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Poste 9, prise de poste.

Sainan Gi. Tenshi
Sainan Gi. Tenshi

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Mar 14 Aoû 2018 - 23:08
@Nagamasa H. Takumi


Enfin... Enfin... Enfin... Me voici recrue du Yamagenzo, affecté au poste 9 et aussi impatient que désireux d'y prendre mes premières marques. Des mois où je travaillais d'arrache-pied à cette intronisation, et bien que j'espérais être plus qu'une recrue, j'étais déjà très satisfait d'être parvenu à l'exploit d'y avoir été incorporé en tant que simple genin. Je savais cependant qu'il me faudrait encore plus de travail pour parvenir à une reconnaissance plus élevée dans cette sphère d'influence du village. M'en allant vers ce poste, c'était non avec l'uniforme, car je ne le possédais pas encore, mais tout vêtu de mon armure que je m'y présentais. Je comptais me mettre au travail dans la plus prompte immédiateté et rapidement mettre ma patte dans tous les défauts que je serais susceptible de trouver. On n'allait par avance certainement pas me faire croire que tous les postes étaient absolument parfaitement organisé, mais ce n'était pas la nouvelle la plus importante de cette journée.

Me renseignant un peu avant d'y venir, j'eu une grande et agréable surprise en découvrant quel clan dominait ce poste. Des Chôkoku... À croire que le destin cherchait sans cesse à me favoriser, car la nouvelle recrue qui se présentait là, n'était autre que le prince et héritier de leur clan. Je ne pouvais présumer de l'intérêt qu'ils y porteraient, le grade au sein du Yamagenzo n'y serait aucunement changé, mais seraient-ils alors plus sévères pour montrer aux autres qu'il n'y avait pas de traitement de faveur ? Ou au contraire m'accompagneraient-ils plus facilement de peur que mon tuteur ne les punisse en secret, comme j'ai dû punir son ancien fils et héritier pour prendre sa place... Je me savais de toute façon assez sans scrupules pour tenter d'en jouer sans vergogne. Je n'allais certainement pas me présenter à eux comme leur maître avant même d'avoir accompli la moindre tâche, ce n'était de toute façon pas mon tempérament, mais j'allais très bien jouer de cela pour au moins obtenir plus de liberté d'action. J'oserais même, s'il le faut, réclamer à mon tuteur d'ordonner qu'on me cède la place, je sens qu'il y a trop de difficulté à l'obtenir par la douceur.

C'était ainsi, c'est-à-dire pas seulement par les armes, mais par la diplomatie et les jeux d'influence politique que je gravissais les échelons sociaux d'Iwa. Quelle honte y avait-il à cela ? Diriger n'était pas seulement combattre sur un champ de bataille, gouverner n'était pas seulement conquérir avec une armée, c'était aussi cela ; parler, séduire, comploter, influencer, bref, ne rien laisser au hasard et s'assurer d'avoir toujours la meilleure position. Si savoir céder à propos est la moitié de l'art de gouverner, on n'est pas un homme d'État quand on ne sait pas résister aux caprices de ses amis et à ses propres entraînements. Ne possédant aujourd'hui qu'une seule véritable amie, je risquais donc fort peu de problèmes à ce degré, mais encore plus, sachant quelle apparence j'avais et quel talent de la représentation je possédais, j'avais encore plus de plaisir à savoir que trop bien que les hommes se laissent gouverner plutôt par les apparences que par les réalités. Mon incorporation dans le Yamagenzo n'était pas qu'une marche de mon ascension, c'était aussi la cour du premier jeu de dupe et de politique que j'allais exercer. En effet, avec des Chôkoku pour chef dont j'étais le prince, l'assassinat n'était pas la solution de l'élévation, c'était la guerre d'influence et la preuve de mes talents qui seraient décisifs dans cette future étape.

