Soutenez le forum !
1234
Partagez

Borrowed Time

Hayai Taishi
Hayai TaishiEn ligne

Borrowed Time Empty
Mar 30 Juil 2019 - 6:35

« Debout ! »

L’Hayai grogna se retourna sur son lit de camp, dans un coin de la taverne. Un autre coussin le percuta à la tête et il soupira en ouvrant les yeux, trouvant une Ija au regard bien sévère, les mains sur ses amples hanches. Dans la plupart des autres scénarios, Taishi aurait probablement tenté de séduire la serveuse. Mais dans celui-ci, c’était la veuve d’un ancien collègue, et ses pensées étaient davantage dirigées vers Neiko, cette curieuse errante d’Ame no Kuni. Des principes ? On se serait jamais attendu à cela de la part de l’Hayai, sans doute.

« Pas envie. »

Les yeux de Taishi s’attardèrent sur une fenêtre entre-ouverte. C’était même pas la fin du matin.

« Tu te lèves ou je te jette un sceau d’eau au visage ! Et tu sais que je vais le faire ! Rien à foutre ! »


Taishi grogna tout en obtempérant, lentement. Elle ne mentait, il avait déjà eu droit à brutal traitement dans le passé, même si c’était davantage après une longue nuit à boire, d’habitude. L’Hayai passa la main dans ses cheveux en bataille, s’étirant gentiment.

« Mais qu’es-ce qui se passe ? »

« Rien du tout. Mais j’en ai marre que tu te morfondes. »

« Mais… Je veux dire…»


Ija soupira en lui tendant un verre d’eau qu’il prit avec un hochement de tête reconnaissant. Ija avait toujours eu cette tendance maternelle. Daku était mort avant qu’ils n’aient eu des enfants. Ils ne parlaient jamais de ce sujet-là.

« Ce n’est pas une question d’argent, tu ramènes plus que ta part avec la musique de rue, c’est juste… C’est juste que le Taishi que je connais, il… Et… Hum… »

Elle s’était appuyée contre le bar, portait une main à ses yeux… Elle pleurait ? Taishi, sans trop savoir quoi dire, se releva pour aller la rejoindre.

« Ija… »

« Qui sait quand tu reviendras, ou si tu reviendras, tout court… Iwa… »

Taishi soupira et l’entoura de ses bras en baissant les yeux, posant le verre sur le comptoir.

« Tout ira bien. »

Mais elle le repoussa avec violence, le laissant un peu surpris. Le verre se renversa, étendant de l'eau un peu partout.

« Non, tout n’ira pas bien ! Tu vas y retourner, et une fois ou l’autre tu ne reviendras pas. Tu ne peux pas repartir. Ton élève te l’as dit. Pourquoi tu n’écoutes pas Musashi ?»

« Iwa-»

« Je m’en fiche, de ce qu’Iwa a fait ! Ta vie est ici. Tes amis sont ici. Je suis ici! J’ai perdu Daku et je suis encore là ! T’étais même pas avec Sanadare !»

Il resta silencieux, et ce même silence prit son dû dans la pièce. Les bars avaient cette étrange dualité, l’énergie qui les secouait la nuit et les funérailles qui y régnaient le jour durant. Ija étouffa un sanglot en s’essuyant les yeux avec l’intérieur de son coude.

« Je suis désolé, Taishi, je-»

Elle s’esquiva de côté et Taishi releva un bras pour l’arrêter.

« Attend, je- »

BLAM!

La porte d’escalier menant à son petit appartement qui lui servait de logis, au deuxième étage, claqua au passage de la femme, mettant un terme à la discussion, si on pouvait y donner ce nom.

Il s’appuya les coudes sur le bord du comptoir du bar en se couvrant le visage pendant quelques instants.

Quelque part dehors, un coq lui rappela qu’une nouvelle journée commençait. Comme un funeste rappel qu’il vivait sur du temps qui ne lui appartenait pas.

Son regard caramel, vert dans les reflets du sol, s'attarda sur le verre vide, sur le sol.

Une étrange métaphore...

_________________
Gods will bleed, Invité.
Taishi's Theme III : Rule Revolution
Borrowed Time 56132_s
#GLOUBAFETT / #GLOUBA`s THEME I : A MAJESTIC HUNTER
#TAISHI`s THEME I : GREEN FLASH ECHO / #TAISHI`s THEME II : DAEDALUS EMERGENCE
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t363-hayai-taishi-termine
Hayai Taishi
Hayai TaishiEn ligne

Borrowed Time Empty
Dim 4 Aoû 2019 - 3:24
Le temps passe toujours plus vite quand on vit dans l’appréhension de quelques choses. Certes, la liste de Taishi sur ce sujet était vaste : la prime sur sa tête, les multiples factions qui voulaient cette même tête, et le futur qui menait tout droit vers un mur, forcément. Tout ça, il avait appris à vivre avec, à compenser, si on veut. Mais après l’épisode de ce matin avec Ija, l’horloge avait recommencé à tourner plus vite. Sans qu’il ne comprenne forcément pourquoi.

À présent le soleil disait adieu à la terre et bonjour à la lune, qui prendrait le relais, sous peu. Le regard de l’Hayai brillait sous l’échange des rayons solaires et lunaires, même si leur cible n’avait rien d’aussi grandiose. Sa main se pencha et ramassa un bout de bois calciné, vieilli. Tout était comme il l’aurait imaginé, en réalité.

Les ruines de son ancienne maison. Difficile de dire pourquoi le terrain n’avait pas été vendu ou donné à un autre Iwajin. Il régnait un certain chaos administratif au moment où il était parti ; il n’était même pas certain qu’Iwa ait réalisé que cet endroit lui avait appartenu pendant son séjour chez eux. Peut-être qu’ils suspectaient que les vestiges de sa maison cachaient un lourd secret. Mais c’était juste une maison détruite. Comme son cœur, à bien des égards.

Il lui avait fallu un certain courage si ce n’est que pour emprunter la rue qui menait jusqu’ici, comme un boulevard de souvenirs sur demande. Si ce n’était que son passé à lui, ce ne serait pas si mal, mais il y avait aussi ceux de Sanadare, ici. Ils hantaient les cendres de cette maison comme un mauvais esprit. L’Hayai pouvait sentir leur poids sur ses épaules à lui, alors même qu’il enjambait le portail à moitié détruit de la porte avant.

Ça faisait deux ans, mais il pouvait encore voir les choses telles qu’elles avaient étés. Là, la table basse où il avait passé des heures à nettoyer, polir et aiguiser des kunais. L’autre, plus petite, dans un coin, où il exerçait les arts du fuinjutsu, écrivant et remplaçant inlassablement des sceaux. Sa main glissa sur la surface imaginaire de la table, se rappelant qu’elle était totalement lisse, à force de passer les doigts dessus pour écarter la limaille de fer ou les taches d’encre.

Il surmonta quelques débris et madriers, repoussant ce qui était dans son chemin avec le pied en avançant vers ce qui avait été sa chambre à coucher. Un poteau métallique dans un coin se dressait toujours aussi fièrement, le perchoir du Sergeant-Major, ce grand perroquet qui avait élu domicile chez lui pendant un temps à l’époque. L’Oiseau était parti d’Iwa en même temps que lui, et Taishi ne l’avait jamais revu. Comme les couleurs flamboyantes de sa robe de plume, il avait peut-être une métaphore de la brillance de sa vie. Mais Taishi ne voulait pas voir trop loin non plus.

Il fallait un peu d’imagination pour illustrer le lit, pourtant une pièce essentielle. Pour bien des raisons. Le nukenin en sursis s’accroupit et commença à fouiller dans les décombres, écartant les morceaux de bois calcinés et la cendre. Ses doigts délogèrent un anneau métallique et il tira dessus, révélant un kunai noirci. Les kunai de Taishi étaient traités pour conserver un éclat verdâtre, mais le design était également légèrement différent. Il avait expérimenté avec plusieurs configurations au cours des années, surtout quand son budget était plus élevé. Dans ses derniers mois, quand il était alors chef d’unité spéciale, l’Hayai pouvait se permettre de l’acier kumojin. Loin des standards d’aujourd’hui, disons. Il fit tourner le vieux kunai autour de son doigt. Le sceau Jikukan était évidemment complètement détruit. Avec un soupir, il enveloppa l’arme de jet dans un morceau de linge qu’il plaça dans la poche de son manteau.

Ses pas le menèrent à la porte arrière, du moins là où il y avait eu une porte arrière, jadis. La cour arrière avait toujours été son espace préféré, et la raison principale de son choix quand il était arrivé à Iwa, à l’origine, jeune genin fringuant et nouveau dans le monde shinobi. La petite cascade jetait toujours son eau dans le bassin au fond de la cour. Quelques poissons Koï dormaient paresseusement au fond de la mare, des ombres qui devenaient progressivement invisibles alors que la nuit prenait sa place.

Son regard releva vers l’accroc rocheux d’où l’eau de la cascade affluait. Un jour, il avait jeté Sanadare à l’eau du haut de ce truc. Deux ans, mais il avait l’impression que ça en faisait bien plus que ça. Tout avait tellement changé en si peu de temps. Taishi se souvenait encore s’être dis, à son arrivée, qu’il resterait toujours loin de l’actualité. Faire son boulot, être payé, et profiter les week-ends, comme tout le monde. Et ça n’irait pas plus loin. Mais c’était sans compter les efforts de l’idiote, puis d’Akimoto.

Et aujourd’hui, il ne restait que lui. Sanadare était morte. Akimoto, une ombre de lui-même, brisé par son propre rôle d’ombre.

Après un moment en silence au pied du bassin, il s’assied et retira ses sandales une à une avant de tremper ses pieds dans l’eau. L’eau était froide.

Mais son âme aussi, ce soir.








_________________
Gods will bleed, Invité.
Taishi's Theme III : Rule Revolution
Borrowed Time 56132_s
#GLOUBAFETT / #GLOUBA`s THEME I : A MAJESTIC HUNTER
#TAISHI`s THEME I : GREEN FLASH ECHO / #TAISHI`s THEME II : DAEDALUS EMERGENCE
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t363-hayai-taishi-termine
Hayai Taishi
Hayai TaishiEn ligne

Borrowed Time Empty
Mar 6 Aoû 2019 - 6:07
Difficile de dire combien de temps il resta dans la cour arrière de son ancienne maison, les pieds dans l’eau, mais lorsqu’il arriva à la taverne, elle était vide, fermée pour la nuit. La porte menant à l’étage était entrouverte et Taishi pouvait voir la lueur d’une chandelle. Sachant qu’il ne pouvait laisser les choses en l’état après ce qui était arrivé ce matin, il était monté à l’étage. La fenêtre donnant sur la rue était ouverte, elle-aussi, et passant la tête par celle-ci, il put voir qu’Ija était assise sur l’entre-toit, un calumet fumant à la main.

Il enjamba la fenêtre pour la rejoindre sans dire un mot. La vue d’ici était… Surprenante. On pouvait voir l’ensemble du district commercial, comme une ruche endormie à cette heure de la nuit. Les lumières dansantes étaient les patrouilles qui sillonnaient la cité sans relâche. Même en sommeil, Iwa était… Vivante. Mais c’était ce moment du cycle journalier où elle était le plus immobile. Les bars et les bordels étaient fermés. Les badauds ivrognes avaient été ramenés chez eux ou lancés en cellule pour la nuit. C’était un calme presque étrange. Et il ne durerait pas. Les artisans du matin sortiraient bientôt du lit.

Mais pas toute suite.

L’Éclair Vert prit place, les bras sur les genoux. La tenancière expira une longue volute de fumée, un parfum lourd et puissant, assumé. Après un moment de silence, elle lui tendit le calumet qu’il considéra un instant avant de prendre à son tour. Il n’avait jamais été un grand fumeur, même s’il pouvait en apprécier les facettes, parfois. L’Hayai tira une longue inspiration à son tour, la retenant un instant avant de la laisser filer, lentement, par les narines, un nuage blanchâtre qui allait se perdre dans l’air ambiant de la nuit fraîche. Un autre moment de silence.

« Ija… »

« … Tu sais, quand je me suis fiancé avec Daku, toutes mes amies avaient essayées de me dissuader. Elle me disait que c’était seulement un bon moyen pour finir veuve. »

Taishi resta silencieux.

« … Mais tu vois, quand je le voyais, avec ce bandeau sur le front, avec cet uniforme, je ne pouvais pas le voir. Je ne pouvais pas voir comment un homme si fier, si habile, si bon… Je ne pouvais pas imaginer qu’il existe quoique ce soit dans ce monde que Daku ne puisse pas surmonter. Il était invincible. Il était… Mon homme. »

L’Hayai baissa les yeux un instant avant de les ramener vers les siens, violets.

« Daku était un shinobi exceptionnel. Le frère d’arme sur qui on pouvait toujours compter… Et un ami. »

« Oh, il n’était pas parfait. Il n’aimait pas faire le ménage. Il avait tendance à commencer dix projets et n’en finir qu’un, en laissant tout le reste en pagaille, derrière. »

Ils partagèrent un petit rire, qui se perdit dans la nuit avant que le silence ne reprenne sa place, le silence relatif d’une cité apaisée, si ce n’est que brièvement. Elle reprit le calumet délicatement.

