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What if ... ? - (Aditya)

Hayame Atsumi
Hayame Atsumi

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Lun 23 Déc 2019 - 14:44
Bip … Bip … Bip

Ce matin, c'était le bruit discret et répétitif de l'assistance respiratoire qui avait tiré la blonde du sommeil. Les machines avaient été requises à la suite d'une nouvelle crise nocturne. Suffoquant, elle avait bien failli y passer tant elle se sentait partir rapidement. Mais l'équipe médicale était intervenue rapidement, elle était sauvée, une fois de plus.

Son premier mois à l’hôpital s'était achevé il y à quelques jours à peine. Au final, peu de choses avaient changé. La même infirmière venait presque à la même heure tous les jours, avec les même pilules à avaler, les mêmes questions, et les mêmes vêtements de rechange.

Atsumi était relativement autonome et en pleine possession de ses moyens, lorsqu'elle n'était pas complètement épuisée et incapable de faire le moindre pas sans aide. Son corps réagissait mal au traitement. Il le rejetait. Et cela ne donnait rien de plus que des violentes crises comme celle de cette nuit. Le regard inquiet, elle se contentait de hocher la tête lorsqu'on lui annonçait qu'on allait changer de molécule, une fois de plus. Un jour seulement, elle avait interpellé un médecin.

« Tout cela ne nous mène nulle part, pas vrai ? »


L’intéressé avait attendu quelques secondes avant de lui répondre, en évitant son regard.

« Il faut d'abord tout essayer avant de se prononcer. »

Puis il était reparti.

Comment s'occupe une Kunoichoi forcée à rester au lit d'ailleurs ? On pourrait croire que Atsumi ne tiendrait pas en place, passerait son temps à se remémorer ses missions les plus périlleuses … Mais non. La manipulatrice de l'acide avait stocké son statut et ses exploits dans un petit coin de sa tête, elle ne se contentait que de tâches standards, banales : Remplir ses papiers, faire ses comptes, coiffer ses cheveux, écrire des lettres …

D'une certaine manière, elle appréciait ce repos forcé. Son cerveau n'était fixé que sur sa carrière depuis son arrivée à Kiri. Elle n'avait au final pas eu le temps de réfléchir à autre chose. Une passion ? Un petit-ami ? Non, rien de tout ça.

Son regard se perdait vers la fenêtre, comme souvent, lorsqu'un toqua à la porte. Il devait sûrement s'agir d'une visite matinale à la suite de sa crise nocturne. Un faible « entrez », d'avantage pour la forme, traversa ses lèvres.

Un visage mal éclairé fit son apparition dans la pièce encore sombre, mais ces cheveux étaient reconnaissables parmi mille autres.

« Aditya, je suis ravie »
dit-elle, se forçant à sourire malgré les appareils qui obstruaient son visage.

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Aditya
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Mar 31 Déc 2019 - 18:03
What if ?

ft. Hayame Atsumi


Été 203, Hôpital Général, village de Kiri.


Un soupir lourd de sous-entendus s'échappa des lèvres d'un des Irounin peuplant les couloirs de l'Hôpital aux premières lueurs du jour, à peine extirpé de la chambre d'un malade. Nombre d'entre elles demeuraient peuplées au lendemain du Cataclysme provoqué par le Dieu de l'Eau. Certaines représentaient un cocon protecteur pour les blessés qu'elles abritaient, les gardant bien du monde extérieur et de sa souffrance. D'autres accueillaient ces silhouettes anonymes dans leur dernière demeure, peinant le cœur résigné de chaque homme et femme qui avaient voué leur destin à endiguer ces pertes. Aditya n'en faisait pas exception alors même qu'il observait son confrère s'absoudre à la compagnie d'une kunoichi qu'il ne connaissait que trop bien, les sourcils froncés par une expression indéchiffrable. Un souffle fendit la barrière de ses lèvres, faisant écho à celui de son comparse tandis que ses pas le menèrent dans une tout autre direction, loin de la présence de la blonde. Il ne se présenterait pas devant elle à nouveau sans avoir trouvé une solution, par respect pour elle et pour cet amour partagé qu'ils vouaient à la sincérité. Les masques et les faux-semblants n'avaient jamais été monnaie courante pour ces deux âmes ; et jamais l'aurore qui berçait les murs de ses faisceaux de lumière ne verrait pas naître l'once de leur présence.


[...]


Les prunelles d'Aditya parcouraient les lignes encrée de son carnet personnel à un rythme limpide et empreint d'un calme sempiternel, uniquement bafoué par les pas et dialogues discrets de ses confrères qui allaient et venaient dans ce qu'il pourrait s'apparenter d'une salle de repos. Un havre de paix pour eux, Irounin, où toute sorte de mets étaient laissés à leur disposition afin de renflouer leurs réserves de chakra, vidées par les soins qu'ils avaient octroyés. Sa poigne se renferma sur l'un des fruits à la peau rougeoyante qu'il avait approché de lui plus tôt tandis qu'il tournait une page du bout de son pouce. Deux nouvelles présences ne manqueraient pas de le rejoindre à nouveau, s'il en jugeait les tintements qui lui parvenaient depuis le couloir partagé avec l'allée principale ; et comme pour confirmer ses doutes, le son de leur voix se fit plus pressant alors qu'il croquait dans la chair du fruit, jusqu'à ce que deux hommes ne passent en effet l'encadrement de cette porte dérobée. D'une œillade, il reconnut l'un d'entre eux comme étant celui qu'il avait aperçu sortir de la chambre d'Atsumi, quelques jours plus tôt.

Son regard indifférent quitta ses traits dès lors qu'il ouvrit à nouveau la bouche, plus par désintérêt que pudeur quelconque. Ōgai, qui siégeait silencieusement derrière lui, sembla se replonger dans son mutisme au même titre que l'ascèse dès lors qu'il eut aperçu le visage des nouveaux arrivants.

« Plus ça va et moins je sais quoi faire sur son cas, à part la maintenir en vie jusqu'à ce que son corps ne le supporte plus. Mais ça n’est pas là une vie pour une kunoichi.
Tu es toujours sur son cas ? Je croyais que tous ceux liés à la Résonance avaient été réglés ces derniers jours.
Pas celui-ci. Ça n'a rien à voir avec son chakra... on dirait que son corps s'attaque lui-même de l'intérieur, c'est totalement nouveau. On peut remplacer les cellules les unes après les autres pour éviter que ça ne se propage, mais ça ne durera qu'un temps.
Avant qu'elle n'en meure ? »

Un simple silence gênant ponctué d'un signe de tête désuet fit office de réponse à son vis-à-vis. Bien que leur discussion ne se soit écoulée dans une discrétion certaine afin de ne pas gêner leurs confrères présents avant eux, chacun avaient pu la suivre de la plus claire des manières, si bien que malgré l'effort certain qu'Aditya allouait à sa lecture, il n'avait pu en rater les grandes lignes. Quand bien même il n'était pas à l'aise avec le fait que l'on parle ainsi d'une personne qu'il appréciait, il tint sa langue, sachant qu'il n'y avait là aucun combat à mener. Ou tout du moins, pour l'instant.

Une nouvelle fois, il s'enquit de prendre une bouchée de son fruit, écho sourd au froissement des pages de son carnet. Son esprit s'échauffait sur toutes les possibilités qu'il représentait, en étant ainsi pourvu de toutes les retranscriptions de ses recherches. Bien qu'elles n'étaient destinées qu'à la création de prothèses pouvant servir au village et à ses blessés, peut-être y trouverait-il des pistes qui amèneraient ses pensées sur une ébauche de solution.

« Peut-être vaudrait-il mieux laisser cela se faire. »

Le regard outré du médecin fut si bruyant que même le blond put en deviner l'existence, même sans jeter un regard au-travers de ses mèches d'or.

« Sais-tu même qui elle est ? Je ne pourrais me résoudre à la laisser mourir, quand bien même elle n'aurait pas la réputation qui la précède. Nous nous sommes engagés à sauver des vies, et non pas les laisser dépérir. , souffla-t-il dans un murmure qui ne manqua pourtant par de retranscrire son indignation.
Tout le monde connait les faits d'arme d'Hayame Atsumi, mais elle n'est pas la seule ninja que compte ce village. La relève est déjà là, et face à un mal qu'on ne sait soigner, nos efforts seraient tout aussi bien répartis à d'autres blessés qui en ont besoin., glissa-t-il avec une œillade timide au seul Héros de Mizu qui trônait dans la pièce.
Tu as une certaine audace de parler ainsi d'elle comme si sa vie n'avait aucune valeur, Mitsuhide. », lâcha Aditya sans même lever les yeux vers lui. « Je me demande si tu apprécierais que l'on ait les mêmes propos à ton sujet si tu étais toi aussi à l'orée de ton lit de mort. »

L'intéressé adressa un regard outré au blond qui refusait toujours de le gratifier d'un regard. Lorsque sa voix s'éleva à nouveau dans l'espace, elle fut dépourvue de la discrétion du murmure, puisque désormais, le calme semblait s'être absout.

« Il y a une différence entre laisser mourir quelqu'un et admettre que cela est en dehors de notre champ de compétences.
Alors quoi ? Tu vas l'abandonner à son sort parce que le mal dont elle souffre ne t'a jamais été appris dans les livres ? »

Aditya releva son regard éthéré vers l'orée de la porte, surpris par cette voix qu'il ne connaissait que trop bien. Une Shimazu et confrère de confiance qui l'avait épaulée lors de sa première opération le soir du coup d'État, aux côtés de celui qui était désormais son mentor, si toutefois Ōgai tenait encore ce titre à ses yeux au profit de celui d'un ami. Il avait eu l'occasion de travailler à nouveau à ses côtés ces derniers mois, et chaque fois, il n'en gardait que le souvenir de son sang-froid aussi imperturbable que sa sollicitude envers les malades. Une qualité qu'il respectait profondément, mais qui ne se montrait que rarement sans la franche dureté de ses propos.

« Tu te joins au débat, Osamu ?, questionna Ōgai sur un ton ironique.
Cela te surprendrais ? »

Il laissa s'échapper un rire bref, mais franc, avant de retourner à ses occupations mentales, se gardant bien de prendre part à un tel échauffement d'esprit alors que cette pièce n'avait qu'un but : apaiser leurs corps. Finalement, Aditya releva un regard vers la jeune femme qui les avaient rejoint et qui traversait désormais la pièce pour s'emparer de quelques mets laissés à leur disposition, après avoir accordé un coup d’œil aux duo devenu muet... bien que cela ne dura pas.

« Que ferais-tu à sa place ? De beaux discours ne vont pas la sauver.
Tu sais que je suis fidèle à la loi de la vie, Mitsuhide. Je trouverai un moyen, tout simplement., déclara-t-elle en se servant une tasse de thé encore fumant.
Je n'ai aucune envie d'abandonner son cas, tu le sais bien. Mais quand bien même j'aimerai trouver une solution, je n'en vois ni le début ni la fin. En théorie, il faudrait remplacer entièrement les cellules touchées ou toutes les effacer en même temps ; en pratique, cela relève du miracle, d'autant plus lorsque celles-ci vieillissent au fur et à mesure des soins pour les endiguer. »

Aditya referma son carnet dans un tintement qui se voulut profondément discret et entrepris de le déposer sur la table en bois à ses côtés avec la même délicatesse. Son attention vint pour la première fois s'attacher sur les traits de Sôzô, l'homme qui était actuellement en charge du cas de la blonde.

« Si tu crains de ne pas trouver de solution, confie-la-moi. »

Ses mots semblaient avoir surpris son vis-à-vis, qui ne sut quoi dire au premier abord. Osamu, qui s'était adossée à ce qui leur servait de comptoir, croisa ses bras sur son torse, son breuvage encore chaud tenu entre ses fins doigts. Cette fois-ci, ce fut à Ōgai de rebondir sur les paroles d'Aditya, sur un ton dépourvu de jugement ; au contraire, il était teinté d'une confiance entretenue par les deux hommes, bien que perlé d'un voile de doute.

« Tu sais comment la soigner ?
Non, pas encore., avoua-t-il.
Mais tu as une idée, n'est-ce pas ? »

L'ascèse se redressa du siège où il était demeuré depuis son arrivée et planta son regard dans celui de la jeune femme, puis dans celui de Sôzô ; assuré, mais sans être présomptueux.

« Rien n'est encore sûr, je ne voudrais pas lui donner de faux espoirs. Cependant, les dons naturels de Sôzô sont assez précieux pour qu'ils soient refusés à d'autres malades et sont loin d'être exclusivement demandés pour le cas d'Atsumi. Alors si tu souhaites laisser le fardeau de sa guérison, je peux m'en charger pour toi.
Écoute... », sa main glissa dans sa nuque, palpant les muscles endoloris sous ses doigts alors qu'il délaissait un soupir. « Tant que tu es sûr que ça ne te posera pas de problème, je ne vois pas de raisons à m'y opposer. Si tu as une piste, il vaut mieux que tu la suives. J'aimerai simplement lui annoncer moi-même. C'est quelqu'un de bien.
Bien sûr. », son regard glissa sur les traits d'Osamu. « J'aurai besoin de ton aide. »

Un seul sourire lui répondit avant qu’il ne soit plongé dans le verre qu’elle tenait, traçant un accord tacite.


[…]


Plusieurs jours plus tard, la silhouette d’Aditya se tint au sein de ce même couloir, ses paumes afférées à lier ensemble ses mèches d’or sous l’égide d’un anneau de tissu. Celles-ci glissèrent de ses doigts une fois retenues, effleurant ses omoplates de leur poids avant qu’il ne s’approche de la chambre où demeurait encore Atsumi ; et alors que sa main frappait quelques coups légers contre le bois, il réalisa combien de temps s’était écoulé depuis leur dernière rencontre. Bien trop de temps. Le cliquetis de la serrure fit écho à la réponse faible qu’il entendit, résonnant au creux de cette allée vide en précédant son entrée à l’intérieur. Et avec la même délicatesse, il la referma derrière son passage afin de ne pas déranger plus la jeune femme que sa présence ne le faisait déjà.

Son regard s’éternisa sur ses traits que la fatigue s’était résignée à épargner, barrés de divers appareils que leur médecine encore précaire avait pu développer au fil des âges. L’ascèse était loin d’ignorer la crise qui s’était épris d’elle quelques heures plus tôt, alors que l’aurore n’avait pas encore percé la couche brumeuse qui berçait le village. Elle marquait encore la jeune femme, d’une certaine manière. Ses cheveux blonds s’étaient légèrement ternis, les cernes sous ses yeux devenaient plus visibles qu’à l’accoutumée. Pourtant, elle demeurait fière, courageuse. Aditya la traiterait comme telle.

« Je suis content de te voir, Atsumi. », glissa-t-il sur un ton chaleureux en approchant un tabouret de bois de son lit.

Sa main vint reposer sur l’un de ses poignets, entourant méticuleusement la peau fine qui recouvrait ses veines avec la pulpe de ses doigts. Les pulsations de son cœur lui parvinrent petit à petit, peut-être moins férocement qu’ils n’auraient dû. Peut-être ne s’était-elle simplement pas défaite de cette habitude à dissimuler sa présence.

« As-tu encore des douleurs ? »

Il était évident qu’il faisait référence à sa dernière crise. Dans l’attente de sa réponse, l’ascèse termina de décompter son pouls. Au lieu de cela, sa main migra sur son abdomen en se parant d’une lueur bleutée, si forte qu’il semblait qu’un orbe blanc ne se soit formée au creux de ses doigts et ne se soit fondue dans l’organisme de la jeune femme.

« Navré de ne pas t’avoir rendu visite plus tôt. Je ne voulais pas me présenter à toi avec les promesses vaines de te soigner sans avoir ne serait-ce qu’une idée de comment le faire. », avoua-t-il à demi-mot. « Peut-être aurais-tu tout de même préféré ma compagnie à celle de ces murs. »


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Hayame Atsumi
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Mar 7 Jan 2020 - 19:36
Le jeune homme était une bonne connaissance d'Atsumi, et sa présence en ces lieux vides de figures familières avait forcément quelque chose de rassurant. Elle n'était pas en colère après lui. Même si ce dernier avait connaissance de sa présence ici, il avait certainement bien du travail. De plus, que dire à une camarade qui s'apprête à trouver la mort ? Difficile d'affronter certains regards, parfois. Atsumi n'était vraisemblablement pas une patiente lambda aux yeux de l'irounin, et elle pouvait facilement comprendre qu'Aditya pouvait douter sur l'approche à avoir.

Elle garda donc un visage souriant pendant un long moment après son entrée. Si Atsumi avait du bousculer ses habitudes de vie ces derniers temps, il fallait lui reconnaitre qu'elle abordait toujours une attitude aussi sereine et apaisante que d'habitude. Son aura était à peine perceptible, comme si il se fondait dans la masse des différentes énergies qui circulaient en permanence.

La jeune femme se laissa donc faire, bien que surprise que les gestes prodigués à son attention soient professionnels et non amicaux. Il était également là pour une consultation ? A moins que …

« J'ai encore l'intégralité de l'appareil respiratoire irrité, mais les infirmières m'ont dit que je m'en sortais bien ... ».

Une fois de plus, elle se laissa faire sans rien dire lorsqu'Aditya poursuivit son analyse. Il fallait dire qu'à présent, il s'agissait d'avantage d'une routine que d'un véritable examen hors du commun. Ceci étant fait, le médecin se confondit en excuses pour son absence. Atsumi agita simplement la tête de gauche à droite avec un petit rire.

« Voyons, tu n'as pas à t'en vouloir. Je comprends tout à fait ce que tu ressens. »

La phrase du moine avait par ailleurs fortement attisé la curiosité de la blonde.

« Néanmoins … si tu es présent … J'en déduis donc que tu as quelque chose qui ressemblerait à une solution ? »

Cela était plus fort qu'elle. Les dernières semaines avaient été si moroses, si sinistres, sans espoir, qu'elle était prête à saisir le moindre soupçon de lumière, peu importe d'où il jaillissait. Dissimuler ses émotions ne signifiait en aucun cas ne rien ressentir, trop peu de personnes faisaient la confusion. Si l'espionne semblait accueillir toutes ces mauvaises nouvelles avec calme et résignation, elle était bel et bien abattue à l'idée de laisser derrière elle une vie en plein essor. A peine avait-elle eu le temps d'éclore que le ciel souhaitait déjà l'enlever à ce monde ...

« Sôzô m'avait prévenue qu'une autre personne allait se pencher sur mon cas, mais je ne m'attendais pas à te voir prendre sa place. » Elle soupira un instant, définitivement gênée par l'appareillage qui obstruait son visage.

« Dans ce cas, je t'écoute. » dit-elle simplement, en plongeant ses yeux bleus dans ceux de l'irounin.



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Aditya
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Lun 20 Jan 2020 - 14:33
L’ascèse accorda une œillade à la blonde lorsqu’elle lui accorda quelques mots pour l’excuser d’un comportement dont il n’avait, à ses yeux, rien à avoir honte. Un frêle sourire prit place sur son visage, plus effacé que véritablement présent alors qu’il demeurait concentré sur sa tâche, ses doigts maintenus sur son abdomen duquel irradiait une faible lueur blanchâtre. Ses sourcils se froncèrent avec légèreté ; il pouvait percevoir tout l’état interne de la jeune femme grâce à ces connaissances que lui apportait son chakra, et il était indéniable que le mal qui la rongeait demeurait encore présent, peut-être plus répandu que Sôzô ne lui avait laissé croire. Au bout de quelques instants, alors que seule la voix d’Atsumi faisait écho au silence de la pièce, l’aura s’évapora des contours de sa paume tandis qu’il la laissait reposer mollement sur les draps. D’un coup d’œil en sa direction et le sourcil légèrement relevé, il avisa sa gorge, dont elle se plaignait des douleurs évidentes liées à la maladie.

