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De marionnettiste à marionnettiste [Toho Kobayoshi]

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Jeu 3 Jan 2019 - 0:08
Zô glissa un rouleau dans sa poche, sortit de son petit appartement et ferma la porte à clef. Il glissa la clef dans son autre poche, et descendit un escalier en colimaçon qui le mena à une porte. Il franchit cette porte, et se trouva dans la rue, pleine de monde bruyante, débordante d'énergie comme il l'avait toujours connue depuis le peu de temps qu'il l'habitait. Ce jour-là, le soleil ne tapait pas avec autant d'intensité que les jours précédents. Il avait refréné ses rayons pour la journée, et s'était caché derrière un pudique voile d'épais nuages gris. Le ciel tout entier, imitant sa conduite, avait adopté cette tenue, et c'est sous cette grisaille morne, et plutôt triste, que Zô commença sa marche à travers les veines et les artères du village. Ses bottes frappaient les pavés dans un bruit sec et sonore. Il marchait avec une allure décidée. Il avait un but, une destination. Il s'y dirigeait résolument.

Quelques jours s'étaient écoulés depuis qu'il avait fait une première visite au Dojo, centre névralgique de la vie militaire pour la plupart des shinobis de Kiri. Là, il avait non seulement fait la rencontre de quelques pairs shinobis, mais surtout il avait pris un premier contact avec un autre marionnettiste, Toho Kobayoshi. Il ne s'attendait pas à la trouver là, à Kiri. A vrai dire, il ignorait tout des marionnettistes dans le Yuukan: les seuls qu'il avait jamais fréquenté étaient les membres de sa famille, rompus au maniement des pantins de combat. Mais c'était tout. Quid des autres techniques de fabrication des pantins, de leur maniement ? C'était avec cette question à l'esprit qu'il se dirigeait, aujourd'hui encore vers le Dojo. Il était bien décidé à en apprendre plus sur Kobayoshi. Sur l'art qu'il pratiquait, sur ses origines, et surtout sur les moyens qu'on avait mis à sa disposition dans le cadre du village.

En effet, si Zô était avant tout motivé par une certaine curiosité intellectuelle, il ne perdait pas non plus de vue la possibilité qui pouvait s'offrir à lui de trouver une situation stable, plus table en tout cas que celle de simple shinobi qu'on pouvait envoyer aux quatre coins du Yuukan pour remplir une mission, en faisant valoir ses talents particuliers de marionnettiste. Il avait une connaissance assez peu commune des mécanismes, de l'ingénierie de base et de son application au domaine militaire. Sans doute Kobayoshi avait-il les mêmes caractéristiques, et ce devait être ces caractéristiques-là qui lui avaient permis de décrocher une situation au sein du Dojo. Peut être Zô pourrait-il être lui aussi affecté à un organisme du village ? Il recherchait avant tout de la stabilité. Une stabilité qui lui permettrait de mener à bien quelques recherches dont l'idée commençait déjà à germer dans son esprit. S'il pouvait en plus de cela dégoter un lieu où travailler en toute tranquillité ... Mais c'était peut être un peu trop demander.

Il avançait d'un bon pas. Déjà, l'entrée du Dojo se profilait devant lui. Il n'avait pas prévenu Kobayoshi de sa visite. Il pensait cependant que son camarade le recevrait. A moins qu'il ne soit parti en mission. Auquel cas, Zô reviendrait, sans problème, un autre jour. Il comptait beaucoup sur le fait que la curiosité que Kobayoshi avait suscité dans son esprit était semblable à celle que lui-même avait pu susciter dans son esprit. Les marionnettistes ne devaient pas courir les rues, même à Kiri. Et que deux d'entre eux se rencontrent ne pouvait pas rester un événement sans conséquences. Zô était particulièrement curieux, et il attendait beaucoup de cette rencontre. Il espérait bien que c'était aussi le cas pour Kobayoshi.

Il arriva devant la salle où il avait déjà rencontré Kobayoshi. Elle était alors remplie de pantins, dont le marionnettiste faisait l'exposition. Ce jour-là, elle n'était remplie que de shinobis s'entraînant au maniement du sabre. Un instructeur était présent, qui surveillait le bon déroulement des exercices. Zô se dirigea vers lui, d'un pas assuré, le coeur battant la chamade.

"Excusez-moi, monsieur. Sauriez-vous me dire si Toho Kobayoshi est ici, s'il vous plaît ?
-L'est pas là. Parti en mission."

Le visage de Zô s'affaissa d'un coup, comme un soufflé.

"AH !"

