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Des souris et des livres [Hotaru]

Hashimono Hidemi
Hashimono Hidemi

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Ven 27 Déc 2019 - 23:30
Est-ce la Religion qui influence la Société, ou l’inverse ? Alors que l’époque justifiait le premier choix, Hidemi, pourtant aveugle, voyait bien que c’était plutôt l’inverse. Où était l’époque où les religieux pouvaient renverser un seigneur sous prétexte de ne pas aimer ses choix ? Le Temple du Lycoris, lui en particuliers, avait suivi cette tradition et aujourd’hui, les bons gens de Kiri, ou ceux qui s’en souvenaient, voire certains moines, considéraient cela comme une honte, ou une trahison. Depuis quand un supérieur trahit ses laquais ? Qu’est-ce que c’était que ces histoires ? Du coup, les moines de son Ordre faisaient de leur mieux pour se racheter depuis, comme domestiqués par ces gens qui s’étaient installés pépéres autour de leur temple.

Ces gens, cette plèbe, ces fils de p-…


« - Je rêve où tu rumines encore dans ta barbe ? »


Bras croisés dans la cellule lui servant de chambre, l’homme fixait le mur opposé à la porte, boudant en attendant que ses mauvaises pensées partent dans sa méditation. Il devait être neuf heures passé de peu et aujourd’hui, depuis quelques jours, les religieux avaient ouvert leurs portes aux croyants et aux curieux pour fêter l’Automne, et aujourd’hui, c’était à Hidemi de s’y coller. Heureusement que les gens ne venaient pas en masse, surtout pendant les heures proposées même si c’était en journée pour conserver le caractère sacré de leur institution, même si ça embêtait un peu l’aveugle qui soupirait en remettant sa tenue correctement.



Une demi-heure plus tard, il se baladait dans les couloirs du Temple pour présenter la vie monastique à quelques badauds, tout en étant suivi par une myriade d’enfants d’entre six et douze ans qui portaient les mêmes habits que lui, étant formés par l’ordre guerrier pour prendre sa suite. Il fallait montrer l’exemple, évoluer, mais comme dans toute transition, il y avait des plus conservateurs que d’autres !

C’était cependant avec une certaine fierté que le moine présentait une partie de la bibliothèque de leur ordre. Bien entendu, il y avait des ouvrages cachés et d’autres caches pour les livres réservés à une autre élite que celle présente, mais ce qu’Hidemi présentait pouvait surprendre. Ce n’était pas le Complexe Shinobi, car les domaines y étaient plus restreints, mais également infiniment plus précis sur certains sujets. Les moines du Temple du Lycoris avaient presque vécus en autarcie tout un temps et ces salles rappelaient l’époque où Kiri n’existait pas, où ils devaient s’instruire en circuit fermé. Les naginatas, ces lances si particulières, accrochées à certains murs étaient aussi là pour rappeler l’importance des sohei, les moine-soldats qui vivaient dans l’enceinte de ce sanctuaire en plein centre du village ninja, le seul des trois grands temples à avoir eu pareil groupe, alors que les trois avaient des moine-ninjas. Les petits bambins suivant leurs aînés y étaient vite entraînés, autant qu’ils l’étaient avec des armes blanches. Certains parleraient d’endoctrinement avec la tenue semblable à celle d’Hidemi, à l’exception que leur foulard dévoilant une épaule, et leur crane rasé, au contraire de l’aveugle qui portait les cheveux longs et la barbe, mais ce dernier se moquait bien de ce que ces gens pensaient. Ils étaient peut-être des invités, mais les règles de courtoisie existaient pour éviter qu’il n’en égorge pas un.


« - Ici sont entreposés les souvenirs et les vies des moines qui nous ont précédés, dont les ouvrages de Zeka, mon propre professeur, que vous pouvez voir ici. »


D’un geste de la canne pour désigner des sortes de codex accrochés au mur, Hidemi en désignait certains qui étaient cerclés de chaînes pour qu’on ne puisse les ouvrir facilement. C’était non là des savoirs interdits, mais des savoirs qui se méritaient et certains pouvaient demander à leur élève de méditer des années avant de comparer leur vision du monde à celles de leur prédécesseur, ou bien, cela arrivait aussi, certains moines demandaient à leurs suivants de voler un des livres pour l’étudier. Cela pouvait avoir plusieurs conséquences, le fait d’être banni de l’Ordre ou celui de satisfaire le maître. Les demandes paradoxales forçaient les religieux à comprendre certaines vacuités et à apprendre, à demander conseil, pour ne pas -justement- chercher tous leurs savoirs sur des pages de parchemin, pour mieux comprendre le but véritable caché derrière les demandes loufoques de leur tuteur. Et c’était quelque chose qui prenait du temps, comme on pouvait le deviner en admirant le visage des enfants admiratifs et curieux, désireux de connaître ces histoires.

Mais la sécurité ici était présente, importante même, quoique discrète, et ce n’était pas un enfant un peu ahuri qui parviendrait à voler à un de ces registres. Désolé pour leurs rêves de techniques secrètes ou interdites.


« - Le Higanbana no Shinden a fait un important travail de reconstitution ces dernières années pour retrouver des sagesses perdues, et qui pourraient être utiles pour notre pays, tout en continuant à rédiger des textes qui serviront de témoins et de leçons pour les croyants. Bien entendu, il y a beaucoup de réflexion sur la théologie, les moines ayant une vie essentiellement spirituelle, mais également sur d’autres sujets.

