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Tombe, tombe la pluie (pv Saji)

Kobane Harumi
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Mar 30 Oct 2018 - 8:32
Une autre nuit jetée là sur la ville de Kiri, le pays de l'eau qui tenait parfaitement son nom pour le coup. L'influence de l'océan qui entourait la grande île, il pleuvait sur le royaume des ninjas et personne où presque n'osait traîner dans les rues un temps pareil. Lui ruissellement du ciel semblait être comme une des sept plaie, qui s'abattait pour punir d'un des nombreux meurtres dont était capable la force armée qui sommeillait ici. Il faisait froid, on était tout de même en hivers, alors rien de plus normal. L'été n'était qu'un lointain souvenir, et le froid mordant qui envahissait l'atmosphère n'était là que pour éveillé de mauvais tourments en la jeune fille, héroïne de cette histoire. Si jamais le soleil amenait la joie, la légèreté en son cœur, le froid ne faisait que remonter des sombres souvenirs, et elle en était doté de nombreux.



Livrée à elle-même, Madoka s'ennuyait sévèrement. Elle s'était enfuie en pleine nuit de chez Shyko, qui aussi gentil soit-il n'avait pu la retenir pour cette nuit pluvieuse. Elle était très indépendante et cela faisait maintenant bien des années qu'elle faisait toujours ce dont l'adolescente avait envie. Ne sachant trop pourquoi, elle était tourmentée par ses souvenirs, le meurtre de ses parents, son enlèvement, son enfance dans les arènes de combat, son abandons pour devenir une tueuse au milieu d'inconnus qui la détestaient pour la plus part. Il y avait bien des choix sur quoi s'épencher un soir d'humeur morose. Il pleuvait, ce qui rendait sa grande robe blanche vaporeuse davantage autocollante sur son corps frêle voir malingre. Ses longs cheveux d'argent semblaient comme mourant le long de son dos jusqu'à ses fesses. Elle ne portait comme toujours jamais le symbole de Kiri, c'était la mangeoire pour son bébé phoenix vous comprenez.



Madoka avait trouvé personne à qui tourmenter, même les bandes de malfrats se cachaient pour une fois. Elle tournait dans les rues de sa marche lente tel un zombi. Ses pas se faisaient lourd, tandis que les larmes salés se mêlaient à ceux du ciel en relevant son visage. Ses amis imaginaires n'arrivaient pas à lui remonter le moral cette fois-ci. Ce fut alors qu'elle finit dans une ruelle peu passante à s'afaler au sol. Elle se rappelait des nombreuses nuits solitaires où elle était enfermée à ne pas trop savoir pourquoi elle devait souffrir ainsi. Elle fit une métamorphose afin de reprendre son apparence de petite fille, alors qu'elle pleurait contre un mur, non loin de poubelles jetées sur le côté.



Cependant une chance, Madoka sentait une présence, quelqu'un s'approchait. Il allait donc subir les affres et les tourments de la jeune fille, car il n'y avait pas de raison qu'il n'y ait qu'elle pour souffrir. L'affliger aux autres avait un effet rédempteur sur sa personne. Elle se forçait à ne pas sourire contre son mur, le spectacle était important comme la mise en scène. Tandis que la proie s'approchait dans une grande toile d'araignée invisible, incapable de savoir qu'il allait dans un piège certains. Allez... Approche... Encore un petit peu... Ne t'en fais pas... Ne te débat pas... Tout va bien se passer...
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Nobuatsu Saji
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Mer 31 Oct 2018 - 12:10
Le clapotement de la pluie. Une douce mélodie aux oreilles de certains. Pour Saji, cela lui rappelait cette nuit fatidique où il a été témoin de la mort de son maître, trahi par son propre élève Ashikage. Son frère et lui étaient les deux élèves d’un même maître, mais ce dernier avait vu à quel point l’un était rongé par la rancœur, aussi a-t-il préféré confier deux sabres légendaires à Saji, son élève le plus discipliné en plus d’être moralement bon. Jaloux, son frère n’a pas supporté d’être écarté et il a fini par confirmer les doutes du maître, en passant à l’acte. Des images douloureuses. Une pluie battante. Des étincelles qui giclent dans tous les sens au contact des lames. Des flashs à chaque coup d’orage. Les visages des deux adversaires qui s’éclairent, au-dessus du corps gisant de leur maître. Comme une illusion, un traumatisme qu’il a l’impression de revivre à chaque fois que la pluie tombe. A la différence que les faits sont réels, et la douleur omniprésente. Il cherche à l’atténuer par tous les moyens, par la distraction de l’entraînement, par l’accomplissement de missions pour le bien commun. Tout lui rappelle ce moment. Aussi ineffaçable que la tâche de sang sur un tissu blanc. Aussi figé dans la réalité que l’encre sur le papier. Il aurait préféré que tout cela soit une illusion, un rêve, un cauchemar dont il serait la victime. Mais tout cela lui arrive vraiment, et il ne peut revenir en arrière. Le temps fuit, comme son frère fuit devant lui. Son dos lui fait face, constamment. Que ne donnerait-il pour retourner à leurs querelles passées, où la rivalité n’était traduite qu’en paroles ?

Ce soir-là, le temps semble se figer dans ce quartier peu fréquenté de Kiri. En même temps, quand on avance aussi loin, très loin du champ de vision du palais de la Mizukage, vous avez plus de chances de tomber sur des quartiers moins surveillés. Malgré la purge de la criminalité depuis que le village a été créé, il reste certains irréductibles reliquats de criminels mieux organisés, plus prudents que d’autres, ou du moins qui savent jouer avec la frontière entre la légalité et l’illégalité. Mieux connaître les règles du jeu leur permet de s’en défaire. Le sabreur muet marche lentement. Il marche droit. Il marche seul. Au milieu des foules. Il se fraye un chemin au-dessus des flaques d’eau qui parsèment peu à peu son chemin. L’eau ruisselle sur sa combinaison en cuir. Les gouttes couvrent son masque pour enfin couler le long de sa visière métallique, avant de tomber dans les petites mares d’eau croupissante. Le sang. Il voit encore le sang couler de la lame encore chaude de son frère. Des gouttes rouges se perdre sur le sol du dojo qu’il vient de souiller par son meurtre. Son regard est plein de haine, de rage contenu jusqu’à ce jour. Il n’est plus son frère, il n’est qu’un démon, un être possédé par le désir. Comment trouver la rédemption pour quelqu’un qui refuse d’être aidé ? Comment devra-t-il agir une fois confronté à lui ? L’épargner ? Le convaincre ? Lui enlever la vie ? Il ne fera pas ça par vengeance, il le fera parce qu’il l’aime. Malgré son crime, malgré sa haine envers lui.

Son pied s’arrête au milieu d’une rue. Immobile, il revient soudainement à la réalité. Quelque chose vient d’attirer son attention du coin de l’œil, sur la ruelle perpendiculaire à la rue où il se trouve à présent. Il tourne la tête vers sa droite pour mieux voir. Une fille, au milieu de poubelles renversées, était assise au sol, la tête baissée. Impossible de voir son visage, mais elle semble triste. Il s’agit moins d’une hypothèse calculée qu’une intuition inexplicable. Il le sait. Une autre âme qui pleure. Une autre âme qui souffre. Comme si la tristesse résonnait et créait une attraction magnétique. Saji hésite. Il se demande ce qu’une fille aussi petite, aussi frêle peut bien faire dans ce quartier reculé de Kiri. Mais en même temps, il voit sa tenue blanche, sa longue chevelure argentée. Elle ne semble pas appartenir à ce monde, ne serait-ce qu’en apparence. Il s’approche, fait un pas. Puis un autre. Essayant de ne pas paraître trop brusque. Il ne veut pas l’effrayer. Pauvre créature victime de la misère de ce monde. Aurait-elle fui son foyer ? Quelque chose lui dit pourtant qu’il ne s’agit pas d’une simple fugue. Une aura émane de cette fille tandis qu’il se trouve presque à un pas de distance. Il étend le bras, il tente de toucher son épaule alors qu’elle semble regarder ailleurs, contre le mur. Sa main se met à trembler… Non pas parce qu’il a peur mais… Comme si la main réagissait elle-même à un danger dont lui n’aurait pas encore conscience. Mais c’est plus fort que lui, il veut aider son prochain, a fortiori une personne qui souffre comme il souffre lui.

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Ven 2 Nov 2018 - 8:45



Alors que la pluie semblait être des plus parlant pour le jeune homme, qui approchait lentement dans sa direction, la pauvrette à pleurer sous la pluie continuait sa comédie, même si elle avait de quoi pleurer en cherchant bien. Cependant, cela faisait bien des années que cela s'était taris dans les geôles d'une prison. Ils étaient ainsi deux traumatisés de la vie qui se rencontraient enfin, mais n'était-ce pas bientôt la norme dans le village caché de l'eau ? Vu les conditions de la création du village militaire, ce n'était pas très étonnant après tout. L'homme qui approchait avait une drôle de tenue, un masque intégral, mais ce n'était pas pour cela qu'il allait lui échapper. Elle était présente dans cette rue pour s'amuser, bien loin de penser à quel point il était tourmenté lui aussi. Comme son frère, une grande colère sommeillait en cet enfant toujours rejeté ou presque. Elle ne faisait que errer entre plusieurs mondes tel que celui-ci et d'autres, du moins son esprit si ce n'était le reste. Qu'est-ce qu'elle aurait voulut appartenir à n'importe quel autre monde qu'elle s'était inventée. La vie lui aurait été plus douce.



Si seulement avait-elle eu un foyer, cela aurait été si bon, mais même cela lui était interdit. Madoka avait bien eu pendant un temps une femme qui souhaitait jouer à la maman avec son cœur, mais elle aussi l'avait abandonnée. Son court était en miette, et ce genre de jeu n'était fait que pour passer le temps, attendre quoi ? Le bon moment sans doute, sans trop savoir lequel. Avec la vie qu'elle avait, l'adolescente savait bien qu'elle finirait les pieds devant jeune, et peut-être est-ce qu'elle le recherchait d'une certaine façon. Une aura malsaine, sombre, tourmentée s'échappait de cette enfant malgré sa jeunesse non feinte. Saji avait un bon instinct, son corps lui prévenait que quelque chose n'allait pas. Cependant, le cœur avait ses raisons que la raison ne connaît pas.



Est-ce que Madoka aimait éprouver les cœurs nobles, prouver qu'elle n'était pas la seule à tellement souffrir, que leurs cœurs n'étaient pas si bon pour cela ? Depuis que Saji avait entendu les pleurs pour se rapprocher, il était déjà sous son influence. Une danse toride allait bientôt débuter entre la sagesse et la folie, entre le diable et le fou, mais qui prendrait la tour blanche ? Cela allait bientôt se décider là et maintenant. Cette petite fille continuait de pleurer, pleurer encore, et alors que sa main lui touchait l'épaule, Saji put constater que ce n'était pas de la pluie qui tombait du ciel. Petit à petit les larmes du ciel transparentes étaient remplacées par du rouge carmin. Une odeur âcre se rependait dans la ruelle, ce goût de fer en bouche bien connu de tous ceux qui avaient si bien côtoyer la mort. Sur ses vêtements, le muet put constater la souillure de la vie échappant à d'autres l'éclabousser.



Un nouvel éclair zébra le ciel et éclaira un court instant cette étrange scène. Un corps semblait être allongé face contre terre un petit peu plus loin. Un sabre à ses côtés souillé de sang, le corps gisait là sans doute mort. À y bien regarder, la lame a ses côtés semblaient être en tout point similaire à celle que portait Saji. Si jamais le chevalier blanc se décidait à examiner de plus prêt le corps, il allait découvrir que son visage semblait être également sur ce corps mort, mais il était déformé par la douleur. Des fils noirs tentaient de fermer la bouche et les yeux comme si des aiguilles invisibles essayaient de les coudre vivant. Le corps eut un soubresaut et il tendit une main en direction de Saji dans une plainte d'outre-tombe.

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Nobuatsu Saji
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Sam 3 Nov 2018 - 15:49
Tels le chant des sirènes, les pleurs de la jeune fille continuent de pénétrer ses oreilles, d’envahir son esprit. Ils produisent un appel envoûtant mais qui le mettent en danger. Seulement, il ne s’en rend guère compte, du moins pas encore. Il a déjà perdu le contrôle de ses sens, la réalité qui l’entoure n’est plus qu’un simulacre fabriqué à partir de ses propres souvenirs. Un patchwork d’images familières qui lui donne l’impression qu’il est toujours dans le réel. Une transition subtile mais imperceptible pour celui qui est victime de l’illusion. En arrière-plan, les sanglots sont longs et persistants, s’enchaînent à un rythme régulier. Le temps se ralentit. Ses doigts sont à un cheveu de toucher l’épaule de la fille. Mais il s’arrête, et constate que des gouttes rouges sont en train de tomber sur le dos de sa main. Choqué par cette vision, il ouvre grand les yeux et retire brusquement sa main. Il la regarde. Il n’y a pas de doute, c’est bien du sang. Mais que du sang lui tombe dessus, comment cela est-il possible ? Son premier réflexe est de lever la tête pour voir en voire l’origine. A vrai dire il ne savait pas tellement à quoi s’attendre. En tous cas, tout sauf à cela. Le ciel nuageux teinté de rouge s’offre à ses yeux, une vision à la fois belle et perturbante. Une voûte écarlate qui saigne au-dessus de lui. Pour autant, si dans d’autres circonstances sa rationalité l’aurait immédiatement sorti de ce cauchemar. Cette fois il s’y abandonnait Par tous les dieux, que lui arrive-t-il ? Il n’y a pas que la couleur, mais il y a aussi l’odeur, l’odeur métallique du sang lui monte déjà aux narines. Si forte qu’elle faillit lui donner la nausée. Elle est tellement présente, elle le colle sur tout le corps. Ce n’est pas seulement l’odeur, mais aussi le toucher. Le sang qui colle et qui sèche sur sa peau, jusqu’à descendre jusqu’à ses lèvres. Un goût familier. Celui qu’il retrouve à chaque combat où il se fait blesser… La déferlante de sensations ne cesse d’harceler son esprit tourmenté.

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La pluie de sang tombe de plus belle et ruisselle le long du dos de l’homme au shôzoku noir, pour clapoter enfin au milieu des flaques d’eau rouges. Un éclair rompt le silence et surprend Saji qui voit apparaître un corps gisant devant lui, au milieu de la ruelle. Etait-il là depuis le début, il n’est pas sûr. Il était tellement concentré sur la fille puis sur la pluie de sang qu’il en a ignoré son environnement. Il s’approche du corps allongé sur le ventre mais qu’il croit reconnaître de derrière. Le sabre qui repose près du cadavre ressemble trait pour trait à celui qu’il porte sur lui, son arme légendaire Baransu. Et pourtant, il est unique, comment se peut-il qu’il en existe une copie fidèle ? Il n’a pas le temps de se poser la question que soudain un râle se fait entendre provenant du corps jusqu’ici immobile. Il s’approche pour en avoir le cœur net, tire sur l’épaule pour découvrir le visage du mort. Celui-ci se tourne et regarde Saji droit dans les yeux. C’est son visage… Son propre visage mais… Déformé, torturé, si bien qu’il ne se reconnaît plus désormais. Allongé au sol, le double de Saji gémit de douleur et tend le bras dans un dernier effort. De plus près, on peut observer que ses yeux et sa bouche sont cousus par des fils noirs… Un spectacle morbide. Un reflet de lui-même physiquement mutilé. Encore plus perturbant que de voir un autre être se faire torturer. Saji a l’impression d’être lui-même à la place de corps, et cela le trouble. Il se touche son propre visage, comme pour se rassurer que lui même n'est pas en train de subir le même sort.

Tout ceci n’est peut-être qu’un cauchemar, et pourtant ses sens lui disent que c’est bel et bien la réalité. Il fait un pas en arrière et dégage le bras de son double mutilé. Il se tient la tête dans ses mains. Il tente de se réveiller mais rien ne marche, il est toujours coincé ici. La main légèrement tremblante, il dégaine son sabre et se rapproche de ce faux Saji, et s’apprête à lui donner un coup fatal mais il se retient. Il se ressaisit et se contente de l’assommer avec le pommeau. Mais le faux Saji relève la tête comme si de rien n’était et cette fois il reçoit un coup de pied au visage qui l’envoie contre un mur. Saji le saisit les deux mains sur le col. La créature continue de gémir et son visage prend une autre apparence, celui de son frère Ashikage qu’il reconnaît immédiatement. Le muet se met en colère et laisse parler sa rage à travers une déferlante de coups de poings. Il ne se contrôle plus. Il a attendu ce moment depuis si longtemps… Vengeance, douce vengeance. Purge-moi de la souffrance.

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Kobane Harumi
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Sam 3 Nov 2018 - 21:59
Si jamais Madoka désirait tuer son adversaire, elle pouvait toujours le faire avec ses illusions. C’étaient des facultés dangereuses et heureusement rares, mais bien possibles. Cependant, ce n’était pas à l’ordre du jour, ce n’était qu’un jeu d’esprit à esprit où le vainqueur ne gagnait pas forcément grand-chose. En tout cas, son challenger acceptait pour le moment bien le fait que ce qu’il voyait était la réalité, mais pouvait-il vraiment en faire autrement ? Pour que ce genre de tromperies fonctionne, il fallait mêler faux et vrai. Le cerveau humain aimait tellement se retrouver dans un environnement connu, que bien souvent, il était prêt même à tromper son propre maître dans des jeux de vision au combien réel. Ainsi, le faux était superposé au vrai, et il serait sans doute bien difficile de démêler ce paquet de nœuds.

Les sens de sa proie devaient être tellement harcelés par de multiples sensations et stimuli, que les sanglots de cette petite fille devenaient comme secondaires. Ce n’était que le bruit de fond désagréable d’un mauvais film, qui se déroulait devant les yeux de Saji. Une épreuve morale et au cœur lui était assignée sans son consentement bien entendu. Le sang, cet élément au combien vital pour chaque forme de vie avait pour effet de donner un coup de fouet et de mettre en alerte, surtout pour un combattant. Ce genre de vision rouge carmin n’était pas si rare pour ce type de personnes, mais cela devait ramener de profonds et douloureux souvenirs.

Heureusement, ce n’était pas son propre sang, Saji n’avait après tout aucune blessure. Alors que ce dernier naturellement regardait au-dessus de lui, il put constater la colère du ciel laissé du sang ruisseler sur son casque. C’étaient de véritables torrents de sang qui se déversaient maintenant dans les rues. Le nuage rouge semblait comme irréel avec ses éclairs orange, qui striaient le ciel. Etait-ce dû à un carnage voisin ? Un phénomène rare ? Quoi qu’il en soit, celui dont on ne voyait pas si souvent le visage semblait être en plein trouble dans cette scène si douloureuse.

