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Jouons une partie... [Miyamoto Teruyo]

Hosokawa Shingen
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Dim 28 Juil 2019 - 19:23
Été 203

Ce village m’avait accueilli il y a 3 ans maintenant et malgré tout ce temps, je ne me sentais pas vraiment attaché à Iwa. J’avais appris à y vivre et à me trouver une petite routine qui me permettait de ne pas devenir fou, mais j’étais encore loin de devenir un patriote convaincu. Je n’étais pas pour autant opposé à ce village, j’avais décidé de le servir car j’y voyais une bonne occasion d’accomplir mon rêve, le reste n’était que du détail. Il n’était pas dans ma nature, après tout, de trahir les gens.

Les gens pouvaient trouver étrange qu’un samourai décide de servir un village shinobi car les philosophies pouvaient s’avérer fondamentalement différente, mais en réalité les shinobi et les samourais se complétaient bien. Chacun avait un rôle, une place dans une société et chacun avait des compétences que les autres n’avaient pas.

Je n’adhérais pas vraiment à la trahison, l’espionnage ou à l’assassinat, mais ces activités étaient des nécessités dans certaines situations. Du moins, si on avait une approche au niveau d’un groupe, d’une nation ou d’un village. Il allait de soi que pour un individu, ces notions n’avaient pas forcément une quelconque importance. Un chef de village pouvait être tenté d’assassiner une cible pour éviter une guerre dévastatrice tout comme l’espionnage pouvait permettre à une nation de savoir ce que les autres planifiaient et agir en conséquent.

Néanmoins, ces considérations n’étaient pas de mon ressort. Je n’étais qu’un simple genin qui ne recherchait que la gloire dans le combat et dans les faits d’armes, un homme qui recherchait à marquer l’histoire de notre monde à jamais pour ses compétences martiales. Je voulais que rien qu’à l’évocation de mon nom, les gens tremblent devant moi, mais d’ici là… Je devais me faire un nom et la chose n’allait pas être une partie de plaisir.

Certains samourai préféraient limiter leur vie à une simple servitude pour un seigneur, un groupe ou une idéologie. Je préférais consacrer ma vie à un objectif bien précis, sans pour autant délaisser le reste. J’étais conscient que cela n’allait peut-être jamais arriver et que je risquais de mourir à chaque combat, mais qu’importe, n’est-ce pas ? Mon père me répétait sans cesse que le samourai vivait pour mourir, on devait être prêt à chaque instant de notre vie de mourir et le faire sans regret. Vit quand il est bon de vivre et meurt quand il est bon de mourir. De toute façon, ne sommes-nous pas tous condamnés à mourir un jour ?

Mais passons les débats sur la vie et la mort, il aurait bien trop de choses à dire et c’était bien un débat interminable. Aujourd’hui, comme souvent le matin, je me prenais quelques heures pour traîner non loin d’un petit parc dans les quartiers résidentiels. Je profitais souvent de ces moments pour jouer quelques parties de Shogi avec ceux qui le désiraient, souvent des inconnus bien qu’au fil des années, j’appris à connaître certaines têtes.

Justement, j’étais à deux doigts de terminer ma partie. Je déplaçais mon dernier pion de sorte qu’il n’était plus capable d’éviter la prise. Je relevais les yeux vers mon adversaire, affichant un léger sourire.


On dirait que tu as perdu.

Mon adversaire se grattait la tête en observant le plateau de jeu, soupirant avant de sourire.

On dirait bien… Tu m’as bien eu cette fois, mais la prochaine fois je t’aurais !

Je lâchais un petit rire.

Je n’en doute pas. Revient quand tu veux.

Quelques échanges plus tard, l’homme prit la route pour faire ce qu’il devait encore faire dans sa journée. Pour ma part, j’attendais la prochaine personne qui voulait venir jouer contre moi. Je remis en place les pions pour la prochaine partie et pour me passer le temps, je me mis à méditer un peu. Une activité que j’aimais accomplir pour vider mon esprit et pouvoir me focaliser à ma prochaine partie.

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Mar 30 Juil 2019 - 15:16
Comment souvent, et au moins une fois par semaine, les deux paternels aimaient à s’affronter dans leurs parties quasi-quotidiennes de shogi en se rendant dans un petit parc non loin de notre quartier. Cet espace de verdure avait quelque chose de particulier qui à mon sens favorisait pleinement le jeu et la détente. Déjà, le simple fait que l’endroit soit couvert de verdure en faisait un lien tout particulier. Par la suite, il était à noter également que des tables de jeu avaient été mises à disposition, des lourdes dalles de pierres à l’effigie de jeux comme le go, le shogi ou les échecs, le tout posé sur leur piédestal. Non loin de ce que j’appelais « l’aire de jeu » passait un petit ruisseau offrant un clapotis de l’eau en fond sonore qui accentuait ce côté relaxant. Quant à moi, quand j’en avais le temps, j’accompagnais ces deux ainés dans leur partie, les regardant jouer avec autant de passion et d’acharnement malgré les années. Et pour eux, hors de question de prendre le shogi à la rigolade, c’était quelque chose de sacré. Quelle que soit la situation, ils prenaient à cœur chacune de leurs parties, les jouant toujours à fond. Ils en étaient même à tenir les scores avec un total de onze mille neuf cent vingt-sept victoires pour mon beau-père contre dix mille cinq cent quatre-vingt-trois victoires pour mon père et enfin une série de centre trente-six matchs-nuls. Mais le plus impressionnant n’était pas tant leur nombre de parties, mais le fait qu’ils jouaient depuis près de vingt années, ce qui faisait une moyenne de trois parties par jour. Et je ne parle pas de leur niveau de jeu. Si chacun d’eux jouaient depuis au moins une trentaine d’année, pour ma part, je n’avais que la moitié de leurs années d’expérience et bien moins de parties à mon actif. Autant dire que contre eux, mes victoires étaient bien maigres, allant de six victoires pour l’un et quatre pour l’autre.

