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Souvenirs d'enfance [solo]

Akane Ito
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Mar 23 Oct 2018 - 10:22


Cela faisait plus de deux mois qu’Ito n’avait pas été rendre visite à son ami Takeo. Même si leurs chemins s’étaient un peu éloignés depuis le grave accident de Takeo qui l’avait privé de sa vie de ninja, le jeune Ito essayait d’y passer au moins une fois par mois. Mais ces derniers temps, il avait été un peu plus occupé par ses occupations de ninja et il avait d’autres choses à l’esprit. C’est donc un matin qu’il se réveilla en sursaut, se rappelant cet oubli. Et c’est ainsi qu’en à peine une trentaine de minutes, il prit son petit déjeuner, se prépara et se retrouva devant la porte de l’hôpital général de Kiri.

Ito détestait les hôpitaux. Il les trouvait d’une tristesse absolue. La mort, la souffrance et les maladies étaient seuls maîtres des lieux et ce n’est pas le blanc immaculé déprimant des murs qui pouvaient contrebalancer ces immondices. Les docteurs et autres aides-soignants n’aidaient pas à rendre ce lieu accueillant. Ils tiraient tous une tête d’enterrement et étaient ravagés par la fatigue, les yeux couverts de cernes et le dos toujours vouté. C’était donc toujours à reculons qu’Ito rentrait dans l’hôpital du village.

Il s’approcha du bureau de l’accueil, un peu nerveux. Alors qu’il allait prendre la parole et demander où se situait son ami, l’infirmière derrière le bureau lui indiqua du doigt les sièges où attendre. Elle ne daigna même pas adresser un regard au garçon et se replongea immédiatement dans le traitement de ses dossiers. Ito s’installa donc dans une des chaises et patienta impatiemment son tour. Tapant du pied pendant une longue minutes, on lui fit finalement signe de s’approcher de l’accueil.

« Que puis-je pour vous monsieur ? », l’infirmière ne daignait toujours pas lui adresser un regard. Ito était probablement tombé sur la personne la moins agréable de tout l’hôpital. Il prit cependant sur lui pour ne pas montrer son agacement.

« Je viens pour une visite. Hattori Takeo. Ça fait plusieurs années qu’il est hospitalisé »

« Oh, le petit Takeo ? ça fait bien longtemps qu’il n’a pas eu de visites en plus ! Il a changé de chambre récemment, c’est au troisième étage, chambre 323 »

Ito remercia son interlocutrice, qui avait finalement daignée de le regarder, d’un signe de la tête. Il grimpa les escaliers jusqu’à arriver au long couloir du troisième étage. Ito était encore un peu stressé ; il n’avait aucune excuse pour son manque de visite et n’avait même pas réfléchi pour en inventer une. Son rythme de marche ralentissait au fur et à mesure qu’il avançait dans le couloir. Lorsqu’il arriva devant la porte numéro 323, il s’arrêta et fixa le numéro. Il prit de grandes inspirations, comme pour se donner du courage. Finalement, après une bonne minute à rester statique, il saisit la poignée et franchit la porte.

Takeo était dans son lit et avait l’air en forme. Il dévisageait Ito du visage avec un air accusateur. Il semblait avoir du ressenti envers le shinobi. Ito s’en doutait, son absence serait un sujet de reproches. Même si les deux garçons s’étaient éloignés et n’étaient plus les meilleurs amis du monde, cette habitude de se voir régulièrement restait extrêmement bénéfique pour Takeo, condamné à une vie d’hôpital pendant encore de longues années.

« Tiens ! Un revenant ! T’as finalement trouvé un peu de temps pour venir voir un pauvre type comme moi ? »

« Désolé, ces derniers temps ont été un peu chargé, mais j’ai pas d’excuses, j’aurai du venir te voir. Ça ne se reproduira plus, mais par pitié, n’enclenche pas la machine à sarcasmes et à reproches »

« Tu n’auras que ce que tu mérites ! », rétorqua-t-il avec un sourire narquois.

