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Justice populaire [PV Reikan]

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Ven 15 Mar 2019 - 13:57
- Sois gentil, rentre pour au moins demain début d'après-midi, Kazan, je vais avoir besoin de toi pour aller me faire une ou deux courses.
- Pouah, sérieux maman, tu peux pas demander à Mina ou Hiro?
- Non, je ne peux pas, non. Demain début d'après-midi, dernier délais. Nous sommes-nous bien compris, jeune homme ?
- Ouais, ouais, c'est bon, j'ai compris.
- Parfait ! Amuse-toi bien, chou.
- Arrête de m'appeler comme ça, bordel!

La mère Aiko, femme du foyer Murasaki, lance un regard moqueur vers son fils, qui répond d'un sourire amusé, ce alors qu'il achève de de s'habiller.
Ce soir, Kazan a prévu de casser un peu la routine d'entraînements, exercices et travaux que la vie Shinobi lui impose. Ce soir, comme à d'autres au travers des diverses occasions ça et là au cours du mois, il a sa fin de journée libre, et il compte la dépenser à se défouler là-dehors, dans la Kiri nocturne.

Le projet de ce soir, pour Kazan, c'est de noyer ses problèmes, inquiétudes et pensées dans l'alcool. Très simplement. Noyer, mais pas trop, puisqu'il faut qu'il soit en état de rentre tôt demain, donc. Tu ne manques jamais de profiter du fait que je sois incapable de te dire non, hein, maman ? Il y songe, un rictus désabusé sur ses lèvres, alors qu'il fait désormais face à la porte de leur modeste demeure, prés à décoller.

- Fin d'après-midi, si vraiment tu y tiens. Mais ne me fais pas plus attendre.

Il lance un regard par-dessus son épaule, et rend à sa mère le sourire complice qu'elle lui lance.

- Merci.
- Aller, va.

Un salut de la main plus tard, la porte s'ouvre, puis se referme dans le dos de Kazan.
Dans les rues, la brume est présente, mais légère, les nuages couvrent en partie les rayons d'un soleil en passe de se coucher, sans complètement empêcher l'astre d'imposer son jeu d'ombre dans les rues de Kiri. Lentement, sans empressement, le fils Murasaki commence sa lente marche vers un établissement qu'il connaît bien, un peu plus haut en ville.

***

Le Kankei est un bar bien fréquenté de Kiri, un où se côtoient buveurs d'alcool et de thé dans une ambiance relativement calme. L'on y croise des habitués pour la plupart amicaux et ouverts, des employés aimables et serviables et des propriétaires avenants et investis. Il fait bon vivre, bon boire et bon parler, sur les tables boisées du Kankei. C'est connu comme cet endroit de simplicité, tenu de façon assez stricte pour que les troubles-fêtes y soient rares, mais de façon assez libre pour que l'établissement ne devienne pas non plus un endroit huppé fréquenté que par une élite triée sur le volet.

Bref. Ce soir, Kazan n'a pas l'intention de se prendre la tête, il veut juste un peu de bon temps et de tranquillité. La dernière fois qu'il a voulu ça, il est parti se baigner prés de la mer, dans un endroit reculé du village. Aujourd'hui, il préfère se baigner dans quelques verres.
Avec modération, bien entendu.
Peut-être.

Et dans le scénario d'une soirée comme les autres, ça se serait passé aussi simplement que ça. Quelques verres, quelques conversations avec les connaissances qu'il a sur place, puis c'est normalement tout. Peut-être quelques autres projets, autres excès... Mais rien de plus.
Or, le hasard a décidé que ce soir, le scénario ne se déroulerait pas selon le petit acte routinier du Kankei.

