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Le cadeau_ PV Yume

Sainan Gi. Tenshi
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Dim 5 Aoû 2018 - 15:42
C'était grâce à Diao, mais tout de suite séduit par l'idée, j'y avais activement participé et dès le lendemain de l'achèvement de sa statue, je voulais absolument me rendre chez Yume pour l'y inviter, à la voir, l'inviter elle, et tous ceux qui avaient contribué à cette création. J'étais comme un adolescent quand je me rendais à son palais, et sans savoir vraiment comment je dois dire, j'allais parvenir à passer toute sa troupe de gardes ou comment obtenir simplement une audience... Je doutais que mon nom suffise à la convaincre, je ne crois pas l'avoir laissé indifférente la dernière fois, et c'était peut-être justement le plus gros problème. Cela me mettait déjà en joie d'imaginer la sienne, car le résultat était à couper le souffle à n'en pas douter. Le but n'était pas seulement de la séduire, mais de lui faire réellement plaisir.

D'ordinaire, manipulateur comme j'étais, je ne doutais pas de ce qu'attendait autrui, et je savais exactement comment satisfaire un besoin pour obtenir quelque chose en retour, mais cette fois, j'éprouvais une certaine anxiété, et je savais très bien pourquoi. c'était parce que à l'inverse de tout autre, le regard qu'avait Yume sur moi m'importait... Je craignais un peu son jugement. C'était cela la faiblesse des relations et des liens que nous créons d'une certaine façon, s'oublier, même un instant, aux dépens du bien et du plaisir de l'autre. Je ne désirais pas la séduire seulement par ambition, et cela serait déjà bien difficile de la convaincre du contraire, mais parce qu'elle m'avait sincèrement ébloui au premier regard, un exploit en soi déjà. Si seulement elle eut un peu plus le gout de la liberté, elle attendrait un degré de perfection à la hauteur, sinon plus du mien.

Pour le moment, avant de pouvoir enfin avoir à nouveau le privilège de contempler sa beauté, je devais trouver une solution pour l'amener jusqu'à moi... Un brin de romantisme qu'elle m'inspirait me donnait la solution. L'idée n'était pas neuve, puisque j'en avais usé d'une certaine façon avec Diao, mais Yume aurait un bonus qui ne reviendrait à jamais qu'à elle. Plutôt que de forcer le passage ou de tenter une intrusion discrète, je préférais tenter d'éveiller sa curiosité et de la faire sortir de son palais.

Grâce aux dossiers du Yamagenzo que j'avais feuilletés, je savais où se trouvait sa chambre, cependant elle me demeurait inaccessible, alors me postant en bas du mur, à une longue distance pour ne pas éveiller de soupçons de la garde, j'entrepris de faire sortir un arbre gigantesque, qui poussait suffisamment lentement pour rester silencieux. À ses branches, poussaient des roses bleus, comme celles qu'avaient utilisées Etsuko pour la statue, une sorte de rappel et de prélude au cadeau que j'espérais lui offrir pour obtenir un sourire de sa part. Ainsi, l'arbre lui offrait un bel escalier magnifiquement sculpté et couvert de roses bleus pour descendre jusqu'au sol, vers moi, qui se trouvait tout en bas loin de là.

J'étais habillé comme à notre première rencontre, les cheveux détachés et vêtu cette fois de mon élégant manteau cependant. Je l'attendais en m'inclinant, prêt déjà à lui donner ma main pour qu'elle puisse descendre la dernière marche de l'escalier. J'en souriais déjà, j'étais de bonne humeur, et même si je parvenais à conserver toute la dignité princière, ce trait angélique qui me caractérisait, sur mon regard, au creux de mes yeux bleus scintillant d'impatience et de désir, je ne pouvais cacher l'entrain que j'éprouvais à la seule idée de la revoir encore une fois.


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Byakuren Yume
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Lun 6 Aoû 2018 - 22:14
Le cadeau
Ft Sainin Gi. Tenshi

Blue flowers, not blue-blooded


Depuis que tu étais rentrée, tu n'étais pas sortie une seule fois de la chambre princière. Cloisonnée dans un lit trop grand, étouffée sous les draps et les bandages. On t'avait enfin retiré le pansement qui recouvrait toute la partie gauche du visage. Ton œil avait miraculeusement été épargné, mais il restait, malgré les soins, la marque du fer qui scindait ta chair. Une entaille saumonée, encore fraîche.Tu sens que ta peau tire en vain pour retrouver son aspect originel, mais la cicatrice s'imposait en dominante ; Elle avait refaçonné à sa façon ton faciès. Tantôt durci, tantôt avilit. Toute la noblesse qui apparaissait jadis au premier regard s'était envolée. Ton rang bafoué, ton sang en colère.

Il y avait eut un appel au pays tout entier. Une tête mise à prix, une revanche à prendre. Ton retour avait acté le commencement d'une chasse à l'homme. Mais cette idée était loin de pouvoir te consoler, indirectement, tu en voulais plus. Ce que le cannibale avait déchiré ne pouvait pas juste être recousu. L'image des soldats qui tombent en poupées démembrées, de leurs viscères dévorés, du carmin tiède qui repeignait les abysses. Ton néant était cette odeur rouillée, ton corps inutile, ton stupide rang !

Devraient-ils tous mourir pour qu'une vive ? Qu'avait ton nom de si précieux pour qu'ils s'inclinent, qu'ils courbent l'échine et qu'elle soit tailladée sans éclats.

Leur logique s'inversait. Tu étais leur supérieure mais c'était à eux de te protéger. La féodalité de prestige avait perdu le plus ultime des buts : Défendre les siens. Votre royauté s'était assise sur des idées de bien-bien-pensance, des acquis et des opportunités. Vous abusiez de la ferveur d'Iwa pour vous servir, mais ne leur rendiez qu'une simple image diplomatique. Reflet de politique, dans l'interdiction d'avoir autre chose que des mots pour défendre vos terres.

En subissant le courroux d'un fou, tu avais renforcé encore plus l'étau qui t'étouffait jusque lors. Tu ne sortais donc plus, pas par dégoût, mais par connaissance de situation. Était-ce là le prix pour avoir espéré à une liberté, même éphémère ; dans la discrétion délicate de l'anonymat. Voila pourquoi cette vie était piège. A chaque excès, à chaque chaque débordement, il fallait trancher à vif, raccommoder. Une vie d'équilibre, sans plus, ni moins.

La lumière se tamise en une fraction de seconde. Tes yeux sont arrachés à la morne habitude qu'ils avaient de fixer le vide. La pièce s'ombrage et des filets se dessinent au sol comme des racines tortueuses, puis gonflées. Des pétales s'invitent au bal, dans une danse avec le vent avant de tomber au sol. Ces nouveaux invités accrochent ton attention. Tu n'avais jamais vu pareil bleu sur ces créatures frêles qui construisaient la flore. Tu te lèves, malgré les consignes des médecins, avant de t'approcher en boitant. Le balcon tout entier est surplombé d'une composition noueuse aux fleurs océaniques. Des racines s'entremêlent, forment un escalier boisé. En longeant du regard son évolution, tu finis par croiser le sien.

