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A darker shade of green [Musa]

Hayai C. Taishi
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Jeu 6 Juin 2019 - 9:55

Taishi frappait les cordes de la guitare pensivement, presque perdu dans son propre rêve, tamisé dans la lumière affaiblie de la taverne. Une bouteille de saké à moitié vide était sur la table basse, le verre à côté lui était bel et bien à sec. L’Hayai avait jeté un œil aux deux objets, avait eu l’étrange idée de se demander lequel le représentait davantage en ce moment. Certaines questions ne méritaient pas de réponses.

Glouba n’était pas avec lui, ayant eu ses propres plans après avoir géré le cas du shinobi à la crinière rousse. Le dindon était son propre dindon, après tout. Taishi avait eu un peu besoin de la solitude, de toute façon. Beaucoup de choses avaient envie de refaire surface après la discussion avec Toph et les autres. Et pour le moment, il ne voulait penser à rien. Sauf peut-être cette bouteille de saké, et la guitare entre ses mains.

Dire qu’il était seul était un semi-mensonge. Il était seul avec ses pensées, et rien d’autre. Son arrivée à Iwa lui avait rappelé que le monde était rempli de gens biens. Et la mort d’Etsuko lui avait rappelé qu’être bien ou honorable n’était pas suffisant pour survivre, et encore moins pour ramener la volonté du feu, l’amour en réponse contre la haine, au monde entier.

Il se faisait tard, et honnêtement Taishi était épuisé. Trouver un lit ne serait pas si difficile. Il connaissait bien la serveuse, elle trouverait bien un coin confortable qu’il puisse emprunter dans le bar jusqu’à demain matin. Mais pour une raison ou une autre, il continuait à jouer et continuait à boire, comme s’il préférait mettre une distance saine entre lui et le lendemain. Le problème avec le sommeil, c’est qu’il nous ramène vers les choses qui nous ont épuisées, à la base. La vie humaine est un cercle vicieux.

C’était peut-être le contre-coup de l’attaque contre Iwa aujourd’hui même, mais le bar était vide. Les badauds ordinaires avaient peut-être encore peur de sortir de chez eux. Une personne plus avisée aurait fait pareil. Mais Taishi n’était pas exactement connu pour sa prudence, ou la rationalité perçue de ses actes.

Il était un chien fou, et sans maître.

Une combinaison dangereuse, mais pas totalement véridique. Ce soir , le saké lui donnait les réponses qu’il cherchait. Et avec un peu d’espoir, le ferait faire sa paix avec un sommeil dont il avait plus que besoin.

Mais en attendant, il pouvait jouer, que les sons sortis de sa guitare puissent rebondir contre les murs de la taverne, rappeler à Taishi qu’il y a un certain équilibre en ce monde, et qu’il était plein d’une naturelle beauté. Qu’il était possible de le voir en gardant simplement un esprit aussi ouvert que les yeux.

Alors il joua.

Spoiler:
 

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Han Musashi
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Sam 8 Juin 2019 - 0:30

¤ IWAGAKURE NO SATÔ ¤
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Depuis l’apparition de ce qui était communément appelé la « résonance », Musashi semblait quelque peu différent. En effet, autant il avait pu contenir sa transformation en shôton, autant depuis il avait du mal à être lui-même, c’est-à-dire ce jeune adolescent énergique, passant la grande majorité de son temps à s’entraîner, aider et à sourire pour tout et rien. En réalité, ce changement de comportement avait commencé depuis l’alerte des prisonniers, il s’était seulement fait progressivement, jusqu’à prendre l’ampleur qu’il avait aujourd’hui. Pourtant, qu’est-ce qu’il ne donnerait pas pour retrouver cette passion et fougue qui l’animait, à chaque fois qu’il se trouvait aux côtés de sa bien-aimée. D’ailleurs, cette dernière avait-elle constater ce changement ? Peut-être pas encore, mais cela ne saurait certainement tarder…

Pour l’heure, Musashi se rendait à la Taverne d’Ija, un lieu qu’il connaissait très bien puisqu’il s’était rendu autrefois avec son senseï. D’ailleurs, depuis la disparition de ce dernier, Musashi se rendait bien souvent dans ce bar, en espérant retrouver l’homme qui lui avait promis de le prendre sous ses ails. Il n’en était rien, il avait disparu sans un mot, laissant ainsi celui qui devait être son élève se débrouiller tout seul. Musashi se souvenait encore de ce fameux jour, où le Hayai lui avait déclaré préférer vivre que d’apprendre à vivre. Si sur le moment, cette phrase parut très belle aux oreilles du Han, par la suite, force était de constater qu’elle était très paradoxale. En effet, puisque Musashi n’eut de cesse de se demander « comment vivre ? ». Ainsi, on pouvait d’une certaine manière affirmer que l’épéiste se rendait lui-même les choses difficiles. Car, à bien interpréter la phrase de son senseï, la question de comment vivre ne devait même pas se poser, chose que Musashi finira peut-être par comprendre, un jour.

Quoi qu’il en fût, le Han finit par arriver à la taverne d’Ija, lieu dans lequel il devait retrouver le Hayai pour discuter. Si Musashi attendait des explications de la part de Taishi, il se disait malgré tout que celui-ci n’était pas forcé de le faire. Car, au final, peut-être que cette promesse n’était que du vent, auquel le Genin se serait tout simplement trompé de personne. D’un autre côté, le Han essayait de chercher des excuses à son professeur. Il se disait peut-être que ce dernier avait été kidnapper ou capturer par des ennemis. Peut-être qu’il avait été envoyé en mission top secrète et qu’il aurait reçu l’ordre de partir sans rien dire à personne, peut-être. En tout cas, pour le moment, il ne pouvait que supposer, spéculer et extrapoler…

Bref, en mettant un pied dans la taverne, Musashi reconnut immédiatement la silhouette du Hayai, qui, aussi surprenant que cela puisse paraître, était en train de jouer de la guitare. Le Han s’avança tranquillement, jusqu’à se retrouver en face de son Senseï. Il put immédiatement lire en lui, comme il le lui avait enseigné autrefois. Il se souvint alors aussitôt des cadavres que le Hayai avait amené depuis le village de Kumo. Il se souvint également de la mine qu’arborait son senseï à ce moment-là, lorsqu’il s’était présenté à eux devant les crocs rocheux. Si la mort de ces deux Iwajins avait aussi d’une certaine manière touché le Han, il semblerait qu’il était loin d’éprouver la peine que partageaient les autres Iwajins.

« Quelle douce mélodie, je ne savais pas que vous excelliez aussi dans cet art, Senseï. » Lança Musashi, d'un très léger sourire, en s’installant en face du Hayai.

A vrai dire, il ignorait certainement bien des choses sur Taishi. Mais peu importe, son introduction était réussie, ou du moins il l’espérait. Car, en réalité, inconsciemment le Han ne savait pas encore comment trop réagir et se comporter face à son Senseï.

« Vous n’avez pas l’air au mieux de votre forme, Senseï. » Reprit-il, d'une mine légèrement triste. « Vous en êtes à combien ? » Demanda -t-il, en remarquant la bouteille d’alcool qui se tenait sur la table.

L’épéiste voulait savoir si le Hayai était suffisamment lucide pour discuter avec lui. Il savait très bien que son Senseï était très résistant à l’alcool, mais il n’ignorait pas pour autant que toute personne avait ses limites.

« Ah mais c’est Musashi ! Qu’est-ce que tu as grandi ! Pourquoi as-tu cessé de nous rendre visite ? Tout le monde appréciait ta présence ici, tu mettais les gens de bonne humeur, et du jour au lendemain tu nous tourné le dos… peut-être que tu as trouvé une taverne mieux que la nôtre ? » Fit Ija, d’un ton air sarcastique. « Non, je plaisante Musashi, je suis contente de te revoir. Qu’est-ce que tu voudrais que je te serve ? La même chose que Taishi-san ? » Demanda -t-elle.

« Je suis navré Ija, j’étais beaucoup occupé ces derniers temps. Non, je me contenterai d’un café, s’il te plaît. » Rétorqua -t-il, en s'efforçant de sourire, avant de reporter son attention sur le Hayai.




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Hayai C. Taishi
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Dim 9 Juin 2019 - 5:47

« Des flatteries, Musashi ? J’ai déjà une copine. »

Ça avait jamais vraiment été son truc, en plus. Il posa la guitare à côté, pas surpris de voir son élève – ou ancien élève – arriver, puisqu’il l’avait lui-même invité à l’y rejoindre. Pourquoi ? Ce n’était pas clair. L’Hayai ressentait un certain regret de n’avoir pu donner suite à son engagement d’entraîner le manipulateur du shôton. D’un autre côté, ça n’avait pas vraiment été sa décision non plus. Pour le moment, il se contenterait de boire en étudiant la question. Le Han fit une remarque sur son allure et Taishi secoua la tête.

« Rien qu’une ou deux nuits de sommeil complètes ne peut guérir. On a pas tous eu la chance de dormir dans des lits douillets de village caché pendant les dernières années. »

Et maintenant, il se permettait de compter ses verres !?

