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Crime de commandement

Hyōsho Shironome
Hyōsho Shironome

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Sam 6 Avr 2019 - 2:49




Crime de commandement

Solo



Des pas flous et discrets, dont le bruit étouffé par des tintements métalliques ne pouvait être perçus que par des oreilles attentives. Un regard farouche, qui couvait chaque détail de ce tableau accablant d’une expression surprise. Shironome s’avançait à tâtons, délaissant l’assurance qui l’animait à l’aube de sa traversée pour une prudence renouvelée devant le chaos qui s’annonçait. Une odeur de soufre emplit ses narines ; tenace et rémanente, elle était gage de l’affrontement qui s’était déroulé au sein de ces terres défrichées. Les décombres ne cessaient de se dérouler sous ses yeux ébahis. Seuls quelques bâtiments singuliers arboraient avec fierté leurs fondations robuste ; l’hôpital général, quelques habitations. Mais le palais de la brume, lui, était enseveli tel un souvenir refoulé sous d’imposantes couches de pierres, un tombeau bien trop prématuré.

« Qu’est-il advenu de la brume... »

Un murmure fragile, délaissé dans ce capharnaüm ambiant. Le poids rassurant d’un sabre, soutenu dans son dos, l’empêchant de céder à des conclusions hâtives. Aucun doute ne subsistât dans son esprit quant au spectacle qui se révélait à ses yeux enfantins ; le coup d’état, dont les rumeurs étaient parvenues jusqu’aux côtes gelées du pays des neiges, semblait avoir eu raison du village caché.

Ces pas silencieux se firent plus alertes dans cette étendue de décombres, tandis que l’éternel manteau nébuleux qui avait su faire la réputation de ces contrées filtrait les timides rayons du soleil, bouillant d’un ardent désir de ramener l’espoir en ces lieux. Rien ne semblait subsister du passage de cette guerre civile, néanmoins… la flagrante constatation de cette ferveur qui habitait les survivants chassa ses doutes les plus enfouis. Chaque homme, chaque femme dont le corps permettait de venir en aide à sa patrie l’apportait inlassablement, qu’il s’agisse de panser les blessures de compagnons, d’amants, de pleurer leur perte… ou bien de relever la Grande vers sa gloire perdue, aucun ne s’interdisait à redonner vie à ce qui fut et qui sera de nouveau une fabuleuse cité ninja. Des graines d’espoir ne tarderaient pas à éclore de nouveau sur cette terre déplorée.

Un sourire fin se dessina sur ses lèvres demeurées closes ; non, rien n’avait été perdu. Un brouillard mélancolique se resserra, tel un étau chaleureux sur les courbes de son corps chétif. Les cliquetis métalliques de son arme tâcheraient d’annoncer sa présence alors que les marécages brisés s’effaçaient à sa vue. L'une de ses mains franchit le ceinturon de tissu qui maintenait son hakama sur ses hanches frêles, revêtant la dernière édition du Kunaï Émoussé au creux de sa paume, et le déplia avec aisance. Le titre aguicheur, rédigé à l'encre noire sur la situation troublée du Pays de l'Eau semblait prendre tout son sens désormais. Peut-être que les rumeurs qu'il contenait s’avéreraient réelles.

La silhouette referma le poing sur le journal, l'inquiétude trahissant les traits de son visage. Un regard adressé aux débris du Palais de la Brume, bref, mais pourtant empreint d’une intensité nouvelle. Aurais-je rejoins ces rivages après tant de temps, seulement pour trouver ce que je recherchais en ruine ? Une avancée qui perçait de nouveau à jour les sentiers du village, encombrés par des débris, des cadavres… ou simplement des objets de toute sorte, pris par l’effervescence de la chute du bâtiment névralgique. Dame Watanabe aurait-elle tombé les armes, comme le dit la rumeur ? Dans ce cas... qu’en est-il du clan des Sabreurs ?

Une brise fraiche souleva les mèches opales de cette silhouette demeurée inconnue aux yeux du village, une douce caresse aux allures rassurantes, semblant faire écho à ses pensées torturées. Les yeux clos, Shironome se délecta de ce souffle revigorant. Tout n’était pas perdu. Un nouveau chef prendrait la place de la Godaime d’ici quelques temps – si toutefois la décision n’avait pas d’ores et déjà été prise par les grandes instances – et bien qu’elle ait représenté une orée de lumière pour ses sujets, et plus encore pour les sabreurs, chaque chose appelait irrémédiablement à sa propre fin.

Un frisson téméraire remonta le long de son échine tandis qu’il contemplait les courbes rêches et difformes de ce qui serait pour les années à suivre son point d’encrage. Ses pupilles céruléennes happaient avec envie chaque détail se révélant à elles, dans l’intime désir de trouver en ces terres quelque sentiment familier, quelque impression qui le conformerait dans son choix. Pourrait-il recouvrir ses souvenirs perdus, dans cette contrée pourtant si éloignée de celle où il s’était éveillé de nouveau, blessé, haletant, et vidé de toute histoire ?

Une réminiscence mélancolique étreint sa poitrine à cette pensée, persistante… presque réconfortante, tandis que le paysage se transformait au fur et à mesure qu’il arpentait les couloirs absents de la Brume. Les locaux extérieurs du village, bien plus proches des renforts de pierre garants de la sécurité des habitants semblaient avoir été épargnés en partie, si bien que quelques habitations subsistaient, que les bâtiments officiels, eux, se faisaient plus massifs. Un coup d’œil adressé aux murs cloisonnant Kirigakure en leur sein, furtif, mais pourtant terriblement instructif quant aux doutes qui l’habitaient sur la question. A la simple exception des geôles, aucun d’entre eux ne semblaient porter la marque des événements passés. La Brume tâche de se défendre contre des menaces extérieurs… malheureusement, il semblerait que toutes ces fortifications n’aient pu la protéger de la gangrène en son sein.

Le bruit de ses pas s’avorta dans un claquement final, et ses yeux, relevés vers l’édifice qui s’imposait à sa vue, ne purent qu’être traversés par un profond sentiment de plénitude. Quelques instants s’écoulèrent alors qu’il n’osait pénétrer à l’intérieur de la bâtisse, non pas par crainte… seulement pour apprécier cet instant solennel.

Le Grand Dojo des sabreurs se trouvait devant lui, exempté de toute détérioration. Désormais, ses pas résonnèrent sur ce plancher tant de fois arpenté par ses pairs, quittant le doux confort de la terre.



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