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Remise en état [Chiwa Aimi]

Oterashi Yanosa
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Lun 1 Avr 2019 - 17:45
Après l’effort, le réconfort. Ce fameux adage, qui avait pour vocation d’éviter l’oisiveté chez le plus grand nombre des citoyens en les invitant à s’acquitter de leur travail avant d’envisager quelque pause que ce soit, se vérifiait dans bien des cas. Mais, dans le monde shinobi, il pouvait tout aussi bien se traduire par « après l’effort, la mort » ou encore « après l’effort, davantage d’effort ». Ce jour-là pour Yanosa, la transcription la plus adéquate aurait plutôt été « après l’effort, la souffrance » : le pugiliste aux cheveux rouges revenait en effet d’une séance d’entraînement plutôt musclée qui avait sévèrement meurtri son corps, et ce furent d’ailleurs deux superviseurs des Hauts Plateaux qui durent le déposer aux services de soin d’Iwa. Dans son état, il se serait en effet mis en danger de façon inconsidérée et inutile s’il avait entrepris de parcourir la distance qui séparait les deux endroits par ses propres moyens, et même si cela lui avait coûté, il avait fini par accepter de bon coeur l’aide qui lui été apportée. Il la prit toutefois pour ce qu’elle était, à savoir un luxe dont il ne pourrait pas bénéficier sur le terrain. Et il en allait de même pour les soins qu’il allait s’apprêter à recevoir.

Quoi que le terme « s’apprêter », qui portait une connotation d’immédiateté, ne fut pas très approprié dans le cas présent. Déposé sur un brancard immaculé, qu’il repeint assez vite en rouge en s’y allongeant quelques instants, l’Oterashi du en effet attendre un bon moment avant d’être pris en charge, et pour cause : son état, quoi que terrible de visu, n’était pas alarmant ou ne requérait aucune intervention en urgence pour sauvegarder un membre ou une fonction vitale. Il était la définition même de l’hématome à ciel ouvert, de la plaie incarnée, du sang s’écoulant à petite dose de ses plaies multiples et à moitié séchées, des entailles dispersées un peu partout où l’on devinait la présence pas si ancienne d’un projectile qui était venu s’y ficher. Et pourtant, sur son visage, on pouvait lire une forme de paix assez improbable compte tenu de son état. Depuis le réveil de son coma, Yanosa avait tellement baigné dans la souffrance la plus absolue et la plus continue qui soit que voir simplement du sang s’ajouter à l’équation de l’intimidait pas du tout. D’une certaine façon, ces trous dans ses bras, ces perforations, ces morceaux de chair à vif, tout cela apaisait ses sens, leur apportait une signification à la douleur, une raison. Car ce qui avait bel et bien failli le rendre fou les premiers jours, au-delà de la souffrance, c’était l’absence totale de manifestation visible de celle-ci, hormis la présence de ses cicatrices immobiles sur son corps. Avoir enfin une bonne raison d’avoir mal relativisait tout, sans rien changer pour autant à sa réalité.

Le guerrier aux cheveux rouges ignorait combien de temps il avait attendu. Mais le fait était que, à un moment donné, un membre du personnel finit par attraper son brancard en lui annonçant que c’était son tour. Tout se fit dans la hâte, et Yanosa espéra furtivement que les soins qu’on lui prodiguerait seraient suffisants et bien exécutés. Car au-delà des blessures et de leur impact tout relatif sur son moral, si une infection se déclarait, il savait quels enfers de convalescence pouvaient l’attendre. Une fois débarqué dans une salle de soin, il releva modérément la tête de son lit mobile en faisant mine de se relever lentement. Il aperçut alors grossièrement la silhouette d’une jeune femme, qui n’était définitivement pas Etsuko.

« Bonjour… je ne crois pas vous avoir déjà rencontré… Je connais pourtant une bonne partie du personnel de cet hôpital, à force. »
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Lun 1 Avr 2019 - 23:38
Remise en état

Un fil qui glissait dans la peau, ressortant, se croisant avec un autre pour retourner dans celle-ci, un coup de ciseau précis, c’était terminé. Aimi se cala sur son siège et essuya son front de sueur liée à la concentration et la chaleur de la pièce. Elle venait de finir les sutures de son troisième patient de l’après-midi. La Chiwa couvrit la blessure d’un bandage et lui intima de se reposer ; de toute manière, il resterait toute la nuit à l’hôpital afin de surveiller sa plaie.

La kunoichi s’adossa au mur dans un couloir silencieux afin de se reposer quelques minutes, être médecin n’était pas de tout repos, et encore moins en cas de situation critique. Fort heureusement, les blessés diminuaient, les soins étant efficaces et tout cet épisode ne deviendrait qu’un malheureux cauchemar. Les accidents liés aux éboulements étaient courants à Iwa, village entouré de rochers. Alors la jeune rousse n’était pas surprise. Lorsqu’elle reçut un message lui demandant son aide, elle n’avait pas hésité une seconde, s’étant lancée vers l’hôpital, prête à sauver des vies. De plus en plus, Aimi se faisait un nom au sein des services de soin, elle offrait beaucoup d’aide et de manière efficace. Ses compétences étaient reconnues et cela lui faisait énormément plaisir, même si elle avait encore beaucoup à apprendre, cela ne pouvait que l’encourager dans cette voie.

Une voix féminine la fit sortir de ses pensées bien lointaines. Son regard se posa sur une des infirmières du service qui lui offrit un sourire réconfortant. Si la jeune femme la cherchait, c’est qu’ils avaient besoin d’aide et Aimi était encore présente pour apporter la sienne.

— « Aimi, Oterashi Yanosa, Genin tout comme toi, vient d’arriver aux urgences afin d’être pris en charge. Ce n’est pas la première fois qu’il met les pieds ici, c’est un vrai… Combattant… Tu devras peut-être utiliser des compétences médicinales plus poussées, ce n’est pas joli à voir. Il est dans la cabine 8, merci ! »

Un geste bref de la main la saluant, et la fine silhouette vêtue de l’accoutrement médical disparut de sa vision. Aimi avait l’habitude qu’on lui donne des tâches puis qu’on disparaisse aussi vite, la jeune kunoichi soupira et haussa des épaules, c’était pour cela qu’elle était ici après tout.

Elle avait entendu parler de ce Yanosa, les infirmières disaient de lui qu’un jour, il ne reviendrait pas entier de ses entraînements, en faisant parfois trop. C’était donc un Genin… Elle ne se souvenait pas de lui, elle n’avait jamais vraiment établi de contact autre que durant des missions ou des entraînements, cela ne l’intéressait pas à l’époque. Le rubis se redressa vivement et se lança en direction de son quatrième et – elle espérait – dernier patient de la journée. Un aide-soignant avait emmené le brancard dans la pièce de soin. La jeune femme entra dans la pièce, se lava préalablement les mains afin d’effectuer les soins. Les iris rougeâtres de la douce tombèrent sur un individu musclé et au physique avantageux.
Malheureusement, les innombrables blessures qui parsemaient son corps gâchaient un peu le tout. Elle remarqua sa chevelure rouge tout comme la sienne et son regard perçant qui tomba sur sa personne, alors qu'il s'était légèrement redressé. Ses joues s’empourprèrent légèrement, réaction courante chez la Chiwa lorsqu’elle faisait face à une personne de sa trempe, qui n'était en plus, pas désagréable à observer. Il prit la parole, la faisant sortir de ses songes et Aimi découvrit une voix mature et masculine. À la fin de sa phrase, la jeune Iwajin lui adressa un sourire moqueur, habitué, ça oui, elle n’en doutait pas une seconde.

La première chose qu’Aimi fit, c’est de s’approcher de lui et de poser ses doigts délicats sur ses épaules afin de l’inviter à se rallonger, il ne fallait pas qu’il empire déjà son cas. Un discret sourire sur ses lèvres, elle analysa les dégâts physiques qu’elle allait devoir réparer. Son torse était couvert d’égratignures, de plaies superficielles voire plus profondes. Ses avants-bras avaient aussi souffert de l’entraînement, les traces de sang séché camouflant les entailles qui le marquait. Elle avait aussi remarqué d’anciennes cicatrices, révélant de lourds épisodes passés, elle se demandait réellement quel entraînement il faisait endurer à son corps et à son mental. On lui avait confirmé avant d’entrer dans la pièce qu’aucun organe n’était touché et qu’il n’y avait pas de blessures internes.
La jeune femme afficha tout de même un air inquiet, voire sévère : elle respectait les individus s’adonnant à fond à l’entraînement, sans relâche, cherchant à dépasser ses limites, seulement, ce n’était pas une raison pour se retrouver dans des états aussi pitoyables. La jeune femme avait déjà prévu les étapes des soins à réaliser sur l’Iwajin. Mais avant, elle allait se présenter à lui, elle devait faire des efforts, se sociabiliser, disait-on. De plus, ce n’était pas qu’un patient, c’était aussi un compagnon d’armes.

— « Bonjour, Yanosa San, je suis Chiwa Aimi, Genin tout comme toi. En effet, nous ne nous sommes jamais rencontrés parce que je ne travaille pas vraiment au sein de l’hôpital, je suis surtout là comme… Bénévole, on va dire… J’apporte mon aide et je fais en même temps mon apprentissage en tant que médecin ninja. C’est d’ailleurs pour cela que je suis là, avec toi. Je vais avoir du boulot d’ailleurs, tu n’y vas pas de main morte quand tu t’entraînes. »

La jeune femme lui lança un regard légèrement amusé, elle aimait bien être taquine, surtout quand on réagissait de façon aussi inconsciente.

« Je vais d’abord commencer par nettoyer le sang séché puis je vais soigner les plaies les plus profondes en priorité. Cependant, je n’ai plus beaucoup de chakra en réserve, alors j’essaierai de tout soigner et s’il y a besoin, je finirai par des sutures. Sache que tu ne sortiras pas d’ici aussi longtemps que je n’ai pas soigné le plus de blessures possibles ! »

Aimi éprouvait l’envie de panser toutes ses blessures et ses souffrances, ce côté généreux contrastait avec ses difficultés à faire dans le social et son tempérament de feu, qu’elle montrait devant les camarades de sa promotion. Avant de commencer, elle souhaitait voir sa réaction vis-à-vis de sa personne, son état physique était entre ses mains, cela faisait naître quelque chose entre les deux individus et par respect, elle désirait simplement savoir s’il lui accorderait sa confiance.



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Mar 2 Avr 2019 - 23:02
Le visage de la jeune femme qui allait s’occuper de le soigner se révéla sous la lumière lorsqu’elle finit par se retourner, affichant une mine à la fois ravie et exténuée. Sans doute n’était-il pas le premier patient qu’elle devait traiter aujourd’hui : pendant un court instant, il en vint à éprouver une vague culpabilité. Il avait su, au moment où il s’était engagé dans ce pugilat insensé, qu’il n’en ressortirait pas indemne, et que son état nécessiterait forcément plus ou moins de soins. Dès l’instant où il avait choisi de mener cet entraînement, il avait tacitement accepté le fait que quelqu’un à un moment donné, devrait réparer les pots cassés. Et ce moment était arrivé. La culpabilité s’envolant, il vit la medic-nin s’approcher et sentit ses doigts menus replacer avec une douce fermeté ses épaules sur le brancard. Sans dire quoi que ce soit, elle ausculta alors ses diverses blessures, en dressant l’inventaire de façon aussi méticuleuse qu’un commissaire priseur. Après un petit moment passé ainsi, le guerrier aux cheveux rouges détaillant la forme du sourire angélique de la kunoichi, cette dernière finit par se présenter, ponctuant son intervention d’un sourire amusé.

« Haha… non effectivement, mais… c’est un maigre prix à payer pour progresser… Et progresser est, heureusement ou malheureusement… une nécessité absolue. Je ne peux pas me permettre de laisser mes futurs ennemis prendre trop d’avance… ou de me rattraper, dit-il en lui renvoyant son sourire. Mais, toi non plus, tu n’as pas l’air de te ménager, dis moi. L’hôpital qu se fout de la charité, ça te dit quelque chose ? Haha… Haouw… Enfin… j’imagine que pour toi aussi, c’est une nécessité d’aller chercher d’autres patients, pour t’exercer, t’améliorer, prendre le coup de main… Essaye juste, si tu veux bien… de ne pas me rater, d’accord ? »

Yanosa jouait ici volontiers le blessé craintif afin d’en apprendre un peu plus sur le caractère à priori sympathique et aux antipodes du contrariant de la medic-nin. Le fait était toutefois qu’envisager que cette relative novice en matière de médecine ne commette une erreur, aussi infime soit-elle, qui pourrait le clouer au lit bien plus longtemps que nécessaire. Cet entraînement avait eu beau se terminer sur une note plutôt sanglante, il comptait bien en effet retourner rapidement au charbon pour reprendre ses expérimentations guerrières.

« Ok, ok, ça me va… Fais ce que tu peux avec ce qui te reste de chakra, mais ne te mets pas dans le rouge pour moi. Depuis mon réveil du coma il y a presque deux mois, j’ai pour ainsi dire du… revoir un peu mes standards en matière de tolérance à la douleur, dit-il en pointant négligemment dans la direction de ses anciennes cicatrices encore visibles sous le sang à demi séché. J’en parle ouvertement aujourd’hui, mais ça a été assez dur à accepter que, tout ça là, me fasse souffrir le martyre en continue. N’ai pas peur de te servir de cette bonne vieille aiguille, en somme, je peux gérer. Même si… je risque de hurler un peu. Et d’avoir une mine assez horrible. Mais ça ira. »

Et ainsi, les soins proprement dits commencèrent...
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Mer 3 Avr 2019 - 11:02
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Oh bien sûr qu’elle le comprenait, et comme jamais. C’était bien pour cela qu’elle s’en faisait pour lui. S’entraîner d’arrache-pied, quitte à souffrir, atteindre ses limites, ne jamais laisser tomber, elle connaissait. La jeune fille avait entamé son entraînement si tard, qu'elle n'arrêtait jamais, ne supportant pas d'avoir pris du retard sur ses camarades ninjas. En plus de devoir travailler ses compétences physiques, l’apprentissage médical avait été tout aussi éprouvant. La Chiwa n’appréciait simplement pas de savoir qu’il finissait dans cet état à chaque fois, s’inquiétant qu’un jour, son acharnement lui fasse la peau. Malgré tout, elle le comprenait.
Sa seconde remarque touchait la jeune fille qui dut s’incliner, il avait complètement raison. En effet, l'Iwajin n’était pas la mieux placée pour lui faire ce genre de remarque. Mais elle était le médecin, et lui le patient, et si elle s’acharnait à devenir meilleure, c’était aussi pour s’occuper de cas comme lui. La Genin prit la dernière phrase comme une marque de taquinerie, elle était une connaisseuse en la matière et ne lui en tint pas rigueur, bien au contraire, un léger rire filtra de ses lèvres, surprise même de l’entendre, car c’était très rare que cela arrive. Ses joues s’empourprèrent légèrement.

« Je comprends ton point de vue. Pour en arriver là, j’ai dû repousser mes limites moi aussi, j'ai pris beaucoup de retard quant à l'apprentissage ninja et... je ne supportais pas être derrière les autres, depuis, je ne m'arrête plus... Cela ne me fait juste pas plaisir de te voir dans cet état, même si on ne se connaît pas vraiment... Puis tu sais, ce n’est pas parce que je suis en apprentissage ou que je ne travaille pas officiellement encore ici que je ne saurai pas m’occuper de toi ! Au contraire, même si je n’aime pas me vanter, les médecins sont plutôt fiers de mon travail, ça m’encourage davantage à me dépasser. »

La douce s’arrêta quelques secondes, n’ayant plus pour habitude de débiter autant de paroles en si peu de temps, elle cherchait ses mots mêlant une certaine taquinerie à la réalité des choses.

« Et si je ne me ménage pas, c’est parce qu’il y a besoin de personnes comme moi, pour prendre en charge des personnes comme toi, s’entraînant à s’en martyriser le corps ! »

Cet air faussement sévère et le doigt sur son torse posé doucement, la rendaient adorable. Aimi n’était pas quelqu’un de susceptible, elle savait comprendre les choses et son patient était une personne plutôt amusante et intéressante. Après lui avoir expliqué ce qu’elle allait faire de ses blessures, il ne fallut pas longtemps avant qu’il reprenne la parole. Écoutant attentivement ce qu’il lui disait, elle préparait en même temps le matériel qui lui servirait.

