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L'aube d'une nouvelle vie, ft. Aditya

Yasei Reikan
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Mar 15 Jan 2019 - 23:51
Le vent hurlait dehors, charriant une odeur qui allait changer le monde ; un nouveau départ pour notre chère Reikan. Dans la pièce débordant de cartons à moitié éventrés et de multiples babioles précieuses - tellement précieuses qu'elles en paraissaient fantomatiques -, qui servait de nouveau cagibi - c'est comme cela qu'elle l'appelait - à la tigresse, un lourd silence pesait. À peine le jour eut pointé le bout de son museau, que la jolie brune émergeait déjà de son sommeil tumultueux. Comme à chaque fois, s'endormir était devenu pour elle une plaie, à cause des cauchemars perpétuels qui hantaient son roupillon. Une fois réveillée, il lui fallut un bon moment pour qu'elle décide de s'étirer et qu'elle se lève enfin - à croire que chez les félins, la sieste était un don du ciel. La changeforme se dirigea vers la fenêtre afin d'ôter le rideau qui obstruait sa vue de l'extérieur. Sa mine, dépitée, ne pût traduire qu'un constat péjoratif: le temps de cette journée à Kiri s'annonçait profondément pourri. De toute évidence, elle ne pouvait en penser autrement, elle qui avait vu autant de ciels que de visages différents au cours de ses voyages. Elle n'avait pas le mal de mer, mais le mal de Kiri, avec toute cette brume. Bien que sa seule envie était celle de fermer ce fichu rideau pour ne plus avoir en vue cette brume opaque et silencieuse - de toute façon, il n'y avait quasiment rien à voir -, elle le laissa ouvert pour profiter du peu de luminosité que les nuages ombrageux de Mizu no Kuni commençaient à lui offrir, avec le levé du jour.

En deux temps trois mouvements et après une brève toilette, la jolie brune avait déjà finit de se vêtir de son habit traditionnel, en lançant continuellement un regard dédaigneux et rébarbatif à la tenue de kunoichi de Kiri, qui lui avait été donnée, et qui pavanait désormais sur le parquet. Mine de rien, elle enfila aussitôt une partie de son attirail sans trop s'attarder sur cet accoutrement Kirijin de mauvais goût. Ne manquait plus que la touche finale: elle décida de mettre de côté les sandales qui allaient avec sa tenue officielle, pour se ruer sur son assortiment métallique de chevilles. De toute manière, Reikan détestait porter des chaussures fermées - du moins, elle rechignait quand il s'agissait de porter autre chose que son appariement griffu. Elle enfila une longue veste capuchonnée - manifestement, il fallait toujours avoir un temps d'avance sur la météo de ce village, même au printemps -, avant de se diriger vers la sortie.

Descendre les escaliers qui reliaient son appartement - plutôt éloigné du centre - aux ruelles embrumées du village, lui avait permis de réfléchir à sa première activité. Néanmoins, un petit hic l’embarrassait: elle ne connaissait ni les lieux, ni personne. Dans son for intérieur, il lui parût évident qu'elle devait s'intégrer et tisser des liens avec autrui pour progresser dans de meilleurs conditions - chose qu'elle n'avait jamais pu faire au cours de toute sa vie, si ondoyante fut-elle jusqu'à aujourd'hui. Une moue marqua son visage qui venait peu à peu durcir ses traits - d'habitude si détendus -, se retenant de cracher une insulte, tant cela l'incommodait. Reikan était très sociable, mais rien ne l'embêtait plus au monde que de rester terrée comme une taupe au fond d'un trou, cloîtrée par une muraille. Une fois en bas des habitations et du sentier qui y menait, elle devait trancher entre plusieurs artères s'offrant à elle. Elle reluqua instinctivement chacune d'entre elles, avant de remarquer un bâtiment à l'architecture saisissante, qui se détachait de tous ceux qu'elle avait pu voir jusqu'à présent. Afin d'attiser sa curiosité - qui devait être l'un de ses plus gros pêchés, avec la gourmandise -, elle décida de se rendre jusqu'à la bâtisse.

Ce n'est qu'une fois assez proche qu'elle comprit qu'il s'agissait d'un lieu de culte. En effet, un torii verdâtre - couvert de lierre et de lichens - surplombait le perron menant à l'entrée. Une seule et unique pensée vint à son esprit, à la vue du torii posté devant la fortification religieuse: Si mal entretenu? Décidément, à ses yeux, ce qu'elle appelait la civilisation n'avait rien à envier. À priori, ce ne pouvait être qu'un Temple de culte et d'accueil, comme elle put le lire sur le panneau directionnel, « 神, Kami » (litt: Dieu). Ayant longtemps été bercée par les voyages, Reikan eut la chance de pouvoir cultiver un esprit ouvert et riche en connaissances - notamment vis-à-vis des différentes divinités à travers le monde shinobi -, ainsi, impossible pour elle de passer à côté d'une bâtisse pareille sans y entrer. En montant la poignée de marche, elle s'aperçut que quelques civils se promenaient dans l'enceinte de l'abri divin - sûrement des croyants disposant d'une foi encore assez robuste pour résister au temps de ce foutu village. Pour autant, ils étaient peu, ce qui la décevait. Aspirée par cette ambiance divine et somptueuse - alors que le seuil abîmé du Temple donnait une toute autre impression, presque celle de l'abandon -, elle Reikan les nombreux signes sacrés imprégnant l'endroit.

Une fois à l'intérieur, elle eut à peine le temps de dévisager les premières fresques, qu'une fumée d'encens boisé venait flatter le bout de son museau. L'ambiance intérieure imposait une coupure avec l'extérieur, à un tel point que notre tigresse avait l'impression d'être atterrie dans une autre dimension, en pénétrant l'édifice majestueux si déshonoré par son manque d'occupation. Le mobilier était d'une diversité outrancière, et la lumière tamisée et chatoyante présente ne pouvait que caresser la rétine de ceux qui la contemplaient. Le Temple comptait une multitude de sculptures de bronze, de tambours, et bon nombre de divinités japonaises figuraient sur les tapisseries murales, s'agitant dans un nuage de feu en arrière-plan. Les pas de Reikan - effectués à tâtons, tant elle était plongée dans les œuvres de culte - résonnaient dans tout l'intérieur de la structure. Au fond du Temple, un culte journalier était rendu aux ancêtres - autrement dit, des Hommes ayant réellement vécu et servi de pilier au développement de Mizu no Kuni. Elle s'approcha pour contempler le bronze miroitant des statues, avant de remarquer une autre silhouette, agenouillée à ses côtés. La jeune femme tiqua l'espace d'un instant, reconnaissant la longue chevelure blonde de l'homme qui les avait accueillis, elle et sa famille, à Hayashi no Kuni, il y a de cela presque 3 ans. Cet instant témoignait d'un retour à la réalité pour Reikan, elle qui s'avança sans plier le genoux - ni face à la statue, ni face à quiconque d'ailleurs -, pour garder une certaine hauteur face à Aditya. Son faciès d'habitude hautain vint s'adoucir, alors que ses yeux plissés reflétaient la douce lumière du lieu. Finissant par lui céder un sourire, elle s'élança dans la conversation.

« Je ne savais pas que les fanatiques du bois appréciaient également le bronze, Aditya-san. »
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Mer 16 Jan 2019 - 1:35


L'Aube d'une nouvelle vie
ft. Yasei Reikan

nota bene: l'ost représente l'ambiance du rp ou l'état d'esprit d'aditya lors de ce post

______Alors que l'aurore tentait désespérément de percer l'épaisse couche de brume qui entourait éternellement la région, Aditya foulait déjà du pied les galets qui parsemaient le chemin menant au temple du village. Les réminiscences de la fraîcheur de la nuit marquaient encore l'air, ravivant sur ses joues une teinte légèrement rosée. Chacune de ses respirations s'évanouissait dans une vapeur blanche qui se mêlait à la brume. Son regard se perdit sur les colonnes d'argile rouge qui soutenaient les étages du bâtiment, et bien que recouvertes de lierres et striées de fissures, elles demeuraient d'une beauté hors du temps. Pour des étrangers, le spectacle qui se déroulait sous ses yeux pourrait leur paraître d'une fadeur certaine, mais pour lui, cela représentait tout ce qu'il recherchait ; un lieu emplit d'histoire, où la compagnie des anciens se substituait à celle des vivants, bien trop invasive à son goût.

