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Un instant de répit [Saikô Kenshi]

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Mer 11 Juil 2018 - 21:50
Le soleil avait percé, très tôt ce matin-là, à travers le rideau de brume qui enveloppait le village. Une couche de lumière pâle et grise s'était déversée sur les maisons, les inondant d'une clarté soudaine. Sho s'était levé de bonne heure, avant même le soleil. Dès son réveil, il sentit cet étrange sentiment, qui l'habitait depuis qu'il était arrivé à Kiri, s'emparer de lui pour ne plus le quitter de la journée, sans doute. Il était habitué, maintenant, à cette sourde étreinte de solitude et d'impuissance, qui le prenait tous les jours, à l'aube. Et c'était pour y échapper -à moins qu'il ne veuille plutôt s'y vautrer pour en retirer quelque peine ?- qu'il avait ce matin devancé le soleil. Il s'était habillé, avait mangé légèrement, et, sans prendre sa masse d'armes, était sorti.

Il marchait seul, ou presque, dans les rues du village, désertées au petit matin. Il apprenait à connaître ce village qui lui paraissait si hostile, en temps normal. Au petit matin, alors que le ciel était encore d'un bleu sombre, Kiri paraissait plus paisible, et bien plus accueillante. Les façades des boutiques dormaient encore, muettes, semblant s'apprêter pour un nouveau jour de travail, ne vomissant pas encore leur flux de clients et de marchandises. Le pavé ne battait que du talon de Sho, et il distinguait seulement maintenant le son clair et si particulier qu'il provoquait. L'air était encore frais, plein de rosée et d'humidité. Sans doute la journée serait-elle chaude. Elles l'étaient souvent, en été, même dans les marécages de Mizu no Kuni. Sho claqua machinalement de la paume un moustique un peu trop téméraire. Puis, d'un bond agile, il s'envola vers les toits, où il poursuivit sa marche.

Il s'assit sur le toit rond et plat d'un petit bâtiment qu'il ne connaissait pas. Là, perché sur ce qui lui semblait être le sommet du monde, il se recroquevilla, enserrant ses genoux de ses bras, et regarda le jour se lever sur Kiri. Le silence régnait encore, mais pour combien de temps ? Bientôt, sans doute, les travailleurs les plus obligés se mettraient à la tâche. Peut être certains étaient-ils déjà à l'oeuvre. L'épaisse chape de brume qui dissimulait le village empêchait d'y voir très loin. L'horizon était comme bouché par cette lourde nappe de brouillard, éternelle et pesante. Et elle rendait d'autant plus mystiques tous les petits bruits de la nature qui parvenaient à la percer pour emplir discrètement l'air du village. Derniers hululements, clapotis d'eaux stagnantes, chants de crapauds.

"Nuages de brouillard
faisant de leur mieux rapidement pour montrer
cent scènes"

Oui, tout un monde semblait se profiler dans la discrétion de cette brume. Kiri vivait isolée de l'univers, comme piégée. Etait-ce là le prix de la sécurité ? L'isolement le plus total, la vie farouche des guerriers craintifs, attendant la guerre à tout instant, prêts à brandir les armes. Sho ne se sentait pas prêt du tout à s'armer dès le premier ordre. Il avait imaginé la vie de shinobi bien différente de celle de simple soldat. Il n'en était encore qu'à ses balbutiements, après tout. N'était-ce pas commun pour une nouvelle recrue comme lui d'être en proie au doute ? Une vérité générale qui ne pouvait sans doute lui apporter aucun réconfort. Simplement, il se sentait comme une figure de plus dans la masse des shinobis de Kiri. Cette même masse qu'il ne pouvait s'empêcher de voir comme de la chair à canon, appelée à être sacrifiée à la première occasion venue.

Il se leva, agacé. Il n'aimait pas se plonger dans de trop sombres pensées, qui n'avançaient d'ailleurs à rien. Il sauta de toit en toit jusqu'à retomber sur le pavé. A présent, les rues étaient illuminées de cette lueur pâle du petit jour. Quelques matinaux battaient le pavé. Sho ne les voyait pas, l'esprit trop pris par sa propre rancune contre lui-même. Il n'est donc pas étonnant qu'il percutât maladroitement quelqu'un de l'épaule. Il réagit au quart de tour, sentant le sang lui monter à la tête, échauffé soudainement par ce choc qui ne faisait que redoubler son irritation. Pourtant, il se contint, et sentit aussitôt sa colère retomber. Déçu par lui-même, triste d'avoir risqué de s'emporter, il pinça les lèvres et baissa le regard.

"Désolé ... J'ai pas les yeux en face des trous, ce matin ..."
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Jeu 12 Juil 2018 - 12:57


Saiko Kenshi & Kagai Sho


Un instant de répit




Il faisait encore nuit à ce moment-là. Encore, car ce n’est pas la première fois que Kenshi se trouve dehors alors que seul les plus courageux sont encore dans les rues, ou les plus alcoolisés tenant encore sur leurs jambes en sortant des bars. Oui, ce n’est pas la première fois. Cela fait bien des années que le jeune homme n’avait pas dormi tranquillement. Les rares fois où il dort sont les fois où il fait des malaises à cause de cette fatigue. Et ces moment sont très courts puisqu’il est réveillé quatre ou cinq heures après à cause des cauchemars qui le hantent. Effectivement, ce n’est pas simple pour lui, mais c’est un choix : le choix de ne pas revivre éternellement ce moment.

La nuit était fraîche et comme chaque nuit, Kenshi tentait de s’évader de ces pensées sombres. Plus sombre que cette fameuse nuit qui laissait sous-entendre vouloir lui transmettre un message. Devant l’immensité du ciel, il marchait, ou plutôt errait dans les rues, sans jamais faire attention à la destination qu’il prenait, passant devant tantôt devant des groupes et personnes, tantôt à proximité de femmes de la nuit qui tentaient de l’accoster afin d’obtenir un peu d’argent pour leur patron qui ne leur verseraient qu’un faible pourcentage des bénéfices. Mais il n’en avait que faire, ce n’était pas son problème. Chacun vit comme il l’entend, regardant devant sa propre porte et les moutons seront ainsi bien gardés.

Les lumières du village étaient éteintes et les ruelles ne restaient légèrement éclairées qu’avec l’aide des enseignes des derniers commerces ouverts et de cette immense boule blanche dans le ciel appelée « Lune ». Le léger vent frais de nuit d’été faisait frémir Kenshi. Il se sentait vivant lorsque ces poils s’hérissaient au contact de ces brises mais également lorsqu’elles entraient dans son corps, empruntant le chemin de son nez, puis sortant par sa bouche à la vitesse de ses lentes inspirations et expirations.

Le temps continuait de filer autours du Genin qui était arrivé au village de Kiri Gakure no Satô puis une année à présent. Déjà un an, que le temps passe vite se disait-il. Il n’avait pas de contact dans le village et n’avait réussi à avoir aucune information sur les événements l’ayant marqué à vie lorsqu’il était encore qu’un enfant. Il avait beau tenter de penser à autre chose, ces idées noires ne faisaient que revenir dans son esprit, ne le laissant en paix que de vulgaires minutes.

C’est au détour d’une ruelle qu’il fut perturbé et s’arrêta un cours instant. Le soleil commençait peu à peu à se lever, la nuit sombre de couleur passant progressivement du noir au bleu marine, avant que le ciel ne devienne légèrement rosâtre. Un rayon qui avait réussi à passer furtivement entre les bâtiments percuta une fenêtre qui renvoya ce dernier dans l’œil droit de Kenshi. Détournant son regard, il vit un buisson sur sa gauche. Le buisson avait de multiples branches tombantes à cause du poids de l’eau dû à la rosée du matin. Il passa alors sa main sur ces branches qui remontèrent à leur place d’origine immédiatement après. Comme un ressors.