Quant à aujourd’hui, les joueurs assidus n’étaient pas tous présents, des joueurs avec qui les deux ancêtres jouaient aussi de temps en temps, mais pour qui le niveau n’était pas celui attendu par nos deux experts qui ne trouvaient grâce qu’à leurs propres yeux. En revanche, un jeune homme que je n’avais a priori jamais vu avant était présent à notre arrivée, en plein cœur d’une partie. Curieux de nature, et parfois aussi lassé de voir toujours les deux mêmes jouer, je tournais mon attention sur la partie en cours jusqu’à la défaite du plus vieux des deux qui fit place nette, laissant à son jeune adversaire tout le loisir de remettre en place les pièces sur le shogiban.

« Dire que s’il avait déplacé son Général d’Argent dans la diagonale haute droite et le tour suivant bougé sa Lance pour la promouvoir, il n’aurait pas perdu à ce tour. Dommage pour lui ».

Je dis ça, mais il est souvent plus facile pour un œil extérieur qui n’est pas focalisé sur le jeu de détecter ce genre de petites failles plutôt que lorsque l’on est joueur et que l’on pense à plusieurs coups en avance tout en calculant les possibilités adverses. Je pensais à tout cela en m’installant à la place laissée vide tout en déplaçant ma première pièce, le pion à droite de mon fou, offrant ainsi une possibilité de sortie à cette pièce qui promue devenait une pièce majeure du jeu.

« Enfin, je dis ça, mais c’était peut-être pas la meilleure idée. Il y avait encore peut-être d’autres solutions n’est-ce pas ? »

Le nez penché sur le plateau de jeu, je relevais enfin la tête avant de rester figer quelques secondes, levant rapidement un doigt comme pour dire « attends, j’ai oublié un truc ».

« C’est ça, bonjour, j’ai oublié de dire bonjour, et j’ai oublié de demander si je pouvais m’installer, et de demander à jouer en premier. En fait, j’ai vraiment n’importe quoi et pas digne d’un joueur ».


Me grattant la tête comme la personne précédente, je réfléchis quelques secondes avant de reprendre mes palabres.

« Toutes mes excuses pour cette intrusion. Reprenons dans l’ordre. Moi, c’est Teruyo. Serais-tu tenté par une petite partie ? ».

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Jeu 1 Aoû 2019 - 2:29
Je venais à peine de remettre les pièces en place qu’un homme prit la place laissée vacante. Je le fixais sans rien dire, il semblait déjà avoir un certain âge, la trentaine peut-être. Je ne l’avais jamais rencontré, mais il semblait sacrément passionné par le Shogi au point qu’il parlait à lui tout seul, un fou ? Peut-être. Au moins il prenait ces aises, c’était déjà ça, mais je ne doutais pas que plus d’une personne pouvait être irritée par un tel comportement.

J’observais son mouvement sans rien dire, réfléchissant plutôt à ce que j’allais faire moi. Après tout il semblait bien lancé et peut-être qu’il n’était pas intéressé par les discussions ou les présentations. Alors j’envisageais de déplacer mon pion après son tour, il leva son doigt pour me signaler d’attendre.
Je penchais la tête sur le côté, affichant un léger sourire lorsqu’il remarqua son comportement pour le moins… étrange, c’était probablement un bon termes. Fort heureusement pour lui, je ne l’avais pas très mal pris, après tout, certaines personnes voulaient juste faire une partie sans aucune autre forme de cérémonie.


Bonjour…

Je marquais une courte pause avant de reprendre.

Pas grave, j’ai déjà joué avec des gens qui se contentent de ne rien dire durant toute la partie. Ce n’est pas forcément le plus sympathique, mais ça permet de se concentrer sur le jeu.

Je me grattais le menton, l’air de réfléchir pour savoir si le nom de Teruyo me disait quelque chose, mais rien à faire. Le plus probable était que je n’avais jamais entendu parler de lui. Un shinobi ? Peut-être, bien qu’il n’avait pas vraiment l’allure d’un combattant, on ne pouvait pas vraiment se fier aux apparences.

Enchanté, je suis Shingen. Bien sûr que je suis intéressé, il m’arrive de venir le matin ici pour jouer quelques parties, autant faire travailler son esprit parfois, non ? Généralement je laisse venir ceux qui ont envie de jouer une partie contre moi, les connaissances comme les inconnus.

J’affichais un petit sourire en coin, reportant un instant mon attention sur le jeu. Je décidais de déplacer mon simple pion pour directement menacer son fou, tant qu’à faire autant faire chier. Je déposais ensuite mon avant-bras sur le pommeau de mon katana, lui laissant le plaisir de faire son prochain mouvement.