______Une fois que ses pas le menèrent jusqu'à l'entrée du bâtiment, et qu'il eut récité une brève prière pour annoncer sa visite en ces lieux sacrés, il quitta ses sandales de bois. Vraiment, il n'y avait pas meilleure sensation pour lui que de fouler, le pied nu, un sol tel que celui-ci. Après tout, il avait d'ores et déjà poncé sa surface afin qu'aucune écharde ne blesse ses visiteurs, pourquoi se priver d'un tel plaisir alors que le reste des moines ne s'éveillerait que dans quelques heures ?

______Il pénétra dans la salle principale, bornée d'autant de statues divines que d'apparats de bronze. Les décorations étaient suffisamment nombreuses pour que l'on ne doute pas de l'importance que revêtait cette salle dans le temple, mais pas assez pour faire offense à la simplicité. Dans un geste entretenu par l'habitude, il alluma les encens qui ornaient chacun des piliers de bois, disposés à chaque point d'entrée et de sortie. La journée pouvait enfin commencer.

[...]

______Désormais, le temple était animé par les bruits de pas agités des moines et des divers visiteurs venus trouver leurs conseils avisés. Heureusement pour lui, Aditya avait su comment échapper à ce devoir bien trop social à son goût. Il n'appréciait la compagnie que de peu de personnes en ce monde lorsqu'elle ne lui était pas forcée, et faire des heures supplémentaires n'était pas vraiment dans nature. Quittant le morceau de tissu dont il gratifiait aux statues de bronze un passage régulier depuis déjà quelques minutes, il avisa un regard vers l'extérieur. Il sentit l'air frais refroidir la fine pellicule de sueur qui s'était déposée sur son front, engendrée par son acharnement au travail.

______Après tout, son entêtement à bien faire lorsque l'intérêt le prenait à la gorge était la principale raison pour laquelle les quelques moines qui demeuraient actifs au sein du temple de Kiri avaient accepté son aide – de toute manière, il les aurait bien mal vu refuser, vu l'état dans lequel était le temple à son arrivé, il y a quelques semaines. Depuis, il avait mis un point d'honneur à faire de ce lieu de culte un endroit accueillant. Et plus il respirait la douce odeur boisée de l'encens qu'il avait fait brûler il y a déjà plusieurs heures, plus il se félicitait d'être arrivé à un tel résultat. Les statues des déités brillaient de nouveau, comme insufflées d'une nouvelle vie une fois recouvertes d'un fin mélange de résine et de savon. Il lui avait fallu par le passé plusieurs mois pour trouver la combinaison parfaite, un juste équilibre afin que le savon n’endommage pas le bronze au fur et à mesure des utilisations, ou que la résine ne les souillent d'une couche trop épaisse. Baigné par le silence rassurant qui emplissait la salle principale, Aditya soupira. Malgré tout ce qu'il pouvait en dire, l'ambiance qui s'échappait de ces lieux était profondément apaisante.

______Il s'agenouilla finalement, reprenant son travail après avoir noué ses cheveux en arrière ; cela faisait déjà bien trop longtemps qu'ils le gênaient dans sa tâche et que par habitude, il les avaient ignorés. Finalement, au rythme précis de ses mouvements ne se mêlaient que le cliniquement de petits objets en métal dont il ignorait la provenance – sûrement l'un des moines qui nettoyait lui aussi des artefacts anciens. Cependant, en entendant une voix derrière lui, quelque chose lui dit qu'il s'était trompé. Et lorsqu'il glissa un coup d’œil par-dessus son épaule et que son regard fut directement happé par des parures métalliques, cette impression se confirma. Une femme se tenait à l'entrée de la grande salle, et visiblement, c'était à lui qu'elle s'adressait.

______Il lui fallut un petit moment pour qu'il se souvienne de qui elle était alors qu'elle se rapprochait de lui jusqu'à se tenir à ses côtés ; c'était Reikan, la jeune femme qui s'était présentée aux portes de son village il y a quelques années de cela, accompagnée de ses parents. Pendant un bref instant, son accoutrement singulier avait quitté son esprit, sûrement à cause des vêtements traditionnels des ninjas de Kiri qui le surplombaient. Après avoir essoré le tissu au-dessus du pot contenant le mélange, il se redressa face à elle, essuyant le surplus sur ses mains.

____________« Chose tout aussi étonnante que de te voir passer le seuil de ce temple. », glissa-t-il dans un murmure audible en déposant le tissu sur le côté du bol, replié de manière précise. « Mais j'imagine que ta présence à Kiri n'a rien à voir avec le hasard. »

______Sans lui accorder un autre regard, il se retourna vers la statue qu'il polissait quelques instants plus tôt et s'empara d'un verre dont le pourtour était recouvert d'une couche rugueuse d'osier vert. Il rejoint la table basse qui trônait au centre de la pièce, seulement surmontée d'un verre parfaitement similaire à celui qu'il tenait et de ce qui ressemblait le plus à une bouilloire ; visiblement, son contenu était encore chaud étant donné la faible fumée qui s'en échappait. Grand amateur de thé, Aditya prenait plaisir à en boire dès que l'occasion se présentait. Il remplit chacun des deux récipients d'un liquide légèrement verdâtre – tout connaisseur y reconnaîtrait du thé matcha, dont l'un des nombreux mérites était de favoriser la concentration – avant d'en déposer un sur l'angle de la table, en direction de la jeune femme.

____________« Que fais-tu ici ? »


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Mer 16 Jan 2019 - 19:42
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La lumière tranquillisante des lieux, qui reflétait sur le bronze oxydé des effigies ancestrales, offrait une ambiance apaisante aux retrouvailles qui venaient de débuter. Suite à la remarque d’Aditya, Reikan se livrait au silence, en regardant le thé quasi-bouillant couler dans sa tasse. Puis, son sourire, on ne peut plus malicieux, ne pouvait que perdre vie face à la question qu’Aditya qui s’en suivait. Décidément, ce sujet qui la poursuivait partout, jusque dans ses heures de repos, ne la lâchait pas d’une semelle, et venait tout juste d’être remis sur table. De plus, il avait raison. Ce n’était pas le destin qui avait mené la nouvelle recrue au Pays de l’Eau, mais bien la détermination d’aspirer à quelque chose de plus grand et de plus honorable – chose que peu de gens en ce monde alimentent encore de nos jours. Cependant, elle devait à son interlocuteur une réponse dure, mais franche.

« Comme tu peux le constater, l’heure n’est plus au voyage. Mon père m’a envoyé ici afin que je puisse suivre la meilleure des voies shinobi, après s’être renseigné sur la politique formatrice très rigoureuse du village. Il a jugé bon de me laisser quelques temps ici, pour que je puisse m’aguerrir et me reconstruire. »


Se reconstruire de quoi, demanderiez-vous, comme tout lecteur et acteur opposé à ce suspens ? Reikan ne laissa pas l’opportunité à Aditya de glisser expressément cette question - qu’elle ne pouvait éviter -, bien qu’elle marqua un temps d’arrêt suffisant pour retrouver sa salive.

« Ma mère a été lâchement assassiné lorsque nous nous sommes rendus au Pays de la Pluie, par des hommes de mains du Collectif. »


Un air de dégoût, qu'elle essaya tant bien que mal de ne pas dévoiler au grand jour, s'installa sur son visage pour en déformer les traits. Il était indéniable qu’à force d’avoir pleurer cet événement depuis sa survenance, elle n’avait plus l’ombre d’une larme à faire couler: seule l’empreinte de la haine laissait un goût amer sur son faciès, d’habitude si radieux.

Néanmoins, ne désirant pas se laisser aller, Reikan décida de s’asseoir dans l’angle de la table, en tailleur. Elle redressa une main amicale vers la tasse de thé matcha encore brûlante qui l’attendait. La saisissant sans se faire attendre, elle vint en goûter le contenu - étrangement, celui-ci lui rappelait ses moments passés en compagnie du jeune homme, au Pays du Bois. La simple saveur du breuvage lui fit oublier - ne serait-ce que l’espace d’un instant -, l’animosité qui venait de s’installer en elle. Se désaltérer de cette boisson revigorante lui remémorait l’infinie verdure et la multitude de végétaux, qui embellissaient le village originaire d’Aditya. En terminant son nectar verdâtre, une seule pensée vint accompagner la disparition du goût si agréable du thé matcha, et des réminiscences qui en découlaient. Ce fut l’un des derniers moments avant qu’elle ne disparaisse. Finissant par reposer sa tasse vide - si vide qu’on aurait presque eu l’impression qu’elle en avait léché le fond - sur l’angle de la table, elle se contenta de rester immobile, les mains respectivement posées sur ses genoux. Après avoir s’être plongée pendant quelques secondes dans une profonde introspection, Reikan décida de reprendre la parole.

« En tout cas, Aditya-san, je souhaite te remercier profondément de nous avoir accueillis dans ton village, moi et ma famille, ce jour-là. Depuis que nous nous sommes quittés, j’ai l’impression de n’avoir fait aucun pas en avant, si ce n’est sur le chemin de la haine. »

Son visage assombri restait de marbre, tout au long de son discours alimenté par la soif d’une vengeance certaine. Elle décida de ne pas poursuivre ses dires, partagée entre la colère et le doute. Je ne me reconnais pas. Est-ce vraiment moi, Reikan, héritière d’une branche royale dont la réputation réside dans la sagesse et le pardon, qui ose dire ces mots? Les fins doigts de ses mains gracieuses s'étaient resserré contre la peau de ses genoux, jusqu'à la pincer, comme si elle tentait de réfréner un instinct animal guidé par le feu de la rancœur. Quelques secondes passèrent, avant que son regard? d'un bleu pénétrant - si perçant qu'on en avait presque l'impression que lorsqu'elle nous regardait, Reikan lisait en nous comme dans un livre -, vienne se plonger dans celui d'Aditya.

« Et toi, qu'est-ce qui t'a mené jusqu'ici depuis notre dernière rencontre? »

Malgré le fait qu'elle ne soit pas convaincue que le destin ait eu - et aura - une quelconque emprise sur sa propre destinée, Reikan se questionnait tout de même au sujet de la venue d'Aditya à Kiri. Serait-ce une simple coïncidence, ou le fruit d'une énergie supérieure qui mettait tout en œuvre pour à nouveaux lier leurs deux destins?
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Dernière édition par Yasei Reikan le Sam 1 Juin 2019 - 3:42, édité 4 fois
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Mer 16 Jan 2019 - 21:17
______Aditya contempla un long moment les traits de la femme qui s'était assise face à la table principale. Demeuré debout, il maintint les bras le long de son corps en l'écoutant attentivement. Malheureusement, dire qu'entendre que sa mère était morte lui brisait le cœur serait un mensonge. Certes, il avait eu l'occasion, bien que très brève, de faire connaissance avec cette femme lors de son séjour dans son village, mais hormis cela, il la connaissait autant que l'Ombre de la Foudre, c'est-à-dire, nullement. Malgré tout, en voyant sa mine dépitée mêlée à une hargne certaine, il se ravisa à laisser ses pensées dépasser la barrière de ses lèvres. Heureusement pour Aditya, il avait appris à dompter ce côté de lui récemment. Et lorsqu'il la vit déposer son verre, il ne put s'empêcher d'émettre une remarque.

____________« Content d'avoir pu étancher ta soif. », lâcha-t-il sur un ton légèrement amusé.

______Mais il ne pouvait définitivement pas se contenter de cette réponse. Enfin, si. Lui, il le pouvait. Mais il doutait du fait que Reikan puisse accepter une réponse aussi simple alors qu'elle venait de lui confier quelque chose qui, d'après ce qu'il avait pu en juger lors de son monologue improvisé, avait énormément d'importance pour elle. La perte d'un proche était toujours quelque chose de particulièrement difficile à dépasser, et une chose était sûre, c'est qu'il était bien placé pour comprendre sa douleur. Bien qu'il n'ait jamais eu à perdre de parents – de toute manière, il est bien compliqué de perdre quelque chose que l'on a jamais eu, mais cela, Aditya ne s'en était jamais formalisé – il avait eu par le passé à dépasser une perte similaire. Et s'il y avait bien une leçon qu'il en avait tiré, c'était bien cela :

____________« J'apprécie ta détermination Reikan, seulement... », il se pencha vers la bouilloire, remplissant de nouveau son verre vu la rapidité avec laquelle elle avait bu le premier. « Poursuivre sur cette voie ne te mènera à rien. »