La manieur de Mokuton.

Le vent siffle et soulève les branchages, faisant léviter ses parures bleutées comme pour crier ta surprise à ta place. Son regard, toujours aussi aiguisé, ne quittait pas le tien. Avant qu'il ne devienne curieux, tu inclines le visage de moitié pour isoler la partie meurtrie. Une pudeur gênée, une fierté rongée par tes propres jugements. Personne au village n'avait encore eut vent de ton état. Personne n'avait vu la souillure qui te rendait plus humaine que divine.

- Vous..

Tu te ravises. Déjà décidée qu'il fallait craindre cette venue.

- On ne m'avait pas prévenue que j'aurais une visite...

Pour peu qu'elle ait été prévue. Un ton amer, presque réprobateur. Il n'aurait pas été étonnant que cet homme use de ses talents pour venir de sa propre directive. Il l'était plus, cependant, que personne ne soit intervenu pour couper court sa démonstration. Le palais royal était comme une terre promise, accordée à ceux qui le méritaient, entretenue pour le simple plaisir du sang royal. Sa présence ici était forcément organisée, mais dans quel but ? Du monde entier, il était peut-être la dernière personne à qui tu voulais faire constater ton état actuel. Car tu étais faible. Loin de ton statut. Proche des idéaux de la vie simple et humaine qu'il t'avait suggérée lors de votre première rencontre.


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Sainan Gi. Tenshi
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Mar 7 Aoû 2018 - 10:28
La splendeur apparaît en haut des escaliers, je suis là, j'observe et j'attends. J'apprécie ce que je peux entre les fleurs d'azure. Son cortège princier l'attend, mais elle ne descend pas. J'essaye de lui faire voir à mes yeux, qu'elle est en sécurité, que je suis là pour la guider, mais rien ne se passe, elle semble amorphe — hésitante. Je prend le pas et gravis les marches de l’escalier de bois. Joyeux, heureux, le regard et l’œillade scintillante d'une certaine satisfaction, chaque pas me rapprochant d'elle étant un pas de plus vers le bonheur d'une certaine façon. L'élégance et l'assurance se mêlant à la joie, mes cheveux en reflétant la couleur des roses viraient au bleu. Long escalier qu'il fallait monter pour l'avoir. Princesse jusqu'au bout, je devais donc venir moi-même quérir son attention, son temps — sa compagnie.

Symboliquement, n'était-ce pas les seulement les marches de son attention que je gravissais, mais le chemin sinueux vers son cœur, l'ornementation princière de cette allée de bois, n'était que la grâce par laquelle devaient passer tous mes élans, si je voulais la convaincre de la noblesse et de la sincérité de mes sentiments. Plus j'approchais, plus je me sentais fébrile, et c'était à grande peine, que je conservais sur moi l’apparence de l'assurance et d'une angélique légèreté. "Sans ton cœur, pensais-je malgré-moi, mon cœur comme un poids inutile, de la nuit à l'aurore et de l'aurore au soir, battra jusqu'au tombeau sans joie et sans espoir. Le cœur d'une femme est une partie des cieux, comme le firmament, il change nuit et jour. Avançant vers toi parmi les roses bleus, c'est ainsi que contredisant cette maxime, j'y mêlais la nuit et le jour." Oui, car j'avançais dans la lumière, éblouissant d'une aurore, comme un ange rampant à ta couche. Toi tu te cachais dans le sombre, sous la voûte celeste, pour séduire, les hommes se montrent sous leur meilleur jour, les femmes sous leur meilleure nuit, et le jour, prenait aujourd'hui, rendez-vous avec la nuit.

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J'atteignais enfin cette fenêtre, celle où elle se tenait, et m'inclinais devant elle aussi noblement que je le pouvais. Là je découvrais la marque à son visage. Un fou, ou une folle avait osé la toucher, l’abîmer, la marquer. Mes yeux se révulsèrent de colère, et mon silence se fit aussi lourd que mon cœur s'emplissait de douleur. Elle ne perdait rien pourtant de grâce, de beauté, et même de divin à mes yeux, qui brillaient toujours d'un ardent désir en la voyant, c'était la douleur qu'on lui avait infligé qui révulsait. Ainsi je croyais comprendre pourquoi elle ne descendit pas seule, pensant sûrement à ma déception, à la leçon que je pourrais lui donner... Peut-être même croyait-elle perdre grâce à mes yeux. Mais elle ignorait donc qu'est ce qu'un homme trouvait de beauté chez une femme ? Ce qui séduit et passionne les cœurs, ce ne sont des beautés jamais expliquées, mystérieuses et ineffables, comme la sienne. Cette cicatrice la rapprochait plus de moi que sa perfection, car faisant l'apprentissage de la douleur, son humanité n'en était que rehaussée, et sa beauté avec elle. Elle était toujours mon idéal, quoi qu'elle pouvait en penser, et je le lui hurlais dans un silence, par le seul sourire sincère et aimant que je pouvais lui donner. Il est des physionomies nobles et sereines qui sont comme de belles âmes visibles ; plus touchantes que la beauté qu'elles animent, elles ont tout séduit, même le temps. Cette beauté était la nôtre ; mon sourire le lui annonçait avec force, et fermeté.

Je lui tendis la main, en m'inclinant, comme le chevalier devant sa princesse, qui pudiquement, lui proposait son bras pour emprunter le chemin, et baissais les yeux devant sa divine présence. Je ne parlais pas de la cicatrice, je n'évoquais rien de son état, car je voulais lui rendre une journée paisible et soyeuse, et je ne voulais devenir fou de colère en apprenant qui osa toucher ce visage que je considérais déjà m'appartenir. Tôt ou tard, celui ou celle qui fit cela aurait à payer le prix fort. Pour le moment je ne faisais que jouer le rôle qui était le mien. Mélodieusement, tendrement, je lui demandais alors de me suivre, gardant à la main tendue à son service.
  • -Altesse, nous avons quelque chose pour vous. Permettez-moi de vous guider.

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Byakuren Yume
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Sam 25 Aoû 2018 - 1:13
Le cadeau
Ft Sainin Gi. Tenshi

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Les pétales dansent et le loup avance. Ses traits, eux, n'avaient pas changé. De vous deux, il était maintenant le plus angélique. Il avait grimpé son escalier en silence, un regard parlant pour son corps tout entier. Tantôt serein, tantôt flanchant. Il paraissait parfois aussi effrayé que toi d'avoir à subir tes prunelles de glace. Parce que les yeux sont cruels, parce qu'ils ne mentent pas.

Arrivé à ta hauteur ; il s'incline en chevalier inavoué. Il a le tact de ne faire aucune remarque sur ton nouvel aspect. Il faisait bien, ton cœur n'était pas encore prêt pour les lamentations. Il était figé par la terreur, maculé d'un voile maudit, opprimé par des liens de fer. Ignorant alors tout de ta condition, Tenshi lève une main qui se veut soutien, avant d'évoquer un présent caché. Il s'inclue alors dans un groupe, ce qui attise presque ta curiosité. Vu son audace de venir ainsi te quérir, il devait s'agir d'une chose assez précieuse.

