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Yasei Ketsumei
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Dim 21 Juil 2019 - 13:23
La matinée jetait son dévolu sur le Yuukan et le village de Kiri. Alors que les premiers habitants s’éveillaient avec les premières lueurs du jour. Tandis qu’ils commençaient tous à se sortir de leur routine matinale, le raton-laveur s’extirpa des bras de Morphée dans un lieu plus agréable que le cagibi qu’il habitait. Il s’était promené dans la forêt aux abords du temple Seidou la veille et il avait décidé de profiter de sa balade pour s’installer dans un arbre. Un perchoir où la fraîcheur de la nuit l’avait bercé puis plongé dans un profond sommeil.

Le mouvement incessant du feuillage des arbres lui avait permis de ne pas souffrir d’un réveil trop brutal avec les premiers rayons solaires. Au lieu de ça, quelques tâches de lumière disséminées sur son pelage, rayé par endroit, s’étaient aléatoirement frayé un chemin jusqu’à son œil. Il se déroula en s’étirant de tout son long sur la branche où il avait passé la nuit. Il s’était endormi malgré ses pensées. Sanbi avait bien amoché le village, que soit de manière physique ou mentale. Puis le phénomène qu’ils appelaient tous la Résonnance, avait bouleversé beaucoup de monde. Des civils s’éveillant au Chakra, des shinobis se faisant dévorer par des affinités qu’ils maîtrisaient avant cette vague chaotique. Les effets étaient aussi divers qu’il y avait d’individus dans le Yuukan même si certains comportements semblaient correspondre et pouvaient être classés.

Zoku n’avait pas subi grand-chose. Il avait ressenti cette énergie qui s’était répandue dans son corps mais elle n’avait pas eu d’effet indésirable. Il n’était pas resté coincé sous sa forme totémique, même si cela ne l’aurait pas dérangé pour le coup. Passer sa vie en raton-laveur, un doux rêve qu’il ne pouvait atteindre malheureusement. Il compensait en s’y réfugiant dès qu’il le pouvait. Son museau s’écarta suite à un intense bâillement qui acheva son rituel matinal. Après s’être rapidement frotter les yeux avec ses pattes, il resta assis un moment à contempler le paysage devant lui. Le feuillage s’écartait en un mince liseré lui offrant une vue sur le reste des arbres autour de lui. Le vent vint balayer la masse verdoyante, offrant une mélodie naturelle et reposante.

Si le polymorphe restait encore un peu à se complaire de cette vision, il finirait par se rendormir. Prenant appui sur ses pattes arrière, il quitta son piédestal sylvestre pour remettre les pattes sur terre. Il tournoya autour du tronc jusqu’à atteindre le sol où il rampa un instant sur quatre pattes avant de passer sur deux. Se dandinant presque, il profita de cet instant de solitude privilégié. Un sentiment de bien-être rapidement rattrapé par un instinct très malsain. Une sensation qui lui prit la nuque où s’hérissèrent ses poils. La babine retroussée, il huma l’air et tendit l’oreille. C’était presque imperceptible, mais il y avait bien quelque chose. Ou quelqu’un. Il n’allait pas rester là pour le découvrir.

Sans se faire prier, il détala d’un seul coup et entama une course en zigzag pour parfois profiter du couvert d’un buisson ou se planquer deux secondes dans un buisson. Il ignorait de quoi il s’agissait mais il était persuadé maintenant d’être observé. Voire pire.


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Imekanu
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Jeu 25 Juil 2019 - 14:43

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Ces surprenantes retrouvailles avaient redonné à Imekanu cette énergie qui lui manquait depuis l’épisode de la résonance. Si la douleur ressentie sur son membre supérieur gauche était encore présente, cela ne l’empêcha pas ce matin même de partir à la chasse. La veille avait été un jour qui avait commencé sur un ton bien grisâtre pour se transformer par le soleil même, et cela, grâce à un des siens, qui résidait aussi à Kiri. Cela lui avait suffi pour reprendre goût à la vie et s’armer d’une volonté de fer pour vaincre ce handicap. Qu’est-ce qui était le mieux pour se remettre dans le bain ? S’équiper de son Yumi, de son couteau de chasse et de continuer à s’entraîner.

Dès le début de la matinée, la jeune femme avait déjà mis la main sur du poisson et des crevettes, qu’elle accompagnerait avec joie dans un délicieux ragoût. Mais l’heure du repas n’étant pas encore arrivée, il lui restait encore du temps pour s’habituer à cette douleur qui finirait bien par disparaître avec le temps. En été, le peuple du Kotan avait pour l’habitude de chasser l’ours avec des pièges à ressort chargés de flèche, c’était surtout très efficace pendant le dégel printanier, parce que les ursidés étaient faibles étant donné qu’ils ne s’étaient pas nourris du tout pendant une longue hibernation. Une autre source de nourriture intéressante : les chevreuils qu’on poussait dans la rivière ou la mer et leur ont tiré dessus avec des flèches. Mais ici, dans ce petit bosquet, il n’y en avait pas, alors elle devait faire avec la faune qui existait. Plus aucun son ne sortait de ses douces lèvres rosées. Ses sens étaient éveillés à son paroxysme tandis que ses pas se faisaient légers et plus discrets. Yumi dans la main, l'azurite s’éloignait du temple parce qu’elle ne souhaitait pas souiller le lieu en réalisant une de ses activités préférées ; elle restait quelqu’un de très respectueux.

Ses pupilles céruléennes analysaient le sol mélangeant la terre à quelques brindilles, si des animaux étaient passés par ici, il y aurait forcément des empruntes. La kirijin faisait aussi très attention à ne pas retourner sur ses pas tout en évitant d’effrayer une potentielle proie. Très rapidement, le son de feuillage attira son attention et elle se dirigea vers l’ouest tandis que tout lui disait qu’il y avait une trace vivante dans les alentours. Pour se concentrer davantage sur les parasites sonores, la traqueuse se stoppa quelques secondes et ferma les yeux pour ne faire qu’un avec l’environnement. Si plus aucun bruit ne semblait perceptible, peut-être que l’intrus avait aussi repéré le chasseur de la brume ? Pourtant, soudain, ses pas se mirent à bouger derechef, tandis qu’elle semblait courir derrière des mouvements intenses, comme si la future victime essayait de la fuir. Tant pis pour la dissimulation, c’était partie pour une petite course sauvage. Imekanu arriva dans une impasse où sa silhouette fine se retrouvait encerclée par des buissons. L’un d’eux semblait bouger comme si on était entré en contact avec.

Alors, elle attrapa une flèche de son carquois et positionna son arc en direction de la boule de feuilles verdoyantes, tendant la corde le plus possible, elle essayait de calmer ses tremblements pour être le plus précis possible. Seulement, à force de tirer à son maximum le morceau de fil résistant, la douleur aiguë de sa brûlure revint au galop et le coup partit tout seul, visant le dessus du cercle végétal, ratant alors sa cible. Un gémissement plaintif de douleur l’incita à s’agenouiller tandis qu’une main hésitante survolait son avant-bras gauche, n’osant pas le toucher. Une sueur coula le long de son front tandis que sa respiration se faisait plus saccadée. Ses fins doigts se posèrent délicatement sur le bandage tandis qu'elle décidait de l'ouvrir pour contempler les rougeurs et la déformation de la peau, une grimace se dessina sur son doux faciès. Si la chasse de l’aube s’était bien déroulée, celle-ci était complètement fichue en l’air par l’apparition de cette souffrance lancinante. Son yumi posé à ses côtés, un bruit venant du buisson qu’elle visait attira son attention, son regard se figea alors, fixant la zone mystérieuse, retenant son souffle presque, se demandant ce qu’il s’y cachait.