Tu es un shinobi d’Iwa ? Je n’ai pas souvenir de t’avoir vue dans le coin.

Ceci dit, je n’étais à Iwa que depuis 3 ans et même si je pouvais vaguement connaître les gradés du village ou tout du moins, les personnes les plus importantes ; C’était une autre histoire pour les jeunes ou les personnes moins célèbres.

Mais j’imagine que je ne suis pas le mieux placé pour savoir dire qui est shinobi et qui ne l’est pas dans ce village.
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Sam 3 Aoû 2019 - 10:00
Fort heureusement, mon adversaire du jour ne prit pas ombrage de mon intrusion à sa table. Levant les yeux après ma rapide présentation, j’observais enfin la personne avec qui j’étais sensé échanger ce moment de partage. Bien qu’assis, il était facile de voir que j’avais face à moi un jeune homme athlétique, dans la force de l’âge qui devait bien me surpasser d’une bonne tête, moi et mon petit mètre soixante-cinq. Vêtu d’un kimono noir, un sabre à proximité de lui, la conclusion de l’enquête semblait relativement facile à en juger par son apparence. Il devait s’agir d’un samouraï comme il y en avait à Iwa. Pour autant, peu m’importait qui il était vraiment en des circonstances actuelles. Une fois assis à cette table, plus rien ne comptait que le jeu. Que votre adversaire soit un simple paysan, un ninja chevronné ou le Kage en personne, nous étions tous des joueurs mus d’une certaine mentalité de jeu et de fait plus rien ne comptais. Face au shogiban et à ses pièces nous étions tous égaux. Tout cela pour dire que malgré une approche quelque peu cavalière, cela ne bloqua nullement la discussion entre nous. Au contraire, mon adversaire m’expliquait que souvent au cours de ses parties, certains préféraient le silence à une longue discussion.

« C’est bien triste de jouer ainsi et de se murer dans un silence. Dans un contexte compétitif, je ne dis pas, mais de notre manière de jouer, il est bien plus agréable d’échanger quelques mots je pense. Tiens, regarde les deux vieux là-bas. Cela fait vingt-ans qu’ils jouent ensemble. S’ils ne s’étaient pas parlé à leurs débuts, leur amitié serait-elle née de leur rencontre ? »

Leur amitié et tout ce qui en suivait. Ma relation avec Yui n’aurait peut-être pas duré aussi longtemps, Saya ne serait peut-être pas là aujourd’hui. Que sais-je ? Et effectivement, en tournant la tête vers les deux ancêtres, on pouvait sentir autour d’eux une atmosphère de bienveillance, quelques mots échangés et pourtant avec une concentration de jeu certaine.

« Et pour autant, tu peux aller voir leurs parties, elles sont d’un niveau professionnel. En tout cas, ravi de voir que l’art du shogi ne se perd pas et que les générations futures s’intéressent au jeu. Et tu as également raison quand tu parles de faire travailler son esprit. Au-delà du divertissement que cela procure, je vois également le jeu comme un entraînement efficace pour améliorer sa concentration, parfois en situation de stress selon contre qui tu joues, mais aussi pour affiner sa capacité à réfléchir et à élaborer des stratégies complexe en peu de temps ».

Tout en discutant, ce Shingen jouait à son tour, avançant ses pièces, un simple pion, mais joué de manière agressive. Mon père me dit toujours la même chose lorsque l’on joue tous les deux… « apprend à reconnaître ton adversaire dans le premier coup qu’il joue, tu sauras alors à quel type de joueur tu auras à faire, et par extension, à quelle personne ». Devrais-je en conclure que ce Shingen était du genre frontal. Je me demande si j’arriverais à tirer quelque chose en le titillant un petit peu. Déplaçant un simple pion à mon tour, je faisais barrage à son attaque. J’aurais pu prendre sa pièce, mais je voulais voir sa réaction face à une attitude de défense. Quant à mon attaque, c’est maintenant qu’elle arrivait.

« Tu sais, le village est vaste, j’y vis depuis de longues années et je ne connais pas tout le monde pour autant. Mais tu as raison sur le fait que je sois un shinobi d’Iwa. Quant à toi, de ce que je peux voir, je dirais que tu es un samouraï. La question est de savoir de quel côté de la ligne tu es. Allié ou ennemi. Pour certains dans le village, la démarcation est vite franchie avec les traîtrises qui ont eu lieu, je dirais même que certains seraient soupçonneux… »

Étrangement, bien que le discours ne soit clairement pas tourné en ce sens, le ton employé et mon regard offrait un côté bienveillant et amical à mes paroles. J’étais curieux de voir s’il lirait entre les lignes.

« A toi de jouer ».

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Lun 12 Aoû 2019 - 17:27
J’affichais un petit sourire, tournant la tête vers les vieux qui jouaient, il n’avait pas tord en disant que c’était plutôt triste de jouer sans rien dire, d’autant plus que nous n’étions pas dans un contexte de jeu compétitif. Que voulez-vous, certaines personnes aimaient rester silencieuses et se contenter à faire leurs activités sans d’autre forme de cérémonie. Un choix qui ne m’intéressait, ni à l’homme en face de moi, ce n’était pas une mauvaise chose.

Au moins nous avons en commun de trouver plus intéressant de discuter pendant une partie plutôt que de rester silencieux. D’autant plus que c’est une bonne occasion de rencontrer et apprendre à connaître de nouvelles personnes, parfois même de potentiels collègues si nous sommes des shinobi.


Il était toujours important d’avoir de bonnes relations avec les gens avec qui tu pouvais travailler. Surtout dans un monde où nous mettions constamment notre vie en jeu et même si la mort n’était pas une chose qui me dérangeait, ce n’était pas pour autant que je comptais en faire une tâche simplifiée pour mes ennemis. Toute personne qui voulait ma peau avait intérêt à se donner les moyens de me tuer car j’allais tenter de le faire.

Pour un combattant c’est important de savoir élaborer des stratégies, après j’admets que je ne suis pas convaincu de son utilité pour un simple fleuriste.

J’affichais un petit sourire amusé.

Sauf s’il veut mettre en place toute une stratégie d’entreprise pour acquérir le monopole de la vente de fleurs.

Disais-je dans un temps de l’humour. Il n’était jamais interdit à dire quelques conneries de temps à autre pour détendre l’atmosphère. Peut-être que la chose pouvait choquer plus d’une personne, mais même certains samouraï savaient plaisanter de temps à autre.
Je me contentais de l’écouter en silence, je n’étais pas totalement certain savoir comment je devais le prendre. Certaines personnes pouvaient aisément prendre cela comme une forme d’agression, d’insulte ou même de menace. Je me contentais de rester un instant silencieux, comme pour réfléchir avant de reprendre la parole finalement.


En effet je suis un samouraï, peut-être pourrions-nous même plutôt dire que je suis plutôt rônin, enfin, nous chipotons plutôt sur le vocabulaire…
Ce n’est en général pas dans la nature d’un samouraï à jouer dans la trahison, bien qu’il existe certainement des cas qui vont dans ce sens.


Je posais mon regard sur lui, le fixant quelques secondes sans aucune animosité.

Pour ma part, je sers actuellement Iwa, je le fais depuis 3 ans pour être plus précis. Avant, je vivais à Tetsu.

J’observais en même temps le jeu, il semblait plutôt jouer défensivement. Peut-être cherchait-il à me tendre un piège, alors devais-je jouer défensivement ou tenter un rentre dedans ? Les deux possibilités existaient et pouvaient être intéressantes, mais pour l’heure, je voulais voir ce qu’il allait faire si on fonçait tête baisser. Ainsi donc, je continuais mon attaque pour prendre l’une de ses pièces.

A toi de jouer…

Je relevais mon regard pour le poser sur lui.

Et en tant que shinobi, tu as des domaines de prédilections ?
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Jeu 15 Aoû 2019 - 11:28
Même si je n’ai jamais été le plus grand des joueurs de shogi et que je ne le serais jamais, j’ai toujours trouvé un certain plaisir à jouer et à affronter d’autres personnes que les deux paternels. Si leur talent et bel et bien présent et mes défaites bien plus nombreuses que mes victoires contre eux, c’est surtout la nouveauté et la diversité de jeu qui m’attire. Autant dire que cette rencontre opportune avec ce Shingen était pour moi une bénédiction. En arrivant ici avec les deux grands-pères, je ne pensais pas disputer une partie. J’avais prévu de m’asseoir sur un banc à l’ombre, observer la vie dans le parc, sa faune, sa flore, les villageois qui y passent, s’arrêtant quelques instants pour s’amuser avec leurs enfants. Au final, j’avais succombé à l’attrait d’une partie devant la possibilité qui m’était offerte. Et au moins, même si ce duel se soldait par une défaite, j’aurais eu l’opportunité de faire une nouvelle rencontre. En tout, cas mon adversaire et moi avions globalement la même vision des choses pour ce qui était de l’échange entre deux joueurs au cours d’une partie.

« Apprendre à connaître une personne ? En quelque sorte oui. J’aurais plus tendance à dire que cela nous donne un premier aperçu de qui est notre binôme ».

Pour autant, bien que ce shinobi me semblait fort sympathique, à mon humble avis, et en ne me basant que sur ma propre perception des choses, il faisait fasse route sur un aspect de son discours. Si le shogi était un jeu, en effet, c’était avant tout un jeu de stratégie, de là à dire que c’était inutile pour un simple fleuriste était une erreur.

« Sais-tu quelles sont les origines du shogi ? Plusieurs théories s’affrontent sans que l’on puisse déterminer à cent-pour-cent quelle là bonne. Parmi toutes celles que je connais, il y en a une que j’aime particulièrement ».

C’est ça au final que j’aimais dans ce jeu, cette confrontation nécessitant une grande concentration, le tout savamment dosé dans un discours intéressant avec une personne intéressante et sûrement intéressée.

« Le shogi aurait été inventé il y a de cela plusieurs siècles dans une nation aujourd’hui disparue. Si le côté ludique de ce jeu est ce que l’on retient aujourd’hui, il fut une époque où cela servait à la fois d’entraînement militaire, mais aussi dans de rares cas de figure de champs de bataille miniature ».

Penché en avant, j’observais avec attention le shogiban, pronostiquant dans ma tête plusieurs coups en avance, imaginant au possible les réponses de mon adversaire, avant de reprendre mon discours.