« Combien ? Quelque part entre « Pas assez » et « Insuffisant ». J’aime la précision. »

Disant cela, il prit la bouteille pour remplir son verre, qu’il vida presque toute suite, le remplissant à nouveau avant d’enfin reposer la bouteille sur la table. Pendant ce petit manège, c’était Ija qui s’adressait au jeune homme. Au dirait bien qu’il était, ou avait été un habitué pendant un temps au moins. Qui sait, il avait peut-être retenu une ou deux leçons.

Mais à voir son choix de boisson, il était loin d’en être si certain tout à coup. Un air dépité en l’entendant faire sa commande.

« Ija, oublie pas de servir son café dans une tasse en porcelaine à motifs dorés. Notre Musashi est devenu trop distingué pour boire ce qu’un bar est censé servir. »

Il roula des yeux avant de poser son regard verdâtre sur le jeune homme blond.

« Alors qu’avons-nous là… Quelqu’un a clairement passé beaucoup de temps aux terrains d’entraînement. La différence, c’est que ça fini par payer. Tu ressembles un peu moins à une crevette humaine. »

Taishi eut un petit rire avant de vider son verre, le remplissant tout en ramenant son attention sur le Han.

« Musashi, tu as ton lot de questions. Ce que je peux te dire, c’est de bien les choisir. J’ai passé toute la meilleure partie de cette journée à dire et redire les mêmes choses. Mais… »

Taishi posa la bouteille avec un fin sourire.

« Mais en fait, tu sais quoi, je pense que c’est moi qui va poser les questions en premier. Tu attends depuis deux ans, tu peux encore attendre quelques minutes de plus, non ? »

L’idée semblait bien lui plaire et il ramassa la guitare, pinçant les cordes distraitement sans vraiment faire de bruit.

« La dernière fois que nous nous sommes parlés, je t’ai demandé ce qu’était ton devoir. Ta réponse aujourd’hui serait-elle toujours la même que la dernière fois ? »

Il sembla réfléchir quelques instants.

« La dernière fois, je t’ai aussi demandé de décrire quelqu’un avec qui tu avais eu très peu d’interactions, et me dire tout ce que tu pouvais trouver sur elle. Si je te posais la même question, mais en te demandant de me décrire cette fois, que dirais-tu ? »

Il avait l’air d’aimer le louanger ou le critiquer, alors autant continuer, non ?

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Han Musashi
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Dim 9 Juin 2019 - 23:49

¤ IWAGAKURE NO SATÔ ¤
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Typique réaction de son senseï, se disait-il. Il ne savait pas apprécier les compliments, ou du moins il avait façon bien étrange de le faire, mais peu importe.

« Depuis le temps que vous me le dites, Senseï, il serait peut-être temps que vous me la présentiez, non ? Sinon, je vais finir par croire qu’elle n’existe pas, hein… » Rétorqua -t-il, répondant au sarcasme par du sarcasme, alors qu’un très léger sourire, à peine perceptible, se dessinait sur ses lèvres.

La suite ne le surprit pas vraiment. Musashi se contentait de regarder le Hayai, scrutant le moindre de ses faits et gestes, comme il le lui avait appris autrefois, dans ce lieu-même. Il avait compris que Taishi était fatigué, tant moralement que physiquement, il n’y avait guère besoin d’être un expert en analyse comportementale pour le deviner. Le Han ignora la petite pique de son Senseï, se contentant de regarder les bouteilles qui se trouvaient en face de lui, l’interrogeant ainsi sur le nombre de bouteilles qu’il avait ingurgité. Comme d’habitude, celui qui était considéré comme un déserteur resta fidèle à lui-même, répondant ainsi à côté de la question. Même s’il ne le montrait pas, Musashi avait de la peine pour son Senseï, il souhaitait apprendre et comprendre certaines choses, ne serait-ce que pour partager sa peine, se disait-il. Cela ne se faisait apparemment pas trop entre hommes, et en imaginant la réaction du Hayai, Musashi préféra balayer cette idée avant qu’elle ne prenne de l’ampleur de sa tête.

Puis, arriva Ija, contente de revoir le jeune Genin de nouveau dans sa taverne. Elle lui demanda alors ce qui lui ferait plaisir, ce à quoi l’épéiste répondit en demandant un café, une boisson qu’il affectionnait particulièrement depuis un certain temps. Taishi ne put cependant pas se retenir de réagir, donnant ainsi quelques instructions à la serveuse et gérante des lieux, taclant ainsi une fois de plus celui qui était censé être son élève. Aucune pitié, il sautait sur la moindre occasion pour tacler son élève. Musashi préféra en sourire, laissant ainsi le Hayai se décharger sur lui ; il se disait que s’il pouvait lui servir d’exutoire pour décharger sa rude et longue journée, il serait le premier heureux.

« Oui, Ija. N’oublie pas la cuillère s’il te plaît, dorée si possible, j’ai horreur d’attendre que le sucre fonde avant de boire. » Finit-il par glisser, d’un très léger sourire forcé.

Ija ne le prit même pas au sérieux, préférant en rire avant de se diriger vers le comptoir.
Taishi interpella alors le manieur de cristal, il avait apparemment remarqué la prise de masse du Genin, ses nombreux entraînements au Kenjutsu avait visiblement portés leurs fruits. De plus, le Genin avait beaucoup pris en assurance, l’Oterashi et sa bien-aimée, Aimi, y étaient pour beaucoup.

Puis, arriva enfin le moment que Musashi attendait, le moment où le Hayai l’interpellait et lui demandait de poser ses questions. Cependant, tout d’un coup, le Han n’avait plus vraiment envie d’embêter son professeur avec ces choses qu’il jugeait curieusement de futilités. Enfin, alors qu’il s’apprêtait à confier au Hayai que ses interrogations pouvaient attendre, le présumée déserteur le devança en soulignant qu’il allait l’interroger en premier. Légèrement surpris, Musashi le regarda avec une certaine curiosité, hochant alors légèrement la tête en guise d’approbation. Taishi lui demanda alors s’il avait toujours gardé la même définition du devoir qu’autrefois. La manipulateur du shôton se remémorait alors leur conversation d’il y a deux ans. Il se souvenait parfaitement de ce soir-là, comme pouvait le témoigner ce petit sourire pour le moins nostalgique. Il se demandait étrangement ce qu’il serait aujourd’hui si le Hayai était resté au village… Il s’imaginait être forcément une meilleure personne, c’était incontestable. Il aurait tout aussi pu partir avec son Senseï, à ce moment-là que ce serait-il réellement passé ? Quel genre d’homme serait-il devenu ? Puis, revenait la question principale qu’il avait cherché à mettre de côté, à savoir : pourquoi son professeur était parti ? Enfin, le Hayai le contraint à revenir à la réalité, lui demandant de l’observer et de le décrire, comme il le lui avait enseigné autrefois. Si la question surprit le Han, il ne perdit pas de temps pour analyser le déserteur.

« Vous êtes fatigué… Chose que n’importe qui pourrait deviner en vous voyant dans cet état. » Fit-il, dans un premier temps. « S’il est incontestable que la journée d’aujourd’hui vous ait sapé le moral, d’une façon ou d’une autre, je dirais malgré tout que votre fatigue, tant physique que morale, remonte avant les événements d’aujourd’hui... Vous restez un homme difficile à cerner, Senseï, mais quelque chose me dit qu’un lourd fardeau pèse sur vous… Est-ce que c’est le fait de vous voir revenir au village, deux ans après que vous l’ayez mystérieusement quitté, avec deux cadavres Iwajins, envoyés pourtant en mission diplomatique à Kumo, qui me fait penser à cela ? Peut-être. Je l’ignore. Tout ce que je peux vous dire c’est que j’ai l’impression que vous avez perdu quelque chose… » Poursuivit-il, en regardant le Hayai droit dans les yeux. Puis, il soupira : « Le Yondaime Tsuchikage est mort. Estuko-san, Shin-san, ainsi que d’autres shinobis nous ont malheureusement quitté. En fin de compte, peut-être que vous êtes aussi profondément attaché à votre village et que vous pleurez aussi leur mort, à votre façon… » Conclut-il, en regardant brièvement le plafond.

C’était alors qu’Ija lui servit son café, il la remercia aussitôt en lui souriant légèrement. Une fois qu’elle s’éloigna de leur table, le Han reprit de plus belle :

« Peut-être que je suis complètement à côté de plaque… » Fit-il, se surprenant à parler comme Senseï. « Concernant le devoir, et bien c’est une question bien plus complexe que je ne le pensais, Senseï. Autrefois, je croyais c’était le fait de faire ce qui doit être fait, de faire ce qu'on attend de nous, sans savoir ce que tout cela voulait vraiment dire : vous vous souvenez quand vous m’avez repris en me posant notamment d’autres questions pour m’aider à y voir plus clair ? Je crois que je suis incapable de vous donner une réponse définitive aujourd’hui, néanmoins je peux vous dire que cela demande de prendre beaucoup de choses en considération : certains diraient par exemple que lorsqu’un shinobi déserte, il est de notre devoir de le traquer… Quant à moi, j’ai tendance à croire que notre devoir serait, tout d’abord, de comprendre ce qui a poussé cette personne à s’en aller, de chercher à connaître ses intentions, et seulement après de prendre la décision qui s’impose, décision qui peut différer d’une personne à une autre… Complexe, je vous disais… » Conclut-il, en s’efforçant de sourire.