« Quand Daku est parti avec toi à Tetsu, je ne me suis jamais vraiment posé de questions. Ce n’était qu’une autre mission. Il faisait ça depuis des années, des missions. Mission. Je pense que ce mot n’avait même plus la même définition dans ma tête. C’était la routine. C’était notre vie. On venait d’ouvrir la taverne pour que j’aie plus à bosser comme serveuse dans la cantine de Tofeng. Pas que j’aie vraiment été intéressée à ouvrir un débit de boisson qui finirait inévitablement bondée d’ivrognes galeux, mais… Mais c’était notre bar, notre endroit. C’était… Nous, tu vois ? »

Taishi repensa au sommet des Kages à ce moment-là. La tâche était pourtant simple, surveiller et protéger la rencontre. Le Soshikidan risquait de faire une apparition, mais avec les shinobis de trois nations en même temps pour assurer la sécurité, quel était vraiment le risque. Il se souvenait en avoir ri avec Daku. Ils n’étaient pas sur la même patrouille, et l’Hayai était coltiné avec Inuzuka Meian, cette étrange mais attirante kunoichi et chef d’équipe.

« Quand il est parti, on a rien fait de spécial. Je l’ai embrassé, je lui ai dit que je garderais un pichet de bière à froid pour son retour. Je faisais toujours ça, c’était notre coutume, tu vois. Et il est parti, juste comme ça. Comme d’habitude. »

Et ce l’était. L’Hayai ne s’était pas posé de questions à ce moment-là. On pouvait peut-être avoir du mal à le croire maintenant, mais dans cette époque-là, Taishi se contentait d’obéir aux ordres, à faire son boulot. Oh il faisait des commentaires en privé, comme tout le monde, mais ça n’allait pas plus loin. Et cette fois-là n’était pas différente à cet égard.

Elle expira de la fumée odorante.

« Ils disent que ton âme sœur, tu partages une connexion avec, tu vois ? Que tu peux ressentir ce qu’il ressent. Que si quelque chose arrive, tu le sauras. »

Elle secoua la tête.

« Foutaises. Tout ce que j’ai fait ce jour-là, c’est nettoyer des tables et fermenter de l’alcool. J’ai tenu le bar toute la nuit, et je suis allé dormir après, sans me poser de questions. »

Des larmes perlaient au coin des yeux.

« Tout ça, sans avoir la moindre idée que Daku était mort avant même que je n’ouvre le bar, son bar… Son rêve. »


_________________
Gods will bleed, Invité.
Taishi's Theme III : Rule Revolution
Borrowed Time 56132_s
#GLOUBAFETT / #GLOUBA`s THEME I : A MAJESTIC HUNTER
#TAISHI`s THEME I : GREEN FLASH ECHO / #TAISHI`s THEME II : DAEDALUS EMERGENCE
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t363-hayai-taishi-termine
Hayai Taishi
Hayai TaishiEn ligne

Borrowed Time Empty
Mer 28 Aoû 2019 - 6:44
L’Hayai soupira silencieusement, jetant son regard verdâtre vers la lune au-dessus de leurs têtes.

« D’habitude, moi et Daku on travaillait ensemble, dans la même équipe. Mais ce jour-là c’était différent, évidemment. Ils avaient mélangé les rotations. Pour éviter de faciliter un complot d’un village ou de l’autre, peut-être. Du coup, j’étais affecté avec deux kumojins, et Inuzuka Meian. »

Meian. Bien sûr, il en savait bien davantage sur elle désormais, ayant eu la chance de lire ses dossiers lorsqu’il était membre des Tengus. Mais à cette époque-là, elle était juste l’une des chefs d’équipe les mieux connues dans le service, avec une excellente réputation, mais aussi un beau visage et des formes qui attiraient l’attention. Ni un ni l’autre ne l’avait sauvée, songea t-il.

« Je voudrais dire qu’il y a eu un signe précurseur, un indice du destin… Comme un corbeau qui se pose sur une branche, ou un chat noir qui surgit de nulle part. Mais ce n’était pas le cas. C’était juste une journée ordinaire. Bonne température, ciel dégagé. L’Habituel. »

Il essayait de se remémorer les détails exacts.