A savoir, pour ceux qui ne s’y seraient pas intéressés, que le moine vit à l’origine seul ou en communauté, particularité dont la fonction titre son nom, et les interactions peu fréquentes avec le monde extérieur au temple les a poussé à se pencher sur des disciplines telles que la grammaire, la rhétorique, la dialectique, les langues étrangères et anciennes, ou encore sur des sujets tel que l’agriculture ou la médecine.

Peut-être que temps que nous y sommes, quelqu’un a une question ?
»



Hidemi avait bien sûr évité de parler des arts militaires, Kiri ayant une réputation parfois un peu barbare, offrir à ses invités une vue plus douce et spirituelle lui semblait être une meilleure idée que rappeler les plus sombres heures de l’histoire kirijin.


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Hotaru
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Sam 28 Déc 2019 - 16:30

Hotaru se dirigeait d'un bon pas vers le coeur du village. Il arborait son habituel sourire léger qui, loin de le faire paraître stupide et bienheureux, lui donnait plutôt l'air de quelqu'un d'avenant et de sympathique. Aujourd'hui allait être une journée dynamique. Il l'avait décidé, alors ce serait le cas. Et si le reste du monde n'était pas d'accord avec lui, tant pis ! Il le bougerait pour que ce soit le cas. Il s'était levé de bonne humeur, plein de vigueur, et avec la ferme intention de réaliser ses projets du jour. Surtout, il s'était armé d'une certaine force de persuasion et de conviction. Car l'endroit où il allait était de ceux où les hommes peuvent facilement perdre la tête ...

Cet endroit, c'était un temple. Le temple du Lycoris, plus exactement. Hotaru n'y était jamais allé, n'en avait jamais entendu parler, et ne savait même pas quelle sorte de divinité les moines qui l'habitaient pouvaient bien prier. Il savait simplement que le temple ouvrait exceptionnellement ses portes aux visiteurs, ce jour-là, et il s'était dit que ce serait l'occasion parfaite pour s'ouvrir au monde des religions à Kiri, un domaine qu'il avait encore laissé inexploré dans sa découverte du fonctionnement du village. Caparaçonné de curiosité, l'esprit ouvert, prêt à s'instruire, il avançait, déterminé, fendant la foule comme un Moïse des temps modernes (ou anciens, allez savoir).

Hotaru n'était pas un grand adepte des religions. Il n'avait qu'une seule divinité - qui valait bien toutes les autres, certes: la Raison. C'étaient la science, la logique, et la sagesse qui gouvernaient sa façon de penser et ses actes. Pas la logique froide, ni la science de l'érudit isolé du monde, ni même la sagesse du pédant. Une judicieuse harmonie se dessinait dans son esprit entre ces trois piliers de conduite, et c'était sur cette harmonie-là qu'il se fondait. Voilà sa doctrine, son dogme. Et il n'avait besoin d'aucune divinité pour la porter et lui montrer l'exemple. Son introspection et sa propre réflexion lui avaient épargné les paraboles et les mythes exemplaires. Surtout, elles lui avaient fait réaliser les dangers de la foi lorsqu'elle est trop poussée ...

Il ne méprisait pas les moines, cependant, car ils vivaient dans une sorte d'autarcie et de retraite qu'il admirait. La méditation était un exercice qui lui plaisait, mais qui lui semblait difficile tout à la fois. Il n'était pas à la portée du premier venu de s'isoler du monde pour se retirer dans cet autre univers qui reposait dans son esprit. Il était particulièrement difficile de rester concentré, et de faire abstraction du corps pour se concentrer sur l'âme. Du reste, le mode de vie des moines semblait être assez sain, à défaut d'être saint. Alors, curieux, il passa la porte du temple.

On le guida dans une multitude de couloirs et de pièces, au milieu d'un groupe. Il n'entendait pas très bien les explications qu'on leur donnait sur les différents endroits qu'ils visitaient. Il fut cependant surpris d'apprendre qu'il y avait une bibliothèque au sein du temple, et il fut encore plus ravi lorsqu'on les mena dans ladite bibliothèque pour leur en présenter sommairement la collection et les principes.

Il s'arrangea pour être au plus près du moine qui les guidait, devant jouer un peu des coudes. En temps normal, il ne se serait pas conduit ainsi, mais il lui semblait presque vital de ne perdre aucune information concernant ce lieu de savoir. Quand il vit le moine, il lui sembla le reconnaître. Il lui fallut quelques secondes avant de percuter, et le déclic se fit: c'était le moine aveugle qui, avec sa cithare, était venu jouer dans la cour du Complexe, le jour de la réunion de la "nouvelle vague". Hotaru sourit légèrement.

Cet homme était assez intrigant, pour ne pas dire stupéfiant. Ses yeux perdus, il semblait en voir bien plus que tout le monde dans l'environnement de la bibliothèque du temple. Sa canne pointait avec exactitude vers les endroits qu'il voulait. Et ses explications étaient d'une limpidité qui en disait long sur le temps qu'il avait dû passer à l'étude, dans cette même salle.

Cette communauté de moines semblait vivre dans l'érudition. Une vertu que Hotaru considérait assez bonne, si elle était employée à des fins pratiques, et pas seulement dans le but de cultiver un savoir stérile. Le moine - Hotaru ne parvenait pas à se souvenir de son nom - énuméra les différentes disciplines dans lesquelles ses prédécesseurs et pairs s'étaient illustrés. Grammaire, rhétorique, dialectique, langues ... Autant de disciplines propres à la transmission des dogmes, et auxquelles Hotaru n'accorda pas une plus grande attention que cela. En revanche, il tendit l'oreille quand le moine parla de médecine.

Il avait développé cette sorte de réflexe de se montrer particulièrement intéressé dès lors qu'on évoquait à ses oreilles la discipline dont il souhaitait faire son nouveau flambeau. Et il ne put s'empêcher de poser une question, à l'invitation du moine:

"Oui, j'ai une question !"

Il avait levé la main, machinalement, mais après une seconde de réflexion se rendit compte que c'était inutile, compte tenu de la cécité de leur guide, et la baissa.

"Vous avez parlé de traités de médecine. Quel genre de médecine, exactement, les moines de ce temple ont-ils l'habitude de pratiquer ? Et à quel usage ? Seulement dans le cadre de leur communauté, ou pour le bien du monde extérieur, aussi ?"

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Hashimono Hidemi
Hashimono Hidemi

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Sam 28 Déc 2019 - 21:02
Tel un professeur un peu blasé par son travail, Hidemi patientait avec sa canne plus par politesse qu’autre chose, comptant les secondes dans son esprit avant de reprendre son chemin mais il eut la surprise d’entendre une voix l’interroger. Il n’avait même pas eu le temps de bouger et sans savoir si la surprise serait bonne ou non, s’il s’agissait d’une blague ou quoique ce soit de ce même crû, il tendait juste sa canne en direction de la voix pour signaler à Hotaru qu’il avait été entendu et pour faire signer aux gens alentour de s’éloigner un peu de ce jeune homme, pour lui laisser la place de prendre la parole, et pour en faire un exemple s’il devait le buter si sa question était une moquerie.

« - Je vous écoute. »

Comme pour ponctuer, le moine tapait le bout de sa canne au sol en reprenant appui correctement dessus et laissait donc Hotaru posait la fameuse question, et le moine penchait un peu la tête sur le côté comme s’il ne comprenait pas, ou plutôt comme s’il pesait chacun des mots de son interlocuteur avec ses tympans pour être sûr de bien le comprendre, et plus important, de bien le comprendre.

L’aveugle acquiesçait et s’éclaircissait la gorge, balayant les murs du regard en passant au-dessus de la tête de tout à chacun, profitant par là de sa taille avoisinant les deux mètres, comme pour donner plus de volume à la pièce où tous se trouvaient. Un peu d’ambiance mystique, un peu de sacré dans tout cela, pour une réponse qui pourrait en décevoir certains.


« - Pour répondre à la seconde partie de votre question, les moines se sont exercés à la médecine avant tout pour le bien de leur communauté ou pour éviter de briser leur ermitage en ayant recours à une aide extérieure. Avec la création de temples et de sanctuaires, il n’était pas rare de voir des voyageurs blessés sur les routes ou malades suite à la consommation de mauvaises plantes venir chercher des remèdes, ou alors juste un refuge lorsque la météo du pays du l’Eau, parfois cruelle, les encourageaient à se diriger vers ce genre d’endroit.

Donc, honnêtement, nous pouvons dire les deux. Certains médecins itinérants venant d’eux-mêmes chez certaines communautés pour que nos méthodes leur soient enseignés, et fatalement, il y a eu des échanges. Inutile de dire que certains ici n’ont pas eu la vocation de moine dès l’enfance, la solitude de nos chambres, des méditations, le rythme un peu particulier de nos journées, ainsi que nos interdits, ont rebutés des gens à une vie plus spirituelle comme la nôtre. 
»



Bien expliquer les choses, ne pas avoir peur à être un peu plus long sur certains points pour que les informations importantes soient espacées, afin de ne pas endormir l’auditoire avec une réponse, ironiquement, assez longue. Mais si la question d’Hotaru permettait de développer un peu le contexte, Hidemi n’aurait qu’à faire des rappels par la suite et les visiteurs pourraient s’aider les uns les autres pour rassembler leurs notes.


« - Il y a fatalement l’usage militaire, nous avons en notre sein beaucoup de guerriers, bien plus que dans d’autres Ordres. Si vous comptez l’aide psychologique comme une médecine, vous pouvez très bien prendre cela comme un point de départ, l’esprit devant être soigné également. Un esprit sain dans un corps sain, comme diraient certains de mes confrères.

Nous nous reposions beaucoup sur l’acupuncture, dont la moxibustion, mais également sur l’usage des plantes et certaines parties d’animaux. Je sais aussi que certains se disent ’Ce sont des foutaises, des remèdes de grands-mères’ et je ne pourrai pas vous en vouloir pour cela, car il est vrai que certains traités cherchent à pallier à certains manques alimentaires, notre alimentation était relativement strict comme vous pouvez vous en douter. Mais d’autres sauront également que ce sont ces pratiques si risibles qui ont amenés les pilules militaires des shinobis, ainsi que les onguents et les potions que vous pouvez trouver dans vos pharmacies.

Mais cela ne s’arrête pas là, certains ont étudiés l’Art des ouvertures abdominales’, qui est très utile pour comprendre le fonctionnement d’un corps et pour le guérir quand les blessures sont plus profondes. C’est via ce genre de savoirs un peu barbares que certaines greffes sont possibles.

… Et comme je ne sais pas si tout le monde visualise correctement la moxibustion, je vous propose une petite expérience. Cela réveillera ceux du fond. 
»



Est-ce qu’il voyait ? Non. C’était juste comme une habitude, ou une évidence.

Retirant un de ses gants pour montrer la main qu’il cachait, Hidemi montrait également sa paume carbonisée un court moment avant de former le poing pour présenter le dos de la main et surtout du poignet. Invitant un de ses élèves à aller chercher un moxa, ce dernier revenait vite avec un petit cône et un bâton d’encens, le posant sur la peau de son maître et allumant le cône, d’une taille d’un grain de riz, pour que ce dernier brûle rapidement sans laisser de trace, mis à part une légère rougeur, et les veines, ainsi que certains tendons, se fassent plus visibles, les muscles se crispant légèrement pour être mieux dessinés et offrir presque une vue anatomique de la main pour les plus perspicaces.


« - Voici l’une des méthodes applications et je vous rassure, je ne sens aucune douleur malgré la sensibilité de mes mains. Il s’agit juste de stimuler certains points avec de la chaleur. Techniquement, si vous faisiez de acupuncture, vous aurez plus simple à faire votre tâche mais l’application que vous connaissez sûrement le mieux est celle de quelques moines, qui s’apposent six points sur le front via cette méthode avec des moxa plus puissants, pour stimuler leur esprit ou par tradition.

Après, il y a aussi ceux qui se brûlent juste le front avec de l’encens mais je n’ai pas souvenir que quelqu’un ici ait décidé d’y aller comme une brute, surtout que si notre médecine permet d’ouvrir un corps sans forcément faire souffrir pour quelques chirurgies, je ne vois pas pourquoi les moines se surineraient le visage…

Voici pour ma réponse et quelques explications additionnelles. Si vous voulez, nous avons aussi des traités sur l’apithérapie, mais vous comprendrez que cela est devenu difficile vue que lorsque Kiri s’est construite, le Temple du Lycoris s’est retrouvé presque en son centre.

Et non, pour vous là-bas qui chuchotez, il n’y a pas de recueil sur les Remèdes d’Immortalité, bien que nous en ayons sur les immunisations et sur la détoxication...
 »



Face à une petite incompréhension qu’il sentait poindre, le moine expliquait quand même ce fait en vitesse. Peut-être l’histoire de montrer à quel point le sujet de la longue vie était un peu idiot parfois.


« - Oui. Pour ceux qui se demandent, les médicaments de jouvence, comme ils sont appelés parfois, maintenant interdits, contenaient beaucoup d’éléments toxiques donc techniquement, oui, ceux les prenant n’avaient plus à craindre la mort par la suite, vue qu’ils se faisaient balayer par des maux de ventre et d’autres parties du corps que j’éviterai de détailler ici si vous voulez avoir encore faim de la semaine. Comme dirait l’autre ‘Celui qui est déjà mort ne peut mourir’. »


Et Hidemi finissait cette explication par un simple haussement d’épaules, l’air de dire : eh oui, les gars, c’est bête, mais c’comme ça. Cette explication, un peu officielle il fallait le dire, avait aussi comme intérêt de calmer les rêves de grandeur et effacer ce fantasme de la tête de certains alchimistes.

Mange tes morts, comme dirait l’autre. Mais cela montrait que le champ de recherches des religieux était vaste, et que les erreurs du passé étaient sauvegardés pour ne pas être répété. C’était un peu la devise du Temple du Lycoris après tout : Ne jamais se rencontrer à nouveau.

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Hotaru
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Dim 29 Déc 2019 - 11:09

Hotaru écouta avec la plus grande attention les explications du moine. Qui était-il, exactement ? Déjà, lors de la réunion de la "nouvelle vague", il l'avait trouvé pour le moins atypique. Même s'il était bien conscient que baser son opinion d'une personne sur un seul handicap physique n'était pas très charitable, Hotaru considérait que sa cécité donnait à Hidemi une sorte de dimension plus haute. Comme si elle le définissait, et le rendait plus impressionnant encore. Il n'avait pas besoin de ça pour l'être, bien sûr: l'étalage de connaissances diverses et dans de nombreux domaines qu'il fit à l'assemblée des visiteurs suffit à en persuader la plupart que le grand âge avait ses vertus, et que l'érudition en faisait partie. Etaient-ce là les bénéfices d'une vie reculée et passée dans la solitude ? Et n'y avait-il pas eu de prix à l'obtention d'un tel savoir ?

Ces questions-là, Hotaru les garda pour lui. Il se contenta d'observer la petite expérience que leur proposa le moine, et la trouva fascinante. Il ignorait que de tels résultats pouvaient être obtenus aussi facilement, et sans autre matériel qu'un petit cône et un bâton d'encens. Il prit mentalement note de ce phénomène pour le moins curieux, et se promit d'essayer de le répliquer quand il en aurait l'occasion. Les shinobis avaient-ils des techniques du même acabit qui leur permettaient d'accroître leur observation du corps et de son fonctionnement ?

Du reste, les arts médicaux des moines de ce temple semblaient être développés dans des branches diverses, et sans frontière visible. Hotaru avait craint que ce soit le cas. Il avait pensé que la religion imposait souvent des barrières à l'esprit, qui l'empêchaient d'avancer librement. Aussi librement que la soif de savoir le voulait, en tout cas. La pratique de la dissection l'étonna particulièrement. C'était une des méthodes médicales les plus controversées, de ce qu'il en savait, parce qu'elle appelait à surmonter le respect presque sacré des morts en mutilant les corps. De nombreuses cultures en avaient fait un tabou, et ce n'était pas vraiment étonnant. Mais pas non plus excusable.

Les explications étaient finies, pour l'instant, et le moine semblait avoir perdu une partie de son public, qui était venu de toute évidence simplement pour s'ébahir devant de vieilles reliques. Quelques-uns avaient poursuivi leur visite seuls, sans doute pour être rattrapés un peu plus loin par un autre moine. Mais un petit groupe restait aggloméré autour de Hidemi. De toute façon, Hotaru n'eut aucune gêne à poser une autre question.

"Excusez-moi, j'ai encore une question."

Quelques-uns lui lancèrent un regard étonné, d'autres un regard courroucé.

"Comment se déroule la formation d'un moine au sein de votre temple, exactement ? Qui devient moine, et comment accède-t-on à cette bibliothèque qui, honnêtement, est assez fabuleuse ? Faut-il nécessairement faire partie de votre ordre pour consulter tous les ouvrages qui sont là ? Ou ouvrez-vous votre savoir à un public plus large ?"

Il avait volontairement insisté sur le concept d'ouverture des savoirs, et il était curieux de voir comment le moine allait réagir. C'était un peu de provocation, certes, mais Hotaru était convaincu que, du haut de son grand âge, Hidemi n'aurait aucun mal à percevoir l'effet qu'il donnait à sa question. Et, de toute façon, c'était une vraie question: Hotaru voulait avoir accès à ces savoirs, mais n'avait pas la moindre intention de se faire moine pour cela. Et il trouvait stupide l'idée que de tels concentrés de connaissances restent enfermés dans un temple, à la seule disposition d'une communauté qui n'avait pas l'intention de les appliquer dans le monde qui l'entourait.

Le savoir, c'était le partage. La culture, l'échange. Voilà des principes que Hotaru portait haut dans la hiérarchie de ses valeurs. Alors, si l'érudition des moines du temple Lycoris lui apparaissait comme un phénomène intéressant, et admirable, même, il ne pouvait cependant cautionner qu'elle soit vouée à l'isolement. Mais après tout, lui demandait-on de cautionner quoi que ce soit ?

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Dim 29 Déc 2019 - 13:37
Il n’y avait pas de question stupide, même lorsqu’à chaque fois qu’Hotaru disait cela, il en profitait visiblement pour en glisser d’autres et Hidemi comprenait, lui-même ayant la vilaine tendance à se perdre lorsqu’il s’interrogeait. La curiosité était une bonne chose, et il fallait l’être lorsqu’on vivait seul, d’autant plus quand on était aveugle et que l’on ne pouvait découvrir le monde qu’à travers les autres sur certains domaines. Effectivement, beaucoup voyait dans sa cécité quelque chose de mystique, et certains diraient même qu’il avait accès à un monde particulier, sans même prendre en compte qu’il était aveugle mais de son point de vue, c’était un handicap qui pouvait surprendre les autres de part les méthodes qu’il avait dû dégager pour s’en sortir. Peut-être une explication à la magie d’Hidemi, juste de la psychologie, des superstitions, et des sens redéveloppés, ou plutôt surentraînés, pour équilibrer son déficit.

Par où allait-il commencer sa réponse ?


« - Bien, comment devenons moines. Commençons par là.

Si j’ai déjà entendu parler d’une histoire disant que nous étions une dynastie de roi non relié par le sang mais par nos enseignements et notre communauté, je vous offrirai ici une explication un peu plus terre à terre. Traditionnellement, un aspirant arrive vers l’âge de 9 ans et est souvent offert par sa famille au Temple, parce qu’il est le second dans l’héritage ou ce genre de chose, les raisons peuvent être multiples ou variées. La pauvreté fait partie effectivement des raisons, certains préférant s’assurer que leur progéniture ait un toit et de la nourriture.

Vous aurez sûrement remarquer que certains de nos disciplines sont également plus jeunes, et cela est normal : certains orphelins sont accueillis ici et peuvent faire le choix de rester. Il faut de toute manière un certain nombre d’année pour être à proprement parler ‘moine’, ainsi si le jeune se rétracte, il peut totalement partir sans qu’il n’y ait de malentendu, comparé à moi qui ait plus de cinquante ans. Je pourrais normalement quitter le Temple pour partir dans des régions reculées, pour apporter mon propre savoir à d’autres dans mon pèlerinage, ou juste faire le point sur ma vie, si je désire partir définitivement. Vous vous doutez que ce n’est pas une décision simple à prendre, autant celle de venir que celle de partir.

Mais comme je l’ai aussi dis plus tôt, certains des membres de notre Ordre exerçaient des métiers auparavant et ont été intégrés tardivement dans leur vie, et c’est mon cas. J’ai été forgeron et comme vous pouvez sûrement le voir, cela ne s’est pas bien fini, ainsi ai-je vécu longtemps de l’aumône des gens et subi les hivers comme les étés sans avoir de toit. Dans mon cas, le choix m’a été offert de résider ici et j’ai fais de moi-même la demande d’intégrer l’Ordre du Lycoris. 
»



Comme pour illustrer ses propos, Hidemi retirait son second gant et montrait la raison de ces accessoires, pour cacher ses paumes visiblement brûlées avec une barre chauffée à blanc, cela s’accompagnant de ses yeux qui avaient encore une fine ligne horizontale, montrant la trajectoire de l’épée qui lui avait donc trancher le visage à l’horizontal et brûler alors qu’il avait justement les yeux grands ouverts. Pas besoin d’être un génie pour le savoir, Kiri recueillait beaucoup d’épéistes d’exception et le fait que le moine ait encore des paupières capables de se fermer montrer bien qu’on ne lui avait pas bander la vue avant l’opération’. D’ailleurs, même ses poignets étaient étrangement colorés de griffures, aussi profondes que discrètes, résultat d’une demi-décennie à être enchaîné, et les plus observateurs auraient pu voire que la barbe et les cheveux longs cachaient aussi ce même genre de cicatrices au niveau de sa nuque et des coins de sa mâchoire. Pas très joli, pas très joyeux, pas quelque chose qu’on a envie de montrer à des enfants qui doivent se concentrer.