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Hayai C. Taishi
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Lun 10 Juin 2019 - 5:56
Mais c’était que ce Musashi avait fini par développer un sens de l’humour. Agréablement surpris, l’Hayai étira un mince sourire en s’assurant que son verre était à nouveau rempli. Il était rassurant de voir que le blond avait pris de l’assurance avec l’âge, et était capable de tenir une conversation qui dépassait les cadres protocolaires.

« C’est vrai que je devrais te la présenter… Après tout, il ne serait pas juste que je connaisse la tienne, mais que ce ne soit pas réciproque. »

Il eut un clin d’œil complice et Ija, la serveuse, étouffa un petit rire, appuyée contre le comptoir du bar, manifestement bien amusée.

« Non, vraiment ? Musashi ? Petit coquin. Et tu ne m’avais rien dit. Je croyais que nous étions amis… »


Elle fit mine de verser une larme, faussement offensée. Taishi eut un petit rire lui aussi en prenant une gorgée de saké, même si le sujet cachait des questions plus glaciale. Neiko, la bouillante informatrice du pays de la pluie lui revenait en tête, évidemment. Mais au-délà, un souvenir bien plus vieux, mais à la fois bien plus douloureux.

Sanadare.

Il sortit de sa rêverie, Musashi était en train de faire une commande encore plus extravagante pour son café. Bien rattrapé… Bourgeois de village.

Musashi décida d’échanger l’ordre des questions, s’attaquant d’abord au portrait de Taishi. L’Hayai s’appuya vers l’arrière, écoutant aussi attentivement que son ébriété naissante, son épuisement et les tracas pesant sur son esprit le lui permettaient. Pour un simple genin n’ayant eu qu’un temps bref pour apprendre les bases, Musashi avait fait des progrès fulgurants. On était loin des « elle est belle alors que fait-elle à travailler dans un bar », disons. Il n’était pas si loin de la vérité, non plus. Peut-être un peu trop près, d’ailleurs. Après sa première réponse, Taishi laissa un silence s’installer pendant un moment, remplissant son verre, restant silencieux jusqu’à ce que Musashi ait fini de parler, pour s’assurer de bien saisir l’entièreté de son message. Quand enfin vint son tour, il reposa son verre, reprenant la guitare entre ses mains, pensivement.

« Fatigué n’est peut-être pas le bon mot. Je suis las. Et en colère. La question n’est pas ce que j’ai perdu… Non, la vraie question, c’est de savoir ce qu’il me reste. »

Il eut un mince sourire.

« Tu n’es pas né au pays de la terre, je me trompe, Musashi ? T’as une tête de Kazejin. Il me semblait l’avoir lu dans ton dossier, à l’époque. Toujours est-il… Toujours est-il qu’il existe un proverbe Tsuchijin qui va quelque chose comme ça : la colère est comme une avalanche, qui se brise sur ce qu’elle brise. »

Taishi sembla réfléchir un instant.

« Alors être fatigué est peut-être ma meilleure option ce soir, en fait. Merci de la suggestion. »

Il eut un sourire amusé, qui cachait d’une certaine façon la lourdeur d’un sujet important pour Musashi, mais qui ne faisait que refaire surface incessamment pour Taishi.

« Un lourd fardeau ? Peut-être. Mais je l’ai choisi, non ? Crois-tu que nous sommes toujours responsables de notre destin, ultimement, Musashi ? »

Taishi baissa les yeux, mais garda son sourire avant de les ramener sur le jeune homme. Maintenant qu’il était un adulte, le blond n’était plus si éloigné physiquement de l’Hayai. Mais dans son état actuel, Taishi avait l’air dix ans plus vieux…

« Voilà une phrase responsable, digne d’un shinobi des villages cachés, Musashi : Ils nous ont quittés. Ils ne sont plus là. Honorable. Peut-être que mon fardeau, c’est d’ajouter deux questions à ce constat. Pour qui, et Pourquoi ? »

Il serra les dents un instant, prenant une gorgée de saké, son regard vert errant sur les murs couverts de photos. Musashi se souvenait-il de l’histoire d’Ija, la veuve ?

« Je ne pleure pas la mort d’Etsuko ou de son collègue. Le Tsuchikage était un homme sage, mais je ne pleurerai pas sa mort. Non, je pleure pour qui, et pourquoi ils sont morts.»

Quels avaient étés les mots employés, déjà ? «Une attaque repoussée sans trop de pertes, des pertes faibles. ». Quelle grandiose victoire d’Iwa, aujourd’hui…

« Dis-moi Musashi, est-il possible d’avoir un profond attachement pour un village qu’on a déserté ? Es-ce que ça pardonne le geste, au final ? Tu as un cœur d’or envers les déserteurs, mais je me trompe en pensant que tu parles de moi ? Si c’est le cas, alors utilise mon nom. Les autres le font sans hésiter, après tout. »

Il aurait été plus simple que ce soit ce mot qui suscite la colère de Taishi, mais ce n’était pas vraiment le cas. Il n’était pas obsédé par le respect ou le protocole, ou ce que pensent les autres. Bien des shinobis dans ce village prétendaient la même chose. Tout comme ils prétendaient savoir quel était leur devoir. Et Musashi ?

« … Je ne t’ai pas aidé à voir plus clair. »

Il soupira en vidant son verre, faisant signe à Ija de remplir sa bouteille devenue vide. La serveuse s’exécuta, mais elle semblait légèrement réticente.

« Je n’ai pas été là pour t’aider… Mais je ne sais pas si c’est ce que j’aurais fait, au final, même si j’étais resté. Tu es devenu habile, Musashi. Me répondre au sujet du devoir tout en me posant à travers ta propre question. Ou peut-être deux. »

Ija posa la bouteille avec un sourire compatissant, retournant derrière le comptoir en faisant mine de nettoyer des verres.

« Tu veux savoir pour qui, et pourquoi. Je ne t’ai pas appris à penser de la sorte. Tu l’as fait toi-même. »


Il s’interrompu, ouvrant sa bouche puis la refermant. Lorsqu’il retournait à Iwa, c’était un sujet qui revenait incessamment. Mais pas sous la facette que cherchait Musashi. Non, cette trame-là était née et restée dans le silence…

« Voilà une histoire que peu de gens connaissent, et dont la plupart n’accorderaient qu’une minime importance. La vérité est que tu n’étais pas mon premier élève. Il y a eu quelqu’un d’autre avant toi. Son nom était… Eikô. »

Une image flotta dans son esprit, de courts cheveux blancs encadrant un visage tout aussi pâle, comme la neige.

« Eikô était l’assistance du Tsuchikage Borukan Akimoto, et une genin un peu plus âgée que tu ne l’était à l’époque. Étant moi-même un élève d’Akimoto, et Eikô étant l’amie de ma meilleure amie Sanadare, nos contacts étaient fréquents. Elle était aussi Hijine. Nous avions donc beaucoup en commun, et lorsqu’elle m’a été affectée comme étudiante, je ne pouvais vraiment refuser. »

Il soupira.

« Quand j’ai dû quitter Iwa, elle était là, et a insistée pour partir avec moi. Je n’ai pas su la dissuader d’une cause qui au final me tenait autant à cœur qu’elle. Je me suis dit que je veillerais sur elle. J’étais l’Éclair Vert d’Iwa, après tout. »

Il vida son verre, continua à parler tout en en versant un autre.

« Alors je me suis dit que j’accomplirais mon devoir à Hi pendant un temps, puis je reviendrais à Iwa avant qu’il ne soit trop tard. Yoshitsune n’était pas un habile dirigeant, ni même un intelligent dirigeant, mais je crois qu’il aurait compris ce que j’essayais de faire. M’aurait permis de le faire en toute légitimité. Et alors, je t’aurais fait la même offre qu’elle. »

Il se mordit la lèvre avant de vider son verre, laissant un silence s’installer.

« Mais Eikô est morte quelques mois après mon départ, mesurée à un monde auquel elle n’était pas prête. Les villages ont bien des failles, mais il y a une raison pour laquelle les Genins doivent rester en village sans accompagnateur. Toute ma vitesse de ce côté du continent n’a pas été assez rapide pour l’empêcher de mourir, tu vois ? »

Il baissa les yeux, mais ça ne dura qu’un court instant.

« Pour qui était-elle morte, et pourquoi ? Et pour toutes mes sages paroles et mon talent pour le monologue, je n’ai pas su revenir à Iwa pour y faire face. Y faire face, et te faire face. Je ne pouvais t’imposer ni le prix d’accepter de me suivre, ni la frustration de te refuser. Je ne savais pas quoi faire, alors je n’ai rien fait. »

Aussi étrange que cela puisse paraître, il eut pourtant un petit rire en remplissant son verre.