« On venait de finir notre ronde autour du pic, là où le sommet avait lieu dans un bâtiment fermé. Conditions idéales, stratégiquement parlant. C’est peut-être pour ça qu’on a foiré. On était prêt à voir le Soshikidan surgir, voir une tentative d’attentat. »

Mais pas de voir un des villages participants se retourner contre eux, en tout cas.

« Je sais pas, on était dans un coin rocheux, dans l’escarpement. On faisait que parler de tout et de rien. Sauf Meian, qui se tenait à l’écart, à regarder au loin. Je savais que l’équipe de Daku était un peu plus haut, tout prêt du bâtiment central. Je sais pas… Puis tout a explosé. »

Il se souvenait du choc, de la vibration dans le sol. Du grondement de la terre sous ses pieds. Un frisson lui secoua l’échine.

« L’escarpement s’est affaissé sur nous, comme si le sol voulait nous couvrir d’une couverture minérale, ou un truc du genre. La vague a englouti les Kumojins, est passé à un cheveu de m’avaler elle-aussi. Et là où il avait le sommet, il restait plus rien. »

Il ne l’avait pas vu mourir. N’avait même pas pensé à Daku à ce moment-là. Mais il savait.

« Le reste appartient à l’histoire. »

Ija eut un sourire morne en tirant une longue tirade de fumée grisâtre dans la nuit.

« Daku n’aimait pas se donner en spectacle. Même quand ce fut le temps de mourir, il a juste disparu, comme ça. »

Taishi eut un simple sourire pendant un instant, avant d’hocher de la tête simplement. Ils restèrent silencieux un moment, contemplant la nuit, chacun avec sa part de pensées bourdonnantes à l’intérieur du crâne. Curieusement, c’est l’Hayai qui rompit enfin la trêve de mots.

« Il ne reste plus grand-chose de l’homme que j’étais, Ija. »

« Je sais. »


Elle soupira.

« Mais la meilleure partie de toi est encore là, Taishi. Même si personne d’autre ne veut la voir. Peut-être que j’ai peur que si tu pars encore, tu oublieras qu’au fond, tu es une bonne personne. »

L’Hayai la considéra un moment.

« J’ai toujours essayé de laisser mes actes parler pour moi. Du moins, avant. J’avais cette idée naïve que ce monde était juste. Même quand j’étais essentiellement devenu un assassin pour Iwa. Je gardais en tête que cette partie-là de ma vie serait oubliée de l’histoire, peut-être, mais pas ce que Hayai Taishi avait fait pour son village. »

Il secoua la tête.

« Mais je me vois pris dans ce piège où je devrais rappeler aux gens ce que j’ai fait pour qu’ils sachent qui je suis. Mais de ce fait, je ne suis pas si loin de cette ligne qui frôle la vantardise, d’être imbu de ma personne. Ces choses que je déteste plus que tout. »

Taishi soupira.

« Alors je dois accepter que ce monde est injuste, et que je ne peux le contrôler à ma guise. Je dois revenir à mes racines si je veux un jour être… Heureux, peut-être. Alors je dois faire des choix. »

Des choix…

« Je ne peux empêcher Iwa de se méfier de moi. Mais… Autant voudrais-je regagner leur confiance que je ne pourrais abandonner ma liberté désormais. Alors j’ai déjà fait ce choix-là. Ce n’est pas les mots qui vont réparer mes relations avec ce village. »

L’Hayai souffla par le nez, lentement.

« La réelle ironie est que malgré toute cette liberté, malgré le fait que je pourrais faire n’importe quoi, aller n’importe où… Je suis ici, dans le ventre de la bête. À attendre. Comme un outil poussiéreux au fond d’un coffre, qui attend sagement une main créatrice. »

Il secoua la tête à nouveau.

« Non, Ija… Je n’ai qu’une seule certitude face à mon futur. »

Il eut un sourire contraint en s’appuyant la tête, le regard porté vers les étoiles.

« Je ne vais pas m’excuser pour la personne que je suis. »


_________________
Gods will bleed, Invité.
Taishi's Theme III : Rule Revolution
Borrowed Time 56132_s
#GLOUBAFETT / #GLOUBA`s THEME I : A MAJESTIC HUNTER
#TAISHI`s THEME I : GREEN FLASH ECHO / #TAISHI`s THEME II : DAEDALUS EMERGENCE
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t363-hayai-taishi-termine

Borrowed Time

Page 1 sur 1

Ascent of Shinobi :: Territoires de la Terre :: Iwa, village caché de la Roche :: Cœur dévasté
Sauter vers: