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Un clair-obscur sous le pinacle résinifère [part. II]

Shinrin Shinpachi
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Lun 23 Déc 2019 - 19:02
Un clair-obscur sous le pinacle résinifère [part. II] Qwym
Hi no kuni | Forêt proche du village de Gokakuyama


« Qui es-tu pour posséder Amenonuhoko, la lance du pont céleste ? »

L’écureuil le questionnait en continuant de brandir son aiguille de pin longue et filiforme, comme si lui-même était armé d’une lance. Devant le silence de Shinpachi, il commença à augmenter la pression sur sa gorge, perçant lentement la barrière de l’épiderme. Le chapardeur était toujours assis et adossé contre un vieux séquoia, acculé par la bataille qu’il venait de livrer contre les trois chiens, et en même temps sauf grâce à l’intervention de ce curieux écureuil-ninja.

Tout se bousculait dans son esprit. Brumeuses, ses idées déferlaient pourtant une tempête de questions et de doutes. Lui qui incarnait la force des Shinrin, comment avait-il pu se laisser fragiliser à ce point par trois clébards et finir, en l’état, menacé par un médiocre écureuil ? Il serra le poing de rage, en assénant à son assaillant un regard fauve. Il n’était pas du genre à se laisser faire. Sa main gauche vint saisir prestement l’aiguille de pin, comme pour la retenir et provoquer l’écureuil-ninja.

« Ça ne te regarde pas, le rongeur. »

L’animal ne cacha pas sa stupéfaction, et soudain la colère envahît son regard. Derechef, il effectua un saut aérien, pivota sur lui-même dans une majestueuse volte, et asséna un violent coup de pied au Shinrin qui l’envoya dans les songes. Shinpachi s’écroula au sol, terrassé par le coup, par les blessures et la fatigue. Il sombra dans l’inconnu.


- - - Quelques heures plus tard - - -


Un chatouillement sur le visage. Quelque chose de léger et de minuscule se baladant sur son visage. Il se gratta, sans parvenir à sortir de ses rêves. La petite chose, cependant, continua de le chatouiller. Peu à peu, il ouvrit les yeux, balaya sa joue du revers de sa main, sentant que son faciès était souillé de sang séché et de poussière. La nuit était tombé, donnant aux grillons l’amphithéâtre orchestral d’où ils pouvaient exprimer leur art en vibrant au rythme des secondes, apprêtant à la nocturne heure sa poésie sinistre.

Des insectes rampants avaient envahi son corps pour lécher son sang, et d’autres commençaient à dévorer le tissu de sa tunique. En se redressant, il sentît sa cheville douloureuse, presque paralysée, et surtout son bras encore ouvert où les mouches tentaient de pondre des œufs. Il chassa toutes ces petites bêtes en basculant sur son postérieur, et en se blottissant contre le séquoia où il avait élu domicile sans le vouloir. Il se remémora ses derniers instants avant d’avoir été assommé. Il se souvint de l’écureuil-ninja et de son bandeau, de son œil caché et de son aiguille de pin anormale. Il se souvint également des trois chiens et, tout à coup, il eut comme une crainte instinctive et se campa sur sa position, prêt à se battre. Alors que la mémoire lui revenait, il se rappela que l’écureuil les avait fait fuir. Apaisé, il tira de sa sacoche une petite bouteille d’alcool ainsi qu’un bandage. Il ramassa à sa droite un petit bout de bois qu’il mit dans sa bouche et qu’il commença à mordre intensément. Il calla ensuite son bras déchiqueté contre lui, puis commença à déverser l’alcool dessus. Il eut comme l’impression que ses plaies pouvaient crépiter tant cela était brûlant et douloureux. Il poussa un cri de rage et de douleur étouffé par le bout de bois qu’il mordit encore plus fort.

« Huuuuuuuunngggggg !!! »

Ses yeux se mirent automatiquement à sangloter sans qu’ils ne puissent retenir quelques perles humides coulant sur son visage, le lavant au passage. Ce n’était pourtant pas finir. Avec le bandage, il gratta dans ses plaies pour les laver et les désinfecter, écartant les potentielles pondaisons pour éviter d’être infecté. Cela lui arracha un nouveau cri étranglé. Puis il recommença l’opération, de l’alcool, jusqu’au ratissage de ses plaies. Les plaies commencèrent à saigner de nouveau, et il épongea tout cela avec le reste de son bandage. Il faillit tourner de l’œil mais s’accrocha. Il finît, une fois ses soins effectués, par enrouler son bras de ces bandages en compressant bien les plaies, puis fixa. Il renouvela l’opération avec sa cheville.

Avant de reprendre la route, il ramassa un bâton pour l’aider à se tenir debout. Dans la nuit, il ne pouvait le voir mais l’herbe était maquillée de son sang. Il commença à marcher vers le village. Sa lance avait disparu.

Il ne lui avait fallu que cinq bonnes minutes pour parcourir ce kilomètre, la veille. Mais, blessé comme il l’était, le trajet du retour prit dix fois plus de temps. L’aventurier n’avait pas ménagé sa peine et revenir tel quel dans la tanière du loup, pour ainsi dire, n’était peut-être pas la meilleure idée. Il se figura malgré tout qu’il ne lui restait pas beaucoup d’autres choix.

Le corps meurtri et la volonté vacillante, il s’avança vers la première bâtisse.
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Lun 23 Déc 2019 - 19:07
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Hi no kuni | Village de Gokakuyama


« Encore une fois, je ne sais comment vous remercier…
- Tout le plaisir, soldat Shinrin. Nous croyons au Teikoku et nous ne saurions être hostiles à votre présence pour régler les problèmes qui sévissent dans la région. Nous sommes vos obligés.
- Savez-vous où je peux trouver une des victimes de ces larcins ?
- Oh… oui, j’ai une petite idée, mais il vous faudra faire preuve de prudence. Il existe non loin de là un fermier qui possède trois chiens. Ce sont des animaux dressés pour l’attaque !
- Sans blague… »


Ainsi, la ferme où notre aventurier avait été la cible de la férocité des trois chiens sanguinaires était l’un de ses points de destination. La simple évocation de ce souvenir ranima la sanglante douleur irradiée au niveau de son avant-bras droit ainsi que de sa cheville, dont les bandages avaient été changés après une nuit de repos dans la maisonnette qui l’avait inopinément accueilli, sans même exiger de lui la moindre rançon. La bienveillance était donc leur sacerdoce, mais la méfiance demeurait pour les autres. Il avait, en fait, eu de la chance de tomber sur les bonnes personnes, la veille au soir, lorsqu’il avait atterri le corps meurtri devant cette porte du repentir.

« Nous pourrions vous guider jusqu’à lui, soldat Shinrin. Laissez-nous vous présenter à ce fermier. Les chiens ne vous feront aucun mal en notre présence.
- Cela ne me dit rien qui vaille, et pourtant je n’ai visiblement aucune autre solution pour l’heure.
- En revanche, nous devons vous prévenir : il ne faut jamais le regarder dans les yeux.
- Pour quelle raison ?
- On raconte que cela provoque sa colère. D’aucuns prétendent qu’Ozaburô – le fermier - est encore pire que ses chiens lorsqu’il est rongé par la frénésie.
- Au point de pouvoir inquiéter un teikokujin ?
- Au point… de pouvoir inquiéter toute une armée teikokujin ! »


Sans se laisser intimider par cette mise en garde, Shinpachi décida de suivre son hôte, la femme de ce dernier préférant aller travailler aux champs, au milieu des bucherons qui déambulaient en transportant d’épais rondins de bois. Ils marchèrent près d’une demi-heure, la jambe du ninja se trouvant être un formel handicap, encore affaiblie et peut-être fracturée suite aux violentes morsures qui l’avaient presque déchiqueté. En abordant la clôture qui délimitait le territoire du paysan en question, Shinpachi ne fut pas surpris de retrouver les trois fauves, aboyant à pleins poumons pour alerter de la présence d’un intrus. Par instinct et prenant les dispositions nécessaires, le geste décousu car victime de l’angoisse du Shinrin, l’aventurier empoigna une bombe fumigène. Cependant qu’il s’apprêtait à la déployer, son escorte personnelle se mit à genoux, tel un illustre dévot acceptant son sort, les chiens bavant déjà en tendant la langue comme pour préparer leurs babines au festin qui s’annonçait devant eux. Pourtant, quelque chose de surnaturel se déroula sous les yeux du Shinrin, qui jusqu’au bout s’attendît au pire des scénarios : au lieu d’un crime violent, il vit les chiens se jeter sur son guide en le léchant de tous les côtés, sautant autour de lui pour jouer et montrer leur joie de le revoir, tel trois chiots s’amusant avec leur maître.