Le corps semblait avoir rapidement accaparé l’attention de Saji, tandis qu’il se découvrait comme torturer. Des éléments troublants auraient sans doute pu ou dû lui mettre la puce à l’oreille, mais trop troublée par cette vision, il n’en avait perdu le simple bon sens. Le propre visage de Saji semble être intact, mais comment ne pas sentir la même douleur que son double face à lui. Un petit peu comme si son propre clone avait décidé de se venger des tourments de son propriétaire. Coincé dans cette vision à cause de votre servante, elle ne pensait pas tomber sur une personne si agitée, qui n’avait pas dû prendre toute la mesure de ses propres tourments. Il avait sûrement beaucoup de choses à régler avec lui-même, alors pourquoi ne pas le faire ce soir ?

Comment pouvait-on se tuer soi-même ? Cela devait être difficile, même pour un combattant entrainé aussi méritoire qu’il puisse être. Trop gentil sans doute, il tente de s’assommer lui-même, du moins son double, mais en retour, il n’eut qu’un coup de pied de la part de son propre frère. Un combat semblait alors avoir débuté, mais il était sans doute difficile de réussir à vaincre son propre esprit. Comment pouvait-on réussir à devenir plus fort que soi-même ? Saji devait sans doute répondre à cette question, mais pour le moment, ce n’était que des échanges de coups. Madoka n’en demandait pas tant, et d’ailleurs, les pleurs s’étaient tuent pour le moment, mais sans doute que Saji ne l’avait pas remarqué. Les illusions fonctionnaient toujours, car elles étaient déjà en place à troubler le circuit chakratique du shinobi.

« Tu n’as pas pu réussir à sauver notre maitre … C’est de ta faute s’il est mort … tu es trop faible ! Je n’ai fait que suivre mon destin … le destin que tu m’as tracé par ton manque de …lucidité ! »

Dit alors le frère de Saji avec un sourire narquois au visage, alors qu’elle tendit son sabre, enfin le sabre qui aurait dû aussi revenir à Saji. Cependant, il devait se défendre. Les deux frères seraient à force égale, visiblement, il avait également dû s’entrainer. Le frère de Saji commença alors un enchainement d’une grande violence, enragé. Puis il fit un léger mouvement de tête dans la direction de Madoka, qui semblait être effrayée contre un mur en voyant pareil combat.

« Je me demandais une chose … tu vas réussir à la protéger elle ou cette pauvre fille va mourir aussi ? »
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Nobuatsu Saji
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Lun 5 Nov 2018 - 14:49
L’opportunité est trop belle. Ce soir est le moment où il peut mettre un terme aux regrets qui le tourment. Ce qu’il n’a pas pu faire la dernière fois. Ce que son amour pour son frère l’a empêché d’accomplir. Les paroles pleines de reproches percent le cœur de Saji comme autant de coups de poignard. Il sait. Il ne sait que trop. Il est d’accord avec tout ce qui est dit. Il a manqué de lucidité. Il aurait pu changer leur destin ce jour-là. Faire ce qui était nécessaire pour qu’un innocent soit épargné. Son maître n’a pas mérité ce destin. Mais Saji était paralysé. Incapable de réagir. Il a regardé, il a été témoin d’un meurtre qu’il aurait pu prévenir. Ce bref instant était largement suffisant pour qu’il l’arrête. Ses réflexes de bretteur étaient supérieurs à ceux de son frère, si bien qu’il aurait pu dégainer et dévier l’attaque et pourtant il ne l’a pas fait. Pourquoi ? Avait-il peur ? Peur de tuer ? Peur de se salir les mains ? Etait-ce de la lâcheté ? Ou bien le courage de défendre ses principes moraux ? La frontière entre lâcheté et morale peut être si poreuse des fois… Qu’on en oublie nous-mêmes ce qui a déterminé notre choix. Lâcheté de choisir, courage de décider. Il n’est même plus sûr s’il a fait un choix cette nuit-là, ce choix a-t-il seulement existé ?

Son frère tend son sabre devant lui, celui-ci a pris l’apparence de Fuwa, le deuxième sabre légendaire, celui qui aurait dû revenir à Saji. Il ne l’a pas remarqué, que la copie de son sabre avait changé d’apparence. Quand a-t-il… Tout va trop vite. Les images défilent à une vitesse effrayante. Il n’est plus maître des événements, en vérité il ne l’a jamais été. Les lames s’entrechoquent, son frère se déchaîne comme une bête enragée. Les étincelles volent dans tous les sens, donnant davantage d’intensité à leur confrontation. Des coups transversaux à gauche puis à droite. Saji est submergé d’attaques et même s’il arrive à les parer, il se sent faiblir à chaque coup, incapable de réagir de façon adéquate. Il subit. Il se replie. Il a le sentiment que tout ce qu’il a appris a été vain. Et que son frère le domine complètement. Son frère lui donne un coup de pied qui le projette contre le mur, le dos de Saji percute le décor, tandis que son corps est éclaboussé par le sang sous l’impact. Il se touche le visage complètement rougi et méconnaissable. Les effluves métalliques qui se dégages des flaques de sang à leurs pieds parviennent jusqu’à ses narines et commencent à affecter son esprit, il se sent l’envie de régurgiter. L’odeur est insupportable, pire que tout ce qu’il a pu connaître jusqu’à présent.

Tandis que Saji essaie de combattre ces sensations, Ashikage le fixe du regard avec son air méprisant, le mettant au défi de défendre la fille qui se trouve à côté de lui. C’est vrai ! Il l’avait presque oublié. Il se tourne pour regarder la gamine en robe blanche, et à la chevelure argentée… Bizarrement, elle est la seule à ne pas être tâchée au milieu de toute cette souillure… Elle est comme un espoir au milieu de la désolation, une lumière enfouie dans les ténèbres. Un symbole. Une rédemption. Il doit se racheter. Il ne peut pas échouer de nouveau. Il doit la protéger, même s’il doit y rester. S’il veut protéger ses principes, il doit aller au bout de ses actions. Pas de demi-mesure. Réprimer ses doutes. Saji se sent comme touché par une ferveur soudaine à la vue de la fille. Une beauté qui contraste avec la laideur du décor. Une innocence qui illumine l’horreur dans lequel ils sont plongés. Un ange salvateur. Il se tourne ensuite vers son frère, Saji n’est plus le même homme. Plus de doute dans sa lame, plus de peur dans son cœur. Il revient à la charge mais cette fois les coups deviennent trop faciles, et son adversaire semble trébucher et reculer à chaque impact. La lame tranche le corps de son frère comme du beurre, lui laissant des entailles profondes d’où dégoulinent encore plus de sang, toujours plus de sang, jusqu’à se déverser au sol comme des cascades…

La brume sanglante commence à couvrir le village, tandis que dans l’une de ses ruelles inondées de sang, on peut distinguer deux silhouettes près d’un mur. Les deux sabres sont au sol à présent. Saji en est revenu aux mains. Les coups se succèdent tandis que cet homme qui ressemble à son frère se laisse faire, sa tête partant dans un sens et puis dans l’autre au rythme des crochets. Le sang gicle de façon répété sur le casque souillé du sabreur muet. Mais plus il frappe, plus le sang qui sort de la bouche d’Ashikage devient important. Un coup. Le filet devient une coulée. Puis un autre coup. La coulée rouge devient un jet. Un troisième coup. Le jet gagne en puissance. Saji ne s’arrête pas et frappe jusqu’à n’en plus finir, tandis que la tête de son frère ne cesse de bouger d’un côté puis de l’autre, aspergeant le corps de Saji de toutes parts… Enfin, l’homme en colère se fatigue… Il tente de reprendre sa respiration. Même sa haine ne suffit pas à lui donner l’énergie nécessaire pour continuer. Il fixe le visage ensanglanté et endommagé de son frère. Des bleus et des plaies rouges parcourent le visage de la créature, au point qu’on ne peut même plus distinguer les traits de son visage, ni les yeux, ni le nez, ni la bouche. Une monstruosité. Une abomination. Elle continue de respirer et semble se moquer du sabreur stupéfait. Saji recule. Comment cette créature a-t-elle survécu à tous ces coups ? Que doit-il faire pour mettre fin à la vie de cet ennemi ? La bouche de sa victime ensanglantée s’élargit au point de créer un grand trou au milieu du visage, pointé en direction de Saji. De ce trou sort un geyser rouge puissant qui le projette brutalement en arrière et le noie dans une mer d’hémoglobine. L’homme en noir se débat avec ses petites pattes mais peine à retrouver la surface. Il essaie de monter la tête au-dessus de l’eau mais la marée est trop forte, les vagues l’emportent et l’étouffent. Ses efforts son vains. Il agite ses mains de façon pathétique. Impossible de s’en sortir. Il a été incapable de sauver son maître cette nuit-là. Comme il a été incapable de protéger sa sœur Mitsuko. Il est faible, incompétent, une déception, un déchet humain… Il ne mérite que de disparaître au loin, emporté par la houle. Oublié, égaré, perdu à tout jamais dans le torrent de ses émotions…


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Kobane Harumi
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Lun 5 Nov 2018 - 21:54
Perdu dans ce sombre fantasme et un profond désir de vengeance surtout contre lui-même, Saji ne s’était même pas rendu compte que tout ceci était faux. L’opportunité était bien trop grande, lui qui fantasmait d’affronter de nouveau son frère et cette fois-ci d’en finir. Quelle chance, l’adolescente ne pensait pas tomber sur quelqu’un avec un passif si sombre. C’était presque à croire que cela venait au même niveau que sa propre histoire, mais on n’était pas ici pour parler de cela. Sans doute qu’avec la maturité et la réflexion, Saji avait dû se tourmenter lui-même sur cette fameuse scène. Pourquoi ne pas l’avoir achever ce soir-là ? Madoka avait oublié ce que voulait bien dire ce mot, amour, mais visiblement cet homme masqué non. Après tout, ne se battait-il pas pour l’amour de son maitre, voir même pour ce que représentait l’amour de son frère ? Comme il était difficile de se faire trahir par quelqu’un que l’on aimait, que l’on respectait. Cela faisait d’autant plus mal. C’était à se demander d’ailleurs si le masque intégral que portait Saji n’était pas là pour cacher son visage, celui même qui n’avait pas pu agir comme il l’aurait dû. Il ne pouvait être que quelqu’un d’autre jusqu’au moment où il aurait lavé son honneur.

Si jamais la tornade argentée de Kiri avait débuté ce jeu comme une douce torture, elle avait su voir en cet homme une souffrance proche de la sienne. Désirait-elle l’aider quelque part, comme par solidarité ? Peut-être bien, dans son esprit tordu et étrange, il y avait une certaine logique. Son frère avait tué la personne la plus importante aux yeux de Saji, un maître, comme un père spirituel que l’on choisissait contrairement à sa famille. C’était d’autant plus cruel, surtout pour de la simple cupidité, lâcheté et de la faiblesse. Dans un combattant à la lame effilée comme lui, cela devait être trop difficile à vivre.

« Tu t’en veux n’est-ce pas ? Mais qui est le plus à blâmer dans cette histoire toi ou moi ? Toi bien sûr, car tu aurais pu m’en empêcher, mais tu m’as laissé faire car quelque part en toi … tu voulais que cela arrive ! Tu as ton épée, tu es libre, tu as tout ce que tu voulais ! Tu es tout aussi coupable ! »

Dit alors le frère de Saji avec un sourire malsain sans pourtant arrêter de l’attaquer. L’illusion cherchait à le faire réfléchir, à le faire douter. Allait-il être brisé ou allait-il y résisté ? C’était quitte ou double, mais c’était la méthode de la blanchette, à la dure, comme dans son passé dans les arènes de combat illégales.

« Ne pas agir, c’est aussi un choix ! »

S’exclama alors ce frère chimérique, mais tout aussi réel si jamais Saji le décidait ainsi. Le combat entre les deux se déroulait comme si regardait un film, tantôt rapide, tantôt lent. Cependant, les règles physiques ne changeaient pas, était-ce dû à l’adrénaline ? Son frère malgré sa violence, l’ardeur de ses coups ne semblent pas faillir. Il est toujours aussi fort, et si jamais Saji doute de trop, il pourrait bien lui arriver malheur.

« Alors ? C’est tout ce que tu as ? Je vais peut-être prendre aussi ton sabre, ainsi la défaite de notre maître sera totale ! »

Dit alors le frère de Saji tandis que ce dernier tentait de se relever, suite au coup de pied. Le briser, l’énerver, un petit peu comme une douche écossaise, Madoka désirait ébranler son esprit. Elle semblait être comme terrifiée à trembler aux côtés de ce frère illusoire, comme à sa merci. Elle pouvait y passer, cette jeune fille apparemment incapable de se défendre, terrifiée devant tant de violence. Cet ange de pureté en blanc, bien loin de toute la rage ambiante de ces visions. Pour une fois, Madoka pouvait passer comme le seul lien, le seul point positif sur lequel se retenir de sombrer. Si jamais Saji désirait vaincre son frère, il ne pouvait pas y aller avec le dos de la cuillère, devrait-t-il aussi abandonner ses principes pour cela ? En serait-il seulement prêt ?

Etonnamment, Madoka semblait donner comme un second souffle à Saji. Elle appréciait la force sous toutes les formes, les faibles devaient mourir, alors relève toi Saji et affronte ton destin. Magnifique et libéré, Saji semblait ne faire plus qu’un avec son arme, comme dans un état de grâce ou second. Il ne réfléchissait plus, il ne faisait que suivre son instinct. Son frère ennemi maintenant reculait, de la peur semblait naitre en son visage. Il était désespéré à se défendre face à ces assauts jusqu’à prendre une attaque qui aurait pu quasiment tuer un homme si ce n’était pas une illusion. Sans doute qu’il ne pouvait plus se défendre, il lâcha son arme défait, Saji également et une sorte de rage sembla naitre en lui. Les coups pleuvaient comme le sang qui recouvrait les poings de Saji. Son frère n’était plus qu’un pantin désarticulé, il ne résistait plus. Madoka s’approcha avec un délice sur ses yeux à regarder ce magnifique spectacle. Elle aimait aussi la violence, et elle souriait, aimant voir cet homme dans cet état. Il en avait bien besoin en même temps pour se laisser croire à cela.

Datalia Madoka • « Tu vas … le tuer ? Comme il a tué ton maître ? Il ne peut plus se défendre, regarde le … il est là … »


Dit alors d’une voix presque tendre Madoka, alors qu’elle tendit l’épée de Saji précédemment à terre. Saji était fatigué de ce déchainement de violence, il avait sans doute le temps de réfléchir si jamais sa haine ne recouvrait pas ses pensées comme le voile noir de la veuve cachant ses larmes de colères. Le frère de Saji gloussait légèrement, comme il pouvait, comme pour valider le fait de le tuer, le pousser au vice. Est-ce que le masqué allait passer le pas ? Tandis que Saji hésite, une marée de sang semble l’emporter, mais l’adolescente sembla comme marcher dessus grâce à son chakra. Comme si dans toute cette haine, sa pureté blanche virginale semblait la protéger de cette haine. Elle lui tendit la main pour la maintenir hors de cette marée de sang informe et malodorante.

Datalia Madoka • « Je crois que … tu as échoué à cette épreuve n’est-ce pas ? »


Demanda simplement Madoka, alors que tout le sang semblait être bu par le sol. Le frère de Saji semblait avoir disparu, et l’illusion n’était plus. Saji était au sol, et malgré tout cela, du sang lui coulait de son nez, ses techniques d’illusions étaient très réaliste, sans doute trop, mais heureusement qu’elle l’avait minimisé.
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Nobuatsu Saji
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Mar 6 Nov 2018 - 12:04
Le masque de la honte, pour cacher le visage d’un homme effrayé par son passé. Il sombre, s’abandonne volontiers à ce cauchemar pour se torturer et se punir de sa lâcheté. Le temps d’un moment, il abandonne toute forme de rationalité, il arrête de réfléchir. Une sensation si agréable, de ne plus avoir à penser au futur, de cesser de craindre le passé et de pouvoir s’ancrer dans l’insouciance du présent. Ici, on ne lui demande qu’une chose. Tuer cette créature, ce double de lui. Elle représente son frère, en même temps qu’elle le représente lui. Sa facette la plus obscure, celle qu’il tente de réprimer. Le besoin de vengeance, la liberté d’agir comme bon lui semble. La bestialité à l’état pur. Le retour à l’animalité. Enfin on se libère de nos freins, on peut satisfaire ses désirs sans la culpabilité, et c’est la fonction que sert cette réalité dans laquelle Saji est désormais emprisonné. Ses passions sont exacerbées, il est justement dans un environnement sur lequel il n’a plus le contrôle et en même temps on lui donne plus de pouvoir, celui de tout changer. Mais on se joue de lui, on s’amuse de son impuissance, de son incapacité à faire ce qui est juste. Sa liberté n’est qu’une illusion, et à chaque pas qu’il croit faire, en réalité il recule et se fait dévorer par sa passion. Drôle de chimère. Un supplice de Tantale. Un être qui s’accroche, pense s’approcher du fruit pour satisfaire son appétit et aussitôt la branche s’éloigne et l’en sépare. Il croyait être capable de tuer son frère et pourtant à chaque coup il se relève et revient pour lui rappeler à quel point il est faible. Son frère le regarde de haut et se moque de son incapacité à remplir son devoir. Son devoir en tant que disciple, son devoir en tant que frère. Incapable de défendre son maître, incapable de défendre sa sœur. A quoi bon continuer à faire des efforts, quand on ne peut protéger les êtres qui nous sont chers ?

En même temps, Ashikage a peut-être raison. Il était incapable de réagir à temps, peut-être parce qu’au fond de lui, il voulait que ça arrive ? Il a accepté la mort de son maître ? Un sacrifice sur l’autel de ses principes. Pour éviter de tuer, il a choisi de laisser son frère l’assassiner. Ou bien… aurait-il envisagé… aurait-il souhaité que son frère devienne l’incarnation du mal pour servir de repoussoir et pour que Saji puisse se convaincre qu’il est du côté du bien ? Une excuse pour se donner un droit sur son frère dont il connaissait le caractère impulsif. Une simple poussée suffisait à le faire commettre l’acte irréparable. Il a suffi de coordonner le moment de la remise des sabres avec son maître, faire en sorte que son frère le suivrait… Tout était parfait. Oui, peut-être qu’au fond, il est celui qui a manipulé les sentiments et en particulier la jalousie de son frère, qui ne peut aller contre sa nature après tout. Il a agi comme il était attendu de lui. Une terrible vérité, ou une excuse encore plus cruelle pour se flageller ? Tout ce temps l’esprit de Saji s’est torturé de mille et une façons afin de donner sens à cette scène, il l’a vu et revu sous tous les angles. Il l’a joué, il l’a rembobiné, il a essayé d’analyser d’un point de vue le plus objectif possible. Mais seul lui peut savoir ce que lui-même avait en tête cette nuit-là. Le problème, c’est que tout est confus. Serait-il le coupable après tout ? Est-il responsable de ce qui est arrivé ?