« Il faut que tu saches que je ne te laisserai pas sortir d’ici sans t’avoir soigné un maximum, quitte à me mettre dans le rouge ou non. Mais ne t’en fais pas, dès que je sentirai que c’est terminé de ce côté-là, j’utiliserai la méthode manuelle ! » Elle sourit en lui montrant l’aiguille qui servirait pour les sutures. Personnellement, je me dis que la douleur, c’est ce qui fait qu’on sait qu’on est en vie, c’est peut-être bête comme phrase, mais c’est une façon de relativiser… Est-ce que… Je peux savoir ce qui a bien pu t'arriver, pour que tu tombes dans le coma ? »

La Chiwa ne voulait pas le contraindre à raconter des épisodes de sa vie personnelle s'il n'en éprouvait pas l'envie, mais elle se dit que comme ça, il serait concentré à autre chose pendant les soins. Attrapant un petit bol remplit d’un liquide stérilisé, la jeune femme trempa des compresses et commença par nettoyer les taches d’hémoglobines séchées sur ses bras, ses mains passaient sur ses biceps témoignant d’un entraînement intensif. Une fois les deux membres nettoyés, elle changea l’eau et entama le haut de son torse divinement dessiné. Se concentrant en passant sur les plaies les plus délicates, elle ne tenait pas à lui faire ressentir davantage de souffrance. Elle changea de compresses de temps en temps puis mis un terme à l’étape du nettoyage, offrant une vue bien plus nette de ses blessures.

Le regard concentré, elle réfléchit par où commencer et sans attendre, dans un silence presque lourd, une lumière chaude émeraude jailli de ses mains, parcourant millimètres par millimètres la plaie la plus profonde. Une fois les saignements arrêtés et les tissus presque refermés, elle passa sur les entailles moins profondes de son torse qui disparaissaient à vue d’œil puis sur les écorchures de ses bras, quittant sa peau comme si elles n’avaient jamais existé. Elle avait considérablement usé de son chakra médical durant sa journée, la quantité qui lui restait passant dans les soins qu’elle avait effectué à Yanosa. Son regard rubis parcourra ses bras, propres et dénués de blessures, ainsi que son torse dont la seule blessure restante était la plus difficile à soigner.

« J’ai quasiment tout soigné avec le ninjutsu, il reste seulement cette plaie plus profonde. J’ai réussi à refermer les tissus les plus encrés, il va cependant falloir que je mette quelques fils afin que ça cicatrice comme il faut. Comme tu l’as compris, j’ai déjà utilisé beaucoup de chakra aujourd’hui et je préférais soigner le plus de blessures possible. Comme tu peux voir, on peut dire, que je ne t’ai pas raté, bien au contraire ! Si tu me le permets, nous allons passer aux sutures ! »

Armée de son aiguille et de son fil chirurgical, Aimi fixa le shinobi aux cheveux aussi rouges que les siens, attendant une approbation, elle savait que les sutures seraient moins agréables.







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Jeu 4 Avr 2019 - 13:00
« Je te taquinai Aimi san, rien de plus, ne t’en fais pas. En tout cas… sache que tu n’es pas la seule à commencer sur le tard ta formation de shinobi… En tout et pour tout je n’ai que… et bien… en soustrayant mon coma, on arrive seulement à un an et demi d’activité, en fait... »

Yanosa prit le temps de réfléchir lui-même à ce que ce chiffre pouvait dire sur lui, sur ce qu’il pouvait signifier vis-à-vis de sa position dans le village d’Iwa et du manque de confiance qu’on lui témoignait récemment. Il relativisa soudain comme jamais auparavant ses relations avec les hautes instances, réalisant que certains shinobis, formés depuis avant leur adolescence aux arts ninja par leur clan respectif, n’étaient pas nécessairement beaucoup mieux lotis que lui, si ce n’était pas du tout. Il se mettait de lui-même une pression énorme pour progresser et devenir meilleur, car il savait pertinemment qu’il venait de loin, et que son absence totale de prédisposition clanique le mettait à un désavantage qui se révélait exponentiel avec le temps qui passait. Compenser ce rythme de « croissance » était donc primordial pour lui, mais, se dit-il comme pour se soulager lui-même en plus des bons mots de Aimi qui s’occupait de lui, il n’avait pas à rougir de ses résultats. Mais alors qu’il écoutait la Chiwa à demi-mot en notant la dose d’ironie dont elle faisait preuve, sa question suivante teinta son regard de façon imperceptible, comme si la couleur du regret et de la colère s’étaient avancées d’elles-même sur ses orbites.

« Tu es curieuse hein… Enfin, je ne te jette pas la pierre, je ne suis pas franchement différent. En fait, pour être franc, je pense que tu auras une option sur moi un peu différente quand tu sauras… C’est arriv pendant l’attaque de Kiri sur notre village. A l’époque, je venais d’être promu Chûnin, j’étais très fier de moi, plein d’assurance, même si je travaillais déjà beaucoup à l’époque… Et puis, d’autres gradés et moi, on a été envoyés défendre le quartier résidentiel. Pendant le combat… j’ai faire une erreur. Une erreur grossière. L’un de mes coéquipiers m’a sauvé la mise, mais notre formation a été brisée. J’ai vu mon escouade… se faire décimer sous mes yeux, tout en sachant que c’était de ma faute. Et puis, quand j’ai pu contre-attaquer, je me suis exposé inutilement, et un jutsu Fûton m’a frappé de plein fouet. Une tornade de lames… qu’un autre kirijin a cru bon de ponctuer d’un coup de pied à la tête, juste pour être sûr j’imagine… Enfin, pas vraiment assez sûr au final, heureusement pour moi. »

Son regard s’était perdu sur le côté tandis qu’il faisait le récit de sa tragédie, à la fois ouvert à sa narration et toujours affecté par les souvenirs et les images que cela faisait remonter. Son regard croisa celui d’Aimi, et un maigre sourire passa sur son visage. Puis les soins à proprement parler commencèrent : la medic-nin fit de son mieux, et plaça rapidement ses priorités de façon efficace pour totalement guérir la majorité des blessures du pugiliste. Le processus était loin d’être indolore, mais Yanosa parvint à conserver tout son calme aisément grâce à la tolérance à la douleur qu’il avait, bon gré mal gré, porté à un tout autre niveau. La Chiwa devait certainement avoir sous-estimé ses réserves de chakra, car lorsqu’elle n’en eut plus assez pour prolonger son jutsu de soin, il ne restait plus qu’une seule et large plaie sur son flanc droit.

« Tu t’es vraiment bien débrouillée, bravo. Certains de tes collègues ici auraient sans doute pu y arriver plus rapidement, mais c’est aussi pour ça que tu t’exerces : t’améliorer pour pouvoir répliquer tes performances sur le terrain… Mais, dis-moi, pendant que tu termines avec ce magnifique bout de métal… tu en sais quand même beaucoup sur moi, maintenant, pour quelque que je viens de rencontrer : toi, c’est quoi ton histoire ? »
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Jeu 4 Avr 2019 - 16:33
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Alors il la taquinait ? Cela faisait bien longtemps que ce n’était pas arrivé. Le douce s’était donc emportée pour des broutilles, ce n’était pas son genre pourtant, mais cela lui tenait vraiment à cœur, elle espérait simplement qu’il ne lui en tienne pas rigueur et qu’elle ne perdait pas en professionnalisme. Un an et demi hein… La jeune femme comprenait encore plus alors ses motivations, le fait d’être tombé dans le coma ne l’avait pas aidé, Aimi était peinée pour lui. Les deux iwajins se regardaient avec une certaine simplicité, jusqu’à ce qu’elle lui pose cette question, dont la réponse l’intéressait vraiment. Elle vit la lueur dans son regard changer, mêlant rage et désolation, la Chiwa fut touchée, regrettant de lui avoir demandé cela.

Oh oui, curieuse, ça elle l’était, elle aimait connaître ses patients, alors il avait raison de lui faire cette remarque. La douce baissa les yeux embarrassée, n’espérant pas l’avoir refroidit. Mais il continua de parler, lui expliquant qu’elle le verrait probablement différemment quand elle entendrait son récit. La douce le laissa parler avant de commencer ses soins, concentrée sur ses paroles, elle les assimila au fur et à mesure, son visage passait par plusieurs sentiments. A la fin de son monologue, un silence remplit la pièce médicale, la jeune femme soupira. Comment pourrait-elle le juger sur ce qu’il s’était passé ? La faute était à ces hommes de Kiri, qui s’en étaient pris à leur village, pas à lui. L’homme pensif releva la tête pour lui offrir un fin sourire qu’elle lui rendit, voulant lui montrer son soutien.

