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Chasse au quoi quoi quoi ? [PV Nara Keigan]

Hagiwara Kentaro
Hagiwara Kentaro

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Mar 9 Aoû 2022 - 19:06
« L’aventure, c’est le trésor que l’on découvre chaque matin. »
De Jacques Brel, chanteur, compositeur et parolier belge.

Eté 201.
Kumo, capitale du Pays de la Foudre.


Qu’est-ce qu’il faisait chaud ! Assis à la terrasse du premier étage, je regardais les passants s’afférer dans les rues en contrebas d’un œil absent. J’étais venu à Kumo avec Toshiaki, mon oncle, et Hiro, mon grand-père, tous deux issus de la branche paternelle de la famille. Commerçant de père en fils, Masanori, mon père, avait insisté pour que je les accompagne malgré mes réticences. Bien que je conçoive l’importance d’ouvrir une nouvelle route commerciale entre la capitale du Pays de la Foudre et Urahi, je considérais que ma place était auprès d’Hatsuka, ma femme. Elle était enceinte de trois mois et demi. Dernièrement, elle avait été prise de nombreux vertiges et avait dû arrêter un grand nombre de ses activités physiques. Bien que je sache pertinemment que les femmes de notre entourage familial lui viendraient en aide à la moindre petite perturbation, je me languissais déjà de sa présence…

… A moins que la situation dans laquelle je me trouvais m'ennuie plus qu’autre chose ? Cette donnée était à prendre en considération. Depuis qu’elle attendait notre enfant, Hatsuka avait des demandes étranges, voire même incompréhensibles pour mes petites cellules grises d’australopithèque. Quelques jours avant mon départ, elle m’avait fait tout un flan pour pouvoir manger des sardines à la confiture. Après un débat tumultueux qu’elle gagna haut la main, je dus lui préparer cet immonde plat. Lorsque vint le moment de passer à table, elle se mit à pleurer parce qu’on avait séparé les sardines de leur famille et que, quelque part, un bébé sardine cherchait ses parents. Elle avait refusé de manger le poisson et avait alors opté pour du riz au curry… et à la confiture.

Ce genre de petits moments privilégiés avec ma femme ne me manquaient absolument pas. Comment voulez-vous que je comprenne une personne du sexe opposé quand je fais face à ce genre de circonstances ? Je ne peux pas régler des problèmes que je ne comprends visiblement pas de base. Lorsque j’osais répondre, la gente féminine me regardait avec de grands yeux, comme si je venais de jurer tout haut. Généralement, je me faisais mettre à la porte car, selon ma mère, je ne disposais pas des bonnes aptitudes pour régler ce genre d’affaires en bonnes et dues formes.

J’aurais donné cher pour savoir ce qui se disait durant ces réunions exclusivement réservées aux individus disposant d’un utérus… quoi que… non, en fait, non ! Je préférais rester ignorant. Je n’étais pas fou au point de me retrouver coincé entre ma mère, ma belle-mère, mes grands-mères, ma femme, ma belle-soeur et les aînées de ma belle-famille. C’étaient des personnes tout à fait charmantes mais dont le caractère ferait pâlir d’effroi le plus grand des shinobis de notre monde. Je serais même prêt à parier qu’elles seraient capables de faire trembler les morts dans leur tombe.

Bah ! A quoi bon ressasser tout ça ? J’étais coincé à Kumo. Mon oncle avait insisté pour que je me repose. Nous avions travaillé d’arrache-pied depuis que nous étions arrivés en ville. En repensant à notre entrée dans la métropole, je fis une grimace : les contrôles à l’Arche Grise avaient été interminables. Je comprenais que les shinobis en faction ne faisaient que leur travail, mais tout de même ! Nous n’étions pas des criminels. Cela me paraissait presque surréaliste de voir autant de sécurité pour d’honnêtes gens. Je m’étais bien gardé de faire le moindre commentaire. Grand-père m’avait assuré que Kumo ne rigolait pas avec la sécurité. Faire le fanfaron ne m’aurait donc attiré que des ennuis.

Foi d’Hagiwara, j’avais bien mieux à faire que de m’attirer des tracas ! Enfin, non… Dans l’immédiat, je n’avais pas mieux à faire. J’aurais aimé avoir la possibilité de rencontrer la famille de grand-mère Sakura mais ces derniers n’avaient pas jugé bon de répondre à mes lettres. J’avais su qu’ils avaient reçu mes écrits puisque le secrétaire de l’aîné - dont j’avais complètement oublié le nom - avait daigné m’envoyer paître par missive recommandée.

Je poussais un profond soupir, finis ma chope d’une traite puis quittais la taverne après avoir payé mes consommations. Je me mis à déambuler dans l’un des quartiers de la cité. Visiblement, à la vue des constructions que je croisais, c’était une zone résidentielle où vivaient des personnages plutôt aisés. En somme, rien de bien intéressant pour satisfaire mon ennui. Mes pas finirent par me conduire dans le quartier marchand. Ma moue maussade se transforma en un magnifique sourire doux et sincère. Voilà qui promettait d’être passionnant.

J’appréciais particulièrement l’ambiance de ces faubourgs où marchands venus des quatre coins du pays - et au-delà - venaient vendre leurs produits. Les idées se confrontaient alors dans un mélange d’odeurs, de couleurs, de formes et de franc-parler. C’était une atmosphère des plus particulières : cet air avait ce petit quelque chose qui ouvrait les esprits sur le monde. Je me mis à farfouiller un peu à droite, à gauche, en espérant trouver le cadeau que j’avais promis de ramener à Hatsuka.

Après plusieurs heures de recherches infructueuses, je finis par m’asseoir sur un banc. Celui-ci se trouvait dans un petit parc. Ce dernier était situé dans une petite rue adjacente à l’allée principale. Le brouhaha des grands magasins se firent plus lointain. Mes oreilles eurent alors la chance de capter le chant d’un oiseau. Une petite bise se mit à souffler et vint rafraîchir mon visage rougit par l’effort. Que faire ? Si je ne trouvais rien aujourd’hui, je n’aurais pas d’autres occasions de faire des recherches avant mon départ.

Alors que je réfléchissais à la meilleure stratégie à mettre en place pour atteindre mon objectif, le son léger d’un carillon se fit entendre. Tout d’abord, je n’y prêtais aucune attention, trop absorbé par mes réflexions. Le soupir d’une vieille femme vint se caler sur le tintement de la petite clochette. Surpris, mes pensées s’envolèrent l’espace d’un instant et mes yeux se posèrent sur une personne âgée dont le visage avait été marqué plus que de mesure par le passage de la vie. Elle se tenait devant une petite échoppe qui était sur le point de fermer.

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Devanture du magasin.

Je l’interpelais alors qu’elle tentait de rentrer le chevalet en bois se trouvant devant sa boutique :

« Grand-mère ! Laissez-moi vous aider ! »

Je fus auprès d’elle en quelques pas. La différence de taille avec mon interlocutrice était impressionnante. Elle semblait si frêle et si fragile. Je soulevais le panneau sans difficulté.

« Où puis-je vous le déposer ? »

La vieille me toisait derrière ses paupières à moitié closes.

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Légende : Yulia Vishnevskaya, de Saatchi Art.
La vieille, propriétaire du magasin.

« Toi, tu n’es pas du coin ! »

« Hélas, non, grand-mère. Je viens d’Urahi. Je suis en déplacement avec mon oncle et mon grand-père pour affaires. Nous tentons d’ouvrir une nouvelle route commerciale entre Kumo et Hi no Kumi. »

« Et bavard ! »

Je rougis prestement.

« Ma femme me le dit souvent. »

« Elle n’a point peur de te laisser courir ainsi, ta femme ? »

« Pourquoi cette question ? Vous trouvez que j’ai l’air d’un petit con qui va voir ailleurs dès qu’Hatsuka a le dos tourné ? »

Pour la première fois depuis le début de la conversation, la vieille sourit.

« Et de la répartie, en plus ! »

J’haussais les épaules.

« Si je fais une connerie, elle le saura tout de suite ! Même si elle se trouve à plusieurs centaines de lieux. Vous savez, ma femme serait capable de faire le trajet rien que pour me mettre une paire de claques… Je ne préfère pas tenter le diable, vous comprenez ? En plus, elle est enceinte… Dans ces conditions, j’ai plutôt intérêt à me tenir à carreaux. Parce que là, si je fais une connerie, c’est ma tête que je joue ! »

Je fis une petite moue.