J'espérais tomber sur un poste qui favoriserait mes capacités naturelles. Quelque chose qui se trouvait entre l'intelligence et la stratégie, car partisan du moindre effort et très fainéant, si je prévoyais tout au millimètre c'était surtout et avant tout pour m'épargner des efforts inutiles. La première chose que je souhaitais par exemple, était de m'employer à améliorer le système de surveillance des portes d'Iwa et des routes qui y menaient, afin d'épargner au village une nouvelle agression surprise qui l'avait déjà suffisamment humilié. Moi vivant dans le Yamagenzo, jamais je ne tolérais que cela puisse se reproduire. Cependant, il n'était pas certain que mes chefs Chôkoku apprécient cette initiative, je m'adapterais selon l’accueil qu'ils me feront de toute façon. Pour l'heure, c'était joyeusement et plein d'entrain que je me présentais à l’accueil du poste, harnaché de ma plus splendide armure avec le casque sous le bras et la rapière à la ceinture.
  • -Bonjour, je suis Sainan Gi — Tenshi et je viens prendre mon poste. Pourriez-vous m'indiquez où je dois me diriger et m'annoncer s'il vous plait ?


L'annonce était aussi sereine qu'angélique, ainsi je faisais déjà preuve que j'étais dans mon élément et me sentais parfaitement intégré. Un simple genin pouvait-on penser ? On me prendrait, à mes risques et périls et rapidement, pour l'un de ces carriéristes de salons qui obtenaient ses galons à coup de flatterie, mais je ne tarderais pas à leur prouver le contraire, et puis ce n'était pas comme si l'avis de cette plèbe m'intéressait, j'étais bien au-dessus de tout cela — bien au-dessus d'eux. La hauteur de mes ambitions dépassait par de loin les bassesses du besoin matérialiste pour se conforter dans une tout autre sphère de l'idéal humain. L'ambition est le complément de toutes les passions et ma passion à moi était la perfection dans l'innocence retrouvée pour une humanité qui s'était perdue depuis bien longtemps dans le désespoir et la félonie. Je sais que d'un œil extérieur, je ne suis qu'un tyran de plus qui souhaite régner sur ses semblables, mais je défis les ambitieux de se mesurer à mon rêve, car parmi eux tous, ces humbles qui craignent la hauteur, ces ambitieux trop peu talentueux, ils n'ont que des idées au profit de leur ambition. Or, il est bien rare qu'on ait de l'ambition au profit de ses idées, et c'est pourtant bien mon cas.

Quand j'entrais dans le poste, comme toujours les regards étaient brièvement étonnés, car avec la rapière à la ceinture, un prince angélique bénit par la nature vue son apparence, ne pourrait avoir à tel point la grâce et la hauteur princière en fréquentant les champs de bataille — du moins si on ne me jugeait qu'au physique. On me dirait descendu du ciel, tellement j'irradiais de lumière, baignant à tel point en elle que je paraissais la faire jaillir de moi. Ainsi me donnait-on l'innocence et la vertu sans confession. Pourtant, j'étais rempli de vice et de malice, plus qu'aucun autre, parce que mon désir inassouvi était la seule chose qui m'intéressait au-delà de tout dans cette vie. Mon innocence résultait ainsi directement que je ne me mentais pas à moi-même et que j'avais conservé ce qui faisait le rêve d'un enfant, en enfouissant au fond de mon coeur les aigreurs d'un passé si douloureux et horrifique qu'un genjutsu de celui-ci avait été jusqu'à mettre Diao dans un état terrible et angoissée. Quand la vertu s'empare du pouvoir le bourreau se frotte les mains. C'est pourquoi je n'étais pas fait de la vertu au sens où le commun des mortels étaient faits. La perfection de la vertu consiste moins à faire le bien qu'à le faire pour lui-même et sans aucun retour d'intérêt personnel ni d'amour-propre. Je me suffisais à moi-même pour mon amour propre. Il y a des hommes pour lesquels la vertu n'est point la vertu reconnue par les autres hommes ; ils n'appellent point de ce nom toutes les choses régulières, mais inférieures, de l'existence, cette honnêteté vulgaire qui remplit exactement ses devoirs : la vertu pour eux est un élan de l'âme qui nous porte vers le bien aux dépens de notre bonheur et de notre vie, ou une force qui nous fait dompter nos passions les plus fougueuses. Ces hommes-là s'élèvent au-dessus des autres hommes, mais à quoi sont-ils bons dans la société ? Comme les montagnes dans la nature, comme les monuments gigantesques dans les arts, ils sortent des proportions communes : on les regarde, et on en a peur. Peut-être était-ce d'ailleurs cette peur qu'il m'arrivait parfois de se faire manifester chez autrui et bien malgré moi.

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Sainan Gi. Tenshi
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Ven 17 Aoû 2018 - 13:10
L’accueil dans un premier temps était froid, relativement dédaigneux même. Le jeune homme qui tenait l’accueil ne m'adressait pas un mot, et me fixait comme un animal en cage, ceux à qui on lance des cacahuètes pour qu'ils fassent des singeries et nous amuse. Je ne me laissais pas offenser, ni ne perdais de ma constance et de ma hauteur. Bien au contraire, je soutenais son regard en conservant un sourire fixe, d'une glaciale neutralité. Il me restait . Ou bien n'appréciait-il simplement qu'une simple recrue puisse se présenter si princièrement vêtue ? Je ne pensais pas qu'il n'y avait que des Chôkoku ici, et si celui-ci en fut un, je ne l'avais encore jamais vu. Le silence passait ainsi durant quelques secondes, où je crois cherchait-il à me faire descendre de mon pied d'estal, sans y parvenir.

Sans cesse, je voyais durant ma vie, les regards passer sur moi, allant d'admiration à dégoût vers jalousie. Cela ne faisait que me conduire vers la solitude, où le jugement d'autrui n'avait plus d'importance qu'un caillou sur ma route. L'enfer c'est l'autre, alors mon innocence immaculée, aussi froid et blanche qu'une étendue enneigée, c'était le chemin vers le paradis que j'avais à répondre. Voyant que le silence ne me faisait aucun effet, le jeune homme se décidait à me répondre, mais le dédain résonnait à son timbre de la même virulence que celui qui ornait son regard.
  • -Personne ne m'a prévenu de votre arrivée. Des recrues on en reçoit souvent.


En fait donc, il ne me répondait pas... Ce qu'il venait de dire, je m'en fichais, j'attendais qu'il m'indique un bureau où me rendre. Je penchais la tête, le faciès fixé dans le même et éternel sourire, et ne fit qu'affirmer un profond silence. S'il me faisait perdre mon temps, je n'allais pas jouer son jeu en lui répondant pour perdre le mien. Par là j'insistais encore, jusqu'à ce qu'il comprenne ce que j'attendais et reprenne.
  • -Si tu es une recrue c'est que tu es au minimum chunin non ? Alors tu dois avoir les compétences pour le trouver toi-même. Entre hein, et bonne chance.


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Je restais une seconde de marbre, à le fixer intensément, non pour l'impression, mais pour imprimer son visage dans ma mémoire. Je ne manquerais pas de récompenser cet homme le moment venue me promettais-je. Il n'avait cure de mon regard bien sûr, je venais de perturber sa petite journée le pauvre, et indiquer un bureau était un effort si insurmontable (c'est ironique au cas où vous ne l'auriez pas compris). Une fois que je m'étais assuré de ne pouvoir jamais l'oublier, j'avançais donc, passant à côte de lui, et toujours souriant, gracieux, allant jusqu'à être encore plus serein que lorsque j'arrivais, je lui glissais un petit mot pour le quitter.
  • -Je suis genin.


Puisque je ne pouvais compter sur un sous-fifre, la seule chose qui me restait à faire était de trouver un plan du bâtiment, ou bien de me repérer aux bureaux que je pourrais trouver. Il s'agissait bêtement de repérer les plus grands et les mieux agencés, parce qu'un grade allait sûrement de pair avec quelques avantages. Passant le hall d'entrée, je me dirigeais donc non pas vers l'étage, mais le fond des pièces, où j'espérais peut-être trouver le plan du bâtiment sur un panneau. Tout cela pour rencontrer un supérieur tout de même... Quand le Chôkoku apprendrait que son prince fut accueilli aussi bassement, cela risquerait peut-être le grabuge. Ce dont j'aurais immédiatement à lui parler lui détournerait sans doute l'esprit cependant.

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