Zô glissa un rouleau dans sa poche, sortit de son petit appartement, et ferma la porte à clef. Il glissa les clefs dans son autre poche, descendit des escaliers, franchit la porte qui le mena à la rue, rue bondée, exaltée, sous un ciel maussade, lourd ... Bref. Ce jour-ci, plus que de la détermination, c'était presque de l'agacement qui motivait ses pas. Il détestait perdre son temps. Il courut presque, pour arriver jusqu'au Dojo. A nouveau, il se présenta à la porte de la salle d'entraînement, prêt à y trouver à nouveau une classe en train de se dérouler. Mais aucun tintement de sabres. Aucun cri. Pas même d'instructeur.

Seul, au milieu des tatamis, se tenait un jeune homme. Zô eut un léger sourire.

"Hep !"
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Toho Kobayoshi
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Jeu 3 Jan 2019 - 13:26
Kobayoshi venait de rentrer de mission et comme a son habitude, il faisait un passage par le Dojo pour s'assurer de l'état de ce dernier. Il tomba sur le gardien qui le salua chaleureusement.

«  Bonjour Kobayoshi, alors cette mission c'est bien passé ? Ah au fait un jeune homme est passé il y a quelques jours il voulait te voir. »

Le marionnettiste fut surpris de cette annonce.

«  Bonjour Maître gardien, oui la mission à été effectué sans difficulté merci de vous en soucier. Qui était ce garçon ? »

Le gardien haussa les épaules pour signifier son ignorance quant a l'identité du mystérieux personnage.

«  Bon je suppose que si c'est important, il se présentera a nouveau. »

Kobayoshi tourna les talons se dirigeant rapidement faire son inspection dans les salles, puis reprit le chemin de sa maison ou son père dormait déjà a point fermé. La nuit passa mais le sommeil traîna a le trouver, il se creusait la tête, songeant a qui pouvait bien être la personne qui souhaitait le voir et surtout pour quel raison. Le soleil n'était pas levé mais Kobayoshi avait suffisamment dormi et plutôt que de rester a traînasser dans sa chambre il préférait travailler au Dojo, il enfila rapidement sa tenue et accompagné de Kosu dans son dos prit la chemin de l’établissement majestueux.

Il était en train de réparer un lame de parquet abîmé lorsqu'il entendit une voix dans son dos. Étant absorbé dans sa tache il fut surpris et d'un doigt mit en protection Kosu entre lui et la voix qui venait de le surprendre. Le réflexe avait été instantané et si rapide que Kosu s'était placé avant même que Kobayoshi ne puisse se retourner et apercevoir son interlocuteur. Il se pencha un peu et aperçu Okubo Zo, un ninja qu'il avait rencontré quelques jours auparavant lors de la petite expo organisé par le gardien. Un rire nerveux s’échappa de Kobayoshi qui descendait doucement de pression.

«  Humm... Désolé tu m'as surpris Zo. »

Zo était revenu le voir, et Kobayoshi comprit alors que ce qu'il avait pensé lors de la première rencontre devait s’avérer vrai, lui aussi avait un lien avec les pantins, mais ne l'ayant pas entendu directement de la bouche de ce garçon, il préférait attendre que ce dernier lance le sujet.

Il commanda a Kosu de se replacer dans son dos et se releva doucement avec le sourire.

«  C'était toi qui voulait me voir n'est ce pas ? Le gardien m'a prévenu qu'un gars voulait me voir, et honnêtement je ne m'étais pas imaginé une seconde que ça pouvait être toi. Je suppose que tu veux reprendre la conversation ou elle en était resté avant que tu disparaisse l'autre jour lors de l'exposition n'est ce pas ? »

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Jeu 3 Jan 2019 - 23:33
Zô sursauta en voyant le pantin jaillir devant lui. Son premier réflexe aurait été de se cacher derrière un des piliers de la salle, mais il réfréna cette pulsion. La marionnette ne semblait animée d'aucune intention agressive de la part de son manipulateur. A l'évidence, elle n'avait été déplacée que dans un sursaut. C'est ce que vinrent confirmer les paroles de Kobayoshi. Zô sourit légèrement, en guise de pardon. La vitesse de mouvement du pantin était remarquable. Surtout, les réflexes défensifs de Kobayoshi étaient admirables. Zô ne pouvait sans doute pas se vanter de réagir aussi rapidement si jamais il était en situation de danger. Il n'avait véritablement pas affaire à n'importe qui. Kobayoshi était un bon artisan, et a priori son talent s'élargissait aussi à sa maîtrise de ses créations. C'était un bon signe. Après tout, à quoi servirait un sabre au forgeron qui ne sait pas le manier ?