« En plus, ça serait très malvenu de la déranger ! »

La vieille éclata de rire. Ses rides se mirent à danser au rythme de ses gloussements.

« Mon p’tit gars, tu me plais bien ! »

Moi ? Petit ? Mais, je faisais presque quarante centimètres de plus qu’elle. Elle devrait revoir l’ordre de grandeur de ses mesures. Elle m’invita d’un signe de la main à la suivre à l’intérieur du magasin. Je soulevais le panneau en bois et la suivis sans me faire prier.

« Que cherches-tu pour ta chère et tendre ? »

« Pardon ? »

« Ne prends pas cet air surpris. Un gars comme toi ne doit pas avoir beaucoup de temps pour lui lorsqu’il est en déplacement. Pourtant, je te vois tourner dans le quartier depuis quelques heures à la recherche de je ne sais quoi. »

« Comment savez-vous que je traînais dans le coin, grand-mère ? »

« Je suis vieille, mais pas aveugle. Les clients se font de plus en plus rares dans ma boutique. J’ai donc beaucoup de temps pour observer la zone marchande depuis le balcon du premier étage. Ce que j’y vois est toujours des plus instructifs. »

Elle s’arrêta au milieu de la pièce. Elle pointa du doigt le centre du mur sur notre droite.

« Pose le panneau ici ! »

Lorsque ce fut fait, elle reprit sa route et passa dans la pièce d’à côté. Elle se dirigea directement vers un vieux buffet, l’ouvrit et en sortit une boite encore plus vieille. Elle me la tendit sans hésitation. Je la pris entre mes mains et me mis à l’observer sous tous ses angles.

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Boîte contenant le premier indice de la chasse aux trésors.

« Cette boîte appartenait à mon défunt mari. Elle était transmise dans sa famille de père en fils. De son vivant, nous n’avons jamais eu d’enfants. Toutefois, il se servait régulièrement de ce coffret lors des chasses aux trésors qu’il organisait pour les gosses de l’orphelinat. Cet orphelinat, c’était toute sa vie. Lorsqu’il est mort, ce lieu s’est éteint avec lui. Jamais personne n’a réussi à venir à bout de sa dernière chasse aux trésors… Je te fais temporairement don de ce boîtier. Il contient le premier indice. »

J’étais quelque peu gêné par la situation.

« Je vous prie d’accepter mes plus sincères condoléances. »

Je déglutis difficilement.

« Néanmoins, je… Je ne suis pas sûr de comprendre. »

« Tu parles, tu parles, mais tu es long à la détente. Si tu arrives au bout de cette chasse aux trésors, tu trouveras ce que tu es venu chercher pour Hatsuka. »

« Euh… comment est-ce possible ? Je ne sais déjà pas moi-même ce que je cherche. »

Je secouais vivement la tête.

« Et puis, là n’est pas le problème, grand-mère. Cette boîte appartient à votre défunt mari et… »

« Appartenait ! Elle t’appartient désormais… Mais pour un temps limité. »

« Oui, oui, si vous voulez. Toutefois, je ne pense pas être le légitime propriétaire de cette boîte. Votre mari a pris sous son aile de nombreux enfants. Beaucoup aimeraient pouvoir entrer en possession de cet objet… »

« P’tit gars, ne remets jamais en cause le flair d’une vieille dame. Ceux qui avaient des droits sur cette boîte y ont renoncé. Je t’ai observé, je t’ai jaugé, je t’ai jugé. Voici ma sentence : tu es propriétaire de cette boîte jusqu’à ton départ pour Urahi. Si tu arrives, dans le temps imparti, à venir à bout de cette chasse aux trésors, tu deviendras le propriétaire légitime pour un temps indéterminé de ce boîtier. Dans le cas contraire, tu me remettras cet objet. »

La vieille dame ne s’était pas défait de son petit sourire. Une flamme joyeuse et joueuse dansait dans son regard. Puis, sans un mot de plus, elle me mit à la porte. J’eus beau frapper, personne ne me répondit. Me voilà bien, avec cette maudite boîte ! Je finis par retourner dans le petit parc en face de la boutique. Je m’assis à nouveau sur le banc et me mis à tourner le coffret dans tous les sens. Aucune serrure apparente. En le secouant, un bruit sourd se fit entendre : il y avait donc bien un objet à l’intérieur. Comment allais-je bien pouvoir l’ouvrir ?

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