« Mais tu veux savoir l’ironie de cette histoire, Musashi ? Je suis en fait revenu dans ce village il y a quelques temps déjà. Je ne pouvais rester, alors je n’ai pas eu le temps de te trouver. Mais j’ai parlé à ta compagne, sans le savoir bien sûr. Toujours est-il que l’une des questions qui m’effrayait le plus, même après tout ce temps, c’était… Qu’est-il arrivé à ton élève, Eikô ? »

Il garda un fin sourire en ramenant le verre à ses lèvres.

« Mais personne ne mentionna jamais son nom. Pas une seule fois. Ils voulaient savoir ce que faisait l’Éclair Vert depuis tout ce temps. Ce que je savais sur l’homme au chapeau. Mais l’assistante du Tsuchikage, la jeune genin, elle… »

Il baissa ses yeux verts, presque brumeux.

« Alors j’ai eu ma réponse. Elle est morte pour moi. Et pour rien. »

Long silence, puis il releva les yeux.

« Et maintenant cette situation se répète avec tes défunts collègues. C’est un cycle, Musashi. Le passé nous rattrape toujours, et le futur s’y rattache toujours. »








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Mer 12 Juin 2019 - 1:10

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Ainsi, il la connaissait. S’il cela n’avait au finale que peu d’importance pour le Han, il restait néanmoins surpris. Quelques interrogations lui traversaient rapidement l’esprit, mais la remarque d’Ija le fit revenir à la réalité. Il était gêné, il se disait que Taishi aurait pu parler doucement ou attendre qu’il n’y ait personne près d’eux pour faire allusion à la jeune médecin. En fin de compte, la serveuse et propriétaire des lieux ne faisait que taquiner le manieur du shôton, ce qui eut, sans surprise, pour effet de faire rire le déserteur.

Enfin, Musashi se reprit très rapidement et finit par analyser son Senseï, lui confiant ainsi clairement ce qu’il voyait. Un homme fatigué. Il lui fit la synthèse de ce qu’il avait observé, étant persuadé qu’il n’était non loin de la vérité. Le Hayai laissa alors un petit moment de silence s’installer entre eux. Il remplit son verre et finit par saisir sa guitare avant de répondre au Han. L’Ex-Chûnin corrigea son élève en lui confiant qu’il était las et en colère, et la question qui se posait n’était pas de savoir ce qu’il avait perdu, mais ce qui lui restait. Voilà qui attrista un peu plus l’épéiste, qui éprouvait désormais quelques difficultés à paraître neutre. Le Han prit une gorgée de son café, puis écouta attentivement son professeur sans l’interrompre. Il voulait en savoir plus. Il voulait tout savoir. Cependant, il ne se faisait aucune illusion, et se contenterait des informations qu’il aura.

C’était alors que Taishi lui demanda s’il était né ailleurs, supposant que Musashi avait une tête de Kazejin, information qu’il disait avoir lu autrefois dans le dossier de l’épéiste. Le Han hocha légèrement la tête en guise d’approbation, laissant ainsi son senseï poursuivre son monologue. C’était alors que le Hayai lui fit part d’un proverbe Tsuchijin : « la colère est comme une avalange, qui se brise sur ce qu’elle brise ». Toujours aussi philosophe. Musashi ne comprit sur le moment le sens de cette phrase, mais elle restait gravée dans sa tête, comme toutes les autres dont il avait pris le soin de noté dans son carnet. Il avait pensé sortir son calepin, mais il se ravisa, car il ne souhaitait pas interrompre le monologue de son aîné. Les yeux dorés du Kazejin ne quittaient point le Hayai, ils brillaient de mille feux, comme s’ils avaient été stimulés par la dernière phrase du déserteur. En revanche, le Han, même s’il avait l’impression d’avoir compris le sens de la phrase, cherchait d’autres interprétations, car il savait que son professeur ne parlait jamais ou rarement pour dire des choses qui ne soient d’aucune utilité ou sans aucune importance, surtout quand il se mettait à parler sérieusement.

Quoi qu’il en fût, Musashi avait bien compris que Taishi portait un lourd fardeau, et peu importe ce que c’était, le Han espérait en apprendre davantage. Senseï rebondit alors sur la question du fardeau : il supposait que c’était peut-être le cas, mais auquel il supposait aussi l’avoir choisi. Il interrogea enfin le Han sur un sujet des plus complexes, à savoir le destin.

« Je ne le crois pas, Senseï. » Rétorqua -t-il, spontanément. « Je crois que nous sommes responsables de nos actes et nos choix jouent rôle essentiel dans notre destin. Seulement, il y a d’autres choses qui rentrent en compte, dont certaines qui nous dépassent d’une façon ou d’une autre et face auxquelles on ne peut absolument rien y faire. » Fit-il, d’un air songeur.

Si la réponse du Han n’était pas la plus complète et la plus parfaite qui puisse exister, elle était cependant loin d’être anodine, car après tout il se basait sur sa propre expérience de la vie ; une vie marquée par certains choix qui lui coûtèrent cher, très cher, mais eut-il réellement d’autres choix ? Le destin était un concept qui avait toujours fasciné Musashi, et peu importe le nombre de réflexion qu’il eût dessus, il n’était jamais parvenu à trouver une réponse satisfaisante. Cependant, il restait persuadé que le shinobi, que l’Homme en général, était loin d’être toujours responsable de son destin, car, si on se passait de l'idée d'une quelconque entité supérieure tirant les ficelles, d’une manière ou d’une autre, le Han se disait qu’il fallait aussi prendre en compte les choix et actes des autres. Car, après tout c’était ces derniers qui nous incitaient ou nous contraignaient à nous comporter ou agir de telle ou telle façon.

Quoi qu’il en fût, l’épéiste continuait de regarder son interlocuteur, jetant un bref coup d’œil de temps à autre à ses bouteilles qui se vidaient peu à peu. Le Hayai réagit sur la remarque du Han, concernant la mort des récents piliers du village, il lui confia que sa réaction était typique de celle d’un shinobi appartenant à un village caché. Sur le moment, Musashi se sentit mal intérieurement, car justement ces derniers temps il n’eut cessé d’observer les gens de son village et de tout remettre en question. Cependant, le regard du Han ne quittait point son senseï, la surprise et la curiosité étaient clairement lisible sur son visage. Le manieur du cristal n’en fut que davantage surpris par la suite... « Pour qui, et pourquoi ? »...

« Que voulez-vous dire, Senseï ? » Finit-il par demander, ne voyant à priori pas où le Hayai voulait en venir.

En voyant le Hayai serrer les dents, le Kazejin se posait davantage de questions, qui, pour le moment, restaient sans l’ombre d’une réponse. Il prit alors une nouvelle gorgée de son café, puis baissa légèrement sa tête, s’interrogeant sur ce que Taishi avait voulu dire. Un semblant de réponse commençait à se construire dans sa tête, mais il se disait que ce serait toujours loin du véritable sens de la question de son Senseï. Enfin, celui qui était considéré comme un déserteur finit par lui parler, lui confiant qu’il ne pleurait pas la mort du Yondaime, ni de Etsuko et encore moins de Shin. Surpris, Musashi attendait impatiemment la suite… C’était alors que l’ancien Chûnin précisa qu’il pleurait « pour qui » et « pourquoi » ces vaillants shinobis étaient morts. L’esprit du Han s’agitait alors dans tous les sens, au point qu’il avait l’impression que le temps était figé, comme s’il n’était plus que la seule personne présente et vivante dans cette salle. Ils étaient morts pour Iwa, se disait-il dans un premier temps. Ils avaient donné leur vie pour sauver la citadelle d’Iwa, pensa -t-il dans un second temps. En fin de compte, l’épéiste doutait de ses propres réponses. Alors que sa tête était légèrement baisée, faisant face aux nombreuses interrogations qui le traversaient, le Hayai le ramena une fois de plus à la réalité. En effet, son Senseï l’interpella et lui demanda si on pouvait avoir un profond attachement au village qu’on avait déserté, faisant écho à sa propre désertion. L’épéiste releva la tête et écouta attentivement la suite avant de répondre à son interlocuteur.

« Oui, c’est bien de vous dont je parle, Senseï. Mais pas seulement, car au fond je pense réellement ce que je dis, le fond de ma pensée s’appliquent donc à tous les déserteurs sans exception. Vous me direz peut-être que je suis naïf ou quelque chose comme ça, mais je crois que c’est toujours préférable à une traque sans relâche… Car, voyez-vous Senseï, en appliquant les règles classiques, j’ai l’impression que le shinobi, en intégrant un village caché, signe ni plus ni moins qu’un contrat à durée indéterminée et sur lequel il ne pourra jamais revenir… » Rétorqua -t-il, se refusant d’aller loin dans sa pensée. « Pour répondre à votre question, oui je crois qu’une personne peut tout à fait être profondément attaché à son village et finir par le déserté. Si je crois que les conséquences d’une désertion ne sont jamais une bonne chose pour un village, je ne crois pas pour autant qu’il faille forcément voir la désertion comme un forme de trahison… Je veux dire que ce n’est pas forcément toujours les cas. » Reprit-il, en regardant le peu de café qui restait dans sa tasse. « Pourquoi les gens veulent qu’on voie toujours les choses en noir ou blanc ?! » Conclut-il, en serrant son poing.