Les traits de son visage s’apaisèrent au fil de ses mots, pour retrouver le calme sempiternel qui y trônait à son habitude. Lorsqu’il distingua l’éclat d’un espoir assourdit au cœur de ses yeux, il ne put que ressentir une certaine peine à cet égard ; il avait bien fait, de patienter, d’être certain de pouvoir lui venir en aide. La décevoir alors qu’elle lui accordait une telle œillade n’aurait pas pu être une chose que le blond aurait pu envisager, d’une quelconque façon.

« En effet. », il marqua un temps d’arrêt volontaire avant de reprendre. « Je pensais que voir un visage familier pourrait être plus agréable, sans compter du fait que la plupart de mes pairs avaient du mal à déceler une solution à ton état, pour ne rien te cacher. »

Un sourire amical reprit place sur son visage au crépuscule de ses paroles, amenant avec lui les réponses aux questions que la blonde ne cessait sûrement de se poser depuis son entrée à l’hôpital ; si la conjecture d’Aditya ne restait que ce qu’elle était – une hypothèse – il était convaincu qu’elle détenait ne serait-ce qu’une ferme chance de réussite, le reste étant alloué au hasard.

« Après avoir discuté avec une de mes comparses au sujet de tes dons pour le moins... acides, elle m'a partagé une information que j'aimerai que tu me confirmes. Apparemment, il semblerait que tout utilisateur du Futton soit indemnisé des répercussions de son pouvoir, étant donné qu'il prend naissance en son corps et son chakra ; et comme tu le sais, le système acheminant ton flux dans ton organisme est intimement lié à tes organes vitaux et autres composants physiologiques. Pour ainsi dire, ton chakra et ton corps sont interdépendants l'un de l'autre. »

L'ascèse ramena ses paumes jointes l'une contre l'autre en laissant ses coudes reposer sur l'orée de ses genoux. Délaissant un soupir, il tâcha de poursuivre.

« Là où je veux en venir, c'est que la source de maladie, si elle a été en partie créée par ton corps, est également une variation due à la Résonance. De fait, elle détient une signature différente de la tienne, mutée ; c'est pour cela qu'on la décèle aisément par nos méthodes médicales, comme je l'ai fait plus tôt – l’orbe lumineuse. En théorie, ton Futton devrait agresser ces parties néfastes, puisqu’elles seront considérées comme des corps étrangers, et, à terme, les détruire. »

Il laissa un instant de flottement s'installer entre eux après ses dernières explications, afin de s'assurer que la demoiselle avait considéré les tenants et les aboutissants de cette solution. Une fois qu'il supposa que cela était le cas, il reprit, afin d'ajouter quelques précisions mineures.

« Néanmoins, comme il demeurera toujours des traces de celles-ci dans ton sang, il nous faudra faire appel à une autre Irounin avec qui j'ai eu la chance de travailler ; une Shimazu, Osamu, qui détient le rare don de pouvoir contrôler le sang à l'intérieur d'un corps qui n'est pas le sien. Si vous combiniez vos efforts, vous parviendriez, en théorie, à effacer les traces rémanentes de ta maladie. Je resterai à tes côtés tout le long du processus – qui, évidemment, ne se ferait pas en une seule fois pour que ton corps puisse le supporter – afin de m’assurer que les parties saines ne soient pas touchées et que tes fonctions vitales se maintiennent. », déclara-t-il en l’avisant d’un regard. « Qu’en penses-tu ? »




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Hayame Atsumi
Hayame Atsumi

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Sam 25 Jan 2020 - 12:26
Atsumi écouta bien attentivement les paroles d'Aditya, regardant son interlocuteur avec intensité. Après avoir révélé un certain nombre d'informations, il fit une pause, laissant le temps à la blonde d'assimiler tout ce qui venait d'être dit.

« Non, ma vapeur ne me fait rien … mais j'ai du mal à comprendre ce que tu veux dire … ? »

L'irounin continua, son discours éclairant de plus en plus la demoiselle, qui perdit son regard dans le vide, signe d'une intense réflexion. Elle était capable de se débarrasser elle même de cette satanée maladie ? La solution était là depuis le début ? Oui. Ca pourrait peut-être marcher. Son don faisait d'elle une personne capable de combattre elle même le mal qui la rongeait. C'était exceptionnel et apeurant à la fois.

L'Hayashin compléta sa théorie, en précisant qu'un autre irou-nin allait être nécessaire pour cette manipulation sur le long terme, quelque chose à voir avec le sang … Tout cela dépassait quelque peu les maigres connaissances de la blonde en la matière, qui se contenta de hocher la tête d'un air absent. Enfin, vint le moment où le jeune homme lui demanda son avis.

« Ce que j'en pense … ? C'est … inattendu, inespéré même. » Son regard se redirigea à nouveau vers l'irou. « J'en pense qu'il n'y a rien à perdre. Si je dois partir de toute façon, autant essayer. C'est assez difficile à expliquer, mais pour produire de la vapeur, je dois au préalable faire bouillir mon chakra. Je suppose qu'il est tout à fait envisageable de procéder à ce genre de manipulations localement. Mais je suis sûre que tout cela va exiger une précision redoutable de ma part, pas vrai ? On n'y arrivera pas en un jour ... Et je suis tellement faible que mon chakra s'épuise vite … Il va falloir être patient. »

Toujours aussi digne et professionnelle dans la maladie, la blonde citait point par point avec sérieux, s’imprégnant déjà entièrement du plan de l'Hayashin. Néanmoins, son air grave s'évapora un instant.

« Aditya ? Merci. Tu dois certainement considérer que tu ne fais que ton travail, mais j'apprécie énormément ton travail de recherche. Peu importe les résultats, sache que tu as ma reconnaissance. »

Souriant du mieux qu'elle pu encore une fois malgré les appareils, elle attrapa la main du capitaine du Kenpei, laissant reposer ses paumes sur le dessus des siennes. Malgré son état, la chaleur de sa peau que lui conférait son chakra héréditaire était tout à fait palpable. Il s'agissait là d'un signe, le signe que l'espionne n'avait pas encore abandonné.

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Aditya
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Mar 10 Mar 2020 - 14:07
Peu à peu, l’appréhension légère qui s’était emparée des traits de l’ascèse s’évapora, laissant l’éternelle douceur qu’il n’offrait qu’à ses plus proches comparses prendre la relève. Un chaleureux sourire se peigna sur ses lèvres lorsqu’il entendit les remerciements de la jeune femme répandre leur écho dans la pièce tout entière, mais qui, à n’en fut pas douter, étaient empreint de la même sincérité que l’enfant du bois s’entichait à prouver à tout un chacun. Lui venir en aide était, pour lui, plus qu’un simple devoir en tant que médecin ou en tant que connaissance : c’était là une preuve d’amitié et de redevance, pour celle qui lui avait tendu la main à l’aurore du printemps. C’était une chose qui berçait son être depuis toujours, de se montrer présent pour ceux qui requérait sa venue ou son concours. Alors, dans un souffle teinté de l’affection légère qui se tissait entre ces deux âmes, le blond lui répondit avec la même ferveur qu’elle avait montré en couvrant sa paume de la chaleur de ses deux mains jointes.

« Je t’en prie. Je n’aurais pas pu te laisser ainsi en sachant pouvoir être utile d’une quelconque manière. », murmura-t-il en laissant les doigts de sa seconde main peindre leurs contours sur les poings de l’Hayame. « Il ne me faudra que quelques heures pour préparer le nécessaire, peut-être une journée tout au plus, mais je préférerais commencer cette procédure demain dans le début d’après-midi, afin de m’assurer que ton corps est assez reposé. Nous pourrions faire appel à un maître du Genjutsu pour annihiler la douleur de ton esprit si tu le désires. Elle sera toujours là, indubitablement, mais elle te permettra de dormir en paix. Nous pouvons également nous relayer pour diffuser notre chakra médical dans un sceau sur ta poitrine durant la nuit, afin que cette maladie ne te réveille pas de force comme hier. Une ferme nuit de repos fais parfois plus de miracles que certains remèdes, et tu en aurais bien besoin. », ajouta-t-il sur un ton plus assuré et avenant. Une pointe d’humour avait percé ses dernières paroles avant qu’il ne reprenne, pour quelques mots seulement. « Quant à ton chakra lors de ces essais, ne t’en fais pas. L’une des aptitudes que nous partageons, nous autres Irounin, est de pouvoir offrir notre chakra aux autres. Comme tu l’as dit, cela ne se fera pas en une journée, mais les séances pourront durer plus longtemps grâce à cela, si tu peux l’endurer. »

D'un geste bercé par le calme et l'habitude, Aditya délaissa la douce caresse d'Atsumi derrière lui tandis qu'il se redressait des draps où il était demeuré assis depuis lors. Pour autant, son regard ne quitta pas sa silhouette, peut-être seulement l'espace d'une seconde, et prouvait avec toujours autant de ferveur la sincère sollicitude qui trônait au cœur de ces iris azurs et solitaires.

« Je vais te laisser pour le moment. Je serai de retour quelques fois dans la journée pour te prévenir lorsque tout sera prêt, et peut-être avant que tu ne t'endormes si tu désires prendre les mesures que je t'ai proposé. Quoi qu'il en soit, sache que je ne suis pas loin si tu as besoin de moi. », finit-il avec un sourire.

Dans l'ombre languissante des rayons du soleil, maigres présences qui, à peine, filtraient au-travers des carreaux de verre, sa silhouette rejoignit le flanc de la porte sylvestre qui mènerait ses pas hors de cet antre de repos ; non sans accorder une dernière attention aux réponses de la jeune femme si toutefois elle en formulait quelques-unes.


[...]


Le lendemain, en début d'après-midi...

