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L'Empereur aux Mille Couleurs [Solo]

Saiseiki Kanna
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Lun 3 Juin 2019 - 21:17

L'Empereur aux Mille Couleurs.


Kanna ouvre tranquillement les yeux. Le voyage hors de Kaminari se poursuit à son rythme, sans rencontrer de véritable encombre. Après sa rencontre avec Yamiko, la chatte avait décidé de se remettre en route pour retrouver ses compagnons, la petite troupe menée par Sentetsu Chiaki. Seule, livrée à elle-même au beau milieu du pays de la foudre, la blanche se déplace tranquillement sans se sentir particulièrement menacée. Que pourrait-il lui arriver, de toute façon ? Une bagarre ? Eh bien, elle n’a pas plus peur de ça que d’autre chose. Alors, au rythme de ses petites pattes, l’hybride n’accélère pas particulièrement et se laisse porter, profitant de ses derniers instants dans Kaminari, avant bien longtemps. Difficile de quitter sa terre d’asile, qu’elle considère comme sa nouvelle maison. Difficile, comme à l’époque où elle avait dû s’en aller de Kaze no Kuni. Malheureusement, Kanna ne le sait que trop bien : on ne peut rien contre les aléas de la vie. Si Kumo s’est inclinée devant l’Empire du Feu, c’est que les flammes étaient plus puissantes que les nuages. Il n’y a rien à redire, simplement une leçon à tirer : pour revenir et reprendre leurs terres, il faut qu’ils consolident leurs connaissances et améliorent leur force. Pour de vrai. Pas juste pour rire. Parce que, lorsqu’ils reviendront, nul doute que leur route croisera celle de l’Empire … Pour mener la bataille finale, celle qui décidera du destin de Kumo pour de bon.

Perdue dans ses pensées, Kanna en est abruptement tirée par une créature qui passe paisiblement devant ses prunelles. Sa forme animale revêtue, sa truffe se lève pour suivre le mouvement. Des ailes colorées, une forme svelte et délicate. La chatte penche la tête et reste immobile. L’insecte continue son chemin sans même prêter attention à elle. La blanche la fixe, hésite un instant : en a-t-elle déjà vu un aussi beau ? Probablement pas. Intriguée, elle décide de le suivre aussi discrètement que possible. Sa route bifurque un instant, à la poursuite de la bestiole. Elle vole, vole, tranquille, à son rythme, décrivant des formes incompréhensibles aux yeux de la blanche qui semble pourtant obnubilée. Le ciel est plein de jolis animaux, mais celui-ci est incroyable. Peut-être l’ajoutera-t-elle sur son vaste tableau de chasse, avant de rejoindre les autres ? Kanna observe, reste sur la trajectoire de sa nouvelle proie.

Ses pattes la mènent finalement jusqu’à une sorte de petite forêt, sombre et silencieuse. Une grande étendue d’arbres que la blanche n’a jamais vue. Perplexe, elle recule et se demande si, finalement, elle ne devrait pas faire demi-tour pour retrouver ses compagnons. Son instinct de prédateur la rattrape à toute vitesse et la condamne : Kanna suivra cette créature où qu’elle aille, quel que soit le danger qu’elle rencontrera. Mue par sa folle envie d’épingler la bestiole, l’hybride pénètre dans les bois.

Les odeurs de bois, de feuilles et de fleurs s’emparent de sa truffe et saturent son odorat à une vitesse phénoménale, surprenante. Kanna reste étourdie un instant, les yeux clos pour retrouver ses repères. Quand elle les rouvre, l’insecte volant a disparu. Il ne reste plus rien, ici, pas même son odeur. Une disparition totale, qui la laisse seule face au néant. Immobile, la chatte s’en remet à son sens favori et hume longuement les parfums, pour voir si elle décèle une quelconque information qui l’aiderait à le retrouver. Mais non. Il n’y a rien. Personne. Pas un chat. Enfin, si, y a un chat. Mais juste ça. Kanna hume plus longuement, pour être sûre de ne rien avoir raté et elle fait face à une vérité terrifiante : elle ne sent rien. Elle a beau se concentrer autant que possible, rassembler toutes ses forces, utiliser du chakra, toutes les méthodes possibles et imaginables, la conclusion est la suivante : elle ne sent absolument rien. Les odeurs lui échappent.

L’hybride recule instinctivement, comme si cela pouvait y changer quelque chose. Sa peur grimpe en flèche, à un degré terrifiant. Que faire ? Paniquée, Kanna lève la truffe et décide de s’en remettre à ses oreilles, pour voir si elle perçoit la moindre information. Un bruit, un froissement, quelque chose au loin, n’importe quoi. Juste un petit truc qui lui permettrait de comprendre. Après quelques instants d’immobilité totale et un conséquent travail réalisé sur elle-même pour ne pas paniquer et calmer son cœur, l’hybride parvient finalement à percevoir un son. Infime, au loin, il est pourtant existant. Kanna décide de s’y accrocher autant que possible : il y a quelque chose, ici. Il n’y a pas qu’elle. Et ce ne sont pas les feuilles qui bougent, qui font cet effet, mais bien un animal qui se déplace. Elle entend le froissement d’ailes, qui trouble son ouïe. Il est là !

Le chat se met en route à pleine vitesse en direction du son, aussi faible soit-il. C’est peut-être juste un petit détail, peut-être que cela ne la mènera absolument nulle part, peut-être qu’elle se perdra encore davantage, Kanna ne le sait pas, mais elle décide de ne pas lâcher l’affaire. C’est son seul et unique espoir, rien d’autre ne pourra la sortir de là. Débrouillarde, autant que possible, jusqu’au bout : après tout, si elle est là, c’est par sa faute et uniquement sa faute. Alors, maintenant, la blanche prend ses responsabilités et porte sa fourrure, adulte. Si elle s’en prend plein les crocs, eh bien, tant pis ! La prochaine fois, elle restera sur son chemin, sérieuse et bien élevée.

Enfin, ça, ce n’est pas Kanna. Parce que Kanna est un chat intrépide, courageux, qui n’a peur de rien. Elle s’enfonce dans le danger en se jetant les deux pattes dedans, quitte à se ramasser brutalement. Ce n’est que la suite logique de son comportement initial : être téméraire est une chose, le fait que ça la mette au devant d’un bazar sans précédent en est une autre. Autant dire que, pendant sa course, la chatte oublie progressivement ses craintes jusqu’à totalement se ressaisir : peu importe que cette forêt ne lui rappelle rien, finalement, parce qu’elle en percera les moindres secrets.

Kanna l’aventurière, retour aux sources !


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Mar 4 Juin 2019 - 1:52

L'Empereur aux Mille Couleurs.


Ses coussinets foulent le sol herbeux à pleine vitesse, les brins caressant les interstices entre ses pattes. Une sensation oubliée jusque-là, qui l’enivre plus qu’elle ne l’aurait cru. Kanna n’a plus peur, au contraire. Il n’y a plus que de l’excitation en elle, une folle adrénaline qui lui permettrait de déplacer des montagnes s’il le fallait. Elle court, à la recherche de ce froissement qu’elle a entendu. C’était si petit, presque totalement imperceptible, mais c’était là.

Les arbres défilent sous ses prunelles céruléennes. Ils se succèdent et se ressemblent, rien ne se modifie, les odeurs ne reviennent pas, mais l’origine du son s’approche. Le froissement d’ailes. Encore. Kanna l’entend, plus près, plus fort. Elle se jette dans sa direction, sans même essayer de comprendre, sans imaginer une seule seconde que cela peut être une véritable erreur. Dans sa course effrénée, la chatte oublie progressivement son environnement, focalisée uniquement sur ce petit bruit. La bête est là, à quelques mètres. C’est tout. Son esprit est rivé sur ce détail et ne parvient pas à lâcher prise.

Jusqu’à ce qu’elle l’atteigne.

Après avoir gambadé pendant un long moment dans la forêt, Kanna finit par entrer dans une autre zone, qu’elle n’a pas vue arriver. Au cœur de la vaste étendue d’arbres se trouve une zone entourée de feuillus, qui forment un cercle tout autour d’une sorte de … De … La blanche penche la tête : de quoi, au juste ? Dubitative, elle n’avance pas encore et se contente d’observer. Son odorat est revenu brusquement, lui permettant de découvrir des parfums particulièrement agréables. Il y a quelque chose d’entêtant, qui empêche Kanna de reculer – comme s’il fallait quelque chose pour ça. La blanche regarde partout, tout partout, à la recherche d’indices. Bredouille, elle se rend compte qu’il n’y a aucune information qui puisse l’aider. Une seule chose lui saute aux yeux ou, plutôt, au nez : ça sent drôlement bon par ici.

L’hybride prend son courage à deux pattes et se laisse émerveiller. Elle entre doucement dans ce nouvel endroit, sans trop savoir, mais sans avoir peur non plus. Tout a l’air parfait ici. Vide, silencieux, simple, paisible. Kanna avance un peu plus. Il n’y a plus le fameux son de froissement d’ailes. À vrai dire, il n’y a plus aucun son. Il y a juste les odeurs. Encore un sens qui disparaît : celui qui lui avait permis de suivre l’insecte. Instinctive, la chatte n’avait pas compris, au départ, mais elle commence à se demander si ce n’est pas une épreuve, ou un petit jeu pour se moquer d’elle. Sûrement un petit jeu, à vrai dire. Un animal qui joue avec ses sens, pour rire un peu. Kanna serre les crocs. Ça l’énerve.