Après quoi, Musashi dû rebondir sur la question du « devoir », il entreprit alors un long monologue, ne manquant pas de viser et interroger implicitement le Hayai. Ce dernier n’eut pas de mal à voir où l’épéiste voulait en venir. Il attendit que Ija lui remplisse sa bouteille avant de reprendre son monologue et fournir plus d’information au manieur du cristal. Le Han l’écouta alors attentivement, surpris d’apprendre qu’il n’était pas le premier élève de Taishi. Des interrogations et quelques réponses commençaient à prendre formes dans sa tête. Son regard était toujours posé sur son Senseï, regardant de temps à autre sa bouteille, il avait envie de lui dire « stop », mais pour le moment il n’avait pas envie d’ôter ce plaisir à son professeur, quand bien même cela lui ferait mal.

Enfin, plus le Hayai parlait, plus la surprise se lisait sur le visage de son élève. Une histoire dont il ne savait que peu de choses pour ne pas dire rien et une élève dont il n’avait jamais entendu parler, quelle tristesse. Si le visage du Han exprimait clairement une certaine forme de tristesse et beaucoup compassion à l’égard de son Senseï, dans son esprit tout commençait à s’assembler, à s’emboîter. Il comprenait désormais Taishi, mais était-ce le cas des autres ? Avaient-ils cherché à connaître et comprendre cette histoire avant de le taxer de vil déserteur ou de quelque chose qui s’en rapprocherait ? Le Han glissa ses mains sous la table, serrant fermement ses poings, tout en essayant de contenir sa colère.

« Je… Je suis sincèrement désolé, Senseï. Je compatis à votre peine… » Fit-il, d’un air sincère.

Désormais, le Han saisit parfaitement le sens de la question du déserteur. Cependant, il était incapable d’y répondre, pas avec toutes les informations qu’il avait eues. Car, en disant qu’Eikô était morte pour le village et le Hayai, il ne serait d’une certaine façon pas loin de la vérité, toutefois une autre question venait le perturber et le rendait d’autant plus hésitant.

« Vous portez un lourd fardeau... J’ignore peut-être certains détails, mais je ne crois pas que vous soyez responsable dans sa mort, en aucune façon, car peu importe le pouvoir que vous disposez, vous restez un homme, et parfois il y a des choses qu’aucun homme, aussi extraordinaire soit-il, ne puisse changer… » Commença -t-il. « Peut-être qu’à la mort d’Eikô vous auriez dû rentrer et vous expliquer, peut-être… C’est facile de le dire maintenant, car à votre place, j’aurais peut-être agi pareillement, peut-être qu’une autre personne aurait agi comme comme vous… En tout cas, ce qui est sûr ce que vous semblez toujours attaché à votre village, car de ce que vous me dites, c’est la deuxième fois que vous revenez, si ce n’est pas une preuve de votre attachement qu’est-ce que s’est ? » Reprit-il, en prenant une dernière gorgée de son café, la tasse étant désormais vide.

Eikô. Elle était une Genin, tout comme lui. Elle était morte, oubliez de tous, sauf son professeur. Le Han s’interrogeait étrangement sur son sort, il se demandait si ce serait pareil pour lui s’il venait à mourir demain. La réponse lui était tellement évidente, qu’il décocha un triste sourire. En fin de compte, il se persuadait que ce qui comptait ce n'était pas que les gens se souvienne de nous, mais plutôt qu'au moment partir, on part en ayant la satisfaction d'avoir accompli quelque chose, aussi petite soit-elle.

« Eikô… Hier, c’était elle. Demain, ce sera moi… Puis, quelqu’un d’autre, et ainsi de suite. » Rétorqua -t-il, confirmant les dire du Hayai lorsqu’il parlait d’un cycle. « Je ne sais pas si on peut dire qu’elle morte pour rien, car en fin de compte ce qui importe c’est de savoir, si au moment de notre mort, on l’impression d’avoir accompli quelque chose ou non. Je peux concevoir que vous ne soyez pas d’accord avec moi, mais ce que je veux dire c’est que nous sommes dans un village caché, un village ninja, nous sommes considérés comme des soldats à part entière. Certains ont plus d’importance que d’autres, ils pèsent plus que d’autres, apportent plus que d’autres… Vu sous cet angle-là, ce n’est pas étonnant que la mort d’Eikô n’affecte que peu de personnes pour ne pas en dire une. Mais en fin de compte, comme vous l’avez si bien souligné, qu’on soit important ou non, une fois mort, on finit vite aux oubliettes… Certains diront que c’est triste, d’autres diront que c’est la vie… » Poursuivit-il, en tenant sa tasse vide dans ses deux mains. « Vous parlez de mes défunts collègues, n’est-ce pas les vôtres aussi ? Si vous n’êtes pas attaché à votre village, comme vous voulez le faire croire, alors pourquoi avoir ramener leurs corps ? ... Pourquoi être revenu deux fois ? … Comptez-vous repartir, Senseï ? » Conclut-il, en reportant son regard sur le Hayai.


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Hayai C. Taishi
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Dim 23 Juin 2019 - 4:01
Des choses auxquelles on ne peut absolument rien faire. Le terme absolu était la part la plus importante de l’idée de Musashi, et Taishi y resta accroché un moment, tout en écoutant le Han en silence, pensif, constatant que sa bouteille de saké était encore vide. Il soupira.

« Je ne peux que te donner raison, Musashi. Sans être vraiment certain pourquoi, cela dit. »

Il désigna le bar de l’espace de ses bras.

« Ce contrat invisible existe bel et bien. Me voici sans cesse de retour dans ce village. J’y suis attaché d’une façon qui dépasse les raisons, les ambitions. »

Taishi n’avait pas vraiment d’autres moyens de l’expliquer. Il y avait un tas de secrets, de vieilles histoires, de noms oubliés. Mais au bout de tout tunnel, il y a une sortie, et le soleil jetait les mêmes rayons sur tout le monde.

Le Han était compatissant pour la mort d’Eikô, mais Taishi se contenta d’hocher la tête. Ce souvenir était désormais un cratère glacial, comme bien d’autres dans son esprit. Il avait assez de peine pour pleurer des années entières. Mais ce n’était pas ce que le destin attendait de lui. À ce stade, ça semblait bien évident. Mais ne plus ressentir ne voulait pas dire oublier. Taishi n’oublierait jamais.

« C’est là ta réponse, Musashi ? Que le valeur d’une personne est née de son importance ? De son rang, peut-être ? Ou ses accomplissements sans doute. Le fermier qui a cultivé sa terre cinquante ans durant, pour mourir seul mais paisible dans son lit, est-il moins important que le conquérant qui a ramené cinquante pays sous sa bannière ? Sa vie, ou sa mort, ont-elles les mêmes valeurs à la fin ? »

Il fit signe à Ija, mais celle-ci resta plantée derrière son comptoir, manifestement mal à l’aise.

« Ça suffit, Taishi. »

L’Hayai soupira, posant ses mains l’une dans l’autre.

« Mais es-ce vraiment le cas si comme de tes propres mots, nous finissons tous aux oubliettes une fois disparus ? N’es-ce pas là pourquoi nous devrions nous demander « pour qui et pourquoi » ils ont vécus, et « pour qui et pourquoi » ils sont morts ? »

Mais comme il le disait si bien lui-même, c’est la vie, non ? Et la vie était bien compliquée. Presque autant qu’essayer de répondre à ses questions ultimes, puisque la vérité n’était plus si simple à percevoir, même quand il s’agissait de celles de son propre cœur. Il serra les dents, songeant pendant un instant à lancer la bouteille vide contre le mur. Au lieu de ça, il expira longuement.

« Si je considère Etsuko et Shin comme des collègues, alors ce serait avouer que j’ai participé, ultimement, à la mort de mes propres alliés. »

Le Tsuchikage l’avait dit capable d’endosser la responsabilité de son état d’Hijin et Iwajin à la fois. Mais ce soir, cela semblait complètement, entièrement impossible.

« Je suis venu ici parce que ça me semblait la bonne chose à faire. »

Ils cherchaient tous un motif, une raison, une ambition, un dessein. Mais Taishi n’avait fait que suivre son destin, comme il l’avait toujours fait. Ce destin l’avait emmené hors d’Iwa, mais aussi ramené. Comme le Han le disait, il était revenu deux fois. Mais Musashi ne pouvait ignorer qu’il était, de la même manière, parti deux fois aussi.

« Je n’ai pas trouvé entente avec tes supérieurs. Avec le Tsuchikage disparu et le Teikoku en contrôle de Hi, il ne reste rien de l’accord que j’avais avec Iwa. »

Alors il finirait par partir. Où et quand, c’était somme toute secondaire, au final.

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Han Musashi
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Lun 24 Juin 2019 - 0:36

¤ IWAGAKURE NO SATÔ ¤
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A darker shade of green [Musa] Iwa12

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Apprendre que le Hayai soit attaché à son village ne l’étonna pas plus que cela, bien au contraire. Car, sinon pourquoi reviendrait-il dans un village qui le considérait comme un déserteur ? Pourquoi se donnerait-il la peine d’apporter les corps d’Iwajins décédés lors de l’invasion de Kumo ? Pourquoi partagerait-il ses informations concernant l’Empire et tout ce qui se tramait de l’autre côté du monde ? Bien sûr, selon l’angle sous laquelle on regardait les choses, on pouvait effectivement trouver des raisons qui incrimineraient Taishi, mais aucune d’elle ne pourrait être prouvée avec cette certitude. Et si Musashi n’était peut-être pas tout à fait objectif, concernant son senseï, il s’efforçait malgré tout de se baser sur des faits et le comportement du concerné, qui, jusqu’à lors, prouvaient plus ou moins qu’il avait toujours agi dans l’intérêt du village, à quelques exceptions près.

Les mains sur la table, le Han décocha un très léger sourire, à peine perceptible, témoignant son optimiste concernant la situation de son Senseï. Il s’interrogeait, par ailleurs, au sujet de ce fameux contrat « invisible », qui, selon les mots du Hayai, existait bel et bien. Où était-ce qu’ils pourraient le trouver ? Car, mettre la main sur cette chose, quelque soit sa forme, reviendrait d’une certaine façon à réhabiliter le déserteur, c’était du moins ce qu’en pensait l’épéiste. Cependant, pour l’heure, il préférait ne pas réagir sur ce contrat, il aura en effet tout le temps nécessaire pour revenir dessus.

Enfin, le manieur du cristal compatit à la mort d’Eikô, puis il entreprit un long monologue dans lequel il essayait de démontrer, au Hayai, ce qu’il en était réellement du « système ». En réalité, c’était un moyen un peu détourné pour faire en sorte que Taishi accepte la réalité. Ce n’était peut-être pas la chose à faire, sans compter qu’il s’y était un peu mal pris, néanmoins Musashi ne s’attendait pas à ce que le présumé déserteur interprète mal ses propos. Le Genin se contenta toutefois d’agiter légèrement la tête, laissant ainsi son interlocuteur aller au bout de son monologue. Puis, lorsqu’il le vit demander à Ija une nouvelle bouteille, chose que cette dernière refusa logiquement, Musashi s’empara de la carafe d’eau qui se tenait tout près d’eux, servant ainsi son senseï et lui-même. Enfin, il laissa Taishi reprendre son monologue et aller au bout de ses interrogations avant de lui répondre.

« Je crois que vous m’avez mal compris, Senseï. Jamais je ne me permettrais de penser de la sorte, jamais, vous m’entendez ! Seulement, je suis quelqu’un de réaliste, ou du moins je tends à l’être, surtout lorsque les circonstances l’exigent, dès lors je ne faisais que vous exposer ce qu’il en était des choses. Si je meurs demain, personne ne s’en souviendra de moi, ou du moins très peu de personnes, comme ce fut malheureusement le cas pour Eikô… » Rétorqua -t-il, d’une mine triste. « Sinon, je partage vos interrogations, elles sont pertinentes, toutefois, si on se posait réellement ses questions, les réponses paraîtraient beaucoup moins évidentes pour des personnes telles qu’Eikô que le Yondaime ou Shin, c’est du moins ce que je pense en me basant sur ma maigre expérience de la vie de shinobi. » Conclut-il, ne voulant à priori pas aller plus loin concernant ce sujet.

« Pour qui ? Pourquoi ? », voilà désormais une interrogation qui parasitaient l’esprit du Genin. De nombreuses réponses commençaient à prendre forme, mais aucune dont il pourrait affirmer avec certitude.

Enfin, concernant le cas d’Etsuko et de Shin, l’épéiste avait l’impression que Taishi se voilait la face. C’était du moins ce que laissait pensé la phrase du présumé déserteur, qui ne voulait visiblement pas les considérer comme leur collègue pour la simple et bonne raison que ce serait reconnaître d’avoir participé à leur mort. Ainsi, le manieur du cristal pris une petite gorgée d’eau, puis il soupira un bon coup avant de répondre à celui qu’il considérait comme son « professeur ».

« Je disais que les choses ne sont jamais simples, mais j’ai l’impression que, vous, vous compliquez un peu les choses, Senseï.... Pourriez-vous m'en dire un peu plus sur ce que vous êtes allé faire à Kumo ? » Demanda -t-il, d’un air curieux.

En ce qui concerne la raison de son retour à Iwa, Musashi apprécia l’honnêteté du Hayai. Ainsi, il hocha légèrement la tête, le laissant reprendre son monologue. C’était alors que le Han fut surpris d’apprendre qu’il ne restait plus rien de l’accord dont Taishi avait évoqué un peu plus tôt. Il comprendrait désormais mieux pourquoi le présumé déserteur avait utilisé le terme de « contrat invisible ». Légèrement contrarié, Musashi ne trouva pas quoi dire sur le moment, réfléchissant à priori sur comment réhabilité son Senseï.

« Hum, il faut croire que le sort s’acharne contre vous… N’y a -t-il vraiment personne ni rien qui puisse laisser penser que cet accord ait bel et bien existé ? » Demanda -t-il, s’interrogeant toujours sur un moyen susceptible d’aider le Hayai. « Qu’est-ce que vous comptez faire ? J’ai cru comprendre que vous vous êtes entretenu avec Toph et Tenzin-san, qu’est-ce que vous retenez de cet entretien ? » Reprit-il, d’un air curieux. « Enfin, si vous me certifiez qu’il n’y a absolument rien, alors je ne vois qu’une solution… Vous battre ! » Fit-il, d’un air sérieux. « Vous êtes un homme intelligent… Iwa n’est pas au mieux de sa forme en ce moment, profitez de cela pour vous rendre indispensable, offrez-leur quelque chose dont ils ne pourront refuser et prouvez-leur votre loyauté, par tous les moyens, si nécessaire. » Conclut-il, avant de boire son verre d’eau.

Le Genin avait parlé fort, un peu trop, puisque même Ija avait entendu ses propos. Celle-ci semblait d’ailleurs appréciée, comme pouvait le témoigner son sourire, derrière son comptoir…



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Hayai C. Taishi
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Lun 24 Juin 2019 - 21:27
« La différence entre le fermier et le conquérant n’est pas la valeur de sa mort, ou de sa vie, mais son héritage, Musashi. »

Il soupira, prenant le verre d’eau que le type lui offrait. Ça n’aurait certainement pas le même goût ni le même effet.

« Du haut de ta maigre expérience, comme tu dis, as-tu déjà songé à l’héritage que tu veux laisser derrière toi ? La mort d’Etsuko, de Shin, d’Eikô ou tous les autres, elles ne font que prouver qu’aussi maigre soit ton vécu, c’est une question que tu devras te poser, et répondre, un jour ou l’autre. »

Taishi soupira à son tour quand le Han voulut en savoir plus sur ce qui était arrivé à Kumo. La réponse à cette question-là n’était pas plus simple que les autres, d’ailleurs.

« J’ai attaqué un village caché avec mes frères et sœurs de Hi. J’ai menacé de tuer des innocents, pour en empêcher de le faire quelqu’un d’autre. J’ai vaincu des shinobis pour qu’ils ne soient pas vaincus par quelqu’un d’autre. J’ai payé une dette de sang pour qu’elle ne me soit pas exigée un jour envers quelqu’un d’autre. »

Il serra les dents en baissant les yeux. L’Hayai voulait en dire davantage mais ses gestes ne suivaient pas sa pensée. Il était un assassin, un meurtrier. Il était un menteur, et un traître. Et tout comme les secrets d’Iwa qu’il avait fait disparaître au gré des envies de ses dirigeants. Et tout comme ces secrets, ils appartenaient à l’obscurité, au silence.

Il aurait pu parler à Sanadare. Il l’avait toujours fait.

Mais Sanadare était morte.

Prise par Iwa.

Il releva les yeux alors que le Han parlait de son futur au sein du village, de l’accord passé auparavant. Son enthousiasme était notable, semblait se propager jusqu’à Ija. Comme le revirement inattendu d’une histoire dramatique. Mais nous étions loin du monde des histoires.

« Je ne saurais dire. L’entretien ne s’est pas très bien déroulé… Un dialogue de sourd »

Hormis le scepticisme auquel il s’était pourtant attendu, la réalisation simultanée que la mort d’Etsuko et Shin resterait impunie, mais aussi que Taishi n’avait fait que faire ce que l’homme au chapeau voulait, même sans le savoir, l’avait rapidement et complètement distrait de toute idée de futur à ce moment-là. L’Hayai regrettait sa propre réaction, mais n’était pas certain qu’elle aurait pu être évitée dans les circonstances.

« Tu ne vas pas lâcher l’affaire, je suppose. Mais de mon œil à moi, le futur d’Iwa est entre les mains de la nouvelle génération, pas celles du passé. Tu n’as plus besoin d’un professeur, Musashi. Tu es prêt à avoir tes propres élèves, désormais. Je suis fier de ce que tu es devenu. »

Il eut un sourire mélancolique.

« J’ai toujours pensé, depuis mon départ d’Iwa, que je la servirais mieux sans en faire partie. »

Il hocha de la tête, comme pour lui-même, vidant son verre d’eau.