Mais alors qu’il regardait ce buisson, ces pensées retournèrent à son vécu et son regard s’éteignit tout à coup, laissant place à un visage inexpressif. Tel un zombie dans les rues de la brume, il reprit son chemin sur quelques pas seulement avant de sentir un impact contre lui, impact localisé sur son épaule droite. Une voix de fit entendre à ses oreilles quelques secondes après ce léger choc. La personne venait de s’excuser, expliquant qu’il « n’avait pas les yeux en face des trous ». Pour dire vrai, l’erreur venait également de Kenshi. La rue était longue, et cela faisant un moment qu’il aurait dû voir qu’une personne arrivait dans sa direction. Il était dans le même cas, c’était de sa faute aussi. Alors qu’il levait les yeux dans la direction de la voix, il découvrit la personne porteuse de ces mots. Un jeune homme d’environ son âge qui semblait lui aussi être un shinobi de Mizu no Kuni.

Kenshi n’était pas très familier avec la communication. Non pas que c’est une personne introverti, mais il ne s’intéresse pas vraiment aux personnes ne pouvant lui présenter un certain intérêt. Il se contenta d’essayer de sourire, ce qui fut un échec puisque son expression ressemblait plus à une grimace qu’autre chose.

« Pas de soucis ».

Il reprit alors sa route, laissant son regard à nouveau divaguer et errer comme un spectre dans la rue qui était de plus en plus vivante, au même rythme que le soleil apparaissait. Mais c’est seulement quelques pas plus tard qu’il se rendit compte de sa possible erreur. Il s’il se trompait ? L’homme avec qui il venait d’échanger quelques mots à l’instant avait peut-être un certain intérêt après tout, puisqu’il ne le connaissait pas. Kenshi, faisant demi-tour pour aller à nouveau à sa rencontre, pu constater que l’autre jeune garçon avait le même regard vide. Le jeune sabreur prit de la vitesse en accélérant la cadence de ses pas jusqu’à venir à nouveau en contact, épaule contre épaule. Le visage de Kenshi arbora un large sourire, légèrement hébété et amusé, mais qui pour une fois était sincère.

« Désolé ... J'ai pas les yeux en face des trous, ce matin ... »


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Jeu 12 Juil 2018 - 23:17
Sho sourit à la légère effronterie de cet inconnu. Il semblait que c'était justement là ce dont il avait besoin pour se tirer de son état de repli absolu sur lui-même: interagir avec quelqu'un, qui saurait lui faire regarder ailleurs que son propre nombril pour relever un peu les yeux. Des pensées qui pouvaient paraître dures, mais qui prenaient tout leur sens dans l'esprit de Sho, car s'il détestait quelque chose plus que le fait de se morfondre, c'était bien de se morfondre avec le mépris le plus total pour le reste du monde. Or, c'était justement vers ce bord-là qu'il semblait pencher, de plus en plus, et sur une pente très glissante. La solitude a cela de terrible qu'elle est à la fois poison et mal. Une vérité générale bien imprudente, mais qui a au moins le mérite d'être claire.

Sho avait donc souri, et d'un sourire qui, quoique teinté d'une légère tristesse, aux commissures des lèvres, semblait pourtant bien sincère. Il n'aurait su vraiment quoi dire à ce garçon inconnu, qui semblait lui aussi plongé dans quelque mal secret, mais qui arrivait cependant à puiser une force suffisante dans son malheur pour éclaire celui des autres d'une petite lueur d'inhabituel, d'insolite, d'amusement. Un instant, Sho resta immobile, ne sachant trop quoi répondre à cette avance soudaine et surprenante à égayer à deux une matinée trop morne. Finalement, il se contenta de dire:

"On a qu'à faire un bout de chemin ensemble. On y verra peut être mieux, comme ça ..."

Et sans attendre de réponse, il reprit sa route, persuadé que l'autre le suivrait bien, qu'il ne laisserait pas aller tout seul un homme qu'il semblait vouloir tirer de ses malheurs. Et il ne tarda pas à entendre les pavés battus à côté de lui d'autres pas que les siens. Un nouveau sourire se dessina sur ses lèvres, mais c'était cette fois un sourire amusé, presque rieur. Il avait glissé les mains dans ses poches, et son pas était devenu celui, souple et élégant, d'un homme en proie à l'excitation d'une nouvelle rencontre. Il lui semblait qu'il devait apparaître sous son jour le meilleur, à présent, cette espèce d'adrénaline chassant ses préoccupations antérieures d'un revers de la main.

"Je n'ai pas de destination particulière, je te préviens. Je fais juste une promenade matinale. C'est mieux, les rues sont moins encombrées. Mais elles sont quand même trop petites, apparemment, pour qu'on puisse marcher côte-à-côte sans se cogner ..."


Il était joueur, à présent. Il avait envie, à son tour, de quitter ce masque de tristesse qu'il avait revêtu bien malgré lui pour se grimer des fards de l'amusement. Il sentait qu'il y avait beaucoup à tirer de cette rencontre improvisée, à commencer par un premier contact dans ce monde de nouveauté. Qui sait ? Peut être venait-il de rencontrer celui qui devait devenir son premier ami à Kiri. Etait-il un soldat, lui aussi ? Il y avait beaucoup à apprendre l'un de l'autre. La fièvre de la curiosité s'emparait déjà de Sho. Allaient-ils être amis ? Partager des centres d'intérêt ? Se découvrir des goûts communs ? Allaient-ils s'apprécier, ou se découvrir des personnalités tout à fait opposées ? Allez savoir, Sho serait satisfait dans tous les cas. Il aurait au moins la sensation d'être profondément humain, en communiquant avec quelqu'un d'autre.

"Désolé pour tout à l'heure, je suis un peu paumé ... Je viens à peine d'arriver à Kiri, et j'ai un peu de mal à me faire à la vie citadine. J'viens d'une petite île de l'archipel, sans shinobis et sans grande agglomération. C'est un peu bizarre de débarquer dans l'inconnu comme ça, mais ..."

Il s'interrompit. Pourquoi avait-il ressenti le désir soudain de déballer toute sa vie à cet inconnu ? Il n'en savait trop rien, mais craignait que son récit n'ennuie son camarade de route. Aussi, par timidité, se tut-il, et poursuivit sa marche en silence, attendant sans doute quelque réaction de la part de l'autre.
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Ven 13 Juil 2018 - 11:00


Saiko Kenshi & Kagai Sho


Un instant de répit




Kenshi ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Habituellement froid avec autrui, sans penser à ce que les autres pouvaient pensées de lui, il est toujours resté le même. On ne peut pas le qualifier d’être insociable. Non, il n’avait jamais acquis les codes de la société du monde shinobi. Il ne savait pas comment réagir, ne savait pas ce que les personnes pouvaient ressentir et encore moins éprouver des sentiments. Mais aujourd’hui était un jour tout autre, un jour spécial. Alors qu’il n’y pensait pas, c’était aujourd’hui qu’il avait le droit à un gâteau, des bougies se tenant droite comme des « i » sur le sucre, des cadeaux, une fête. C’était peut-être inconsciemment qu’il ne voulait pas être seul. Et alors qu’il écoutait les paroles de son partenaire matinal qui commençait à marcher, Kenshi lui emboita le pas, le suivant de près, alors que ce n’était pas la direction dans laquelle il allait à la base. Les paroles prononcées l’avaient sourire, et c’est ce qui importait.

Les deux jeunes garçons marchèrent quelques minutes dans le silence. Silence qui, au fur et à mesure, s’atténuait, laissant place au brouhaha du village. De temps à autre, et de façon synchronisé, ils se décalaient à gauche, puis à droite, afin d’esquiver les commerçants chargés de caisses imposantes dans les bras, ne leur laissant pas assez de visibilité devant eux. Kenshi l’avait remarqué et ça l’amusait. Il commençait à apprécier cette journée, et ses idées obscures se dissipaient aux furs et à mesure. « Merci jeune inconnu », se disait-il intérieurement.

Leur long silence fut interrompu lorsque son camarade de promenade repris la parole. Ce silence était si drôle mais en même temps si intriguant pour Kenshi, qui semblait comprendre ce que ressentait son homologue sans dire un mot. Il expliquait sa situation actuelle, qui ressemblait fortement à celle du sabreur hormis que cela faisait quelques mois qu’il avait rejoint les rangs de la brume. Ce qui étonna Kenshi, c’est qu’un homme se confiait à lui. Lui qui n’est pas expressif pour un sous. Mais il appréciait ses confidences, l’explication de ses songes. Ce qu’il apprécia moins, c’est que son acolyte de ce début de journée stoppa net sa phrase, comme hésitant, tout en tremblant légèrement du point de vue de Kenshi. N’avait-il pas confiance ? C’était fortement possible puisqu’après tout, les deux ne se connaissaient pas. Le Genin n’étant déjà à la base pas un grand adepte du dialogue ne forcerait pas les choses. S’il voulait parler, se confier ou tout autre chose, c’est son choix et l’épéiste ne le pousserait pas à parler.

A côté de ça, il ne souhaitait pas que leur « entrevu » ne s’arrête pour autant. Kenshi analysa rapidement les dernières paroles dans son esprit afin de trouver quelque chose à dire. La première chose qui lui vînt à l’esprit fut assez surprenante.

« Tu viens d’arriver à Kiri et tu es dans les rues bien tôt. N’as-tu pas de quoi te loger ? J’ai largement de la place chez moi, tu peux t’y installer le temps de découvrir plus en détails le village, ses coutumes et tout ce qui va avec. »

En temps normal, cette situation serait déjà étrange. En effet, proposer à un inconnu d’habiter chez soi afin de le dépanner n’est pas habituel. Mais dans ces circonstances, ça l’est encore plus puisque cela vient de Kenshi. Pour finir, les paroles pouvaient paraître insultante, mais ce n’était pas le message qu’il voulait faire passer. Il pensa d’ailleurs à cela et rebondi rapidement afin de détendre l’atmosphère étrange.

« Je m’appelle Saiko Kenshi. Enchanté. »


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Ven 13 Juil 2018 - 13:18
Saiko Kenshi ? Un nom qui ne résonnait pas particulièrement aux oreilles de Sho. C'était assez normal, étant donné qu'il venait de débarquer au village. Mais ce garçon inconnu aurait aussi pu être l'héritier d'une lignée très connue, le détenteur de quelque pouvoir secret dont le temps et les exploits de ses ancêtres auraient émoussé la surface de mystère. Mais non, le nom ne faisait sonner aucune cloche dans l'esprit de Sho. N'était-ce pas mieux ? Un premier camarade -il en avait déjà l'intime conviction- tout à fait nouveau. N'était-ce pas là ce qu'il pouvait espérer de mieux pour un environnement lui aussi tout à fait nouveau ? Et il lui semblait soudain que ce nom pouvait tout aussi bien écrire une grande histoire en lettres fines d'or.

"Je suis Kagai Sho. Ravi de même."


Ils poursuivaient maintenant leur chemin dans des rues de plus en plus remplies. Sho observait les masques matinaux que portaient tous ces gens: des visages encore éteints de sommeil, les yeux lourds de fatigue, traînant des fardeaux de caisses et de cartons, des cabas, ou simplement les mains dans les poches. Et leurs pas semblaient guidés seulement par la force de l'habitude, sans que leur tête n'ait même besoin de les diriger. Tous ces anonymes semblaient avoir revêtu leur corps de pantin, d'automate, et se laissaient guider par les fils de la monotonie dans ces rues, brusquement changées en théâtre noyé de brouillard. Une scène à l'éclairage encore terne. Et ces acteurs de chair et d'os, et pourtant si vides d'âme, en apparence, commençaient la chorégraphie d'un spectacle répété des milliers de fois.

Dans cette masse de gens, Sho et Kenshi évoluaient à contre-courant. Sho dépassait d'une tête la plupart des passants, et cette position de hauteur lui donnait le sentiment profond d'être plus encore à part, un élément inassimilable à cette foule dans laquelle il ne se reconnaissait aucunement. A mesure qu'ils progressaient, la rumeur des activités montait progressivement, comme un murmure dissipé se changeant peu à peu en brouhaha désordonné. Impossible de tenir une conversation dans cette atmosphère. Et, même si Sho n'avait pas envie de discuter sans arrêt, il aurait cependant préféré pouvoir parler à sa guise. Il repéra une rue plus étroite, et déjà moins encombrée de gens, et s'y engouffra, après avoir fait signe à son compagnon.

Les pavés sonnaient moins de de l'effervescence naissante du matin, là. Au contraire, il semblait qu'il n'y avait pas le moindre travailleur dans ce coin-là. Les quelques rares personnes que le duo croisaient étaient des vieillards, des enfants, qui marchaient chacun à leur rythme sous les arches ornementées qui survolaient, parfois, la chaussée. Des odeurs de cuisine emplissaient l'air, et chatouillaient les narines de Sho. Il reconnaissait le parfum du riz chaud, à peine sorti de l'eau, si familier et si réconfortant. Son estomac grogna. Il n'avait pas mangé, encore, et sa promenade avait éveillé son appétit.

"Je commence à avoir faim. Pas toi ? On devrait pouvoir trouver un bouiboui où grignoter quelque chose, ici ..."

La proposition de Kenshi lui était restée en mémoire, même s'il ne l'avait pas relevée. Quoiqu'il la trouvât très alléchante, il la mettait sur le compte de l'impatience irréfléchie et de l'excitation des premiers instants. Et pourtant, il l'aurait sans doute acceptée s'il avait fait abstraction de ce détail -qui n'en était cependant pas un. Même s'il avait déjà un logement, il lui semblait que la monotonie de sa vie serait plus supportable avec un ami pour la partager.

Ils trouvèrent un étal où s'installer. Sho s'assit le premier, et passa aussitôt commande de tempuras. Alors qu'ils attendaient leur repas, il prit une paire de baguettes, qu'il décolla l'une de l'autre d'un mouvement sec. Et, impatient, il en tapotait déjà le bout contre la surface du comptoir, trépignant comme un enfant devant une sucrerie.

"S'il y a quelque chose que j'aime plus ici que sur mon île, c'est la cuisine. On mange de tout, ici, et autant qu'on veut ... Là d'où je viens, on doit se contenter de ce que les récoltes nous mettent sous la dent. Et généralement, c'est pas évident."

Il fut interrompu par le bol qu'on lui présentait, garni de riz en grande quantité et parsemé de fritures alléchantes. Sho devint muet, alors qu'il plongeait ses baguettes et commençait à se restaurer.
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Ven 13 Juil 2018 - 16:27


Saiko Kenshi & Kagai Sho


Un instant de répit




Kagai Sho ? Un nom qui résonnait aux oreilles de Kenshi. En effet, toujours en proie à la moindre information sur le groupuscule qu’il recherchait, il avait feuilleté une liste d’identité de shinobis de la brume. Liste qu’il avait obtenue illégalement en soudoyant un Jônin dépendant au breuvage appelé « alcool ». Son identité ne lui était pas inconnue, mais il n’avait pas cherché à rentrer en contact avec lui puisqu’il ne présentait aucun intérêt à ses yeux. Mais les choses étaient en train de changer.

Kagai, le nom d’un clan puissant, tous manieurs d’armes ou objets à pouvoirs, à l’instar des sabreurs de Kiri Gakure no Satô dont Kenshi faisait partie depuis quelques mois maintenant. Repassant dans son esprit la page sur laquelle il avait vu son nom, il identifia qu’il avait une adresse dans le quartier résidentiel du village. Il avait une habitation, un chez lui, tout comme Kenshi. C’est sûrement pour cette raison qu’il venait d’ignorer la proposition de logement du sabreur.

Continuant de marcher, passant d’une rue à une ruelle, l’homme venant de déclarer son identité proposa d’aller manger. Il était effectivement l’heure de déjeuner, mais Kenshi n’a que très peu de fois l’appétit. Sans attendre une quelconque réponse de sa part, ils se retrouvèrent dans une échoppe, attablé au comptoir en un rien de temps. D’un autre côté, un repas entre deux personnes est une bonne interaction sociale. Il devait progresser de ce côté-là et refuser cette invitation serait sûrement un affront ou tout autre avis négatif qu’il pourrait dégager. L’un commanda des tempuras, tandis que Kenshi aimait plutôt le sucre/salé et demanda des tamagoyaki, une crêpe à son goût que sa défunte mère lui faisait régulièrement avant le drame.