« Yanosa san… Excuse-moi de t’avoir fait revivre des souvenirs dont tu ne voulais peut-être pas te remémorer… Je suis très maladroite… Tout le monde commet des erreurs, tu sais, c’est comme ça qu’on s’en sort grandit… En les réparant, même si le prix ici a été horriblement cher… Je suis vraiment désolée que tu aies vécu cela. Sincèrement, tout ça, c’est de la faute de ces ninjas de Kiri, ils ont tellement brisé de choses, de vies… Je t’assure que ma vision de toi ne changera pas pour ça. »

Elle lui adressa un sourire rempli de compassion avant de se concentrer sur le ninjutsu médical. Connaître cet épisode de sa vie lui donnait l’impression d’avoir créé un lien avec son camarade et patient. Aimi essuya son front avec le dos de sa main. Elle aurait aimé pouvoir tout guérir, mais elle avait déjà trop fait don de son chakra aujourd’hui. Heureusement, il lui restait ses capacités manuelles. Alors qu’elle cherchait l’aiguille et le fil chirurgical, Yanosa reprit la parole, apportant son attention à lui. La Genin fut touchée par ce compliment, c’était un honneur et une fierté de recevoir la reconnaissance des personnes qu’elle soignait. Sa remarque sur le fait qu’elle n'avait pas assez de ressources pour le soigner entièrement la fit culpabiliser, ses pupilles s’attristèrent légèrement. Ne souhaitant pas qu’il remarque cela, elle détourna son regard, après tout, il avait raison, plus elle s’exercerait, et plus elle serait efficace. C’est alors qu’il lui demanda de lui parler d’elle, la surprise se dessina dans son regard. La jeune femme ne s’attendait pas à cela, alors que c’était pourtant normal, il lui avait bien raconté une période sombre de sa vie. Que dire sincèrement ?

« Merci Yanosa, j’ai essayé de faire mon maximum, si seulement je ne me fatiguais pas aussi vite… »

Un simple sourire aux lèvres et elle se lança dans la suture de la plaie se situant à la droite de son nombril. Le regard concentré, les gestes étaient précis et délicats, telle une chirurgienne de renommée, elle fit glisser l’aiguille dans sa peau et la fit sortir de l’autre côté. Toujours le regard rivé sur son travail, elle prit la parole.

« Durant l’attaque de Kiri… Un shinobi du village est mort entre mes mains, parce que je n’avais pas été capable de le sauver. J’étais encore jeune et débutante, mais je m’en suis toujours voulu. C’est pour ça que je travaille sans relâche, je ne veux plus jamais que ça se reproduise. »

Elle continua ainsi jusqu’à arriver au bout de la lésion. Durant des courtes pauses, réfléchissant à ce qu’elle pourrait lui dire, Aimi remarquait la douleur sur le visage de son patient intéressant, alors qu’il prenait sur lui pour ne pas hurler, comme l’avait-il si bien dit.

« Mes parents étaient commerçants dans un petit village voisin, c’est là-bas que je suis née. Ils étaient contre l’idée que je devienne une kunoichi, mais moi, je voulais le devenir, je savais que j’avais les capacités pour. Alors je me contentais de m’entraîner avec mon Katana. Un jour…»

Aimi hésita quelques secondes, elle préférait terminer son travail avant de continuer. Elle n’avait jamais parlé de sa vie à quelqu’un, c’était difficile et elle ne voulait pas se déconcentrer. Aidée d’une petite paire de ciseaux médicaux, elle coupa le fil.

« Ma mère est tombée malade après m’avoir mise au monde. Même pour ça, je me sens coupable. » Elle rit légèrement avant de continuer. « Elle a tenu le coup, jusqu’au jour où c’était fini… Je rentrais de mes fameux entraînements… Je n’ai pas pu lui dire au revoir… »

Son visage se durcit quelques secondes, la douce s’en voulait énormément de ne pas avoir été présente lors de son dernier soupire. Mais elle ne pouvait pas revenir en arrière et devait vivre avec. Tout ce qu’elle pouvait faire maintenant, c’était de devenir un excellent médecin ninja.

« Enfin voilà. Nous avons déménagé à Iwa il y a quatre ans avec mon père. Je lui ai très bien fait comprendre que je voulais devenir ninja et médecin, il a fini par accepter, mais il avait changé, ce n’était plus le même depuis la mort de maman. »

Un soupir s’échappa de ses douces lèvres, Aimi haussa des épaules et lui offrit un petit sourire. La rousse attrapa une compresse et le plaça doucement sur la blessure, qu’elle colla avec une bande fixative. Aimi lui envoya un regard complice. La jeune femme jeta tout le matériel qu’elle avait utilisé dans un sac stérilisé. Elle prit un petit tabouret et posa son derrière dessus.

« J’ai terminé les soins. Tu peux te reposer ici pour le moment, je peux te laisser si tu le souhaites, sauf si tu veux que je reste ? Je ne suis plus en état d’aider qui que ce soit alors bon… Tu pourrais m’en dire un peu plus sur toi ? Tu sais d’où je viens, et toi d’où viens-tu ? Oh, mais si ça te dérange, je te laisse te reposer bien sûr ! »










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Sam 6 Avr 2019 - 21:44
Si il s’était quelque peu attendu à la réaction d’Aimi à la suite de son petit monologue, il n’était pas pour autant si satisfait que cela d’en être le témoin. Ce qu’elle disait était dans le fond tout à fait vrai : c’était par l’échec qu’on parvenait le mieux à s’élever, à dominer ses peurs et palier ses faiblesses. Yanosa en était une preuve vivante, d’ailleurs, considérant l’état dans lequel il s’était trouvé et sa condition physique et mentale actuelle. S’il n’était pas devenu plus fort, pas pour le moment en tout cas, son esprit s’était renforcé comme jamais cela n’aurait été possible sans cette adversité qui s’était imposée à lui. Malgré tout, le guerrier aux cheveux rouges méprisait ses propres faiblesses et leurs conséquences réelles. A l’image de son art martial, il ne voulait tendre qu’à la perfection, rien de moins, et les embûches qui menaient à la perfection étaient pour lui autant de furoncles nauséabonds dont il préférait se détourner, même si ils devenaient également le moteur de son évolution. Et que dire des shinobis de Kiri… Oui, c’était effectivement eux qui l’avaient mis dans cet état, eux qui avaient massacré ses coéquipiers, et pour cela le goût de la vengeance ne quitterait certainement jamais Yanosa à leur encontre. Mais l’avaient-ils fait par malice ? Assurément que non. Le cours de la vie, aussi cruel qu’il pouvait être, était passé par là, sous la forme de tactiques militaires et géo politiques opaques et imperméables. Aimi était adorable, pensa le pugiliste, mais elle cherchait avant tout à le réconforter. Et si il essayait vraiment d’accepter ce réconfort pour ce qu’il était, une petite voix à l’arrière de son crâne l’empêchait d’en profiter pleinement.

« Le chakra est le chakra… On ne naît pas tous avec les mêmes réserves d’énergie, du moins je n’ai jamais vu ou lu quoi que ce soit sur la possibilité d’accroître ses réserves naturelles. Ce qui compte avant tout, c’est d’être efficace avec celles dont on dispose… et de ce côté là, je pense qu’on peut tout les deux encore largement s’améliorer ! »

Yanosa se tut, voyant visiblement que sa question un peu anodine, qui visait avant tout à le replacer sur un pied d’égalité avec la Chiwa, l’affectait comme la sienne avait pu l’affecter. Ils traînaient décidément tous des casseroles, se dit-il, et les drames étaient partout. La douleur des sutures était intense voire virulente, mais l’Oterashi était à présent top intéressé par le récit d’Aimi pour s’en soucier. Il avait en effet développé cette faculté de pouvoir cloisonner ses sensations et émotions, ou à les relâcher au besoin, au fil des semaines et des mois. La medic-non aussi, à sa façon, gérait ses émotions, préférant chercher ses mots, ou bien simplement s’appliquer sur la suture de la plaie, plutôt que de laisser aller plus avant son histoire. Ce ne fut qu’une fois le fil coupé qu’elle se redressa un peu en en reprenant le cours. La famille, pensa Yanosa… La famille était un concept assez étrange, pour lui, et si il pouvait assez facilement imaginer la douleur de ceux qui avaient perdu des proches, pour avoir expérimenté des sentiments similaires lorsqu’il avait perdu ses camarades, il ne pouvait pas prendre la pleine mesure de ce que cela pouvait représenter, et il le savait bien. Lui qui avait été exilé du domaine familiale, envoyer moisir dans un centre militaire crasseux et sans morale ni honneur, avait en effet plutôt tendance à maudire ou à jurer sur le nom de ceux qui partageaient son nom.