Maintenant qu’elle ne peut plus utiliser ses oreilles, il faut qu’elle se concentre sur autre chose. Son nez ? L’odeur enivrante ne s’est pas levée, mais elle sature tellement son odorat qu’il lui est impossible d’en discerner d’autres. Certes, il existe sûrement d’autres parfums, mais ils lui échappent. Un peu comme une gigantesque averse de pollen qui bouche complètement les narines. Kanna penche la tête. Et si … Et si c’était justement ça ? Du pollen ? La blanche avance un peu plus et tente de retenir complètement sa respiration. Ne plus rien inspirer pendant un moment aussi long que possible, peut-être que cela fonctionnera ? Qu’elle sentira plus facilement ? Les secondes s’allongent à mesure que l’oxygène s’éloigne de ses poumons. Ils hurlent, ils veulent de l’air, mais Kanna ne démord pas : sa théorie est peut-être la bonne. Il faut vider tout ça. Quand elle ne tient plus, l’ex-Chûnin relâche sa prise et récupère instantanément tout le précieux gaz qui lui permet de vivre.

C’est un échec.
L’odeur est toujours là, pire encore : elle est plus forte qu’au départ.

Kanna soupire. La réalité lui saute aux yeux : ses sens sont altérés, par quelque chose, ou quelqu’un. Sûrement par l’insecte ailé qu’elle a suivi jusque-là. Il le pourrait ? Ou alors c’est juste une coïncidence et elle se fait manipuler depuis le début. Mais … ça n’a pas de sens. Qu’est-ce qu’il voudrait faire d’elle ? Après tout, pourquoi s’amuser à embêter un chat ? Bon, d’accord, les chats embêtent les bébêtes de ce type, mais tout de même ? La plaisanterie a assez duré, non ? Kanna peste.

Lassée, l’hybride se tourne pour rebrousser chemin, mais il n’y a plus de chemin. Retourner en arrière ? Eh bien, c’est impossible. S’il existe des routes, elles ont disparu. La chatte comprend finalement qu’elle est victime d’un petit plaisantin, qui a l’air de bien s’amuser. C’est une bonne victime, après tout : son flair ne lui dit jamais de fuir le danger, ni même de se douter des pièges. Kanna foncera toujours tête baissée, parce qu’elle ne manque pas de courage, mais elle manque clairement de jugement.

Comment faire, maintenant ? Comment retourner sur ses pas, quand tout autour d’elle il n’y a qu’un cercle d’arbres ? Peut-elle vraiment fuir ? Au fond, l’hybride se dit qu’il n’y a pas trente-six raisons pour qu’elle se trouve ici. Tout s’est agencé de manière à la piéger, à la faire se perdre au plus loin d’une forêt pour la garder une fois à destination. Ce n’est pas une coïncidence. Alors, finalement, soit son agresseur est un petit coquin, soit elle est dans le caca du bas des pattes jusqu’à la tête. Kanna soupire. Bah ! Ça lui apprendra ! La prochaine fois, elle sera plus prudente – pas du tout.

Quoi qu’il en soit : si l’envahisseur ne veut pas que la chatte s’en aille, alors elle ne s’en ira pas. Si c’est la bagarre qu’il veut, Kanna lui donnera la bagarre. En bref, l’ex-Chûnin est prête à tout, quitte à y laisser des moustaches. Elle n’a pas peur, de toute façon elle n’a jamais peur, que cet adversaire vienne ! Déterminée, la petite créature progresse jusqu’au milieu de la zone herbeuse et elle s’assoit, patiente. L’odeur caresse toujours son museau et elle est toujours aussi perturbante, mais peu importe. Ce n’est qu’un désagrément supplémentaire.

Kanna attend, complètement immobile. Au bout d’un instant, un tremblement de terre la secoue et modifie intégralement son environnement. Le joli coin de paradis se métamorphose en une grande caverne où apparaissent, tous ensemble, des myriades de créatures ailées. Kanna regarde avec une attention toute particulière, elle les observe, les détaille. Les couleurs explosent, sautent à ses yeux, égayent ses sens. C’est un véritable spectacle qui se déroule, là. La minette ne peut décrocher ses prunelles.

Il n’y a pas à dire, vraiment : ces papillons sont magnifiques.


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Mar 4 Juin 2019 - 3:01

L'Empereur aux Mille Couleurs.