« Pour ce qui est de l’enseignement, il s’agissait de former les généraux à l’art de la guerre, savoir utiliser ses unités avec efficacité et discernement. Il était dit que si vous étiez un bon joueur de shogi, votre vision d’ensemble sur le champ de bataille n’en serait que meilleure et vos chances de victoires plus grandes ».

Puis me reculant sur le dossier de mon séant, relevant la tête pour regarder le ciel à travers la cime des arbres.

« Et comme je le disais, cela servait également de moyen pour régler les conflits. Plutôt que de perdre des milliers de vie dans des guerres inutiles, les seigneurs qui s’affrontaient le faisaient autour d’un tournoi de shogi où les meilleurs joueurs d’une nation affrontaient les meilleurs de l’autre. Dans une guerre, il y a toujours un perdant et un gagnant. Pour autant, perdre de cette manière pouvait au regard des puissances militaires être ridicule, mais aux yeux de tout un peuple, être salvateur pour les nombreuses vies épargnées ».

Déballant ainsi ma culture, je laissais glisser mes doigts sur mes pions, laissant planer le doute d’un jeu une fois encore défensif.

« Pourquoi parler de tout cela ? Il est vrai qu’un simple fleuriste n’est a priori pas bercé dans l’art de la guerre, mais apprendre à jouer au shogi, jouer au shogi, aujourd’hui, ce n’est plus faire la guerre. En revanche, cela vous forge une certaine manière de penser. Tout comme les arts martiaux, cela vous donne un art de vivre. De fait, en quoi un simple fleuriste n’aurait pas droit de s’élever intellectuellement et spirituellement ? Par ce qu’il est fleuriste et nous des shinobis ? En quoi serions-nous meilleurs que lui ? En quoi aurions-nous meilleure légitimité ? ».

Soufflant légèrement de dépit sur mes pièces qui vibrèrent légèrement, je me reprenais.

« Mais je te prie de m’excuser, j’ai tendance à parler et à prendre à cœur les sujets qui ont de l’importance pour moi ».

Et plus je l’écoutais, plus je me disais qu’il se faisait peut-être une idée trop facile des choses, n’allant parfois, peut-être, pas suffisamment au bout de ses propres réflexions.

« Ce n’est pas dans la nature d’un samouraï de trahir ? Pourtant, il y en a eu. Ce n’est pas non plus dans la nature d’un shinobi que de trahir, et pourtant, il y en a eu. La trahison est aussi vieille que le monde. Quelle que soit la raison, il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Toi, moi, n’importe quel shinobi face à une situation qui l’y oblige peut un jour sombrer dans ce travers. Mais rassure toi, je n’insinue nullement que tu es un traître ou que tu le deviendras ».

Puis terminant de faire glisser mes doigts sur mes pions, je me disais qu’après tout ce discours, toutes ces belles paroles, mon jeu devait lui aussi évoluer vers quelque chose de plus percutant. Ainsi, posant mon doigt sur la seule pièce du plateau qui était éclairée par un rayon de soleil que perçait le feuillage des arbres, je faisais glisser mon Général d’Or, l’une des pièces maitresse du jeu, le tout, avant de laisser échapper un rire puissant et sonore faisant tourner les deux visages ridés de ma famille vers notre table, l’instant de quelques secondes, le temps qu’ils reprennent leur jeu.

« Et toi donc ? Quels sont donc tes domaines de prédilection samouraï ? Que sais-tu faire avec ton sabre ? ».


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Mer 11 Sep 2019 - 17:20
Le jeu n’allait certainement pas permettre de connaître un individu de a à z, c’était une certitude, mais au moins nous aurions quelques connaissances de base sur cette dites personne, sur sa façon de jouer.

Certes, il ne faut certainement pas espérer qu’une partie de Shogi nous révèle tout les secrets de la vie d’un individu…

Je restais silencieux, le laissant me parler de la supposée origine du jeu. J’en avais déjà entendu parler et la version me semblait plutôt pertinente. Même si le champ de bataille était fort différent d’un tel jeu, les enseignements que l’on pouvait en tirer étaient toujours bon à prendre. Après tout, le jeu nous forçait à exploiter tout le potentiel d’une pièce pour nous assurer la victoire, de ne pas hésiter à sacrifier une pièce pour attirer un adversaire dans un piège… Bref, le Shogi était très vaste et même à une échelle plus petite, cela pouvait certainement s’avérer utile pour un duel.

J’ai également entendu cette version. On m’a même déjà dit que le Shogi pouvait être utile dans un combat à plus petite échelle comme celle d’une équipe ou de soi-même. Connaître les forces et les faiblesses de chacun et savoir en tirer un maximum pour s’assurer une victoire.

J’affichais un léger sourire, restant silencieux pour un temps. L’idée même qu’un seigneur préfère un tournoi de shogi à une guerre me semblait étrange. Certes, dans le meilleur des mondes la guerre ne concernait que les combattants et les civils étaient épargnés. Après tout, ce n’était pas le plus honorable de massacrer des gens sans défense, mais nous avions toujours des idiots dans nos rangs.

Le plus simple serait que les seigneurs se mettent d’accord sur un lieu pour une bataille rangée en laissant de côté les civils. Je n’ai jamais compris ce qui pouvait être intéressant à aller massacrer des populations innocentes dans une guerre. On ne peut même pas dire qu’il a de quoi être fier… Comment peut-on se regarder dans le miroir après avoir massacré des civils ?

Je posais un instant mon regard sur mon adversaire de jeu avant de hausser légèrement les épaules.

Personne n’est plus important qu’un autre. Chacun à sa place dans une société, chacun à son rôle qu’il doit accomplir du mieux qu’il le peut. Un paysan n’est pas moins important qu’un shinobi car sans le paysan pour produire la nourriture, le shinobi ne pourrait pas se consacrer pleinement au combat pour être capable de défendre le village.

On pourrait argumenter que le kage est la personne la plus importante d’un village, mais je ne pense pas. Un kage n’a que de l’importance tant qu’il a du monde sous son aile, mais que vaut un kage avec un village vide ? Rien…


Je pris une profonde inspiration, observant le jeu avant de reprendre finalement la parole.

Pour en revenir au fleuriste, il a tout les droits de jouer au jeu et à ma connaissance rien ne lui interdit. La différence entre un fleuriste et un général qui joue au Shogi est l’enseignement qu’il peut en tirer.
Si le fleuriste veut s’élever intellectuellement et spirituellement, ma foi… Pourquoi pas. Je me fiche de savoir ce que le fleuriste peut faire de sa vie.

Seulement l’enseignement que chacun va tirer du jeu va différer d’une personne à une autre, dépendant de son rôle et de sa place dans la société… Ou tout simplement la raison pourquoi il y joue. Peut-être ne le fait-il que pour se divertir, s’amuser sans réellement chercher à avoir une quelconque élévation spirituelle.


Nous pouvions débattre pendant des jours à ce sujet, mais ce n’était pas vraiment le but non plus. J’affichais un petit sourire amusé à sa suite. Il était vrai que tout le monde pouvait trahir, mais il fallait admettre que ce n’était pas un aspect que le bushido mettait réellement en avant.

Le choix, nous l’avons toujours. Même si notre vie ou celle d’autrui est en jeu, on peut toujours refuser… Ce qui ne veut pas dire que les choix qui s’offrent à nous sont bien, ils existent toujours. Je pourrais toujours refuser de trahir, d’aller à l’encontre de mes principes, même si cela implique de sacrifier tout le reste autour de moi.

Je l’observais un temps, penchant la tête légèrement sur le côté. Dommage qu’il n’avait pas dit de quoi il était capable de faire, mais je pouvais le comprendre. On veut éviter de dévoiler ses compétences à un inconnu. Je restais un instant silencieux avant de me décider à lui répondre.

Eh bien… Je peux découper des choses.

J’affichais un petit sourire amusé avant de reprendre.

Sur une note plus sérieuse, il existe beaucoup de possibilités avec le kenjutsu. On peut même combiner la chose avec du chakra, affinitaire ou plutôt neutre. Donc on peut être plus défensif, plus offensif ou plutôt utilitaire, dépendant de notre maîtrise de l’art et de ce que l’on s’est prit la peine à développer jusqu’ici.
J’imagine que tu vois ce que je veux dire par du kenjutsu offensif… Pour la partie défensive, tu peux bloquer une attaque ou même la dévier, bien que cela dépend de la nature de l’assaut. Tu imagines bien que si on te crache un tsunami en pleine figure, l’efficacité d’une parade au katana sera… limitée…

Pour l’aspect utilitaire, je pense surtout à un désarmement, bien que se soit quelque chose de très spécifique.

En dehors du kenjutsu, je m’intéresse également aux sceaux, bien que je ne fais que débuter dans ce domaine. C’est un art qui peut se rapprocher de la calligraphie…. D’une certaine façon.

Ce n’est qu’un rapide horizon pour parler de mes compétences…


Il n’était pas nécessaire de partir dans trop de détails non plus, après tout, il n’avait lui-même pas parlé de ces propres compétences.
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Mar 17 Sep 2019 - 16:47
Il était plaisant de jouer sans aucune autre ambition que de disputer une simple partie, que de jouer sans enjeux, juste pour le plaisir de jouer. C’est ce que je faisais à cet instant, sous cette voûte de feuilles vertes, laissant filtrer le soleil par quelques rayons disséminés ici et là. Le temps passait en cette matinée et pourtant, personne si ce n’étaient les deux paternels, mon adversaire et moi-même. C’était comme si le temps s’était arrêté pour nous. En levant la tête et en fermant les yeux, on pouvait écouter le silence reposant des lieux. Mais dire qu’il y avait un silence était totalement faux. Alors oui, nul tumulte audible, mais le bruissant du vent dans les arbres était là, quelques battements d’ailes suivis de piaillement d’oisillons et bien sûr, le bruit des pièces de bois raclant le shogiban.

Mais ce qui était plaisant n’était pas seulement ce doux moment de félicité, mais également la joie et le calme que pouvait procurer une discussion anodine, loin de sujets sérieux ou des obligations inhérentes au métier, si on peut appeler ça un métier, de shinobi. Tout en réfléchissant à plusieurs coups possibles, envisageant les suites et les réponses probables de mon adversaire à chacun de mes hypothétiques mouvements, j’écoutais avec attention son discours suite à ma longue logorrhée. J’étais satisfait, voire heureux d’entendre un discours qui se rapprochait du mien.