Le ninja n’y comprenait plus rien. Il était platement ignoré par ces trois cabots qui, la veille, étaient prêts à le dévorer vivant. Comment pouvait-il seulement envisager que ces trois monstres puissent devenir ces candides cabots bien domestiqués ? Il se mordit la lèvre en jetant des yeux de rage à ces trois tueurs. L’espace d’un instant, il se crut prêt à les abattre ici-même, mais une voix retint ses pulsions meurtrières.

« Que faîtes-vous là ? »

Il tourna la tête. De l’autre côté de la clôture, à une trentaine de mètres, se tenait le paysan qu’il était venu voir ; celui-là même qui, naguère, avait ordonné à ses chiens de se jeter sur lui.

Comme pour le provoquer, il regarda droit dans les yeux. Il remarqua alors que ses orbites étaient imbibés de sang, comme si une capillaire venait de sauter dans chaque œil. Surtout, sa rétine était noire comme les ténèbres, et au-dessus, ses épaisses arcades sans sourcils lui donnaient un air particulièrement froid et vide. Sa mâchoire carrée semblait nouée, comme la plupart des muscles de son physique surnaturel ; et son crâne, chauve, scintillait sous le soleil timide. Il avait pour seuls vêtements une sorte de vieille tunique qu’on pouvait comparer à des guenilles ; et un short noir. Il marchait pieds nus, ce qui fit penser au ninja que cet homme ne devait craindre ni le piquant, ni le brûlant ; aussi sa foulée devait-elle être rustique.

« Imprudent ! Baisse les yeux où je t’assomme ! »

Le défi était trop tentant. Shinpachi se mit en garde, prêt à se battre.


Les dés font leur choix:
 
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Lun 23 Déc 2019 - 19:12
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Shinpachi fonça en bondissant au-dessus de la clôture. Le paysan imita le même mouvement de façon symétrique : d’une façon ou d’une autre, puisque le jeune homme l’avait ouvertement regardé dans les yeux, il s’était juré de lui apprendre à le craindre. Ozaburô, celui qu’on surnommait le « brise-arbre », n’était guère inquiété par le chétif physique de son antagoniste, mais il avait néanmoins dans l’idée que son opposant du jour devait receler de certains talents pour avoir autant de courage et avoir réussi à fuir ses chiens.

Ces derniers, d’ailleurs, commencèrent à se détacher du guide du Shinrin, mais aussitôt qu’ils se mirent à courir en direction de la menace, Ozaburô poussa un sifflement de mise en garde, les sommant de ne pas intervenir. Il arriva bientôt à la portée de son adversaire.

Shinpachi décocha d’abord un coup de poing direct du bras droit, visant le faciès de son antagoniste ; celui-ci, spontanément, esquiva en plongeant sur le Shinrin. Pour éviter d’être plaqué, Shinpachi réutilisa son bras de frappe en le rabattant pour prendre appui sur la nuque de son adversaire, et passa dans son dos par une soudaine impulsion. Ozaburô, derechef, se tassa sur ses jambes, puis se jeta en arrière pour bousculer celui qui croyait l’avoir de dos, mais Shinpachi parvint à l’attraper et, profitant de l’élan, faucha les appuis de son antagoniste pour le faire basculer en arrière. Le paysan tomba devant les yeux ébahis du guide, resté au loin avec les chiens. Enchaînant son action, Shinpachi fit un salto avant en sortant sa jambe droite pour asséner un coup de talon venant du ciel afin de briser son ennemi au sol, mais l’homme était plus agile que prévu. Il roula sur le côté puis, prenant appui sur ses mains, effectua un flip pour se redresser. Ils se tinrent, à quelques mètres de distance, face à face. Ozaburô chargea.

Son poing vibra près du visage du Shinrin, qui se décala pour ne pas être impacté ; dès lors, Ozaburô attrapa sa nuque en profitant de l’élan de son geste et enchaîna un puissant coup de genou au plexus. Ne s’attendant pas à une telle manœuvre, Shinpachi encaissa de plein fouet, avec presque l’impression qu’il venait d’enfoncer son diaphragme contre sa colonne vertébrale. Déstabilisé, il fut l’espace d’un court instant à la merci de son adversaire : ce dernier en profita pour lui décocher un puissant coup de poing qui l’envoya valdinguer plusieurs mètres en arrière. Après un roulé-boulé, Shinpachi se redressa et s’essuya les lèvres. Le sang commençait à perler. Ne s’attardant guère sur ce détail, il fonça vers son antagoniste qui déjà prenait une posture provoquante, ses yeux farouches toujours dardés sur le Shinrin.

Les coups se mirent à pleuvoir des deux côtés. Des frappes de jambes et de bras, mêlant genoux, pieds, poings, coudes et parfois même la tête, foisonnèrent de toute direction et de façon imprévisible. Le combat ressemblait à un spectacle pugilistique où chacun des combattants dévoilait la quintessence de son art ; mais, au fur et à mesure, Ozaburô commença à prendre le dessus. Il finît par bloquer le bras de Shinpachi puis à le faire passer au-dessus de sa tête. Se cambrant, le jeune ninja parvint à poser ses pieds au sol mais, dans cette posture précaire, il était encore une fois à la merci du fermier. Il crut bon de dégager son bras et de mettre ses bras sur son torse, trop exposé à une potentielle frappe au plexus qui pouvait s’avérer fatale ; mais Ozaburô, qui relâcha volontairement le membre, s’empara de sa tête. Plongeant par terre, il glissa ses jambes de Shinpachi en l’entraînant avec lui, si bien que le soldat se retrouva soudainement entravé. Verrouillant alors une prise au niveau de la gorge, le paysan commença à étrangler le Shinrin.

Le chapardeur commença à sentir son souffle l’abandonner. Etranglé et bloqué, il ne parvenait pas à se dégager et, perdant peu à peu conscience, il comprit qu’il n’avait d’autre solution que de recourir aux arts ninja. Après une série de mundras, il fit apparaître un clone ligneux non loin de lui qui, aussitôt, créa une lance de bois qu’il plongea en direction de la tête d’Ozaburô. Le paysan dût se dégager de sa prise et se rétablît sur ses appuis, avant de se mettre en garde. Le clone se tenait lui aussi sur ses appuis, prêt à lutter.

« Je vois. Un Shinrin, n’est-ce pas ?
- Comment… »


Le corps du paysan se mit soudain à devenir rougeoyant et une étrange fumée s’échappa de sa peau. Puis ses yeux se révulsèrent en même temps que ses muscles s’épaissirent tout à coup, avant qu’il ne charge. Le clone projeta la lance dans une triple estocade, feintant en bas pour toucher en haut mais, après avoir esquivé, Ozaburô empoigna cette dernière et la brisa en deux. Il enchaîna en brisant le clone en deux d’un coup de pied monstrueux, avant de diriger son regard vers le principal Shinpachi. Trop tard. Ce dernier avait déjà enraciné sa cheville près du sol pour l’empêcher de bouger ; cette dernière commença à le soulever pour le fracasser au sol et y parvint, seulement, la contraction des muscles du paysan était si dense que le sol sous fracassa sous son poids sans le mettre hors combat. Il arracha la racine des mains puis se remit en quête de son adversaire qui avait déjà reculé de plusieurs mètres.

« Pandemoni… »

Trop tard. Ozaburô le tenait déjà suspendu au-dessus du sol par la gorge, sa poigne se verrouillant férocement sur sa pomme d’Adam.
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Lun 23 Déc 2019 - 19:23
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Shinpachi était suspendu au-dessus du sol, sa gorge comprimée par la poigne d’Ozaburô. Force était de constater qu’il n’était pas de taille face à ce monstre du taijutsu. Malgré tout, il ne pouvait abandonner aussi facilement. Sur le bras tendu du paysan, il plaça ses jambes de sorte à mettre l’articulation du coude en tension pour la lui briser. Mais le colosse ne l’entendait pas de cette oreille et, saisissant le Shinrin de sa seconde main, il le fracassa contre le sol la tête la première.

Au loin, les chiens aboyèrent et le guide, terrorisé, observait le déchirement d’un œil médusé par l’horreur.

Shinpachi ne lâcha pas pour autant. Il continua d’agripper ce bras musclé, toujours dans l’optique de lui rompre le coude, malgré qu’un sifflement persistant résonnait à l’intérieur de son crâne, comme si sa conscience l’appelait au secours pour lui dire qu’elle disparaissait et qu’il devait veiller à ne succomber sous aucun prétexte. Il tira. Il tira de toutes ses forces avec l’espoir d’arracher cette articulation. Mais une nouvelle fois, le colosse fit danser le corps du frêle Shinrin qui se tenait à son bras comme un parasite. Il le souleva et le fracassa par terre une seconde fois, avant de l’y maintenir.

Le sang gicla de son bouche, de son nez, et de la fracture ouverte sur le côté gauche de son front. Il était épuisé, mais sa volonté ne pouvait faiblir. Ozaburô fut étonné de voir que le jeune homme tenait encore. Il leva son poing et commença à le faire tomber sur son faciès pour le détruire.

« Pas encore ! RRrrruuuuaaah ! »

Le Shinrin fit apparaître un bouclier de bois sur son bras droit qu’il mit en opposition contre le poing destructeur du paysan. Le poing s’écrasa dans la protection et la fissura ; ceci dit, Shinpachi en profita pour enchaîner. Après une série de mundras qu’il effectua sous le bouclier qui se faisait massacrer par les frappes lourdes de son opposant, il fit pousser sous lui-même des racines qui vinrent ceinturer le colosse. Une par une, les émanations résineuses se levèrent pour venir le ligoter de toutes parts et le broyer lentement, en le laissant suffoquer. Un petit « hurg » s’échappa de la gorge du monstre aux yeux révulsés et à la peau brûlante, mais cela ne l’arrêta pas. Il arracha les racines les unes après les autres. Mais plus il en enlevait, plus d’autres revenaient. C’était une lutte interminable. Un tonneau des danaïdes. Le sol, fustigé par les pousses mokuton et par les arrachés du guerrier, semblait gicler sur place. Shinpachi s’écarta. Il posa ses mains au sol pour continuer d’alimenter sa technique. Au fur et à mesure, Ozaburô semblait succomber.

« Huuuuuuuuaaaaarrrr ! »

Un rugissement. C’est bel et bien un puissant rugissement qui précéda une incroyable envolée d’Ozaburô, qui retomba du ciel directement sur son adversaire en l’écrasant. Shinpachi n’eut pas le temps de saisir. Son corps fut comme broyé par une comète.

Figé, le guide regarda cette scène dantesque. Un dieu venait de tomber du ciel sur un homme. Ce que venait de recevoir Shinpachi, c’était une punition céleste.

Le chapardeur fut ainsi vaincu. Les racines retournèrent à la terre tandis que plus loin, le corps du jeune homme gisait sous un colosse éprouvé par la bataille. Le corps du paysan se mit à redevenir normal. Son crâne ruisselant et innervé de toutes parts brillait comme une couronne déposée sur sa tête. Sa silhouette était parcourue des entailles qu’avaient laissés les techniques du Shinrin sur lui. Il ne s’était pas attendu à un affrontement aussi épique, surtout avec un aussi jeune homme. Décidément, les soldats du Teikoku avaient de la trempe, et il avait bien fait de se méfier de celui-là en sortant le grand jeu.

Chancelant, il attrapa la tête du gisant et le traîna jusqu’à chez lui. Les chiens poussèrent des aboiements et suivirent leur maître. Le guide, toujours aussi ébahi, décida de suivre.

Terrassé, Shinpachi était désormais à la merci de son ennemi.

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Lun 23 Déc 2019 - 19:27
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D’un seul coup, il se réveilla, le corps humide et froid à cause du seau d’eau qu’on venait de lui renverser dessus. Une énorme balafre trônait au-dessus de son œil droit, et son corps était recouvert de bandages. Sa fatigue, pourtant, n’était pas que physique. Moralement et nerveusement, il avait la sensation d’être anéanti. Lui qui s’était juré de ne plus jamais ployer, il se trouvait être à présent soumis au despotisme possible de son antagoniste, qu’il avait peut-être mésestimé. Dans une telle situation, n’aurait-il pas dû fuir ?

On l’avait installé dans la paille, avec un côté de lui un chien qui semblait le surveiller de près. Au moindre mouvement suspect, il sentît bien que le cabot était prêt à abattre sa mâchoire carnassière sur lui, voire à le dévorer vivant. Loin d’être un simple animal domestique, ce chien-là était un véritable prédateur ; il reconnût, à son pelage blanc et noire, que c’était celui qui lui avait posé le plus de problèmes.

« Ces chiens sont comme moi. Ils n’ont plus de maître. Jadis, ils appartenaient à un Inuzuka, mort lors de la conquête de Kumogakure. Je les ai recueilli pour les éloigner de la guerre. »

Ainsi parla Ozaburô, le fermier chauve qui l’avait tout simplement écrasé, et qui se tenait debout devant lui, un seau à la main.

« J’aurais dû m’en douter. Je ne connais pas beaucoup de chiens avec des capacités et une endurance pareilles. »

Il jetait au vainque des yeux emplis de méfiance et de ressentiment. S’il avait pu, il aurait bien voulu le blesser pour s’enfuir. Malheureusement, dans son état actuel, il se trouvait être plutôt démuni. Le paysan relâcha son visage pour un sourire, et plongea ses yeux dans ceux de Shinpachi.

« De la même façon, je ne connais pas beaucoup d’hommes qui osent soutenir mon regard, surtout après une rouste pareille. Je vois que les jeunes louveteaux du clan Shinrin ont de la trempe. Pourtant, je m’attendais à plus de techniques incisives de votre part. »

Shinpachi refusa de répondre. Il ne pouvait qu’affirmer ce que cet énergumène disait, tout en continuant d’être sur ses gardes.

« Maintenant, jeune Shinrin, vous allez me dire qui vous envoie près de mes terres et le motif qui vous a conduit ici. »

Quelques secondes passèrent. Par orgueil, Shinpachi se refusa à répondre. Il préférait une mort digne à une vie de lâcheté. Après un petit moment de réflexion, il tenta de se replacer correctement et il sentît alors toutes ses articulations douloureuses se mettre à craquer, comme si son corps tout entier était fait de bois. Ozaburô montra des signes d’impatience.

« Alors ?
- Ca ne vous concerne pas. Du moins, pas directement. »


Ni une, ni deux. Ozaburô frappa du talon le torse du blessé, et commença à l’écraser doucement de tout son poids.

« Tu es bien téméraire. Mais ta témérité risque d’entraîner ta mort sous peu. Qui t’envoie ?
- Le Tei…koku. »


Il relâcha son emprise.

« J’aurais dû m’en douter. Alors tu leur transmettras ce message : le prochain qu’ils enverront sur mes terres mourra. Je refuse de mener une bataille de plus pour le compte de l’Empire. J’ai respecté mon contrat et je ne leur dois plus rien. »

Shinpachi observa son vis-à-vis qui reculait.

« Vous vous leurrez. »

L’affirmation provoqua un arrêt sur image. Ozaburô se figea sur place. Non qu’il était surpris, mais surtout, il était curieux. S’il se leurrait, que venait donc faire ce gamin sur ses terres ?

« Parle. »

Le Shinrin lâcha un sourire. C’était l’heure des révélations.

« Je suis effectivement en mission pour le Teikoku. Mais je n’avais jusqu’à présent jamais entendu parler de votre existence. Pour dire vrai, tomber sur un adversaire de votre calibre est une bonne surprise. Malgré tout, il s’agit bel et bien d’une coïncidence. Ce qui m’a conduit ici concerne une toute autre affaire, que je ne révélerais qu’à vous et que je vous prierais de ne pas ébruiter. Au regard de votre labeur, j’imagine que vous ne figurez pas parmi mes cibles potentielles. »

Ozaburô fixait le jeune Shinrin, aguiché par sa logorrhée soudaine.

« On nous a signalé des vols de denrées dans la région. Uniquement de denrées. Et plus particulièrement de céréales. J’ai été envoyé pour mener l’enquête. Le Teikoku trouve étrange que cela ne s’applique qu’à ce type de denrées et, surtout, se demande si cette stratégie n’implique pas d’autres nations. Les céréales sont parmi les denrées les plus faciles à stocker et les moins périssables.
- Vous voulez dire que… »


Shinpachi acquiesça de la tête.

« Le Teikoku pense qu’une menace arrive par la mer, et que ces denrées sont dérobées par de potentiels envahisseurs. »

Ozaburô écarquilla les yeux. Si le Shinrin disait la vérité, alors le village de Gokakuyama deviendrait sans doute l’un des premiers à être dévasté par ces barbares en approche !


- - - Dans la forêt - - -



A quelques kilomètres de là, un écureuil se rendît compte qu’il avait été leurré. La lance qu’il avait dérobé à ce jeune ninja n’était pas la réelle Amenonuhoko, mais une simple réplique. Pour autant, les capacités dévoilées par ce combattant l’interpellaient. Il jeta un œil en-dessous de lui. Une noisette venait de tomber. Il ne prit pas la peine de la ramasser. Il avait suffisamment de nourriture en stock.


FIN DE LA PARTIE II
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