Les premières minutes de conversation furent compliquées. Le jeune Takeo restait campé sur ses positions et était borné à rester vexé, saisissant la moindre occasion pour critiquer l’aptitude d’Ito. Mais il s’assagissait petit à petit, à force de parler et finalement reprit un comportement plus normal, pardonnant presque l’absence de son ami. Chacun prit des nouvelles de l’autre et Ito raconta ses dernières aventures, ses premières missions pour le village et ses récentes rencontres avec les shinobis du village. Il arborait un sourire radieux que Takeo ne put s’empêcher de remarquer. Il prit alors un air plus sérieux et se rendit compte qu’Ito continuait d’évoluer et de mener une vraie vie de shinobi, alors que lui était condamné à faire du sur place pendant des années et de trouver de nouveaux rêves, allongé dans son lit d’hôpital.

« Ça va Takeo ? t’as l’air de tirer la tronche, il y a un problème ? J’ai dit une connerie ? »

« Non, non c’est pas ça », connaissant le caractère insistant d’Ito, il décida de botter en touche. « En fait, j’aurai un service à te demander. Ce que tu disais sur tes nouvelles rencontres et tes nouveaux amis, ça m’a fait penser à y a quelques années. Tu te rappelles de Asuma ? »

Evidemment qu’Ito se rappelait d’Asuma. C’était l’un de ses amis d’enfance. Si à la base, Ito et Takeo n’étaient que deux, Asuma vint se joindre à eux pour former un petit trio. Ce troisième larron était arrivé dans le groupe suite à un entrainement au dojo. C’était la véritable pile électrique du groupe, toujours souriant, toujours là pour motiver le trio à faire des activités, des entrainements et des escapades nocturnes secrètes. Il semblait réellement gentil ; il s’entendait particulièrement avec Ito, les deux étant très sociables, et prenait beaucoup de temps pour « coacher » Takeo qui était bien plus discret. Asuma s’était éloigné du groupe au fil du temps, ne venant qu’occasionnellement, puis laissant les deux garçons former qu’un simple duo. Ito n’avait jamais vraiment compris pourquoi Asuma était parti, mais il n’avait pas non plus cherché à savoir la raison. Il s’était simplement dit que tout le monde avait grandit et que leurs centres d’intérêts avaient changés et n’étaient plus les mêmes.

« Bien sur que je me souviens d’Asuma ! Même si on ne se voit plus, j’allais pas totalement l’oublier non plus. Je l’ai recroisé dans les rues du village de temps à autres. On se salue rapidement de loin, mais guère plus. Je crois que – lui comme moi – on n’est pas trop à l’aise quand on tombe l’un sur l’autre… Pourquoi ? Il est passé te voir récemment ? »

« Non, pas du tout… Comme je te disais, j’ai un service à te demander. Je te l’ai jamais dit, mais si on ne se voit plus tous les trois, c’est parce qu’on s’est pris la tête lui et moi. Je sais pas si tu te rappelles non plus, mais je portais autour du cou un collier qui m’était précieux, offert par mon grand-père, et qui avait une très grande valeur. Je n’en ai jamais eu la preuve, mais je suis quasiment persuadé que c’est lui qui me l’a volé après avoir vu où je le rangeais chez moi. Et aujourd’hui j’aimerai bien que tu ailles récupérer mon collier. J’ai laissé cette histoire trainer pendant des années, je ne sais même pas pourquoi. J’irai bien moi-même, mais comme tu peux le constater, mon état ne me permet toujours pas d’aller me balader comme je l’entends. »

Ito hésitait un peu. Il ne se voyait pas refuser ce service à son ami, mais cette histoire ne le concernait pas directement. D’autant plus que si Takeo avait de fortes suspicions, il n’était pas non plus certain de la culpabilité d’Asuma. Et cet incident remontait à il y a au moins cinq ans, le bijou avait très bien pu disparaitre dans la nature depuis le temps. Mais d’un autre côté, Ito était content. C’était la première fois que Takeo se livrait réellement à lui depuis son accident. Il avait ainsi l’impression d’avoir de nouveaux des liens spéciaux avec son meilleur ami d’enfance. Pesant le pour et le contre, il décida d’accepter de rendre service à Takeo, en souvenir du bon vieux temps.