______Il s’assied finalement à côté d'elle, faisant face à un autre côté de la table basse.

____________« La colère que tu ressent n'est ni plus ni moins qu'une punition que tu t'inflige pour l'erreur d'un autre. » Il prit un bref moment pour juger sa réaction. « Je ne te dis pas de ne pas être en colère. C'est quelque chose de naturel. Néanmoins, ne reste pas focalisé sur elle. Tu y perdras bien plus que tu ne le pense si tu ne gardes pas les idées claires. », dit-il en glissant un coup d’œil à son homologue pour s'assurer de son écoute, lui rendant le regard qu'elle lui adressait avec tant d'ardeur.

______Il termina sa phrase dans un murmure presque mélancolique, laissant supposer qu'il en connaissait plus sur le sujet qu'il ne voudrait bien le laisser croire au premier abord. Il plongea son regard dans sa propre tasse avant d'en boire une partie, détachant de sa main libre le tissu qui retenait ses cheveux. Ce faisant, l'air froid de la brume caressa sa nuque l'espace d'une seconde, le faisant presque frissonner.

____________« Et pour te répondre... Disons qu'il est particulièrement difficile de se détacher d'un pays dont le principal objectif n'est pas de faire couler le sang impunément. C'est quelque chose que j'apprécie, cela et ses paysages reposants. »

______Officiellement, oui. Officieusement, il se devait de compléter un souhait que l'on lui avait formulé dans un dernier soupir, seulement, certains sujets valaient mieux de ne pas être abordés. Du moins, pas tout de suite. Il avait toujours été particulièrement secret, et sur cela encore plus. Si la haine qu'il avait enjoint Reikan à chasser de ses pensées l'avait quitté il y a bien longtemps, les remords qui le tourmentaient n'avaient visiblement aucune envie de vouloir le laisser en paix. Il s'y ferait. Comme beaucoup d'autres choses. Celle-ci était simplement plus douloureuse.

____________« Je ne devrais pas être étonné de voir que nous avons tous deux décidés de suivre la voie de l'art ninja, même si cela n'est pas aussi flagrant pour moi que pour toi. », lâcha-t-il en désignant d'un geste du menton le bandeau arborant l'insigne de Kiri qu'elle portait autour de son cou. « Le destin est parfois singulièrement amusant. »

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Dernière édition par Aditya le Mar 29 Jan 2019 - 18:18, édité 2 fois
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Jeu 17 Jan 2019 - 0:03
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Pendant qu'il la resservait, Reikan avait écouté les dires d'Aditya avec beaucoup d'attention et était déjà sur les traces d'une remise en question. Comment ça, j'y perdrai bien plus que je ne le pense? Dans son for intérieur, elle tentait de faire le pour et le contre, méditant sur les conseils avisés d'Aditya. Pour autant, admettre qu'elle ne devait pas s'infliger une punition inutile était encore inconcevable. Cette pilule était encore trop grosse à avaler, son consentement ne pourra certainement se faire qu'avec le temps. Cette réflexion lui prit à Reikan au moins une bonne minute, ne pouvant lâcher du regard le fond de sa tasse, marqué par les résidus de poudre matcha.

La tigresse semblait tout bonnement apprécier la philosophie pacifiste qui imprégnait les pensées d'Aditya. Malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher d'être tiraillée entre l'envie de céder à la vengeance et la volonté de rester sur le droit chemin, comme le lui ont inculqué ses parents, tout au long de son éducation. Elle écouta ensuite sa réponse, les traits durcis de son visage venant de s'apaiser. Entendre qu'il lui était regrettable d'avoir quitté son Pays, sonnait d'ailleurs comme une réponse étrangère aux oreilles de Reikan. Elle qui n'avait quasiment jamais connu la sédentarisation, et la sensation de s'attacher à un lieu précis, elle essayait malgré tout de le comprendre. Pourtant, il fallait le dire, elle avait déjà constaté de ses propres yeux que le Pays du Bois regorgeait d'une diversité étonnante de faune et de flore - et elle appréciait beaucoup cela -, alors que le Pays de la Pluie avait encore tout à lui révéler.

Cependant, elle fut tout de même quelque peu étonnée par la raison qui l'avait amené jusqu'à Kiri, puisqu'elle était... inexistante. Elle esquissa un sourire narquois, plutôt satisfaite de savoir que, la concernant, elle avait un but précis. Savoir qu'elle n'était pas vouée à errer seule, sans volonté propre et sans objectif concret, la rassurait un minimum. Entre temps, elle remonta une main contre son nouveau bandeau, qu'elle avait décidé d'accrocher à son cou - cela semblait être l'endroit le plus efficace, pour accentuer au mieux la praticité de son accoutrement. Sa poigne se raffermissait contre le symbole de Kiri, alors qu'elle tourna la tête vers Aditya, qui s'était préalablement assis à ses côtés.

« Le destin est parfois singulièrement amusant, comme tu peux t'amuser à le dire, mais... que comptes-tu faire ici? J'espère que tu ne vas pas rester ici à récurer les lichens des statues et les toiles d’araignées du Temple...»

Entre temps, Reikan appuya ses mains sur ses genoux. Dans un effet de bascule, elle se redressa immédiatement, passant une de ses mains derrière son fessier pour tapoter sa longue cape et faire retomber la poussière qui s'y était collé.

« ...Pour ma part, je compte bien rejoindre une équipe, s'il reste de la place. Je n'en ai peut-être pas l'air, mais, ma détermination me poussera certainement à me plier aux ordres d'un supérieur. »

En effet, Reikan était loin d'avoir l'habitude d'être la subordonnée. Depuis sa plus tendre enfance, elle était - de façon raisonnable - traitée comme une reine, du fait de son statut d'héritière. Et puis, bien qu'il était dans son habitude de se comporter de façon hautaine, son âme ne l'était pas tout autant. Bien sûr, elle aimait être aimée, mais surtout, elle aimait donner le sourire à son entourage. De fait, progresser et devenir plus puissante justifiait largement sa soumission à un haut-gradé. La jeune kunoichi effectua un tour sur elle-même pour se présenter face à la sortie. Elle accorda un énième regard aux cassolettes d'encens boisé, avant de lever un doigt sur l'une d'entre elles pour la faire balancer dans le vide. Puis, alors qu'elle tournait le dos à Aditya, elle alimenta la discussion en imposant sa proposition, sans une once d'hésitation dans le ton de sa voix.

« ...Que dirais-tu de faire équipe avec moi? »

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Dernière édition par Yasei Reikan le Sam 1 Juin 2019 - 3:42, édité 3 fois
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Jeu 17 Jan 2019 - 9:56
______Il l'écouta jusqu'à la fin, avant de laisser un sourire fin, bien que légèrement arrogant, se dessiner sur ses lèvres ; vraiment, elle n'avait pas changé. Il y a quatre ans déjà, elle montrait une incertitude palpable lorsque ses objectifs étaient le centre de la conversation. Cependant, c'est plutôt sa dernière demande, qui l'étonna. S'il est vrai qu'il n'avait encore jamais connu les arts ninja dans sa vie propre – il avait cependant eu tout le loisir de les observer de près – de vouloir débuter son apprentissage ou non de manière plus personnel était encore un sujet sur lequel il était en proie au doute. Non pas qu'il craigne d'une quelconque manière que cette voie n'était pas faite pour lui ; au contraire, il s'en sentait parfaitement capable et nul doute que ce serait certainement une expérience florissante, mais il avait déjà connu par le passé à quel point cette vocation pouvait empoisonner la vie d'un homme jusqu'à lui faire perdre pied. La voie ninja était, tout comme toute ambition, une lame à double tranchant. Et s'il n'avait pas, pour l'instant, d'objectif à proprement parlé, il était pleinement conscient du fait que s'engager sur ce chemin était une porte dérobée à de nouvelles souffrances ; le monde était parsemé de tensions, si ce n'est de guerre, après les derniers événements ayant tenu lieu à Wasure no Kuni. Il était indéniable qu'un jour ou l'autre, il viendrait à être prit entre ces tensions mondiales.

______Mais ça n'était pas cela qui l'inquiétait, finalement. Le danger était partout présent sur ces terres, et il aurait été bien fou de penser qu'il l'éviterait toute sa vie ; s'il y avait quelque chose dont l'on ne pourrait jamais qualifier Aditya, c'est d'être quelqu'un de lâche. Lorsqu'un conflit survenait par le passé, il s'était toujours proposé pour l'adoucir, si ce n'est le régler purement et simplement. Au fond, ce qu'il se demandait réellement, c'est si ce village qui n'était pas le sien valait véritablement le sacrifice de sa vie. Et bien qu'il ait toujours été quelqu'un de particulièrement pragmatique, quelqu'un qui considérait sa vie comme insignifiante – non pas qu'elle soit insensée ou sans fondements, simplement, Aditya avait toujours vu la vie d'un homme aussi brève qu'un battement de cil, et la sienne n'y faisait pas exception. Comparé aux grandeurs du monde ou de l'univers, ces instants qu'il partageait avec Reikan qui pourrait à tout moment être ses derniers, semblaient bien insignifiants. C'est pour cela, qu'entre autre, il n'avait jamais accordé de valeur particulière aux moments passés en compagnie des autres – à l'exception d'une personne.

______Perdu dans ses pensées, il eut un temps l'impression que plusieurs minutes s'étaient écoulées entre la dernière demande de la jeune femme et le début de sa réflexion mais il n'en était rien ; elle le fixait toujours avec autant d'ardeur qu'au début de leur échange – du moins, avant qu'elle ne se redresse – quant à son thé, il n'avait pas même refroidi. Il s'en rassura, intérieurement. Ses pensées pouvaient parfois être si enivrantes qu'il en oubliait même la réalité. Néanmoins, il lui fallait donner une réponse à la féline.

____________« Il y a bien des choses dignes d'intérêt en ces lieux, Reikan. Et prendre soin d'objets détériorés est bien souvent une manière de prendre soin des aspects de notre vie qui sont dans le même état. », il termina sa propre tasse, s'octroyant de fait une petite pause dans sa prise de parole. « Mais je ne compte pas m'en tenir qu'à cela. Et force est de constater que tu semble être une des rares personnes en ce monde à être d'une compagnie agréable à défaut d'être éclairante – ne le prend pas mal, nous n'avons simplement jamais eu de discussion réellement profonde. Cependant je n'ai rien contre l'idée. »

______Il se redressa à son tour en prenant appuis sur l'un de ses genoux, froissant sa toge rougeoyante sous ses doigts fins, dont la peau rugueuse était marquée par son travail récent.

____________« Bien que je doute que l'on soit maître du choix de nos partenaires, ce serait avec plaisir que je laisserai le hasard en décider. »

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Dernière édition par Aditya le Mar 29 Jan 2019 - 18:17, édité 2 fois
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Yasei Reikan
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Jeu 17 Jan 2019 - 20:11
Pendant quelques minutes, Reikan resta plantée sur le pas de la grande porte du Temple, tournée vers l’extérieur. Sa silhouette, assombrie par la luminosité rougeoyante du crépuscule, affrontait les dernières lueurs que le Soleil avait à offrir à Kiri, aujourd’hui. Titillant toujours du bout de son doigt une des cassolettes d’encens, qu’elle s’amusait à faire balancer dans le vide, sa main s’ouvra d’un coup afin d’agripper la coupole et la stopper dans son élan. C’est avec plaisir qu’il laissera le hasard en décider? Quelle plaie de laisser sa vie entre les bonnes mains d'une chose invisible et incorporelle, qu'il appelle "destin". Je t'apprécie Aditya, tu sais, mais ta manie de tout centrer autour de cette norme suprême et d'abandonner ton libre-arbitre me fout dans une rage intérieure dont tu ne te doutes même pas. Reikan prit la décision de ne pas se retourner, bien qu'une expression plutôt détendue régnait sur son visage, apaisé par la vue qu'elle avait sur le coucher de soleil - et surtout malgré le fait que la réponse d'Aditya à sa question ne l'avait pas satisfaite. Elle garda la main, avec laquelle elle avait peloté le contenant d’encens, levée, afin d'écarter une lampe en papier de riz traditionnelle de sa tempe. Sans toujours la baisser, elle maintenait sa main levée, dont les doigts étaient dépliés, afin de saluer le jeune homme à son dos.

« En espérant que ton fameux destin fasse en sorte que nos chemins se recroisent, Aditya-san. »

Fin.

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