La voix de son frère continue de le harceler et percer sa tête, d’envahir son esprit, alors qu’il est sur le point de vomir à tout instant, trempé de sang et ne pouvant respirer que cette odeur de fer qui devient de plus en plus forte. Il est sur le point de s’évanouir tellement les sensations deviennent désagréables mais la seule chose qui le tienne encore conscient, une voix discordante au milieu de cette mélodie macabre. La fille aux prunelles bleues a semble-t-il cessé de pleurer pour le regarder désormais se débattre face à l’adversité. Après que Saji l’ait défendu, ou a cru la défendre, elle semble moins effrayée et se met à l’observer avec attention. Comme un entomologiste étudierait un insecte dans son habitat naturel. Elle le fixe du regard, attentive à ses moindres faits et gestes. Elle le voit se battre et se débattre pour survivre dans cette épreuve. Que fait-elle ici ? Vient-elle le juger avant qu’il ne passe dans l’autre monde ? Ou bien, un signe providentiel que tout n’est pas perdu ? Son rôle lui est encore inconnu. Quoi qu’il en soit il est trop occupé à survivre dans cet environnement hostile et chargé de violence. Mais voilà que la jeune fille blanche s’approche pour lui susurrer des mots, lui suggérant de passer à l’acte. Mais trop tard, il se fait engloutir par la mer de sang, tandis que l’ange reste pure et à l’abri de la souillure. Elle marche à la surface de l’eau rouge qui est en train de le noyer. Il ferme les yeux et s’abandonne au flux du destin.

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Il sent la vie quitter peu à peu son corps… Il rouvre les yeux en-dessous de l’eau, tout est rouge autour de lui, et tout est vide. Il referme les yeux et s’évanouit. Le niveau de l’eau rouge redescend complètement, laissant derrière un homme allongé au sol sur le dos, crachant du sang pour évacuer le liquide de ses poumons. Il revient à la vie. Il tousse, tandis qu’au-dessus de lui, se tient la petite fille de son rêve – ou réalité ? – qui désormais ne fait plus face au mur mais le regarde droit dans les yeux, son regard perçant les interstices de sa visière métallique. Il se sent vulnérable, il se sent observé. Il a l’impression qu’elle peut le voir à travers le masque, qu’elle a pénétré son intimité. Il ne comprend pas d’où lui vient cette sensation mais il ne se sent pas à l’aise. Il y a quelque chose d’étrange en même temps que fascinant avec cette fille. Sa main essaie de saisir son sabre au sol mais au lieu d’atteindre la poignée il touche une flaque d’eau. Il regarde. L’eau a perdu sa couleur rouge, et désormais la pluie qui tombe est redevenue normale. Le ciel et ses nuages reprennent leur apparence sombre et grisâtre.

Comme s’il venait de se réveiller d’un coma de trois jours, il a l’impression que son corps s’est engourdi. Mais surtout, du sang coule désormais de son nez. Il relève la partie inférieure de son masque pour toucher. Oui, du vrai sang. Il nettoie le filet de sang et remet son masque. Une odeur familière. Il redresse son dos pour passer de la position allongée à la position assise. La fille parle d’une épreuve qu’il aurait échouée… En mentionnant cela, elle montre qu’elle sait ce qu’il vient de traverser. Mais l’esprit de Saji semble toujours dominé par le cauchemar, si bien qu’il n’arrive pas à faire le lien entre la fille et la création de l’illusion. Son regard se promène un peu partout, hagard, zombifié. Son esprit est comme égaré entre deux mondes, entre réalité et illusion, une âme errante sur le Cocyte. A la recherche du salut. Frère, maître… Mitsuko… Yukio…Ashikage… Ombres de mon passé… Une âme en peine traumatisée.


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Kobane Harumi
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Mer 7 Nov 2018 - 15:09
Tandis que Saji souffrait de lui-même, de sa propre punition, Madoka le regarda se creuser sa propre tombe entre délectation, curiosité, et la partage d'une certaine peine. Elle pouvait voir que cet homme avait finalement une énorme faiblesse derrière cette dureté, derrière ce masque complet symbole de puissance et de majesté. Cependant, elle n'était pas du genre à accepter ou respecter une telle faiblesse. On devait être fort ou ne pas être. Sans doute que malgré sa préparation, son entraînement, il n'était pas prêt pour ce grand jour, alors heureusement que la tornade argentée de Kiri avait croisé sa route. Cela allait faire rudement mal, bien évidemment, mais ce pourrait être salvateur si jamais Saji acceptait sa propre blessure et faiblesse. Le fait que ce doit son frère qui l'avait trahit devait faire plus mal que tout. Dire que Madoka rêvait en son for intérieur d'avoir une famille, mais lorsque l'on pensait à Saji, cela avait de quoi se poser de nouveau la question.

Il était beaucoup trop jeune, sans doute se croyait il prêt, mais il avait encore un long chemin à parcourir avant d'être prêt à affronter son frère. Le problème n'était pas son art de l'épée, mais de forger un mental suffisamment puissant pour pouvoir le frapper à mort. De plus, il n'avait pas réglé ses comptes avec lui-même. Sa méthode avait été rude, mais si jamais Saji y survivrait, il en ressortirait bien plus fort, car ce n'était pas son état physique qui serait le plus préoccupant, mais bien mental. Il pouvait fort bien s'écrouler, ne plus pouvoir avancer, car le pire pour un guerrier n'était pas la bataille pour laquelle il s'entraînait tous les jours, mais bien les jours d'attentes entre celles-ci. Madoka avait posé des questions via l'image du frère pour faire réfléchir Saji, et elle goûtait à cette histoire comme elle dévorait un livre à l'eau de rose. Cependant, il y avait plusieurs vies en jeu dans cette histoire. Certes, l'arme employée avait bien été son frère, mais peut-être que Saji n'avait fait que le guider vers ce fameux destin par son inconscient. Qu'il était difficile de réussir à se comprendre soi-même et de se pardonner. De nombreuses épreuves attendaient encore Saji jusqu'au jour de l'affrontement.

Totalement responsable de ce qui arrivait à Saji, la blanchette devenait maintenant le seul point de repère viable de toute cette folie. Elle était comme à son chevet, accroupi sur le sol à le regarder dans les yeux. Elle sembla chercher quelque chose derrière, elle ouvrit alors une petite sacoche et la jeune fille aux longs cheveux d’argent laissa un kunai tombé juste devant Saji, qui provoqua un léger tintement métallique.

Datalia Madoka • « Si tu comptes abandonné pour si peu, alors autant que tu te tranches la gorge toi-même, ne perd pas du temps et n’embarrasse personne. »


Dit alors Madoka en penchant la tête sur le côté, ses bras contre ses cuisses partiellement rempliées contre son corps. Elle était directe, âpre, n’aimant pas la faiblesse, alors pourquoi prendrait-elle des gants ? Si son rôle au départ était de s’amuser, elle devenait maintenant, devant l’étonnement de tout le monde, une donneuse de leçon morale. Cependant et ce malgré sa jeunesse et sa soit disant folie, elle avait beaucoup vécu et elle était déjà passée par ces étapes-là. Elle avait dû être forte et elle n’avait eu personne pour la soutenir, même jusqu’à maintenant. Elle voyait bien que Saji semblait s’être abandonné, avait perdu ce combat mental. Si elle avait voulu, il serait mort. Madoka le regarda cracher ses poumons, mais ce n’était qu’un réflexe du corps, car jamais il n’y avait eu la moindre présence d’un élément liquide. Elle tendit les mains afin de lui retirer ce masque, qui la gênait, il ne pouvait voir son visage et ses yeux.

La blanchette en savait tellement sur Saji, presque même plus que lui, qu’il pouvait se sentir complètement à la merci de cette enfant, qui s’était étonnamment montrée assez constructive pour une fois. Son frère avait maintenant disparu, comme le sang ou le faux sabre, comme s’il avait rêvé. La pluie ne faisant que tomber essayant de nettoyer l’âme du guerrier ninja. La ruelle était toujours aussi sombre, mais aucune impression oppressante n’était présente. Cette expérience n’avait pas été sans conséquence, Cette enfant à l’apparence si pure était-elle comme un spectre ? Un kami peut-être ? En tout cas, elle savait tout.
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Nobuatsu Saji
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Mer 7 Nov 2018 - 18:06
Assis au sol, un corps inanimé, mi- conscient. Physiquement présent mais mentalement absent. L’esprit de Saji semble parti ailleurs, égaré très loin au plus profond de son cœur, tandis que la voix de la fille en blanc continue à lui pénétrer l’oreille comme un venin qui s’infiltrerait dans son corps, lui suggérant de mettre fin à ses propres jours... Mais du point de vue de Saji, elle est son sauveur, elle lui propose le salut pour le laver de ses fautes qu’il n’arrive pas à se pardonner. Plongé dans les méandres de ses pensées, il entend cette voix au loin qui résonne et fait écho. La voix de la fille est telle une corde qui lui est lancée, une issue de secours pour l’extraire du fond de cette caverne. Ainsi s’arrêtera-t-il de contempler ces fausses images sur le mur, ce jeu d’ombres qui le détournent de la réalité et qui ne cessent de le harceler. Oui l’ange blanc l’appelle de nouveau, il l’a vu apparaître à plusieurs reprises dans ses songes. Elle l’a marqué de sa beauté, un être protecteur et miséricordieux. Les pupilles bleues de cette enfant qui a pris pitié de lui et qui lui tend la main désormais la main, au milieu de ce cauchemar dont il n’arrive pas à se dépêtrer. Elle lui dit de se trancher la gorge de façon à ne pas perdre de temps, et n’embarrasser personne. Elle a raison. Pourquoi continuer à vivre quand on est un raté de la pire espèce ? Quand on échoue à tout ce que l’on entreprend ? Qu’on ne parvient pas à défendre ceux que l’on aime, et qu’on finit seul… incapable d’exprimer sa colère, impossible de purger ses émotions… Ces dernières demeurent. Il lui manque la voix. La voix pour dire à quel point il souffre. La plume ne lui suffit plus, la plume n’a pas de ton. Elle ne traduit pas son désarroi. Il se sent contraint et frustré de vivre dans le silence, pourquoi l’a-t-on condamné dès la naissance ? A vivre seul et incompris ?

Saji cligne des yeux, il semble revenu à lui. Comme s’il avait déjà tout planifié à l’avance, il se met immédiatement en position de seiza, ses genoux plongés dans les flaques d’eau. Des gouttent coulent le long de son casque pour parcourir sa visière de métal, il a la tête baissé. Il semble résigné. Comme un homme qui attend l’heure de son exécution et qui a dit tout ce qu’il avait à dire. Il serre les poings et pose son regard sur le kunaï sur le côté. Sans l’ombre d’une hésitation, il s’en munit et le brandit en face de lui. De façon cérémonieuse, il la pointe en direction de son cœur prêt à asséner le coup fatal. Il s’immobilise, marquant un temps avant de commettre le suicide. Les secondes passent et il ne bouge toujours pas. Qu’attend-il encore ? Lui-même ne comprend pas pourquoi il ne passe pas à l’acte. Il veut partir de ce monde mais son subconscient a pris le contrôle de son bras. Quelque chose le retient mais quoi ? Une dernière volonté, le refus de sa destinée… ou plutôt le souhait d’une fin meilleure ? Il tousse, il a l’impression de cracher du liquide mais seulement de l’air sort de sa bouche. Il relève la partie inférieure de son masque pour mieux respirer et ne pas s’étouffer dans son propre crachat. Une petite main s’approche pour tenter de relever le reste de son masque et voir le visage de l’homme en noir torturé…

A cet instant, comme si le doigt touchant son masque venait de le ranimer, l’air regonfle les poumons de Saji qui, la tête toujours baissée, saisit d’un geste vif la poignée, empêchant la fille de dévoiler son visage. Un second souffle. Une poussée d’adrénaline insoupçonnée. Un homme réincarné, ressuscité. Il relâche aussitôt la poignée de la jeune fille, si fragile au toucher. La main tenant le kunaï commence à trembler, comme saisi d’un doute. Non, il se l’est juré. Il s’en souvient. Le masque, le masque est là pour le rappeler sa honte. Et sa honte est censée lui rappeler qu’il est toujours en vie pour une raison. Il vit encore pour rétablir l’équilibre brisé par son frère. C’est vrai, sa propre vie ne lui appartient plus, il n’a aucun droit de se l’enlever. Il doit se battre pour ceux qui ne peuvent pas se battre, agir à la place de ceux qui ne peuvent plus se lever, avoir le courage de faire face à l’adversité. Il incarne la volonté de son maître, le pardon de sa sœur, et le repentir de son frère. Il est Nobuatsu Saji, le disciple d’un maître fier, le frère d’une femme bienveillante, et d’un homme égaré.

Il se lève, comme animé d’une énergie nouvelle, un Saji purgé de sa tristesse destructrice, il ramasse son sabre et l’attache à sa ceinture. Il se souvient qu’il n’est pas seul et tourne sa tête en direction de l’étrangère. Peut-être sait-elle déjà qu’il ne peut pas parler. Il l’a vu apparaître dans ses rêves, que sait-elle sur lui ? Cela l’effraie, et en même temps le rassure. Elle est la seule autre personne en ce monde à avoir eu un aperçu de ses émotions, alors qu’il ne peut jamais les exprimer… Qui est-elle ? Que veut-elle de lui ? Ses mains tentent de saisir le carnet dans sa sacoche, mais il se rend compte que le papier est trempé et inutilisable. Impossible de communiquer. Le mystère autour de cette jeune fille reste complet, elle n’est ni un ange ni un esprit, alors qu’est-elle vraiment ? Dans tous les cas, elle n’est pas une enfant comme les autres…

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Kobane Harumi
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Sam 10 Nov 2018 - 18:48

Madoka observait cet homme apparemment complètement défait, abattu, résigné. Il ne sembla plus avoir la force de rien, même la nature de son auto-preservation n'était plus suffisante pour lui permettre de rester en vie. Elle ne dit rien du tout lorsque Saji se mit à genoux dans l'eau d'ana la position classique du sepuku. Normalement, un ami pouvait participer à ce genre de chose si jamais sa main tremblait au dernier moment, mais évidemment, le katana était changé par un kunai, ninja oblige. Elle fit quelques pas sur le côté afin d'être dans une position parfaite, alors qu'elle sortit son wakizashi de son dos et même si elle n'était pas une spécialiste, elle saurait y faire. Pas de saké cette fois-ci pour aider à purifier la lame, ninja oblige sans doute. Les guerriers des ombres devaient s'éteindre sans dignité. Ce type avait déjà pensé au suicide depuis longtemps, comme s'il avait répété précédemment. Elle n'allait pas le retenir d'aucune façon, si jamais le cœur lui en disait. Cependant, elle voit bien qu'il n'agit pas, il pointa son arme vers son cœur, mais son corps le refuse peut-être ?



Datalia Madoka • « Ce monde est complètement pourri, il l'indiffert également, mais je sais comment m'évader pour me retrouver ailleurs. Si je dois mourir un jour, ce sera arme à la main dans un combat que j'aurai choisi, mais moi-même, je suis un adversaire trop coriace. »




Dit alors la jeune fille aux longs cheveux d'argent, alors que l'eau de la pluie ruisselait le long de son corps. Ses vêtements près du corps, elle ne bougeait pas d'un cil tandis qu'elle sortait la lame qui pointait vers le sol. Elle fut surprise en tout cas en voyant le réflexe de Saji à lui prendre son poignet lorsqu'elle avait voulu lui retirer son casque. Comme quoi il avait encore un soupçon d'ego ou de volonté. Elle n'était pas une combattante au corps à corps, la différence de force entre l'adolescente et le combattant en noire était grande. Quoi qu'il en soit, Saji sembla reprendre du poil de la bête. Le kunai qu'elle avait donné tremblait dans la main du ninja en noir, la peur ? Il réalisait ? Difficile de le dire. Elle pencha la tête sur le côté en regardant Saji se relever. Elle sourit simplement en le voyant agir, il semblait avoir vaincu quelque chose ce soir. Elle le regarda alors avec désespoir chercher une façon de communiquer, et cela la fit glousser légèrement, avec gentillesse. Elle pouvait aider à cela, à sa façon en tout cas. Madoka rangea alors son wakizashi dajs son dos, visiblement, ce ne sera pas pour ce soir.



Datalia Madoka • « Tu semble avoir bon cœur, peut-être trop pour ce monde si noir, si malheureux, qui semble prendre plaisir à broyer tout ce qu'il croise avec une perversité maladive. »




Madoka tendit alors la main pour récupérer son kunai, mais quelque chose se passait à nouveau, mais si la vision précédente était horrible, là elle était bénéfique. La pluie semblait tout d'un coup s'arrêter, le temps semblait passer d'une manière accéléré pour faire place à un soleil de midi comme s'il était planté dans cette rue. Pire, Saji savait, maintenant plongé dans une nouvelle illusion, qu'il pouvait parler. C'était l'avantage avec les rêves, on pouvait y voir tout et n'importe quoi, on pouvait voler, croiser des créatures fantastiques et même faire parler les muets, faire marcher les paraplégiques.



Datalia Madoka • « Tu dois te poser beaucoup de questions j'imagine, alors profite donc de ce dernier moment de grâce, car le dormeur doit se réveiller un jour. Tu as tué le faible en toi ce soir, alors il ne pourra plus paraître au monde maintenant. »
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Nobuatsu Saji
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Dim 11 Nov 2018 - 1:08
Combien de temps est-il resté dans ce rêve ? La ruelle est toujours la même, la fillette est toujours en face de lui près du mur. La pluie tombe toujours. Et pourtant. Rien n’a changé depuis qu’il est revenu à la réalité. Il est confus, son cerveau lui joue des tours. Son esprit est troublé par cette impression d’être demeuré pendant près de trois jours dans un cauchemar incessant, alors qu’en réalité cela doit probablement faire à peine quelques minutes qu’il est arrivé. Une pensée effrayante. De pouvoir contrôler quelqu’un ainsi sans avoir à lever le petit doigt. Cette fille... Saji pose les yeux sur la petite inconnue. Cette fille à l’origine de tout cela. Tellement de questions traversent son esprit sur la nature paranormale de ce qu’il vient de vivre. Il sait désormais qu’elle n’est pas un être surnaturel mais bien un être humain. Lorsqu’elle a tenté de saisir son masque, il avait attrapé le poignet de la fille par réflexe inconscient. C’est à ce moment-là qu’il a compris qu’il n’avait pas à faire avec une illusion ou un esprit. Sa présence et la façon dont elle lui a parlé indiquent qu’elle n’est pas étrangère à l’apparition de ces rêves. Tout cela a commencé précisément au moment où il s’en est approché. Il n’y a donc aucun doute que c’est elle. Elle est la cause. Mais cela ne dit pas comment elle l’a fait. Saji réfléchit. Il pourrait s’agir d’un genjutsu. Après tout ils se trouvent dans un village shinobi. Il secoue la tête comme pour nier cette éventualité. Mais depuis quand des enfants de cet âge sont capables de telles prouesses ? Il n’a jamais entendu parler d’un tel prodige depuis qu’il est arrivé à Kiri. Même s’il faut l’avouer, cela fait à peine deux mois qu’il a intégré la communauté, et il n’a pas vraiment eu le temps de s’informer sur toutes les personnes les plus importantes du village. Finalement, l’hypothèse du genjutsu semble plus probable… mais dans ce cas, que fait-elle en liberté dehors, qui plus est dans ce quartier sombre et peu fréquenté ? Elle semblait pleurer à son arrivé, la tête contre un mur, sous cette forte pluie, sans rien pour se protéger. Toutes ces images lui reviennent en tête maintenant qu’il a repris conscience et peut parcourir plus clairement ce qu’il a vécu juste avant d’être piégé dans l’illusion.