Après un tour sur elle-même, pour être sûre de n’en rater aucun, Kanna cesse de bouger. Il y en a de toutes les couleurs, de toutes les nuances. Leurs ailes ne sont jamais les mêmes, tout comme leurs tailles. Ils sont tous uniques. D’abord surprise, puis fascinée, la chatte met un peu de temps à se remettre de ses émotions. Désormais face aux trois plus grands papillons de la tribu – si un tel terme peut être utilisé pour les nommer –, la blanche ne sait pas quoi faire, ni quoi dire. Dans le doute, elle préfère garder le silence. Une des bêtes ailées s’approche alors. Dominant ses congénères par sa taille monumentale, la créature a des ailes aux bords noirs, remplies de couleurs mêlées les unes aux autres, chaleureuses. Du doré, du rouge, du rose, du violet, du bleu, du vert ; toutes les nuances se mêlent et se rejoignent pour créer un univers poétique. Kanna pense que c’est la cheffe du clan, la plus puissante, parce qu’elle est gigantesque, mais c’est également la plus colorée de tous. Un insecte qui mêle force et poésie, hm ? Une douceur et une subtilité que la chatte n’a pas, mais pourquoi pas. Le papillon cesse d’avancer une fois arrivé à quelques mètres de Kanna, des mètres qui lui semblent bien trop courts, d’ailleurs.

« Tu es forte, humaine. »

L’hybride dresse les oreilles. Ses prunelles céruléennes se déposent sur l’insecte. Comment ? Le magistral papillon exprime un sentiment par un mouvement que Kanna ne comprend pas très bien. De l’amusement, peut-être. Sa voix réapparaît, brisant un silence qui a perdu tout son réconfort.

« Tu te demandes comment je le sais, hein ? »

La chatte est hébétée. Cette bestiole est plus perspicace que la plupart des humains et elle agit tranquillement, comme si tout était normal. Toutefois, avant que l’hybride ne puisse prendre la parole, la bête se remet à parler.

« Je ne serais pas Kisaki, impératrice des papillons, si je n’étais pas capable de percevoir ce genre de subtilités. »

Kisaki. Papillons. Impératrice. Impératrice ?! Encore une histoire d’Empire ? Encore une hiérarchie étrange ? Une rébellion ? Kanna dresse l’arrière-train et plante ses pattes avant dans le sol, prête à attaquer, en proie au doute. Tous les autres papillons s’élèvent brusquement, formant un cercle resserré tout autour d’elle : une chose est sûre, si le félin lève ne serait-ce qu’une moustache sur ce papillon, les petits ne feront qu’une bouchée d’elle. L’attaque, habituellement la meilleure défense, semble cette fois être une grossière erreur. Kanna jette un regard mauvais aux insectes et se rassoit. Aussitôt, tous les autres disparaissent. Ils retournent à leurs petits battements d’ailes paisibles.

« Vous me piégez, vous m’avouez être une impérrratrice à une époque où les emperrreurrrs ne sont pas les bienvenus, et aprrrès ? », lâche finalement l’être à quatre pattes.

Kisaki remue encore de la même manière. À croire que Kanna est son petit clown personnel, juste comme ça, pour amuser la galerie. Une belle mascarade, une manipulation poussée jusqu’au bout, pour voir jusqu’où elle va, comment elle y va. En bref, quelque chose qui ne plaît pas à l’animal, qui réduirait bien cette impératrice à trois ryôs en charpie.

« Je suis désolée, j’avais besoin de te tester, humaine. »

La tester, hein ? Donc quoi, tout ceci est un petit jeu, pour de vrai ? Kanna manifeste son mécontentement par un puissant grognement. Une fois encore, les papillons s’agitent. Néanmoins, contrairement à la première formation en cercle, ils sont interrompus par leur impératrice elle-même. Un air satisfait se hisse sur les moustaches de la chatte.

« Je t’observe depuis longtemps, maintenant. Mes alliés me font des rapports réguliers à ton sujet. Je te connais depuis que tu es une enfant. Te souviens-tu, quand tu as quitté Kaze no Kuni ? Quand tu t’es rendue à Hayashi no Kuni. Le pays du bois. Tu n’y es pas restée longtemps, mais tu y as croisé un papillon, que tu as chassé jusqu’à t’épuiser. T’en souviens-tu ? »

Kanna fouille dans sa mémoire. Hayashi, c’est loin maintenant. C’était au tout début de sa longue et folle aventure … Et puis, chasser un papillon, ce n’est pas grand chose. Au contraire, si la blanche devait se rappeler chacune de ses parties de chasse, elle n’aurait pas fini. Sa mémoire finirait saturée, incapable d’accueillir de nouveaux souvenirs. Elle dodeline de la tête.

« Peut-êtrrre, oui. Mais je n’ai pas chassé qu’un seul papillon, de toute façon, pourquoi cela devrait me marrrquer ? »

Comme enfermée dans une boucle, l’impératrice recommence cet étrange mouvement qui remue tout son corps. Elle est amusée. Kanna en est certaine. Ça devient perturbant.