« Je le pense encore. Et Iwa aussi, je crois. »

Musashi voulait qu’il offre quelque chose qui puisse le rendre indispensable à Iwa. Mais Taishi n’était pas certain qu’une telle chose existe encore. Il n’était pas non plus certain qu’il aurait su la distinguer, même posée devant ses yeux. Même une personne aussi rigide qu’Hyûga Toph l’avait peut-être remarqué.

Il se releva péniblement, en s’appuyant avec le mur.


"Taishi, tu ne peux pas repartir ! Pas encore, je-"


« Il se fait tard. Je me doute que ta bien-aimée va se poser des questions si tu traînes trop longtemps. Je serai encore dans le coin au moins jusqu’aux funérailles, si tu me cherches. »


Ija voulut répondre mais resta finalement silencieuse.

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Dim 30 Juin 2019 - 21:42

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A darker shade of green [Musa] Iwa12

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Son héritage ? Le regard plongé dans son verre, Musashi réfléchissait à ce que son Senseï voulait dire. Il savait évidemment ce que c’était qu’un héritage, ou du moins il pensait le savoir, mais il se demandait si Taishi concevait la chose au sens propre du terme, ou s’il y avait autre chose qui lui échapperait. Alors qu’il réfléchissait, le Hayai coupa court à ses réflexions, lui demandant s’il avait déjà songé à son propre héritage. Regardant son interlocuteur droit dans les yeux, quelque peu surpris par cette soudaine interrogation, le Han finit par agiter légèrement la tête, pour dire « non ». C’était une question qu’il ne s’était jamais posé et qu’il s’interdisait de poser, du moins pas avant d’avoir réglé ses comptes avec son grand-père. Toutefois, cela commençait à le travailler, inconsciemment, malgré lui. Le visage d’Aimi lui apparaissait naturellement à l’esprit. Quelques flashs de son récent rêve lui apparaissaient, mais il s’efforçait de les faire taire, car ce n’était ni le moment ni le lieu de penser à ces choses.

Enfin, le Genin interrogea le présumé déserteur sur les raisons qui le poussèrent à se rendre à Kumo, il voulait absolument en savoir plus, et notamment voir si cela pouvait aider ou dessertir l’homme qu’il considérait comme Senseï. C’était alors que Taishi lui confia avoir attaqué, en compagnie de ses « frères et sœurs » de Hi, le village de Kumo, surprenant ainsi le Genin, dont les yeux s’écarquillaient naturellement. Musashi écouta attentivement le Hayai aller au bout de son monologue, concluant alors que cela n’avait pas de sens. Cela cachait forcément quelque chose, mais quoi ? Musashi voulait en savoir plus, mais en regardant le comportement de l’ancien Chûnin, il s’interdit de creuser d’avantage, du moins pour le moment, persuadé que Taishi en souffrait déjà suffisamment. Cependant, alors que son regard était de nouveau plongé dans son verre, il lâcha inconsciemment une petite phrase sur lequel le Hayai pouvait réagir, s’il le souhaitait.

« Cela n’a pas de sens… » Fit-il, à voix basse.

Taishi lui confia par la suite que son entretien avec Toph et Tenzin ne s’était pas bien déroulé, tuant ainsi toute espoir de voir les choses s’arranger, du moins sans la preuve de cette mission secrète.

Enfin, alors que le Genin lui proposa de se battre pour retrouver sa place au sein de la cité, le Hayai préférait fuir, ou du moins c’était que Musashi pensait sur le moment, notamment lorsqu’il l’entendait affirmer qu’il faisait partie du passé et que l’avenir du village était entre les mains de la nouvelle génération. « Foutaises », pensa le Genin, qui regardait son interlocuteur droit dans les yeux. Le Han écouta la suite avec une certaine attention, et s’il était d’une certaine façon content que Taishi soit fier de ce qu’il était devenu, il était loin d’être en accord avec les arguments étayés par le présumé déserteur. Impassible, Musashi écouta les quelques autres mots qui sortirent de la bouche du Hayai, puis il se résolut à lui répondre, à sa façon.

« Vous fuyez ! » Lança -t-il, d’un ton sec. Il regarda Taishi droit dans les yeux. « Si vous ne me dites pas tout, je ne peux pas vous aider… Si vous ne voulez pas de mon aide, soit, mais trouver quelqu’un avec qui parler avant que votre souffrance ne vous détruise de l’intérieur. » Poursuivit-il, en se souvenant de comment l’Oterashi l’avait aidé à surmonter ses propres souffrances.

En voyant le Hayai se lever, le Han fit de même, écoutant tout d’abord attentivement sa suggestion avant d’aller l’aider et disposé à le raccompagner, sauf si celui-ci pouvait se servir de son pouvoir, malgré son état.

« Ne vous inquiétez, j’ai l’habitude rentrer bien plus tard, où est-ce que vous voudriez que je vous accompagne ? A moins de recourir à votre pouvoir, je doute que vous puissiez aller bien loin dans cet état… » Fit-il, après avoir rassuré Ija. « Ah, et… Je ne crois pas un traître mot de ce que vous avez dit… servir Iwa sans faire partie, patati-patata… En vous en prenant à Kumo, qui était sur le point de s’allier avec Iwa, vous vous êtes d’une certaine façon attaqué aux intérêts du village, mais comment pourriez-vous le savoir en étant à l’extérieur de la cité ? Êtes-vous toujours convaincu que vous servirez mieux votre village sans vraiment en faire partie ? Pourriez-vous me l’affirmer avec certitude, Senseï ?! » Conclut, d'un air sérieux.

Musashi savait que le Hayai n’avait aucun compte à lui rendre, mais il profitait du lien qu’il avait tisser avec lui pour l’inviter à réfléchir et de ne pas prendre de décision qu’il pourrait regretter par la suite. En tout cas, c’était bien la première fois que Musashi parlait de la sorte au présumé déserteur, et si d’ordinaire il était réticent à faire la leçon à quelqu’un qui souffrait déjà suffisamment, le Genin tenait d'une certaine façon à l’homme qu’il considérait comme son senseï pour le laisser s'en fuir sans rien tenter...



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Hayai C. Taishi
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Mar 2 Juil 2019 - 6:21
«… Qu’as-tu dit ? »

Il inspira et expira lentement en relevant son regard vert embrumé par l’alcool, la fatigue et sans doute une profonde tristesse. L’Hayai avait dit cela en réponse à sa remarque à bas mot, mais en vérité il avait bien entendu sa phrase et c’était purement rhétorique. Mais avant de pouvoir investiguer sa pensée, le Han lui en partagea une autre, bien plus accusatrice, et l’Hayai cessa quasiment de respirer, pratiquement immobile en soutenant les mots de son ancien élève en serrant les dents.

« Musashi… »

Mais déjà celui-ci continuait sur sa lancée, exposant ses doutes sur les intentions de l’Hayai, et son opinion par rapport à ses liens avec le village. Taishi l’écouta patiemment, mais lorsque les derniers mots du Han furent prononcés, un étrange silence retomba alors que l’Éclair Vert contemplait son ancien élève, comme s’il cherchait quelque chose.

Mais l’Hayai se pencha alors brusquement vers l’avant en attrapant le Han par le col brutalement. La table basse fut renversée, les verres volèrent dans les airs et roulèrent sur le sol alors que Taishi plaquait Musashi contre le mur. Son bras était une poigne de fer façonnée par les années de pratique du jettojutsu.

« Taishi ! »

« FUIR ? »


Il releva le genin blond de quelques centimètres, assez pour le déséquilibrer.

« J’ai donné ma VIE à Iwa ! La VIE de mes amis ! La VIE de mon étudiante ! J’ai fait des choses ABOMINABLES pour Iwa. J’ai versé MON sang, et celui-ci d’innombrables d’autres pour ce FOUTU village. Et qu’à fait Iwa pour moi ? Elle a tué mon âme sœur. Elle m’a donné le nom de déserteur quand je n’ai fait que ce que son dirigeant m’a demandé de faire. Elle a oublié celui qui a sans doute fait en sorte que c’est Kumo qui a été envahie, pas Iwa. Et maintenant deux fois que je reviens, deux fois qu’on ignore ce que j’ai à dire, deux fois qu’on me sert la méfiance d’un CRIMINEL et d’un TRAÎTRE. Et tu OSES me dire que je fuis ? »

« Taishi, ça suffit, lâche le ! »


Ija s’était interposée, les mains autour du bras qui retenait le Han, mais Taishi ne voulait rien entendre.

« Pourquoi, Ija ? Pourquoi ? Daku est mort pour Iwa, LUI-AUSSI ! Tué sans raison. Et aujourd’hui, il est juste un nom. C’était mon ami… –»

« Taishi-»


Il se tut, comme s’il réalisait ce qu’il était en train de faire n’était pas lui. Après un instant de silence, il relâcha le jeune homme, un doigt accusateur sur la poitrine.