Les questions s’enchaînent encore et encore dans sa tête tandis qu’il semble s’approcher de la vérité. Autant réfléchir, quand on ne peut parler, ni écrire, étant donné que son carnet est trempé. Soudain, la petite fille le voyant embêté de ne pouvoir communiquer, se met à glousser de façon amusée. Saji est surpris de sa réaction, ne sachant comme le prendre. Mais a priori, il n’y a pas de mépris, nulle moquerie. Le regard de la petite fille, ses prunelles bleues, elles le fixent avec cette expression. Celle d’une femme à l’instinct maternel qui s’attendrit à la vue d’un enfant abandonné. Une aura protectrice, une volonté de le libérer. Elle lui parle, lui dit qu’il a un bon cœur mais que celui-ci est justement trop bon pour contenir la noirceur du monde dans lequel il est plongé. En résulte une discordance dans son esprit, une incapacité à s’adapter. Il est torturé par son impuissance, et devient fou au point de déformer lui-même la réalité, au point qu’il s’accuse de tous les maux, souhaite se dire que tout est de sa faute. Il comprend, il voit plus clair à présent. Elle n’a fait que réveiller ce qui était déjà latent. Un démon qui habitait son cœur mais qui à présent s’est dissipé après qu’elle ait révélé sa véritable forme. Saji ne voyait pas qu’il se torturait au point de s’autodétruire. Et elle l’a sauvé. Lui, un simple étranger.

Tout d’un coup le temps s’arrête. Il regarde autour de lui, les gouttes de pluie se suspendre dans l’air, les nuages qui arrêter de défiler dans le ciel. Il se sent pris comme d’un vertige lorsqu’il voit son environnement s’accélérer tandis que lui et la fille ne sont pas affectés. Une vision surréaliste encore une fois. Vient-il de se faire prendre dans une autre illusion sans s’en rendre compte ? Probablement.

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Cela ne l’empêche pas d’être fasciné par la beauté dont il est en train d’être témoin. Ses yeux brillent, ses pupilles se dilatent à la vue du soleil du midi qui monte haut dans le ciel, comme le symbole d’un renouveau, l’image d’un espoir qui s’élève pour éclairer les âmes égarées et dissiper les ténèbres. La lumière se reflète sur la visière humide de Saji, de laquelle coulent lentement les dernières gouttes de pluie. Transportés dans ce nouveau monde plein d’espoir, la fille fait face à Saji en contre-jour. L’homme masqué est ébloui par la lumière en même temps qu’il est captivé par cette vision si simple d’un soleil levant, et pourtant si magique par le fait qu’elle soit en arrière-plan de cette enfant aux pouvoirs exceptionnels.

La voix de la fille résonne de nouveau. Elle veut qu’il lui pose les questions qui traversent son esprit. Qu’il prenne la parole. Et la parole, elle le lui a donné. Au sens propre comme au sens figuré. Plus rien n’est impossible dans le monde imaginaire créé par la fille aux cheveux argentés. Saji ne s’en rend pas compte au départ, se demandant ce qui est attendu de lui. Il n’a pas le réflexe d’ouvrir la bouche pour s’exprimer, ainsi son premier instinct est de se munir de son carnet mais celui-ci est toujours trempé. Pourtant elle a très bien vu qu’il ne peut plus écrire dessus, elle a même gloussé ? Se joue-t-elle de lui ? Non, c’est autre chose. Puis il réalise. S’ils se trouvent dans un monde onirique, où tout est possible, il se pourrait très bien que… Il ressent des frissons rien qu’à l’idée.

« Je… peux parler ? »

La fille lui donna la parole, et la parole fut. Saji sursaute en entendant sa propre voix, celle que personne n’a jamais entendue, puisqu’elle n’a jamais existé. Et pourtant il ne peut s’empêcher d’y trouver une certaine familiarité. Il s’agit de la voix de sa conscience. Une voix qu’il s’est toujours imaginé. Et cette fille l’a « matérialisée ». En puisant dans l’imagination de Saji, elle a réussi à reproduire à la perfection une version auditive de sa conscience. Il est stupéfié quand il réalise ce qu’elle vient de lui faire. Il se découvre dans une réalité alternative, celle où il est un homme qui peut parler comme tous les autres hommes. Quelqu’un avec un ton, et qui peut donner des inflexions à sa voix de façon à exprimer ses sentiments à quelqu’un. Ne pouvoir réellement partager ses émotions l’a toujours frustré car écrire sur le papier ne donne pas le même effet. Sa voix peut être interprétée différemment par le destinataire. En résulte souvent de l’incompréhension, le malaise, l’impossibilité de s’ouvrir vers l’autre. Saji en a souffert toute sa vie. Telle est la malédiction du muet, de ne pouvoir s’exprimer jamais.

« Tu… »

Il hésite à tutoyer la fille, ce qui devrait pourtant être évident étant donné son âge, mais la majesté qui se dégage de celle-ci le fait douter sur la formule à employer. Un respect presque religieux. Il finit par choisir le tutoiement.

« Pourquoi m’apportes-tu ton aide ? Tu m’as purgé du démon qui me rongeait. Je ne sais pas ce que j’ai pu faire pour mériter ta grâce. Mais quelle que soit ta raison, sache que je te suis à jamais reconnaissant pour ton élan de générosité. »

Par réflexe, Saji se met à hocher de la tête pour montrer sa reconnaissance, alors qu’il n’en a pas besoin, puisqu’il peut parler.

« Puis-je me permettre de demander le nom de mon bienfaiteur ? Et quelles sont ses intentions vis-à-vis de moi ? »

Avant qu’elle n’ait le temps de répondre, il enchaîne pour se présenter en premier. Il pose son genou droit au sol avec une main sur le cœur, il baisse respectueusement la tête dans un salut chevalier.

« Quant à moi, je suis Nobuatsu Saji, et je ne suis qu’un humble serviteur de Kiri, à la quête d’un frère disparu et œuvrant en parallèle à l’amélioration de la condition de vie des petites gens. Pour un monde plus radieux, aussi rayonnant que le cadre onirique dans lequel nous nous trouvons à présent. »

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Kobane Harumi
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Dim 11 Nov 2018 - 13:31
Ce qui avait semblé duré très longtemps n’avait été qu’un court instant dans la réalité, mais les rêves n’avaient-ils pas ce genre de pouvoirs ? Le temps, l’espace, la logique n’y avaient plus court du tout. C’était là où l’on pouvait admirer cette effrayante réalité que des humains pouvaient faire cela à d’autres sans aucune espèce de difficulté. Cette jeune fille aux longs cheveux d’argent plaqué contre son corps à cause de la pluie pouvait faire tellement pire que ce simple jeu, qui avait tant chamboulé cet être. Ses grands yeux bleus furent toujours figés dans ceux imaginaires, à cause du casque, du combattant masqué. Elle ne se cachait pas vraiment sur le fait d’avoir créé ou non ces illusions, ni le réfutait. Ce n’était que là à retourner les cœurs et les sens. Il était difficile de croire qu’une gamine d’à peine une quinzaine d’années pouvait bien produire un tel effet, mais elle n’avait pas l’histoire de n’importe qui, il fallait bien l’avouer. Elle commençait à avoir l’habitude de se plonger elle-même dans d’étrange monde, et parfait, elle entrainait d’autres dans ce genre de formidables aventures. Elle ne le faisait uniquement pour ceux qu’elle appréciait, mais cette notion pouvait être bien particulière, car les critères y étaient bien secrets.

Cela faisaient bien des années qu’elle errait à Kiri, mais sans pour autant montrer ouvertement sa toute puissante. Elle parcourait le monde à son rythme, se jouant des gens et de leurs pensées. Sans doute aurait-elle dû être enfermée depuis longtemps, alors qu’elle était capable d’attaquer un pauvre erre au hasard. Elle pouvait se montrer cruelle et destructrice derrière son regard d’ange et cette apparente pureté, se cachait un monstre fabriqué par une sombre destinée. L’adolescente aimait au contraire ce quartier louche, calme. Sa façon de jouer avec ceux qui étaient devenus simplement des monstres de la société, mais il n’était pas question de justice, mais une forme de vengeance cruelle, telle celle qui consistait à retirer une patte à un insecte juste pour voir. Elle était terriblement seule, ce qui la menait vers des extrêmes dangereux, parfois.

Sans doute était-ce l’impression de mimétisme dans la douleur, dans cette avalanche de sombres sentiments, qui avaient poussé Madoka à être si constructive. Elle a une cruelle vision de ce monde, mais il va falloir lui pardonner, car elle n’a pas eu un passé si facile que cela. Elle avait une sorte de haine pour ce monde dit réel, alors qu’il y en avait bien d’autres de beaucoup plus beau. Elle avait été brutale avec cet homme, mais c’était sa façon de réagir. C’était sans doute ainsi que l’on pouvait la croire si déviante et folle, mais c’était son unique façon de réagir qu’elle connaissait. Pourquoi l’avoir aider à ce point ? Sans doute que la jeune fille ne le savait même pas, elle qui vivait tant à l’instinct.

Il était presque à croire que Saji n’avait pas compris de quelle manière Madoka était capable de plonger les autres dans ses illusions, le son, un simple son et elle pouvait avoir une emprise sur le système de chakra des autres. C’était une faculté qu’elle s’était découverte et développée à coup de barre de fer, par nécessité de survie. Il était si facile de tout modifier autour de soi, et ce même s’il fallait s’y plonger soi-même. Le jour fait place à la nuit à une vitesse hallucinante, Preuve s’il en ait, qu’elle était capable de rester longtemps à observer afin de révéler pareilles beautés qu’étaient la naissance d’un autre jour. Alors que Saji se retrouva être éblouie par le soleil, lorsqu’il revint d’avantage vers le plancher des vaches, la ville avait changé du tout au tout. Les maisons semblaient être petites, faites de bois, ils se trouvaient maintenant dans une sorte de petite ville au bord de la mer dans une des nombreuses iles que formait l’archipel. Il y avait un port, mais même si une certaine simplicité, calme, cela se voyait que les gens qui y évoluaient étaient pauvres. Ils semblaient être assez heureux malgré tout. Madoka semblait avoir disparu, mais à la place, Saji pu voir une toute jeune enfant aux cheveux d’argent joué simplement dans la rue avec des insectes ou des bâtons.

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Telle une voix off dans une série quelconque, la véritable cheffe d’orchestre était toujours présente évidemment, mais tel un personnage invisible, elle continuait de commenter avec simplicité, et on pouvait deviner une sorte de sourire dans sa voix.

Datalia Madoka • « Pourquoi ne pourrais-tu pas ? »


Madoka avait bien remarqué qu’il ne pouvait parler, était-ce par choix ? Par accident ? Par traumatisme ? Peu importe, maintenant il le pouvait sans aucune contrainte, comme une nouvelle folie douce. On pouvait voir au regard de cet homme qu’il en prenait vraiment plaisir. Sans doute trop dépassé pour tout comprendre ou réalisé ce qu’il passait autour de lui toute à sa découverte, ce monde étrange, faux et illusoire poursuivait sa course. Les gens allaient et venaient tranquillement dans cette vie fabriquée de toutes pièces. Elle rit doucement en réalisant le trouble de cet homme, mais encore une fois, ce n’était pas pour se moquer. Vu la différence d’âge, elle ne serait pas vraiment choquée que l’on puisse la tutoyer.

Datalia Madoka • « Pourquoi ne devrais-je pas ? Et es-tu certain que je t’aide vraiment ? Peut-être est-ce moi que j’aide ? Je n’attends plus rien de personne tu sais … je l’ai fait parce que j’en avais envie. Une manière de me purger moi-même ? »


Dit la Madoka invisible, tandis que pour répondre à la nouvelle question, c’était la jeune qui répondit, comme une petite fille de son âge, sans doute six ou sept jeunes printemps. Elle accourut en arrêtant de jouer, toute contente qu’une grande personne vienne la voir ainsi. Elle croisa les bras dans son dos en riant en toute innocence.

Datalia Petite Madoka • « Moi ? Ben c’est Madoka ! Hihihi ! Tu sais que tu es bizarre avec ce casque ? Tu es … timide ? Dis ? Je m’ennuie … tu ne veux pas jouer avec moi ? On pourrait faire un chat ! »


Dit alors toute contente à sa nouvelle idée la jeune Madoka en posant doucement sa petite main contre le torse de Saji, tandis qu’il venait de poser un genou à terre. Si jamais le but de ce guerrier était noble, l’actuelle Madoka ne sembla pas répondre à ses questionnements, que pouvait-elle attendre de cet homme ? Autant lui montrer alors, tandis qu’elle cherchait peut-être une manière de se purger de son propre mal. Alors que les deux nouveaux venus dans ce monde onirique, des bruits de combat débutèrent. Inquiète, la petite Madoka s’accrocha à cet homme comme une bouée de sauvetage.

Datalia Petite Madoka • « Ils … ils sont revenus … il … il faut se cacher …. Se cacher vite … les méchants … vont revenir encore … »


Commenta alors paniquée cette petite fille en regardant autour une cachette, mais alors comme un mauvais film, on pouvait voir un groupe important de malfaiteurs, d’hommes et de femmes sans foi ni loi arborant diverses marques différentes attaqués le village sans défense. Il était aisé d’imaginer que ces gens n’avaient aucune chance. Ceux qui attaquaient semblaient être déterminé à tuer, piller, violer tout ce qu’ils pouvaient bien voir. C’était un amalgame de diverses bandes et si jamais Madoka semblait avoir une dizaine d’années de moins, cela plongeait Saji dans une obscure période du pays de l’eau, celle de la purge des bandes de malfrats. Quatre ou cinq malfrats réunis semblaient venir vers Saji et Madoka, leurs intentions étaient claires au vu de leurs armes sorties.
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Nobuatsu Saji
Nobuatsu Saji

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Lun 12 Nov 2018 - 19:20
Le monde onirique dans lequel se trouvent les deux protagonistes n’a de cesse de changer sous les yeux ébahis de Saji. Le soleil brûlant dans le ciel continue de le baigner de cet aura chaleureuse, tandis que le paysage en-dessous se déforme. Tout se tord, tout se transforme. Un clignement d’œil, et voilà qu’il se retrouve au milieu d’un décor citadin. Les rues étroites et embrumées du village de Kiri laissent soudainement place au pittoresque d’une bourgade logé près de la côte. La proximité de la mer, le flux et le reflux apaisants de la marée donne un sentiment de tranquillité. La vie suit son cours tandis que les habitants vaquent à leurs occupations quotidiennes. Le bruit des chariots qui circulent, des marchands attirant l’attention des passants sur leurs étals de produits, les enfants qui jouent et courent à travers les rues… Rien ne semble sortir de l’ordinaire. Malgré leur pauvre condition, les petites gens se contentent de ce qu’ils ont, et font du mieux qu’ils peuvent pour subvenir aux besoins de leurs enfants. Une image attendrissante et pleine d’espoir. Surtout pour l’homme au grand cœur qu’est Saji. Il espère qu’avec sa vision des choses et les décisions qu’il aura à prendre, il pourra avoir une influence bénéfique pour la population. Un peu comme son ami le philanthrope qu’il a rencontré dans le Pays du Feu lors d’une escale. Trop distrait par le nouvel environnement qui l’entoure, Saji ne fait plus du tout attention à la fille devant lui. Il se rend même compte qu’elle s’est complètement évanouie dans l’air, remplacée par une fillette encore plus jeune qui jouait dans la rue.

Pourquoi s’étonne-t-il après tout, il s’agit de son monde, et elle en est la maîtresse. Elle contrôle les illusions, les rêves dans lesquels il est envoyé. Au moins cette fois il est conscient qu’il ne s’agit plus de la réalité. Mais si cet univers n’est pas réalité, est-elle pour autant fiction ? Un pur produit de l’imagination de la petite fille ? Une question le titille l’esprit sur ce nouveau décor qui s’est planté : où l’a-t-elle emmené exactement ? Et puisqu’une question en amène une autre : pour quoi faire ?

Alors que la fille a disparu pour laisser place à une version rajeunie d’elle-même, sa voix demeure et résonne dans le ciel comme l’orage qui gronde. Comme une divinité s’amusant à regarder le monde qu’elle a créé évoluer tout seul. Elle pose désormais son regard sur un homme au shôzoku noir perdu au milieu d’un village en pleine activité. Il est debout, immobile comme s’il attendait des instructions avant de progresser plus loin. La fille aux illusions. Elle va guetter le moindre de ses faits et gestes, comme une figurine au milieu d’une maison de jouets. Une étrange sensation de se sentir observé par un être omniscient en permanence, c’est peut-être cela que ressentent les personnes croyantes. Le rire amusé de la fille résonne et perce les nuages. Mais les êtres appartenant à ce monde continuent à suivre le cours de leur activité, et ne semblent pas entendre la voix divine qui s’adresse à Saji.

La fille elle-même n’est pas sûre si elle cherche à aider le sabreur muet ou peut-être qu’elle se joue de lui. Elle lui confie qu’il s’agit peut-être d’un geste pour se purger elle-même ? Etrange. Il se demande ce que peut vouloir dire cette phrase : comment aider quelqu’un d’autre peut permettre de se purger soi-même ? Saji se fait interrompre dans sa réflexion quand soudain la fillette matérialisée devant se rapproche pour lui adresser la parole, comme s’il venait de s’adresser à elle. Elle lui demande de jouer avec lui et ignore ses questions. Il est surpris et ne sait comment réagir. Il la voit courir comme inviter le monsieur à le suivre. Mais elle s’arrête au milieu de sa course en entendant des cris de civils résonner dans l’artère principale du village. La petite fille revient pour s’accrocher à lui, car elle a peur… Elle lui susurre des mots à l’oreille pour commenter la scène… Ils reviennent, ce n’est donc pas la première fois qu’ils attaquent.

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Des bruits de fers qui se croisent, mais surtout des cris de terreur, des personnes détalent dans tous les sens dans le chaos le plus total. On voit des hommes à cheval, aux habits faits de peau et de loques, armés de coutelas, de lances et de haches, mais aussi des torches enflammées pour brûler les habitations en bois. C’est la panique. Il n’a plus le temps de réfléchir, il faut agir. Saji essaiera de comprendre plus tard ce qui lui arrive. Maintenant, il se sent comme le besoin de défendre les innocents qui habitent cette communauté, laquelle était en paix jusqu’à ce que ces brutes sanguinaires ne se manifestent. Il ne connaît aucun de ces visages, ni leur histoire ni leur allégeance, il sait cependant qu’ils sont en danger. Et cela suffit à lui insuffler le courage et le besoin pour venir à leur secours. Son âme chevaleresque le domine. Et cette petite fille… Elle a les mêmes cheveux argentés, les pupilles bleues turquoise… Il a le sentiment qu’elle est la clé de l’énigme, ce qui lui permettra de comprendre où il se trouve. Il doit la protéger coûte que coûte.

