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L'aveu

Byakuren Masato
Byakuren Masato

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Ven 23 Nov 2018 - 16:38
La tension, l’angoisse et le cœur lourd. Un portrait qu’on enferme à tout jamais dans une case, des rides qui perpétuent la fatigue de l’âge. Masato, à défaut de faire les cent pas dans son bureau, ne pouvait se résigner à effectuer ses taches quotidiennes. Il était prisonnier d’une lettre qu’il avait faite envoyer, une missive d’alerte.

Jamais il n’avait pensé qu’un jour le nom de Wasure resurgirait des abysses, ni avoir à y envoyer une escouade militaire pour confirmer les rapports d’urgence. La prison du déshonneur aurait été menacée, selon des sources présentes sur place. Le Seigneur avait donc dû choisir entre le risque de révéler sa plus grande fragilité ou ignorer catégoriquement la situation.

Soupir.

Les jours paraissaient si longs depuis qu’il avait apposé son cachet sur ce message et potentiellement condamné son destin ainsi que ceux de ses émissaires improvisés. Sa course effrénée sur le cours du jeu politique était usante. Un jour Hi, le lendemain Mizu, Tetsu… Voilà que même un pays qui n’était pas censé exister se manifestait.

Calmer les ardeurs du Yûkan était une danse d’improvisation, une perpétuelle remise en question. A s’en pourrir l’esprit, à en oublier les fondements. Les accords de jadis avaient détruit toute forme d’intégrité chez les princiers. Le poids du silence, porté par des Seigneurs aux langues scellées par la crainte d’un contexte si friable qu’il pouvait casser à chaque écart.

La bien-pensance ? On lui avait arraché en même temps que son cœur.

Au loin ; des murmures qui deviennent tumultes. La sentence qui arrive. La porte est enfoncée dans un fracas indélicat. Masato se tourne, veut faire face avec dignité à son jugement, mais le visage impétueux qui s’approche est loin d’être celui envers qui il aurait pensé débattre.
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Byakuren Yume
Byakuren Yume

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Dim 25 Nov 2018 - 18:11
L'aveu
Ft Byakuren Masato et ???

Keep your face to the sunshine and you cannot see a shadow.


De toute ta vie, tu n'avais jamais manqué de tempérance. C'était ainsi que tu avais été élevée, ainsi que tu avais été programmée. En robot incolore ; en masque politique. Une sans visage qui perdait toute son humanité par la froideur de son titre. Tes bras qui enfoncent la porte princière brisent alors ce pacte de retenue. Le bois et le métal crissent pour finalement se briser sur les murs dans un grondement inhumain.

C'est toi, et toi seule que ton père devra affronter.

Les révélations de Wasure étaient trop lourdes pour que tu ne franchisses pas un seuil que avait fuit. Le Seigneur Masato : Le Lotus blanc. Celui qui prônait la justice et la sagesse avait tout. S'il avait réellement un poids participatif à cette prison politique, alors les idéaux que tu pensais légitimes s’effondreraient aussitôt et la crédibilité d'un père avec eux. C'est dans l'effroi que tu marches frénétiquement vers le Daïmyo ; Et de douleur que tes mots se teintent :

- Dîtes le moi... Dîtes moi Père que tout ceci n'est qu'affabulation !

Un supplice, une ultime chance de rédemption. Tu priais pour entendre Masato s'offusquer, s'étonner non pas de ta venue, mais des raisons qui t'amenaient à lui. Malheureusement, son regard grave suffisait à témoigner pour lui : Tu n'avais pas besoin d'en dire plus. Il savait déjà de quoi tu l'accusais. Vous étiez une famille où un simple regard pouvait écrire des livres entiers, débattre sans mots, fustiger en silence.

La pièce se tamise alors par la gravité que ta simple présence apportait. Tu étais celle à qui il ne pourrait pas mentir, même s'il le voulait. Son sang royal ne lui donnerait pas d'atouts, car il avait en face de lui le reflet de son jeu. Un miroir qu'il avait forgé de ses mains, des années durant, et qu'il allait aujourd'hui devoir restaurer.

- J'ai vu de mes propres yeux cette prison briser ses chaînes ! Et par ma faute, Kyôshirô...

Ton regard sombre, honteux. L'aveu de tes erreurs, ton aveu.

- Il s'est jeté seul pour défendre quelqu'un comme moi. Quelqu'un comme vous Père ! Car nous sommes les accusés : ceux qui auraient créé un lieu de démence. Un pays dont le nom est tu parce qu'il recueille les pires reflets de la féodalité. Celle que vous disiez toujours vouloir combattre !