« Toi, Aimi, Toph, vous êtes tous pareils : vous arrivez à peine dans le monde shinobi, et vous pensez que vous pouvez me comprendre. J’étais à Shito. J’étais au sommet de Tetsu. J’étais à Yugure. Vous ne pouvez rien comprendre, et je n’ai pas à expliquer quoique ce soit, pas à toi, pas à Aimi, pas à Toph et certainement pas à Iwa. Alors tu vas faire comme les autres, considère moi comme un fou et garde ton insolence pour toi. Parce que si je voulais FUIR Iwa, j’en serais parfaitement justifié. Au lieu de cela, je suis ici. J’ai fait ma part pour Iwa. Et contre tout logique, je continue à faire ma part pour un village qui aimerait bien que je disparaisse. »

Un instant de silence, puis Taishi fit un pas en arrière, s’appuyant le dos contre le mur de l’autre côté pour se laisser glisser jusqu’au sol, posant la main sur son propre visage, faisant fi pour le moment du désordre qu’il avait causé.

« Alors je t’affirme avec une FOUTUE certitude que je sers mieux Iwa sans en faire partie. Et maintenant tu t’en vas, avant que je ne t’envoie faire un voyage à Kaze no Kuni imprévu… »

Il avait mal à la tête, et il en avait carrément marre de cette journée de merde. Il voulait s'excuser de sa conduite mais il en était incapable, pas maintenant. Le verre trop plein avait fini par se renverser et Ija, qui se penchait en silence pour ramasser les tasses et les bouteilles renversées, songea qu’elle n’avait jamais vu Taishi si bouleversé. Taishi, qui ne ressemblait plus du tout à l’enthousiaste et détaché chunin ayant autrefois travaillé avec Daku dans la police du village. Elle posa une main doucement sur le bras du Han, qui voulait tout dire…

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Mer 3 Juil 2019 - 16:35

¤ IWAGAKURE NO SATÔ ¤
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Il avait osé le dire, et comme il pouvait s’y attendre, le Hayai n’avait pas l’air d’apprécié sa remarque. Musashi ne le quittait cependant pas du regard, ses yeux brillaient de mille feux, visiblement convaincu de ce qu’il venait de déclarer. Taishi quant à lui cherchait à priori comment réagir. Soudain, il se pencha brusquement vers le Genin, l’attrapant alors par le col, renversant au passage la table basse et tout ce qui s’y trouvait dessus.

Surpris, Musashi se vit plaqué contre le mur, personne n’avait jamais osé se comporter de la sorte avec lui, si ce n’était peut-être son maudit grand-père. Réaction qui restait néanmoins prévisible, il l’avait provoqué, et s’y était quelque peu attendu, peut-être pas aussi sauvagement. Ija chercha tant bien que mal à stopper le Hayai, tandis que le Genin le regardait droit dans les yeux, hochant légèrement la tête pour confirmer l’interrogation de l’homme qu’il considérait comme son Senseï. Pour le natif de Kaze, il ne faisait aucun doute que l’ex-Chunin fuyait quelque chose, mais quoi ? Qui ? Pourquoi ? Il avait une très vague idée…

Légèrement étouffé, le Genin se vit soulever de quelques centimètres du sol, sa main gauche s’agrippa instinctivement au bras du présumé déserteur, au cas où il cherchait à le balancer ailleurs, contre une table par exemple. Puis, il l’écouta, quelque peu attristé par son monologue, comme pouvait le témoigner son visage. Il ne trouva rien à dire sur le moment, que pouvait-il dire ? Lancer d’autres reproches en sachant que Taishi souffrait déjà intérieurement ? Le critiquer et lui faire la morale, alors qu’il ne connaissait que la partie émergée de son histoire ? Alors que le Genin réfléchissait, Ija s’empressa de venir stopper le présumé déserteur, l’exhortant de relâcher l’épéiste au plus vite. Relevant légèrement la tête vers la propriétaire des lieux, Musashi agita légèrement la tête, comme pour lui demander de ne pas s’inquiéter, de ne pas s’en mêler. Puis, son regard se posa de nouveau sur Taishi, l’écoutant attentivement et attendit qu’il le relâche avant de lui répondre.

« Iwa, par-ci, Iwa, par-là, encore et toujours Iwa… » Commença -t-il, en s’étirant le cou. « Alors dites-moi, pourquoi continuer de vouloir servir les intérêts d’un village auquel vous reprochez tous vos malheurs ?! » Demanda -t-il, avant qu’Ija ne vienne le prendre par le bras.

« Ça suffit Musashi, je crois que c’est assez pour ce soir… Tu devrais rentrer. » Fit-elle, en regardant le Hayai d’une mine triste.

« Non, Ija. Parce que, voyez-vous, je ne comprends rien à cette histoire, et je n’ai pas l’intention de partir avant d’avoir mieux cerner les choses… S’il veut se défouler, il peut le faire sur moi, cela ne me pose aucun problème, bien au contraire, vaut mieux que ce soit moi que quelqu’un d’autre. En fin de compte, je ne veux que l’aider, Ija, tu le sais non ? » Rétorqua -t-il, alors que la jeune femme acquiesça d’un tête de la tête.

Musashi s’abaissa pour aider la propriétaire des lieux à ramasser les bouteilles et tasses renversées, puis se dirigea vers le Hayai, lui tendant la main pour l’aider à se relever. Tout d’un coup, il semblait plus hésitant, moins enclin à l’assaillir de ses nombreuses théories et remarques, qui pourraient certainement envenimer la situation. Sachant que l’ex-Chunin était là pour encore quelques jours, le Genin préférait s’en aller, avec l’idée de le revoir après l’enterrement afin de terminer leur conversation... et peut-être le convaincre de rester à Iwa.

« Je suis désolé pour ce qui vous arrive, pour tout ce que vous avez vécu et traversez, seulement je n’ai pas l’intention de vous laisser partir avant de comprendre certaines choses. Le seul moyen de vous débarrasser de moi serait de disparaître après l’enterrement, comme vous l’avez fait il y a deux ans… » Fit-il, avant de se retourner vers la porte de la sortie…



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Dim 4 Aoû 2019 - 5:03
«…»

Ija tentait de convaincre le Han de partir, mais celui-ci en avait décidément beaucoup à dire. Taishi n’avait pas de réponse pour lui, malheureusement. N’en avait-il pas déjà assez dit, lui aussi ? Ils voulaient tous une explication, une motivation, une raison d’être ici. Ça ne suffisait pas de dire qu’il n’avait nulle part d’autre où aller, de toute façon ? Le Teikoku, ou certains de ses membres au moins, voudraient sa mort. Kumo n’existait plus et même si ça avait été le cas, combien de temps avant qu’un autre subtile Kumojin mal camouflé partage avec ce qui restait de son peuple la part de participation de l’Éclair Vert dans leur conquête ?

Non, la vérité était pourtant bien plus simple que tous ces Iwajins le voulaient, beaucoup moins poétique et épique également. Il était ici parce qu’il n’avait rien d’autre, rien d’autre que sa vie actuellement.

Musashi quitta enfin les lieux avec une dernière pique, et Taishi dût inspirer longuement pour s’empêcher d’aller lui foutre la raclée de sa vie. Lui rappeler qu’il s’emportait contre le fichu Éclair Vert, qu’il suffisait d’un kunai pour lui rappeler à quel point la vie est courte… Mais qui aurait pris ce genre de mots au sérieux de nos jours ? Il était juste un débris qui vaquait au rythme de vague qui le faisait dériver sur ce continent. Un bâton pointu et facile à agiter dans la direction souhaitée, si on se fiait au passé.

Il balaya la main de son ancien apprenti, lui indiquant clairement que sa présence n’était plus souhaitée, pas actuellement.

« Rentre chez toi. »

Ija regarda le jeune homme partir avant de soupirer, les mains sur les cuisses, finissant par se retourner vers Taishi, toujours assis contre le mur.

« T’es doué pour les retrouvailles, en tout cas. »

« … C’est qui a parlé de… »

« Oui, et alors ? Tu croyais vraiment que vous alliez vous asseoir et ressasser le bon vieux temps ? Quel bon temps pour commencer ? Tu l’as laissé là, sans même un message d’adieu, il y a deux ans. À quoi tu t’attendais au juste ? »


Taishi ouvrit la bouche pour répondre, mais la referma, ne trouvant aucune réponse décentre aux mots acérés de la tenancière de bar. Ija secoua la tête, versant un verre, mais pour elle cette fois. Elle en avait plus que besoin.

« Sanadare ne reviendra pas. Eikô ne reviendra pas. Tout ce qui te reste, c’est des gens comme Musashi. C’est les seuls qui croient encore en toi. Et ils sont pas légion. »

Taishi ferma les yeux en soupirant.

« Tu détestes Iwa. Mais Iwa, c’est tout ce qui te reste, abruti. Maintenant, tu vas nettoyer ce bordel. Daku t’aurait déjà flanqué la raclée de ta vie, s’il t’avait vu dans cet état. Et tu vaux même la peine que je le fasse à sa place, honnêtement. »

Elle lui lança un linge au visage, qu’il ramassa sans ajouter un mot. Il fallait choisir ses batailles parfois, et ce n’est pas ce soir qu’il allait gagner, sur tous les comptes…




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