Soutenez le forum !
1234
Derniers sujets
Partagez

Au travers de la ville, un reflet d'aujourd'hui [PV Honō]

Invité
avatar

Au travers de la ville, un reflet d'aujourd'hui [PV Honō] Empty
Mer 13 Mar 2019 - 12:21
Là, au cœur de la ville et son agitation.
Sa foule qui claque contre le sol, ses voix qui parlent, hurlent, jurent, murmurent.
Tout au centre de la cacophonie urbaine d'une cité bruyante, mains dans les poches, livré à l'empressement affairé d'une rue marchande.

C'est tout l'inverse du petit rituel d'aller se perdre à un point d'eau, plus à l'écart de la ville. Tout l'inverse de sa petite sortie d'il y a quelque jours. Parfois, s'oublier au cœur de la tempête s'avère tout autant, si ce n'est plus efficace que de s'oublier sur le calme d'un point d'eau tranquille.

Ca me fatigue.
Le fils Murasaki traîne sa carcasse voûtée dans les rues animées d'un petit marché populaire des quartiers modestes. Dos plié, regard au sol, mains aux poches, il a cette grimace renfrognée au visage, cet air d'irritation permanente qui ne semble pas vouloir s'en aller. Ca se devine sans trop de souci : quelque chose cogne, dans sa cervelle. Quelque chose qui le fait penser, cogiter, douter, quelque chose qu'il aimerait se sortir de l'esprit, mais qui refuse de s'en aller.

- 'Chier.

Un vague grognement, tandis que son poing droit se resserre sur le tissu de l'intérieur de sa poche. Les traits de son visage se tordent en un pic de colère silencieux, mais visible. Bien heureusement, personne ne fait vraiment attention à son prochain, dans la marée humaine de ce petit marché de Kiri. Mais sans bruit, sans grand ni véritable signe extérieur, ça continue de lui retourner le crâne. De sombres pensées, qui s'accumulent, se répètent, se ressassent. Encore,
Encore,
Et encore.

Deux ans, maintenant.
Deux ans que je fais ce qu'on me demande, gentiment, sans trop râler, qu'on me fait miroiter l'espoir qu'un jour, je puisse tenter de négocier la libération de ma famille.
Deux ans que rien n'a changé. Que je me tape leurs missions de Genin, vides d'intérêt, vides de sens, vide de tout. Parce que tu sais : Les missions de Rang D, c'est pas ce qu'il y a de plus passionnant au monde.
Deux ans, ouais. Et tu sais ce qui a changé en deux ans ?
Rien. Absolument rien.
Ils sont toujours là-bas, derrière les barreaux. Moi, je suis toujours ici, avec ce soi-disant « potentiel » dont ils m'ont parlé. Deux ans sont passées, et même si je suis putain de bon à ça : je ne sais encore rien faire d'autre que défigurer mon prochain à force de coups au visage.
Aujourd'hui, je suis allé voir un responsable, pour demander des nouvelles de mes frères et de mon père. Pour voir si quelque chose a évolué, pour... Négocier. Et tu sais ce qu'on m'a répondu ?
« Leur situation reste la même, leur peine reste entière à purger ».
Alors, ouais. T'étonnes pas que je sois de sale humeur.


Le fil de ses songes continue de tisser toujours plus loin dans l'obscurité de pensées pessimistes, coléreuses et négatives. Et en filigrane de ça, ses pas le mènent jusqu'à une petite échoppe. Derrière le comptoir, une jeune femme, et derrière elle encore, divers produits alimentaires disséminés ça et là.

- Bonjour.

Le mot sort d'une voix mollassonne, étouffée, et les suivants sont dans la même lignée. La suite, c'est une série de produits que sa mère lui a indiqué, pour préparer quelque chose supposé aider son frère cadet toujours malade. Tandis que la commerçante rassemble le tout et entame d'aller cherche un sac, Kazan s'abaisse, vient poser ses coudes sur le comptoir, ainsi qu'un poing sous son menton. Il lance un regard autour de lui, attentif et vigilant, malgré ses idées noires. Il sait qu'il faut faire attention ici : les chapardeurs rôdent. Mais pour l'instant, il ne voit rien. Rien d'autre que la masse.

Les secondes passent, jusqu'à ce qu'on lui remette le sac. Un « merci » est mâché avec le même manque d'entrain que lorsqu'il s'est présenté, et mollement, sa marche le renvoie dans le sens inverse, pour peu à peu s'éclipser du marché, progresser dans des rues plus reculées, plus calmes.
Pas nécessairement le bon genre de calme.
Il finira par le remarqué. De grossières silhouettes pataudes, qui essaient de se faufiler, d'être discrètes, de suivre sans se faire voir. Mais qui sont terriblement mauvaises à l'exercice.
Je dois avoir un don pour attirer les connards.

Non loin, un muret, alors que Kazan progresse au milieu de cette rue peu fréquentée, mal fréquentée. D'un simple geste, il pose son sac sur le bord dudit muret, puis plante ses pieds dans le sol, se retourne.

En face de lui, personne. En tout cas, si on est aveugle. Ils sont là, cachés. Mal, mais cachés quand même. Derrière un mur, une charrette, une poubelle... Le classique. Un soupir s'échappe des lèvres du Kirijin.