Saji tourne le dos à la gamine, s’accroupit et lui fait signe de monter et de s’accrocher à lui. Elle l’entoure de ses bras jusqu’à ce qu’elle soit solidement accrochée. Il se lève avec elle sur son dos, se tourne vers la gauche puis la droite pour trouver une cachette à l’abri des assaillants, mais il serait risqué de la laisser toute seule dans une de ces habitations en bois qui pourraient prendre feu à tout moment. Il doit donc la porter sur son dos pendant le combat, pour qu’elle soit le plus en sécurité, près de lui. Il attrape une des jambes de la fillette pour la mettre contre son abdomen, pour lui indiquer se servir de ses jambes également pour s’accrocher à son corps. Une fois qu’elle est bien installée, il tourne légèrement la tête vers son jeune passager de derrière et hoche de la tête pour lui signaler que c’est parti. Il se lance. Il court pour faire face aux bandits qui s’approchent du centre du village et continuent de terroriser les villageois. Saji tire la lame de son fourreau et fonce sur la grande rue qui mène directement vers les portes du village d’où déferlent des vagues de bandits à cheval. Le combat fait rage, tandis que des paysans essaient de se défendre ici et là avec leurs pauvres outils pour repousser les bandits. Saji charge dans la mêlée, son arme à la main.

Il aperçoit deux bandits, un de chaque côté, à pied. Il passe au style à deux sabres. Il sort son deuxième katana de son inventaire de la main gauche et serre son sabre légendaire de la main droite. Il accélère la cadence et effectue une longue glissade au sol sur ses genoux pour trancher les jambes des deux bandits au passage. Ils tombent au sol, incapables de se relever. Ils poussent des cris de douleur tout en se tenant la jambe entaillée et ensanglantée. Saji se relève et continue de courir droit devant lui pour intercepter un bandit qui a assisté impuissant à la scène et fonce sur lui. Le sabreur bloque sans difficulté une frappe descendant à la verticale sur lui, puis effectue un coup de taille transversal de l’autre main, neutralisant l’ennemi. Saji l’enjambe. Les portes ne sont plus très loin à présent. Il reprend sa course pour s’occuper des deux derniers intrus dans son champ de vision. Ces deux-là sont à cheval, il faut donc faire attention. Le sabreur brandit le katana de sa main gauche à la façon d’un javelot et le lance vers l’un des bandits à cheval. La lame se plante dans l'épaule de la cible qui se fait projeter hors de sa monture pour se fracasser au sol. Son acolyte est furieux, il lance sa son javelot vers Saji qui avec son seul sabre dans la main découpe le projectile en deux, dégageant les morceaux de bois sur chaque côté. Il réplique en chargeant sur l’homme désarmé qui cabre son cheval par réflexe défensif. Le cavalier tombe en arrière, il se trouve au sol sur le dos et à la merci de Saji. Un coup avec le pommeau du sabre suffit à le mettre hors d’état de nuire. Suite à cette performance, le sabreur se tient debout, et derrière lui on peut voir les corps des ennemis qu’il vient de terrasser, gigotant pour certains, inconscient pour d'autres. L'essentiel est qu'il ne les a pas tué mais seulement neutralisé.


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Kobane Harumi
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Mer 14 Nov 2018 - 12:23
Saji semblait se complaire dans cette vision idyllique de la vie de Madoka, mais malheureusement, ce serait de courte durée, car tout le reste de sa vie n'était qu'une suite d'horreurs et de malchance. Il fallait espérer que le cœur tendre de l'homme silencieux puisse supporter le traitement, car les épreuves y étaient nombreuses. Pourquoi acceptait-elle de partager ces moments qui principalement étaient resté pour son plaisir personnel ? C'était une excellente question, difficile d'y répondre là maintenant. La vie de l'adolescente aurait dû être simple et douce, mais le destin avait eu la malheureuse idée d'en jouer.

La tornade argentée de Kiri avait emmené Saji dans ses souvenirs, son passé, mais comment pouvait-il le savoir ? Elle n'était pas du genre à expliquer quoi que ce soit. Elle savait que Saji était suffisamment fin et intelligent pour s'en rendre compte à un moment donné, sinon, elle ne l'aurait pas amené jusqu'ici. Elle aurait pu l'emmener où elle aurait voulu, dans un simple rêve agréable, mais elle était tombé sur quelqu'un ayant vécu des moments aussi difficiles et douloureux qu'elle, alors il était sans doute un des seuls à pouvoir la comprendre. Il y avait tellement de gens qui la côtoyaient sans même la regarder ou tenter de comprendre ce qu'elle vivait. À ses propres yeux, Madoka était une victime bien évidemment, une proie de cette foutue destiné qui était bien décidé à déféquer sur sa tête. La ville, les visages, tous ces petits détails étaient très fournis, trop sans doute pour n'être autre chose qu'une simple invention. Ces événements étaient gravés dans le marbre de sa mémoire dans les moindres détails. Il était vrai qu'elle ne s'était pas préoccupée de la volonté ou non de Saji de venir ici, mais l n'y avait rien de cruel, brutal dans sa méthode tout au plus, mais c'était sa façon de vivre dorénavant.

Comme si elle était devenue la narratrice de sa propre histoire, elle était invisible, au-dessus de tout à gérer ce monde. Une envie de pleine puissante ? Sans doute que non, elle n'était pas du genre à ressentir le besoin de se congratuler toute seule. Elle désirait lui faire vivre quelque chose, comme si elle espérait quelque part que quoi qu'il lui arrive, elle pourrait survivre à travers lui. Après tout, on continuait d'exister tant qu'il y avait des personnes capables de se souvenir de soi. Cependant, aucune instruction ne vint, Saji était libre d'agir comme il voulait, être acteur ou simplement spectateur.

Il était vraiment très rare que Madoka se préoccupe de quelqu'un autre que soi, pourtant, elle avait aidé cet homme même si au départ, cela n'avait pas été l'objectif. Elle ne le cachait pas forcément évidemment, pour cela, elle était cruellement honnête. La fillette tout proche de Saji semblait réagir et répondre de la même façon que Madoka l'aurait fait en étant petite avec ses moyens, ses réflexions et capacité d'une petite fille. Malgré son jeune âge, la fillette semblait avoir vécu de terribles choses, avant que le drame véritable ne survienne. Comment à un âge si jeune pouvait-on accepter de vivre dans un monde de dangers pareil ? Elle semblait avoir accepté le fait que ses bandes de malfrats évoluent autour d'elle sans souci. Homme au grand cœur, Saji était prêt à risquer sa vie pour des personnes qui n'existaient plus depuis quelques années, en tout cas, qui ne vivaient plus comme il le voyait.

Datalia Petite Madoka • « Ils … ils sont plus nombreux que d'habitude... Il... Il y en a partout ! »


Madoka s'accrochait de toutes ses forces à l'aide de ses petites mains au flanc du vêtement de Saji. Elle semblait être paniquée, ce n'était pas comme d'habitude. C'était un petit moment d'histoire qui était joué sous les yeux du guerrier masqué en noir. Sans demander son reste, la petite fille obéit à cet homme inconnu, mais qui semblait être bien plus sympathique que ceux qui courraient en tous sens pour s'en prendre à des innocents. Elle s'accrocha alors à son dos comme si sa vie en dépendait, mais c'était quand même un peu vrai. Elle se crispa dans le dos de cet homme en tremblant de peur. Elle était loin de l'assurance que pouvait avoir la version adulte de cette jeune vie. Le combat risquait d'être compliqué avec j'en enfant sur son dos, surtout vu le nombre d'assaillants dans les rues de la petite bourgade portuaire.

Sans hésiter une seule seconde, elle pressa fortement ses cuisses autour du corps de Saji, pas question de tomber, sans compter qu’elle s’accrochait à ses épaules comme si sa vie en dépendait, ce qui n’était pas si faux que cela. Elle poussa un cri en fermant les yeux alors que le guerrier en noir se lança à l’assaut face aux malfrats qui assaillaient la ville. Du sang, du sang partout que ce soit ceux des habitants ou des fous qui aspirent sans doute à quelque chose. Saji avait beau être doué pour combattre, malheureusement, il n’était pas là lors de l’attaque de la ville durant sa petite enfance, alors le sort était déjà joué, comme un mauvais film dont on ne pouvait changer le scénario. Il massacrait bon nombre d’ennemis à l’aide de ses lames et sans doute que la plupart des bandits n’avaient aucune chance face à quelqu’un d’entrainé. Un flot continu se déversait dans le village, et ce serait tout de même difficile de changer quoi que ce soit au final, de toute manière, c’était déjà écrit.

Datalia Petite Madoka • « PAPA ! MAMAN ! »


S’écria alors la petite fille en sautant du dos de son bienfaiteur en courant jusqu’à devant sa maison une fois le combat terminé pour Saji. Il y avait en effet deux personnes mortes par terre, et la fillette s’écroula sur une femme, dont il était aisé de s’imaginer qu’il devait s’agir de sa mère. Ce fut à ce moment-là qu’un groupe d’hommes sorti de la maison de la petite fille avec un grand sourire. Saji semblait ne plus pouvoir agir, tant et si bien qu’il traversait les gens. Visiblement, la suite allait se produire sans lui, comme s’il n’était qu’un spectateur de cette scène.

« Emmenez là avec les autres enfants et les femmes, tuez les hommes adultes. Les femmes seront vendues comme esclaves et les enfants aux arènes. Allez ! On ne traine pas. Avec cette purge, on ne peut pas se le permettre. On divisera les gains entre les différentes bandes à part égal selon les membres présents. »

Commenta surement un des chefs responsables de l’assaut. Malgré les cris de la petite fille à vouloir rester avec sa mère qui « dormait » selon ses dires, elle fut trainée de force enchainée avec les autres enfants. Ils semblaient avoir peur, pleurer pour la plupart, dont votre servante évidemment. Une longue route de plusieurs jours furent effectuée en accélérée jusqu’à un lieu d’apparence sordide. On aurait dit une arène de combat illégale, où des gens venaient pour parier, boire et s’amuser, comme si l’on pouvait le faire devant pareil spectacle. Saji pouvait aisément visiter les lieux, une arène en bois sous forme de fausses, des grilles, des gradins et des lieux de boissons, de jeux et de plaisir. Voilà ce qu’allait être l’environnement où allait grandir la jeune fille, qui fut jetée dans des prisons sombres faites de terre battue et une toute petite fenêtre en hauteur avec des barreaux. Que pouvait-elle faire à part pleurer, prostrée dans la prison. La véritable Madoka réapparut en regardant son mini-moi prostrée par terre assez froidement, étrangement, elle en croisa les bras, mais ce n’était pas la fin de cette illusion.
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Nobuatsu Saji
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Mer 14 Nov 2018 - 12:24
Le sang s’égoutte de la lame encore chaude du sabre. Les râles des hommes battus par Saji se poursuivent, mais sont bientôt couverts par les hennissements des chevaux, le choc des lames, et le feu qui crépite. Comme l’a dit la petite fille, ils sont plus nombreux que d’habitude… L’ampleur de l’attaque est sans précédent. Malgré sa volonté de protéger les habitants innocents de ce pauvre village, il voit le feu s’élever des maisons en bois, les cris des villageois se multiplier… Les corps s’empilent, des hommes massacrés sur le pavé de la rue. Les femmes et les enfants sont paralysés de peur, cachés à l’intérieur de leur maison en attendant que passe l’orage. Mais cette dernière ne passera jamais, ils sont tous à la merci des brigands. Le combat est terminé avant que Saji ne s’en rende compte. Sa surprise est d’autant plus grande qu’il pensait avoir donné une chance à ses pauvres gens de s’en sortir. Mais ce n’était qu’illusoire, une brève lueur d’espoir éteinte par l’étreinte du destin. Peu à peu il se sent s’effacer… Ses membres s’engourdissent. Comme dans un rêve… quand on se voit assister impuissant à une scène. Sauf que là, la vision semble si réelle, les émotions si intenses, les pleurs si brillants de sincérité. Des femmes et des enfants, traînés dans la rue, enchaînés comme des chiens. Des hommes, égorgés comme des lapins. Alors que Saji est distrait par le bain de sang, la petite fille descend de son dos pour courir en direction de ses parents qui gisent au sol, l’un à côté de l’autre. Au moins ils seront réunis dans l’autre monde, si celui-ci existe. La gamine paniquée se penche sur le corps inanimé de sa mère, tandis que Saji baisse la tête frappé en plein cœur par cette scène déchirante.

Il s’efface tel un fantôme… Il devient transparent. Un bandit le traverse pour arriver à la hauteur de l’enfant en sanglots, s’arrête un instant, hésitant à séparer la petite fille de ses parents. Puis il s’exécute sous le regard autoritaire de son chef, tire le bras de la gamine qui se débat. Elle se fait enlever mais continue de crier. La brute épaisse qui semble être le chef des bandits ordonne à l’ensemble de ses troupes d’achever les hommes mais de mettre des chaînes aux femmes et aux enfants. Les uns seront vendus comme du bétail sur le marché aux esclaves tandis que les autres seront envoyés dans l’arène. Saji n’arrive pas à croire ce qu’il entend. Cette inhumanité… Comment peut-on être aussi cruel envers des êtres humains ? Il se tient la tête entre les mains. Et si tout cela n’était pas vrai ? Il veut se le convaincre. Mais dans ce cas quel serait l’intérêt pour la fille aux cheveux argentés de l’amener dans ce monde ? Veut-elle le tester de nouveau ? Non, il ne s’agit plus d’une épreuve, car là au moins, on lui laisserait la possibilité de se battre jusqu’au bout, autrement ce serait contre l’intérêt même d’une épreuve. Ici, on veut qu’il soit spectateur. Il comprend désormais le vrai but de cette séquence : il vient d’assister à un événement marquant de la jeune fille qui vient de perdre ses parents…

Au moment même où Saji comprend ce qu’il est en train de vivre, le monde autour de lui se fige, puis subitement le temps s’accélère. Les images du décor défilent à une vitesse folle, jusqu’à ce qu’il se trouve planté au beau milieu d’une foule animée, dans les gradins d’une arène.

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Le brouhaha et l’excitation des spectateurs tranchent avec la tristesse et le silence de la scène précédente, si bien que Saji est surpris par cette transition soudaine. Le son est monté de plusieurs dizaines de décibels. L’odeur de brûlé et de sang frais laisse place à l’odeur de sueur venant des individus qui entourent le sabreur, lequel se trouve debout dans une rangée, comme s’il venait de prendre la place de quelqu’un venu assister au spectacle. Il regarde sa main qui s’est de nouveau matérialisée. Il peut donc agir de nouveau. Son premier réflexe est de passer à travers la masse humaine. Son objectif est immédiatement clair : il doit retrouver la petite fille au plus vite. Il se souvient des mots du chef des bandits qui a annoncé que les enfants seraient jetés dans l’arène. Par conséquent, elle se trouve quelque part à l’intérieur, certainement pas sur les gradins en hauteur. Après quelques minutes à chercher son chemin dans ce chaos, Saji trouve enfin une issue qui le conduit à l’intérieur. De là, il arrête un passant quelconque qui circule dans le couloir. Il s’apprête à sortir son carnet de sa sacoche mais se souvient qu’il peut parler.

« Bonjour, s’il vous plaît où sont emprisonnés les enfants ? Je cherche une petite fille. »

Son interlocuteur semble un peu pris par surprise par la question, car pourquoi un spectateur serait intéressé par ce genre d’information ? Etant donné que l’accès est interdit au public ?

« Vous devez être égaré monsieur, d’ailleurs quel est cet accoutrement ridicule ? Vous n’êtes pas d’ici vous… »

Le ton de l’inconnu est méprisant. Il a hâte de rejoindre les gradins et se débarrasser de l’homme en noir.

« Où sommes-nous d’ailleurs ? »

La question paraît tellement absurde qu’elle est accueillie par le silence. L’homme continue son chemin sans répondre à la question, ayant le sentiment qu’on se moque de lui. Saji est laissé à lui-même, il comprend qu’il n’obtiendra pas grand-chose à questionner les gens ici. Il ne trouvera les réponses qu’en s’adressant directement au protagoniste de l’histoire, à savoir la fille aux cheveux d’argent. Il tourne la tête à gauche puis à droite. Il ne sait quel couloir emprunter. Il remarque qu’il y a beaucoup plus d’affluence d’un côté alors que de l’autre presque personne n’en vient, à part quelques gardes. Logiquement, les cages devraient se trouver dans un lieu interdit d’accès. Il choisit le couloir d’où vient le moins de monde, et au bout de quelques pas, il s’arrête devant une porte métallique qui mène à un passage sous l’arène. Un seul homme garde l’accès, assis sur une chaise en bois. Il semble légèrement distrait, mais remarque la présence de Saji. Il se lève et lève la main devant lui pour l’obliger à faire halte.

« Stop. Les cellules sont interdites au public. »

C’est donc bien ici.

« Laissez-moi passer. »

Pas le temps de tergiverser.

« Vous n’avez pas l’air de m’avoir compris monsieur. »

Profitant de l'effet de surprise, Saji donne un coup de genou au ventre du garde qui s’écroule au sol. Il ne peut pas laisser la fille se battre dans cette arène. Ce n’est sa place. Il doit mettre un terme à cela et la libérer. Il est temps de la sortir d'ici! ... Mais au moment de s’approcher de la porte, il se fait repousser par un champ de force invisible. Que..?! Comme si une force surnaturelle ne lui permettait pas de passer, comme si elle lui faisait signifier que les cellules étaient hors limites. Inutile. Il a beau essayer, il n’arrive pas à traverser ce mur invisible. Il recule et tourne les talons… pour retourner dans les gradins et assister à contrecœur au reste des événements.


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Kobane Harumi
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Jeu 15 Nov 2018 - 11:48
Le chemin pour une petite fille à se rendre jusqu'à l'arène, le chemin avait été long et difficile. Elle était épuisée moralement et physiquement, mais ce n'était pas là qu'elle allait pouvoir se reposer. Une journée seulement après son arrivée, et ce alors que Saji semblait être interdit de séance dans la prison, l'enfant fut ramenée de force jusqu'à une grille opposée à une autre. Il y avait en effet une odeur particulière entre la sueur, le sang, la cruauté. Ceux qui étaient présents étaient en majorité des hommes adultes de toutes sortes d'horizon social. Pauvre comme riche se réunissaient alors en ce lieu afin d'assouvir leurs besoins de violence et de perversité en toute sécurité. Si Saji était présent en ce lieu et pouvait agir, c'était bien que la suite de cette sordide histoire se trouvait ici. Ce n'était pas un lieu pour cette petite fille argentée, comme pour n'importe quel enfant pourtant bien présent. Était-ce la faute des brigands qui l'avaient emmenés jusqu'ici ou bien celle des spectateurs venus regarder ? Madoka avait bien une petite idée sur la question, bien évidemment.