« Très bien, je vais m’occuper de ce petit con d’Asuma et lui faire rendre ce bijoux, quitte à lui prendre quelques dents en guise d’intérêts. J’aurais aimé que tu me parles de cette histoire un peu plus tôt, j’ai jamais vraiment compris pourquoi il venait plus à nos entrainements et à nos sorties de nuit dans les rues du village. Si ça se trouve, si tu avais crevé l’abcès plus tôt, on aurait peut-être pu faire quelque chose et peut-être qu’il serait encore notre ami »

« Ce qui est fait ne peut pas être refait », lui rétorqua sèchement Takeo. « C’est lui qui a commis une faute, alors ne vient pas me le reprocher ! »

Ito hésita de nouveau. Le ton sec de son ami ne lui plaisait pas et il voulait hausser le ton. Mais qu’avait-il à y gagner. L’amertume de Takeo se comprenait, il était cloitré depuis des années à une chambre d’hôpital et n’avait plus l’habitude des relations humaines et sociales ; après tout, il ne voyait que ses parents, et Ito de temps à autres. Il passa finalement l’éponge sur la réflexion de Takeo et prit ses affaires à la main. Il sortit de la chambre d’hôpital et salua rapidement son ami une fois arrivé à la porte. Il n’avait pas envie de rester discuter plus longtemps.

Le jeune homme n’avait rien de prévu pour le reste de la journée. Initialement, il comptait se balader dans le village, déguster un bol de ramen dans son restaurant favori et passer le reste de l’après-midi à s’entrainer. Il se ravisa et décida de s’attaquer directement à la tache confiée par son ami. Il se rappelait d’où habitait Asuma ; Ito y était déjà allé à quelques reprises pour y passer une ou deux après-midis. Il habitait dans un quartier chic de la ville. Sa famille devait probablement faire partie de l’élite de la ville, puisqu’elle faisait partie des rares personnes à disposer d’une belle maison de ville. La majorité des habitants de Kiri vivait dans des appartements ; les maisons, pour la plupart, étaient réservées au plus riches ou à ceux qui occupaient des fonctions importantes au sein du village.

S’aventurant de rues en rues en parcourant ses souvenirs, il revint sur des chemins qu’il avait l’habitude d’emprunter enfant. Il revoyait ainsi ces sessions d’entrainements tardifs, les premières discussions à propos des plus belles filles du village, ses premiers verres de saké. Tous ces moments qu’ils avaient passés à trois, avec Takeo et Asuma. Il reprit ses esprits alors qu’il se trouvait devant la large demeure de la famille d’Asuma. Elle était encore plus grande que dans ces souvenirs. Le lieu disposait même d’un jardin, visiblement très bien entretenu, avec aucune mauvaise herbe et avec des haies taillées au millimètres près. Le bâtiment quant à lui s’élevait sur deux étages et était impeccable, sans la moindre saleté. Ito s’avança jusqu’à la porte et tapa à trois reprises. Il recula ensuite de deux pas et attendit l’arrivée de quelqu’un. Il était très nerveux. Que ferait-il s’il tombait sur les parents d’Asuma ? Et même s’il tombait sur Asuma, que lui dirait-il ? Il n’avait pas conversé avec lui plus de cinq minutes depuis des années et la raison de sa venue était tout sauf plaisante. Il s’attendait déjà à être éconduit et à faire de son ancien ami un nouvel ennemi. Ce fut finalement Asuma qui ouvrit la porte. Il semblait réveillé depuis peu et se frottait les yeux alors qu’il dévisageait Ito.

« Ito ?! C’est toi ? Qu’est-ce que tu fais là ? »

S’il savait réellement ce qu’Ito faisait là, il n’aurait jamais ouvert la porte. Le garçon inspira un grand coup, se préparant à accuser son ami sans preuve tangible, tout ça pour faire plaisir à Takeo. Ito avait décidé de croire l’histoire de son ami d’enfance, mais s’il ne revenait pas avec le collier, il allait passer un sale quart d’heure.
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Jeu 1 Nov 2018 - 9:46


« Aheum, salut Asuma, ça fait un bail… »

Ito ne savait pas trop quoi dire. Il restait droit comme un piquet sur le seuil de la porte, un peu comme paralysé à l’idée de parler à son ancien ami. Il faut dire que n’importe qui aurait eu du mal à aborder un tel sujet. D’autant plus que le garçon n’avait absolument pas réfléchi à la manière de faire. Il s’était dirigé machinalement chez Asuma, mais n’avait pas réfléchi à ce qu’il allait lui dire. Fallait-il mettre les pieds dans le plat ? Ou plutôt reprendre contact petit à petit et lui tirer les vers du nez ? Ou encore faire ami-ami le temps de rentrer chez lui et fouiller la grande maison ? Alors qu’il se perdait dans ses pensées, Asuma ne se montrait pas aussi patient et rappela Ito à la réalité.

« Oui en effet ça fait un bail… Mais ça m’explique pas ce que tu fais chez moi. J’imagine que tu n’es pas venu juste me dire que ça faisait longtemps. Je te rappelle qu’on s’est déjà croisé quelques fois dans les rues du village et qu’on ne s’arrêtait pas pur se parler »

Ito n’avait pas le temps de réfléchir. Asuma était de toute façon méfiant. C’était décidé, le garçon allait mettre les pieds dans le plat et confronter son ami d’enfance. Au moins, il y verrait peut-être un peu plus clair sur cette affaire et il briserait la glace. Le sentiment de malaise risquerait cependant d’être bien plus grand.

« Hm oui en effet, je ne viens pas par hasard… Ce matin je rendais visite à Takeo. Et il m’a dit qu’il avait perdu son précieux collier, souvenir de son grand-père, il y a déjà quelques années. A ce moment tu continuais de trainer avec nous… Tu te rappelles de ce collier ? Et tu aurais pas le moindre indice sur ce qu’il aurait pu en advenir ? »

Ito n’avait pas osé directement suspecter Asuma. Cela aurait été un peu trop compliqué. Mais Asuma se douterait également qu’il était implicitement considéré comme impliqué dans cette affaire ; après tout, si ce n’était pas le cas, Ito n’aurait jamais été le voir. Si Takeo avait simplement « perdu » le collier il y a plusieurs années, il n’aurait pas missionné Ito de partir à sa recherche ; l’objet aurait pu être n’importe où dans la nature et auquel cas, autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Néanmoins, Asuma ne pouvait pas s’offusquer après la question d’Ito.

« Un collier tu dis hein ? », le garçon s’interrompit quelques secondes, comme pour réfléchir. « Non, ça ne me dit rien du tout, je savais même pas qu’il n’en portait un ».

Le regard fuyant, il ajouta un « désolé », avant de commencer à fermer la porte. Clairement, Asuma cachait quelque chose. Son envie de couper court à la conversation le trahissait et il ne s’en cachait même pas, en témoigne sa volonté de refermer la porte au nez d’Ito sans même lui dire au revoir. Ito bloqua la porte avec son pied et adressa un regard noir à Asuma. Il ne l’accusait toujours pas directement, mais il lui faisait ainsi comprendre qu’il ne s’en tirerait pas à si bon compte.

« Attends Asuma, t’es sûr et certain que ça ne te dit rien ? Takeo m’a pourtant dit qu’il t’avait très clairement montré ce collier. C’est vraiment important et précieux pour lui, si tu as la moindre information, aussi anecdotique soit-elle, peut être que ça pourrait me servir, ou au moins redonner de l’espoir à Takeo. S’il te plait, réfléchis bien Asuma »

Ito avait choisi d’être juste et bienveillant dans ses mots. Asuma ne savait comment interpréter tout cela et ne put soutenir le regard de son interlocuteur. Il se contenta de baisser les yeux et de marmonner quelques mots en direction d’Ito.

« Puisque je ne te dis que je ne sais rien. Et t’es gonflé de revenir me voir des années après juste pour un interrogatoire ! Laisse-moi tranquille maintenant »

Il repoussa Ito de la main ; le jeune shinobi du reculer de deux pas et n’avait plus son pied pour bloquer la porte. Ni une ni deux, Asuma en profita pour refermer violemment la porte au nez de son ancien ami d’enfance. Il n’avait pas tort sur un point : Ito aurait peut-être dû prendre son temps et regagner la confiance d’Asuma avant de lui parler de ce collier. Mais il n’avait rien prévu et c’était de toute façon trop tard pour s’en mordre les doigts. Ce qui était fait ne pouvait être défait et il allait falloir trouver un autre moyen pour récupérer le bijou. Ito avait remarqué qu’Asuma ne portait rien autour du cou ; ç’aurait été trop facile.