Zô fit quelques pas en avant, alors que le pantin s'écartait. Il ne se départait pas de son sourire léger, assuré. Il était particulièrement intéressé de voir dans quelle direction leur discussion allait partir, comment elle allait s'orienter. Même s'il comptait bien l'aiguillonner quelque peu ... selon la réceptivité de son interlocuteur.

"Oui, je me suis sauvé un peu comme un voleur ... J'en suis désolé. Mais j'ai pensé que continuer à t'interroger en si bonne compagnie n'aboutirait à rien de bon, et je n'aurais pas voulu gâcher des retrouvailles entre amis. C'est pour ça que je suis revenu te voir aujourd'hui: je pense que nous avons beaucoup de choses à nous dire."

Il glissa la main dans son dos, et en tira le rouleau qu'il avait ceint à sa ceinture. Il le déplia, révélant un sceau complexe, tracé dans une vieille encre dont la couleur s'était altérée avec le temps. Un instant plus tard, un nuage de fumée s'échappait du sceau, et du nuage émergeait une forme sombre. C'était un très grand pantin, d'au moins deux mètres de haut, qui semblait être de forme humaine, mais dont le corps était entièrement recouvert d'un drap noir. Seuls deux pieds blanc, recourbés en pointe à leur extrémité, et un masque ressemblant étrangement à un crâne de chèvre, et qui semblait être fait d'os, dénotaient dans l'apparence de la marionnette.

"Tu avais déjà quelques soupçons l'autre jour, je pense. Alors ça ne doit pas être une grande surprise. Je t'ai bien posé ces questions particulièrement insistantes -et je m'en excuse- parce que j'étais, d'une certaine façon, intéressé. Nous partageons un art, après tout ..."

Zô effectua quelques mouvements de la main, fit danser ses doigts, et son pantin s'inclina profondément. Ses gestes semblaient fantomatiques tant ses mouvements étaient cachés derrière le long voile noir qui le recouvrait, si bien que le pantin avait une allure assez macabre.

"J'ai déjà pu observer quelques-unes de tes créations, alors voilà mon pantin à moi. Je ne l'ai pas fabriqué, il était déjà comme ça quand j'en ai pris possession. Mais je connais bien ses mécanismes. Même s'ils sont un peu anciens, je les entretiens et ils sont suffisamment efficaces à mon goût. Cette marionnette s'appelle Oiwa."

Zô coupa les fils de chakra qui reliaient sa main à son pantin. Aussitôt, la marionnette sembla s'affaisser, mais resta sur ses deux pieds. Son corps semblait désarticulé, et son masque, qui faisait office de visage, était étrangement orienté. On aurait dit un cadavre étrangement mutilé, qui tenait encore debout. Zô s'approcha de Kobayoshi un peu plus.

"J'imagine que tu peux imaginer les raisons qui me poussent à vouloir te parler en tête à tête, aujourd'hui. Et, pour commencer, je serais curieux de savoir d'où te vient la pratique du Kugutsu. Je ne connais pas d'autres marionnettistes que ceux de ma famille, et je ne m'imaginais certes pas que nous étions les seuls au monde, mais je ne sais rien des autres. Alors, pourquoi ne pas éclairer ma lanterne ?"
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Sam 5 Jan 2019 - 9:45
Zo était bien la personne qui essayait de le voir au Dojo, et maintenant qu'il était face a lui il lui annonçait qu'il était également un marionnettiste et pour appuyer ses mots il fit apparaître un pantin de grande taille de son rouleau d'invocation. Kobayoshi n'était pas particulièrement surpris il avait émis cette hypothèse lors de la première rencontre avec ce garçon. Les deux pantin étaient face à face, leurs contrôleurs placés derrière eux.

«  Bah ça pour une surprise... En fait non ce n'en est pas une. J'avais de gros doute, et je suis content de constater qu'ils sont fondés. »

Kobayoshi dépasse Kosu et fait quelques pas vers Zo.

« Tu sais quand je t'ai vu l'autre jour, j'ai vu un beau mec débarquer et j'ai été sur la défensive, pour tout te dire ta tête ne me revenait pas. Mais je ne suis pas le genre de garçon qui reste bloqué sur sa première intuition, et je suis très heureux que tu sois venu me voir. Il faut être honnête, ça fais du bien... Je n'avais jamais vu personne ayant le même style que le miens. »

L’ingénieur du Dojo admire sous toutes les coutures le pantin.