« Je vois que nous sommes sur la même longueur d’onde. Je préfère la Paix à la Guerre, bien que je sois un shinobi. Pour autant, je ne me fais pas d’illusions, les dirigeants et leur volonté de conquête ou de puissance mènent souvent leurs ouailles à ces guerres inutiles. Et oui, tout devrait se régler de manière simple, ennemis contre ennemis. Nos civils n’ont rien demandé si ce n’est une vie tranquille pour la plupart. S’en prendre à eux, c’est créer une escalade à la violence, et en ça, je m’y refuse personnellement. »

Certains, Masami par exemple, diraient que c’était là une vision puérile, utopiste des choses, mais j’aime à penser que cela était possible, ne serait-ce que pour me dire que le monde n’était pas seulement remplis de moutons obéissants ou de sociopathes, mais aussi de personnes comme moi.

« Quant à la trahison, je comprends tes paroles, mais ce ne sont que des mots. Je pourrais dire la même chose, mais je sais que confronté au problème, je ne pourrais pas faire le sacrifice de certaines personnes. Je n’ai pas vocation à jouer les héros, et du coup, je connais mes propres faiblesses et limites. Et pense à la torture. Toute volonté que l’on a, il y a nécessairement un moment où tu risques de craquer. Je ne parle même pas du genjutsu. Je suis certain qu’il est possible de soutirer des informations sans qu’on le sache. Devenir un traître sans le savoir, c’est peut-être le pire. »

Quant à la suite de notre échange, comme je m’y attendais, il tourna autour de nos étonnantes capacités. Pourquoi toujours cette volonté de savoir ce que l’autre savait faire ? Était-ce comme un jeu ? Une compétition pour savoir qui semblait être le plus fort ? Je ne dis pas que c’était inutile comme démarche, bien au contraire, surtout dans le cadre d’une équipe, mais quel intérêt ici. Quoi qu’il en soit, j’avais volontairement esquivé la question, la retournant à l’envoyeur. J’étais curieux de voir s’il allait jouer le jeu ou non. Et autant dire qu’il l’avait fait avec brio et une pointe d’humour qui me fit sourire.

« Couper c’est bien, le bois, le poisson, … Toujours avoir un couteau aiguisé pour la cuisine. Et disons que si toi, tu coupes, et bien moi, je souffle. En tout cas, à t’écouter, et c’est ma foi logique, c’est une discipline très accès au combat rapproché. Comment gères-tu un ennemi qui se bat à distance et que tu n’arriverais pas à approcher ? Et je dois avouer que je suis curieux de savoir comment tu utilises le fuinjutsu. Moi aussi, j’ai quelques notions dans ce domaine que je tente de développer petit à petit. »

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Hosokawa Shingen
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Lun 9 Déc 2019 - 21:19
La partie avançait bien pendant que nous discussions tranquillement et sans de prise de tête. La discussion partait dans tout les sens et ce n’était pas plus mal, qui n’appréciait pas une personne ouverte à la discussion après tout ? Il était rare de pouvoir trouver des gens suffisamment ouvertes pour pouvoir discuter de sujet plus délicat tel que la guerre ou encore sur la trahison. Il était beau de rêver sur ce qu’une guerre idéale devait être, mais la réalité nous rattrapait vite malheureusement. Il était à nous de la façonner pour la rapprocher un peu plus de ce qui était notre guerre idéale.

Il appartient à chacun d’entre nous d’agir dans un meilleur sens afin de nous rapprocher de notre idéal, même si cela consiste un idéal de guerre. Mais cela réclame un certain sens de l’honneur, chose qui n’est pas donnée à tout le monde malheureusement…


J’affichais un léger sourire. L’homme en face de moi prenait des cas très particuliers qu’il était pour moi difficile de qualifier de trahison. J’avais pour vision, et peut-être à tord, que la trahison était un acte que nous faisions volontairement.

Peut-on réellement parler de trahison lorsque nous le savons pas ? Lorsqu’on est forcé de le faire sans le savoir ? Par exemple en subissant du genjutsu ? Je ne sais pas si pour un tel cas, nous pouvons parler de trahison.
Pour moi la trahison est plus un acte prévu et volontaire. Un acte, une action que l’on accepte de faire volontairement en sachant pertinemment que cela est de la trahison. Je ne prend pas en compte ici le cas de la torture qui est encore à part et… Je parle ici d’une vraie torture, non la fausse où l’on te fait écouter une musique pourrie en boucle…


Disais-je dans un ton amusé, affichant un léger sourire en observant mon interlocuteur. Je repris dans un ton plus sérieux.

Si je comprend bien, tu serais prêt à trahir plutôt que de sacrifier la vie de certaines personnes ?

Demandais-je l’air de rien, une question qui n’était certes pas très délicate, mais là n’était pas le but non plus.
Malheureusement pour moi, il esquiva la question. Visiblement, il n’était guère très emballé pour discuter davantage sur ce genre de choses et dans l’absolu, c’était son droit. Je n’avais pas vraiment envie de m’étendre davantage dessus, quel intérêt après tout ?


Disons que je lui propose un câlin ou un bon plat à manger, généralement ça attire les gens…

J’affichais un petit sourire amusé.