Inutile de dire que si lui portait des tenues plus amples, plus couvrants, que la plupart des autres moines, c’était surtout que ce qu’il y avait en-dessous n’était pas forcément agréable à la vue, et le visage serein du moine face à son état semblait vouloir dire qu’il était heureux quelque part de ne pas voire à quoi tout ça ressemblait aujourd’hui, la vieillesse et les brûlures ayant flétris une peau déjà marquée par le travail du fer.


« - Dans mon cas, j’ai eu accès à la bibliothèque et cela doit faire sourire quelques personnes dans ce groupe mais des gens d’à peu près votre âge m’ont fait la lecture, et me l’a font toujours, même si j’arrive à déchiffrer certains passages du bout de mes doigts.

Quelque chose d’amusant avec l’écriture, c’est que les gens considèrent que c’est une inscription en deux dimensions mais il y en a une troisième, la profondeur, exercée par la pression. J’ai ainsi réalisé moi-même quelques ouvrages sur la réhabilitation, avec des scribes bien entendu, en complétant les écrits de maître Ubo, qui souffrait de ce même mal.

… Ce qui me fait penser à une différence dans la relation maître-élève entre les moines et les shinobis. Il me semble que vous faites des équipes de trois avec un shinobi supérieur, dans notre cas, chacun à un professeur différent dans l’idéal et nous avons des cours communs, donnés par les ‘grades supérieurs’ et des ‘grades similaires’ peuvent avoir une relation de maître-élève, si le premier est déjà bien avancé lorsque le second intègre l’Ordre. Il y a donc des spécialisations, si l’on veut, chacun suivant la voie qu’il décide car, dirons-nous, nous sommes plus guidés par nos méditations et notre cœur, ou notre esprit logique, d’où le fait que l’on n’intègre pas les Ordres du jour au lendemain mais que nous ayons une période d’essai, comme dit plus tôt.

C’est compliqué à expliquer ces mécanismes, vue que nous sommes tous égaux face aux kamis et que notre hiérarchie n’est pas aussi simple que celle des armées en-dehors du Temple. Mais il fallait bien s’adapter à cette société qui se créer. 
»



Est-ce qu’il avait bien répondu à Hotaru sur la première partie de sa question ? Le moine laissait quelques instants pour que tous puissent intégrer, car il était vrai que voire des enfants apprenant à peine à parler se balader ici, et certains iraient jusqu’à dire qu’il s’agissait d’endoctrinement si Hidemi passait certains points sous silence. Donc pas de compromis, même si cela rendait l’explication plus longue.

De toute manière, si cela embêtait certains, ils pouvaient très bien partir et des moines étaient là pour les récupérer au vol pour les faire visiter, s’ils pensaient être dans un musée.


« - Il serait stupide de notre part, qui parlons d’élévation de l’esprit, d’empêcher d’autres personnes de faire de même. Nous ne sommes pas vraiment une secte, vous savez ? Et je pense avoir parler des échanges entre le Pays de l’Eau et les Temples, peut-être même un peu trop, donc je n’en voudrais pas si certains piquent du nez, tant que vous ne touchez pas aux ouvrages sans autorisation pour vous réveiller. »

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Hotaru

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Mer 1 Jan 2020 - 20:55

A nouveau, Hotaru écouta les longues explications du moines en essayant d'ingérer le maximum d'informations possible. S'il avait du mal à faire mentalement la synthèse de toute ce qu'il avait entendu, il retenait cependant une chose, qui lui sembla immédiatement fondamentale, quant à l'organisation du temple et de son ordre: le tout était régi par une organisation de fer, rodée au fil des générations et qui ne laissait pas de place à l'improvisation, et surtout à l'imprévu. Il semblait que le Licorys avait envisagé toutes les situations pour ses moines et aspirants. Leur arrivée, leur départ, leur formation ... Tout ça était calculé et placé sous l'oeil - bienveillant ? - de l'organisation du temple.

La foule des visiteurs commençait à se disperser. Beaucoup avaient quitté la salle, agacés par des questions auxquelles il ne comprenaient rien et ne voulaient pas s'intéresser, et avaient poursuivi leur visite du lieu sacré en compagnie d'un autre religieux. Ceux qui étaient restés dans la bibliothèque papillonnaient maintenant un peu partout entre les rayons, se gardant bien de toucher aux volumes tant la menace que semblait représenter le vieux moine était forte dans leur esprit. Hidemi s'était-il rendu compte que son public s'était légèrement dispersé ? Hotaru se doutait bien que oui. Il avait une tendance naturelle à surestimer plutôt que l'inverse les personnes qui présentaient un handicap.

En tout cas, il vit dans ce temps mort de la visite une occasion qui lui était offerte pour engager la conversation sur un monde plus privé avec le moine. Il s'approcha de lui, et lui dit:

"Bonjour, je m'appelle Hotaru. Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, mais nous nous sommes rencontrés lors de la réunion des nouveaux venus à Kiri, dernièrement."

Il ignorait si le moine avait reconnu sa voix ou non. De toute façon, lui-même ne pouvait pas se souvenir de son nom. Il aurait donc été bien malhabile de sa part d'exiger d'Hidemi qu'il retienne des informations à son propre propos.

"J'espère ne pas trop vous avoir agacé avec mes questions. Votre temple a une bibliothèque vraiment formidable. Pas tant par le nombre des volumes, mais par la diversité des collections et des champs du savoir. J'admire ce souci d'érudition, même si je n'en ai pas exactement la même pratique, de mon côté."

Son regard avait glissé sur les mains abimées du vieil homme, et sur la blessure de ses yeux. Il avait dit avoir été forgeron. Pas besoin d'être un génie pour deviner d'où provenaient ses plaies incapacitantes. Hotaru se garda bien d'en demander plus à ce sujet. C'aurait été proprement inconvenant, à ses yeux, et de toute façon cela ne l'intéressait pas vraiment.

"J'ai cru comprendre que votre ordre recueille également quelques moines combattants. J'imagine qu'ils ne sont plus très employés depuis que le temple est dans l'enceinte de Kiri, et que des shinobis remplissent l'essentiel - sinon l'ensemble - des fonctions militaires. Ce qui m'a intéressé, surtout, dans ce dont vous avez parlé, ce sont les savoirs médicaux de votre ordre. J'étudie la médecine, en ce moment, et je dois dire que je serais assez curieux de voir certains de vos pairs travailler. Si cela ne dérange personne, bien sûr ..."

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Hashimono Hidemi
Hashimono Hidemi

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Jeu 2 Jan 2020 - 15:57
Tout synthétiser, toujours tout synthétiser. Cela reflétait un monde qui se voulait complexe mais qui était tellement régi par les règles que même les puissants kamis des différents temples devaient prendre forme humaine parfois pour que ces jeunes gens puissent saisir un soupçon de leur enseignement. C’était là l’ironie de la cécité, être curieux de voir les changements du Pays de l’Eau, mais en même temps être déçu avant le miracle, car tout cela n’était qu’une navrante évidence.

… Reste positif, Hidemi. Respire, les gens sont pas tous des-...

Les mots du collègue l’ayant sorti de sa cellule raisonnait dans les oreilles de l’aveugle qui ne baissait pas sa garde pour autant, se permettant parfois de taper mollement sa canne au sol comme s’il cherchait quelque chose, mais faisant ça aussi pour faire sursauter ceux qui pensaient pouvoir échapper à sa vigilance. Au fond, tout se jouait dans leurs têtes et les rumeurs sur les aveugles jouaient tout autant, un mélange de psychologie simple et de mysticisme, rien de surprenant pour un religieux, vous me direz.

Cependant, sans être surpris, mais plutôt déçu, Hidemi se laissait aller à ses idées noires et son visage le trahissait lorsque son jeune interlocuteur avançait dans sa direction pour se présenter, forçant le moine à lever un peu le nez comme s’il cherchait maintenant quelque chose dans les cieux. Peut-être une réponse de la part de ses dieux, du pourquoi il était si peu surpris par ce jour pourtant quasi-exceptionnel.


« - … Il y a donc si peu de gens qui sont restés, jeune homme ? Y a pas la moitié qui pourrait survivre une journée entière dans ces murs, à croire que tout ceci n’est que reliques du passé. »


C’est vrai, il y avait toujours cette distance entre la nouvelle génération et les dieux, car les premiers voulaient d’un destin extraordinaire, et en même temps ne pas être soumis à ce dernier, tracer leurs propres voies. Encore un exemple de cette tentative absurde d’être original, et alors que la nouvelle génération parlait d’ambitions, de rêves, de progrès, Hidemi y voyait juste une profonde débilité lorsqu’il fixait à nouveau le visage d’Hotaru (sans le viser particulièrement, bien entendu).


« - Disons que c’est les ‘nouveaux’ qui vont ont rencontrés, j’étais juste venu apporter une présence un peu plus officielle. Enfin, une présence visible, vue le nombre de shinobis qui devait se cacher pour vous observer… Et oui, je vous ai reconnu à l’odeur. »


D’un air un peu désinvolte, le moine tapotait le bout son nez à l’aide de son index comme pour appuyer ses propres. Si les assassins ne mangeaient pas de produit sucré, éviter des boissons et des comportements parfois ‘normaux’, c’était pour éviter ça : l’odeur. L’interlocuteur d’Hotaru était de la vieille école, où on pouvait craindre n’importe quel bruit ou ombre se baladant dans la périphérie du regard, et non de la nouvelle où on malaxait une énergie bizarre en jouant avec ses doigts et en citant des techniques pour se faire discret.

… Respire… Respire plus profondément, allez… Ça va aller...

C’est vrai que les méditations avant de rencontrer un nouveau public faisait du bien et alors qu’il était pris d’un léger rire gêné, conscient que sa remarque était bizarre, et en même temps d’un soupir de lassitude typique des vieux, il reprenait.


« - Merci d’avoir posé vos questions, au moins cela prouve que ce que je dis intéresse quelqu’un. Et pourquoi avoir ce même soucis, lorsque vous vous baladez librement en dehors du Temple et que vous avez accès à d’énormes bibliothèques et à des instituts spécialisés ? »


C’était fort terre-à-terre, mais Hidemi n’allait pas non plus re-raconter que les moines vivaient avant à l’écart du monde civilisé, en plus de devoir limiter les idées de luxe avec des bibliothèques trop grandes et en même temps, remplies de vide. Rien qu’à y penser, il sentait déjà son cou se tendre pour dessiner ses veines fatiguées, il s’énervait tout seul à penser au monde extérieur, et sûrement que l’idée d’avoir ce monde extérieur ‘chez lui’ lui pétait les bonbons, aussi.


« - Prrr... »


A la remarque sur la fonction militaire du Temple et la comparaison avec les shinobis du village, le moine s’était détendu d’un coup et retenait juste un bref rire qui s’évadait dans un éclat bruyant, comme une explosion étouffée qui venait de défoncer une mince porte de bois. Juste un ‘Ha’ déformé et grave, tout en étant chaleureux par la sincérité, comme un remerciement envers Hotaru d’avoir rendu sa journée moins morne avec ce que le moine avait pris de plein fouet comme une blague.


« - … Désolé de briser vos rêves à propos de ça mais les gens se réunissent naturellement autour des gens puissants, et désolé si vous aviez de la fierté en parlant des attributs militaires, mais les shinobis restent encore des enfants qui se sont réunis autour des Temples, qui ont quant à eux le devoir de protéger le Pays de l’Eau.

Les seigneurs féodaux ? Les empereurs ? Les kages ? J’espère bien que les shinobis sont capables de protéger si peu. Cela pourrait passer pour de l’arrogance, mais il y a déjà eu des frictions par le passé. Vous vous doutez bien que pour des raisons d’État, les shinobis se sont déjà intéressés à nos secrets, et vous vous doutez bien en voyant ceux-ci interdits de toucher les livres et attendant d’être invités pour entrer, qu’ils n’ont pas forcément réussis leur magouille.

Le plus drôle dans tout ça, c’est qu’ils sont enfermés dans Kiri, à devoir faire des contrôles d’accès alors que nous autres, nous-...  
»



Encore cette confrontation entre l’ancienne et la nouvelle génération.

Hidemi semblait être plus accroché au Temple qu’au village, bien que par sa construction autour des infrastructures religieuses, son devoir était aussi de les défendre, mais comme Hotaru le disait, les shinobis protégeaient Kiri depuis dix ans, avec plus ou moins d’efficacité. Est-ce que le moine portait ces gens-là dans son cœur ? Pas vraiment… Est-ce qu’il faisait des efforts pour les supporter ? Oui. Frottant sa mine un peu triste, il se calmait après cet élan de puissance hiérarchique et soupirait, encore une fois.


« - Mh. Désolé pour ça, ça m’a échappé… Pour ce qui est la consultation des tomes médicaux, il faudra faire une demande auprès du Temple et vous serez sous la supervision d’un spécialiste du domaine qui pourra vous aiguiller, ou vous traduire certains textes anciens en ‘libre accès’. Interdit de sortir les livres de l’enceinte de la pièce où ils sont, et ne vous étonnez pas de prendre quelque coup de bâton si vous embêtez les scribes, qui feront probablement une copie de vos notes pour filtrer les entrées et les sorties. Question d’organisation. »

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Hotaru
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Jeu 2 Jan 2020 - 18:21

Hotaru n'était pas certain d'aimer le moine. Ils semblaient tous les deux avoir une conception très différente des choses, que ce soit sur le plan de la connaissance et de son usage, ou sur celui de la fonction des shinobis. Se trompait-il, ou avait-il raison de penser qu'il y avait quelque chose d'un peu réactionnaire dans les critiques que le moine formulait à l'égard des shinobis ? Après tout, Hotaru n'était pas certain que ce soit la présence du temple du Licorys qui ait motivé la construction de Kiri à son emplacement actuel ... Mais il n'était pas expert en histoire du village, et ne voulait rien avancer qu'il n'ait les moyens d'étayer. C'était peut être vrai, peut être pas. En tout cas, le vieil homme pensait comme un vieil homme. Il catégorisait ... Un défaut que Hotaru s'efforçait de combattre de son mieux, car il le considérait comme un des pires.

Il fronça les sourcils, heureux cette fois que le vieux moine ne puisse pas le remarquer. Son enthousiasme s'était quelque peu envolé. Il ne répliqua rien, cependant, à la diatribe lancée par Hidemi, préférant le remercier pour les informations qu'il lui avait fournies sur les modalités de lecture dans la bibliothèque du temple:

"Très bien, je vais me renseigner pour accéder à ces ouvrages. Vos pairs pourront effectuer tous les contrôles qu'ils voudront sur mes notes et mes lectures. Ils ne trouveront rien d'autre que les preuves d'une étude sérieuse et bienveillantes."

Il se garda bien de faire remarquer au moine que le monde n'en avait pas après sa bibliothèque, si riche soit-elle, et que l'univers entier n'était pas paré d'intentions doubles et trompeuses. Il était à peu près certain qu'il se serait entendu répondre qu'il vivait dans l'ignorance et la naïveté, et qu'il n'était encore qu'un enfant pour penser comme ça. Il avait peut être trop bon fond, mais il préférait vivre sur la base de la confiance plutôt que sur celle de la méfiance. Cela lui permettait de s'ouvrir aux autres, et de ne pas se retirer du monde. Comme un moine, par exemple.

"Merci pour vos paroles et votre visite. Tout était très ... éclairant."

Et sur ces mots, Hotaru quitta à son tour la bibliothèque. Il ne désirait pas continuer sa visite du temple. Il avait appris tout ce qui lui serait utile, de toute façon. Il sortit du lieu saint, et reprit le chemin de chez lui.

S'il était heureux d'avoir trouvé un nouveau lieu qui recelait des sources incomparables pour son apprentissage progressif de la médecine, il était cependant songeur, soucieux. Finalement, il n'avait pas vraiment été déçu. Ce qu'il retenait de cette rencontre avec les moines, c'était qu'ils vivaient dans une autarcie qu'il considérait comme néfaste, et austère. Se retirer du monde avait dû causer du mal à certains d'entre eux. Ce vieil Hidemi ... Il semblait avoir une opinion bien tranchée au sujet des shinobis. Et Hotaru n'était pas surpris, comme toujours, de voir qu'il ne se reconnaissait pas dans le portrait catégorique et généraliste que dépeignait le vieil homme. Il ne s'était jamais reconnu dans des catégories rigides, de toute façon.

L'air était frais. Le soleil haut. Et Kiri continuait de vivre, dans l'attente du lendemain. Et tous ces gens que Hotaru voyait passer à côté de lui dans la rue, il était certain que c'était bien sur la force des shinobis qu'ils comptaient pour les protéger.

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