Tu soupires intérieurement. Qu'avais-tu fais de si bien pour être ainsi comblée de cadeaux. Au plus tu devenais détestable, au plus tu en recevait. Des hommes venaient de mourir par ta faute, et au lieu de te blâmer, on te choyait. Grimace. Ton visage est maintenant aussi tordu que tes entrailles. Le vrai visage de la féodalité. Sa Némésis. Toi.

Tu racles une gorge trop serrée pour lâcher un mot. Ton esprit se scinde en deux. Une partie de toi se savait en mesure de refuser cette approche, de feindre une douleur pour que les médecins t'harponnent à ta chambre sans préavis. L'autre partie commençait à se lasser de la monotonie d'une chambre grise. Même si tu y avais déjà passé 18 années, elle était devenue en une journée la relique d'une personne que tu n'étais plus. Les horreurs, la paranoïa, les démons qui te hantent et repeignent de carmin tes murs pourtant si propres. Des illusions tortueuses, des cauchemars qui n'en finissent plus. Ta condition se dégradait alors qu'elle devrait s'améliorer. Parce que ton esprit se cloisonnait tout seul, parce qu'il suffoquait de cette prison austère. Parce que plus rien ne pourrait racheter ta candeur d'antan.

- Soit.. Où allons nous ?

Tu relèves délicatement la tête, fixant alors l'horizon et non ton reflet de jadis. Tes mots étaient sortis d'eux-même, ne laissant guère le temps à ton esprit de les canaliser. C'est pourquoi ton regard est ailleurs, évasé. Il ignore la main tendue, le service proposé, la clémence désormais rejetée. A la place, tes paumes cherchent sans voir un support matériel, une rampe d'escalier, sa rudesse assumée.

Les domestiques apportent sans broncher des souliers de jour et avec eux une nouvelle épreuve. Tu ne t'étais jamais rechaussée depuis que tes deux chevilles avaient été brisées en milles. Même si les soins avaient reconstitué en un rien de temps les os, tu appréhendais chaque mouvement comme s'il pouvait te déchirer à nouveau.

Un pied après l'autre.

La servante est délicate et tes maux s'envolent aussi rapidement qu'ils étaient venus. Tu tends les bras, on te recouvre d'une tunique soyeuse et poudrée.

Un pas après l'autre.

Et le premier avait été le plus dur. Descendre des marches en se sachant déséquilibrée. Le main que tu avais ignoré devient alors une envie de facilité. A la deuxième marche, les douleurs fantômes l'emportent, ta main saisit un pan de kimono, non pas sa paume. Tu t'agrippes en dessous de son épaule, non pas à son bras. Tu n'acceptes rien de charnel, juste du tissu. Tu ne cèdes pas à tes faiblesses, tu les combat, tant bien que mal.

Aujourd'hui, seulement aujourd'hui, il serait une béquille improvisée.



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Sainan Gi. Tenshi
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Dim 23 Sep 2018 - 21:22
Il ne suffisait pas d'aimer sincèrement et de quêter la satisfaction d'une personne pour obtenir son affection, sa considération, son appui. Yume n'avait d'élan envers moi que le cachet que la politique et le protocole lui permettaient ou lui imposait, et même quand je faisais montre de toutes les plus nobles et douces attentions, je sentais un mur qu'elle faisait grandir plus haut que les sentiments que je lui portais. Là, pire encore, je sentais son esprit vagabonder encore bien plus loin que moi, là où je ne saurais peut-être l'atteindre. Malgré tout je continuais mon rôle, et me sentais assez fier de pouvoir lui faire escorte vers le cadeau que nous lui avions préparé.

Incrédule, je l'accompagne, lui fais office d'escorte et de pilier. Cependant, face à l'indifférence et son karma de princesse désabusée, mon entrain se fane vers de moins élogieuses considérations. Moins de grandiloquent pour ne parachever cette descente d'escalier que d'un réel et profond désir de satisfaction de sa personne. Le visage et l'être dans son ensemble sont calmes et confiants, mais moins de hauteur, moins de séduction aussi, en ressortent tandis que je lui réponds savamment et élégamment.
-À l'académie altesse. Je dois vous y remettre quelque chose.

Je ressentais et voyais sa douleur, mais par souci de bienséance, et ne pas froisser l'ego d'une demoiselle d'ascendance bien plus haute que la mienne, je ne fis pas la moindre remarque quant à ce sujet. Prince du sang aussi désormais depuis mon adoption, un élan et une quête d'ascension m'aurait mené à lui en faire part pour lui faire entendre que ma condition me permettait désormais de jouer de séduction vers elle, car le droit et la légalité me permettaient aujourd'hui d'entrevoir la possibilité d'une épousaill. Cependant quand elle s'agrippait à moi, assez dédaigneusement je trouvais je préférais ne pas m'aventurer sur ce terrain maintenant. Un mal la dévorait et son humeur n'était pas à la volupté des sens, bien au contraire. Je me sentais comme un poids, alors que je ne cherchais qu'à lui rendre la vie plus simple et paisible.

Il ne servait à rien, alors que nous descendions lentement et que je calquais le rythme de mes gracieux pas sur les siens, de chercher à la séduire par un verbe saillant et des compliments qu'elle n'avait sans doute désormais que trop entendu. La beauté d'un homme, à la figure angélique et princière n'aurait suffi à la sortir de sa torpeur, quelque fut la force et la conviction que j'aurai placée dans chacun de mes mots. Nous n'en étions déjà plus au flirt, peut-être n'avions-nous mêmes jamais commencé cette étape, et allant vers le cadeau que je lui destinais avec une grande joie, intérieurement, mon regard s'abaissant vers l'horizon aux augures incertains, je songeais à la servir, sans, m'en servir. Ainsi fut-il plus grande preuve d'amour que l'abandon ? Le véritable sacrifice, c'est celui de la perte, jamais de la possession. Flirt : Reconnaissance du terrain avant l'assaut. Mais le jeu de guerre ici était déjà fini, en ce mariage je cherchais le duo pas le duel, et elle ne m'opposait sans cesse que cela, un duel. Ce qui séduit et passionne les cœurs, ce ne sont des beautés jamais expliquées, mystérieuses et ineffables comme la sienne. J'y succombais sans me l'expliquer, et perdais parfois le gout d'autres saveurs féminines qui ne me comblait que l'instant de la possession de celles-ci.

Si faire une promesse est une chose, la tenir en est une autre. Promettre du bonheur, c'est oublier que le bonheur est imprévisible, quasi insaisissable et surtout très éphémère. Le bonheur ne se laisse ni acheter, ni séduire, ni apprivoiser. On peut seulement l'accueillir quand il passe tout près de nous ou qu'il est présent dans l'instant. Cet instant-là, je sentais en elle le malheur et une conviction de son impérissable durée, je ne pouvais, tant qu'elle me considérait à ce point avec distance, ne lui offrir qu'un aussi délicat qu'inutile réconfort pour lui faire entrevoir durant au moins ces quelques futurs instants que la vie pouvait lui réserver encore quelques mérites et belles surprises. Sa stature fébrile de cet instant ne la rendant que plus désirable, je fis néanmoins très attention à ne pas lui montrer mon attachement plus que de raison, chevalier servant qui n'oubliait pas la distance de son rang, même si désormais prince.

Là, à l'académie, durant un voyage silencieux, où je lui offrais surtout sourire et grâce compatissante pour une demoiselle que je convoitais malgré moi, je la laisserais découvrir la statue que nous avions achevé en son honneur, espérant par son regard à sa vie, trouver un étoile que j'avais déjà vu briller une fois, mais qui me semblait désormais tristement éteinte, alors devoir était mien, de raviver cela, ne serait-ce que pour un petit instant.


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Lun 24 Sep 2018 - 16:36
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Les mètres s'enchaînaient et l'angoisse de voir tes jambes se plier s’éclipsait. Comme un bambin qui réapprend à marcher, comme si tes chevilles n'avaient besoin que de s'accoutumer à ce retour sans douleur. Le vide, l'impression de flotter, puis de s'écraser. Cette balance inégale qui fait que ta main ne s'échappe pas de son accroche. Les regards se détournent à votre passage, jamais ils n'avaient vu leur princesse s'accorder ainsi à une démonstration de faiblesse. Un aveu nouveau, celui de ton visage qui n'est plus une beauté pure, de ton regard qui s'opacifie.

Tes pensées t'enlèvent toute la brillance des prunelles ; t'accordent une trêve à la réalité. Les dédales d'Iwa passent alors plus vite qu'escompté ; tu avances sans avancer, observe sans voir, respire sans le montrer. L'apnée prend fin aux pieds de l'Académie d'Iwa ; C'était la première fois que tu lui faisais face. Le bâtiment était une construction récente, aussi imposante qu'éclatante. L'entrée se faisait côté Sud, via d'immenses limbes qui marbraient le ciel. Des colonnes exponentielles, une impression de grandeur. Rappelée à l'ordre par cette contemplation ; tu en scrutes chaque parcelle avant de retomber dans une pudeur dubitative.

L'avancée se fait sous des arches qui se veulent imitatrices des voûtes céleste. Chaque recoin est soigné et témoigne de la grandeur du village caché. C'est un spectacle nouveau : Celui d'une cité qui se fortifie, qui s'assume : une forteresse devenue un pilier incontournable du Yuukan.

Dans les feux de l'attention, une escorte imprévue s'entasse autour de vous à mesure que vous avanciez. Les enfants, potentiellement Genin, s'avançaient avec la curiosité de l'âge. Certains n'avaient peut-être encore jamais vu ta silhouette de si près, d'autres n'en s'en laissaient pas, et les derniers se faisaient aspirer par cette marée humaine sans même en comprendre les raisons.

Votre but ultime s'érige comme un trophée glorieux et soigné au milieu de la cour qui vous accueille. Une fontaine en guise de piédestal : ton simili au dessus. Tu vois du mouvement, de la passion, une silhouette qui te ressemble presque. Les formes sont lisses, proportionnelles à la réalité. La robe est vivante, agitée de feuilles et fleurs d'un bleu d'outre mer. Un bleu royal. Un bleu sombre qui arrivait à être plus lumineux que n'importe quel rival coloré.

Son visage est pur ; son regard hybride. Il a dans ses traits le mélange d'un tout ; la noblesse nostalgie, la bienséance neutre, les rêves oubliés. Les premiers murmures naissant. On compare l'originelle et la seconde ; on ne comprend pas, il manque quelque chose. Sont-ils déçus ? De cette amertume qui transpire sous cette cicatrice ? De cet abandon des dieux, qui te rendent plus mortelle ? De cette figure qui peine à sourire devant un cadeau empoisonné.

L'éveil s'adonne au sommeil : Pourquoi une statue, pourquoi maintenant ? Tu replonges dans ces entrailles obscures qui te font souffrir. Tu revois la statue offerte par ton propre père pour tes 18 ans ; Plus petite, moins raffinée ; Une poupée géante de cristal opalin, d'un marbre inavoué. Un cadeau qui t'emmène aux prémices de l'horreur. Ce jour là, ton âme avait été scindée par un fanatique. Un fou qui ne se serait jamais arrêté à ta porte s'il n'avait pas haït ce visage sculpté et l'évocation qu'elle donnait. Tu étais considérée comme une enfant du ciel ; on t'avait forgée ainsi. Et ce sont ces mêmes traits qui avaient attiré le profanateur dans ta tanière.

Même cadeau, même destin ?

Prise d'un frisson, une sueur froide, ton dos se crispe et tes doigts avec. Ils se resserrent sur ton manteau de soie avant de s'y cacher complètement. Ton angoisse serpente ton corps à la recherche du nid idéal ; et il choisit tes jambes : réveillant une douleur fantôme qui les paralyse sur le fait. Ton visage se tourne et observe ; tout le monde en attend après ton commentaire. Ils veulent des compliments, ils veulent une justice. Toi, ta justice, tu la voyais dans cette œuvre en ruine, détruite de tes mains.

- C'est...

Un souffle qui se coupe, qui cherche ses mots. Il n'y a d'honnête plus que ton silence. Comme pour faire ton deuil, comme pour pardonner à la précédente statue de t'avoir ainsi condamnée.

- … Une œuvre surprenante

Tu ne pouvais avouer mieux. Tu avais été surprise, c'était un fait ; mais plus par l'écho à ta Némésis que cela représentait. Les détails n'en étaient pas moins impressionnants, tellement parfaits qu'ils t'en glaçaient le sang. Ton attention se fige sur une joue épurée. L’œil serein, la peau diaphane, épargnée.

- J'imagine qu'une mise à jour serait trop demander...

Une blague amère, hasardeuse. Tu n'as ni l'envie de faire des efforts de prestige, ni la force de concentrer tes idées. Ils voulaient un symbole, une marionnette à ton image ? Alors ils devraient la graver jusqu'à la dernière cicatrice. Au diable les mensonges, au diable les critères de puissance. Te voilà présentée au monde comme la vulgaire humaine que tu étais. Fragilisée, et hantée.


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Sainan Gi. Tenshi
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Lun 24 Sep 2018 - 17:21

Le cadeau n'inspirait pas l'émotion attendue, bien au contraire, il semblait tomber mal, et songeant à tous les efforts qu'il m'avait fallu pour le mettre sur pieds, à tous les efforts de ceux qui m'y avaient aidé, songeant à la passion et l'entrain que j'y avais mis, je sentis mon orgueil et ma fierté, un instant, un court instant, se froisser.
La statue faisait l'éloge de sa personne, et de mémoire d'homme, pas une femme n'aurait été insensible à cette performance sans avoir eut à en se remémorer un triste sacrilège. Une mémoire et un souvenir que je décelais aux creux de ses pupilles, mais qui m'était encore et toujours, tout comme elle, inaccessible. Quel fâcheux souvenir pouvait donc la traverser pour ne pas apprécier cette oeuvre, qui flatterait l'ego de n'importe quelle autre femme qu'elle. Sur mon honneur et ma fierté de soldat, si amoureux transit qu'on aurait pu me définir à son encontre, j'étais là, à cet instant, le plus sot des hommes.

Parce que nous étions devant témoins, et qu'elle aussi, par moi, comme je le devais moi-même aussi, devait conserver une bonne tenue, je paraissais tout aussi digne et princier que la condition l'exigeait, sans ne savoir cette fois, car je n'en éprouvais pas même l'envie, mimer sur mes traits la joie et sérénité que l'on m'affligeait coutumièrement comme le plus révélateur de mes signes de caractères. J'escomptais lui faire plaisir et la séduire, mais face à l'échec manifeste, qu'elle ne cachait que très difficilement pour ne pas déplaire à la foule de l'académie, je songeais à l'erreur commise que je ne tarderais certainement pas à payer d'une façon ou d'une autre. Nos chagrins et nos déceptions sont, au fond, notre œuvre ; le fait vient du dehors, l'effet vient de nous. Chaque vie se construit son tombeau, chacune de nos actions engendre un démon ou un ange chargé de la punir ou de la récompenser. Côté cœur, chacun a cru un jour avoir trouvé l'être introuvable, et lorsque la lumière vient, la déception n'en est que plus dure. Qui de nous, dans la lamentable famille humaine, n'a pas attaché les ailes d'Icare à ses épaules et n'a pas fait la grande chute ? Ma chute, je l'avais faite il y a longtemps, pourtant, aujourd'hui encore, j'éprouvais cette curieuse sensation passée, alors même que je considérais mon coeur suffisamment cloisonné pour ne plus avoir à me faire défaut, à craindre, de pareilles déception. Preuve de mon affection encore, sans nul doute.

J'en oubliais leurs regards à tous, qui émerveillés par la statue, et la beauté à peine touchée de la princesse, se demandaient aussi qui était cet homme qui se tenait ainsi à ses côtés, qui lui avait servi de pilier et d'escorte. Une rumeur qui serait bien vite éteinte je le crains pour mes desseins, mais à l'instant, là n'était pas la question.
J'abaissais le regard un instant, ignorant tout et elle y compris, pour songer à ces efforts sans récompense. Qui étais-je à cet instant ? La princesse Yume, attristée par le cadeau, et le prince devait lui aussi faire bonne figure pour un attroupement dont il n'avait cure. Un œil glissant au coin du visage sur la jeune femme qui commentait comme elle pouvait l'oeuvre. Que voulait-elle donc dire ? Pourquoi un tel refus de bonheur ? Là, moi qui avait le talent pour sonder le coeur des êtres humains, qui était plus diabolique que le diable et plus saint que les anges, je ne la voyais pas, elle était opaque, imperméable, on aurait dit moi quand je travaillais.... Si on ne sait pas à un tel point se mettre en rapport avec l'âme d'une jeune fille, mieux vaut ne jamais se laisser aller à vouloir séduire, car il sera alors impossible d'éviter ces deux écueils : d'être questionné sur l'avenir et catéchisé sur la foi. Nous faisons je crois pourtant tous la même erreur ; Nous courons, séduits par l'espoir, où la passion nous appelle, et nous trouvons... le désespoir ! Je ne me laissais pas aller à plus de sensibleries déplacées toutefois. J'étais qui j'étais, et je pouvais être, encore, parvenir à la satisfaire.

  • - J'imagine qu'une mise à jour serait trop demander...

  • - Si, si peu puisse plaire à votre majesté. Lui répondais-je glacialement neutre.


Un shaken projeté, puis un second sur le premier, pour qu'il entaille le visage de la statue, et lui octroie une marque identique à celle que porte Yume, la ressemblance ainsi parfaite et frappante et désormais ordonnée et coordonnée avec les faits d'une redoutable et nouvelle réalité.
  • - Mieux ainsi ?

Et l’œil bleu passait sur le sien sans gêne, y passant avec sa douceur et son désir une certaine tristesse et un regret. Celui de n'être parvenu ni à la satisfaire ni à la toucher. Même tout prince que j'étais, elle me déconsidérait toujours je crois, et n'accordait au prix de mes efforts que de bien maigres consolations. Me résoudre à abandonner cette méthode peut-être je devais, mais m'inclinant devant elle, sous l’œil de l'assemblée, je songeais qu'elle me réclame de la raccompagner ou autre, qu'il me restait d'autres cartes beaucoup moins honnête à jouer pour l'obtenir. Ce qu'on appelait l'amour, mot élastique aux indéfinissables contours, avait après tout de nombreux chemins possible.

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Jeu 27 Sep 2018 - 10:00
Le cadeau
Ft Sainin Gi. Tenshi

Blue flowers, not blue-blooded

Les esprits s’étonnent, ne comprennent pas qu’ils n’assistent pas à une inauguration mais à des éloges macabres. Statue des enfers, mensongère d’apparence et de sens. Si ce cadeau était une vérité absolue ; alors elle ne trônerait pas en ces lieux. Propagande pour le sang bleu. Tu étais un visage représentatif forgé pour inspirer le peuple, et ici plus particulièrement, pour rappeler aux jeunes shinobis vers qui leurs devoirs les portaient.

Si tes poings pouvaient se serrer ils le feraient ; plus par la peur, mais par une colère soudaine. Parce que ces visages qui s’entassent sont enfantins et innocents. Parce qu’en se trouvant dans cette Académie, ils s’engageaient sur la voie sinueuse de l’art shinobi. Enfants de l’armée : jeunes fous qui donnaient leurs vies à une personne morale. Leurs parents voyaient ça comme un exploit ; tu le voyais comme une hérésie. Parce que ce monde était sauvage, il fallait s’investir de plus en plus tôt pour espérer un jour survivre aux horreurs des conquêtes. Alors ils s’alignaient là, avec toute l’inconscience juvénile, fantasmant sur une statue dictée par des dogmes féodaux. Ils admiraient la princesse ; ils aimaient son rang, s’agenouillaient sans le savoir à ses pieds.

Cette princesse devenait furieuse. Elle voyait en ces enfant les adultes de demain ; elle se revoyait au milieu des gardes éventrés, dévorés vifs. Morts pour elle. Par dévotion aveugle. Démunie, faible, désuète.

Les observer s’aligner ainsi, c’était ta punition pour être encore en vie. Ton sacrilège pour leur faire face en étant l’incapable qui causa la perte de leurs aînés. Ce poids invisible : c’était celui qui s’était posé le long de ta joue pour en faire le témoin de tes lacunes. En respirant sur le dos des morts, tu étais un échec ; Que ton visage représente cette laideur était une justice inavouée.

Tes démons s’envolent quand ton reflet s’exécute sans même chercher à comprendre. Il est un soldat maintenant, il obéit aussi fidèlement que crûment. Cette démonstration brute était aussi un soulagement ; maintenant les mensonges s’arrêtaient. La poupée de terre se fragilise, est rappelée à la réalité.

Tu entends les souffles s’exclamer, la surprise bien vite ternie par la vision d’une œuvre d’art abîmée avant l’heure. Le message est simple mais amer. Un peuple attristé, une princesse soulagée. La réalité revient aux portes des consciences, les blessures sont là, visibles. Si ta personne devait être exposée, qu’elle le soit jusqu’au bout. Voilà à quoi ressemblait quelqu’un qui s’aventurait sur les terres du Yuukan ; Voilà les traits de la barbarie.

- Merci…

Une voix éteinte, le remerciement se voulait discret, réservé à Tenshi. Peut-être qu’il comprendrait, peut-être pas. Mais l’aisance avec laquelle il avait réagit avait facilité les débats. Maintenant il faudrait faire avec.

Un silence lourd s’empare des festivités. La joie s’était transformée en regret. Certains devaient supposer une certaine jalousie à l’égard de son propre passé ; d’autres comprendrait que la princesse était endeuillée, ni plus ni moins.

- Voilà ce qui arrive à ceux qui décident d’agir avec imprudence hors de nos murs.

Iwa était une forteresse d’argent, incomparable avec la situation actuelle du Yuukan. Même ton propre pays, Tsuchi, regorgeait de mercenariat et de frauduleuses. Et ces apprentis ninja devaient le comprendre, s’en inspirer. Les plus braves vivraient avec, les hésitants feraient mieux de se rétracter.


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Sainan Gi. Tenshi
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Ven 28 Sep 2018 - 16:25

Être aimant, je ne crois pas, n'empêchait certainement pas de prendre, quand on éprouvait le sentiment de cette nécessité, les commandes, voir l'ascendant sur l'autre. Ce que venait de dire Yume me déplaisait en de très nombreux points. Cette marque sur son visage, si j'ignorais le détail de la cause, je découvrais que ce fut le résultat d'une escapade qu'elle s'était autorisé sans avoir pris de précaution préalable manifestement.

Je pouvais comprendre sa peine, et son malheur, cette petite et gracieuse femme venait de brutalement découvrir, prendre conscience et connaissance de quelques graves réalités du monde. Ce n'était cependant pas une raison pour la reprendre en public, à la vue de chacun, son rang restait son rang, et l'incorrection que me vaudrait de la contredire devant toute cette foule serait irréparable. Il est des moments où le sentiment de la fragilité du bonheur est si vif qu'on souhaiterait presque d'être malheureux. Il me paraissait clair que notre tendre princesse se trouvait malgré elle dans l'un de ces moments. Comment réagir alors ? Comment faire ? Soudain, alors que je me tenais immobile, à la contempler sans avoir perdu de ce désir et de cette affection au regard, je me rappelais aussi que désormais mon rang me permettait quelques folies. C'était l'occasion d'en jouir sans vergogne.
Tous les chemins qui conduisent au bonheur ou au malheur partent du même carrefour hélas pour elle, et si elle n'avait pas été à la fois princesse et encore relativement convalescente, sans doute l'aurais-je déjà giflée, non de colère, non par plaisir, mais seulement pour la réveiller. À cet instant, ce n'est pas ce que je fis, au contraire, mon androgyne voix dont on se moquait suffisamment en temps normal se fit immensément plus grave et ferme. Je donnais clairement un ordre, calmement, paisiblement, gracieusement — mais malgré tout fermement.
  • -Partez tous. Je dois parler à la princesse Yume un moment. Seul à seul.


Quelques regards ahuris, voir dubitatif, suivis de quelques murmures m'attendaient, et sans étonnement. Un Chôkoku présent fort heureusement, toujours académicien m’interpellait moins fébrilement que ne l'osait d'autres, sans doute parce qu'il m'avait déjà vu au domaine.
  • -Maître Tenshi, la sécurité de la princesse ?
    -Si elle n'est pas en sécurité dans l'académie d'Iwa avec moi, elle ne l'est nulle part. Lui répondais-je en tournant un regard violent.
    -C'est logique... Répondit-il bassement.


Un autre tentait de me raviser tandis que certains commençaient déjà à quitter les lieux. Il s'agissait je pense d'un professeur qui ignorait tout à fait qui j'étais, ce qui ne m'étonnait pas. Il était tout de même un peu vindicatif, et s'il eut été dans le vrai, il aurait eut raison, mais ce n'était pas le cas.
  • -On peut laisser la princesse seule avec un simple Shinobi.
    -Je suis élève du Sandaime Tsuchikage et prince du clan Chôkoku, peut-être cela ne vous suffit-il pas à vous, mais je ne suis pas, à mon sens, "un simple shinobis". Maintenant quittez ce lieu je vous prie.


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Cela dit, la foule se dispersait, et j'attendis silencieusement de me retrouver complètement seule avec Yume. Pas un mot de ma part ne fut glisser pendant ce temps, j'observais la tenue et la posture due à son rang comme au mien, mais je perdais sur le visage la candeur innocente qui faisait ma marque pour n'être plus en quelque sorte une statue de marbre, belle, mais glaciale et apathique. Quand enfin je fus certain que plus aucune oreille ne nous écouterait ni aucun œil ne nous verrait, je retournais un regard perçant, violent et affirmé sur elle. D'ordinaire le regard d'un amoureux transit et le timbre de voix doux et élégant, je lui montrais une autre facette de moi-même qui ne servait en rien la séduction, mais fait cette fois d'une brutale et clairvoyante franchise. Pointant le doigt sur elle, je lui parlais, doucement, mais fermement, sans la moindre hésitation.
  • -"Ceux qui décide d'agir avec imprudence hors de nos murs" vous dites ? Qui êtes-vous donc pour croire qu'un accroc dans votre vie peut juger des actes des gens qui vivent hors de ces murs ? Le cadeau que nous faisons aujourd'hui n'est qu'une preuve d'amour, et vous en faites un symbole d'amertume. Il est peut-être temps pour vous de grandir — Princesse. En dehors de ces murs, j'ai vu ma mère pendue à un arbre pendant qu'elle accouchait, des hommes dévorés des cadavres parce que la faim les tiraillait, des shinobis traiter les civils comme du bétail, et vous pour une fois, que vous voyez ce à quoi sont confrontés ceux qui sont sous votre responsabilité, plutôt que de chercher à en tenir une force, vous pleurnichez sur votre sort de jeunesse dorée. La souffrance que vous tiraille maintenant, ne vaut pas le quart de ce que votre peuple combat chaque jour de son existence, mais lui au moins le fait avec une dignité qui surprendrait tous les princes de ce foutu pays. Enfermez-vous dans votre tour comme une petite souris si tel est votre désir, mais n'allez pas croire que cela vous donne le droit de comprendre ce que fait ressentir le combat des imprudents qui vivent hors de ces murs.