Effectivement, Au Kankei, les troubles-fêtes sont rares.
Mais ils ne sont pas inexistants.
Cela fait maintenant quelques minutes que Kazan s'est assied au comptoir, à consommer et discuter calmement. Quelques minutes qu'il parle, mais que derrière, bruyant, il y a un bourdonnement désagréable. Comme le bruit d'insectes trop insistants qui rendent un moment normalement relaxant moins agréable. Ce bruit, c'est celui des rires gras d'une bande d'hommes à la mine peu recommandable, qui se sont affairés autour d'une table avec une quantité excessive d'alcools forts. D'ici, je peux sentir la puanteur de leurs haleines de chacals. Kazan pense, cogite, mais ne dit rien. Parfois, il faut savoir tolérer les nuisibles, pour éviter qu'ils deviennent plus gênant. S'il ne s'agit que d'une bande d'abrutis qui rient et parlent trop fort... Il est prêt à le subir.

- Lâchez-moi, s'il-vous plait.
- Roh alleeeeeeez, fais pas ta mijaurée, t'es là pour servir non ?!
- Je viens de vous servir votre commande, monsieur, je dois aller m'enquérir des autres clients.
- Les autres peuvent attendre, tu vas rester t'amuser un peu avec nous, ma mignonne.

Par contre.
S'il s'agit d'une bande d'abrutis qui cherchent à abuser de la gentillesse des employées, c'est une autre paire de manches.

- Monsieur, je crois qu'elle vous a demandée de la lâcher.
- Ouais ? Et donc quoi, je la lâche pas. Y a un souci ?

Le Genin reste dos à la scène, lance un regard vers Goto, le barman qui vient tout juste de s'exprimer. Ce bon vieux Goto, regard nerveux, mais coléreux. Il a les mains sur le comptoir, mais le fils Murasaki le sait : Il a envie de glisser une pogne sous le bois, pour aller chercher sa lame. Or, le Shinobi a lancé un regard vers la troupe de mal-élevés plus loin. Ils sont armés, et plutôt épais. Et il s'en voudrait d'avoir quelque chose sur la conscience en laissant ce pauvre barman gérer les choses tout seul.
Coude levé, l'ancien prisonnier boit cul sec, puis fixe l'homme en face de soi, un sourire malicieux sur le visage.

- Je m'en occupe. Considère que ça règle ma note de ce soir... ça te paraît honnête?

Goto avise le jeune homme, et sa colère se mue en un espèce d'air amusé, mais toujours nerveux.

- Tu perds pas une occasion, toi... Bien, Kazan. Mais fais attention à toi.
- Voyons, tu me connais.

Goto le connait, effectivement, et c'est pour ça qu'il n'a l'air qu'à moitié rassuré, à cette réponse. Ce qui ne manque pas de faire rire le jeune Shinobi. Qui se lève.
Se lève, se retourne, s'avance vers la table des gêneurs, observe la situation. La serveuse, agrippée au poignet par un homme aux joues empourprés par l'alcool, au nez rouge et à la mine pataude. Il a l'air misérable. Et quelque chose me laisse penser qu'il n'a pas l'air beaucoup mieux même lorsqu'il est sobre. La scène se poursuit, composée des mots insistants d'un homme qui veut « s'amuser » et des protestations gênées d'une pauvre employée. Jusqu'à ce qu'une formule dépasse l'autre. La main de l'homme se lève haut vers le plafond, d'un geste ample, ouverte.

- Tu commences à me fatiguer, ma c-
- Monsieur,
Je crois qu'elle vous a demandée de la lâcher.


Une main ferme et puissante se referme sur le poignet de l'homme, alors qu'il allait abattre le revers de sa pogne sur la joue de la pauvrette. Les mots, ce sont les mêmes que ceux du Barman, mais ils sont lancés d'une voix plus imposante, moins polie, plus... Impérative.

Comme à son habitude, le Kirijin ne porte pas son bandeau lorsqu'il sort simplement se détendre.
Alors il est là. Ce jeune homme à qui l'on donne la vingtaine, l'air athlétique et bien entretenu, mais sans plus, qui maîtrise le geste d'un grand gaillard d'un mètre quatre-vingt-dix à la force de son seul bras.
Si je devais être tout à fait sincère : j'aime ne pas porter mon bandeau. Ca laisse l'illusion aux gens qu'ils peuvent me battre facilement.
Et la tronche qu'ils font, quand ils tombent de haut, ça n'a pas de prix.


Kazan n'a jamais résisté à la tentation d'intervenir, lorsque la classique situation de la Demoiselle en Détresse s'est présentée à lui.
Ca le perdra, un jour.
Mais pas aujourd'hui.
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Yasei Reikan
Yasei Reikan

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Sam 16 Mar 2019 - 2:46
Au sein du précieux atome que constituait Kiri la Grande, chaque électron avait trouvé sa place pour mieux interagir avec ses pairs, et ainsi développer au mieux le potentiel de la Brume, et ce, jusqu'à son paroxysme. Tous, sauf un, qui rejetait encore et toujours les limites imposées par l'appartenance à un village. Sur la plage qu'était la voie shinobi entre les murailles du village, un grain de sable aspirait à ne pas rester cloué au milieu de tous les autres sous ce soleil cuisant, en attendant son heure lorsque la houle décidera enfin de s'en accaparer. Et si aucune aube ne se levait sans que notre chère Reikan n'ait enfilé les gants de la détermination, aucun crépuscule ne tombait tant qu'elle n'avait pas fait un pas de plus pour se rapprocher de son but.

Pour une nomade digne de ce nom, l'appel du Yuukan était plus fort que tout, similaire à un bourdonnement constant qui ne pouvait qu'embrouiller les plus étiolés. Dès son arrivée à Kiri, la tigresse blanche s'était vouée corps et âme à son ascension de puissance ; et malgré elle, la kunoichi ne pouvait démordre de son objectif principal. Mettre fin à la vague de haine entre les hommes, qui commençait d'ores et déjà à submerger le monde, était la quête qui tiraillait son esprit depuis bien des années. Rester fidèle à cette noble ambition obligeait la métamorphe à s'armer d’œillères, pour ne pas succomber à la facilité offerte par la sédentarisation. Hélas, fonder un foyer et une famille incarnait l'idéal de tout être humain sensé, mais pas celui de Reikan, qui avait presque pactisé avec les démons pour se renforcer et faire face au venin de la rancœur. Si dorénavant, l’idée de vengeance gangrénait son être jusqu’à l’os, il lui fallait faire la part des choses pour ne pas finir aveuglée par cette éprouvante lubie. Et faire régner une juste justice dans le cœur des hommes les plus malveillants n’était certainement pas la tâche la plus aisée à accomplir. Consciente de la gravité des choses et du fardeau qu’elle s’infligeait dans l’intérêt de tous, la changeforme pouvait néanmoins s’estimer heureuse que le destin ait mis sur sa route des épaules solides, sur lesquelles elle pouvait s’appuyer sans l’once d’une hésitation.

Si elle avait décidé d’emprunter un chemin aussi abrupt et escarpé, Reikan ne s’en plaignait pas. Mais quand bien même la pensée de se retrouver seule contre le monde entier ne l’effrayait guère, il lui était parfois difficile de supporter un train de vie aussi singulier. Se dévouer à autrui sans espérer quelque chose en retour - en excluant la gratitude -, n’était délibérément pas dans la nature de l’être humain. Cette conduite si atypique n’était rien d’autre que le fruit d'un événement traumatisant, d’une innocence arrachée de façon précoce à une jeune fille, qui aimait tout autant ses proches qu’elle l’avait été au cours de son enfance. Cependant, Reikan n'avait jamais perdu foi en la bonté humaine. Ou du moins, elle s'efforçait à ne pas la perdre. En conséquence, à ce jour, dès lors que l'indomptable bête sortait de son antre, il n'y avait nulle main pour la retenir, ou bien pour l'encourager à revenir au plus vite pour effectuer quelques courses. Une fois le seuil de la porte passé, seuls les réminiscences de ses voyages les plus époustouflants et le silence sidéral attendaient le retour de la jolie brune à son domicile.

***

Dans son éventail d'activités, Reikan avait laissé une place toute particulière à quelques sorties nocturnes, dédiées à la continuité de sa mission au Cheval Aqueux. Ainsi, elle avait pris pour habitude de s'occuper des fauteurs de troubles contribuant à semer un bordel sans nom dans le village, et plus précisément, dans les établissements de boissons. Le Kankei, l'un des derniers bars de la Brume que je n'ai pas encore foulé. Espérons que je n'y trouve pas de mauvaise surprise. Sur la route de pavés menant à l'estaminet, la féline déambulait parmi la masse populaire, couverte et encapuchonnée d'une longue veste sombre. À l'approche du bistrot qui était de réputation assez sage, Reikan reluqua les environs pour analyser les différentes têtes parsemant le périmètre. A priori, cet endroit a juste l'air d'être le nid de mousses et marchands cherchant du réconfort dans l'ivresse. Jusque-là, ça a l'air de tenir la route.

Ses songes furent aussitôt avortés lorsqu'elle foula l'entrée de la buvette, faisant alors face aux ramassis d'emmerdeurs. Ses yeux, d'un bleu roi, roulèrent sur chacun des éléments de la scène ; les goujats, ladite employée assaillie, et enfin, le brun qui tentait de calmer le jeu. Si au travers de sa capuche, la fixette qu'était en train de faire la métamorphe sur le jeune homme n'était pas perceptible... il était toutefois plus facile de remarquer que la jeune femme restait plantée là, à l'entrée même du saloon. Face à cette insistance qui bouchait littéralement le passage, l'un des gueux se retourna, intrigué. Mais sa curiosité fut écourtée par le geste de Reikan, qui retira sa capuche avec sa dextre. Le pauvre effaré ne put qu’écarquiller les paupières, marquant son faciès d'une moue tourmentée.

« Les... les gars!
Abruti, tu vois pas que je suis occupé?
»

La tigresse blanche dévoila son visage à la lumière tamisée du bar, qui était marqué par un rictus amusé. Oh? Que peut-il bien foutre ici, lui? Aurais-je donc fait des conclusions hâtives? Un sourire malicieux vint peindre son minois à l'instant même où elle reconnut le membre faisant volte-face, qu'elle avait déjà rencontré au cours d'une altercation avec un malfrat assez réputé, du nom d'Akainu. Elle arbora une mimique féline, ce qui fit cliqueter ses boucles d'oreilles griffues contre sa longue chevelure d'ébène.

« C'est... C'EST SHIROITORA!
Shi-Shiroitora? Celui qui a botté le cul à Akainu?! Tu rigoles, j'espè-...
»

En se mettant de profil, le principal fauteur de troubles adressa un regard à la changeforme qui bloquait la sortie. Ses traits furent gagnés tant par l'inquiétude que par l'incrédulité. Une... femme? Une goutte de sueur parcourut l'une des tempes du leader, à la vue du physique de la féline, qu'il découvrait pour la toute première fois en chair et en os, après avoir entendu les rumeurs à son sujet. Impossible.

« Akainu, vaincu par une femme? Laissez-moi rire!
Mais...
Attrapez-la, qu'on en finisse avec cette histoire. Quant à toi...
»

L'attention du meneur fut happée par le brun qui avait tantôt saisi sa poigne, pour l'empêcher de toucher à la serveuse. Hésitants, les membres de cette fine équipe de malotrus se retournèrent vers la sortie, à laquelle la métamorphe faisait obstacle. Sans bouger d'un poil, Reikan attendit qu'ils viennent à elle pour mieux repousser leurs assauts et mettre fin au plus vite à ce qui s'annonçait être une extermination. Dès l'arrivée des deux gougnafiers les plus braves, à proximité d'elle, la kunoichi s'empressa d'attraper leurs bras pour les retourner un à un contre le sol, avant d'attendre de pied ferme les candidats suivants. La riposte fut si perçante que la volonté de ces derniers était en train de broncher, face à la vue de leurs pairs qui se tordaient de douleur sur le pas de la porte. Et s'ils espéraient esquiver les conséquences de leurs actes ou de ceux de leurs camarades... ils n'étaient pas sortis de l'auberge, face à la prédatrice qu'était la dénommée Shiroitora.

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