Ce drame… Il y pensa de nouveau. Ces événements l’ont marqué et le remarqueront à vie. Il était encore une fois plongé dans ces désagréables souvenirs à son insu. Tellement plongé profondément qu’il entendait les paroles de Sho de loin, comme étouffé, sans en comprendre le sens. Il ne cherchait même pas à comprendre ce qu’il disait. Il était perdu. Perdu dans les abysses de son cauchemar. Tellement que son visage qui était anormalement souriant pour une fois, venait de disparaître et la dernière lueur, la dernière flamme de vie s’éteignant dans ses yeux. Son visage laissa place à un être sans vie, amorphe, sans expressions.

A un point qu’il ne sentait même pas l’eau brûlante que venait à l’instant de renverser le propriétaire du commerce sur ses jambes.

Mais où diable était-il passé à nouveau ?


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Dim 15 Juil 2018 - 11:15
Sho interrompit sa mastication effrénée, trouvant dans le soudain silence quelque chose de pesant, et de peu rassurant. Comme s'il était à présent tout seul, et que Kenshi avait disparu. Il s'assura cependant que son camarade était toujours à son côté d'un simple coup d'oeil. Cependant, s'il le voyait bien à sa place, son regard était vide, ailleurs, et surtout il n'avait pas touché à sa nourriture, posée devant lui, et de laquelle s'échappait encore un mince filet de fumée. Y avait-il un problème avec la commande ? Sho en doutait fort. Il avait deviné que la noirceur de ce regard n'était pas due à une simple frustration. Quelque chose de plus grave, de plus sourd, de plus profond devait se cacher derrière ces pupilles au regard à présent lourd comme une chape de plomb.

"Oula !"


Sho faillit faire un bond sur sa chaise. Un jet d'eau chaude venait de sauter par-dessus le comptoir, et avait aspergé les deux compagnons, trempant leurs chevilles et leurs chausses. Sho jeta un regard furieux au tenancier. Celui-ci, un sceau à la main, regardait avec insistance Kenshi, avec l'air d'un homme fort mécontent. Sa moustache épaisse frémissait nerveusement, mais il ne cillait pas. Ses yeux noirs étaient braqués sur Kenshi, rendus menaçants, presque, par les sourcils broussailleux qui les barraient férocement.

"Qu'est-ce qui vous prend ? Z'allez pas bien d'arroser vos clients comme ça ?

-Fermez-la, c'est pas vot' problème à vous. Qu'est-ce qu'il a l'autre monsieur ? Ma nourriture lui plaît pas, pour qu'il reste à la regarder comme un rat crevé ?"

Sho resta muet un instant, étourdi par ce qu'il venait d'entendre. Il ne croyait pas que c'était de la bêtise, ni même de l'injustice. A vrai dire, il n'arrivait pas à mettre de mot sur ce phénomène, inexplicable. Y avait-il vraiment un motif qui permette de justifier cette conduite ? Un motif qui puisse paraître valable à quiconque ? Visiblement oui ... Mais lui ne parvenait à le comprendre, et il ne voyait qu'une attitude exaspérante et inadmissible chez le tenancier du bouiboui. Scandalisé, il ne dit pas un mot de plus, lâcha quelques pièces sur le comptoir, et, saisissant Kenshi par le bras, le tira en arrière en disant:

"Viens, on se tire. J'ai plus faim."

Derrière eux, alors qu'ils s'éloignaient, il entendit la voix du marchand lancer dans leur direction:

"Ouais, c'est ça ! A la prochaine, hein !"

Toute la sérénité que Sho avait pu retrouver au contact d'une personne amicale semblait à présent s'être volatilisée, laissant place à une colère montante. Lui qui commençait à reprendre foi en ce village, il venait d'avoir le parfait exemple de ce qu'il détestait dans la vie urbaine: le peu de considération pour l'autre, le manque de patience, et surtout l'arrogance qui s'était dégagée de ce personnage, pourtant infect, et que Sho n'aurait eu aucun mal, sans doute, à clouer au sol. Mais cela n'aurait sans doute rien résolu. Il se serait attiré des ennuis, tout au plus, sans rien assouvir qu'une pulsion passagère, et n'aurait, finalement, retiré que de la honte d'une telle action.

Et c'était cette même honte qui s’immisçait maintenant en lui, comme un poison dans les veines. Il s'en voulait déjà de s'être emporté, sans même essayer de discuter avec le commerçant. Son maître ne lui avait-il pas appris la patience, en lui en donnant lui-même un parfait exemple ? N'avait-il seulement rien retiré de cet enseignement, longuement assimilé pendant toutes ces années, reclus sur un îlot perdu ? Il se sentait profondément embarrassé de s'être ainsi donné en spectacle, mais était trop fier pour s'en excuser. Il se contenta de marcher en silence, battant le pavé avec une force nouvelle, qu'il ne contrôlait pas. Le souci qu'il avait lu sur le visage de son camarade avait disparu de son esprit, éclipsé par le brusque retour des événements.
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Lun 16 Juil 2018 - 12:56


Saiko Kenshi & Kagai Sho


Un instant de répit




Le cumul de hasards successifs ne fait pas un destin, tout au plus une maigrichonne fatalité. Les deux jeunes garçons venait à peine de se rencontrer et s’échanger que très peu de mots tout au long de leur rencontre mais il semblait presque qu’ils se connaissaient depuis des années. Surtout par le comportement de Sho, qui venait de tirer le bras de Kenshi afin de l’extirper de cette auberge de village qui allait sûrement devenir le théâtre d’une scène sanglante si son propriétaire continuait d’agir ainsi. La pression de la main de Sho était forte sur le bras de Kenshi et il l’avait remarqué. C’est d’ailleurs cette pression qui lui avait permis de libérer ses pensées et de vivre l’instant présent, comprendre ce qui était en train de se passer. Il prit donc enfin conscience de l’eau bouillante et frotta ses jambes comme pour faire passer la douleur alors que cela ne servait à rien.

Alors qu’ils commencèrent à faire quelques pas à l’extérieur de l’enseigne alimentaire, Sho avait toujours sa main sur le bras de Kenshi afin de le diriger plus loin. Mais la pression de ses doigts contre le muscle de son bras se relâcha d’un coup. D’un bref regard, le sabreur vit une triste mine sur le visage de son « héro » de la journée. Les pensées sont une chose, les mots une autre. Les deux nouvelles connaissances n’arrêtaient pas d’être dans leur monde l’un après l’autre. Il fallait remédier à ça une bonne fois pour toute. Kenshi avait compris à ce moment-là qu’ils étaient pareils, hanté par de lourdes émotions. Peut-être qu’ils pourraient s’aider mutuellement à remonter la pente. Peut-être le destin avait-il fait croiser leur chemin, ou plutôt les bousculer volontairement. Qu’en savaient-ils après tout, ce ne sont que de pauvres jeunes égarés dans ce vaste monde.

Ils marchèrent de nouveau dans le silence côte à côte dans les rues de la brume. Le soleil était à présent assez haut dans le ciel et le village était animé comme jamais. C’était le jour du grand marché de Kiri Gakure no Satô. Les personnes qui faisaient leurs courses étaient principalement des mères accompagnées de leurs enfants. C’est une sorte de tradition, ou plutôt la culture du village qui voulait que les femmes s’occupent des enfants et de la maison tandis que les hommes travaillent afin de subvenir aux besoins de leurs familles.

Le mal rongeait Sho. Et cela faisait depuis leur rencontre qu’ils alternaient ces sentiments, l’un étant toujours présent pour l’autre. A présent, c’était au tour de Kenshi de faire quelque chose. Et afin de remédier à cela, il prit le risque de s’expliquer, lui qui n’en parle jamais habituellement, brisant net le silence qui s’était à nouveau installé.

« Je suis originaire du pays du feu. Mon père a quitté notre famille alors que je n’avais que deux ans. Ma mère était une femme de joie. Non pas par envie mais par obligation car c’était le seul travail qu’elle pouvait avoir afin de faire rentrer de l’argent dans notre foyer. A l’âge de sept ans, ma mère a été suivie par un de ses clients afin de prolonger leur soirée, de gré ou de force. Ma sœur, un peu plus âgée que moi et déjà douée dans l’art de la guerre n’a pas eu de mal à aider ma mère. Mais l’agresseur est revenu avec des copains qui ont tué et violé ma mère alors que j’étais caché. Ma sœur quant à elle a été violé et kidnappé pour être, je cite : une parfaite esclave sexuelle. »

Des larmes glissaient de ses yeux en même temps qu’il racontait cette histoire et ses poings se serrèrent. Ces sentiments étaient à la fois de la tristesse et de la haine.

« Je n’ai rien fait pour les aider, j’avais tellement peur. »

Il sortit son sabre qui était dissimulé depuis le début le long de sa colonne vertébrale sous ses vêtements depuis le début.

« Tout ce qu’il me reste c’est ce sabre : Jūryō to Saizu. C’est un des agresseurs qui l’a oublié et qui était bien trop bête pour ne pas savoir que c’est un sabre légendaire. C’est d’ailleurs grâce à lui que je suis l’un des sept épéistes de la brume. »

Tout était dit, et il avait même décliné un peu plus son identité. Kenshi attendait à présent une réaction de la part de celui qui devenait au fur et à mesure son ami et son confident.


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Lun 16 Juil 2018 - 23:32
Sho écouta sans rien dire le récit de son compagnon. Il attendit qu'il eut terminé. Et même alors, il resta muet pendant quelques instants. Ils marchaient à présent dans une rue peuplée, mais dont l'agitation ne les dérangeait plus. Ils passaient simplement, comme deux spectres errants, au milieu de cette foule qui ne les voyait pas. Ils appartenaient à un autre monde, où toutes les préoccupations de cette masse informe et anonyme n'existaient pas, où seule régnait leur solitude partagée, au milieu de toutes les choses qu'ils pouvaient partager. Le soleil était bien levé, maintenant. Une brise fraîche, chargée d'air marin, d'embruns et de sel, balayait le village de long en large.

"Je suis désolé, pour ta soeur et ta mère ..."

C'était bien bête, mais c'était cependant tout ce que Sho avait trouvé à dire. Le reste aurait été trop artificiel, trop peu sincère pour être vraiment correct. Alors, sans meilleure option, il valait sans doute mieux se résigner à la facilité. S'il ne pouvait être désolé pour des personnes qu'il ne connaissait pas, il l'était cependant pour son camarade de marche. Qui qu'il puisse être, le meilleur des hommes ou le pire des démons, il ne méritait sans doute pas qu'autant de malheurs s'abattent sur lui sans autre forme de procès. Etait-ce là un de ces coups du destin qui faisaient que certaines personnes semblaient frappées d'un malheur incurable, qui devait les ronger pour le restant de leur vie ?

Sho trouvait sa propre histoire bien plus plaisante, à tous points de vue. D'ailleurs, il n'avait jamais vraiment eu à s'en plaindre. Il était satisfait de sa propre vie, quand bien même il n'avait jamais eu l'occasion de rencontrer ses parents. Il avait eu un substitut suffisant, et satisfaisant à tous égards. Il s'en contentait largement, et ne pourrait jamais assez le remercier de lui avoir offert la vie qu'il avait vécue. Il éprouvait maintenant ce malaise des personnes dont le passé semble s'effacer au contact des histoires plus percutantes d'autrui. Et, déjà, il lui semblait que son histoire était bien fade, et sans saveur.

Il détourna la conversation, et s'intéressa au sabre que Kenshi venait de tirer de son dos. Un des sept épéistes de la brume ? Intéressant ... Même si Sho n'avait absolument aucune idée de ce que pouvaient bien être les sept épéistes de la brume, il ne doutait pas qu'il s'agisse d'un groupe de personnes étonnantes. Avec un nom comme ça, elles ne pouvaient qu'être étonnantes, et épatantes. Est-ce que cela voulait dire que son compagnon recelait des pouvoirs particulièrement grands ? Peut être parlait-il à un des fers de lance de Kiri, sans même le savoir ... Il examina la lame pendant un moment, d'un regard qu'il voulait rendre expert, sans y réussir très bien, sans doute, avant de relever les yeux.

"C'est une belle arme. Elle a l'air emprunte d'un certain passé ... Oui, on sent qu'elle a vécu. Et crois-moi, je m'y connais. Moi aussi, j'ai une arme légendaire, d'un certain côté. Enfin, sur mon île, en tout cas, elle était légendaire. Elle s'appelle Hoshi no Makie. C'est mon vieux maître qui me l'a donnée. Enfin, d'une certaine façon ..."

Il hésita un instant. Si son compagnon lui avait fait la grâce de lui raconter son histoire, pourquoi ne lui rendrait-il pas la pareille ? Après tout, elle était plus légère, moins sombre. Alors, il se lança dans le modeste récit de sa vie. Il raconta à Kenshi comment son vieux maître, un moine ermite réputé fou sur son île, l'avait recueilli, enfant abandonné dans les marais, comment il l'avait élevé, à l'écart des hommes, lui apprenant les lettres et les arts du combat, puis comment, il y avait de cela quelques mois seulement, il l'avait mené, par le biais d'épreuves cachées, jusqu'à l'arme légendaire. Une pointe d'émerveillement se rallumait dans les yeux de Sho alors qu'il parlait de son vieux maître.

"Voilà. Après, je suis arrivé à Kiri. Ca fait quelques jours, à peine. Et me voilà ici, dans un monde tout nouveau ..."

Il s'était arrêté de marcher. Le soleil était fort. Une chaleur douce emplissait l'air. Il sourit.
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Jeu 19 Juil 2018 - 16:49


Saiko Kenshi & Kagai Sho


Un instant de répit




Kenshi venait de raconter son histoire et de présenter son sabre ainsi que sa qualité au sein du village. Un des sept épéistes de la brume, c’était un honneur pour un shinobi, quand bien même il n’avait que le grade de Genin. Peu de personnes pouvaient prétendre à ce titre, mais le sabreur n’en abusait pas pour autant.

Il écoutait par la suite les paroles de Sho. Il commence à s’excuser pour sa mère et sa sœur. Ce n’est pas comme si c’était lui qui avait commis ces méfaits, il n’avait pas à être désolé. C’est ce que pensait Kenshi avant d’avoir une plus profonde réflexion. En effet, il ne s’excusait pas comme si c’était lui qui avait fait tout ça. Non non, c’était une sorte de signe amical, une sorte d’usage de la société actuelle. Malgré le récit triste qu’il venait de raconter, il était plutôt content de lui et sourit même, ce qui était un exploit ! Mais il l’effaça bien assez vite, ce sourire, lorsque Sho conta son histoire après avoir parlé de sa lame.

Elle était en somme toute comme celle de Kenshi, ou presque. Le destin faisait bien les choses, si on pouvait dire ça. Quelle était la probabilité que les chemins de ces deux jeunes hommes au passé et présent similaire ne se croisent ? S’il y avait bien un esprit Divin quelque part, il s’était penché sur leur deux cas afin de faire en sorte qu’ils s’entre-aident. C’était les pensées du bretteur, lui qui n’avait jamais cru à un quelconque Dieu, destin ou autre. Il avait la tête baissé mais écoutait tout de même son histoire. A la conclusion de ces propos, il releva la tête pour le regarder. C’est étrange, lui qui se remémorait son passé qui pouvait paraître triste avait un sourire dessiné sur ses lèvres tandis que Kenshi, lui, avait un visage plus ou moins miné. Il ne comprenait pas mais repris la parole.

« Nous avons des histoires similaires. Un homme m’a recueilli aussi et m’a appris tout ce que je sais maintenant. Il m’a entraîné au maniement des armes, et plus particulièrement à manier mon sabre aux capacités plus que spéciales. La seule différence à la localisation. Mon mentor était un marchand de sabre ambulant et de ce fait, j’ai voyagé dans presque l’intégralité du monde shinobi. J’ai vu du pays, et c’était très intéressant. »

Sho lui aussi avait une arme légendaire. Cela intriguait Kenshi et il pensa que Kojo aurait adoré la voir. Peut-être même qu’il pourrait lui en apprendre à ce sujet, lui qui était un grand expert reconnu des shinobis dans ce domaine.

« Mon mentor est à présent fixé dans le village. Il est trop âgé pour se voyager comme nous le faisions. Que dirais-tu que nous allions récupérer ton arme et lui amenions ? Je suis certains qu’il aimerait la voir et peut-être pourrait-il t’en dire plus que tu n’en sais à son propos. Mais ne t’y méprends pas, je ne dis pas que tu ne connais pas ta propre arme. C’est difficile pour moi de… »

Kenshi lui fit un grand sourire. Il espérait ne pas lui manquer de respects à ce sujet. Il n’avait même pas réussi à terminer sa phrase tellement il était gêné d’avoir tenu ces propos possiblement offensant alors que tel n’était pas le but. La gêne… Un nouveau sentiment qu’il n’avait encore jamais connu.


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Jeu 19 Juil 2018 - 19:50
Sho écouta son camarade parler de son propre mentor avec une pointe de curiosité. De par son propre style de combat, il ne pouvait s'empêcher d'avoir l'oreille particulièrement réceptive quand il s'agissait d'armes. Si la sienne était évidemment particulière, il ne dédaignait cependant pas les autres, peut être plus communes, mais toutes nécessairement empruntes d'un brin de spécificité légué par leur créateur, et qui suffisait à les rendre uniques. La garde d'un sabre, la courbure singulière d'une lame, la forme d'une masse ... Tout était digne d'intérêt pour l'oeil exercé, et surtout pour l'oeil curieux. Et, plus encore que les armes elles-mêmes, Sho était fasciné par la maîtrise absolue de ceux qui arrivaient aux plus hauts sommets de leur maniement, et qui semblaient faire corps avec l'arme elle-même.

Sho balaya d'un geste de la main les préoccupations de son camarade. Il était plus qu'intéressé par une rencontre avec son mentor, qu'il évoquait en plus avec un enthousiasme qui trahissait son affection. Si c'était pour en entendre plus long sur sa propre arme, il n'en serait que plus heureux. Après tout, il n'en savait pas grand chose. Il ne connaissait d'elle que ce qu'il avait lu dans les vieux manuscrits de son maître, et toutes ces informations ne concernaient jamais que l'illustre possesseur de l'arme, disparu depuis longtemps, qui avait fini par la cacher au coeur de la plus haute montagne de l'îlot natal de Sho. A part cela, il ne savait ni d'où venait l'arme, ni comment elle avait été créée, ni même d'où lui venaient ses pouvoirs. S'il pouvait avoir une chance d'en apprendre plus à ce sujet, il aimait autant ne pas passer à côté.

"C'est une super idée. On est pas très loin de là où je crèche. On y fait un saut, et ensuite je te suis pour aller à la piaule de ton maître."

Ils arrivèrent en effet à la porte de Sho en un rien de temps. Le jeune homme ne resta pas longtemps dans son humble logement: il alla seulement chercher sa masse d'armes, qu'il attacha dans son dos, et revint aussitôt sur le palier.

"J'te suis."

Ils reprirent leur pérégrination dans les rues du village. Maintenant, Sho était pris d'une soudaine excitation, mêlée d'une forme d'appréhension. Et si le maître de Kenshi ne pouvait lui en dire plus sur son arme si particulière ? S'il faisait face à une déception ? Ou s'il apprenait tout bonnement que son arme n'avait rien de très particulier ? Sans doute serait-il très affecté ... Toute une foule de scénarii improbables se bousculaient dans son esprit. Il était en fait assez nerveux. Peut être que le maître de Kenshi ne l'aimerait pas du tout, ou qu'il trouverait l'arme banale ...

Ils ne marchèrent pas longtemps. En tout cas, il sembla à Sho qu'ils arrivèrent très vite -peut être trop ?- à la porte du mentor de son camarade. Il n'osait pas avancer, et d'ailleurs ce n'était pas à lui de faire le premier pas. Il se tourna vers Kenshi, l'incitant à entrer le premier. Il était nerveux, oui. Mais aussi très impatient ... Quoiqu'il puisse se passer dans les instants à venir, il sentait qu'il allait avoir affaire à quelqu'un de particulier, et certainement digne d'intérêt.
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Mar 24 Juil 2018 - 15:52


Saiko Kenshi & Kagai Sho


Un instant de répit




Kenshi avait fait une proposition à son camarade : aller chercher son arme légendaire et la présenter à Kojo, son mentor. Si quelqu’un connaissait des choses sur les armes, c’était bien lui. Et il ne voulait pas que cette journée s’arrête. Il venait de faire une nouvelle connaissance, même un ami et ne désirait pas tout gâcher. De plus, le jeune Genin est lui aussi féru des armes, encore plus lorsqu’elles sont légendaires, même s’il a une logique préférence pour les sabres. C’est pour cette raison qu’il était allé chez Sho puis reparti immédiatement après en direction de la boutique d’armes de Kojo.

Arrivés sur place, Kenshi avait reçu un regard inquiet, ou embarrassé de la part de son compagnon. Il avait l’air d’hésiter, avec une mine digne d’un enfant entrant pour la première fois chez un de ses copains avec les parents de ce dernier à l’intérieur. Cela amusait l’apprenti sabreur qui poussa la porte d’entrée avec entrain, d’un simple geste du bras, tout en le bousculant de l’épaule pour qu’il entre le premier. Ce fameux coup d’épaule allait sûrement devenir leur signature s’ils continuaient à se fréquenter par le futur. Kenshi rigola, et c’était bien l’une des première fois depuis un sacré moment que ça ne lui était pas arrivé. Un vrai rire. Tellement qu’il en avait les larmes aux yeux et manqua de trébucher sur son nouvel ami, frappant un bocal en verre sur un meuble auquel il venait de se rattraper.

BADABOUM ! C’était à-peu-près lui bruit que fit le bocal lorsqu’il vînt heurter le sol. Il regarda le bocal, puis Sho, puis de nouveau le bocal, continuant à faire cela plusieurs fois avant de lever le doigt vers l’autre jeune garçon.

« C’est pas moi, c’est lui ! »

Dans l’ombre du magasin, non loin des deux garçons se trouvait une présence. Une présence hostile et néfaste qui se déplaça rapidement jusqu’à arriver à autour de ces derniers. D’un geste rapide, un son se fit entendre, puis un cri.

« Mais ça fait mal ça ! »

Un homme se présenta à eux. Kojo, un homme assez vieux avec une sorte de carapace de tortue sur son dos et des lunettes de soleil sur le nez, lui permettant de les tenir devant ses yeux. Kenshi, après les avoir présentés, expliqua à son mentor la raison de leur venue. Le vieux maître d’arme regarda l’arme du coin de l’œil avant de les inviter à rejoindre l’arrière-boutique.

« Voici un petit terrain d’entrainement permettant aux clients de tester des armes sur des mannequins d’entraînements avant de les acheter. Ou d’essayer leur arme qu’ils m’ont demandé d’entretenir. Fais-nous une présentation des pouvoirs de ta massa après avoir décliné son nom. »


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Jeu 26 Juil 2018 - 23:14
Sho observa le vieux Kojo, plongé dans la semi-obscurité qui régnait dans sa boutique. Il avait lu le nom du vieillard sur l'enseigne de la boutique. Il semblait être le portrait-type de la vieillesse sage et forte de longues années d'expérience: un corps encore robuste, des mains qui ne tremblaient pas, des bras forts, et un visage aussi fermé que celui d'un vieux guerrier. Le temps semblait à la fois avoir glissé sur ce corps, lui épargnant les soucis de l'âge, et l'avoir profondément marqué, sur un plan plus profond que celui de la seule chair. Sho reconnaissait dans les yeux de ce vieil homme, qu'il ne pouvait que deviner dans la faible luminosité, le même éclat que dans ceux de son propre maître: une lueur sauvage d'ancienneté, de puissance vieille, et écrasante.

Il tira de son dos sa masse d'armes, qu'il présenta, de ses deux mains, au vieux Kojo, pour qu'il puisse l'examiner d'un premier coup d'oeil. Il ne dit rien, alors, au sujet de l'arme, donnant seulement des instructions.

"Elle s'appelle Hoshi no Makie. Je l'ai acquise sur mon ilot natal, dont le nom ne vous dira sans doute rien. Quant à son fabricant, je n'en sais absolument rien. Je connais seulement le nom de son dernier propriétaire, qui avait pris le soin de la cacher: Benzaiten."

Les premières présentations étaient faites. Sho se dirigea vers le terrain d'entraînement. Il n'était pas très grand, mais il serait sans doute suffisant pour qu'il fasse montre des capacités basiques de son arme. Après tout, il n'avait pas besoin de créer de gigantesques explosions. Pour une simple démonstration, il se cantonnerait à de plus modestes feus d'artifice ...

Il commença à faire tourner lentement le bâton dans sa main, se familiarisant avec son contact, se remémorant le poids de l'arme. Bien sûr, il le connaissait d'instinct, mais l'entraînement de son mentor lui dictait de toujours se présenter à l'arme, lorsque c'était possible, avant de l'utiliser. Ce n'était qu'en se connaissant au mieux, disait le vieux moine, qu'un guerrier et son arme pouvaient pleinement fonctionner ensemble. Sho fit danser la masse d'armes pendant un instant, la passant de main en main, en faisant un prolongement de ses propres bras.

Puis, il ralentit son mouvement, peu à peu, jusqu'à s'immobiliser tout à fait sur des appuis solides. Il tenait à présent la masse au niveau de sa taille. Il visait un point imaginaire face à lui. Il ferma les yeux. Il n'entendait plus que le bruit de sa propre respiration, légèrement plus rapide que d'habitude. S'il y avait là une part de nervosité, à l'idée d'avoir un public, il mettait ce fait sur le compte de l'exercice qu'il venait de faire. Il ne sentait plus que le métal poli par les années de son arme. Ce fer froid pour n'importe qui d'autre brûlait sous ses doigts d'une chaleur toute particulière, mais très douce. Il commença à infuser son chakra dans le manche d'acier. Petit à petit, il augmenta le flot de son énergie qu'il déversait dans l'arme. La chaleur augmentait, à mesure que le chakra s'accumulait. Puis, quand il le jugea bon, il libéra toute l'énergie et la dirigea à pleine puissance vers la tête de la masse, dans une furie de brasier.

L'explosion fut retentissante. Le bout de l'arme rougeoya d'abord, l'espace d'un très court instant, semblant affublé d'un coeur de braises animées d'une soudaine ardeur. Puis, le choc se produisit. Des flammes jaillirent, comprimées, étouffées en un unique sursaut, irradiant le terrain d'entraînement d'une clarté vive pendant un bref moment, avant de s'évanouir dans l'air. L'atmosphère était emprunte de chaleur, maintenant. Sho haletait légèrement. La concentration toute particulière qu'il avait mise à produire cette unique explosion l'avait plus fatigué qu'il ne le pensait. D'habitude, sa familiarité toute particulière avec son arme lui permettait de l'utiliser instinctivement, sans qu'il en ressente de contrecoup particulier. Sans doute, cette fois-là, avait-il modulé son chakra avec plus de précision que de naturel.

Il se retourna vers ses deux spectateurs, un léger sourire au coin des lèvres.

"Voilà ..."


Il laissa retomber sur le sol le bout de son arme, qui produisit un choc sourd. La masse était encore fumante en son extrémité. Elle se refroidirait bien assez vite. Et, d'ailleurs, elle n'était pas affectée par sa propre chaleur. Du moins, Sho n'avait jamais expérimenté quelque désagrément que ce soit dans ce domaine.

"Avant que vous ne m'en disiez plus sur mon arme, et tant qu'on est là, pourquoi tu me ferais pas une démonstration de ton sabre, Kenshi ? J'ai jamais été bon au maniement de ces choses-là, mais j'suis curieux quand même. Il doit bien avoir quelque chose de particulier, hein ?"
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Ven 27 Juil 2018 - 15:14


Saiko Kenshi & Kagai Sho


Un instant de répit




Kenshi s’était fait frapper par son vieux mentor, mais c’était effectivement bien de sa faute si l’objet avait percuté le sol avant de s’éclater en pleins de morceaux de toutes tailles différentes. Pendant que Kojo expliquait certaines choses que le jeune sabreur, tout comme son nouvel ami, écoutaient avec une grande concentration, le Genin ramassa les dégâts qu’il venait de causer avant de se prendre un nouveau coup sur la tête. Ceci fait et premières paroles échangées, ils se dirigèrent tous en direction de l’arrière-boutique afin d’entrer sur la petite aire d’entrainement privé du magasin. Passant d’un couloir à un autre, tous aussi long les uns que les autres, il y avait un nombre incalculable d’armes, toutes ayant l’air plus rares les unes des autres. Kenshi aimait beaucoup cette boutique et même s’il ne le montrait pas, avait un profond respect pour son maître. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il venait l’aider de temps à autres dans la boutique d’armes nommée « Furui Densetsu ».

Ils étaient donc présents en cet endroit. Alors certes, ce n’était pas très grand, mais largement suffisant pour faire des essais. Kenshi regardait Sho se concentrer pendant un petit moment avant de faire sa figure de démonstration de contrôle de l’arme. Il maniait très bien son arme, le bretteur aurait été incapable d’en faire autant avec quelque chose de ce genre. Non, son art était le Kenjutsu, manier des sabres ou des épées, mais pas des armes de ce type, même s’il avait déjà essayé tout au long de ses voyages avec Kojo. Il regardait attentivement son ami, bavant presque devant sa dextérité.

La tension était palpable. La température commençait à augmenter et un aura à faire son apparition. Ca y est, la vraie démonstration allait enfin commencer. Kenshi était vraiment emballé de voir ce qui allait se passer, lui qui était féru de ce type de pouvoir. La masse commençait à être comme « chargée » et une lumière d’une certaine intensité faisant son apparition sur le dessus de cette dernière. Et d’un coup, PAN ! Une explosion retentie soudaine de cette arme et des flammes firent leur apparition là où se trouvait la première source de lumière. C’était si intense que Kenshi dût mettre ses mains au niveau de ses yeux pour continuer de regarder l’exécution de la démonstration de pouvoir sans pour autant devenir aveugle, avant que cette source ne vînt s’éteindre aussi vite qu’elle était arrivé.

« C’est tout ? »

Kenshi n’avais pas pu empêcher ces mots de sortir de sa bouche alors qu’il ne faisait que le penser. Il était déçu, vraiment très déçu. Avec un peu de chance, Sho ne l’avait peut-être pas entendu puisque Kojo prit la parole au même moment.

« Je reconnais bien là la légendaire masse Hoshi no Makie. Je la connais, et peut-être mieux que toi pour l’avoir souvent affrontée par le passé. Comment va ce mieux Benzaiten ? »

Kojo avait l’air amusé, et c’était très rare de le voir comme ça. Kenshi pouvait compter sur les doigts de ses mains le nombre de fois où il paraissait autant amusé. Peut-être était-ce un jeu d’acteur ? Non, ce n’était pas vraiment son genre. Reprenant son sérieux, les deux camarades d’autant écoutèrent les dires de Sho, qui demanda à son tour une démonstration des capacités de Kenshi, qui lui répondit, tout en montrant un tatouage sur son bras :

« Je ne peux pas te faire de démonstration de mes pouvoirs. Ce tatouage est un Fûinjutsu des sabreurs de Kiri Gakure no Satô, nous empêchant d’utiliser notre arme sauf en entraînement dans notre Dojo, avec un autre sabreur ou en cas de dernier recourt. Viens me retrouver un de ces jours au grand Dojo et entraînons-nous ensemble, tu pourras alors voir les pouvoirs de mon sabre. »


Avant que quiconque ne reprenne la parole, Kojo la reprit avant que ne le coupe à nouveau.

« Cette masse est puissante, bien plus puissante que tu ne le penses sûrement. Comme je viens de te le dire, je connais son ancien possesseur. C’était un homme bon, un ami, un rival. C’est d’ailleurs à cause de lui que je porte ces lunettes de soleil en permanence. Je vais te raconter tout ce que je sais, en souvenir du bon vieux temps ».

Kojo avait toute l’attention de Kenshi et de Sho lorsqu’il raconta ce qu’il savait à propos de Hoshi no Makie. Cette masse est une arme légendaire, tout comme celle des sabreurs de la brume dont faisait partit le jeune homme aux cheveux blancs. Elle a été forgé il y a de cela des millénaires par un forgeron pour et en l’honneur d’un ancien gladiateur réputé pour sa puissance extrême. Un anneau composé de sept parties orne l’arme. Six de ces sept parties ont une inscription runique assez étrange. Kojo expliquait que chaque ancien possesseur avait gravé une partie de leur esprit dans ces runes lorsqu’ils prirent le contrôle absolu de l’arme. La légende raconte également à ce sujet qu’une fois les sept runes appliquées, l’esprit de l’arme ferait son apparition et dévoilerait des secrets ancestraux à son dernier possesseur : l’élu.

« Voilà, tu sais un peu près tout ce que je sais dessus. J’espère t’en avoir appris plus sur ton arme. »


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Dim 29 Juil 2018 - 15:00
Sho écouta avec une certaine déception les explications de Kenshi sur sa propre arme. Visiblement, les sabreurs de Kiri n'étaient pas des rigolos pour s'assurer avec autant de véhémence que leurs membres n'utiliseraient pas leurs capacités n'importe où et n'importe quand. Mais la perspective de l'observer à l'oeuvre lors d'un entraînement au dojo, en tête à tête, suffisait à consoler Sho. Ca n'était que l'occasion d'une nouvelle entrevue avec le jeune homme, qui semblait pouvoir devenir un très bon ami. Cette rencontre inopinée tournait finalement assez bien. Sho avait trouvé un camarade agréable, et il était sur le point d'en apprendre plus qu'il n'en avait jamais su sur sa propre arme.

Maintenant, c'était le vieux Kojo qu'il écoutait. Il l'écoutait raconter l'histoire de son arme, avec plus de détails et plus de profondeur que son vieux moine de maître. Il avait bien sûr déjà pu remarquer l'anneau ciselé aux motifs si singuliers qui ornait le manche de la masse, mais il n'avait jamais réellement compris la portée de ces symboles. Il les voyait seulement comme des dessins ésotériques, des runes dotées d'un pouvoir ancien et caché, perdu depuis longtemps. Il découvrait à présent que ces arcanes renfermaient de véritables esprits, des consciences qui habitaient son arme sans qu'il l'ait jamais su.

Sho fit tourner l'arme entre ses doigts un instant. Le métal était redevenu froid et immobile. Il ne frémissait plus de l'excitation fugace du combat, ni n'était parcouru par les ondes de chaleur, riches en chakra, qui avaient fait frémir plus d'une fois le jeune homme. Et pourtant, il le sentait habité par une nouvelle présence, non pas éphémère mais très ancienne, et qui semblait éternelle, et muette. Comme si une multitude de voix hantaient la masse, et se taisaient de concert, attendant le moment propice pour prendre la parole.

Sho releva les yeux vers le vieux Kojo. Comment ce vieillard en avait-il appris autant sur cette arme ? Il disait avoir bien connu son précédent propriétaire, qu'il appelait Benzaiten. Mais Sho ne connaissait presque rien à cet homme. Il n'en avait lu que ce que son vieux maître lui avait fait lire dans les anciens parchemins illustrés qu'il conservait dans son ancien coffre. Il savait de ce guerrier qu'il avait eu son heure de gloire, avec cette arme, et qu'il avait ensuite disparu des cartes, en prenant la précaution de cacher son arme, et de la protéger des mains indélicates. C'était tout. Sho regarda la sixième rune sur l'anneau de fer. Elle ne lui disait rien.

Il y eut un instant de flottement, pendant lequel Sho réfléchit calmement. Toute un monde s'offrait à lui. Un monde habité par les consciences des précédents propriétaires de l'arme, dont il désirait maintenant entendre les voix plus que tout. Ces anciens guerriers, tous tombés à présent, avaient sans doute beaucoup à lui dire. Sur le combat, d'abord, mais avant tout sur l'arme elle-même. Comment l'utilisaient-ils, eux ? Quelle étendue de ses capacité connaissaient-ils ? Communiquer avec eux serait comme avoir un mentor à ses côtés en permanence.

"Je ... Je vous remercie pour toutes ces informations. Mais beaucoup de choses restent floues, à vrai dire. Par exemple, je ne sais pas qui est ce Benzaiten dont vous parlez. J'ai trouvé l'arme, qui avait été cachée par son précédent propriétaire. Je ne l'ai pas reçue de ses mains. Et puis, ces runes, il doit être possible de les ... Les activer, d'une certaine façon. Je veux dire, si les précédents propriétaires de l'arme ont scellé une partie de leur esprit là-dedans, il doit y avoir une façon de lever le sceau, non ?"

Son regard interrogateur se posa dans les lunettes noires du vieil homme. Quels autres secrets pourrait-il encore lever ? Quelle masse de mystère dissimulait encore l'arme ?
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Saikō Kenshi
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Mar 31 Juil 2018 - 15:16


Saiko Kenshi & Kagai Sho


Un instant de répit




« Il est effectivement possible d’activer ces runes, mais il te faudra à ton tour trouver la rune manquante et la graver sur le morceau restant libre. Une fois cela fait, tu auras le plein pouvoir de cette masse et tu pourras communiquer avec l’esprit de tes prédécesseurs. »

Simple mais efficace. Ces mots étaient ceux de Kojo. Il tentait de lui expliquer ce qu’il ne savait pas sur son arme, mais trouver les mots adéquats pour expliquer le fonctionnement d’une arme légendaire n’était pas chose facile. Mais ce qui étonnait le vieil homme, c’était la non-connaissance de Benzaiten. C’était un homme connu de toute une génération et ce qui peut s’apparenter à une légende sur les terres de Mizu no Kuni. Il avait beaucoup œuvré pour faire du pays ce qu’il est à présent. Il était vraiment déçu de la jeunesse, mais n’en tenait pas compte dans ce cas de figure puisque Sho était la personne la plus proche de Kenshi. Le voir sourire ainsi lui faisait du bien. Cela faisait tellement longtemps que le Genin ne s’était pas senti bien comme ça, comme un jeune garçon de dix-huit ans à présent.

Un silence s’installait de lui-même alors que les trois hommes étaient toujours présents sur la petite aire d’entrainement. Kenshi regardait avec insistance l’arme de son nouvel ami. Il était vraiment intrigué par cette dernière et aimerait bien l’essayer un jour, ou ne serait-ce que confronter les deux armes légendaires. Il avait d’ailleurs proposé à Sho de venir à sa rencontre au grand Dojo de Kiri Gakure no Satô un de ces jours, ce qui lui permettrait de lui faire une démonstration du pouvoir du sabre. D’ailleurs, il n’y avait pas pensé avant alors que les deux jeunes s’étaient rencontrés depuis quelques heures maintenant.

« En fait Sho, tu es un shinobi du village ? »

@Kagai Sho
Pour le coup, je n'ai vraiment pas d'inspiration, désolé =/

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