« Justement, petite … Tous ces papillons sont les miens. Je règne indifféremment sur chacun d’entre eux, dans le plus grand des silences, dans la plus douce des illusions. »

Le dernier mot fait tilter le félin. D’un seul coup, tout se connecte, tout est logique. Chaque pas qui l’a menée jusqu’ici, chaque parcelle de sa course est une mascarade, pour de vrai. C’est une illusion, un rêve éveillé orchestré par Madame le Papillon. Néanmoins, si la lumière est faite de ce côté, il subsiste quand même une question :

« Pourrrquoi ? »

Kanna ne s’embarrasse pas de fioritures, ni de longs dialogues inutiles. Elle n’a pas le temps pour ça. À vrai dire, elle a bien d’autres chats à fouetter, alors faire mumuse avec la bestiole qui lui fait face ne l’enchante pas. Par contre, le papillon, de son côté, a l’air de se régaler. La blanche plante les griffes dans le sol face à elle, à répétitions. La nervosité s’efface, l’envie de lui sauter aux ailes aussi.

« Tu m’intéresses, humaine. Tu es tout ce que je n’ai jamais été : tu es intrépide, courageuse, tu n’as jamais peur de te lancer dans la bataille. Tu ne sais pas si tu vas perdre ou gagner, mais tu y vas, parce que le résultat n’importe pas à tes yeux. Tu es née pour livrer bataille, quel que soit le résultat. C’est dans tes veines. Alors que, de mon côté … Il n’y a rien. J’ai été l’outil d’un homme pendant de très nombreuses années, bien trop nombreuses années, qui ne m’utilisait que pour une force que je n’avais pas. Déçu, il m’a laissée tomber et a rompu notre pacte. J’ai erré longtemps, avant de rassembler mes forces pour bâtir mon monde, mon Empire. Je suis Kisaki, l’Impératrice des Papillons, sais-tu pourquoi ? Parce que je suis capable de berner n’importe qui. J’ai acquis une puissance qui dépasse toutes mes espérances, aux côtés de cet homme et, pourtant, je suis incapable de prendre mon courage à deux mains. Mais toi … Toi, tu sais faire tout ça. Peu importe le danger. »

L’hybride cesse de patasser le sol et défie l’impératrice du regard.

« Et alorrrs ? C’est censé m’émouvoir ? »

Se répète alors le sempiternel spasme du papillon.

« Je m’attendais à cette réponse. Je n’ai pas besoin de ton aide, selon toi. Tu considères aussi que tu n’as pas besoin de la mienne. Tu penses que je t’ai manipulée et que je ne suis pas digne de ta confiance. Pourtant, Kanna … » Son nom tombe comme un coup sec derrière sa nuque. « Je sais pertinemment que notre relation nous apporterait beaucoup, à toutes les deux. »

La chatte baisse les yeux. Pour la première fois depuis longtemps, l’animal ne sait pas comment réagir. Que doit-elle lui dire ? Oui ? Non ? Mais ça n’a pas de sens. Pourquoi s’enticher d’elle juste pour son courage ? Kanna n’est pas plus forte qu’une autre, au contraire : c’est juste un petit chat qui grimpe les échelons en se battant dur, ça ne fait pas d’elle un héros. Ou alors …

« Mrrrh … »

Le son lui échappe. Inconsciemment, la chatte a râlé. Elle est dos au mur, sans savoir quoi dire à cette impératrice papillon.

« Tu sais, humaine, je ne t’ai pas fait venir ici par hasard. Je t’ai privée de ton sens le plus affûté : l’odorat, pour voir comment tu t’en sortais sans lui. Une fois que tu m’as prouvé que tu étais capable de te fier à ton instinct et que tu irais au bout quoi que je te propose, je t’ai enlevé ton ouïe et dépossédée une nouvelle fois de ta truffe. Si beaucoup auraient fui, par crainte de ne pas savoir ce qui allait leur tomber dessus, tu as décidé de rester et braver l’inconnu. J’aurais pu être un monstre sanguinaire, j’aurais pu être beaucoup plus puissante que toi et te détruire, tu n’en as rien eu à faire. Courageuse, brave, tu es restée sur place en attendant que la tempête passe. Tu as même tenté de te priver toi-même de ton odorat pour être certaine de me prendre à mon propre jeu. Tu n’as peur de rien, jamais. Et quand tu as peur, tu passes au-dessus. Ce sont des qualités que je n’ai pas et que j’aurais adoré avoir. Je ne les développerais jamais, je suis trop âgée pour ça, mais si tu fais l’effort de croire en moi, je ferai en sorte d’être une alliée indéfectible, quoi qu’il arrive. »

Kisaki a rangé le nom de Kanna dans une boîte. Peut-être était-ce une manière de susciter l’électrochoc, qui sait ? La blanche penche doucement la tête : à droite, à gauche, plusieurs fois. D’un seul coup, l’évidence survient, le fameux « Eurêka ! » dont tout le monde parle. Ce moment si particulier où l’idée fait son chemin jusqu’au cerveau et devient indélébile. Là. Ça y est. Il est là.


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Mar 4 Juin 2019 - 3:52

L'Empereur Impératrice aux Mille Couleurs.


« D’accorrrd, madame Papillon. Si tu sais tant de choses que ça, c’est à toi de te fairrre tester. »

L’Impératrice ne dit rien, au contraire. Elle semble s’y attendre et n’est pas choquée. Kanna se rend compte, quand même, que quand elle ne parle pas, cet endroit est drôlement silencieux. Les autres papillons ont beau battre des ailes, ils ne font presque pas de bruit. C’est reposant. En l’absence de réponse de Kisaki, la blanche enchaîne.

« Tu dis que tu me suis depuis Hayashi no Kuni, mmh ? Alors tu dois savoir quel est le nom de la perrrsonne qui m’a donné du lait, à Tsuchi, n’est-ce pas ? 
— Aimi. C’était à côté d’une forge. »


Bon. Jusque-là, rien de trop imprévisible. Ça s’est bien passé. Des questions simples, pour commencer, pour ne pas la cribler de petits détails. Peut-être y arriverait-elle, finalement, qui sait ?

« J’ai rencontrrré un étrrrange animal, dans les rues de Kumo, saurrrais-tu de quoi il s’agit ?
— Un dindon obèse que tu as essayé de manger. »


Kanna hoche la tête. Ce n’est plus de la surveillance ou de la bienveillance, c’est du harcèlement. C’est particulièrement gênant. Mais … Peut-elle lui en vouloir ? La blanche ne le sait pas. À vrai dire, à ce stade, toutes ses convictions lui semblent ébranlées, mais elle ne veut pas s’arrêter en pleine course. Il faut tirer des informations, encore et encore, jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus.

« Le nom des deux perrrsonnes que j’estime le plus, dans tout le Yûkan ?
— Nara Kansei et Ikeda Sazuka. »


Touché. L’ex-Chûnin soupire. Elle connaît bien ses leçons, la madame papillon. Elle l’a surveillée depuis très longtemps et elle en sait vraiment, vraiment beaucoup. Kanna ne peut pas lui enlever ça. Malheureusement, ce n’est pas fini, elle a bien trop de questions pour que cette séance prenne fin maintenant.

« Pourrrquoi te manifester maintenant, alorrrs ? »

Un silence. L’Impératrice serait-elle vaincue ? Les papillons sur les côtés se sont écartés, voire totalement dispersés. Il y a un silence. Un vide. C’est presque perturbant, d’un seul coup. Kanna se redresse doucement, pour se préparer à n’importe quelle éventualité. Sa confiance est mise à rude épreuve : cette bestiole peut berner qui elle veut, elle l’a dit. Comment être sûre que ce n’est pas un autre de ses manèges ? Après tout, si c’était vrai, elle serait venue avant, non ?

« Parce que tu es prête, Kanna. Prête à accomplir la raison pour laquelle tu as voyagé. Mais tu es aussi prête à te battre jusqu’à ton dernier souffle. Tu as trouvé une maison, tu as trouvé des compagnons. Tu t’es reconstruite, après tout ce temps. Tu es prête et tu ne faibliras plus, que tu perdes ou gagnes. Tu es suffisamment solide pour que je puisse placer tous mes espoirs en toi pour de vrai. »

Sur le cul. Ou le postérieur. Comment dire ça pour un chat ? Kanna a la bouche qui en tombe d’elle-même. Jusque-là ?

« Mrrrh … »

Le spasme du papillon recommence. Se moquerait-elle ? C’est forcément autre chose. Elle devance la chatte et reprend la parole.

« Tu n’as pas confiance en moi. Tu te sens même acculée, dérangée par mon observation et mes recherches. Je le sais. Alors, si tu veux, je peux te prouver ma valeur dans un combat. Toi contre moi, mes papillons n’auront pas le droit d’intervenir. Peu importe l’issue de la bataille, d’accord ? »

La bagarre ! Ça c’est quelque chose que Kanna connaît bien, ça, oh, oui alors ! C’est une très très bonne idée ! Une grosse bagarre, comme ça, paf ! Rien de mieux pour savoir à qui elle a affaire. Après tout, ce n’est pas grave qu’elle perde ou gagne, tout ce qui compte, c’est de voir de quel bois les deux êtres se chauffent. Si la confiance n’est pas quelque chose que la minette donne rapidement, elle sait reconnaître un puissant adversaire quand elle en voit un. Ce sera la meilleure manière pour elle de déterminer si une alliance entre le chat et le papillon est possible. Et … Ce sera forcément amusant !