« C'est vraiment une conception ancienne que tu as la, il est... étrange. Qui est le créateur ? Je suis curieux de voir ce qu'il sait faire, et qu'elle sont ses mécanismes de défenses ou d'attaques. »

Toujours absorbé dans l'étude d'Oiwa, il écoute attentivement ce que Zo lui dit. Il le questionne sur ses origines de la pratique de ce style, et lui explique qu'il n'en connaît aucun autres si ce n'est les membres de sa famille.

* Donc il sont plusieurs... * Songea Kobayoshi.

«  Tu as eu de la chance Zo... » lâcha t il pleins de sincérité, avant de prendre une grande inspiration, il se devait d'expliquer son parcours à ce nouveau camarade, même si cela allait réveiller des vieilles blessures enfouis. Parler de son passé n'avait jamais été choses facile pour lui.

«  Je n'ai pas eu la chance d'avoir une famille pour m'enseigner ce savoir, pour tout te dire, j'ai appris seul. Mes parents étaient menuisiers, ma mère à été tué quand j'étais jeune par un ninja renégat pendant l'absence de mon père. Ce dernier rongé par le chagrin à mit tout son cœur dans la participation de création du village, et j'ai été livré a moi même. C'est sensiblement a cette période que j'ai découvert que j'avais des aptitudes que mes parents n'avaient pas, le chakra. Voulant attirer le regard de mon père sur moi je me suis mit a travailler le bois, pour lui montrer que j'avais hérité de leurs talents. A l’époque je faisait des petites fabrications puis petit à petit j'ai atteins ce niveau, je suis ce que l'on peut appeler un autodidacte. J'ai longtemps bataillé dans le village pour faire ma place, mon style n'étant pas prit au sérieux par les grands clan et leurs pouvoirs héréditaires, mais a force de courage et de travail aujourd'hui je suis reconnu et je performe dans notre art. Toutefois la ou tu pensais pouvoir en apprendre plus, c'est moi qui veux en apprendre davantage, parle moi de ta famille, de vos pantins, d’où vous venez, et quel sont réellement vos capacités ? »

Kobayoshi avait posé son regard sur Zo et son regard trahissait a présent son impatience, mais aussi une forme de satisfaction, en effet son nouveau camarade ne devait sûrement pas s'attendre a entendre une tel histoire et en y réfléchissant le Toho pouvait être fier d'avoir fait un tel parcours.

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Sam 5 Jan 2019 - 17:59
Zô eut un sourire gêné. On ne l'avait pas souvent qualifié de "beau mec". Il ne savait trop quoi en penser, il se contenta de laisser la remarque passer. Il fut bien plus attentif, cependant, à tout ce que Kobayoshi avait d'autre à dire. Tous deux semblaient avoir pris des chemins très différents pour arriver à cette même maîtrise de l'art du Kugutsu. Ils avaient même des vies diamétralement opposées, en un sens. D'un côté, Kobayoshi s'était forgé lui-même, selon ses propres envies et besoins. De l'autre, Zô avait été constamment entouré de la connaissance des siens, qui se résumait à une érudition poussiéreuse. Par certains aspects, Zô enviait le parcours de son homologue. Par d'autres, il réalisait la chance qu'il avait eue de grandir entouré d'un milieu familial stable ... Un aspect de sa jeunesse qu'il avait tendance à éluder derrière sa haine de l'immobilisme intellectuel des siens.

"Je ne pourrais pas te dire qui l'a fabriqué. Il a été légué à ma famille par nos maîtres, il y a bien des générations. Au début du dernier siècle ... Il est très vieux, mais bien entretenu. Beaucoup des pièces qui le composent ont été changées, certaines plusieurs fois. Toujours avec beaucoup de soin. Mais je doute qu'il reste grand chose de la marionnette originelle ..."

Zô joua machinalement de ses doigts, et le pantin fut parcouru d'un spasme. Il effectua un élégant saut, tourna sur lui-même dans les airs, et retomba sur ses pieds avec toute la légèreté du monde. Zô sourit.

"Seul l'essentiel n'a pas changé. Quant à ses capacités, et tous ses mécanismes, je ne pourrais même pas tous les détailler. Ils sont sans doute plus nombreux que ce que j'imagine. Cette marionnette a été modifiée, améliorée, par les chefs successifs de ma famille. Chacun a pris le soin de laisser son empreinte, sans prendre pour autant le soin de recenser sa trouvaille. Ce qui est plutôt étonnant, étant donné les moeurs de la famille ..."