Une nouvelle fois, le poing refermé d'Aditya vint frapper de trois coups la surface boisée qui le mènerait à l'intérieur de la chambre de l'Hayame avant de pénétrer à l'intérieur, accompagné de l'un de ses comparses. Il laissa derrière lui une chaise de bois, dont les mécanismes articulés – bien qu’assez archaïques – permettraient d’acheminer la jeune femme vers une seconde pièce où se déroulerait les premiers essais voués à sa guérison. Alors, dès l’instant où l’ascèse prit sa main pour la guider sur ce nouveau siège de fortune et qu’il ne se soit assuré de son confort, aussi présent puisse-t-il être, il ne perdit pas de temps.

Quelques minutes plus tard, ces deux âmes se trouvaient dans une énième pièce du bâtiment où Ōgai présidait, seul, dans l’attente de l’Irounin et de sa patiente, si l’on put l’appeler ainsi.

« Osamu ne sera pas avec nous aujourd’hui, étant donné que l’on ne se focalisera pas sur les résidus dans ton sang durant les premiers temps. Ōgai et moi nous assurerons que ton corps puisse supporter cet essai. », glissa-t-il alors qu’il stoppait cette chaise roulante au centre de la pièce et offrait son bras à la blonde pour qu’elle rejoigne, avec son aide, un autre exemplaire largement plus confortable et légèrement incliné. « Aujourd’hui, ce sera toi qui déterminera la limite à laquelle nous devront nous arrêter. Nous t’offrirons une partie de notre chakra pour les prochaines, mais cela ne sert à rien de commencer aussi sévèrement ; il faut avant tout savoir jusqu’où tu peux aller, et surtout, comment ton corps réagis sans trop le brusquer. », termina-t-il alors qu’il l’aidait à s’installer sur cette nouvelle assise.

Aditya s’accroupit légèrement face à elle en entourant sa main de ses doigts rassurants, tant pour servir de vecteur pour son chakra médical si cela était nécessaire que par preuve de soutient de sa part.

« Si jamais tu te sens prête, tu peux commencer. »


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Hayame Atsumi
Hayame Atsumi

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Lun 16 Mar 2020 - 19:26
« Je suis habituée à la douleur désormais, je crois que ça ira ... »

La remarque de l'irou nin sur de potentielles nuits sans interruptions lui fit lever un sourcil. D'un côté, l'offre était alléchante, de l'autre, avoir quelqu'un à son chevet sans interruption pour constamment l'assister lui laisserait une sensation désagréable dans la conscience. En plus de la maladie, Atsumi devait se résoudre à être dépendante des soigneurs et du personnel hospitalier qui l'accompagnaient chaque jours dans son calvaire.

« Nous … Nous verrons ça en temps voulu, merci pour tout Aditya. »

C'était beaucoup d'informations à la fois, si bien que lorsque le jeune homme disparu derrière la porte fermée de sa chambre, elle ne mit pas longtemps à sombrer dans un sommeil lourd et peu agité qui l'emmena jusqu'à une heure bien avancée de la nuit.

Elle avait du temps à tuer avant de se rendormir à nouveau, si bien qu'elle décida de prendre un peu d'avance sur les exercices de l'après midi. Très doucement, et avec des efforts modérés, elle malaxa un peu de chakra, histoire de réhabituer un peu son corps à le faire. Le chakra futton était un peu plus complexe à générer que du chakra classique, aussi elle s'y attela pendant un bon moment, avant de tomber d'épuisement quelques temps après. Elle resta dans les vapes pendant un certain temps, mais elle était contente d'avoir pu prendre suffisamment de repos, si bien que les coups frappés sur la porte la tiraient presque d'un nouvel endormissement.

Elle se redressa tant bien que mal en faisant de son mieux pour ne pas paraître trop fatiguée ou terrifiée de ce qui l'attendait. Elle salua le duo poliment, se retenant de faire une grimace a la vue de la chaise roulante. Elle pouvait se déplacer plutôt bien sans l'instrument, mais trop lentement pour réellement s'en passer.

D'une oreille attentive, Atsumi écouta l'ensemble des instructions du jeune homme, tout en balayant la pièce du regard d'un air inquiet. Si bien que lorsqu'il s'agenouilla à ses côtés en lui prenant la main, l'espionne eu un léger sursaut.

« B … Bien. Je vais à présent malaxer mon chakra. » De sa main libre, elle forma un seul mudra, et ferma les yeux pour se concentrer. Comme d'habitude, l'énergie affluait, et subissait petit à petit une transformation, mais au lieu de l'expulser de son corps sous forme gazeuse, la blonde accumulait le chakra dans son corps.

« Je vais diffuser mon chakra acidifié dans mon bras droit » le bras du côté où se trouvait l'Hayashin .

Ainsi, elle dirigea le flux de chakra dans son bras. Il se passa un instant, puis Atsumi poussa un hurlement. Bref, mais déchirant, repliant violemment son bras sur elle même, en se tordant de douleur.

Le mal en elle. Il était partout. Et partout où il était rongé par son chakra, elle était rongée aussi. C'était comme brûler de l’intérieur. C'était donc ça qu'elle infligeait à ses victimes ? Seigneur.

A nouveau, il se passa un instant. Quelques secondes, une minute peut-être ? Instant pendant lequel Atsumi haletait, repliée sur elle même. Puis, petit à petit, la douleur se retira, et son bras ne la fit plus souffrir d'avantage. Se redressant petit à petit, elle plongea son regard humide dans celui de l'irou.

« Bonne nouvelle, je crois pouvoir ronger de l’intérieur ce mal qui est en moi. Mauvaise nouvelle, je n'ai jamais autant souffert de toute ma vie, et je n'ai maintenu mon chakra qu'une poignée de secondes ... ». Ce qui signifiait en plus que le mal n'avait pas entièrement disparu de son bras, impossible.

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Aditya
Aditya

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Ven 19 Juin 2020 - 18:06
Voir la douleur s’installer sur le visage de la jeune femme serra le cœur d’Aditya l’espace d’un instant, plus encore, lorsque son hurlement perça le silence autrefois paisible de cette chambre d’hôpital. Les traits de son visage se muèrent en la plus pure des sollicitudes, tandis que les doigts de sa main, eux, formaient les premiers mudrās qui mèneraient à l’arriver d’un flux salvateur, ne visant qu’à apaiser la souffrance qui courrait dans les veines de l’Hayame. Et pendant une seconde, il eût l’effet escompté, chassant les réminiscences de cet essai qui lui avait déjà tant coûté. Pourtant, tous deux savaient ce que cela sous-entendait, ce qui attendait, peut-être, la blonde au-delà de cet effort surhumain.

La vie, telle qu’elle l’avait connue, loin des murs blancs et des journées passées dans l’indolence. Celle qui laisserait son corps voguer au fil de la nuit, celle où ses yeux retrouveraient les douces lueurs de la lune lors d’une mission secrète pour leur chère Ombre.

Alors, doucement, sa main se resserra sur sa paume, trahissant toute l’amitié qu’il lui portait ; et avec elle se tenait cette lumière d’émeraude qui, graduellement, gravissait sa peau couverte d’une sueur temporaire.

« Ne t’en fais pas pour ça. », glissa-t-il sur un ton chaleureux, dans un regard entendu.

Il tâcherait d’effacer sa peine, ne serait-ce que quelques instants avant que la douleur ne frappe à nouveau. Déjà, l’Hayame semblait avoir repris sa détermination d’antan ; car au creux de sa paume, il pouvait sentir la chaleur qui animait ses muscles. Elle n’abandonnerait pas, il en était conscient.


[…]


« Osamu, tu vas pouvoir t’occuper de son sang bientôt. », murmura l’ascèse, vraisemblablement en proie à la fatigue.

D’un simple hochement de tête, la jeune femme acquiesça et se rapprocha de la blonde. Avec une méticulosité digne de sa réputation d'Irounin, elle tâcha d’inciser le bras de leur patiente, assez profondément pour toucher une artère principale, mais néanmoins avec une certaine sensibilité pour ne pas trop l’entacher.

« Je conseille à la plupart de mes patients ne pas regarder, mais si le cœur vous en dit, je ne peux pas vous en empêcher. », dit-elle avec un sourire rassurant.

Et tout aussi simplement, au fil des mouvements de ses paumes se liant parfois sous le joug de signes incantatoires, le sang de l'Hayame trouva place autour d'elle, telle une danse sanguine dont seules les arcanes de son clan détenaient le secret. Se recouvrant ainsi peu à peu de la même lueur qui parait les mains d'Aditya, un œil éclairé pourrait sans nul doute en conclure que le procédé de guérison de ce flux si cher à la vie d'un être était en marche, au crépuscule d'une rémission.

Car déjà, la chaleur qui bordait les membres d'Atsumi se faisait plus faible, au rythme des soins prodigués par le blond. Déjà, elle pouvait sentir que son corps se remettait de cet effort tumultueux, au fur et à mesure des séances qui égayaient parfois les journées de leurs progrès.

Bientôt, l'aube d'un jour nouveau longerait le visage de la jeune femme, exemptée de tout tourment.


[…]


Au cœur de cette même chambre à coucher qui avaient vu naître les prémisses d'une telle entreprise, deux silhouettes demeuraient immobiles ; l'une, endormie sous les rayons solaires qui filtraient au travers de cette fenêtre de bois, l'autre, veillant la première d'un regard bordé de bienveillance. Il observait sa poitrine se soulever à rythme régulier, loin du mal qui l'empêchait de réaliser une telle chose, plusieurs semaines plus tôt ; et ses doigts, entourant son poignet frêle dans une délicate caresse, ne pouvaient être que le témoin du retour d'un rythme apaisé, puissant.

Paré d'un sourire, ce visage bercé des mèches d'or laissa son regard planer sur l'air endormi de la demoiselle, dont l'éveil ne semblait pas tarder à ouvrir les paupières sur ce monde gorgé d'opportunités nouvelles et retrouvées.

Alors, lorsqu'elles devinrent frémissantes, jusqu'à laisser entrevoir le bleu qui se cachait sous ce linceul de sommeil, la voix de l'ascèse se dit calme, aussi légère qu'un murmure, pour l’accueillir.

« Te revoilà »



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