« D’accorrrd, Kisaki. Faisons comme ça. »

Instantanément, les autres papillons disparaissent, comme s’ils n’avaient jamais existé. L’impératrice recule à une vitesse phénoménale pour sa taille et semble se préparer. Kanna dresse l’arrière-train et plante les griffes dans la terre qui lui fait face. Le terrain change une nouvelle fois, cette fois, c’est une grande arène de terre. La chatte tâte le sol. Suffisamment solide pour accueillir une rixe, pas assez pour que ses griffes ne le creusent pas. C’est parfait. Elle recule, un bond en arrière pour se mettre en place.

« À toi l’honneur ! », lui lance Kisaki, au loin.

Kanna ne se fait pas prier : ni une, ni deux, elle refait un bond, cette fois en direction du papillon. L’hybride lève les pattes avant en l’air et les agite pour les planter dans l’insecte, qui l’esquive sans ménagement. Sur sa trajectoire, Kisaki laisse voler de petits particules colorés. La blanche observe, retombe tranquillement sur ses pattes. L’odeur chatouille sa truffe, la dérange, mais elle n’y prend pas garde et continue sur sa lancée. Nouveau bond en avant, pour tenter d’attraper sa proie. Nouvelle esquive, nouvelle vague de pollen. Kanna ne comprend pas. Ce n’est pas une bataille, c’est une fuite. Ça n’a pas de sens. C’est nul.

L’hybride ne se laisse pas abattre. De nouveau, la bête fonce à pleine vitesse en direction de l’impératrice. Cette fois, le papillon se défend et repousse Kanna avec une puissance bourrasque. Le chat vole en arrière sur plusieurs mètres, malgré les griffes plantées dans le sol pour amortir la chute. Le vent, remué par l’insecte, soulève les petites particules dispersées un peu partout sur le terrain. Désormais extrêmement nombreuses dans le système respiratoire du chat, l’animal finit par se rendre compte que quelque chose cloche. Sa vision est altérée : tout est flou. Elle tente de repartir, mais s’emmêle les pattes et tombe mollement contre le sol. Son corps pèse de plus en plus lourd, jusqu’à lui paraître impossible à bouger. Avec tout son courage, Kanna force pour se relever. Ne pas s’arrêter, surtout, ne pas s’arrêter.

L’ex-Chûnin parvient à se remettre sur ses pattes. Face à elle, deux papillons. Son nez est inutilisable, alors elle utilisera ses oreilles. Le bon insecte est celui de gauche, à n’en pas douter. Elle fonce dans sa direction sans plus attendre, ralentie par le pollen. À sa portée, la chatte met un grand coup de patte dans le sol, à pleine puissance, ce qui élève un gigantesque monticule de terre qui parvient à heurter la bête. Une nouvelle fois, Kanna frappe, avec son autre patte. Kisaki, loin d’être idiote, prévoit le coup et se déporte de la même manière. Peu à peu, le souffle de Kanna s’estompe. Elle s’étouffe petit à petit.

« Le combat est terminé, Kanna. »

Mais le chat ne l’entend pas de cette oreille. Ses prunelles fatiguées suivent difficilement le mouvement de l’impératrice, mais les coups pleuvent. Si le contact ne fonctionne pas, les attaques à distance, elles, ont toutes leurs chances. Ses oreilles ne servent bientôt plus à rien : Kanna n’entend pas les appels répétés de Kisaki qui la supplie presque de rendre les armes.

Au final, contre toutes attentes, le papillon renvoie une bourrasque sur l’animal et fonce dans sa direction, avant de le bloquer sous ses propres ailes. La blanche ne veut pas abandonner, elle se battra jusqu’à ce que ses forces la quittent, même si c’est idiot, tant pis ! Ce n’est pas une fuyarde. Mais l’impératrice a décidé de ne plus fuir non plus. Malgré les coups de griffe, malgré le chat qui peste sous son emprise, elle ne bouge pas, jusqu’à ce que Kanna s’épuise.

« Arrête, bon dieu ! »

L’hybride se calme peu à peu, jusqu’à ne plus être capable de se battre à cause du pollen qui sature son organisme. Son petit corps de chat, comparé à celui du papillon, fait pâle figure quand Kisaki se relève. Recroquevillée, Kanna a cessé de bouger. D’un seul coup, tous les autres papillons réapparaissent et volent au secours de l’animal. Ils s’approchent de l’impératrice, mais elle les repousse. Ses blessures sont superficielles, ses ailes ont à peine subi. Il faut s’occuper de la fougueuse petite bête, pour s’assurer de son état.

Un courage à toute épreuve, hein ? Un courage qui pourrait lui coûter la vie, pourtant. Les deux faces d’une même pièce, entre avantage et inconvénient, qualité et défaut. Un équilibre encore trop fragile.