A nouveau, Zô relâcha les fils de chakra qu'il avait tendus en direction de son pantin, et le tissu noir s'effondra, comme désossé. Le masque en forme de crâne de chèvre continuait à épier le vide de ses orbites sans yeux. Zô se rapprocha de Kobayoshi, et s'assit en tailleur sur les tatamis de la salle. Si l'histoire de son homologue n'était pas plaisante à vivre, sans doute, la sienne ne l'avait pas été non plus. Mais, c'était dans un style bien différent.

"Ma chance est relative, par rapport à la tienne. C'est vrai que par certains aspects, j'ai pu être plus chanceux. Par exemple, je n'ai jamais connu ma mère: elle est morte quelques jours après ma naissance. C'est sans doute une consolation, plutôt que de l'avoir connue et d'avoir le sentiment d'absence. Pour le reste, je peux t'assurer que l'apprentissage que j'ai reçu de ma famille n'était en rien préférable à de l’autodidaxie. Ce que mon père s'est efforcé de me faire rentrer dans le crâne, ce sont des savoirs d'un autre temps, vieillots, et sans aucun intérêt pour le présent. Mon père -et toute ma famille avec lui- a toujours été un vieil homme. Un vieil homme aveugle, et sourd aux cris du monde extérieur ..."

Zô soupira. Il avait déjà consigné l'histoire des siens dans son journal, son ébauche de mémoires. Mais sans doute n'y avait-il pas de mal à se répéter un peu, et à faire partager sa propre expérience à quelqu'un qui s'estimait lésé par la vie.

"Ma famille vit à Hayashi no Kuni. J'arrive du même pays. Nous étions des bibliothécaires, les gardiens d'une importante collection d'ouvrages conservés par ma famille depuis des dizaines et des dizaines d'années. Nous étions à la solde d'un petit seigneur local, sans grande importance et dont tu n'as sans doute jamais entendu parler. Ma famille prétendait être érudite, n'adorer d'autre dieu que la Science. Une bande de fous aveuglés ... Ils n'étaient bons qu'à s'enterrer avec leurs écrits. J'ai divergé, parce que je cherchais de nouvelles connaissances, celles qu'une existence passée à moisir dans les rayons d'une antique bibliothèque ne pouvait m'offrir. Alors, je suis parti et j'ai volé ce pantin, en plus d'un autre. Mais je n'ai pas encore réussi à décoder les arcanes du sceau contenant l'autre. Voilà tout. J'ai passé une jeunesse dans une prison, en quelque sorte. Une prison sans barreau, mais si hermétique ..."

A nouveau, Zô soupira. Il n'aimait pas s'apitoyer sur le passé. Pourtant, il semblait que c'était ce qu'il devait immanquablement faire quand il en arrivait à évoquer le passé. A ses yeux, la voie qu'avait empruntée sa famille, depuis ses plus illustres ancêtres, ne méritait que de l'apitoiement. Il avait essayé de faire changer les choses: combien de fois s'était-il disputé avec son père. Mais le vieil homme n'avait rien voulu entendre. Tant pis pour lui. Zô avait sa conscience pour lui, et son expérience.

"C'est malheureusement tout ce qu'il y a à savoir sur les miens. Le reste ne serait que de vaines considérations sur leur cécité volontaire, et mieux vaut ne pas nous aventurer sur ce terrain ... Revenons-en à nos chers pantins, plutôt. Les miens sont de conception ancienne, comme tu l'as deviné. Certaines parties sont plus récentes que d'autres, comme je te l'ai expliqué, mais l'architecture générale reste celle d'un autre âge. J'aimerais remédier à cela. M'équiper de créations nouvelles, plus solides, plus à même de résister au temps et de s'adapter à de futures évolutions. Des pantins qui me soient propres, en quelque sorte ..."


Il planta son regard dans celui de Kobayoshi. Ses yeux ne reflétaient plus de timidité, ni même de vague jovialité. Ils étaient décidés.

"C'est là que nous pouvons nous être utiles, l'un à l'autre. Echangeons nos savoirs, entraidons-nous, partageons nos connaissances et nos savoirs-faire. J'ai dans le crâne la plupart des axiomes de mécanique et d'ingénierie que de doctes personnages ont édicté en leur temps. Tu as dans les mains tout le talent nécessaire pour donner vie à un pantin. Ensemble, nous pourrions faire de grandes choses, qui dépasseraient tout ce que les nôtres attendent de nous. Ensemble, nous pouvons tirer notre épingle du jeu, et sortir du lot. Nous pouvons donner ses lettres de noblesse à un art resté dans l'ombre."

Il n'ajouta rien. Il attendait seulement la réponse de Kobayoshi, avec un mélange d'excitation et d'anxiété.
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