Les combats s'enchaînaient dans l'arène, des adolescents, des adultes, le public était ivre de rage et de sang. Les règles étaient claires ici, les combats étaient à mort. C'était une règle cruelle, mais c'était pour cela que le sable avait une telle avidité de sang, comme s'il pouvait être insatiable. La plupart des gens pariaient plus ou moins d'argent selon les combats, il y avait de sacrés fonds déplacés par jour, ce qui pouvaient expliquer pourquoi ce lieu semblait si prospère. Alors qu'un combat entre deux adolescents allait avoir lieu, on fit mettre en cage un garçon de sept ou huit ans dans une petite cage. Il avait déjà un regard comme absent, déphasé et sans vie. De l'autre on poussa de force la blanchette dans une cage à l'opposé sous les rires du public alors qu'elle tomba à l'intérieur. C'étaient des pures moqueries, tout le monde avait compris que le prochain combat qui allait arrivée serait entre des débutants, ce qui pouvait avoir aussi son charme d'après certains spectateurs du public. Cela rapportait moins de ryos, mais cela avait effet d'apporter un peu de gaieté. Les deux enfants avaient la chance de pouvoir assister à un combat entre deux adultes, afin de bien leur faire comprendre ce qui allait arriver.

Madoka désirait fuir les lieux bien évidemment, elle se pressa vers l'arrière de la cage en pressant une main contre sa bouche horrifiée, les larmes aux yeux. Une seconde arriva bientôt tandis que les hurlements de la foule pour le combat actuel recouvraient tout. Elle ne pouvait que regarder l'horreur jusqu'à la mort d'un des deux adultes sous les acclamations de la foule. Un des organisateurs de cet événement vint féliciter le gagnant, tandis que des gardes prenaient le cadavre par les jambes et les bras pour le faire sortir. Restait de ce type qu'une mare de sang et son épée très simpliste qui jonchait le sol sablonneux de l'arène.

« Quel magnifique combat ! Mais attention mesdames et messieurs ! Ne les sous-estimez pas, et puis il faut bien commencer un jour ! Acclamez bien fort la splendide petite frimousse argentée pour son premier combat ici contre Joshoua avec ses deux victoires ! Ils ont presque le même âge ! Ça va être un super bagarre d'école, mais vous connaissez la règle d'ici n'est-ce pas ?.... Oui ! Un combat à mort ! Et ils vont devoir donner tout ce qu'ils ont pour survivre ! Que le plus fort règne comme un dieu sur l'arène ! »

S'exclama alors celui qui tentait d'arranger les foules, avec succès d'ailleurs. Certains applaudissaient, d'autres allaient d'encouragements et de conseils de comment tuer de la meilleure des façons. Cependant, Madoka ne semblait pas vraiment comprendre ce qui lui arrivait. Un des gardes lui confia alors qu'elle devait tuer l'autre garçon si jamais elle voulait vivre. On pouvait voir qu'elle avait peur, elle ne voulait certainement pas rejoindre adversaire désigné. On la tira de force à l'extérieur tandis que l'autre garçon sortit de lui-même comme si son esprit avait été brisé. Il agissait plus par réflexe où instinct sur par volonté. Est-ce que c'était ce qui attendait la petite fille si jamais elle survivrait ? Le commentateur planta au milieu de l'arène un simple surin. Cela ressemblait à une arme de fortune plus qu'autre chose, une poignée, un morceau de métal dont le bout était pointu. Une des personnes demanda alors à Saji sur qui il allait parier, visiblement, il y avait bien plus d'argent sur le garçon que pour la petite fille paniquée, qui faisait plus pitié qu'autre chose.

« Allez ! Combattez ! »

S'écria alors l'homme en donnant le signal de départ. Immédiatement le garçon se jeta sur l'arme tandis que votre servante restait paralysée sur place incapable du moindre mouvement. Elle était terrifiée autant par la situation que les cris bestiales de la foule. Le garçon n'eut guère de difficulté pour prendre le surin en main, il s'approchait doucement de Madoka qui allait devoir se battre pour la première fois. C'était dans doute tout aussi cruel pour Saji de pouvoir uniquement assisté à cela comme un spectateur, lui qui devait rêver de prendre la place de cette enfant ou d'arrêter cette folie. Le passé était le passé, les souvenirs devaient se dérouler comme ils s'étaient passés. Le garçon avançait arme en main alors que Madoka n'avaient les yeux fixés que sur cette arme brillante qui se rapprochait. Une mort certaine allait frapper. Allait-elle finir ici juste après avoir vu son père et sa mère périr ? Peut-être était-ce mieux pour elle de mourir dans cette arène plutôt que de souffrir, mais le destin allait en décider autrement. Elle recula contre la grille alors que le garçon lui se rapprochait encore et encore tel un zombie en manque de cerveau. Commença alors un affrontement, mais elle était bien évidemment moins forte physiquement que le garçonnet. Rapidement, elle fut plaquée au sol et le garçon allait commencer à lui planter le surin, mais contre toute attente dans la panique, la jeune fille provoqua un énorme cri surnaturel qui déstabilisa complètement son adversaire. C’était sans doute la première manifestation du Onkyôton de la tornade argentée de Kiri.

Le garçon se prenait les oreilles avec ses mains, il avait lâché son arme. La foule était en délire complètement face à ce retournement de situation en cherchant par des cris à pousser Madoka à tuer son adversaire. Elle était surprise, ne comprenant pas du tout comment elle avait réussi ce prodige, mais si jamais le garçon reprenait du poil de la bête, vu la situation, elle n’allait pas survivre. Encore tremblante, la petite fille prit le surin et commença à donner des coups dans le dos encore et encore, alors qu’elle pleurait à chaudes larmes. Le garçon commençait à déverser son sang dans des gargarismes loin d’être naturel. Madoka en était recouverte, elle sentait ce liquide chaud, ferreux, légèrement gluant sans doute. Cela ne pouvait que lui rappeler la mort de ses parents, de tous ces voisins. Elle en était pétrifiée, ce fut alors que le commentateur vint dégager le corps du garçon mort en le jetant à terre dans le sable de l’arène. Il leva la petite fille maintenant meurtrière, puis leva son bras en signe de victoire. Ce fut alors le premier moment de gloire de Madoka, mais à quel prix ?

Datalia Madoka • « Ce fut mon premier, je m’en souviens bien évidemment, les autres après … peut-être pas … viens, on va aller la voir. »


Dit alors le fantôme de Madoka adulte à Saji, comme s’ils étaient capables de tout traverser, d’être invisible à observer. Ils purent suivre alors la petite Madoka et un des gardes jusqu’à sa prison. Le garde jeta dans la terre battu un simple sceau avec un léger sourire.

« Comme tu as gagné ton combat, tu as le droit à de magnifique toilette. Tu vas apprendre quelque chose ici, tu gagnes des combats, tu gagnes des avantages. Tu perds … tu meurs. Ici, que les forts survivent, alors deviens forte si tu veux vivre … »

Dit alors le garde en fermant la prison, alors que la petite fille restait par terre assise à regarder tout ce sang sur elle, et le surin toujours dans sa main. Son poing était crispé sur l’arme et elle dût utiliser son maitre main pour défaire ses doigts un par un afin de relâcher l’arme.

Datalia Petite Madoka • « Il faut devenir forte … pour survivre … »



Datalia Madoka • « Il faut devenir forte …pour survivre … c’est comme ça que je me suis entrainée. »

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Nobuatsu Saji
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Ven 16 Nov 2018 - 15:46
Les clameurs de la foule s’élèvent des gradins pour faire vibrer le ciel. L’ivresse des spectateurs, leurs yeux qui s’écarquillent à la vue du sang qui coule de la chair… Ils frémissent à chaque coup, applaudissent à chaque corps qui tombe lourdement contre la terre souillée. L’enthousiasme du décor en hauteur contraste avec la morosité du terrain d’en bas. Les combattants doutent, ils ont peur. Ils regardent les gradins, voient ces hommes et ces femmes demander du sang, toujours plus de sang. Alors que tout ce que ces deux individus désirent, c’est sortir de ce cauchemar. Mais ils n’ont pas le choix. La liberté n’est plus la leur, leur choix se réduit désormais à tuer ou être tués. Les combattants se fixent, hésitent un instant. Leurs regards se croisent, ils partagent une peur commune, ils compatissent l’un pour l’autre, mais cet échange n’est que de courte durée. Partenaires dans le sentiment, ennemis contre leur gré. L’un des deux a fait le choix, celui de tuer. Le premier qui gagne, c’est celui qui accepte de perdre son humanité, d’embrasser la bestialité.

Saji debout devant son siège ne peut regarder, il reste immobile contrairement à ses voisins qui s’extasient et crient de plus belle. Il tourne la tête. Non pas qu’il n’a pas l’habitude de voir du sang, mais qu’il ne peut croire qu’une telle perversité puisse exister sur cette terre. Qu’il foule le même sol que ces personnes qui regardent dans la même direction que lui et se réjouissent de voir des hommes s’entretuer. Il devrait agir, mais son corps l’en empêche. Il est engourdi. Est-ce la peur ? Ou plutôt le destin ? Il ne peut s’arrêter de regarder pourtant. Comme si une force faisait pivoter sa tête vers la scène, que des mains invisibles lui tiraient les paupières vers le haut, sans qu’il ne puisse rien y faire. Il est à la merci du créateur, le marionnettiste derrière ce spectacle horrible. La fille aux cheveux d’argents veut qu’il soit témoin de tout cela, qu’il réalise à quel point il est ignorant des véritables cruautés et souffrances de ce monde.

Le combat s’achève, un homme reste debout tandis que l’autre gît au sol et se noie dans son propre sang. Le cadavre encore palpitant est tiré hors de l’arène, laissant derrière lui une longue traînée rouge. Le vainqueur est acclamé par la foule en délire mais lui ne semble pas partager l’enthousiasme de ses supporters. Une victoire amère, cette liberté arrachée au prix d’une vie. Comment peuvent-ils être excités par un tel spectacle ? Sûrement pas en raison de la finesse et la beauté du combat. Non, ils se délectent du sacrifice, le caractère unique d’une vie qui se fait brutalement retirer de ce monde. Une vie avec un passé, un être rempli d’émotions, qui souffre, qui est tourmenté, et qui rend l’âme dans un dernier geste martyr. Saji serre le poing, il aimerait intervenir mais la force invisible l’en empêche encore.

Le commentateur fait évacuer le triste vainqueur par les gardes. Il annonce haut et fort les prochains combattants. Un garçon du nom de Joshoua qui a déjà la faveur du public, contre une petite fille aux cheveux argentées qui se présente pour la première fois. C’est elle, il n’y a aucun doute. Suite à l’annonce, les spectateurs ne peuvent contenir leur impatience, ils crient le nom de leur favori : « Joshoua, Joshoua ! » et tapent du pied, faisant trembler l’arène toute entière. La tension monte. Les adversaires sortent timidement de leur cage, le visage partagé entre peur et confusion, même si le garçon semble légèrement confiant dans son regard. Une lame est plantée au sol entre les deux. Le jeu a déjà commencé, celui qui s’emparera de l’arme aura l’avantage sur l’autre. Du moins c’est ce que les organisateurs croient. Saji observe mais il est interrompu par un autre spectateur qui lui demande sur qui il compte parier, le sabreur muet fait mine de ne pas l’avoir entendu et l’ignore. Comment cet homme peut-il s’amuser à jouer la vie d’un enfant ? Il est triste de voir que le plaisir pervers a pu prendre le dessus sur la raison.

Sans hésiter, le garçon se jette sur le surin qui représente son seul espoir pour s’accrocher à la vie. D’une main tremblante, il pointe l’arme en direction de la gamine qui n’a pas bougé depuis qu’elle est sortie de sa cage. Elle est tétanisée par l’enjeu, elle est perdue. Saji la voyant dans cet état tente de bouger son corps mais il ne peut rien faire. Il est obligé d’assister impuissant à ce combat d’une cruauté sans nom. Le garçon se rapproche face à une fille pétrifiée qui se tient à la grille, à la façon dont elle tirerait sur les pans de la robe de sa maman. Elle veut sortir. Elle n’est pas à sa place. Mais elle n’a pas le choix. Le surin part, elle esquive in extremis par un réflexe d’auto-préservation, mais aussitôt elle trébuche et se retrouve sur le dos. Les deux mains sur la poignée de la lame, le garçon s’apprête à achever sa proie qui le regarde de ses prunelles bleues mouillées par le sanglot. Alors qu’elle semblait avoir perdu le courage de se défendre, elle crie en voyant le couteau s’abattre inévitablement sur elle. Qui ne crierait pas dans ce genre de situation ? Sauf qu’à la place d’un hurlement, une onde sonore s’échappe de la bouche de la gamine pour toucher son assaillant de plein fouet. Surpris par l’attaque, il se couvre les oreilles avec ses mains. On voit des filets de sang couler sur les côtés de son visage. Ses tympans sont brisés mais son handicap ne sera que de courte durée. Son heure est arrivée. Il n’aura pas l’occasion d’entendre les cris de stupeur de la foule qui ne s’attendait pas à le voir perdre, encore moins de cette façon-là. La petite fille profite de l’ouverture miraculeuse laissée par son cri. Après un instant d’hésitation, elle ramasse le surin tombé au sol et regarde son adversaire, se demandant si elle doit le faire. Les cris de la foule grandissent et l’intimident. Telle une pauvre bête apeurée elle panique. Elle crie et court en direction de son adversaire et le poignarde. Une fois. Deux fois. Trois fois. Le garçon s’écroule, une flaque rouge commence à se propager au sol sous son corps tremblotant. Les larmes de la fille coulent sur ses joues rougies par l’éclaboussement du sang. Elle ne s’arrête plus, elle frappe à l’excès, alors que son ennemi est déjà mort. Les yeux terrifiés à la réalisation de son meurtre, elle regarde ses mains rouges. Sans se soucier de l’état de terreur de la petite, le commentateur s’approche pour la porter dans le ciel, de façon à ce que les spectateurs admirent le visage de cette nouvelle bête sanguinaire qui vient de se révéler. Un silence gênant s’installe. L’ensemble de l’arène gronde pour acclamer la fille aux cheveux argentés.

Aux côtés de Saji, une spectatrice inattendue fait son apparition. La forme adulte de la fille regarde dans la même direction que lui et lui et l’invite à la rejoindre en bas. Malgré leur intrusion dans l’arène, personne ne semble réagir. Le regard du commentateur ne se tourne même pas vers lui alors que Saji lui barre la route. Il regarde sa main et essaie de toucher la gamine pleine de sang afin de lui apporter son aide, mais ses doigts passent à travers elle. Il est retourné à sa forme immatérielle, l’obligeant à rester spectateur invisible des événements. Il emboîte le pas de son guide. Ils arrivent dans la prison, face à la cellule de la survivante. Un garde lui jette un sceau pour la récompenser de sa victoire. Il lui expose la dure réalité de l’arène : seuls les plus forts survivent, tandis que les perdants meurent. Une règle d’or simple mais cruelle. Le retour à l’état grégaire. De la guerre de tous contre tous, où chacun lutte pour se conserver et mène un combat perpétuel contre l’autre.

Saji saisit les barres qui entourent la cellule de la petite fille traumatisée, il souffre à la voir dans cet état d’égarement, jetée dans ce fossé sans son père ni sa mère. Loin de tout. Injustement traitée par le destin. Maintenant qu’il est à côté de celle qui tient les rênes de l’histoire, il en profite pour lui demander d’un air révolté :

« Tu as dû vivre tout cela, devenir forte. Toi, à un si jeune âge. Laissé à toi-même. Où t’ont-ils emmené ? De telles pratiques existent-elles toujours ? Réponds ! »

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Kobane Harumi
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Lun 19 Nov 2018 - 11:29
Madoka regarda alors Saji se saisir des barreaux de la petite ouverture de la porte de la cellule, elle ne dit rien au départ se contentant de croiser les bras. Elle ferma les yeux un bref instant en relevant son visage.

Datalia Madoka • « Tu veux connaitre la suite de l’histoire n’est-ce pas ? Très bien d’accord … »


Le temps passait maintenant en accéléré, les minutes devenaient des heures, puis des jours, puis des mois. Saji pouvait voir grandir cette petite fille, s’entrainer dans sa cage pour être toujours plus forte dans sa maitrise du ninjutsu, principalement. Elle tua encore et encore, et ce même si sa première proie avait été difficile moralement à défaire, petit à petit, les suivants devenaient très facile à abattre. Elle semblait prendre goût au combat, au sang, l’adolescente aimait se trouver être dans l’arène, car c’était le seul endroit de presque liberté. Elle pouvait entendre les cris de la foule, elle semblait avoir appris à en jouer d’ailleurs pour haranguer les spectateurs. Retirer une vie était devenue quelque chose de tellement banale, sans valeur. Si jamais elle avait eu une éducation classique, les années en prison durant sa jeunesse l’avaient effacée.

Madoka avait gagné une paillasse, des armes, une tenue de combat. Elle devenait crainte au sein de l’arène, mais plus étonnant encore, elle semblait parler toute seule. Elle s’était inventée des personnages imaginaires, de multiples mondes où elle se plongeait elle-même dans des illusions bien plus agréable que sa vie réelle. Elle ne pouvait que haïr sa vraie vie, alors pourquoi ne pas se plonger dans des histoires de conte de fées où elle en serait une reine, une princesse, une aventurière et de multiples rôles bien plus agréable que celle d’une fille qui devait tuer pour le plaisir des spectateurs. D’ailleurs ces dernières n’avaient pas le bon rôle à ses yeux, ils étaient tout aussi coupables que ses bourreaux.

La blanchette haïssait le monde entier, étant certaine que la vie se résumait à ce genre de corruption, sa vie n’était faite que de boue nauséabonde où erraient des gens tout aussi sombre et mauvais. Après tout parmi les spectateurs, il y avait de tout comme genre de personnes, des hommes, des femmes, des riches, des pauvres. Toute la société se donnait rendez-vous ici pour voir du sang en toute sécurité. Son corps se lézardait petit à petit de multiples blessures, comme il l’était aujourd’hui. Son regard avait perdu de sa superbe comme si quelque chose était mort en elle. L’adolescente avait la peau sur les os, ce n’était pas avec le peu de nourriture qu’une enfant pouvait grandir d’une manière adéquat.