« Tu as perdu ta mère très jeune… Ça a du être assez terrible, j’imagine… Mais c’est aussi l’une des pierre de l’édifice que tu es. Sans doute ne serais-tu pas la même aujourd’hui sans cette perte, que ce soit en bien ou en mal. »

Les soins étaient terminés, et de fait, ce rendez-vous médical l’était aussi sur le papier. Mais alors que Yanosa se surprenait à avoir envie de simplement rester là à bavarder, Aimi énonça précisément cette idée à haute voix. Elle aussi, semblait-il, avait prix goût à cette conversation à la fois banale et pleine de confessions relativement intimes et personnelles. La sécurité d’un lieu, et celle de deux shinobis dont l’esprit communiait sans arrière pensée ni calcul, vivant simplement la catharsis du dialogue.

« Je n’ai pas vraiment d’urgence non plus à vrai dire… Je me vois mal m’entraîner à quoi que ce soit avec des sutures pareilles, en plus... »

Yanosa laissa passer un petit moment, se replaçant confortablement sur le brancard maculé de son sang en tâchant de prendre plus ample connaissance des points de fragilité auxquels il devrait faire attention les jours prochains.

« D’où je viens, d’où je viens… Il y a plusieurs réponses à cette question, en réalité. Si tu veux parler de mon lieu de naissance, alors c’était un magnifique pavillon entouré de terres richement agrémentées et décorées… un vrai petit paradis, habité par de vrais démons. Ma famille vois-tu fait partie de l’élite marchande d’Iwa. Et il n’y a pour ses membres que la perspective de la richesse qui a plus d’importance que la richesse elle-même. Si tu veux parler de l’endroit qui m’a le plus… défini… alors je devrai plutôt te parler de ce fameux « centre d’éducation militaire », loin au nord de Tsuchi. Un petit enfer, peuplé d’âmes damnées. Oh, j’y ai appris bien des choses, ça c’est certain. Mais il y a des souffrances qu’un enfant de 12 ans préférerait ignorer... »
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Dim 7 Avr 2019 - 0:02
Remise en état

Aimi appréciait ce moment de tranquillité où les deux shinobis se confiaient sur leur vie personnelle. Personne n’était là pour les déranger et c’était très bien ainsi. Alors qu’elle s’était excusée à propos de son manque de chakra, qui l’avait empêché de terminer de soigner sa blessure, il la rassura en expliquant que chaque réserve de chakra était propre à chacun et qu’il fallait l’utiliser de manière efficace. La jeune femme hocha de la tête complètement d’accord avec lui, il était d’ailleurs certain qu’elle ferait tout pour s’améliorer de ce côté-là.

« Tu as raison Yanosa… Merci ! La prochaine fois, je réussirai à soigner toutes tes blessures ! »

Un léger sourire sur les lèvres, elle tenta de lui faire comprendre que même si ça l’avait affecté, elle ne se laissait jamais abattre, toujours prête à se surpasser pour des personnes comme lui. Son désir de devenir meilleur lui donnait envie d’être plus forte que jamais, il avait cette façon de redonner de l’énergie là où il n’y en avait plus, la Chiwa appréciait cela. Il l’avait écouté sans rechigner, sans se plaindre de la douleur qu’elle lui infligeait en suturant sa vilaine blessure, elle le trouvait fort et courageux. La douce se demandait si elle tiendrait le coup si un jour cela lui arrivait, s’imaginant s’évanouir sous la puissance de la souffrance.

« Tu as tout à fait raison. Bien que cela ait été très difficile, j’étais même anéantie. C’est ce qui m’a poussé en premier lieu à vouloir devenir médecin ninja, et je ne regrette absolument pas d’avoir choisi cette voie. Je t’avoue qu’elle me manque beaucoup parfois, mais c’est ainsi, c’est la vie… »

Aimi se sentit heureuse qu’il accepte qu’elle reste avec lui, étonnant de sa part, mais elle avait besoin de ça. Ils s’étaient tous deux lancés dans la confidence et elle y prenait goût. Elle rit légèrement en l’imaginant tenter de vouloir reprendre l’entraînement dans cet état, il était clair qu’elle l’aurait forcé à s’allonger, de gré ou de force.

« Tu sais quoi, un jour, je viendrai m’entraîner avec toi ! Comme ça, tu auras tout le nécessaire de soin sur place ! »

Elle lui fit un clin d’œil, amusée par la pensée qu’il se blesse et qu’elle le soigne, et qu’il retourne se blesser sans se rendre compte qu’il épuiserait la jeune femme. Il était comme cela après tout, elle l’avait bien compris. Alors qu’il tenta de se placer confortablement sur la civière tâchée de sang, elle eut le réflexe de poser ses mains sur lui pour ne pas qu’il fasse de mouvements brusques, ayant bien trop peur que les sutures lâchent. Analysant les traces d’hémoglobine séchant petit à petit, elle se dit qu’il ne devait pas être à l’aise et s’empressa de prendre une serviette et d’essuyer tout cela. Trouvant qu’il ne faisait pas très chaud dans la pièce, elle alla chercher sur le côté une petite couverture bleue assez chaude et la déposa sur Yanosa, un petit sourire aux lèvres.

« Il ne fait pas très chaud dans la pièce et tu es… Découvert… Je n’aimerais que tu attrapes froid en plus de tout ça. Tu en fais ce que tu veux. »

Elle approcha son tabouret au niveau de son épaule, prête à l’écouter parler. Durant son récit, le beau rubis hocha de la tête, lui montrant qu’elle était attentive à ses mots. Elle s’imaginait le lieu où il naquit, elle fut moins enthousiaste quand il qualifia sa famille de monstres, ne comprenant pas au début pourquoi. Il expliqua cela aussitôt, touchant la Chiwa ne comprenant pas comment on pouvait faire passer des biens matériels avant sa famille. Elle était furieuse que le jeune homme ait été bercé dans ces bras démoniaques. Il développa, expliquant qu’il avait passé son enfance dans un centre d’éducation miliaire. Aimi pensa qu’elle avait eu de la chance de grandir au milieu d’une famille souhaitant la protéger de ce monde de violence, elle fut attristée de se rendre compte – bien qu’elle le savait déjà – que tout le monde n’avait pas eu ce luxe. Il avait appris des choses là-bas, mais à ses dépens, c’est ce que l’Eisei Nin comprit en tout cas et cela l’horrifia.

Que pouvait-il bien lui être arrivé dans cet endroit qu’elle souhaitait à tout prix éviter ? Les yeux emplis de compassion pour son camarade, elle ne savait que dire sur le moment, elle ne pouvait même pas le comprendre, car elle n’avait pas vécu ce genre de chose, elle pouvait seulement être là pour lui. Le relationnel, ce n’était pas vraiment sa tasse de thé, comment faire ? Elle posa une main hésitante sur son épaule musclée, elle ne savait vraiment pas comment se comporter dans ce genre de situation, mais elle se dit que c’était la chose à faire.

« Sincèrement, tu ne méritais pas tout ça… Je ne peux pas imaginer ce que tu as enduré. Est-ce que tu peux… M’en dire un peu plus ? Sauf si c’est trop difficile pour toi, je comprendrai… J’aimerais simplement comprendre comment on peut agir comme cela sur un enfant qui n’a rien demandé…»

La jeune femme se voulait simplement réconfortante, elle apprenait petit à petit à s’ouvrir aux gens, se disant que c’était bien de les soigner, mais qu’elle devait aussi être là pour eux psychologiquement parlant. Plus il parlait de lui et plus il l’a touché, respectant sa personne. Elle appréciait simplement leur conversation et qu’il s’ouvre à elle petit à petit.










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Lun 8 Avr 2019 - 0:24
Lorsque la medic-nin énonça l’idée qu’elle pourrait s’entraîner avec lui une fois prochaine pour palier le caractère dangereux de ses séances pratiques lui arracha un sourire rien qu’à l’idée. Il s’imaginait déjà, combattant à nouveau Sae, Musashi, Hisa, et tant d’autres encore, sans discontinuer, faisant fi des blessures et de la fatigue grâce aux soins continus offerts par Aimi. Le concept était attrayant, très attrayant, pour un pugiliste tel quel Yanosa, qui se serait bien vu vivre une vie de combats perpétuels comme ceux qui étaient promis aux guerriers dans certaines religions. Mais la perspective de voir la Chiwa user de son chakra jusqu’à la dernière goutte rien que pour soutenir ses ambitieux plaisirs faisait malgré tout remonter en lui une poussée de culpabilité, la même qu’il avait expérimenté un peu plus tôt lorsqu’il avait pris toute la mesure des efforts qu’elle devait fournir pour le rafistoler. Car le moins que l’on pouvait dire, c’est que la jeune femme était attentionnée à l’extrême : sitôt l’Oterashi avait-il tenté de se déplacer un tant soit peu qu’elle avait en effet réagi au quart de tour en lui offrant une couverture bleue. Elle avait peur qu’il ait froid, si l’on en croyait ses dires, mais la gêne que Yanosa perçut chez elle à ce moment là trahissait peut-être quelque chose de plus, quelque chose qu’il refusa de relever, à la fois par pudeur et par manque d’intérêt.