À peine finissais-je que je me rendais compte que pour cette fois, certains de mes mots avaient largement dépassé ma pensée, je m'étais un peu trop laissé aller, mais il était de toute façon déjà trop tard, pour reculer.

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Jeu 4 Oct 2018 - 11:33
Le cadeau
Ft Sainin Gi. Tenshi

Blue flowers, not blue-blooded

Ce que tu songeais témoin d’une morale apprise sur le tard s’était transformé en un énième appel au duel. Tu te doutais que ton manque de chaleur temporaire te vaudrait au mieux une incompréhension générale, au pire quelques remarques ; mais tu connaissais le peuple, il s’éteindrait dans le mutisme plutôt que de chercher à connaitre le fond de ton amertume.
Sauf ce reflet, qui en bête incontrôlable, demandait que la scène soit isolée des oreilles hasardeuses. Que ton escorte se plie à ses volontés t’étonne, avant qu’il ne rappelle finalement son rang fraîchement acquis. Rire jaune ; Il se vantait déjà les mérite du sang qu’il n’avait pas. Ton côté féodal s’en insurgerait, celui qui haïssait l’être se posait juste les bonnes questions.

Le monologue s’empare d’une colère froide ; il n’hurle pas mais se veut tranchant. Tenshi perd toute notion de pudeur, se basant sur ses propres mœurs pour faire taire les tiens. Était-ce là toute la valeur chevalière ? Écraser la peine d’un autre en lui montrant la sienne. Rendre insignifiant un passé parce qu’il n’a pas connu la même misère.

A mesure qu’il s’avance dans ses propos, une flamme se ravive et illumine l’azur de tes prunelles. Ce n’était pas le plus louable des brasiers ; La colère, une aversion naissante. Qui pensait-il être pour juger ainsi des vies ? Ni toi ni lui n’en aviez les droits. Seuls les dieux pouvaient prétendre à la pesée des âmes ; et très certainement que vous iriez main dans la main quémander leur grâce pour faire pardonner vos propres erreurs.

- Vous me demandez qui je suis ? Qui JE suis pour juger des habitants du Yuukan ? N’avez-vous donc aucune pudeur, aucune sagesse ? Je suis une fille, une mère, une femme, une sœur, une princesse, une oubliée… Je dois être chaque soupir que ce pays dépose sur notre Terre. Les mœurs de Tsuchi sont les miens ; Est-ce que de me voir les subir ne vous suffit pas ? J’ai l’âme en peine ; J’ai en HORREUR la vision de ces enfants militarisés, je les imagine déjà égorgés par les lames des rancœurs externes. Et pour quelles raisons ?

Ton bras se jette dans la direction de la statue

- Pour ça ?! Pour protéger des idéaux poussiéreux ? Cette statue n’est qu’un objet de propagande de plus.. « Oh regardez la princesse ! Voilà la belle princesse ! C’est pour elle que vous devrez donner votre vie dans quelques années, où peut-être plus tôt, on ne sait jamais »

Ta voix se tord aux volontés de l’imitation : Elle se perd dans le jeu macabre qui était lié à la scénographie.

- Cessez donc vos interprétations et jugements Tenshi – les honorifiques sautent - ; Mes réactions sont celles de quelqu’un qui s’insurge contre ses propres faiblesses, qui s’inquiète pour l’avenir de son peuple et pour le présent de ceux qui n’ont pas la chance d’être protégés par notre cité.

Cet aveu calme le jeu ; la flamme se veut plus discrète.

- Pour votre famille, je suis navrée..

Soupir.. Dernière étincelle

- … Mais ne me reprochez pas de ne pas avoir connu pareil sort, c’est déplacé et hypocrite surtout venant de la part d’un nouveau prince.

Ta voix insiste sur le nouveau. Tu ignores tout de sa nouvelle place, de ce qui l’a amené à ainsi régner (et comment ?) sur l’un des clans majeurs d’Iwa ; Mais ce que tu pouvais certifier, c’est qu’il n’en avait jamais subit les conditions. Et pour autant tu ne lui en faisais nullement la remarque. Lui qui semblait – à votre précédente rencontre – accablé par ta solitude choisie, se montrait aujourd’hui avec un tout nouveau visage.




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Sainan Gi. Tenshi
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Jeu 4 Oct 2018 - 13:46
J'avais oublié, notre première rencontre, quand frappée au coeur de ce que je voyais, je m'élançais dans la foule dans sa direction sans savoir de qui il s'agissait. J'avais alors eu le privilège de l'accompagner, et même de me retrouver seul avec elle. Jouant au chat et la souris, quêtant l'affection, par plaisir et ambitions et justes sentiments, il m’apparaissait qu'il n'y eut que cet instant précis pour témoigner d'une réelle relation, même si on ne pouvait décemment encore y apposer un nom....

Je m'étais perdu un bref moment, laissant aller la bête et les mots, sans que je ne cherche à les contrôler, à les mesurer, il n'y avait pas eu une teinte de manipulation, simplement le ressentiment et l'honnêteté d'un verbe beaucoup moins guindé que ce que j'avais l'habitude de montrer. Elle, en réponse, elle se montrait aussi, aussi peu princesse que j'étais prince dans l'acte, elle perdit sa retenue pour me montrer cette facette qu'elle contenait, et cette douleur qu'elle cherchait à enfouir depuis je ne savais encore combien de temps. Nous nous étions parlé avec violence oui, mais sans volonté de mal faire, de mésentente, de se blesser l'un l'autre. Nous nous étions parlé un instant comme nous étions, et pour cela, face de voix qui augmentait, ce verbe cinglant, et cette tension qui arpentait ses traits, je me découvrais à nouveau plus détendu. Je ne cherchais plus néanmoins à paraître comme le prince impassible, cela était désormais inutile, elle m'avait vu, elle m'avait vraiment vu, dans un moment de véritable faiblesse. Pas celle d'un combat où on prendrait un mauvais coup, ou une devant une prévision qui s'avérerait erronée, non, la vraie faiblesse, la perte du contrôle de soi. Avait-elle finalement autant d'emprise qu'en aurait Diao, mais pour des raisons différentes ? Il faut, au fond des cœurs, nous faire un héritage. Leur conquête n'est pas l'ouvrage d'un moment : On les gagne avec peine, on les perd aisément. Ce que je gagnais maintenant, ne serait-ce que par humanité, par honnêteté, je le lui devrais, je le crains, éternellement.