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Saiseiki Kanna
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Mar 4 Juin 2019 - 4:10

L'Empereur Impératrice aux Mille Couleurs.


Ses paupières s’ouvrent difficilement. Son corps lui donne l’impression de peser plusieurs tonnes. Elle ferme les yeux puis les rouvre, pour les habituer à la lumière et s’assurer que tout va bien. Tout autour d’elle se trouvent des papillons qui ont l’air de l’observer. Kanna arque un sourcil, perplexe, avant que tout lui revienne brusquement. Les papillons ! L’impératrice ! La … la bagarre … Un échec, hein ? Quelle étrange capacité, ceci dit … Mais elle a gagné, c’est indéniable. Ce papillon mérite son titre.

La blanche relève les bras et perçoit la modification dans sa forme actuelle. Par épuisement, son apparence de chat s’est dissipée et la voilà humaine. Bon, au milieu des insectes, ça ne change pas grand chose, mais c’est tout de même particulier. Elle tente de se relever, en vain. Son corps est encore beaucoup trop lourd, sa migraine n’a pas cessé. Lourdement, les paupières retombent et son voyage dans les bras de Morphée recommence. Tout de même, quelle situation étrange …

Second réveil, sûrement quelques heures plus tard. Cette fois, Kanna se sent beaucoup plus légère. Les céphalées se sont dissipées, ses bras répondent mieux aux mouvements. La voyant s’agiter, tous les papillons disparaissent. Une poignée de secondes plus tard, madame l’impératrice réapparaît. L’hybride reste bloquée un instant en voyant les quelques blessures sur son corps. Les souvenirs se décryptent, perdent progressivement leur voile brumeux : Kanna est parvenue à l’attaquer. Écrasée sous ses ailes, la chatte ne s’est pas laissée faire. Elle a agité les griffes encore et encore pour se libérer, après quoi, c’est le néant total. Mais l’ex-Chûnin retient quelque chose de cette situation : Kisaki s’est jetée sur elle. Voyant que rien n’y faisait, l’insecte a pris son courage à deux mains et s’est jetée dans la bataille. Si ça, c’est pas quelque chose d’énorme, Kanna ne connaît plus la définition de ce mot.

« Tu vois, humaine. C’est pour ce combat que nous devons nous associer. Parce que tu es incapable de savoir quand tu dois reculer. Tu donnerais ta vie pour des situations complètement stupides ! À quoi sert un chasseur, s’il est mort, mmh ? »

La blanche bascule la tête en arrière et émet un long soupir. Au fond, l’impératrice a totalement raison, c’est indéniable. Mais … Bon dieu, la vérité fait tellement mal, parfois. Quand sa tête revient, un sourire se trouve sur ses lèvres.

« J’accepte, Kisaki. »

Kanna reste malgré tout une bonne perdante. Elle admet sa défaite, la ruse et les stratagèmes du papillon ont porté leurs fruits. Si l’hybride doute encore de la confiance qu’elle peut porter au papillon, elle est maintenant certaine de sa puissance. S’en passer serait commettre une grave erreur, Kanna ne le sait que trop bien. Alors, voilà. Elle accepte la situation et met de côté toutes ses appréhensions, sa méfiance et son entêtement. Kisaki sera une alliée de taille, où que leur route les mène.

« Bien. »

Pas plus de mots, étonnant de la part du papillon. Rapidement, ses congénères, les deux plus gros rencontrés précédemment, apparaissent. L’un d’eux porte une partie d’un long parchemin, tandis que l’autre tient la fin. Un seul nom est écrit dessus, avec une empreinte de sang. Son précédent maître, hein ? Autant dire que Kanna est une privilégiée, non ? Cette pensée booste son ego l’espace d’un instant.

La blanche n’a pas besoin de plus de fioritures pour comprendre comment se déroule le processus. Elle récupère un pinceau et écrit son propre nom : Saiseiki Kanna. Une Yasei qui a effacé son nom pour devenir une femme nouvelle, plus forte, capable de dépasser son histoire pour écrire son futur. Elle se mord le pouce et dépose son empreinte sur le parchemin.

« Nous voilà associées, Kanna. Je te suivrai où que tu ailles, tu pourras m’appeler chaque fois que tu as besoin de moi. Je continuerai de veiller sur toi, évidemment, mais ce sera officiel, cette fois. »

Le spasme. Encore ce foutu spasme. L’hybride hoche doucement la tête. Kisaki est une impératrice surpuissante, mais elle est aussi particulièrement terrifiante. Personne n’aimerait se faire presque harceler, en réalité. Avoir un papillon au-dessus de son épaule qui s’enquiert de tous ses faits et gestes, connaît toute sa vie, c’est … Ouais … C’est bizarre. Mais c’est la voie que Kanna a décidé de suivre.

Parce que, quand même, cette impératrice envoie du pâté.


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