Lorsqu’il lui raconta dans les grandes lignes ce qui avait pu constituer son passé, Aimi parut sincèrement affectée et compréhensive, contrairement à lui qui, un moment plus tôt, avait du en quelque sorte « broder » des sentiments qu’il imaginait être les bons, même si il doutait d’être tombé à côté. Cette main posée sur son épaule lui rappela des sensations qu’il croyait avoir oublié mais qu’il n’avait en réalité jamais vraiment connu : elle lui ouvrait un monde de possibles dans lequel il n’aurait jamais osé s’aventurer, et vers lequel il n’irait probablement pas de son plein gré.

« Le mérite… n’a pas grand-chose à voir avec ce qui peut arriver ou pas dans la vie. Nos qualités, nos défauts, tout ça n’a pas d’importance. J’aurais tout aussi bien être un enfant de cœur philanthrope, ce que je suis loin d’être, que ça n’aurait rien changé à mon destin. Idem si j’avais été un abominable garnement sadique et plein de haine.

Je ne sais pas… si ce serait très utile que je te parle de tout ça plus en détails. Je veux dire, tu as l’air d’avoir le cœur sur la main, Aimi. Tu es dotée d’une bonté d’âme assez rare, d’une passion forgée par la tragédie et qui résistera certainement aux épreuves du temps et de la vie. Tu apporteras beaucoup de bien autours de toi, alors… à quoi bon te narrer à quel point les Hommes peuvent être imbéciles, brutaux et détestables ? A quoi bon te donner des raisons de remettre en question l’objet de ta passion, le fruit de tes efforts ? Je ne pense pas que ça en vaille la peine. Moi-même, vois-tu, je représente fondamentalement l’un de ces aspects. J’ai été forgé par la violence, pour la violence, et aujourd’hui, ma plus grande quête est liée à cette brutalité. C’est ce que je veux, et donc c’est ce que je suis.

C’est aussi pour cette raison que je ne pourrai même pas être objectif en te parlant de mes parents… de mes instructeurs… des crétins consanguins avec qui j’ai du faire mes classes… Tous avaient leurs défauts, que j’exècre encore aujourd’hui, mais peut-être… peut-être est-ce simplement car ces défauts étaient différents des miens ? Ou au contraire, trop semblables… ? On se connaît à peine Aimi, mais pour être franc, tu es sans doute la personne la plus pure et gentille qu’il m’ait jamais été donné l’opportunité de rencontrer. Et même si il reste possible que ce soit une illusion, une vision de l’esprit… quelque part… j’ai envie d’y croire. Et de te préserver.
 »
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Lun 8 Avr 2019 - 2:01
Remise en état

Prête à écouter l’homme aux cheveux rouges, la jeune femme ne s’attendait pas à passer par une multitude de sentiments. Plus elle l’écoutait, moins elle tenait en place. Analysant ses paroles, elle comprenait ce qu’il lui disait, même si au fond, elle trouvait qu’il ne méritait pas ce qu’il avait pu vivre. Le destin en avait décidé ainsi, il s’était dit : toi, tu es là, je vais faire de ton enfance un enfer. Aimi détestait le destin, elle le haïssait, car personne ne pouvait y échapper. S’il décidait d’une chose, alors cela se déroulerait ainsi et non autrement et cela la révulsait. Malheureusement, elle devait vivre avec, alors elle encaissa le coup, comme toujours.

Les lignes suivantes atteignirent la jeune femme brusquement, elle ne savait pas pourquoi, mais ses paroles la touchèrent beaucoup plus qu’elle l’aurait pensé. Elle se détestait de ressentir cela, elle aurait préféré n’en faire qu’à sa tête, comme avant ne penser qu’à elle. Oui, elle avait la main sur le cœur, oui elle était pure, bonne et généreuse. Mais elle n'était pas naïve, elle n'était pas inconsciente du monde qui l'entourait. Elle avait choisi d'y vivre et de le côtoyer. Elle souhaitait être une lumière dans les ténèbres. C’était comme ça, elle avait ça dans le sang. Elle fut émue des paroles à son encontre, elle ne s’attendait pas vraiment à ce qu’il la voit ainsi. Assise sur son tabouret, elle le fixait de ses deux rubis alors qu’il mélangeait haine et gentillesse. Ce que l’homme ne comprenait pas, c’est que la jeune femme était un ninja médecin. Bien sûr qu’elle savait que les hommes n’étaient pas tous bons, bien sûr qu’ils peuvent faire preuve d’horreur, de désolation, de trahison, de monstruosité sans limite. Ses parents l’avaient bien mise en garde à l’époque, cela ne l’avait jamais empêché de vouloir se diriger dans cette voie, parce qu’elle savait que si elle le désirait, elle ne serait pas ainsi. Si la jeune femme était passionnée, c’était pour protéger ce qu’elle chérissait, de ces êtres acerbes, en quoi cela pouvait remettre en question ses valeurs, ses idéaux ?

Aimi se leva de son tabouret, elle marcha dans la pièce, tournant en rond, continuant d’écouter le jeune homme. Elle ne savait pas ce qu’il avait vécu, mais elle n’était pas dupe, il était bestial, combatif, il avait sûrement fait preuve d’une violence que la jeune femme n’avait jamais vue. Parce qu’il était ainsi. Cela lui donnait-elle le droit de ne pas s’occuper de lui ? De chercher à le comprendre ? Non, elle n’était pas d’accord avec ça. Il n’avait pas le droit de décider pour elle. La douce avait très bien compris qu’il n’avait pas eu une famille attentionnée et que ces années à l’école militaire avaient été marquantes aussi physiquement que psychologiquement. Elle trouva cela généreux de sa part qu’il veuille la préserver, elle était même touchée d’entendre ces mots de sa bouche, comme il disait, il ne se connaissait que depuis aujourd’hui. Sans s’en rendre compte, ses yeux s’étaient mis à briller : de peine, de tristesse ? Elle ne savait même pas. Croisant les bras, elle fixait Yanosa, cherchant ses mots.

« Si j’ai décidé de devenir ninja médecin, c’est que j’ai pleinement pris conscience que j’exercerai dans un monde où désolation et violence règnent. Je sais que je suis loin de tout ça, que j’ai été bercée dans la protection et l’amour de mes parents. Cela ne m’a jamais empêché de vouloir devenir shinobi, et par la suite médecin. Je te suis reconnaissante de vouloir me préserver, je suis même touchée des mots que tu as utilisés à mon encontre. Tu as sûrement pleins de défauts, tu es peut-être quelqu’un qui aime la violence, qui aime se tuer à la tâche jusqu’à s’infliger des blessures ignobles. Et ? Cela ne me fera jamais changer d’avis, lire la souffrance dans les yeux des patients tous les jours, le sang, la peine, la tristesse, la mort. Je le côtoie souvent. Mais c’est comme ça, c’est la voie que j’ai choisie, et même avec toutes ces horreurs, je continue à aimer ce que je fais : je ressens de la fierté, de la joie quand je sauve des vies, j’ai gagné un sens à ma vie en devenant ninja médecin. Je serai toujours ainsi, si je dois me vider de mon chakra pour te sauver la vie, je le ferai. Si je dois rester à tes côtés, à t’écouter te plaindre de ta famille ou de tes maudites années passées dans ce centre, je le ferai, je suis comme ça Yanosa. J’ai tellement fait d’effort pour m’ouvrir au monde, aux gens, j’ai tellement été égoïste, plus jamais. Je souhaite continuer à apporter du bonheur aux gens, et tu en fais partie, que tu l’acceptes ou non, je ne t’en voudrais pas. Si ta quête doit t’infliger des blessures les plus violentes qu’elles soient, et bien, je serai là pour te soigner quand tu en auras besoin, c’est tout. Tu n’as rien fais qui m’empêcherait de m’occuper de toi, tu as été poli, tu m’as fait confiance, tu m’encourages même à me surpasser et à devenir meilleure, je ne vois pas le mal que tu as fait. Alors s’il te plaît, ne m’en empêche pas, ne m’empêche pas d’être ce que je suis, ne m’empêche pas de vouloir moi aussi te préserver, à ma manière ? »

Aimi était essoufflée, les joues rouges d’émotion, elle n’avait jamais monologué de cette façon. Elle soupira et ferma les yeux quelques secondes avant de s’approcher du jeune homme. La douce se sentait légèrement embarrassée de s’être laissé emporter ainsi, mais ça avait été plus fort qu’elle. Elle regarda ses mains.