Redressant un regard, alors que le visage s'abaissait, j'étais désolé, et pourtant trop fier pour l'admettre. Désolé non de ce que j'avais dit, mais de ce qu'elle sentait. Quelle image avais-je renvoyée de moi maintenant ? Un reflet fardé, qui s'était payer le luxe d'emprunter les traits de la bestialité. Cette douleur qu'elle ressentait, pourtant, je la connaissais, même je crois, elle avait un fond relativement commun avec la mienne. Elle était aussi blessée au coeur que moi, et aspirait à une nouvelle hégémonie, une nouvelle modalité des rapports entre les hommes, à un nouveau monde, comme moi. Cœur blessé oui, qu'elle avait raison de nier par la comparaison, la douleur, étant comme les rêves, cela ne se compare pas. Aux cœurs blessés l'ombre et le silence ! Les cœurs blessés portent le deuil éternel de leurs illusions perdues.
  • -Le souvenir commence avec la cicatrice... Terminais-je bassement ma pensée en lui répondant tristement du même temps.


Par trop souvent, nous exigeons, moi comprit, la cohérence du monde et de ses événements, quand on omet toujours que l'Homme, n'a pas de choix cohérent, que lui-même, n'est pas cohérent. Nos regards devaient alors se croiser, se renvoyant, comme un reflet, exactement la même expression. Et je continuais de répondre, le timbre doux, mais y faisant résonner la mélancolie bien contre et malgré moi.
  • -De prince par contrat, je n'ai effectivement eu à vivre ta vie. J'ai été élevé dans la nature, dans le désert, quand tu étais dans ta cage d'or, je me nourrissais de racines quand tu avais des sucreries, je me lavais dans le ruisseau quand tu te lavais dans ta baignoire. Et pourtant, ni ta condition ni la mienne n'étaient enviable. Tu as raison, je ne suis personne, une personne prête et désireuse de porter les maux du monde sur le dos, à assumer la haine, le déclin, la nuit, comme la mort tout en étant le dernier rayon de soleil. Toi tu portes tout ceci, et ce poids te semble bien lourd. L'esclave et le roi, tous les deux subissent le monde, et pourtant ils sont à chacune de ses extrémités.


Plus à l'aise avec elle, avançant le visage plus à découvert, d'un pas, puis d'un autre, pour me rapprocher au plus proche de ce que permettait la bienséance, ma voix se fit plus basse, et le regard égal au sien, toujours son reflet. Mais en moi claironnait cette étrange sensation, que par l'échec d'aujourd'hui, sonnait finalement une victoire dont je ne savais encore saisir la portée. L'amour aurait-il de la peine quand deux cœurs qui s'éprennent ne se comprennent ? Une nouvelle illusion peut-être, mais l'innocence n'était pourtant cette fois pas feinte, et sous le visage d'ange ne se dissimulait pas le diablotin manipulateur. Seulement la transparence d'une conviction, non, autre chose, et c'est là, seulement là, que je découvrais finalement quelque chose, qui n'avait pas de mot, mais que je sentais pourtant passer à travers moi.
  • -Sans tout vous dire, je puis assurer que je sens ce que tu sens. Commençais-je en fuyant du regard un instant, et mélangeant vouvoiement et tutoiement sans m'en rendre compte non plus d'ailleurs. Point de chevalerie en tout cela, je le sais bien ces enfants soldats, ce que... un soupire suivait... Il n'y a de consolation, pour les cœurs brisés, que dans les douces affections. Cette statue n'est pas l'idéal pour lequel je combats, c'était mon cadeau pour preuve d'affection. Tu as cru qu'eux, c'était moi ? Mon combat est pour mon rêve, mon ambition, mon espoir mon idéal. Que jamais plus un enfant ne fera la guerre ni aura besoin d'y être préparé. Je suis désolé... Je suis vraiment — désolé.

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Sam 17 Nov 2018 - 11:49
Le cadeau
Ft Sainin Gi. Tenshi

Blue flowers, not blue-blooded


Les eaux s’assagissent. Vous vous regardez maintenant d’une manière limpide ; Une crue était montée et avait déversé toutes ses amertumes, en oubliant les politesses, les barrières. Quand l’océan se lève, qu’il gronde, il rase et fait tomber les plus épaisses des murailles. Il passera au travers des filets, s’engouffrera dans les sols, remontera par les fissures et emportera tout ce qu’il était venu chercher. D’anciennes légendes racontent qu’il s’agissait d’un Dieu lui-même qui prenait les vies qu’il avait accordé jadis.

Votre raz-de-marée à vous était dénué d’image, ancré dans les cœurs, les faisant chavirer aussi facilement que des barques vouées à se perdre. Il s’était noyé dans sa fougue, tu avais plongé pour lui faire face, répondre en regards croisés.

La douleur s’était estompée après que ses excuses aient laissé le silence appuyer sur la place maintenant isolée de l’Académie. Tes poumons se gonflent, aussi puissamment et ardemment qu’ils le pouvaient ; Comme une naufragée qui refaisait surface et redécouvrait son corps. Puis tu souffles, lentement, toute l’acidité qui avait fait couler ton âme. Il y aurait des séquelles, mais rien de comparable à la douleur d’une angoisse grimpante.

- Tu n’as pas à t’excuser Tenshi.

Tutoiement et sincérité.

- C’était aussi mon erreur d’y voir les reflets d’un passé que je crains…. Et de l’assimiler à un futur que je ne peux prédire.

Retour de ton attention vers la statue, maintenant rieuse, narquoise comme si elle se jouait de votre comédie. Elle avait beau être marquée comme tu l’avais été, elle inspirait toujours autant de prestance ; t’imposant de n’en être que l’ombre d’aujourd’hui.

- Roi et esclave… ? Il n’y aura jamais rien d’aussi absolu.

Ton regard retourne vers le sien, défiant.

- Je suis captive de mon rang, tu es libre de choisir le tien. Pourtant je suis ta souveraine, et tu es un vassal maintenant princier, lié par le nom à Iwa, à Tsuchi et à mon père, son seigneur. Voilà la réalité : Nous choisissons de nous enchaîner ou pas ; nous sommes nos uniques tortionnaires.

Cette dualité interne qui tordait tes principes ; tu l’assumais de plus en plus. Tu avouais ta couronne empoisonnée, tes préceptes obsolètes, mais tu t’y tenais accrochée par pur respect envers tes parents. Les choses évolueraient forcément, car les rides qui assiégeaient le visage féodal lui seraient un jour fatales… Et alors le monde aurait besoin, ou non, d’une relève, ou d’un renouveau. Peut-être étiez vous à la fracture d’un futur sans puissance politique, où le peuple se régirait de lui-même… Mais il était encore bien trop tôt pour l’évoquer.

Tes mains se croisent sur ton manteau. Ton dos se redresse et tes paupières se ferment. Ils se réveillent sans l’éclat doré qui les habitait lors de votre joute verbale. Une scène que le soldat devait reconnaître : La fermeture des failles. Le mur de noblesse.

- Je vous remercie pour votre présent. Si vous le permettez, j’aimerai à présent retourner dans mes quartiers.

Mensonge. Tout sauf cette chambre grise. Mais votre scène avait assez duré : Il fallait rendre à l’Académie ce pourquoi elle existait. Forger les nouvelles générations à l’hypocrisie de la guerre. Celle qu’on présente comme un jouet et qui devient, le jour où on la rencontre vraiment, un monstre ambivalent et destructeur.


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