J’utilise, actuellement, le fuinjutsu comme valise va-t-on dire. J’admets que je n’ai pas beaucoup développée la discipline pour l’heure. J’ai d’autres priorités, mais je compte m’y pencher dessus un jour de façon plus sérieuse. D’autant plus qu’il devra répondre à mes besoins, je ne suis pas un adepte de l’apprentissage pour l’apprentissage juste pour pouvoir dire que je sais faire quelque chose.

Je ne savais pas moi-même où le fuinjutsu allait réellement me mener et je n’avais rien de prévu, hormis qu’il devait être davantage un art utilitaire pour moi, un petit bonus toujours bon à avoir. Enfin, tout cela n’était que théorique bien entendu. Et avec toute cette discussion, je fis une erreur monumentale et scellant, par la même occasion, mon destin. Je venais de perdre la partie. Je me grattais l’arrière de la tête en soupirant légèrement face à ma connerie.

Raah.. quel con ! Je n’ai pas été attentif ! Félicitation pour cette victoire en tout cas.
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Sam 21 Déc 2019 - 13:50
Ce Shingen n’était pas mauvais, mais pour autant, sans me vanter, j’étais meilleur que lui à ce petit jeu. L’âge n’était pas à prendre en considération, seule la pratique et l’habitude était facteur de réussite. Lorsque vous vivez pendant des années avec deux joueurs invétérés, il est difficile d’échapper à quelques parties ici et là et à force de jeu face à des joueurs talentueux, sans devenir un génie, certains automatismes, certaines stratégies et certaines habitudes s’imprègnent dans votre esprit. C’est un peu comme tous les aspects de la vie d’ailleurs et le monde des shinobis ne fait pas exception. Au-delà du talent pur, qu’est-ce qui différencie un bon ninja d’un moins bon ? L’expérience.

Écoutant avec attention mon partenaire de jeu, non sans perdre le fil de la partie, je ne pouvais qu’être d’accord avec certains éléments de réponse. Pour autant, je n’étais que partiellement du même avis.

« En effet, un idéal est un but à atteindre, et dans sa définition même pour moi inatteignable, à nous d’y tendre. Pour autant, à mes yeux, la guerre ne peut être un idéal, un but que l’on se fixe. Quelles que soient les raisons qui poussent les Hommes à se battre, d’autres voies existent, à nous de les faire prédominer à la violence. »

Pion avance d’une case, lancier prend pion, général d’argent avance, fou en protection, …

« Trahir sans savoir, est-ce de la trahison. Vaste sujet, et je pense que nous pourrions en débattre pendant des heures. Mon avis, le tien, je suis certains qu’ils seraient différents sans pour autant être tout à fait justes ou tout à fait faux. Pour beaucoup, la trahison est une notion vague. Certains voient dans leurs actes des opportunités diverses et variées pour faire avancer des projets à longs termes là où d’autres ne voient qu’une trahison. Tout cela pour dire que je ne pense pas qu’il y ait une seule réponse, une unique vérité. »

Sa remarque sur une trahison possible de ma part me fit sortir un sourire troublé. Alors que j’allais jouer un coup intéressant, je stoppais mon geste sur ma tour et regardais le jeune samouraï devant moi.

« Je ne sais pas ce que je ferais. As-tu une famille ? Des amis proches ? Des gens qui comptent réellement à tes yeux ? Que faire si on te demande de tuer ta mère, ton père ou ton enfant pour sauver ton village ? Tuer cette personne, n’est-ce pas trahir ta famille que tu as juré de protéger ? Ne tuer personne revient à tuer ton village. N’est-ce pas une trahison là-encore ? Je pense que la véritable trahison est un dilemme sans réelle réponse. »

Par chance, après quelques mouvements de pièces bien placés d’un joueur et de l’autre, la discussion prit un virage moins problématique, moins moral et éthique. Comme souvent, Essayer de savoir ce que savait faire l’autre était de mise. Comme si le jeu de tous shinobi était de découvrir les secrets des autres. Pour ma part, j’estimais que moins on en savait sur moi, mieux cela était pour moi. Pour autant, mon intérêt se raviva lorsqu’il fit mention de fuinjutsu.

« Le fuinjutsu … sans être un expert, disons que j’ai quelques talents particuliers dans le domaine qui vont au-delà du simple stockage « valise » comme tu le dis. Enfin, comme tu le dis, on a tous nos priorités et je ne doute pas que pour un manieur de sabre, il s’agisse de ce domaine en particulier. Échec et mat. »

Tout sourire, un ton enjoué, je déplaçais ma dernière pièce mettant fin à la partie avec la prise inévitable du roi adverse. C’était une partie intéressant, tant dans le mouvement des pièces que dans les discussions qui allaient avec.

« Nulle stupidité de ta part, juste de l’inadvertance et un manque d’expérience. Tires en les conclusions et pas seulement sur le plan du shogi et tu verras que l’on peut apprendre beaucoup des petites choses de la vie. À bientôt j’espère. »

Me levant, après tout, c’est moi qui avait envahi son espace, je saluais bien bas mon adversaire, courbant le dos avec respect avant de le laisser vaquer à ses occupations, m’en retournant aux miennes en allant regarder la fin de partie des deux paternels qui ne jouaient pas aussi vite que ma propre partie mais dont l’intensité des reflexions était bien plus importante compte tenu de l’impact de chaque coup sur le jeu. Échec et mat.

Spoiler:
 

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