Le shinobi rebroussa chemin et s’éloigna de la maison. Il constatait qu’il était épié depuis l’une des fenêtres de la maison, mais la silhouette était trop bien dissimulée pour qu’il puisse reconnaître une personne. Peut-être était-ce Asuma qui vérifiait qu’il était débarrassé de son ami d’enfance. Alors qu’il était de nouveau dans le centre du village, il décida de se rendre dans le parc le plus proche, prendre quelques minutes pour réfléchir. Il retourna dans un espace vert qu’il avait déjà visité récemment. En effet, il s’agissait du parc où il avait rempli l’une de ses premières missions pour le village. Ce n’était que la recherche d’un chat perdu, mais cela avait marqué le début de ses aventures en tant que ninja. Beaucoup de temps avait passé depuis sa découverte du monde des shinobis au dojo des sabreurs. Depuis, ses sens s’étaient affutés et il avait grandement progressé. Il lui restait certes beaucoup de chemin à parcourir, mais cela ne lui faisait pas spécialement peur.

Recensant son passé sur un banc, il se reconcentra sur son objectif initial : récupérer le trésor de Takeo. S’il était clair qu’Asuma avait quelque chose à voir là-dedans, il ne savait pas exactement quoi. Le plan le plus évident était donc d’infiltrer sa demeure et de fouiller la chambre du garçon. Il pourrait sinon enlever Asuma et l’interroger, mais il était à peu près sur qu’il se retrouverait par la suite avec de gros ennuis auprès du village. Déjà qu’une infiltration et un cambriolage présentaient de gros risques, il n’allait pas non plus y ajouter des prestations d’enlèvement et de séquestration. De toute façon il se voyait mal mener un interrogatoire – et encore moins sur un ancien ami.

Il ne lui restait plus qu’à fouiller la chambre d’Asuma. Il fallait juste qu’Ito prie que le collier soit bien dans cette pièce. Il n’avait pas réellement d’autres alternatives et n’avait plus qu’à se préparer pour cette mission. Et puis, ça lui ferait un bon entrainement, donc autant voir le bon côté des choses. Les jours suivants furent dédiés à la préparation de cette infiltration. Observation des faits et gestes d’Asuma, étude de la maison familiale, apprentissage de techniques de crochetage de base… Rien n’était oublié. Ito prenait les choses très au sérieux ; il ne savait pas réellement pourquoi, mais un sentiment grisant montait en lui. Peut-être était finalement fait pour mener une vie de voleur ?

Finalement, après trois semaines de longues préparation, Ito se sentait fin près. Il savait qu’Asuma, ainsi que le reste de sa famille, étaient absent les mardis soir ; il avait réussi à savoir exactement quelle pièce était la chambre d’Asuma. Il était devenu bon et rapide pour crocheter des portes ; il avait profité de l’absence de ses parents pour s’entraîner sur toutes les portes de leur appartement. Alors que la nuit commençait à tomber, il enfila ses vêtements les plus sombres – dont un pull à capuche d’un noir profond, et s’aventura jusqu’aux lieux de son futur méfait.

Arrivé sur les lieux, il vérifia que personne ne le suivait et qu’aucune patrouille n’était dans les parages. Une fois sûr de lui – et certain qu’aucune lumière n’était présente à l’intérieur de la maison – il s’avança dans le jardin jusqu’à la porte d’entrée. Arrivé face à la grande porte, Ito se retourna une dernière fois pour s’assurer qu’il était bien seul et sorti ses outils de crochetages récupérés au début de ses préparatifs. Cependant, force était de constater qu’une maison bourgeoise disposait de bien plus de sécurité qu’un simple appartement du village. Ito avait beau prendre son mal en patience et jouer de ses différents crochets, il n’arrivait pas à soulever le moindre loquet de la serrure. Il essayait pourtant d’y aller à-coup par à-coup, se concentrant du mieux qu’il pouvait sur les bruits donnés par la serrure, mais rien ne semblait marcher. Au bout d’une quinzaine de minutes, il en était toujours à bloquer sur le premier des nombreux loquets.
Ito allait devoir changer son fusil d’épaule. Le temps passait et son plan n’avançait pas. Le garçon donnait de nombreux coups d’épaules derrière lui, comme s’il avait peur que quelqu’un soit derrière son dos à tout moment. Soupirant de désespoir, il se releva et s’éloigna de la porte de quelques pas. La chambre d’Asuma donnait sur l’extérieur. Elle était au premier étage et disposait d’un mini-terrasse, accessible par une porte vitre vitrée. S’il ne pouvait crocheter l’entrée, peut-être pouvait il trouver son chemin à travers le balcon ? Et – au moins, il aurait un accès direct à la chambre et pourrait commettre son délit de manière plus discrète.

D’un bond, il s’accrocha aux bordures en marbre qui délimitaient la terrasse de l’étage. Il se tira à bout de bras pour arriver finalement sur le balcon, face à la porte. Ito analysa la serrure. Elle semblait plus simple que celle de la porte d’entrée, mais toujours plus compliquée que celles de son appartement. Voyant qu’il n’arrivait à rien non plus avec le moindre loquet, il frappa de rage la poignée de la porte vitrée. Fort heureusement, le bruit n’était pas suffisant pour alarmer qui que ce soit aux alentours, mais il fournit également un précieux indice au garçon. En effet, la poignée n’avait offert aucune résistance au coup. Pris d’un doute, Ito saisit la poignée de sa main et la poussa vers le bas. La porte n’était pas fermée à clef…

Quelle ironie ! Ito ne se fit pas prier et entra dans la chambre d’Asuma. Cette vie de criminel semblait grisante ; le garçon qui avait été plus souvent été sage que vilain garnement, avait l’impression de découvrir un nouveau monde et surtout une nouvelle facette de lui. Le goût du risque et le besoin de se faire discret lui plaisait bien plus que de raison. Habituant ses yeux à l’obscurité, il avança dans la pièce et repéra les différents meubles. Il commença en premier lieu par la table de nuit, situé juste à côté du lit. Carnets, livres, paire de lunettes, crayon… Le tiroir du meuble ne contenait rien d’intéressant. Rien n’était posé dessus, à part une bougie pour s’éclairer la nuit. Ito songea à l’allumer pour y voir plus clair, mais il risquait surtout de montrer sa présence à quiconque observerait la maison de loin. Il se ravisa et porta son attention sur une commode située à quelques pas.

Là encore, rien d’intéressant. Seulement des vêtements divers. Il ne restait plus qu’une large armoire qui trainait près de la porte. Ito entendit soudain des bruits à proximité. Quelqu’un était en train d’ouvrir la porte d’entrée. Le cœur du garçon se mit à battre à cent à l’heure. Soit il continuait de fouiller – mais il prenait le risque de se faire attraper la main dans le sac, soit il prenait la fuite directement. La chance qu’il avait eu face à la porte fenêtre de la chambre d’Asuma ne se présenterait peut-être jamais. Il fallait réfléchir et prendre sa décision rapidement. Tant pis, advienne que pourra, Ito décida de continuer sa fouille et ouvrir la commode juste devant lui.

Un bazar sans nom y était plus ou moins bien rangé. On y retrouvait de nombreux livres et feuilles volantes, du matériel ninjas, ainsi qu’une petite boite. Ito l’ouvrit et découvrit de nombreux bijoux. Bingo ! Une fois de plus, la chance était de son côté. Parmi les bagues et autres bracelets, il n’y avait dans ce butin qu’un seul collier. Très probablement celui de Takeo. Il ne pouvait cependant en être sur à cent pour cent, étant donné qu’il n’en avait pas grand souvenir. La dernière fois qu’il avait vu le bijou autour du cou de son ami, il devait avoir dans les douze ou treize ans. Mais l’heure n’était pas à l’identification du collier. Il fallait sortir de la maison sans se faire repérer. Ito entendait d’ailleurs des bruits de pas à seulement une dizaine de mètres de lui.
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