Un haut le cœur. Il fallait que tes mots gravent le marbre immaculé que représentait Masato. Qu'il entende aussi ton appel, ta frayeur. Qu'il te rassure, comme il l'avait toujours fait : Qu'il nie toute cette noirceur incompatible avec l'essence même du Lotus blanc.

Une angoisse grandissante, si instable qu'elle t'arrachait au monde ; Ignorant alors la troisième silhouette qui se glissait dans ton dos...


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Shiroi Kujaku — I am blooming from the wound where I once bled
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Bakuhatsu H. Kyôshirô
Bakuhatsu H. Kyôshirô

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Ven 7 Déc 2018 - 17:10
« Ce n’est pas le cas, Yume. J’avais déjà entendu le nom de code Wasure avant. Et les premiers retours que j’ai eus depuis mon retour tendent à confirmer ce que nous avons vus là-bas. »

En voyant la réaction que pouvait susciter son arrivée, le Bakuhatsu avait bien conscience qu’on l’avait peut-être considéré comme mort. Que ce soit pour l’ancienne princesse ou pour le Seigneur, la survie du Yondaime serait sans aucun doute une bonne nouvelle et donc d’un confort inestimable pour l’instant présent.

Même s’il était rentré depuis quelques temps au village caché de la Roche, il n’avait pas oublié l’importance de prendre une entrevue avec le Seigneur. Mais il avait toujours pensé que le mieux serait de convier la fille de ce dernier. Il fallait croire qu’aujourd’hui, c’était bien Yume qui avait pris les devants. Ce n’était qu’après avoir demandé des nouvelles sur les soldats avec lesquels il s’était rendu sur Wasure no Kuni qu’un Jônin était venu informer son Kage de leur retour. Yume, Shin, Gabushi : tous étaient en vie.

« J’ai voué ma vie aux Byakuren et même si je suis aujourd’hui le Tsuchikage, je n’ai pas changé. Jamais je ne l’ai regretté. Voir grandir une princesse dont le rêve a toujours été de sortir de son confort pour devenir forte et capable d’agir ou être près d’un Seigneur qui a réussi à protéger et pacifier un pays qui attirait toutes les convoitises… »

Ses pas faisaient s’approcher Kyôshirô du Seigneur Byakuren, mais aussi de sa fille unique. Ce fut tout d’abord à la hauteur de cette dernière qu’il arriva. Et sa main droite se posant sur l’épaule de Yume tenta d’apporter un peu d’apaisement dans une discussion qui avait tout pour être déroutante. Mais ce geste rappelait aussi la perte du bras gauche du Yondaime.

Il donna un regard plein de compréhension et de sympathie à l’héritière. Tous deux devaient pensaient à beaucoup de choses. Mais ce n’était pas la première chose à faire. Non, il ne fallait succomber ni à l’urgence ni aux hypothèses accusatrices. L’œil du Bakuhatsu s’en alla défier le regard du Lotus Blanc.

« L’accord de Wasure no Kuni m’a pris un bras. Que vous a-t-il pris pour que vous l’acceptiez sans même vous battre, Seigneur ? »
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Byakuren Masato
Byakuren Masato

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Lun 10 Déc 2018 - 21:35
Premier fracas, premières envolées. Les accusations que porte son héritière font s'affaisser un peu plus la mâchoire de la figure royale. Mais ce qui achève ses derniers éclats de prestances sont des témoignages virulents. Comment son unique enfant en vie avait-elle pu voir d'elle même ce qu'il cherchait à lui cacher depuis toujours ?

Quand Kyôshirô rentre, c'est de la colère qu'il ressent, et non plus de la peine. Il lui avait fait promettre de protéger sa fille au même titre que le village qu'il dirigeait désormais. Et voilà qu'il mettait en péril les deux. Il ignora la vision d'un bras amorphe que le Kage ne pouvait dissimuler derrière de simple tissu, et leva le menton avec une véhémence nouvelle :

« Est-ce ainsi que tu tiens tes promesses Kyôshirô ? En envoyant ma descendante droit vers sa mort ? »

Ses pupilles s'étaient teintées d'une lueur néfaste : Celle d'une douleur froide qu'on ravive...

►►►

« Byakuren-san... Il serait peut-être plus raisonnable de... »

« Ça suffit ! Je ne tomberai pas dans le bas jeu de mes ancêtres. Alliés ou ennemis, cette histoire est une honte pour notre nom et je ne me plierai pas aux volontés masquées et leurs non-dits. Nous irons à Wasure, et nous sortirons de cette chaîne infernale. »

«… Si c'est ce que vous souhaitez... Seigneur. »

►►►

Une rose blanche, pour un cœur arraché.

La pluie s'était invitée au bal des morts, à cette escorte funeste. Le cercueil de verre semblait glisser sur les paumes jusqu'au sommet de la montagne où la tombe avait été préparée. Il ouvrait la marche, suivi de peu par le Seigneur Masato et son unique fille, Byakuren Himiko.

La chrysalide est déposée dans son cocon et est très vite recouverte des fleurs qui semblaient juste vouloir camoufler le visage que portait l'horreur. Celui d'une femme mutilée jusqu'à la mort.

A la fin de la cérémonie, un lâcher de colombes ; on disait qu'elles emportaient les âmes des défunts dans leur envol pour qu'elles rejoignent leur prochaine vie. Pour la paix intérieure. Pour le symbole.

Mais l'un des volatile fit demi-tour, et se déposa sur la main du Seigneur. Sous ses aile dépassait une lettre cachetée :

Citation :
« Si vous ne restez pas à votre place... La prochaine sera votre fille »

►►►

Masato s'appuie sur une main déposée à la hâte contre son bureau. S'il ne s'accroche pas, il tombe. Mais pour rester digne, pour être un véritable Byakuren, il s'entête à garder le visage droit, s'empêchant presque de respirer pour ne pas faiblir.

« J'ai essayé de combattre ces siècles de torsions politiques. Mais plus les années passaient, plus le secret d'une prison gérée par les seigneurs devenait impossible à trancher. Parce que si une maille s'en va, c'est la chaîne entière qui tombe. Mes homonymes le savaient, et en me dressant contre cette terre isolée, je suis devenu moi même un ennemi des puissants. »

La main de Masato glisse lentement vers un tiroir de son bureau. Il en sort un cadre vieillissant... Un cadre qu'il n'avait jamais osé sortir depuis des années..

Spoiler:
 

« Ma première femme... Mon âme-soeur... Kaeri. »

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Byakuren Yume
Byakuren Yume

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Jeu 27 Déc 2018 - 15:46
L'aveu
Ft Byakuren Masato et ???

Keep your face to the sunshine and you cannot see a shadow.

La voix rauque qui s'était manifestée dans ton dos acheva le peu de retenue qu'il te restait alors. Kyôshirô était apparu comme pour répondre à tes supputations morbides. Il n'avait rien d'un défunt, mais il n'avait rien des vivants non plus. Son visage tombait, comme ses épaules alourdies par la gravité de la situation.

Son regard unique ne croisa pas pour autant le tien, il faisait aujourd'hui face à Masato, et tu n'étais qu'une pièce rapportée de ce jeu mesquin. Connaître la vérité. Approfondir les accusations.

Ton père eut comme première réaction un élan de fureur : Celle de te savoir en danger, loin des frontières de la roche. Une ultime défiance à ton calme. Était-ce vraiment le plus important, là, entre ces murs ?

- Je suis seule responsable de ma présence sur les terres de Wasure no Kuni. Vous avez lancé un appel d'alerte, que j'ai suivi en raison de mon nouveau statut.... En tant que simple kunoichi.

La confrontation était lancée. Ton père avait en horreur les comparaisons avec les forces armées. Te revendiquer comme tel ne pouvait que raviver sa colère et son autorité féodale. Pourtant, bien que crispant le poing, il ne s'attarda pas sur cette réplique. Une fois de plus, on parlait de toi, en ton nom, mais tu n'avais aucune place dans cette conversation. Comme un pantin translucide qu'on aime articuler, mais qu'on ignore dès qu'il veut parler de lui-même.

Kyôshirô, en unique interlocuteur, s'avança pour déclarer son état. Il avait été vaincu, estropié et brisé. Pour une affaire d'état... Pour le sang des nobles. Et il demandait maintenant avec légitimité si son combat valait la peine d'être mené.

Au lieu de s'indigner, le Daïmyo s'approche d'un endroit que tu redoutes. Sa main entoure la poignée d'un tiroir que tu haïssais. Ses doigts effleurent un cadre simpliste, avant de vous présenter un portrait que tu connaissais déjà : Byakuren Kaeri.

Son âme-soeur.
Celle qui a aimé, et aimera toujours. La rayonnante Kaeri...

Ton poing se serre à son tour. Si la situation justifiait l'émotion, la tienne devenait égoïste et amère. Ta mère, Yoru, et toi aviez toujours été les seconds choix. La solution de secours, celle qu'on prend par dépit.

- Vous voulez donc dire que votre première femme a été tuée par nos confrères féodaux parce que vous vouliez vous émanciper de cette affaire de prison ?

Une question rhétorique. La réponse était déjà entendue. Ton père était sincère et ne pouvait commettre de parjure en mentionnant Kaeri, par respect aveugle envers sa défunte bien-aimée. Les faits étaient donc bien plus effrayants qu'une simple histoire de prison cachée. Cela impliquait le Yuukan tout entier, et n'importe quel pouvoir politique aurait pu ordonner cet homicide.

- ... Quoi qu'il en soit, la nouvelle sera bien vite rependue si la rédactrice du Kunaï émoussé s'en est sorti indemne. Et dans ce cas, le courroux des peuples envers leurs Seigneurs sera violent et tout aussi fulgurant que les assauts des prisonniers libérés. A moins....

Ton regard devient froid et intransigeant. Les prunelles de glace, contre les prunelles encrées.

- ... A moins d'avoir recours à un jugement public.... Par le peuple lui même


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Bakuhatsu H. Kyôshirô
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Lun 31 Déc 2018 - 15:07
Bakuhatsu Kyôshirô se dégoûta presque de lui-même lorsqu’il fut soulagé d’entendre le nom de la première femme du Seigneur Byakuren : Kaeri. Après tout, comment ne pas se sentir honteux en étant soulagé de penser à la mort, qui plus est d’une femme innocente ? Pourtant, cela signifiait que l’homme que le Tsuchikage avait servi pendant plus de quinze ans avait été l’un voire le seul Seigneur à avoir tenté de briser le secret de Wasure no Kuni. Ce soupir et ce soulagement tiraient leur source du fait que le Byakuren n’était pas l’un de ces fomenteurs. Il y avait été contraint.

Mais était-ce suffisant ? Devenu l’ennemi des puissants pour le paraphraser, le Lotus Blanc avait vu son premier amour assassiné. Depuis, il s’était enfoncé dans un mutisme qui avait prolongé de plusieurs années cet accord officieux et immoral du Pays Oublié et de sa Prison Inavouée. Moins fautif, ayant essayé… Byakuren Masato n’en restait pas moins responsable.

« Votre fille a raison. »

Il s’avança.

« La complicité passive ou forcée, vous avez déjà eu à traiter et décider de la sentence en tant que Seigneur. A chaque fois, vous vous êtes entourés de votre Conseil, dont je faisais partie. Des décisions collégiales pour des sujets si sensibles. Dans votre cas, vous ne pouvez pas laisser vos Conseillers vous juger… »

Le Yondaime jeta un regard vers Byakuren Yume. Que ressentait-elle à ce moment ?

« Il faut que ce soit votre peuple qui vous renouvelle ou non votre confiance, suite à vos explications. Et en tant que la dernière de vos décisions… »

Son regard ne put faiblir.

« … si ce vote est en votre défaveur, j’en ferai un à Iwagakure no Satô me concernant. »

C’était tout à fait cohérent. Si le peuple décidait que Byakuren Masato ne devait plus être le Seigneur de Tsuchi no Kuni, alors Bakuhatsu Kyôshirô, dont la nomination à la tête d’Iwagakure no Satô était la dernière grande décision qu’il avait prise, se devrait elle aussi d’être réexaminée.
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Byakuren Masato
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Mar 1 Jan 2019 - 21:30
Et voilà que les regards accusent, que les mots acculent. Masato perd le front en évoquant sa faiblesse : Celle d'avoir échoué jadis à la protection digne de son pays, et de sa famille. L'histoire de sa regrettée Kaeri n'eut pas l'air d'apaiser les mœurs partagés des deux alliés. Aujourd'hui ils faisaient face ensemble à un ennemi oublié. La notoriété d'un souverain. Son prestige.

« De ma vie je n'avais eu à m'abaisser à ce genre de pratique... »

Un front plissé, signe d'une vieillesse qui en disait long. Son sang noble était inébranlable, sa couronne, enracinée.

« … Mais pensiez-vous vraiment que je n'avais pas déjà préparé mon salut ? »

Il range le portrait dans son tiroir, trop précieux à ses yeux pour rester ainsi. Et de son expression nostalgique devient grave. Il reprend sa carrure de Seigneur. Il n'y a nulle malice dans son regard, mais une étincelle sombre illuminait son regard d'une nouvelle puissance. Comme s'il avait toujours une longueur d'avance sur ses consultants. Comme si, par prétention ou par légitimité, il les regardait toujours de haut, de sa place royale.

Il se tourne finalement, se rapproche d'un pan de mur qui était recouvert d'un tissu émeraude, surpiqué au doré. Ses mains arrachent le drapé, le faisant danser avec la lumière. Derrière se trouve une affiche. Pas n'importe qu'elle affiche. Une annonce officielle, sur un papier des plus soignés. En son sommet, un titre : « L'heure du jugement ».

Trois mots qui en disent long sur ce qu'avait préparé Masato en silence. Quelques phrases qui accompagnent le symbole sacré du Daïmyo ; annonçant un vote public ou chaque citoyen serait invité à participer.

L'aveu.

Une arme à double tranchant. Son statut dépendrait bientôt de la bienveillance du peuple, ou de son hérésie. Car Masato le savait ; Personne ne pouvait régner comme il le faisait. Personne ne saurait jouer avec les caprices du Yuukan comme lui. Personne n'aurait la sagesse d'un Byakuren. Le destituer plongerait Tsuchi, et plus généralement, le monde tout entier, dans un chaos sans pareille.

Spoiler:
 
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Bakuhatsu H. Kyôshirô
Bakuhatsu H. Kyôshirô

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Mer 2 Jan 2019 - 14:38
Comme si le Daimyô avait encore une fois cherché à prouver quel grand personnage de ce monde il était, le papier officiel qu’il brandissait annonçait tout l’envers d’un décor déjà prévu. Non seulement cela rassurait encore plus le Bakuhatsu sur la position de l’homme qu’il avait suivi pendant toutes ces années, mais cela officialisait l’idée que sa fille Yume avait annoncée et que le Tsuchikage avait soutenue.

Dans les prochains jours, ou prochaines semaines en fonction des priorités, le premier grand vote national serait établi dans toute la province de Tsuchi no Kuni. Non seulement Iwagakure no Satô mais même tout le reste du Pays de la Terre seraient amenés à voter. Et sans forcément avoir besoin de confirmation orale de la part du Daimyô, chacun de ses votes serait équitable : celui d’un ninja de la Roche n’aurait davantage de poids que celui du modeste travailleur de champs.

N’était-ce pas Kumogakure no Satô qui avait fait pareil pour la nomination de leur première Ombre ? Cela ne s’était d’ailleurs pas fait sans danger, puisque ces votes avaient vraisemblablement été truqués. Que c’eurent été que de simples rumeurs pour certains ne changeaient pas les faits : le premier Raikage n’avait pas duré. Et tout le reste… Cela était un rappel, peut-être inutile, sur la possibilité que ces élections à venir soient touchées par la corruption : dans un sens comme dans l’autre. Kyôshirô aiderait à mettre tout en œuvre pour que l’impartialité et les dispositions nécessaires pour un vote objectif soient mises en place.

« Yume, peux-tu m’attendre dehors, s’il te plaît ? »

Même s’il avait adressé sa question à l’ex-princesse – qui le restait toujours à son avis personnel – c’était vers le Daimyô que Kyôshirô adressait un regard non seulement très soutenu, mais sombre.

« Le Tsuchikage doit s’entretenir avec son Seigneur, appuya-t-il comme pour signifier que c’était un ordre légitime. »


Byakuren Yume était partie. De son côté, le Daimyô avait pris soin de s’assurer qu’aucun de ses gardes ni conseillers ne viennent perturber cette partie plus « privée » de cette entrevue.

« J’ai beaucoup appris en vous servant vous et le pays. Et vous savez que même si ce futur vote n’est pas en votre faveur, je poursuivrai mon devoir. Désormais… »

Il courba légèrement le buste. Son regard frôla le sol avant de regagner celui du Lotus Blanc.

« … j’ai compris que j’étais le plus à même de gouverner Iwagakure no Satô. J’ai entrepris des actions et j’ai bon espoir qu’elles porteront bientôt leurs fruits. La Roche sera bientôt le village militaire le plus craint et respecté du Grand Continent. »

Le Yondaime se redressa.

« Mais je voulais surtout vous confirmer qu’il va m’être de plus en plus difficile de cacher la raison légitime de ma nomination. A vrai dire, je pense même que ce n’est plus qu’une question de semaines… »

Il courba l’échine une dernière fois avant de tourner les talons.

« … avant qu’Iwagakure no Satô sache véritablement qui je suis. »
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