- Vous devriez vous cantonner au racket brute et sans détour, les gars, vous êtes honnêtement pas des foudres de discrétion.

D'abord, aucune réponse. Une sorte de tension invisible dans l'air. Puis, peu à peu, un lot de silhouettes patibulaires se dessinent ça et là, sortent de l'ombre. Quelques uns du même âge que le fils Murasaki, d'autres un peu plus âgés.

- Bravo, t'as transformé c'qu'aurait pu être un guet-apens rapide et indolore en un passage à tabac dans les règles de l'art. Sauf si... Heh, j'vais pas t'faire un dessin : file ton sac, tes thunes, et tout c'qui vaut quelque chose.

Le plus moche du lot cause, sûrement le chef. Il joue la carte de la franchise : leur allure laisse peu de place à l'imagination quant à leur intention, il y aurait peu d'intérêt à jouer l'innocent. Des petites frappes comme on peut en croiser un peu partout, qui cherchent ça et là des gens à détrousser.
Mauvais pioche, mon grand.

- Tseh, si vous êtes aussi bon pour frapper que vous l'êtes pour jouer les ninjas des bidonvilles, je me fais pas trop de souci.
Viens, tente ta chance. J'ai du temps à perdre et des nerfs à passer.


Un rictus féroce au visage, le Genin sort les mains de ses poches. et fixe le petit groupe de deux yeux qui lancent un message clair : Viens. Frappe-moi. Je t'attends.
Aujourd'hui, Kazan n'a pas jugé bon de mettre son bandeau Shinobi, en sortant.
Et quelque part, il s'en félicite. Il vient tout juste de se trouver un prétexte pour cogner sur une bande de vauriens en guise d’exutoire.
Revenir en haut Aller en bas
Mukuro
Mukuro

Au travers de la ville, un reflet d'aujourd'hui [PV Honō] Empty
Dim 17 Mar 2019 - 10:32
Ouvrant les yeux, la tête à moitié dans le cul, je me mis à fixer le plafond de ma chambre d’un air totalement blasé. Je me sentais complètement dépossédé de mes forces, malgré l’heure tardive. Midi sans doute ? Si la faim ne m’avait pas réveillé, j’aurais sans doute continué mon sommeil jusqu'au soir.

Lâchant un soupire, je finis par me relever de mon lit pour aller me préparer. Enfin, "se préparer" c'était un bien grand mot. Je ne faisais que passer un coup d’eau fraiche sur mon visage histoire de me réveiller et de nettoyer ma tête de déterré.

L’argent ne coulait pas à flot quand on était genin.

Je vivais dans un appartement délabré qui ne comptait qu’une pièce dans laquelle se trouvait : mon lit, une table basse, un évier et quelques placards vides et un frigo qui ne fonctionnait plus. Il n’y avait ni électricité, ni eau chaude, qui passaient dans l’étage. Le bâtiment entier était complètement vide et le quartier dehors était tout aussi malfamé que l’était ma chambre.

L’avantage de vivre là, c’était qu’il n’y avait pas de loyer à payer et que l’on était tranquille. Il n’y avait pas vraiment de voisins pour venir se plaindre à notre porte et j'étais plutôt bien. J’aimais mieux vivre dans des quartiers de malfamés que dans des quartiers de riches hypocrites.

Alors que je sortais de chez moi pour me trouver à manger, j’entendis du bruit au bout de la ruelle qui menait vers l'épicier. Chose assez habituelle qui n’attira pas particulièrement mon attention. Je m’apprêtais à passer mon chemin, ne voulant pas me mêler de ce qui ne me regardait pas. Je remarquai une grande différence de force entre les partis opposés - il y avait un avantage, non pas pour les deux zigotos, mais plus pour le jeune homme solitaire. Mais cela ne me concernait pas vraiment.. Enfin..

Après un instant d’hésitation, je finis par lâcher un soupire. Je les connaissais ces deux voyous, donc ça m’embêtait un peu. Et le jeune homme face à eux me semblait plutôt louche. Il possédait une bonne musculature et, par son regard, il semblait savoir mieux que quiconque ce qu’il faisait.. Alors qu'ils s'apprêtaient à se fritter, juste à temps, je m’interposai sur le côté et attrapai son poignet de sorte à l’empêcher de toucher sa cible.

« Laisse tomber. C’est pas un adversaire pour toi. Pas vrai ? C’est bien imprudent d’se prom’ner ici. Et y’a mieux comme endroit pour faire ses courses.. Dis-je en faisant référence au sac qu’il tenait entre les mains.Et, t'es qui ? J'crois avoir déjà vu ta tête quelques fois.. Mais pas ici. »

Quoique, je ne rentrais pas très souvent chez moi, il y avait peut-être des nouveaux..? Il n'était pas improbable qu'il soit mon voisin sans même que je ne l'ai croisé une seule fois.
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t8428-d4rk-sasuke-mais-pas-trop#70651 https://www.ascentofshinobi.com/t8444-suna-no-fukoku-shakaze#70751 https://www.ascentofshinobi.com/t8724-imai-nobume-carnet-de-bord#73302

Au travers de la ville, un reflet d'aujourd'hui [PV Honō]

Page 1 sur 1

Ascent of Shinobi :: Territoires de l'Eau :: Kiri, village caché de la Brume
Sauter vers: