née pour ça. Née pour ton peuple, née pour ses caprices, ses besoins, ses envies, ses rêves comme ses cauchemars.

Finalement, Yahiko s’autorise une caresse éphémère, le juste retour de tes gestes. Mais il l’avait fait dans la manière, et se dégageait déjà de ton emprise avec un visage apaisé : de retour à lui-même, malgré l’histoire inchangée, malgré ses maux toujours présents. Ça te suffisait, tu ne voulais pas de quelqu’un qui rejetterait son passé, mais bien d’une âme prête à vivre avec, sans en tomber sous l’influence.

Une fois de plus il se confie, sur son rôle ingrat, sur l’espoir qu’il avait eu de réunifier la terre des braises en devenant leur ennemi commun. Mais il considérait que c’était un échec. Toi, tu ne pouvais qu’entrapercevoir des mots, au mieux des illustrations qui peignent et repeignent son histoire à mesure qu’il l’explique.

Il y a cependant des choses que l’esprit ne peut pas imager; les sentiments. Et ce flou artistique était suffisant pour te bloquer dans toute forme de prise de décision. Mais cette fois, il n’est plus question de meurtre, il n’est plus question de pouvoir; il est question de conscience, de visibilité, et de témoignage.

Yahiko t’invite sur un chemin qu’il juge essentiel, cette prise de vision. Tu le sais intérieurement, il a raison. S’il voulait te convaincre, s’il voulait ton aide, il devait t’amener au plus proche de sa vérité. Cette confrontation dérogeait avec tout ce que tu avais prévu, tout ce que tu pensais être capable de faire… Mais indirectement, elle te rappelle ta première lettre. Celle qui lui réclame une aide, celle qui lui demande d’attester de tes idéaux. C’est là que ton esprit percute : Peut-être devais-tu commencer par en faire autant pour les autres que ce que tu espérais qu’ils fassent pour toi. Alors, ta décision se lime, s’affine à la manière d’une lame qu’on affûte; pas pour gagner une bataille non, mais pour se parer à la mener.

- Soit… Si tu penses que mon regard peut-être suffisant à calmer cette ardeur qui te brûle, je te suivrais Yahiko. Après tout, je t’en demande autant pour Wasure, alors si ce voyage est essentiel à ta quête de rédemption, à notre quête globale, je te le dois.

A ces mots, tes yeux observent ses mains, ce duo intègre qui prend soin de tout, qui enlace, qui forge, qui essuie les larmes, qui caresse, qui donne et reprend.

- Une main lave l’autre.

Cet engagement de parole, il en disait pourtant long sur ton état actuel. Tu suivrais le vent qui souffle en ignorant tout de sa provenance; mais en étant persuadée qu’il te mènerait à un lendemain nécéssaire.



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Mar 30 Aoû 2022 - 16:29
Le Sendai le savait : tout serait bien plus compliqué que ce qui avait été avancé lors de cette discussion. En réalité, les plans et les idées qu'il avait esquissé dans son esprit sur un plan encore frais devaient être approfondis, requestionnés, réfléchis et remis en question jusqu'à ce qu'il ne trouve l'idée qui lui soit la plus convenable, la plus envisageable. Jusque là, il avait réussi à entrevoir quelques bribes, quelques fragments, un angle d'attaque qui lui paraissait pertinent.

Mais quid de sa sécurité, ainsi que de celle de la Byakuren ? Comment pouvait-il s'assurer que l'Empire ne lui tourne pas le dos, au dernier moment, malgré tous ses projets les plus fous et ses intentions les plus bonnes ? Sa perspective et son calcul devaient assurer les risques, jouant sur une méritocratie qui, pour eux, leur avait fait faux pas. Quels étaient les détails sur lesquels il pouvait jouer, en tentant d'anticiper la pire des situations ?

Pouvait-il jouer sur le jeu de l'honneur, il y gagnerait contre son opposant. Car lui avait joué selon les règles, jusqu'à se hisser à leur sommet, là où l'autre n'avait récupéré qu'une place sans y prouver sa hardiesse.

Mais malgré tout cela, ce plan engageait surtout le risque que la Byakuren ne puisse percevoir toute l'étendue de l'aliénation de l'homme qu'il traquait. Le chasseur chassé devenait une proie, mais le Nivéen le savait capable, face à des inconnus, de jouer la carte du bon samaritain. De celui qui défendait les valeurs, de celui qui était la cible de toute la haine. Il ne devait oublier ces détails, qui étaient tant de cartes qui pouvaient être jouées contre lui. Tout simplement, il ne pouvait disposer du temps nécessaire afin que la Candide ne puisse s'apercevoir de tout ce que le Sendai voulait lui montrer.

Il n'avait plus le choix. Il devrait progresser sur ce long fil noir, sur ce long cordon instable qui séparait la confiance de la trahison.

De toutes façons... qu'avait-il de plus à perdre ? Ce moment était le climax de toute sa rédemption, la bascule de son retour vers la vie.



« Soit... »

Il s'accordait, et là était la solution la plus sage. En se refusant de tuer, il protégeait sa raison, son rapport à l'international, les valeurs qu'il défendait tout en maintenant des solutions. Parce que même enfermé six lieux sous terre, Shinrin Hanzô était tant soumis à sa cupidité qu'il n'avait plus de choix, malgré l'orgueil, que de défendre le pouvoir qu'il avait. Le jour de l'affrontement, qui serait également le jour de sa libération, il n'aurait pas le choix. Malgré tout l'asservissement dont il aurait été la victime, il serait tout de même amené à protéger ce qu'il avait de plus cher. Ce qui le faisait supérieur à tant.

« Je prendrai les dispositions nécessaires pour ne pas avoir à le tuer... Mais j'espère que tu n'as pas oublié la situation dans laquelle la Coalition est, et l'Empire est, à cause de cet homme. J'ai le devoir de l'exécuter, tu sais, si le besoin en est. Parce qu'il est capable de tout annihiler par simple frustration, en éveillant son Dieu sur sa propre patrie. »

Il expira un coup. Il savait que cela pouvait engager un énième débat sur un autre désaccord à ce sujet là, mais il espérait que son amie puisse le comprendre. Sa situation était on ne peut plus délicate, au même titre que ses responsabilités étaient intransigeantes. Il avait ce devoir là.

« Nous aurons encore à discuter. J'espère que tu réalises qu'en acceptant de m'aider, tu acceptes l'idée selon laquelle récupérer mon titre d'Empereur me permet d'aider Wasure. Tu n'avais pas l'air de cet avis là, tout à l'heure, mais je pense qu'au vu de tous les moyens dont nous aurons besoin pour les aider sur place, cela sera essentiel. Aussi, Wasure n'est pas oublié, je ne t'utilise pas simplement pour retrouver ma place dans le Yuukan. Et nous aurons encore besoin d'affiner notre plan, une fois que nous nous orienterons vers le pays oublié... »

Il prit un court temps, avant de procéder aux prémices de la conclusion de cette première grande discussion.

« D'ici là, la situation aura changée. Nous en reparlerons lorsque nous nous apprêterons à accoster. En attendant... »

Un petit sourire se dessina sur le coin de ses lèvres.



« Si tu n'as rien d'autre à me dire, je pense qu'il est temps, si tu le désires, de l'appeler. L'une des personnes qui pourront nous accompagner à Wasure, et pour qui je serais capable de donner ma vie. »

Laissant planer un silence, il se douterait qu'elle n'était capable de savoir de qui il parlait. Mais il lui laissait toutefois l'opportunité de rappeler certaines réponses.

Car de cette discussion, tant d'interrogations étaient laissées sans solution. Tant de zones d'ombres persistaient et côtoyaient l'ignorance.


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Ven 2 Sep 2022 - 15:01

Aux prémices de Wasure


De retour à une position de noblesse, en seiza, ton azur constate le sein qui brille et s’éteint par accoups. Tu n’avais pas besoin de bien plus que sa promesse de faire preuve de modération; après tout, il t’emmenait avec lui sur le chemin de ses vices; il te devait au moins cette tempérance.

- J’entends.

Un unique mot qui voulait pourtant en dire beaucoup. Tu étais consciente que certaines décisions ne dépendaient pas d’une unique leçon de morale. Mais cette idée, tu l’avais acceptée à l’instant même ou tu avais décidé de suivre ses traces jusqu’au coeur de l’Empire.

- Oui, je pensais simplement que tu confondais remontrances personnelles et but commun…

Intérieurement, tu restais persuadée que ses maux internes avaient toujours cette influence, mais tu savais désormais que tu ne pouvais plus la juger sans comprendre réellement la situation.

- … Mais je confonds peut-être moi même vitesse et précipitation. J’espérai que nos propres mains suffiraient à caresser cette île sans la brusquer. J’imagine qu’omettre d’envisager que cela ne suffise… serait une forme de manquement.

Amèrement, tu regrettais d’être plus un poids qu’un voeu de protection idyllique. Tu le savais mieux que quiconque; il n’y avait jamais de meilleur choix, juste le moins pire. Alors la logique de Yahiko était une nuance de plus à ta palette, sous condition que sa source soit véritable. Tu ne voulais pas servir d’épée de Damoclès ; tu voulais être le bouclier. Et ce voyage vers le feu, il avait une volonté plus tranchante qu’amortissante.

Il introduit finalement la fin de votre entrevue, présentant une lumière nouvelle à vos plans. Une âme qui se greffe à vos projets, mais qui semblait avoir l’entière confiance du Sendai. Tu ne trouvais rien à dire; car une fois de plus, il ne s’agissait pas d’un songe que tu pouvais atteindre et toucher. Alors tu fais ce que tu savais faire, accueillir ce qui se présenterait à toi; même si ça pouvait te tuer.

- Très bien.

Tes genoux se délient, élèvent ton corps dans un mouvement aussi pur que ta crinière d’argent qui en subit le mouvement. D’un geste de la main, tu l’invites à prendre la sortie du temple :

- Ton voyage a été long, tu devrais aller te reposer. Le palais n’est qu’à quelques minutes de marche d’ici; dans un renfoncement un peu plus secret que cet endroit.

Tu l’invitais à te suivre, n’attendant pas qu’il sorte le premier pour introduire votre cheminement. Le temple était un lieu de recueillement; mais il n’avait pas à supporter vos maux plus longtemps. L’instant était au repos, à la retombée des songes et à leur maturation.



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Sam 3 Sep 2022 - 15:54
Peut-être que le discours qu'elle lui avait tenu jusque là, il le lui aurait rendu à l'identique si les positions étaient inversées. Le Sendai n'était pas dupe, il s'essayait même à asseoir quelques brins de lucidité dans son esprit bien trop soumis à la peur, à l'angoisse de ne plus être compris. Il ne connaissait véritablement le passé de celle qui l'avait réconforté, quelques instants plus tôt, mais lui-même s'était entiché d'une paix aussi naïve qu'étonnamment accessible depuis sa plus tendre enfance. Et quelle ne fut pas son erreur. L'Empire le lui avait démontré à de bien nombreuses reprises. Elle n'était ni évidente, ni facile. Ni blanche, ni objective, et elle n'était certainement pas interprétée de la même manière par tous. Pire que cela, certaines luttaient contre elles, obligeant ses convoiteurs à se plier à des dilemmes toujours plus inhumains, car là résidait le pouvoir du mal.

Yume était tellement innocente, comme lui l'était. S'était-elle imaginée une seule seconde que le peuple de Wasure puisse ne pas accepter l'aide de shinobis ? Avait-elle soupçonné le moindre instant que l'aversion de tous ces prisonniers pouvait être si importante qu'ils seraient chassés, peut-être même tués par simple esprit de vengeance ? Ils ne pouvaient en être parfaitement certains. Car eux avaient été trahis, abandonnés et mutilés depuis tant d'années. Peut-être n'était-ce pas à quelques inconnus de venir les tirer de là. Voilà quel était l'intérêt du pouvoir qu'il souhaitait récupérer... de leur offrir des opportunités qui leur étaient interdites, seuls.

Il la voyait s'ouvrir à ses propositions, et il en tirait une grande preuve de sagesse. Non pas parce qu'il avait raison, lui-même ne savait pas s'il détenait les clefs qui ouvriraient les portes de la liberté à tous ces renégats. Mais il appréciait l'idée de remise en question. Ils auraient besoin de moyens pour les secourir, et ce n'était hélas pas forcément fournis d'une seule très bonne volonté qu'ils pourraient renverser la balance.

« Je suis content que tous ces malentendus se soient dissipés. », dit-il en souriant doucement, l'esprit toujours battu par l'illusion qui l'avait bien amoché moralement.

Puis il s'avança, à son tour. Il se dirigea vers la porte du temple, suivant ses pas qui quittaient la pièce.

« Tu as raison, reposons nous. Mon amie ne devrait plus tarder à arriver, d'ici quelques jours. Tu la connais, d'ailleurs. Elle a aidé à te sauver. »

Et c'est en restant sur ce flou qu'il partit cette fois se coucher, dans un Palais dont l'appellation l'inquiétait certes, avant que tout ne se dissipe par un biais.

Celui de la confiance qu'il bâtissait en la Byakuren. Parce que c'était ce que la journée avait fait de mieux.


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Aux prémices de Wasure [PV : Byakuren Yume]

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