Une sorte de petit train-train commençait avec les années qui avaient passé. Elle n’avait jamais vraiment espéré s’enfuir, pour aller où ? Elle ne connaissait que cette vie-là. Cependant, un fait allait changer la petite vie de torture de l’adolescente. Il y avait du bruit, des affrontements dans les couloirs de l’arène. Cela se rapprochait de plus en plus, et Saji ne pouvait voir que ce que Madoka voyait de par sa petite fenêtre. Des ninjas de Kiri attaquaient alors l’arène, les malfrats regroupés ici et à l’abri pendant tant d’années n’avaient aucune chance face à des combattants entrainés. La purge arrivait à sa fin, la pacification de l’archipel par la force advenait à son terme, mais elle avait été l’oublié de l’histoire. Elle fut libérée par les grands sauveurs, mais l’enfant ne dit rien aux forces de Kiri. Prisonnier, un des leader de cette bande risquait de passer un sale moment, mais comme si c’était une réaction normale, elle prit son arme et lui planta dans le cœur. C’était ce que l’on lui avait appris après tout, à tuer, alors c’était normal de réagir ainsi. Les ninjas de Kiri n’avaient pas réagi, comme si c’était justice à leurs yeux que cela se termine ainsi.

Cependant, Madoka haïssait déjà Kiri pour avoir poussé les malfrats désespérés à attaquer son village, à détruire sa vie, à prendre des mesures extrêmes. Elle était le dommage collatéral de cette guerre qui n’en portait pas le nom. Elle se retrouva alors une nouvelle fois recouverte de sang, une autre vie avait pris fin entre ses doigts, mais quelle importance ? Un des ninjas s’accroupit à sa hauteur pour lui dire qu’elle avait un grand potentiel, quelle pouvait rejoindre le nouveau village caché avec de pareils dons. Que pouvait-elle faire d’autres qu’accepter ? Elle les suivit alors pour changer une cage pour une autre, quand bien même elle était davantage dorée que la précédente.

Datalia Madoka • « L’arène a été détruite, la plupart libérée, d’autres engagés. A l’époque, ils manquaient de bras, il fallait former une armée n’est-ce pas ? Mais sans doute d’autres en ont créé une nouvelle, qui sait ? La folie de l’Homme est infinie, et ce sont les petits gens qui en payent le prix. Qui paye les missions du village ? Des riches, pour une lubie ou régler des problèmes. Ils payent des mercenaires pour tout et n’importe quoi, mais qui prend la défense des gens simples ? Personne, pas même l’armée au service du Daimyo. On entraine des enfants à tuer, on les pousse à devenir plus fort, plus respecté, c’est la même chose à Kiri ou dans cette arène. »

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Nobuatsu Saji
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Lun 19 Nov 2018 - 18:45
De nouveau, la question de Saji est ignorée, la fille ne souhaite pas lui servir les réponses qu’il demande. Du moins pas directement, elle veut seulement qu’il comprenne de lui-même. Tienne ses propres conclusions de ce qu’il est en train de regarder. Elle est une énigme. Une histoire qui ne se résume pas à de simples mots. Pour que quelqu’un puisse vraiment comprendre ce qu’elle a souffert, il faut l’expérimenter soi-même. Le sang, les visages enjoués des spectateurs, la détresse des gladiateurs qui laisse bientôt place à une indifférence glaciale nourrie par le sang des ennemis abattus. Des enfants qui se transforment en bêtes voraces prêtes à s’entretuer pour un morceau de pain. Et pourtant, la triste héroïne de cette histoire s’est endurcie car il le fallait pour survivre, en apprenant à se détacher de la misère de sa condition, en cessant de se lamenter comme toute fille de son âge l’aurait fait. Sauf qu’elle n’est pas comme n’importe quelle fille de son âge. Son pouvoir est grand, si bien que les grands de ce monde la convoitent. Qu’il s’agisse du simple chef de bande, du maître d’arène ou du village de Kiri, ils ont tous porté le même regard sur la petite : ils la voient comme une arme. Réduite à n’être qu’un outil militaire passé de main en main. Séparée de la sécurité et la chaleur du foyer, elle a été jetée de façon violente dans cet environnement hostile et chaotique. Elle n’avait pas le choix. On l’a dressé ainsi. Elle n’a jamais eu la liberté de choisir pour qui travailler. Pour elle, seules deux options existaient : obéir ou mourir. Ainsi a-t-elle vécu dans la soumission et la violence, privée de la liberté et d’une famille qui l’aime. Même si en apparence les séquelles qu’elle retient ne s’apparentent qu’à des cicatrices sur son corps fragile, en réalité, sa volonté a été brisée, et sa façon de penser torturée au point de lui donner une vision plus cynique du monde dans lequel elle vit. Un monde pourri. La corruption. Autour d’elle, d’autres hommes encore plus désireux de se servir d’elle pour arriver à leurs fins.

En regardant la vie de la jeune fille défiler sous ses yeux de façon accélérée, Saji commence à comprendre les racines du mal qui la ronge. Elle n’a personne à qui vraiment se confier, personne qui a partagé les mêmes souffrances qu’elle et avec qui elle peut s’identifier. Les seules personnes partageant son malheur, elle doit les tuer. Telle est la loi de l’arène. Mais plus elle grandissait et moins elle ressentait le besoin de trouver quelqu’un pour la soulager de son mal. Elle a cessé de chercher le remède. Ce n’est que par la force d’une volonté brisée puis reconstituée qu’elle a réussi à surpasser son malheur, voir au-delà de la souillure de l’arène, et de l’obscurité de sa cellule. A force d’être confrontée à cette réalité prosaïque, elle a fini par se forger ses propres convictions, se persuadant que son destin a été d’être le pantin dans un jeu de marionnette. Manipulée jusqu’à en être déshumanisée. Traitée comme une bête jusqu’à en devenir misanthrope. Elle n’y peut rien. Elle est le fruit de la corruption de Mizu no Kuni, au temps où la criminalité était à son apogée. Plus qu’un individu, elle représente ce que le Pays de l’Eau souhaite cacher, cette honte qu’ils voudraient effacer de l’histoire. Ce militarisme exacerbé dont elle a été victime et dont sa famille et son village ont fait les frais.

Saji est debout devant la cellule de la fille. Ses yeux ne l’ont pas quitté depuis le début. Le temps s’arrête et reprend son cours normal. Il regarde le couloir de la prison se remplir de shinobis de Kiri tandis qu’à l’extérieur on peut entendre le combat qui fait rage. Les portes des cellules voisines s’ouvrent une à une. Un homme portant un bandeau de la Brume arrive devant Saji qui est apparemment invisible. La porte de la fille s’ouvre aussi, produisant un long grincement. L’inconnu s’avance prudemment… de peur d’effrayer la bête aux cheveux argentés, comme s’il cherchait à la dompter.

« Ne t’inquiète pas, nous sommes gentils. Nous sommes venus te libérer d’ici. »

La narratrice reprend la parole pour raconter ce qu’il s’est passé à Saji mais les acteurs de la scène ne semblent pas l’entendre. Elle lui explique le recrutement sauvage sur le territoire de l'Eau, des enfants recrutés très jeunes pour s'enrôler dans les armées, afin de renforcer la grande armée du daimyo. Des mercenaires payés puis lâchés sur le territoire, leur offrant la possibilité de circuler librement partout et de faire leur loi. Et tout cela, au détriment des villages, dont le sien. Mais la purge de la criminalité par Kiri n'est venue que trop tard, le mal était déjà fait. Des massacres de villageois, des razzias sur les hameaux les plus isolés... Des familles déchirées, des vies ruinées... Des âmes corrompues par la souffrance.

« Des shinobis de Kiri... Nous nous trouvons donc à Mizu. J’ai entendu parler d’une île de gladiateurs. Mais… Je n’avais pas connaissance de telles cruautés au sein de l’archipel, une histoire aussi sombre et rougie par le sang des innocents. C’est vrai. Les hommes d'influence ne veillent en général qu’à leurs propres intérêts, et les gens du commun souffrent de leurs jeux de pouvoir. »

Il marque une pause, réfléchissant bien à ce qu’il va dire.

« Tu n’as pas tort de reprocher à Kiri ce qu’ils t’ont fait. Je suis entré dans ce village avec mes propres doutes. Et ce que tu m’as montré me permet de me faire mon propre avis sur ce qu’ils ont fait, et identifier leurs fautes. Ils ne pourront jamais te rendre tes parents, ni ton village. Ils t’ont utilisé, comme le maître de l’arène t’a utilisé pour divertir les spectateurs. Tu leur reproches le monstre que tu es devenue, la vie à laquelle ils t’ont si injustement condamnée. »

Elle a dû apprendre à s'isoler du monde et à vivre dans ses propres mondes de rêve pour fuir l'âpreté de la réalité. Jamais n'a-t-elle goûté à la vraie liberté. La trouvera-t-elle seulement un jour?

« Tu as été privée de ta liberté depuis le jour où les bandits ont commencé à menacer ton village. Tu as vécu dans la terreur, avant de vivre prisonnière. Finalement, tu n’as jamais été vraiment libre. Même à Kiri tu ne te sens pas libre mais utilisée. Et le seul plaisir qui te reste vraiment sur cette terre, c’est de te servir de ta liberté comme bon te semble. C’est pourquoi tu n’agis pas selon un code moral ou que tu sembles agir par caprice. De toute façon tu es devenue plus forte que tes créateurs qui t'ont transformé en guerrière sanguinaire. Désormais ils ont peur de toi et tu le sais.»

Agir par caprice en enfermant un inconnu dans un genjutsu par exemple. Toujours est-il que cette histoire qui lui a été racontée est le témoignage non seulement d’un individu torturé, mais aussi le cri de détresse d’un peuple qui ne se sent pas suffisamment représenté sur son territoire. Saji a pour dessein de changer tout cela. Il veut se battre non pour la gloire de Kiri, mais pour le bien-être du peuple. Lui qui a travaillé dans la milice de son village à Kaminari no Kuni, il ne s’est jamais arrêté de croire dans le besoin de protéger les petites gens avant de se soucier de défaire l’ennemi. Il n’y a rien de plus illusoire que la gloire de la guerre. Elle n’est là que pour camoufler la peine infligée aux vraies victimes des conflits.

« Ai-je tort ? »



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Kobane Harumi
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Jeu 22 Nov 2018 - 17:26

Saji avait bien saisit comment la jeune fille voyait le monde, complètement pourri, à se demander pourquoi la prochaine personne tenterait d'être d'apparence sympa avec elle ? Quel coup tordu on allait lui demander encore ? De toute manière, c'était toujours à la même partie de sa personne que les gens étaient intéressés au final que ce soit en mal ou en bien. La tueuse, c'était elle qui fascinait tout en faisant craindre le pire. Le malaise, le déséquilibre qu'elle ressentait remontait de si loin, que cela devenait également comme une partie de sa personnalité. Comment pourrait-elle évoluée alors que le monde semblait exiger toujours plus de sang ? Plus elle se trouvait horrible, plus elle aimait cela, quelle cruelle dualité mortelle ?



Datalia Madoka • « Tu es le premier à qui je raconte vraiment presque tout, car tu es le premier à être capable de comprendre. Tu as été atteint par la vie d'une telle manière, tu as été si bas, que tu ne me regarderas pas comme une pauvre petite chose ou un monstre. Je sais que j'aurai une courte vie, alors quelque part, ma mémoire doit perdurer. »




Indiqua la jeune fille simplement et assez durement comme une sentence de mise à mort. Elle était tellement unique que personne ne pouvait lui ressembler d'aucune façon, c'était une évidence, mais elle trouvait de quoi se divertir avec des personnes intéressantes. C'était des passe-temps d'intérêt à divers degrés, comme pour se rappeler qu'elle était bien encore humaine. Il était juste de dire qu'elle ne cherchait plus un moyen de guérir de sa maladie, elle ne faisait que vivre avec jusqu'à... Jusqu'à un point inconnu, qui ferait un déclic.



Datalia Madoka • « Être libre... Hahaha... Quelle douce symphonie chimérique, on ne l'ai jamais. Il y a toujours quelqu'un au-dessus qui donne des ordres plus pervers et dégueulasse que le précédent de préférence à mesure qu'il a de l'emprise sur vous. Il va déguiser cela avec des titres ronflants, des grosses médailles, des accolades et des petites fêtes. Quelle connerie... »




Madoka refusait catégoriquement par principe l'ordre que la plupart tiens pour acquit et normal, car il ne les pas à ses yeux. Pourquoi devrait-on accepter cet état des lieux ? Juste car cela fait longtemps que c'est comme ça ? Balivernes ! La blanchette patientait d'avoir assez de forces pour imposer sa loi, cela viendrait bien un jour, et ce jour-là...



L'histoire était écrite par les vainceurs, la grande réussite de la purge de Kiri était connue de tous, et il n'y avait pas mieux pour enrager votre servante, vous vous en doutiez bien.



Datalia Madoka • « Les gentils, comme si les ninjas de Kiri pouvaient prendre ce rôle ! C'était vraiment une bonne blague ! Les glorieux héros avaient libéré les prisonniers, après avoir été responsables de cet état ! Comment peut-on glorifier des tueurs qui ne cherchent qu'à en devenir de meilleurs ? Quand ces derniers deviennent incontrôlables par les hautes instances, ces grands héros deviennent la honte, des traîtres, des déserteurs qu'il faut abattre pour le bien du village, et puis tout recommence. Pourquoi s'ennuyer alors qu'il y en a plein d'autres encore à manipuler ? »




Madoka semblait avoir un avis très tranché sur la question, il était difficile de monter au sommet, et plus encore de le rester. C'était pour cela que le Daimyo et tous ceux qui allaient suivre avaient peur de tout perdre, alors tous les moyens étaient bons pour garder le pouvoir. Utiliser des enfants ? Des mercenaires ? D'anciens malfrats ? Pas de problème ! Soyons ouvert et pardonnons nous tous ensemble, tant que vous servez la bonne personne, sinon vous deviendrez une personne déviante et dangereuse.



Datalia Madoka • « Tu verras le jour où un grand chambardement arrivera, on pourra voir le vrai visage de tous ses gens. C'est dans l'adversité que l'on voit le vrai visage, moi le miens, tout le monde peut le voir. »




La tornade argentée de Kiri tourna son attention une nouvelle fois sur Saji, alors elle hocha la tête doucement.



Datalia Madoka • « Oui, on est à Mizu no Kuni, je suis une fille du pays. Nous sommes sur une des nombreuses îles de l'archipel. Ma vie n'est qu'un petit exemple de la cruauté de ce pays, tu en verras d'autres, mais j'ai confiance en ton jugement. Tu feras ce qu'il faudra. »




Madoka appréciait grandement d'entendre enfin quelqu'un d'accord avec son analyse, c'était apaisant, mais c'était bien la première fois qu'elle donnait tant d'informations également. Elle ne savait pas trop combien de temps il lui fallait pour digérer sa vie, car au final, ce n'était pas qu'une passade. Pour se protéger, elle avait dû s'isoler, rester seule, car il n'y avait personne d'autres à qui elle pouvait faire confiance.



Datalia Madoka • « Kiri est comme une grande arène à ciel ouvert, je suis toujours aussi enfermée, empêchée , ennuyée, je ne vois pas ce que cela change. Si les autorités de Kiri acceptent mes frasques, c'est parce que je tue qui ils veulent, quand ils veulent. Je pense qu'ils ont peur maintenant, plus le temps passe, plus ils ont peur. Un jour, on enverra trois ninjas compétents pour me tuer. »





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Nobuatsu Saji
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Sam 24 Nov 2018 - 21:13
Jamais le muet n’avait-il autant parlé, lui qui est habitué à écrire sur le papier pour y imprimer sa voix, cet échange avec la fille exigeait une certaine part de sang-froid. Comme quand on commence à jouer d’un instrument et qu’au fur et mesure les sons désordonnés finissent par former une mélodie harmonieuse. Après seulement quelques répétitions, celle-ci s’accorde dorénavant avec la façon dont son interlocuteur se représente la réalité, sauf que le but ici n’était pas de la tromper sur ses bonnes intentions mais de partager et de mettre à plat ses émotions l’espace d’un instant. Car elle en a entendu, des mélodies, des hommes qui ont cherché à l’amadouer avec leur éloquence, leur volonté de se servir d’elle pour arriver à leur fin. Ils sont passés maîtres dans l’art du langage, la rhétorique, et leur vocabulaire est bien plus développé que celui de Saji, et pourtant leurs manières n’ont d’égal que leur hypocrisie. Ce n’est que quand le cœur résonne parfaitement à travers la parole et l’esprit, que le flux des mots prend la forme d’une main tendue vers la personne avec laquelle on cherche sincèrement à sympathiser. D’âme torturée à âme torturée, le muet et la fille aux cheveux argentées. Le premier essaye d’analyser à partir des souvenirs recomposés et de ses propres expériences la source du mal qui ronge la deuxième.

Longtemps cette dernière a-t-elle cherché à se confier et à trouver quelqu’un qui finalement comprenne son point de vue sur la réalité décrépite de Kiri. Et il a fallu que ce soit un homme sans voix qui finalement lui fasse entendre les paroles qu’elle a toujours voulu entendre. Pour qu’elle se rassure. Pour qu’elle réalise que toute cette réalité dans laquelle elle est plongée contre son gré n’est pas qu’une autre de ses illusions. Mais désormais elle sait. Au lieu d’être prise pour une folle sanguinaire ou une gamine capricieuse, on la considère telle qu’elle est, une fille soumise à un rôle qu’elle n’a jamais désiré, jetée dans une fosse dont elle n’a jamais pu s’échapper. Victime dès l’enfance de la brutalité des soi-disant héros de la Brume, elle n’a jamais oublié. Ces pseudos guerriers qui prétendent combattre pour le pays ou le village, ils auront beau crier sur les toits que l’ennemi est d’une autre couleur, mais elle sait au fond d’elle qui sont les vrais coupables. Comment osent-ils porter le symbole de la Brume, se réclamer des héros de Mizu, quand ils négligent la sécurité de ceux qu’ils doivent protéger en priorité ? Êtres assoiffés de sang, monstres obsédés par le chaos de la guerre, ils ne trouvent leur accomplissement que dans le combat perpétuel. Ces fantômes du passé continuent aujourd’hui de hanter les esprits, et les victimes collatérales de leurs crimes jamais n’oublient.

« Tu es enchaînée à ton passé, toi plus que tous les autres. Kiri t’a privé de ta vie, ta famille, ta liberté. »

Elle insinue que sa vie sera courte. Sur quoi se fonde-t-elle ? Ses derniers mots : « courte vie », « ma mémoire doit perdurer »… Serait-elle suicidaire, ou alors fataliste ? Serait-elle en danger ? Difficile de décrypter les paroles ambigües de la jeune fille.

« Ce n’est pas eux qui t’ont rendu forte, tu es la seule qui a eu la volonté pour te battre et survivre dans l’arène. Eux t’y ont jeté en se disant que tu finirais par te soumettre à jamais au système. Tu dois vivre. Rester et résister. Tu es le passé honteux que Kiri souhaite cacher. Tu es peut-être la dernière survivante de ton village, la seule qui puisse encore porter la parole des victimes oubliées. Le ferais-tu encore pour ton père ? Le ferais-tu encore pour ta mère ? Au nom du bonheur dont tu as été privée ? »

Saji réalise peu à peu qu’il s’emporte dans son discours. Mais après avoir été le témoin de la vie de la jeune fille, ses doutes qui existaient déjà se confirment désormais… Il ne comprend que trop bien pourquoi elle ne se sent pas chez elle ici et personne ne peut la comprendre car personne ne partage la même condition qu’elle.