« Enfin… Tu sais hein… Tu n'es pas obligé… Je… Tu as compris quoi… Et moi qui dis que je désire prendre soin de toi, je me mets à m'emporter... »

Elle posa une main sur ses cheveux rouges, embarrassée. Elle espérait simplement qu'il la comprenait, elle voulait rester ce qu'elle était, mais ne voulait pas qu'on la mette de côté pour autant.



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Mar 9 Avr 2019 - 14:58
A mesure que Yanosa parlait, il pouvait voir la Chiwa qui se mettait à bouillonner à feux doux. A un point de son exposé, elle finit par ne même plus tenir en place, littéralement, et se leva de son tabouret pour faire les cent pas à travers la pièce, comme si les mots qu’il lui envoyait trouvaient dans son esprit un écho un peu trop vrai, un peu trop cru à son goût. Ou bien peut-être mourrait-elle d’envie d’exposer son désaccord sans pouvoir se permettre de lui couper la parole ? L’Oterashi ne s’arrêta pas pour autant dans tous les cas, même lorsqu’il constata la posture défensive qu’Aimi finit par adopter, les bras croisés sur son torse menu. Il comprenait cela fort bien, de toute façon : personne n’aimait être trop percé à jour ou bien « renvoyé dans les cordes » pendant une conversation, qu’elle soit décontractée ou plutôt tendue. Il n’avait pas voulu faire de la peine à la médic-nin, mais il se sentait un devoir d’honnêteté avec elle, une honnêteté qui pouvait passer par un poil de brusquerie. Partager son histoire personnelle, en soit, ne le dérangeait pas plus que cela : rien n’y était secret, rien n’y était particulièrement humiliant si l’on exceptait des cas très précis au centre militaire, mais il demeurait une part de pudeur en lui qui se refusait à faire le conte de tous ces événements si la nécessité n’en était pas absolue. En l’occurrence, pour préserver Aimi, d’une part, mais aussi pour ne pas être le réceptacle d’un apitoiement légitime mais trop sentimentaliste à son goût.

La réaction orale d’Aimi à son monologue, en tout cas, le satisfit d’une façon qu’il n’attendait pas forcément, même si dans le fond, elle entreprenait de contredire dans les grandes largeurs l’exposé qu’il lui avait fait plus tôt. La jeune femme avait décidément du caractère à revendre, et cela ne faisait que compléter un tableau déjà fort bien agencé. Envers et contre tout, elle soignerait, disait-elle. Rien n’importait d’autre que son apport aux gens, à leurs douleurs, à leurs blessures et, dans un coin de sa tête, Yanosa ne put s’empêcher de penser que, dans des circonstances qui s’y prêteraient, Aimi serait même capable et volontaire pour prodiguer des soins à des soldats ennemis. Une pensée très cynique, qu’il regretta aussitôt, mais qui était le reflet d’une réalité aussi rude que les déserts glacials de Tsuchi. Les gens trop gentils, se dit-il, et ce peu importe leur force intérieure, étaient prompts à se faire utiliser et manipuler par les autres, les puissants, petits comme grands, qui n’hésitaient pas à exercer leur violence sur ceux qui se trouvaient en dessous d’eux. Et en dépit de toutes ses convictions et ses avis sur la question, la Chiwa pouvait aisément tomber dans ce piège, il le sentait, le percevait, aussi clairement que la lumière du soleil en plaine.

« Haha… ! Ne sois pas gênée, tu as parfaitement le droit de t’emporter. Après tout, personne n’aime qu’on lui dise quoi faire ou quoi penser, et c’est un peu ce que j’ai fait au fond… Il est vrai que… vouloir te préserver à tout prix n’est pas forcément la chose à faire, mais... »

Yanosa songea un instant à cette pensée qui l’avait traversée plus tôt. Comment empêcher la bonté et la gentillesse de devenir un rempart à la sécurité ? Comment endurcir le cœur juste ce qu’il fallait pour ne pas le rendre trop perméable aux coups ? D’une certaine façon, la réponse était tout à fait évidente, mais elle mis quelques secondes à monter au cerveau de l’Oterashi.

« Je vais te dire. Si tu acceptes de t’entraîner avec moi, pour de vrai, alors je te raconterai petit à petit à quel point une enfance peut s’avérer cruelle et sans pitié. Ça te tente ? Je pourrai te montrer… et te narrer, du coup, quelles violences recèle le monde, t’y préparer… Je ne dis pas… que tu n’es pas capable de faire face seule comme une grande, attention, simplement… L’arme du shinobi est avant tout sa connaissance et son savoir, et c’est par ce biais, je pense, que tu en apprendras le plus. »
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Mar 9 Avr 2019 - 17:11
Remise en état

La profondeur écarlate du regard de la doucereuse analysait la réaction de son « patient », c’était très rare qu’elle perde son calme ainsi, ce n’était pas son genre, gardant toujours le contrôle. Elle avait pour habitude de ne pas se laisser faire, de savoir ce qu’elle faisait, où elle voulait se diriger. L’homme avait réussi à la percer comme dans un livre ouvert, mais il n’avait pas tort au fond. Elle était dotée de maintes qualités, mais celles-ci pourraient se retourner contre elle un jour, la Chiwa ne s’en rendait pas compte encore et Yanosa lui ouvrait simplement les yeux. C’était une bonne personne, mais elle était fière, très fière. Alors elle lui avait confié ses pensées intimes, ce qu’elle ressentait, son mécontentement, ce qu’elle souhaitait à quelqu’un qu’elle connaissait que depuis peu. Son embarras revint donc au galop, n’ayant pas vraiment disparu. Retournant sur son tabouret, une moue boudeuse sur le visage, elle se renfrogna sur elle-même. La vérité sortant des lèvres du shinobi écarlate, Aimi ne pouvait qu’abdique, elle appréciait guère cela, mais il la ramenait à une réalité déconcertante. Qu’est-ce qu’elle croyait ? Elle n’avait pas vu le tiers de ce que ce monde regorgeait. Oh, elle savait, elle n’avait pas peur, elle était préparée, mais une fois face à toute cette infamie, que ferait-elle ? Face à un shinobi ennemi sur le point de mourir, comment réagirait-elle ? Son cœur de médecin la guiderait vers le désir de lui porter des soins, mais son honneur de shinobi devrait le laisser mourir. C’était si compliqué. Mais c’était la voie qu’elle avait choisie.

L’honnêteté de Yanosa était tout à son honneur. En soit, il n’était pas obligé de prendre la peine de lui faire part de tout cela, il n’était pas obligé d’éprouver le désir de la préserver de toute cette noirceur. Au fond, elle lui était reconnaissante, elle était juste ce qu’elle était, une entêtée au cœur pur. Puis, qui était-elle pour qu’il ait à déballer sa vie en fait ? Meme si elle voulait simplement être là, se montrer comme un mur solide sur lequel il pourrait se reposer, elle était rien pour lui. De plus, serait-il assez résistant pour tout cela ? L’Iwajin ne lui tenait pas rigueur de cette perte de contrôle, elle fut reconnaissante intérieurement. Il la comprenait et elle appréciait cela. Préserver Aimi, c’était une chose noble, mais elle ne trouvait pas cela forcément juste, surtout dans ce monde. Qu’est-ce qu’on pouvait préserver ? La paix ? La Chiwa rit intérieurement, à chaque fois qu’une paix régnerait, il y aurait toujours quelqu’un pour vouloir l’entacher. Son âme ? Pareil. Son innocence ? Elle la perdrait bien un jour, si elle souhaitait fonder une famille.

Alors qu’il s’arrêta au milieu de sa phrase, la jeune femme le fixa interloquée, se demandant pourquoi il avait arrêté de parler. Il semblait songeur, cherchant peut-être ses mots ?
Sa réponse la surprit plus qu’il n’en fallut, cela pouvait se lire sur son minois, que ses yeux écarquillaient montraient son étonnement. En fait, Aimi pouvait être une énigme, mais n’importe qui en ces lieux auraient décelé de la joie dans ses rubis précieux. Elle ne pouvait pas trouver plus honorable qu’on lui propose de s’entraîner, et encore plus avec lui, qui semblait quelque peu solitaire ou peu emballé pour s’épancher sur ses sentiments. Un entraînement, c’était bien mieux, c’est le corps qui s’exprimait, qui offrait à l’autre des paroles plus vraies que toutes autres. Les gestes racontaient une histoire, les actions avaient un sens, c’est ce qu’elle appréciait. La rousse ne s’imaginait pas ce qu’il avait vécu, mais cela la touchait, elle ne savait pas pourquoi, après tout, l’homme était un inconnu avant leur rencontre, elle était trop sensible. La douce lui sourit et hocha de la tête. Elle avait cruellement besoin d’entraînement, cela pourrait lui apporter tellement, et peut-être que la jeune femme pourrait lui apporter à son retour quelque chose. Yanosa ne pouvait pas se montrer plus honnête que de cette manière, si elle avait besoin d’être préservée, ce serait la meilleure des façons. Combattre le fer par le fer.

« En fait, tu as raison, sur tout… Tu t’es montré honnête avec moi, que cela me déplaise, je ne t’en veux pas pour ça. Tu dis juste la vérité, j’ai beau me dire que je suis préparée, que je sais que je baigne dans un monde si désolant, je ne me rends pas compte… Cela ne m’empêchera pas d’être ce que je suis, mais si je pouvais devenir une version… Améliorée de moi ? Tu me préserveras bien mieux en m’endurcissant, j’en suis convaincue. Par contre Yanosa, tu as du pain sur la planche… J’ai besoin de beaucoup d’entraînement… Le combat et moi… Je l’ai un peu laissé de côté ces derniers temps, on va dire. Enfin… Merci.»

Aimi passa une main derrière la tête, quelque peu gênée. Elle aimait se battre, peut-être pas autant que la médecine, mais elle avait besoin des deux pour se sentir entière, peut-être que Yanosa était un tremplin à son développement. Une chose était certaine, la kunoichi était et serait reconnaissante envers lui. Parce qu’il n’était pas obligé de faire ça.

« Et qui sait, peut-être qu’en retour, je pourrai t’apporter quelque chose, au-delà qu’un bon nombre de soin !»

Elle haussa des épaules, un sourire complice aux lèvres lui étant adressé.




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Mer 10 Avr 2019 - 15:02

Yanosa espérait sincèrement qu’elle accepterait. Non seulement pour elle, mais aussi pour lui, qui était habité d’une telle soif d’apprentissage que tout profil un peu différent de la norme pouvait lui apporter beaucoup en termes de diversités et d’expériences. Et même si son objectif premier en lui faisant cette proposition était bel et bien de l’élever au-dessus de la faiblesse que comportait son armure, si lui pouvait en retirer aussi du savoir en retour, alors il serait prêt à signer le contrat mille fois s’il le pouvait. A en juger par la réaction faciale de la jeune femme, l’Oterashi était cela dit plutôt confiant sur l’issue de sa proposition : son regard s’était en effet ouvert davantage, témoignant autant de la surprise qui s’empara d’elle que de l’espèce d’émerveillement que ladite proposition avait apparemment suscité en elle. Et lorsque le faciès de la Chiwa se fit plus neutre, passée la surprise, Yanosa sut qu’il avait fait mouche, ce qui fut rapidement confirmé par sa réponse. Avoir raison sur tout… le pugiliste sourit intérieurement à cette idée, sachant pertinemment à quel point il s’agirait à la fois d’un don divin et d’une horrible malédiction. Il aimait avoir raison, c’était un fait, mais toujours être dans le vrai, évoluer dans un marécages de vérités parfois gênantes, cela pouvait s’avérer aussi misérable et insupportable que de nager dans un océan de détritus.

Yanosa fut en tout cas ravi qu’Aimi soit lucide sur ses propres qualités et défauts, tout comme il l’avait été et démontré devant elle quelques instants plus tôt. Sa force de caractère le lui permettait, et serait un atout toute sa vie tant qu’elle saurait la cultiver avec les connaissances adéquates et en faisant les bons choix. L’Oterashi espérait simplement qu’il pourrait prouver qu’il était à la hauteur pour entraîner quelqu’un d’autre que lui-même, l’exercice étant loin d’être évident. Au-delà de posséder les connaissances nécessaires, il fallait en effet savoir comment les transmettre de la façon la plus efficace possible, et qu’il le veuille ou non, cela pourrait mener à des situations délicates avec la médic-nin où il se trouverait obligé de la malmener plus que de raison. Il n’en était pas encore là, bien sûr, mais le peu qu’il pensait savoir, il espérait en tout cas qu’il saurait bien faire pour l’apprendre à Aimi.

« Réjouis-toi, alors, car ça veut dire que ta marge de progression en la matière est énorme.. ! Et puis… au moins comme ça je suis sûr de pouvoir t’apporter quelque chose. J’ai beau m’être spécialisé dans l’art du corps-à-corps, je suis encore loin d’en maîtriser tous les aspects. Je m’améliore de jour en jour, et pourtant, chaque jour j’ai l’impression que le champ des possibles que je dois envisager et appréhender s’étend sans cesse. Et je sais que, de par le monde, des guerriers ont déjà franchi tous ces obstacles, toutes ces barrières, et vont déjà bien au-delà… C’est une course invisible, une course qui se termine avec des morts ou, au mieux, des vaincus. Toi et moi, nous pourrons nous entraider pour remonter le peloton, j’en suis sûr. Mais en attendant... »

Yanosa se frotta le front avec sa main, se malaxant les tempes, apparemment pris d’une violente fatigue.

« Je crois que… j’ai vraiment besoin…. Ooohaaaaa… de me reposer… Dès que je serai remis… je te laisserai une note sur le tableau publique. Et nous commencerons alors à nous entraîner…. »

Ses yeux se fermèrent doucement, toujours conscient pour entendre et réagir à ce que pourrait lui dire Aimi, mais définitivement en bonne voie pour un long et profond sommeil.
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Mer 10 Avr 2019 - 18:36
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Aimi fut ravie d’entendre que le fait que son niveau en combat limité n’était pas un obstacle pour lui, ça l’encourageait à continuer dans cette voie de l’apprentissage. Oh, la jeune femme était certaine qu’à ses côtés, elle sortirait grandie, techniquement parlant, et psychologiquement aussi. Bien qu’il prétendait ne pas posséder la maîtrise du combat au corps-à-corps, se serait toujours bien plus que son niveau à elle. Elle comprenait vraiment le jeune roux, plus elle s’améliorait elle aussi, et plus loin était le chemin vers la perfection, si elle existait. La Chiwa écoutait attentivement les paroles de Yanosa, hocha de la tête à chaque phrase, elle enviait ces personnes qui avaient réussi là où elle avait encore du chemin. Mais en même temps, ce serait trop facile si elle possédait déjà tous les secrets de la médecine et de l’art ninja. La mort, la jeune femme l’avait côtoyé, mais sous une certaine forme : le décès de sa mère, qui était malade puis elle avait simplement échoué dans le sauvetage de personnes. Aimi n’avait jamais écourté la vie de quelqu’un, elle savait qu’un jour, elle devrait y faire face, et à ce moment-là, elle ne savait même pas comment elle réagirait. La rousse appréciait l’idée de travailler aux côtés du Genin afin de progresser, elle était motivée comme jamais à se surpasser et devenir meilleur.

Le jeune homme coupa sa phrase, se frottant le visage, sûrement bien épuisé de cette lourde journée. Il confirma son hypothèse en lui expliquant qu’il avait besoin de se reposer, ce dont elle se doutait. Elle prit note des informations et hocha de la tête, lui offrant un grand sourire. Ses yeux écarlate se fermèrent, elle sourit, et répondit assez rapidement avant qu’il s’endorme.

« En effet, je ne peux que progresser, et je ne doute pas qu’avec toi, je deviendrai meilleure, et si je peux t’aider à t’améliorer, ce sera encore mieux ! Il faut que tu te reposes oui, tu en as grand besoin. Quel mauvais médecin je fais à profiter de ta gentillesse pour discuter avec toi... En tout cas, j'ai hâte de pouvoir entamer cet entraînement avec toi, j'attendrai un signe de ta part ! »

Aimi s’étira sur son tabouret, son corps tout endolori, prise elle aussi d’une fatigue, c’était vraiment contagieux. En temps normal, elle prendrait le lit pour faire une micro sieste, mais le shinobi l’occupait. Il faisait encore bien jour pour retourner dormir chez elle, la boutique ouverte et dynamique. Elle soupira et regarda autour d’elle.

« Si tu me permets, je vais en profiter pour me reposer moi aussi, j’ai pour habitude d’utiliser une pièce pour faire un petit somme parfois. Et comme ça, je suis à côté s’il y a un problème !»

Descendant de son tabouret avec un petit saut, la douce femme s’installa contre un mur de la pièce, adossée, une jambe fléchie, elle ferma les yeux et se laissa bercer par le silence de la pièce.




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