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Dernière édition par Imekanu le Mer 25 Déc 2019 - 23:30, édité 1 fois
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Yasei Ketsumei
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Lun 29 Juil 2019 - 22:51
Le raton-laveur était une fusée. Mieux : une Rocket. Il piétinait le sol verdoyant de ses petites pattes pour échapper au danger. Il ignorait d’où ça venait exactement et de quelle nature mais son instinct bestial lui avait maintes fois servi à se tirer de pareilles situations. Des moments qu’il pensait paisible mais qui continuait sous le joug de l’urgence et du danger. Il n’avait donc plus aucune hésitation lorsque ce petit ressentiment naissait en lui. Il savait qu’il fallait courir lorsqu’il lui venait en tête. C’est pourquoi il n’avait pas perdu de temps. Malgré sa course il tendit l’oreille.

Il put percevoir des pas. Très discrets, à peine appuyés sur le sol. Ce n’était pas n’importe qui qu’il avait à ses trousses. Un traqueur, voire même un chasseur. C’était tout ce qu’il pouvait récolter comme informations avec son ouïe. Il tenta d’humer l’air mais le vent ne soufflait pas dans la bonne direction, d’autant qu’avec sa course il n’avait que les rafales d’air qui lui fouettaient le pelage pendant sa fuite. Il devait s’en tenir à l’essentiel, il avait un chasseur qui lui collait au train et ça ne serait sûrement pas pour tailler une bavette. Ou alors dans le sens strictement littéral du terme. Ce qui ne fit que motiver un peu plus le raton à courir.

Il pouvait d’un côté se métamorphoser en humain afin d’échapper à cette menace. Mais il préférait prendre cette expérience comme un entraînement. A haut risque, certes, mais au moins resterait-il parfaitement concentré. Ce genre de situation périlleuse rendait la progression bien plus efficace. C’était le meilleur moyen d’évoluer de manière exponentielle. Il n’avait pour seul choix que courir et ce, toujours plus vite. Sinon c’était la broche. Beaucoup de Yasei avaient dû finir ainsi sur un malentendu. Faisant passer des hommes de simples chasseurs à cannibales s’ils se délectaient de la chair d’un Yasei. Un débat qui ne lui avait jamais effleuré l’esprit mais qu’il ne tenait pas à avoir maintenant.

Il baguenaudait d’arbuste en buisson, ventre à terre pour perdre le moins de temps dans les quelques maigres branches. Il s’en sortait bien selon son avis personnel mais il fut très rapidement rattrapé par la réalité. Il l’entendit que trop tard mais un trait fendit l’espace pour venir se ficher au pire endroit qu’il aurait imaginé. La flèche ne put atteindre les points vitaux mais elle le toucha quand même. Poussant un hurlement non contrôlé, Zoku se tenait la fesse où le projectile était fiché. Il pouvait sentir que la plaie n’était pas profonde mais suffisamment pour lui arracher des vociférations. Son chasseur devait en être à son premier tir à l’arc pour avoir « louper ». Normalement un tel tir aurait dû l’immobiliser réellement. Il était fort heureusement tombé sur un apprenti. Il comptait bien lui rendre la monnaie de sa pièce.

Un genou à terre, il se tint prêt à recevoir son agresseur. Lorsqu’il perçut un mouvement à proximité, il arma sa main d’une pierre qui se trouvait à côté pour la catapulter vers le lieu où se trouvait son adversaire.

- Viens donc te battre au corps-à-corps si t’es un homme !

Le raton ne l’étant pas lui-même, il ne manquerait pas de faire comprendre à cet humain qu’il s’était lourdement trompé sur son gibier. Et il allait lui passer l’envie de chasser. Surtout maintenant qu’il avait en sa possession une flèche toujours plantée dans sa fesse gauche.

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Imekanu
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Mer 4 Sep 2019 - 18:22

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La douleur la tirailla de toute part, la flèche de son arc, prête à s'envoler à toute allure sur sa proie, s'en alla dans une direction incontrôlée et pour finir vers les buissons. Imekanu se laissa aller sur le sol, prenant du répit pour s'attarder sur sa blessure. Mais un hurlement très étrange attira son attention, venant des broussailles verdoyantes, qui gigotaient au gré des mouvements de la cible qu'elle avait, miraculeusement, touchée. Pour un tir raté, c'était plutôt bien tout compte fait, se disait la traqueuse, un fin sourire sur ses lèvres rosées. Étrangement, les plaintes de sa victime étaient... peu communes... Les couinements animaliers ne ressemblaient pourtant pas à cela, de son souvenir, des grognements des ours étaient graves et portaient loin, les cris des renards étaient stridents et fins, tout l'inverse, mais celui-ci... n'avait même pas de description qui pouvait se rapprocher des mots qu'Imekanu connaissait. La silhouette passa au travers des feuilles et l'azurite se surprit à découvrir un... Raton-laveur ? C'était une espèce que la chasseuse avait très rarement vue, notamment parce qu'ils sont très nocturnes et aiment grimper dans leur arbre avec leur griffe, rendant leur traque plus difficile. La bête était caractérisée par ce masque noir bordé de blanc, typique des ratons-laveurs ainsi que leur queue ornée d'anneaux foncés. La native du Mata Kotan était un peu déçue, ces créatures étaient plutôt chassées pour leur fourrure que pour leur viande, heureusement qu'elle avait déjà de quoi manger...

Ses pensées internes furent arrachées lorsqu'un projectile atterit sur son front, un petit cri de surprise quitta sa bouche, tandis qu'une main se posa sur la zone attaquée. Des gros yeux ronds fixaient l'animal qui venait de... s'adresser à elle, la provoquant à un combat en plus de cela. Venait-il vraiment de parler ? L'urumie tourna la tête de gauche à droite, personne. Non, c'était vraiment lui... Comment était-ce possible ? Et si... c'était peut-être tout simplement Moyuk, le kamui des ratons-laveurs qui se manifestaient à elle ? Mais pourtant, sa flèche l'avait touché et en plus de cela, sur son fessier ! Il y avait forcément une explication... Avant toute chose, il fallait qu'elle le salue respectueusement. Ses mains se joignirent ensemble, avant de s'incliner et de saluer l'animal qui se plaignait de douleur.


« Moyuk, je pensais vous avoir raté. Etes-vous venus me délivrer un message ? »

S'il était bien le kamuy qu'elle pensait, il devait être venu pour lui dire quelque chose, avait-elle fait quelque chose de mal ? Pourtant, elle chassait respectueusement, priait, cuisinait et entretenait avec attention le bosquet ainsi que l'autel qui avait été érigé. Sinon... Le saphir ne connaissait pas bien Kiri, peut-être qu'il existait des animaux capables de parler ? Mais cela semblait invraisemblable. Mais en ayant vu le dieu de l'eau, tout pouvait arriver... Une goutte de sang tomba sur le sol couvert de feuilles mortes. Se battre avec elle donc ? Dans cet état ? Oh ! Il s'agissait peut-être alors d'une épreuve de force ? Mais... ce n'était pas un homme ! Imekanu remonta les manches de son kimono et lui montra ses tatouages, même si l'un était déformé par les brûlures encore rougissantes de ce malheureux accident.

« Je suis une femme ! Et vous saignez ! »

Bon, elle savait qu'il manquait l'ornement sur son visage pour compléter la preuve de son passage en tant que femme urumie, mais c'était presque prêt. Le rituel qu'elle avait prévu ainsi que les concoctions à base de charbon étaient prêts, il ne lui restait plus qu'à prendre son courage à deux mains et faire le tatouage qu'elle souhaitait. Quant à sa blessure... Elle ne semblait pas grave, mais un passage dessus avec des onguents pourraient suffire, en espérant que ce dieu agressif la laisse faire.

« Je peux vous soigner, et nous pourrons passer l'épeuvre du corps à corps, Moyuk. »

Affirma-t-elle, en hochant sagement de la tête. Tandis qu'elle cherchait dans un petit panier réalisé par ses soins, un de ses mélanges aux vertus cicatrisantes, stockés dans une petite boîte en bois.

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Yasei Ketsumei
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Mar 10 Sep 2019 - 23:37
Alors que la douleur arrachait plusieurs noms d’oiseaux exotiques peu reluisants, une illuminée sembla émerger des fourrés. La rage du raton-laveur ne le rendait pas aveugle, lui qui furetait à la recherche de l’auteur de cette percée lancinante. Il fallait s’attendre à un air hébété, la communication n’étant pas un don animalier. Ce qui pouvait expliquer l’ahurissement chez celle qui avait un arc en main. C’était donc celle qui allait subir la colère du redoutable mammifère enragé.

Ce dernier ne s’attendait pas à ce qu’elle l’appelle par ce nom. Moyuk. Encore un qui n’était pas apprécié par ses parents. Elle croyait parler à son animal de compagnie peut-être. Et elle ne l’aimait pas pour l’appeler ainsi ? La maltraitance animale prenait toute sorte de formes. Peu probable puisqu’elle semblait penser qu’il lui apportait un message. Zoku ne comprenait pas vraiment et étouffa par conséquent un « Quoi ?! » d’incompréhension totalement. Au lieu de ça, il préféra répliquer, toujours rageur :

- Ouais, le message c’est pas touche la mouche !

Le projectile lui faisait un mal de chien. Il ne pouvait pas vraiment s’activer, ne faisant que relancer la douleur. Il grimaçait et maugréait dans ses moustaches. Il se marmonnait nombres d’insultes et supplices qu’il aimerait lui faire subir. Il tentait à plusieurs reprises de se débarrasser de cette flèche très mal placée. Le seul fait de la tenir dans sa patte lui faisait souffrir le martyr un peu plus. il souffletait, réunissait son courage et abandonnait aussi sec. Il n’allait quand même pas dépérir ici, une pointe dans le derrière avec pour seule spectatrice une étrange femme sortant des fourrés après une petite séance d’herbes !

Alors qu’il tentait de se démener de cette sale situation, elle s’exprima de nouveau. Elle ne fit qu’attiser la colère du raton à énoncer des évidences qui laissaient le polymorphe aussi perplexe qu’enragé.

- La faute à qui espèce d’acharnée ?!

Il le voyait bien qu’il saignait. Il le sentait aussi. Manquerait plus qu’il fasse une hémorragie. Vidé de son sang par le fessier. Avec une telle épitaphe, il valait mieux être incinéré qu’enterré si c’était pour finir ses jours à supporter des fous rires étouffés lorsqu’une veuve éplorée passerait sur la tombe voisine de son mari l’ayant quitté trop tôt. Son agresseuse fouillait son barda à la recherche d’il ne savait quel objet de torture. Il recula de quelques pas, étouffant un nouveau cri de douleur lorsque la flèche gratta le sol. Elle lui exprima alors sa volonté de le soigner afin de passer son épreuve. De quoi elle parlait à la fin ?! Zoku ne saurait dire si elle était totalement allumée ou si c’était la douleur qui le rendait stupide lui-même. N’ayant pas le courage de trouver réponse à sa question, il préféra céder.

- Oui oui soigne moi ça en vitesse qu’on puisse passer à la suite !

Qu’elle lui ôte cette « épine » du « pied », elle allait regretter de ne pas être tombée sur son Moyuk.

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Lun 30 Sep 2019 - 19:02

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Le message était... « pas touche la mouche » ? Qu'elle mouche ? Se disait-elle en regardant autour d'elle, de son souvenir, elle n'en avait pas vu depuis un moment... Était-ce une sorte de métaphore qu'elle n'arrivait pas à cerner ? En tout cas, l'air perplexe qui se dessinait sur le visage de l'Urumie voulait tout dire. En tout cas, le kamuy poilu était très remonté... Peut-être que la douleur de la flèche qui avait atterri sur son derrière n'aidait pas à faire passer la chose, c'était sûrement évident même... Imekanu l'observait maugréer, ne sachant que dire sur le moment. Il parlait beaucoup pour un dieu, les kamuys étaient sages, s'exprimaient pour dire les choses les plus importantes. Peut-être que les Moyuk étaient différents des autres ? En lui rappelant qu'il saignait, le raton-laveur l'agressa à moitié, ce qui la fit reculer légèrement, ses cils battant rapidement, une main se posant sur sa poitrine, quelle dureté... Malheureusement pour lui, la traqueuse était trop calme pour répondre à ce genre d'agression et préférait passer outre. Alors, son attention se porta sur sa sacoche qui conservait des onguents réalisés par ses soins, ayant des vertus cicatrisantes qui stoppaient les saignements. Ces pommades servaient lors de ces parties de chasse en général, une blessure arrivait vite. Lorsqu’elle constata qu’il avait tenté de reculer, Imekanu le regarda encore plus perplexe, avait-il eu peur d’elle à cet instant ? Moyuk ne devait pas, ce n’était pas une méchante personne… Avant de penser à une épreuve ou autre, elle devait le soigner et calmer sa colère vis-à-vis de sa personne.
Accroupie devant lui, la jeune femme ouvrit le petit pot d’onguent, son regard sérieux suivait la flèche tandis qu’elle se plaçait vers celle-ci.


« Ne bougez pas Moyuk, je vais vous retirer la flèche pour pouvoir apposer le soin. »

Le pot apposé sur le côté, une main sur le dos de l’animal tandis que l’autre tenait fermement la flèche. Inspirant un bon coup, et fermant les yeux une fraction de seconde, la chasseuse tira sec, d’un coup, des petites gouttes de sang tombant sur le sol. Une petite grimace se dessina sur son faciès, le pauvre. Rapidement, elle lâcha la flèche pour attraper son peau tandis que ses doigts allaient chercher la pâte au ton végétal, apposant le tout sur la blessure qui avait formé un petit trou. Les vertus analgésiques allaient calmer la douleur, et il faudrait un peu de temps pour que ça cicatrice, mais il était hors de danger.

« Je suis désolée pour ce petit passage douloureux, mais vous êtes hors de danger Moyuk sama. Pour me faire pardonner, accompagnez-moi à mon camp, j’ai préparé un repas qui devrait vous plaire ! »

Un sourire, elle oubliait son énervement, ses paroles agressives, très peu rancunière et dans l’intention de se faire pardonner auprès du kamuy à la fourrure peu commune. Se relevant en attrapant son arc qu’elle laissa glissant dans son dos, elle porta son attention sur sa surprenante rencontre, une main tendue qui se voulait altruiste.

« Est-ce que vous voulez que je vous aide à aller jusqu’au camp ? »

Il y avait encore de la marche avant de retourner au centre du bosquet, et avec cette blessure, les difficultés pour avancer étaient nettement augmentées, alors elle espérait qu'il accepterait son aide sans rechigner, comme il semblait apprécier le faire.



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Mer 18 Déc 2019 - 22:32
Surtout rester calme. Surtout ne pas paniquer. Surtout ne pas mordre. Cette dernière instruction mentale était très difficile à respecter pour le polymorphe. Il n’osait imaginer le mal qu’il subirait s’il tentait de se métamorphoser maintenant. Qui sait ce qu’il adviendrait de la flèche ou de son postérieur. Il devrait serrer les crocs et laisser la Sauvage faire sa besogne. Il ne pensait pas en arriver là un jour. Le tableau mental de lui-même en train d’être dorloter par une femme lui ayant embroché le derrière avec un projectile pour maintenant lui extraire : voilà une image qu’il préférait garder pure imagination dérangée d’un monde parallèle à cette réalité. Pourtant c’était bel et bien en train d’arriver et la douleur ne tarderait pas à lui rappeler que ce qu’il vivait était bien réel.

Un long cri accueillit le petit bruit discret du projectile quittant la chair à fourrure. Les crocs serrés comme jamais, Zoku tentait de regagner son calme. Peine perdue face à cette lancinante sensation. Malgré les soins prodigués par l’initiatrice de cette douleur, le polymorphe ne décolérait pas. Son esprit fourmillait déjà d’une myriade d’idées vengeresses pour se défouler alors qu’il faisait face à son bourreau. Se montrant avenante et aimable, il restait méfiant. Elle devait avoir conscience de sa faute et ce n’était que dans l’espoir d’échapper à son courroux. Mais elle souhaitait se racheter par un repas. Maintenant qu’elle en parlait, l’estomac du polymorphe lui ordonnait d’oublier sa blessure au profit d’un mal facile à guérir. Le réveil avait été compliqué alors pourquoi ne pas bénéficier d’un repas offert ? D’autant que ça le changerait de ses piètres compétences culinaires se résumant au larcin et à la récupération de denrées comestibles par ci par là, plus ou moins légalement.

Le ventre avait eu raison de la colère. Pour l’instant. Elle restait tapie sous la surface, notamment lorsqu’elle proposa son aide, comme pour vouloir câliner l’animal :

- Va pour la bouffe mais n'oublie pas le message : pas touche la mouche. Je peux encore marcher seul.

Raton affamé ne signifie pas pour autant raton poli. Ce dernier se releva, une main toujours posée sur sa plaie. Même s’il fallait avouer que les compétences de la Sauvage l’aidaient à se remettre de cette blessure grotesque, il restait sensible de cette partie de son anatomie. Il se prit à espérer que les appartements de sa chasseuse étaient luxueux et confortables pour son pauvre séant endolori. Maintenant bien positionné sur ses deux pattes arrière, Zoku poussa un nouveau soupir, comme pour évacuer la douleur. Rouvrant les yeux pour fixer son interlocutrice d’un air bougon, il demanda, sur un ton similaire à un bambin s’impatientant sur la durée restante du trajet :

- Tu crèches loin d’ici ?

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Jeu 26 Déc 2019 - 0:20

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Imekanu grimaça lorsqu’elle entendu ce qui semblait être Moyuk, le kamuy raton-laveur hurler, après avoir arraché la flèche de son pauvre derrière. La jeune femme s’excusa un bon nombre de fois avant de s’empresser de déposer un onguent verdâtre aux natures cicatrisantes et antibiotiques efficaces. Grâce à ça, la bête était hors de danger et saine et sauve. Pour recouvrir la blessure, l’Urumie attrapa un bandage et enroula celui-ci par la jambe et autour de son bassin plusieurs fois avant de faire passer la fin en dessous pour maintenir le tout. C’était un raton-laveur rafistolé qu’elle avait face à elle maintenant. La traqueuse souhaitait se faire pardonner pour cet incident très gênant et lui proposa alors de l’invité à son repas qui promettait d’être très délicieux.

Tant pis pour la viande qu’elle aurait bien aimé récupérer pour accompagner son ragoût, mais cela suffira pour ce midi. L’archère se releva et enfila son arc sur son épaule avant de lui tendre une dextre altruiste. S’il n’était pas enclin à des formules de sympathie, son ventre lui semblait vraiment intéressé par sa proposition ce qui fit sourire l’enfant du Mata Kotan. Moyuk finit par accepter, refusant tout de fois son aide, bien trop fier et grossier pour cela. La genin hocha de la tête, son fidèle sourire aux lèvres et invita la créature à la suivre à travers les bois. Elle comprenait qu’il soit en colère, se faire attaquer ainsi en pleine promenade n’était pas agréable. Imekanu le regarda en baissant les yeux avant de lui montrer du doigt une direction précise.


« Je crèche par-là Moyuk, ce n’est pas très loin, tenez le coup et vous pourrez vous reposer et manger à souhait. »

Promesse faite, la jeune femme ne prenait pas compte de sa mauvaise humeur et de son ton agaçant et se contenta de marcher suivie de l’animal qui se tenait toujours la fesse. Ses pas étaient plus lents et s’habituaient au rythme de la bête à la fourrure belle et atypique. Lorsqu’il y avait des branches plus compliquées à passer, Imekanu restait près de lui et attendait qu’il passe, sans le toucher, comprenant très bien son « pas touche la mouche », même si elle n’en était pas une. Ses pupilles céruléennes pouvaient voir son cabanon d’ici, ainsi que le feu éteint où reposait son repas sous une grande feuille d’arbre.

« Nous sommes presque arrivés ! »

Ravie de revoir son chez soi, la native de Saroruncasi accéléra le pas laissant Moyuk prendre son temps pour la rejoindre. Avant qu’il arrive, l’Urumie alla récupérer de la fourrure d’ours et de loup qu’elle apposa devant le feu de camp pour qu’il s’installa confortablement. Elle récupéra un panier de fruits qu’elle posa à côté et resta plantée à côté en lui désignant la place la plus « luxieuse » qu’elle pouvait lui faire.

« Vous pouvez vous installer ici Moyuk, je vais vous servir le repas, si vous avez besoin de quelque chose, dites-moi. »

Lorsque la jeune femme se pencha et souleva la feuille, une agréable odeur de mer s’échappa du récipient en bois. Les crevettes étaient roses à souhait et le poisson tendre comme elle l’aimait, le tout mélangé dans un bouillon dont les épices relevaient le tout, mais sans brûler le palais de son prochain. La brune utilisa une cuillère de fortune avant de verser le tout dans un bol en bois gravé par ses soins avec des animaux. La jeune femme le posa devant le tas de fourrure et s’installa à côté, observant le raton-laveur et cherchant la moindre de ses réactions. Elle espérait que cela lui plaira, parce qu’il s’agissait de son repas et qu’elle n’en avait pas une infinie quantité. Pour une fois, elle se décida à prendre la parole, intriguée par sa présence dans ce timide bois.

« Comment trouvez-vous Kiri Mayuk ? Cette forêt est coupée du village, c'est différent de là-bas. »

Imekanu parlait bien sûr des rues bondées de villageois, de leur maison et de leur domaine, bien au chaud chez eux, vivant en société et en harmonie. L'Urumie préférait la présence de la faune et de la flore, ainsi que celle de Shitekka qui venait lui rendre visite quelques fois. Il y avait eu cette rousse aussi, qui était venue une fois et qui s'était montrée dotée d'un passé très difficile, très mystérieux, mais intrigant, elle avait accepté son don et cela avait plu à l'archère qui espérait pouvoir la revoir un jour. En attendant, elle vivait solitairement et ce petit cercle autour d'elle l'aidait à surmonter cela. Son interrogation, actuellement, planait sur la créature à ses côtés et sur la nature de sa présence, elle attendait silencieusement une réponse.




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Mar 25 Fév 2020 - 22:46
Ce genre de propos aurait pu valoir une mise en demeure ou toute une série de plaintes sous une appellation douteuse. Au lieu de ça, la Sauvage semblait être une simplette ou du genre bien trop gentille pour réagir. Zoku lui avait déjà donné plusieurs occasions de se faire envoyer paître et elle n’en faisait rien. Il faut dire qu’elle devait se sentir coupable. Mais à ce point ?! Personne n’avait eu le cran ou l’idiotie de tenir face au polymorphe quand il se décidait d’être dans un mauvais jour. En même temps, il n’avait encore jamais vécu de journée où on l’affublait d’un deuxième trou.

Le raton-laveur suivit sa chasseuse sans presser le pas. Il maintenait de sa patte le bandage qu’elle avait appliqué avec soin. Il était le bienvenu surtout maintenant qu’il devait marcher. Apparemment, la case de la patiente était toute proche. Une aubaine car le petit mammifère ne se voyait pas traverser plusieurs bornes dans cet état. Il claudiquait avec timidité, retenant un juron entre ses crocs serrés lorsque la douleur le lançait jusque dans le bas du dos. Il allait non seulement garder une cicatrice mais aussi un amer souvenir de cette rencontre. Et la rancœur était tenace chez le Yasei. Tout cul tendu mérite son dû, disait le proverbe. Celle-là il risquait pas de l’oublier.

Une odeur de fumée et le changement de comportement de la Sauvage confirma ce qui lui semblait, ils étaient proches. Comme si elle pouvait lire dans les pensées, elle l’exprima à voix haute. Voilà qu’elle était télépathe maintenant. L’était-elle vraiment ? C’était embarrassant si c’était le cas. Ce qui signifiait que depuis tout à l’heure, Zoku était un simple livre ouvert qu’elle consultait à loisir en se faisant passer pour une bienheureuse. Comme toute personne paniquée par le fait d’être découverte mentalement, il se mit à formuler pleins de pensées différentes dans l’espoir de duper l’intrus. Jusqu’à ce qu’il trouve un stratagème pour débusquer une éventuelle intrusion mentale « Dois-je lui dire qu’elle a du crottin sous la botte ? ». Sauf que si elle entendait ça, elle avait perçu sa pensée de la piéger par cette phrase mentale. C’étant sans fin. Il pesta en l’insultant mentalement de sale bougresse idiote. Cette fois ça venait du cœur et elle s’était contenté de l’inviter à se mettre à l’aise. Soulagement, le temple sacré du raton restait inviolé. Celui-ci en tout cas.

Grand prince, Zoku fut traité avec tous les égards qu’il pensait mériter. Surtout après une telle maltraitance. Il serait bien allé porter plainte au village s’il n’était pas lui-même animal. Une civilisation en phase d’évolution mais toujours une hiérarchie des espèces. Des dinosaures ces humains. Le ragout qui fut servi était un délice. La première bouchée se fit avec méfiance, mais une fois la première passée, il engloutit l’intégralité de son plat en se bâfrant comme un porc. Des éclaboussures de bouillon vinrent tâcher son pelage guère propre. Ça ne l’avait pas arrêté dans sa dégustation. Il s’était à peine interrompu pour respirer, profitant de quelques bruits impolis pour reprendre son souffle. Le bol termina retourné sur le côté, le polymorphe se frottant sa petite bedaine pleine. Alors que son hôtesse l’interrogeait sur son avis à propos de Kiri, Zoku formula sa réponse d’un mot simple et primaire :

- BURP !

Le rot éclata au milieu du calme ambiant, souillant les lieux de par sa spontanéité désagréable. De plus, il valait mieux ne pas se trouver dans la trajectoire du bec du raton dont la seule fragrance devait tuer un essaim de mouches. Le raton ne pouffa même pas de rire, comme s’il s’agissait d’un mot de ponctuation des plus basiques. Il enchaîna à peu près aussi naturellement sur l’interrogation qui lui avait été faite.

- Eh bien ça pue, y a du monde, les gens sont malpolis mais on peut y gagner quelques trucs alors on fait avec. Et toi pourquoi tu te caches ici plutôt qu’en ville ?

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Mar 10 Mar 2020 - 14:42

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Rien ne pouvait braver la nature calme d’Imekanu, pas même un raton-laveur mal luné. De plus, c’était un peu de sa faute s’il était énervé, il s’était quand même pris une flèche sur le troufion. Pour un Moyuk, celui-ci s’exprimait étrangement, se disait-elle, s’habituait-il au langage kirijin ? Alors naturellement et sans prendre en compte ce que lui crachait presque l’animal, comme si elle y était immunisée. Ses pas traversaient la forêt, arpentant les branches cassées et les feuilles verdoyantes. Elle était suivie de près par la bête poilue qui tentait de marcher comme il pouvait, trop fière pour accepter son aide. Imekanu espérait quand même qu’il ne sera pas trop rancunier pour cet incident.

Lorsque les deux kirijins arrivèrent à destination, l’enthousiasme gagna l’archère qui était contente de retourner chez elle. Le raton-laveur devait être content aussi d’arriver, et de pouvoir se reposer. Un sourire lui fut adressée, ignorant toujours sa mauvaise humeur. Pour se faire pardonner auprès du Moyuk, la brune lui offrit un logis de qualité. Du moins pour les urumis, il n’y avait rien de plus agréable que de se sentir chez soi et bien nourri. Elle fut amusée de le voir se méfier de sa nourriture, croisant les bras, la jeune femme le dardait du regard. Elle savait que ce qu’elle avait mijoté était bon, et même le plus têtu et renfrogné des êtres allait aimer. C’était le cas d’ailleurs, celui-ci se mit à engloutir son repas fraîchement préparé. Un peu surprise, la traqueuse se demandait s’il avait mangé. Les kamuys ne se comportaient pas si… sauvagement.

Lorsqu’elle tenta de s’intéresser à son avis concernant Kiri, nouvelle terre pour l’urumie, celui-ci éructa devant elle. Un pas en arrière, elle fut légèrement surprise de cette audace, chez elle, dans ces terres. Roulant des yeux, Imekanu se contenta d’attendre une réponse de sa part. Elle s’installa face à lui, penchant sa tête sur le côté.


« Vous ne me semblez pas très poli non plus Muyuk, je n’ai pas vu beaucoup de kamuys se comporter ainsi. Pour ma part, je me sens mieux loin de toute la civilisation, c’est mon coin, personne ne me dérange, je ne dérange personne. Bon et pour vous, c’était vraiment un accident, j’ai l’habitude de chasser pour me nourrir, mais je ne pensais pas rencontrer quelqu’un comme vous… D’ailleurs, c’est à se demander si vous êtes vraiment un moyuk, me suis-je trompé ? Qui êtes-vous ? »

Si la douceur resplendissait de l’archère, elle ne comptait tout de même pas se laisser écraser par le sac à puces. Peut-être qu’en s’affirmant un peu plus et en allant droit en but, celui-ci se montrera plus à même de porter une discuter sans injures ou gestes inappropriés. En retour, elle s’engageait à se faire pardonner pour ce malheureux accident.



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Jeu 16 Avr 2020 - 0:16
La panse bien remplie et délestée de son impureté gazeuse, Zoku attarda son regard sur le campement. Le genre rustique de quelqu’un qui aime vivre dans les bois plutôt qu’en ville. En même temps, pour toutes les raisons qu’il venait d’énoncer, il soutenait entièrement la sauvage dans son initiative. C’était un bel endroit où vivre. Il avait fait le choix de son cabanon de jardin dans le village afin de profiter de la proximité des commerces. Ils représentaient les miettes de ses pigeons préférés. Les clients qui s’y rendaient avaient toujours de quoi payer. Zoku ne faisait que les délester pour ensuite repartir dans sa petite antre privée. Un lieu insalubre qui lui convenait parfaitement pour sa petite taille. Du moins quand il était animal.

Elle avait beau être une sauvageonne elle semblait bien causer la petite. Elle releva qu’il n’était pas poli, en l’appelant encore une fois Muyuk. Si elle continuait à ce rythme, il finirait par la surnommer lui aussi. Il ignorait ce que « Muyuk » pouvait bien vouloir dire, ou même si ça avait une connotation comique, mais s’il fallait se la jouer surnom, il allait finir par l’appeler « Puduk ». Elle était peut-être nulle ou trop perchée pour les jeux de mots mais au moins Zoku avait ce talent de son côté. Il se félicitait intérieurement de ce magnifique trait d’esprit alors que la sauvage enchaînait sur kamuy puis moyuk. Elle avait le langage tellement fleuri que même lui, qui connaissait pas moins de deux cent insultes diverses dont le quart dans des langues étrangères, ne la comprenait pas. Cette fois s’en était trop. Elle voulait savoir qui il était. Elle allait pas être déçue des présentations. Le petit animal se mit sur ses deux pattes arrière, debout sur le tronc où il était assis, pour gagner de la hauteur. Cela restait insuffisant pour dépasser son interlocutrice mais ça ferait l’affaire.

- Bon écoute je suis peut-être clément parce que tu m’as nourri et tout mais c’est pas une raison pour m’insulter non plus. Garde tes muyuk etc pour toi parce que je suis peut-être malpoli mais t’as pas l’air mieux Mimicracra. Je suis pas Moyuk je suis Yasei. YA-SEI. Et mon prénom c’est Zoku.

Des révélations qui risquaient de surprendre la jeune femme. Le polymorphe l’ignorait bien sûr mais son manque de jugeote l’amena à continuer dans sa lancée. Un bien triste spectacle des plus affligeants pour l’Urumi.

- Alors peut-être que tu fais le deuil de ton animal de compagnie ou je ne sais quoi mais c’est pas moi, ok ? Moi j’suis juste shinobi pour Kiri et né dans une famille où on a le superpouvoir de se transformer en un animal. Tu piges ?

Si la première fois, elle avait tiré la flèche par erreur. La prochaine risquait d’être bien moins involontaire. Et surtout, elle risquait de ne pas le louper cette fois. Si son premier tir avait atterri sur le croupion, il risquait d’être décorée d’une nouvelle branche entre les deux yeux.
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Jeu 16 Avr 2020 - 18:38

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Se demandant si elle ne s’était pas trompée et devant tant d’irrespect et de grossièreté, Imekanu lui demanda qui il était. Celui-ci se plaça sur ses petites pattes, essayant de la surplomber en bombant son torse, ce qui malheureusement n’était pas possible avec sa petite taille. La créature allait encore partager son absence de tact et l’archère allait encore en faire les frais. Heureusement, c’était une urumie fière et solide et ce n’était pas un petit raton-laveur mal luné qui allait l’atteindre. Pourtant, lorsque celui-ci prit le terme de Moyuk comme une insulte, le cœur de la kunoichi se blessa. Il ne fallait pas qu’elle se laisse atteindre, celui-ci ne devait pas comprendre et au fur et à mesure de ses paroles, la jeune femme comprenait l’énormité du quiproquo. Yasei Zoku. Se prénommait-il. Un shinobi qui avait le pouvoir se transformer en animal. 

La bouche de l’azurite s’ouvrit en grand, avant de se rechercher et de s’ouvrir. Assimilant ses paroles, elle replaçait les idées en place. Bien qu’il y avait malentendu, celui-ci aurait pu se montrer plus gentil quand même non ? Elle l’avait soigné et nourri pour se faire pardonner quand même ? Comment pouvait-on se montrer aussi acerbe et irrespectueux ? Imekanu comprenait mieux, mais ce n’était pas pour autant qu’elle allait se laisser traiter ainsi. La brune attrapa alors son arc, sans le quitter des yeux, un air très sérieux sur le visage de porcelaine qu’elle arborait. Elle le visa, sans flèche et tira sur la corde comme pour décocher une flèche, avant de lâcher celle-ci retrouva sa place de manière brutale. C’était comme tirer dans le vide, mais cela suffirait à lui faire comprendre.

Ses mains se posaient sur ses hanches, s’approchant de l’animal avant de se pencher au-dessus de lui, pour lui faire comprendre qu’il était chez elle et pas ailleurs.


« Le Moyuk est le dieu des ratons-laveurs. Je pensais que son esprit était en vous et c’est pour cela que je vous prénomais ainsi. Je me suis trompée, et votre impolitesse aurait dû me le faire comprendre. On se demande, c’est qui le micrami entre nous deux hein ! »

Imekanu fit une moue de mécontentement avant de se détendre les épaules et de prendre un air plus calme.

« Mais je vous ai blessé et vous ne m’avez pas compris et je n’ai pas aidé. Mais je n’apprécie pas que vous insultez les kamuys en ces lieux alors que je vous ai soigné et nourris, bien que ce soit de ma faute. »

La traqueuse accordait une importance aux déités, tout comme son peuple. Ils étaient très précieux ici et ses mots avaient été très blessants. Elle s’était montrée plus que patience et gentille avec lui.

« Yasei Zoku. Vous possédez toutefois un don très intéressant et vous êtes aussi un shinobi de kiri. Pour ma part, je suis Imekanu. Je viens d’une île au nord du Mizu appelée Saroruncasi et je suis genin à Kiri. Peut-être que nous pourrions repartir sur une base où nous nous comprenons mieux ? »

La jeune femme n’avait pas envie de se faire d’ennemis ici, elle voulait simplement s’intégrer et s’ouvrir à Kiri pour mieux la comprendre. Si Zoku en faisait partie, alors elle devait faire un effort, bien qu’il ait été désagréable. Elle s’assit alors devant lui et l’observa silencieusement. Allait-il encore l’agresser ou montrera-t-il un autre aspect de sa personnalité ?


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Sam 18 Avr 2020 - 17:48
Le raton fit face au visage du démon. Le faciès si avenant de la jeune femme devint un masque placide ne reflétant plus aucune émotion, qu’elle soit positive ou négative. Par expérience, pour avoir vu ce visage maintes fois, Zoku savait ce que ça voulait dire. Il venait d’atteindre le point de rupture. L’instant où patience devenait la parfaite rime de violence. Aussi entêté et revanchard qu’il était, il ne bouge pas, ne prononça pas un mot. Alors que la sauvage mettait la main sur son arc et qu’elle le brandit pour mimer le tir d’une flèche. Imaginaire bien heureusement, sinon l’entretien aurait tourné court à un affrontement un peu plus brutal.

Il se sentit encore plus déconfit lorsqu’il apprit que Moyuk n’était pas le prénom de son chihuahua de compagnie mais celui de la divinité de ses compères. Intérieurement, un petit « oh » d’exclamation se précisait dans son esprit. Tel un enfant découvrant une nouvelle histoire et impatient d’apprendre la suite. Elle ne manqua pas d’exprimer sa frustration quant au comportement irrespectueux du polymorphe, après ce qu’elle avait fait pour lui. Même Zoku devait le reconnaître, elle s’était un peu rattrapée. Difficile de définir la valeur du dédommagement pour un deuxième trou mais son attention et l’hébergement devaient au moins l’inciter à se calmer. Il en était presque intimidé.

Cependant il ne laissa rien paraître. Ses petits bras croisés sur sa poitrine, il ferma les yeux et soupira dans sa moustache. Ce qu’il s’apprêtait à faire lui coûtait énormément. Ça ne voulait même pas sortir de sa bouche tellement il lui était inconcevable d’en arriver là. Mais il lui devait bien ça. après tout, elle l’avait pris pour une divinité. Cette pensée légitima ses mots à venir. Elle avait su reconnaître en lui son ascendance divine, il ne pouvait pas lui en vouloir. Un peu plus avenant et jubilant spirituellement, il finit par lâcher ce qui lui pesait tant.

- Bon désolé. Je peux comprendre que tu te sois trompé, on me le fait souvent, mentit-il avec un petit sourire sarcastique qui dévoilait ses petites dents pointues.

Elle s’était présentée. Ainsi la sauvage avait bien une appellation. Elle lui précisa ses origines, ce qu’il n’avait pas fait et il ne comptait pas en arriver là. Il n’y avait que Reikan à qui il avait mentionné son passé et elle resterait la seule, par difficulté de ressasser cette historique douloureux. Imekanu restait ouverte à des rapports plus cordiaux entre eux deux. Lui-même avait déjà fait un premier pas aussi, il n’allait pas rebrousser chemin maintenant, ce serait stupide.

- Je me pose une question du coup. Tu vis ici pour être tranquille et être plus proche de la Nature et d’un autre tu t’es engagée à Kiri. Pourquoi ?! Tu serais tellement plus peinarde à rester ici pour faire ta petite vie et ta petite popote.

Elle pouvait aisément le prendre à contre-pied sur cette question. Finalement ils avaient des points communs. Lui pour sa part avaient ses raisons et il devrait sûrement s’en expliquer juste après. il n’avait pas honte de cette part de son passé qui lui rappelait surtout son propre âge d’or. Une époque lointaine qu’il aimerait parfois retrouver.

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Ven 24 Avr 2020 - 16:11

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La tolérance d’Imekanu connaissait ses limites, et ce raton-laveur, encore inconnu venait de découvrir celle-ci. Si elle pouvait comprendre son énervement car se prendre une flèche sur le fessier n’était pas agréable, elle n’acceptait pas le manque de respect et encore moins sur ces terres sacrées. Alors l’ombre sur son visage, d’ordinaire si doux et innocent témoignait d’un mécontement certain. Etrangement, il se la racontait moins et fut spectateur d’un geste ordinaire, mais lourd de sens pourtant. Si une flèche aurait été à la place de son doigt, l’animal ne serait sûrement plus.

Mais l’archère était de nature conciliante et douce, et elle préférait s’expliquer avant d’agir de manière irréfléchie. Lorsqu’elle lui narra ce que signifiait Moyuk et à quel point il s’avérait être un terme très respectueux et des plus précieux pour la jeune femme, celui-ci semblait comprendre. Toujours honnête et spontanée, elle exprima aussi le fait d’avoir été blessée et qu’elle pensait avoir tout fait pour se rattraper et qu’en échange, il ne s’était pas montré très reconnaissant. Bien évidemment, il y avait un gros malentendu et Imekanu était ignorante des secrets du Yuukan. Un Yasei ? Elle n’en avait jamais vu ou connu, comment aurait-elle pu savoir que les sisam pouvaient aussi se transformer en animal ?

Zoku ne réagissait pas, restant bras croisé. La traqueuse le dardait de ses saphir, attendant une quelconque réaction de sa part. Et étonnamment, celui-ci reconnut ses torts et s’excusa. La brune fut surprise mais termina par sourire en croisant les bras à son tour. Elle s’installa face à lui, par terre pour être à son niveau et se présenta à son tour avant de lui proposer un message de paix. C’était là le premier pas qu’elle pouvait faire et lui aussi en avait fait un en s’excusant. Celui-ci était plus curieux qu’il en paraissait et s’interrogeait sur la raison de son engagement auprès de la Brume, alors qu’elle pourrait vivre paisiblement avec sa vie et sa petite popote.

Imekanu se montra pensive, observant le ciel clair et silencieux. Son regard océanique se posa de nouveau sur le Yasei.


« Je suis venue à Kiri après que mon village se soit fait attaquer par des sisams venant de la mer. Nous avions des échanges avec Kiri et je savais que le village était capable de se défendre. Je suis venue pour apprendre à protéger mon peuple Urumi et suis donc devenue genin, mais je ne savais pas me battre ni contrôler le chakra, simplement utiliser mon arc et utiliser mes connaissances sur les poisons et la médecine naturelle.

Mais quand la grande tortue est apparue, il y a eu ce que vous appelez la résonance et les kamuys m’ont offert le don du chakra. Le ramat s’est éveillé en moi par le feu. Je pense qu’ils m’ont fait ce cadeau pour pouvoir être plus forte et pour protéger les miens. Cet endroit me rappelle mon Kotan, mon village, c’est pour ça que je préfère rester ici, bien que je sois une guerrière de Kiri.
»

Cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas conté cette histoire, ces éléments de sa vie qui justifiaient de sa présence sur ces vastes terres. Le Yasei pouvait bien se moquer ou se montrer de mauvaise humeur, c’était important pour elle de partager ces faits de sa vie. Mais elle était aussi curieuse de savoir, pourquoi il restait ici, alors qu’il ne semblait pas apprécier les gens.

« Et toi Zoku, es-tu le seul qui puisse se transformer en animal ? Et pourquoi rester à Kiri si les gens puent et que tu ne les aimes pas ? Pourquoi être shinobi de Kiri, en sachant ce que cela signifie ? »

Parce qu’être shinobi signifiait protéger la Brume, s’il ne semblait pas l’apprécier, Imekanu souhaitait comprendre.




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Sam 25 Avr 2020 - 15:50
Pour peu que Zoku se soit retrouvé placé sous le totem du chat et non celui de son mammifère masqué, il aurait ronronné d’étonnement suite aux propos de son hôtesse. Elle lui fit son historique, ponctuant ses explications de certains mots inconnus au bataillon. Déjà que le polymorphe n’était pas le plus cultivé qui soit pour s’exprimer, excepté en matière d’insultes ou de railleries. Il était quasiment sûr qu’il s’agissait là de termes propres à son fameux village. Déjà son histoire de « moyuk » l’avait perdu, aussi il n’était pas très étonné de voir débarquer de nouvelles expressions autochtones. Elle est pas française la dame !

Cependant il restait intéressé et silencieux. Son envie de comprendre la contradiction entre la sauvage et le village de Kiri lui fit garder son calme. Il aurait certainement besoin d’une traduction des mots après mais en attendant le sous-titrage en réel, il parvenait à se rattraper aux branches avec le reste qu’il comprenait parfaitement. Un passé tumultueux mais qui se terminait plutôt bien pour elle. Autrement cette rencontre aux origines douteuses n’aurait pas eu lieu. Elle avait terminé son historique qui arracha une réaction naturelle d’un enfant en plein apprentissage de la langue :

- C’est quoi des sisams et le ramat ?

Un air de petit gamin curieux aurait presque pu se confondre si celui du concerné n’était pas recouvert de poils bicolores. Ses billes noires scrutaient les saphirs de la sauvage qui s’était mis à son niveau. Il ravala un grognement suite à ce mouvement qu’il jugeait irrespectueux. Il s’était calmé il n’allait pas recommencer même s’il prenait la chose comme une marque de discrimination. Il aimait sa forme animale mais pas qu’on lui fasse remarquer sa faible constitution sous cette dernière. Son hôtesse avait été claire cependant. Son prochain petit numéro à l’arc ne se jouerait pas corde à vide. Il ravala avec grande difficulté sa fierté, laissant un arrière-goût amer. Au lieu de ça il profita de son interrogation pour raconter son histoire à son tour.

- Nan je suis pas tout seul on est quelques-uns à Kiri. Et je me suis retrouvé là-bas parce que j’avais nulle part où aller. Si je mets une patte sur le Continent, j’ai une belle bande de vilains qui m’attendent, prêts à me faire la peau. Eux pour le coup s’ils avaient un arc ils me rateraient pas. Alors je me suis exclu ici pour être caché.

Son ancien groupe de voleurs devait être en prison à l’heure actuelle, suite à son abandon en plein casse, mais il ne voulait pas prendre de risques inconsidérés. Il allait attendre un bon moment avant d’y retourner. En attendant il devait combler ses horaires avec sa tâche de shinobi qui ne lui laissait pas toujours le temps de s’adonner à son passe-temps de voleur.

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Dim 10 Mai 2020 - 14:28

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Pouvoir narrer son passé et sa vie liée au Mata Kotan était toujours une source de nostalgie intense pour Imekanu, qui pensait chaque jour à son île. Sa famille lui manquait fortement, et poser des mots sur ses terres natales revêtait toujours d’une émotion certaine et d’un éclat dans ses pupilles océaniques. Mentionner la raison de sa présence était d’autant difficile que son inquiétude pour les siens était toujours présente. Elle était insatisfaite de l’évolution qu’elle avait au sein de la brume et cherchait toujours à progresser. Mais son intégration s’était faite difficilement, de part sa timidité que de sa part de la population étrangère. Pourtant, elle assimilait et comprenait facilement ce qu’on lui inculquait. Shitekka était un bon sensei, mais l’archère devait aussi y mettre du sien pour s’améliorer.

Enfin, le moment n’était pas à la remise en question. Zoku était à ses côtés et écoutait calmement ses sages paroles. Elle ne put s’empêcher de sourire face à cette question tout à fait innocente et légitime d’ailleurs. Il était vrai qu’elle utilisait toujours des termes que les sisams ne comprenaient pas, mais il était difficile de faire autrement quand on avait passé seize années de sa vie dans un autre monde que le leur. Une main derrière la tête, un peu gênée, Imekanu prit la parole digne d’un professeur.


« Sisams, ce sont les habitants extérieurs à Saroruncasi, ceux qui vivent dans le Yuukan en gros… Le ramat, c’est l’esprit. Par exemple, quand je fais appel au katon, je prie le ramat du feu auprès de l’Ape-huci la déesse de la terre, l’une des plus importantes pour nous. J’espère avoir été comprise...»

Alors qu’elle s’était installée devant lui, elle put y déceler une sorte de mécontentement. Elle n’était pas sûre, mais c’était discret et le connaissant, il aurait forcément quelque chose à y redire. Pourtant, il resta calme. L’archère en profita pour se mettre à l’aise sur le sol, posant ses mains de part et d’autre pour se maintenir. À ce moment là, c’était lui qui la surplombait en étant installé sur le tronc d’arbre. Mais elle s’en fichait, elle voulait juste se mettre à l’aise chez elle et attendit qu’il réponde à ses interrogations. Les réponses vinrent naturellement, elle était intriguée de savoir qu’ils étaient plusieurs Yasei siégeant à Kiri. D’autres changeformes et donc plus de méfiance à avoir encore. Ses parties de chasse préféraient se voyaient contraintes par cet élément qu’elle ne pouvait omettre.

Nulle part où aller ? C’était bien triste… S’était-il enfui d’un lieu quelconque pour fuir ces vilains qui lui voulaient du mal ?


« Je vois, il faudra que je fasse plus attention quand je chasse… C’est bien ma veine, ça… Pourquoi une bande de vilains te veut du mal ? Tu viens d’un endroit où il y a pleins de vilains ? Kiri semble un bon endroit pour s’y cacher, on finit par s’y sentir bien, je trouve, tu vis dans le centre où il y a tous les sisams toi ? Et… je ne crois pas t’avoir vraiment raté ! »

Dit-elle en penchant sa tête sur le côté et pointer son postérieur avec son doigt. Dans un élan d’énergie, Imekanu se redressa et s’étira de tout son long. Elle ne savait depuis combien de temps, ils étaient là. Se retournant, elle regarda autour d’elle, c’était un vrai bazar. Attrapant une sacoche sauvage qui trainait par terre à côté du feu, elle fouilla autour d’elle et y rangea quelques objets. Une fois qu’elle avait tout ce qu’il fallait, elle s’approcha du raton-laveur à l’humeur changeante et lui tendit le sac.

« Tiens, c’est en guide de bonne foi, pour la blessure et parce que je suis gentille. Il y a de quoi cicatriser ta blessure, des feuilles pour des tisanes revigorantes et aux vertus cicatrisantes et un reste de ce que tu as mangé tout à l’heure, dans des feuilles assez grandes pour protéger le tout. »




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Yasei Ketsumei
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Mer 17 Juin 2020 - 19:45
Le polymorphe écoutait religieusement les propos de son hôtesse et précédemment chasseresse. Elle avait un vocabulaire bien à elle pour désigner ceux qu’il aurait plus simplement appelés « clampins » ou « quidams ». De plus, elle avait l’air d’être religieuse. Pile poil le genre de public qui ne conviendrait pas avec son caractère et son humour. Pourtant elle avait suscité un brin de curiosité dans son esprit pourtant obnubilé par le vol et le profit. Pour une fois qu’il se montrait attentif, il y aurait un tableau à dresser de la scène. Qui aurait cru que le polymorphe serait assis calmement à écouter les dires d’une femme dont les croyances semblaient bien particulières mais surtout très éloignées de celles du raton ?

Il y avait dans son discours une certaine connexion et un certain respect de la Nature qui obligeait le Yasei à prendre parti pour la sauvage. Elle ne considérait pas le Katon comme une capacité véritablement acquise mais comme un don d’une entité supérieure qu’il fallait prier pour user de son pouvoir. Une vision intéressante que le trentenaire n’avait jamais vu de cet œil. Mais cet échange culturel fut ponctué d’une petite pique à l’attention du fauteur de troubles légendaire. Il faut dire qu’il l’avait cherché. Il ricana suite aux propos de son interlocutrice qu’il reprit sur le champ :

- Alors déjà : ouais tu m’as raté ! Les vilains dont je te parle ils m’auraient pas troué le derrière. C’était un aller-simple pour le frigo sans passer par la case gruyère. Ils sont coriaces et m’en veulent parce que j’ai choisi de plus marcher avec eux. Les… sésames, comme tu dis, sont très susceptibles. J’ai un cabanon en ville ouaip donc hésite pas à passer dans le coin, je te rendrais la monnaie de ta flèche.

Un clin d’œil se voulant amical pouvait tout aussi bien cacher une menace pas du tout subtile. Néanmoins, avant qu’il ne sache maîtriser un arc, il aurait du boulot. Ce qui se solderait par une flemme. Par conséquent, et par pure honnêteté personnelle, autant ne pas commencer l’expérience. Le temps avait filé sans qu’ils s’en rendent vraiment compte. Il le réalisa lorsqu’elle se leva et commença à empaqueter quelques affaires. Lui-même se redressa avant de se faire surprendre par ce paquetage qu’elle lui tendait. Il cligna des yeux, hébétés par cette gentillesse dont il ne saurait faire preuve. Le naturel se pointa au galop alors qu’il refusait d’un petit geste de la patte :

- T’inquiètes pas Mireille ça va aller. Excellent ton ragoût mais j’aurais même pas de quoi le réchauffer. Et il en faudra plus que ça, dit-il en pointant son derrière, pour me tuer !

Il avait sauté de son assise pour se dégourdir les pattes arrière. Il avait déjà bien abusé de l’hospitalité de la sauvage et sa gentillesse le mettait mal à l’aise. Une étrange sensation qu’il n’arrivait pas à identifier et qui lui compressait la poitrine. Il préférait prendre congé dès maintenant.

- Merci pour la bouffe en tout cas et à charge de revanche. Si tu passes par le centre-ville, gare à tes fesses !

Sans plus de cérémonie, Zoku laissa là la brune aimable qui l’avait recueilli par culpabilité de leur premier échange. Ressortant à la fois touché et troublé de cette entrevue, aucun des deux protagonistes n’aurait pu deviner en cet instant qu’il s’agissait là de leur dernier échange juste tous les deux. Comme l’avait dit le raton-laveur, il lui en faudrait plus pour le tuer.

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