« Tu as raison, on n’est jamais vraiment libre. C’est pourquoi tu te réfugies dans tes illusions, pour t’y sentir libre, n’est-ce pas ? Dans le monde réel, au contraire, tu te sens contrainte, pourchassée, menacée. On te force à te battre pour une bannière que tu ne reconnais pas et que tu n’as jamais aimée. Peut-être que la solution finalement serait de choisir ta propre voie. »

Elle est restée si longtemps enfermée dans ce village, après avoir été enfermée dans sa cage. Passant d’une cellule à une autre, elle n’a jamais décidé où aller. Et elle n’a plus de village où retourner, ni de famille. Elle a besoin de nouveaux repères, de repartir à zéro. Saji a bien conscience qu’elle est un élément indispensable pour la survie de Kiri, mais elle a déjà beaucoup sacrifié pour un village qui n’a pas vraiment mérité qu’elle les défende. Et pourtant elle est restée, prisonnière de sa propre illusion qu’elle ne devait pas s’enfuir, saisir sa chance de s’émanciper. Elle n’a plus à souffrir des erreurs militaires du passé.

« Tu ne vis que pour toi et personne d’autre. Tu peux choisir d'être libre. Si la liberté est une chimère alors tu peux aussi avoir un contrôle sur elle. N'est-ce pas toi la maîtresse des illusions? Qu'attends-tu pour agir pour te sortir de ta condition? »

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Kobane Harumi
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Lun 26 Nov 2018 - 10:15
Il valait mieux que Saji profite du moment de pouvoir parler, car cela risquait de ne plus se reproduire avant un moment. Après tout qui allait donner la capacité de s'exprimer si librement en dehors de la tornade argentée de Kiri ? Il faisait bien de garder son calme malgré tous les malheurs qui se produisaient sous ses yeux masqués, car au final, la jeune fille était assez sensible même si elle ne le montrait guère d'une façon habituelle. Elle n'était plus du tout sensible ou n'attendait aucun miracle de personnes capables de promettre monts et merveilles à son auditoire. Elle n'attendait que les faits toujours à éprouver si jamais tel homme ou telle femme était bien aussi sombre qu'elle avait imaginé. Elle avait conscience d'avoir un pouvoir qui pouvait en tenter plus d'un, l'adolescente en jouait d'ailleurs, pourquoi ne pas en profiter lorsque l'on était si demandé ? Elle était bien plus prête à entendre ce que disait quelqu'un comme Saji que la mizukage. À ses yeux, il y avait un gouffre énorme d'intérêt et d'attention.



Madoka aurait vraiment préférée que l'on lui dise que toute cette histoire n'était qu'une boutade, que tout était faux, que c'était de la comédie ou une mauvaise pièce de théâtre. Tous ces gens n'étaient pas morts, c'était pour de faux ! Mais non, rien de tout cela, c'était l'unique vérité qui s'imposait à tout le monde, alors peut-être Devait-elle se réveiller et accepter comme les autres ? Malheureusement, la blanchette serait longtemps prise pour une furie assoiffée de sang, sans doute, car elle ne faisait rien pour démentir. À quoi bon de toute manière ? Elle se fichait pas mal de l'avis de la plupart des gens qui l'entouraient, en tout cas, c'était ce qu'elle en montrait. Saji savait, d'autres un petit peu, mais elle avait surtout choisi l'homme muet comme gardien de sa mémoire, comme si elle s'attendait à mourir bientôt. Elle était quelqu'un de vraiment revanchard, à la dent dur et ce peu importait les années. Si elle devait se venger bien après que tout le monde avait oublié, tant mieux ! La vengeance est un plat qui se mange froid.



Pourquoi les guerres existaient ? Pour l'honneur ? La justice ? Abattre de dangereux ennemis ? Comme vous êtes innocents si vous pouviez croire cela ! Madoka, elle savait que ce n'était que pour gagner des avantages politiques, territoriaux, la main mise sur des ressources ou des populations, gagner en puissance, mais pour la simple population, il fallait trouver une bonne excuse afin de faire accepter à la majorité que tuer ceux d'en face était quelque chose de bien. Le problème était que ma blanchette savait la vérité, et qu'elle avait accepté de tuer sur commande après de longues années de déformations spirituelles. Alors qui était le véritable monstre après tout ? Elle était l'une des dernières à se battre pour des personnes aujourd'hui disparues et mortes depuis longtemps. Un passé que les autorités préféraient faire taire et oublier, comme c'était plus simple ainsi. Jetons la poussière sous le tapis, qui aurait idée d'aller voir là ? Sauf qu'elle était là, résistante à ce que l'on enlève les plis disgracieux.



L'illusion se finissait petit à petit, l'arène ne restait que dans les mémoires tandis que la sombre ruelle fit de nouveau son apparition. La pluie s'était heureusement arrêté, seules quelques gouttes tombaient encore par principe. Ce n'était plus la peine de jouer davantage avec l'esprit de cet homme. Il était vrai que Saji allait devoir de nouveau écrire pour se faire comprendre, tandis que Madoka lui faisait toujours face avec un sourire aux lèvres.



Datalia Madoka • « Oui, c'est sans doute cela, je traîne mon passé comme un boulet trop lourd pour ma cheville. »




La kunoichi admettait bien quelque chose sans problème, surtout lorsque son vis-à-vis avait bien compris la situation véritable. Elle n'indiqua en aucune manière pourquoi elle allait vivre que peu de temps, il fallait bien qu'elle garde un petit jardin secret comme tout le monde. Saji n'avait pas osé lui poser vraiment la question. Elle regarda lentement le ciel étoilé alors que les paroles de Saji firent encore échos.



Datalia Madoka • « Je ne suis pas du genre à baisser mes bras, oui, je me battrais jusqu'au bout. Personne ne me brisera, personne ne m'imposera d'être une autre personne que ce que je veux, et ce peu importe les bonnes excuses. Vivre... Sans doute que d'autres n'aimeront pas mes manières, bientôt on dressa des gens contre moi et on verra qui a le plus de convictions. »




C'était ainsi qu'elle résistait, c'était comme cela que Madoka était prête à faire ce qu'il faut pour que les simples habitants de Mizu no Kuni puissent espérer une véritable justice. Elle avait beaucoup de mal à se projeter comme un défenseur de la veuve et de l'orphelin, elle qui avait été la victime malheureuse du destin, condamnée à être solitaire. Pourrait-elle vraiment prendre des risques sciemment pour des morts ? Ne le faisait elle pas déjà sans vraiment s'en rendre compte ? Un peu comme si son inconscient l'avait déjà décidé ? L'adolescente ne prit pas le temps de répondre à Saji, mais elle semblait bien y penser dans tous les cas. Elle ne prit pas ombrage de l'emportement de Saji face à cette histoire, qui en valait bien la peine, qui puait les relants de l'injustice. Elle ne put que sourire simplement lorsqu'elle entendit Saji lui dire qu'elle se réfugiait dans des illusions. Elle croisa alors les bras dans le dos.



Datalia Madoka • « Généralement, mes illusions sont plus agréables que celle que tu as vécue, peut-être que l'on aura une autre occasion de davantage s'amuser la prochaine fois, hein ? Le monde dit réel est d'un grand ennuie, il n'est pas amusant, je le déteste... Je ne me battrais que pour moi ou si cela m'amuse ! Pour personne d'autre ! »




Choisir sa propre voie, la blanchette n'y avait jamais vraiment penser au final, mais c'était peut-être la solution, celle de ne plus se laisser porter par le destin, mais de bien le prendre à bras le corps de force s'il le fallait. Elle n'hésiterait sans doute pas à faire tout trembler autour d'elle, mais elle devait tout de même y réfléchir. L'adolescente avait maudit son destin, mais sans se battre, c'était sans doute pour cela qu'elle était si agressive, comme si elle avait besoin de quelqu'un pour mettre des mots sur sa souffrance et cela avait été Saji. Sans repère, sans avenir, comment ne pas être en colère contre le monde entier ? Qu'avait elle vraiment à perdre aujourd'hui ? Elle avait tellement donné à Kiri, et on lui exigeait toujours davantage. Le seul souci était qu'elle n'était pas très douée pour exprimer ce qu'elle ressentait.



Datalia Madoka • « Je peux... Vraiment choisir ? »


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Nobuatsu Saji
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Mar 27 Nov 2018 - 20:14
Face aux paroles et aux interrogations, Saji ouvre la bouche par réflexe pour répondre à son interlocutrice, mais rien n’en sort, pas un son. Le néant. Il est redevenu muet. Légèrement frustrant, il avait pris goût à parler. Mais les choses les plus belles en ce monde sont souvent les plus éphémères. Il lui faut désormais répondre à l’écrit. Il sort son carnet de sa sacoche. En l’ouvrant, il remarque que les pages ne sont plus mouillées mais séchées et froissées. Il se rend compte qu’ils sont probablement restés plusieurs heures immobiles au même endroit, dans cette ruelle sombre pendant que la pluie continuait de tomber sur eux. Plongé dans les souvenirs de la fille, il a eu l’impression de l’accompagner sur plusieurs jours. Il n’a aucune idée comment le temps dans l’illusion s’est traduit dans la réalité. Etant donné que c’est la première fois qu’il est victime d’un tel sortilège, tout se bouscule encore dans sa tête. Tout semblait si réel. Il pouvait sentir le sang, entendre les clameurs de la foule, voir les corps tomber devant lui. Les détails, si vivides dans son esprit. Jusqu’où l’imagination peut-elle nous transporter ? Il regarde la fille lever ses yeux vers le ciel pendant un moment, comme fascinée par ce changement de décor dont elle n’est pas la maîtresse. Pourtant elle en a façonné des illusions, elle a dû s’imaginer dans des mondes féériques, où tout se passe bien et où elle obtient tout ce qu’elle a toujours souhaité. Mais l’illusion n’a pas la même saveur que la réalité, surtout quand le rêveur est conscient d’être en train de rêver. Une idée traverse l’esprit de Saji. Et si…

Son crayon danse sur la surface du papier, pour y laisser des mots qu’il espère vont aider la jeune fille à traverser ses épreuves. Il déchire une page de son précieux carnet. Il s’approche et s’accroupit de façon à être à la hauteur de l’orpheline. Elle le regarde, curieuse de comprendre ce qu’il cherche à communiquer. Tout comme elle l’a fait avec lui, il ne lui donnera pas une réponse claire à sa question. Ses réponses, elle saura les retrouver comme une grande si on lui prend la main au début du chemin et qu’on lui montre vers où aller. Il lui fait signe de regarder le ciel étoilé qui les surplombe. Le bleu de la nuit, parsemé de ces points brillants dans le ciel. Une belle illusion, mais une illusion qui reste incrustée dans la réalité, voilà ce qu’il lui propose sans la forcer. Voir le bon côté des choses. Elle n’a plus besoin de s’isoler dans ses créations oniriques, la beauté du monde est certes amochée par le prosaïsme des malheurs et de notre condition humaine. Mais il ne faut jamais oublier ces choses poétiques qui nous rappellent que la vie vaut toujours la peine d’être vécue. Il tend la page déchirée à la fille aux cheveux argentés.

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Saji a écrit:
« Regarde. Ces étoiles. On dit qu’à chaque fois qu’un être quitte cette terre, son âme prend la forme d’une étoile dans le ciel. Imagine-toi que ton père, ta mère, et le reste de ton village veillent sur toi. Ils te protègent et t’encouragent où que tu sois. Ils seraient tous fiers de la personne forte que tu es devenue aujourd’hui. »

Un seul message, un seul souvenir de leur rencontre. L’homme masqué plie soigneusement le papier froissé par l’humidité et le dépose au creux de la main de la jeune fille. Ses doigts accompagnent ceux de la gamine pour les refermer sur le papier plié. Qu’elle le garde précieusement et se souvienne qu’elle n’est pas toute seule, qu’elle ne l’a jamais été. Elle s’est elle-même enfermée dans cette illusion que personne ne l’aimait et que tout le monde voulait se servir d’elle. C’était sa réalité jusqu’à présent. Tout peut changer, si elle le souhaite vraiment. Si elle décide de reprendre le contrôle sur sa destinée. On lui a forcé à vivre ainsi depuis l’arène, puis à Kiri. Nombreux sont les hommes cupides et opportunistes qui ne la verront que comme une arme pour arriver à leurs fins. Ces gens existent, elle n’y peut rien. Telle est la réalité, et pourtant, tous les êtres qui la parcourent ne lui voudront pas nécessairement du mal. D’autres lui voudront aussi du bien, et ce indépendamment des pouvoirs qu’elle possède. Ces personnes de bien, elle doit les garder près d’elle, ils sont importants. Il y aura toujours des gens qui seront là pour elle, quoi qu’il arrive. Et si elle a peur de faire confiance, qu’elle n’oublie jamais que son père et sa mère la regardent, et lui sourient de là où ils sont. Si l’orpheline a besoin d’une épaule sur laquelle se reposer, elle sait que l’homme muet sera toujours là pour l’écouter. Peut-elle vraiment choisir ? En se questionnant, en mettant en doute la réalité, elle fait déjà preuve de liberté car elle réalise que son destin n’est pas aussi figé qu’elle le pensait. Elle est la narratrice de sa propre histoire, la maîtresse de ses propres illusions.

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Kobane Harumi
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Jeu 29 Nov 2018 - 16:22
Madoka se rendit bien compte que Saji était frustré de becoas pouvoir parler, cependant, la joie des illusions n'était qu'éphémère. Cela pouvait être un monde merveilleux, il n'en restait qu'une formidable aventure, qui n'avait jamais existé. Seuls restaient les souvenirs des voyageurs afin de prouver que tout ceci était réel d'une certaine manière. Des heures étaient passées sans qu'ils ne s'en rendent compte, mais il fallait dire que des années avaient été faites, alors excusez du peu. Dans un genjutsu, le temps et l'espace étaient des notions très aléatoires, il était tout à fait possible de faire vivre une infinité de choses en quelques secondes s'il le fallait, et quand on savait que cela pouvait être une arme, il fallait donc se méfier de ce type de capacité entre certaines mains. Tant que l'esprit croyait ce qu'il ressentait, il n'y avait pas de limite entre la souffrance, les sensations tant que l'utilisateur savait y rajouter les détails qui touchaient la proie de l'illusion. Il n'y avait pas eu beaucoup à faire ce coup-ci, vu que c'était sa propre vie, mais la prochaine fois, la jeune fille pourrait bien l'emmener vers une autre région, un autre pays où n'importe où d'autres encore.

La vie réelle n'était pas sous le contrôle de la blanchette, était-ce également ce qu'elle ne supportait pas ? Peut-être bien, mais en tout cas, elle n'avait pas l'habitude de se confier tant, elle ne parlait pas trop de ce que ressentait cette enfant torturée. L'adolescente en avait créé des mondes différents et évidemment, elle était toujours l'héroïne extraordinaire de ces aventures, comment pourrait-il en être autrement ? Elle prenait autant de plaisir à vivre dans l'imaginaire que dans la réalité, qu'est-ce que cela pouvait bien changer que tout était factice ? La manipulation de l'esprit ? Madoka n'avait toujours pas réussi à accepter sa vie, à accepter de vivre dans cette pitrerie du destin. Non, impensable, elle allait bientôt se réveiller, la réalité ne pouvait être vrai, ce n'était qu'un cauchemar, elle le savait, alors elle ne l'acceptait pas. Jusqu'à quand allait-elle pouvoir se jouer du destin ? Elle finirait par ce brûlé les ailes, qu'elles soient de papillons ou d'autre chose.

La tornade argentée de Kiri se tourna en direction de Saji, dont elle avait presque oublié la présence, car elle était prête déjà à repartir. Cependant, il était juste de dire qu'elle avait tout de même utilisé du chakra et des illusions potentiellement mortelles sur un homme. Bon d'accord, cela ne lui faisait ni chaud ni froid au final. Cependant, celui qui savait sans doute le mieux s'exprimer était celui qui en avait le moins les moyens. C'était dire comme le destin aimait se moquer éperdument des pauvres diables sous sa coupe. Il se mit accroupi face à elle, comme pour être moins impressionnant, signifier à quel point il était sensible à sa cause et à ce qu'elle ressentait. La jeune fille suivit le regard du muet vers les étoiles, elle aimait bien ce spectacle très simple et pourtant magnifique. Elle se fichait de savoir ce que pouvait être ce ciel, tant qu'il était beau. Ce genre de moment fugaces était agréable, mais bien loin de pouvoir contrebalancer toutes les horreurs de ce monde qu'elle avait vécues et toutes les autres qui allaient encore survenir elle n'était pourtant loin d'être suicidaire, il fallait encore la supporter quelques temps. L’avantage d’écrire ce que l’on voulait exprimer, c’était que l’on avait le temps d’y réfléchir, du coup, on formulait moins de bêtises. Elle cherchait du regard chaque étoile en espérant un signe, et si Saji disait vrai ? Et si on la regardait vraiment de la haut ? Elle se gratta la joue doucement un peu ennuyée.

Datalia Madoka • « Si vraiment c’est le cas, je ne suis pas certaine que mes parents ou ceux de mon village pourraient apprécier de me voir comme une machine à tuer … ils n’étaient pas vraiment violent, mais oui, je suis sans doute une personne forte … »


Madoka savait bien qu’elle était de plus en plus forte et indomptable à Kiri. Elle pouvait se permettre de plus en plus de choses, prendre de moins en moins de précaution et gare à celui ou celle qui viendrait oser se dresser en travers de son chemin. Selon la personne qu’elle avait face à elle, l’adolescente pouvait être d’une cruauté sans nom, et plus le temps passait, plus ce fait devenait vrai. Etait-ce vraiment pour une bonne chose ? seul l’avenir nous le dira. Quoi qu’il en soit, elle ne faisait qu’appliquer ce que l’on lui avait appris, la loi du plus fort. Le mizukage n’était-il pas le ninja le plus puissant et contrôlable pour le Daimyo ? Question de point de vue sans doute.

Madoka allait peut-être bien éviter de tuer d’autres personnes sous le ciel étoilé la nuit, en plus, ce n’était pas comme si c’était lorsque l’astre lunaire était levé qu’elle était la plus active ! Ce n’était vraiment pas de chance, mais se lever à midi était une bonne base tout de même. Elle garda alors dans le creux de sa main le morceau de papier, qu’elle mit en boule dans sa poche. C’était bien connu, c’était comme cela que l’on pouvait le ranger dans une poche le plus soigneusement. Peut-être pour se punir, l’adolescente se forçait à être seule et elle faisait tout pour faire fuir tout le monde de sa propre personne afin d’être certain que personne n’intervienne. Cela lui donnait l’occasion de se dire qu’elle était seule et de se plaindre.

Datalia Madoka • « T’es quelqu’un de plutôt cool … »


Laissa seulement dire Madoka, alors qu’elle sauta sur un toit comme pour partir, les bras dans le dos.
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